Activity 23 6
Activity 23 6
I. Description de l’action 5
Composante 2 24
Composante 3 24
Activité 3.1. Former les formateurs : formation de dix chargés d’études et de projet 24
Activité 3.2. Renforcer l’Institut Universitaire du Développement Territorial 27
Activité 3.3. Concevoir des modules thématiques de formation 31
Composante 4
Activité 4.1. Améliorer l’adduction en eau potable à Moribabougou 35
Activité 4.2. Création d’un centre de transfert des déchets 39
Activité 4.3. Restauration du port de pêche de Mopti 39
Activité 4.4. Appui à l’amélioration de l’assainissement à Djenné 43
Activité 4.5. Mise en place d’un système d’adduction à l’eau potable à Sibiribougou 46
Activité 4.6. Mise en place d’une maison du fleuve à Ségou 47
Activité 4.7. Mise en place d’une maison du delta à Mopti 48
Activité 4.8. Création d’un centre de teinturerie à Bamako 49
Composante 5 53
Activité 5.1. Mise en œuvre d’un plan de communication 53
Activité 5.2. Outils d’aide à la décision pour les collectivités locales 54
Activité 5.3. Education environnementale : les « animaux du fleuve » 55
Activité 5.4. Exposition itinérante 56
Activité 5.5. Création de bandes-dessinées / livre de contes 58
Activité 5.6. Création de sketches koteba 59
Activité 5.7. Diffusion de la démarche auprès des autres pays riverains 59
Activité 5.8. Montage d’une coopération entre l’ABFN et L’AELB 60
Partenariat et visibilité 60
Conclusion 66
3
4
I. Description de l’action
Mr Shanta Retnasingam
Chef, Section de la Coopération avec les sources de financement multilatérales et privées
Mali (7 partenaires) : Association des Municipalités du Mali (AMM), Partenariat National de l’Eau,
Université de Bamako, commune urbaine de Ségou, commune urbaine de Mopti, commune urbaine
de Djenné, Assemblée Régionale de Mopti
France (8 partenaires) : Institut de Recherche pour le Développement (IRD), Région Centre, Ville
d’Angers, Communauté d’Agglomération Angers-Loire-Métropole, Mission Val de Loire, Université de
Tours, Université Catholique de l’Ouest, Agence de l’Eau Loire Bretagne
Groupes cibles : collectivités locales (élus et techniciens) ; techniciens des structures nationales en
charge de la gestion de l’eau et de l’assainissement ; universités ; populations riveraines des trois
régions pilotes.
5
II. Résumé de l'Action
Le projet Niger-Loire : Gouvernance et Culture a été initié en 2007 au Mali. Dans un contexte
international où de nombreuses inquiétudes pèsent sur l’état des ressources hydrologiques et
environnementales du fleuve Niger, le projet se proposait de cibler plus spécifiquement les
collectivités et communautés locales riveraines du fleuve au Mali, pour les aider à mieux prendre
en charge les compétences qui leur sont dévolues dans le cadre de la décentralisation (accès à
l’eau, assainissement, aménagement des zones riveraines…), à mieux appréhender les grands
enjeux de gouvernance du fleuve, mais aussi à mieux connaître les richesses culturelles et
naturelles du fleuve et à en faire un levier du développement local. Cette approche locale –
accompagnement de la décentralisation, soutien aux initiatives locales et sensibilisation des
populations – est résolument complémentaire des initiatives de sauvegarde du fleuve engagées à
l’échelle du bassin et a suscité l’engagement de l’Autorité du Bassin du Niger en tant que
partenaire.
6
III. Bilan des activités réalisées
La présente partie dresse un bilan de l’ensemble des activités réalisées au cours du projet, en
s’appuyant sur la structure du projet telle qu’elle figure dans le cadre logique révisé.
La première composante du projet était dédiée à des travaux de collecte de données, d’analyse et
de recherche appliquée destinés à mieux connaître les ressources en eau, les usages et les
usagers du fleuve.
RESUME
Des travaux de recherche hydrologique appliquée ont été réalisés tout au long du projet dans
l’objectif de mieux connaître les ressources et les usages de l’eau. Ils ont mobilisé en premier lieu
des hydrologues, sous la coordination de l’IRD, mais aussi dans une démarche interdisciplinaire
des géographes ou des environnementalistes. L’objectif était d’améliorer la qualité et l’accès aux
données sur le fleuve (travail documentaire et collecte de données sur le terrain) et d’étudier plus
spécifiquement des usages du fleuve encore peu explorés par la recherche mais susceptibles
d’impacter directement les conditions de vie des riverains (petits aménagements hydrauliques,
usages agricoles des plaines inondables, extraction de sable etc.). A travers des campagnes de
terrain, appuyés par des travaux de recherche documentaire, la démarche a consisté à décrire et
caractériser ces usages et analyser leur impact à court et moyen terme sur la ressource en eau.
Ces travaux dressent des pistes de compréhension de la gouvernance du fleuve et des conditions
pour la stabilité et la pérennité des activités humaines. Ils permettent d’esquisser certaines
conclusions directement exploitables par les autorités et ouvrent des pistes de recherche
complémentaires. Parmi les conclusions principales qui appellent une réflexion de la part des
décideurs et gestionnaires publics, le projet souligne la nécessité, à terme, d’envisager une
régulation de l’extraction de sable ; il alerte par ailleurs sur les menaces pesant sur les pêches
collectives, fragilisées par l’évolution du régime hydrologique du fleuve et pourtant essentielles à
la cohésion sociale et à la stabilité alimentaire ; il recommande également d’exploiter plus
largement le potentiel agricole des plaines alluviales à travers la diversification des modes
d’exploitation et la valorisation du motopompage individuel ; il souligne enfin la nécessité de se
préoccuper de l’impact des petits aménagement hydrauliques, dont la multiplication sans contrôle
peut avoir un impact important sur les écoulements.
Une attention particulière a été apportée tout au long du projet à la vulgarisation des résultats à
travers des séquences de formation à l’hydrologie du fleuve dans les cours du Master
Décentralisation et Ingénierie du Développement local (composante 3), des ouvrages de
vulgarisation et des réunions publiques (composante 5). Cette médiation directe de la recherche
« en train de se faire » est un parti pris et une originalité forte du projet. Les liens étroits créés
tout au long du projet entre l’équipe de recherche de l’IRD et les responsables pédagogiques de
l’université de Bamako ont permis également de décloisonner le système de recherche et de
rendre ces informations directement disponibles pour les gestionnaires ou décideurs.
Experts impliqués
- C. LEDUC, hydrologue, hydrogéologue
- J.B. BADER, hydrologue
- G. BELAUD, hydraulicien
- D. MARTIN, hydrotechnicien
- N. MUTHER, hydrotechnicien
- L. BRIGNOL, hydrotechnicien
- K. DELACROIX, géographe
- A. RENARD, géographe
RESULTATS
Une base de données bibliographique sur le fleuve Niger a été élaborée. Elle rassemble des
références scientifiques ou documentaires sur les ressources et les usages de l'eau, mais
également sur la faune, la flore et diverses thématiques socio-économiques ou anthropologiques
liées au fleuve. 1897 documents (dont 1.042 sur le Mali, 290 sur la Guinée, 1.285 sur le bassin
versant du Niger) ont été identifiés et scannés. Pour faciliter l’accès aux références
bibliographiques, une base bibliographique "DOC-ACCESS" a été développée sous ACCESS
(environnement Windows et Office). Les références y ont été indexées à l’aide de 1.610 mots clés
(thématiques ou géographiques). Cet outil documentaire a été transféré à la Direction Nationale
8
de l’Hydraulique qui en est aujourd’hui le dépositaire légal. D’autres partenaires peuvent
également, sur demande auprès de la DNH, solliciter des informations. Ce recensement
bibliographique a constitué une base de référence tout au long du projet et pourra accompagner
des travaux futurs.
Les données hydrologiques sont essentielles pour la connaissance des milieux aquatiques,
l’aménagement des territoires, le développement de l’agriculture et la gestion des ressources en
eau. La DNH dispose depuis plusieurs décennies d’un réseau d’observation hydrologique qui
alimente une base nationale de données hydrologiques, et auquel l’IRD apporte un appui
scientifique et technique depuis près de 40 ans. Toutefois, l’entretien insuffisant du réseau, la
formation lacunaire des agents et les difficultés pratiques et financières liées à la collecte des
données ont fragilisé le réseau et affaibli la fiabilité de la base de données nationale.
Cet effort doit aujourd’hui être prolongé et soutenu par la DNH, par la pérennisation d’un dispositif
de collecte régulière de données et d’actualisation de la base de données, seul à même de
garantir la fiabilité des projections.
Si les grands barrages ont un impact important sur le débit du fleuve, la multiplication des petits
aménagements joue également un rôle majeur, mais encore insuffisamment étudié. Ces petits
équipements (barrages, seuils) se développement de façon très rapide (en particulier dans les
affluents du fleuve) et sans réelle planification, pour répondre notamment aux besoins de
l’hydraulique villageoise. Leur impact sur le régime des écoulements et sur le bilan hydrologique
des bassins n’a jamais été réellement quantifié.
En complémentarité des travaux de recherche engagés sur les grands aménagements, le projet a
donc choisi de porter l’accent sur ces petits aménagements, qui répondent souvent à des besoins
locaux et contribuent à la stabilité alimentaire. Un inventaire des petits aménagements a été
réalisé sur le bassin versant du Bani, affluent important du Niger très anthropisé qui couvre les
régions de Koulikouro, Ségou, Mopti et Sikasso. Le travail a été effectué à partir de la
documentation disponible et de visites de terrain.
A l’issue de cet inventaire, plus de 500 petits aménagements hydrauliques de toutes tailles ont
été répertoriés sur le Bani. Les premiers résultats démontrent que l’impact sur les écoulements, et
particulièrement sur les étiages, est significatif. Sur la base de ces conclusions préliminaires,
l’analyse doit aujourd’hui être approfondie en collectant des données de base sur les ouvrages et
leur fonctionnement (caractéristiques, volume des réservoirs, période d’utilisation, usages…).
9
L’enjeu à terme serait de caractériser précisément l’impact de ces aménagements pour pouvoir
réaliser des prescriptions sur leur conception, leur localisation et leur mode de gestion.
Les médias et une partie de la communauté scientifique font souvent état d’un ensablement
généralisé du fleuve Niger. Si ce phénomène est réel dans la zone sahélienne (du fait de la
progression des dunes et de la dynamique éolienne), le Niger supérieur (de la frontière guinéenne à
l’entrée du delta) semble plutôt montrer des signaux de dessablement. Le projet a donc choisi de
centrer les investigations sur la question de la dynamique sédimentaire dans le Niger supérieur, et en
particulier sur l’impact de l’extraction de sable et de gravier dans le lit du fleuve.
Une carte des sites de prélèvement et de stockage du sable a été établie. Elle confirme que l’activité
est concentrée dans la région de Koulikouro et à l’amont de Bamako, où elle est très organisée et en
plein essor. Les différents modes d’exploitation ont été analysés et caractérisés (prélèvement par
camion benne dans le lit majeur, extraction au seau dans le lit mineur immergé…). Les acteurs de la
filière (extracteurs, exploitants vendeurs, chargeurs et chauffeurs de camion, entrepreneurs) ont été
interrogés. Sur le seul tronçon Kangaba-Koulikouro, on estime que l’exploitation du sable emploie plus
de 20.000 personnes réparties sur 60 sites.
D’autres observations réalisées par l’IRD sur le terrain ont permis de corroborer cette hypothèse de
surcreusement du fleuve. Ainsi, l’évolution des courbes de tarage des stations hydrométriques de
Koulikouro, Kéniéroba et Sélingué témoigne d’une augmentation des écoulements et d’un phénomène
de creusement, qui s’est accéléré au cours de la dernière période (2003-2009). De même, les
modifications du profil en travers du Niger à Keniéroba attestent d’un surcreusement significatif des
trois bras actuels.
Ce dessablement est le résultat de plusieurs facteurs. Il est lié en partie aux aménagements
hydrauliques, qui limitent l’écoulement du sable et contribuent ainsi à la diminution des bassins
versants contributeurs en sédiments. La diminution des précipitations sur le bassin versant depuis
1970 a également accentué le phénomène (baisse de l’érosion et des débits de crue). Toutefois, c’est
l’extraction de sable qui semble être le facteur principal du dessablement. Entre 2000 et 2006, 15 à 20
millions de m3 de sable et de gravier ont été extraits du lit mineur, entrainant l’ablation d’une couche
d’environ 1 cm de sable par an en moyenne.
Ces prélèvements excessifs pourraient à terme avoir des conséquences sur la stabilité des lits et des
berges et plus généralement sur l’environnement aquatique. La construction prévue de grands
aménagements (notamment le barrage de Fomi) risque d’accentuer cet impact (les réservoirs retenant
le sable) et de se traduire à terme par de profondes modifications de la morphologie et de
l’écosystème du fleuve. Une réglementation de la pratique d’extraction est donc nécessaire à moyen
terme, pour limiter l’impact écologique et humain de cette activité.
Ces conclusions ont été restituées aux décideurs, et en particulier à la Direction Nationale de
l’Hydraulique, lors d’un atelier national (Bamako, 3 décembre 2009). Elles ont également été diffusées
dans la presse et lors de réunions publiques en présence d’exploitants et d’élus (notamment à
Ségou). Sur le plan international, une synthèse a été publiée dans la revue Sciences au Sud de l’IRD
(N°376, juin 2011).
10
5. Esquisse de modélisation hydrodynamique du delta intérieur du Niger
Une première maquette du système de modélisation hydraulique du Delta été préparée. Elle permet
de modéliser les échanges entre le lit mineur du Niger et la plaine d’inondation. A titre d’exemple, une
première simulation suggère que la construction du barrage de Fomi pourrait entrainer une baisse des
surfaces inondées dans le delta à hauteur de 10% en saison sèche et 30% en saison humide.
Le système a été construit à partir de différentes sources de données : relevés de cotes aux stations
limnigraphiques de la Direction Nationale de l’Hydraulique, données altimétriques (satellites Topex et
Envisat), cartes topographiques de l’IGN, réalisation de profils ADCP tous les 5 km, images satellites,
campagne de nivellement terrain au GPS…
La maquette a été présentée aux autorités nationales lors d’un atelier de restitution (Bamako, 3
décembre 2009). Pour être réellement opérationnel sur le lit majeur du fleuve, le système doit
aujourd’hui être approfondi et affiné. Des données hydrologiques et topographiques complémentaires
sont nécessaires pour le paramétrer avec précision. Une deuxième phase devra être envisagée pour
former les agents de la Direction Nationale de l’Hydraulique à son utilisation.
On estime que le Mali dispose de 2.6 millions d’hectares de terres irrigables, dont moins de 15 % sont
irriguées. L’exploitation des plaines alluviales du fleuve est donc un enjeu important pour développer
les surfaces irrigables. Le fonctionnement hydraulique de ces milieux – alimentés à la fois par les
pluies, les eaux de ruissellement, les eaux souterraines et les crues – est complexe et encore
méconnu. Le projet a donc choisi de cibler cette thématique, essentielle à l’amélioration de la
productivité agricole et à la stabilité alimentaire.
Une thèse de doctorat a été réalisée dans le cadre du projet sur le fonctionnement des mares et des
plaines alluviales. Elle cible en particulier la zone située entre la frontière guinéenne et Ségou. A
travers une série d'enquêtes (entretiens avec les cultivateurs et avec les services du génie rural) et de
cartographies, ce travail a permis de mieux comprendre la dynamique de remplissage des plaines. Il a
permis également de recenser et cartographier les modes d’exploitation agricoles pratiqués par les
populations dans cette zone (submersion naturelle, irrigation gravitaire, maîtrise totale, maîtrise
partielle) et d’analyser l’adaptation ou la vulnérabilité de ces pratiques par rapport aux aléas
climatiques et à l’évolution du débit du fleuve.
Ces travaux permettront en particulier d’identifier les pratiques agricoles qui risquent d’être perturbées
par les modifications du régime du fleuve (liés notamment à la construction du barrage de Fomi).
L’enjeu à terme est d’appuyer les communautés locales pour anticiper les changements à venir et
adapter en conséquence les usages de l’eau.
11
7. Etude préliminaire sur le moto-pompage sur le Sankarani en aval du barrage de Sélingué
Utilisée pour irriguer des petites parcelles, la motopompe est en plein essor, notamment dans le Niger
supérieur où le développement de cette technique est lié en particulier à la construction du barrage de
Sélingué, qui a permis de stabiliser les débits d’eau. En complémentarité avec les travaux de
recherche sur le fonctionnement des plaines alluviales (voir paragraphe précédent), le projet a donc
choisi d’analyser sur un tronçon-test l’ampleur et l’impact de cette pratique pour évaluer son potentiel
en terme d’amélioration de la productivité agricole.
Les enquêtes ont été réalisées dans la vallée du Sankarani, affluent du Niger situé en amont de
Bamako. 330 pompes y ont été inventoriées. Elles alimentent environ 400 hectares (soit 15% des
terres irriguées), consacrés en particulier aux bananeraies ou au maraîchage. Elles permettent
l'irrigation de petites parcelles familiales (bananeraies, maraîchage et agrumes) réparties le long du
Sankarani sur environ 50 km. Les débits prélevés dans le Sankarani par moto-pompage sont
insignifiants (quelques centaines de litres par seconde en moyenne) par rapport aux débits délivrés
par l'usine de Sélingué en période d'étiage (environ 100 m3/s en moyenne au mois de juin).
Beaucoup plus économe en eau que les grands périmètres irrigués, le moto pompage est donc une
piste intéressante pour le développement de l’agriculture irriguée, piste qui gagnerait à être explorée
plus activement par les décideurs. Un appui doit toutefois être apporté aux agriculteurs pour diversifier
les techniques d’irrigation (aspersion, goutte à goutte) ou introduire de nouvelles variétés.
Si de nombreux travaux de recherche ont été réalisés sur la pêche dans le Delta Intérieur, très peu
ont porté sur le haut Niger. Dans cette zone, les communautés de pêcheurs – caractérisées par une
grande diversité d’organisation sociale et politique – sont aujourd’hui soumises à des contraintes
particulières liées à la régulation du débit par les barrages construits en amont et à la concurrence
avec d’autres activités (notamment l’extraction de sable, très présente dans la zone, qui perturbe la
pêche). Le projet s’est donc proposé, à travers une thèse de doctorat, d’analyser les modes
d’organisation sociale et politique des communautés de pêcheurs en amont du Delta et d’explorer le
lien entre le fonctionnement hydrologique du fleuve et les pratiques de pêche (appropriation sociale
des espaces en eau, organisation des territoires de pêche).
L’étude a permis notamment d’analyser l’interaction entre les autorités traditionnelles (jitigui, batigui,
tomboloma, tontigui, doutigui) et les acteurs institutionnels (directions régionale, locale et communale
de la pêche) dans les communautés Somono entre la frontière guinéenne et Bancoumana, la
gouvernance traditionnelle ayant été bouleversée par les règlements issus de la décentralisation.
L’organisation du territoire et les mouvements liés aux pêches collectives ont été cartographiés.
L’étude a analysé également le fonctionnement et les conditions de pérennité des pêches collectives
sur les mares qui jalonnent le territoire du haut Niger. Ces pêches collectives marquent notamment le
passage à la saison des pluies et sont associées à de nombreuses fêtes et rituels. Elles constituent
une richesse culturelle importante et contribuent à la stabilité alimentaire dans des zones fragilisées.
Elles sont toutefois menacées par l’évolution du régime hydrologique du fleuve et les aménagements
de barrages prévus en amont. Ainsi, la pêche collective a déjà disparu en aval de Sélingué (du fait de
niveaux d’eau trop importants).
12
L’étude a ciblé enfin un aspect très méconnu : la pêche pratiquée en zone urbaine, à Bamako, par les
les communautés bozos. Soumis à des pressions foncières, aux problèmes de qualité de l’eau et à la
concurrence avec les autres usages, ces communautés sont aujourd’hui très fragilisées. Le maintien
d’une pêche urbaine ou péri-urbaine constitue pourtant un enjeu important pour alimenter la capitale.
Le projet a donc recensé et cartographié ces communautés et analysé leur activité (quantité pêchées,
conflits avec les autres usagers etc.). Ces résultats ont été discutés avec la direction régionale de la
pêche et les associations de pêcheurs lors d’un atelier d’échanges (Bamako, mars 2010).
9. Etude préliminaire sur les alignements rocheux des seuils de Sotuba-Moribabougou et Kénié
A l'occasion des déplacements sur le terrain, l’équipe de l’IRD a découvert sur les seuils situés à l'aval
de Bamako des alignements rocheux exceptionnels. Très visibles sur les prises de vue aériennes ou
les images satellitaires, ils forment des "V" dont les branches peuvent dépasser 25 mètres et dont les
angles d'ouverture semblent relativement constants. Les formations sont composées de rochers
émoussés pouvant atteindre plusieurs dizaines de kilos. Une première étude de ces alignements
rocheux a été réalisée. Plus de 130 formes ont été inventoriées dans le lit mineur (partie immergée
chaque année) du Niger entre Sotuba et Kénié. Au stade actuel des recherches, il est encore
impossible d'en déterminer l'origine (anthropique ou naturelle). Cette découverte a été partagée avec
les autorités nationales – direction du patrimoine culturel, musée national et institut des sciences
humaines – qui ont engagé des investigations complémentaires sur ce site, susceptible de détenir une
valeur patrimoniale exceptionnelle. Ces alignements rocheux étant actuellement menacés à court ou
moyen terme par l'extraction des rochers pour la construction (notamment autour de Moribabougou,
où ils sont les plus nombreux), des mesures de protection devraient être envisagées rapidement.
Etude et cartographie des sites d'extraction et de dépôt de sable et graviers sur le Niger
entre Ségou et Kona et sur le Bani entre Douna et Mopti, 38 p., 2008, Mathilde COLLERIE
L'extraction de sable et de gravier sur le Niger entre Ségou et Kona et sur le Bani entre
Douna et Mopti - Rapport d'enquête, 78 p., 2008, Mathilde C OLLERIE & Nouhoum N'DIAYE
Territorialités et temporalités des espaces en eau dans le Delta Central du Niger (Mali) - Le
cas des pêcheries Somono dans le village de Wandiaka (commune de Kounari), 159 p.,
2008, Kévin DE LA CROIX
Suivi par télédétection de la dynamique de crue du Delta Intérieur du Niger pour l'élaboration
d'un modèle de fonctionnement hydraulique, 69 p., 2008, A. OLEKSIAK
Niger supérieur: Quelques résultats de recherche sur les usages et ressources en eau, 8 p,
2010, L. FERRY, N. MUTHER, D.MARTIN
Le fleuve Niger de la forêt tropicale guinéenne au désert saharien : Les grands traits des
régimes hydrologiques, 48 P, 2011 L. Ferry, N. Muther, N. Coulibaly, D. Martin, M. Mietton,
Y. Cissé Coulibaly, J.C. Olivry, J.E. Paturel, M.A. Barry, M. Yéna
13
Activité 1.2. Renforcer la connaissance des ressources culturelles liées au fleuve
RESUME
L’une des ambitions du projet était de mettre la question culturelle au cœur des réflexions sur l’avenir
du fleuve et, pour ce faire, de mieux connaître et valoriser, au bénéfice du développement local, les
richesses culturelles des zones riveraines. L’objectif était en effet de permettre aux communautés
riveraines de s’approprier leurs patrimoines – dans leurs manifestations matérielles et immatérielles –
et de transmettre cette connaissance aux générations futures. Ce travail de mémoire et de
transmission est particulièrement important si l’on considère que certaines zones, en aval de grands
projets d’aménagements, sont appelées à être profondément transformées. Il s’agissait également de
faire en sorte que les projets d’aménagement des zones riveraines du fleuve, portés par l’Etat et
surtout par les collectivités locales, puissent prendre en compte cette préoccupation culturelle et
l’intégrer dans les mécanismes de décision et de planification.
Le projet a donc décidé d’engager, en association étroite avec la DNPC, un inventaire du patrimoine
matériel et immatériel du fleuve. L’inventaire culturel est une mission portée par l’Etat, pour laquelle le
Mali possède une certaine antériorité et a développé une expertise, notamment dans le domaine du
patrimoine immatériel. L’inventaire réalisé dans le cadre du projet est donc venu alimenter la base
d’inventaire nationale et consolider ou affiner la méthodologie pré-existante, afin de garantir la
pérennité et l’exploitation des résultats.
Sur le plan opérationnel, les travaux ont été coordonnés par la Direction du patrimoine culturel, qui a
mobilisé ses agents au niveau central et dans les directions déconcentrées des régions cibles. Une
coopération étroite a été établie avec la Direction des patrimoines du ministère français de la Culture
sur les aspects techniques et méthodologiques. Cette coopération s’est poursuivie au-delà du projet,
par la participation conjointe à des activités ou séminaires internationaux.
La méthode développée dans le cadre de cet inventaire pourra être approfondie par la DNPC dans
des travaux ultérieurs (réflexion sur un thesaurus, utilisation plus large des systèmes d’information
etc.) et éventuellement systématisée dans le cadre de l’inventaire national. L’inventaire a permis
également de faire émerger des pistes de recherche thématiques (musique, habitat) qui pourront être
poursuivies par la DNPC et ses partenaires. Il a contribué, enfin, à la naissance d’initiatives locales
d’identification et de valorisation du patrimoine, par exemple la réalisation, par la commune de Mopti,
d’un inventaire du quartier de Daikiri (quartier en terre crue méconnu et précarisé) en vue de
permettre sa préservation dans le cadre du plan de développement communal.
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PARTENAIRES ET EXPERTS MOBILISES
RESULTATS
Un travail de collecte documentaire a été réalisé sur le patrimoine et les cultures matérielles et
immatérielles du fleuve. Le travail a été mené conjointement par la DNPC (pour les sources
accessibles au Mali) et par l’UNESCO avec l’appui du Ministère français de la Culture (pour les
sources accessibles en France : bibliothèque nationale de France, archives nationales…). Une
vingtaine d’ouvrages de référence issus de ce repérage ont été achetés dans le cadre du projet et
remis à la DNPC pour alimenter son fonds documentaire.
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2. Mise en œuvre de l’inventaire dans trois régions cibles
L’inventaire a été réalisé à titre pilote dans trois régions riveraines du fleuve Niger (régions de
Mopti, de Ségou de Koulikouro), représentatives de la diversité des formes et manifestations
culturelles. 72 villages riverains ont été sélectionnés selon plusieurs critères (patrimoine culturel
riche et diversifié, traditionnel et vivant). Des équipes composées d’historiens, de géographes,
d’anthropologues et d’archéologues ont supervisé les travaux. Des personnes ressources
(facilitateurs, informateurs ou médiateurs issus des communautés enquêtées) ont été sollicitées
en complément. L’identification des biens culturels comme patrimoine est ainsi le fruit de regards
croisés entre professionnels et communautés.
Les enquêtes ont été réalisées sur la base de fiches d’inventaire selon trois catégories issues des
préconisations de l’UNESCO : patrimoine matériel, patrimoine immatériel et trésors humains
vivants. Pour chaque domaine, les modèles de fiches élaborés par la DNPC ont été affinés en
fonction des besoins de l’opération et de l’expérience méthodologique développée par le service
français de l’inventaire.
Sur les trois régions cibles, 345 biens ont été recensés au moyen de fiches d’inventaire. Les
résultats soulignent la diversité du patrimoine bâti et de l’habitat en bord de fleuve (types
architecturaux, savoir-faire de construction…). Les fiches abordent également l’occupation
historique des territoires (sites archéologiques, ports historiques…), les pratiques et traditions
culturelles (manifestations de réjouissances populaires, cérémonies rituelles, pêches collectives,
crépissage annuel, course de pirogues…) ou les objets (outils de pêche, instruments de
musique…). Les entretiens réalisés avec les « Trésors humains vivants » permettent de collecter
de précieuses informations sur les savoirs et savoir-faire traditionnels (poterie, chasse, forge,
broderie, médecine traditionnelle, maçonnerie ou construction de pinasses).
Les biens recensés ont été systématiquement géo-référencés par l’utilisation de GPS, pour
permettre la restitution des données sous forme de cartes topographiques ou thématiques. Une
place importante a été accordée à la documentation photographique. Les enquêteurs ont reçu
une formation à la prise de vue documentaire, assurée conjointement par le photographe de la
DNPC et un photographe du service français de l’inventaire.
Un travail important a été réalisé par la DNPC pour améliorer l’archivage des données issues de
l’enquête. Le matériel informatique et les réseaux ont été remis à niveau. Une formation a été
assurée auprès des agents de la DNPC pour saisir, télécharger et classer les fiches d’inventaire
et les images. Les photographies des biens ont été référencées et classées.
Pour assurer un retour d’information auprès des villages enquêtés, plusieurs missions de
restitution des résultats ont été organisées dans les trois zones cibles. Transmettre les données
collectées sur le terrain et échanger avec les populations sur l’inventaire réalisé est une phase
incontournable, pour améliorer et valider les résultats et garantir l’implication des communautés.
Afin de diffuser largement les résultats, les données ont été mises en ligne au moyen de logiciels
libres. Une plateforme d’information a été créée, associant le logiciel médiawiki (partie éditoriale
et base de données) et l’environnement de cartographie issu du projet openstreetmap.org. Toutes
les fiches d’inventaire ont été chargées par les agents de la DNPC, formés à cet effet. Elles
peuvent être actualisées à tout moment et sont accessibles par mots clés et visualisables sur une
16
carte grâce à leur géolocalisation. Cet outil rend les données directement accessibles sur internet
à un large public. Le parti pris d’employer des systèmes libres, d’accès gratuit, en particulier pour
la cartographie, répond à un choix clairement affirmé. Le système adopté, qui associe une base
de données et un SIG simplifié, constitue l’un des apports significatifs du projet « Niger-Loire :
Gouvernance et Culture ». Il offre à la DNPC un outil de travail simple et aisément actualisable ;
en même temps, il lui permet de répondre à sa mission de service public par la diffusion et le
partage des données (voir activité 1.5).
Une brochure a été élaborée pour présenter la démarche et les résultats de cet inventaire. Elle
récapitule les enseignements méthodologiques, les étapes de la démarche et dresse des pistes
d’approfondissement. Publié à 500 exemplaires, ce document de communication institutionnelle
permettra à la DNPC et à ses partenaires de valoriser le travail réalisé et de faciliter la collecte de
fonds pour le poursuivre ultérieurement (voir aussi activité 5.2).
Inventaire des patrimoines culturels liés au fleuve Niger à Djenne, 273 p, DNPC, mars 2009
Inventaire des patrimoines culturels liés au fleuve Niger à Ségou, 277 p, DNPC, juin 2009
Inventaire des patrimoines culturels liés au fleuve Niger à Mopti, 423 p, DNPC, octobre 2009
RESUME
En complément du travail d’inventaire des biens culturels, qui vise à créer un corpus documentaire
dans le cadre d’une mission spécifique de l’Etat, le projet a fait le choix de mener, par l’intermédiaire
de la Faculté des Lettres et Sciences Sociales (FLASH) de l’université de Bamako, des enquêtes
anthropologiques sur les peuples riverains. Si la philosophie globale rejoint celle de l’inventaire
culturel – améliorer la prise en compte de la dimension culturelle dans la gouvernance du fleuve –
l’objectif, la méthode et les résultats se distinguent nettement. Ce travail s’inscrivait avant tout dans
une démarche de recherche appliquée. Il visait à fournir des éléments d’analyse et de compréhension
des représentations et des pratiques des peuples riverains du fleuve (en particulier les peuples de
l’eau tels que les Bozo ou Somono), afin de mieux comprendre l’évolution des usages du fleuve et des
comportements des riverains vis-à-vis de la ressource en eau. L’enjeu était également, à terme, de
fournir une grille d’analyse de certains projets de développement ou d’aménagement (adaptation aux
pratiques locales, impact socio-culturel etc.), afin de mieux prendre en compte cette dimension
culturelle.
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L’objectif plus spécifique de cette activité était d’explorer le rapport à l’eau des populations riveraines
et l’évolution des comportements face à la modification du régime hydrologique ou de la dégradation
des ressources environnementales. La question du changement climatique – tel qu’il est appréhendé
par les riverains qui en ressentent l’impact sur leurs usages – était une toile de fond globale de la
plupart des travaux de recherche engagés.
Les enquêtes ont été coordonnées et encadrées par les enseignants chercheurs de la FLASH, et
réalisées sur le terrain par 16 jeunes diplômés de la FLASH recrutés sur appel à candidature dans
différentes disciplines (géographie, histoire, lettres). L’ambition était ainsi d’offrir à ces jeunes
professionnels une expérience de terrain qu’ils soient susceptibles de valoriser pour leur insertion
professionnelle future. Les thématiques explorées correspondent pour la plupart à des sujets très peu
abordés par la recherche jusqu’ici. La méthode a laissé une large place aux investigations de terrain,
chaque enquêteur ayant disposé de trois mois de terrain en deux phases successives.
L’enjeu d’une telle démarche, outre les données qu’elle permet de rassembler, était de faire émerger
au sein de l’université une compétence spécifique sur l’anthropologie de l’eau, à partir d’une
connaissance fine du territoire et de ses populations que seules les activités de terrain permettent de
construire. Développer ce type d’expertise adaptée à la réalité du pays et susceptible d’alimenter et
renouveler les pratiques du développement, est un enjeu clé pour le renforcement de la formation
supérieur et la création de pôles d’expertise universitaire dans la sous-région. Le projet a donc investi
sur la création, à partir des résultats des enquêtes, d’un centre sur l’anthropologie de l’eau, qui
s’inscrit plus largement dans le cadre du réseau international sur l’anthropologie de l’eau créé par
l’UNESCO.
RESULTATS
Les enquêtes sur l’anthropologie de l’eau ont été réalisées dans les régions de Ségou et Mopti. Elles
ciblaient plus particulièrement les peuples de l’eau (bozos, somonos…). 16 enquêteurs (géographes,
anthropologues ou historiens) ont été recrutés par la FLASH parmi 100 candidats. 13 d’entre eux ont
été affectés aux enquêtes sur le terrain et 3 à la documentation et à la recherche bibliographique
(répartis entre les différentes sources : archives, documentation institutionnelle…). Les enquêteurs ont
été formés aux techniques de l’enquête à travers un séminaire méthodologique (12-16 janvier 2009),
animé par des enseignants de la FLASH et des professeurs familiers du milieu bozo.
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Les enquêtes ont été réalisées en plusieurs phases. Une première phase de terrain d’un mois a été
mise en œuvre en mars-avril 2009. Elle a permis à chacun de prendre connaissance avec le terrain,
d’établir des relations de confiance avec les populations et de pré-identifier une thématique de
recherche. Un premier rapport a été rédigé par les enquêteurs et discuté avec leurs enseignants lors
d’un atelier (27-30 avril 2009) qui a permis de recibler et valider les thématiques de recherche.
Chaque enquêteur a ensuite réalisé une deuxième phase de terrain de deux mois sur son site
d’enquête en mai-juin 2009. La rédaction du mémoire de recherche s’est ensuite échelonnée sur 6
mois, sous l’encadrement des enseignants de la FLASH et de Claudine Brelet, anthropologue.
Les travaux ont porté sur des thématiques encore peu abordées par la recherche, croisant la question
culturelle (abordée sous l’angle du patrimoine, des pratiques culturelles, des savoir-faire, des usages
et coutumes…) avec des questions clés du développement : économie de la pêche, santé etc. (voir
titres des travaux ci-dessous dans Sources de vérification). Une majorité des études abordent la
pêche sous différents angles (mutations sociologiques des communautés de pêcheurs, impact des
pressions environnementales, évolution de la filière etc.). Cette prééminence est liée aux populations
ciblées par l’enquête (en premier lieu les Bozo et Somono) mais aussi au constat que les pêcheurs
sont parmi les populations les plus fragilisées et poussées à se diversifier. Ces études dressent un
panorama général de l’état des sociétés humaines dans les zones riveraines du fleuve Niger et des
stratégies qu’elles ont adoptées pour s’adapter aux contraintes croissantes pesant sur leurs activités
(diversification vers l’agriculture, évolution des techniques…). Les questions transversales du
changement climatique et des migrations constituent la toile de fond de la plupart des travaux. Les
migrations sous-régionales des pêcheurs, de plus en plus lointaines, apparaissent ainsi comme une
réponse directe à la réduction de la ressource halieutique.
Ces résultats de recherche constituent l’embryon du centre sur l’anthropologie de l’eau, créé dans le
cadre du projet au sein de la FLASH. Celui-ci propose aux chercheurs et aux professionnels de l’eau
de mieux connaître les pratiques traditionnelles liées à l’eau en Afrique de l’Ouest et, en particulier, au
Mali, afin de faciliter l’adaptation de ces pratiques aux connaissances scientifiques modernes, y
compris les données écologiques les plus récentes, en les intégrant aux processus de décision grâce
à la participation des populations locales et donc sans perturber leur tissu social, ni leurs valeurs
culturelles et spirituelles. L’université de Bamako a mis un local à disposition du Centre, qui a été
équipé par le projet. Une vingtaine d’ouvrages de références sur l’eau et l’anthropologie ont été
achetés et fournis pour constituer un fonds documentaire.
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Impacts du changement climatique sur la pêche au Mali. Quel avenir pour les Baalama (gens
du fleuve) ?, Fatoumata MAÏGA
Caractéristiques des pêcheries et des espèces de poissons dans les communes de Markala
et Pelengana (Ségou) et le changement climatique, Balamine B AYOGO
Le fleuve Niger comme source de cousinage, fondement de la culture de la paix dans les
communes de Mopti et Konna, Youssouf SACKO
Changements climatiques et diversification des activités économiques des pêcheurs dans les
communes de Kewa, Djenné et Pondori (Cercle de Djénné-Région de Mopti), Mahamadou
ABOCAR
Conflits sociaux, mobilité interne et externe des sociétés riveraines du fleuve Niger des
communes de Djenné, du Kéwa et du Pondori, Modibo Galy C ISSE
RESUME
Ces enquêtes dressent, à l’échelle de la région de Mopti, une cartographie des nombreux acteurs,
institutionnels ou techniques, impliqués dans la gestion de l’eau et des territoires fluviaux. Il rappelle
les problèmes clés rencontrés par les usagers (bateliers, pêcheurs…) et les actions entreprises pour y
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faire face. Il préconise une simplification du système institutionnel à travers des recommandations
adressées notamment à l’Agence de Bassin du Fleuve Niger et à la Direction Nationale de
l’Hydraulique.
Experts impliqués :
Abdoulaye DEMBELE, ingénieur génie rural
Daba COULIBALY, hydrologue
Aly Badra PLEAH, hydrogéologue
Fousseini MAIGA, Ingénieur des eaux et forêts
Sember FASCOYE, Sociologue
Cecilia MEYNET-DIAKITE, géographe
RESULTATS
Les enquêtes ont été mises en œuvre par le Partenariat National de l’Eau du Mali (PNE-Mali) dans 31
villages de la région de Mopti. Une équipe pluridisciplinaire d’experts a été recrutée au sein du réseau
du PNE-Mali : hydrologue, ingénieur eaux et forêts, sociologue, géographe. La méthodologie (acteurs
cibles, démarche d’enquête) a été établie sur la base des principes de la Gestion Intégrée des
Ressources en Eau (GIRE).
Un rapport de synthèse et une série de fiches d’enquête ont été élaborés à l’issue des enquêtes. Le
rapport identifie les problèmes clés et les priorités des usagers (en particulier en terme de formation)
et explore les modes de coopération existants entre usagers. Il identifie également quelques
messages clés à l’attention des collectivités locales.
Un atelier de concertation sur l’harmonisation des cadres de concertation des acteurs et usagers du
bassin du fleuve Niger a été organisé à Bamako le 15 juillet 2011. Des recommandations ont été
formulées et endossées par les participants, en vue d’améliorer les cadres de concertation des
acteurs et usagers du bassin du Niger.
Rapport final sur la connaissance des acteurs et usagers du fleuve, PNE-Mali, juin 2009
Rapport final de l’atelier sur l’harmonisation des cadres de concertation des acteurs et
usagers du fleuve, PNE-Mali, juillet 2011
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Activité 1.5. Exploiter, mettre en forme et diffuser les données, sous forme de
cartographie ou de bases de données
RESUME
L’insuffisance des cartes ou leur manque de fiabilité est un problème récurrent au Mali. Les fonds de
carte existants sont détenus par l’institut géographique national qui les commercialise. Les données
sont souvent peu actualisées. Des plans plus spécifiques (réseaux, infrastructures) sont élaborés de
façon ponctuelle à l’occasion de projets d’aménagement, selon les besoins (réseaux, voies d’accès,
cadastre…). Les cartes ou SIG produits à cette occasion avec des financements publics sont souvent
utilisés au bénéfice d’une institution ou d’un projet, et difficilement mutualisables (pour des raisons
politiques ou techniques).
La cartographie s’est donc très vite imposée comme une question centrale dans le cadre du projet, un
outil d’analyse et de compréhension incontournable, et ce d’autant plus que de nombreuses données
ont été collectées ou produites au cours des quatre années du projet dans des champs très variés
(culture, hydrologie, usages de l’eau). Dès la première année d’exécution, les partenaires se sont
donc interrogées sur la méthode d’analyse, de stockage et d’exploitation de ces données. L’enjeu
d’une approche cartographique était notamment de mettre en cohérence les différentes données
produites en superposant plusieurs couches d’informations (données hydrologiques, démographiques,
culturelles…). C’était aussi d’apporter des outils directs de compréhension du territoire (restitution
visuelle et pédagogique des données) et d’aide à la décision (notamment au travers de systèmes
SIG).
Le projet a donc fait le choix, tout au long des quatre années, d’investir fortement sur la cartographie,
par un appui technique aux différents partenaires pour la collecte des informations géographiques et
la production de cartes, par la création de petits modules de formation technique sur la cartographie
dans le cadre du Master Décentralisation et Ingénierie du Développement Local (composante 3) et
par la production de nombreuses cartes thématiques ou topographiques pour illustrer les activités du
projet et servir d’outils d’aide à la décision.
De façon plus globale, une réflexion prospective a été engagée sur l’utilisation des systèmes libres de
cartographie interactive pour la production et la restitution des données. En effet, pour répondre au
besoin cartographique, on observe aujourd’hui le développement rapide de l’utilisation de ressources
cartographiques en ligne, avec deux systèmes parallèles. Les systèmes gérés par des opérateurs
privés, en particulier Google (avec les applications GoogleMaps et GoogleEarth) permettent de
visualiser gratuitement les données en ligne mais pas de les utiliser hors ligne (elles demeurent la
propriété de l’opérateur). A l’inverse, les systèmes libres (du type openstreetmap.org) sont gérés par
une communauté d’utilisateurs. Les cartes sont produites en ligne sous licence libre (sur le mode de
wikipedia) et peuvent être librement téléchargées et utilisées dans des SIG locaux ou des systèmes
de navigation GPS.
Le projet a fait le choix d’explorer de façon privilégiée l’option des systèmes libres, dans laquelle les
données sont considérées comme un bien public et leur production assurée par une communauté
d’utilisateurs. Cette technologie gratuite et simple d’utilisation permet l’accès libre aux données :
les utilisateurs peuvent visualiser et exploiter librement et gratuitement les informations
cartographiques en ligne. Cette mise à disposition publique et immédiate de l’information semble
d’autant plus légitime que la production des données est bien souvent financée sur l’aide publique au
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développement. Par ailleurs, ce système offre l’avantage de sécuriser et pérenniser les données, à
travers leur publication en ligne (quelle que soit la situation politique ou institutionnelle dans le pays
bénéficiaire). Une plate-forme interactive expérimentale s’appuyant sur cette technologie a donc été
développée et mise en œuvre à travers le projet.
Experts impliqués :
Olivier AUBER, expert systèmes d’information
Boukari KONATE, expert systèmes d’information
RESULTATS
Une mission d’assistance technique a été confiée à Cécilia Meynet-Diakite pour appuyer les
partenaires du projet dans la collecte des données, leur organisation sous forme de base de données
et la production de cartes. Après échanges avec les services compétents, la base OISE a été mise à
disposition du projet par la Direction Nationale des Collectivités Territoriales (DNCT). Cette base de
données reliée à un SIG rassemble les données sur la carte administrative du Mali et des informations
de base (infrastructures, démographie) sur chaque collectivité. Cet outil a permis de disposer, tout au
long du projet, d’une base d’information territoriale solide.
Afin de disposer de données géo-référencées, des GPS ont été acquis et distribués aux partenaires
chargés de mettre en œuvre des enquêtes (DNPC, FLASH, IRD). Les données collectées (sites
d’enquête, données hydrographiques, éléments recensés dans l’inventaire culturel etc.) ont été
systématiquement géo référencées. Un conseil a été apporté aux partenaires pour les méthodes de
géoréférencement et de synthèse. Un mode d’emploi simplifié des GPS a été établi.
Une base de données a été établie sous ACCESS à partir des données de l’inventaire culturel. Un
travail important a du être réalisé pour vérifier, rectifier et valider les données. La méthode de collecte
a été actualisée sur cette base. A partir de la base de données, ont été produites plusieurs cartes
thématiques : patrimoine immatériel, flux des traversées de troupeaux dans le Delta, histoire du
peuplement etc. Ces cartes permettent une restitution simple et visuelle des résultats. Elles ont été
utilisées à différentes occasions (ateliers, exposition itinérante, festival sur le Niger, brochures etc.).
En complémentarité, des cartes spécifiques ont été produites pour appuyer les actions pilotes du
projet. A Mopti, le travail de réflexion sur l’aménagement urbain (et la place de l’eau dans la ville) a été
étayée par une série de cartes historiques ou techniques (ex : répartition des usages dans la ville,
historique de l’endiguement etc.), utilisés comme outils d’aide à la décision pour permettre aux élus de
visualiser la réalité urbaine, et dans une démarche prospective d’imaginer la ville de demain. A
Moribabougou, sur la base d’un fonds de plan googleearth, des cartes spécifiques ont été établies
pour localiser les réseaux d’adduction en eau existants.
Cette plate-forme interactive rassemble un fond cartographique et des fiches de données par bien,
établies selon le modèle de fiche d’enquête élaboré pour l’inventaire. 5 agents de la DNPC ont reçu
une formation et un accompagnement pour utiliser l’outil média wiki pour charger en ligne les fiches
d’inventaire et les images issues des enquêtes. Ce système permet à la DNPC de mieux
conserver et publier les données par la constitution d’une base de données facile à actualiser.
En application des recommandations issues des missions de monitoring réalisées par la Commission
Européenne, la composante 2 du projet a été supprimée et les activités initialement prévues ont été
redistribuées sur les autres composantes.
Activité 3.1. Former les formateurs : formation de dix chargés d’études et de projet
RESUME
Dix chargés d’études et de projet ont été recrutés dans le cadre du projet au sein des structures
maliennes partenaires ou associées. Leurs missions consistaient à coordonner les activités sur leurs
territoires ou dans leurs champs de compétences (enquêtes, actions pilotes, ateliers, accueil d’experts
ou d’étudiants en stage…) et à assurer la remontée d’informations auprès du chef de projet UNESCO,
à travers des contacts réguliers et des réunions de suivi organisées tous les deux mois.
Dans le cadre du projet, les chargés d’études et de projet ont bénéficié d’une formation au Mali
(programme de formation « à la carte » élaboré par le Master Décentralisation et Ingénierie du
Développement Local) et en France (voyages d’études de deux à trois semaines dans des structures
d’accueil pertinentes en fonction de leur spécialité).
L’enjeu de cette activité était de contribuer au renforcement de la gouvernance et des capacités dans
les structures maliennes partenaires et de former des formateurs, certains des chargés d’étude étant
amenés par la suite à assurer des formations. Il s’agissait donc à la fois d’un mode opératoire de mise
en œuvre du projet (les dix chargés d’études étant le noyau dur de l’équipe projet) mais aussi de
former des personnes ressources susceptibles, à l’issue du projet, de disséminer les enseignements.
PARTENAIRES IMPLIQUES
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Partenaires et associés impliqués :
- UNESCO
- Tous les partenaires et associés
RESULTATS
1. Voyages d’études
Six voyages d’études en France de chargés d’études et de projets (issus des structures maliennes
partenaires) ont été organisés. Les missions, d’une durée moyenne de deux à trois semaines, étaient
coordonnées par la Mission Val de Loire. L’enjeu de ces voyages d’études était de valoriser les
ressources d’expertise des partenaires de la Loire (collectivités, universités, établissements
techniques) pour appuyer la mise en œuvre des projets pilotes suivis par les chargés d’étude.
Les résultats de chacun de ces voyages en termes d’acquisition de compétences pour les chargés
d’études sont résumés ci-dessous :
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Mahamadoun Coulibaly, chargé d’études et de projet, commune urbaine de Ségou
Badie Coulibaly, chargé d’études et de projet, Assemblée Régionale de Mopti
(05-22 octobre, Tours, Montlouis, Blois, Orléans, Angers et Paris)
Ces deux voyages d’étude ont été organisés conjointement, afin de faciliter les échanges
entre deux expériences menées par les partenaires du projet sur des contenus et des
objectifs similaires : la création d’une maison du fleuve à Ségou et la mise en place d’une
maison du delta à Mopti. Les résultats des voyages d’études sont les suivants :
- Familiarisation avec les techniques d’interprétation en Val de Loire et les techniques de
recensement du patrimoine (Observatoire de Loire) ;
- Compréhension du statut des acteurs pertinents du Val de Loire (dont les statuts pourraient se
rapprocher de ceux des futures maisons du Delta et du fleuve) et de leurs modes de
financement ;
- Réflexion sur l’identité des maisons et les synergies possibles entre les deux structures ;
- Structuration de certaines activités : formations en fonction des publics cibles, expositions, etc. ;
- Contribution à la préparation de l’atelier pilote de Mopti (décembre 2009, voir activité 4.3).
Quatre modules de formation ont été dispensés à l’université de Bamako par l’Institut Universitaire de
Développement Territorial (IUDT) en faveur des chargés d’études :
- Ingénierie et montage d’un projet de formation,
- Ingénierie et montage d’un projet d’étude,
- Animation et évaluation d’une session de formation,
- Animation et évaluation d’un projet de développement.
L’objectif de la formation était de contribuer à une meilleure compréhension par les chargés d’études
des outils, méthodes et techniques d’ingénierie, de montage et de pilotage de projets de formation et
de développement. Elle a complété les voyages d’étude en France.
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3. Réunions de suivi
Une réunion des chargés d’étude et de projet s’est tenue tous les deux à trois mois à Bamako.
Animée par le chef de projet, elle permettait de faire le point sur l’avancement des activités, de mettre
en commun les travaux réalisés par les chargés d’études, de favoriser la synergie et la
complémentarité entre les activités et de renforcer la communication et la concertation dans la gestion
du projet.
RESUME
L’un des objectifs centraux du projet était de renforcer les capacités des décideurs et
gestionnaires, en particulier au niveau local, dans les thématiques liées au fleuve Niger. Il ne
s’agissait pas en premier lieu de former des spécialistes – même si certaines formations
techniques ciblées ont été organisées – mais plutôt de sensibiliser des professionnels ou
fonctionnaires, de profil varié, aux enjeux clés pour la bonne gouvernance du fleuve et de leur
donner les éléments de compréhension et outils nécessaires pour monter des projets
(aménagement, adduction d’eau etc.) avec une vision globale de l’impact sur le milieu naturel et
culturel. En effet, l’avenir du fleuve dépend non seulement des grandes décisions d’aménagement
prises à l’échelle du pays ou du bassin, mais aussi de la multiplicité des décisions, interventions
ou opérations menées par des collectivités locales ou des ONG à l’échelle locale. L’enjeu est
donc de disséminer, dans des programmes existants, une conscience de l’importance du fleuve
comme bien commun et levier de développement du pays, d’éveiller un intérêt et susciter des
initiatives. C’est cet esprit qui a présidé aux activités de formation.
Afin de valoriser l’existant, le projet a fait le choix de s’appuyer sur un DESS de formation
continue intitulé Décentralisation et Ingénierie du développement local (DIDL). Créé en 2002 au
sein de l’Université de Bamako, ce programme forme chaque année environ 80 professionnels de
profil généraliste, issus des services de l’Etat, des collectivités locales ou de bureaux d’études ou
ONG. Intégré dans le réseau des DESS africains de développement local, il positionne son projet
pédagogique en appui aux dynamiques et promoteurs du développement local pour former, par
un diplôme universitaire de troisième cycle, des « animateurs et experts du développement local »
27
et développer des métiers destinés à « piloter et dynamiser le développement au niveau local ».
Le DESS DIDL a développé dans des coopérations techniques avec plusieurs universités
européennes (Grenoble, Lyon, Angers). Géré sous la forme d’un institut, il dispose par ailleurs
d’une certaine autonomie ce qui lui donne plus de stabilité, dans un contexte d’instabilité
périodique de l’université de Bamako.
Le projet s’est donc inscrit en appui à ce DESS, avec l’objectif de développer des contenus de
formation sur le fleuve, sous l’angle à la fois environnemental et culturel. L’originalité consistait à
s’appuyer sur toutes les activités du projet (recherche, actions pilotes, actions éducatives) pour
alimenter les contenus de formation. Ainsi les résultats des travaux hydrologiques, de l’inventaire
culturel ou des enquêtes anthropologiques ont été présentés en cours par les personnes
ressources chargées de les coordonner, et ce dans le but de mettre les étudiants en contact
direct avec la recherche « en train de se faire ». De même, les techniciens ou gestionnaires
chargés de coordonner les actions pilotes les ont restitué en cours sous forme d’études de cas et
ont, pour certains, organisé des visites de terrain. De façon générale, le réseau professionnel et
institutionnel progressivement construit au travers des activités du projet (géographes, historiens,
hydrologues, gestionnaires du patrimoine, techniciens de bureaux d’études etc.) a été utilisé
comme pôle de ressources pour la formation, dont environ la moitié des intervenants était issu du
monde professionnel.
Pour capitaliser sur l’expérience développée en Val de Loire, l’élaboration des contenus
pédagogiques a été coordonnée conjointement par l’université de Bamako et la Mission Val de
Loire. Celle-ci a mobilisé des compétences spécifiques au sein de l’université de Tours et de
l’Université Catholique de l’Ouest à Angers (hydrobiologie et gestion des milieux aquatiques,
médiation culturelle, aménagement du territoire etc.). Si les responsables pédagogiques du
programme ont cherché à éviter le piège d’une comparaison systématique entre la Loire et le
Niger, l’expérience de la Loire a permis, en filigrane, de structurer la maquette pédagogique.
Afin de permettre à la fois une sensibilisation générale de l’ensemble des auditeurs et une
formation approfondie pour ceux qui en faisaient le choix, l’intervention a été double. D’une part,
des petits modules spécifiques de sensibilisation aux questions fluviales ont été incorporés au
tronc commun d’enseignement. Par ailleurs, deux options de spécialisation de 200 heures
chacune ont été élaborées et soumises à recrutement : « Gestion environnementale des milieux
aquatiques et fluviaux » et « Gestion du patrimoine et développement durable » (GPA).
A l’issue du projet, le bilan s’avère très positif et dépasse les résultats attendus. Trois promotions
successives des deux options de spécialisation nouvellement créés ont été formées. Le DESS a
été transformé en Master au sein d’un institut, dont le diplôme est désormais validé par l’Etat. Un
réseau d’enseignants et d’intervenants professionnels dans différentes thématiques (hydrologie,
environnement, aménagement urbain etc.) a été créé et pérennisé. Des relations de confiance et
de coopération régulière ont été établies entre l’université de Bamako et les différents partenaires
(université de Tours, UCO, IRD), qui mettent régulièrement à disposition des intervenants
ponctuels pour les cours.
28
PARTENAIRES IMPLIQUES
Université de Tours
RESULTATS
L’appui pédagogique apporté par le projet au DESS a été coordonné par l’Université de Bamako
(Pr Bani Touré) et la Mission Val de Loire. Au cours du projet, cinq réunions pédagogiques se
sont tenues à Bamako ou à Tours en présence de Bani Touré et des enseignants des universités
françaises partenaires, pour définir les contenus prioritaires, élaborer progressivement la
maquette pédagogique, la tester et l’évaluer.
Pour sensibiliser de façon globale l’ensemble des auditeurs aux enjeux de gouvernance du
fleuve, il a été décidé d’incorporer quelques modules courts de connaissance préliminaire dans le
tronc commun sous forme de séance débat participative (où les étudiants étaient amenés à
partager leur expérience du fleuve) et de visites sur le terrain (site d’exploitation du sable de
Kalaban Koro, site de pratique de la teinture à Bozola etc.).
A l’issue des deux premières réunions techniques, l’équipe pédagogique a fait le choix de
construire deux options de spécialisation de 200 heures chacune, venant s’inscrire dans le cursus
initial. Prévoir deux options distinctes permettait en effet de toucher un plus vaste public et
d’approfondir les contenus techniques. La première option, intitulée Gestion environnementale
des milieux aquatiques et fluviaux, vise à mieux connaître les enjeux environnementaux liés au
fleuve et les mécanismes de gouvernance et de gestion des territoires fluviaux. Elle s’appuie sur
des études de cas d’opérations de restauration des milieux aquatiques ou d’assainissement. La
deuxième option, intitulée Gestion du patrimoine et développement durable vise à mieux
connaître la notion de patrimoine culturel et comprendre les politiques, stratégies et outils pour
l’intégrer dans les processus de développement local. Elle s’appuie sur des études de cas de
restauration ou de valorisation du patrimoine culturel.
Le recrutement des auditeurs a été mis en œuvre par l’université de Bamako au travers d’un
appel à candidatures soutenu par une campagne médiatique (conférence de presse, spots
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télévisés et radios). Les candidats sont de profil très divers : fonctionnaires des services de l’Etat
ou de collectivités locales, techniciens ou gestionnaires travaillant dans des bureaux d’études ou
des ONG. La sélection des auditeurs des deux modules de spécialisation a été réalisée par
l’université de Bamako, en consultation avec la Mission Val de Loire. La formation est payante
(600.000 FCFA pour les auditeurs du programme créé par le projet ; 1.000.000 FCFA pour les
autres auditeurs) et la plupart des étudiants bénéficient d’une bourse, soit par leur employeur soit
par un partenaire international.
Les deux nouvelles options de spécialisation crées par le projet offrent chacune 200 heures de
formation. Les cours ont été délivrées par une trentaine d’enseignants et intervenants
professionnels du Mali, et une dizaine d’intervenants internationaux mobilisés par le projet
(enseignants ou professionnels du Val de Loire et représentant de l’ABN). La démarche
pédagogique associe des séminaires techniques (entre 2 et 4 heures), et des séquences sur le
terrain (voyage d’étude à Ségou, travail sur site sur des quartiers historiques de Bamako etc.).
Les enseignants ont cherché à s’inscrire dans une démarche participative (séquences de tour de
tables, conférences débats). Des fiches d’évaluation ont été remplies par les auditeurs et par les
enseignants. Afin de valoriser les résultats du projet, les chargées d’études et de projet ont été
mobilisés régulièrement pour présenter leur travail.
Sur le plan pratique, l’organisation des cours (établissement du calendrier, contacts avec les
intervenants, préparation logistique…) a été assurée par l’université de Bamako, sous la
coordination de Bani Touré, avec l’appui d’un assistant pédagogique et d’agents de suivi des
cours (contrôle de la présence, prise de note, collecte des évaluations, production de notes
journalières et d’un rapport de synthèse). Après quelques difficultés logistiques constatées lors de
la première promotion, des ajustements ont été apportés : du matériel pédagogique
complémentaire a été mis à disposition de l’université (ordinateurs, projecteur, télévision) et deux
chargés d’étude du projet ont été désignés pour assurer le contact avec les intervenants de
chaque option (pour garantir la cohérence globale).
Une évaluation a été réalisée en mai-juin 2009 à l’issue de la première promotion, sur la base de
l’analyse des fiches d’évaluation et de plusieurs réunions de consultation organisées avec les
enseignants maliens et français. Sur le plan pratique, plusieurs dysfonctionnements ont été
relevés : problèmes d’impayés ; démobilisation du personnel pendant la période électorale ;
problèmes administratifs pour les congés formation de certains agents de l’Etat ; participation
insuffisante des chargés d’études et de projet. Sur le plan pédagogique, l’évaluation a
recommandé de renforcer l’approche pratique et les études de cas, en cohérence avec les
besoins exprimés par les auditeurs (répondre à des questions clés de développement). Il a été
suggéré également de renforcer le tronc commun entre les deux options pour favoriser l’approche
intégrée et de développer les interventions « à deux voix » associant intervenants maliens et français
pour pérenniser le programme de formation à l’issue du projet.
Au cours des quatre années, trois promotions d’une trentaine de personnes ont bénéficié des deux
options de spécialisation créées par le projet. Les profils des participants étaient variés :
fonctionnaires (Directions nationales du patrimoine culturel, de l’environnement ou de
l’hydraulique), représentants de collectivités locales, membres de bureaux d’études ou d’ONG.
Les deux options ont permis d’élargir le recrutement du DESS à de nouvelles disciplines
(architecture et urbanisme, ingénierie, histoire, ethnologie et archéologie, entrepreneuriat
culturel…). L’aspect pratique des cours (études de cas, visites sur le terrain) et la démarche
participative et interactive ont été particulièrement appréciés par les auditeurs.
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2. Création de l’Institut universitaire de Développement Territorial
Rapport d’activité du programme de MASTER DIDL, promotion 2009-2010, Bani TOURE, juin
2010
RESUME
Les thématiques de formation ont été identifiées avec l’appui de l’Association des Municipalités
du Mali (AMM) au moyen d’un questionnaire et correspondent, en particulier aux priorités des
communes. Si la cible principale des modules était les techniciens et élus de collectivités
territoriales, le public s’est avéré très large, associant également des agents des services
déconcentrés de l’Etat des zones bénéficiaires ou des représentants d’ONG.
Les thématiques de formation ont été identifiées avec l’appui de l’AMM au moyen d’un
questionnaire et correspondent, en particulier aux priorités des communes. Si la cible principale
des modules était les techniciens et élus de collectivités territoriales, le public s’est avéré très
31
large, associant également des agents des services déconcentrés de l’Etat des zones
bénéficiaires ou des représentants d’ONG.
PARTENAIRES IMPLIQUES
RESULTATS
Les modules de formation ont été conçus autour de thématiques plus ciblées, identifiées comme
prioritaires par les collectivités territoriales. Cinq modules de 20 heures ont été proposés. Deux
modules s’adressent aux techniciens de niveau Bac + 2/3 ans : (1) Etude, montage et gestion de
projets – Contrôle et (2) Suivi et évaluation des projets. Trois modules s’adressent plus largement
aux techniciens de niveaux CAP et BT : (1) Gouvernance de l’eau et Gestion Intégrée de la
Ressource en Eau (2) Gestion de l’environnement et assainissement et (3) Gestion du patrimoine
culturel. Les modules sont alimentés par les résultats des actions pilotes du projet (utilisées
comme études de cas et présentées par les chargés d’études et de projet).
La formation continue a été organisée sur une base régionale : une session à Bamako, une
session à Ségou et une session à Mopti. Une centaine de personnes des régions de Koulikoro,
Ségou, Mopti, et Gao ont bénéficié des 5 modules de formation (total : 100 heures). Les
participants étaient issus des communes des régions cibles (secrétaires généraux, responsable
de service en assainissement,…) des services techniques de l’état (Direction nationale de
l’hydraulique, …) ou de structures associatives (ONG, association de communes,..).
Pour chaque module, deux jours ont été consacrés aux présentations techniques réalisées par
des personnes ressources de profil varié (ex : Lassana Cissé, chef de la mission culturelle de
Bandiagara ; Mady Bagayoko, directeur des services techniques de la commune de Mopti etc.).
Puis les participants ont travaillé en groupes pendant deux jours sur des projets concrets issus
des régions cibles, sous l’encadrement des personnes ressources. Proposés par les participants
eux-mêmes, les projets étaient de nature très variée : assainissement de Gao, aménagement des
berges de Mopti etc. Les participants étaient invités à rédiger la trame globale d’un projet
32
(objectifs, résultats attendus, activités etc.). La dernière journée était consacrée à la restitution
des travaux de groupe et à la synthèse. La démarche pratique – accompagner le montage d’un
projet – a été très appréciée par les auditeurs. Quelques projets ont pu être effectivement mis en
œuvre à l’issue de la session.
Une synergie a été établie avec le projet Patrimoine culturel et développement local, coordonné
par l’Association Internationale des Maires Francophones (AIMF) et mis en œuvre entre 2009 et
2012 dans cinq pays de la sous-région parmi lesquels le Mali avec un financement de l’Union
Européenne. De façon générale, le projet conçoit et met en œuvre des formations pratiques
destinées à accompagner des élus et techniciens de collectivités locales pour mieux prendre en
compte, dans leurs programmes de développement, le patrimoine culturel de leur territoire. Pour
chaque session (5 jours), 20 communes sont sélectionnées sur dossier à partir d’un appel à
candidatures. Chaque commune est représentée par un élu et un technicien. Après une série de
présentations techniques (cadre de la décentralisation en matière de patrimoine, connaissance du
patrimoine etc.), les collectivités sont accompagnées, en travaux de groupe, pour identifier le
patrimoine culturel de leur commune sur lequel elle souhaiterait engager une intervention
prioritaire puis élaborer un projet.
Une première formation technique a été organisée par le projet Patrimoine culturel et
développement local au Mali en octobre 2010 et permis de former 40 élus et techniciens issus de
20 communes. Pour valoriser cette expérience, le projet Niger-Loire : Gouvernance et Culture a
souhaité s’associer au projet Patrimoine culturel et développement local pour organiser une
deuxième session en mai 2011 ciblant plus particulièrement des collectivités riveraines du fleuve.
40 élus et techniciens de 20 communes urbaines et rurales ont bénéficié de la formation et été
aidés au montage de projets très divers : restauration du patrimoine bâti (Sama Foula),
structuration du musée communal (Bamako), création d’un circuit touristique (Djenné),
amélioration de l’accueil du public lors des festivités de la traversée des troupeaux (Diafarabé)…
L’approche pratique de la formation a été saluée par les participants. Deux des projets élaborés
ont par la suite été soumis pour financement à la délégation de l’Union Européenne au Mali par
les communes porteuses, sur leur propre initiative.
Rapport de mission, 1ère phase formation continue, Bani TOURE, septembre 2008
33
COMPOSANTE 4 ....................................................................................... EXPERIMENTER
La quatrième composante du projet était consacrée à des actions pilotes réalisées dans des
collectivités riveraines du fleuve sur des thématiques clés du développement local : adduction en
eau, restauration des berges, dépollution, assainissement, éducation environnementale… Le
projet s’inscrivait en accompagnement des collectivités locales bénéficiaires (commune 6 de
Bamako, communes urbaines de Mopti, Ségou et Djenné). A visée démonstrative, ces opérations
étaient avant tout destinée à expérimenter des méthodologies applicables par les collectivités
dans les zones riveraines. Elles étaient également utilisées comme études de cas dans le cadre
des activités de formation (composante 3).
RESUME
Moribabougou est une commune de 24 000 habitants située à 20 kilomètres de Bamako. Malgré
sa proximité avec la capitale, elle n’est pas desservie en eau par la Société Malienne de Gestion
de l’Eau Potable (SOMAGEP) en raison notamment de sa topographie (sol caillouteux et pentu).
L’approvisionnement en eau de la commune est assuré par des opérateurs privés (ZeinaHydro et
PNIR) qui sont loin de pouvoir répondre à l’ensemble des besoins, d’autant plus que la commune
est amenée à croître dans les années à venir (accueillant des populations urbaines travaillant à
Bamako). L’amélioration de l’accès à l’eau potable est donc une priorité centrale de la commune,
qui en a fait un axe directeur de sa coopération décentralisée avec les Ponts-de-Cé (commune
située en périphérie d’Angers dans le Val de Loire).
Les premières investigations ayant permis de mettre à jour une source artésienne et de localiser
la ressource en eau, les études hydrogéologiques et les forages de reconnaissance initialement
envisagés ont pu être annulés et le projet réinvesti sur une phase pré-opérationnelle. Il a donc été
décidé de renforcer le réseau d’adduction d’eau existant par un raccordement au château d’eau et
de réaliser une première étude pour un schéma directeur du réseau d’eau. De façon
transversale, les communautés et opérateurs existants étaient impliqués à travers différentes
activités éducatives ou de concertation. Les réalisations ont donc été au-delà de la
programmation initiale et les trois communes disposent aujourd’hui des éléments préliminaires
pour planifier des investissements. Toutefois, pour dimensionner efficacement le réseau, un
pompage d’essai devra être réalisé sur le forage artésien de Sangarébougou et l’étude du schéma
directeur du réseau d’eau devra être approfondie.
34
PARTENAIRES ET EXPERTS MOBILISES
Experts :
Cathy SAVOUREY, urbaniste, professeur associé, université de Tours
Daniel ROUSSEL, Architecte-urbaniste
Jean-Claude CLERMONT, Aquassistance
Jean-Marie BATTAREL, Aquassistance
Clémence SAVARY, étudiante, université de Tours
RESULTATS
Une étude préliminaire a été réalisée en 2008 (université de Tours/université de Bamako). Elle a
permis de préciser les besoins en eau en fonction des perspectives d’urbanisation de la commune
(à partir d’une analyse cadastrale et de projections démographiques), de dresser un état des lieux
des réseaux d’adduction en eau existants (cartographie des canalisations, châteaux d’eau et
bornes fontaines, description et évaluation du fonctionnement, propositions d’amélioration) et
d’ouvrir des pistes de réflexion pour la mise en place d’un système global d’adduction en eau sur
l’ensemble de la ville, répondant aux besoins actuels et futurs de la population.
Sur cette base, une étude de faisabilité technique et financière sur la mise en place d’un système
d’adduction en eau desservant Moribabougou et les communes voisines a été réalisée en 2009.
Elle a permis de chiffrer les besoins en eau à une échelle de 20 ans, d’analyser et chiffrer les
différentes solutions techniques possibles à partir des eaux souterraines (forages) ou des eaux de
surface (station de traitement).
Un atelier s’est tenu les 25-26 septembre 2009 à Moribabougou, avec le maire, les services de
l’Etat et les gestionnaires des réseaux existants pour restituer les résultats de l’étude, déterminer
la solution technique (forage ou station de traitement) et échanger sur le mode de gestion. A
l’issue de l’atelier, la commune s’est prononcée en faveur de la réalisation de forages (l’option
d’une station de traitement paraissant trop coûteuse et aléatoire).
Dans le prolongement des études préliminaires, une proposition de projet a été rédigée pour
localiser et quantifier la ressource en eau. Elle prévoyait initialement la réalisation d’études
hydrogéologiques (photo-interprétation, prospections géophysique) et de 4-6 forages de
reconnaissance et l’organisation d’activités de formation et de sensibilisation. Le projet, porté par
la Commune des Ponts de Cé dans le cadre de la coopération décentralisée avec Moribabougou,
35
a été mis en œuvre en coopération avec l’Agence de l’Eau Loire Bretagne et Angers Loire
Métropole et avec l’appui technique de l’ONG Aquassistance.
Une mission d’assistance technique a été réalisée par Aquassistance (Jean-Marie Battarel,
hydrogéologue) en mai 2010. Destinée initialement à préparer la mise en œuvre du projet, la
mission a mis à jour l’existence de plusieurs forages et en particulier d’un forage artésien dans la
commune de Sangarébougou. Celui-ci atteste de la présence d’une ressource en eau importante
et permet de localiser les zones à haut potentiel, situées dans la nappe des grès du Précambrien
et notamment de Sotuba. L’exploitation de cette nappe permettrait d’obtenir, selon des
estimations préliminaires, un débit de 1000 m3/j à partir de deux forages de grande profondeur
(environ 130 m) dans le secteur de la vallée de Farakoba (située à l’extrême nord-ouest de
Moribabougou et de Sangarébougou). Cette implantation présente en outre l’avantage de se
situer à proximité du plateau dominant les trois communes, permettant ainsi la création d’un
réservoir unique et d’une distribution gravitaire.
En réponse à la demande de la commune, il a été décidé de cibler les efforts du projet sur le
renforcement des capacités du réseau PNIR d’adduction en eau de Moribabougou, dont la
capacité (20 bornes fontaines et 150 branchements particuliers) est largement insuffisante. Des
pompages d’essai ont été réalisés pour évaluer le débit, la profondeur et les caractéristiques
physico-chimiques du forage d’alimentation du réseau PNIR (15 m3/h) et d’un autre forage à
pompe manuelle situé à 700 mètres (8 m3/h). Des travaux de raccordement de ce second forage
36
au château d’eau du réseau PNIR ont ensuite été réalisés. Le château d’eau, dont le débit a
augmenté de 55% est désormais en mesure de couvrir les besoins en eau de 10000 personnes.
Afin de planifier les phases ultérieures du développement du réseau sur une base
intercommunale (Moribabougou, Sangarébougou et Ngabacoro Droit), il est essentiel de disposer
d’un outil de prévision des besoins d’alimentation en eau potable des populations des trois
communes, en fonction de l’évolution prévisionnelle de la démographie et du développement
socio-économique et urbanistique. A cet effet, une étude préliminaire de schéma directeur du
réseau d’eau a été réalisée entre août et octobre 2011. L’étude a permis de localiser les réseaux
existants d’approvisionnement en eau sur le schéma cadastral des trois communes sur la base
d’images satellitaires et d’esquisser une architecture du réseau (conduites principales, secondaire
et tertiaire). Afin d’aboutir à un schéma directeur réellement opérationnel, il est nécessaire de
réaliser une étude complémentaire, permettant notamment de compléter la modélisation – qui
demeure incomplète - et de réaliser une simulation de réseau.
Des réunions publiques ont par ailleurs été organisées en ciblant spécifiquement les femmes,
dont la participation effective aux processus de décision est essentielle à la pérennité du projet.
Une trentaine de femmes représentant les associations féminines locales ont participé à des
réunions publiques d’échange ou de restitution et partagé leurs priorités et leurs propositions
(localisation des bornes fontaines, zones prioritaires etc.).
Rapport d’étude sur les pompages d’essais, CHIC AFRIQUE, 36 p. juin 2011
RESUME
Un centre de transit a été aménagé à Bamako dans le cadre de la coopération entre Angers Loire
Métropole et Bamako. Ce centre est destiné à protéger un collecteur d’eau pluviale des souillures
des ordures ménagères contiguës. Il permet également aux GIE de décharger leur collecte et de
minimiser les temps d’attente aujourd’hui très importants (dans des rotations en baisse par
matinée). Des études ont été réalisées pour aider les GIE à organiser le tri des déchets
(plastique, humus, sable latéritique, ferreux) initialement réalisé de façon sauvage.
Experts :
Jean-Marc VERCHERE, services techniques, Angers Loire Métropole
RESUME
Une action de réhabilitation du port de Mopti a été engagée à la demande de la commune urbaine
de Mopti, dans le cadre du projet d’extension du port porté par la ville depuis plusieurs années.
L’enjeu était la revitalisation économique de ce port de pêche situé dans une zone carrefour mais
aujourd’hui en déclin, dans un contexte marqué par la diminution de la réserve halieutique (qui ne
suffit plus à répondre aux besoins de la population) et la construction planifiée par le
gouvernement malien d’un autre port en amont. Outre l’amélioration du fonctionnement du port
(assainissement, amélioration de la circulation) et le développement de ses activités, cette
opération pose donc la question de la redéfinition de sa vocation principale (pêche, tourisme ou
autres activités économiques…).
Au sein de cette démarche globale engagée de longue date et amenée à se poursuivre, le projet
a réalisé une opération pilote de restauration du port de pêche (réfection du perré et des espaces
publics environnants), pour initier sur ce tronçon clé une dynamique positive de reconquête des
berges, améliorer les flux et redonner de la qualité aux espaces publics. Sur cette base, le projet
a engagé un travail de réflexion avec les élus et les techniciens de la commune, dans une logique
d’assistance à maîtrise d’ouvrage, sur la politique d’aménagement urbain (place de l’eau dans la
ville, lien entre la ville et le fleuve) et plus spécifiquement les grandes lignes du projet de
réhabilitation du port (usages prioritaires, répartition des fonctions etc.). Ce processus a été
appuyé par quelques études techniques, réalisées en étroite coopération avec les services
communaux, et une série d’ateliers de concertation et de réflexion.
Point focal : Mady BAGAYOKO, directeur des services techniques, chargé d’études et de projet
38
Partenaires et associés impliqués :
Commune urbaine de Mopti (partenaire) : bénéficiaire et partenaire principal dans l’exécution
du projet
Université de Tours, université de Bamako et Mission Val de Loire (partenaires) : réalisation
de l’étude
Experts :
Cathy SAVOUREY, urbaniste, professeur associé, université de Tours
Daniel ROUSSEL, Architecte-urbaniste
Vincent ROTGE, géographe, Mission Val de Loire
Steven GAYME, Mission Val de Loire
Maëva RODIER (Université de Tours) et Dieudonné TRAORE (université de Bamako)
RESULTATS
Des travaux de restauration du port de Mopti ont été réalisés entre mai et juillet 2009. Ils ont porté
sur la restauration des ouvrages maçonnés du quai Simon (240 mètres linéaires) : réfection des
perrés en pente (talus maçonnés de pierre), aménagement de 2 allées intermédiaires empierrées,
de 5 escaliers et de caniveaux d’évacuation d’eaux pluviales, reconstruction d’un muret de
protection, élargissement et réfection des trottoirs attenants. Les travaux ont été réalisés de mai à
septembre 2009. Pour améliorer les espaces publics et de circulation piétonne, les berges ont été
équipées en mobilier urbain : 10 bancs et 20 poubelles ont été posés et des arbres plantés sur la
berge réhabilitée.
Le site réhabilité a été inauguré le 11 octobre 2010 sous la coprésidence de madame la Ministre
de l’élevage et de la pêche et du Directeur Représentant du Bureau Multi-pays de l’UNESCO au
Mali, en présence du représentant de la Commission Européenne, du président de l’Association
des Municipalités du Mali et du président de la Région Centre en France.
La bonne gestion du port passe par la mise en place par la commune d’un dispositif efficace de
maintenance (financé sur le budget communal) et des arbitrages politiques sur la répartition des
usages sur le port (pour améliorer le fonctionnement). A cet effet, un conseil d’administration a
été mis en place par la mairie de Mopti à la demande du projet pour assurer la gestion durable du
port mais des interrogations demeurent sur sa pérennité.
39
2. Etudes et diagnostic sur l’aménagement urbain et le tourisme
Une étude préliminaire sur le fonctionnement du port a été réalisée en 2008. Elle a permis de
dresser un diagnostic du fonctionnement du port : identification et localisation des usagers du port
et analyse de leurs besoins, identification des réseaux de circulation, élaboration de scénarios
d’aménagement à court et moyen terme et de pistes de réflexion sur la vocation du port.
Sur cette base, une étude urbaine plus approfondie a été réalisée en 2009. L’étude a formulé des
propositions de relocalisation des différentes activités aux abords du port, proposé de nouvelles
circulations à l’intérieur du port et dans ses abords (sens de circulation, stationnements…) et
déterminé des points de collecte des déchets. Par ailleurs, des propositions sur le mode de gestion et
le règlement du port (type de contrat, montant des loyers…) ont été esquissées.
Enfin, une étude-diagnostic sur le tourisme a été réalisée en 2010 et a produit des outils de
valorisation touristique directement exploitables. Une première carte touristique a été réalisée ainsi
qu’une carte des artisans (localisant les ateliers proposant des démonstrations au tarif de 2.000
FCFA). L’étude a suscité une dynamique locale entre les acteurs de la filière touristique et mis en
avant la question d’un syndicat d’initiatives, dont la création pourrait utilement soutenir la structuration
de l’activité touristique. Elle a rappelé enfin l’importance pour les guides de s’organisation sous forme
d’association. Une demande de local est en cours auprès de la commune, avec l’appui de l’OMATHO.
A partir de la fin 2009 et sur la base des résultats des études et de la dynamique créée par les travaux
de restauration du port, le projet a engagé une série de rencontres et ateliers sur l’aménagement et le
futur de la ville, portés et animés par la commune urbaine de Mopti et la Mission Val de Loire. Trois
ateliers successifs ainsi que différentes réunions techniques ou séances de travail ont associé des
représentants d’habitants et d’ONG, des élus, des cadres techniques des collectivités et de l’État.
L’objectif de ce travail de réflexion et d’assistance à maîtrise d’ouvrage était de dégager des pistes
d’aménagement pour mieux prendre en compte l’orientation portuaire et fluviale de la ville et, dans ce
cadre, son développement économique mais aussi son environnement et son patrimoine. Ces
travaux, ont permis de discerner trois domaines prioritaires autour desquels des politiques
d’aménagements ont été discutées : (i) travailler et habiter ; (ii) développer et conserver et (iii) l’eau et le
végétal dans la ville.
A l’heure où le Plan de Développement Communal et les schémas et plan d’urbanisme sont en cours
de révision, la période est favorable pour avancer des propositions d’urbanisme. Parallèlement, les
projets de réhabilitation récents (quartier de la Grande Mosquée restauré avec l’appui d’AKDN, port
de pêche restauré dans le cadre du présent projet et autres portions de quai restaurés par la
commune) ont créé une dynamique qui doit être entretenue.
40
Trois ateliers d’échange successifs ont donc été organisés. L’approche développée à travers les
ateliers a consisté à engager une discussion participative à partir de questions essentielles du
développement durable – développement des activités économiques, réponse aux services
essentiels, infrastructures – afin de trouver des solutions d’aménagement urbain intégrées et tournées
vers le développement socioéconomique et en même temps la conservation et l’amélioration de
l’environnement et du patrimoine de Mopti.
Le premier atelier s’est tenu à Mopti les 9-10 décembre 2009. Les études réalisées sur la
réhabilitation de la zone portuaire ont été présentées et discutées avec les élus et les usagers. Un
échange a été engagé sur les grandes lignes d’un projet de réhabilitation global du port de pêche. Les
discussions ont été organisées autour des thématiques suivantes : (i) stratégies économiques pour le
port et la ville de Mopti ; (ii) aménagement et gestion du port de Mopti : les problématiques de
circulation et d’assainissement, (iii) prise en compte de l’identité, du paysage et du patrimoine
mopticien pour un meilleur développement local. L’atelier a souligné l’attachement fort des habitants à
leur patrimoine, qui doit donc être pris en compte dans les schémas et politiques d’aménagement pour
que la commune préserve son identité urbaine, liée notamment à l’omniprésence de l’eau.
Un second atelier a été organisé les 21 et 22 juillet 2010, à l’occasion d’une session extraordinaire du
conseil communal. Il a rassemblé, en plus des élus, les représentants des services d’urbanisme, de la
jeunesse des arts et de la culture, de l’OMATHO et des associations des guides touristiques. La
rencontre a permis d’engager une discussion sur des questions clés du développement économique
et urbain, Par ailleurs, un échange a été organisé sur l’identité architecturale et paysagère de la ville à
partir d’éléments iconographiques (images et cartes) permettant de visualiser l’histoire de la ville, son
rapport avec l’eau et de projeter son avenir.
Un dernier atelier sur les orientations urbaines de Mopti a été organisé les 24 et 25 novembre 2010.
Sur la base des thématiques évoquées lors de la précédente rencontre, il a permis d’aborder plus
concrètement les documents d’urbanisme et les moyens pour prendre en compte, dans la
réglementation et la planification existante, ce qui fait la particularité paysagère et patrimoniale de la
ville (perspectives, cônes de vue, trame urbaine etc.). Des documents graphiques d’aide à la décision
ont été au préalable préparés par la cartographe du projet.
41
Activité 4.4. Appui à l’amélioration de l’assainissement à Djenné
RESUME
Inscrite sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO pour la valeur universelle exceptionnelle
de son architecture en terre crue, la ville de Djenné est confrontée à des défis importants en
matière de gestion des eaux usées et des déchets solides. Cette situation, propre à de
nombreuses communes urbaines au Mali, est ici accentuée par la topographie du site, situé dans
la zone inondée du delta intérieur du fleuve Niger, et par la densité de la trame urbaine. Plusieurs
solutions techniques d’assainissement ont été mises en œuvre au cours des deux dernières
décennies pour la gestion des eaux usées, avec des résultats inégaux. En l’absence de décharge
et de système de collecte, les déchets solides sont entreposés sur les berges. Les enquêtes
préalables font état d’une situation sanitaire très dégradée.
Face à cette situation, le projet a choisi de cibler de façon globale la question de la gouvernance
de l’assainissement à travers l’état des lieux des systèmes existants, la revitalisation du comité de
l’eau et de l’assainissement, des actions éducatives ou la réflexion sur l’amélioration de la
fiscalité. Par ailleurs, en réponse aux besoins formulés par la commune, le projet est intervenu en
priorité sur la gestion des déchets solides. Un dépôt de transit a été aménagé, du petit matériel
d’assainissement fourni à la commune et une étude de faisabilité réalisée sur la construction
d’une décharge finale.
Cette démarche doit être poursuivie par un appui à la commune pour renforcer son service
d’assainissement, améliorer la collecte de la taxe d’assainissement et accompagner le
mécanisme de collecte des déchets. Par ailleurs, la construction d’une décharge finale peut être
envisagée avec des financements complémentaires sur le site étudié.
Experts :
Abdoulaye DEMBELE, Ingénieur Génie rural
Daniel ROUSSEL, Architecte-urbaniste
Vincent ROTGE, géographe, Mission Val de Loire
RESULTATS
Un état des lieux des différents systèmes d’assainissement (gestion des eaux usées et des
déchets) mis en place antérieurement à Djenné a été réalisé en 2008. L’étude identifie les
différentes solutions techniques mises en œuvre et souligne que les solutions les plus simples –
en particulier les mini-égouts – semblent avoir rencontré plus de réussite. Elle recommande de
faire un état détaillé des réseaux existants (appuyé par une cartographie) et d’étudier les
42
possibilités d’amélioration des systèmes par des interventions minimales (ex : retravailler le profil
des canaux en V pour faciliter l’évacuation).
En complémentarité, une enquête anthropologique a été réalisée pour explorer les croyances,
pratiques traditionnelles et autorités liées à l’eau (maître des eaux, passeur…). Elle souligne
l’importance de proposer un système d’assainissement adapté aux pratiques des populations.
Elle formule également des propositions d’actions prioritaires en termes d’éducation à l’hygiène et
à la santé.
Par ailleurs, un système de suivi régulier du curage des caniveaux a été mis en place par les services
de l’assainissement. Les habitants ne nettoyant pas leurs caniveaux sont susceptibles d’être pénalisés.
Cette politique a permis d’améliorer de façon significative l’état sanitaire dans plusieurs quartiers.
En réponse à la demande de la commune, le projet est intervenu en priorité sur la gestion des déchets
solides. Sur la base des études préliminaires, et en cohérence avec le plan stratégique
d’assainissement, il a été décidé d’aménager un dépôt de transit. Plusieurs sites avaient été identifiés
dans le Plan Stratégique d’Assainissement en vigueur pour accueillir des décharges de transit, mais la
plupart étaient situés en ville, dans des zones trop denses, sur des parcelles aujourd’hui construites
(ex : avant le pont). Après des investigations de terrain réalisées par les autorités locales, un site a été
localisé à la sortie du pont au Nord de la ville, à proximité du cimetière. Situé à l’extérieur de la ville, il
ne produit pas de nuisances directes (impact environnemental et santé).
L’aménagement du site a été réalisé en 2010 par une entreprise locale sur une surface de 1387 m2.
Le choix a été fait d’une solution technique simple, nécessitant peu de maçonnerie et facilement mise
en œuvre par une commune de la taille de Djenné disposant de peu de moyens. Après
surcreusement de la surface, un talus a été constitué pour entourer le site surmonté d’un grillage et de
plantations. A l’intérieur du dépôt, un aménagement sommaire de tri sélectif a été organisé avec trois
zones de stockage des déchets selon leur nature (déchets biodégradables, déchets métalliques,
matières plastiques.). L’entretien du site est assuré par le GIE Koraidi.
43
Pour permettre le transfert des déchets depuis la ville vers le dépôt de transit, des équipements
d’assainissement sommaires ont été mis à la disposition de la commune : charrettes avec ânes,
brouettes, pousse-pousse surmonté de barrique, pelles, râteaux, paires de bottes, paires de gants
ainsi que plusieurs centaines de petits matériels (balais, cache nez, eau de javel, grésil, savon). Ces
équipements ont été répartis entre le GIE et les responsables des comités de salubrité.
Par ailleurs, sur la suggestion du maire, la mise à disposition de poubelles fixes individuelles a été
expérimentée dans les quartiers adjacents à la mosquée. Les poubelles ont été remises aux habitants
en faisant la demande. Cette expérience, inédite à Djenné, s’est avéré efficace, les habitants
impliqués acceptant de payer une contribution régulière pour le vidage de leurs poubelles. La
commune souhaite aujourd’hui étendre ce système à d’autres quartiers. Pour un coût très modique
(les poubelles étant réalisées à partir de barils recyclés), il permet en effet de mobiliser les habitants
et d’améliorer le taux de perception de la redevance d’assainissement.
Enfin un appui particulier a été apporté aux femmes, qui assurent le balayage des espaces publics
(notamment l’esplanade de la mosquée) pour une rémunération très faible voir parfois de façon
bénévole. Afin de permettre de diversifier leur source de revenus et d’enclencher une dynamique de
réutilisation des déchets organiques collectés dans le dépôt de transit, une formation d’une centaine
de femmes de 5 associations de la ville a été mise en œuvre par une ONG locale (AADI). Elle était
destinée à présenter les techniques de tri sélectif et de compostage et leur utilisation possible pour
améliorer la productivité des activités de maraîchage.
Le schéma directeur d’assainissement proposait plusieurs zones potentielles pour la décharge finale.
Toutefois, ces zones étaient trop lointaines – ce qui rendait le coût du transport des déchets inadapté
aux finances communales. De nouvelles investigations ont donc été lancées pour identifier un site
adapté, c’est-à-dire dans une zone non utilisée, hors d’eau et hors des zones archéologiques.
Plusieurs sites ont été proposés, notamment à Wellengara. La possibilité d’utiliser des
surcreusements créés par les travaux de construction du seuil a également été envisagée mais
finalement écartée, ceux-ci devant être conservés pour la pisciculture. Le site de Bossi Koré, situé à 5
kilomètres au Nord de la ville et identifié par la commune, a finalement été retenu et validé. D’une
surface de 5 hectares, il s’agit d’un site non occupé et non cultivable, situé dans l’ancienne harima de
Djenné (lieu consacré au bétail), sur un promontoire qui lui a permis de rester hors d’eau ces vingt
dernières années (l’inondation n’est toutefois pas à écarter).
L’étude de faisabilité sur l’aménagement de la décharge a été menée par le bureau d’études ISEPT.
Sur la base d’un état des lieux du système actuel de collecte et traitement des déchets solides et
d’une estimation prospective de volume de déchets à traiter, l’étude propose une filière adéquate de
collecte et traitement des déchets pour la ville. Elle élabore un schéma d’aménagement du site retenu
(conception, dimensionnement etc.) et étudie la faisabilité technique, financière, économique et
environnementale de la décharge. Elle propose enfin, sur cette base, un mode de gestion de
l’ensemble du système de collecte et de traitement des ordures pour la ville.
44
5. Appui à l’amélioration de la fiscalité locale
L’une des difficultés majeures de la commune de Djenné pour assurer une gestion efficace de
l’assainissement est liée à la faiblesse de ses ressources fiscales. Ces ressources sont alimentées de
manière assez substantielle par les taxes touristiques. Avec la crise que traverse ce secteur depuis
plusieurs années, la faiblesse de ressources de la commune a été accentuée. De plus, le taux de
recouvrement des taxes de la commune (taxes de marche notamment) demeure très faible.
Une étude a été menée en vue d’améliorer le mécanisme de collecte des taxes d’assainissement
et de renforcer les capacités financières de la commune. Elle dresse un état des lieux du système
de collecte des taxes de la commune en général et des taxes d’assainissement en particulier.
L’étude évalue le taux et le potentiel de recouvrement des taxes et formule des recommandations.
Le projet a également accompagné la commune de Djenné pour faciliter son adhésion à l’Association
Internationale des Maires Francophones (AIMF). Djenné a rejoint le réseau en 2011, ce qui lui permet
de mobiliser une assistance technique et financière pour renforcer son service d’assainissement.
Activité 4.5. Mise en place d’un système d’adduction sommaire à l’eau potable à
Sibiribougou
RESUME
Le quartier de Sibiribougou, situé dans la commune 4 du district de Bamako, est un secteur en forte
croissance démographique, non alimenté en électricité et en eau potable. Dans le cadre de la
coopération entre Bamako et Angers Loire Métropole, il a bénéficié de travaux d’adduction d’eau
potable, réalisés par l’entreprise malienne HydroSahel. Un château d’eau connecté à 5 bornes
fontaine et à un puits à pompe électrique a permis à 3000 personnes d’accéder à l’eau.
Experts :
Jean-Marc Verchere, services techniques, Angers Loire Métropole
45
Activité 4.6. Mise en place d’une maison du fleuve à Ségou
RESUME
La commune de Ségou anime depuis plusieurs années un festival du fleuve Niger désormais très
renommé au Mali. Porté par le Centre pour la Promotion de l’Economie Locale (CPEL), ce festival
constitue à la fois un pôle d’activités culturelles et économiques et l’opportunité d’attirer l’attention
du public sur les questions du fleuve. Dans la continuité du festival, un observatoire sur le fleuve
a été constitué sur l’initiative des acteurs locaux, pour collecter et mettre en commun des
informations sur le fleuve. C’est de cette dynamique qu’a émergé l’idée de mettre en place une
maison du fleuve à Ségou, ayant pour vocation d’être un espace d’information et de
sensibilisation à la préservation du fleuve, de ses berges et du patrimoine naturel et bâti.
Le projet a donc appuyé le CPEL pour approfondir cette perspective et en définir les contours. Il
n’était pas prévu d’investir sur un projet opérationnel de construction d’une maison, mais
d’accompagner la réflexion sur les missions, les activités et la raison d’être d’une telle structure.
Si les investigations réalisées dans le cadre du projet ont permis de définir plus précisément le
rôle et le contenu de la maison du fleuve, son interaction avec les autres structures locales et
d’identifier un site potentiel, le projet a toutefois souffert d’un manque de portage par la commune.
Experts :
Ibrahima BAO, socio-anthropologue, Université Gaston Berger de Saint Louis (Sénégal),
Directeur de la Maison du fleuve Sénégal (Saint Louis, Sénégal)
Jacky VIEUX, Directeur de la Maison du Fleuve Rhône (Givors, France)
Yves JOULAIN, Directeur de la Maison Loire en Anjou
Daniel ROUSSEL, Architecte-urbaniste
RESULTATS
Une étude de faisabilité a été réalisée, sur la base d’une concertation entre la commune, les usagers
et les services de l’Etat. Elle a permis de déterminer les grandes lignes du programme : un
équipement qui s’adresse en priorités aux populations de Ségou (pour ne pas se juxtaposer au centre
d’information touristique existant) ; une optique résolument opérationnelle et démonstrative (la maison
est destinée à mener des actions expérimentales avec les usagers du fleuve) ; un accent particulier
sur l’architecture en terre (qui constitue l’identité de Ségou).
Des investigations complémentaires réalisées par les universités de Bamako et de Tours ont permis
de spécifier les attentes des usagers et bénéficiaires de la maison (pêcheurs, exploitants de sable
46
etc.) et de proposer un premier plan d’activités de formation et de sensibilisation des publics
(organisation de journées d’investissement humain sur le fleuve, de soirées de contes etc.).
Un local a été mis à disposition par la mairie pour abriter la maison. Il a été équipé par le projet en
matériels informatiques (ordinateur, imprimante, scanner) et mobiliers (étagères, tables, chaises). Un
fonds documentaire sur le fleuve Niger a également été constitué et mis à disposition.
Un partenariat a été établi avec la Direction du festival sur le Niger pour mettre œuvre une campagne
de sensibilisation à la sauvegarde du fleuve auprès des écoliers et des usagers du fleuve
(maraîchers, pêcheurs, exploitants de sable, teinturières,…). Cette opération a été conduite lors des
éditions 2009 et 2010 du festival sur le Niger.
Pour développer les activités de la maison du fleuve et l’inscrire dans un réseau international, le point
focal de la maison a été invité à participer au colloque Patrimoines fluviaux et territoires, organisé par
la maison du fleuve Sénégal et qui s’est tenu à Saint Louis, Sénégal, du 3-6 mars 2011. Cette
rencontre offrait l’occasion d’un partage d’expériences avec des structures ou expérimentations
similaires menées dans la région. A l’issue de l’atelier, le réseau international des maisons du fleuve a
été officiellement lancé, réseau dont la maison du fleuve de Ségou est partie prenante.
RESUME
Pour connaître et faire connaître les ressources environnementales du Delta Intérieur du fleuve Niger,
l’Assemblée Régionale de Mopti (Mali) a décidé d’engager la mise en place d’un centre de ressources
dédié au Delta avec l’appui de la région Centre (France) à travers une coopération décentralisée.
L’enjeu pour la région est de trouver un équilibre entre la conservation du patrimoine naturel et culturel
et les exigences du développement durable d’une population en croissance.
Dans ce cadre, le projet a appuyé l’Assemblée Régionale de Mopti dans la réflexion sur les contenus,
les missions et l’organisation d’une maison du Delta (en lien avec le travail engagé à Ségou, voir
activité 4.6). Ce travail, coordonné par un chargé d’études et de projet, a permis de définir les
missions de la maison. Des premières activités de formation, de reboisement ou d’éducation
environnementale ont été mises en œuvre à titre pilote
47
Partenaires et associés impliqués :
Assemblée Régionale de Mopti (partenaire)
Région Centre (partenaire)
RESULTATS
Une étude de préfiguration et une étude de faisabilité ont été mises en œuvre. Elles ont permis de
définir plus précisément les missions de la maison, qui se présente comme un pôle de ressources
destiné à capitaliser les connaissances sur le Delta et offrir des possibilités de formation pour les élus
et les populations. Cette fonction de formation est au cœur de la mission de la maison du Delta.
L’étude a permis par ailleurs d’identifier un premier plan d’actions prioritaires et de proposer un mode
de fonctionnement (sous forme d’un établissement public placé sous l’autorité de l’Assemblée
Régionale). Un atelier d’échanges s’est tenu en décembre 2009 pour présenter les résultats de l’étude
et échanger avec les autorités locales.
Plusieurs activités opérationnelles ont été engagées à titre pilote, pour préfigurer la fonction que la
maison pourrait ultérieurement occuper. Ainsi, un programme d’éducation environnementales sur les
animaux du fleuve a été mis en œuvre dans deux écoles de Mopti avec l’appui de la maison du Delta.
Un programme pilote de reforestation de quelques zones riveraines du fleuve a été engagé avec
l’appui de la Région Centre et un document technique récapitulatif a été produit. Des activités de
sensibilisation du grand public aux ressources environnementales du Delta ont également été menées
(causeries du fleuve, quinzaine de l’Environnement).
RESUME
La teinturerie artisanale constitue une activité économique majeure pour les femmes maliennes,
reconnues pour la qualité de leur production dans toute la sous-région. La teinture est pratiquée
notamment à Bamako sur les berges du fleuve Niger ou à l’intérieur des concessions, à travers
des regroupements informels ou parfois semi-industriels. Toutefois, l'usage généralisé des
teintures chimiques et le rejet des effluents toxiques dans les collecteurs ou dans les eaux du
fleuve Niger entrainent des risques sanitaires pour les femmes (cancer, maladies
dermatologiques ou respiratoires) et une pollution des milieux aquatiques.
Pour faire face à ce problème de santé publique et améliorer les conditions de travail, le projet a
aménagé, à titre expérimental, une teinturerie artisanale dans le quartier de Dianéguéla à
Bamako. L’équipement, qui a ouvert ses portes en 2011, accueille 200 femmes. L'objectif est de
dépolluer les effluents de teinture avant leur rejet dans le milieu naturel. Les femmes ont reçu une
formation pour utiliser ces nouveaux équipements et pour diminuer le volume d'intrants (eau et
teinture). L'enjeu est en effet d'augmenter la productivité tout en réduisant l'impact
environnemental. A terme, l’ambition est également de permettre aux femmes qui le souhaitent
d'expérimenter l'usage de teintures naturelles. La gestion financière et technique du site est prise
en charge par une association de femmes.
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PARTENAIRES ET EXPERTS IMPLIQUES
Experts :
- Michel BACCHI, hydrobiologiste
- Hakim TALEB, expert teinture artisanale,
- Amadou BALLO, Géographe
- Mamadou Sanata DIARRA, Ingénieur Génie Civil
- Mariam Sy MACALOU, architecte
- Zoumana FANE, expert textile, ministère de l’artisanat
RESULTATS
1. Investigations préliminaires
Plusieurs enquêtes et études préliminaires ont été réalisées entre 2008 et 2010 avec l’appui
notamment des universités de Bamako (FAST et ENI) et de Tours, et de l’Université Catholique
de l’Ouest. Ces premiers travaux ont permis de mieux connaître la filière (approvisionnement,
distribution), les différents intervenants et les modes de travail des femmes. Ils ont permis
également, par des enquêtes et une analyse documentaire, de répertorier les conséquences
médicales et environnementales de la pratique de la teinture (risques pulmonaires,
dermatologiques ou cancérigènes).
Par ailleurs, les enquêtes sur le terrain et la collecte de données (notamment du ministère de
l’artisanat) ont permis d’établir une première cartographie de l’activité de teinture à Bamako.
Celle-ci identifie les lieux principaux de regroupement de l’activité informelle et, en croisant les
données avec la localisation des canaux de drainage et des collecteurs, pointe à titre préliminaire
les zones potentielles de concentration des matières polluantes.
49
Communal (PDC), ce qui garantir la pérennité de l’activité. Une parcelle de 1.300 mètres carrée a été
mise à disposition du projet par la commune 6 de Bamako.
La mise au point d’un procédé efficace de dépollution des effluents était l’un des principaux défis
de cette opération. Les effluents de teinture contiennent de nombreuses matières polluantes dont
la composition exacte est souvent difficile à établir. Mettre en place une méthode de dépollution
est donc un processus complexe : il faut en effet trouver un système simple et peu coûteux,
faisant appel à des matériaux facilement accessibles à Bamako et permettant d’épurer des
substances très hétérogènes. Après des analyses approfondies réalisées par la Faculté des
Sciences et Techniques de l’Université de Bamako (analyse de la composition des effluents,
recensement des systèmes de pré-traitement existants, tests en laboratoire de procédés de pré-
traitement sur colonne de sable et gravier, expérimentation de traitement à partir du charbon et de
l’argile etc.), un système a été mis au point à partir de la chaux et du sulfate d’aluminium. Sur le
plan technique, le système de dépollution est opéré par un mélangeur, actionné mécaniquement.
Après ajout d’un floculant, les effluents sont mélangés puis dirigés vers un lit filtrant.
Le centre de teinturerie a été aménagé dans le quartier de Dianeguela sur une superficie de
1.300 m2. Il est composé d’un hangar de teinture, un hangar de rinçage, une zone de séchage,
une zone de pliage des tissus, des latrines, des douches et une zone de repos et d’accueil des
enfants. L’aménagement privilégie des techniques simples et peu coûteuses, pour que le projet
soit facilement réplicable dans les conditions économiques locales. Les bâtiments sont des
structures légères et aérées, pour faciliter la circulation de l’air et des personnes. Le site n’est pas
électrifié, afin de limiter les coûts. Un système de prétraitement des effluents – constitué de
fosses de floculation et d’un lit filtrant – a été aménagé. Un fossé de 90 mètres a été creusé aux
abords du site pour diriger les effluents vers le collecteur situé en aval. Une haie végétale a été
également construite autour du site. Le centre a une capacité d’accueil d’environ 200 femmes.
50
textile et l’utilisation de recettes (dosage et température) permettant un épuisement maximum
pour une quantité d’intrants minimum.
51
COMPOSANTE 5 ................................................................................................ DIFFUSER
RESUME
Un plan de communication a été préparé et mis en œuvre afin d’assurer la visibilité du projet sur le
plan local, national et international et de mettre en cohérence les actions de diffusion de la
composante 5 (éducation, sensibilisation…).
RESULTATS
- Une plaquette du projet a été réalisée, imprimée à 5.000 exemplaires et diffusée au Mali, en
France et dans les pays riverains du fleuve Niger par l’intermédiaire de l’ABN.
- 46 articles de presse ont été publiés dans l’ESSOR et dans 7 autres organes de la presse privée.
- 10 panneaux du projet portant les logos de la Commission Européenne et de l’UNESCO ont été
fournis aux partenaires pour assurer la visibilité du projet et de la CE.
- 5 causeries du fleuve (Bada Baro en Bambara) ont été organisées à Bamako et dans chacune
des villes pilotes du projet. L’objectif était d’ouvrir une tribune publique auprès des populations
sur les différentes thématiques du projet, et d’organiser des échanges intergénérationnels. Ces
causeries ont rencontré un grand succès auprès des populations riveraines du fleuve et ont
permis de mesurer l’appréciation des enjeux et résultats du projet.
- 2 stands sur le projet ont été tenus lors des 6ième et 7ième éditions du festival sur le Niger (2010
et 2011). Une documentation importante sur les actions et réalisation de l’UE ainsi que les
résultats du projet Niger-Loire ont été présentés.
- Une lettre d’information semestrielles sur le projet, Brèves infos, a été publiée et envoyée
périodiquement aux réseaux de partenaires et experts.
52
Activité 5.2. Création d’outils de connaissance et d’aide à la décision pour les
collectivités locales
Plusieurs documents techniques ou méthodologiques ont été produits dans le cadre du projet pour
restituer les résultats des activités, servir de supports de connaissance ou d’outils d’aide à la décision.
Ces documents s’adressent à un large public et en priorité aux collectivités locales. Ils privilégient les
exemples concrets et illustrés, l’iconographie et la cartographie, et mettent en avant des messages
simples. Les documents produits ont été diffusés par l’intermédiaire des partenaires du projet et par
différents réseaux (centres de lecture communautaires etc.).
RESULTATS
Un livret-CD Badji koroba : les chants du fleuve a été publié en juillet 2011. Il est le fruit d’un travail
de collecte réalisé dans une vingtaine de villages riverains du fleuve. Le CD rassemble treize chants
enregistrés auprès de communautés Bozo ou Somono du fleuve Niger au Mali. Le livret retranscrit
intégralement les paroles des chants en langue locale, ainsi que leur traduction en français. Les
chants recueillent les valeurs fondamentales des peuples riverains et évoquent la diversité des
mythes de l’eau et du fleuve et la recherche permanente d’équilibre entre l’homme et son
environnement. Il a été publié et diffusé à 500 exemplaires.
Un ouvrage Mopti, entre terre et eau : analyse urbaine et propositions d’aménagement a été
publié en 2011. Ce document se présente avant tout comme un outil de réflexion et d’aide à la
décision pour les collectivités locales. Résultat des ateliers de réflexion engagés à Mopti sur
l’aménagement urbain et la place du fleuve dans la ville (voir activité 4.3), il souligne les éléments à
prendre en compte dans les documents de planification communale pour valoriser l’identité culturelle
et paysagère de la ville. Le propos est appuyé par une riche iconographie (photographies, croquis et
cartes), qui permet d’illustrer, de façon visuelle et pédagogique, différents scénarios possibles
La brochure Patrimoine du fleuve Niger : un inventaire engagé par la DNPC a été publiée en
2011. L’ouvrage récapitule les résultats clés de l’inventaire du patrimoine culturel réalisé par la DNPC
(voir activité 1.2). A visée essentiellement méthodologique, il met en avant le rôle essentiel des
collectivités dans la connaissance et l’appropriation du patrimoine culturel et décline les différentes
étapes de l’inventaire. Il est illustré par une dizaine d’exemples issus des fiches d’inventaire.
53
SOURCES DE VERIFICATION (voir dossier Annexes/Composante 5/Activité 5.2)
Badji koroba : les chants du fleuve (voir copie imprimée)
Le fleuve Niger de la forêt tropicale guinéenne au désert saharien : les grands traits des régimes
hydrologies (voir copie imprimée)
Mopti, entre terre et eau : analyse urbaine et propositions d’aménagement (voir fichier
électronique)
Patrimoine du fleuve Niger : un inventaire engagé par la DNPC (voir fichier électronique)
Activité 5.3. Mise en œuvre d’une action d’éducation environnementale sur les
« animaux du fleuve »
Une opération d’éducation au développement durable autour du thème des « animaux du fleuve » a
été réalisée. Elle vise à sensibiliser de jeunes écoliers âgés de 7 à 12 ans sur la perte de la
biodiversité, la raréfaction des ressources en eau et la richesse du patrimoine culturel (notamment
oral) associé au fleuve. Les enseignants ont été formés à l’animation de classes environnementales
sur la base de supports visuels et d’un guide pédagogique. Les enfants ont été encouragés à
interroger leurs parents et grands parents sur les animaux qu’ils voyaient sur les berges du fleuve
lorsqu’ils étaient enfants, afin d’engager un dialogue intergénérationnel. Lancée à titre pilote sur trois
écoles (Djenné, Mougna et Bamako), cette initiative a été étendue à deux écoles complémentaires de
Ségou et Mopti. Cette opération a rencontré un vif succès, la question de la faune étant très
importante dans la mémoire des populations riveraines. Elle s’est avéré être un vecteur efficace de
transmission intergénérationnel.
RESULTATS
Deux éditions de l’opération « animaux du fleuve » ont été mises en œuvre, la première sur l’année
scolaire 2008/2009 (clôturée en mars 2009 à l’occasion de la journée mondiale de l’eau) et la seconde
sur l’année scolaire 2009/2010 (clôturée en juin 2010 à l’occasion de la journée mondiale de
l’environnement).
Pour préparer l’opération, des visuels et des informations scientifiques sur les animaux (mammifères,
reptiles etc.) ont été rassemblés à partir d’une recherche documentaire et d’une consultation des
services compétentes (direction de la nature etc.). Sur cette base, un kit a été élaboré, composé d’un
manuel pédagogique à l’attention des enseignants et de planches illustrées sur les animaux destinées
à servir de supports de travail pour les enfants. Pour former les enseignants à la démarche
pédagogique proposée, un séminaire d’échanges a été organisée à Ségou.
Pour lancer l’opération dans les écoles participantes, une dizaine de classes ont été choisies. Un
matériel de base a été mis à disposition auprès de chaque école : recueils pédagogiques, planches et
matériel de dessin (papier, peinture…). Les enseignants ont ensuite animé des séquences
pédagogiques sur la biodiversité, à partir des manuels et des planches. Sous leur supervision, un
concours de dessins, de contes, de proverbes et de chants associés aux animaux en danger a été
organisé. Ces travaux ont été répartis sur plusieurs mois, soutenus par des échanges réguliers entre
les enseignants et des personnes ressources du projet.
Pour clôturer l’opération et sensibiliser les autorités, des cérémonies de récompense des lauréats du
concours de dessin ont été organisées sous la présidence du Ministre de l’Environnement et de
54
l’Assainissement et en présence du représentant de la délégation de la Commission Européenne à
Bamako (pour la première édition au musée national de Bamako lors de la journée mondiale de l’Eau
le 22 mars 2009 ; pour la deuxième édition lors de la journée mondiale de l’environnement le 23 juin
2010). Une trentaine de prix ont été remis aux lauréats à chacune des éditions (vélos, livres, bassines,
bouilloires, savons). Les remises des prix ont été suivies par des visites guidées des expositions de
dessins des enfants.
Dans la continuité du travail réalisé, le centre culturel communautaire Téréba Togola (situé à Faladiè
Sokoro à Bamako) s’est associé avec l’Association Malienne pour la Protection du Patrimoine Mondial
pour organiser une semaine sur les animaux du fleuve en décembre 2009 dans les locaux du centre :
collecte et exposition d’objets de la vie quotidienne reprenant les animaux, organisation de lectures
publiques et de causeries. Cette initiative spontanée, qui a été soutenue par le projet, démontre que la
thématique des animaux est un excellent vecteur d’éducation, de transmission de valeurs et de
partage entre les générations. En complémentarité, un livre de contes sur les animaux du fleuve a été
publié (voir description activité 5.5).
RESUME
Une exposition de restitution intitulée Niger, un fleuve et des hommes a été montée dans le dernier
semestre du projet. Elle était destinée à la fois à restituer les résultats du projet mais aussi, de façon
plus large, à transmettre des éléments de connaissance sur le fleuve à un large public. L’enjeu était
de diffuser des messages clés sur la situation du fleuve (menaces, changements à venir) et sur
les responsabilités des autorités locales et des populations dans sa sauvegarde. Il s’agissait
également de mettre en valeur la richesse des pratiques culturelles des populations riveraines
pour favoriser l’appropriation du projet. L’exposition a dans un premier temps été présentée au
musée national du Mali pendant trois mois, appuyée par un programme d’activités pédagogiques
(visites scolaires, causeries débats etc.). Puis elle a circulé sur une pinasse pendant trois
semaines afin de toucher les communautés rurales.
Personnes ressources
Samuel SIDIBE, directeur du musée national
Philippe LEDUC, scénographe
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Sokona TOUNKARA, scénographe
Filifing SAKO, historien
Luc FERRY, hydrologue
Abdoulaye DEMBELE, ingénieur génie rural
Pierre-Alain UNIACK, photographe
LAM Duc Hiên, photographe
Abdoulaye KONATE, artiste plasticien
RESULTATS
L'exposition « Le Niger, un fleuve et des hommes » a été inaugurée le 10 mai 2011 au musée national
du Mali et est restée ouverte au public jusqu'au 31 juillet 2011. Destinée à sensibiliser le grand public
et les décideurs sur la richesse culturelle du fleuve Niger et les questionnements sur son avenir,
l’exposition présente également les résultats clés du projet. Les contenus ont été élaborés par l’équipe
projet, avec l’appui d’un conseil scientifique (historien, hydrologue…).
La scénographie, produite par Philippe Leduc (Lucie Lom), en coopération avec Sokona Tounkara,
donnait la priorité à l'expérience sensorielle du fleuve. L'exposition restituait des éléments de
connaissance sur le fleuve (hydrologie, culture, biodiversité...) et des résultats du projet, autour de
douze ilots thématiques répartis sur une surface de 450 m2. Des objets issus des collections du
musée (statues, textile) ou collectés par les partenaires du projet (instruments hydrologiques, objets
artisanaux) accompagnaient le propos.
Une place importante a été accordée à l'image, avec le regard de quatre photographes : (Mali), Lâm
Duc Hiên (qui a réalisé en 2008 et 2009 un reportage photographique dans le cadre du projet),
Mamadou Konate (photographe malien primé à la biennale de Bamako pour un sujet sur les pêches
collectives dans le Niger supérieur), Pierre-Alain Uniack et Bernard Desjeux. Des œuvres et
installations plastiques, produites par Abdoulaye Konate, artiste plasticien (Mali), et par des étudiants
du Conservatoire des Arts de Bamako apportent un regard sur la dimension sacrée du fleuve.
Des maquettes réalisées par les étudiants de l'école d'Architecture et d'Urbanisme de Bamako
(ESIAU) offraient des visions et propositions sur l'aménagement du fleuve.
Un programme d'activités a été monté en écho à l'exposition. Un livret de 16 pages a été distribué
gratuitement aux visiteurs. Un parcours pédagogique a été monté avec l’appui de la FEMACAU et a
bénéficié à 1.000 enfants d'écoles de Bamako.
Des ateliers sur l'architecture en terre et la lecture de contes environnementaux sur les animaux du
fleuve ont été ouverts au public chaque semaine dans les jardins attenants au musée, ainsi que des
conférences sur les thématiques de l'exposition. Deux films ont été projetés dans la médiathèque du
musée : Faro, reine des eaux (Salif Traoré) et le Niger, un fleuve humain (Sylvain L'Espérance).
Un concert de Vieux Farka Touré et d'une dizaine de musiciens illustrant la richesse musicale des
rives du fleuve s'est tenu le 11 mai 2011. Après sa clôture au musée national, l'exposition circulera sur
une pinasse dans une trentaine de villes et villages riverains du fleuve.
56
2. Circulation de l’exposition sur une pinasse
Afin de pouvoir transmettre les contenus du projet à un plus large public, l’exposition a circulé à bord
d’une pinasse de Ségou à Mopti pendant 16 jours en s’arrêtant dans 8 villages et villes : Sékoro,
Ségou, Markala, Kokry-bozo, Macina, Diafarabé, Ouro-Mody et Mopti. L’événement a été organisé en
partenariat avec la FEMACAU et a mobilisé une équipe pluridisciplinaire de 12 personnes constituée
entre autre d’un communicateur traditionnel et d’un informaticien spécialise de l’internet mobile. A
raison de deux jours par localité, le programme a comporté une présentation des 12 îlots et affiches
de l’exposition, accompagnée d’une animation musicale traditionnelle, de causeries débats avec les
populations et autorités locales (coutumières, traditionnelles et administratives) et de cours d’initiation
des jeunes écoliers à internet (projection d’images de l’exposition, présentation du site crée sur le
patrimoine culturel lié au fleuve,…).
Les affiches de l’exposition ont été installées dans la plupart des villages sur les berges du fleuve. Des
communiqués ont été diffusés dans les radios locales pour inviter les populations aux visites. Environ
1400 personnes ont visité l’exposition. Les femmes étaient particulièrement nombreuses et curieuses.
Les populations se reconnaissaient dans les images qui reflétaient fidèlement leurs réalités, leur mode
de vie, leurs activités quotidiennes.
A l’image des causeries du fleuve, discussions et débats ont suscité des échanges très instructifs pour
les jeunes par le partage de connaissances et d’expériences vécues par les ainés sur le fleuve Niger.
Les cours d’initiation à internet mobile ont permis aux jeunes scolaires de découvrir, certains pour la
première fois, l’outil internet, d’accéder à des images et résultats du projet Niger-Loire (via le site
www.fleuveniger.net) et de s’approprier internet en tant qu’outil d’information, d’apprentissage et de
recherche.
RESUME
Pour pérenniser les acquis du programme d’éducation environnementale sur les animaux du fleuve
(voir activité 5.3), un livre de contes Les animaux du fleuve a été élaboré. Il rassemble 8 contes issues
de la tradition orale qui rappellent les liens étroits unissant les animaux et les hommes. Les contes
sont enregistrées en Bamana sur un CD joint à l’ouvrage, et illustrés par deux jeunes artistes maliens.
Publié avec la maison d’édition AfrikM à 1000 exemplaires, l’ouvrage a été diffusé largement.
Personnes ressources
Lassana KAMISSOKO, historien traditionnaliste
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Sokona TOUNKARA, graphiste
Massiré TOUNKARA, illustrateur
Julien BATANDEO, illustrateur
SOURCES DE VERIFICATION
Cette activité a été annulée à la demande des partenaires du projet, qui jugeaient que le medium
(sketches koteba) était trop burlesque pour être utilisée de façon structurée dans un programme
d’éducation et de sensibilisation du public. Sur décision du comité de pilotage, une partie du
budget initialement dédié à cette activité a donc été utilisée à la production différents supports de
sensibilisation ou de connaissance, pour être présentés lors de l’exposition de restitution du projet
(voir activité 5.4) : production et montage de 5 films thématiques (traversée des troupeaux,
poterie etc.) ; réalisation de travaux artistiques sur le thème du fleuve par des étudiants du
conservatoire des Arts de Bamako (vidéos, installations, peintures, photographies etc.).
La diffusion internationale des résultats du projet a été assurée sur le plan local par les partenaires
concernés, sur le plan national par le bureau de l’UNESCO à Bamako, au niveau des pays du bassin
par l’Autorité du Bassin du Niger (ABN) et sur le plan international par l’UNESCO (Programme
Hydrologique International…) et par les partenaires du Val de Loire.
RESULTATS
Diffusion locale : des messages ont été diffusés régulièrement sur les radios locales des sites
pilotes pour restituer les résultats du projet. A l’occasion des événements locaux (ateliers etc.), la
communication a été assurée auprès de la presse locale.
Diffusion nationale : le projet a été présenté dans le cadre de la journée des communes
(décembre 2008), du Salon International de l’Eau - SIDEAU (mars 2009), de la quinzaine de
l’environnement (juin 2009)…
Diffusion auprès des pays riverains : une feuille de route a été établie à l’attention de l’ABN pour
assurer la diffusion des résultats du projet auprès de l’ensemble des pays riverains du bassin :
publication d’articles régulier sur le projet dans la newsletter « ABN Info », diffusion de la
plaquette du projet à l’occasion de sommets intergouvernementaux. Les résultats du projet ont
ainsi été présentés lors de la 30ème session du conseil des ministres de l’ABN qui s’est tenu en
octobre 2011 à Ndjamena (Tchad) et qui a réuni l’ensemble des 9 pays du bassin du Niger
58
Sénégal, 3-5 mars 2011 etc.). Par ailleurs, des informations sur le projet ont été régulièrement
postées sur le site internet du Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO, dans la newsletter
trimestrielle de la Convention France-UNESCO (diffusée au sein de l’UNESCO et dans les
institutions françaises) et sur le site internet Fleuves et patrimoines, porté par l’UNESCO.
Activité 5.8. Faciliter le montage d’une coopération entre l’ABFN et l’Agence de l’Eau
Loire Bretagne
L’un des enjeux du projet était de faciliter le montage de coopérations pérennes entre collectivités
et institutions riveraines de la Loire en France et du Niger au Mali dans le cadre de la coopération
de fleuve à fleuve. Dans cet objectif, le projet a accompagné l’établissement d’un protocole de
coopération entre l’Agence de l’Eau Loire Bretagne (AELB) et l’Agence de Bassin du Fleuve Niger
(ABFN), tous deux partenaires.
RESULTATS
Un protocole d’accord a été établi entre l’ABFN et l’Agence de l’Eau Loire Bretagne. Il porte
notamment sur l’appui institutionnel à la consolidation de l’ABFN (accueil de voyages d’études en
France, échanges institutionnels, réflexion sur la perception de la redevance etc.), l’organisation
conjointe de sessions de formation ou séminaires, le développement de programmes d’action
thématiques de sauvegarde de l’environnement et des ressources en eau (lutte contre les végétaux
flottants, stabilisation des berges, éducation environnementale, promotion de la gestion intégrée des
ressources en eau…) et l’appui au lancement d’actions opérationnelles, dans le cadre d’accords de
coopération décentralisée entre communes maliennes et françaises (notamment en matière d’accès à
l’eau potable et d’assainissement). Une cérémonie officielle de signature de la convention a eu lieu
le 16 juillet 2009 au Grand Hôtel de Bamako, en présence des directeurs des deux structures.
L’AELB et l’ABFN ont apporté un appui technique à des actions pilotes initiées dans le cadre du
projet : l’amélioration de l’adduction en eau potable à Moribabougou (voir activité 4.1) et la
création d’un centre de teinturerie à Bamako (voir activité 4.8). Ces deux opérations ont permis de
faciliter l’application opérationnelle du protocole de coopération.
Un agent de l’ABFN à effectué un voyage d’étude en France pour le renforcement des capacités
de sa structure et la poursuite des échanges sur la mise en œuvre des activités prévues dans le
cadre de l’accord de coopération.
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IV. Partenariat et visibilité
1. Partenariat
Les relations entre les partenaires du projet ont été consolidées à travers la mise en œuvre des
activités (missions de terrain, ateliers de travail) et des mécanismes de suivi : chaque année, 4
réunions de suivi rassemblant les partenaires maliens se sont tenues au Mali, 2 réunions de suivi
avec les partenaires français ont eu lieu en France. Trois comités de pilotage annuel ont été
organisés. Ces activités ont permis :
de favoriser l’établissement d’un accord de partenariat entre l’Agence du Bassin du Fleuve Niger
et l’Agence de l’Eau Loire Bretagne, qui contribuera à la pérennisation des acquis du projet.
Par ailleurs, la communication entre les partenaires s’appuyait sur le site intranet et la lettre
d’information du projet.
Le projet a bénéficié d’un soutien constant des autorités étatiques. Plusieurs structures rattachées à
l’Etat (Agence du Bassin du Fleuve Niger, Direction Nationale de l’Assainissement, du contrôle des
pollutions et des nuisances, Direction Nationale de l’Hydraulique/PNE-Mali) ont été associées à
l’équipe projet et ont participé à la mise en œuvre des activités du projet à travers les chargés
d’études et de projet.
Les relations avec l’Etat ont été bonnes. Plusieurs activités du projet ont enregistré la participation des
plus hautes autorités : participation de deux Ministres à la cérémonie de lancement du projet en
janvier 2008 (Ministres de l’environnement et de l’assainissement, Ministre de l’éducation nationale),
inauguration du port de pêche de Mopti par le Ministre de l’élevage et de la pêche en octobre 2010,
inauguration du centre de teinturerie artisanale de Dianeguela Par le Ministre de l’artisanat en mai
2011, visites de courtoisie du Représentant de l’Unesco au Mali à plusieurs Ministres pour échanger
sur le projet (Ministre de Culture, Ministre de l’Education de Base, Ministre de l’enseignement
supérieur,…).
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1.3. Relations entre l’UNESCO et d’autres organisations
Associés
- relation étroite et régulière avec la Direction Nationale du Patrimoine Culturel dans le cadre d’une
coopération avec le ministère français de la Culture établie dans le cadre du projet avec l’appui
de la Convention France-UNESCO
- relation continue avec la Direction Nationale de l’Hydraulique par l’intermédiaire de l’IRD :
formation des agents des directions régionales, coopération directe dans les campagnes
terrain…
bénéficiaires et groupes cibles : relation continue par l’intermédiaire des chargés d’études et de
projet des communes de Ségou, Djenné et Mopti, qui assurent la transmission d’informations et
la mobilisation des populations sur le terrain.
Une concertation a été engagée avec les partenaires étant intervenu précédemment à Djenné
(notamment la KFW), dans le cadre du travail d’évaluation des systèmes d’assainissement
existants.
2. Visibilité
La visibilité du projet a été assurée à travers des réunions d’information des partenaires, la
couverture médiatique des différentes activités, des points de presse, des émissions radios, la
participation à la célébration de certaines journées internationales ou mondiales, production de
supports d’information et de communication…
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N° Activités Responsables/Partenaires Dates Medias impliqués
4 Cérémonie de remise des prix Equipe projet /Ecoles de 22/03/09 ORTM, Indépendant
aux lauréats du jeu concours Banankabougou (Bamako),
« les animaux du fleuve » à Djenné et Mougna
l’occasion de la célébration de
la Journée Mondiale de l’Eau
- organisation d’une
conférence-débat sur « la
pollution artisanale : cas de la
08/06/09
teinture artisanale à Bamako »
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7 Emission radiophonique Mairie de Mopti/ Equipe 10/07/09 Radio JAMANA de Mopti
d’information et de projet
sensibilisation sur
l’assainissement du port de
Mopti
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16 Atelier pilote sur le port de Mairie et ARM de 08/12/09 ORTM/radios locales de Mopti
pêche de Mopti, la maison du Mopti/Région Centre et
delta à Mopti et la maison du Mission Val de Loire
fleuve à Ségou. (France)/ Equipe projet
17 Exposition sur les animaux du Association malienne pour la 13/12/09 ORTM/radio Klédu
fleuve protection du patrimoine
mondiale/ Equipe projet
20 6ieme édition du Festival sur le Equipe projet 05- ORTM, Africable, presse
Niger, Ségou 07/02/2010 locale, nationale
21 Conférence de presse journée Equipe projet 22/03/2010 ORTM, Essor, Radio Klédu,
mondial de l’eau, Bamako Echos, Nouvel Horizon, Info
Matin, Le Républicain,
L’Indépendant, Le Malien et
Nouvelle Libération.
22 Remise prix concours animaux Equipe projet/ Ecoles de 24/06/2010 ORTM, Essor, Radio Klédu,
du fleuve/ Journée mondiale Banankabougou (Bamako),
de l’environnement ; Bamako Djenné et
Mougna/FEMACAU
23 Inauguration du port de pêche Equipe projet/ Mairies de 12/10/2010 ORTM, Essor, presse locale
de Mopti et du dépôt de transit Mopti et Djenne
de Djenne
27 Causerie débat Bada Baro 4 ; Equipe projet/ FEMACAU 04/02/2011 ORTM, presse locale et
Segou nationale
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28 Causerie débat Bada Baro 5 ; Equipe projet/ FEMACAU 20/03/2011 ORTM, presse locale
Djenne
29 Inauguration du centre de Equipe projet/ FEMACAU 07/05/2011 ORTM, Essor, Radio Klédu,
teinturerie artisanale de Echos, Nouvel Horizon, Info
Dianeguela Matin, Le Républicain,
L’Indépendant, Le Malien et
Nouvelle Libération.
30 Vernissage de l’exposition : le Equipe projet/ FEMACAU/ 10/05/2011 ORTM, Essor, Radio Klédu,
Niger : un fleuve, des tous les partenaires du projet Echos, Nouvel Horizon, Info
Hommes, Matin, Le Républicain,
L’Indépendant, Le Malien et
Bamako
Nouvelle Libération.
32 Conférence de presse sur les Equipe projet 08/07/2011 ORTM, Essor, Radio Klédu,
résultats des travaux de l’IRD, Echos, Nouvel Horizon, Info
Bamako Matin, Le Républicain,
L’Indépendant, Le Malien et
Nouvelle Libération.
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Conclusion
La grande diversité des activités du projet – recherche, formation, actions, éducation – a fait sa
force et son originalité. Elle a permis de lier plus étroitement formation et réalité du terrain, de
construire des relations plus opérantes entre le monde de la recherche et celui de la formation et
d’investir dans la production de contenus à la source. Cet aspect transversal a généré également
une grande complexité de gestion, sous doute sous-estimée à la conception du projet. Chaque
action pilote était un projet en soi, nécessitant programmation, suivi et évaluation. Garantir la
cohérence des contenus, permettre l’exploitation et la diffusion des nombreuses données
produites nécessitait également un investissement important en temps comme en méthode.
De façon plus générale, le projet a mis l’accent sur la nécessité d’aborder le développement de
façon globale et territoriale, au-delà des approches sectorielles. Les travaux de recherche
multidisciplinaires, les expérimentations pilotes ont ouvert à des pratiques du développement plus
soucieuses des conceptions culturelles et spirituelles des populations bénéficiaires. Ce chantier
est essentiel et doit être poursuivi.
Conçu dans l’objectif de renforcer la gouvernance, le projet s’est soucié avant tout d’investir dans
le capital humain. La formation en constituait l’axe directeur. Au-delà des bénéficiaires directs des
différentes activités de renforcement des compétences, le projet a fait émerger autour de la
formation et des actions pilotes un réseau de professionnels, gestionnaires, experts dans
différentes disciplines – géographes, hydrologues, anthropologues... Ce réseau constitue un pôle
de ressources pour la pérennité des activités, et en particulier du programme de l’IUDT.
La coopération entre le Niger et la Loire, qui constituait l’un des modes opératoires du projet, a
permis de créer des relations durables entre professionnels, universitaires, experts à travers des
activités réalisées en commun. Si le projet a cherché à éviter l’écueil d’une approche comparative
entre les deux fleuves ou d’une exportation « plaquée » d’approches et de méthodes – démarche
nécessairement vouée à l’échec dans des contextes très différents – ces regards croisés entre
Loire et Niger ont contribué à construire une culture commune du fleuve comme ressource du
développement ou alerter sur certains messages clés.
Le projet a également mis l’accent sur la nécessité cruciale d’investir fortement à direction des
collectivités locales, à l’heure où la décentralisation leur confie des missions nouvelles dans un
environnement de plus en plus complexe et contraint. Si l’ambition initiale mise en réseau des
collectivités locales a du être repensée, la formation a ciblé directement les élus et techniciens
locaux à travers une approche pratique d’appui aux « développeurs », aux promoteurs du
développement local. Favoriser une meilleure connaissance du territoire, accompagner le
diagnostic et l’émergence de projets s’est avéré une démarche porteuse de résultats.
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Le projet a ouvert de nombreux chantiers, qui appellent aujourd’hui des suites. Chacune des
actions pilotes ouvre des perspectives de projet territorial. A Djenné, l’enjeu serait de mettre en
place une démarche concertée de restauration urbaine, proposant des solutions concrètes et
ciblées d’amélioration de l’assainissement tout en préservant la valeur universelle exceptionnelle
de ce site du patrimoine mondial. A Bamako, la construction de la teinturerie a soulevé
l’enthousiasme des femmes du quartier de Dianéguéla où la demande est forte. La réplication de
ce pilote sur d’autres parcelles à proximité serait porteuse, d’autant plus que le foncier est
potentiellement disponible. Poursuivre le projet permettrait également d’envisager des solutions
plus durables à une échelle plus large (expérimentation de techniques de lagunage, promotion de
l’usage de teintures naturelles etc.). A Mopti, la commune et ses partenaires souhaitent
poursuivre et élargir le programme de restauration du port et des berges dans la perspective de la
révision des documents d’urbanisme.
Les efforts engagés sur la formation doivent être poursuivis et approfondis. Investir sur le
renforcement de capacités est la priorité clé, d’autant plus que de nombreux gestionnaires et
techniciens bien formés – notamment au sein de la Direction Nationale de l’Hydraulique –
arriveront dans la décennie à venir à l’âge de la retraite et leur remplacement n’est pas assuré,
soit par manque de compétences soit par manque d’attractivité des métiers techniques auprès
des jeunes. Cet effet de génération est préoccupant et ne doit pas être sous-estimé.
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