Proba
Proba
chapitre 30.1
Probabilités
Si ω ∈ Ω, alors ω appartient cet ensemble si, et seulement si, ω appartient à une infinité de termes
de la suite (An )n∈N .
I Tribus
On appelle tribu sur E toute partie T de P(E) qui vérifie les propriétés suivantes :
→ ∅ et E ∈ T .
+∞
[
→ Si (An ) ∈ T N , An ∈ T .
n=0
→ Si A ∈ T , A∁ ∈ T .
Exemples : {∅, E} est une tribu sur E, et si E est dénombrable, P(E) est une tribu sur E.
Proposition 1.
N N
!∁
A∁n
\ [
→ Pour tout N ∈ N, An = ∈T.
n=0 n=0
+∞
[ +∞
[
→ Il existe une suite (Bn ) ∈ T N d’ensembles deux à deux disjoints telle que An = Bn ,
n=0 n=0
N
[ N
[
et, pour tout N ∈ N, An = Bn .
n=0 n=0
\
→ Si Λ est un ensemble non vide, et (Tλ )λ∈Λ une famille de tribus sur E, alors Tλ est
λ∈Λ
aussi une tribu sur E.
n−1
!
[
Preuve de la troisième propriété : En posant, pour tout n ∈ N, Bn = An \ Ak , on construit
k=0
bien une suite d’ensembles deux à deux disjoints qui vérifie les deux propriétés.
Tribu engendrée
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Définition 2.
Soit X une partie de P(E), et notons TX l’ensemble des tribus sur E contenant X. On appelle
tribu engendrée par X, la tribu
\
T (X) = T
T ∈TX
Exemples
→ On appelle tribu borélienne sur R, et on note B(R), la tribu engendrée par l’ensemble des ouverts
de R. Par complémentarité, cette tribu contient également tous les fermés de R. Donc cette tribu
contient tous les points de R, et par union dénombrable, Q ⊂ B(R) puis, par complémentarité,
R \ Q ⊂ B(R).
→ Soit n ∈ N∗ . Soient A1 , . . . , An des parties de E incluant ∅ et E. Posons
( n )
n o
Bk ∀k ∈ J1; nK, Bk ∈ Ak , A∁k
\
Ta =
k=1
Les éléments de Ta sont deux à deux dijoints et la tribu engendrée par {A1 , . . . , An } est l’ensemble
de réunions d’ensembles appartenant à Ta .
+∞
[
→ Soit (An ) ∈ P(E)N une suite de parties de E deux à deux disjointes telle que An = E. La tribu
( ) n=0
[
engendrée par l’ensemble des termes de (An )n∈N est T = An I ⊂ N .
n∈I
+∞
[ [
En effet, E = An ∈ T , ∅ = An ∈ T , et T est stable par union dénombrable.
n=0 n∈∅
!∁
[ [
Enfin, si I ⊂ N, An = An ∈ T .
n∈I n∈N\I
Proposition 3.
Soit F un ensemble, et f une application de E dans F . Si T ′ est une tribu sur F , l’ensemble
des images réciproques des éléments de T ′ par f , noté f −1 ⟨T ′ ⟩, est une tribu sur E, appelée
tribu image réciproque de T ′ sous f .
Si, de plus, on munit E d’une tribu T sur E, et F de la tribu T ′ , alors (E, T ) et (F, T ′ ) sont
qualifiés d’espaces mesurables, et f : (E, T ) −→ (F, T ′ ) est dite mesurable lorsque f −1 ⟨T ′ ⟩ ⊂ T
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II Espaces probabilisés
Dans la suite du chapitre, on munit E d’une tribu T sur E si bien que (E, T ) est un espace mesurable,
ou encore un espace probabilisable. Les éléments de T sont appelés événements.
Définition 4.
On dit qu’une application P : T −→ [0, 1] est une probabilité sur l’espace probabilisable (E, T )
lorsqu’elle vérifie les propriétés suivantes :
→ P(∅) = 0 et P(E) = 1.
→ Si (An ) ∈ T N est une suite d’événements deux à deux incompatibles i.e. une suite d’élé-
+∞ +∞
!
[ X
ments de T deux à deux disjoints, alors P An = P(An ).
n=0 n=0
Proposition 5.
Soit P une probabilité sur (E, T ). Alors P vérifie les propriétés suivantes :
→ Soit n ∈ N. Si A0 , . . . , An sont des événements deux à deux incompatibles, alors
n n
!
[ X
P Ak = P(Ak )
k=0 k=0
→ Continuité décroissante : Soit (An )n∈N une suite décroissante d’événements i.e. pour tout
n ∈ N, An+1 ⊂ An . Alors
+∞
!
\
P(An ) −−−−→ P Ak
n→+∞
k=0
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X
Conséquence : Si (An )n∈N est une suite d’événements telle que P(An ) converge, alors
n≥0
+∞ +∞
!
[ X
P An ≤ P(An )
n=0 n=0
n
!
[
Preuve : Ak est une suite croissante d’événements donc par continuité croissante
k=0 n∈N
+∞ n n +∞
! !
[ [ X X
P Ak = lim P Ak ≤ lim P(Ak ) = P(An )
n→+∞ n→+∞
k=0 k=0 k=0 n=0
On dit qu’un événement A est presque sûr lorsque P(A) = 1. On dit qu’un événement A est
négligeable lorsque P(A) = 0.
Proposition 7.
→ Soient A et B sont deux événements tels que A ⊂ B. Si A est presque sûr, alors B est
presque sûr.
+∞
[
→ Si (An )n∈N est une suite d’événements négligeables, alors An est négligeable.
n=0
Preuve
+∞ +∞
!
X [ X [
→ La série P(An ) converge car elle est nulle donc 0 ≤ P An ≤ P(An ) = 0, donc An est
n≥0 n=0 n≥0 n=0
négligeable.
Exercice 8.
X
Soit (E, T , P) un espace probabilisé. Soit (An )n∈N une suite d’événements telle que P(An )
n≥0
converge.
+∞ +∞
!
\ [
Que dire que l’événement An ?
N =0 n=N
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2. Ensembles dénombrables
Supposons dans cette partie que E soit dénombrable. Soit (xn ) ∈ E N une énumeration bijective de E.
+∞
X
Soit (an ) ∈ ℓ1 (N, R+ ) telle que an = 1.
n=0
X
Posons T = P(E). Pour tout A ∈ T , posons IA = {n ∈ N | xn ∈ A}, puis P(A) = an .
n∈IA
On a bien P(∅) = 0, P(E) = 1, et si (An ) est une suite d’événements deux à deux incompatibles, alors
+∞
[ X +∞
X X +∞
X
P An = ak = ak = P(An )
n=0 k∈IA n=0 k∈IAn n=0
| {z }
noté A
∀(n, m) ∈ N2 , P× ({xn , ym }) = an bm
+∞ +∞
! !
X X X
On vérifie que P× (E × F ) = an b m = an am = 1.
(n,m)∈N2 n=0 m=0
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Correction de l’exercice 8. :
Pour tout M ∈ N,
+∞
\ [ [ +∞
X
P An ≤ P An ≤ P(An ) −−−−−→ 0
M →+∞
N =0 n≥N ↑ n≥M n=M
croissance de la probabilité
+∞
\ [
donc An est négligeable.
N =0 n≥N
* * *
Compilé par Mehdi Chouta pour CPGE Paradise le 11 février 2021.
La dernière mise à jour mineure a eu lieu le 14 février 2021.
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chapitre 30.2
Indépendance, conditionnement
I Événements indépendants
Définition 1.
Proposition 2.
Preuve : P(B) = P(A∁ ∩B)+P(A∩B) = P(A∁ ∩B)+P(A)P(B). Donc P(A∁ ∩B) = P(B)(1 − P(A)).
| {z }
=P(A∁ )
Conséquence : Dans ce cas, B ∁ et A sont indépendants, ainsi que A∁ et B ∁ .
Définition 3.
Proposition 4.
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Conséquence : Les événements de la tribu engendrée par {A1 , . . . , An } sont mutuellement indépen-
dants.
Exercice 5.
II Conditionnement
Loi conditionnelle
Soit A un événement tel que P(A) ̸= 0.
P(B ∩ A)
Pour tout B ∈ T , posons P(B | A) = . Alors P( · | A) est une probabilité sur (E, T ). Elle vérifie
P(A)
les propriétés suivantes :
→ P(A ∩ B) = P(B | A)P(A).
→ Si A et B sont deux événements indépendants (au sens de P), alors P(B | A) = P(B).
→ Si n est un entier supérieur ou égal à 3, et A1 , . . . , An sont des événements tels que, pour tout
i
!
\
i ∈ J1; n − 1K, P Ak > 0, alors,
k=1
n
!
\
P Ai = P(A1 )P(A2 | A1 )P(A3 | A1 ∩ A2 ) . . . P(An | A1 ∩ A2 ∩ . . . ∩ An )
i=1
→ Si (An )n∈N est une partition de E telle que pour tout n ∈ N, P(An ) > 0, alors pour tout événement
B non négligeable, on a
+∞
X P(B | An )P(An )
P(B) = P(B | An )P(An ) et P(An |B) = +∞
n=0
X
P(B | An )P(An )
n=0
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En effet, pour tous I et J ∈ P(N), en utilisant le théorème d’associativité pour les familles sommables,
! ! !
[ [ G X [ [
P An ∩ Bn = P (An ∩ Bp ) = P(An ∩ Bp ) = P An P Bn
n∈I p∈J (n,p)∈I×J (n,p)∈I×J
| {z } n∈I n∈J
P(An )P(Bp )
IV Borel-Cantelli
Théorème 7.
X
Soit (An )n∈N une suite d’événements mutuellement indépendants telle que P(An ) diverge.
n≥0
Alors,
+∞ +∞
!!
\ [
P An =1
N =0 n=N
+∞ +∞
!
\ [
Vocabulaire : Si ω ∈ E réalise An i.e. ω appartient à cet ensemble, alors ω réalise
N =0 n=N
une infinité d’événements de la suite (An )n∈N . La conclusion de ce théorème assure alors que, presque
sûrement, une infinité d’événements de (An )n∈N sont réalisés, ou alors que An est réalisé infiniment
souvent.
+∞ +∞
A∁n
[ \
∁
Preuve : Posons, pour tout N ∈ N, BN = An . Alors pour tout N ∈ N, BN =
n=N n=N
M
!
A∁n
\
N
et en introduisant la suite décroissante d’événements CM = , on a, par continuité
M ∈N
n=N M ∈N
décroissante
N ∁
P CM −−−−−→ P BN
M →+∞
∁
donc en passant à! la limite M −→ +∞,!il vient P(BN ) = 0.
+∞ +∞ +∞
X
∁ ∁ ∁
[ [
Donc P BN = 0 car P BN ≤ P BN . En passant au complémentaire, on obtient la
N =0 N =0 N =0
| {z }
somme d’une série convergente
conclusion du théorème.
Théorème 8.
X
Soit (An )n∈N une suite d’événements telle que P(An ) converge. Alors,
n≥0
+∞ +∞
!!
\ [
P An =0
N =0 n=N
Preuve : En reprenant les notations de la preuve précédente, (BN )N ∈N est une suite décroissante
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+∞
X
Par ailleurs, pour tout N ∈ N, P(BN ) ≤ P(An ) −−−−→ 0 donc par unicité de la limite,
N →+∞
n=N
+∞
!
\
P BN = 0, ce qu’on voulait.
N =0
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Correction de l’exercice 5. :
Par indépendance mutuelle,
n n n n
! !
−P(Ai )
A∁i
\ Y Y X
P = (1 − P(Ai )) ≤ e = exp − P(Ai )
i=1 i=1 i=1 i=1
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chapitre 30.3
Variables aléatoires
Dans tout ce chapitre, (Ω, T , P) désigne un espace probabilisé, et (E, U) un espace probabilisable.
I Généralités
Une variable aléatoire à valeurs dans E est une application X : (Ω, T , P) −→ (E, U) telle que pour tout
U ∈ U, X −1 (U ) ∈ T . Autrement dit, X : (Ω, T ) −→ (E, U) est une fonction mesurable.
Loi de probabilité : La loi de X, notée LX , est une application de U dans [0, 1] définie par
∀U ∈ U, LX (U ) = P(X −1 (U ))
Ainsi, LX (E) = P(Ω) = 1, LX (∅) = P(∅) = 0 et, pour toute suite (Un ) ∈ U N d’événements deux à deux
disjoints,
+∞ +∞ +∞ +∞
! !
−1
P(X −1 (Un )) =
[ G X X
LX Un = P X (Un ) = LX (Un )
n=0 n=0 n=0 n=0
Notons que sur tout espace probabilisable, on peut définir une loi de probabilité L sans se donner de
variable aléatoire.
II Variables discrètes
Définition 1.
On dit qu’une variable aléatoire X : (Ω, T , P) −→ (E, U) est discrète lorsque X(Ω) est dénom-
brable.
Notation 2.
Proposition 3.
Soit d ∈ N∗ . Soit λ ∈ R. Si X et Y sont des variables aléatoires discrètes définies sur (Ω, T , P)
et à valeurs dans (Rd , B(Rd )), alors X + Y et λX sont des variables aléatoires discrètes.
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Preuve : L’application
X(Ω) × Y (Ω) −→ Rd
(x, y) 7−→ x + y
Définition 5.
Suites : On dit que (Xn )n∈N est une suite de variables aléatoires indépendantes lorsque pour toute partie
finie I de N, les variables aléatoires de (Xi )i∈I sont indépendantes.
Remarque 6.
Proposition 7.
Soient n, d ∈ N∗ . On suppose que (E, U) = (Rd , B(Rd )). Soient X1 , . . . , Xn des variables aléa-
toires discrètes. Alors :
→ X1 , . . . , Xn sont indépendantes si, et seulement si, pour tout (x1 , . . . , xn ) ∈ E n , les évé-
nements [X1 = x1 ], . . ., [Xn = xn ] sont mutuellement indépendants.
→ Lemme des coalitions : Soient p, q ∈ N tels que p + q = n. Soient f : (Rd )p −→ Rd et
g : (Rd )q −→ Rd deux fonctions.
Si X1 , . . . , Xn sont indépendantes alors, f (X1 , . . . , Xp ) est une variable aléatoire indépen-
dante de g(Xp+1 , . . . , Xn ).
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Pour tout i ∈ N tel que 1 ≤ i < i + 3 ≤ n, Xi Xi+1 et Xi+2 Xi+3 sont indépendantes.
= P(X1 ∈ A1 ) × · · · × P(Xn ∈ An )
= P (f (X1 , . . . , Xp ) = x) P (g (Xp+1 , . . . , Xn ) = y)
Exercice 8.
Soit (Ω, T , P) un espace probabilisé. Soit X : (Ω, T , P) −→ (R, B(R)) une variable aléatoire
discrète. Donner une condition nécessaire et suffisante pour que X soit indépendante d’elle-
même.
Exercice 9.
Soit (Ω, T , P) un espace probabilisé. Soient X, Y deux variables aléatoires de (Ω, T , P) à valeurs
1
dans (N∗ , P(N∗ )), indépendantes, et telles que, pour tout i ∈ N∗ , P(X = i) = P(Y = i) = i .
2
1. Calculer P(X = Y ).
2. Calculer P(X > Y ).
3. Soit N ∈ N∗ . Calculer P(min(X, Y ) ≤ N ).
IV Lois usuelles
Dans cette partie, toutes les variables aléatoires sont discrètes.
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Schéma de Bernoulli 1 : Soit p ∈ ]0, 1[. Un schéma de Bernoulli est une suite finie d’expériences
identiques, deux à deux indépendantes et ayant, chacune, exactement deux issues possibles : un succès
ou un échec. La probabilité qu’une expérience soit un succès vaut p.
Cette suite d’expériences est modélisée par les termes d’une suite (Xn )n∈N de variables aléatoires indépen-
dantes, à valeurs dans {0, 1}, et suivant la même loi de Bernoulli B(p) i.e. pour tout k ∈ N, P(Xk = 1) = p.
Loi binomiale : Soient n ∈ N, et p ∈ ]0, 1[. Considérons un schéma de Bernoulli d’ordre n (i.e. où
n expériences sont menées) où la probabilité de succès vaut p. Le nombre de succès est aléatoire et est
compris entre 0 et n, et la probabilité que k succès aient lieu vaut la probabilité que l’une des situations où
k ∈ J0; nK succès sont disséminés parmi les n expériences ! ait lieu : l’une de ces situations a une probabilité
n
pk (1 − p)n−k d’avoir lieu (par indépendance), et il y a combinaisons de k succès parmi n expériences
k
à deux issues. n
X
La variable aléatoire S = Xk qui compte le nombre de succès d’un schéma de Bernoulli d’ordre n et
k=1
de probabilité de succès p est à valeurs dans J0; nK et suit la loi binomiale B(n, p) :
!
n k
∀k ∈ J0; nK, P(S = k) = p (1 − p)n−k
k
∀k ∈ N, Yk = 2Xk − 1
Loi géométrique : Considérons un schéma de Bernoulli infini i.e. où l’on réalise une infinité dénombrable
d’expériences identiques et indépendantes, et où la probabilité de succès vaut p ∈ ]0, 1[.
Le temps d’attente du premier succès est une variable aléatoire T à valeurs dans N∗ suivant une loi
géométrique G(p).
Soit n ∈ N∗ . Pour que le premier succès ait lieu à la n-ième expérience, il faut et il suffit que les expériences
antérieures se soldent toutes par des échecs et que la n-ième soit un succès, c’est-à-dire que
P(T = n) = (1 − p)n−1 p
Théorème 10.
Soit p ∈ ]0, 1[. Soit (Xn )n∈N une suite de variables aléatoires indépendantes et identiquement
distribuées suivant la loi de Bernoulli B(p). Alors
→ Presque sûrement, il existe k ∈ N∗ tel que Xk = 1.
→ Y = min{k ∈ N∗ | Xk = 1} est une variable aléatoire à valeurs dans N∗ suivant la loi
géométrique G(p).
Preuve :
n
!
\
→ La suite d’événements [Xk = 0] est décroissante, donc par continuité décroissante et uni-
k=1 n∈N∗
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cité de la limite : n
!
[Xk = 0] −−−−→ P (¬[∃k ∈ N∗ ,
\
P Xk = 1]) = 0
n→+∞
k=1
| {z }
=(1−p)n
Remarque 11.
Souvent, le premier succès arrive assez tôt. En effet, il existe µ > 0 tel que 1 − p = e−µ , donc
(1 − p)n−1 p = e−(n−1)µ (1 − e−µ ), ce qui exhibe une décroissance exponentielle de la probabilité
du premier succès avec le rang de ce succès.
Proposition 12.
Soit p ∈ ]0, 1[. Soit X une variable aléatoire suivant la loi géométrique G(p). Alors
P(X > n + k)
P(X > n + k | X > n) =
P(X > n)
+∞
X
(1 − p)m−1 p
m=n+k+1
= +∞
X
(1 − p)m−1 p
m=n+1
n+k 1
(1 − p) ×
1 −
(1
− p)
=
1
(1 − p)n ×
1
−(1 − p)
Loi de Poisson : Soit λ > 0. On dit qu’une variable aléatoire X à valeurs dans N suit une loi de
λn
Poisson P(λ) lorsque pour tout n ∈ N, P(X = n) = e−λ .
n!
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Théorème 13.
Soit λ > 0. Soit (pn ) ∈ ]0, 1[N telle que npn −−−−→ λ. Soit (Xn )n∈N une suite de variables
n→+∞
aléatoires telle que pour tout n ∈ N, Xn suit la loi B(n, pn ).
Alors (Xn )n∈N converge en loi vers une loi de Poisson P(λ) i.e.
λm
∀m ∈ N, P(Xn = m) −−−−→ e−λ
n→+∞ m!
Exercice 14.
Soient λ > 0 et p ∈ ]0, 1[. On modélise le nombre d’œufs pondus par un poisson par une loi
de Poisson P(λ). On modélise l’éclosion d’un œuf indépendamment des autres par une loi de
Bernoulli B(p). Déterminer la loi du nombre d’œufs éclos.
Exercice 15.
Soit (Ω, T , P) un espace probabilisé. Soit p ∈]0, 1[. Soit (Xi )i∈N∗ une suite de variables aléatoires
définies sur (Ω, T ), indépendantes et identiquement distribuées suivant la loi de Rademacher
de paramètre p.
On pose S0 = 0 et, pour tout n ∈ N∗ , Sn = X1 + · · · + Xn . Pour tout m ∈ N∗ , on pose
+∞
\
Am = [|Sn | ≤ m].
n=0
1
1. On suppose que p = . Montrer que pour tout m ∈ N∗ , P(Am ) = 0.
2
1
2. On suppose que p ̸= . Montrer que P([Sn = 0] infiniment souvent) = 0.
2
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V Compléments
Fonction de répartition : Soit X une variable aléatoire à valeurs dans (R, B(R)). On introduit la
fonction de répartition de X, notée FX , définie par
FX : R −→ [0, 1]
x 7−→ P(X ≤ x)
Preuves :
→ La croissance de FX découle de la croissance de P.
→ Soit (xn )n∈N une suite réelle décroissante divergeant vers −∞. ([X ≤ xn ])n∈N∗ est une suite décrois-
sante d’événements donc par continuité décroissante,
+∞
!
\
FX (xn ) −−−−→ P [X ≤ xn ] = P(∅) = 0
n→+∞
n=0
→ Soit (xn )n∈N une suite réelle décroissante convergeant vers a ∈ R. ([X ≤ xn ])n∈N∗ est une suite
décroissante d’événements donc par continuité décroissante, FX (xn ) −−−−→ FX (a). Donc FX est
n→+∞
continue à droite en a.
→ (⇒) Soit (xn )n∈N une suite réelle décroissante convergeant vers a et (yn )n∈N une suite réelle crois-
sante convergeant vers a sans valoir a. Par continuité croissante et décroissante, on montre que
FX (xn ) −−−−→ FX (a) et FX (yn ) −−−−→ FX (a− ).
n→+∞ n→+∞
Donc P(X = a) = FX (a) − FX (a− ) > 0 car FX est discontinue en a.
(⇐) Si FX est continue en a, alors P(X = a) = FX (a) − FX (a− ) = 0.
Variables à densité : Soit X une variable aléatoire à valeurs dans (R, B(R)). On dit que X est une
variable aléatoire à densité s’il existe une fonction f : R −→ R+ intégrable et telle que
Z a
∀a ∈ R, FX (a) = f (t)dt
−∞
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Proposition 17.
Preuve : Soit a ∈ R. P(X = a) = FX (a) − FX (a− ) = 0 car la fonction de répartition d’une variable
aléatoire à densité est continue. En effet, soit ε > 0. Pour tout x ∈ [a − ε, a],
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Correction de l’exercice 8. :
Supposons que X soit indépendante d’elle-même. Soit x ∈ R tel que P(X = x) > 0. Alors par indépen-
dance des événements [X = x] et [X = x], P(X = x) = P([X = x] ∩ [X = x]) = P(X = x)2 , donc
P(X = x) = 1. Donc X est presque sûrement constante.
Réciproquement, toute variable aléatoire constante est indépendante d’elle-même.
En conclusion, une variable aléatoire est indépendante d’elle-même si, et seulement si, elle est presque
sûrement constante.
Correction de l’exercice 9. :
+∞ +∞
!
G X 1 1
1. P(X = Y ) = P [X = i] ∩ [Y = i] = i
= .
i=1 ↑ i=1 4 3
indépendance
+∞ +∞
1 +∞ +∞
!
G X X 1 X1 1
2. P(X > Y ) = P [Y = i] ∩ [X > i] = i i+j
= i
= .
i=1 ↑ i=1 2 j=1 2 i=1 4 3
indépendance
1
3. P(min(X, Y ) ≤ N ) = 1 − P(min(X, Y ) > N ) = 1 − P(X > N )P(Y > N ) = 1 − N
| {z }
↑ ↑ 4
=[X>N ]∩[Y >N ]
indépendance calcul aisé
+∞
X +∞
X
P(Y = k) = P([Y = k] ∩ [X = n]) = P(Y = k | X = n)P(X = n)
n=k n=k
+∞ n
!
n k λ
p (1 − p)n−k × e−λ
X
=
n=k k n!
+∞
(m+ k)! k λm+k
−λ
p (1 − p)m
X
=e
k!m! (m+ k)!
↑ m=0
m←n−k
(pλ)k +∞
X (1 − p)m λm (pλ)k (1−p)λ
= e−λ = e−λ e
k! m=0 m! k!
k
−pλ (pλ)
=e
k!
Donc Y suit la loi de Poisson P(pλ).
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posons kℓ = 4ℓm. Par le lemme des coalitions, pour tous ℓ, ℓ′ ∈ N∗ tels que ℓ ̸= ℓ′ , les événements
X
Bℓ et Bℓ′ sont indépendants. De plus P(Bkℓ ) est divergente (son terme général est non nul et
ℓ≥1
indépendant de ℓ).
+∞
\ +∞
[
Le premier théorème de Borel-Cantelli assure alors que P Bkℓ′ = 1
ℓ=1 ℓ′ =l+1
Autrement dit, presque sûrement, Bkℓ est réalisé infiniment souvent, donc l’événement Am est
négligeable : il existe une partie infinie J de N telle que pour tout n ∈ J, Sn ∈
/ J−m; mK.
2. Pour tout m ∈ N∗ , posons um = P(S2m = 0).
Soit m ∈ N∗ . Remarquons que le retour à l’origine se fait si, et seulement
! si, autant de déplacements
2m
à gauche qu’à droite ont lieu et, sur 2m déplacements il y a telles combinaisons et par
!
m
2m m
indépendance des déplacements, um = p (1 − p)m . Alors
m
En effet, y = x(1 − x) est une parabole tournée vers le bas atteignant son maximum entre les deux
1 1 1
racines de X(X − 1), donc en x = , et celui-ci vaut . p ̸= donc l’inégalité est stricte. D’après
X 2 4 2
la règle de d’Alembert, um converge.
m≥1
Le deuxième théorème de Borel-Cantelli assure alors que P([S2m = 0] infiniment souvent) = 0.
* * *
Compilé par Mehdi Chouta pour CPGE Paradise le 21 mars 2021.
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chapitre 30.4
Couples de variables aléatoires
Soit d ∈ N∗ . Dans tout ce chapitre, les variables aléatoires sont définies sur l’espace probabilisé (Ω, T , P)
et à valeurs dans l’espace mesurable (Rd , B(Rd )).
Soient X, Y deux variables aléatoires discrètes. La loi conjointe de (X, Y ) est définie par
Remarque 2.
∀x ∈ Rd ,
G X
P(X = x) = P [X = x] ∩ [Y = y] = L(X,Y ) ({(x, y)})
y∈Y (Ω) y∈Y (Ω)
Exercice 3.
II Produit de convolution
Soient X et Y deux variables aléatoires à valeurs dans (N, P(N)). On définit le produit de convolution
de LX et LY , et note LX ⋆ LY , par :
X
∀n ∈ N, (LX ⋆ LY )({n}) = LX ({i})LY ({j})
(i,j)∈N2
i+j=n
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Si, de plus, X et Y sont indépendantes, alors LX+Y = LX ⋆ LY .En effet, pour tout n ∈ N,
X X
P(X + Y = n) = P([X = i] ∩ [Y = j]) = P(X = i)P(Y = j) = (LX ⋆ LY )({n})
(i,j)∈N2
↑ (i,j)∈N2
i+j=n i+j=n
indépendance
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Correction de l’exercice 3. :
1. Le nombre de manières d’écrire un entier naturel n non nul sous la forme d’une somme de
deux entiers naturels vaut le nombre de manières de placer un baton parmi n objets alignés de sorte
à les scinder en deux groupes d’objets en autorisant toutefois qu’au moins l’un des groupes n’en
contienne aucun. De tels emplacements pour le baton, il y en a n + 1. Ainsi, dans la somme calculée
1
ci-dessous, il y a n + 1 termes égaux à i+j+2 lorsque i + j = n.
2
Ce raisonnement est aisément généralisable si l’on veut écrire un entier naturel non nul sous la
forme d’une somme à plus de deux termes d’entier naturel.
+∞
X Xn+1 1 +∞
Xn + 1 1 1
L(X,Y ) ({(i, j)}) = = = · =1
(i,j)∈N2 n=0 2
n+2 4 n=0 2n 4 1 2
1−
2
Donc L(X,Y ) est bien une loi de probabilité.
Il est loisible de retenir les sommes des séries dérivées d’une série géométrique convergente.
Soit q ∈ C tel que |q| < 1. Alors
+∞ +∞
n−1 1 2
n(n − 1)q n−2 =
X X
nq = et
n=1 (1 − q)2 n=2 (1 − q)3
2. Soit i ∈ N.
+∞
X 1 +∞X1 1
LX ({i}) = L(X,Y ) ({(i, j)}) = i+2 j
= i+1 = LY ({i})
j=0 2 j=0 2 2
1
3. Oui, car pour tout (i, j) ∈ N2 , LX ({i})LY ({j}) = = L(X,Y ) ({i, j})
2i+j+2
* * *
Compilé par Mehdi Chouta pour CPGE Paradise le 21 mars 2021.
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