Des conditions d'immatriculation au RCCM
I : Immatriculation au registre de commerce et de crédit mobilier
Objet et missions du RCCM
Objet du RCCM
Le Registre du commerce et du crédit mobilier (RCCM) est un service
public dont la mission est de gérer les informations sur la situation juridique des
personnes exerçant certaines activités professionnelles (AUDCG, art. 34).
La disponibilité des informations (dont l’accès est ouvert au public)
participe à la sécurité juridique des affaires. En République Démocratique du Congo,
le RCCM fonctionne auprès du Guichet unique de création des entreprises (GUCE).
Là où le GUCE n’est pas encore opérationnel, le RCCM est géré au greffe du tribunal
de commerce ou au greffe du tribunal de grande instance là où il n’y a ni agence du
GUCE ni tribunal de commerce. Dans tous les cas, le ressort territorial du RCCM
correspond à celui du Tribunal de commerce (ou du Tribunal de grande instance
dans lequel il est installé.
Missions du RCCM
Pour l’essentiel, le RCCM est le service public auprès duquel sont réalisées
les formalités relatives à l’immatriculation des opérateurs économiques,
l’enregistrement des déclarations d’activités de l’entreprenant ainsi que l’inscription
des sûretés mobilières et des contrats de crédit-bail2 (AUDCG, art.35). 11 y est tenu
divers registres et répertoires, dont certains permettent d’assurer la publicité des
situations qui affectent l’activité et la situation personnelle des opérateurs
économiques. Il en est ainsi de l’ouverture d’une procédure collective, de la
transformation et de la liquidation d’une société...
D’autres formalités réalisées au RCCM permettent d’administrer la preuve et
d’assurer la validité ou l’opposabilité de certains actes. C’est le cas des contrats de
1ocationgéraflce ou de cession d’un fonds de commerce, des actes de cession des
droits sociaux. Dans tous les cas, les renseignements contenus dans les registres,
répertoires dossiers individuels et formulaires tenus au RCCM sont destinés à
l’information du public (AUDCG, art. 36). Cette ouverture une mesure qui concourt à
la sécurité juridique des affaires.
Procédure d’immatriculation au RCCM
Immatriculation principale
La procédure d’immatriculation ou une déclaration d’activité) implique
l’introduction d’une demande sur un formulaire mis à la disposition du requérant par
le greffier ou le préposé du GUCE1. Le formulaire reprend les mentions requises et
est appuyé d’un dossier dont les éléments varient selon que le requérant est une
personne physique ou une personne morale (AUDCG, art. 44 à 46). Cette demande
est introduite au RCCM dans le ressort duquel le
demandeur a son siège social ou son principal établissement.
La demande d’immatriculation au RCCM est une diligence à réaliser dans le mois du
début des activités2. Toutefois, l’entreprenant ne peut commencer son activité
qu’après réception du numéro de déclaration d’activité.
Le greffier ou le préposé au RCCM qui reçoit la demande ne la soumet
qu’à un examen de recevabilité portant sur l’inventaire des pièces requises et la
régularité des mentions indiquées. Lorsque la demande est recevable, il est remis,
au requérants un accusé d’enregistrement avec mention de la date, de la
désignation de la formalité effectuée et, selon le cas, du numéro de déclaration
d’activité ou du numéro d’immatriculation, Une copie du dossier individuel est
transmise au Fichier national (géré par la Direction générale du GUCE) et au Fichier
régional tenu au greffe de la CCJA.
Immatriculation secondaire
L’immatrculation au RCCM est unique et personnelle. Ainsi, une personne
ne peut être immatriculée plus d’une fois. C’est pourquoi, l’opérateur économique
qui crée une succursale dans le ressort d’un RCCM autre que celui de son siège
social ou de son principal établissement doit, dans le mois de l’ouverture de cette
succursale, en requérir l’immatriculation secondaire au RCCM.
Cette formalité remplace l’inscription complémentaire qui était d’usage
dans l’ancien droit appliqué au Nouveau registre du commerce (NRC), dans son
volet relatif à l’ouverture des établissements secondaires, des succursales et des
agences.
La demande d’immatriculation secondaire est introduite dans le mois qui
suit le début des activités.
La création d’une succursale et l’ouverture d’un bureau de liaison procèdent du
commerce international. Le fait que cela soit soumis à des formalités de droit
commun dénote de l’ouverture de la R.D. du Congo au commerce international.
Cependant, un effort supplémentaire est requis de l’investisseur international. C’est
celui de comprendre le système économique congolais pour mieux l’appréhender.
Comme dans toute opération de commerce international, cela exige « une habileté
à traiter avec les lois, les coutumes, les pratiques d’affaires et les formalités
douanières non seulement de son propre pays mais aussi du pays convoité ».
L’immatriculation au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier (RCCM)* constitue un préalable obligatoire à
l’exercice régulier d’une activité commerciale dans l’espace OHADA. Elle vise à *assurer la sécurité juridique des
tiers*, à travers la *publicité des informations juridiques et économiques* concernant les personnes physiques et
morales exerçant des activités commerciales¹.
Section I. Les conditions liées à la qualité du commerçant
3. Immatriculation des personnes physiques
Toute personne physique qui exerce le commerce de façon habituelle et indépendante est tenue de s’immatriculer
au RCCM². Elle doit :
- Être *majeure* (ou émancipée) et *capable juridiquement* ;
- Ne faire l’objet d’*aucune interdiction* légale ou judiciaire d’exercer le commerce ;
- Avoir un *domicile professionnel* ou principal dans la juridiction compétente.
Pour s'immatriculer, un commerçant individuel doit remplir des conditions d’âge, de capacité, et de résidence. Cela
garantit que seuls les acteurs légitimes sont reconnus officiellement.
B. Immatriculation des personnes morales
Les sociétés commerciales (SARL, SA, SNC, etc.) ne peuvent acquérir la personnalité morale que par leur inscription
au RCCM³. Cette immatriculation a *un effet constitutif*, contrairement aux personnes physiques. Les conditions
sont :
- Constitution régulière selon le droit OHADA (statuts, capital minimum, organe de gestion, etc.) ;
- Fourniture des pièces justificatives prévues par l’Acte uniforme.
L’immatriculation est indispensable pour que la société naisse juridiquement. Elle assure aussi la transparence et la
traçabilité de ses dirigeants et activités.
Section II. Les conditions liées aux pièces et mentions requises
A. Les pièces à fournir
Les dossiers d’immatriculation diffèrent selon la nature du commerçant :
- Pour les personnes physiques :
- Pièce d’identité ;
- Déclaration sur l’honneur d’exercice du commerce ;
- Justificatif d’adresse du lieu d’activité⁴.
- Pour les personnes morales :
- Copie des statuts ;
- Procès-verbal de nomination des dirigeants ;
- Attestation de dépôt de capital social ;
- Justificatif de siège social⁵.
Les pièces exigées servent à identifier l’identité, la structure et l’objet de l’entreprise. Cela facilite la transparence
et la confiance dans le circuit économique.
B. Les mentions obligatoires à inscrire au RCCM
L’immatriculation doit faire apparaître un certain nombre de mentions obligatoires :
- Nom ou raison sociale ;
- Siège social ;
- Forme juridique ;
- Objet social ;
- Montant du capital ;
- Identité des dirigeants ou gérants ;
- Durée de la société⁶.
Ces informations sont publiées pour être accessibles à tout intéressé (fournisseurs, clients, administration...).
Les mentions obligatoires assurent la publicité légale et permettent aux tiers d’agir en connaissance de cause
lorsqu’ils entrent en relation avec l’entreprise.
Section III. Les conditions légales et réglementaires de validité
A. Respect des normes OHADA
Toute demande d’immatriculation doit être conforme aux *exigences formelles de l’Acte uniforme OHADA relatif au
droit commercial général. Cela implique :
- La régularité de la constitution (pour les sociétés) ;
- L’exercice d’une activité commerciale licite ;
- La désignation correcte des représentants légaux⁷.
L’immatriculation n’est recevable que si toutes les conditions de fond et de forme du droit OHADA sont remplies.
B. Paiement des droits et taxes
L'immatriculation donne lieu au paiement de droits d’enregistrement et de greffe, variables selon les États
membres. Sans ce paiement, l’immatriculation ne peut être validée ni publiée.
Le paiement des frais d’immatriculation constitue une condition administrative essentielle à la validité de la
procédure.
C. Respect des délais légaux
La demande d’immatriculation doit être faite :
- Dans le mois suivant le début de l’activité pour les commerçants individuels ;
- Dans le mois suivant la signature des statuts pour les sociétés.
Un retard expose l’intéressé à des sanctions civiles ou pénales (nullité, amende, etc.)⁸.
L'immatriculation doit être faite rapidement après le lancement de l’activité, sous peine de sanctions. Cela garantit
une mise en conformité immédiate.
Sanction du défaut d’immatriculation
L’exercice du commerce au mépris de l’exigence relative à
l’immatriculation principale ou à l’immatriculation secondaire n’enlève pas le statut
de commerçant. Néanmoins, il prive la personne assujettie de se prévaloir de la
qualité de commerçant et d’en invoquer les avantages légaux.
Sans préjudice des sanctions pénales éventuelles le défaut
d’immatriculation empêche l’opérateur économique à se pourvoir utilement en
justice. Cela vaut autant pour l’immatriculation principale que pour
l’immatriculation secondaire. Dans ce dernier cas, par exemple, l’opérateur
économique se verra opposer, même d’office, l’exception du défaut de qualité pour
toutes ses demandes relatives aux activités d’une succursale dont je n’aurai pas
demandé et obtenu l’immatriculation secondaire1.
Aménagements et radiation de l’immatriculation
Mentions modificatives, rectificatives et complémentaires
Les mentions inscrites au RCCM peuvent faire l’objet de modification ou
d’ajout Cela est requis lorsque certaines circonstances affectent la situation
personnelle de l’assujetti 11 en est ainsi du mariage, du divorce (état civil du
commerçant) ou du changement de régime matrimonial. Dans ce cas, il est procédé
à des mentions modificatives.
D’autres formalités peuvent être commandées par des circonstances qui
touchent directement la capacité ou l’activité de l’assujetti personne physique. Il en
sera ainsi en cas d’ouverture d’une procédure collective, de condamnation en faillite
personnelle, d’interdiction à exercer une activité commerciale... Pour les personnes
morales, il s’agit des circonstances qui touchent à la forme même de la personne
(transformation de la société) ou sa substance (fusion ou scission des sociétés,
apport partiel d’actif...).
Il en sera de même en cas de
cessation partielle d’activité de l’assujetti. Pour toutes ces occurrences, il est
procédé à des mentions rectificatives ou complémentaires.
En cas de changement d’activité, l’entreprenant doit en faire la déclaration au
greffe ou à l’organe compétent. De même, en cas de changement de lieu d’exercice
de son activité, il doit faire une déclaration modificative au greffe ou au GUGE.
b) Radiation de l’immatriculation
La radiation de l’immatriculation doit être requise en cas de cessation
définitive de l’activité. 11 en sera ainsi en cas de fermeture de l’établissement, de
cession du fonds de commerce, de mise en liquidation des biens, de dissolution de
la société... Par ailleurs, lorsque l’opérateur économique transfert l’exercice de son
activité dans le ressort territorial d’une autre juridiction il doit solliciter la radiation
de l’immatriculation initialement obtenue pour sa première installation et en
requérir une nouvelle auprès du RCCM du lieu de son nouvel emplacement.
Pour les personnes physiques la radiation de l’immatriculation doit être demandée,
en cas de cessation d’activité, dans le délai d’un mois à compter de cette
cessation ; ou en cas de décès, dans les trois mois à compter du décès. En cas de
défaillance, le greffier peut y procéder d’office ou à la demande de toute personne
intéressée.
La dissolution d’une personne morale donne lieu à transcription au RCCM, dans le
mois qui suit et ce à la demande du liquidateur. En cas de défaillance, le greffier
peut y procéder d’office ou à la
requête de toute personne intéressée.
Ii : Effets et contentieux de l’immatriculation
Effets de l’immatriculation et de la déclaration d’activité de l’entreprenant
Présomption de la qualité de commerçant
Le premier effet de l’immatriculation est la présomption de la qualité de
commerçant (AUDCGI art. 59). Le numéro d’immatriculation ou de déclaration
d’activité de l’entreprenant est personnel. Ces numéros doivent être indiqués sur
les factures, bons de commande, tarifs et documents commerciaux ainsi que sur
toute correspondance émanant de la personne immatriculée.
Le principe de la liberté de la preuve est applicable au commerçant lui- même. La
qualité de commerçant peut être prouvée par tous les moyens ; « l’exercice du
commerce étant un fait juridique ». Cette qualité sera déniée à toute personne
assujettie à l’immatriculation et qui n’y procède pas mais invoque les avantages
attachés à cette qualité.
Toutefois, cette défaillance ne
fonde pas cette personne à invoquer le défaut d’immatriculation pour se soustraire
aux obligations et responsabilités inhérentes à cette qualité. Il en sera ainsi en
matière d’obligations fiscales et comptables ainsi que des sanctions y afférentes.
Il demeure ainsi que l’immatriculation au RCCM n’établit qu’une présomption
susceptible d’être renversée par la preuve que la personne ne remplit pas les
conditions essentielles polir se voir reconnaître le statut de commerçant Ces
conditions sont :
Accomplir des actes de commerce,
En faire sa profession ;
Exercer sa profession à titre indépendant.
Opposabilité des faits et actes sujets à transcription ou mention au RCCM
Les faits et actes sujets à transcription ou mention ne sont opposables aux tiers et
aux administrations publiques que s’ils ont été transcrits (publiés) au RCCM.
Toutefois, les tiers et les administrations publiques peuvent utilement s’en
prévaloir ; à moins que l’assujetti établisse qu’au moment où ils ont traité, les tiers
ou l’administration en cause avaient connaissance des faits et actes dont il est
question (AUDCG, art. 61).
Bénéfice du régime préférentiel de droit commercial
La personne qui exerce légalement les activités commerciales bénéficie de
nombreux avantages sur le plan juridique. Ceux-ci portent, notamment, sur le
régime des procédures collectives et la protection de la propriété commerciale qui
garantit le renouvellement du bail de l’immeuble dans lequel s’exerce la profession’.
En application des dispositions de l’Acte uniforme portant organisation des
procédures collectives d’apurement du passif, le débiteur
professionnel cri difficulté peut solliciter l’ouverture d’une procédure collective.
L’effet immédiat de l’ouverture d’une telle procédure est la suspension, pendant
une certaine période, des poursuites individuelles de ses créanciers. Cette
procédure peut conduire à l’homologation d’un concordat de règlement préventif ou
de redressement judiciaire.
Relativement à l’administration de la preuve, il est admis que les livres comptables
ont une force probatoire certaine lorsqu’ils ont été établis de manière régulière
(AUDCG, art. S et AUDCG, art. 20). La courte prescription des actions relatives aux
actes des commerçants est un réel avantage pour ces derniers. En matière
commerciale, le délai de droit commun est de cinq ans (AUDCGP art. 16) alors que
le délai de prescription de droit commun est de
Enfin, le commerçant a le droit d’user de manière exclusive, de l’appellation
désignant son entreprise. L’homonymie et même la similitude phonétique des
appellations commerciales sont interdites, étant donné qu’elles sont susceptibles
d’être une source de confusion et des faits de concurrence déloyale (AUSCGIE, art.
16). Le nom commercial est, en substance, un des sigles distinctifs qui servent à
attirer la clientèle. Il fait partie des éléments obligatoires du fonds de commerce.
Mais, ne peut prétendre à l’exclusivité OU, tout au moins, à l’antériorité dans
l’usage du nom commercial que le commerçant qui est immatriculé au RCCM.
Contentieux d’immatriculation
Absence de contrôle a priori des conditions d’immatriculation
L’immatriculation au RCCM est immédiate et n’est soumise à aucune instruction
préalable de la demande. Par conséquent, dès réception du formulaire de demande
d’immatriculation dûment rempli et des pièces requises à cet effet, le greffier ou le
préposé du GUCE délivre, au demandeur, un accusé d’enregistrement qui
mentionne la date de la formalité accomplie et le numéro d’immatriculation. Le
contrôle s’opère a posteriori dans les trois mois qui suivent et peut, en cas
d’irrégularités conduire au retrait de l’immatriculation et à sa radiation (AUDCG art.
66).
Le greffier ou le préposé du GUCE en charge du RCCM s’assure, sous sa
responsabilité que la demande et la déclaration sont complètes. Il vérifie la
régularité formelle de la demande et de la déclaration ainsi que la conformité de
leurs énonciations aux pièces justificatives produites (AUDCG, art 50, 58 et 66). II
peut convoquer le demandeur OU le déclarant aux fins de recueillir explications et
pièces complémentaire.
Recours contre les décisions du greffier ou du préposé du GUCE
La décision par laquelle le greffier (ou le préposé du GUCE) retire l’immatriculation,
en raison d’irrégularité, doit être motivée et notifiée au requérant. Naturellement,
une telle décision devrait être prise par écrit afin d’être utilement notifiée. Dans
tous les cas, la décision de refus ou de retrait d’immatriculation est une décision
administrative et non juridictionnelle. Elle est susceptible de recours administratif
hiérarchique, dans un délai de quinze jours à compter de sa notification.
Le recours est adressé, selon le cas, au président du tribunal de commerce (ou du
tribunal de grande instance] dont relève le greffe ou auprès de l’autorité
compétente du GUCE. Il en est de même du refus de recevoir une demande ou une
déclaration ou encore du refus de faire droit à une demande de pièces ou
d’information d’un assujetti ou d’un tiers. La décision rendue par le président du
tribunal de commerce ou l’autorité compétente du GUCE est, elle-même, sujette à
recours devant la cour administrative d’appel dans un délai de quinze
(15] jours, à dater du prononcé (AUDCG art. 66)1. Cette procédure contentieuse est
applicable aussi aux décisions de refus ou de rejet de l’inscription du contrat de
crédit-bail. Toutefois, elle ne s’applique pas en matière d’inscription des sûretés
mobilières. Le contentieux y relatif est réglé en application des dispositions de l’Acte
uniforme portant organisation des sûretés (AUS, art 51 et suiv.).
Sanctions du régime de l’immatriculation
Faute, pour un assujetti à une formalité prescrite par l’AUDCG, de la demander dans
le délai prescrit, le tribunal de commerce, ou le responsable du GUCE, statuant à
bref délai peut, soit d1office, soit à la requête du greffe ou du préposé au RCCM ou
de tout autre requérant, rendre une décision enjoignant à l’intéressé de faire
procéder à la formalité en cause. Des sanctions pénales peuvent être appliquées à
toute personne tenue d’accomplir une des formalités prescrites par I’AUDCG qui
s’en est abstenue ou a effectué une formalité par fraude (AUDCG art. 68 et 69). S’il
y a lieu, la juridiction qui prononce la condamnation ordonne la rectification des
mentions et transcriptions inexactes.
Iii : Identification de l’entreprise
Identification nationale et fiscale
Le numéro d’identification nationale (N° Id. Nat.)
Toutes les entreprises commerciales (individuelles ou sociétaires) doivent en plus de
l’immatriculation au RCCM, être identifiées au ministère de l’Economie nationale.
Elles obtiennent ainsi un numéro d’identification nationale (N° Id. Nat.) qui leur est
attribué par le Ministre ou, par délégation, par le Chef de division provinciale de
l’Économie. Ce numéro doit être indiqué sur les devantures de l’établissement
commercial ainsi que sur tous les documents émanant de lui (correspondances,
factures, reçus.)1 Le défaut de l’identification nationale expose le commerçant à
des sanctions pénales et civiles. Dans ce dernier cas, il ne peut ni obtenir un crédit
auprès d’un établissement de crédit, ni conclure des contrats avec l’Administration,
notamment, dans le cadre des marchés publics.
Le numéro impôt (NIF)
L’obtention d’un numéro impôt ou numéro d’identification fiscale (MF) est une «
obligation essentielle » requise de toute entité assujettie au paiement de divers
impôts, droits et taxes ainsi que des cotisations sociales.
L’assujettissement au paiement de ces diverses impositions peut l’être soit à titre
de contribuable (notamment pour les impôts sur les bénéfices et profits et autres
impôts réels), soit à titre de simple redevable (TVA, impôt professionnel sur les
rémunérations, impôt sur les revenus locatifs, impôt mobilier...).
Ainsi, en plus des commerçants personnes physiques ou personnes morales, toutes
les entités exerçant une activité économique, commerciale, professionnelle,
artisanale ou libérale doivent solliciter et obtenir, auprès de la Direction générale
des impôts (DGl), un numéro impôt. La Demande du NIF doit être introduite dans les
quinze jours qui suivent le début des activités’.
Identification auprès de l’administration du travail
Déclarations auprès de l’administration du travail
L’utilisation de la main d’œuvre de quelques travailleurs pour l’exercice de ses
activités assujettit l’entreprise à des obligations déclaratives face à l’administration
du travail. La première d’entre elles et la déclaration d’ouverture de l’établissement.
Cette déclaration est faite, auprès de l’Inspection du travail et de l’Office national de
l’emploi (ONEM) du ressort,
dans les quinze jours qui précèdent le début des activités.
À chaque embauche et à chaque départ d’un travailleur (décès, démission,
licenciement, mise à la retraite...), l’entreprise doit, en tant qu’employeur, procéder
à la déclaration d’embauche (et de départ) de travailleur. Cette déclaration est à
faire dans les quinze jours qui suivent l’acte (Code du travail, art. 217), à la Division
provinciale de l’Inspection du travail et au Bureau provincial de l’Office national de
l’emploi. Cependant cette obligation ne vaut
pas dans le cas d’un travailleur employé à des tâches domestiques ou d’un
travailleur engagé au jour le jour.
L’employeur procède à la déclaration annuelle de la situation de la main d’œuvre et
du bilan social. Il le fait, au plus tard le 31 janvier de chaque année, à la Division
provinciale de l’Inspection du travail et au Bureau provincial de l’Office national de
l’emploi. Il doit aussi requérir son affiliation à l’institut national de préparation
professionnelle (INPP).
Affiliation à la Caisse nationale de sécurité sociale
En tant qu’employeur1 toute entreprise est assujettie à l’immatriculation et à
l’affiliation à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) pour garantir la
couverture des risques professionnels que sont les accidents de travail et les
maladies professionnelles. Il adresse au centre de gestion de la CNSS
territorialement compétent où il occupe les travailleurs, une demande d’affiliation
dans les huit jours qui suivent la première embauche d’un ou de plusieurs
travailleurs ou le début de l’apprentissage, de l’enseignement, de la garde ou du
stage d’un ou de plusieurs travailleurs assimilés. A la réception de la demande
d’affiliation dûment remplie, le centre de gestion de la CNSS concerné délivre à
l’employeur, un certificat d’immatriculation ainsi qu’un numéro d’affiliation. Ce
numéro doit être reproduit sur toute correspondance et tout document adressé à la
CNSS.