REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO
MINISTERE DE LA SANTE
SECRETARIAT GENERAL
DIRECTION DE L’ENSEIGNEMENT DES SCIENCES DE SANTE
B.P. 3.088 Kinshasa/Gombe
INSTITUT TECHNIQUE MEDICAL DE KISANTU
COURS DE PROMOTION DE LA SANTE
A L’USAGE DES ELEVES DE LA 3ème ANNEE
A2
Année scolaire 2019-2020
2
2.2. Promotion de la santé
""
Module: Communication
Volume horaire: 45 heures Pondération : 3
Classe: Troisième année A2Cote:30 points
Planification: Deuxième semestre.
I. Objectifs pédagogiques (PC)
PC 3.1.2 : Eduquer en fonction du diagnostic ;
PC 3.1.3 : Animer une séance de communication ;
PC 3.1.4 : Présenter des informations à l’équipe (un diagnostic
communautaire, des propositions d’interventions, des
observations sur les patients, gestion de la rumeur,…) ;
PC 3.2.1 : Collecter les données pertinentes sur un patient et sur les groupes cibles ;
PC 3.2.2 : Identifier avec les patients ou les groupes cibles leurs problèmes de
Santé ;
PC 3.2.6 : Dépister les maladies endémo-épidemiques de la région ;
PC 3.2.7 : Dépister systématiquement les enfants malnutris et les
grossesses à haut risque ;
PC 3.2.8 : Planifier les soins curatifs, préventifs, promotionnels et / ou
de réadaptation requis ;
PC 3.2.10 : Proposer des stratégies d’intervention
PC 3.2.11 : Évaluer sa démarche ;
PC 3.3.3 : Réaliser les activités d’assainissement du milieu, de lutte
anti-vectorielle et d’hygiène hospitalière.
II.Savoirs sous jacents III. Dispositifs pédagogiques
Généralités Exposé interactif (cadrage théorique
sur les concepts clés).
Activités de promotion de la santé Immersion professionnelle (mise en
Education pour la santé situation).
Hygiène en milieu scolaire Études de cas simple.
Jeux de rôle.
Activités de prévention Remise d'un portefeuille de lecture
Dépistage des maladies et d'un support.
Orientation vers des ressources
Vaccinations
documentaires.
Prophylaxie générale
Activités curatives
Traitement
Prise en charge des accidents
IV.Dispositifs d'évaluation :
Examens écrits,
Interrogations écrites
Travaux pratiques : évaluation des savoirs et savoir-faire cognitifs
Objectifs pédagogiques :
3
- Organiser une séance d’éducation à une malade ou un groupe
cible
- Identifier les problèmes pertinents de santé au niveau des
groupes cibles et de la communauté
- Décrire les maladies endémo-épidémiques de la région
- Poser un diagnostic communautaire
- Exécuter et évaluer une intervention sanitaire menée dans la
communauté
Plan du cours
Chapitre I : Introduction
1.1. Définitions des concepts
4
1.2. Stratégies de promotion de la santé en RDC
Chapitre II : Rappel sur les techniques d’animation d’un
groupe
2.1. Les types des groupes
2.2. La communication d’un message de santé
2.3. Les méthode et moyens de communication
Chapitre III : Les notions générales sur l’hygiène du milieu
Chapitre IV : Organisation des séances d’éducation sur la
protection de la mère et de l’enfant
4.1. Organiser une séance d’éducation sur les soins maternels
4.2. Organiser une séance d’éducation sur les soins aux enfants
de 0 à 5 ans
- Organiser une séance d’éducation sur la surveillance des enfants
de 0 à 5 ans
Chapitre V : Animer des séances d’éducation sur la
promotion nutritionnelle de la communauté
Chapitre VI : Organiser une séance d’éducation sur l’hygiène
scolaire
Chapitre VII : Organiser une séance d’éducation sur la santé
de la reproduction
Chapitre VIII : Organiser une séance d’éducation sur la
médecine du travail et les maladies
professionnelles
Chapitre IX: Organiser une séance d’éducation sur la
prévention des troubles mentaux
Chapitre X: Organiser une séance d’éducation sur la lutte
contre les maladies endémo épidémiques
Chapitre XI: les stratégies d’intervention et d’évaluation des
actions communautaires
5
CHAPITRE I : INTRODUCTION
1.1. Définitions des concepts
1.1.1. Promotion de la santé :
C’est une notion récente qui fut entendu pour la première fois à
la conférence de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) à
Ottawa le 21 novembre 1986.
La promotion de la santé est un processus qui confère aux
populations les moyens d'assurer un plus grand contrôle sur
leur propre santé et d'améliorer celle-ci".
Cette démarche relève d’un concept définissant la “santé”
comme la mesure dans laquelle un groupe ou un individu peut
d’une part, réaliser ses ambitions et satisfaire ses besoins et,
d’autre part, évoluer avec le milieu ou s’adapter à celui-ci. La
santé est donc perçue comme une ressource de la vie
quotidienne, et non comme le but de la vie : il s’agit d’un
concept positif mettant en valeur les ressources sociales et
individuelles, ainsi que les capacités physiques. Ainsi donc, la
promotion de la santé ne relève pas seulement du secteur
sanitaire : elle dépasse les modes de vie sains pour viser le
bien-être."
1.1.2. Santé communautaire :la santé comme un état de la
personne. La bonne santé est état de bien-être de la personne.
Ce terme s’applique aussi à une communauté. Une
communauté est un groupe de personnes qui habitent
ensemble ou qui travaillent ensemble.
1.1.3. Hygiène du milieu : L’hygiène constitue l’ensemble des
stratégies à prendre pour garantir la santé.
L’hygiène est donc une partie de la médecine qui étudie les
moyens individuels, les principes et des pratiques tant à
préserver et à améliorer la santé. C’est un ensemble des règles
appropriées qu’un individu doit observer pour préserver la
santé physique, mentale ou intellectuelle.
6
1.1.4. Relais communautaire :est un agent de santé
communautaire homme ou femme choisi par la communauté
et formé pour s’occuper des problèmes de santé des individus
et de la communauté, et pour travailler en rapport étroit avec
les services de santé.
1.1.5. Santé reproductive : Est le bien être général tant
physique que mental et social, de la personne humaine pour
tout ce qui concerne l’appareil génital de l’homme et de la
femme, ses fonctions et son fonctionnement, et non seulement
l’absence de la maladie ou d’infirmité.
1.2. Stratégies de promotion de la santé en RDC
La promotion de la santé utilise des stratégies permettant d'agir sur
la responsabilité sociale et donc sur différents partenaires
permettant d'accroître les capacités communautaires. L'individu
reste au centre de la démarche. Elle doit lui permettre, dans et avec
sa communauté, d'agir en faveur de sa santé. Il y a en conséquence
la nécessité d'orienter des politiques de santé dans cette optique. Il
y a donc également lieu d'agir sur des déterminants de santé liés à
l'épanouissement et le bien-être des individus, en ce compris ce
qu'on peut appeler un environnement sain.
Adopter des politiques publiques saines
Créer des environnements favorables
Renforcer l’action communautaire
Favoriser l’acquisition d’aptitudes individuelles saines
Réorienter les services de santé.
L’éducation pour la santé : c’est une démarche ou un processus
qui conduit au changement de comportement. Elle vise les habitudes
nuisibles à la santé : ex : la planification familiale, hygiène …
Dans la mesure où la promotion de la santé vise à permettre à une
personne, dans et avec sa communauté, d'agir en faveur de sa
santé, l'éducation à la santé devient un enjeu majeur et une priorité
de la promotion de la santé.
L'OMS, en 1998, déclarait8 : « L'éducation pour la santé comprend la
création délibérée de possibilités d'apprendre grâce à une forme de
communication visant à améliorer les compétences en matière de
santé, ce qui comprend l'amélioration des connaissances et la
7
transmission d'aptitudes utiles dans la vie, qui favorisent la santé
des individus et des communautés. » (Nutbeam, OMS, 1998)
Le groupe cible de l’éducation pour la santé : les femmes en
âge de procréation, les femmes enceintes, les personnes âgées…
Le lieu : C.S., hôpital, quartier, école, association, entreprise,
marché, en famille.
Les actions de l’éducation pour la santé : il existe trois actions :
1) La campagne de communication : cette campagne a pour objet
de sensibiliser la population à des grandes causes de santé. Ex
Campagne de vaccination.
2) La mise à la disposition scientifique valide
3) Action éducative.
Les objectifs de l’éducation pour la santé
- Modifier le comportement sanitaire de l’individu et de la
communauté et renforcer les comportements favorables déjà
existant.
- Développer les individus le sens de responsabilité pour ce qui
est de leur propre santé et celle de la collectivité.
8
CHAPITRE II : LES TECHNIQUES D’ANIMATION D’UN GROUPE
Un groupe : est un ensemble des individus qui vivent ensemble et
qui partage un certain nombre des problèmes ou un rassemblement
de deux ou plusieurs personnes ayant un intérêt commun.
But et rôle du groupe :
- Aide les membres à apprendre les uns et les autres
- Aide les membres à adopté un comportement favorable à la
santé.
2.1. Les types des groupes
Il existe deux sortes de groupe : le groupe formel et
informel.
- Le groupe formel : c’est un groupe organisé, structuré dont
les activités sont planifiées. Ex : ANIC,
Caractéristique d’un groupe formel :
Taille du groupe
Les groupes primaires sont définis comme des groupes de face à
face, de petite taille, où dominent les rapports interpersonnels
A l’opposé les groupes secondaires sont définis comme des groupes
de relations impersonnelles, utilitaires et par leur grande taille.
Durée
Les groupes temporaires, de durée limitée, s’opposent aux groupes
permanents, de durée illimitée.
Rôle et statuts de ses membres
9
Les rôles sont les ensembles de comportements des membres du
groupe, nécessitant des compétences particulières en fonction de la
position sociale de l’individu. Le statut confère à la personne des
responsabilités, du pouvoir, un rôle dans le groupe.
Les fonctions du groupe
Le groupe a pour fonction la réalisation d’un objectif commun, pour
la réalisation duquel les individus membres du groupe créent des
liens formels et informels, établissent des cadres d’échange, créent
du lien social.
Cependant l’émergence de conflit dans le groupe est naturelle. Les
individus doivent gérer le conflit, le dépasser et trouver un
consensus pour » vivre ensemble « . C’est la régulation du groupe.
- Le groupe informel : Le groupe informel est le résultat d'une
action spontanée qui mène à des individus à travailler
ensemble. Ces individus sont souvent rassemblés pour
atteindre un objectif commun. Les unités sont issues des
contacts sociaux ou par leur quotidien. Contrairement, au
groupe formel, ils sont libres de toutes structures et
règlements de l’organisation.
2.2. La communication d’un message de santé
Communiquer sur la santé, c’est donc communiquer sur une
valeur forte sur le plan social et, simultanément, faire intrusion
dans la sphère privée de chacun, parfois déranger une vision du
monde ou un mode de vie. Cette communication est d'autant
plus délicate qu'elle peut paraître intrusive, normative et aller
contre la liberté des individus. Elle s'appuie donc sur quelques
règles de base ou principes « éthiques » qui constituent en
quelque sorte les critères de bonne pratique spécifiques à la
communication en santé :
respecter le choix de chacun ;
ne pas inquiéter, pour éviter le rejet du message ;
ne pas stigmatiser (notamment les comportements individuels à
risque), ne pas marginaliser, ne pas culpabiliser ;
ne pas imposer une norme sociale, par exemple en opposant
des « bons » et des « mauvais » comportements ;
10
ne pas informer sur les risques sans proposer des solutions
(moyens de prévention) ;
inciter à la réflexion, à la remise en question, pour amener les
destinataires du message à construire une réflexion qui leur est
propre et respecter leur autonomie, leurs croyances et leur
responsabilité ;
tenir compte des inégalités d’accès à l’information,
des inégalités sociales de santé, descodes culturels ;
soutenir et accompagner le changement, c'est-à-dire donner,
autant que faire se peut, les moyens d’agir, de mettre les
conseils en pratique, par exemple en renvoyant vers un
dispositif d’aide à distance (tabac-info-service, drogue-info-
service, sida-info-service…) ou vers un professionnel de santé ;
accompagner les campagnes grand public d’un volet pour les
professionnels de santé ;
rapprocher la communication nationale de la réalité locale en
donnant aux acteurs de terrain les moyens de se réapproprier
les messages.
2.3. Les méthode et moyens de communication
Méthodes et techniques de formation
Il est question ici de considérer brièvement les voies et moyens à
suivre réaliser l’apprentissage dans chacun des domaines
d’apprentissage.
Les principes qui sous-tendent les stratégies que l’on veut adopter
pour la formation, permettent de décrire quatre méthodes :
- la méthode affirmative ;
- la méthode maïeutique ou socratique ou interrogative ;
- la méthode « active » ;
- la méthode de la découverte.
1. LA MÉTHODE AFFIRMATIVE
Elle suppose que seul le formateur possède le savoir et le savoir-
faire. Elle suppose que l’apprenant ne sait rien de ce qu’il doit
apprendre. Il doit recevoir et assimiler ce que le « maître » lui a
enseigner et le restituer le moment venu. L’élève doit ainsi
mémoriser, apprendre par cœur.
La technique qui illustre le mieux cette méthode est le cours
magistral avec les contrôles périodiques de connaissance.
11
Cette méthode convient à l’apprentissage dans les bas niveaux des
taxonomies et particulièrement dans le domaine cognitif (domaine
du savoir, niveau mémorisation des faits, des conventions, des lois,
des principes).
2. LA MÉTHODE MAÏEUTIQUE OU INTERROGATIVE
L’enseignant qui choisit cette méthode pense que l’étudiant possède
le savoir et aussi le savoir-faire, mais qu’il n’est pas conscient de ce
qu’il sait et de ce qu’il sait faire.
Le rôle du formateur consistera à le faire « accoucher » des bonnes
réponses par un jeu de questions adroites. Cette méthode facilite la
rétention grâce au renforcement que le « maître » utilise
judicieusement chaque fois que l’élève apporte la réponse que le
« maître » attend.
La technique qui illustre cette méthode est la question-réponses
avec feed-back positif ou négatif (renforcement). Cette méthode
convient à l’apprentissage du savoir, du savoir-faire de niveau
inférieur jusqu’à la compréhension et même jusqu’à l’application
(taxonomie de Bloom).
3. LA MÉTHODE DE LA DÉCOUVERTE
Le formateur qui choisit cette méthode se garde de se comporter en
« maître », celui qui seul détient savoir et savoir-faire. Il estime que
l’apprenant peut découvrir lui-même ce qu’il veut apprendre ; qu’il
peut analyser lui-même des situations et choisir le cheminement qui
lui paraît convenable, qu’il a le droit de se tromper et de se
reprendre (essai-erreur, essai-erreur,…). La rétention est facilitée par
la réflexion et la découverte.
La technique qui illustre le mieux cette méthode est l’étude de cas,
les mises en situation réelle ou simulée, les tâches individuelles ou
en groupe avec feed-back du groupe ou du formateur.
Cette méthode est idéale pour l’apprentissage des objectifs de
niveaux élevés dans les trois domaines. Elle forme l’étudiant à la
réflexion, à la décision, à l’analyse de situation, à la communication,
au travail en équipe, à la résolution des problèmes.
4. LA MÉTHODE « ACTIVE »
Elle est une variante de la précédente. Ici étudiant et formateur
cherchent ensemble, trouvent ensemble. Le formateur reste
cependant le guide, le facilitateur, le catalyseur. L’apprenant
apprend par sa propre activité, son engagement personnel et une
12
motivation intrinsèque. En groupe, il est très actif avec ses
collègues, il coopère jusqu’à l’accomplissement intégral de la tâche.
La technique qui illustre le mieux cette méthode est le « Projet » sur
lequel l’étudiant travaille en groupe ou individuellement.
Cette méthode est idéale pour développer l’esprit de recherche, les
attitudes positives à l’égard du travail individuel ou en groupe.
Les techniques de la méthode de découverte et de la méthode
active sont les mieux indiquées pour la formation de futurs
dirigeants, de managers pour qu’ils assument non seulement les
fonctions qui leur sont dévolues officiellement, mais aussi pour qu’ils
puissent identifier et jouer les rôles que les situations dans lesquelles
ils sont plongée, réclament d’eux.
Nature et rôle de la communication
Il existe plusieurs formes de communication :
- Communication verbale : entretien individuel, interview, causerie,
discussions…
- Communication non verbale : méditation, réflexion, mimiques et
gestes (tics, sourires, hochement de la tête, clignotement des
yeux, soupirs…..)
- Communication musicale….
CHAPITRE III : NOTION GENERALE SUR L’HYGIENE DU MILIEU
1. Définition de concepts
Hygiène publique
C’est l’ensemble des mesures de protection de la santé.
Elle couvre la protection de l’individu, de la collectivité. Elle
englobe la prophylaxie des maladies transmissibles, l’hygiène
alimentaire, l’éducation pour la santé, l’assainissement.
Assainissement
C’est l’action qui vise à l’amélioration de toutes les conditions qui,
dans le milieu physique de la vie humaine, influencent ou sont
susceptibles d’influencer défavorablement sur le bien-être
physique, mental ou social.
Environnement
13
C’est l’ensemble des agents physiques, chimiques, biologiques ;
des facteurs sociaux susceptibles d’avoir un effet direct ou
indirect, immédiat ou à terme sur les organismes vivants et les
activités humaines.
2. Maladies liées à l’eau et à leur transmission
Maladies liées à l’eau de boisson
Ce sont des maladies qui proviennent directement des agents
pathogènes (microbes) et qui sont contenus dans l’eau. La
contamination se fait donc par boisson ou par les aliments.
Exemple : le vibrion du choléra et le virus de l’hépatite A. Le
choléra est grave et survient en général dans des situations
d’épidémie au sein des communautés ou l’hygiène est
défectueuse ; le choléra est très mortel et est lié aux
conséquences de la Diarrhée. L’hépatite donne l’ictère, avec une
couleur jaune de la peau et des téguments.
Maladies liées à l’hygiène corporelle
Ce sont des maladies surtout dues à une pauvreté d’hygiène
corporelle personnelle. La quantité de l’eau peut ne pas faire
défaut mais c’est surtout la qualité de l’eau qui fait cruellement
défaut. C’est surtout le cas des maladies dermatologiques, des
infections oculaires et certaines maladies diarrhéiques.
Maladies dues à la non protection des sources d’eau
Les maladies sont causées par des hôtes intermédiaires, les
invertébrés, les responsables des infestations. Exemple : la
bilharziose et la dracunculose (ver de Guinée). La bilharziose fait
uriner du sang rouge et se rencontre surtout chez les gens qui se
lavent dans des marécages.
Le ver de Guinée est observé chez des personnes qui vivent en
général en milieu rural où les gens boivent de l’eau de marigot.
Cette maladie donne en général des enflements au pied des
malades qui gardent le lit pendant plusieurs jours, voire des mois.
Cette maladie, lorsqu’elle atteint un grand nombre dans la
14
communauté, cause de préjudice à la productivité agricole et un
absentéisme dans les écoles.
Maladies dues à un insecte, vecteur de la maladie
Les maladies sont transmises par un insecte. C’est l’exemple du
paludisme causé par les moustiques. Le paludisme donne la fièvre,
les maux de tête, la fatigue et la convulsion chez l’enfant. Le
paludisme est dangereux lorsqu’il se complique. Le paludisme au
Bénin est la première cause de maladies et de décès surtout des
enfants de moins de 5 ans. C’est aussi le cas de l’onchocercose qui
attaque les yeux et l’éléphantiasis qui fait grossir les pieds.
Comment éviter les maladies
Cette classification des maladies liées à l’eau a pour avantage de
permettre aux planificateurs et techniciens de mieux comprendre le
type d’intervention à mener ainsi que les implications
multidisciplinaires nécessaires. Ainsi par exemple, pour les
transmissions directes liées à l’eau, on a besoin de prêter plus
d’attention à la qualité de l’eau de boisson. Quant à la transmission
liée à l’hygiène corporelle on doit s’efforcer de rendre disponible
l’eau en augmentant la quantité au sein de la communauté (10 à 20
litres d’eau potable par jour à chaque habitant en milieu rural et 60
litres d’eau potable par jour à chaque habitant du milieu urbain au
Bénin.
3. Maladies liées à l’hygiène
Circonstances
Les circonstances dans lesquelles surviennent les maladies liées
au péril fécal sont :
Non disponibilité de latrines en zone rurale, par exemple dans
une localité 77,3% des ménages non pas de latrines et sont
obligés d’aller déféquer en dehors des maisons, mais près
d’elles,
Lieu de défécation : la défécation à l’air libre facilite la
propagation des microbes. Au niveau des enfants, la défécation
se fait surtout dans la cour ou dans des pots souvent non
protégés,
15
Connaissances des femmes sur le lavage des mains : 79% des
femmes se lavent les mains à l’eau simple contre 6,6% de
lavage à l’eau savonnée,
14% se lavent les mains après le balayage,
25,4% le font après la cuisine,
7,75 le font après le débarras des selles.
Maladies diarrhéiques
La diarrhée se définit comme une élimination trop fréquente de
selles trop liquides pouvant varier entre 4 et 10 selles ou plus. On
distingue les diarrhées aiguës qui durent au moins 14 jours, la
diarrhée chronique qui dure plus de 14 jours et la dysenterie qui est
une diarrhée glairo-sanguinolantes (amibiase).
Chez l’enfant sud-africain, on note 4 épisodes de diarrhée par enfant
par an. Au Burkina Faso on note 3 épisodes par an, allant de 0 à 9
épisodes avec une diarrhée moyenne de 5 à 6 jours, allant de 1 à 20
jours (Soton, 1994). A Cotonou, il a été noté 380.000 cas de diarrhée
dus aux problèmes d’hygiène et d’assainissement (PAE, 1993).
4. Cycle de transmission : notion de microbe
Les microbes sont invisibles à l’œil nu. Ils sont sur nos mains sales
mais on ne les voit pas. Les microbes aiment vivre là où il y a de
saleté. Ils vivent dans l’ombre, l’humidité et dans la poussière. Les
microbes sont transportés par les mouches, les mains sales, l’eau
sale, le vent, les malades.
5. Conséquences de ces maladies (économiques et
sanitaires)
Hygiène et +
assainissement Santé
Eau
-
- - +
productivité agricole
(Economie)
source : David Bradley, 1993, adapté
16
Cette figure décrit les conséquences positives ou négatives du
changement de l’hygiène, l’assainissement sur la santé et la
productivité agricole et donc sur l’économie.
Les individus, les groupes d’individus ou les populations qui
observent une bonne règle d’hygiène se portent bien, par
conséquent, ils travaillent pour leur pays qui aura une économie
prospère ; par contre, les pays où les individus sont pour la plupart
malades produisent moins et donc se développent peu.
17