Université Sultan Moulay Slimane, ENSA Khouribga, API, Semestre 2,
Année universitaire: 2022-23, Correction du TD2, Module : Algèbre 2
Exercice 1:
Solution:
1. (a) f1 est linéaire : il faut vérifier :
Additivité : Pour tout (x, y, z), (x′ , y ′ , z ′ ) ∈ R3 ,
f1 (x, y, z) + (x′ , y ′ , z ′ ) = f1 (x, y, z) + f1 (x′ , y ′ , z ′ ).
Homogénéité : Pour tout (x, y, z) ∈ R3 et λ ∈ R,
f1 λ · (x, y, z) = λ · f1 (x, y, z).
Calcul du noyau de f1
(x, y, z) ∈ ker f1 ⇐⇒ f1 (x, y, z) = (0, 0, 0)
⇐⇒ (2x + y + z, y − z, x + y) = (0, 0, 0)
2x + y + z = 0
⇐⇒ y − z = 0
x+y =0
⇐⇒ x = −zy = z
x −z
⇐⇒ y = z
z z
x −1 −1
⇐⇒ y ∈ Vect 1
= λ 1 | λ ∈ R
z 1 1
Ainsi, ker f1 = Vect(−1, 1, 1) et donc f1 n’est pas injective.
Calcul de l’image de f1
Maintenant, nous allons utiliser que ker f1 = Vect(−1, 1, 1),
autrement dit dim ker f1 = 1.
La formule du rang, appliquée à f1 : R3 → R3 , s’écrit
dim ker f1 + dim Im f1 = dim R3
Donc, dim Im f1 = 2.
Nous allons trouver une base de Im f1 . Il suffit donc de trouver
deux vecteurs linéairement indépendants.
Prenons par exemple :
v1 = f1 (1, 0, 0) = (2, 0, 1) ∈ Im f1
et v2 = f1 (0, 1, 0) = (1, 1, 1) ∈ Im f1 .
Par construction, ces vecteurs sont dans l’image de f1 et il est clair
qu’ils sont linéairement indépendants.
Donc {v1 , v2 } est une base de Im f1 .
(b) Supposons d’abord que b = c = 0, de sorte que f1 est l’application
f2 (x, y, z) = (2x − 4y + 3z, 6x).
Soient (x1 , y1 , z1 ), (x2 , y2 , z2 ) ∈ R3 et λ ∈ R. Observons que
f2 (x1 +x2 , y1 +y2 , z1 +z2 ) = (2(x1 +x2 )−4(y1 +y2 )+3(z1 +z2 ), 6(x1 +x2 ))
= (2x1 + 2x2 − 4y1 − 4y2 + 3z1 + 3z2 , 6x1 + 6x2 )
= (2x1 − 4y1 + 3z1 , 6x1 ) + (2x2 − 4y2 + 3z2 , 6x2 )
= f2 (x1 , y1 , z1 ) + f2 (x2 , y2 , z2 ).
De plus,
f2 (λx1 , λy1 , λz1 ) = (2λx1 − 4λy1 + 3λz1 , 6λx1 )
= (λ(2x1 − 4y1 + 3z1 ), λ(6x1 ))
= λ(2x1 − 4y1 + 3z1 , 6x1 )
= λf2 (x1 , y1 , z1 ).
Ainsi, f2 est linéaire.
Supposons maintenant que b ̸= 0 et remarquons que
f2 (0, 0, 0) = (b, 0) ̸= (0, 0)
Il s’ensuit que f2 n’est pas linéaire.
Si c ̸= 0, alors notons que
f2 (1, 1, 1) = (1 + b, 6 + c) et f2 (2, 2, 2) = (2 + b, 12 + 8c).
Puisque 2(6 + c) = 12 + 2c ̸= 12 + 8c pour c ̸= 0, nous voyons que
2f2 (1, 1, 1) ̸= f2 (2, 2, 2) et donc f3 n’est pas linéaire.
(c) f3 est linéaire : soient P, P ′ ∈ R3 [X] alors
f3 (P + P ′ ) = (P + P ′ )(−1), (P + P ′ )(0), (P + P ′ )(1)
= P (−1) + P ′ (−1), P (0) + P ′ (0), P (1) + P ′ (1)
= P (−1), P (0), P (1) + P ′ (−1), P ′ (0), P ′ (1)
= f3 (P ) + f3 (P ′ ).
Pour P ∈ R3 [X] et λ ∈ R :
f3 (λ · P ) = (λP )(−1), (λP )(0), (λP )(1)
= λ × P (−1), λ × P (0), λ × P (1)
= λ · P (−1), P (0), P (1)
= λ · f3 (P ).
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Détermination du noyau de f3 :
f3 : R3 [X] → R3 va d’un espace de dimension 4 vers un espace de
dimension strictement plus petit et donc f3 ne peut être injective.
Calcul du noyau :
Écrivons un polynôme P de degré ≤ 3 sous la forme
P (X) = aX 3 + bX 2 + cX + d
. Alors,
P (0) = d, P (1) = a + b + c + d, P (−1) = −a + b − c + d.
P (X) ∈ ker f3 ⇐⇒ (P (−1), P (0), P (1)) = (0, 0, 0)
⇐⇒ (−a + b − c + d, d, a + b + c + d) = (0, 0, 0)
−a + b − c + d = 0
⇐⇒ d = 0
a+b+c+d=0
⇐⇒ · · ·
a = −c
⇐⇒ b = 0
d=0
⇐⇒ (a, b, c, d) = (t, 0, −t, 0) t ∈ R
Ainsi, le noyau ker f3 = {tX 3 − tX | t ∈ R} = Vect{X 3 − X}. f3 n’est
pas injective, son noyau étant de dimension 1.
2. (a) f est bien linéaire car pour tous P, Q ∈ Rn [X] et λ ∈ R:
f (P + λQ) = (P + λQ) + (1 − X)(P ′ + λQ′ ) = f (P ) + λf (Q).
(b) Soit P ∈ ker f , alors f (P ) = 0, ce qui donne l’équation différentielle :
P + (1 − X)P ′ = 0.
En résolvant, on trouve P (X) = λ(X − 1) avec λ ∈ R.
Ainsi, ker f est de dimension 1 et une base est donnée par un seul vecteur
{X − 1}.
(c) Par le théorème du rang :
dim(Im f ) = dim(Rn [X]) − dim(ker f ) = (n + 1) − 1 = n.
Calculons f (X k ) pour k ∈ {0, 1, . . . , n} :
f (X k ) = (1 − k)X k + kX k−1 .
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Pour k = 0: f (1) = 1
Pour k = 1: f (X) = 1
Pour k ≥ 2: f (X k ) = (1 − k)X k + kX k−1 (degré k, pas de terme
constant)
La famille {f (X), f (X 2 ), . . . , f (X n )} est libre (degrés distincts) et con-
tient n vecteurs.
Conclusion : Une base de Im f est {f (X), f (X 2 ), . . . , f (X n )}.
3. (i) ⇒ (ii)
Supposons que ker f = Im f . Alors, pour tout x ∈ E, il existe y ∈ E tel que
x = f (y). Donc, f (x) = f (f (y)) = 0, ce qui implique que f 2 = 0.
De plus, dim(ker f )+dim(Im f ) = n. Puisque ker f = Im f , on a dim(ker f ) =
dim(Im f ). Donc, 2 · dim(ker f ) = n, ce qui implique que n = 2 · rg(f ).
(ii) ⇒ (i)
Supposons que f 2 = 0 et n = 2 · rg(f ). Alors, Im f ⊆ ker f puisque f 2 = 0.
De plus, dim(ker f )+dim(Im f ) = n. Puisque n = 2·rg(f ), on a dim(ker f ) =
dim(Im f ). Donc, Im f = ker f .
Ainsi, les deux assertions sont équivalentes.
4. (a) Montrons que f (ker(g ◦ f )) ⊂ ker g ∩ Im f :
Soit y ∈ f (ker(g ◦ f )). Par définition, il existe x ∈ ker(g ◦ f ) tel que
y = f (x).
y ∈ Im f par construction.
Comme x ∈ ker(g ◦ f ), on a (g ◦ f )(x) = g(f (x)) = g(y) = 0Rn .
Donc y ∈ ker g.
Ainsi, y ∈ ker g ∩ Im f , d’où f (ker(g ◦ f )) ⊂ ker g ∩ Im f .
(b) Montrons que ker g ∩ Im f ⊂ f (ker(g ◦ f )) :
Soit y ∈ ker g ∩ Im f .
y ∈ Im f : il existe x ∈ Rn tel que y = f (x).
y ∈ ker g : g(y) = 0Rn .
On en déduit g(f (x)) = 0Rn , donc x ∈ ker(g ◦ f ).
Comme y = f (x) avec x ∈ ker(g ◦ f ), on a y ∈ f (ker(g ◦ f )).
Conclusion : f (ker(g ◦ f )) = ker g ∩ Im f .
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Exercice 2:
Solution:
1. (a) Supposons que u soit surjective. Alors Im(u) = F , donc
dim(Im(u)) = p. D’après le théorème du rang :
dim(ker(u)) + dim(Im(u)) = dim(E) ⇐⇒ dim(ker(u)) + p = n
⇐⇒ dim(ker(u)) = n − p.
Comme n < p, on aurait dim(ker(u)) < 0, ce qui est impossible. Donc
u n’est pas surjective.
(b) Supposons que u soit injective. Alors ker(u) = {0E },
donc dim(ker(u)) = 0. D’après le théorème du rang :
dim(ker(u)) + dim(Im(u)) = dim(E) ⇐⇒ dim(Im(u)) = n.
Comme Im(u) ⊂ F , on a dim(Im(u)) < p. Or n > p, ce qui conduit à
une contradiction. Donc u n’est pas injective.
2. (a) Soit x1 ∈ E1 ,
(f − IdE )(x1 ) = 0E ⇔ f (x1 ) − x1 = 0E ⇔ f (x1 ) = x1
Soit x2 ∈ E2 ,
(f + IdE )(x2 ) = 0E ⇔ f (x2 ) + x2 = 0E ⇔ f (x2 ) = −x2
f (x)+x
(b) On pose x1 = 2
et x2 = x−f2(x) .
f (x) + x
f (x1 ) = f
2
1
= f 2 (x) + f (x)
2
1
= x + f (x) (car f 2 = IdE )
2
= x1
Donc, d’après la première question, x1 ∈ E1 .
x − f (x)
f (x2 ) = f
2
1
= f (x) − f 2 (x)
2
1
= f (x) − x (car f 2 = IdE )
2
= −x2
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Donc, d’après la première question, x2 ∈ E2 .
Comme x = x1 + x2 , on a E1 + E2 = E.
Il reste à montrer que E1 ∩ E2 = {0E }.
Si x ∈ E1 ∩ E2 , alors :
f (x) = x et f (x) = −x =⇒ x = −x =⇒ x = 0E .
On conclut que E1 ⊕ E2 = E.
(c) Pour 1 ≤ i ≤ r, f (vi ) = vi (car vi ∈ E1 ).
Pour r + 1 ≤ i ≤ n, f (vi ) = −vi (car vi ∈ E2 ).
Remarque : La matrice de f dans cette base est :
1 0 ··· 0 0 ··· 0
.. .. .. .. ..
0 . 0 . . . .
. .. .. ..
.. 0 1 0 . . .
0 · · · 0 −1 0 ··· 0
. . .. ... ..
.. .. . 0 0 .
0 ··· 0 0 0 · · · −1
(Matrice diagonale avec des 1 sur E1 et des −1 sur E2 ).
3. (a) Unicité et décomposition :
La seule fonction à la fois paire et impaire est la fonction nulle :
P ∩ I = {0}.
Montrons que toute fonction f : R → R se décompose en somme
d’une fonction paire et d’une fonction impaire. Pour tout x ∈ R,
écrivons :
f (x) + f (−x) f (x) − f (−x)
f (x) = + .
| 2
{z } | 2
{z }
partie paire partie impaire
f (x)+f (−x) f (−x)+f (x)
– La fonction x 7→ 2
est paire (vérifier que 2
=
f (x)+f (−x)
2
).
– La fonction x 7→ f (x)−f
2
(−x)
est impaire (vérifier que f (−x)−f (x)
2
=
f (x)−f (−x)
− 2
).
Bilan : P + I = E, et comme P ∩ I = {0}, on a :
E = P ⊕ I.
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(b) Projecteur sur P : Le projecteur π : E → P parallèlement à I est
défini par :
f (x) + f (−x)
π(f )(x) = .
2
Vérifications :
π(f ) ∈ P : Par construction, π(f ) est paire.
π ◦ π = π : Si g est paire, alors π(g) = g. Appliqué à g = π(f ), on
obtient :
π(π(f )) = π(f ).
ker π = I :
– Si π(f ) = 0, alors f (x)+f
2
(−x)
= 0 pour tout x, donc f (x) =
−f (−x), i.e. f ∈ I.
– Réciproquement, si f ∈ I, alors π(f ) = 0, donc f ∈ ker π.
4. (i) ⇒ (ii)
Montrons que si φ est un isomorphisme, l’image de toute base de E est une
base de F : soit B = {e1 , . . . , en } une base de E et nommons B ′ la famille
{φ(e1 ), . . . , φ(en )}.
(a) B ′ est libre. Soient λ1 , . . . , λn ∈ R tels que λ1 φ(e1 ) + · · · + λn φ(en ) = 0.
Alors :
φ(λ1 e1 + · · · + λn en ) = 0
Comme φ est injective, λ1 e1 + · · · + λn en = 0. Puisque B est libre,
λ1 = · · · = λn = 0.
(b) B ′ est génératrice. Soit y ∈ F . Comme φ est surjective, il existe x ∈ E
tel que y = φ(x). Comme B est génératrice, on peut choisir λ1 , . . . , λn ∈
R tels que x = λ1 e1 + · · · + λn en . Alors :
y = λ1 φ(e1 ) + · · · + λn φ(en )
(ii) ⇒ (i)
Supposons que l’image par φ de toute base de E soit une base de F .
Soient B = {e1 , . . . , en } une base de E et B ′ la base {φ(e1 ), . . . , φ(en )}.
(a) Im φ contient B ′ qui est une partie génératrice de F . Donc φ est
surjective.
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(b) Soit x ∈ E tel que φ(x) = 0. Comme B est une base, il existe
λ1 , . . . , λn ∈ R tels que x = λ1 e1 + · · · + λn en . Alors :
φ(x) = 0 = λ1 φ(e1 ) + · · · + λn φ(en )
Puisque B ′ est libre : λ1 = · · · = λn = 0. En conséquence, si
φ(x) = 0 alors x = 0 : φ est injective.
Exercice 3 :
Solution:
1. Effectuons un raisonnement par double inclusion :
⊃ : Vect(A) est un sous-espace vectoriel de E qui contient A. f Vect(A)
est donc un sous-espace vectoriel de F contenant f (A) (car l’image
d’un sous-espace vectoriel par une
application linéaire est un sous-espace
vectoriel). Comme Vect f (A) est le plus petit sous-espace vectoriel
de F contenant f (A), on a nécessairement :
f Vect(A) ⊃ Vect f (A) .
⊂ : Soit y ∈ f V ect(A) . Il existe n ∈ N∗ , une famille (xi )i=1,...,n de
vecteurs de A, et une famille (λi )i=1,...,n de scalaires de K tels que :
n
!
X
y=f λi xi .
i=1
Par linéarité de f , on a :
n
X
y= λi f (xi ).
i=1
Donc y est élément de Vect f (A) .
Conclusion : f Vect(A) = Vect f (A) .
2. Par hypothèse, pour tout x ∈ E, il existe λ(x) ∈ K tel que u(x) = λ(x) · x.
Montrons que λ : E → K est constante.
Soient x, y ∈ E \ {0E }. Montrons que λ(x) = λ(y). Par linéarité de u, on a :
u(x + y) = u(x) + u(y) =⇒ λ(x + y)(x + y) = λ(x)x + λ(y)y.
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Ce qui donne :
(λ(x + y) − λ(x)) x + (λ(x + y) − λ(y)) y = 0E (⋆)
Étude de deux cas :
Cas 1 : Si le système (x, y) est libre. De l’équation (⋆), on déduit
λ(x + y) = λ(x) et λ(x + y) = λ(y). Donc λ(x) = λ(y).
Cas 2 : Si (x, y) est lié. Supposons y = αx avec α ∈ K∗ . Alors :
u(y) = u(αx) = αu(x) =⇒ λ(y) · y = αλ(x) · x.
Comme y = αx, on obtient :
α (λ(y) − λ(x)) x = 0E =⇒ λ(x) = λ(y) (car x ̸= 0E et α ̸= 0).
Ainsi, λ est constante sur E \ {0E }. En posant λ(0E ) = λ, on a :
u = λ · IdE .
Par conséquent, u est une homothétie vectorielle.
3. (a) Soient u, v ∈ L(E) et α, β ∈ K. Par linéarité de f :
φf (αu + βv) = f ◦ (αu + βv) − (αu + βv) ◦ f
= α(f ◦ u − u ◦ f ) + β(f ◦ v − v ◦ f ) = αφf (u) + βφf (v).
Donc φf est linéaire.
(b) Soit u ∈ L(E). On a
φ2f (u) = φf (f ◦ u − u ◦ f ) = f 2 ◦ u − 2f ◦ u ◦ f + u ◦ f 2 ,
puis
φ3f (u) = f 3 ◦ u − 2f 2 ◦ u ◦ f + f ◦ u ◦ f 2 − f 2 ◦ u ◦ f + 2f ◦ u ◦ f 2 − u ◦ f 3
= f 3 ◦ u − 3f 2 ◦ u ◦ f + 3f ◦ u ◦ f 2 − u ◦ f 3 .
Cela ressemble à l’application de la formule du binôme de Newton, mais
avec des opérateurs.
Soit n ∈ N∗ . Supposons f nilpotent d’indice p. Montrons par récurrence
que :
n
n
X n
φf (u) = (−1)k f n−k ◦ u ◦ f k .
k=0
k
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Initialisation (n = 1) : Vérifié par définition.
Hérédité : Supposons la formule vraie au rang n. Alors : On développe
l’expression pour φn+1f (u) :
n
!
X n
φn+1
f (u) = φf (−1)k f n−k uf k
k=0
k
n
X n
(−1)k f n−k+1 uf k − f n−k uf k+1
=
k=0
k
n n
X n k n−k+1 k
X n
= (−1) f uf − (−1)k f n−k uf k+1
k=0
k k=0
k
n n+1
X n k n−k+1 k
X n
= (−1) f uf − (−1)k−1 f n−k+1 uf k
k=0
k k=1
k−1
n
n+1
X
k n n
=f u+ (−1) + f n+1−k uf k + (−1)n+1 uf n+1
k=1
k k − 1
n+1
X n + 1
= (−1)k f n+1−k uf k
k=0
k
Explications détaillées :
Ligne 2 : Applique φf (X) = f ◦ X − X ◦ f à chaque terme de la
somme.
Ligne 4 : Dans la seconde somme, on pose k ′ = k + 1 (donc k =
k ′ − 1) pour aligner les puissances de f .
Ligne 5 : Les termes extrêmes k = 0 et k = n + 1 se simplifient
isolément, les termes centraux utilisent l’identité des coefficients
binomiaux. Les termes centraux (1 ≤ k ≤ n) utilisent l’identité
combinatoire ou la relation de Pascal :
n n n+1
+ =
k k−1 k
ce qui permet de fusionner les deux sommes et d’obtenir la forme
binomiale complète pour k = 0 à n + 1.
Ligne 6 : Résultat final par reconnaissance de la formule du binôme
généralisée à φf .
Pour n = 2p, chaque terme f 2p−k ◦u◦f k est nul (car k ≥ p ou 2p−k ≥ p).
Ainsi φ2p
f = 0, donc φf est nilpotent.
Soit p l’indice de nilpotence de f . En posant n = 2p, et en considérant
k ∈ [0, n], on a soit k ≥ p soit n − k ≥ p.
Dans tous les cas, f n−k ◦ u ◦ f k = 0. Comme
n
n
X n
φf (u) = (−1)k f n−k ◦ u ◦ f k ,
k=0
k
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il vient, pour tout u ∈ L(E), que
φnf (u) = 0.
Ainsi, φf est bien nilpotent.
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