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Hypertension Artérielle

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1

Hypertension artérielle
pathologie cardiovasculaire définie par une pression artérielle trop élevée

Pour les articles homonymes, voir HTA.


L’hypertension artérielle (HTA) persistante est une pathologie
cardiovasculaire définie par une pression artérielle trop élevée.
Souvent multifactorielle, l'HTA peut être aiguë ou chronique, avec ou sans
signes de gravité. On parle communément d'hypertension artérielle pour
une pression artérielle systolique supérieure à 140 mmHg et une pression
artérielle diastolique supérieure à 90 mmHg.

Définitionmodifier
La pression artérielle doit être mesurée plus d'une fois, en position assise ou allongée, après
5 à 10 minutes de repos. Le médecin mesure deux pressions :

 la pression artérielle systolique ou PAS qui reflète la pression lors de la contraction du ventricule
gauche (systole), ainsi que les résistances vasculaires périphériques ;
 la pression artérielle diastolique ou PAD.

Une pression artérielle moyenne se calcule à partir des deux premiers.


Pour parler d'hypertension artérielle (HTA), la mesure doit être confirmée lors de trois
consultations médicales sur une période de 3 à 6 mois, sauf en cas d'HTA sévère, où l'on
considère en France que deux consultations sur une période de quelques jours suffisent.
Les mesures s'expriment en centimètres ou en millimètres de mercure (Hg). La tension
artérielle est considérée comme précédant une hypertension artérielle pour des valeurs de la
pression artérielle systolique comprises entre 120 et 139 mmHg et/ou de la pression artérielle
diastolique comprises entre 80 et 89 mmHg[1].
La notion d'hypertension artérielle limite n'existe plus.

 Si des valeurs augmentées ne sont retrouvées qu'occasionnellement, on parle alors d'HTA labile qui
ne nécessite alors qu'une simple surveillance, éventuellement accompagnée de mesures hygiéno-
diététiques.
 On parle d'effet « blouse blanche » si la tension est élevée au cabinet du médecin et normale dans la
vie de tous les jours. Cette augmentation de la pression est secondaire au stress de la consultation et
n'est pas anormale. Cet effet concernerait près d'un quart des patients diagnostiqués comme
hypertendus[2].
 Au contraire, on parle d'HTA masquée lorsque les chiffres tensionnels sont normaux au cabinet du
médecin et qu'ils sont élevés autrement.

Cette définition de l'hypertension artérielle repose en fait sur le rapport bénéfice/risque d'un
traitement et ne reflète pas la normalité d'une valeur au point de vue statistique. Elle a varié
dans le temps, les chiffres à atteindre tendant à diminuer. Par exemple, les recommandations
américaines de 2017 définissent l'HTA par une valeur supérieure à 130/80 mmHg[3].
L'hypertension artérielle n'est donc pas une maladie mais représente un facteur de risque qui,
s'il est traité, permet d'éviter, dans une certaine mesure, des complications.
2

Le risque augmente avec l'élévation de la tension artérielle et il est souhaitable d'avoir des
chiffres tensionnels le plus bas possible. Cependant, l'Organisation mondiale de la santé
(OMS) a fixé des seuils, en tenant compte à la fois des risques tensionnels et des
inconvénients liés aux traitements. La dernière révision définissant les seuils ci-dessous a été
effectuée en 1999 par un groupe de travail réuni sous l'égide de l'OMS et de l’International
Society of Hypertension (WHO-ISH) : ces conclusions ont été critiquées en raison de conflits
d'intérêts avec des firmes commercialisant des anti-hypertenseurs[4].
Une tension est donc considérée comme normale :

 si la pression artérielle systolique est inférieure à 140 millimètres de mercure


(Hg) (130 mmHg d'après les recommandations américaines) ;
 et si la pression artérielle diastolique est inférieure à 90 millimètres de Hg (80
mmHg d'après les recommandations américaines).

Chiffres limites des différents


niveaux d'hypertension

Pression systo Pression diast


lique olique

HTA
sév > 180 mmHg > 110 mmHg
ère

HTA
stad > 160 mmHg > 100 mmHg
e2

HTA
> 140 et > 90 et
stad
≤ 159 mmHg ≤ 99 mmHg
e1

pré
> 120 et > 80 et
HTA[
1] ≤ 139 mmHg ≤ 89 mmHg

Des niveaux de tension plus bas pourraient être théoriquement visés afin
de diminuer encore plus le risque de complication. L'intérêt n'est pour
l'instant pas démontré :

 chez les personnes âgées : une revue systématique Cochrane sur trois études
(8 221 participants, moyenne d'âge 74,8 ans) n'a pour l'instant pas montré de
bénéfices en matière de mortalité, d'accident vasculaire cérébral (AVC), et
3

d'évènements cardiovasculaires indésirables graves, de viser une pression


artérielle cible de moins de 140/90 mmHg par rapport à une cible de moins de
160-150/105-95 mmHg[5] ;
 chez les personnes avec une hypertension et des antécédents cardiovasculaires :
une revue Cochrane portant sur 6 études (9484 participants, suivi moyen de 3.7
ans) n'a pas montré de différence en matière de mortalité, d'évènements
indésirables graves et d'évènements cardio-vasculaires de viser une pression
artérielle inférieure à 135/85 mmHg par rapport à une cible de 140-160/90-100
mmHg[6].

Il faut distinguer les critères statistiques purement descriptifs des seuils


utiles d'intervention, seuils à partir desquels il y a un intérêt pour les
patients d'instaurer un traitement. Ainsi en se fondant sur les résultats
d'essais cliniques de bonne qualité méthodologique, il y a indication de
traiter l'hypertension artérielle pour des valeurs supérieures
à 160⁄95 mmHg en l'absence d'autre facteur de risque ou de complications, et
à 140⁄80 mmHg chez les patients diabétiques et/ou après accident vasculaire
cérébral. Le concept de pré-hypertension est inutile aux soins [4].
Une hypertension est dite « résistante » si elle reste élevée malgré
l'administration concomitante de trois médicaments anti-hypertenseurs
dont un diurétique de type thiazidique. Elle concernerait de 20 à 30 % des
HTA[7]

Épidémiologiemodifier
Les statistiques exhaustives sont difficiles à produire, car elles concernent essentiellement des
patients traités, mais on parle parfois d'une épidémie à propos de l'augmentation du nombre de
personnes victimes d'hypertension[8], probablement due à notre alimentation, à des modes de
vie plus sédentaires, et à une exposition (de court terme, et/ou chronique[9]) à un air
pollué[10] (notamment dans les villes[11] et dans les zones de forte pollution de l'air[12]).
Dans le mondemodifier
En 2000, on estime à environ 26,4 % la proportion d'hypertendus (26,6 % des hommes et
26,1 % des femmes) et 29,2 % devraient être atteintes d'ici 2025 (29 % des hommes et 29,5 %
des femmes). Parmi les 972 millions d'adultes hypertendus, 333 millions, soit 34,3 %,
proviennent des pays « développés », et 639 millions, soit 65,7 %, sont issus des pays « en
développement ». Le nombre d'adultes hypertendus d'ici 2025 pourrait augmenter de 60 % et
atteindre 1,56 milliard[13].
L'hypertension artérielle serait responsable d'un peu moins de 8 millions de décès par an dans
le monde et près de 100 millions de jours d'invalidité[14]. Elle serait la cause de près de la
moitié des accidents vasculaires cérébraux et des accidents cardiaques.
En Francemodifier
Une enquête nationale menée au début des années 2000 fait apparaître que 'hypertension
artérielle concernerait 10 à 15 % de la population française (8 millions de personnes traités
pour un coût de 3 milliards d'euros, probablement 14 millions de malades)[15]. Le chiffre a
tendance à croître, passant de 8,6 à 10,5 millions de personnes traitées entre 2000 et 2006[16],
posant ainsi un problème de santé publique. La prise en charge a coûté près de 2,3 milliards
d'euros en 2006, rien que pour les médicaments antihypertenseurs. Le coût double si on tient
compte des autres traitements donnés pour réduire les facteurs de risque. Il correspond dans ce
4

cas à environ 420 € par an et par patient traité. Les données 2020 font apparaître que l'HTA
touche près de 30 % de la population française et près d'une personne sur deux entre 30 et
70 ans. Environ 11 millions de Français prennent un traitement antihypertenseur[17].
Au Canadamodifier
En 2006-2007, 22,7 % des adultes de plus de 20 ans souffraient d'hypertension artérielle
diagnostiquée. La proportion de personnes âgées de 60 ans et plus qui prennent des
médicaments antihypertenseurs s'établit à 46 % pour les femmes et 38 % pour les hommes.
Plus de 4 millions d'ordonnances d'antihypertenseurs sont émises mensuellement. Les coûts
associés à l'hypertension, consistant en consultations médicales, médicaments et analyses de
laboratoire, se sont élevés à 2,3 milliards de $ CAN en 2003[18].

Techniques de mesuremodifier
Article détaillé : Pression artérielle.

La mesure de la pression artérielle se fait à l'aide d'un tensiomètre manuel (au stéthoscope) ou
automatique. Elle doit être faite au repos, en position assise ou allongée. Elle doit être répétée
du fait de la variabilité tensionnelle et doit être faite au moins une fois aux deux bras pour
vérifier l'absence d'asymétrie tensionnelle.
Elle est mesurée au bras mais les tensiomètres automatiques sont de plus en plus conçus pour
une mesure au poignet (simplicité de mise en place). Elle peut être faite également si besoin
au niveau d'une jambe (mollet). La taille du brassard doit être adaptée avec celle du bras
(brassard large pour les personnes obèses à gros bras).
Elle peut être faite au cabinet du médecin, ou au domicile du patient. Les systèmes
d'automesures automatisée (tensiomètre électronique) permettent que les mesures soient faites
par le patient lui-même à son domicile.
Le MAPA est un système permettant une prise de pression artérielle répétée et son
enregistrement sur 24 h.
Toutes les prises de tension s'accompagnent de la mesure de la fréquence cardiaque, faite de
manière automatique par les systèmes électroniques.

Causesmodifier

afficherCette section ne cite pas suffisamment ses sources (février 2021).

Dans 95 % des cas, l'hypertension artérielle est dite essentielle : aucune cause précise ne peut
être retrouvée dans ce cas mais il est admis qu'elle trouve sa source « dans des facteurs
génétiques héréditaires et des éléments liés au mode de vie »[17] tels qu'une consommation
élevée de sel et/ou d'alcool, une propension à la sédentarité, une surcharge pondérale.
Dans 5 % des cas, l'hypertension artérielle est secondaire : plusieurs causes peuvent être à
l'origine d'une hypertension, certaines étant curables de façon définitive (consommation de
réglisse ou d'alcool excessive, consommation de cocaïne, contraception orale
oestroprogestative, prise au long cours de certains médicaments, notamment).
Après la découverte d'une hypertension artérielle, un bilan est recommandé dans le but de
détecter une éventuelle cause secondaire, particulièrement chez les personnes jeunes et plus
encore chez les femmes, l'HTA présentant des risques importants en cas de grossesse[17].
5

Si aucune cause secondaire n'est découverte, une reprise de l'enquête étiologique est effectuée
si l'hypertension persiste malgré la prise de trois antihypertenseurs dont un diurétique.

Hypertension artérielle essentiellemodifier


L'élévation de la pression artérielle systolique au cours du vieillissement
s'explique par la diminution de la compliance des parois artérielles
(rigidification des parois), avec augmentation du rapport
collagène/élastine et fragmentation de l'élastine d'autant plus importante
qu'il existe une athérosclérose associée[19]. L'élastine confère aux parois
artérielles leur élasticité qui a pour principale propriété de diminuer le
travail du cœur. Pour que le débit sanguin périphérique reste identique le
cœur augmente progressivement la force de ses contractions avec l'âge.
Facteurs de risquemodifier
Dans la grande majorité des cas, le mécanisme précis de l'HTA reste
inconnu. On peut cependant déterminer un certain nombre de
circonstances associées statistiquement à l'HTA. C'est ce qu'on appelle
un facteur de risque. Ce terme implique que le lien de causalité n'est pas
systématique (risque statistiquement établi). La coexistence fréquente de
plusieurs de ces facteurs chez le même patient, en fait une maladie
multifactorielle.
Non modifiablesmodifier
Âgemodifier
Chez les personnes qui ont une alimentation de type occidental, la
pression artérielle augmente avec l'âge[20],[21]. Cette augmentation est
continue pour la systolique, alors que la diastolique s'abaisse après la
soixantaine, probablement par un mécanisme de rigidification des artères.
Ainsi, moins de 2 % des sujets de moins de 20 ans sont hypertendus, alors
qu'ils sont plus de 40 % après 60 ans.
Sexemodifier
Avant la ménopause, les hormones féminines représentent un facteur
protecteur face au risque cardiovasculaire. Après la ménopause, la courbe
du risque cardiovasculaire des femmes rejoint progressivement celle des
hommes de même âge et de même corpulence[17].
Héréditémodifier
Il existe un déterminisme génétique de l'hypertension artérielle
essentielle, dont la nature composite a été mise en évidence. Dans
certains cas très rares, l'HTA peut être secondaire à une maladie
héréditaire transmissible qui touche plusieurs générations comme
la polykystose rénale, la maladie de Liddle ou le syndrome de Conn[17].
Modifiablesmodifier
Alimentation

Excès d'apport en sel

Le facteur le plus étudié a été la consommation de sel alimentaire (NaCl)


dont l'importance pourrait, sinon déclencher, du moins entretenir une HTA.
6

L'excès de sel serait responsable de 25 000 décès par an en France


(75 000 accidents cardiovasculaires)[22]. L'ion sodium (Na+) jouerait un rôle
essentiel dans la sensibilité au sel des hypertendus.
Le rapport sodium/potassium pourrait constituer un facteur déterminant.
En tout cas la réduction de la consommation de chlorure de sodium (de 30
à 35 % sur 30 ans) en Finlande semble bien un facteur majeur de la baisse
de plus de 1 point de la pression artérielle moyenne de la population, et
par là de la chute de plus de 75 % de la mortalité cardiovasculaire chez les
personnes de moins de 65 ans, et de l'augmentation de l'espérance de
vie de 6 à 7 ans[réf. nécessaire]. D'autres auteurs attribuent un rôle tout aussi
important à l'ion chlore (Cl-) ou même, dans certaines formes
d'hypertension, à l'ion calcium (Ca++).
La manière dont le sel agit sur l'hypertension est restée longtemps
incomprise. Il existe un lien entre consommation de sel et
dysfonctionnement des systèmes de régulation dermique de l'eau et de la
pression artérielle[23].
L'excès de sel est stocké dans l'interstitium cutané (tissu situé entre les
cellules dans la peau), dans un processus contrôlé par certains globules
blancs (macrophages). Dans les macrophages concernés, des
« commutateurs génétiques » particuliers existent. Ces commutateurs
sont des protéines régulant la transcription d'un gène et contrôlant ainsi le
niveau d'expression d'une autre protéine. Ils sont dits « TonEBP »
(tonicity-responsible enhancer binding protein) et s'avèrent activés par
l'augmentation du taux de sel dans l'organisme. Ils « réveillent » alors un
gène (VEGF-C- vascular endothelial growth factor C) régulant la formation
de vaisseaux lymphatiques. Ce faisant ils affectent le système
lymphatique qui est impliqué dans la défense immunitaire, le système
hormonal, le transport de liquides et la circulation sanguine. Si le système
lymphatique ne suffit pas à évacuer le sel, ce dernier est accumulé dans
l’interstitium où il déséquilibre les échanges osmotiques et cellulaires
d'ions sodium et potassium, entre l'intérieur et l'extérieur des cellules. Les
cellules contiennent alors un excès d'ions sodium et dysfonctionnent en
augmentant la pression sanguine[23]. Ceci explique l'augmentation de la
densité et de l'hyperplasie du réseau lymphatique qui accompagne l'excès
de sel alimentaire.
Une diminution du nombre des macrophages ou la désactivation du
récepteur du gène VEGF induisent une moindre mobilisation du sel stocké
dans la peau et induit aussi une hypertension [23].

Autres

 La consommation chronique d'alcool entraîne un accroissement du niveau


tensionnel. Les grands buveurs (alcooliques) ont une élévation de la pression
systolique de plus de 10 mmHg, en moyenne, par rapport aux non-buveurs.
 La consommation d'acides gras poly-insaturés a une relation inverse avec le
niveau tensionnel.
7

 La consommation de café s'accompagne d'une augmentation de la tension mais


l'effet est minime du fait du développement d'une tolérance à la caféine.
 La consommation excessive de réglisse (voir intoxication par la glycyrrhizine plus
bas).
 L'extrait de Stevia est un antihypertenseur classé en tant que complément
alimentaire[24].

Poidsmodifier
Il existe une forte corrélation entre l'indice de masse corporelle (indice
de surcharge pondérale, rapportant le poids à la taille) et le niveau
tensionnel. [réf. nécessaire]
À l'opposé, un régime hypocalorique chez un obèse hypertendu
s'accompagne d'une baisse de la tension.
Stressmodifier
Il y a de nombreuses preuves qui relient le stress à l'hypertension et
aux maladies cardiovasculaires[25],[26].
Diabètemodifier
Les sujets diabétiques de type 2 ont, en moyenne, une tension artérielle
plus élevée que dans le reste de la population.
Effort physique et sédentaritémodifier
L'augmentation des chiffres tensionnels à l'effort constitue une réaction
physiologique aiguë tout à fait normale.
A contrario, l'effet chronique d'un entraînement physique adapté
s'accompagne généralement d'un abaissement de la pression artérielle au
repos. Une pression artérielle plus basse chez le sujet entraîné par rapport
au sujet sédentaire est généralement constatée.
Qualité de l'airmodifier
L'exposition aux particules en suspension, dans le cadre de la
campagne pollution de l'air intérieur, tout particulièrement pour
des personnes âgées, et à court comme à moyen ou long terme,
augmente significativement le risque d'hypertension [27]. Des expériences
de filtration d'air intérieur (PM10 et PM2.5) par filtre HEPA ont montré que
chez des personnes âgées cardiaques vivant dans une grande ville typique
des États-Unis, une amélioration significative de la tension est constatée
rien qu'après 3 jours de filtration de leur air intérieur[27].
Autres facteursmodifier
Les troubles du sommeil : les sujets ronfleurs sont deux fois plus souvent
hypertendus que les non-ronfleurs. Le syndrome d'apnées du sommeil est
souvent associé à l'hypertension artérielle mais les rapports entre les deux
pathologies sont imparfaitement élucidées. Il ressort cependant que des
apnées du sommeil très fréquentes peuvent entraîner une augmentation
de la pression artérielle, les microréveils s'accompagnant d'une
stimulation importante du système nerveux[17
8

Hypertension artérielle secondairemodifier


Origine rénalemodifier

 Sténose de l'artère rénale, par athérome ou fibrose : il s'ensuit une hypoperfusion


du parenchyme rénal du côté atteint, avec, pour conséquence, une augmentation
d'activité du système rénine – angiotensine – aldostérone, provoquant une
rétention d'eau et de sel ainsi qu'une vasoconstriction des artères.
 Insuffisance rénale chronique, secondaire à une polykystose rénale,
une glomérulonéphrite, etc.

Origine surrénaliennemodifier

 Le phéochromocytome. Il s'agit d'une tumeur sécrétant en excès


des catécholamines. Ces substances augmentent la fréquence cardiaque, la force
de contraction du cœur et entraînent une vasoconstriction des artères, ces trois
éléments provoquant une hausse des chiffres tensionnels. La tumeur, le plus
souvent surrénalienne, peut cependant avoir d'autres localisations. Les
symptômes associent, aux poussées tensionnelles, des maux de tête, des sueurs
et des palpitations. Le diagnostic est possible par le dosage biologique des
dérivés des catécholamines, notamment l'acide vanylmandélique, dans
le sang ou dans les urines. Le scanner surrénalien ou la scintigraphie permettent
de situer la tumeur (diagnostic topographique).
 Le syndrome de Cushing (par tumeur ou par hyperplasie bilatérale des
surrénales) entraîne une sécrétion importante de cortisol ou de ses dérivées. Les
signes sont en général évocateurs : érythrose (rougeur) du visage, etc.
 Le syndrome de Conn entraîne une sécrétion de l'aldostérone en excès,
provoquant une rétention d'eau consécutive à une rétention de sodium, et une
fuite de potassium. L'élément orientant le diagnostic est la constatation
d'une hypokaliémie (baisse du taux de potassium dans le sang).
Cet hyperaldostéronisme, dosable dans le sang et dans les urines, est
dit primaire car il n'est pas dû à l'augmentation de la rénine (taux normal ou bas
de cette dernière dans le sang). Il s'oppose aux hyperaldostéronismes
secondaires (aldostérone et rénine élevées) comme on le voit en cas de sténose
d'une artère rénale.

Coarctation aortiquemodifier
Le rétrécissement congénital (de naissance) de la jonction
entre aorte horizontale et aorte descendante (isthme aortique) entraîne :

 une augmentation de la pression artérielle en amont du rétrécissement, en


particulier au niveau des deux bras ;
 une diminution de la pression artérielle en aval, se manifestant par
des pouls fémoraux difficilement ou non perceptibles.

Ce diagnostic est à évoquer systématiquement devant toute hypertension


de l'enfant.
Hypertension artérielle gravidiquemodifier
Article détaillé : hypertension artérielle gravidique.
9

L'hypertension artérielle, apparaissant chez une femme enceinte est


appelée hypertension artérielle gravidique. Le mécanisme précis n'est pas
élucidé mais fait appel à des phénomènes hormonaux et
probablement immuno-allergique.
Une hypertension artérielle gravidique doit être diagnostiquée le plus tôt
possible pour être traitée efficacement. Elle apparaît habituellement après
la 20e semaine de grossesse. Elle est due à une insuffisance placentaire [28].

Origines toxiquesmodifier

 La glycyrrhizine ou licorice provient de la racine de la réglisse. Elle agit sur


l'inhibition d'une enzyme, la 11β-hydroxystéroïde deshydrogénase (type 2),
normalement présente au niveau de certaines cellules du rein pour métaboliser
le cortisol en cortisone afin de laisser l'aldostérone réguler la réabsorption de
sodium sur son récepteur (le récepteur des minéralocorticoïdes). En inactivant
l'action de la 11β-hydroxystéroïde déshydrogénase (type 2), la licorice permet
l'activation permanente du récepteur de l'aldostérone par le cortisol, et ainsi une
réabsorption non régulée de sodium. L'excès de licorice reproduit le tableau
d'un adénome de Conn. L'intoxication est secondaire à la consommation
abondante (supérieure à un gramme par jour de glycyrrhizine) de boissons à
base de réglisse (pour la plupart des pastis sans alcool) ou de produits solides
(bâtons de réglisse, etc.).
 Un saturnisme discret peut être cause d'hypertension. Il y a corrélation entre le
risque d'hypertension et la teneur en plomb de la rotule, mesurée in situ
par fluorescence X[29].

Autres causesmodifier

 Endocriniennes : hyperthyroïdie, hypothyroïdie, acromégalie, hyperparathyroïdie


et les causes surrénaliennes déjà citées ci-dessus.
 Médicamenteuses : corticothérapie et hormones.
 Une tumeur cérébrale ou un accident vasculaire cérébral.

Symptomatologie cliniquemodifier
De nombreux hypertendus ne présentent aucun symptôme et l'hypertension est alors une
découverte d'examen systématique ou de consultation motivée par autre chose.
Dans certains cas, des symptômes peuvent traduire la répercussion de l'élévation de la tension
sur l'organisme. Bien que non spécifiques, les principaux symptômes pouvant être rencontrés
lors d'une hypertension sont :

 des céphalées (maux de tête) : elles sont surtout caractéristiques d'une hypertension grave. Elles
sont classiquement présentes dès le matin, dans la région occipitale (nuque et au-dessus) ;
 des acouphènes (sifflements auditifs), des phosphènes (perception de points lumineux) ;
 des vertiges ;
10

 des palpitations (sensation d'augmentation du rythme cardiaque) ;


 une asthénie (sensation de fatigue) ;
 une dyspnée (difficultés à respirer) ;
 une épistaxis (saignements de nez) ;
 une hématurie (présence de sang dans les urines).

Des signes peuvent être caractéristiques d'une affection causale (Maladie de


Cushing, phéochromocytome, etc.), par exemple : céphalées (maux de
tête), sueurs, palpitations dans le phéochromocytome.
Dans d'autres cas, les symptômes rencontrés sont la conséquence d'une complication.

Complicationsmodifier
Si l'hypertension artérielle n'est pas maîtrisée par un traitement, des complications peuvent
survenir. Il est important de préciser que l'hypertension elle-même n'est pas une maladie : elle
n'est qu'un facteur favorisant. En d'autres termes, son existence n'est ni nécessaire ni suffisante
pour voir les maladies se développer chez l'individu.
À l'échelle d'une population, l'hypertension est un enjeu de santé publique majeur. À l'échelle
d'un individu, elle n'a qu'une valeur prédictive assez faible sur le développement de problèmes
vasculaires.
Elles peuvent être :

 la conséquence « mécanique » de la pression artérielle augmentée sur les vaisseaux (rupture de ces
derniers avec hémorragies) ;
 la conséquence « mécanique » sur la pompe cardiaque travaillant à hautes pressions pendant
longtemps ;
 la conséquence de la participation à la formation ou à la croissance de l'athérome, obstruant plus ou
moins progressivement les artères.

Elles sont surtout cardiaques, neurologiques et rénales.


Complications cardiaquesmodifier
Le surcroît de travail imposé au cœur du fait de l'augmentation de la pression artérielle
entraîne une hypertrophie (augmentation du volume) ventriculaire gauche très précocement,
pouvant être détectée par l'électrocardiographie (ECG) ou l'échographie cardiaque. Cette
hypertrophie peut régresser sous un traitement antihypertenseur.
Plus tardivement, les cavités cardiaques se dilatent et la fonction contractile
du myocarde (muscle cardiaque) se détériore, faisant apparaître alors les signes d'insuffisance
cardiaque.
Par ailleurs, l'atteinte athéroscléreuse des coronaires ainsi que les besoins accrus en oxygène
d'un cœur hypertrophié expliquent la survenue fréquente d'une insuffisance coronaire chez les
hypertendus.
11

L'HTA facilite la formation de plaque d'athérome, qui lorsqu'elle est rompue forme un
thrombus (caillot) qui peut venir se loger au niveau d'un coronaire. Le coronaire va alors être
bouché et la zone cardiaque normalement irriguée par celui-ci va petit à petit nécroser : c'est
l'infarctus du myocarde

Complications neurologiquesmodifier
Des modifications rétiniennes peuvent être observées au fond d'œil, ce qui
permet de suivre l'atteinte vasculaire liée à l'hypertension : spasmes,
rétrécissement des artérioles, apparition d'exsudats ou d'hémorragies,
d'œdème papillaire, etc.
Une atteinte du système nerveux central est fréquente. Elle se manifeste
en particulier par la survenue possible :

 d'un accident vasculaire cérébral hémorragique, par rupture d'un vaisseau


cérébral, ou ischémique par obstruction d'une artère par de l'athérome ou par
un thrombus (conséquence de la rupture d'une plaque d'athérome). Selon l'OMS,
un hypertendu a 2 à 3 fois plus de chances d'avoir un AVC ;
 d'une encéphalopathie hypertensive (hypertension sévère, troubles de
conscience, rétinopathie avec œdème papillaire, crises convulsives), en cas
d'HTA à chiffres très élevés ;
 d'une démence artériopathique, par atteinte diffuse des artères cérébrales par de
l'athérome.

Complications rénalesmodifier
Au niveau des reins, l'hypertension artérielle est responsable
d'une néphro-angiosclérose et favorise la survenue d'une insuffisance
rénale .
L'altération de la fonction rénale est souvent très précoce et modérée,
mais est susceptible de s'aggraver progressivement.
Selon l'OMS, ce risque serait multiplié entre 2 et 10 fois chez
l'hypertendu[réf. nécessaire]
Autres complicationsmodifier

 Accidents gravidiques (c'est-à-dire chez la femme enceinte). L'HTA favorise les


accidents gravidiques : éclampsie, mortalité périnatale, etc.
 Complications vasculaires diverses : anévrismes, dissection
aortique, artériopathie des membres inférieurs.
 Hypertension artérielle maligne : devenue rare aujourd'hui du fait des possibilités
de traitement, l'HTA maligne se caractérise par une tension artérielle très élevée
avec troubles rénaux, neurologiques (encéphalopathie hypertensive, altérations
importantes du fond d'œil) et cardiaques (insuffisance ventriculaire gauche avec
œdème aigu du poumon).
12

Traitement de l'hypertension artériellemodifier


Dans les rares cas où une cause est trouvée, le traitement de cette dernière peut entraîner
parfois la guérison de l'HTA (en retirant chirurgicalement un adénome de Conn par exemple).
Le traitement repose sur la compréhension des mécanismes physiopathologiques de régulation
de la tension artérielle.
Le traitement de l'hypertension artérielle vise à la normalisation des chiffres tensionnels, afin
d'en prévenir les complications. Cette prévention, par certains médicaments, et sur des critères
de morbimortalité, a été prouvée par des essais pour des seuils de 160⁄95 mmHg (140⁄80 mmHg chez
les diabétiques ou après un AVC). Il n'existe pas d'éléments de justification de traitements
pour des seuils plus bas[30]. Les recommandations américaines[3] visent une HTA inférieure à
130/80.
Dans tous les cas, le dépistage et la prise en charge des autres facteurs de risque
cardiovasculaire sont indispensables.
Plusieurs moyens sont disponibles.
Règles hygiéno-diététiquesmodifier
Les règles relatives à l'hygiène de vie et aux habitudes alimentaires peuvent parfois suffire à
normaliser la tension artérielle et doivent toujours être proposées :

 pratique d'activité physique[31],[32] : une activité physique aérobique régulière (au moins 30 minutes
environ 3 fois par semaine[33]) ;
 changement des pratiques hygiéno-diététique et perte de poids, en cas de surcharge pondérale[34],
afin de maintenir l'IMC (indice de masse corporelle) en dessous de 25 kg m−2, ou à défaut, afin
d'obtenir une baisse de 10 % du poids initial[35] ;
 le cas échéant, suppression de la réglisse ;
 diminution de la consommation de sel[36], si possible moins de 6 g/jour[33][réf. incomplète], éviter la salière sur
la table, les salaisons, les plats cuisinés ;
 limiter la consommation d'alcool à moins de 10 verres par semaine[33] ;
 augmenter la consommation de fibres alimentaires, en particulier avec une alimentation riche en
légumes et en fruits, et diminuer celle des graisses[37], en particulier les acides gras saturés ; le régime
végétarien permet de réduire la pression artérielle de 4,8 mmHg en moyenne[38];
 le régime DASH peut être adopté[39], comparé à 11 autres plans nutritionnels, il est le plus efficace[40] ;
 augmenter la consommation de potassium (à condition d'avoir une fonction rénale normale)[41] ;
 lutte contre les facteurs de risque associés (tabac, cholestérol, diabète, sédentarité) ;
 EIAS : réévaluer les autres médicaments et utiliser une pilule faiblement dosée en
œstrogènes[réf. nécessaire] ou un autre mode de contraception ;
 chez les neurotoniques, éviter le thé, le café ; associer éventuellement la relaxation ;
 mener si possible une vie calme et régulière, en respectant les heures de sommeil.

Anecdotiquesmodifier

 Certains produits de phytothérapie ou des compléments alimentaires comme


la coenzyme Q10[42], l'ail[43], l'aubépine[44], le fenugrec[45], ou leurs extraits,
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pourraient donner des effets hypotensifs, et peuvent être utilisés quand la


pression artérielle est inférieure au seuil de traitement médicamenteux
(160⁄95 mmHg, ou 140⁄80 mmHg chez les diabétiques ou après un AVC).
 Le jeûne intermittent pourrait avoir un effet antihypertenseur[46].
 La consommation régulière de chocolat[47]ne ferait baisser que très légèrement la
pression artérielle sur une courte durée limitée à quelques semaines. Le chocolat
appartient aux aliments ultratransformés qui, d'une manière générale,
augmentent l'apport énergétique[48], le risque cardiovasculaire[49] et la mortalité[50].
 La supplémentation en l-arginine peut être efficace pour diminuer la tension
artérielle[51].
 La supplémentation en spiruline entraîne une baisse significative de la pression
artérielle systolique d'environ 4 mmHg et une baisse significative de la pression
artérielle diastolique d'environ 7 mmHg, en particulier chez les hypertendus [52].
 Une réduction significative de la pression artérielle a été remarquée avec
le cumin noir associé à des médicaments conventionnels [53].

Traitement médicamenteux
Article détaillé : antihypertenseurs.

Le traitement médical de l'hypertension artérielle ne permet la


normalisation des chiffres tensionnels que dans une faible proportion de la
poupulation (14 % des hypertendus de par le monde[54], 25 % aux États-
Unis[55]), en partie due à une insuffisance de la prise en charge.
Le bénéfice des traitements médicamenteux antihypertenseurs chez les
patients hypertendus, sans complication cardiovasculaire, est modeste :
réduction de 2 à 10 AVC / 1 000 patients traités pendant 2 à 6 ans,
réduction de 2 à 5 infarctus du myocarde / 1 000 patients traités pendant
2 à 6 ans[56].
Chez les adultes (18-59 ans) souffrant d'hypertension légère à modérée
(PAS de 140 mmHg ou plus ou une PAD de 90 mmHg ou plus), certains
traitements semblent réduire légèrement la mortalité et la morbidité
cardiovasculaire, principalement en réduisant les évènements cérébro-
vasculaires[57].
Chez les adultes de plus de 60 ans ayant une pression systolique ou
diastolique légèrement ou modérément élevée, la mortalité toutes causes
confondues est diminuée d'environ 9%[58].
Il est donné à vie. Il doit être, idéalement, simple, efficace et bien toléré. Il
doit être naturellement expliqué au patient. La multiplicité des
médicaments implique qu'aucun n'est parfait. Le choix est fait par
le médecin en fonction du type d'hypertension, des maladies associées, de
l'efficacité et de la tolérance des différents produits. Il est courant qu'il soit
nécessaire d'essayer successivement plusieurs médicaments avant de
trouver celui qui convient au patient traité.
En première intention (c'est-à-dire, le patient n'ayant jamais été traité), le
médecin peut choisir une molécule à une dose conventionnelle
(monothérapie) ou deux molécules à petites doses (son utilité est
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débattue[59]), reconnues comme efficace en première intention pour


l'indication HTA. L'évaluation de l'efficacité en vue d'une modification du
traitement doit être évaluée au moins quatre semaines après l'instauration
du traitement. Le délai peut être plus court si les chiffres tensionnels sont
très élevés : une PA supérieure à 180 et 110 mmHg ou une PA de 140 à
179 et 90 à 109 mmHg avec un risque cardiovasculaire élevé[60].
En cas d'inefficacité (ou d'efficacité insuffisante), on peut, soit poursuivre
une monothérapie avec une autre classe de médicaments, soit faire une
bithérapie à pleine dose. Il faut noter cependant que la première cause
d'inefficacité reste la prise irrégulière ou l'absence de prise du
médicament prescrit (mauvaise observance)[61].
Si l'HTA est sévère, on peut être amené à associer trois, voire plus, classes
de molécules différentes. L'inefficacité d'un traitement comportant trois
médicaments de trois classes différentes définit l'« hypertension artérielle
résistante »
Les principales classes d'antihypertenseurs sont les diurétiques, bêta-
bloquants, inhibiteurs de l'enzyme de conversion, antagonistes de
l'angiotensine II, et inhibiteurs calciques.
Les thiazides à faible dose en première ligne diminuent la morbidité et la
mortalité chez les patients adultes souffrant d'hypertension primaire
modérée à sévère. Les inhibiteurs de l'ECA et les inhibiteurs calciques en
première ligne peuvent être tout aussi efficaces, mais les données
scientifique sont de moindre qualité. Les thiazides à forte dose en
première intention et les bêta-bloquants en première intention sont
inférieurs aux thiazides à faible dose en première intention [62].

 Il est recommandé la prise d'antihypertenseurs en soirée plutôt que le matin : le


risque d'événement cardio-vasculaire majeur (« décès d'origine cardio-vasculaire,
infarctus du myocarde, revascularisation coronaire, insuffisance cardiaque ou
accident vasculaire cérébral ») diminue alors de 45 %[63],[64],[65]. Cette
recommandation ne s'applique pas aux diurétiques, pour des raisons de qualité
de vie.

Diurétiquesmodifier
Les diurétiques agissent par élimination, via l'urine, d'une partie de l'eau
et du sodium contenus dans le sang : ceci induit une diminution du volume
sanguin et donc une baisse de la tension artérielle. Exemple de
diurétiques : le furosémide et l'amiloride. Ce dernier, bien que d'efficacité
moindre, prévient la perte de potassium, et est indiqué dans certains
tableaux cliniques.
Bêta-bloquantsmodifier
Les bêta-bloquants agissent principalement en réduisant l'activité
des catécholamines sur le cœur et en diminuant la sécrétion de rénine. Ils
sont particulièrement indiqués en cas de cardiopathie ischémique
associée.
Chez l'hypertendu, il est préférable de faire appel aux molécules dites
sélectives (bisoprolol, nébivolol) qui présentent moins d'effets secondaires.
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Les bêta-bloquants ont longtemps été considérés comme un traitement de


seconde intention chez l'hypertendu. Dans les recommandations
européennes de 2023, ils peuvent être donné en première intention, en
association avec d'autres hypotenseurs[66].
Il faut respecter les contre-indications (absolues chez
l'hypertendu) : asthme, troubles sévères de la
conduction, acrosyndrome (doigts bleus et douloureux au froid).
Inhibiteurs de l'enzyme de conversionmodifier
Les inhibiteurs de l'enzyme de conversion (IECA, IEC) combattent la
stimulation du système rénine-angiotensine-aldostérone et réduisent les
taux circulants d'angiotensine II et d'aldostérone. Les IEC vont donc
réduire la vasoconstriction normalement induite par l'angiotensine II ainsi
que la réabsorption de l'eau normalement provoquée par l'action de
l'aldostérone sur le rein. Ils entrainent donc une vasodilatation ainsi
qu'une diminution de la volémie. Par ailleurs, ils empêchent la dégradation
de la bradykinine, substance vasodilatatrice.
Les inhibiteurs de l'enzyme de conversion sont d'autant plus efficaces que
le système rénine-angiotensine-aldostérone est stimulé : de fortes chutes
de pression peuvent ainsi s'observer dans certaines circonstances :
déplétion sodée préalable (manque de sodium dans le sang),
rétrécissement de l'artère rénale.
De bons résultats sont notamment obtenus en utilisant des doses faibles
d'inhibiteurs de l'enzyme de conversion, associées à un régime hyposodé,
voire à des doses faibles de diurétique (ces derniers augmentant la fuite
de sodium dans les urines et stimulant ainsi le système rénine-
angiotensine-aldostérone).
Les inhibiteurs de l'enzyme de conversion sont contre-indiqués en cas
de grossesse et chez les patients consommant :

 des sels de potassium ;


 des immunosuppresseurs ;
 du lithium.

Antagonistes de l'angiotensine IImodifier


Les antagonistes des récepteurs de l'angiotensine II (ARA-II ou sartans)
sont une classe thérapeutique relativement nouvelle qui suscite un grand
intérêt par sa très bonne tolérance et un mécanisme d'action original
(blocage direct des récepteurs de l'angiotensine II). Ils ont des effets très
proches de ceux des IEC (mais sans blocage de la dégradation de
la bradykinine).
Une étude américaine publiée début 2010, ayant porté sur
820 000 vétérans de l'armée suivis durant 4 ans, a montré que ces
médicaments diminuaient également fortement le risque de maladie
d'Alzheimer, et sa gravité ainsi que le risque de mourir (dans les 4 ans,
dans le cadre de cette étude) pour ceux qui l'avaient au début de
l'étude[67].
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À la suite de la publication d'une méta-analyse montrant une légère


augmentation du risque d'apparition d'un cancer chez les patients traités
par un sartan[68], le Comité des médicaments à usage humain (CHMP) de
l'Agence européenne des médicaments (EMA) a réévalué cette classe de
médicaments. Au vu des données disponibles et des résultats peu
convaincants de cette méta-analyse, il a estimé que la balance
bénéfices/risques des ARA II restait positive[69].
Inhibiteurs calciquesmodifier
Les inhibiteurs calciques réduisent le tonus des artères en diminuant les
capacités vasoconstrictrices (calcium-dépendant) des fibres musculaires
lisses artérielles en inhibant le transfert transmembranaire du calcium.
Autres antihypertenseursmodifier
Ils sont plutôt utilisés comme traitement d'appoint.

1. Les antihypertenseurs centraux :


1. Les alpha-stimulants centraux : ils diminuent le tonus sympathique
vasoconstricteur. Leurs effets indésirables en limitent leur emploi (sécheresse
de la bouche, somnolence, hypotension orthostatique, nausées, etc.).
2. Les alpha-bloquants périphériques.
3. Les vasodilatateurs.
4. Les inhibiteurs de la rénine.

Le silicium pourrait avoir des propriétés anti-hypertensive. En effet,


l'élastine responsable de la compliance artérielle, très diminuée dans
l'HTA, a besoin de silicum pour sa synthèse ; c'est d'ailleurs la protéine qui
en contient le plus[70]. L'administration de silicium dans un modèle
expérimental de l'athérome chez le lapin par surcharge lipidique,
maintient l'intégrité des fibres élastiques et en favorise même le
développement. Le régime riche en cholestérol est alors toléré sans
production de plaque athéromateuse[71].
Cas de l'hypertension résistantemodifier
Elle est définie par une hypertension artérielle non maitrisée malgré la
prise d'au moins trois médicaments de trois classes différentes et
comprenant au moins un diurétique, le tout, à des doses adaptées [72]. La
prévalence est d'environ 5 % dans la population générale mais peut
monter jusqu'à 50 % dans des consultations spécialisées[73]. D'autres
données font état de chiffres bien supérieurs [74].
Le pronostic est alors sensiblement plus mauvais que pour une
hypertension artérielle stabilisée[75].
Avant de porter le diagnostic d'hypertension résistante, il convient
d'éliminer un « effet blouse blanche » ainsi qu'une
mauvaise observance du traitement, situation très fréquente (jusqu'à 50 %
des cas dans quelques études[76]).
Le traitement en reste difficile et incertain. L'utilisation des diurétiques à
doses croissantes reste essentielle[77] mais peut être limitée par l'apparition
d'une insuffisance rénale .
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La dénervation sympathique rénale consiste à faire un trait circulaire de


brûlure superficielle au niveau des deux artères rénales à l'aide
d'un cathéter muni d'un générateur de radiofréquence. Les résultats en
cas d'hypertension réfractaire semblent prometteurs [78
Recommandations de bonnes pratiquesmodifier
Plusieurs sociétés savantes ont publié des « recommandations » (sortes de guides de bonnes
pratique, ou « guidelines » en anglais) sur la prise en charge de l'hypertension artérielle :

 les recommandations américaines en sont à la huitième version (JNC1 datant de 1976 jusqu'au
JNC8[72] publiées en 2014). Une nouvelle version est publiée en 2018, dont le principal changement
est de définir l'hypertension artérielle sur une TA supérieure à 130/80 mmHg[3] ;
 la Société européenne de cardiologie a publié en juin 2007 ses propres recommandations[79],
actualisées en 2023[66] ;
 l'organisation mondiale de la santé a publié, en 2022, des recommandations sur la prise en charge
médicamenteuse de l'HTA[54].
 en France la Haute Autorité de Santé (HAS) publie des recommandations de bonne pratique,
notamment pour la « prise en charge des patients adultes atteints d'hypertension artérielle
essentielle »[80] ;

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