Introduction
Le modèle relationnel a été déni par E.F Codd dans les années 70 et de nombreux cher-
cheurs ont contribué à son développement. Les premiers SGBD bâtis sur ce modèle ont été
SQL/DS et DB2 de IBM , d'où est né le langage de manipulation de bases relationnelles, SQL
(StructuredQueryLanguage).
Fig1. E.F Codd
Le succès du modèle relationnel est dû principalement à sa simplicité et sa puissance mathé-
matique. Une base relationnelle est composée de tables et perçue par l'utilisateur comme un
ensemble de tables et rien d'autre. Dans une table, une ligne correspond à un enregistrement
et une colonne à un champ de cet enregistrement.
La structure des données est donc intuitive et simple à manipuler. D'un autre côté, les fonde-
ments mathématiques du modèle permettent une manipulation des données simple et complète.
Le modèle ore ainsi un ensemble d'opérateurs permettant d'eectuer toutes les actions envisa-
geables sur les données. Toute opération relationnelle sur une table génère une nouvelle table,
c'est-à-dire fonctionne sur un ensemble de données sans que l'on ait à se préoccuper de traiter
successivement chacune des données récupérées par l'opération.
Cette simplicité du modèle a fait qu'il soit toujours d'actualité et à la base de la plupart
des SGBD existant actuellement.
Les premiers objectifs du modèle ont été formulés par E.F.Codd comme suit :
1. Permettre un haut degré d'indépendance des programmes d'applications et des activités
interactives à la représentation interne des données, en particulier aux choix des ordres
d'implantation des données dans les chiers, des index et plus généralement des chemins
d'accès.
1
2. . Fournir une base solide pour traiter les problèmes de cohérence et de redondance des
données.
Ces deux objectifs, qui n'étaient pas atteints par les modèles réseau et hiérarchique, ont
été pleinement satisfaits par le modèle relationnel, d'une part grâce à la simplicité des
vues relationnelles qui permettent de percevoir les données sous forme de tables à deux
dimensions, et d'autre part grâce aux règles d'intégrité supportées par le modèle et ses
fondements logiques.
3. Permettre le développement de langages de manipulation de données non procéduraux
basés sur des théories solides.
Ce troisième objectif est atteint d'une part à l'aide de l'algèbre relationnelle qui permet
de manipuler des données de manière très simple et formelle comme les opérateurs
arithmétiques permettent de manipuler des entiers , et d'autre part à l'aide des langages
assertionnels basés sur la logique qui permettent de spécier les données que l'on souhaite
obtenir sans dire comment les obtenir.
4. Être un modèle extensible permettant de modéliser et de manipuler simplement des
données tabulaires, mais pouvant être étendu pour modéliser et manipuler des données
complexes.
5. Devenir un standard pour la description et la manipulation des bases de données.
2
Table des matières
conception des bases de données 3
Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
Quelques notions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
Les dépendance fonctionnelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
Dénition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
Propriétés des DFs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
Graphe de dépendances fonctionnelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
Exemple . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
Fermeture transitive et couverture minimale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
Dénition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
La normalisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
La première forme normale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
Dénition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
Exemple 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
Exemple 2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
La deuxième forme normale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Dénition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Exemple 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
La troisième forme normale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Dénition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Exemple 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
La forme normale de BOYCE-CODD . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
Dénition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
La quatrième et la cinquième forme normale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
Dépendances multivaluées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
Dénition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
Dénition : DMs élémentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
La quatrième forme normale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
Dénition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
Exemple . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
Dépendances de jointure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
Dénition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
La cinquième forme normale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
Dénition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
La sixième forme normale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
Dénition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
Remarque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
Pour conclure avec la normalisation en 6FN . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
Pourquoi l'entreprise algérienne s'arrête au niveau de la 3FN ? . . . . . . . . . . . . . 14
Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
3
conception des bases de données
1. Introduction
Une des tâches essentielles des développeurs de bases de données est la conception du schéma
des bases. L'objectif est de structurer le domaine d'application de sorte à le représenter sous
forme de types et de tables. La représentation doit être juste pour éviter les erreurs séman-
tiques, notamment dans les réponses aux requêtes. Elle doit aussi être complète pour permettre
le développement des programmes d'application souhaités. Elle doit enn être évolutive an de
supporter la prise en compte rapide de nouvelles demandes.
Le concepteur, ou plutôt l'administrateur de base, eectue également le choix du placement
des tables sur disques et le choix des index, choix essentiels pour les performances. En exa-
gérant un peu, on peut dire qu'il n'y a pas de mauvais SGBD, mais de mauvais concepteurs
responsables des erreurs sémantiques ou des mauvaises performances. Les choix de structures
physiques sont dépendants des programmes qui manipulent la base, particulièrement des types
et fréquences des requêtes d'interrogation et de mise à jour.
Traditionnellement, la démarche de conception s'eectue par abstractions successives, en des-
cendant depuis les problèmes de l'utilisateur vers le SGBD. On distingue cinq étapes :
• Perception du monde réel et capture des besoins.
• Élaboration du schéma conceptuel.
• Conception du schéma logique.
• Anement du schéma logique.
• Élaboration du schéma physique.
2. Quelques notions
2.1. Les dépendances fonctionnelles DFs
La notion de dépendance fonctionnelle fut introduite dès le début du relationnel par CODD
an de caractériser des relations pouvant être décomposées sans perte d'informations.
a- Dénition
On dit que X −→ Y un attribut (ou groupe d'attributs) Y dépend fonctionnellement d'un
attribut (ou groupe d'attributs) X, si, étant donné une valeur de X, il lui correspond une valeur
unique de Y (quel que soit l'instant considéré).
4
b- Propriétés des DFs
Les DF obéissent à plusieurs règles d'inférences triviales. Les trois règles suivantes composent
les axiomes des dépendances fonctionnelles et sont connues dans la littérature sous le nom
d'axiomes d'Armstrong :
1. Réexivité : Y ⊆ X ⇒ X → Y ; tout ensemble d'attributs détermine lui-même ou une
partie de lui-même.
2. Augmentation : X → Y ⇒ XZ → YZ ; si X détermine Y, les deux ensembles d'attributs
peuvent être enrichis par un même troisième.
3. Transitivité : X → Y et Y → Z ⇒ X → Z ; cette règle est moins triviale et provient
du fait que le composé de deux fonctions dont l'image de l'une est le domaine de l'autre
est une fonction.
4. Union : X → Y et X → Z ⇒ X → YZ .
5. Pseudo-transitivité : X → Y et WY → Z ⇒ WX → Z .
6. Décomposition : X → Y et Z ⊆ Y ⇒ X → Z .
c- Graphe de dépendances fonctionnelles
Soit un ensemble F de dépendances fonctionnelles élémentaires. Si tous les attributs gauches
sont uniques, il est possible de visualiser cet ensemble de DF par un graphe appelé graphe des
dépendances fonctionnelles.
Exemple
On considère les DFs suivants de la relation VOITURE :
Fig2. Exemple de graphe de DFs
Il n'est pas toujours possible de représenter les DF d'une relation par un graphe simple : si une
partie gauche d'une DF comporte plus d'un attribut, il faut introduire des arcs représentant
une association de plusieurs sommets vers un sommet.
2.2. Fermeture transitive et couverture minimale
a- Dénition
À partir d'un ensemble de DF élémentaires, on peut composer par transitivité d'autres DF
élémentaires. On aboutit ainsi à la notion de fermeture transitive d'un ensemble F de DF
élémentaires : c'est l'ensemble des DF élémentaires considérées enrichi de toutes les DF élémen-
taires déduites par transitivité.
5
À partir de la notion de fermeture transitive, il est possible de dénir l'équivalence de deux
ensembles de DF élémentaires : deux ensembles sont équivalents s'ils ont la même fermeture
transitive. Par suite, il est intéressant de déterminer un sousensemble minimal de DF permet-
tant de générer toutes les autres. C'est la couverture minimale d'un ensemble de DF.
3. La normalisation
Les formes normales sont diérents stades de qualité qui permettent d'éviter la redondance
dans les bases de données relationnelles an d'éviter ou de limiter : les pertes de données, les
incohérences au sein des données, l'eondrement des performances des traitements.
Le processus de normalisation consiste à remplacer une relation donnée par certaines pro-
jections an que la jointure de ces projections permette de retrouver la relation initiale. En
d'autres termes, le processus est réversible (i.e. sans perte d'information).
Il existe une hiérarchie dans les règles de normalisation : une relation en cinquième forme
normale est forcément en quatrième forme normale, une relation en quatrième forme normale
est forcément en forme normale de Boyce-Codd, etc. Il existe des méthodes systématiques pour
normaliser une relation dans chacune des formes normales.
La normalisation d'une base de données est une manifestation observable des dépendances ob-
servées dans le monde réel. La dépendance fonctionnelle permet de dénir les premières formes
normales jusqu'à la forme normale de Boyce-Codd (1FN, 2FN, 3FN et BCNF). La dépendance
multivaluée permet de dénir la quatrième forme normale (4FN) et la dépendance de jointure
la cinquième forme normale (5FN).
3.1. La première forme normale
La première forme normale permet simplement d'obtenir des tables rectangulaires sans at-
tributs multivalués irréguliers.
Dénition
Une relation est en première forme normale si tout attribut contient une valeur atomique.
Cette forme normale est justiée par la simplicité et l'esthétique. Elle consiste simplement
à éviter les domaines composés de plusieurs valeurs. Plusieurs décompositions sont possibles.
Exemple 1
La relation PERSONNE(N OM ,PRENOM) pourra être décomposée en :
PERSONNE1 (N OM ,PRENOM1)
PERSONNE2 (N OM ,PRENOM2)
Exemple 2
6
Fig3. exemple de relation non en première forme normale
Soulignons que la première forme normale est une question de dénition de domaine : chaque
valeur d'un domaine est en eet un atome du point de vue du modèle relationnel. Par suite, rien
n'empêche de considérer une date ou une gure géométrique comme atomique si les domaines
de valeur sont les dates et les gures géométriques. C'est une question de point de vue et de
niveau de décomposition.
3.2. La deuxième forme normale
La deuxième forme normale permet d'assurer l'élimination de certaines redondances en ga-
rantissant qu'aucun attribut n'est déterminé seulement par une partie de la clé.
Dénition
Une relation R est en deuxième forme normale si et seulement si :
1. Elle est en première forme normale.
2. Tout attribut n'appartenant pas à une clé ne dépend pas d'une partie d'une clé.
Exemple 1
Soit la relation FOURNISSEUR (N OM , ADRESSE,ART ICLE , PRIX)
La clé est le couple (NOM, ARTICLE). Il existe les DFs :
(NOM, ARTICLE) → PRIX et NOM → ADRESSE. Par suite, une partie de la clé (NOM)
détermine un attribut n'appartenant pas à la clé. Cette relation n'est donc pas en deuxième
forme normale. Elle pourra être décomposée en deux relations :
FOURNISSEUR (N OM , ADRESSE)
PRODUIT (N OM , ART ICLE , PRIX)
Exemple 2
Fig4. exemple de relation non en deuxième forme normale
3.3. La troisième forme normale
Dénition
Une relation R est en troisième forme normale si et seulement si :
1. Elle est en deuxième forme .
2. Tout attribut n'appartenant pas à une clé ne dépend pas d'un autre attribut non clé.
Soulignons qu'une partie de clé n'est pas une clé. En conséquence, une relation en troisième
forme est automatiquement en deuxième : la condition 1 est automatiquement vériée, mais
gure par souci de clareté. Soulignons aussi que si la relation possède plusieurs clés candidates,
la dénition doit être vériée pour chacune d'elles successivement.
7
Exemple 1
Fig5. exemple de relation non en troisième forme normale
À titre d'illustration, la relation :
VOITURE (N V , MARQUE, TYPE, PUISSANCE, COULEUR)
n'est pas en troisième forme normale. En eet, l'attribut non clé TYPE détermine MARQUE
et aussi PUISSANCE. Cette relation peut être décomposée en deux relations :
VOITURE (N V , TYPE, COULEUR).
MODELE (T Y P E , MARQUE, PUISSANCE).
3.4. La forme normale de BOYCE-CODD
La deuxième forme normale élimine les anomalies créées par des dépendances entre parties
de clé et attributs non clé. La troisième forme normale élimine les anomalies créées par des
dépendances entre les attributs non clés.
Mais qu'est ce qui est des dépendances de parties de clés entre elles ou d'attributs non clé vers
une partie de clé ?
DONC LA TROISIÈME FORME NORMALE EST INSUFFISANTE !
An d'éliminer les redondances crées par des dépendances entre parties de clés et celles déjà
éliminées par la troisième FN, Boyce et Codd ont introduit la forme normale qui porte leur
nom (en abrégé BCN F ).
Dénition
Une relation est en BCN F si et seulement si les seules dépendances fonctionnelles élémentaires
sont celles dans lesquelles une clé entière détermine un attribut.
Il a été montré que toute relation a une décomposition en BCN F qui est sans perte. Par
contre, une décomposition en BCN F ne préserve en général pas les DF.
Fig6. exemple de relation en troisième forme normale mais non en BCN F .
8
3.5. La quatrième et la cinquième forme normale
La BCN F n'est pas susante pour éliminer complètement les redondances. Pour aller au-
delà, il faut introduire des dépendances plus lâches. Nous allons en voir de plusieurs types.
a- Dépendances multivaluées DMs
Un exemple permet de comprendre la nature des redondances. Considérons la relation :
ETUDIANT (NE, COURS, SPORT)
N E est le numéro d'étudiant, COU RS les cours suivis et SP ORT les sports pratiqués. Une
extension de cette relation est représentée gure Fig7. N E , COU RS et SP ORT constituent la
clé composée. En eet, N E ne détermine ni cours ni sport car il est conseillé de suivre plusieurs
cours et de pratiquer plusieurs sports (c'est le cas de l'étudiant 100 ci-dessous).
Fig7. exemple de relation en troisième forme normale avec redondance.
Ses redondances apparaissent clairement dans cette relation. Cependant, en raison de l'absence
de dépendances fonctionnelles, elle est jusque-là non décomposable.
L'exemple précédent montre l'insusance de la notion de dépendance fonctionnelle : elle ne
permet pas de saisir l'indépendance qui existe entre des attributs comme COU RS suivi et
SP ORT pratiqué. Pour cela, on généralise la notion de DF en introduisant celle de dépendance
multivaluée (DM) .
Dénition : Dépendance multivaluée
Soit R(A1, A2. . . An) un schéma de relation, et X et Y des sous-ensembles de A1, A2, . . . An.
On dit que X Y (X multidétermine Y , ou il y a une dépendance multivaluée de Y sur X )
si, étant donné des valeurs de X , il y a un ensemble de valeurs de Y associées et cet ensemble
est indépendant des autres attributs Z = R − X − Y de la relation R.
Une dépendance multivaluée caractérise donc une indépendance entre deux ensembles d'at-
tributs (Y et Z) corrélés par un même troisième X. Plus formellement, on a :
(X Y) ⇐⇒ (x y z) et (x y' z') ∈ R ⇒ (x y' z) et (x y z') ∈ R
où x, y, z, y 0 , z 0 désignent des occurrences des attributs X, Y, Z, Y, Z .
Il faut souligner que les DF sont des cas particuliers de DM. En eet :
(X −→ Y) ⇒ (x y z) et (x y' z') ∈ R ⇒ y = y'.
9
Donc :
(X −→ Y) ⇒ (x y z) et (x y' z') ∈ R ⇒ (x y' z) et (x y z') ∈ R.
Par suite :
(X −→ Y) ⇒ (X Y).
Comme avec les dépendances fonctionnelles, il est possible d'eectuer des inférences à partir
des dépendances multivaluées. Les axiomes d'inférence des DM sont les suivants, en considérant
une relation composée d'un ensemble d'attributs R .
1. Complémentation : (X Y) ⇒ (X R X Y).
2. Augmentation : (X Y) et (V ⊆ W) ⇒ (XW YV).
3. Transitivité : (X Y) et (Y Z) ⇒ (X Z Y).
4. Union : (X Y) et (Y Z) ⇒ (X YZ).
À partir des axiomes précédents, il est possible d'introduire la notion de dépendance multiva-
luée élémentaire, ceci an d'éliminer les dépendances déduites trivialement d'un ensemble de
dépendances de base.
Dénition : Dépendance multivaluée élémentaire
Dépendance multivaluée X Y d'une relation R telle que :
1. Y n'est pas vide et est disjoint de X .
2. R ne contient pas une autre DM du type X 0 Y 0 telle que X 0 ⊂ X et Y 0 ⊂ Y .
Ainsi, une dépendance multivaluée élémentaire a, à la fois, un côté droit et un côté gauche
minimaux, comme une dépendance fonctionnelle élémentaire.
Soit la relation :
PERSONNE(N-SS , PRENOM-ENFANT , N-VEHICULE)
Il est clair que l'on a les DM élémentaires :
N-SS PRENOM-ENFANT
N-SS N-VEHICULE
3.5.1. La quatrième forme normale
La quatrième forme normale est une généralisation de la forme normale de BoyceCodd des-
tinée à décomposer les relations ayant des DM élémentaires.
Dénition : Quatrième forme normale
Une relation est en quatrième forme normale si et seulement si les seules dépendances multiva-
luées élémentaires sont celles dans lesquelles une superclé détermine un attribut.
Une superclé est un ensemble d'attributs contenant une clé. Donc, une relation R n'est pas
en quatrième FN si l'on peut trouver une dépendance de la forme X Y où X n'inclut pas une
clé de R. Comme une dépendance fonctionnelle est un cas particulier de dépendance multivaluée,
il apparaît qu'une relation en quatrième forme normale est en forme normale de Boyce-Codd
10
et donc en troisième forme normale.
Exemple
Soit la relation :
ETUDIANT (N E, COU RS, SP ORT ) n'est pas en quatrième forme normale : la clé est l'en-
semble des attributs et il existe des DM élémentaires entre des attributs participants à la clé :
NE COURS
NE SPORT
Il a été montré que toute relation a une décomposition (pas forcément unique) en quatrième
forme normale qui est sans perte .
b- Dépendances de jointure DJs
La notion de dépendance multivaluée a conduit à décomposer les relations en quatrième
forme normale. Est-ce susant pour éliminer les problèmes de redondances et anomalies ?
N icolas et F agin ont montré que non.
Considérons par exemple la relation BU V CRU représentée g8 ; cette relation modélise des
vins bus par des buveurs, d'un cru donné et commandés à un producteur produisant ce cru.
Fig8. exemple de Relation en quatrième forme normale avec redondance
Cette relation est bien en quatrième forme normale. En eet, il n'existe pas de dépendance
multivaluée d'après l'extension représentée ci-dessus :
BUVEUR CRU est faux car par exemple le tuple (Ronald Volnay Georges) n'existe
pas.
CRU PRODUCTEUR est faux car par exemple le tuple (Claude Chablis Georges)
n'existe pas.
PRODUCTEUR BUVEUR est faux car par exemple le tuple (Claude Volnay Nicolas)
n'existe pas.
Autrement dit, si l'on considère les projections R1, R2, R3 de la relation BU V CRU sur deux
attributs, on constate que l'on a :
- BUVCRU 6= R1 ./ R2,
BUVCRU 6= R1 ./ R3,
BUVCRU 6= R2 ./ R3.
Cependant, la relation représentée g8 présente bien des redondances : on apprend deux fois
que Ronald boit du Chablis et que Nicolas produit du Chablis. Elle n'est cependant pas dé-
composable en deux relations.
L'exemple précédent montre l'insusance de la notion de dépendance multivaluée pour éli-
miner les redondances.
11
Dénition : Dépendance de jointure DJ
Soit R(A1, A2. . . An) un schéma de relation et R1, R2. . . Rm des sous-ensembles de A1, A2. . . An.
On dit qu'il existe une dépendance de jointure ∗{R1, R2. . . Rm} si R est la jointure de ses pro-
jections sur R1, R2. . . Rm, c'est-à-dire si R = πR1 (R) ./ πR2 (R) ./ .... ./ πRm (R) .
En d'autres termes, la dépendance de jointure ∗{R1, R2. . . Rm} est valide si R1, R2. . . Rp est
une décomposition sans perte de R.
Par exemple, la relation de schéma BUVCRU(BUVEUR, CRU, PRODUCTEUR) obéit à la
dépendance de jointure :
∗{(BU V EU R, CRU ), (BU V EU R, P RODU CT EU R), (CRU, P RODU CT EU R)}
Elle est donc décomposable en trois relations R1(BU V EU R, CRU ), R2(BU V EU R, P RODU CT EU R)
et R3(CRU, P RODU CT EU R). Si (b,c), (b,p) et (c,p) sont respectivement des tuples de R1,
R2 et R3, alors (b,c,p) est un tuple de BU V CRU .
3.5.2. La cinquième forme normale
La forme normale de projection jointure, parfois appelée cinquième forme normale, est une
généralisation de la quatrième à partir de la notion de dépendance de jointure.
Sa dénition nécessite d'étudier les dépendances de jointures. Soit une relation R et ∗{R1, R2. . . Rp}
une dépendance de jointure. Une telle dépendance de jointure est triviale si l'une des relations
Ri est la relation R elle-même.
Dénition : Cinquième forme normale
Une relation R est en cinquième forme normale si et seulement si toute dépendance de jointure
est triviale ou tout Ri est une super-clé de R (c'est-à-dire que chaque Ri contient une clé de
R).
L'idée simple est que si la DJ est impliquée par les clés, la décomposition n'éliminera pas
de redondance et est sans intérêt. Si elle contient R, elle ne sert à rien puisque R demeure.
Dans les autres cas, il est possible de décomposer par projection selon les schémas de la DJ ;
l'expression de jointures dérivées de la DJ permet de recomposer la relation R. Par suite, la
décomposition d'une relation non en 5F N forme suit les DJ et est sans perte. Par contre, elle
ne préserve en général pas les DF, comme la BCN F . Notons aussi que la 5F N forme normale
est une généralisation directe de la BCN F et de la 4F N ; donc une relation en 5F N forme est
en 4F N et bien sûr en 3F N .
Ainsi la relation BU V CRU n'est pas en 5F N forme normale puisque la seule clé candidate
(BUVEUR, CRU, PRODUCTEUR) n'implique pas la DJ ∗{(BU V EU RCRU )}, (CRU PRO-
DUCTEUR), (BUVEUR PRODUCTEUR). Elle doit donc être décomposée en ces trois rela-
tions an d'éviter les anomalies de mise à jour.
La 5F N forme n'est cependant pas la forme ultime de décomposition si l'on accepte aussi
des décompositions horizontales, c'est-à-dire en partitionnant la table en soustables compor-
tant chacune un ensemble de tuples avec tous les attributs.
12
3.6. La sixième forme normale
A partir de 1979 et pendant près d'un quart de siècle, nous avons vécu avec la 5N F qui
marquait la limite du processus de normalisation par projection/jointure. Et puis la 6N F est
venue repousser cette limite. Nous verrons les bienfaits que l'on peut en retirer.
En attendant, reprenons la structure de la relation F des fournisseurs :
Cette relation respecte la 5N F , puisqu'elle a pour unique clé candidate le singleton {F ourN o}
et parce qu'elle respecte par ailleurs la BCN F . Mais rien n'interdit de pousser au maximum
la décomposition de la relation, sans perte, selon les trois projections suivantes :
Fig10. F = JOIN {F − N om, F − Statut, F − V ille}
En première approche, une telle décomposition n'ore aucun intérêt et relève même du Modèle
binaire, lequel a été rejeté par Ted Codd. Pourtant, si l'on fait référence à l'énoncé de la 6N F ,
on verra que les trois relations F-Nom, F-Statut et F-Ville sont conformes à celle-ci, tandis que
la relation F ne l'est pas. Mais Chris Date nous prévient qu'il ne faut pas tenir compte du res-
pect à tout crin de la 6F N , laquelle concerne fondamentalement les relation dotées d'attributs
de type intervalle (dont les intervalles de dates), donc les relations à caractère historique, qui
feront l'objet de toute notre attention. Quant à elle, la relation F a un caractère intemporel et
la décomposer est en l'occurrence inutile.
Dénition : Sixième forme normale
Une relation R est en sixième forme normale 6F N si et seulement si , quelle que soit la dépen-
dance de jointure à laquelle elle satisfait , cette dépendance est triviale.
Remarque :
Une relation est en 6F N si et seulement si elle est en 5F N , elle est de degré n, et n'a aucune
clé de degré inférieur à n − 1.
Pour conclure avec la normalisation en 6FN
L'étude de la 6N F conduit inévitablement à s'intéresser de très près aux données tempo-
relles, aux redondances qu'elles occasionnent, à leur concision et à leur cohérence, ce qui nous
fait très largement déborder du strict cadre de cette ultime forme normale qu'est la 6N F (se-
lon la normalisation par projection/jointure (5FN)), mais qui autrement ne présenterait guère
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d'intérêt qu'au plan académique. Il reste énormément à dire, ne serait-ce qu'en ce qui concerne
l'expression des contraintes d'intégrité, ou encore la rédaction des requêtes de manipulation des
données .
Pourquoi l'entreprise algérienne s'arrête au niveau de la
3FN ?
Les entreprises algérienne aujourd'hui s'arrêtent au niveau de la 3F N pour les deux simples
raisons que premièrement , L'Algérie ne connait toujours pas la vrai notion de technologie ce
qui fait qu'il n y a pas de concurrence entre les diérentes compagnies .
Deuxièmement, si on parle de 1F N 2F N 3F N on reste dans le cadre de dépendances f onctionnelles
entre les attributs , tandis que la 4F N 5F N 6F N on sorte de la notion DFs aux notions de
dépendances multivalues DMs et dépendances dejointure DJs qui sera probablement très
couteux pour l'entreprise.
Conclusion
Le modèle relationnel est le modèle de données le plus répondu actuellement. Pratiquement
tous les SGBD l'implémentent et le respecte plus ou moins bien. Il doit sa puissance à sa
simplicité et à ses fondements mathématiques permettant des manipulations des données de
manière intuitive et très ecace.
La théorie de la normalisation permet de réduire les redondances des données et d'assurer une
certaine cohérence de la base. Elle dénit plusieurs niveaux de normalisation appelés formes
normales dont chacun exprime des contraintes sur les données permettant de réduire ainsi les
redondances des données.
Dans la pratique, la troisième forme normale est susante pour construire des BDD optimales
et normalisées.
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Bibliographie
[1] Georges Gardarin, Bases de données, Eyrolles, 2003.
[2] Laurent Audibert, Bases de données : de la modélisation au SQL, Ellipses, 2009 .
[3] Christian Soutou, Modélisation des bases de données 2015.
[4] https ://fr.wikipedia.org .
[5] Fouad DAHAK, Bases de données, ESI, Mars 2017.
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