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Abouré (Peuple)

Les Abouré sont un peuple du sud-est de la Côte d'Ivoire, vivant principalement entre le fleuve Comoé et la lagune Aby. Leur société est matrilinéaire, dirigée par un roi et organisée en villages, avec une riche culture marquée par des rituels et des fêtes comme le Popo Carnaval. Aujourd'hui, les Abouré pratiquent des religions traditionnelles tout en cohabitant avec le christianisme et l'islam.

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Abouré (Peuple)

Les Abouré sont un peuple du sud-est de la Côte d'Ivoire, vivant principalement entre le fleuve Comoé et la lagune Aby. Leur société est matrilinéaire, dirigée par un roi et organisée en villages, avec une riche culture marquée par des rituels et des fêtes comme le Popo Carnaval. Aujourd'hui, les Abouré pratiquent des religions traditionnelles tout en cohabitant avec le christianisme et l'islam.

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Abouré (peuple)

Les Abouré sont un peuple du sud-est de la Côte


d’Ivoire, appartenant au groupe des Akan Abouré
lagunaires.

Les Abouré vivent essentiellement entre le fleuve


1
Comoé et la lagune Aby , à Grand-Bassam, à
Moossou, à Yaou et à Bonoua.

Ethnonymie
Selon les sources et le contexte, on rencontre Majesté Miessan Kacou Venance, roi des Abouré Ehivè
d'autres formes : Abonwa, Abourés, Abule, Abure,
Agoua, Akaplass, Akaples, Akapless, Asoko, Populations importantes par région
2
Compa, Essouma, Esuma .
Côte d'Ivoire 78 000
Autres
Histoire Langues abouré

Les Abouré vivaient à l'emplacement actuel des Religions Tradition africaine


1
Agni-Sanwi sous l'appellation de Kompa . À Ethnies Akans
l'arrivée des Agni , ils ont migré vers l'Ouest ont liées
créé un royaume dont la capitale est Bonoua.

Les Abouré ont connu aussi des périodes de conflits, notamment avec leurs voisins, les Agni à l'époque
1
d'Aka Esouin, roi du Krinjabo aux environs de 1770 .

Ils se sont également rebellés à la fin du xixe siècle contre le colonisateur français sous l'autorité du chef
d'état major des troupes Abouré Kadjo Amangoa, alors qu'il y avait un traité signé avec la métropole en
3
1842 par l'explorateur Bouët-Willaumez .

Organisation sociale et politique


La société abouré est organisée selon un système matrilinéaire, où l’héritage et la transmission des
pouvoirs passent par la lignée maternelle. Les Abouré sont traditionnellement dirigés par un roi appelé
4, 5
Mlingbi , assisté par des notables(Mlitin) et chefs de clans .
Chaque village abouré possède une structure politique propre,
mais liée à un ensemble plus vaste regroupé en confédération
ou alliance coutumière. La chefferie joue un rôle central dans
la résolution des conflits, la gestion des terres et la
6
préservation des traditions .

Langue
La langue abouré appartient au sous-groupe des langues akan,
qui fait partie de la branche kwa des langues nigéro-
congolaises. Elle est parlée par plusieurs dizaines de milliers
de personnes, principalement dans la région de Bonoua et ses
7, 8, 9
environs .

Composition des villages


Les villages abouré sont traditionnellement établis à La Place kadjo Amangoua de bonoua
proximité d’un cours d’eau, en bordure de lagune ou le long
d’un marigot. Leur structure est généralement linéaire,
traversée par une voie principale orientée d’est en ouest, et
complétée par des ruelles secondaires. Les habitations, en
banco ou en matériaux durables pour les plus aisés,
s’organisent autour d’une cour intérieure. Deux types de
résidences coexistent : l’opukoblê, résidence du patriarche ,
ou résidence clanique et le opukô, domicile conjugal. Cette
dernière, souvent dotée d’un ajisyeblê, maison rituelle,
constitue le centre des activités religieuses et des
délibérations familiales. Des dépendances — poulaillers, Sa Majesté Miessan Kacou Venance, Roi
étables ou espaces de retrait menstruel autrefois appelés namû des Abouré Ehivè à l'occasion du défilé
10 de la 44ème édition du Popo carnaval de
dukô — complètent l’organisation domestique .
Bonoua

Quartier
Chaque village abouré est divisé en deux quartiers principaux : Benini à l’est et Kumasi à l’ouest, en
souvenir des régions d’origine ashanti et apollonienne des Abouré. Ces quartiers peuvent être séparés par
un ruisseau ou un marigot, et sont eux-mêmes subdivisés en zones distinctes, souvent délimitées par des
cours d’eau saisonniers. À Moossou, par exemple, le marigot Atwê sépare les sous-quartiers Abreti et
Beli dans Benini, tandis qu’Abofi marque la limite entre Taba et Brina dans Kumasi. Les zones abritant
les trônes des clans ancestraux, appelées ebientê -pukô, échappent à toute démolition rituelle et
10, 11, 12
constituent les pôles de continuité symbolique du village .

Population
La population villageoise est structurée selon une hiérarchie
sociale composée de quatre groupes : les Ediyê, membres des
clans autochtones fondateurs ; les Ohopwê, étrangers établis
avec l’accord d’un clan hôte ; les Kaha, anciens esclaves
intégrés à une lignée à travers un rituel spécifique ; et les
Apolien, descendants d’esclaves jouissant de certains droits
civiques. Les Ediyê occupent une position privilégiée dans la
vie politique et rituelle. Les Ohopwê, bien qu’intégrés au tissu
social, ne peuvent participer aux décisions coutumières sans
Noble Abouré de Bonoua, un groupe
autorisation, et leurs descendants ne deviennent membres à Akan de Côte d'Ivoire
part entière que sous certaines conditions. L’ensemble de la
population est également regroupé en classes d’âge (efwa),
qui remplissent des fonctions sociales, économiques et militaires, consolidant les liens intergénérationnels
10, 13
au sein de la communauté .

Culture et tradition
Les Abouré possèdent un riche patrimoine culturel marqué
par des rituels, des fêtes, des danses et des musiques
traditionnelles. Parmi les pratiques les plus significatives
figure le Popo Carnaval, une fête populaire issue de la fête
des ignames, aujourd'hui modernisée par l’introduction d’un
volet carnavalesque qui en fait un moment de grande
14, 15
réjouissance communautaire . Le culte des ancêtres
occupe également une place centrale dans la vie spirituelle,
Danse Fôkwé des générations Abourés
lors du défilé du popo Carnaval 2025
s'exprimant à travers des cérémonies, des sacrifices et la consultation des Kômians, figures traditionnelles
de sagesse et de médiation avec le monde invisible.

Religion
Comme beaucoup de peuples akan, les Abouré ont longtemps
pratiqué des religions traditionnelles basées sur le culte des
ancêtres et des divinités naturelles (forêts, rivières, etc.).
Aujourd’hui, ces pratiques coexistent avec le christianisme
(catholicisme et protestantisme) et, dans une moindre mesure,
11
l'islam .

Répartition géographique Kômian Abourés lors de manifestation


public
Les principales localités peuplées par les Abouré
comprennent Bonoua, reconnue comme la capitale historique
et culturelle de ce peuple, ainsi que Grand-Bassam, où les Abouré cohabitent avec d'autres groupes
ethniques. Moossou, village royal situé à proximité immédiate de Grand-Bassam, occupe une place
symbolique importante. D'autres localités notables incluent Ebrah, Yaou et Vitré, qui participent
également à la préservation des traditions et de l'organisation sociale abouré.

Notes et références
1. Raymond Borremans, Le grand dictionnaire encyclopédique de la Côte d'Ivoire, Tome 1 : A-
B, Abidjan, NEA, 1986, 287 p. (ISBN 2-7236-0733-X), p. 27
2. SUDOC ([Link]
3. « Pour rendre hommage au grand résistant Kadjo Amangoua » (sur Abidjan Talk, 21 octobre
2005) [Link] ([Link]
4. « Rezo-Ivoire .net | lorganisation sociale et politique des aboures ([Link]
e/patrimoine/2881/[Link]) », sur [Link]
(consulté le 12 mai 2025)
5. Stéphan Dugast, « Classes d'âge, chefferie et organisation dualiste : les Abouré de la Basse
Côte-d'Ivoire », Cahiers d'Études africaines, vol. 138-139,‎1995, p. 403-454 (lire en ligne (htt
ps://[Link]/doc/cea_0008-0055_1995_num_35_138_1455) [PDF])
6. « Bonoua: Dans la pure tradition Abouré ([Link]
ons/bonoua-dans-la-pure-tradition-aboure) », sur FratMat, 9 mars 2017 (consulté le
11 mai 2025)
7. « Memoire Online - Etude des idéophones d'une langue kwa: l'abouré éhè - Ben Martial
BEGROMISSA ([Link]
-[Link]) », sur Memoire Online (consulté le 11 mai 2025)
8. Aboi François YANGRA, « LES EMPRUNTS DE L’ABOURE AUX LANGUES ROMANES :
ASPECTS MORPHOPHONOLOGIQUES ET CATEGORISATION SEMANTIQUE », SLC,
no 12,‎2018 (chrome-extension://efaidnbmnnnibpcajpcglclefindmkaj/[Link]
[Link]/wp-content/uploads/2023/11/3_YANGRA-Aboi-Francois_RISLC-n%C2%B012-
[Link] [PDF])
9. Koukoua Etienne N’GATTA, « EMPRUNTS LEXICAUX DE LA LANGUE ABOURÉ AUX
LANGUES INDO-EUROPÉENNES : APPARITION ET ADAPTATION
MORPHOPHONOLOGIQUE », Generis publishing,‎2024 (chrome-
extension://efaidnbmnnnibpcajpcglclefindmkaj/[Link]
[Link]/upload/books/2024/05/strong-EMPRUNTS-LEXICAUX-DE-LA-LANGUE-
ABOUR-AUX-LANGUES-INDO-EUROPENNES-APPARITION-ET-ADAPTATION-
MORPHOPHONOLOGIQUE-strong_preview_1716275902.pdf [PDF])
10. Georges niangoran bouah, « Le village Abouré », Cahiers d'Études africaines,‎1960,
p. 113-127 (lire en ligne ([Link]
[PDF])
11. COULIBALY Gninlnan Hervé, « TERRE, TERRITOIRE ET INTERCULTURALITÉ EN PAYS
ABOURÉ DE CÔTE D’IVOIRE LAND, TERRITORY AND INTERCULTURALITY IN
ABOURE’S AREA OF CÔTE D’IVOIRE », Revue Internationale du Chercheur, vol. 4, no 3,‎
2023 (lire en ligne ([Link]
01/2359) [PDF])
12. Bosson Dominique-Claver KADJO, « Kadjo Amangoua et la conquête coloniale française »,
REVUE ELECTRONIQUE AKIRI,‎avril 2024, p. 121 (chrome-
extension://efaidnbmnnnibpcajpcglclefindmkaj/[Link]
content/uploads/2024/04/8_TAP_Bosson-D.C.-Kadjo_Akiri049_Hist.pdf [PDF])
13. AIP, « OFWA ou le creuset de la créativité, de l’identité propre et du renforcement du
sentiment d'appartenance à la communauté Abouré », [Link],‎4 avril 2024 (lire en ligne
([Link]
re-et-du-renforcement-du-sentiment-dappartenance-a-la-communaute-aboure))
14. Auteur Yelee, « Culture et traditions n° 1 : Le peuple Abouré de Côte d’Ivoire ([Link]
[Link]/2021/03/24/culture-n-1-le-peuple-aboure-de-cote-divoire/) », sur Yelee
News, 24 mars 2021 (consulté le 12 mai 2025)
15. (en) Alphonse Camara, « La tradition abouré dans toute sa splendeur ([Link]
[Link]/societe/26244-la-tradition-aboure-dans-toute-sa-splendeur) », sur
[Link], 12 avril 2016 (consulté le 12 mai 2025)

Voir aussi

Bibliographie
(en) Monica Blackmun Visonà, « The Lagoons peoples », in Art of Côte d'Ivoire: from the
collection of the Barbier-Müller Museum, Genève, vol. 1, 1993, p. 368-383, 416
(en) Peter Mark, « Two carved columns from Grand Bassam », in African arts (Los
Angeles), n° 20 (2), février 1987, p. 56-59, 84
(en) James Stuart Olson, « Aburé », in The Peoples of Africa: An Ethnohistorical
Dictionary, Greenwood Publishing Group, 1996, p. 6 (ISBN 978-0-313-27918-8)
(en) Robert T. Soppelsa, « Western art-historical methodology and African art : Panofsky's
paradigm and ivoirian mma », Object and intellect: interpretations of meaning in African
art, in The Art journal (New York), vol. 47, 1988, n° 2, p. 147-153
Monica Blackmun Visonà, « Artistes et guérisseurs chez les populations lagunaires », in
Godo-Godo (Abidjan), n° 9, 1986, p. 57-72
Remi Clignet, Tradition et évolution de la vie familiale en Côte d'Ivoire : étude comparative
sur les transformations de la famille restreinte au sein d'une société matrilinéaire, les
Abourés et d'une société patrilinéaire, les Bétés, EPHE, Paris, 1963, 256 p. (thèse de
3e cycle)
Stéphan Dugast, « Classes d'âge, chefferie et organisation dualiste : les Abouré de la
Basse Côte-d'Ivoire », in Cahiers d'études africaines (Paris), No. 35 (2-3), n° 138-139,
1995, p. 403-454
E. S. Ehouman, « Dieu dans trois contes abourés », in Annales de l'Université d'Abidjan,
série J, Traditions orales Abidjan, 1978, vol. 2, p. 7-45.
G. Niangoran-Bouah, « L'organisation sociale des Abouré», École pratique des Hautes
études, VIe section, mémoire n°120, Paris, 1959.
G. Niangoran-Bouah, « Le village Abouré», cahiers d'ettudes africaines, 1,2, n°2, 1960.
G. Niangoran-Bouah, « Les Abouré, une société lagunaire de Côte d'Ivoire», Annales de
l'Université d'Abidjan, Série D, Lettres et Sciences Humaines, 1965.
Simone Ehivet-Ehouman, Vision de la femme dans le conte Abouré, Mémoire de maîtrise,
Université de Paris XIII, Paris, 1976, 194 p.

Articles connexes
Liste des groupes ethniques d'Afrique
Autres peuples Akan lagunaires : Nzema, Atchan

Liens externes
« Les Abouré, une société lagunaire de la Côte d'Ivoire » ([Link]
voire/patrimoine/172/[Link]) (extrait
d'article, Annales de l'Université d'Abidjan, Série D, Lettres et Sciences Humaines, 1965,
I, p. 37-172, mis en ligne sur Rezoivoire, 7 janvier 2009)
Notices d'autorité : BnF ([Link]
(données ([Link] ·
IdRef ([Link] · LCCN ([Link] ·
Israël ([Link] ·
Tchéquie ([Link]

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