TDR Etude de Vulnérabilité de La Jeunesse - A Publier
TDR Etude de Vulnérabilité de La Jeunesse - A Publier
Février 2025
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1. INFORMATIONS GENERALES
Origine : Fondée en 1982 dans les camps de réfugiés cambodgiens en Thaïlande, Handicap International (HI) est devenue
en 2009 une fédération internationale composée de huit bureaux mondiaux appelés « associations nationales » :
Allemagne (1998), Belgique (1986), Canada (2003), France (1982), Luxembourg (1997), Suisse (1996), Royaume-Uni
(1999) et États-Unis (2006). En 2023, HI a mis en œuvre 446 projets dans 59 pays.
Au cours de ses 43 années, HI est devenu célèbre pour ses campagnes qui ont été récompensées par des prix et
distinctions, dont le prix Nobel de la paix en 1997 et le prix humanitaire Conrad [Link] en 2011.
Vision : Indignés face à l’injustice que vivent les personnes handicapées et les populations vulnérables, nous aspirons à
un monde solidaire et inclusif, où toutes les différences nous enrichissent et où chacun peut « vivre debout ».
Mission : HI est une organisation de solidarité internationale indépendante et impartiale, qui intervient dans les situations
de pauvreté et d’exclusion, de conflits et de catastrophes. Œuvrant aux côtés des personnes handicapées et des populations
vulnérables, elle agit et témoigne, pour répondre à leurs besoins essentiels, améliorer leurs conditions de vie et promouvoir
le respect de leur dignité et de leurs droits fondamentaux.
HI est composée de la Fédération HI créée en 2009, de huit associations nationales (voir ci-dessus) et de l’Institut pour
l’action humanitaire, garant du cadre éthique qui sous-tend l’action de HI.
La Fédération supervise la mise en œuvre de l'opération d'aide internationale pour le compte du Réseau HI. Sa direction
opérationnelle – englobant des unités géographiques, techniques et politiques – est responsable de la conduite des secours
et de l’aide au développement à l’étranger ainsi que des actions de plaidoyer au niveau international.
Les Associations Nationales (AN) représentent le réseau dans le pays dans lequel elles sont basées. Elles contribuent à
l’atteinte des objectifs du réseau fédéral : (1) mobiliser des ressources financières au profit des programmes de la
Fédération, (2) développer l’image de marque HI par des actions de communication et de sensibilisation et (3) représenter
les valeurs et le positionnement du réseau fédéral. Chaque association dispose de son propre conseil d'administration (CA)
(voir ci-dessous) et dispose d'un droit de vote à l'Assemblée générale.
L'Assemblée générale fédérale se réunit une fois par an, le nombre de sièges attribués à chaque AN est fonction de son
poids. Responsabilités :
La Fédération fonctionne à l'initiative et sous la supervision du CA qui est un organe exécutif collégial dont les pouvoirs
et devoirs sont définis dans les statuts et le règlement intérieur de la Fédération. Le CA actuel compte 13 membres de 6
nationalités différentes.
Le CA est indépendant de la Division Exécutive Fédérale et de sa Direction et veille à ce que la Fédération remplisse la
mission de HI et notamment :
1. Valide la politique, les directives générales et les cadres opérationnels et supervise la mise en œuvre de la vision
stratégique de HI
2. Élabore la stratégie opérationnelle et financière
Organise des comités thématiques plus petits pour conseiller et soutenir la direction exécutive de la Fédération
En 2010, le bureau HI a été réouvert à Cotonou suite à une demande du Ministère de la famille et de la solidarité
nationale. HI a mis en place plusieurs projets dès sa réouverture : un projet de lutte contre la Filariose lymphatique, un
projet de promotion des droits des personnes en situation de handicap, un projet de sécurité routière ainsi qu’un projet
de développement local inclusif. Le projet de promotion des droits des personnes handicapées a permis de redonner vie
au mouvement associatif béninois et de créer un interlocuteur sérieux et fiable pour le gouvernement.
Depuis juillet 2019, HI Bénin fait partie du Programme Sahel Atlantique (SAHA). Il met en œuvre plusieurs projets
dans les secteurs d’activités que sont : la Sécurité Routière ; l’Insertion Professionnelle ; l’Education Inclusive ; la
Prévention et Réduction des Violences Armées ; la Gouvernance Inclusive ; la Réadaptation Intégrée ; la Cohésion
Sociale et la préparation aux urgences.
Intitulé du projet Projet de Renforcement de l’insertion socio-économique des jeunes et des femmes
et de la cohésion sociale dans les départements de l’Atacora, l’Alibori, le Borgou
et la Donga au Bénin (PRICS)
Dates de mise en Février 2025 à Janvier 2029
œuvre
Localisation/Zones 17 communes les plus vulnérables des départements de l’Atacora, de l’Alibori, du
d’intervention Borgou et de la Donga.
Partenaires Partenaires de mise en œuvre (6) :
opérationnels - Direction de l'Enseignement Secondaire, Technique et de la Formation
Professionnelle (DESTFP)
- Agence Nationale Pour l’Emploi (ANPE)
- Agence de Développement des Petites et Moyennes Entreprises
(ADPME)
- Fonds de Développement de la Formation Professionnelle Continue et de
l’Apprentissage (FODEFCA)
- Ministère des Affaires sociales et de la Microfinance (MASM) à travers
les GUPS et la DGM
- Commission Nationale des Finances Locales (CONAFIL) en charge de la
gestion et du pilotage des FADEC
Groupes Cibles - 2 040 jeunes (de 14 à 35 ans) dont 40% de femmes et 10% de personnes
handicapées dont :
- 200 jeunes ayant déjà des diplômes universitaires (mais pas bénéficiaires
de formation professionnelle)
- 1792 ayant achevé leur parcours de formation technique et
professionnelle ;
- 1344 ayant créé leur micro-entreprise)
- 336 jeunes ayant des besoins spécifiques et/ou ayant été victimes de
violence.
- Les organisations économiques formelles et informelles (groupements ou
coopératives, y compris 170 AVEC)
Budget du projet 8 450 000 €
3
ans était encore impliquée dans le travail des enfants (UNICEF, 2022) ; et 5,5‰ habitants étaient victimes
d’esclavage moderne (Walk Free Foundation, 2018).
Au Bénin, l’économie informelle occupe 95% de la main d’œuvre. Elle représente environ 60% du PIB et
pratiquement 100% du secteur primaire (RGPH4). Les femmes y sont majoritaires et représentent 63,6% dans
l’ensemble, notamment dans les branches de transformation agro-alimentaire et dans les branches
commerciales (76,0%). Ajouté à cela, le Bénin est confronté ces derniers mois, à plusieurs défis économiques.
Selon la Banque Mondiale, le pays a connu une croissance économique modérée, mais a été confronté à des
chocs externes tels que la fermeture des frontières avec le Niger et la hausse des prix de l’essence au Nigeria.
En outre, le taux de pauvreté national était de 38,5% en 2019, avec un taux de chômage de 2,4%, mais un
niveau de sous-emploi à 72% et 90,1% d’actifs dans le secteur informel.
L’insécurité alimentaire est particulièrement accentuée dans le centre (département des Collines : 15,3%) et
dans le nord du pays, notamment dans les départements du Borgou (7,9%) et la Donga (5,3%). Ces scores
cachent des poches d’insécurité alimentaire sévère et de vulnérabilité chronique en milieu rural face aux chocs
liés aux changements climatiques et à la crise sécuritaire.
Selon l’évaluation menée par HI en novembre 2023, l'insécurité alimentaire touche 25% des ménages enquêtés
dans l’Atacora.
Concernant le sous-emploi et manque d’opportunités économiques : Le taux de sous-emploi qui s’établissait à
72% au niveau national, est particulièrement plus élevé chez les femmes (85,1% contre 62,2% chez les
hommes) et les jeunes de 15 à 34 ans (83,2%) avec des incidences plus prononcées en milieu rural, dans le
nord et le centre du pays. Il est donc important de renforcer la capacité de résilience économique des jeunes et
des femmes, dont les difficultés d’accès aux ressources naturelles et aux opportunités économiques les rendent
plus vulnérables face aux chocs et à l’insécurité. En effet, le manque d’opportunités économiques pour les
jeunes, et en particulier pour les femmes, mais aussi des femmes, couplée des facteurs de vulnérabilité tels que
le déficit de sécurité et de justice, les difficultés d’accès aux services de base dans les zones plus reculées, ainsi
que l’importance croissante des identités et du manque de systèmes de gouvernance plus inclusifs (genre, statut
social, ethnie, religion) au niveau communautaire, font de ces groupes cibles une proie privilégiée dans le
recrutement des groupes armés non étatiques. Il existe au Bénin des politiques nationales et cadres utiles dans
le domaine de l’emploi, qui nécessitent d’être renforcés notamment dans une logique de décentralisation via
les collectivités territoriales et les mécanismes d’accès à l’emploi ou à l’auto-emploi.
Le système actuel de la formation professionnelle reste encore marqué par certaines faiblesses notamment :
une sensibilité faible aux mutations économiques, une fonction limitée d’observations et d’informations du
marché du travail, une capacité d’accueil insuffisante et une faible équité dans leur répartition, ainsi qu’un
déficit en matière de formation et d’encadrement du personnel enseignant. En termes d’offre de formation, on
constate un faible niveau de la qualité et de la quantité des équipements techniques et pédagogiques, une faible
attractivité du système Enseignement et Formation Technique Professionnel (EFTP), une part limitée de la
formation par alternance, un dispositif de certification et de qualification à rénover et à généraliser, une
gouvernance centralisée et peu inclusive et un financement de l’EFTP insuffisant et peu diversifié. Enfin, le
coût de la formation est généralement élevé pour les ménages, la rendant difficilement accessible dans certains
cas. Ces contraintes sont plus prononcées à mesure que l’on quitte la capitale pour le milieu rural et affectent
particulièrement les départements du nord. Par ailleurs, il n’existe pas de plateforme d’accompagnement pour
l’orientation et l’insertion professionnelle des jeunes. Malgré l’existence de comités locaux d’insertion et de
développement économique, nommés les comités locaux d’appui à l’insertion (CLAI), ces cadres sont peu
développés et nécessitent un renforcement pour assurer leur fonctionnement et leur effectivité.
Dans chaque commune, un Comité Local d’Insertion et de Développement Economique (CLIDE) est présidé
par le Maire et la vice-présidence assurée par le Secrétaire Exécutif (SE) de la Mairie. Le Chef Service de
Planification et du Développement Local (SPDL) et l’Agent Communal pour l’Emploi (ACE) du PEJ en
assurent le secrétariat permanent. Cette équipe est renforcée par un responsable chargé de l’information et la
communication, et un responsable chargé de la formation. Le dispositif est doté d’une assemblée générale
composée des acteurs administratifs, d’acteurs associatifs, de conseillers communaux, d’acteurs du privé et de
la société civile ; elle est l’unique dépositaire des grandes orientations du CLAI.
Le problème de l’emploi des jeunes et constitue une préoccupation majeure. Ainsi, dans le souci permanent
d’endiguer le problème de chômage, le Gouvernement a adopté lors de la session du 11 mars 2020 du Conseil
des Ministres, la Politique Nationale de l’Emploi (PNE) pour la période 2020-2025. Elaborée grâce à
l’exploitation des orientations stratégiques du Plan National de Développement (PND 2018-2025), du
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Programme de Croissance de développement durable (PC2D 2018-2021) et du Programme d’Actions du
Gouvernement (PAG 2016-2021), la PNE conduira à relever six (06) défis majeurs à savoir : la transformation
structurelle de l’économie, la réforme du système éducatif, la réforme du dispositif de promotion de l’emploi,
la territorialisation de la gouvernance de la promotion de l’emploi, la disponibilité régulière d’informations
fiables sur le marché du travail et la généralisation de la prévoyance sociale. Elle vise qu’à l’horizon 2025, la
majorité des Béninois en âge de travailler dispose d’un emploi susceptible de leur procurer un revenu
permettant de satisfaire leurs besoins vitaux et leur bien être intégral.
Si ces réformes dans le secteur de l’emploi sont en cours de mise en œuvre, il est encore difficile à ce stade
d’avoir une visibilité sur leurs effets et mises en application au niveau de tous les départements du pays. La
zone septentrionale, en plus d’être désavantagée du fait de la distance et de l’absence des infrastructures depuis
de longue année, subit un fort impact négatif de la crise sécuritaire 1se répercutant sur la jeunesse et les
femmes2. La recrudescence de conflits violents entre agriculteurs et éleveurs et leur instrumentalisation par les
GANE et autres promoteurs de violence doit ainsi être prise en compte dans l’élaboration de stratégies
d’insertion socio-économique.
Ainsi, face à ce contexte qui impacte fortement l’autonomisation économique des jeunes et des femmes et pour
contribuer au développement économique local, durable et inclusif dans les départements de l’Atacora, de
l’Alibori, du Borgou et de la Donga, le projet PRICS est une initiative développée par HI avec les structures
étatiques et de la société civile intervenant dans le secteur de la formation et l’insertion professionnelle.
Spécifiquement, le projet interviendra dans 17 communes des départements de l’Atacora, de l’Alibori, du
Borgou et de la Donga pour soutenir la formation et d’insertion professionnelle des jeunes et des personnes
handicapées.
Le projet s’est fixé comme objectif de contribuer au développement économique local et au renforcement de
la cohésion sociale en faveur des communautés et groupes vulnérables dans les départements du Nord Bénin.
En favorisant l’insertion socio-économique et la cohésion sociale au sein des communautés et groupes
vulnérables, le projet contribuera au renforcement du lien social de façon inclusive et durable. Il comprend
deux (2) objectifs spécifiques, à savoir :
L’OS1 - Renforcer l’inclusion des populations vulnérables aux conflits et à risque d’exclusion dans le tissu
socio-économique, en particulier les jeunes et les femmes, et renforcer les mécanismes communautaires de
gouvernance dans les départements de l’Atacora, l’Alibori, le Borgou et la Donga au Bénin. Ce premier objectif
spécifique vise à offrir aux jeunes à risque et/ou en situation d’exclusion sociale une possibilité d’insertion
professionnelle par le biais d’apprentissages adaptés au contexte socio-économique et aux besoins formulés
par les communautés ciblées. Un accent particulier sera porté aux groupes vulnérables aux conflits, incluant
les femmes et les personnes handicapées, considérées comme fragiles et à risque d’exclusion, à travers une
approche holistique d’inclusion socio-économique qui contribuera de fait à réduire les tensions que peuvent
causer l’exclusion et à un meilleur vivre ensemble au sein des communautés cibles, notamment les
communautés d’éleveurs et d’agriculteurs. Le projet s’attachera par ailleurs à renforcer le lien social entre
populations en favorisant la participation des groupes cibles (et leurs représentant(e)s) au sein des cadres
locaux de résolution de conflits et en faisant la promotion d’initiatives de dialogue, d’échange, de mise en
réseau à l’échelle locale.
L’OS2 - Renforcer la prise en compte des besoins des populations vulnérables aux conflits et à risque
d’exclusion, en particulier les jeunes et les femmes, dans l’accès équitable et inclusif aux ressources et
opportunités économiques, ainsi que dans les mécanismes de gouvernance des collectivités locales, en
particulier en matière de prévention des crises et de conflits violents. Ce second objectif spécifique entend
apporter des solutions durables aux problématiques d’accès aux opportunités économiques et aux ressources
productives, celles-ci tendant à se dégrader et devenir une source de conflit sous l’effet de l’enchevêtrement
des crises (politique, sécuritaire, climatique, etc.). A travers l’accompagnement des structures de gouvernance,
ainsi que le renforcement des capacités des collectivités et institutions locales en matière de décentralisation
1
Outil de veille multirisques pour les pays côtiers d'Afrique de l'Ouest : Bénin - Côte d’Ivoire - Ghana - Togo (GRANIT)
(au 30 novembre 2024) - Benin | ReliefWeb
2
477, [Link]
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et d’opérationnalisation des politiques de développement économique et d’emploi (réalisation de projets
d’investissements structurants, préparation aux crises et prévention des risques, mise en synergie des acteurs
et services économiques, promotion du dialogue citoyen, etc.), le projet vise à assurer un accès plus équitable
et inclusif aux ressources et opportunités économiques pour les populations vulnérables dans l’optique d’un
développement socio-économique apaisé et durable.
4. OBJECTIFS DE L’ETUDE
L’objectif global de l’étude est de conduire une analyse croisée et intégrée des facteurs de vulnérabilité
auxquels sont confrontés les groupes cibles des zones du Nord Bénin. Seront étudiés (1) les facteurs socio-
économiques, notamment les barrières à l’emploi, à la protection et au développement de moyens de
subsistance des groupes vulnérables et marginalisés, en particulier pour les jeunes et le femmes, et (2) les
facteurs susceptibles de favoriser la marginalisation socio-politique (blocages de participation à la vie
politique, déficit de représentation au sein des espaces de dialogue intercommunautaire, etc.) qui contribuent
à la recrudescence des conflits violents. . Cette étude sera réalisée dans la zone d’intervention du projet sur un
échantillon représentatif de communes au sein des départements de l’Atacora, de l’Alibori, du Borgou et de la
Donga sachant que le projet va travailler dans 17 communes dans les quatre départements.
Plus spécifiquement, l’étude poursuit les objectifs suivants :
1. Dresser un état des lieux et procéder à une caractérisation (avec une classification par niveau de
vulnérabilité : faible, modéré et critique) des différents facteurs de vulnérabilité (sociaux,
économiques, institutionnels, environnementaux, etc.) au niveau communal, des groupes cibles et de
l’impact de ces facteurs sur l’employabilité et la participation des jeunes et de femmes vulnérables /
marginalisés à la vie sociale et politique, en particulier :
Analyser les causes structurelles et conjoncturelles (à moyen terme) à l’origine de la
vulnérabilité des jeunes, des femmes et des personnes handicapées au sein de la zone du
projet ;
Proposer, sur la base de ces causes et facteurs de vulnérabilité identifiés, une classification des
zones et communes vulnérables ;
Identifier et analyser, sur la base des facteurs de vulnérabilité identifiés, les différentes
catégories socio-économiques des jeunes et des femmes par profil et par type de vulnérabilité
;
Analyse les principales barrières et facilitateurs spécifiques (selon les facteurs socio-culturels,
économiques, techniques, institutionnels et environnementaux) à l’emploi et l’insertion
économique des jeunes et de femmes, y compris les contraintes sexo-spécifiques
Dégager les besoins d’accompagnement et de formation des jeunes en lien avec les
opportunités économiques de la zone et les structures de formation existantes ;
2. Conduire une analyse contextuelle sensible au genre et aux conflits permettant de comprendre les
facteurs d’inclusion/exclusion et de participation des groupes cibles aux mécanismes locaux de
gouvernance et de gestion de conflits au niveau locale (communale) dans le but d’avoir une
compréhension détaillée des facteurs de vulnérabilité propres à un groupe, une communauté spécifique
en vue de répondre au besoin d’avoir des interventions locales ciblées.
En matière de genre, procéder à une analyse différenciée des barrières et contraintes à la
participation des hommes et des femmes au projet ainsi qu’aux bénéfices du projet (biens et
services engendrés), analyse des risques et opportunités genre du projet - développement
d’opportunités économiques (accès aux marchés, aux services de transformation), d’accès à
la terre et aux informations agro-climatiques -, analyse des besoins immédiats et stratégiques
des femmes pour leur autonomisation, cartographie et analyse des capacités des parties
prenantes sur le genre dans le périmètre géographique et/ou sectoriel du projet. L’étude
présentera notamment les disparités femmes/hommes en matière d’accès aux services (en lien
avec la thématique du projet) et l’impact des normes sociales sur les inégalités de genre dans
le projet
En matière de sensibilité aux conflits violents, procéder à une analyse de : situation sécuritaire,
humanitaire et socio-économique, dynamiques de conflits, acteurs, éléments connecteurs et
diviseurs, inégalités et violences basées sur le genre.
Faire une cartographie des cadres et mécanismes existants de gestion et résolution des conflits
intra et intercommunautaires notamment les conflits entre éleveurs et agriculteurs ?
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Identifier les facteurs de cohésion intercommunautaire (évènements, figures locales, pratiques,
médias), et les facteurs de division.
Identifier les besoins en renforcement des capacités des mécanismes et vecteurs de cohésion
existants, notamment du point de vue de l’inclusion des jeunes, femmes et personnes
handicapées ?
De manière plus générale, cette étude contribuera de par ses recommandations, à affiner la stratégie
d’intervention du projet, le ciblage des bénéficiaires et des réponses de réduction des types vulnérabilité
caractérisés des jeunes, des femmes et des personnes handicapées.
Lors des analyses, les dimensions genre, handicap, âge, déplacés internes et réfugiés seront pris en compte de
manière explicite, car HI porte une attention particulière à ces facteurs susceptibles d’être générateurs
d’inégalité et de rapports de pouvoirs. Cela permettra de prendre en compte les inégalités sociales et les
rapports de pouvoirs qui, en fonction des contextes/constructions sociales, sont une source de vulnérabilité.
6. COORDINATION DE L’ETUDE
Pour cette étude, un Comité de Pilotage (COPIL) sera mis en place et composé des personnes ci – dessous. Le
COPIL sera en charge de la validation de toutes les étapes de l’étude, conformément aux politiques
institutionnelles de HI. Le COPIL est placé sous la responsabilité du [Link] de Projet et l’autorité du
Responsable Pays.
- Le [Link] de Projet
- Le Responsable MEAL Régional
- Le Spécialiste Inclusion Economique
- Le STO Transformation des conflits
- La Responsable Logistique Pays (gestion contrat prestation)
- Un représentant FODEFCA
- Un représentant ANPE
- Un représentant commune de Parakou
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- Un représentant commune de Natitingou
7. DEMARCHE METHODOLOGIQUE
Recherche documentaire : passer en revue les études et les rapports existants disponibles sur la
vulnérabilité de la jeunesse au Bénin (MASM, ABeGIEF, rapport du LASDEL sur les conflits
intercommunautaires au Nord Bénin…..), spécifiquement dans les départements concernés d’étude, et sur
les filières porteuses ; analyse des rapports d’autres opérateurs et PTFs ayant appuyé des interventions au
bénéfice de la jeunesse et des opportunités économiques dans les zones du projet ; l’AFD pourra être
mobilisée au besoin pour l’obtention de tels rapports ou analyses auprès de certains partenaires ;
Réunion de cadrage avec l’équipe de consultants : Les consultants retenus recueilleront le maximum
d’informations sur les attentes de l’étude, les TDR et les orientations stratégiques du projet. Au terme de
cette rencontre de cadrage avec le COPIL, la démarche méthodologique sera affinée et détaillée. A l’issue
de cette réunion de cadrage, un rapport de démarrage (intégrant les outils de collecte de données) décrivant
l’approche méthodologique finale sera élaboré par le consultant et soumis COPIL pour validation ;
Phase terrain :
- Les données primaires à collecter se baseront sur : (i) des enquêtes quantitatives prenant en compte
des indicateurs qualitatifs mais quantifiables ; (ii) complétées par des focus groups pour des analyses
plus qualitatives approfondies. La méthodologie d’échantillonnage représentatif des jeunes sera
définie en accord avec le consultant lors de la période de démarrage.
- La collecte des données via enquêtes, entretiens individuels et focus groups impliquera la jeunesse des
zones cibles, les représentants de la jeunesse des zones, les différents groupes sociaux au niveau local,
les autorités locales et régionales (y compris les leaders traditionnels, les services techniques en lien
avec la jeunesse et la promotion de l'emploi des jeunes), les OSC (y compris les organisations des
personnes handicapées (OPH), les OSC travaillant également sur les enjeux de genre, autonomisation
des filles/promotion du droit des femmes et de l’égalité de genre) et les autres parties prenantes (les
projets et programmes principaux, les ONGs, …, les acteurs de formation et d’insertion
professionnelle dans les régions respectives impliqués dans les questions de jeunesse (Centre de
formation ; Elus Locaux, Swiss Contact, ANPE, ….).
- Restitution à chaud : Une réunion de restitution à chaud sera organisée en direction des membres du
COPIL avant de s’engager dans la phase de reporting. Cette réunion permet de s’assurer que le
consultant a répondu à toutes les questions de l’étude.
Un rapport provisoire et final : Un rapport provisoire sera produit après analyse et synthèse des données
et informations et après la restitution à chaud. Ce rapport provisoire (V1) sera soumis au COPIL pour
requérir les observations et commentaires. Ces observations et commentaires seront pris en compte pour
produire un rapport final transmis à HI.
Atelier de restitution externe : un atelier de restitution sera organisé par HI et ses partenaires à
Cotonou/Parakou. Le Consultant participera à cette restitution pour présenter les résultats de l’étude aux
parties prenantes. Le Consultant préparera une synthèse des résultats préliminaires à présenter lors de
l’atelier.
La méthodologie proposée ci – dessus est indicative. Il est attendu du consultant qu’il l’affine et propose une
approche la plus pertinente possible au regard des objectifs et des résultats attendus, tout en tenant compte de
leur faisabilité.
Un rapport provisoire et un rapport final dont les contenus bien structurés répondent obligatoirement aux
éléments de l’objectif de l’étude ci-dessus indiqués (point 4). En particulier il est attendu :
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- Sur la base des critères de vulnérabilité établis par l’Agence Béninoise de Gestion Intégrée des Espaces
Frontaliers (ABeGIEF) et du Ministère des Affaires Sociales et de la Microfinance (MASM), les 17
communes des quatre départements sont classées du plus à la moins vulnérable sur la base des types de
vulnérabilités caractérisés
- Les différentes catégories socioéconomiques des jeunes et des femmes sont identifiées avec leurs besoins et
attentes en matière de formation professionnelle de même que les filières économiques porteuses ;
- Les dynamiques locales entre les différents groupes sociaux sont analysées en lien avec la crise sécuritaire ;
- Les mécanismes locaux de gestion des conflits sont identifiés ainsi que les vecteurs de cohésion sociale ;
- L'impact de ces dynamiques locales sur les jeunes et les femmes est analysé et explicité ;
- Des recommandations et des propositions de réponse aux besoins et attentes (socio-économiques) des jeunes
les plus vulnérables sont formulées en vue d’’affiner la stratégie d’intervention du projet, le ciblage des
bénéficiaires, etc.
9. CALENDRIER PREVISIONNEL
07 Mai 2025 : Publication de l’Avis
Clôture soumission : 21 Mai 2025 à 12Heures heure de Cotonou
Du 23 au 30 Mai 2025 : Dépouillement dossiers, analyse offres, choix du/de la consultant (e), vetting ;
Contractualisation
02 Juin 2025 : Réunion de cadrage
19 Juin 2025 : Transmission du rapport de démarrage pour validation ;
Du 27 juin au 22 juillet : Phase de collecte des données sur le terrain ;
29 juillet 2025 : Atelier de restitution des résultats préliminaires ;
31 Juillet 2025 : Réception rapport provisoire de l’étude ;
14 Août 2025 : Inputs sur le rapport provisoire et transmis au Consultant ;
21 Août 2025 : Rapport final de l’étude transmis.
Education Diplôme universitaire supérieur (Master of Science) pertinent dans les domaines
d’expertise souhaités tels que les sciences sociales (Sociologie, Anthropologie…),
l’économie rurale, ou tout autre domaine pertinent ou autre discipline connexe.
Être un bureau d’étude reconnu ou consultant indépendant expérimenté ;
Disposer d’un certificat valide en technique d’étude et d’évaluation de projets
humanitaires / de développement ou être membre ou affilié à une association d’experts
en évaluation reconnue, est un atout.
Expérience Expérience confirmée (5-10 ans) dans la conduite d'études similaires, surtout les
études de vulnérabilité ;
Parfaite maîtrise du contexte Béninois et des enjeux liés à la jeunesse et aux conflits ;
Avoir une très bonne connaissance de la zone de l’étude (l’Atacora, l’Alibori, le
Borgou et la Donga) ; une connaissance des principales langues locales est un atout
Expérience avec des méthodes d'évaluation innovantes (qualitatives) et des méthodes
d'enquête sociale (collecte de données, saisie, analyse), des entretiens semi-structurés
et des discussions de groupe.
Expériences de travail préalable avec une ONG internationale
Expérience dans l’évaluation de projets financés par AFD est appréciée
9
Excellentes capacités d'analyse et de synthèse
Expériences en analyse de contexte sensible aux genre et aux conflits et
programmation sensibles aux conflits
Qualité et Proposition technique claire et adaptée basée sur la bonne compréhension des TdR.
justification Description générale et pertinence de la méthodologie.
de la Présentation des outils proposés à chaque étape du processus de l’étude.
méthodologie
Calendrier de travail cohérent avec la méthodologie et les délais escomptés.
Qualités de facilitation et de travail en équipe
Être capable de se déplacer sur le site de collecte des données
Autres atouts Avoir une excellente capacité de rédaction et de communication en français ;
Flexibilité et être capable d'adapter sa méthodologie selon l'évolution du contexte ;
Proactif, être force de proposition
La connaissance de certaines langues locales est appréciée.
Expérience de travail au sein de ou avec une ONG internationale
[Link]
Code de conduite [Link]
Dans le cadre de chaque évaluation, HI s’engage à faire respecter certaines mesures éthiques. La prise en
compte de ces mesures dans l’offre technique est impérative :
Garantir la sécurité des participants, des partenaires et des équipes : l’offre technique doit expliciter
les mesures de mitigation des risques.
Assurer une approche centrée sur la personne / la communauté : l’offre technique doit proposer des
méthodes adaptées aux besoins du public visé (par exemple outils adaptés en cas de public analphabète /
langage des signes / matériel adaptés aux enfants…)
Obtenir le consentement libre et éclairé des participants : l’offre technique doit expliciter comment
l’évaluateur recueillera le consentement et/ou l’assentiment libre et éclairé de ses interlocuteurs
Assurer la sécurité des données personnelles et sensibles tout au long de l’activité : l’offre technique
devra proposer des mesures pour la protection des données personnelles.
Un questionnaire de fin d’étude sera donné au consultant et devront être rempli par eux.
- Le dossier administratif
Une lettre de soumission adressée au représentant Pays de Handicap International avec la mention de la
référence HI ainsi que le titre complet de ces Termes de Référence (éliminatoire);
Un formulaire d’identification du soumissionnaire (éliminatoire) ;
Une copie de l’enregistrement légal de la structure dans le secteur de la consultance (éliminatoire)
Une attestation de régularité fiscale datant de moins de trois mois
Une copie de la pièce d’identité ou du passeport représentant légal de la structure (éliminatoire).
Si le consultant principal** n’est pas le représentant légal, une copie de la pièce d’identité ou du passeport
du consultant principal (éliminatoire)
Relevé d’Identité Bancaire au nom de la structure
Bonnes Pratiques Commerciales HI dûment remplies, datées, tamponnées et signées par le représentant
légal (obligatoire) ;
Conditions Générales d’Achat HI dûment remplies, datées, tamponnées et signées par le représentant
légal (obligatoire) ;
Déclaration d’intégrité AFD dûment remplies, datées, tamponnées et signées par le représentant légal
(obligatoire);
NB 1: A noter que le nom du représentant légal de la structure devra apparaitre sur au moins un
document légal de la structure en dehors du passeport ou de la CNI ou du RIB (éliminatoire).
**Le nom & prénom & position du consultant principal doivent être mentionnés clairement dans la
proposition technique de l’offre.
« Nous attestons que nous, les membres de notre groupement, et nos sous-traitants le cas échéant,
avons pris connaissance du contexte sécuritaire et avons évalué les risques associés dans le cadre de
l’exécution du Marché de [insérer la description succincte des prestations à réaliser]. Nous
reconnaissons que la sûreté des personnes et biens mobilisés pour l’exécution du Marché financé par
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l’AFD reste de notre responsabilité exclusive. Nous nous engageons à prendre les mesures que nous
estimons nécessaires et suffisantes pour assurer la sûreté de ces personnes et biens ».
- Le dossier technique
Cette offre technique doit inclure pour tout membre qualifié de l’équipe du consultant:
Il est conseillé aux soumissionnaires de mettre en exergue dans cette proposition méthodologique :
- Le dossier financier
Le dossier de candidature devra enfin comporter une proposition financière détaillée (TTC) incluant le nombre
de jours de la prestation, les honoraires et frais afférents à la réalisation de l’ensemble de la mission.
Une offre technique dans laquelle sa compréhension des TDR et la démarche méthodologique, le calendrier
de l’étude, les ressources humaines dédiées seront bien explicitées et une offre financière qui tient compte de
tous ses coûts de prestation en TTC. Le consultant sélectionné partagera les outils de collecte d’information
(guide d’entretien, questionnaire, etc.).
L’offre financière doit être comprise entre neuf millions (9 000 000 FCFA) et douze millions (12 000 000
FCFA) de franc CFA (Cette information est donnée à titre indicatif, et ne constitue pas un budget
maximum à ne pas dépasser).
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NB : Les propositions administrative, technique et financière doivent être présentées dans trois dossiers PDF
distinct, chacun portant clairement la mention suivante :
« Offre Admin + Réf DA + Intitulé exact de la consultance + Nom & Prénom du Prestataire »,
« Offre Technique + Réf DA + Intitulé exact de la consultance + Nom & Prénom du Prestataire »
« Offre Financière + Réf DA + Intitulé exact de la consultance + Nom & Prénom du Prestataire ».
N° Description Pondération
1 Offre financière (Budget ou proposition financière) /20
2 Offre technique /80
2.1 Compréhension du contexte et projet /15
2.2 Questions d’étude, méthodologie, Calendrier outils et process /25
2.3 Pertinence étapes de l’étude /10
2.4 Education, expérience et composition de l’équipe /30
Pondération totale des critères d’attribution /100
NB : L’offre financière sera examinée uniquement pour les offres techniques ayant obtenu au moins 70% (Soit
au moins 56 points) des points attendus de l’offre technique.
16. ANNEXES
Le Référentiel qualité de HI, sur lequel tout évaluateur doit baser son évaluation
La Politique Age, Genre, Handicap qui doit orienter l’approche et la construction des outils d’évaluation
dans l’offre technique
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