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Production de Plants de Bananier Plantai

L'étude présente la méthode DESHYPIF pour la production de plants de bananier plantain à partir de rejets écailles et baïonnettes, visant à améliorer la disponibilité des semences en Côte d'Ivoire. Les résultats montrent que les rejets écailles perdent plus d'eau en phase de déshydratation, mais produisent un nombre de jeunes plants comparable à celui des rejets baïonnettes. Cette méthode pourrait réduire les cycles de production et favoriser la multiplication végétative des bananiers.

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Production de Plants de Bananier Plantai

L'étude présente la méthode DESHYPIF pour la production de plants de bananier plantain à partir de rejets écailles et baïonnettes, visant à améliorer la disponibilité des semences en Côte d'Ivoire. Les résultats montrent que les rejets écailles perdent plus d'eau en phase de déshydratation, mais produisent un nombre de jeunes plants comparable à celui des rejets baïonnettes. Cette méthode pourrait réduire les cycles de production et favoriser la multiplication végétative des bananiers.

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European Scientific Journal October 2017 edition Vol.13, No.

30 ISSN: 1857 – 7881 (Print) e - ISSN 1857- 7431

Production De Plants De Bananier Plantain Musa


AAB Var. Orishele Par La Méthode DESHYPIF À
Partir Des Rejet-Écailles Et Rejets Baïonnettes

Boye Mambé Auguste Denise


Soko Dago Faustin
Lolo Akiapo Landry Joël
Akaffou Eric Tangui
Kouadio Yatty Justin
Université Jean Lorougnon Guédé,
Laboratoire de Physiologie Végétale, Daloa, Côte d’Ivoire

Doi: 10.19044/esj.2017.v13n30p96 URL:http://dx.doi.org/10.19044/esj.2017.v13n30p96

Abstract
Plantain is an easy plant to grow. There are many varieties directly
exploitable which makes it a plant with economic potential. Banana is one of
the most consumed foods by the inhabitants of Côte d'Ivoire. However,
banana production in this region remains insufficient. The possibility of
creating a banana plantation remains a major problem due to the low
availability of "seeds". The introduction of a new method under the name
DESHYPIF could both reduce the vegetative cycle and the production cycle
while allowing the vegetative propagation of the buds. The aim of our study
was to show that the production of banana plants by DESHYPIF technique is
possible with the use of buds suckers. The study focused on two types of
buds, traditional bayonet discharges and buds suckers. The results showed
that buds suckers lose more water (39.34 ± 0.52) than the bayonet (27.15 ±
1.03) in the dehydration phase, however, the water level in the phase of
physiological awakening remained the same (5.23 ± 0.01). The rehydration
rate was 100 %. For the number of young plants emitted in germination, the
buds suckers dehydrated gave a number of individuals (77 ± 2) comparable
to those of the bayonets (80±1).

Keywords: Plantain, buds suckers, bayonets, DESHYPIF method

Résumé
Le bananier plantain est une plante facile à cultiver. Il existe de
nombreuses variétés directement exploitables ce qui en fait une plante au

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potentiel économique immense. Le bananier est l’un des vivriers le plus


consommé par les habitants de la Côte d’Ivoire. Mais, la production
bananière dans cette région reste insuffisante. La possibilité de créer une
bananeraie reste un grand problème pour cause de faible disponibilité des
« semences ». La mise en place d’une nouvelle méthode sous le nom de
DESHYPIF pourrait à la fois réduire le cycle végétatif et le cycle de
production tout en permettant la multiplication végétative des rejets. Notre
étude a eu pour objectif de montrer que la production de plants de bananier
en germoir par la technique DESHYPIF est possible avec l’utilisation des
rejet-écailles. L’étude a porté sur deux types de rejets, les rejets baïonnettes
traditionnelle et les rejet-écailles. Les résultats ont montré au niveau des
caractéristiques pondérales que les rejet-écailles ont perdu plus d’eau
(39,34±0,52) que les rejets baïonnettes (27,15±1,03) en phase de
déshydratation, toutefois, le niveau d’eau en phase d’éveil physiologique est
resté sensiblement le même (5,23±0,01). Le taux de reprise en réhydratation
a été de 100 % pour les deux types de rejets. Pour le nombre de jeunes
pousses (plants) émis en germoir, les rejet-écailles déshydratés ont donné un
nombre d’individus (77 ± 2) comparable à ceux des rejets baïonnettes (80 ±
1).

Mots-clés: Bananier plantain, rejet-écailles, rejets baïonnettes, méthode


DESHYPIF

Introduction
En Côte d’Ivoire, la banane plantain a connu un développement grâce
à son association culturale avec le café et le cacao : elle est utilisée comme
plante de couverture pour les jeunes plantations. Culture de case à l’origine,
la banane plantain est le premier produit vivrier en zone forestière. Elle
occupe la 3e place au niveau national avec une production estimée à 1 600
000 tonnes par an (Audrey et al, 2015). Cependant, les rendements
demeurent faibles malgré un contexte de production favorable et l’existence
d’un marché demandeur dont les besoins ne sont pas couverts. Il devient
évident que le plantain est produit en Côte d'Ivoire dans un contexte de faible
productivité et de faible compétitivité qui devrait pouvoir être amélioré. De
nombreuses stratégies ont été mises en place pour résoudre le problème de
disponibilité de matériel végétal parmi lesquelles :
- La technique de déshydratation, une technique de conservation qui
permet une réduction du cycle végétatif et du cycle de production des
bananiers issus des rejets déshydratés (Boyé et al, 2010).
- La technique de PIF, elle permet, à partir de la création de pépinières,
de produire très rapidement (en 3 à 5 mois) du matériel végétal de très bonne
qualité en grande quantité (Abessolo, 2012). A partir d’un explant de rejet

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baïonnette, on peut obtenir entre 20 et plus de 100 plantules selon la variété


et le niveau de maîtrise technique, alors qu’on ne peut exploiter que 3 à 5
rejets par pied-mère au champ après 13 à 18 mois en situation traditionnelle.
Une alternative serait la technique de conservation DESHYPIF,
combinaison de la technique PIF et de la technique de déshydratation. C’est
une nouvelle technique qui peut maximiser la production de plants de
bananiers sains à cycle potentiellement réduit, accessibles aux petits
producteurs. L’objectif de ce travail préliminaire est d’étudier la capacité de
production de plants de bananiers plantains à partir de deux types de rejets :
écailles et baïonnettes.

Matériels et méthodes
Matériel végétal
Le matériel d'étude était constitué de rejet-écailles et de rejets
baïonnettes de bananier plantain Musa AAB Orishele.
Les rejet-écailles prélevés sont des bourgeons au stade de feuille
réduite à la nervure principale et enroulée sur elle-même sans limbe
différencié. Ils ont une origine souterraine et apparaissent toujours en surface
au voisinage du pied-mère. Leur taille oscille entre 15 et 40 cm.
Les rejets baïonnettes prélevés sont des jeunes plants au stade de
feuilles lancéolées ou feuilles transitoires, pourvues d'une nervure centrale
avec un limbe évolutif (Anno, 1981 ; Speijer et Dewale, 1997). Leur taille
est variable (50 à 150 cm).

Matériels techniques et sanitaires


Pour la mise en application de la technique de DESHYPIF, nous
avons utilisé :
 Un propagateur (figure 1) qui est constitué :
 d’une serre qui est une structure permettant l’écoulement des eaux de
pluie, complètement couvert d’un film (plastique) transparent et fermée de
façon hermétique,
 d’un germoir (ou bac de germination)
 d’une ombrière (ou zone d’ombre) : c’est un hangar, la pièce d’un
bâtiment ou sous des arbres.
 En plus du propagateur, d’autres matériels sont nécessaires. Ce sont :
Une balance, un couteau, un scalpel, des fiches de mesure, des bacs en
plastique, des arrosoirs, des sachets de pépinière, des brouettes, des gants en
latex, de la sciure fine de bois blanc, une bâche en plastique transparent, un
ruban en caoutchouc, de fongicide, insecticide et des produits désinfectants.

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Figure 1 : Photo d’un propagateur

Méthodes
Collecte des rejets (écailles et baïonnettes)
Cinquante (50) rejets ont été prélevés dans la matinée aux heures
fraîches au pied de bananiers sain. A l’aide d’une pioche, nous avons creusé
délicatement autour de chaque rejet pour le déterrer auprès du pied-mère.
Ensuite les rejets ont été disposés dans des sacs pour le transport.

Application du stress hydrique


Une fois sur le site les rejets ont été entreposés sous un hangar et 30
rejets en bon états furent sélectionnés en raison de 15 rejets par type de rejets
(écailles et baïonnette). Les rejets ont été lavés avec de l’eau de robinet puis
un semi-parage fut effectué en nettoyant la partie du rhizome. A l’aide de
couteaux bien tranchant, l’opération s’est faite en éliminant toutes les
racines. Les rejets ont été pesés sur une balance et ensuite étiquetés puis
disposer sur des plastiques à l’ombre sous le hangar pendant deux semaines
(Figure 2).
Les masses de matière fraiche des rejets déshydratés ont été
déterminées tous les 3 jours entre 7 h et 10 h du matin sur des balances. La
perte en eau des rejets est déterminée au terme du temps de déshydratation à
partir de la formule suivante :
/ �− �/
� = ×

Te = taux de perte en eau ;
Mi = masse initiale des rejets et Mf = masse finale des rejets déshydratés.

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Ba

Ec

Figure 2 : Aspect des rejets écailles et rejets baïonnettes sous stress hydrique
Ec : rejet écaille ; Ba : rejet baïonnette

Eveil hydroponique
Après les deux semaines de stress hydrique, les rejets ont été plongés
dans de l’eau distillée contenue dans 3 bacs en plastique. Les rejets
déshydratés furent réhydratés par effectif de 10 pendant 7 jours. Les rejets
ont été immergés en partie. L’eau fut régulièrement renouvelée tous les 3
jours. Pour ce faire, les rejets ont été soigneusement retirés des bacs puis
essorés à l’aide d’une pochette. Ensuite, l’eau est vidée et remplacée par une
nouvelle quantité d’eau puis les rejets ont été remis en culture. Le même
procédé fut répété jusqu’au terme du temps de culture hydroponique. La
mesure de l’évolution de la masse de matière fraiche est effectuée tous les 3
jours pendant toute la durée de la culture hydroponique. Le nombre de
racines correspondant à chaque rejet est noté. La croissance en eau des rejets
est déterminée au terme du temps de réhydratation de la même manière que
la phase de déshydratation.

Evaluation du taux de survie des rejets


Cette évaluation s’est basée sur l’apparition de pourritures (nécroses)
sur les rejets stressés. Le taux de survie a été calculé à partir de la formule
suivante :
�− �
� = ×

� = � � =
� = é é

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Production de plants en germoir


Dispositif en germoir
Nous disposions de deux types de rejets (écailles et baïonnettes)
provenant de la variété de bananier plantain Orishele sur laquelle fut
appliquée la méthode DESHYPIF. 2 traitements ont été donc réalisés :
 Traitement 1 (SE) : substrat sciure de bois blanc (S) – rejet écaille (E)
 Traitement 2 (SB) : substrat sciure de bois blanc (S) – rejet baïonnette
(B)
Pour chaque traitement 5 rejets ont été utilisés. Ces traitements ont
été répétés 3 fois.

Ensemencement en germoir
Cela a consisté à produire du matériel végétal indemne de virus et en
grande quantité à partir de la technique des PIF (Plants Issus de Fragments).
Les explants traités avec des produits phytosanitaires et séchés pendant 48
heures sous ombrière ont été mis en germoir (figure 3).
Les rejets ont été enfouis dans la sciure ainsi préparée à 12 cm au
minimum du fond du bac, et à 3 cm de la surface de la couche de sciure
(figure 4). Entre les lignes, les rejets furent séparés de 20 cm. Et sur la ligne,
ils furent espacés de 10 cm. Notre bac de 3m² contenait 30 rejets. Le germoir
fut ensuite hermétiquement fermé.

Figure 3 : Aspect des rejets déshydratés et traités avec des produits phytosanitaires

Figure 4 : Dispositif en germoir rempli de sciure de bois blanc

Le premier arrosage s’est fait 24 heures après la mise en place des


rejets dans la sciure. Et ensuite, un maximum de 2 arrosages par semaine a
été effectué. Deux semaines après, les premiers jeunes plants apparaissaient

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de la sciure. Nous avons veillé à éliminer les rejets qui pourrissaient avec le
temps. Le paramètre évaluer en germoir était le nombre de bourgeons émis
par explant.

Acclimatation et mise en pépinière des plants


Il a consisté en la récolte des plantules 30 jours après
l’ensemencement. Le germoir a été d’abord arrosé avant de procéder à la
récolte des plantules au stade 3 feuilles et un cigare (pour éviter qu’ils soient
trop vieux et épuisent rapidement les explants). Le prélèvement s’est fait au
scalpel (petit couteau bien aiguisé et propre). Les explants ont été sortis de la
sciure et les plantules furent coupées à 3 cm au-dessus de leur point d’attache
avec l’explant (limite entre la partie blanche et la partie verte de la gaine) et
mis dans des sachets de pépinière contenant du terreau (figure 5). Ce
prélèvement a provoqué l’activation des nouveaux bourgeons sur l’explant
qui a émis de nouvelles plantules. Ensuite l’explant fut remis en germoir. La
sciure collant aux racines de la plantule pendant le prélèvement fut
conservée. Et les plantules du premier rang ont été prélevés avec un petit
morceau de l’explant car n’ayant pas de racines. L’arrosage du germoir ne
s’est fait que 24 heures après le sevrage.

Figure 5 : Sevrage des plantules de deuxième rang en germoir

Les sachets de pépinière de (17 cm x 24 cm) remplis furent rangés en


planche, et arrosés la veille du repiquage. Pendant le repiquage, un trou a été
réalisé au centre du sachet à une profondeur suffisante pour ne pas faire
recourber les racines. La plantule fut introduite à l’intérieur du trou, et la
terre est tassée légèrement sans compacter. Seul le bulbe fut enterré.
A la fin du repiquage, nous avons arrosé abondamment les jeunes
plantules (figure 6).
Les plants repiqués ont été placés sous ombrière. Les plants
acclimatés seront arrosés trois fois par semaine. Les plants vont séjourner en

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pépinière pendant 2 mois (quand leurs racines sont bien formées) et pourront
être ensuite transplantés (figure 7).

Figure 6a : Plants issus des rejet-écailles Figure 6b : Plants issus des rejets baïonnettes

Figure 7 : Jeunes plants acclimatés de bananiers plantains

Analyse statistique
Les mesures effectuées ont été soumises à une analyse de variance
(ANOVA) au seuil de 5 %. Lorsqu’il y avait une différence significative, les
moyennes ont été comparées selon le test (LSD) de Fisher complété avec les
tests HSD de Tukey et de Newman-Keuls. Les analyses ont été effectuées en
utilisant le logiciel STATISTICA 7.1.

Résultats
Caractéristiques pondérale et hydrique
L’évolution de la masse des rejets écailles et baïonnettes pendant 14
jours de déshydratation a montré une baisse selon le type de traitement. Cette
baisse de masse est proportionnelle à la perte en eau de chaque type de rejets.
En outre, le traitement T1 a montré une baisse de masse plus importante avec
39,34 % de perte en eau (tableau 1). Ce qui permet de dire que les rejets
écailles perdent beaucoup plus d’eau que les rejets baïonnettes.

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Au cours de la réhydratation, le gain en eau a été déterminé au bout


d’une semaine. Cela a montré que la masse des rejets a significativement
augmenté pendant la phase de réhydratation. Ce gain de masse en fonction
du type de rejets est résumé dans le tableau 1. Le traitement T1 a montré le
gain en masse le plus élevé avec 5,23 %. Ce qui permet de dire que les rejet-
écailles ont une meilleure capacité de régénération en eau.
Tableau 1 : Evaluation de la perte et du gain en eau des rejets traités
Traitements Perte en eau (%) Gain en eau (%)

T1 (SE) 39.34±0,52a 5.23±0,01a


T2 (SB) 27.15±1,03b 5.00±0,03a
NB : Dans une colonne les moyennes suivies par la même lettre ne sont pas
significativement différentes d’après le test de comparaison des moyennes de Fischer (LSD)
à α = 0,05.

Taux de reprise de croissance des rejets pendant la réhydratation


Les résultats du taux de reprise de la croissance sont consignés dans
le tableau 2. Au cours de la culture hydroponique le taux de survie des rejets
a été estimé à 100 %. Les rejets ont tous repris leur croissance.
Tableau 2 : Taux de reprise des rejet-écailles et baïonnettes
Traitements Taux (%)
T1 (SE) 100
T2 (SB) 100

Evaluation de la production de plants en germoir


Deux semaines après l’ensemencement les premiers bourgeons
apparaissaient en germoir (figure 8 et 9). Le nombre de bourgeons par
explant a été déterminé pour évaluer la capacité de production de plants en
fonction du type de rejets. Après analyse des données au premier sevrage, on
a observé que le nombre de bourgeons émis par type de rejets n’était pas
significativement différent. Cela montre que la production de plants en
germoir donne le même rendement avec l’utilisation de rejet-écailles. Il
convient donc de noter que la mise en œuvre de la méthode innovante
DESHYPIF par l’utilisation des rejet-écailles est promoteur. En effet, les
rejets écailles sont nombreux, disponibles et facile à travailler que les rejets
baïonnettes. Ils présentent un intérêt agronomique de plus en plus important
dans les recherches sur le bananier plantain.

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Figure 6 : Bourgeons en germoir 2 semaines Figure 7 : Plants âgés de 1


après ensemencement mois en germoir

Tableau 3 : Effet des traitements sur la production des plants en germoir


Traitements Production de plants durant le premier sevrage
T1 (SE) 77 ± 2a
T2 (SB) 80 ± 1a
NB : Dans une colonne les moyennes suivies par la même lettre ne sont pas
significativement différentes d’après le test de comparaison des moyennes de Fischer (LSD)
à α = 0,05.

Discussion
Caractéristique pondérales
Les résultats de l’étude effectuée nous a révélé que la variation de la
masse des rejet-écailles dépend du type de traitement. Cette baisse de la
masse est principalement due à une perte en eau. La déshydratation a
entrainé une perte en eau de 39,4 % chez les rejet-écailles à la différence de
celle des rejets baïonnettes qui est 27,15 %. Ce qui confirme les résultats de
Boyé et al (2010) où les rejet-écailles avaient tendance à perdre beaucoup
plus d’eau en fonction du temps de déshydratation. Lorsque la
déshydratation est intense, les cellules se nécrosent et entrainent la mort du
rejet. Ce qui corrobore les travaux de Volaire et al (2001) qui ont constaté
qu’une teneur en eau des tissus en dessous du seuil limite de 30 % entrainait
la mortalité des talles chez les dactyles. Cette analyse montre que non
seulement un temps de dessiccation très long peut entrainer la mort des rejets
(Boyé et al, 2008) mais aussi l’intensité de la dessiccation pendant un temps
relativement court entrainerait également la mort des rejets. La réhydratation
est une phase d’éveil des rejet-écailles au cours de laquelle on assiste à la
mobilisation des réserves pour la croissance de l’embryon (Boyé et al, 2010).

Production de plantules en germoir


La production de plantules à partir des rejet-écailles a été identique à
celui des rejets baïonnettes. Ce résultat pourrait s’expliquer par le fait que
les rejet-écailles aussi bien que les rejets baïonnettes possèdent des
caractéristiques de croissance similaires. Ce qui s’oppose aux résultats de

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Bakelana et Mpanda (2000) qui indiquent que les rejets volumineux


posséderaient plus de réserves nutritives, favorisant leur développement
rapide. Par ailleurs, lorsque le méristème est détruit, la majorité des
bourgeons qui étaient dormants émergent. Selon Manzur-Macias (2001),
l’augmentation du rejetonnage après destruction du bourgeon apical est
basée sur la croissance de bourgeons latéraux préexistants délivrés de la
dominance apicale. Ceci serait dû à une corrélation entre les réserves
nutritives présentes au niveau du rhizome et le besoin des bourgeons pour
leur développement et leur croissance. Ainsi, Wiermann (1981) et Kwa
(1993) ont établi une relation entre les réserves nutritives et les processus de
différenciation cellulaire et tissulaire chez les plantes. Les rejet-écailles
moins volumineux que les rejets baïonnettes ont donné des plantules
statistiquement identiques à ces derniers. Ce résultat est prometteur et
confirme l’intérêt des rejet-écailles dans l’amélioration de la production
bananière.

Conclusion
La méthode DESHYPIF a été évaluée par la l’analyse de la
production de plantules de bananiers plantain sains en germoir à partir des
rejet-écailles et des rejets baïonnettes. L’ensemble des résultats révèlent que
les rejets baïonnettes aussi bien que les rejet-écailles peuvent produire des
plants de bananier capable de d’accroitre la production bananière. Les rejet-
écailles déshydratés peuvent être proposé comme matériel de base pour la
multiplication végétative du bananier plantain. Par ailleurs, il ressort de cette
étude que la méthode DESHYPIF (combinaison de la technique PIF et de la
technique de déshydratation) pourrait être proposée comme alternative ou
méthode innovante de la culture bananière.

References:
1. Abessolo A., 2012. Guide pratique de production de rejets de
bananier plantain par la méthode « P.I.F », version avril 2012.
2. Anno A.P., 1981. Etude des caractéristiques de croissance, en relation
avec la floraison, de Musa corniculata L. Thèse de doctorat d’Etat ès
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3. Audrey P., Pierre R., & Cédric R. R., 2015. Etude de la filière
Banane Plantain en Côte d’Ivoire, Projet « Promotion et
commercialisation de la Banane Plantain et du Manioc en Côte
d’Ivoire » financé par le Comité Français pour la Solidarité
Internationale (CFSI), 66 p.
4. Bakelana B. K. & Mpanda. 2000. Méthode de multiplication des
bananiers par décorticage de la souche. Infomusa, 9 (2) : 26-27.

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5. Boyé M.A.D., Coulibaly D.R., Turquin L., Anno A.P. Et Zouzou M.,
2008. Caractérisation pathologique in vivo du stress hydrique sur les
rejet-écailles de bananier plantain Musa AAB cv Corne 1. Rev. Ivoir.
Sci. Technol., ISSN 181363290. 11 : 143-158.
6. Boyé M.A.D., Turquin L., Gnahoua J.B.G., Coulibaly D.R., Ake S.
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un mois. Journal of Animal & Plant Sciences, Issue 1, 7: 767- 778.
7. Kwa M., 1993. Architecture, morphogenèse et anatomie de quelques
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II, pp 222-224 ; 244-250.
8. Manzur-Macia D. 2001. Propagation en masse in situ de l’hybride de
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Infomusa, 10 (1) : 3 - 4.
9. Speijer P.R. et De Waele D., 1997. Evaluation du matériel génétique
de Musa pour la résistance aux nématodes. Guides techniques
INIBAP 1, Montpellier France, 47 p.
10. Volaire F., Conejero G. & Lelievre F., 2001. Drought survival and
dehydratation tolerance in Dactylis glomerata and Poa bulbosa,
australian journal plant physiology, 28: 743-754.
11. Wiermann R., 1981. Secondary plant products and cell tissu
differentiation. In The biochemistry of plants 7. Academic press, inc.
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