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Chariots de manutention

Technologie
par Guy DE CLOSETS
Ancien ingénieur Fenwick-Manutention
et Marcel FENWICK
Ingénieur Institut polytechnique de Grenoble
Consultant
Ancien directeur industriel de Fenwick-Manutention,
de la Compagnie des Robots de transport, de BA Systèmes

1. Chariots électriques ou thermiques ? ................................................ A 9 201 - 2


2. Chariots électriques ................................................................................ — 2
2.1 Batteries d’accumulateurs pour chariots................................................... — 2
2.1.1 Éléments d’une batterie de traction .................................................. — 2
2.1.2 Capacité d’une batterie ...................................................................... — 3
2.1.3 Tension aux bornes d’un élément ..................................................... — 4
2.1.4 Durée de vie d’une batterie................................................................ — 4
2.1.5 Entretien d’une batterie...................................................................... — 4
2.2 Postes de charges........................................................................................ — 4
2.3 Moteurs électriques pour chariots ............................................................. — 5
2.4 Organes de commande des moteurs.
Contacteurs et variateurs électroniques .................................................... — 5
3. Chariots thermiques................................................................................ — 5
3.1 Moteurs ........................................................................................................ — 5
3.2 Transmissions .............................................................................................. — 6
3.2.1 Transmissions mécaniques et hydrodynamiques ........................... — 6
3.2.2 Transmissions hydrostatiques........................................................... — 6
4. Hydraulique des chariots ....................................................................... — 7
4.1 Directions hydrostatiques ........................................................................... — 7
4.2 Commandes de mouvement ...................................................................... — 7
5. Pneus et bandages pour chariots........................................................ — 7
5.1 Galets porteurs ............................................................................................ — 7
5.2 Roues ............................................................................................................ — 7
6. Sols et planchers...................................................................................... — 7
7. Ergonomie des chariots ......................................................................... — 8
8. Accessoires pour chariots..................................................................... — 9
8.1 Dispositifs de protection ............................................................................. — 9
8.2 Accessoires divers ....................................................................................... — 9
9. Largeur des allées de circulation et de gerbage ............................. — 9
9.1 Allées de circulation .................................................................................... — 10
9.2 Allées de gerbage ........................................................................................ — 10
Pour en savoir plus .......................................................................................... Doc. A 9 210

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie industriel A 9 201 − 1
CHARIOTS DE MANUTENTION ____________________________________________________________________________________________________________

L es chariots automoteurs sont si largement utilisés qu’il peut sembler inutile


de parler technique à leur propos. Ce serait méconnaître la complexité des
problèmes qu’ils posent, pour leur choix comme en exploitation. Il en est ainsi
pour les batteries de traction qui équipent les chariots électriques, ou des trans-
missions des chariots thermiques. C’est également le cas de l’interaction entre
roues et sol et de l’ergonomie, essentielle pour la sécurité et pour les conditions
de travail.

1. Chariots électriques On ne doit pas non plus négliger la nécessité d’un local de charge
équipé conformément à la réglementation [A 9 209].
ou thermiques ? Si le coût d’investissement est sensiblement plus élevé en version
électrique, il est compensé par des économies importantes sur les
consommations, les frais d’entretien et les immobilisations.

Le problème du choix du mode d’énergie ne se pose pas pour la


plupart des types de chariots. En définitive, ce sont le plus souvent les considérations de
conditions de travail et de disponibilité plutôt que les facteurs
Ainsi, tous les appareils de magasin conçus pour évoluer dans
économiques qui emportent la décision.
des allées étroites et dans des bâtiments fermés n’existent qu’en
version électrique sur batterie pour des raisons de compacité autant
que de conditions de travail. À l’inverse, tous les appareils de parc
et de chantier sont thermiques. La question ne se pose véritable-
ment que pour les chariots en porte-à-faux de capacité comprise
entre 1 t et 4 à 5 t.
2. Chariots électriques
Le premier critère de choix concerne évidemment l’hygiène et les
conditions de travail.
2.1 Batteries d’accumulateurs
Les chariots thermiques, au GPL ou diesel, ne peuvent être utili-
sés que dans des bâtiments bien aérés et ventilés. On veillera en pour chariots
particulier à ce que l’appareil n’ait pas de gerbage à effectuer dans
des lieux où des personnes se trouvent de façon permanente. L’élé-
Bien que l’accumulateur électrique soit devenu un objet usuel qui
vation de la charge oblige en effet à accélérer le moteur à plein
est présent sur de nombreux appareils familiers, son utilisation sur
régime, ce qui provoque un dégagement maximal de gaz d’échap-
des chariots de manutention peut poser au responsable des problè-
pement sans la dilution que produit le déplacement de l’engin.
mes délicats. Les fabricants, peu nombreux aujourd’hui suite à des
Le niveau de bruit d’un appareil électrique est très inférieur à regroupements européens, disposent d’équipes compétentes pour
celui d’un chariot thermique comparable. les analyser, mais la connaissance de certaines notions de base est
En ce qui concerne les performances, les chariots thermiques ont nécessaire pour améliorer l’efficacité d’un parc de matériels.
un net avantage. Leurs vitesses de translation sont de l’ordre de Une batterie d’accumulateurs est caractérisée par sa tension et sa
20 km/h à 25 km/h. En France, au-delà de cette vitesse, le Code de la capacité. Sa tension dépend du nombre d’éléments mis en série, sa
route impose la réception par le service des Mines et le permis de capacité est celle de chacun des éléments. Elle est déterminée par le
conduire pour le conducteur [A 9 209]. Cette disposition concerne nombre de plaques reliées en parallèle et par leurs dimensions.
certains chariots de forte capacité (frontaux, latéraux ou cavaliers)
S’il existe de nombreux types de batteries, les seules utilisées
utilisés pour des déplacements sur de grandes distances, sur des
dans la pratique pour les chariots de manutention sont les batteries
parcs ou des zones portuaires.
au plomb. Leur poids qui, pour certaines applications est un handi-
Mais l’atout d’une vitesse élevée ne se traduit par un gain de cap, devient ici un avantage dans presque tous les cas.
temps réel que lorsque les conditions d’utilisation permettent de
Si les chariots les plus légers, transpalettes en particulier, fonc-
rouler effectivement à cette vitesse. Ceci suppose :
tionnent sous 24 V, sur les chariots plus lourds et pour lesquels on
— des distances de plus de 200 à 300 m ; recherche des performances élevées, on doit utiliser des tensions
— des pistes en bon état ; plus élevées. Les valeurs normalisées pour les batteries de traction
— une bonne visibilité, sont : 24, 36, 48, 72 et 80 V, les plus courantes sont 24, 48 et 80 V.
— une charge supportant les accélérations et les chocs entraînés
par cette vitesse.
Lorsque ces conditions ne sont pas toutes remplies, les améliora- 2.1.1 Éléments d’une batterie de traction
tions qui ont été apportées aux chariots électriques leur permettent
de réaliser un travail tout à fait équivalent. Ils sont assemblés dans un coffre permettant une manutention
L’autonomie de travail des chariots électriques est limitée par la aisée. Il est en acier protégé contre les débordements d’acide par un
capacité des batteries et les périodes de recharge nécessaires; l’uti- enrobage plastique.
lisation d’un double, voire triple jeu de batteries conjugué avec un Les composants d’un élément (figure 1) sont les suivants :
dispositif de chargement efficace permet d’assurer deux et même — les plaques négatives, constituées de grilles dont les trous sont
trois postes de travail. Encore faut-il que tout ait été prévu au départ. remplis de plomb métal spongieux ;
L’appareil thermique, au contraire, ne nécessite qu’un passage à — les plaques positives, constituées de barreaux de plomb verti-
la pompe pour être prêt à nouveau pour une autre journée de travail caux enrobés d’une gaine en textile tissé qui contient du peroxyde
ou pour des heures supplémentaires. de plomb.

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___________________________________________________________________________________________________________ CHARIOTS DE MANUTENTION

1 h 30 min

1 h 15 min
30 h
20 h 18 h
12 h 10 h
8h 7h
Bouchon de

6h
5h
4h

3h

2h
remplissage

Plaques
négatives
Plaques
Plomb positives
spongieux
Gaine

Bac

0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1 1,1 1,2 1,3
Oxyde de
plomb Régime (intensité/C5)
Séparateur C5 : capacité (par définition) nominale de l'élément de batterie de
traction au (courant de) régime de décharge en 5 heures. Il s'agit de
la norme mondialement reconnue pour les batterie de traction.

Figure 2 – Capacité d’une batterie de traction


en fonction de son régime de décharge
Figure 1 – Vue en coupe d’un élément de batterie d’accumulateurs
de traction à plaques positives tubulaires (document CEAC)

110
Capacité (% de C5 à 30 °C)

Cette structure dite tubulaire permet de mieux retenir la matière


active pour les applications comportant des chocs et des vibrations : 100

— les séparateurs en matière plastique évitent les courts-circuits 90


entre plaques positives et négatives ; 80
— l’électrolyte qui est, dans le cas des accumulateurs au plomb, 70
une solution d’acide sulfurique ; 60
— les bacs en polypropylène dans lesquels sont placés les diffé-
50
rents composants.
40
30
2.1.2 Capacité d’une batterie 20
–30 –20 –10 0 10 20 30 40
Température (°C)
La capacité d’une batterie, c’est-à-dire la quantité d’électricité
qu’elle peut restituer, dépend de nombreux paramètres :
— la rapidité de la décharge donc l’intensité du courant de Figure 3 – Capacité nominale d’une batterie de traction
décharge (figure 2) ; en fonction de la température de l’électrolyte
— la concentration de l’électrolyte ;
— la température du fait que l’élévation de température facilite le
déplacement des ions alors que le froid a l’effet inverse (figure 3). Plus le régime de décharge est important, plus faible est la capa-
Cette influence de la température sur la capacité d’une batterie cité d’une batterie.
doit être prise en compte soigneusement pour les appareils tra-
vaillant en ambiance froide en permanence : travail en extérieur en
période hivernale ou en chambre froide. On remarquera que la bat- Exemple : un élément de batterie de capacité nominale
terie ne se refroidit pas lorsqu’elle est utilisée mais lorsque l’appa- C5 = 100 Ah est déchargé à une intensité de 20 A soit à un régime de :
reil est à l’arrêt. En effet, en utilisation, les pertes ohmiques suffisent 20 A / 100 Ah = 0,2
à maintenir la température à une valeur suffisante. En outre, une
batterie chargée est peu sensible au gel contrairement à une batte- La droite 5h et l’hyperbole de capacité se coupent à 0,2 (par défini-
rie déchargée qui peut geler vers – 10 à – 12 °C. Il faut donc veiller à tion).
ne pas laisser un chariot électrique, ou une batterie, surtout si elle Déchargeons ce même élément de C5 = 100 Ah à une intensité de
est déchargée, dans une ambiance très froide. 50 A (régime = 50/100 = 0,5). À l’intersection de la verticale
La figure 2 définit la capacité d’un élément de batterie de traction régime = 0,5 et de l’hyperbole de la capacité passe la droite
en fonction de son régime de décharge. Ce régime de décharge est 1 h 30 min. L’élément de capacité C5 = 100 Ah (lorsqu’il est déchargé
un courant (ou une intensité) mesuré en ampères et défini par rap- à 20 A = 100 Ah/5h) n’a plus qu’une capacité de :
port à la capacité (mesurée en ampères-heure : Ah) en 5 heures de 50 A × 1 h 30 min = 75 Ah
la batterie.

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Déchargeons ce même élément de C5 = 100 Ah à une intensité de 2.1.5 Entretien d’une batterie
40 A (régime = 40/100 = 0,4). À l’intersection de la verticale régi-
me = 0,4 et de l’hyperbole de la capacité passe la droite 2h. L’élément L’entretien à effectuer sur une batterie pour protéger l’investisse-
de capacité C5 = 100 Ah (lorsqu’il est déchargé à 20 A = 100 Ah/5h) ment qu’elle représente comprend le contrôle de la densité et du
n’a plus qu’une capacité de : niveau de l’électrolyte des différents éléments.
40 A × 2 h = 80 Ah La température de la batterie augmentant durant la charge du fait
du passage du courant dans l’électrolyte, il est recommandé de la
Déchargeons ce même élément de C5 = 100 Ah à une intensité de laisser au repos pendant environ 3 h avant de la remettre en service.
10 A (régime = 10/100 = 0,10). À l’intersection de la verticale Le non-respect de cette précaution risque, en cas de service intensif,
régime = 0,1 et de l’hyperbole de la capacité passe la droite 12h. L’élé- d’entraîner au fil des jours une élévation de la température de fonc-
ment de capacité C5 = 100 Ah (lorsqu’il est déchargé à 20 A = 100 Ah/ tionnement préjudiciable à la tenue de la batterie. L’installation
5h) a une capacité de : d’une ventilation mécanique forcée permet de réduire le temps de
remise à température.
10 A × 12h = 120 Ah
Un élément défectueux ou insuffisamment chargé abaisse la ten-
sion de la batterie et donc augmente l’intensité du courant absorbé
La capacité nominale, qui sert à caractériser une batterie, est par l’appareil, ce qui est défavorable à la tenue tant de la batterie
celle qui correspond à un régime de décharge continu en 5 h et que des composants actifs du chariot. En outre, un élément
à une température ambiante de 30 °C (C5), pour une tension déchargé peut se trouver en inversion de polarité et consommer
d’arrêt de 1,7 V par élément. une partie du courant fourni par les autres éléments. La remise à
niveau de l’électrolyte doit se faire avec de l’eau distillée et non de
l’acide, sauf en cas de débordement.
2.1.3 Tension aux bornes d’un élément On trouve maintenant sur le marché des éléments étanches dans
lesquels le risque d’électrolyse et de dégagement gazeux est sup-
Elle est égale, à vide, à sa force électromotrice, soit 2,1 V. primé. Le contrôle de niveau est donc supprimé et il n’est plus
nécessaire de prévoir une salle de charge aménagée. Ce résultat est
En décharge, elle est égale à la force électromotrice, donc à la ten- obtenu par la suppression de l’eau de l’électrolyte. L’acide sulfuri-
sion aux bornes à vide, moins la chute ohmique correspondant à la que est retenu dans un gel de silicate ou mis en rétention dans un
résistance interne. Elle se maintient au début de la décharge entre matelas de fibres de verre. La contrepartie de la suppression de
2 et 1,9 V, puis baisse brusquement à 1,7 V, ce qui marque la fin de l’entretien est une diminution de la capacité utile qui ne peut dépas-
la décharge. La poursuite de la décharge au-delà de ce point endom- ser 60 % de la capacité nominale (contre 80 % pour les batteries nor-
mage la batterie. Ce point correspond à l’utilisation de 80 % seule- males) et une durée de recharge de 12 à 14 h (tandis qu’elle peut
ment de la capacité nominale de la batterie. être réduite à 8 h pour les batteries traditionnelles). Enfin, ces batte-
Cette capacité utile doit seule être prise en compte pour le choix ries sans entretien exigent pour la recharge un poste de charge
d’une batterie. régulé spécial propre à chaque constructeur de batterie.
Au cours de la charge, elle est égale à la force électromotrice plus Il existe également des éléments de batterie à entretien réduit
la chute de tension due à la résistance interne. Elle augmente pro- dont le principe est de repousser l’apparition de l’électrolyse par un
gressivement de 2,2 à 2,3 V, pour s’élever ensuite brutalement à brassage énergique de l’électrolyte en fin de charge. Ce brassage
2,4 V. Cette valeur est appelée tension de bouillonnement parce est obtenu tantôt par insufflation d’air dans les éléments par une
qu’elle correspond au démarrage d’un intense dégagement gazeux pompe située sur le poste de charge, tantôt par des impulsions du
traduisant l’électrolyse de l’eau. La batterie est alors chargée à 80 %. courant de charge qui provoquent des élévations de température de
L’intensité du courant de charge ne peut plus être maintenue qu’à courte durée. Il en résulte des courants de convection dans l’électro-
une valeur très faible pour terminer la charge et égaliser l’état de lyte qui suppriment les gradients de température.
charge des différents éléments.
La concentration de l’électrolyte en acide sulfurique, et donc sa
densité, varie de manière continue au cours de la décharge et de la
recharge. Cette dernière permet donc de caractériser l’état de
2.2 Postes de charges
charge de la batterie ; on la mesure au moyen d’un densimètre. Elle
est de 1,220 en fin de charge et ne doit pas être inférieure à 1,150 en
La recharge des batteries nécessite un poste de charge dont la
fin de décharge. Cette mesure de la densité fait partie des opéra-
fonction est évidemment de transformer le courant alternatif du sec-
tions de maintenance indispensables.
teur en un courant continu de tension approprié, mais encore de
moduler ce courant en fonction de l’état de charge de la batterie.
2.1.4 Durée de vie d’une batterie En effet, si une batterie peut supporter un courant important au
début de la recharge, l’intensité doit être réduite progressivement
Elle s’exprime en nombre de cycles charge-décharge et non en au fur et à mesure du déroulement de la charge et tout particulière-
années de service ; elle est en moyenne de 1 500 cycles. La garantie ment à partir du moment où est atteinte la tension de bouillonne-
offerte par les constructeurs est de 1 200 cycles. ment.
Une batterie périt par la dislocation des matières actives dont les La variation de l’intensité du courant de charge se fait souvent sui-
morceaux se rassemblent au fond des éléments mais peuvent éga- vant une loi linéaire sur les chargeurs à pente : simple pente, voire
lement provoquer des courts-circuits. Or, chaque cycle charge- double ou triple pente.
décharge entraîne un gonflement et un dégonflement des matières Les chargeurs ferrorésonants assurent la régulation du courant
actives qui ne peuvent en supporter qu’un nombre déterminé ; tout de charge par l’intermédiaire d’un transformateur à fer saturé.
cycle commencé compte pour un cycle entier. Il en résulte que l’on Les chargeurs à haute fréquence utilisent un principe de régula-
doit être prudent pour recharger une batterie insuffisamment tion assez voisin mais l’utilisation d’un convertisseur de fréquence
déchargée. statique permet de diviser par 8 à 10 le poids du chargeur et son
Il est donc essentiel de connaître avec précision le niveau de encombrement. Ces chargeurs fournissent un courant mieux adapté
décharge d’une batterie en cours de service ; c’est le rôle des indica- et leur énergie réactive plus faible est intéressante pour la gestion
teurs de décharge. de l’installation électrique.

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A 9 201 − 4 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie industriel
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Les chargeurs régulés comportent un circuit électronique de régu-


lation du courant de fin de charge soit en détectant le plafonnement 3. Chariots thermiques
de la tension de la batterie, soit en mesurant la quantité d’électricité
absorbée.
Les chargeurs les plus simples nécessitent un réglage de la ten-
sion d’entrée en fonction de la tension réelle du secteur pour éviter
3.1 Moteurs
d’endommager la batterie, les plus sophistiqués assurent cette fonc-
tion automatiquement.
Les moteurs à explosion ne subsistent plus sur les chariots de
Sur certains appareils légers et à faible taux d’engagement, le manutention qu’en alimentation au gaz. Il s’agit essentiellement en
poste de charge peut être installé sur le chariot lui-même qui peut France de GPL (gaz de pétrole liquéfié), mais on commence à trou-
ainsi être mis en charge sur une simple prise de courant 16 A stan- ver, sur des engins de manutention de très forte capacité, des
dard. Encore convient-il de respecter les conditions de sécurité rela- moteurs alimentés en GN (gaz naturel). Le GN est du méthane
tives aux risques d’explosion [A 9 209]. quasiment pur, il est stocké à l’état gazeux dans des réservoirs sous
pression de 300 à 1 000 bar. L’importance des réserves mondiales
de gaz et l’importance que ce gaz devrait prendre dans notre appro-
2.3 Moteurs électriques pour chariots visionnement énergétique ne permettent pas de le passer sous
silence ; d’autant plus que des travaux de recherche importants sont
actuellement menés pour l’utilisation en carburation. Le manque
La caractéristique de couple des moteurs série est particulière- d’espace disponible pour loger le réservoir risque, par contre, d’en
ment bien adaptée aux applications de traction et en particulier sur limiter l’application aux chariots de forte puissance.
les chariots de manutention, avec un couple au démarrage impor- En France, le GPL carburation est un mélange de propane et de
tant et la possibilité de régulation de la vitesse en faisant varier la butane permettant une carburation satisfaisante à toutes les tempé-
tension d’alimentation. En outre, le risque d’emballement du ratures ambiantes. Le GPL est stocké à l’état liquide sous une pres-
moteur à vide, qui caractérise ce type d’alimentation, n’existe pas sion de 3 à 4 bar suivant la température ambiante.
puisqu’il n’est jamais déconnecté des roues. Il est parfois remplacé Le principal avantage de la carburation au gaz est une très impor-
par le moteur à excitation séparée qui, par l’emploi d’un variateur de tante réduction de la pollution; le taux d’oxyde de carbone dans les
vitesse approprié, permet de mieux adapter la caractéristique du gaz d’échappement n’est pas plus élevé que celui du diesel tandis
moteur au travail demandé, de réduire la consommation par la récu- que leurs teneurs en oxydes d’azote et en résidus d’hydrocarbures
pération d’énergie et d’assurer un freinage à contre-courant. imbrûlés sont inférieures à celles, tant de l’essence que du diesel.
Les moteurs de traction doivent être particulièrement robustes Les composés soufrés sont, eux, totalement supprimés.
pour supporter les couples très importants au démarrage comme au La parfaite homogénéité du mélange air-carburant et la suppres-
freinage ainsi que les élévations rapides de température. sion des gouttelettes de carburant demeurées à l’état liquide amé-
Les moteurs d’entraînement des pompes hydrauliques sont par liorent la stabilité du ralenti et la nervosité en reprises. Le moteur est
contre le plus souvent à excitation parallèle sauf sur les appareils à plus souple et moins bruyant. Le lessivage du film d’huile de grais-
performances élevées où l’on retrouve le moteur série ou à excita- sage et sa pollution par les imbrûlés qui détériorent ses propriétés
tion compound (série + parallèle) qui permet de bénéficier des se trouvent également supprimés. L’espacement des vidanges peut
avantages des deux modes d’excitation. donc être augmenté et la durée de vie du moteur se trouve allongée
comme sur un diesel. L’entretien du moteur est moins délicat que
celui d’un diesel. L’utilisation par temps froid est facilitée du fait de
la suppression du risque de figeage. Enfin, l’évaporation du gaz se
2.4 Organes de commande des moteurs. fait avant le carburateur, ce qui supprime le risque de givrage.
Contacteurs et variateurs Le gaz peut être approvisionné soit en bouteilles de 13 kg, soit en
électroniques vrac. Il faut noter que même si leur aspect extérieur ne les différen-
cie pas des bouteilles ménagères, elles en diffèrent totalement par
le dispositif de soutirage situé à l’intérieur. Si ces dernières sont
adaptées pour le dégagement du gaz par le haut de la bouteille
Traditionnellement, le démarrage des moteurs de traction des posée en situation verticale, les bouteilles carburation sont équi-
chariots se faisait par insertion dans le circuit de résistances permet- pées d’un tube de prélèvement qui plonge dans le liquide lorsque la
tant d’abaisser temporairement la tension appliquée aux bornes du bouteille est en position horizontale suivant les repères indiqués. Le
moteur. La mise en circuit de ces résistances était obtenue soit par robinet des bouteilles carburation est muni d’un raccord rapide pour
un controller à tambour, soit plus généralement par contacteurs. le relier à la canalisation du chariot.
Les variateurs électroniques les ont maintenant largement sup- L’alimentation d’un moteur à essence au GPL ne nécessite pas de
plantés. Ils sont basés sur le principe du « hacheur » qui coupe et modifications des composants principaux du moteur, mais unique-
rétablit le courant à une fréquence très élevée. En faisant varier le ment du système d’alimentation. La figure 4 en montre le principe.
temps de conduction ou la fréquence de hachage, on peut obtenir
une tension moyenne de sortie variable. Il s’agit là, d’un principe La pression régnant dans la bouteille envoie le liquide dans un
très largement utilisé pour de nombreux appareils électriques cou- vaporisateur-détendeur réchauffé par l’eau de refroidissement du
rants. Certains variateurs ajoutent à la fonction de hachage des moteur. Le gaz sortant du vaporisateur est envoyé directement dans
fonctions de commande de sens de marche (inversion du sens du le collecteur d’admission. La vanne d’admission du gaz est couplée
courant des inducteurs ou de l’induit); ils peuvent également com- au papillon du carburateur de manière à assurer la constance du
mander un freinage électrique à contre-courant ou en récupération mélange. Une électrovanne isole automatiquement la bouteille dès
d’énergie mais cette récupération ne peut se faire que pour l’alimen- que le contact est coupé.
tation d’un autre moteur de l’appareil et non pour la recharge de la Un témoin de bouteille vide au tableau de bord prévient de la
batterie. nécessité de changement de bouteille. Une charge de bouteille
La commande par variateur électronique est également appliquée assure 10 h de travail pour un chariot de 1 à 1.5 t et de 8 h pour un
au moteur de pompe hydraulique pour obtenir, sur les chariots à chariot de 2,5 t.
performances élevées, des mouvements progressifs sans perte Les appareils de forte capacité peuvent recevoir un équipement à
d’énergie inutile. 2 bouteilles.

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longitudinaux. Ils fonctionnent à des pressions élevées (500 bar) et


Robinet de sécurité comportent une commande de variation de débit par modification
avec tube plongeur de l’angle d’inclinaison de la glace qui transforme le mouvement
rotatif en rectiligne et inversement.
Ensemble Électrovanne
Pour le concepteur de l’engin, la solution hydrostatique présente
vaporisateur-détendeur propane l’avantage d’une grande liberté dans la disposition des différents
organes. La liaison entre le moteur thermique et les organes de pro-
Mano-contact
Primascac pulsion se faisant par des tuyaux souples permet une plus grande
souplesse dans la conception d’ensemble de l’appareil (figure 5a).
En outre, les différents mouvements peuvent être commandés en
Raccord à totale indépendance les uns des autres.
débranchement Enfin, il est possible de rassembler l’ensemble des organes de
rapide transmission, y compris le frein de parking, en un seul ensemble
Filtre
monobloc (figure 5b) réduisant ainsi les tringles et câbles de com-
mande.
Lampe témoin
indiquant que Pour l’utilisateur, elle offre un style de conduite très efficace pour
Carburateur la bouteille un opérateur entraîné du fait que les moteurs servent en même
+ est vide temps de frein de service. Le conducteur n’a plus besoin de changer
Batterie
– de pédale pour passer de l’accélération au freinage. Les temps
d’opération sont plus réduits et les manœuvres délicates plus préci-
ses. Il est en outre possible de "personnaliser" la conduite pour ren-
Moteur
dre l’appareil plus ou moins nerveux en reprises.
Pompe à eau Les composants hydrostatiques, fort répandus au demeurant sur
d’autres types de matériels, nécessitent des précautions particuliè-
res pour les opérations d’entretien et de réparation, mais ont en
Figure 4 – Principe d’un moteur à essence équipé en GPL
revanche une excellente fiabilité et une grande longévité.
(document Primagaz)

3.2 Transmissions circuit pression


circuit aspiration
pilotage
3.2.1 Transmissions mécaniques Moteur
Pompe
et hydrodynamiques hydrostatique hydraulique

(Se reporter à la rubrique Organes de machines dans le traité


Génie mécanique)
La transmission d’un chariot à fourche doit permettre, comme sur Moteur
tout véhicule, d’adapter le couple transmis aux besoins de la
conduite, mais il doit en outre permettre de réaliser un déplacement Accélérateur
de l’engin à vitesse lente et contrôlée tout en faisant tourner le
moteur à plein régime pour réaliser l’élévation. C’est ce que les
Américains, et la profession, appellent l’inching. Modulateur

Les chariots thermiques ont été équipés au début d’une boîte de


vitesses et d’un embrayage, à sec ou dans l’huile (oil clutch). Commande
régime moteur Levier hydraulique
L’inching était réalisé en débrayant progressivement tout en accélé-
rant pour faire l’élévation, d’où l’intérêt de l’embrayage refroidi à
l’huile. Ils ne sont quasiment plus fabriqués mais subsistent encore a principe
dans certains parcs où ils sont appréciés pour leur aptitude à péné-
trer sous la charge, grumes ou balles, en utilisant l’énergie d’impact Pompe hydrostatique
du chariot.
Les chariots thermiques modernes sont à transmission soit
hydrodynamique, à convertisseur de couple, soit hydrostatique
avec pompe et moteurs à haute pression.
Les transmissions à convertisseur de couple, encore appelées
powershift, comportent un embrayage multidisques dans l’huile à Réducteur planétaire
commande hydraulique pour chaque rapport de vitesse. La pédale
gauche, dénommée dans ce cas pédale d’inching, permet de réduire
progressivement la pression d’huile de commande des embrayages
et donc de les mettre en glissement pour réduire la vitesse. Le gros
Freins multidisques
avantage de ces transmissions est leur mode de conduite identique de parking
à celui d’une voiture.
Moteurs hydrauliques

3.2.2 Transmissions hydrostatiques b transmission monobloc

La solution hydrostatique fait appel à des composants de haute


technologie mais qui ont fait leurs preuves dans les applications les Figure 5 – Fonctionnement d’une transmission hydrostatique
plus difficiles, en particulier des pompes et des moteurs à pistons (document Fenwick-Linde)

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4. Hydraulique des chariots 5.2 Roues

Les roues, motrices ou porteuses, sont équipées, suivant les


conditions d’utilisation, de bandages pleins, de pneumatiques ou de
4.1 Directions hydrostatiques bandages à section pneumatiques appelés couramment pneus
pleins.
Bandages pleins : en caoutchouc ou en polyuréthane, ils sont
À la différence des véhicules routiers dans lesquels la direction moulés sur une frette en acier. Le montage sur la roue se fait à la
est assistée par un servomoteur hydraulique dont l’action s’ajoute à presse. Leur élasticité est très limitée du fait de la faible épaisseur de
celle du conducteur et la renforce, sur les chariots de manutention à la bande de roulement. De gros progrès ont été faits par les cons-
direction hydrostatique, le volant de direction n’a aucune liaison tructeurs pour améliorer la capacité d’amortissement des bandages
mécanique avec les roues. Il ne commande qu’un organe hydrauli- caoutchouc en constituant la bande de roulement de plusieurs cou-
que, un distributeur rotatif qui envoie l’huile sous pression en quan- ches de gommes différentes. Ils ne peuvent néanmoins être utilisés
tité contrôlée vers le vérin de braquage des roues. que sur des sols parfaitement plats et en bon état.
La pression au sol de ce genre de roues est d’environ 20 kg/cm2
(20 bar).
4.2 Commandes de mouvement Il est toutefois important de souligner que les bandages en polyu-
réthane qui équipent les chariots trididirectionnels de magasin à
grande hauteur exercent une pression au sol atteignant 70 kg/cm2
Un chariot élévateur comporte toujours une pompe hydraulique (70 bar).
pour assurer les différents mouvements de la charge. Il s’agit au Bandages pneumatiques ou pneus : sur les chariots travaillant
minimum de l’élévation ainsi que de l’inclinaison du mât. Il s’y en extérieur sur sols imparfaitement nivelés ainsi que pour la manu-
ajoute très souvent des équipements auxiliaires [A 9 202]. tention de charges larges, les pneus avant peuvent être jumelés, et
Les pompes utilisées sont du type à engrenages fonctionnant à même triplés sur des appareils de très forte capacité ( chariots
une pression de l’ordre de 150 à plus de 200 bar. porte-conteneurs). La pression au sol dépend dans ce cas de la pres-
sion de gonflage qui peut varier de 3 à 4 kg/cm2 (3 à 4 bar) pour des
Les actuateurs sont soit des vérins, à double effet sauf pour l’élé- roues tout terrain jusqu’à 10 kg/cm2 (10 bar) pour les roues de petit
vation, soit, en particulier pour les têtes rotatives, des moteurs à diamètre.
engrenages.
Dans le cas des pneus à carcasse radiale, elle est inférieure d’envi-
Les vérins d’élévation sont toujours munis à leur base d’un ralen- ron 15 % à cette dernière tandis qu’elle lui est supérieure d’environ
tisseur intégré pour éviter une descente brutale de la charge en cas 5 % dans le cas des pneus à carcasse croisée traditionnelle. Ils peu-
de rupture de tuyauterie. vent dans certains cas être montés sur chambre increvable consti-
L’incorporation d’un amortisseur oléopneumatique dans le circuit tuée d’une masse de gomme comportant des alvéoles remplies de
de levage permet d’amortir les secousses subies par la charge pen- gaz sous pression.
dant le transport. Il s’agit d’une bouteille en acier à parois épaisses Bandages à section pneumatique : d’apparence fort peu diffé-
contenant un volume de gaz inerte. Elle est raccordée au vérin de rente de celle des pneumatiques, ils sont totalement pleins ; de ce
levage par une canalisation rigide qui permet à l’huile d’exercer sa fait, outre la suppression du risque de crevaison, ils offrent une
pression sur le gaz dont elle demeure séparée par une membrane meilleure stabilité de l’appareil. Le confort pour le conducteur s’en
élastique. Il est à noter que la mise en pression du gaz de l’amortis- trouve réduit et doit être compensé par le montage d’un siège à sus-
seur se traduit par une légère descente de la charge en fin d’éléva- pension amortie élastique.
tion dont le conducteur doit apprendre à tenir compte. Il convient de
rappeler que, comme tous les réservoirs de gaz sous pression, un La pression au sol est dans ce cas de 18 kg/cm2 (18 bar).
amortisseur oléopneumatique doit faire l’objet d’une réception et de
contrôles réglementaires périodiques [A 9 209].
L’utilisation de certains équipements nécessite l’utilisation d’un
réducteur de pression, souvent réglable par commande de l’opéra- 6. Sols et planchers
teur (pinces à cartons, en particulier).

Les chariots élévateurs exercent sur les sols des efforts impor-
tants avec de fortes pressions.
5. Pneus et bandages Leur utilisation dans des installations modernes en intérieur
comme en extérieur ne pose en règle générale aucun problème, à
pour chariots condition que la construction ait été correctement étudiée et réali-
sée, et soit maintenue en bon état. On trouvera au paragraphe 5.2
les valeurs des pressions sous les roues pour les différents types de
garnissages utilisés.
5.1 Galets porteurs L’adoption de chariots à très grande hauteur d’élévation, en particu-
lier dans les magasins, nécessite le respect de tolérances d’exécution
tout à fait particulières et précises. Ces règles particulières sont expo-
Les galets porteurs, de diamètre inférieur à 100 mm, sont utilisés sées dans l’article consacré aux Chariots de magasinage [A 9 204].
sur les transpalettes à petite et grande levée. Ils sont constitués d’un Pour tous les matériels guidés : chariots de magasins, chariots
cylindre en matière plastique, Nylon ou polyuréthane, moulé sur un tractés par convoyeur, on doit réaliser un sol particulièrement résis-
moyeu en acier. Le polyuréthane, plus onéreux, offre par contre une tant à l’abrasion. En effet, les roues, qui suivent toujours exactement
meilleure résistance à l’usure et un roulage plus silencieux. la même trace et dont la surface de roulement se charge de particu-
La pression sous ce genre de roues, variable suivant la nature du les très dures, agissent alors comme des meules et détruisent la
matériau, est de l’ordre de 40 kg/cm2. couche superficielle. On doit également prendre garde au fluage de

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certains revêtements appliqués à chaud, s’ils sont trop richement gnée est utilisée pour les manœuvres terminales. Il s’agit d’un maté-
dosés en liant. Ils peuvent être parfaitement adaptés à la circulation riel hybride dont l’utilisation peut être dangereuse et qui nécessite
des chariots, même équipés de bandages pleins, mais les roues y une autorisation de conduite [A 9 209].
marqueront de profondes empreintes lors d’un stationnement La très grande diversité d’utilisation des chariots à conducteur
prolongé : week-end ou périodes d’arrêt. porté a amené les constructeurs à imaginer de très nombreuses dis-
En ce qui concerne les planchers de bâtiments à étages, une véri- positions du poste de conduite.
fication pourra s’avérer nécessaire pour s’assurer de la résistance Les chariots à conducteur porté debout sont des appareils très
de la dalle : si elle tient, les poutrelles et poutres tiendront compacts spécialement conçus pour les applications dans lesquel-
puisqu’elles sont calculées pour reprendre les surcharges de la dalle les le conducteur doit fréquemment monter et descendre de son
et son poids propre. appareil, soit pour effectuer des opérations annexes, soit en raison
Lorsque les charges roulantes n’ont pas été prises en compte d’un faible engagement.
dans le calcul de la dalle, il faut comparer les efforts induits par le La position du conducteur peut être soit longitudinale, soit trans-
chariot avec ceux de la surcharge de calcul. En effet, en l’absence de versale, cette dernière position donnant une bonne visibilité au
prise en compte de charges roulantes, la surcharge de service est conducteur dans les deux sens de marche. Sur certains chariots à
supposée uniformément répartie sur la totalité de la surface de plan- conducteur porté debout, un coussin appui-fesses est prévu pour
cher. Or, lorsqu’un chariot élévateur circule dans une allée, celle-ci améliorer le confort sans nuire à l’encombrement de l’appareil, ni à
doit être obligatoirement libre de charges stockées pour qu’il puisse la facilité d’accès.
évoluer. Il peut donc remplacer une partie de la charge stockée.
Sur les chariots à conducteur porté assis, le poste de conduite
Mais le chariot représente, d’une part, une charge concentrée et,
était traditionnellement longitudinal ; le déplacement avec une
d’autre part, une charge roulante.
charge encombrante sur les fourches obligeait le cariste à circuler
Le fait de remplacer une charge uniformément répartie par une en marche arrière, dans une position inconfortable. Certains
charge concentrée multiplie par 2 le moment de flexion et donc les constructeurs équipent leurs chariots d’un poste de conduite pivo-
efforts dans la dalle. tant permettant au conducteur de se trouver toujours dans le sens
On doit en outre appliquer un coefficient dynamique de 1,3 pour de circulation.
tenir compte de l’effet dynamique. C’est donc un coefficient de 2,6 Des chariots pour charges très encombrantes (conteneurs) sont
qu’il faut appliquer au poids total de l’appareil pour refaire le calcul équipés d’un poste de conduite surélevé, au-dessus du toit de pro-
de la bande de hourdis compris entre deux poutrelles en tenant tection normal. Dans certaines réalisations, le poste de conduite
compte des charges réelles. On ne doit évidemment pas hésiter à normal a été conservé pour des utilisations ne nécessitant pas la
faire appel à un technicien du bâtiment en cas de doute. surélévation.
De nombreux chariots électriques pour allées étroites, transpalet-
tes, gerbeurs, rétractables, bi et tridirectionnels, ont un poste de
conduite transversal qui assure une très bonne visibilité et une posi-
7. Ergonomie des chariots tion du corps du conducteur plus ergonomique pour la circulation. Il
offre en outre une meilleure accessibilité.
La généralisation des mâts élévateurs à grande visibilité a
apporté une grande amélioration à l’ergonomie des postes de
■ L’ergonomie est un élément très important pour le choix conduite des chariots automoteurs.
d’un chariot de manutention
Afin de répondre à la grande diversité des conditions d’utilisation ■ Toutes les commandes d’un chariot automoteur doivent être
des chariots automoteurs, les constructeurs ont été amenés à adop- conçues avec un souci constant de l’ergonomie et de la sécurité
ter des solutions très différentes pour l’aménagement du poste de Le cas des pédales d’accélération et de freinage sur les chariots
conduite et des organes de commande. hydrostatiques a fait l’objet de vives controverses lorsque certains
Il faut tout d’abord protéger le conducteur contre les accidents constructeurs ont proposé des chariots équipés d’une pédale de
provoqués par les obstacles extérieurs ou par la charge transportée, marche avant et d’une autre pour la marche arrière, le freinage se
en particulier en lui assurant la meilleure visibilité possible dans faisant automatiquement par le relâchement de la pédale d’accélé-
toutes les phases du travail. Il faut aussi lui éviter tout ce qui pourrait ration en fonction. Après avoir été interdite en France, cette solution
avoir des répercussions néfastes à terme sur sa santé : mauvaises est maintenant proposée en variante de celle à inverseur de sens de
postures susceptibles d’entraîner des déformations douloureuses marche au volant.
du squelette, vibrations, bruit. Le siège est un élément fondamental de l’ergonomie d’un chariot,
De plus, la conception ergonomique du poste de conduite doit même pour les chariots électriques, évoluant à l’intérieur des bâti-
permettre au conducteur d’assurer dans de bonnes conditions les ments. Un siège de chariot de manutention doit avoir des dimen-
tâches annexes qui lui incombent, en particulier pour les opérations sions permettant une utilisation confortable, en tenant compte des
de magasinage, mais dans bien d’autres cas tels que le chargement vêtements de protection, principalement pour les appareils tra-
et le déchargement de véhicules. vaillant à l’extérieur ou en chambre froide. Sa disposition sur l’appa-
Une description complète des solutions proposées déborderait le reil doit permettre une position naturelle du conducteur. Il doit
cadre du présent article. comporter des réglages de positionnement pour s’adapter à la mor-
phologie des différents conducteurs. Pour les appareils utilisés à
On peut toutefois citer pour les chariots à conducteur accom- l’extérieur, le siège doit être équipé d’un dispositif de suspension
pagnant : élastique amortie (voir Fiche pratique de sécurité ED 42 de l’INRS -
— les appareils à timon long articulé en bas de la tête motrice et Les sièges à suspension pour chariots élévateurs).
ceux à timon court articulé en haut ; Les cabines sont, pour les appareils utilisés à l’extérieur, un élé-
— les appareils à timon dans l’axe longitudinal du chariot et ceux ment très important du confort du conducteur et de la sécurité. Si
à timon déporté latéralement offrant une visibilité améliorée pour tous les grands constructeurs offrent aujourd’hui des cabines pré-
les opérations de gerbage. sentant de bonnes conditions de confort, il n’en est pas de même de
Certains chariots à conducteur accompagnant sont équipés d’une celles équipant des chariots anciens. Les principaux points à exami-
plate-forme, généralement rabattable, permettant au conducteur ner pour juger de l’ergonomie d’une cabine sont cités au para-
d’être porté pour les longs trajets tandis que la conduite accompa- graphe 8.1.

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8. Accessoires pour chariots Amortisseur oléopneumatique : il s’agit d’une bouteille en


métal à parois épaisses, raccordée par canalisation rigide à la base
du ou des vérins de levage (§ 4.2). Cet accessoire est utilisé pour
amortir les secousses subies par la charge transportée pendant le
Il s’agit d’éléments ajoutés, à demeure ou amovibles, ne jouant
déplacement du chariot.
qu’un rôle auxiliaire dans les opérations de manutention. On distin-
gue les dispositifs de protection des accessoires divers. Limiteur de pression : utilisé avec certains équipements à com-
mande hydraulique (pinces, par exemple), il permet de régler à une
valeur déterminée la pression de serrage.
8.1 Dispositifs de protection Dispositif de pesée : sur les chariots à fourche, il est le plus sou-
vent constitué d’un manomètre mesurant la pression dans le vérin
Toit de protection ou protège-conducteur : destiné à proté- de levage. La mesure doit se faire mât vertical et fourche à hauteur
ger le cariste contre les chutes d’objets, il est obligatoire sur les cha- toujours identique. Il peut alors donner une précision supérieure à
riots à conducteur porté pour des levées supérieures à 1,80 m. 5 %. Des appareils de pesée électronique existent également. Ils
Dossier d’appui de charge : il est destiné à éviter les chutes assurent une précision supérieure et peuvent équiper également les
d’objets transportés. transpalettes.
Cabine de protection : montée surtout sur les chariots tra- Horamètre : il s’agit d’un totalisateur d’heures de travail qui est
vaillant à l’extérieur, elle est destinée à protéger le conducteur con- utilisé pour le contrôle d’engagement du matériel ainsi que pour la
tre les intempéries. La réalisation d’une cabine offrant des conditions planification de l’entretien. Sur un chariot thermique, il décompte
de travail satisfaisantes est difficile. Il faut protéger le conducteur les temps de marche du moteur tandis que sur les chariots électri-
contre les éléments extérieurs (pluie, vent, neige, poussières, froid) ques il est souvent actionné par un contact de siège et compte ainsi
mais également contre le bruit et les vibrations apportés par l’appa- le temps de présence du conducteur à son poste de conduite qui
reil et contre les phénomènes engendrés par la cabine elle-même : peut différer du temps d’utilisation du chariot.
résonance, condensation, obstacles visuels, etc. Le problème est Enregistreur d’activité : cet appareil important pour une bonne
d’autant plus difficile à résoudre que le volume disponible est très gestion des appareils et des hommes existe sous deux formes. La
réduit, particulièrement sur les appareils de faible capacité. plus ancienne est l’enregistreur à disque analogue à celui des poids
Lorsque la place disponible le permet, la cabine peut être montée lourds; il enregistre les vibrations produites par les différents mou-
sur des éléments amortisseurs filtrant les vibrations. Des transmis- vements du chariot. La version moderne est un enregistreur électro-
sions souples pour les commandes y contribuent également. De tel- nique digital dont les données peuvent être introduites et traitées
les solutions ne sont adaptables que sur des appareils d’assez forte dans un micro-ordinateur.
capacité. Équipement de communication : il va de la simple liaison
La disposition des surfaces vitrées doit permettre au conducteur radiophonique à un équipement beaucoup plus sophistiqué pour la
d’avoir une bonne visibilité dans toutes les manœuvres, y compris transmission de données ; un tel dispositif se rencontre surtout
le gerbage. Il s’agit d’un point essentiel pour la sécurité. L’appareil dans les magasins [A 9 204] mais peut trouver des applications effi-
doit en outre être équipé de rétroviseurs, éventuellement électroni- caces sur les quais d’expédition et de réception avec lecteur de
ques et qui sont dans ce cas reliés à un circuit vidéo. codes-barres, imprimante d’étiquettes...
Il faut être conscient du fait que les conditions de travail dans une Contrôle des batteries : les batteries des chariots électriques
cabine de mauvaise qualité deviennent vite intolérables et mettent représentent un investissement important et doivent faire l’objet
gravement en danger la sécurité du travail. Tous les points touchant d’un entretien soigneux sous peine d’un vieillissement précoce et
à l’ergonomie peuvent être délicats à apprécier correctement et ne de défaillances inopinées. Il est en particulier indispensable d’assu-
sauraient être étudiés rapidement et superficiellement, surtout rer une surveillance de l’état de charge. Une décharge trop poussée
lorsqu’il s’agit d’appareils de construction ancienne. provoque la destruction rapide d’une batterie, mais des recharges
Sur les chariots tous terrains, la cabine doit également empêcher trop fréquentes de batteries incomplètement déchargées les font
le retournement de l’appareil. vieillir prématurément. La durée de vie d’une batterie correspond en
Épurateur catalytique de gaz d’échappement : identique à effet à un nombre de cycles charge-décharge même s’ils ne sont pas
celui qui équipe les voitures modernes, il est monté sur les chariots complets (§ 2.1.4).
à moteur à essence ou GPL (§ 3.1). Les chariots électriques sont donc toujours munis d’un indicateur
Laveur de gaz d’échappement : aussi appelé pôt à barbotage, de décharge permettant de signaler au conducteur l’approche et le
ce dispositif est un barboteur à eau destiné à refroidir les gaz franchissement de la limite de décharge de 80 % de la batterie au
d’échappement et les particules incandescentes qu’ils contiennent. plomb. Certains appareils ajoutent à un témoin visuel un signal
sonore ainsi que la coupure des mouvements autres que la transla-
À la différence de l’épurateur catalytique, il n’arrête pas les gaz
tion afin de permettre le retour de l’appareil au point de charge.
toxiques. Son efficacité est conditionnée par un contrôle constant
du niveau d’eau. Utilisation en atmosphère explosive : les chariots thermiques
ou électriques susceptibles de travailler dans cette atmosphère
seront munis d’accessoires adéquats [A 9 209].
8.2 Accessoires divers
Éclairage : les chariots appelés à travailler de nuit et dans les
zones mal éclairées doivent être munis d’un dispositif d’éclairage 9. Largeur des allées
[A 9 209].
S’ils doivent circuler sur la voie publique, même de jour, ou sur de
de circulation
longues distances (par exemple, dans les ports), ce dispositif doit
être conforme aux prescriptions du Code de la route [A 9 209].
et de gerbage
Pour certains travaux, en particulier le gerbage, il peut être néces-
saire de prévoir un projecteur orientable. On doit distinguer les allées de circulation et les allées de ger-
Les chariots doivent être équipés d’un feu arrière (avertisseur bage. Leur disposition est un facteur très important de sécurité et
optique à feux tournants) qui s’allume à l’enclenchement de la mar- elles doivent être étudiées très soigneusement lors de l’implanta-
che arrière et double l’avertisseur sonore [A 9 209]. tion.

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9.1 Allées de circulation autour du milieu de l’essieu avant. Parmi les premiers, on trouve
tous les chariots thermiques ainsi que les chariots électriques
monomoteurs à 4 roues. Parmi les seconds, il y a tous les chariots
électriques à propulsion arrière et tous ceux dont l’essieu avant est
La largeur des allées de circulation est fixée par la réglementation. équipé de deux moteurs.
Si cette valeur est donnée par la quasi-totalité des constructeurs,
celles relatives aux charges larges sont moins courantes et peuvent
La largeur des allées permanentes de circulation doit être au
se révéler utiles.
moins égale à :
— pour une circulation en sens unique : la largeur d’un cha- ● Lorsque la largeur de la charge < est supérieure à celle du cha-
riot ou de son chargement plus 1 m ; riot tout en restant inférieure à 2 (R1 – B ), il faut tenir compte du
— pour une circulation à double sens : la largeur de 2 chariots rayon de giration du coin avant de la charge R2 , en utilisant la
ou de leurs chargements plus 1,4 m. formule :
A = R1 + R2
Il est à noter que les allées réservées aux opérations de stockage
●Pour les charges encore plus larges [ < > 2(R1 – B )], on utilise la
et de gerbage ne sont pas considérées comme allées de circulation
formule :
permanentes.
<
A = --- + B + R 2
2
9.2 Allées de gerbage
■ Pour les chariots à fourche entre longerons et les chariots
rétractables (figure 6c), le pivotement s’effectue le plus souvent
Pour effectuer un gerbage, un chariot, à l’exception des appareils sur une des roues du bras avant. Soit R, le rayon de giration corres-
à prise latérale, doit effectuer un virage à 90°, ce qui nécessite une pondant. On doit prendre en compte le débord de la charge en avant
allée suffisamment large pour permettre cette manœuvre sans dan- de l’essieu avant et non sa longueur totale. La formule devient
ger ni ralentissement excessif. alors :
A=R+E
■ Pour les chariots en porte-à-faux, la figure 6, existant sur les
notices des principaux constructeurs, indique les données à prendre Les valeurs données par les formules précédentes correspondent
à compte pour le calcul de la largeur théorique de l’allée de gerbage. à des largeurs minimales théoriques qu’il convient de majorer légè-
La connaissance du rayon de giration R1, de la distance D entre rement (de 10 à 20 cm) pour tenir compte de l’habileté des différents
l’essieu avant et la face avant du talon de la fourche, ainsi que la lon- conducteurs. Une économie sur les largeurs d’allées se paye parfois
gueur L de la charge, déterminent la largeur minimale A de l’allée de cher en pertes de temps et en détériorations de matériels, quand ce
gerbage. n’est pas en accidents.
● Pour des charges moins larges que le chariot ( < < 2B ), l’allée Lorsque le gerbage est à faire en casiers ou paletiers, il y a lieu de
de gerbage est égale à : prendre en considération le jeu disponible dans les alvéoles ainsi
A = R1 + D + L que la position des poteaux qui peuvent influer sur la facilité de
manœuvre. En définitive, dans le cas de paletiers de construction

,, , ,, ,, ,,
Cette formule est valable aussi bien pour les chariots qui pivotent classique, il y a lieu de prendre une largeur entre poteaux égale à la
autour d’une des roues avant, que pour ceux qui peuvent braquer largeur d’allée théorique plus environ 300 mm.

,, , ,, A

,, ,,E

,, , ,, , ,,
,, , ,, ,, ,,
B B
,

,, , ,, ,, ,,
R1 L R1
D
R2 R
A

a charge de largeur réduite b charge de grande largeur c charge entre longerons

Figure 6 – Largeur d’allée de gerbage

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