Chargé du cours : Adon Ange Niveau : 2nde et 1ère Scientifiques
EVALUATIONS SUR LES FIGURES DE STYLE
CONSIGNE : Dans chacun des textes poétiques ci-dessous, identifie et analyse chacune des figures de style
utilisées selon le contexte dans lequel elles sont employées.
Texte 1 : Les Vautours
En ce temps-là
A coups de gueule de civilisation
A coups d’eau bénite sur les fronts domestiqués
Les vautours construisaient à l’ombre de leurs serres
Le sanglant monument de l’ère tutélaire
En ce temps-là
Les rires agonisaient dans l’enfer métallique des routes
Et le rythme monotone des Pater-Noster
Couvrait les hurlements des plantations à profit
O le souvenir acide des baisers arrachés
Les promesses mutilées au choc des mitrailleuses
Hommes étranges qui n’étiez pas des hommes
Vous saviez tous les livres vous ne saviez pas l’amour
Et les mains qui fécondent le ventre de la terre
Les racines de nos mains profondes comme la révolte
Malgré vos chants d’orgueil au milieu des charniers
Les villages désolés l’Afrique écartelée
L’espoir vivait en nous comme une citadelle
Et des mines du Souaziland à la sueur lourde
des usines d’Europe
Le printemps prendra chair sous nos pas de clarté.
David Diop, Coups de pilon, 1956 ,
Texte 2 : A une femme
A vous ces vers de par la grâce consolante
De vos grands yeux où rit et pleure un rêve doux,
De par votre âme pure et toute bonne, à vous
Ces vers du fond de ma détresse violente
C'est qu'hélas ! le hideux cauchemar qui me hante
N'a pas de trêve et va furieux, fou, jaloux,
Se multipliant comme un cortège de loups
Et se pendant après mon sort qu'il ensanglante !
Oh ! je souffre, je souffre affreusement, si bien
Que le gémissement premier du premier homme
Chassé d'Eden n'est qu'une églogue au prix du mien !
Et les soucis que vous pouvez avoir sont comme
Des hirondelles sur un ciel d'après-midi,
- Chère, - par un beau jour de septembre attiédi
VERLAINE : (Poèmes saturniens/melancholia VII 1866)
Texte 3 : Briques
Reconstruire les murs de la république
Et reteindre le Drapeau national
Avec une âme pacifique.
Recoudre le tissu social
Avec l’aiguille du temps
Et le laisser sécher au soleil levant.
Repeindre l’homme
Refaire son toit de chaume.
Jeter dans la poubelle de l’oubli
Les fruits pourris,
Qui tombent de nos branches humaines
Avec les saisons prochaines.
Refonder les cœurs,
En extraire la peur.
Essuyer les gouttes de larmes,
De salive qui salissent le bitume,
Qui rendent les routes glissantes,
La paix impuissante.
Revernir les meubles
Pour le repos du peuple.
Balayer la cour du village,
Ramasser les brindilles de colère,
Couper les racines des herbes sauvages,
Qui envahissent l’amour,
Qui éteignent le jour,
MA SEULE PRIERE !
Roger POUSSI WHEAUY, Cher Mon Pays, Ne Pleure pas, Edilis, 2007, pp73-74