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Cet article explore les caractéristiques technolectales des métiers traditionnels utilisés dans la construction de la mosquée Hassan II à Casablanca, en se concentrant sur une analyse lexicale des matériaux comme le bois, le zellige et le plâtre. Il met en lumière l'interaction entre tradition et modernité dans l'architecture de cet édifice emblématique, ainsi que le rôle des artisans marocains dans sa réalisation. L'étude vise à identifier et comparer les unités technolectales spécifiques à chaque métier, tout en soulignant l'importance de la conservation des techniques traditionnelles.

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Cet article explore les caractéristiques technolectales des métiers traditionnels utilisés dans la construction de la mosquée Hassan II à Casablanca, en se concentrant sur une analyse lexicale des matériaux comme le bois, le zellige et le plâtre. Il met en lumière l'interaction entre tradition et modernité dans l'architecture de cet édifice emblématique, ainsi que le rôle des artisans marocains dans sa réalisation. L'étude vise à identifier et comparer les unités technolectales spécifiques à chaque métier, tout en soulignant l'importance de la conservation des techniques traditionnelles.

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Revue Langues, cultures et sociétés, volume 4, n° 2, décembre 2018

Le technolecte des arts traditionnels de la mosquée Hassan II à Casablanca

Noureddine SAMLAK
Laboratoire Langage et société
CNRST-URAC56
Université Ibn Tofail- Kénitra

Résumé
Cet article a pour objectif de mettre en évidence quelques caractéristiques technolectales des
métiers traditionnels employés dans la construction de la mosquée Hassan II de Casablanca.
Nous avons opté pour une analyse lexicale du corpus du bois, du zellige et du plâtre.

Mots-clés : technolecte- arts traditionnels- bois- plâtre-zellige- mosquée Hassan II.

Abstract :
This article aims to highlight some technolect characteristics of the traditional crafts used in
the construction of the Hassan II mosque in Casablanca. We have opted for a lexical analysis
of the corpus of wood, zellige and plaster.

Key words: technolect- traditional crafts- wood- plaster- zellige-Hassan II mosque.

Introduction
La mosquée Hassan II demeure le chef-d’œuvre architectural des temps modernes
symbolisant le Maroc partout dans le monde. Elle représente l’une des plus grandes mosquées
arabo-musulmanes après celles de la Mecque et de Médine en Arabie Saoudite. Des artisans
de Fès, de Marrakech, de Meknès et de Rabat ont participé à la construction de cet édifice en
collaboration avec des ingénieurs marocains et étrangers d’une grande compétence. Leur seul
souci était d’élaborer une mosquée mariant tradition et modernité en faisant appel aux arts
traditionnels du pays tout en déployant des technologies de construction contemporaines. Le
bois, le gebs, le zellige et bien d’autres nobles matières rayonnaient partout dans la mosquée
en plus d’un toit ouvrant de grandes dimensions qui témoigne du génie de l’architecture
moderne. Il s’agit d’un condensé d’histoire et de culture où la spiritualité et l’ingéniosité des
artisans sont omniprésentes ; où la générosité de l’ensemble des marocains s’est consolidée en
pierre en concevant ce lieu de prière qui flotte sur l’océan Atlantique.

Afin de mettre en évidence les métiers traditionnels déployés dans l’édification de la


mosquée, nous allons présenter un échantillon du technolecte de l’architecture marocaine en
essayant d’élaborer une étude comparative des différentes parties du corpus. Notre souci est
d’identifier, d’abord, les unités technolectales simples et complexes relatives à chaque métier
avant de passer à l’analyse des intersections entre ces derniers à travers les dénominations des
matériaux, des techniques de travail, des éléments architecturaux et décoratifs. Cependant,
peut-on avancer que la mosquée Hassan II est un compendium du technolecte général des arts
traditionnels marocains puisqu’il s’agit d’une œuvre architecturale d’artisans de plusieurs
régions du Maroc ? Y a-t-il des ressemblances entre le technolecte du bois, du zellige ou du
gebs utilisé par ces différents artisans ? Pour répondre à ces questions, il semble nécessaire
d’étudier d’abord les caractéristiques internes et externes du corpus afin de comparer les
propriétés de chaque métier selon le locuteur, la situation et le domaine.

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I-Présentation de l’enquête
Avant de passer à la description du corpus technolectal, nous allons tout d’abord
présenter le lieu et les techniques de l’enquête :

I-1 Description de l’édifice


La mosquée Hassan II a été construite dans une période qui s’étale du 12 juillet 1986
au 30 août 1993 sous la direction de l’architecte français Michel Pinseau1. Ce projet a
mobilisé plus de 2500 ouvriers marocains et 10000 artisans venus de toutes les régions du
Maroc. La plate-forme de l’édifice est construite aux deux-tiers sur l’océan Atlantique dans
une surface de 12 hectares, procurant au monument un emplacement stratégique et une vue
majestueuse. Son minaret surplombant à 210 m de hauteur et 8 m de largeur en fait le plus
haut du monde. Les dimensions titanesques et les quantités de matériaux employés prouvent
le génie architectural de la mosquée : 300000 m3 de béton, 40000 tonnes d’acier, 59000 m3
d’enrochements de protection contre la houle, 250000 m2 de marbres, travertin et granite,
10000 m2 de zellige, 67000 m2 de plâtre et 53000 m2 de bois sculpté, 10000 m2 de tadelakt,
300000 tuiles en fonte d’aluminium2.

La mosquée comporte 8 portes3, deux grandes salles de prière avec une toiture
ouvrante de 2400 m2 (60×40 m), une salle d’ablution au sous-sol, des hammams, un minaret
et plusieurs autres institutions contiguës qui font partite de la fondation de la mosquée Hassan
II (une médiathèque, une medersa, un musée et une académie des arts traditionnels). Un toit
mobile de 1100 tonnes et de 3400 m2 de superficie, recouvert de bois de cèdre sculpté et peint,
peut s'ouvrir en quelques minutes et découvrir la salle des prières. Il permet ainsi d’exaucer
les vœux du roi Hassan II, à savoir relier l’édifice à l’air, après la terre et l’eau sur laquelle il
repose, ces trois éléments symbolisant la vie. Au final, 25000 fidèles peuvent rentrer dans la
salle des prières et 80000 autres peuvent prier à l’extérieur en plus d’un parking avec une
capacité de 120 000 voitures sur le parvis extérieur recouvert de dalles en travertin4. Depuis
son ouverture au public, sa conservation et sa maintenance étaient assurées par l’Agence
urbaine de Casablanca. Cette dernière n’a pas cessé de déployer tous les moyens humains,
financiers et matériels pour veiller à la bonne gestion et au bon entretien de ce monument
culturel aux multiples facettes.

I-2 Collecte des données


Pour collecter les données, nous avons ciblé des artisans qui ont déjà travaillé dans la
mosquée à l’époque de sa construction grâce à des informateurs-relais qui nous ont permis de
les contacter. Il s’agit de 6 mâallems5 (3 de Marrakech et 3 d’origine de Fès)6en plus de 10
formateurs et étudiants de l’Académie des Arts traditionnels de Casablanca. Nous avons

1
QUENEE Bernard, LAGHRIDA Abdelharam, REFASS Abdelhamid, HALIB Hassan, (2008) « Grande
Mosquée Hassan II de Casablanca : Approche de la durabilité des travaux de réparation des infrastructures et
ouvrages de protection », Publié par Agence Urbaine de Casablanca. http://doc.lerm.fr/wp-
content/uploads/2013/09/mosquee1.pdfConsulté le 31/01/2017
2
Ibid.
3
Pour ces informations techniques, voir le site de la fondation de la mosquée Hassan II :
http://fmh2.ma/fr/mosquee.html. Consulté le 31/01/ 2017
4
Ibid.
5
Les artisans se divisent en trois catégories principales : les maîtres-artisans « maâllems », les ouvriers
« snaj’is », et les apprentis « mataâllems ». Selon CHIKHAOUI (2002 : 120) « le maâlem est celui qui est
capable de procéder à la fabrication d’un produit donné à travers toutes les étapes ». Les apprentis et les ouvriers
travaillent sous sa direction.
6
Nous avons choisi des artisans de Fès et de Marrakech car ils sont les plus réputés parmi les participants à la
construction de la mosquée Hassan II. En plus, il serait difficile de trouver des mâallems des autres villes parce
que les travaux sont achevés depuis 1993.

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adopté, dans une première étape, les entretiens pour la catégorie des maîtres-artisans pour
collecter les données de manière qualitative.Nous avons utilisé, dans une deuxième étape, la
technique quantitative par questionnaires afin de compléter les premiers résultats en ciblant
des enquêtés qui bénéficient actuellement d’une formation aux métiers traditionnels au sein de
la fondation de la mosquée Hassan II. Il est à noter que l’objectif de cet établissement est de
former de futurs artisans en techniques architecturales telles qu’elles étaient employées dans
la construction originelle de la mosquée. Afin de mieux cerner ce projet, nous nous sommes
focalisé sur 3 métiers traditionnels : le travail du bois, du plâtre (gebs) et du zellige. Le corpus
technolectal se divise en cinq parties pour chaque spécialité englobant : les matériaux, les
outils de travail, les ouvrages architecturaux, les éléments décoratifs et les techniques de
travail. Les questions de l’enquête qualitative et quantitative sont formulées pour identifier
tous ces éléments. Le tableau ci-dessous résume le nombre des enquêtés et les métiers
choisis :

Public cible Métiers Total


Bois Plâtre Zellige
Mâallems de Marrakech 1 1 1 3
Mâallems de Fès 1 1 1 3
Formateurs 1 1 1 3
Etudiants 3 2 2 7
Total 6 5 5 16

II- Description du corpus


Le corpus collecté se compose d’unités technolectales simples et complexes formées,
en majorité, à partir de « substantifs » pour les noms des matériaux, des outils et des éléments
architecturaux en plus des « verbes » lorsqu’il s’agit d’une technique de travail. Pour
inventorier le technolecte, nous avons utilisé un appareil enregistreur pour recueillir les
échanges communicatifs des mâallems et des questionnaires pour collecter les données
quantitatives afin de les analyser ultérieurement. Nous avons classé ce corpus par ordre
alphabétique « arabe »7, puisqu’il fait partie du technolecte ordinaire. L’exercice de
transcription est une expérience « périlleuse » à cause de la durée réservée à cette opération et
le choix des modes de transcription qui soulèvent plusieurs controverses. Nous nous sommes
référé à l’API pour les sons français et aux travaux de MESSAOUDI8 (2003) pour compléter
les sons de l’AM. Chaque unité technolectale ordinaire est traduite en français après une
transcription phonétique, tandis que le technolecte savant est représenté en langue française.
Afin de faciliter la comparaison entre le technolecte de Fès et de Marrakech, nous avons posé
les mêmes questions aux enquêtés lors des entretiens en suivant l’ordre alphabétique de
chaque liste du corpus.

II-1 Le bois
a- Les matériaux
Les matériaux désignent la « matière première » utilisée par les artisans dans la
constitution des ouvrages et des éléments décoratifs dans le métier du bois ; nous avons
recensé les unités technolectales suivantes :

7
Voir classement alphabétique arabe marocain COLIN Georges Stéphane (1994), Dictionnaire Colin d’arabe
dialectal marocain, sous la direction de Zakia Iraqui Sinaceur, Ed, Al –Manhal, Ministère des affaires
culturelles, Rabat
8
MESSAOUDI Leïla (2003), Etudes sociolinguistiques, Impression Edition OKAD, Faculté des lettres et des
sciences humaines, Université Ibn Tofail Kénitra.

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[blanʃa] planche/ [bwa blùn] bois blanc/[bwa l’adi] bois ordinaire/ [plaTù] plateau/ [ʒàʒ]
verre/ [ʒàʒ fiH turiq] verre avec feuillage/ [ʒàʒ l 'adi] verre ordinaire/ [ʒàʒ l 'iraqi] verre
irakien/[ʒàʒ msabli] verre sablé/[’dǝm] os/ ['ùd] bois/ [ùd hmǝr], [ùd ʃqar] bois rouge/ [Rra]
colle/ [Rra bijǝd] colle blanche/ [Rra spisial] colle spéciale/ [virni] vernis/ [virni tlakaʒù]
vernis de l’acajou/ [virni maftùḥ] vernis clair/ [kuntǝr plaki] contreplaqué/ [tant] teinte,
[nʒara] sciure de bois/[nnḥas] cuivre.

b- Les outils de travail


La plupart des outils employés par les artisans sont rudimentaires et manuels. Le
recours aux machines est généralement rare afin de conserver l’authenticité traditionnelle du
métier dans la construction de la mosquée.

[pans] pince/ [tǝʒwina] gouge/ [tùrnivis] tournevis/ [dabǝt], [dabǝd] compas/ [rzama] marteau
en bois/ [rkab] équerre/ [ʃirra] scie à dos/ [ʃkadur], [bǝrrima] vilebrequin / [ʃkerfina] râpe/
[Dəfra] ciseau bédane/ [qa’it rbǝ’ mtarǝq] papier pour dessin/ [qa’it lḥreʃ] papier abrasif/
[qlǝm] crayon/ [qtina] serre-joint/ [kùtʃija] racloir/ [gwadǝm] petits marteaux à lame pour
tailler le bois/ [mitrù] mètre/ [mtǝllǝt] ciseau en forme de triangle/ [mǝrbù’] ciseau en forme
carrée/ [mxǝrta] outil pour tourner le bois/ [mtǝrqa kbira] grand marteau/[malsa] rabot/
[mǝnʒra] table des travaux/ [mǝnʃar sRir] petite scie/ [mǝnʃar kbir] grande scie.

c-Les ouvrages architecturaux


Les ouvrages et les produits recensés relèvent du domaine de l’architecture
traditionnelle marocaine tels que les plafonds, les portes, les balustrades, etc.

[bǝrʃla] plafond en bois/ [bǝrʃla bzzuwaqi] plafond au bois peint/ [bǝrʃla mtǝmna] plafond en
bois octogonal/ [bǝrʃla manquʃa] plafond sculpté/ [bbijba], [dfǝf] petite porte/ [bsat fiH lǝqtib]
plafond avec baguette/ [xùxa], [fǝrdija] grande porte à deux volets/ [xùxa 'adija] grande porte
ordinaire/ [rǝtaʒ] cadre d’une grande porte à deux volets/ [ʃuwaf] auvent/ [ʃuwaf bǝl kurbu]
auvent avec corbeau/ [ʃuwaf blehsǝk] auvent aux épillets/ [mǝnzǝH bǝl muʃarabi] balcon avec
moucharabieh/ [ʃabitù] chapiteau/ [ʃaʃija], [taʒ], [bùxarija] paumelle en bois/ [ʃǝmmasijat],
[ʃǝmmasat] fenêtres en moucharabieh ou en mamouni/ [fǝrdija] porte à un seul bâton/ [qajm u
najm], [rǝfrǝf] type de moucharabieh/[qubba], [ʒǝfna] coupole/ [qbijba], [ttasa] petite coupole/
[mqarbas] stalactites/ [muʃarabi t’alf zzitun] moucharabieh des grains d’olives/ [muʃarabi
t’ajn lǝḥmam] moucharabieh de l’œil de colombe.

d-Les éléments décoratifs


Ils désignent les parties constitutives des ouvrages fabriqués par les artisans. Il existe
plusieurs types d’éléments qui varient selon la nature du produit et de la technique employée
(sculpture, peinture, bois tourné, etc.).

[uxt] étoile en 16 pointes/ [izar], [izar mʃijja] madriers qui entourent un plafond/ [tnajn u
tlatini],[mmima], [umm] étoile en 32/ [plinta] plinthe/ [tna’aʃari] étoile en 12/ [xatǝm slimani]
bague de Salomon/ [xarsna bǝl muʃarabi], [qus bǝl muʃarabi] arc polylobé avec
moucharabieh/ [rǝb’a u ‘ʃrini] étoile en 24/ [rrùza] motif sous forme de rose/ [sǝb’ini] étoile
en 70/ [sǝftat bḥal ʒʒrana], [zuwaqa bḥal ʒʒrana] motif sous forme de grenouille/ [ʃombra],
[mǝrbǝt] chambranle/ [Tbasǝl] motif en 48 pointes/[’ǝrʃ] branche d’arbre/ [‘arq] racine/ ['asir
ssabùn] compression de lessive/ [’ankbutija] étoile en 48/ [Rallul] petit corbeau, [frǝm
blǝ’dǝm] motif avec os/ [flalǝs] poussins/ [qtib] baguette/ [mtǝmmǝn], [mtǝmmǝn zlǝq] étoile
en 8 [mrǝwwǝh]/ [mdrisija] motif écrasé/ [msǝddǝs] étoile en 6/ [m'abbas], [kurbu]

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corbeau/[m’aʃʃǝr], [hamǝl] étoile en 10/ [qriʃla], [mqassa] étoile en 5/ [mjawi] étoile en 100/
[na'ùra] étoile sous forme de moulin/ [ʃ’ira] [ʃarbija] motif de feuillage.

e- Les techniques de travail


Chaque spécialité du métier du bois adopte des techniques qui se divisent en deux
grandes parties : des techniques de fabrication comme les ouvrages architecturaux en plus des
techniques de finition comme la sculpture, la peinture, le tournage, l’incrustation, le
vernissage ou le travail des baguettes et des stalactites.

[tʒǝnʒil] grains de sésame/ [tsǝfja] finition/ [tǝkraʃ] courbes des gravures/ [tùwriq bǝldi]
feuillage traditionnel/ [tùwriq bnnabat] feuillage avec plantes/ [ʒmi’] assemblage/ [ḥʒǝr fiH
Rǝllùl] partie du plafond avec motifs/ [mǝxdùm blǝ’dǝm] travaillé avec os/ [xǝttǝt lqa'it],
[ttǝstir] traçage/ [dfira], [dǝfra] tresse/ [sbul], [sbajl] épillets/ [wǝrda], [nuwara] fleur/
[hʒban], [hwaʒǝb] sourcils/ [sanawbarija], [snubrija] motif sous forme d’arbre/ [kukjaʒa],
[mhǝrra] coquillage/ [nxila], [naxla] palmier/ [duqqan] traçage sur bois/ [ftǝh lǝqtib] traçage
des baguettes/ [qàtǝ' ù mǝqtù'] coupant et coupé/ [qris], [rfùd] action de soulever une prote/
[mǝxrùt], [mǝxrùq], [mxǝrreq], [mxùsǝr] tourné/ [mǝxdùm bnnhas] travaillé avec du cuivre/
[mdǝHHǝb], [tǝdHib] doré/ [mzùwaq] peint/ [mǝnqùʃ] sculpté/ [nǝqʃ mʒùwwǝf] sculpté en
creux.

II-2 Le plâtre
a- Les matériaux
Les matériaux dans le métier du plâtre diffèrent de ceux du travail du bois. Nous citons
ci-dessous quelques matières premières recensées à travers l’enquête :

[trab] terre/ [hǝnna] henné/ [ʒʒir] chaux/ [sbaRa] peinture/ [z’fran] safran / [sbaRa bldija]
peinture traditionnelle/ [sbaRa rumija] peinture moderne/ [sqalli] le sicilien (feuille de thé)/
[‘ʒina] pâte/ [Rubra kǝhla] poudre noire/ [kula] colle/ [gbǝs bjǝd] plâtre blanc/ [gbǝs] plâtre/
[gbǝs hmǝr] plâtre rose/ [gbǝs mRǝrbal] pâtre clair/[gbǝs kaki] plâtre beige/[lHlib] mélange de
la poudre de chaux et de l’eau.

b- Les outils de travail


Il s’agit d’outils en majorité manuels pour réaliser les travaux tels qu’ils étaient
exercés par les anciens artisans.

[xrrata] racloir/ [xit traçaʒ] fil pour le traçage/ [dabǝt], [dabǝd] compas/[ssrir] madrier
soulevant l’ouvrier/ [sizu] ciseau de sculpture/ [stǝl] sceau/ [Rurbal] tamis/ [mǝrbù’] ciseau en
forme carrée/ [qa’it] pochoir/ [qalb] moule/ [qa’it], [kaRiT] poncifs/ [qluma] crayons/
[kutʃija], [mllasa] truelle/ [kis tǝdduqqan], [kǝmmusa] bourse de poudre noire/ [gabari]
gabarit/ [mtǝllǝt] ciseau en frome de triangle/[mizan tǝlma] balance à eau/ [msǝtra], [m’bra]
règle de traçage ou de dessin.

c- Les ouvrages architecturaux


Dans l’architecture traditionnelle le plâtre est très utilisé dans plusieurs ouvrages tels
que les plafonds, les colonnes, etc.

[ʃabitù] chapiteau/ [swari] colonnes/ [ʃǝrrafa] partie supérieure du zellige mural travaillée en
plâtre/ [ʃǝmmasat], [ʃǝmmasijat] niches qui entourent les vitraux/ [raxwi] faux stalactite/
[squfa b lgbǝs] plafonds en plâtre/ [kurbu] auvent/ [qubba] coupole/ [qbijba], [tasa], [ʒǝfna]

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petite coupole/ [mihrab] niche d’un imam dans une mosquée/ [mqarnas], [mqarbas] stalactite/
[nǝs nǝs narunʒa], [nǝs nǝs limuna] niche en forme de la moitié d’une orange.

d- Les éléments décoratifs


Il s’agit des parties constitutives des ouvrages fabriqués à base du gebs. Nous citons
ci-dessous quelques exemples :

[izar] partie d’un plafond/ [tars], [mtǝmmǝn] étoile en 8 pointes/ [tna’aʃari] étoile en 12
pointes/ [tna’aʃari ‘aks] étoile en 12 au sens contraire/ [hakka] motif losangé/ [hammas] motif
en pois chiche/ [xat kufi] calligraphie coufique/ [xatǝm slimani] bague de Salomon/ [xawi u
‘amǝr] le vide et le plein/ [darʒ u ktǝf] motif en marche et épaule/ [dfǝr ssba’], [zfǝr ssba’]
griffe de lion/ [rbǝ’ mTarq] motif en quatre marteaux /[ruza], [werda] fleur/[sbajl], [sbul]
motif en épillets/ [staʃri] étoile en 16 pointes/ [ʃǝbka] motif en filet de pêche/ [sumrija] motif
sous forme d’arbre/[Dfira], [dǝfra] tresse/ [’uqda], [’qida] nœud de corde/ [friza], [sǝnsla]
frise/ [qtib mǝqrus] baguette pincée/[mtǝmmǝn] étoile en 8 pointes/[mraja] miroir/ [mrǝkkǝb
xuH] chevauchant son frère/ [jddu fid xuh] motif de décoration avec baguettes (sa main et
dans la main de son frère).

e- Les techniques de travail


Les techniques les plus utilisées dans le travail du plâtre sont : la sculpture, la peinture
et le travail des baguettes en faisant appel à plusieurs motifs géométriques ou floraux :

[tbjid luʒǝH] rendre le plâtre rose plus clair/ [trjaʃ] action de tracer des motifs en plumes/
[tazùwaqt], [zuwaq] peinture sur plâtre/ [tǝhnaʃ] action de tracer un motif en serpent/ [taʒwif]
ciselure / [taxlis], [tsafija] finition/ [tkriʃ lma] sculpture en courbes ondulées/ [tastir] traçage/
[tawriq bǝl kufi] feuillage avec coufique/ [tawriq], [taʃʒir] feuillage/ [ʃbka kufija mʒalsa
ʃʃǝHd] filet coufique assis sur une ruche d’abeilles/ [Tǝrrih], [tatbit] action de poser le plâtre/
[‘ʒin], [tǝxlaT] mélange et préparation du plâtre/ [Rbbar] traitement de la poudre du plâtre/
[qtib marʃuq] baguette en plusieurs traits assemblés/ [mdǝHHǝb] doré/ [naqʃ] sculpture/ [nǝqʃ
mqassar] sculpture chanfreinée/ [nǝqʃ mxannaq] sculpture taillée profondément/ [nǝqʃ
mqallas] sculpture évidée légèrement.

II-3 Le zellige
a- Les matériaux
Pour le zellige, on recourt à des matériaux traditionnels durant la fabrication de ses
parties selon des formes différentes. Ces dernières ont besoin du soleil après leur cuisson à
800° pour durcir de plus en plus. Les mâallems recourent également à des matériaux
modernes pour constituer les couleurs et l’émail comme le plomb, le zinc, etc. Nous citons ci-
dessous quelques exemples de matériaux :

[Trab] terre/ [rrǝmla] sable/ [zǝlliʒ] zellige/ [zǝng] zinc/ [hʒǝr lhmǝr] pierres rouges de la
montagne/ [hʒra mRnasija] pierre noire d’origine du Sahara/ [‘lf zitoun] noyaux d’olives /
[‘ud lxizran] bâton pour ajuster les plaques de zellige/ [fǝxxar] argile /[nfilat] [nfajǝl] déchets
après cuisson du zellige.

b- Les outils de travail


Le zellige employé dans la mosquée Hassan II obéit essentiellement aux critères de
fabrication traditionnelle avec l’usage des outils manuels à savoir :

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[blanʃa] planche/ [basina], [qdǝh] bassine/ [hǝmri] mortier de support/ [zuba], [ʃariʒ] bassin
d’eau/ [fǝrran] four/ [frina] petit four pour la cuisson du zellige/ [qlǝm] crayon de dessin/
[qa’it], [kaRiT] papier de dessin des motifs du zellige avant leur assemblage/ [kutʃija],
[mllasa] truelle/ [gabari tǝl ‘ud] gabarit en bois/ [gabari tel ma’dan] gabarit en métal/ [guffa],
[quffa] couffin / [lǝqqat] pince pour aiguiser le zellige/ [mTarha] marteau en bois pour aplatir
le zellige/ [mnaqǝʃ], [mnagǝʃ] marteaux.

c- Les ouvrages architecturaux


Les ouvrages décorés par le zellige dans la mosquée en question sont multiples ; nous
avons à titre d’exemples :

[zǝlliʒ tǝl hjuT] zellige des murs/ [zǝlliʒ tǝl ‘ard] zellige de la terre/ [xarsna], [xarsana] arc
polylobé/ [sqqaja], [sanija] fontaine/ [swari] colonnes/ [raxwi] fausse stalactite/ [ʃǝrrafa]
partie supérieure du zellige appliqué sur les murs/ [dess] sol/ [ddruʒ] les escaliers/ [qarmud]
tuiles/ [qubba] coupole/ [qarmud hraʃ fraʃ] tuiles femelles où s’écoule l’eau/ [menʃija]
parcours labyrinthique pour l’eau/ [nnbǝh], [wǝst ddar] patio.

d- Les éléments décoratifs


Ils désignent les parties constitutives des ouvrages fabriqués par les artisans. Il existe
plusieurs types d’éléments qui varient selon la nature du produit et de la technique employée
(sculpture, peinture, bois tourné, etc.)

[‘uxt] étoile en 16 pointes / [bǝʒmaT] petites parties du zellige/ [tna’aʃari] motif en 12


pointes/ [hamǝl], [m’aʃʃar] motif en 10 branches/ [xǝmsini] étoile à 50 pointes/ [‘in ʃǝms]
étoile en 50 branches/ [rǝb’aw’aʃrini] motif en 24 pointes/[saft] motif entre les
baguettes/[staʃri] étoile à 16 pointes/ [drihǝm], [dǝrhǝm] étoile à huit pointes/ [druba], [zqaq]
motifs sous forme de ruelles/ [‘ankbutija bǝl hanʃ], [Tbasǝl] étoile en 48 pointes avec des
motifs sous forme de serpent/[‘arq] racine/ [qtib] baguette/[frǝm] motif à l’intérieur des
baguettes/ [khal la’jun ‘la qantu] [sta’ʃri] étoile en 16 pointes/ [krwa], [kbǝrʃun] motif en
forme de croix/[mtǝmmǝn ‘wǝʒ], [mtǝmmǝn azlaq] étoile à huit branches/ [mraja], [rbǝ’
qnabǝl] effet miroir dans un motif/ [mdrisija] motif écrasé/[maqrut] petites parties du
zellige/[msǝddǝs] motif en 6 branches/ [mjawi] étoile en 100 pointes/ [nzǝq ‘wǝʒ] losange
déformé/ [nwawǝr], [nwa’ir] motif en forme de moulin à eau.

e- Les techniques de travail


Plusieurs techniques ont été mises en œuvre pour rendre la mosquée digne de sa
grandeur et son raffinement parmi les monuments les plus connus dans le monde ; nous
citons :

[taxlis], [tsǝfja] finition de fabrication du zellige/[taʃbik] formation de filets/[tasTir] traçage/


[tawriq] feuillage/ [tfraʃ] organisation des pièces du zellige sur terre/ [tafriR] versage et
assemblage des pièces découpées du zellige/[ta’llif] composition en forme de feuillage avec
des nœuds/ [taksir], [qti’] découpage du zellige/ [rrʃǝm] dessin sur zellige pour le
couper/[‘ʒin] mélange de pâte d’argile/ [ʃǝbka mulat lhʒban], [ʃǝbka mulat lhwaʒǝb] filet
avec sourcils/[kitaba mu’allafa] écriture en zellige en parties composées autour des
nœuds/[naqʃ zǝlliʒ] excision.

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III- Analyse comparative9 du corpus


Nous nous contentons, dans cette analyse, de prendre en considération le niveau
lexical uniquement pour étudier les traits de différences et de ressemblances entre les unités
technolectales collectées selon la nature du métier traditionnel (bois, plâtre et zellige) et selon
les locuteurs (les mâallems de Fès et de Marrakech).

III-1 Analyse comparative selon le métier


Les trois métiers étudiés possèdent un technolecte spécifique ordinaire utilisé par les
artisans pour désigner les différents éléments constitutifs de leur travail. Par ailleurs, ils
présentent des intersections lexicales qui laissent penser qu’il n’y a pas totalement une
interdépendance technolectale de ces métiers par rapport au grand domaine des arts
traditionnels. Nous avons remarqué, à travers l’analyse du corpus, que chaque métier (du bois,
du plâtre ou du zellige) emprunte à l’autre des motifs, des techniques et même quelques outils
de travail. Dans la décoration florale ou géométrique, l’usage du compas [dabǝt] et de
l’équerre [rrkab] est essentiel. Dans la constitution des plafonds et l’habillage des murs, des
arcades et des colonnes, les trois métiers s’harmonisent ensemble pour créer une œuvre de
génie et de goût. Les éléments et les techniques décoratives qu’on trouve dans le bois (bague
de Salomon [xatǝm slimani], étoile à six branches [msǝddǝs], etc.) se trouvent également dans
le plâtre et le zellige avec quelques éléments particuliers qui font la distinction entre ces
métiers (la matière première, les techniques de travail, les endroits d’applications, etc.).
Malgré ces ressemblances technolectales, chaque métier dispose d’un répertoire
langagier qui lui est propre, à commencer par les matières premières utilisées dans les travaux
(le bois [l’ud], le plâtre [lgbǝs] ou la terre [Trab]) en plus de la nature des ouvrages
architecturaux qui impose le choix du métier décoratif à adopter. On trouve généralement le
bois et le plâtre dans les plafonds, les arcades et les colonnes alors que le zellige s’applique
sur les murs, les sols, les fontaines, etc. Nous citons quelques exemples du technolecte qui
spécifie chacun des trois métiers étudiés. Dans le bois, il y a usage des unités technolectales
comme : [ʒàʒ] verre/ [ùd hmǝr] bois rouge/ [Rra] colle/ [virni] vernis / [kuntǝr plaki]
contreplaqué/ [tant] teinte, [ʃkadur] vilebrequin/ [qa’it lḥreʃ] papier abrasif/ [mǝxrùq]
tournage, etc. Dans le plâtre, il y a usage d’expressions comme : [ʒʒir] chaux/ [Rubra kǝhla]
poudre noire/ [lHlib] mélange de la poudre de chaux et de l’eau/ [Rurbal] tamis/ [qa’it]
pochoir/ [qalb] moule/ [kutʃija], [mǝllasa] truelle / [kǝmmusa] bourse de poudre noire/
[gabari] gabarit, etc. Dans le zellige nous avons des unités technolectales comme : [Trab]
terre/ [rrǝmla] sable/ [zǝlliʒ] zellige/ [zǝng] zinc/ [hʒǝr lhmǝr] pierres rouges de la montagne/
[hǝʒra mRnasija] pierre noire d’origine du Sahara/ [‘ud lxizran] bâton pour ajuster les plaques
de zellige/ [fǝxxar] argile/ [hǝmri] mortier de support/ [zuba], [ʃariʒ] bassin d’eau/ [fǝrran]
four/ [frina] petit four pour la cuisson du zellige.

III-2 Analyse comparative selon les locuteurs


Nous avons remarqué, à travers l’analyse comparative du corpus, quelques disparités
technolectales qui varient selon l’origine10 des mâallems interviewés. Nous nous sommes
focalisé sur la région de Marrakech et celle de Fès présentant des différences qui peuvent être
totales ou partielles. Les premières se manifestent lorsqu’il s’agit de deux unités disparates

9
D’après le Vocabulaire de philosophie de LALANDE (2010), « la comparaison est l’opération par laquelle on
réunit deux ou plusieurs objets dans un même acte de pensée pour en dégager les ressemblances et les
différences ». Autrement dit, l’analyse comparative en sciences sociales consiste à chercher les différences et les
ressemblances existant entre les situations qui font l’objet de la comparaison, en interprétant les résultats et en
essayant de découvrir des régularités.
10
Voir la variation diatopique de William LABOV (1976) qui désigne la variation linguistique spatiale et
régionale.

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ayant le même sens, alors que les secondes deviennent visibles lorsqu’il s’agit d’une simple
modification phonétique ou morphologique qui caractérise le parler de la région du locuteur.

Dans le métier du bois, nous avons recensé des différences totales comme [ʃaʃija] et
[taʒ] pour désigner les paumelles des portes, [qajm u najm] et [rǝfrǝf] pour désigner un type
de moucharabieh, etc. Pour les différences partielles, nous avons : [dabǝt] et [dabǝd] pour
désigner le compas, [sanawbarija] et [snubrija] pour désigner un motif arborescent, etc .Nous
citons ci-dessous quelques autres exemples :

Technolecte ordinaire du bois


Marrakech Fès Traduction en FR Type de différence
[bbijba] [dfǝf] petite porte totale
[hʒban] [hwaʒǝb] motif en sourcils partielle
[xarsna] [qus] arc polylobé totale
[xǝttǝt lqa'it] [ttǝstir lwerq] traçage sur papier totale
[xùxa] [fǝrdija] grande porte du riad totale
[dabǝt] [dabǝd] compas partielle
[dfira] [dǝfra] tresse partielle
[sbul] [sbajl] motif en épillets partielle
[sǝftat bḥal ʒʒrana] [zuwaqa bḥal ʒʒrana] motif en grenouille partielle
[sanawbarija] [snubrija] motif arborescent partielle
[ʃombra] [mǝrbǝt] chambranle totale
[ʃaʃija] [taʒ] paumelle totale
[ʃkadur] [bǝrrima] vilebrequin totale
[ʃ’ira] [ʃarbija] motif de feuillage totale
[ùd hmǝr] [ùd ʃqar] bois rouge partielle
[qajm u najm] [rǝfrǝf] type de moucharabieh totale
[qriʃla] [mqassa] étoile en 5 pointes totale
[kukjaʒa] [mhǝrra] motif en coquillage totale
[mtǝmmǝn] [mtǝmmǝn zlǝq] étoile en 8 pointes partielle
[mǝxrùm] [mǝxrùq] tourné partielle
[m'abbas] [kurbu] partie des auvents totale
[mmima] [umm] étoile en 32 pointes partielle
[wǝrda] [nuwara] motif en fleur totale

Pour le pâtre, nous avons la même chose, il existe des différences totales comme :
[Tǝrrih] et [tatbit] pour désigner l’action de poser le plâtre, [tsafija] et [taxlis] pour désigner le
travail de finition, etc. Pour les différences partielles, nous avons des variations phonétiques
comme : [dfǝr ssba’] et [zfǝr ssba’] pour désigner un motif sous forme de griffe de lion ou
encore [mqarbas] et [mqarnas] pour désigner les stalactites. Le tableau ci-dessous contient
d’autres exemples :

Technolecte ordinaire du plâtre


Marrakech Fès Traduction en FR Type de différence
[tazùwaqt] [zuwaq] peinture sur plâtre partielle
[Tǝrrih] [tatbit] pose du plâtre totale
[tsafija] [taxlis] finition totale
[ruza] [wǝrda] fleur totale
[ʒǝfna] [tasa] petite coupole totale

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[dabǝt] [dabǝd] compas partielle


[dfǝr ssba’] [zfǝr ssba’] griffe de lion. partielle
[Dfira] [dǝfra] tresse partielle
[ʃǝmmasijat] [ʃǝmmasat] niches des vitraux partielle
[‘ʒin] [tǝxlaT] mélange de la pâte totale
[friza] [sǝnsla] frise totale
[qa’it] [kaRiT] poncifs totale
[kutʃija] [mllasa] truelle totale
[kis tǝdduqqan], [kǝmmusa] bourse de poudre noire totale
[gbǝs hmǝr] [gbǝs ʃqar] plâtre rose partielle
[mtǝmmǝn] [tars] étoile en 8 pointes totale
[mqarbas] [mqarnas] stalactite totale
[msǝtra] [m’bra] règle de traçage totale
[nǝs nǝs limuna] [nǝs nǝs narunʒa] moitié d’une orange totale

Le zellige présente aussi des dissemblances selon la région des locuteurs. Nous avons
des différences totales comme : [hamǝl] et [m’aʃʃar] pour désigner un motif en 10 pointes,
[druba] et [zqaq] pour désigner un motif sous forme de ruelles, etc. Pour les différences
partielles, nous avons des variations phonétiques ou morphologiques telles que : [drihǝm] et
[dǝrhǝm] pour désigner une étoile à huit pointes ou encore [nfilat] et [nfajǝl] pour décrire les
déchets du zellige qu’il laisse après sa cuisson.

Technolecte ordinaire du zellige


Marrakech Fès Traduction en FR Type de différence
[tsǝfja] [taxlis] finition du zellige totale
[hamǝl] [m’aʃʃar] motif en 10 branches totale
[xǝrsna] [xǝrsana] arc polylobé partielle
[xǝmsini] [‘in ʃǝms] étoile en 50 branches totale
[drihǝm] [dǝrhǝm] étoile à huit pointes partielle
[druba] [zqaq] motifs en forme de ruelles totale
[staʃri] [khal la’jun ‘la étoile en 16 pointes totale
qǝntu]
[sqqaja] [sanija] fontaine totale
[ʃǝbka mulat [ʃǝbka mulat filet avec sourcils partielle
lhǝʒban] lhwaʒǝb]
[ʃariʒ] [zuba] bassin d’eau totale
[qti’] [tǝksir] découpage du zellige totale
[krwa] [kbǝrʃun] motif en forme de croix totale
[kutʃija] [mǝllasa] truelle totale
[guffa] [quffa] couffin partielle
[mtǝmmǝn ‘wǝʒ] [mtǝmmǝn azlaq] étoile à huit branches partielle avec
variation adjectivale
[mraja] [rbǝ’ qnabǝl] effet miroir dans un motif totale
[mnagǝʃ] [mnaqǝʃ] marteaux partielle
[nfilat] [nfajǝl] déchets du zellige partielle
[nnbǝh] [wǝst ddar] patio totale
[nwawǝr] [nwa’ir] motif en forme de moulin totale

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Le technolecte des mâallems interviewés présentent également plusieurs


ressemblances malgré leurs origines régionales différentes. Dans le travail du bois, nous
avons par exemple : [kuntǝr plaki] contreplaqué/ [tant] teinte/ [tǝʒwina] gouge/ [tùrnivis]
tournevis, etc. utilisés par les artisans des deux régions. Dans le travail du pâtre, nous avons :
[ʒʒir] chaux/ [sizu] ciseau de sculpture/ [stǝl] sceau/ [Rurbal] tamis/ [mǝrbù’] ciseau en forme
carrée, etc. utilisés par les deux types d’artisans. Dans le travail du zellige, nous avons :
[rrǝmla] sable/ [zǝlliʒ] zellige/ [zǝng] zinc/ [hʒǝr lǝhmǝr] pierres rouges de la montagne/
[fǝrran] four/ [frina] petit four pour la cuisson du zellige, etc. utilisés par les artisans de
Marrakech et ceux de Fès.

Cela peut s’expliquer, peut-être, par les relations étroites du travail ou du commerce
entamées généralement entre les artisans des différentes villes du Maroc, notamment ceux de
Marrakech et de Fès. En effet, au cours des travaux de la Mosquée Hassan II, les unités
technolectales analogues auraient joué un rôle important dans la communication entre les
artisans au moment du travail. En revanche, les unités technolectales hétérogènes auraient
constitué plusieurs blocages pour les artisans dans les échanges communicatifs en ce qui
concerne les matériaux, les outils, les éléments et les techniques décoratives. Pour vérifier ces
hypothèses une étude approfondie semble nécessaire, en touchant plusieurs locuteurs de ces
régions unis dans une même situation et même lieu du travail.

Conclusion
La mosquée Hassan II constitue un lieu idéal pour l’étude du technolecte des métiers
de l’architecture marocaine. Il s’agit d’un point de rencontre de plusieurs techniques
traditionnelles où le bois s’harmonise avec le pâtre et le zellige en s’accouplant avec d’autres
matières telles que le marbre et la pierre qui assurent la robustesse et le luxe. Et puisque les
travaux de construction ont été assurés par des artisans de toutes les régions du Maroc, la
mosquée représente un cumul de l’histoire artistique du pays qui permet pour tout chercheur
en sciences sociales de comprendre l’habilité avec laquelle le peuple marocain sait
transformer la matière en un chef-d’œuvre éternel.

L’étude approfondie du technolecte des arts traditionnels de la mosquée Hassan II


constitue, semble-t-il, le point de départ vers un véritable projet de normalisation du langage
technique de ces métiers. Cela peut se concrétiser surtout avec une enquête rétrospective
touchant un grand nombre d’artisans qui ont participé aux travaux de la mosquée à l’époque
de sa construction. Des enquêtes peuvent être entamées également lors des projets de
réhabilitation (de construction ou de décoration) en cherchant les équipes chargées de ces
travaux en plus des responsables de la conservation de ce patrimoine, symbole de l’unité des
Marocains.

En effet, d’après l’analyse comparative du corpus, nous avons réalisé qu’il n’y a pas
de séparation totale entre le répertoire langagier des métiers étudiés, que ce soit dans le travail
du bois, du plâtre ou du zellige. Plusieurs ressemblances ont été recensées malgré les
disparités qui font la spécificité de chaque spécialité. De même, nous avons détecté des
affinités langagières entre le technolecte des artisans de Fès et celui de Marrakech, malgré les
différences qui caractérisent chaque région. Une normalisation de ce technolecte est fort
possible avec les résultats auxquels nous avons abouti. Cela pourrait faciliter la transmission
de ce savoir aux futures générations d’artisans. Il reste à vérifier les unités langagières des
locuteurs issus des autres régions marocaines en touchant un large public et en étudiant, en

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plus des métiers susmentionnés, d’autres spécialités des arts traditionnels (la poterie, la
ferronnerie, la maroquinerie, etc.)

Bibliographie

-BLANCHET Alain (1992), L’enquête et ses méthodes : l’entretien, Ed, Nathan (repris par
Armand Colin), coll. « 128 », Paris.
-BOYER Henri, Sociolinguistique. Territoire et objets, Lausanne, Paris, 1996.
-CHIKHAOUI Said (2002), Politiques publiques et société : essai d’analyse de l’impact des
politiques publiques sur l’artisanat au Maroc, Série Thèses et Mémoires N°54, Publications
de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines – Rabat.
-COLIN Georges Stéphane (1994), Dictionnaire Colin d’arabe dialectal marocain, sous la
direction de Zakia Iraqui Sinaceur, Ed, Al –Manhal, Ministère des affaires culturelles, Rabat
-LALANDE André (2010), Vocabulaire technique et critique de la philosophie, PUF, Paris.
-LABOV William (1976), Sociolinguistique, Editions de Minuit, Paris.
-MESSAOUDI Leila (2012) « Technolecte savant, technolecte ordinaire : quelle
différence ? » In Sur les technolectes, publications du Laboratoire Langage et Société,
CRNST, URAC56.
-MESSAOUDI Leïla (2003), Etudes sociolinguistiques, Impression Edition OKAD, Faculté
des lettres et des sciences humaines, Université Ibn Tofail Kénitra.
-PACCARD André (1981), Le Maroc et l’artisanat traditionnel islamique dans
l’architecture, tome1, Ed Atelier 74, Annecy, France.
-QUENEE Bernard, LAGHRIDA Abdelharam, REFASS Abdelhamid, HALIB Hassan,
(2008) « Grande Mosquée Hassan II de Casablanca : Approche de la durabilité des travaux de
réparation des infrastructures et ouvrages de protection » par Agence Urbaine de Casablanca.
-SINACEUR Mohammed Allal (1993), La Mosquée Hassan II, Ed Daniel Briand.

Sitographie

http://fmh2.ma/fr/mosquee.html

http://doc.lerm.fr/wp-content/uploads/2013/09/mosquee1.pdf

https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00450366/

https://www.auc.ma/auc.asp?codelangue=23&po=2

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