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Papaine

Cet article présente une étude sur la papaïne, incluant des informations agronomiques sur la culture du papayer, les procédés d'extraction du latex et des essais industriels. Le papayer, originaire probablement du Mexique, nécessite des conditions climatiques et agrologiques spécifiques pour une culture réussie. L'extraction de la papaïne se fait principalement par saignée, bien que d'autres méthodes aient été explorées.

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Cet article présente une étude sur la papaïne, incluant des informations agronomiques sur la culture du papayer, les procédés d'extraction du latex et des essais industriels. Le papayer, originaire probablement du Mexique, nécessite des conditions climatiques et agrologiques spécifiques pour une culture réussie. L'extraction de la papaïne se fait principalement par saignée, bien que d'autres méthodes aient été explorées.

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Fruits - Vol .

10, no 3, 1955 - 1l1

LA PAPAÏNE
Cet article est le début d'une série d'études sur la papaïne entreprises par Mils . Huet
et Haendler, technologues à la Station Centrale de l'I . F . A . C . à Foulaya . Dans les lignes
qui suivent, des renseignements agronomiques sur la culture du papayer sont donnés ;
différents procédés d'extraction du latex sont décrits ; certains essais industriels effectués
par les auteurs sont exposés . L'ensemble de ce travail s'adresse aussi bien au planteur
quia l'utilisateur .

LE PAPAYER

Données générales . mum et les meilleures zones de végétation sont celles qui
reçoivent entre i .5oo et 2 .000 mm d'eau . Une longue sai-
Le papayer, Carica papaya, appartient à la famille des
son pluvieuse semble néfaste, par l'humidité même et le
Caricaceae, voisine des Cucurbitaceae et des Passifloraceae .
Son aire originelle, non définie, serait vraisemblablement
le Mexique et presque toutes les espèces du genre sont FIG . 2 . - Jeune papayer de la variété Stambauoli . Première année
américaines, mais il prospère dans tous les pays intertro- d'exploitation . (Photo Tisseur I . F . A . C .)
picaux et même au-delà, partout où l'eau et la chaleur
peuvent lui être assurées en suffisance, où les gelées sont
ignorées et les vents peu redoutables .
Subspontané dans une grande partie de l'A . 0 . F ., c'est
un arbre de 4 à 8 m de haut, au tronc conique, rarement
ramifié, épais, mou, creux, portant des cicatrices annu-
laires laissées par la chute des feuilles, se terminant par
un bouquet de feuilles amples, palmées, à nervures épaisses,
divisées en lobes profonds, insérées sur le tronc par un long
pétiole creux . L'arbre est normalement dioïque, les fleurs
mâles et femelles étant portées par des individus différents .
La sexualité est, à vrai dire, chez le papayer, loin d'être
aussi simple, et on trouve nombre d'intermédiaires .
En dehors des pieds mâles, aux fleurs en panicules axil-
laires, longuement pétiolées, et des pieds femelles, aux
fleurs en corymbes axillaires à 2 ou 3 fleurs courtement
pédonculées, on peut trouver des pieds hermaphrodites
portant des fleurs à caractère mâle ou femelle . Cependant,
ces caractères ne sont pas héréditaires de sorte qu'il n'est
pas possible, avant l'apparition des fleurs, de déterminer le
sexe de l'arbre et, par suite, son utilité, ce qui nécessite cer-
taines précautions lors de l'établissement d'une plantation .

Les besoins du papayer .


Bien que relativement rustique en zone tropicale, le pa-
payer a, cependant, un certain nombre d'exigences.

Les exigences clinmatiques .


Une température de 25 0 en moyenne semble être l'opti-

Fic . t. - Coupe de papaye (Pelin du Jfusiu,r.) .


Fruits -- Vol . 10, no 3, 1955

manque de soleil ; une saison sèche trop prolongée réduit les arbres à ne produire que lorsqu'ils sont relativement
la production de fruits et de latex . grands et risque de gêner l'exploitation . Il est préférable,
pour ces raisons, d'effectuer les semis en pots, en boîtes ou
Les exigences agrologiques . mieux en cylindres de papier goudronné, de façon à pou-
voir effectuer un repiquage en motte quand les plants ont
La plante peut pousser sur la plupart des sols bien drai- 10 à 15 cm de haut .
nés, mais, comme la majorité des arbres fruitiers, le pa- Les semis peuvent être également faits directement sur
payer donne une meilleure récolte quand il pousse en ter- place à raison de 5 à 6 graines par emplacement, ce qui
rain riche et profond . En sols aqueux,, les arbres ont une offre l'avantage de ne pas provoquer de perturbations dans
croissance en fuseau et laissent tomber prématurément l'enracinement et donne des plants qui entrent en produc-
leurs feuilles basses ; les autres jaunissent, la croissance tion de façon plus uniforme . Mais ce procédé, qui demande
est réduite . Si la submersion des racines se prolonge, un éclaircissage sélectif dès que la différenciation des sexes
l'arbre meurt . D'autre part, bien que pivotant, le système est visible, nécessite de toutes façons un élevage de plants
radiculaire du papayer est peu profond et un sol trop sec en pépinière pour les remplacements . Bien que moins
peut produire des effets tout aussi nuisibles, l'arbre mou- onéreux, on lui préfère le plus souvent la méthode des
.rant de faim . semis préalables qui donne de meilleurs résultats .
Dans des conditions optima d'humidité, de soleil et de L'emplacement prévu pour la mise en place définitive
température, les papayers ont une végétation trapue, at- pourra être labouré sur une profondeur de 30 à 40 cm,
teignent leur maturité à un âge précoce, et produisent bien . une simple trouaison de 0,60/0,60 m étant suffisante pour
Dans des conditions moins favorables, le tronc est mince chaque pied . Le tuteurage des jeunes plants n'est en géné-
et en fuseau, la période de fructification retardée et les ral pas nécessaire.
fruits peu nombreux . Les distances de plantation les plus préconisées sont
La culture du papayer est épuisante et il est à peu près - 2 m sur la ligne, 2 m entre les lignes, soit 2 .500 plants
impossible qu'elle soit intensive sans apport d'engrais ; le à l'ha .
papayer répond, d'ailleurs, très bien à l'engrais . De très - 2 m sur la ligne, 2,5 m entre les lignes, soit 2 .000 plants
bons résultats ont été obtenus avec les apports de fumure à l'ha .
organique et en particulier de sang séché . La fumure de - 2 m sur la ligne, 3 m entre les lignes, soit 1 .500 plants
fond moyenne peut être de 5o tonnes de fumier à l'hectare à l'ha .
et 375 à 400 kg de superphosphate . La fumure minérale - 2,5 m sur la ligne, 3 m entre les lignes, soit 1 .300 plants
peut être amenée sous forme de mélange dans les propor- à l'ha .
tions 4-8-5 à raison de Les doubles lignes, espacées de 2 men tous sens et sépa-
rées par un interligne de 3 à 4 m, soit 2 .000 plants à l'ha,
Zoo gr pour les sujets de moins de six mois, constituent un dispositif recommandable . Ce dernier écar-
350 gr pour les sujets de plus de six mois, tement permet un passage des engins mécaniques ou une
900 à 1 .250 gr pour les sujets d'un an et plus . éventuelle culture intercalaire, mais, de l'expérience ac-
quise dans les différents pays, le papayer se comporte
On recommande en Afrique des fumures organiques mieux en monoculture .
renforcées (fumier-compost-engrais vert) et l'apport des L'entretien des plantations consiste en destruction des
éléments majeurs tels que acide phosphorique, potasse et mauvaises herbes par labour, sarclage ou emploi de désher-
chaux sous forme peu soluble et pulvérulente . bants . L'épandage de paillis est fortement recommandé
dans la plupart des régions . La nécessité des irrigations dé-
Les exigences culturales . pend éventuellement du régime et de la répartition des pluies
de la zone cultivée, mais aussi de la situation des cultures et
Le papayer a pu être multiplié avec succès par boutures du sol . De toute façon, on accordera une grande attention
et par greffes ; toutefois le semis reste le mode de repro- aux facilités d'irrigation, une culture de papayers deman-
duction donnant les plants les plus vigoureux . Les graines dant passablement d'eau . KUMAR, à la Station de Saha-
sont prélevées sur des arbres non saignés, présentant les rangpur, estime que deux irrigations par semaine sont
caractères recherchés, les caractéristiques prises en consi- nécessaires durant les mois chauds, une seule étant jugée
dération dans le choix du porte-graines étant la vigueur, suffisante durant les mois plus froids . Ce régime nécessi-
la taille des fruits et leur espacement sur le tronc, la cou- terait trois journées de main-d'ceuvre par acre et par an ( 1 ) .
leur de la chair (les fruits rouges semblant donner une Le coût de l'établissement d'une plantation de papayers
plus grande quantité de latex) . Les graines des fruits sai- varie assez largement selon les pays, les _conditions et
gnés risquent d'être stériles . les méthodes employées . Néanmoins, afin de donner un
La méthode la plus courante est de semer les graines aperçu, nous citerons les chiffres donnés par KUMAR
en planches, en pépinière ou sur couche . Toutefois, cette
pratique, qui nécessite un repiquage à racines nues, pro- (r) r acre = 4 .046 m2 . Il faudrait donc environ 7 journées 1/2 de
voque un retard du développement végétatif, ce qui amène main d'0euvre par hectare et par an .
Fruits - Vol . 10, n0 3, 1955

aux Indes . La valeur relative de ces chiffres et l'indication pareil laticifère de la plante est formé de grands tubes
des journées de main-d'oeuvre correspondant aux prin- articulés provenant de cellules dont les parois trans-
cipaux travaux peuvent apporter d'intéressants rensei- versales se sont résorbées, reliés entre eux par de fines
gnements (Tableau I) . anastomoses et répartis dans les divers parenchymes .
On en trouve jusque dans le mésophylle foliaire et le
Exploitation du papayer en vue de la production de péricarpe du fruit, mais ils sont inexistants dans les
papaïne . racines .
Le fait que ces canaux laticifères soient répartis dans
La papaïne, sous sa forme commerciale, est un produit toute la plante laisse supposer que l'extraction du latex
sec, d'aspect grumeleux, allant du jaune crème au brun peut être réalisée en partant indifféremment des diverses
foncé, constitué par le « latex » séché du papayer . L'ap- parties : feuilles, fruits, tronc, pétioles . Des essais ont été

TABLEAU I

Coût d'une plantation de papayers de i hectare pendant un an .

Matériel Travaux
Total
Opérations pour les
°' du prix Main-d'ceuvre % du prix opérations
Article Quantité Travaux
de revient en journées de revient

I
i) Préparation Graines 56o gr 1,14 0, Semis 7,5 0 .42 0-"
des plants Pots pour Arrosage 30 1,68 00
graines 25 0,17 0i,
Pots pour plants 1 .750 3,95 00 Transplanta- 27,5 I~54 %
tion en pots
Paillis 0,o Couverture 0,14 0
1,42 2,5

Total pour la préparation des plants 6,68 % 3 , 78 % 10,46 %

2) Préparation Outillage Labour 5 0,28 0,%


du sol Valeur Zoo Nivellement 2,5 0 .14 0 ',
Amortissement Location
du 1,'4 2,36 0 „ bceuf 5 j o,56
Fumier 7,52 0 0 Trouaison 55 3,o8 °o
Aménagement
irrigation 50 2,8o °,,

Total pour la préparation du sol 9,88 °b 6,86 % 16,74

3) Transplanta- Transplanta-
tion sur le ter- tion 7,5 0 , 42 0,42
rain

4) Opérations
culturales
a) Irrigation Eau 40 fois 22,52 °, Irrigation 100 5,6o %
b) Sarclage Sarclage 250 14
c) Fumure S0, (NH 4 )2 618 kg 10,32 0,
Superphosphate 462 kg 10,32 °~ Application 15 0,84 0
fumure
NO 3 K 157 kg 6 .58 0,0
d) Protection Foin pour pail-
lage 0,94 % Protection 22 ,5 1,26 0,,

Total pour les opérations culturales 5o,68 % 2 1 ,70 % 7 2 ,38 %


Fruits - Vol . 10, no 3, 1955

effectués, notamment par BALLS et THOMPSON, en vue Des nombreux essais tentés, il ressort que la conserva-
de déterminer les possibilités d'extraction en prenant comme tion des qualités de la papaïne brute extraite des feuilles
matière première les fruits cueillis, d'une part, et les pé- n'est pas aussi bonne que celle du latex commercial séché .
tioles et les feuilles, d'autre part . Si l'obtention de l'enzyme de feuilles apparaît chimique-
Les résultats obtenus ont montré que la quantité d'en- ment praticable, la purification de la préparation est assez
zyme récupérable à partir du fruit par broyage et extrac- longue et coûteuse et ce procédé ne semble pas, dans les
tion, indépendamment des difficultés de récupération dues conditions actuelles, devoir remplacer le traditionnel mode
au pouvoir inhibiteur du jus, ne peut être beaucoup plus d'extraction par saignée .

La saignée .
Elle consiste à effectuer sur le fruit sur pied, à l'aide
d'un instrument tranchant, une série de fentes longitudi-
nale peu profondes (3 mm environ) n'intéressant que l'épi-
derme . Les canaux laticif ères sectionnés, le latex s'écoule et
peut être recueilli à la base du fruit . Pour cette récolte,
différents procédés peuvent être utilisés . Le plus générale-
ment employé est celui du « parasol » . Le latex étant corro-
sif, il estbon, dans tous les cas, d'éviter les projections,
notamment dans les yeux, et d'utiliser des gants de
caoutchouc .

Procédé dart parasol .

Il doit son nom à la forme du collecteur composé de


deux lattes de bois faisant un angle dont l'ouverture est
variable . Sur ces lattes sont fixées deux tiges d'osier
solides et souples formant deux demi-cercles . Ces tiges
d'osier peuvent être remplacées par une armature en gros
fil de fer galvanisé . Sur chaque demi-cercle ainsi formé
est tendue une toile solide qui peut être amovible . Chaque
latte est garnie d'une gaine de caoutchouc qui évite les
blessures du tronc et donne plus de prise au système . Les
Pic . ; . -Latex séché par courant d'air chaud . (PloIo Tisses,, I .F. A .C .) deux lattes sont retenues par un bâti en bois et un élas-
tique (généralement un morceau de chambre à air) . Sur
ce même principe, différentes modifications ont été appor-
importante que le double de la quantité obtenue par une tées (schémas I et II) .
seule saignée . L'examen microscopique du système latici- En plus de trois ou quatre parasols, l'opérateur est muni
fère des fruits confirma d'ailleurs que la quantité de latex, d'un inciseur constitué, soit par un couteau tranchant en
et par suite la quantité d'enzyme, restant dans le fruit os ou en aluminium, soit, bien que le fer risque de réagir
après la saignée est très faible .
Les feuilles, les tiges et l'écorce du papayer donnent toutes
un jus de presse contenant un enzyme dont l'activité
semble être la même pour les arbres mâles ou femelles,
jeunes ou vieux, et quel que soit l'âge des feuilles traitées .
La quantité d'enzyme, par contre, peut varier dans d'assez
fortes proportions . La méthode retenue pour l'extraction SCHÉMA . I . - Collecteur Parasol
de l'enzyme des jus de presse est la précipitation : précipi- (d' après PERb4ANNE .)

tation qui peut être obtenue soit par l'alcool, soit par le
sulfate d'ammonium .
L'enzyme peut être complètement précipité par addi-
tion de cinq volumes d'alcool à 90° . L'activité se détério-
rant rapidement en milieu alcoolique, il est indispensable de
filtrer immédiatement et de sécher, sous vide de préférence .
Avec SO 4 NH 4 , c'est l'addition au jus de deux volumes
de solution saturée qui a donné les meilleurs résultats, bien SCHEMA II. - Modifications .
que la précipitation ne soit pas complète et qu'il reste dans -'"il, La toile de protection est ra-
F„u~a„
et battue pour masquer le vide
le latex, après séchage, 5o ° , SO4NH4 , ce qui nécessite entre les lattes, (d'après
une purification . .
WALLACE)
Fruits - Vol . 10, no 3, 1955

Procédé « Matière Plastique » .

Cette technique, plus récente, a été mise au point à l'Ins-


titut de Rio Pedras à Porto-Rico et se serait révélée plus
économique que la première . Le parasol est remplacé par
un disque de matière plastique que l'on pique sous le fruit
à saigner . Les incisions sont réalisées avec un couteau en
plexiglas . Lorsque le suc du fruit saigné ne s'écoule plus,
l'opérateur passe, racle le latex coagulé sur le fruit, puis
sur le disque, et collecte le tout dans une boîte en Plexi-
glas sur le bord de laquelle une encoche de la forme du
couteau a été ménagée afin de permettre le grattage de
l'instrument de coupe .

Procédé « a la bassine » .

Le récipient, dans ce cas, est une bassine ou une cuvette


en émail sur trépied, déplacée au fur et à mesure de la ré-
colte . Longue et souvent peu pratique, cette technique est
à peu près abandonnée en culture industrielle .

Rendements .

Différents facteurs conditionnent les rendements en latex


frais et on a fait des observations sur l'influence de la taille
du fruit, de l'heure de la récolte, de la variété, du nombre
et de la fréquence des incisions .
C'est ainsi qu'il a été constaté que la « coulée » de latex
était faible par temps ensoleillé et sec, et plus abondante
par temps brumeux et frais . On a donc avantage à prati-
quer les saignées le matin, aux premières heures du jour
Frc. 4 . - Récolte du latex . Réalisation des incisions sur le fruit . et, si possible, par temps couvert .
(Pbn!o Tisseau I . F . A . C .) Les premières saignées débutent normalement 9 à 12
mois après la mise en place, lorsque les fruits sont arrivés
à la moitié de leur développement . Le diamètre atteint à
sur les tanins du latex en formant des composés noi- ce moment dépend essentiellement de la variété et doit
râtres qui souillent le produit, d'une lame de rasoir enchâs- être précisé dans chaque cas . L'exploitation peut être
sée dans un bouchon ou un morceau de caoutchouc et ne prolongée jusqu'à la maturité,
dépassant que des quelques millimètres nécessaires . Quel moment où le latex ne coule
que soit l'instrument choisi, fixé ou non au bout d'un bâton, plus .
l'incision devra toujours être peu profonde et très nette afin Des expériences faites sur la
d'éviter l'arrachement de particules d'épiderme qui se mé- récolte du latex, à une époque
langeraient au latex . Le matériel est complété par une donnée, par BALLS et THOM-
boîte en bois à couvercle coulissant et un racloir en PSON, semblent montrer, comme
bois . l'indique le tableau II, que le
L'opérateur place le premier parasol autour du tronc, poids de latex séché obtenu est
sous les fruits, et pratique les incisions dans les conditions une proportion à peu près cons-
qui seront examinées plus loin . Le latex s'écoule . Durant tante, sensiblement égale à o,1 o,',
ce temps le second parasol est mis en place sur l'arbre du poids du fruit frais, quelque
suivant et les incisions réalisées, puis on passe au troisième soit le poids de ces fruits et le
et au quatrième, suivant la rapidité de l'écoulement . On poids de latex frais récolté qui
revient ensuite au premier où le latex ne coule plus . On varie largement avec la dilution .
racle sur les toiles le produit exsudé qui est collecté dans
les boîtes en bois, et l'opération se poursuit suivant le
même plan . Le latex qui coagule sur le fruit après ramas- FIG . 6 . - Couteau en acier inoxydable
utilisé pour réaliser la saignée et latex
sage est raclé le lendemain et séché à part, car il est d'une
frais non coagulé venant d'être récolté .
qualité inférieure . (Pbolo Tisseau I.F .A .C .)
Fruits - Vol . 10, no 3, 1955

TABLEAU II

Latex obtenu pal' une saignée de Io à 12 incisions sur un seul fruit .

Poids du fruit Poids du latex frais Pourcentage latex frais Poids de latex séché Latex séché en % de
en grammes en grammes Poids du fruit (en grammes) de fruit frais

1 .150 7,5 0,65 1 ,35 0,12


1 .000 Io I 1,00 0,10
1 .565 5,2 0,3
733 5 .6 0 .77 0,73 0,10
1 .470 8 .6 0 .58 1,6 0,11
1 .225 5,I 0 .42 0,92 0,07

TABLEAU III

Latex de fruits de dillérentes tailles .

Poids du fruit Activité par coagula- Activité par digestion


Arbres Taille du fruit
(en grammes) lation du lait(*) de la caséïne (*)

Femelles grande (âgé) 2 .250 0,45 0,52


moyenne 500 0,43 o,68
petite (jeune) 50 0,12 0,56
Hermaphrodites grande (âgé) 2 .000 0,34 o,6o
moyenne 700 0,36 0,56
petite (jeune) 250 0,15 o,68

('`) A~nir ; ;u <~hahitrt • de ~loa e cte 1 t p1Jm11

TABLEAU IV

Production de papaïne sèche (en grainanes) .

Blocs 3 incisions 8 incisions 3 incisions 8 incisions


Total par bloc
2 fois par semaine 2 fois par semaine i fois par semaine i fois par semaine

I 40,55 74,87 33,29 42,16 190,87


2 68,79 87,11 30,26 52,82 238,98
3 81,66 124,12 54,03 46,90 3o6,7I
4 54,72 22,95 29,32 25,63 132,62
5 31,11 57,25 20,65 43,92 152,93
6 24,67 33,61 11 .24 42,50 112,02

Traitement total 301,50 399 .91 1 78,79 293-93 1 .134,13

Production
moyenne 50,25 66 .65 29,79 42,32 189,02
Fruits - Vol . 10, no 3, 1955

Production : 265 x io = 2 .650 kg de papaïne pour


quatre ans .
Prix de revient départ plantation
364 .500 : 2 .650 = 138,11 de 140 F . belges le kg de
papaïne .
La papaïne était à ce moment vendue suivant la qualité,
de 200 à 250 F . belges . le kg départ .
Sans être strictement applicables à tous les cas, ces
chiffres peuvent constituer d'intéressantes données de base .
L'influence de la variété sur les rendements ne semble
pas avoir fait l'objet d'études et l'on ne trouve que peu de
renseignements sur cette question .
BALLS et T HOMPSON ont cherché à mettre en évidence
l'influence de la taille du fruit sur l'activité du latex . Les ré-
sultats sont donnés dans le tableau III . Pour le test par coa-
gulation du lait, il semble que le latex des petits fruits soit
beaucoup moins actif que le latex des gros fruits . Pour
l'activité basée sur la digestion de la caséine, on constate
peu de différence .
Le nombre et la fréquence des incisions à effectuer ont
été étudiés par CHARAVANAPAVAN à la station du Pa-
radeniya . L'essai, conçu pour être analysé statistiquement,
comportait six blocs de quatre parcelles à trois arbres cha-
cune . Quatre systèmes d'incisions y furent comparés pen-
dant huit semaines

3 incisions 2 fois par semaine


3 incisions i fois par semaine
8 incisions 2 fois par semaine
8 incisions i fois par semaine

Les résultats donnés dans le tableau IV et analysés sta-


tistiquement permettent de conclure que le groupe des in-
cisions deux fois par semaine donne des rendements supé-
rieurs . Toutefois, la pratique des huit incisions ne procure
pas une augmentation substantielle et il est préférable,
pour permettre une plus longue exploitation du fruit, et
en raison du peu de place libre pour effectuer les incisions
sur le fruit, d'en limiter le nombre à trois . Ainsi, trois inci-
sions renouvelées deux fois par semaine semblent, compte
tenu des possibilités, être la meilleure pratique .
Le papayer, selon les cas, est susceptible de vivre 6 à
7 ans . L'exploitation pourrait être poursuivie pendant ce
temps . Toutefois, il a été constaté qu'en raison des baisses
de rendement et des difficultés d'extraction, notamment
lorsque les fruits sont trop hauts, l'exploitation n'est ren-
table que durant les trois premières années. PERMANNE
évalue la répartition des rendements à l'ha comme suit

I1e année . . . . 20 à 25 kg de papaïne sèche


2e année go à I1o kg de papaïne sèche FIG . j . - Fruit incisé et détail de l'incision . (Photo Tisseaa I .F .A .C .)
3e année 6o à 9o kg de papaïne sèche
4e année 30 à 4o kg de papaïne sèche
5e année plus ou moins de 2o kg de papaïne sèche . Les rendements donnés pour les différents pays produc-
teurs : Australie, Inde, Afrique du Sud, Tanganyika, Congo
La récolte diminue fortement la troisième année et de- belge, sont extrêmement variables . Il semble, et ce sont
vient trop faible la quatrième année pour être économi- les chiffres donnés pour le Congo belge, que l'on puisse
quement considérée . compter sur une production moyenne annuelle, calculée
Fruits - Vol . 10, no 3, 1955

perdre au séchage 4/5 de son poids pour pouvoir être con-


servé dans de bonnes conditions .
Trois procédés peuvent être utilisés pour le séchage
- au soleil,
- par four à air chaud,
- sous vide .
Le procédé de séchage sous vide étudié en laboratoire
ne paraît pas jusqu'alors avoir été utilisé industriellement .
Le séchage au soleil, qui, dans les conditions d'expéri-
mentation choisies par HINKEL, semble donner des résul-
tats satisfaisants, est cependant de plus en plus délaissé,
en raison de la précarité des conditions nécessaires à la
réalisation d'un bon séchage . Les produits obtenus par cette
méthode seraient en général brun noir au lieu d'être blanc
crème et ne conserveraient qu'une activité faible .
La méthode la plus couramment utilisée, et qui paraît
donner de bons résultats, est le séchage par air chaud . Il
existe, et l'on peut imaginer, un grand nombre de modèles
de séchoirs, mais ils se ramènent en général à deux types
séchoir fermé et séchoir ouvert .

Séchoir fermé.
Le simple bâti, où est prévu l'accrochage de toiles
(schéma III), placé dans le four d'une cuisinière, ou les
séchoirs industriels modernes peuvent être envisagés . On
aura, dans ce système, presque toujours un foyer et une
chambre de chauffe où les claies sont superposées dans une
enceinte close . L'emploi de ce genre de four est en général
estimé onéreux, les résultats obtenus étant considérés
comme inférieurs à ceux donnés par les séchoirs de type
ouvert .
FIG . - Fruits saignés sur pied . (Photo Tisseau I . F . A . C .)

Séchoir ouvert.
sur une période d'exploitation de cinq ans, de 50 à 7o kg Ils sont toujours basés sur le principe d'un courant d'air
de suc sec en adoptant une densité de 2 .000 plants à l'ha . chaud traversant le produit à sécher, mais il n'est employé
dans ce cas qu'une aire de séchage, sur un seul plan, à l'air
Séchage du latex . libre .
Le type le plus simple et le plus couramment utilisé est
Le latex frais récolté doit être séché ; mais il est préfé- le four à carneau (schéma IV) qui peut être aménagé
rable, avant tout traitement, de tamiser le produit récolté, de façon très rustique et est, dans ce cas, de construction
afin d'en éliminer les impuretés. On pourra utiliser un tamis économique mais de rendement faible, ou construit en ma-
à mailles de 3 à 4 mm, à la condition qu'il ne soit pas en çonnerie, modèle plus durable, d'exploitation moins oné-
fer . Contenant environ 85 O/ d'eau, le latex frais doit reuse mais demandant des frais d'investissement supé-
rieurs .
Quel que soit le mode de séchage adopté, la température
Cheminée
à laquelle est soumis le latex ne doit pas être trop élevée
et ne doit pas dépasser 60° ; le temps d'exposition, va-
riant selon la température ambiante et les conditions de
Aire de séchage séchage doit être le plus court possible .
t 1 1 t w~.-.-

À~îJi
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J
Carneau

X #

SCHÉMA III. - Bâti avec


SCHÉMA IV . - Schéma d'un type rudimentaire de four à carreau toile pour séchage au four
(WALLACE) . à air chaud .
Fruits - Vol . 10, n0 3, 193J

FIG . S . - A droite, fruit avant son plein développement . A gauche,


fruit it nti-développement, stade auquel peuvent être commencées les
saignées . (Photo Tisseau I . F . A . C .)

Main-d'ceuvre (2,5 hommes par ha) 238 .800 fr .


Amortissement
Plantation 37 .500
Séchoir 3 .000
Outillage (6o F. belges par homme et par an)
6o x 4 x 25 = 6 .ooo
Emballage et combustible
300 touques de i8 litres
3o kg de paraffine ~
150 caisses 20 .000
265 stères de bois
Frais généraux et divers 6o .ooo
Total des dépenses pendant quatre ans . . . . 364 .500

L . HAENDLER
Emballage et stockage de la papaïne . Ingénieur te chnologue
Station centrale de Guinée
Après le séchage, qui doit donner un produit blanc cré- I . F. A . C .
meux, grumeleux, non collant, la papaïne doit être embal-
lée le plus rapidement possible .
Les emballages utilisés sont : soit la caisse doublée ou
le papier d'aluminium entouré de papier paraffiné, soit,
et ce sont les plus couramment employés, les boîtes, les
bidons, les « touques » ou les « tines » de fer-blanc entière-
ment paraffinés . Il est préférable d'utiliser des emballages
hermétiques qui pourront être scellés sous vide ou en
atmosphère de gaz inerte, car la papaïne se « conserve »
mal et tous les auteurs s'accordent à dire qu'au bout de
quelques mois de stockage la moitié du pouvoir protéoly-
tique de l'enzyme est perdu .
Malgré les précautions que l'on peut prendre, la papaïne
devra être commercialisée le plus rapidement possible afin
d'éviter un stockage prolongé .

Rentabilité d'une plantation .

Il est difficile et délicat d'établir l'économie générale


d'une exploitation de papayers en vue de la production de
papaïne . Elle dépend en grande partie des conditions locales
de main-d'eeuvre et de végétation, de la technique d'exploi-
tation, et est fortement soumise aux fluctuations et à l'ins-
tabilité du marché .
PERMANNE, dans les conditions particulières du Congo
belge, en i95o, et pour quatre ans, donne pour une plan-
tation de io ha ., les chiffres suivants, exprimés en francs
belges

FIG . 9 . -Papayer Richbonig de quatre ans Les fruits, trop hauts, ne


peuvent être exploités de façon rentable . (Photo Tisseau 1 .F .A .C .)

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