0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
186 vues25 pages

Aor Agni

Travaux de la GHM

Transféré par

rakablan
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
186 vues25 pages

Aor Agni

Travaux de la GHM

Transféré par

rakablan
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

ACADEMIE D’ HELIOPOLIS

Jean-Luc Segapeli

:. À LA GLOIRE DU SUBLIME ARCHITECTE DES MONDES .:

Vénérable Maître, mes Sœurs et Frères en vos grades et qualités

AOR et AGNI

Introduction

Je vais présenter un travail sur Aor et Agni, Aor représentant la lumière et Agni le
feu. Je parlerai de leur association Aor-Agni, ainsi que de leurs caractéristiques
principales : chaleur, lumière et donc couleurs.

I Généralités / Symbolisme / Cosmogonie

Le Dieu suprême

Il faut comprendre qu’il existe un Dieu suprême, incréé, éternel, inconnu,


inconnaissable. Il est appelé En-Soph (ou Ain-Soph) chez les Hébreux, le Grand
Manitou ou Grand Esprit chez les Indiens d’Amérique, Dieu principe de tout chez les
Brahmes ou les Egyptiens, Cause ineffable chez les Perses, Cause première chez les
Chinois.
Il est inconnaissable, car, d’après Jamblique, citant les Pythagoriciens, « le Dieu en
qui est le principe de toutes choses, ils le regardaient comme entouré d’insondables
ténèbres. » D’après l’Exode, « Dieu a fait des ténèbres sa retraite, une tente autour de
lui : une eau ténébreuse dans les nuages du ciel ».
Le Dieu suprême a un Corps, une Âme et un Esprit. D’après Paul Le Cour, dans
« Dieu et les Dieux », « La matière, dans son essence, qui l’apparente à la substance-
principe et à la lumière primordiale, constitue le corps du Dieu suprême. » L’un des
composants de la matière-principe est le photon, venant de φως (phos), lumière. Il est
à noter que φω (Pho) semble être la racine signifiant « onde » (φως : lumière ; φωνη
(phoné) : son).

1
On peut donc aussi découper ces 3 parties de la Tri-unité en Substance-principe,
Energie, Esprit. Ou encore en Matière, Force, Esprit. Remarquons que nous voyons
dans Energie les consonnes N R G, consonnes de Aor-Agni, ce qui nous permettra
d’associer Aor-Agni à cette deuxième composante, Energie ou Force. Elle semble être
une force électro-magnétique. Cette Energie duelle comprendra les forces d’attraction
et de répulsion, ce qui donnera dans le monde spirituel Amour et Haine. Cela nous
rapproche de la théorie d’Empédocle.

Paul Le Cour nous dit encore que « Aor-Agni est le nom sacré et secret du Père ».

Le Démiurge

Nous allons voir que notre Système solaire possède un Démiurge.


Notons qu’en maçonnerie, nous pouvons identifier le Démiurge au « Sublime
Architecte des Mondes ».

Nous étudierons qui est ce Démiurge, quelles sont ses caractéristiques et quelle
est sa part dans la création du cosmos (du moins notre cosmos local) et des êtres
vivants. Nous allons également montrer que Aor-Agni peut représenter le Démiurge, le
Christ, le Soleil.
Tout d’abord, il est important de noter que, conformément à ce qu’affirmaient des
gnostiques, le Démiurge avait créé les corps et la vie qui les anime, mais l’esprit venait
directement du Dieu suprême. Nous le voyons dans la Genèse, quand Dieu (le Dieu
suprême) insuffle l’esprit dans le corps du second Adam.

En Egypte, Hermès nous dit qu’il existait un Dieu suprême et un second Dieu, le
soleil créateur. Nun, représentant les eaux primitives, eaux du chaos, est le Père du
Soleil Râ. Hermès précise que l’homme, par l’intelligence et la sensibilité, est en
rapport avec le second Dieu (le Démiurge), mais par la pensée, il est en rapport avec le
Dieu suprême.

Dans la Genèse, il est dit que Dieu créa la lumière grâce au Fiat. En fait, il s’agit du
Dieu suprême, qui crée la Lumière primordiale, c’est-à-dire, d’après Paul Le Cour, « la
substance-principe, qui sera la matière première du Grand Œuvre du Démiurge,
d’Hélie-artiste ». La Lumière primordiale se sépare de la Ténèbre, par la Volonté de
Dieu.

Or, St Jean écrit que « Dieu est lumière ». À ce sujet, Origène fait une distinction
importante entre les qualités des deux lumières, celle du Dieu suprême et celle du
Démiurge. Il y a « Deux lumières, le Père et le Fils ». « Dans ta lumière, nous verrons la
lumière. » Pour le Dieu suprême, la Ténèbre ne peut même pas côtoyer sa lumière : « la
lumière en qui nulle ténèbre ne se trouve ». Pour le Démiurge, la lumière ne peut pas
être atteint par la Ténèbre, mais n’arrive pas à la repousser : « la lumière qui brille
dans les ténèbres sans que celles-ci la saisissent ». Notons que, d’après Paul Le Cour,
dans « Dieu et les Dieux », « Origène, dont le nom renferme le vocable AOR-AGNI, est
sans doute un surnom ».
2
Par ailleurs, il est dit dans le « Roman de l’Anneau » (Shilappadikâram, livre écrit
en tamoul) du prince Ilangô Adigal : « Vishnu lui-même, qui secoue ses épaules
pareilles à des montagnes lorsqu’il baratte l’océan. » « Dieu couleur d’océan ! Quand tu
barattais les entrailles de la mer, le manche de la baratte était la montagne polaire, la
corde, le serpent enroulé des éons. » C’est-à-dire qu’il fait tourner le monde temporel
autour de l’axe. Ce principe de l’axe vertical qui tourne sur lui-même en entraînant
l’espace autour de lui se décline à plusieurs échelles. Ce mouvement est semblable à
l’ardeur (tapas) d’Agni, qui met en mouvement le chaos.
De même, d’après Jean-Pierre Bayard, la Sainte Fontaine est une spirale. C’est le
« symbole druidique de la vie et du mouvement qui se vrillent dans l’éther ».

Comme le Dieu suprême, le Démiurge est formé de Matière, Force, Esprit, c’est-à-
dire Corps, Âme, Esprit. Son corps, c’est la partie d’Univers dont il s’occupe (par
exemple, notre Système solaire), d’où le rôle de créateur ; son âme correspond au
magnétisme polarisé, d’où le rôle de conservateur ; son esprit est la colombe, d’où le
rôle de transformateur ou destructeur.

La Tetractys Pythagoricienne peut se représenter sous forme d’un triangle isocèle


« pointe en haut », où se trouvent les nombres 1, 2, 3 et 4, dont la somme fait 10. Dans
ce triangle, on peut mettre en haut le Dieu suprême. Celui-ci, ou Monade, est situé au-
dessus de la Dyade, composée du Fils et du (ou plutôt de la) Saint-Esprit. Le Fils est le
Démiurge, et le (ou la) Saint-Esprit est le pendant féminin du Démiurge. En-dessous
est situé le monde des archétypes (2ème Monde). Enfin, tout en bas, se trouve le monde
matériel (3ème Monde).
À ce sujet, Jean Phaure, dans « Le cycle de l’humanité adamique », détaille le
passage de la Monade à la Triade : « avant de se révéler dans le Temps et l’Espace, Dieu
l’Un se fait voluntas et par là-même émane une noluntas féminine, germe de la Materia
Prima, des Ténèbres, de la Grande Mère cosmique. Lui, le Père, Lumière invisible, se
fait alors trois. À la Monade "s’ajoute" alors (mais ne faisant toujours qu’un Dieu) la
Dyade divine : le Verbe et l’Esprit. »
De plus, Jean Phaure et St Yves d’Alveydre disent que le Démiurge crée d’abord
un Monde Archétypal (Astral), le 2ème Monde.

Le Démiurge est le Logos, le Verbe Divin. C’est lui qui organise la matière
première de sa partie d’espace. Dans cette optique, il choisit un point dans l’espace
pour créer son univers.

Remarquons que le nom grec de l’araignée, Αραχνη (arachné) rappelle Aor-Agni,


et donc le créateur, car elle sort de son corps sa substance-principe, pour tisser la toile
du monde. Cela implique l’idée de l’unité de la matière.

3
Il est important de comprendre que la notion de Temps est une caractéristique du
Démiurge, alors que l’Espace est un attribut du Dieu suprême. Le Temps, en grec, se dit
Chronos (K R N, relié à Aor-Agni). Paul Le Cour fait remarquer que « Le temps est duel
comme le démiurge Aor-Agni, car il comporte seulement passé et avenir ». En effet,
certains pensent que le présent n’existe pas, car il est mouvant, étant un futur qui
devient du passé. D’ailleurs, d’après Fabre d’Olivet, l’Hébreu ne possède pas de temps
présent ; en effet, il n’existe dans cette langue qu’un temps fini et un temps infini.
D’après Jean Phaure : « Le Verbe n’a pas eu de début, puisqu’il EST avant le
Temps, avant tout début de création, et qu’il est, avec l’Esprit, co-éternel au Père. »

Enfin, dans le Cratyle, Platon dit que Zeus est le Démiurge suprême. Celui-ci crée
la vie et crée des Démiurges secondaires.

La Création du Cosmos

Force et mouvement sont deux des manifestations représentées par Aor et Agni.
Aor est caractérisé par le mouvement, tandis qu’Agni l’est à la fois par la force et le
mouvement. Une fois la lumière primordiale, substance-principe ou matière première
créée par le Dieu suprême à partir du Néant, le Démiurge l’utilise en provoquant un
tourbillon, un mouvement giratoire, grâce à Agni, qui va faire tourner un point sur lui-
même. Remarquons qu’Huracan chez les Amérindiens ou Eros chez les Orphiques
agiront de même.
Les nébuleuses, considérées par la physique moderne comme le résultat d’une
explosion de la mort d’une étoile, sont des pouponnières d’étoiles, où, à partir
d’énergie cosmique, la matière se crée, par synthèse atomique. Puis la matière s’y
complexifie.

D’après Jean Phaure, en Egypte, le Neter est le Démiurge, Maître de l’Ennéade


divine. L’Ouas, le djed et l’Ankh « expriment l’influx créateur du Verbe, du Neter
céleste ». Il ajoute : « L’influx de ces trois principes sur Noun [la Materia Prima
homogène] rend celui-ci hétérogène et permet au Cosmos de passer de la Puissance à
l’acte. » Il précise aussi : « C’est de la toute première hypostase, de la Monade suprême,
que procède la Materia Prima, "l’Obscurité sans bornes", l’Illimité, la Substance pure et
sans forme, que va venir limiter et à laquelle va donner forme le second Principe, le
Verbe, le Démiurge divin, l’Essence. »

En sens inverse, Jean Phaure, dans « Le cycle de l’humanité adamique », fait


remarquer qu’en physique moderne, « les étoiles transforment peu à peu leur masse
en lumière, puis en chaleur, qui est l’état ultime de la dégradation de l’énergie ».

4
St Yves d’Alveydre fait remarquer que la Genèse, écrite par Moïse avec l’aide du
Grand Prêtre Jethro, commence seulement au 10ème livre et que les 9 premiers,
contenant la Théogonie, n’auraient pas été publiés sciemment par Moïse. Dans une
série de 80 signes provenant des Brahmes publiés par St Yves d’Alveydre dans
l’Archéomètre, on voit que le 10ème est une croix, symbolisant sans doute le X de la
lumière (Khi grec). Le mot Aum en alphabet Vattan domine ces signes. Les 9 premiers
représentent sans doute la Théogonie. Cet auteur nous dit que l’alphabet sanscrit a été
formé à partir de ces signes. En s’aidant de la position du 10ème signe, il est possible
d’arriver à reconstituer l’origine de cet alphabet.

Le Christ

Tout d’abord, notons qu’il faut identifier le Démiurge, le Christ, le Verbe et le


Soleil.

Aor-Agni est le nom sacré du Christ solaire. En Egypte, le 25 décembre s’appelait


Kronia (K R N, Aor-Agni). Notons que Noël veut dire « Nouveau Soleil ».
Le Christ est appelé « Soleil de Justice », « la Lumière du monde », « la Lumière
des hommes », « la véritable Lumière » et « la Lumière des nations ». Origène déclare :
« C’est parce qu’il éclaire et illumine les facultés maîtresses de l’âme humaine et, en
général, de tous les êtres doués de raison, qu’il est "la lumière des hommes", "la
véritable lumière" et la "lumière du monde". »

Remarquons que Jésus Christ a repris beaucoup de caractéristiques de Dieux


antiques comme Attis, le Bouddha, Osiris ou Horus. Saint Yves d’Alveydre rapproche le
Christ de Krishna, qu’il nomme d’ailleurs Christna. D’après la Bhagavad Gita, Krishna
est l’Âme divine, le Verbe de Brahma, le Verbe créateur, l’Energie divine.
Mithra, Dieu solaire, est né le même jour que Jésus, au solstice d’hiver, le 25
décembre, date du Natalis Solis Invicti (de la Naissance du Soleil Invaincu). Il porte le
bonnet phrygien des initiés. « Phrygien » contient les consonnes Ph R G N, soit Phos +
Aor-Agni, c’est-à-dire la Lumière d’Aor-Agni.
De même que le Christ, Dionysos-Iacchos meurt et ressuscite ; il symbolise la
force vitale qui meurt et ressuscite chaque année. Comme le Christ, Orphée descend
aux Enfers.

De plus, dans la Cosmogonie d’Urantia, Michael de Nébadon, le Créateur de notre


univers local, vient sur Terre comme l’a fait le Christ.

En outre, dans « Le Feu du Soleil », de Robert Amadou, Eugène Canseliet explique


que, chez les Néo-Platoniciens d’Alexandrie, la couleur verte et l’Esprit étaient
représentées par le Chrisme (χ + ρ). Patrick Rivière nous fait alors remarquer que
Christos et Chloros (vert) ont tous deux les consonnes χ et ρ.

5
Le Verbe

Le mot Verbe viendrait de Aour (Lumière) et βιος (bios, vie). Nonnos de


Panopolis disait : « En lui était la vie. »

Origène dit : « Il faut voir dans "le cœur de Dieu" [le Père] la puissance de son
intelligence, cette force qui lui permet de régir l’univers, et dans le Verbe (sa Parole), le
messager des pensées qu’il nourrit dans son cœur. »
Dans l’Evangile de St Jean, il est dit : « La Grâce et la vérité sont venues par Jésus
Christ. » Le Logos est la lumière de la vérité, le contraire des ténèbres de l’erreur.
Jean Phaure nous dit que Aum (Om) est un nom du Logos.

Quant à St Yves d’Alveydre, dans son Archéomètre, il découpe le Zodiaque en 4


triangles : celui du Verbe ; celui de Marie ; celui des Saints Anges ; celui de l’Agneau ou
du Bélier, joint au trigone du feu vivifiant.

Il est important de noter que le mot ΛΟΓΟΣ (LOGOS) en grec contient les 2
consonnes Lambda, Λ, et Gamma, Γ, représentant respectivement le compas et
l’équerre, présents en maçonnerie, instruments du Sublime Architecte des Mondes. Ces
deux symboles sont associés à Aor-Agni.
Jacques d’Arès, dans l’Encyclopédie de l’Esotérisme, parle des « deux colonnes du
Temple ». La première colonne correspond au Λ, c’est-à-dire AOR : c’est la lettre R
(rho) ou L (lambda), car R et L sont la même lettre ; c’est l’Amour, le Féminin, le Son,
les courbes, le Mouvement, l’Air, la Lumière solaire ; c’est aussi l’Ankh ; c’est le R de
Rose+Croix. La deuxième colonne correspond au Γ, c’est-à-dire AGNI : c’est la lettre G
(gamma) ou CH (khi), car G et C sont la même lettre ; c’est la Connaissance, le Masculin,
le Rythme, les angles, la Force, l’Eau, la Chaleur ; c’est aussi la Swastika ; c’est le C de
Rose+Croix. Le Ρ (Rho) et le Χ (Khi) se conjoignent dans un symbole d’Harmonie et de
Beauté : le Chrisme.
D’ailleurs, sur le fronton du Parc Chambrun, à Nice, copie du temple de la Sybille
de Rome, il est écrit : ΛΟΓΟΣ ΚΟΣΜΟΣ (LOGOS – KOSMOS). Le tour du Temple est
décoré de frises orphiques : têtes de Bélier et de Bœuf ; instruments de musique…

Le Soleil

Les Démiurges peuvent être plus ou moins importants. Le Démiurge d’une étoile
géante doit être plus important que celui du Soleil.

Stanislas de Guaita expliquait que, « Au-dessus de la sphère d’Ain-Soph, le mot


sacré de Jéhovah, ou Iahoah, se décompose dans un triangle de flamme ». Ain-Soph est
le Dieu inconnaissable et Jéhovah est le Démiurge, le Soleil.

Phoebus, nom latin d’Apollon, vient du grec Φοῖβος (Phoibos). On peut le


décomposer en Φως (Phos, Lumière) et Βιος (Bios, Vie). À ce sujet, le Christ est appelé,
dans l’Evangile de St Jean, la lumière et la vie. Il est à noter que le mot Fève a la même
signification que Phoebus. D’ailleurs, Fulcanelli parle de la galette des rois.
6
Dans les représentations du Soleil, on voit souvent des rayons droits (Agni) et des
rayons ondulés (Aor). Le feu du Soleil contient Aor et Agni. Il est leur véhicule.

L’Evangile de St Jean dit : « Ce qui fut fait en lui était la vie, et la vie était la
lumière des hommes, et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas
saisie. » Il est question ici du Démiurge. St Jean poursuit : « La véritable lumière qui
éclaire tout homme en venant dans ce monde. » Le Soleil (ainsi que la Lune et les
Etoiles) est la lumière sensible du monde, mais ce n’est pas la véritable lumière.

Dans le livre d’Hénoch éthiopien, Hénoch voit 12 portes, par lesquelles sortent les
rayons du Soleil, chaque fenêtre répandant la chaleur en son temps. Il décrit le Ciel des
Cieux : il voit deux fleuves de feu, dont la lumière brillait comme l’hyacinthe ; au milieu
de cette lumière était une maison bâtie en blocs de glace, avec parmi ces blocs des
langues de Feu vivant.

D’après le livre d’Henoch hébreu, la Chekhina (ou Présence divine) est 65 000 fois
plus lumineux que le disque solaire. D’après René Guénon (« L’homme et son devenir
selon le Vedanta »), « Le cœur resplendissant de lumière de la Shekinah est la présence
réalisée du "Suprême-Soi" ».

Pour les Alchimistes, le Soleil est un astre froid. Ses rayons sont obscurs. La
chaleur et la lumière sont produits par le choc des rayons solaires contre les particules
de l’atmosphère terrestre.

En maçonnerie, Soleil et Lune sont positionnés à l’Orient. Le Soleil, masculin, est


actif ; il doit être placé à la place d’honneur, à la droite du Vénérable Maître. La Lune,
féminine, est passive.

Dans les « Symboles secrets des Rose-Croix des XVIème et


XVIIème siècle », on trouve un Mercure bras tendu (en forme de
croix), avec Soleil au centre. Le Soleil est à la place du Cœur, car tous
deux sont reliés. Deux caducées ont le même symbolisme que deux
ailes, indiquant Aor et Agni, Amour et Connaissance, pour s’élever
vers Dieu. Deux colombes représentent l’Esprit.

La partie féminine

D’après Paul Le Cour, « l’aspect féminin, la parèdre du Dieu absolu "qui est
esprit", c’est la matière première qu’il a engendrée, la matière vierge, Virgo Materia,
Virgo Maria ».
Athéna était surnommée Εργανη (Ergané), l’Ouvrière (R G N, Aor Agni). Elle
représente l’aspect féminin du Démiurge. Il est notoire qu’elle est vierge.

7
D’après Jean Phaure, Cybèle, Déesse des Mystères d’Eleusis, est l’équivalent de
Sophia (Minerve, Athéna), qui est « la parèdre du Verbe, la Philosophia perennis ».
Pour l’Immaculée Conception, il précise que l’Esprit-Saint agit comme un germe de la
Vierge Marie. « La divine Sophia est le moyen ». Et la Vierge Marie devient le sanctuaire
de l’Esprit Saint. Sophia se décompose en Phos + Ioa, c’est-à-dire Lumière d’Ioa (Ioa
étant le Verbe).

La Création de la vie

Dans les mythes grecs, la semence d’Ouranos (Aour, la lumière) jetée à la mer par
Kronos (K R N Aor-Agni) crée les êtres-vivants. Remarquons qu’on parle ici du second
Kronos, le Titan père de Jupiter.
Les rayons solaires entrant dans l’eau engendrent les éléments vitaux. Comme le
montre le mythe de la naissance d’Aphrodite (sortant des eaux), ce sont ces rayons
cosmiques qui ont fait apparaître la vie sur la Terre.

Leibniz a utilisé le concept de monades, une monade étant la force vitale,


équivalent de l’âme animale. Une monade représentait pour lui la « substance », qui
tenait le milieu entre matière et esprit. Une monade est plus abstraite que concrète et
semble plutôt se situer dans le monde des archétypes ou dans l’astral. Nous avons noté
que la Force vitale, deuxième principe de la Tri-unité, équivalait à Aor-Agni, moyen
terme entre matière et esprit. D’après Leibniz, « les monades naissent par des
fulgurations continuelles de la divinité ». Je pense que cela signifie que la « foudre »,
énergie double formée par Aor et Agni, crée les monades. Grâce à l’attraction de Aor
pour l’esprit et celle d’Agni pour la matière, je pense qu’il pourrait se produire un effet
analogue à celui produit par du savon séparant les corps gras des corps aqueux :
l’Esprit se trouverait emprisonné par une couche d’Âme (Aor-Agni), la séparant du
corps (matière) situé autour. Nous retrouvons ainsi la notion kabbalistique de
« Palais », le noyau ou cerveau étant recouvert par un voile.

Aor est assez proche de l’Esprit ; par contre, Agni est assez proche de la matière.
Ainsi, Aor-Agni va servir de liant, de « moyen », comme on dit en Alchimie, pour
conjoindre l’Esprit et la Matière. Le 2ème principe permet d’unir les deux autres.
En présentant les symboles de la Monade Hiéroglyphique de John Dee, Eugène
Canseliet dit que la Monade est un point au centre de chaque chose.

8
De plus, l’Evangile de St Jean dit : « Ce qui fut fait en lui était la vie, et la vie était la
lumière des hommes. » D’après Origène, « cette vie succède au Verbe et reste
inséparable de lui après avoir été produite » et « la vie et la lumière des hommes ne
font qu’un ».

Le Soleil entretient la vie grâce à sa lumière, sa chaleur et son magnétisme. Un des


caractères du Christ est la Force vitale. Elle se manifeste dans la matière par le
magnétisme, par la vitalité des plantes, animaux et hommes, ainsi que par une force
pouvant guérir.

Notons que les acides aminés et les nucléotides sont des constituants essentiels
des organismes vivants. Ils sont formés d’hydrogène, de carbone, d’azote, d’oxygène.
Ces quatre éléments contiennent la plupart des consonnes d’Aor-Agni.
Hydrogène : H D R G N (comme Dragon).
Azote ou Nitrogène : N T R G N.
Oxygène : K S G N.
Carbone : C R B N.

D’après Paul Le Cour, les bioéléments sont en rapport avec les principales
radiations lumineuses. Considérant les radiations du Soleil, les infrarouges
correspondent au créateur, Brahma ; les visibles au conservateur, Vishnu ; les
ultraviolets au destructeur, Shiva.
Concernant les éléments, le même auteur associe le carbone à la terre, l’azote au
feu. Les rayons rouges de l’hydrogène et les rayons jaunes de l’oxygène correspondent
de façon mélangée à l’air (Aor) et à l’eau (Agni).

Une théorie de formation de la Vie suppose qu’elle a été créée dans l’Espace, dans
des champs de plasma polarisés, ce qui explique pourquoi les molécules organiques
ont toutes un même type de chiralité.

D’après Jacob Boehme, dans le « Mysterium Magnum », Adam était à la fois un


homme et une femme. « Il avait les deux principes du feu et de la lumière en lui. »

D’après Eliphas Levi : « La vie rayonnante va toujours du noir au rouge, en


passant par le blanc ; la vie absorbée redescend du rouge au noir en traversant le
même milieu. »

Energies, Electromagnétisme, Force vitale

Schwaller de Lubicz affirmait qu’un Soleil noir se trouve au 2ème foyer de


l’écliptique. Les nazis représentaient le Soleil noir avec des rayons en zig-zag, signifiant
sans doute une force électro-magnétique particulière.
D’ailleurs, les Prêtres égyptiens affirmaient : Osiris est un Soleil noir.
La Pyramide de Kukulkan à Chichen Itza présente un phénomène curieux à
chaque équinoxe de printemps : au coucher du Soleil, l’ombre d’un serpent descend les
marches jusqu’à la gueule de Kukulcan, le serpent à plumes.
9
Par ailleurs, les électrons semblent être des particules reliées à l’Energie (électro-
magnétisme).
Enfin, ceux qui se sont approchés (alors que c’était interdit) du tabernacle de
Moïse ont été frappés par une sorte de lèpre électrique. En touchant l’Arche d’Alliance,
des personnes ont été électrocutées.

Aor et Agni

Le feu (Agni) est engendré par le Soleil. Il contient la lumière (Aor) et la chaleur
(Agni). En Inde, on disait qu’Agni renfermait en lui-même Agni et la lumière.

Les Démiurges sont des associations de complémentaires : Aor se rapproche plus


de l’esprit, tandis qu’Agni se rapproche plus de la matière.

Mais considérons quelque chose d’inattendu et d’intéressant : Paul Le Cour nous dit
que l’eau correspond en fait à Agni et que l’air correspond à Aor. Ce sont deux des
principes essentiels à la vie. Il fait remarquer que la Swastika représente une roue à
aubes.

En outre, Aor représente l’Amour et la Sensibilité. Alors qu’Agni représente la


Connaissance et l’Intelligence.

Enfin, Aor et Agni sont représentés, hormis par les deux lames de la Double-hache
(dite bipenne, donc à deux « ailes »), par les deux ailes de l’aigle ou celles de la
colombe.

AOR

Tout d’abord, il est important de comprendre que la lumière se condense en


énergie vitale quand elle crée notre univers.
La lumière est une onde dite longitudinale par la science moderne, mais qui, en
réalité, a un mouvement hélicoïdal complexe.

D’après Helena Blavatsky (« La Doctrine secrète ») : « Le Cygne ou Oie (Hansa) est


le symbole de cette divinité mâle temporaire qui, émanation du rayon primordial, est
fait pour servir de Vahan ou véhicule pour ce rayon divin, qui autrement ne pourrait
pas se manifester dans l’Univers, étant une émanation de l’Obscurité. » Comme le
Cygne et le Pélican représentent des choses semblables, on peut en déduire que le
Pélican est bien Aor-Agni, qui permet de manifester le Rayon Primordial dans le
monde matériel.

10
Toujours d’après Blavatsky, « Brahmâ est le Kala-Hansa (Cygne Noir), et le rayon,
le Hansa-Vahana (celui qui a pour véhicule le cygne). » La « Matrice Universelle »
équivaut aux « Eaux Primordiales de l’Abysse, ou ouverture pour l’accueil et ensuite la
sortie de ce rayon (le Logos), qui contient en lui les 7 rayons procréatifs ou puissances
(les logoi ou constructeurs) ». « D’où le choix des Rose-Croix de l’oiseau aquatique
(Cygne ou Pélican), avec 7 petits. » « Oiseau aquatique flottant ou se mouvant sur les
eaux comme l’Esprit, puis sortant de ces eaux pour donner naissance à d’autres êtres. »

En outre, Fabre d’Olivet distingue le feu, Aoûr, de la lumière, Aôr. De plus, pour
Stanislas de Guaita, la Lumière Astrale s’appelle Aôd, dans son mouvement
d’expansion, Aôb, dans son mouvement de restriction, et Aôr, dans son double
mouvement, ascendant et descendant. Aôr est à la fois lumière et amour.

Ain-Soph est le Non-Manifesté. Le Rayon Primordial en provient.


Par ailleurs, d’après Jean-Pierre Bayard, dans « La symbolique du feu » : « La
lumière astrale constitue le symbole hyperphysique de l’Univers sensible », dont les
êtres corporels sont les manifestations.
Notons qu’il faut distinguer une première lumière (ou Lumière Céleste) et une
deuxième lumière (ou Lumière Matérielle, ημερα, la lumière du jour). D’après Pic de la
Mirandole, toute matière au sens de masse quantifiable se constitue à partir de la
matière première (qui est un flux informe ténébreux) et la lumière céleste en engendre
toutes les formes existantes.

D’autre part, d’après le « Dictionnaire raisonné de l’Alchimie », de Christian


Montesinos, Aour signifie « serpent » en hébreu. Ce dernier est alchimiquement
semblable au serpent alchimique Typhon. Quelques alchimistes disent qu’il est l’or
fluidique. Il faut savoir que la lumière peut être liquide !

Saint Yves d’Alveydre explique, dans « l’Archéomètre », que le Saint-Esprit a été


nommé par Moïse « ROuaH-ALHIM ». « Son action réfléchie s’exerce selon l’inversion
proportionnelle de son nom : Hâ-OuR, la Lumière des lumières ; HaOR, dit Moïse. »
Notons ce H aspiré devant Aor. « Le sanscrit répond, au nom de toute la Tradition
patriarcal : Ahar et As-OuRa, l’Aurore éternelle, et Celui qui possède et donne la Vie
céleste dans cette Lumière. »
Dans « La Théogonie des patriarches », il dit que le premier jour de la Genèse (le
début de la Cosmogonie de Moïse) concerne la « Manifestation de l’Aor ». Notons que
l’Aor entre dans le manifesté en utilisant Agni comme véhicule. St Yves ajoute :
« HaOR- ROuaH : Lumière-Esprit, Vie éternelle, substance unique d’où naîtront trois
univers : Céleste, Astral et Humain ».
Notons également que le même auteur, dans son Testament Lyrique, disait que
« Rouach-Œlohim, en descendant la hiérarchie des Forces cosmogoniques suivant la
Méthode des Sciences Divines, est à une quarte diatonique de la Lumière, la précède et
la crée dans tous les chaos ».

Pour Fulcanelli, la lumière est un feu raréfié et spiritualisé.


Notons enfin que Lumière, en sanscrit, peut se dire « Dios ».

11
AGNI

La principale propriété d’Agni (le feu) est le « Tapas » (l’ardeur). Notons que le
français a gardé ses 2 significations : chaleur et mouvement. C’est ce que nous répète la
physique moderne : on sait que chaleur et mouvement sont équivalents ; plus un
milieu est chaud, plus ses particules bougent rapidement.
Le Tapas est l’ardeur cosmique. On passe d’un univers amorphe à un univers
ordonné. Dans le Ṛgveda, lorsqu’Indra a vaincu Vṛtra, Agni, qui était immobile,
commence à développer son Tapas. C’est lui qui va produire le mouvement en toutes
choses. C’est le feu caché à l’intérieur de l’eau. Indra est le Dieu de la Lumière (Aor) et
est la manifestation d’Agni.
« Le tapas est à l’origine du Ṛta (ordre cosmique) », nous dit B. L. Ogibenin, dans
« Structure d’un Mythe Védique : Le Mythe Cosmogonique dans le Ṛgveda ». « L’Ordre
et la Vérité sont nés sont nés de l’Ardeur qui s’allume. », déclare Louis Renou, dans
« Hymnes spéculatifs du Véda ».
Sri Aurobindo considère qu’Agni représente un éclat brûlant, un mouvement
tournant et ondulant.
Remarquons que le vajra, arme d’Indra, sorte de double-marteau électro-
magnétique, peut s’identifier à la foudre, car il la crée. Indra tue Vṛtra grâce à ces
propriétés. De plus, le vajra peut être égalé au Tapas, d’après les auteurs védiques.
D’ailleurs, le Ṛgveda dit que Indra met en marche son vajra et lui fait produire de la
lumière.
Le Dorjé est un instrument double tibétain symbolisant la foudre, similaire au
vajra, au marteau de Thor ou au foudre de Zeus. Enfin, d’après Paul-Georges
Sansonetti, la foudre peut être représentée par une hache ou un marteau. L’énergie,
qui est double, vient du ciel et peut être représentée par une hache. L’éclair est
métaphorique d’une autre énergie, d’une énergie constitutive de l’ordre de l’Univers.

Saint Yves d’Alveydre, dans « l’Archéomètre », dit que la racine sanscrite Ga


signifie une forme de mouvement. Il est relié à GANEÇA, GAN-IShA, puis ShIVA. Il
ajoute : « Ga est aussi dédiée à GANDHARVA, surnom védique AG-NI. » Pour Agni, il
donne deux significations ; en Vède, « Feu organique central de Dieu » ; en Etrusque,
« Feu organique central du Seigneur ». « Ce Feu, Nature interne de Dieu, agissant dans
son Verbe, est l’Amour divin, l’Amour créateur. » Dans la mythologie hindoue,
GANDHARVA est associé aux Nombres harmoniques.

René Guénon explique, dans « Le Symbolisme de la Croix » : « Agni est figuré


comme un principe igné (de même, d’ailleurs, que le Rayon lumineux qui le fait naître),
le feu étant regardé comme l’élément actif par rapport à l’eau, élément passif. Agni au
centre du swastika, c’est aussi l’agneau à la source des quatre fleuves dans le
symbolisme chrétien. »
D’après Camille Flammarion, « la théorie d’Agni, Dieu du feu chez les Aryas, est
identique à celle de l’Agnus Dei ».

12
Mitra et Varuna sont des divinités solaires. Mitra représentait la souveraineté sur
le plan terrestre et Varuna (dont le nom rappelle Ouranos, et donc Aor-Agni) sur le
plan surnaturel et naturel.
Shiva est entouré d’un cercle de flammes, représentant les sept univers de la
création. Dans une main, il porte le feu du sacrifice. On voit ainsi qu’il est relié à Agni.

De plus, Agni, le feu, va permettre l’entrée dans le monde matériel.

D’après Fulcanelli, et sa description du Baphomet, le petit triangle du feu, situé à


l’intérieur du grand triangle de l’eau, représente le « feu enclos dans l’eau, ou l’étincelle
divine, l’âme incarnée, la vie infuse dans la matière ». Paul Le Cour donne comme
interprétation du nom Baphomet : Bios, Phos, Metis, c’est-à-dire Vie, Lumière, Sagesse.
D’ailleurs, d’après Schwaller de Lubicz (cité par Patrick Rivière), commentant la
cosmogonie d’Hermopolis : « Nefertoum est le lotus, le végétal portant semence, qui
suscite le Feu en l’Eau. […] Il s’agit donc ici de la génération de l’eau primitive pour
devenir une Eau vive, d’où sortira finalement le Soleil. »

Dans le livre d’Hénoch slavon, Dieu parle à Hénoch : « car avant que ne fussent
toutes les choses visibles, la lumière s’ouvrit, et moi, au milieu de la lumière, je
parcourais l’espace comme un des invisibles. » La lumière est le « fondement des
choses d’en haut » « et il n’y a par-dessus la lumière rien d’autre ». Arouchaz est une
chose dure, lourde, noire, « soit le fondement des choses d’en bas ».

En outre, dans l’Hekhalot Rabbati, ou « Grand Traité des Palais », le Prince Dumiel
est assis sur une gemme qui a en elle la splendeur des luminaires du firmament tels
qu’ils étaient à la création du monde.

D’après Héraclite, le Feu est la puissance du changement. La Salamandre était


réputée résister au feu. Pour Orphée, Pan représentait le Feu Eternel.

Le feu est la vie. D’après Platon, « En chacun des éléments, il y a une âme, et le feu
est lui-même un être vivant ». Le feu Agni fait donc partie de l’âme.

Par ailleurs, le tumo est une chaleur interne qui peut être produite par un humain
avec de l’entraînement.

Il est important de noter que, pour Fulcanelli, le feu n’est pas le résultat de la
combustion, mais sa cause véritable.

13
D’après Jules Boucher, dans « La Symbolique maçonnique », l’Etoile flamboyante,
active, entoure le G, qui devient l’initiale de Graal, qui est le voile du feu créateur, feu
qui rayonne et qui flamboie. L’Epée flamboyante est une épée de feu. Il y a un
mouvement ondulatoire et vibratoire de la flamme. Oswald Wirth dit que « le Glaive
flamboyant est le symbole du Verbe ».
Marius Lepage y voit d’une part la création,
par Verbe-Lumière-Son, d’autre part, la
purification et expiation.

Enfin, dans les « Symboles secrets des


Rose-Croix des XVIème et XVIIème siècle »,
on trouve une croix blanche sur fond jaune
carrée avec un Agneau au centre, sur un
livre. L’Agneau représente Agni, la
Connaissance (le livre) et également le
moteur qui fera tourner la roue.

Des noms contenant Aor-Agni

D’après la Cabale, ou Langue des oiseaux, on peut identifier Aor-Agni par ses
consonnes, à savoir R G N. De nombreux mots les contiennent.
Des noms de Dieux, tout d’abord : Huracan, chez les Amérindiens ; Ouranos (ciel –
soleil) et Gé (Terre), chez les Grecs ; Grian, nom du Soleil chez les Irlandais.
Les lieux souterrains ensuite : Achéron (monde souterrain chez les Grecs) ;
d’autre part, le mot Agartha contient Aor, Agni et Théos (Dieu). La Source se dit Κρηνη
(Kréné) en grec, et est le symbole de la Connaissance.
D’autres mots également : en Grèce encore, Ergané, Géryon, Agénor (fils de
Poséidon), Ariane (ou Ἀριάδνη, Ariadné) et Energia ; en Amérique, Niagara ; en
français, origine, organe, énergie, arcane.
Les « Pommes d’Or » du jardin des Hespérides, sans doute des Oranges (R N G),
étaient gardées par un Dragon (D R G N). Il semble que le Dragon soit souvent un
gardien de Aor-Agni. Dans l’une des versions du Ṛgveda, c’est dans une caverne
protégée par le Dragon Vṛtra qu’est détenu entre autres Agni.

Les Couleurs

La lumière blanche peut se décomposer en un arc-en-ciel de couleurs. Les


couleurs peuvent être associées à des lettres ou à des sons. Le Dieu suprême a deux
couleurs : le blanc et le noir, correspondant à la Lumière et à la Ténèbre. Blanc = E et
Noir = U. Le Démiurge a trois couleurs et 3 sons : Rouge = I = Do ; Jaune = O = MI ; Bleu
= A = SOL.

14
Le Cœur

Paul Le Cour, dans « Dieu et les Dieux », fait remarquer une analogie entre le
Sacré-Cœur et le Soleil. Le Sang et l’Eau coulant du Cœur du Christ font penser aux
tâches solaires, ouvertures par lesquelles s’enfuient une quantité énorme d’électrons.
Le même auteur nous dit que, pour les Mayas, le Dieu solaire Huracan était le cœur du
ciel. Il précise également que le hiéroglyphe symbolisant le cœur en Egypte était un
vase. De même, le cœur de Dionysos-Iacchos était le Soleil et a été conservé
précieusement, grâce à la prévoyance d’Athéna, après son démembrement par les
Titans. Il est indiqué, dans les Discours sacrés orphiques « Seul ils laissèrent le Cœur
intellectif », en expliquant que cet organe générateur du Dieu, essence immédiatement
supérieure à l’Âme, appelée par Platon « Essence indivisible », était resté intact.
On confond parfois cœur et chœur, car le Soleil émet des ondes visuelles et
sonores.

L’Orphisme

Le nom Orphée vient de Aor et de φως (Phos, Lumière), d’où Lumière d’Aor.
Orphée est souvent dit fils d’Apollon, qui lui avait offert une lyre à 7 cordes. Il savait
charmer les animaux.

Dans la Cosmogonie orphique, Eros, l’Amour, est à l’origine des choses ; il est le
seul Créateur. Il est la « Force des Forces » chez Platon. Dans la Théogonie d’Hésiode,
Eros est le Démiurge, qui féconde la Nature et Okéanos, l’Océan.

Il existe plusieurs versions des cosmogonies orphiques. Dans la plus ancienne,


tout commence par la Nuit.
Je vais présenter une version plus classique, commençant par Chronos. Elle est
résumée par Nuccio d’Anna dans son livre « Da Orfeo a Pytagora ».
Chronos est le Temps. Il ne vieillit pas. C’est le Chronos orphique, avec un Χ (Khi),
alors que le père de Zeus dans la mythologie grecque s’écrie Kronos avec un Κ (Kappa).
Les deux apparaissent quelquefois dans la même cosmogonie, mais Chronos est
toujours le premier. Le X représente la Lumière. Il et semblable au Zervan Akarana de
la mythologie perse, qui gère le temps cyclique.
Chronos semble associé au Περιεχων (Périekhon), dont Reghini nous dit qu’il
était considéré par Pythagore comme le Temps, enveloppe limite du Monde. Notons les
consonnes de Chronos (Ch R N) et de Akarana (K R N) : nous retrouvons encore Aor-
Agni.
Dans cette version, « Le Temps, ce Dragon, génère l’Ether humide, le Chaos
illimité et l’Erèbe obscur ». Phérécide ajoute que, de la semence de Chronos se
coagulent le "feu", l’"eau" et le pneuma, non l’air, mais le "souffle vital", qui rythme la
vie du Monde.

15
L’œuf Cosmique apparaît, puis de cet œuf naît Phanès,
« l’apparition », « l’être de lumière ». Phanès est né de l’Œuf
cosmique, coupé en deux par Chronos et Anankè (la Nécessité). La
partie haute de l’œuf formera le Ciel (Ouranos) et la partie basse
la Terre (Gê ou Gaïa). Ouranos-Gê donne encore Aor-Agni (R N G).
Phanès (ou Protogonos) est dit « jailli de l’œuf aux ailes d’or »,
dans l’hymne orphique à Protogonos ; on y indique aussi
l’apparition de la lumière : « [Protogonos] qui d’un coup d’aile
dissipa le voile obscur des yeux et les ouvrit à la lumière ».

Phanès s’appelle parfois Eros (l’Amour), ou bien Protogonos, le Premier Né. C’est
le Démiurge. C’est aussi l’illustre Eriképaios, que je décomposerais en Erik (qui veut
dire Chef unique, en scandinave) et Paios (qui veut dire paire en latin), exprimant ainsi
la primauté d’Eriképaios, mais aussi sa dualité, son caractère hermaphrodite. C’est lui
qui a institué le Skeptron, pour régler le mouvement de la création. On lui donne
parfois aussi le nom de Dionysos. On l’appelle aussi la Mètis. Il existe notamment une
version où un Zeus hermaphrodite avale la Mètis, la fait maturer et la régurgite sous la
forme d’Athéna.

Remarquons que l’œuf cosmique est présent dans de nombreuses cosmogonies.


Par exemple, les Vedas parlent de l’Hiraṇyagarbha, ou Œuf d’Or, ou encore Embryon
d’Or.

Le Dieu Iacchos (Bacchus) représente l’énergie, la force vitale. Il s’associe à


Apollon-Phoebus, le soleil fécondant, qui envoie sa lumière sur toute chose et sur tous
les êtres-vivants.

Enfin, les Pythagoriciens comparaient le Système solaire à une lyre, dont chaque
planète était une corde et émettait un son : la musique des sphères, créée par des
vibrations lumineuses. On comptait 7 planètes, 7 notes, 7 couleurs. La doctrine
pythagoricienne est basée sur l’ordre, l’harmonie et la beauté. Le mot Cosmos, en grec,
avait ces trois significations.
Notons qu’Apollon (le Soleil) jouait de la lyre, comme Orphée.

Les Stances de Dzyan

Le Livre de Dzyan est un très ancien livre d’origine tibétaine, dévoilé par Helena
Blavatsky, dans son livre « La Doctrine secrète ». C’est une cosmogonie, dont je vais
donner deux extraits, associés à la lumière. Ces thèmes de l’œuf cosmique et de la
lumière se rencontrent souvent dans les cosmogonies.
Stance 2 : « Les sept fils n’étaient pas encore nés du réseau de la lumière. »

16
Stance 3 : « L’obscurité irradie la lumière, et la lumière laisse tomber un unique
rayon dans la profondeur de la Mère. Le rayon passe à travers l’œuf vierge. Le rayon
oblige l’œuf éternel à vibrer, laisse tomber le germe non-éternel, qui se condense en
l’œuf du monde. » « La racine de la vie était dans chaque goutte de l’océan
d’immortalité, et l’océan était de la lumière, radiante, qui était du feu, de la chaleur et
du mouvement. »
Dans cette stance, on parle du Feu-Eau (le Feu liquide). On a ici de la Lumière
liquide. La Lumière est une Flamme Froide. La flamme est le Feu. Le Feu produit la
chaleur. La Chaleur produit l’Eau (l’Eau de la Vie dans la Grande-Mère).
On voit bien ici que « l’œuf non-éternel » produira un univers local et provient de
l’œuf éternel. À la fin de la stance 3, Fohat apparaît, qui va insuffler de l’énergie dans
les atomes. Cette énergie ignée a forcément un rapport avec Aor-Agni.

Cathares et Manichéens

D’après Paul Le Cour, « Le dualisme cathare et manichéen ne serait autre que


celui des complémentaires Aor et Agni » ; d’ailleurs, nous trouvons dans le mot
cathare, nous dit-il « Aor-Ag-Théos ». Toujours d’après cet auteur : « Les cathares et les
manichéens continuaient la grande doctrine cabirique des Dioscures avec le dualisme
des principes complémentaires constituant l’intermédiaire, le médiateur entre l’esprit
et la matière incommunicables sans cela. Ce principe intermédiaire, qui est le Verbe,
complète la tri-unité. »
D’après Camille Flammarion, « tout ce que nous mangeons, tout ce que nous
buvons, c’est du Soleil ». Les Cathares l’avaient bien compris. Ils pensaient que, dans
chaque bouchée de nourriture, le Christ se trouvait. Ils avaient un grand respect pour
les repas, qu’ils abordaient toujours religieusement. Faisons à ce sujet une remarque
intéressante : Go Hung, le grand alchimiste chinois, qui était végétarien et ne mangeait
ni produits animaux, ni céréales, disait dans le Pao Pu Tzu Neipian, qu’il avait
l’habitude de mâcher assez peu ses aliments, car cela faisait partir l’Esprit.

Les deux Jean et le Christ

D’après Paul Le Cour, dans « L’Evangile ésotérique de St Jean », St Jean Baptiste


était le Gouverneur et Maître de la Planète Terre et le chef des Initiés. Il était semble-t-
il le chef des Esséniens. Il représentait Agni chez les Rose+Croix. C’est le continuateur
de Gé. Gé est l’épouse de Poséidon, prédécesseur de Ioan comme Maître de la Terre.
Les initiations se faisaient dans des lieux souterrains. Le Christ prendra la succession
temporaire des fonctions de Jean le Baptiste, puis Jean l’Evangéliste, le disciple préféré,
prendra a priori la succession du Christ pour ces mêmes fonctions. St Jean l’Evangéliste
deviendra évêque d’Ephèse. Remarquons qu’à l’époque des Mystères, les grands
prêtres du temple d’Artémis à Ephèse s’appelaient les Essènes.

17
Toujours d’après Paul Le Cour, dans « L’Evangile ésotérique de St Jean », le
Verseau, Ganymède, signifie « celui qui conduit (ou qui possède) Agni ». Il verse le
contenu de son vase, le soma hindou, l’aoma perse, le vin de Dionysos, le nectar
olympien. Cet auteur ajoute que, depuis l’ère chrétienne, Jean-Agni détient ce vase,
Graal taillé dans une émeraude qui formait la couronne de Lucifer avant sa chute.
Notons que la Bible est souvent ouverte à l’Evangile de St Jean, lors des tenues
maçonniques.

Dans le Johannisme, le Christ représente le côté Amour, alors que Jean représente
le côté Connaissance. Le Christ symbolise l’Aor, tandis que Jean symbolise Agni. Les
deux Jean, de caractéristiques souvent semblables, sont souvent désignés ensemble
par le seul mot « Jean ». À eux deux (ou trois), ils forment le Rebis. Mais nous pouvons
remarquer que Jean est aussi un peu Aor et le Christ un peu Agni.
Dans la tradition johannite, d’après Marc Thirouin (Atlantis n°189, Jean-Agni et
Jean-Aor), Jean-Baptiste est la Venus Lucifera (l’Etoile du Matin, porteuse de lumière)
et Jean l’Evangéliste est Venus Vespera (l’Etoile du Soir).

Les Mythes

D’après Marc Thirouin (Atlantis n°189, Jean-Agni et Jean-Aor), Hermaphrodite se


décompose en Aphrodite (Amour, Aor) et Hermès (Connaissance, Agni).

Prométhée a dérobé le feu (Agni) aux Dieux. Il sera puni, un aigle venant chaque
jour manger son foie, qui repousse aussitôt. Saint Yves d’Alveydre a écrit une tragédie
en 5 actes sur ce mythe : « Le mystère du progrès ». On y voit Prométhée, assisté par
Vulcain et les Cabires, tenter, depuis leur base située dans un Volcan (Agni), tenter de
dérober le feu aux Olympiens, menés par Zeus.

II Arcana Arcanorum

A) Alchimie
L’un des buts de l’alchimie est de condenser la lumière (Aor) sous forme solide, à
l’aide du feu (Agni), pour aboutir à la Pierre Philosophale.

D’après Paul Le Cour : « En hébreu, le mot Aor désigne la lumière et en grec l’or
est désigné par le mot chrusos qui contient les consonnes essentielles du mot Christ.
En fait, selon l’herméneutique, l’or philosophal, c’est le Christ, à la fois lumière (Aor) et
vie. L’alchimie est donc la connaissance des transformations de la lumière du Christ
solaire en vie. » Cette définition fonctionne aussi bien pour l’Alchimie externe que pour
les Voies internes.

18
L’Alchimiste va jouer le rôle d’un Démiurge, aussi bien dans l’Alchimie que pour
les Voies internes. La Table d’Emeraude déclare : « Toutes choses furent produites par
une seule médiation. » Est-ce le Démiurge ?

Rappelons-nous que le mot de passe Tubalcaïn représente le premier forgeron, le


premier alchimiste. Nous sommes près du mythe de Prométhée : Tubalcaïn a eu l’idée
d’utiliser Agni.

De plus, le mot Soufre (Sulphur en latin), vient de Sul-phur, soit Soleil-lumière,


d’où Lumière solaire.

Une formule alchimique, mise en valeur par Basile Valentin, déclame : IGNE
NATURA RENOVATUR INTEGRA, c’est-à-dire « Par le Feu (Agni), la Nature est toute
entière renouvelée ».

En outre, dans « Le Feu du Soleil », de Robert Amadou, Eugène Canseliet insiste


sur le signe astrologique du Bélier : notons que l’équinoxe de printemps, ou Pâques,
sonne le début des opérations alchimiques.

Par ailleurs, le feu physique (Agni) a un rôle évident et essentiel en Alchimie. Il


existe 5 sortes de feu et 4 degrés d’intensité (correspondant aux saisons). Il reste aussi
à découvrir le Feu secret.

La lumière (Aor) intervient sur les opérations alchimiques. Certaines doivent se


faire dans l’obscurité, d’autres en pleine lumière, voire au Soleil. La Table d’Emeraude
conclut : « Sur l’opération du Soleil, j’ai dit. »
Eugène Canseliet conseille : « Il faut travailler la nuit, car c’est la nuit que l’esprit
descend et que la Lune vous envoie les puissances et les forces. » La Lune nous envoie
l’esprit qui vient du Soleil ; elle corporifie l’Esprit.
L’Abbé Montfaucon de Villars, dans « Le Comte de Gabalis », a dévoilé : « Il n'y a
qu'à concentrer le feu du monde par des miroirs concaves ; c'est ici l'artifice que tous
les Anciens ont caché religieusement, et que le divin Théophraste a découvert. Il se
forme dans ce globe une poudre solaire, laquelle s'étant purifiée d'elle-même, du
mélange des autres Eléments ; et étant préparée selon l'art, devient en fort peu de
temps souverainement propre à exalter le feu qui est en nous. »

Plusieurs couleurs (Aor) se succèdent dans le Grand Œuvre. Les trois couleurs
principales sont le Noir, engendré par une chaleur (Agni) humide, le Blanc, engendré
par une chaleur (Agni) sèche, et le Rouge, la Pierre séchant encore plus et la lumière
(Aor) se condensant à son maximum dans la Pierre philosophale. Il existe des couleurs
intermédiaires : bleu-noir, vert, jaune, orange, queue de paon.
Les couleurs symboliques du foyer d’Agni sont aussi le Noir, le Blanc et le Rouge.
Dans l’œuf alchimique, par voie sèche, on ne peut voir les couleurs, cachées à
l’intérieur. Par contre, Eugène Canseliet nous indique que l’on entend les sons des
planètes, qui correspondent aux couleurs.

19
Mais l’opérateur (l’Alchimiste) et la matière sont encore plus liés qu’on ne le
pense. L’Esprit de l’opérateur ensemence la matière. Cet Esprit correspond à Aor. Il
réveille l’Esprit à l’intérieur de la matière. Et en retour, l’Esprit de la matière
ensemence aussi l’Esprit de l’Alchimiste. Dans « Le Feu du Soleil », Robert Amadou
déclare que « Les manipulations ont une influence sur l’esprit particulier de
l’alchimiste ». Canseliet confirme en disant : « Avec les pinces, les pensées se
prolongent en ondes. L’alchimiste est un sage et un croyant. Si quelqu’un d’autre fait la
même manipulation qu’il vient de réussir, il est possible qu’elle échoue cette fois. » Il
ajoute : « L’Esprit, c’est de la matière. » Il parle sans doute à ce moment-là de Aor, qui
est plus matériel que le véritable Esprit. L’artiste reçoit un rayonnement du ciel et sa
matière le retient.

Après le baptême du Jourdain, le Christ transforme l’eau en vin (noces de Cana) et


guérit les malades. La transformation de l’eau en alcool, c’est-à-dire en esprit de vin,
est une opération alchimique.

Notons enfin que Cyrano de Bergerac a raconté le combat de la Rémora contre la


Salamandre.
Quant au Phénix, il renaît de ses cendres. À chaque multiplication, grâce à Agni, il
devient plus beau et plus pur.

B) Théurgie
D’après Paul Le Cour, « Le détenteur de la Gnose est Ioan [Jean], le porteur du
Graal ». Toujours d’après cet auteur, nous avons déjà mentionné le fait que les deux
Jean (Jean le Baptiste et Jean l’Evangéliste) représentent Agni, tandis que le Christ
représente Aor.

Le Baptême

Lorsque Jean-Baptiste baptise Jésus par l’eau, dans le Jourdain, celui-ci est
adombré par l’esprit du Christ, qui descend et pénètre en lui, et devient par là le Christ.
La colombe de l’Esprit-Saint est descendue sur lui. Ainsi, Jésus a été baptisé par Agni,
c’est-à-dire par le feu contenu dans l’eau. Remarquons qu’il a été en même temps, de
manière exceptionnelle, baptisé par l’Esprit (Aor), par l’immense colombe (Ionah
voulant dire Esprit) le survolant. Remarquons que cette colombe était l’éternel féminin
céleste, représentant l’Amour divin. Jésus a reçu de Jean la Connaissance.
D’après Marc Thirouin (Atlantis n°189, Jean-Agni et Jean-Aor), le baptême de Jean
Baptiste avec l’eau était un baptême initiatique « de conversion » et ressemble aux
« rites de renaissance des religions à mystères ». Il explique : « Ce qui descendit sur
Jésus dans cet instant, ce fut le Verbe solaire, qui est à la fois Aor et Agni ». Edouard
Schuré imagine une « grande colombe incandescente de lumière ».

En outre, Jean l’Evangéliste veut faire communier tous les hommes entre eux et
avec le Plan Divin.
20
Le Baptême était un rite essénien. Jésus était Nazaréen, c’est-à-dire un initié
essénien. Les Esséniens vivaient selon les principes de Pythagore.
Quand on recevait un néophyte lors du baptême essénien, il recevait une petite
hache-double, nommée bipenne, car ses deux ailes (Amour-Aor et Connaissance-Agni)
permettaient de monter vers Dieu. Les Thérapeutes paraissent avoir été des Esséniens.
Le Christ instituera par la suite le baptême par l’Esprit-Saint (Aor). Ce baptême
était pratiqué par imposition des mains et attribuait des dons supérieurs. Lors de la
Pentecôte, les langues de feu survolant les Apôtres ont été une imposition des mains
divine.
Plus exactement, d’après Paul Le Cour, « Jean-Agni baptisait avec l’eau ; le Christ,
qui réunit en lui les deux natures du dualisme, baptisera ensuite avec l’eau et l’air
(Agni et Aor) ». Et il répète la phrase du Christ, rapportée par St Jean : « Nul ne
connaîtra le royaume de Dieu, s’il ne renaît d’eau et de pneuma. »

L’Eucharistie

Le Christ, comme Melchisédech avant lui, a réuni les Mystères de Déméter (ou Gé)
et ceux de Dionysos, avec le pain et le vin. Remarquons que Déméter veut dire « Mère
de Dieu » et que Dionysos signifie « Fils de Dieu ». Le pain nourri par le Soleil est « la
chair » du Christ ; le vin est « son sang ».
Paul Le Cour note que « le Christ ne peut avoir célébré la Pâque juive, une fête
comportant l’immolation d’un agneau ; car il était venu abolir les sacrifices sanglants
et transformer la religion juive. Aucun évangile n’indique que le Christ ait mangé
l’agneau pascal ».
Les premiers chrétiens partageaient des galettes plates dorées, striées de rayons.
Elles représentaient le Soleil.

Pendant la messe, l’ostensoir fait penser au Soleil, de même que l’hostie


lumineuse.

Les Mystères

Les Grands Mystères se passaient à l’Equinoxe d’Automne.


À Délos, la danse sacrée du Géranos (G R N) symbolisait les mouvements des
astres autour du Soleil.
Enfin, Poséidon était le précurseur d’Apollon dans les sanctuaires de Délos et de
Delphes.

D’autres occurrences de Aor et Agni

Les monuments religieux sont tous orientés par rapport au Soleil et aux points
cardinaux. Les églises sont orientées dans la direction Est-Ouest. Leur entrée est à
l’Ouest. Stonehenge est orienté pour recevoir le rayonnement du soleil se levant au
Solstice d’été. Normalement, le Prêtre devrait faire son service en regardant vers l’Est.
21
Par ailleurs, les lampes qui brûlent devant les sanctuaires modernes sont
équivalentes au feu des vestales ou des prêtres d’Ahura Mazda.

Comme Aor et Agni sont unis, on ne peut pas séparer Amour et Connaissance
sans déséquilibrer la vie spirituelle. Acquérir la Connaissance permet de se rapprocher
de la beauté divine.

Pour atteindre le Christ, on n’a pas besoin de pratiques extérieures, car l’Energie
vitale que nous a fournie le Démiurge est encore directement reliée à lui. Ensuite, le
Logos fera le médiateur entre l’homme et le Dieu suprême.

Le Pater cathare contient la phrase : « Donnez-nous notre pain supraterrestre. »


Cela exprime bien l’influence du Soleil pour la croissance du blé et de toute notre
nourriture. D’ailleurs, les cathares pensaient que le Christ était contenu dans toute
nourriture. Le latin « Panem supersubstantialem » veut dire au-dessus et au-delà de la
substance.
Les Esséniens, chaque jour, priaient le Soleil.

Les bougies sont utilisées pendant les tenues maçonniques. Elles permettent de
représenter le Logos. Sept bougies correspondent aux sept chakras. La bougie verte
placée au centre des bougies blanches correspond au chakra du cœur. La lumière verte
rappelle le rayon vert du Soleil couchant. Elle est symbolisée par la cérémonie des
cierges vertes, dont parle Fulcanelli, à l’Eglise Saint Victor de Marseille, célèbre pour sa
Vierge Noire.

Notons que les éléments Eau et Feu sont utilisés pendant certains rituels
magiques.

Enfin, les rosaces des cathédrales laissent passer de multiples couleurs, donc des
longueurs d’onde particulières.

C) Voies internes
On peut dire que les Voies internes consistent à reproduire par analogie ce qui se
passe en Alchimie externe. Il s’agit d’utiliser un feu (Agni) semblable à celui utilisé par
les Alchimistes dans leur Athanor, mais interne au corps humain, pour pouvoir
transformer l’âme, en l’épurant, en un esprit pur. C’est par le feu Agni qu’il faut se
purifier, pour se délivrer du matériel et tendre vers le spirituel, pour atteindre
l’immortalité.
La Lumière (Aor) est le but de l’initiation. La Divinité que nous voulons atteindre
est elle-même Lumière.

22
La fin des Vers d’Or de Pythagore (traduction Fabre d’olivet) est la suivante :
« Mais observe mes lois… Afin que, t’élevant dans l’éther radieux, Au sein des
Immortels, tu sois un Dieu toi-même. » En effet, Pythagore indique dans ses Vers d’Or
des règles de vie aidant à atteindre l’immortalité. Il faut noter que le Démiurge de
notre Système, comme tous les autres Démiurges, est un être extrêmement
perfectionné, d’une Ethique presque parfaite. D’ailleurs, les Egyptiens indiquaient que
les Pharaons pouvaient après leur mort se transformer en étoiles. Mais tous les
hommes, en améliorant et épurant leur âme, peuvent aussi devenir des Dieux.
Les Orphiques, Pythagoriciens et Platoniciens utilisaient la Beauté et l’Harmonie
pour épurer leur âme et tendre vers l’esprit. Ils croyaient aussi aux transmigrations
des âmes, ce qui permet petit à petit de purifier l’âme. Mais le but des Voies internes
est d’accélérer le processus.

D’ailleurs, la métaphore de la Chrysalide se transformant en papillon est souvent


employée. Il s’agit de délivrer l’homme enchaîné à la matière et à ses passions. Il doit
abandonner son corps de chair pour retrouver, comme à l’origine, un corps spirituel.
L’esprit doit se changer en or, en Aor (Lumière). Nous devons tendre vers le Démiurge,
Lumière de notre part d’Univers, Or spirituel, en nous aidant de l’Amour.

Origène, dans son « Commentaire sur l’Evangile selon St Jean », déclare : « Le


Sauveur s’appelle aussi "la porte" dans la mesure où l’on ne peut pas être dans le Père,
ou auprès de lui, sans s’élever de terre et parvenir d’abord à la divinité du Fils, par
laquelle on peut être conduit à la béatitude du Père. »

Après la mort, l’esprit s’élève plus ou moins haut et atteint une planète d’autant
moins dense qu’il est plus épuré. Il rejoint les esprits de même niveau de
développement que lui. Remarquons de même que Dante doit traverser 9 cieux avant
d’atteindre le Soleil.

De même, notons qu’il y a 7 chakras et 7 palais à franchir pour aboutir à la


Lumière.
Gerard van der Leeuw, dans son livre « Le Feu de la Création », indique : « Dans
Theosophia Practica, de Johann Gichtel, disciple de Jacob Boehme, nous trouvons une
image intéressante d’un homme avec le feu-serpent enroulé à la base de l’épine
dorsale dans la forme d’un dragon et les différents centres des chakras dans le corps
indiquent les endroits par lesquels ce feu-serpent doit être guidé. » Cette Energie
sexuelle ou Kundalini doit permettre d’évoluer en montant à travers les chakras.
Van der Leeuw explique ensuite qu’en Théosophie, les 7 divisions de notre
évolution sont connues comme les 7 Rayons de développement. Il précise : « Pour
notre monde, les 7 Rayons correspondent aux différents plans sur lesquels toute
l’évolution dans ce même monde prend place. » Le 1er Rayon, le plus élevé, correspond
au plan Nirvanique, le monde de la volonté divine ou de l’Atma en nous. Atma est l’âme
immortelle, donc a un rapport avec Aor-Agni. Le 2ème Rayon, correspond au plan
Bouddhique du monde intuitif. C’est le Rayon de l’Amour (Aor) et de la Compréhension
(Agni), le Buddhi en nous.

23
En outre, les glandes endocrines et les chakras correspondent chacun à une
couleur différente. La Glande pinéale est sensible à la lumière. Augusta Foss Heindel,
dans « Les glandes endocrines et leur mystère », explique que « la glande pinéale est
régie par Neptune, le porte-flambeau du Soleil spirituel, qui est le Père ». Cet organe
correspond au Monde de l’Esprit Divin. « Le rayon de Neptune transporte ce que les
occultistes appellent le Feu du Père, qui est la lumière et la vie de l’esprit divin,
s’exprimant comme volonté. » Elle précise : « La couleur du feu du Père est bleue. » Et
enfin : « Quand la Glande pinéale entre en activité, sa couleur vibre dans un beau bleu
éblouissant. »

Initiations – Morts symboliques

Dans les « Actes du Symposium du 30 mai 2009 du Rite Ancien et Primitif de


Memphis-Misraïm », dirigés par Michel Gaudart de Soulages, Thierry Wirth nous parle
du symbolisme alchimique des Vierges Noires. La Vierge Noire est la matière de
l’œuvre. « C’est l’homme vulgaire possédé des passions. Mais en lui, il existe un noyau
de lumière. L’homme passe alors par la mort initiatique. L’Esprit le pénètre,
transforme la "vierge noire" en "vierge blanche", il passe de l’obscurité à la lumière. »

Rappelons-nous cette phrase de Jésus à Nicodème : « Il faut vivre d’eau et de


pneuma. » Nous avons vu que, pour Paul Le Cour, Agni correspond plus à l’eau qu’au
feu. Il faudrait donc comprendre : « Il faut vivre d’Agni et d’Aor. » Cela s’entend de
Connaissance et d’Amour. Cela fait référence à des rites initiatiques, dans lesquels la
mort est simulée. Le myste doit ressusciter symboliquement. En Europe, cela se passait
souvent sous des dolmens. En Egypte, c’était sûrement la fonction principale des
sarcophages dans lesquels jamais aucun corps n’a été retrouvé… Chez les Francs-
Maçons, on connaît le sombre cabinet de réflexion dans lequel on se prépare à une
mort symbolique, en rédigeant son testament devant une tête de mort. Ensuite, le
Temple est éclairé, pour révéler la Lumière. Nous connaissons aussi le symbole du
grain de blé : si le grain ne meurt et s’il n’entre en putréfaction, il ne pourra pas
engendrer et se multiplier.

Dans les Métamorphoses d’Ovide (qui signifient dans la langue des oiseaux : les
métamorphoses de l’œuf), on voit Héraclès brûler sur un bûcher funéraire, puis
ressusciter parmi les étoiles, dans un char à 4 chevaux, tel Mithra ou Zervan Akarana.

Outre le Christ, de nombreux Dieux ont subi une mort, puis une renaissance. On
connaît le mythe d’Isis et Osiris, détaillé notamment par Plutarque : Osiris est
assassiné, puis démembré par son frère Seth ; puis, après avoir retrouvé presque tous
les morceaux éparpillés par Seth, Isis ressuscite son mari.
Une histoire semblable arrive à Dionysos, enfant. Les Titans l’attirent avec des
jouets, puis le tuent et le démembrent. Il sera lui aussi ressuscité.

24
D’après Fabre d’Olivet (et nous avons tous observé la même chose dans les rites
maçonniques), la « purification » par l’eau rend mundus, mais la purification par le feu
rend « purus ». L’eau ne lave que les souillures extérieures, mais le feu lave les
souillures de l’âme.

Enfin, dans les « Actes du Symposium du 30 mai 2009 du Rite Ancien et Primitif
de Memphis-Misraïm », dirigés par Michel Gaudart de Soulages, Michel Léger nous
parle des Mystères antiques. Dans les Grands Mystères, l’initiation à l’époptie consiste
en un voyage de l’obscurité à la lumière. Puis, dans l’initiation suprême des Grands
Mystères, dans le Sanctuaire, « grâce à un Amour céleste, il devient Dieu ».

Conclusion
Ceci conclut ma présentation sur Aor et Agni.

J'ai dit.

25

Vous aimerez peut-être aussi