Cours Catégories Du Récit
Cours Catégories Du Récit
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Module:
Catégories du récit
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Programme
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➢ La narration
• Eléments de définition
• Narration et histoire ; narration et récit
• L’ordre des événements
• Le schéma actantiel
• Analepse/prolepse
• Le point de vue ou les modalités de la narration
voit ?)
(Qui raconte ? Qui
➢ La description
• Eléments de définition
• Le discours descriptif et l’intention de communication
• Les caractéristiques du discours descriptif (organisation,
indicateurs spatiaux, lexique, figures de style…)
indices,
➢LePersonne
personnage
• Auteur et etnarrateur
personnage
• Personnage et actant
• Le personnage comme force agissante
• Le personnage et le schéma relationnel
• Le temps
➢ Le temps de l’histoire
•
• Le temps du récit
• La durée dans la narration : la scène, la pause, le sommaire et l’ellipse.
➢ L’espace
•Dialectique de l’ouvert et du fermé
• L’espace ambivalent
• Espace physique (en rapport avec la description)
• Espace psychologique (les développements imaginaires)
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➢Le thème
• Eléments de définition
• Distinguer entre idée, thème, champ et image
• Le thème est composé d’un ensemble de motifs
• Thème et propos
• La progression thématique d’un texte :
- Progression à thème constant
- Progression à thème linéaire
- Progression à thème divisé
➢ Les registres
• Le registre réaliste.
• Le registre merveilleux.
• Le registre fantastique.
• Le registre épique.
• Le registre pathétique.
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Bibliographie
Le schéma narratif
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Schéma actantiel
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• Texte 2 : Rétrograde
Tu devrais ajouter un bouton à ton pardessus lui dit son ami. Je le rencontrai au
milieu de la Cour de Rome, après l’avoir quitté se précipitant avec avidité vers une
place assise. Il venait de protester contre la poussée d’un autre voyageur, qui, disait-
il, le bousculait chaque fois qu’il descendait quelqu’un. Ce jeune homme décharné
était porteur d’un chapeau ridicule. Cela se passa sur la plate-forme d’un S complet
ce midi-là.
Raymond Queneau, Exercices de style, Gallimard 1947
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La focalisation
• La focalisation est le point de vue adopté par le narrateur qui
se trouve à plus ou moins de distance de son personnage et
des événements.
• Il ne faut pas confondre l’auteur et le narrateur
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La voix narrative
• Le narrateur peut, soit être un personnage inclus dans l’histoire qu’il
raconte, soit lui être étranger. Dans le premier cas, on parlera de
récit homodiégétique, voire autodiégétique si un personnage
raconte sa propre histoire. Dans le second cas, on parlera de récit
hétérodiégétique . On parle également d’intradiégétique et
extradiégétique .
• lorsqu’un des personnages appartenant à la diégèse se met à son
tour, comme un narrateur second, à raconter une histoire, le récit
obtenu, appelé « récit dans le récit » ou métarécit, délimite un
cercle concentrique supplémentaire que l’on désignera comme le
niveau métadiégétique.
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Fonctions du narrateur
• Fonction narrative: En charge de l’histoire (),
• Fonction de régie: Il en marque les articulations principales en la
doublant d’un commentaire métalinguistique riche en « indications
de régie ».
• Fonction communicative: Le narrateur prend également soin
d’adresser son récit à un interlocuteur dont il s’assure de la
présence par des notations à vocation essentiellement phatique.
• Fonction idéologique: Il peut en outre commenter et juger le
déroulement de l’action
• Fonction testimoniale: Il peut témoigner de sa relation,
notamment affective et morale, avec l’histoire qu’il narre.
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• Exemple:
« Cette amitié consolidée par le temps était basée sur des
sentiments, sur des faits assez naturels qui trouveront leur
place ailleurs (voyez Les Petits Bourgeois) et qui formeraient ici
ce que les critiques appellent des longueurs » (Les Employés de
Balzak, Gallimard-Folio, 1985, p. 132).
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• 1/ Point de vue …............ :
« Enfin, en prêtant l’oreille, Meaulnes crut entendre comme un chant, comme des
voix d’enfants et de jeunes filles, là-bas... », Alain-Fournier, Le grand Meaulnes.
Narration et histoire
• L'acte narratif n’épouse pas obligatoirement la chronologie de l’histoire.
Leur situation relative détermine quatre types de narrations :
• - La narration ultérieure, qui saisit a posteriori les faits constituant
l’histoire. C'est le cas le plus fréquent.
• - La narration antérieure, cas bien plus rare d’anticipation des
événements, réservé en particulier aux prédictions et aux prophéties.
• - La narration simultanée, productrice d’un récit au présent,
contemporain de l’action. C’est celle, par exemple, du reportage sportif.
• - La narration intercalée, constituée de l’alternance de tranches de
narration et d’histoire événementielle, dans le journal ou le roman
épistolaire notamment.
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L’organisation du récit
• Si l’ordre des événements de l’histoire est identique à celui de
leur apparition dans le récit, on désignera cette correspondance
parfaite par le terme de synchronie. Mais bien souvent le récit
recourt à des décalages ou anachronies. Selon que le récit
présente par anticipation un événement ultérieur ou qu’à
l’inverse il évoque après coup un événement antérieur, on
parlera de prolepse* ou d’analepse*.
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Analepse et prolepse
• L’analepse:
L’auteur revient sur un épisode passé de l’histoire afin de
mieux expliquer l’action ou afin de compléter le portrait d’un
personnage. L’analepse suspend le rythme du récit.
• La prolepse:
L’auteur annonce à l’avance un événement qui va avoir lieu
plus tard dans la narration
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Exemples
La description
• Rendre présents un lieu, un personnage, un objet en les donnant
à voir au lecteur : tel est le but du texte descriptif.
• Voir/apparaître : c’est de cette dialectique, d’un aller-retour
dynamique entre les deux termes, que naît la description. C’est
donc très logiquement qu’un tel acte d’ostentation tendra à
privilégier champs lexicaux et isotopies liés à la vue. Le lecteur,
que l’on nommera descriptaire, se fait spectateur.
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Fonctions de la description
– La fonction ornementale : la description, pur ornement, embellit
l’œuvre dans laquelle elle se trouve. Elle s’affirme alors comme
morceau de bravoure, exercice de style aisément détachable.
– La fonction expressive : la description peut privilégier
l’expression du moi de l’écrivain. Fort appréciée de Rousseau puis des
Romantiques, elle s’incarne notamment dans le « paysage-état d’âme
» qui reflète davantage les sentiments du descripteur plaqués sur le
spectacle que la réalité objective de ce même spectacle. L'expression
du moi se traduit fréquemment par l'attribution métaphorique de
caractéristiques humaines à la nature évoquée.
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Frontières de la description
Description et narration
• Bien qu’elle puisse assumer un certain nombre de fonctions
narratives, la description n’en demeure pas moins un bloc peu
soluble dans le flux du récit dont elle tend à troubler la bonne
marche, d’ordre continu et linéaire.
• La description puise aussi longtemps qu’elle le désire dans un stock
lexical lui permettant d’évoquer son objet, explorant par là même
un paradigme en conflit avec la progression syntagmatique* du
récit.
• Une narration en focalisation interne ne sera ainsi vraisemblable
que si le narrateur précise que son personnage s’arrête face à un
objet ou un paysage qu’il a le temps de contempler.
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Description et tableau
• Pour Julien Gracq, par exemple, la description est « ce qui en littérature se
rapproche le plus d’un tableau » (En lisant en écrivant, 1982, p. 14).
• La parenté entre les deux se voit à travers les notations de couleurs, de
formes, de contrastes lumineux, etc.
• De même pour le cadre aussi, l’écrivain lui cherche des équivalents
textuels.
• Mais si le tableau fige et suspend le temps, la description demeure
prisonnière de la successivité du langage humain, incapable de
simultanéité.
• Enfin, la description est pluridimensionnelle puisqu’elle ne se limite pas à
la vue mais elle peut requérir les autres sens: l’odorat, l’ouïe, le toucher et
le goût.
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Les caractéristiques du personnage de roman : Supprimer filigrane PDFelement
• 3- La fonction du portrait
• Faire vrai Des indices, des détails donnent l’impression que le
personnage est une personne réelle, vivante.
• Représenter une catégorie sociale Le décor, les objets qui
entourent le personnage révèlent toutes les caractéristiques d’un
milieu social.
• Symboliser des valeurs ou des idées Le personnage, à travers ses
actions, ses paroles, ses relations avec les autres personnages,
illustre, par exemple, le désir de justice, la volonté de réussir, la
solidarité…
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Typologie
• Diverses classifications opératoires permettent de saisir les
particularités de tel ou tel personnage. Selon qu’il demeure
inchangé ou qu’il évolue au fil de l’œuvre, on parlera de
personnage statique ou dynamique. Le degré de complexité
déterminera une autre bipartition entre personnages plats, peu
développés par l’auteur, et personnages épais, plus précisément
construits et dotés notamment de traits contradictoires.
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Personnage et récit
1- Personnage et rôles narratifs
Si personnage et récit entretiennent des rapports privilégiés,
c’est que la narration a recours au personnage comme fonction,
indispensable à son déroulement. Divers modèles ont ainsi été
proposés dans le but de dresser l’inventaire des rôles que peut
assumer un personnage au sein d’un récit. Vladimir Propp fait
figure de précurseur, qui dans son étude de la Morphologie du
conte (1928) distingue sept « sphères d’action » :
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Le temps et l’espace
• Les concepts de temps et d’espace ont un statut difficile à établir :
ils ne ressortissent pas spécifiquement à la littérature, pouvant
intéresser philosophes ou physiciens, et ils recouvrent des
phénomènes de nature différente au sein de l’œuvre littéraire.
• Bakhtine insiste sur « l’indissolubilité de l’espace et du temps ». Par
exemple, l’utopie est aussi u-chronie : le pays imaginaire du
gouvernement idéal est situé hors du temps. Il ajoute également : «
l’image de l’homme en littérature, image toujours essentiellement
spatio-temporelle ».
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L’espace
• 1- Les modes d’analyse de l’espace :
L’espace construit par le récit peut s’analyser au travers de quelques axes
fondamentaux :
- Les catégories des lieux convoqués : correspondant à notre monde ou non,
exotiques ou non, plus ou moins riches, urbains ou ruraux, etc.
- Le nombre de lieux convoqués : un lieu unique, plusieurs lieux, une
multiplicité de lieux, etc.
- Le mode de construction des lieux : explicite ou non, détaillé ou non,
facilement identifiable et stable ou non (le lecteur trouve des difficultés pour
identifier les lieux, il ne sait jamais s’il s’agit des mêmes).
- L’importance fonctionnelle des lieux : simple cadre, élément déterminant à
différents moments du déroulement de l’histoire, personnage à part entière,
etc.
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Le temps
1- Les modes d’analyse du temps
Comme l’espace, le temps construit par le récit peut s’analyser au moyen de
quelques axes fondamentaux :
- Les catégories temporelles convoquées : correspondant à celles
utilisées dans notre univers ou non, leur natures (minutes, jours, siècles.) : ce à
quoi elles s'appliquent (à une personne, à une famille, à une nation...).
- Le mode de construction du temps : explicite ou non ; détaillé ou non ;
identifiable ou « brouillé ».
- L’importance fonctionnelle du temps : simple cadre ; facteur
d'importance à différents moments de l'histoire, personnage à part entière...
Ces axes d'analyse vont permettre de préciser la façon dont l'espace participe
du fonctionnement des histoires.
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- L’ordre
Selon Gerard Genette : « Étudier l'ordre temporel d'un récit c'est
confronter l'ordre de disposition des événements ou segments dans le
discours narratif à l'ordre de succession de ces mêmes événements ou
segments temporels dans l'histoire ». On pourrait penser que la
tendance spontanée des conteurs et romanciers soit de faire coïncider
l'ordre des événements racontés et l'ordre de leur présentation
narrative (récit synchrone, ou ab ovo). Or, c'est le contraire qui est vrai
: la majorité des récits ne respectent pas l'ordre chronologique : ils
sont anachroniques, soit qu'ils racontent avant (dans R) ce qui s'est
passé après (dans H) – anticipation, ou prolepse ; soit qu'ils racontent
après (dans R) ce qui s'est passé avant (dans H) – rétrospection, ou
analepse.
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- Le rythme de la narration
Un récit isochrone suivant un rythme constant n’existe pas. Dans
chaque récit, on trouve de la narration mais également de la
description, et même dans la narration, le rythme n’est pas constant,
parfois on accélère et parfois on ralentit en s’attardant sur des détails.
Pour mesurer ces variations de rythme, Genette introduit la notion de
vitesse, et il dit que « la vitesse du récit se définira par le rapport entre
une durée, celle de l'histoire, mesurée en secondes, minutes, heures,
jours, mois et années, et une longueur : celle du texte, mesurée en
lignes et en pages ». Ces rapports peuvent se réduire à quatre formes
canoniques : la scène et le sommaire d'une part ; la pause et l'ellipse
d'autre part.
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- La fréquence
Cette notion renvoie aux relations de répétition entre
histoire et récit. Le narrateur peut raconter plusieurs fois un
événement qui s’est déroulé une seule fois. Dans ce cas on parle
d’un récit répétitif, le meilleur exemple est Exercices de style de
Raymond Queneau. Mais le narrateur peut également raconter
une seule fois un événement qui s’est répété plusieurs fois. Dans
ce cas on parle d’un récit itératif.
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Les registres
Le registre traduit l’effet que l’auteur cherche à provoquer
chez son lecteur. Chaque registre exprime et cherche à susciter
chez le lecteur des émotions différentes à travers les thèmes
abordés et les procédés d’écriture mise en œuvre. Par ailleurs,
certains registres sont plus particulièrement liés à un genre
littéraire.
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Le registre réaliste
On parle de registre réaliste quand l’extrait ou l’œuvre présente des
personnages, des lieux, des objets, des situations, des actions, qui ont existé ou
pourraient avoir existé dans le monde réel ordinaire. Le lecteur, quant à lui, croit à la
réalité de ce qui lui est raconté (vraisemblance). Pour cela, l’auteur copie le réel
quotidien en lui empruntant des détails significatifs, des effets de réel et son histoire
respecte les lois de notre univers physique et social.
Pour que l’univers fictionnel soit proche de la réalité, l’auteur veille à
présenter des détails sur les lieux, les personnages, le temps et les événements. Ces
détails donnent l’impression au lecteur que ce monde fictionnel est plus proche de
son monde réel.
Parmi les caractéristiques :
- Détails descriptifs.
- Précisions spatio-temporelles (références réelles).
- Dialogue au discours direct.
- Champs lexicaux de la vie sociale (métiers, ville…).
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Exemple :
« Deux chambres, une salle à manger et une cuisine où des sièges
recollés erraient de pièce en pièce selon les besoins, formaient
tout l’appartement que Mme Caravan passait son temps à
nettoyer. »
Maupassant, « En famille », La Maison Tellier, 1881.
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Le registre merveilleux
On parle du registre merveilleux lorsque l’œuvre nous fait vivre,
et dès le début, dans un monde tout à fait loin de notre monde
réel, un monde où le surnaturel est omniprésent. Les personnages
savent qu’ils évoluent dans un monde où le surnaturel est
monnaie courante, ils ne s’étonnent pas s’ils trouvent un arbre qui
parle ou une vache qui vole par exemple. Le lecteur, lui aussi, est
conscient depuis le début qu’il va accéder à un univers où il ne
doit pas mettre en doute certains phénomènes et doit accepter de
jouer le jeu sans penser si tel ou tel événement est rationnel ou
non.
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Exemple :
Candide et Cacambo montent en carrosse ; les six moutons
volaient, et en moins de quatre heures on arriva au palais du roi,
situé à un bout de la capitale. Le portail était de deux cent vingt
pieds de haut et de cent de large ; il est impossible d'exprimer
quelle en était la matière.
Candide ou l’optimisme de Voltaire
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Le registre fantastique
Le fantastique est caractérisé par l’irruption du surnaturel dans
un cadre réaliste. A l’encontre du merveilleux où le surnaturel est
accepté par les personnages et le lecteur, le fantastique présente un
monde réaliste et le surnaturel choque et perturbe les personnages et
crée une angoisse et une hésitation chez le lecteur entre l’explication
rationnelle et irrationnelle du phénomène étrange.
Le fantastique doit provoquer la peur (d’où l’omniprésence du
champ lexical de la peur), et pousse les personnages à se poser des
questions : nos sens peuvent-ils ainsi nous tromper ? L'homme peut-il
ainsi se métamorphoser ? L'événement raconté a-t-il réellement pu
avoir lieu, ou relève-t-il de l'imaginaire, du cauchemar ? il y a donc
une hésitation permanente entre le réel et l’irréel, le logique et
l’illogique, le naturel et le surnaturel. L’objectif est de susciter
l’incertitude, le trouble, l’angoisse, la peur.
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Quelques caractéristiques :
- Expression du doute (modalisation, interrogation).
- Ruptures de la narration et jeux sur la focalisation.
- Champs lexicaux de la peur, de l’étrange, du monstrueux.
-Cette malheureuse jeune personne est devenue folle, me dit-il en souriant
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tristement. Folle ! tout à fait folle. Voici ce qu'elle conte :
Elle était couchée, dit-elle, depuis quelques minutes, les rideaux tirés, lorsque la
porte de sa chambre s'ouvrit, et quelqu'un entra. Alors Mme Alphonse était dans la
ruelle du lit, la figure tournée vers la muraille. Elle ne fit pas un mouvement,
persuadée que c'était son mari. Au bout d'un instant, le lit cria comme s'il était chargé
d'un poids énorme. Elle eut grand peur, mais n'osa pas tourner la tête. Cinq minutes,
dix minutes peut-être... elle ne peut se rendre compte du temps, se passèrent de la
sorte. Puis elle fit un mouvement involontaire, ou bien la personne qui était dans le lit
en fit un, et elle sentit le contact de quelque chose de froid comme la glace, ce sont ses
expressions. Elle s'enfonça dans la ruelle, tremblant de tous ses membres. Peu après,
la porte s'ouvrit une seconde fois, et quelqu'un entra, qui dit : Bonsoir, ma petite
femme. Bientôt après on tira les rideaux. Elle entendit un cri étouffé. La personne qui
était dans le lit, à côté d'elle, se leva sur son séant et parut étendre les bras en avant.
Elle tourna la tête alors... et vit, dit-elle, son mari à genoux auprès du lit, la tête à
la hauteur de l'oreiller, entre les bras d'une espèce de géant verdâtre qui l'étreignait
avec force. Elle dit, et m'a répété vingt fois, pauvre femme !... elle dit qu'elle a
reconnu... devinez-vous ? La Vénus de bronze, la statue de M. de Peyrehorade...
Depuis qu'elle est dans le pays, tout le monde en rêve. Mais je reprends le récit de la
malheureuse folle.
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Le registre épique
L'épique cherche à susciter l'admiration du lecteur face à des héros
accomplissant des exploits quasi surhumains. On le trouve, au départ, dans
l'épopée (d'où son nom), puis dans les récits de combat mettant en scène les
qualités surhumaines d’un héros, ou peignant la force exceptionnelle d’un
mouvement (armées en marche, peuple en révolte, etc.) le registre épique
correspond à la volonté d’impressionner par une évocation grandiose.
Quelques caractéristiques :
- Champs lexicaux dominants de la violence, de la destruction, du
carnage, du sang, de l’attaque, de la brutalité…
- Emploi important de l’hyperbole, des comparatifs de supériorité, des
superlatifs, de l’accumulation, de l’anaphore, de l’antithèse, de la métaphore,
personnification, allégorie, enfin toute figure permettant de frapper
l’imagination en donnant aux faits un caractère gigantesque et dangereux. Il
peut s’accompagner de l’intervention du merveilleux.
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L'aide de camp Bernard leur porta l'ordre de l'empereur. Ney tira
son épée et prit la tête. Les escadrons énormes s'ébranlèrent.
Alors on vit un spectacle formidable.
Toute cette cavalerie, sabres levés, étendards et trompettes au
vent, formée en colonne par division, descendit, d'un même
mouvement et comme un seul homme, avec la précision d'un bélier de
bronze qui ouvre une brèche, la colline de la Belle-Alliance, s'enfonça
dans le fond redoutable où tant d'hommes déjà étaient tombés, y
disparut dans la fumée, puis, sortant de cette ombre, reparut de l'autre
côté du vallon, toujours compacte et serrée, montant au grand trot, à
travers un nuage de mitraille crevant sur elle, l'épouvantable pente de
boue du plateau de Mont-Saint-Jean.
Les Misérables, Victor Hugo
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Le registre pathétique
Ce registre est associé à des textes qui, évoquant les plus hauts degrés de la
tristesse et de la souffrance humaines, provoquent l'attendrissement, voire la pitié,
du lecteur. Pour que le registre pathétique soit présent, il faut que le lecteur puisse se
reconnaître dans la situation et dans les personnages présentés, il faut qu'il puisse
compatir à ce qui lui est présenté.
Le registre pathétique est présent lorsque le texte aborde des situations
douloureuses comme la mort, la maladie, la séparation, etc. dont l’objectif est
d’émouvoir le lecteur et d’éveiller sa compassion jusqu’aux larmes.
Quelques caractéristiques :
- L’utilisation de toutes les figures de l’exagération, dont l’hyperbole, qui
servent à amplifier un phénomène et accentuent la sensibilité du lecteur.
- Phrases exclamatives et interrogatives qui contribuent à installer ce climat de
douleur.
- Rythmes brisés et phrases courtes
- Lexique des émotions (souffrance, pitié, peur…).
- Le récit est souvent pris en charge par un narrateur témoin.
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