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BKF 180388

Le document présente la Politique Nationale de Bonne Gouvernance (PNBG) du Burkina Faso pour la période 2005-2015, visant à renforcer la bonne gouvernance à travers des principes et orientations politiques claires. Il souligne l'importance de la participation des acteurs publics et privés dans l'élaboration de cette politique, ainsi que les mécanismes de suivi et d'évaluation nécessaires à sa mise en œuvre. La PNBG s'inscrit dans le cadre du Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté et répond aux engagements internationaux en matière de gouvernance et de développement durable.

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Le document présente la Politique Nationale de Bonne Gouvernance (PNBG) du Burkina Faso pour la période 2005-2015, visant à renforcer la bonne gouvernance à travers des principes et orientations politiques claires. Il souligne l'importance de la participation des acteurs publics et privés dans l'élaboration de cette politique, ainsi que les mécanismes de suivi et d'évaluation nécessaires à sa mise en œuvre. La PNBG s'inscrit dans le cadre du Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté et répond aux engagements internationaux en matière de gouvernance et de développement durable.

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MINISTERE DE LA FONCTION PUBLIQUE BURKINA FASO

ET DE LA REFORME DE L’ETAT ------


__________ Unité – Progrès- Justice

POLITIQUE NATIONALE
DE BONNE GOUVERNANCE
2005-2015
TABLE DES MATIERES

LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS…..……..……………………………….………...……………….. 2


AVANT-PROPOS…………………………………………………………………………………………………. 3
INTRODUCTION……………………………………………………………………………..…………… 5

1. ETAT DES LIEUX DE LA GOUVERNANCE…………………………….……………………………. 7


1.1. RESULTATS DE L’EVALUATION DU PNBG…………………………………….………………………….. 7

1.2. DEFIS, CONTRAINTES ET POTENTIALITES DE LA PNBG……………….……………….…………… 17

2. COMPOSANTES DE LA PNBG…………………………………………………………………………. 19
2.1. LES PRINCIPES ……………………………………………………………………………………………… 19
2.2. LES ORIENTATIONS POLITIQUES……………………………………………………………………….. 20
2.3. LES OBJECTIFS………………………………………………………………………………………………. 21

3. STRATEGIE DE LA PNBG…………………………………………………………………………. 22

3.1. ELEMENTS DE STRATEGIE DE GOUVERNANCE………………………………………………………. 22


3.2. STRATEGIE DE MISE EN ŒUVRE …. ……..………………………………….…………….................…. 33

4. ANALYSE DES RISQUES ………………………………………………………………………………….. 35

4.1. RISQUES LIES A LA STABILITE POLITIQUE ET INSTITUTIONNELLE ………………………………… 36

4.2. RISQUES LIES AU PARACHEVEMENT DE LA DECENTRALISATION ………………………………… 36

4.3. RISQUES LIES AUX CAPACITES DES ACTEURS ………………………………………………………. 36.

4.4. RISQUES LIES A LA STRATEGIE DE COMMUNICATION SUR LA PNBG ……………………………. 37

4.5. RISQUES LIES A LA MOBILISATION ET A L’UTILISATION EFFICACES DES RESSOURCES …… 37

4.6. RISQUES LIES A L’ENVIRONNEMENT REGIONAL ……………………………………………………. 37

5. MECANISMES DE COORDINATION ET DE SUIVI EVALUATION……………..………………… 37

5.1. MECANISMES DE COORDINATION………………………………………………………………………… 37

5.2. SYSTEME DE SUIVI ET D’EVALUATION…………………………………………………………………… 39

CADRE LOGIQUE……………………………………………………………………………………………… 40
LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS
ADP : Assemblée des Députés du Peuple
AGEDECOL : Agence d’Appui à la Gestion et au Développement des Collectivités Locales
AN : Assemblée Nationale
CCIA : Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Artisanat du Burkina Faso
CDMT : Cadre de Dépenses à Moyen Terme
CENI : Commission Electorale Nationale Indépendante
CES : Conseil Economique et Social
CFAA : Acronyme anglais de « Obligation de rendre compte de la gestion publique et privée »
CNBG : Coordination Nationale de la Bonne Gouvernance
CNC : Certificat National de Conformité
CNCC : Commission Nationale de la Concurrence et de la Consommation
CND : Commission Nationale de la Décentralisation
CNEL : Collège National des Economies Locales
CSI : Conseil Supérieur de l’Information
CSLP : Cadre Stratégique de Lutte Contre la Pauvreté
CT : Collectivité Territoriale
DCPM : Direction de la Communication et de la Presse Ministérielle
FCFA : Franc de la Communauté Financière Africaine
FODECOL : Fonds de Développement des Collectivités Locales
FODECOM : Fonds de Démarrage des Communes
HACLCC : Haute Autorité de Coordination de la Lutte Contre la Corruption
INSD : Institut National de la Statistique et de la Démographie
IST/SIDA : Infections Sexuellement Transmissibles/Syndrome d’Immunodéficience acquise
LPDRD : Lettre de Politique de Développement Rural Décentralisé
MAEP : Mécanisme Africain d’Evaluation Entre Pairs
MATD : Ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation
NEPAD : Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique
NSN : Note de Stratégie Nationale
OHADA : Organisation pour l’Harmonisation du Droit des Affaires en Afrique
OMD : Objectifs du Millénaire pour le Développement
ONAP : Observatoire National de la Presse
ONAPAD : Observatoire National de la Pauvreté et du Développement Humain Durable
ONEL : Observatoire National des Elections
ONG : Organisation Non Gouvernementale
OSC : Organisations de la Société Civile
PADEG : Programme d’Appui à la Consolidation du Processus Démocratique, l’Etat de Droit et la Bonne Gouvernance
PAMER Projet d’Appui à la Micro-Entreprise en milieu Rural
PANRJ : Plan d’Action National pour la Réforme de la Justice
PI : Programme d’Investissement
PM : Premier Ministère
PME/PMI : Petites et Moyennes Entreprises/Petites et Moyennes Industries
PNBG : Politique Nationale de Bonne Gouvernance
PNBG : Plan National de Bonne Gouvernance
PNDRD : Programme National de Développement Rural Décentralisé
PPTE : Initiative en faveur des Pays Pauvres Très Endettés
PRGB : Programme de Renforcement de la Gestion Budgétaire
PRGE Projet d’Appui au Renforcement de la Gouvernance Economique
PRPC Programme pour la Réduction de la Pauvreté en milieu Communal
RCD : Rapport sur la Coopération et le Développement
REN-LAC : Réseau National de Lutte Anti-Corruption
RONC Rapport sur l’Observation des Normes et Codes
SAGEDECOM : Service d’Appui à la Gestion et au Développement des Communes
SE/BG : Secrétariat Exécutif de la Bonne Gouvernance
SNBG : Stratégie Nationale de Bonne Gouvernance
TOD : Textes d’Orientation de la Décentralisation
UEMOA : Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine

2
AVANT - PROPOS

Le Gouvernement du Burkina Faso a fait œuvre de pionnier en adoptant en


octobre 1998, un plan national de bonne gouvernance pour la période 1998-2003. A
la lumière de l’évaluation dudit plan en mars 2003, le Gouvernement a réaffirmé sa
volonté de promouvoir les principes de bonne gouvernance au Burkina Faso à
travers l’élaboration d’une politique nationale de bonne gouvernance (PNBG).

L’option pour une politique nationale de bonne gouvernance à l’horizon 2015,


participe du souci du Gouvernement de disposer d’un document d’orientation
stratégique qui d’une part, clarifie l’axe 4 du Cadre Stratégique de Lutte contre la
Pauvreté (CSLP) consacré à la bonne gouvernance et d’autre part, précise les
actions envisagées au regard des engagements internationaux notamment ceux
relatifs aux Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) et au Mécanisme
Africain d’Evaluation par les Pairs (MAEP).

Les riches concertations et le dialogue franc qui ont caractérisé le processus


d’élaboration de la PNBG en font un document de consensus national. Cet exercice
a mis en évidence l’intérêt grandissant que les différents acteurs accordent à la
promotion de la bonne gouvernance comme condition indispensable à toute stratégie
de développement qui se veut habilitante, responsable et participative.

Le Gouvernement exprime sa reconnaissance à l’ensemble des acteurs


(représentants de l’administration publique, du secteur privé, des organisations de la
société civile et des partenaires techniques et financiers) pour leur constante
disponibilité. Il tient à relever le rôle déterminant du Programme des Nations Unies
pour le Développement (PNUD) à travers ses appuis multiformes tout au long de cet
exercice.

3
Bien évidemment, en tant que cadre d’orientation stratégique, la politique
nationale de bonne gouvernance sera opérationnalisée à travers des plans triennaux
successifs en parfaite cohérence avec le Programme d’Actions Prioritaires (PAP) de
mise en œuvre du CSLP.

Le succès de cette politique nationale est fonction de la mobilisation de tous


les acteurs. Le Gouvernement pour sa part, mettra tout en œuvre pour créer les
conditions de sa pleine réalisation. Aussi, se réjouit-il de la disponibilité renouvelée
des partenaires techniques et financiers à l’accompagner dans cet important
exercice d’instauration de la bonne gouvernance dans la perspective de la lutte
contre la pauvreté.

Le Ministre de la Fonction Publique


et de la Réforme de l’Etat

Lassané SAVADOGO

4
INTRODUCTION
1. La bonne gouvernance est généralement admise et comprise comme
l’exercice de l’autorité économique, politique et administrative en vue de gérer les
affaires d’un pays à tous les niveaux. Elle englobe les mécanismes, les processus et
les institutions par le biais desquels les citoyens expriment leurs intérêts, exercent
leurs droits juridiques, assument leurs obligations et auxquels ils s’adressent en vue
de régler leurs différends.

2. La nécessité de la pratique de la bonne gouvernance comme moyen d’une


meilleure gestion de la cité et des affaires publiques a été clairement exprimée par le
Chef de l’Etat lors du Sommet Mondial pour le développement social tenu à
Copenhague en mars 1995 en ces termes : « la bonne gouvernance doit être comprise
à la fois comme un moyen et un objectif de développement garantissant la participation
populaire, la stabilité politique, le développement institutionnel et le respect des droits de
l’homme ».

3. Cette pratique de la bonne gouvernance est indispensable à la consolidation de


l’Etat de droit et au raffermissement de la démocratie au Burkina Faso. A cet effet,
l’adoption en octobre 1998 d’un plan national de bonne gouvernance par le
gouvernement burkinabè, a fait du Burkina Faso un pays pionnier en Afrique de
l’Ouest.

4. L’expérience enrichissante de la mise en œuvre du plan national de bonne


gouvernance et la nécessité de disposer d’un véritable cadre d’orientation en la
matière, ont conduit les autorités burkinabè à élaborer une Politique Nationale de
Bonne Gouvernance (PNBG). La nécessité de cette stratégie a été mise en évidence
lors de l’évaluation externe du plan national de bonne gouvernance qui arrivait à son
terme en 2003 : des événements majeurs tant au niveau national qu’international
sont intervenus dans l’environnement politique, économique et social du Burkina
Faso.

On peut notamment relever, au plan international, la Déclaration du Millénaire,


la réforme globale de l’aide, le NEPAD et sa Déclaration sur la Gouvernance
Démocratique, Politique et des Entreprises, et le Mécanisme Africain d’Evaluation
par les Pairs (MAEP) ; au plan national, l’adoption en 2000 du Cadre Stratégique de
Lutte contre la Pauvreté (CSLP) qui a fait l’objet d’une révision en 2003.

Avec cette option, le gouvernement entend consolider les mécanismes,


principes et pratiques de bonne gouvernance afin d’enraciner davantage l’esprit de
service public au sein de l’administration et de créer les conditions permettant
d’améliorer substantiellement les performances dans tous les domaines de gestion
de la cité.

5
Les axes prioritaires en matière de bonne gouvernance s’articulent autour de
quatre (4) pôles :

(i) la gouvernance politique y compris la sécurité publique et la promotion


des droits humains ; (ii) la gouvernance administrative ; (iii) la gouvernance
économique ; (iv) la gouvernance locale.

5. La politique nationale de bonne gouvernance (PNBG) est un instrument


d’opérationnalisation du CSLP, en ce sens qu’elle en précise davantage l’axe 4 et les
éléments de mise en oeuvre. Elle sera assortie d’un programme d’actions triennal
en cohérence avec le Programme d’Actions Prioritaires (PAP) de mise en œuvre du
CSLP. Le suivi de la mise en œuvre de la PNBG et du programme d’actions se fera
par l’entremise de la commission chargée de la bonne gouvernance, des réformes
institutionnelles et de la décentralisation.

6. Par ailleurs, cette PNBG se veut être un document de politique en parfaite


adéquation avec le Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs. Ce mécanisme
favorise l’adoption des politiques, des normes et des pratiques qui permettent
d’assurer la stabilité politique, une croissance économique soutenue, le
développement durable. Il cherche également à encourager l’intégration économique
sous-régionale et continentale accélérée à travers l’échange d’expériences et le
renforcement de meilleures pratiques, y compris l’identification des faiblesses et
l’évaluation des besoins de renforcement des capacités.

7. Le processus d’élaboration de la PNBG s’est appuyé sur une démarche


participative mettant à contribution d’une part, le comité technique de suivi composé
des représentants des administrations publiques, du secteur privé, de la société
civile et des partenaires techniques et financiers et d’autre part, un public cible plus
large à travers des ateliers nationaux.

8. Le présent document est la résultante des arbitrages opérés tout au long de


ce processus participatif. Il confirme la volonté des différents acteurs de poursuivre et
d’accélérer l’amélioration de la gouvernance au Burkina Faso.

9. La politique nationale de bonne gouvernance vient renforcer les instruments de


conquête du développement et de consolidation du processus démocratique. Les
pouvoirs publics mettront tout en œuvre pour assumer leurs responsabilités, de
concert avec les autres acteurs dont le rôle sera décisif pour la réalisation des
meilleures pratiques en matière de bonne gouvernance.

10. Le document portant Politique Nationale de Bonne Gouvernance (PNBG)


couvre la période 2005 – 2015 et est organisé en cinq points : Etat des lieux de la
gouvernance (1), Composantes de la PNBG (2), Stratégie de la PNBG (3), Analyse
des risques (4), Mécanismes de coordination et de suivi-évaluation (5).

6
1. ETAT DES LIEUX DE LA GOUVERNANCE
1.1. RESULTATS DE L’EVALUATION DU PLAN NATIONAL
DE BONNE GOUVERNANCE

11. En octobre 1998, le gouvernement a adopté le plan national de bonne


gouvernance dont la mise en œuvre a été contrariée par la crise socio - politique,
qu’a connue le pays en 1998- 1999 et par les difficultés liées à la mobilisation et à la
maîtrise du financement. Si cette crise a manifestement ouvert des opportunités pour
des réformes en matière de gouvernance démocratique, les activités liées à sa
gestion ont mobilisé les efforts des différents acteurs internes de la gouvernance. Sa
résorption n’est réellement intervenue qu’après certaines initiatives ou réformes
institutionnelles et politiques telles que :

- l’institution d’une commission d’enquête indépendante ;


- l’institution d’un collège des sages (ad hoc) ;
- l’institution d’une journée de souvenir et de promotion des droits humains et
de la démocratie commémorée le 30 mars de chaque année ;
- la révision de la constitution ;
- l’adoption d’un nouveau code électoral ;
- la mise en place d’un gouvernement de sortie de crise ;
- l’organisation des élections municipales en septembre 2000 ;
- l’organisation des élections législatives en mai 2002 marquées par l’entrée
de treize (13) partis politiques à l’Assemblée Nationale.

L’évaluation du plan national de bonne gouvernance réalisée en mars 2003,


est enrichie par des évènements majeurs intervenus depuis lors dans
l’environnement socio- politique du Burkina Faso.

1.1.1. Gouvernance démocratique

1.1.1.1 - Le pouvoir exécutif

12. Depuis les réformes induites par les Assises Nationales sur le rôle et les
missions de l’Etat tenues en décembre 1997, des améliorations ont été introduites au
niveau de l’action gouvernementale :

- en application de la loi n° 10/98/AN du 21 avril 1998 portant modalités


d’intervention et répartition de compétences entre l’Etat et les autres acteurs
du développement, le gouvernement a adopté le décret n° 2002-
255/PRES/PM du 18 juillet 2002 portant attributions des membres du
gouvernement, limitant ainsi les conflits de compétences ;

- en outre, la création, par décret n°2002-205/PRES/PM du 10 juin 2002, du


Ministère de la Promotion des Droits Humains, confirme la volonté du
gouvernement de placer cette question au centre de ses priorités ;

7
- par ailleurs, en 2000, les besoins de sécurité publique se sont faits pressants
et se sont posés à l’Etat et aux populations à la suite d’actes répétés de
criminalité violente risquant d’annihiler les efforts de développement
entrepris. Bien que n’ayant pas été prise en compte dans les objectifs
globaux du plan national de bonne gouvernance, la lutte contre l’insécurité
a constitué l’une des préoccupations majeures du gouvernement qui a
adopté des mesures concrètes afin d’y faire face. C’est dans ce cadre qu’a
été adoptée la loi n°032-2003/ AN du 14 mai 2003, relative à la sécurité
intérieure.

1.1.1.2 - Le pouvoir législatif

13. Le pouvoir législatif a progressivement renforcé ses capacités d’intervention.


Les processus électoraux se sont nettement améliorés. Ainsi, à la faveur de la
révision constitutionnelle de 2000, le Président du Faso est élu pour un mandat de
cinq ans renouvelable une fois, en lieu et place du septennat. De même, le nouveau
Code électoral adopté le 03 Juillet 2001 modifié par la loi n°013-2004/AN du 27 avril
2004 consacre l’adoption du bulletin unique et de la représentation proportionnelle
avec répartition complémentaire au plus fort reste (en lieu et place de la plus forte
moyenne). Il formalise la prestation de serment des membres de la Commission
électorale et de ses démembrements et consacre une volonté de plus grande
rationalisation dans l’organisation et le fonctionnement de ces différentes structures.

14. Ces réformes ont eu comme principal résultat, la résolution du problème de la


marginalisation de l’opposition parlementaire. Il s’en est suivi une percée
remarquable de l’opposition au cours des élections législatives du 5 mai 2002. A
l’issue du scrutin, l’Assemblée Nationale comptait treize (13) partis politiques contre
quatre (4) au cours de la précédente législature.

Par ailleurs, le statut de l’opposition a été consacré par la loi n°007-2000/AN


du 25 avril 2000.

En outre, une charte des partis et formations politiques a été adoptée par la loi
n° 032-2001/AN du 29 novembre 2001 et la loi n° 12-2000/AN du 02 mai 2000, fixe
les conditions du financement public des activités des partis et des campagnes
électorales.

15. Ces différentes réformes ont permis une régulation du fonctionnement du


pouvoir législatif. Toutefois, des améliorations restent encore nécessaires,
notamment en matière de renforcement du contrôle de l’action gouvernementale.

1.1.1.3 - Le pouvoir judiciaire

16. La préoccupation essentielle était de rendre effective l’indépendance du


pouvoir judiciaire afin de lui permettre d’assurer sa mission fondamentale de faire
respecter la loi. Afin de rendre cette indépendance effective, il est prévu une série
d’actions parmi lesquelles on peut citer : la relecture des textes législatifs en matière
d’organisation judiciaire, le renforcement des juridictions en équipements et en
matériels, le recrutement de nouveaux magistrats, le renforcement de la couverture
judiciaire nationale, la création des centres de documentation.

8
17. Il importe de relever que depuis le forum national sur la justice organisé en
octobre 1998, des mesures et actions encore plus profondes ont été programmées,
dans le Plan d’Action National pour la Réforme de la Justice au Burkina (PANRJ)
pour la période 2002-2006. Ce plan d’action, adopté par le gouvernement en avril
2000, a fait l’objet d’une table ronde des partenaires techniques et financiers. Il a
pour objet de contribuer à renforcer les institutions et l’efficacité de la justice et
d’élargir son accès. Il convient de relever que toutes les actions programmées n’ont
pas pu être réalisées à échéance prévue.

18. Par ailleurs, pour plus d’opérationnalité, l’ancienne Cour Suprême a été
éclatée en quatre juridictions supérieures qui sont : le Conseil Constitutionnel, la
Cour de Cassation, le Conseil d’Etat et la Cour des Comptes. Cette réorganisation,
qui achève la séparation institutionnelle des ordres administratif et judiciaire, rend
nécessaire la création d’un tribunal des conflits, afin d’éviter les dénis de justice
résultant des éventuels conflits de compétence. Sur un autre plan, il convient de
mentionner la mise en place de la Haute Cour de Justice, compétente pour
connaître des actes commis par le Président du Faso dans l’exercice de ses
fonctions et constitutifs de haute trahison, d’atteinte à la Constitution ou de
détournement de deniers publics, et pour juger les membres du gouvernement en
raison de faits qualifiés de crimes ou délits commis dans l’exercice ou à l’occasion de
l’exercice de leurs fonctions.

19. Il convient de signaler également la création du tribunal pour enfants qui est
compétent pour connaître des infractions commises par les mineurs de moins de 18
ans. De même, le Conseil Supérieur de la Magistrature a été réorganisé (loi
organique n° 035-2001/AN du 12 décembre 2001) et de nouvelles juridictions ont
été créées à Tougan, Banfora, Ziniaré, Boromo, Manga, Kongoussi, Diapaga, Yako,
Léo et Bogandé pour contribuer au rapprochement de la justice des justiciables.
Enfin, les statuts des professions de magistrat et d’avocat ont été révisés.

1.1.1.4 - Les autres institutions et organes de l’Etat


Le Conseil Economique et Social
20. Le Conseil Economique et Social (CES) a fait l’objet d’une restructuration qui
s’est traduite par sa constitutionnalisation et par la prise de textes importants
régissant ses missions et son fonctionnement et consacrant une représentation plus
large de la Société Civile au sein de l’institution.
Le Conseil Supérieur de la Communication
21. L’adoption de la loi organique N° 20-2000/AN du 28 juin 2000, a renforcé
l’ancrage institutionnel du Conseil Supérieur de l’Information (CSI) dans sa
contribution à l’enracinement de la culture démocratique au Burkina Faso.
Cependant, les textes d’application de cette loi ne sont pas à ce jour adoptés.
L’adoption effective de ces textes d’application lui permettrait de mieux remplir ses
missions.
Le Médiateur du Faso
22. Aux termes de la loi organique n°22-94/ADP du 17 mai 1994, il s’agit d’un
organe intercesseur gracieux entre l’administration publique et les administrés, qui
«reçoit les réclamations relatives au fonctionnement des administrations de l’Etat,

9
des collectivités territoriales et des établissements parapublics ». Le Médiateur s’est
illustré dans la résolution de nombreux conflits et litiges grâce à son pouvoir d’auto-
saisine ou suite aux recours des administrés.
La Commission Electorale Nationale Indépendante
23. La création d’une Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), en
tant qu’organe permanent, a constitué une innovation majeure. Composée de quinze
membres (cinq membres de la société civile, cinq membres des partis politiques
d’opposition et cinq membres des partis de la mouvance présidentielle), elle est
présidée par un représentant de la société civile.

24. La CENI est chargée de l’organisation et de la supervision des opérations


électorales et référendaires, mais aussi de la constitution, de la gestion et de la
conservation du fichier électoral. Elle est donc seule compétente pour établir et gérer
les listes électorales. En effet, le Ministère chargé de l’Administration du Territoire,qui
gérait cette phase cruciale du processus électoral, n’intervient plus qu’en appui et à
la demande de la CENI selon les dispositions de la loi 13 – 2004/ AN du 27 avril
2004 portant modification du code électoral.

Vu son importance dans l’organisation et la conduite du processus électoral, il


apparaît indispensable de renforcer l’indépendance de la CENI en lui permettant de
disposer à temps des ressources financières nécessaires pour l’organisation
effective des élections aux échéances prévues.
La Haute Autorité de Coordination de la Lutte Contre la Corruption
25. Créée par décret n°2001-773/PRES/PM/MEF du 31 décembre 2001, la Haute
Autorité de Coordination de la Lutte contre la Corruption est une structure chargée :
- de coordonner la lutte contre la corruption ;
- d’assister le gouvernement dans la prévention, la détection et la lutte contre
les pratiques de délinquance financière et de corruption au sein de
l’administration ;
- d’étudier et exploiter les rapports de contrôle et d’inspection de l’Inspection
Générale d’Etat (IGE) et des inspections ministérielles ;
- de faire diligenter toute enquête par les organes de contrôle compétents.

Le Comité National d’Ethique


26. Créé par décret N° 2001-278/PRES/PM du 08 Juin 2001 et installé
officiellement le 14 Mars 2002, le Comité National d’Ethique révèle la volonté du
gouvernement burkinabè de prendre en compte l’éthique dans la gestion de la chose
publique. Véritable observatoire de la société burkinabè, il est chargé d’une manière
générale de veiller à la sauvegarde des valeurs laïques et républicaines, aux plans
moral et culturel.

L’Inspection Générale d’Etat


27. L’Inspection Générale d’Etat (IGE) est l’organe supérieur de contrôle
administratif au Burkina Faso. A ce titre, elle veille au fonctionnement régulier des
services publics, en dénonce les dysfonctionnements et propose le cas échéant, des
mesures de redressement. Son impact en terme de moralisation de la vie publique
demeure peu visible, d’autant plus que tous ses rapports sont frappés du sceau de
la confidentialité.

10
1.1.1.5 - La société politique

La vie politique est animée par plusieurs partis politiques d’obédiences diverses.
Ces partis qui ont vu le jour à la faveur du processus de démocratisation intervenu
en 1991, jouent un rôle important dans le dispositif institutionnel de gouvernance
nationale.

28. Bien que non visés expressément dans le plan national de bonne gouvernance
de 1998, les partis politiques jouent un rôle essentiel dans la gouvernance
démocratique. La Constitution, en son article 13, leur assigne un rôle d’animation de
la vie politique, d’expression du suffrage, d’information et d’éducation des citoyens.
Dans les faits, les partis politiques concourent quotidiennement à l’animation de la
vie politique nationale. Ils participent directement au fonctionnement des institutions
politiques républicaines et aux opérations électorales. Ils constituent de ce fait des
cadres organisationnels de sélection du personnel politique. Leur existence et leur
nombre déterminent l’orientation politique du pays et la nature de son régime
politique.

Cependant, le nombre élevé de ces partis politiques pose le problème de


leur viabilité et de leur efficacité.

1.1.1.6 - La société civile

29. Dans le cadre de la mise en œuvre du plan national de bonne gouvernance,


une étude sur le renforcement des capacités des Organisations de la Société Civile
(OSC) a fait l’objet d’un atelier de validation organisé en novembre 2001. A l’issue de
cet atelier, un document cadre de référence pour le renforcement des capacités des
Organisations de la Société Civile a été adopté en janvier 2002.

30. La société civile y est définie comme « toute forme d’organisation en dehors de
la famille et de l’Etat, ou toute forme d’organisation entre la sphère domestique et la
sphère publique ».

31. Les organisations de la société civile sont structurées en 11 composantes : les


mouvements de jeunesse, les personnes dites marginalisées, les organisations
paysannes, la presse privée, les organisations féminines, les organisations de
défense des droits humains et des mouvements à revendications spécifiques, les
organisations syndicales, les organisations religieuses, les instituts de recherche et
de formation, les Organisations Non Gouvernementales (ONG) et associations de
développement, les organisations à caractère artistique et culturel.

32. Des organisations faîtières, telles que le Secrétariat Permanent des ONG
(SPONG) et la Cellule Nationale de Renforcement des Capacités des Organisations
de la Société Civile regroupent un certain nombre d’associations et d’ONG. De
nombreux réseaux permettent de capitaliser les actions d’éveil, d’alerte et de soutien
à la production des associations et ONG.

33. D’autres organisations ont également vu le jour. Il s’agit du Réseau National


de Lutte Anti - Corruption (REN-LAC), créé en 1997 par un regroupement d’une

11
trentaine d’associations, de l’Observatoire National de la Presse (ONAP) créé en l’an
2000 sur l’initiative des journalistes et du Centre pour la Gouvernance Démocratique
(CGD).

34. En dépit de leur dynamisme et de leur pluralité, les Organisations de la Société


Civile demeurent confrontées à plusieurs contraintes. En effet, elles sont parfois
suspectées d’inféodation à des partis politiques. Il leur est également reproché
certaines pratiques de mauvaise gouvernance (opacité et non imputabilité dans la
gestion, détournements de biens sociaux et non respect des statuts et règlements
intérieurs adoptés, etc.). En outre, la plupart des OSC sont régulièrement
confrontées à des difficultés de financement de leurs activités.

1.1.2. La gouvernance administrative

35. L’administration est l’instrument par lequel l’Etat met en oeuvre les politiques
de développement économique, social et culturel. Elle devrait servir de trait d’union
et d’interface entre l’Etat et les autres acteurs.

36. A cet effet, la loi n° 10/98/AN du 21 avril 1998 portant modalités d’intervention
de l’Etat et répartition de compétences entre l’Etat et les autres acteurs du
développement a été adoptée et promulguée. D’autres textes participant du
recentrage du rôle de l’Etat et de la clarification de ses missions ont également été
adoptés. Il s’agit de la loi n° 13/98/AN du 28 avril 1998 portant régime juridique
applicable aux emplois et aux agents de la fonction publique, de celle n° 20/98/AN du
5 mai 1998 portant normes de création, d’organisation et de gestion des structures
de l’Etat.

37. L’utilisation des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication


(NTIC) participe du renforcement de la gouvernance administrative. Elle s’est traduite
par :

- la conception et la mise en œuvre de diverses applications tels le Système Intégré


de Gestion Administrative et Salariale du Personnel de l’Etat (SIGASPE), le
Système Douanier Automatisé (SYDONIA), le Circuit Intégré de la Dépense (CID),
etc.

- la création de sites Web du gouvernement et des ministères et la formation des


Directeurs de la Communication et de la Presse Ministérielle (DCPM) à l’animation
de ces sites, pour une meilleure visibilité des actions gouvernementales ;

- L’institution d’une semaine nationale de l’Internet et des NTIC ;

- l’adoption du plan de développement de l’infrastructure nationale de l’information et


de la communication.

38. Malgré ces acquis importants, la Réforme Globale de l’Administration Publique


(RGAP) connaît des retards de mise en œuvre et l’administration burkinabé continue
de souffrir d’un manque d’efficacité, particulièrement en ce qui concerne son
accessibilité, ses performances, la qualité du service et la satisfaction des besoins
des usagers.

12
1.1.3. La gouvernance économique

39. Il est reconnu à l’Etat la responsabilité d’organiser et d’impulser le


développement, de créer un environnement macro-économique et sectoriel incitatif
pour le secteur privé, principal moteur de la production. En matière de gouvernance
économique, le Burkina Faso a effectué de bonnes avancées dans les domaines du
pilotage et de l’animation du développement, de la gestion opérationnelle et courante
de l’économie et de la promotion du secteur privé.

1.1.3.1 - Le pilotage stratégique et l’animation du développement

40. L’étude nationale prospective « Burkina 2025 » est en chantier depuis 1999 et
a connu des avancées significatives au cours de la mise en œuvre du plan national
de bonne gouvernance, avec des résultats importants parmi lesquels les études
rétrospectives, l’enquête sur les aspirations nationales et la prise en compte de la
dimension spatiale. Ces études ont permis de faire des diagnostics sur les tendances
lourdes (constituant un frein au développement), les forces et les faiblesses et de
dégager des perspectives en mettant en lumière les opportunités, les menaces et les
germes de changement.

Par ailleurs, le gouvernement a engagé le processus d’élaboration d’un


Schéma National d’Aménagement du Territoire (SNAT) afin de compléter le dispositif
national de pilotage stratégique. Dans cette perspective, il a procédé à l’adoption en
2003 du Schéma Régional d’Aménagement du Territoire (SRAT) du Sahel et du
Schéma Provincial d’Aménagement du Territoire (SPAT) du Zoundwéogo.

1.1.3.2 - La gestion opérationnelle et courante de l’économie

1.1.3.2.1 Gestion opérationnelle de l’économie

41. Les efforts du Gouvernement se sont poursuivis afin de créer les conditions de
la mise en œuvre effective et progressive de l’approche-programme. L’adoption en
2000 du Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP) comme principal
cadre de référence et de cohérence des politiques sectorielles, favorise la synergie
d’actions en vue de réaliser non seulement les objectifs nationaux de développement
mais aussi ceux du Nouveau Partenariat pour le Développement (NEPAD) et du
Millénaire.

42. Dans cette dynamique, des stratégies sectorielles ont été adoptées : la politique
sanitaire nationale en 2000 et son programme national de développement en 2001,
la stratégie multisectorielle de lutte contre le VIH/SIDA et les IST en 2001, le Plan
Décennal de Développement de l’Enseignement de Base (PDDEB) en 2002, la
Stratégie de Développement Rural (SDR) en 2003, la Lettre de Politique de
Développement Rural Décentralisé (LPDR) en 2002, le Plan de Renforcement de la
Gestion Budgétaire (PRGB) en 2002.

43. L’adoption par le Gouvernement en 2004 d’un programme d’actions prioritaires


de mise en œuvre du CSLP pour la période 2004-2006 complète la famille des

13
instruments mis au point pour la gestion opérationnelle du développement. Le
programme met en cohérence les actions mises en œuvre au niveau sectoriel et
rend ainsi plus visibles les actions publiques en matière de lutte contre la pauvreté.

1.1.3.2.2 - Gestion courante de l’économie

44. L’amélioration de la gestion courante de l’économie s’appuie d’une part, sur la


révision des systèmes et processus budgétaires et comptables dans un souci de plus
grande transparence et de l’obligation de rendre compte et, d’autre part, sur le
renforcement de la concertation avec les Partenaires Techniques et Financiers pour
une meilleure gestion de l’aide financière internationale.

45. Dans le domaine des systèmes et processus budgétaires, l’application des


principes de rigueur, de rationalité et de transparence dans la gestion des finances
publiques a conduit à la mise en place des instruments et mécanismes suivants qui
commencent à porter fruit : l’approche budget-programme, le Cadre de Dépenses à
Moyen Terme (CDMT), l’appui ou l’aide budgétaire, les Programmes de
Renforcement de la Gestion Budgétaire (PRGB), le CFAA (acronyme anglais pour
« obligation de rendre compte de la gestion publique et privée »), le Rapport sur
l’Observatoire des Normes et Codes (RONC), la gestion des marchés publics et la
lutte contre la corruption.

1.1.3.2.3 - Place et rôle du contrôle et de la surveillance

46. La création et la mise en place de nombreuses institutions et structures de


contrôle et de surveillance témoignent d’une volonté politique affirmée des autorités
de lutter contre la corruption et les crimes économiques. Leurs rôles et leurs actions
dans la mise en œuvre d’une bonne gouvernance économique sont essentiels.

47. La lutte contre les crimes économiques ne peut être effective sans le
renforcement des capacités opérationnelles des différentes institutions et structures
que sont :

- la Cour des Comptes (CC) ;


- l’Inspection Générale d’Etat (IGE) ;
- la Commission Nationale de Lutte contre la Fraude (CNLF).
- la Haute Autorité de Coordination de la Lutte Contre la Corruption
(HACLCC) ;
- le Comité National d’Ethique (CNE) ;
- la Commission Nationale de Concurrence et de Consommation (CNCC) ;
- l’Inspection Technique des Services (ITS) ;
- l’Inspection Générale des Finances (IGF).

1.1. 3. 2.4 - Promotion du secteur privé

48. La promotion du secteur privé est une condition indispensable à l’accélération


de la croissance économique et à l’insertion de l’économie nationale aux niveaux
régional et mondial. C’est dans cette perspective qu’au cours de ces dernières
années les différentes actions ont porté sur la dynamisation des cadres de
concertation, la poursuite des efforts d’assainissement du cadre macro-économique,

14
le renforcement des capacités techniques et professionnelles des opérateurs
économiques, et une campagne de sensibilisation sur les différentes potentialités
qu’offrent les directives et règlements de l’Union Economique et Monétaire Ouest
Africaine (UEMOA). Une lettre de politique de développement du secteur privé a
également été adoptée en fin 2002 de même qu’un Plan de Développement pour la
Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Artisanat pour la période 2003-2007. Les
projets tels que la Maison de l’Entreprise du Burkina Faso, le Projet d’Appui à la
Compétitivité et au Développement de l’Entreprise ainsi que le Centre de Formalités
des Entreprises, ont vu le jour.

49. La concertation entre les opérateurs économiques et le gouvernement a


connu une dynamisation effective, sous l’impulsion du Premier Ministre. Ce dialogue
entre l’Etat et le secteur privé est désormais institutionnalisé sur une base annuelle.
Ainsi, lors de la troisième rencontre gouvernement –secteur privé tenue à Bobo
Dioulasso le 18 juillet 2003, il a été convenu d’élaborer un contrat d’objectif, dans le
cadre du renforcement du partenariat secteur public et privé.

50. Ce contrat d’objectif vise à :


- accroître la productivité et la valeur ajoutée dans tous les secteurs
d’activités ;
- créer des emplois et améliorer le niveau de revenus des populations ;
- accroître et développer les exportations ;
- assainir l’environnement global des affaires.

51. L’élaboration du CSLP a pris en compte les préoccupations du secteur privé ;


celui-ci a par ailleurs pris une part active à l’évaluation et à la relecture du premier
document du CSLP.
52. Les efforts d’assainissement du cadre macro-économique se sont poursuivis,
ce qui a permis au Burkina Faso d’atteindre le point d’achèvement du mécanisme
PPTE (initiative en faveur des Pays Pauvres Très Endettés). L’environnement
juridique et institutionnel s’est continuellement amélioré, notamment par l’adoption
des textes de l’Organisation pour l’Harmonisation du Droit des Affaires en Afrique
(OHADA), la révision des textes régissant la Commission Nationale de la
Concurrence et de la Consommation (CNCC), l’adoption des textes d’application du
code de l’environnement, à savoir les décrets n°2001-185/PRES/PM/MEE
du 07 mai 2001 portant fixation des normes des rejets polluants dans l’air, l’eau et le
sol et n° 2001-342/PRES/PM/MEE portant champ d’application, contenu et
procédure de l’étude et de la note d’impact sur l’environnement ; la création de la
Haute Autorité de Coordination de la Lutte contre la Corruption (Décembre 2001), du
Comité National d’Ethique, de Faso normes, du centre d’arbitrage, de conciliation et
médiation pour les travailleurs ; la réduction des délais de délivrance du Certificat
National de Conformité (CNC) ; le renforcement des structures d’encadrement.

53. Relativement à la libéralisation des marchés, des actions sont en cours,


notamment pour supprimer les monopoles dans les secteurs productifs et
concurrentiels. En outre, les privatisations se poursuivent. Un chronogramme de
mise en œuvre du nouveau programme de désengagement de l’Etat autorisé par la
loi n° 015/2001/AN du 04 juillet 2001 a déjà été adopté.

15
54. Il convient également de noter les effets positifs de la réduction des coûts de
certains facteurs de production tel que le téléphone, la transparence et l’équité dans
le domaine des achats publics, la rationalisation des investissements, la
maintenance des équipements, la réduction des coûts des services sociaux, l’équité
dans la fixation des prix au producteur, ou l’attrait que peut exercer sur des
investisseurs nationaux et étrangers un environnement national incitatif.

55. A cet effet, un certain nombre de mesures sont prises en vue de maîtriser les
coûts des facteurs de production, notamment dans le domaine de l’énergie
électrique et des télécommunications.

56. Le secteur privé reste préoccupé par le phénomène de la corruption et de la


fraude qui fragilise le tissu économique. Par ailleurs, l’effort fiscal est mal réparti et
principalement supporté par le secteur privé structuré. Pour faire face à ces
insuffisances, le Gouvernement a entrepris des mesures pour assouplir la pression
fiscale. Ce sont entre autres :

- la révision du Code Général des Impôts ;


- l’étude d’une fiscalité adaptée pour le secteur des transports ;
- la révision de la base de calcul des droits d’enregistrement des marchés
publics (loi de finances 2004) ;
- la dynamisation de la Commission Nationale de la Fiscalité ;
- l’élargissement de l’assiette fiscale (loi de finances 2004).

1.1.4. Gouvernance locale

57. L’événement majeur reste l’adoption, dès 1998, de quatre lois connues sous
le nom de Textes d’Orientation de la Décentralisation (TOD), portant respectivement
orientation de la décentralisation (n° 040/98/AN du 3 août 1998), organisation de
l’administration du territoire (n°041/98/AN du 6 août 1998), organisation et
fonctionnement des collectivités locales (n° 042/98/AN du 6 août 1998) et
programmation de la mise en œuvre de la Décentralisation (n° 043/98/AN du 6 août
1998). Ces quatre lois ont insufflé une dynamique particulière au processus de la
décentralisation au Burkina Faso. Elles ont été modifiées par la loi n°13/2001/AN du
02 juillet 2001 (qui a introduit la région comme un troisième niveau de
décentralisation) et celle du 06 août 2003 (qui ramène les niveaux de la
décentralisation à deux par la suppression de la province en tant que collectivité
territoriale). Ainsi, les deux niveaux retenus de décentralisation sont la commune et
la région.

58. Dans le cadre de l’approfondissement du processus de décentralisation et de


l’expérience de la mise en œuvre des lois citées plus haut, le gouvernement a
procédé à la relecture des textes sur la décentralisation et soumis à l’Assemblée
Nationale un projet de loi portant Code Général des collectivités territoriales au
Burkina Faso. Ce nouveau texte législatif, adopté par le parlement en décembre
2004 et qui est une refonte des textes sur la décentralisation, consacre, en
conformité avec la Constitution, le concept de « collectivité territoriale » et devrait
contribuer à accélérer la communalisation intégrale du territoire national.

16
En effet, la décentralisation engagée depuis 1995 ne concerne à ce jour que
quarante neuf (49) centres urbains couvrant environ 16,5 % de l’espace national et
concernant environ 18% de la population nationale. La refonte des lois permet
d’obtenir un cadre unique de référence en matière de décentralisation ; elle permet
de définir des communes rurales à espaces et compétences en cohérence avec la
spécificité du monde rural ; enfin, elle va permettre d’harmoniser les dispositions de
la réorganisation agraire et foncière avec les textes de la décentralisation afin
d’assurer une meilleure sécurisation foncière sur l’ensemble du territoire national.

59. Divers instruments d’appui aux collectivités locales ont été institués parmi
lesquels on peut citer, l’Agence d’Appui à la Gestion et au Développement des
Collectivités Locales (AGEDECOL), le Fonds de Développement des Collectivités
Locales (FODECOL).

Pour responsabiliser davantage les communautés à la base, le Gouvernement


a adopté en décembre 2002, une Lettre de Politique de Développement Rural
Décentralisé (LPDRD). Celle-ci réaffirme notamment la responsabilisation totale et
entière des collectivités de base, le recentrage du rôle de l’Etat avec pour corollaire
une plus grande implication des opérateurs privés et de la société civile ainsi que les
principes de cofinancement (couplage des subventions extérieures et des
contributions locales), de développement concerté et de flexibilité. Par ailleurs, il
existe un guide de planification locale qui va servir de référentiel commun à tous les
acteurs.

60. Afin d’accompagner plus conséquemment le processus de décentralisation, le


gouvernement a complété le dispositif institutionnel avec la nomination des
Gouverneurs des 13 régions du pays en juillet 2004 et leur installation effective en
décembre 2004. Aux termes du décret n° 2005-045/PRES/PM/MATD du 03 février
2005, les Gouverneurs sont chargés de coordonner l’action des services de l’Etat au
niveau de la région, de mettre en œuvre et gérer les actions de développement
régional. Ledit décret a prévu et organisé, outre les attributions du Gouverneur de
Région, celles du Haut-Commissaire de Province et du Préfet de Département. Il
constitue un cadre juridique sécurisant pour l’action de ces différentes autorités
locales.

61. Cependant, il existe des insuffisances et des obstacles à la mise en œuvre de la


décentralisation, notamment les coûts élevés de la décentralisation, l’insuffisance
des moyens humains et financiers mis à la disposition des collectivités territoriales,
une sensibilisation limitée des populations et cadres locaux sur la problématique de
la décentralisation, l’instabilité des conseils municipaux et la non effectivité des
transferts de compétences et des ressources.

1.2. DEFIS, CONTRAINTES ET POTENTIALITES DE LA PNBG

1.2.1. Les défis


62. Le Burkina Faso met un point d’honneur à préserver la stabilité politique et la
paix. D’importants efforts sont en cours pour assainir davantage la gestion des

17
affaires publiques. Les défis à relever qui constituent en même temps des
opportunités de renforcement de la bonne gouvernance sont :
- la consolidation de l’Etat de droit démocratique et républicain pour préserver
la paix, la stabilité, la sécurité et la cohésion sociale, dans un contexte de
gouvernance participative ;
- la recherche d’une plus grande efficacité des institutions et administrations
de l’Etat, afin d’améliorer leur impact et leur efficience dans la promotion du
développement durable et de réussir la lutte contre la pauvreté ;
- L’amélioration de l’efficacité, de l’impartialité, de l’accessibilité et de la
crédibilité de la justice ;
- la promotion du genre et la responsabilisation des femmes dans les secteurs
de l’activité nationale ;
- la réduction de la pauvreté ;
- le renforcement des capacités nationales en matière de gouvernance
démocratique, économique, judiciaire et locale ;
- l’accroissement du capital humain et par conséquent de la productivité du
travail ;
- la protection des droits humains, la préservation de l’environnement et du
cadre de vie ;
- l’accroissement des infrastructures économiques ;
- l’ouverture de l’économie sur l’extérieur ;
- la prise en compte des engagements régionaux et internationaux souscrits
par le Burkina Faso dans la politique de bonne gouvernance.

63. La mise en œuvre des mesures d’évaluation dans le cadre du Mécanisme


Africain d’Evaluation par les Pairs (MAEP). Il est à rappeler que ce mécanisme a
pour but essentiel de favoriser l’adoption des politiques et des normes qui visent la
stabilité politique, la croissance économique accrue, le développement durable et
l’intégration économique sous-régionale et continentale accélérée, à travers
l’échange d’expériences et le renforcement des meilleures pratiques, y compris
l’identification des faiblesses et l’évaluation des besoins de renforcement des
capacités. C’est un instrument de surveillance et d’auto- évaluation auquel les pays
de l’Union Africaine adhèrent sur une base volontaire.

64. Une attention particulière devrait être accordée à l’introduction des Nouvelles
Technologies de l’Information et de la Communication qui sont de précieux facteurs
pour le renforcement des capacités de l’environnement institutionnel et des acteurs
de la gouvernance.

65. La nécessité et l’urgence qu’il y a à relever ces défis, constituent des facteurs
déterminants dans les orientations et les objectifs de la Politique Nationale de Bonne
Gouvernance dans le cadre du CSLP.

1.2.2. Les contraintes de la PNBG

66. L’évaluation de la mise en œuvre du plan national de bonne gouvernance


permet de tirer quelques enseignements sur les contraintes relevées sur le terrain :

- la difficile synergie entre les principes de bonne gouvernance et les décisions


des autorités publiques ;

18
- la faiblesse des moyens dans la mise en œuvre des mécanismes de
coordination, de suivi et d’évaluation ;
- la participation insuffisante des différents acteurs dans un véritable
processus de bonne gouvernance ;
- la multiplicité de programmes sectoriels et l’absence d’une coordination
efficace, permettant de garantir la nécessaire convergence entre les
différents projets ;
- l’insuffisance de capacités et de moyens d’action de la société civile ;
- la persistance de la pauvreté ;
- la montée de l’insécurité et de la criminalité.

1.2.3. Les potentialités

67. L’observation de l’environnement politique, économique et administratif du


Burkina Faso permet de dégager des potentialités favorables à l’ancrage de la bonne
gouvernance, notamment :

- l’existence d’une volonté politique à promouvoir la bonne gouvernance ;


- l’appui des partenaires au développement et la capacité nationale à satisfaire
aux diverses conditions ou formalités substantielles convenues ;
- l’approfondissement continu de la démocratie, l’enracinement de la culture
de la paix et de la tolérance ;
- la croissance économique interne ;
- l’amélioration continue de l’environnement des affaires.

2. COMPOSANTES DE LA PNBG
68. La Politique Nationale de Bonne Gouvernance s’enrichit de l’expérience tirée
du plan national de bonne gouvernance. A cet effet, elle a pour finalité non
seulement de consolider les différents acquis pour soutenir l’élan actuel et accélérer
l’enracinement de la bonne gouvernance dans tous les secteurs et par tous les
acteurs, mais aussi d’anticiper sur les germes de changement perceptibles dans la
société burkinabé, de renforcer le dynamisme de l’économie, d’améliorer sa
compétitivité, d’améliorer les performances des institutions et de l’administration
publique, d’accélérer le développement du capital humain nécessaire. C’est un
document qui vise le long terme (horizon 2015). A ce titre, il constitue un document -
cadre de référence et d’orientation des politiques sectorielles en matière de
gouvernance.

2.1. LES PRINCIPES


69. La bonne gouvernance, comprise comme l’exercice de l’autorité politique,
économique et administrative garantissant la participation populaire, la stabilité
politique, le développement institutionnel et le respect des droits de l’homme, requiert
les principes de base suivants :

19
- la participation des citoyens à la prise de décision, soit directement, soit par
le biais d’institutions légitimes et reconnues articulant leurs intérêts, ce qui
implique la liberté d’opinion, d’expression et d’association ;
- le primat du droit, qui s’exprime à travers l’existence de cadres juridiques
équitables, de lois appliquées de façon impartiale et d’une justice
indépendante ;
- la transparence fondée sur la libre circulation de l’information, condition
indispensable à la compréhension et au suivi des questions d’intérêt
général ;
- l’équité, qui consiste à aménager un environnement politique, économique et
social permettant à chacune et chacun d’améliorer ou, à tout le moins, de
préserver ses conditions de vie ;
- l’efficacité, par la mise en adéquation des institutions et des besoins et
l’utilisation optimale des ressources disponibles ;
- la responsabilité, qui implique que les titulaires des postes de responsabilité,
à quelque niveau que ce soit (appareil politique, administration, économie,
société civile), rendent des comptes et, qu’en corollaire, les citoyens soient
en mesure de leur en demander ;
- le respect des engagements internationaux, régionaux et sous régionaux
contenus notamment dans la Déclaration du Millénaire pour le
Développement (OMD), l’Accord de Cotonou, le Nouveau Partenariat pour le
Développement de l’Afrique (NEPAD), le Mécanisme Africain d’Evaluation
par les Pairs (MAEP), les instruments juridiques et les programmes d’action
tels le programme d’Action de Beijing, constitue un gage de bonne
gouvernance.

2.2. LES ORIENTATIONS POLITIQUES

70. La bonne gouvernance constitue le quatrième axe spécifique du CSLP et sert


de socle aux trois premiers axes dont elle constitue une condition de bonne
réalisation.

71. Dans cette optique, la PNBG constitue un cadre général de référence,


d’intégration et de synthèse en matière de bonne gouvernance, énonce des
principes, affirme des options et indique des objectifs. Par conséquent, elle concerne
tous les plans d’actions sectoriels, projets, programmes, stratégies ou activités dont
la réalisation traduit ces préoccupations majeures ou concourt à l’atteinte des
objectifs de bonne gouvernance, quels que soient leurs formes ou leurs secteurs.
Toutefois, ces plans d’actions sont conduits, financés et gérés de façon autonome
dans le cadre du CSLP, conformément aux modalités et mécanismes spécifiés par
les parties dans chaque document de plan, stratégie, programme ou projet.

72. La mise en œuvre de la PNBG implique la définition des rôles des acteurs-
clés que sont l’Etat, le secteur privé et la société civile dans l’approfondissement de
la bonne gouvernance.

73. Une mise en cohérence de ces mécanismes de suivi évaluation avec celui du
Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs (MAEP) s’impose. Celui-ci est un

20
instrument auquel adhèrent volontairement les Etats membres de l’Union Africaine
en tant que mécanisme africain d’auto- évaluation de la bonne gouvernance.

2.3 LES OBJECTIFS


74. La politique nationale de bonne gouvernance poursuit des objectifs généraux
et des objectifs spécifiques.

2.3.1 Objectifs généraux

Les objectifs généraux au nombre de huit (8) sont les suivants :

- consolider le processus de construction d’un Etat démocratique, à même de


jouer efficacement son rôle normatif, d’orientation et d’impulsion du
développement socio-économique, dans un contexte de gouvernance
participative ;
- consolider les principes et pratiques de la démocratie et de la gouvernance
politique ;
- poursuivre la mise en place d’un environnement incitatif à l’émergence du
secteur privé tout en mettant l’accent sur sa professionnalisation, afin de lui
permettre de répondre au mieux aux exigences de la mondialisation et de
l’intégration régionale ;
- améliorer la bonne gouvernance économique en tant que condition
essentielle pour la promotion de la croissance économique et la réduction de
la pauvreté ;
- accentuer la promotion d’une société civile capable d’influer sur les
différentes décisions politiques et économiques et de constituer un véritable
contrepoids social ;
- réformer l’Etat pour l’adapter aux évolutions de son environnement interne et
externe et lui conférer une efficience optimale ;
- mettre en œuvre le principe de la responsabilisation et de la participation à la
base ;
- préserver et gérer l’environnement et les ressources naturelles en vue d’un
développement durable.

2.3.2. Objectifs spécifiques

75. Les objectifs spécifiques sont au nombre de vingt quatre (24) :

Au niveau de la gouvernance politique


1. consolider le rôle fondamental et multiforme de l’Etat en tant que garant
des règles de la cohésion et de la stabilité sociales, ainsi que de la
sécurité intérieure et extérieure ;
2. prévenir et réduire les conflits internes et inter- Etats ;
3. respecter la séparation des pouvoirs;
4. assurer la protection des groupes vulnérables ;
5. renforcer les capacités institutionnelles et organisationnelles des partis
politiques afin de leur permettre de jouer pleinement leur rôle d’animateurs

21
de la vie politique nationale, d’éducateurs des citoyens et d’expression de
suffrage ;
6. renforcer les institutions qui concourent au fonctionnement de la justice,
élargir l’accès à la justice, renforcer l’efficacité de la justice ;
7. promouvoir une culture de la paix et des droits humains ;
8. renforcer les capacités de la société civile et la pratique de la bonne
gouvernance en son sein.

Au niveau de la gouvernance administrative


1. consolider les institutions et les administrations de l’Etat, afin d’améliorer
leurs performances, leur efficacité et leur efficience ;
2. mettre en place une stratégie nationale de promotion des Nouvelles
Technologies de l’Information et de la Communication ;
3. veiller à une gestion saine et transparente des affaires publiques ;
4. mettre en œuvre la politique gouvernementale en matière de
déconcentration des services de l’Etat.

Au niveau de la gouvernance économique


1. intensifier la politique de promotion du secteur privé, en incluant toutes les
branches de l’activité économique, notamment l’agriculture et l’élevage en
ayant pour souci la préservation et l’amélioration de l’environnement et du
cadre de vie ;
2. améliorer la participation de la femme au processus de développement
économique ;
3. renforcer les capacités de pilotage et de gestion stratégique du
développement national ainsi que celles de conception, de formulation, de
mise en œuvre et d’évaluation des politiques sectorielles ou régionales ;
4. améliorer la coordination de l’aide ;
5. améliorer l’efficacité et le contrôle de la gestion des ressources publiques ;
6. renforcer la coordination de la lutte contre la corruption et les autres crimes
économiques.

Au niveau de la gouvernance locale


1. renforcer les capacités des acteurs de la gouvernance au niveau local ;
2. parachever la mise en place des collectivités territoriales et assurer le
transfert harmonieux des compétences et des moyens correspondants ;
3. assurer le fonctionnement efficace des collectivités territoriales ;
4. préserver et/ou mettre en place des mécanismes et normes efficaces de
gestion de l’environnement et des ressources naturelles ;
5. prévenir les conflits internes liés à l’exploitation des ressources naturelles
et à la gestion de l’environnement ;
6. édifier des économies locales fortes contribuant à la lutte contre la
pauvreté.

22
3 – STRATEGIE DE LA PNBG
3.1. ELEMENTS DE STRATEGIE DE BONNE GOUVERNANCE
76. Les stratégies à mettre en œuvre ont pour finalité de permettre la réalisation
des objectifs poursuivis et de donner des réponses appropriées aux principaux défis
identifiés dans le cadre du CSLP. Elles ont soit un caractère général, soit un
caractère spécifique.

3.1.1 STRATEGIES A CARACTERE GENERAL

77. Les stratégies à caractère général intéressent l’ensemble des acteurs et


s’appliquent à des questions transversales. Elles concernent les points suivants : la
participation, l’amélioration du dialogue entre l’Etat et les autres acteurs, le
renforcement des capacités, le genre, les droits humains et la promotion des NTIC.

3.1.1.1. Participation

78. Si la nouvelle conceptualisation de l’Etat lui confère davantage des missions


de stratège, elle ne saurait déboucher sur un affaiblissement de son rôle, ni se
traduire par une diminution de ses responsabilités vis à vis du peuple. Dans l’optique
de la bonne gouvernance, celles-ci se révèlent plus importantes en matière
d’orientation, d’impulsion, de régulation ou de promotion du développement dans la
paix et la cohésion sociale. Au stade actuel de développement du Burkina Faso, le
rôle de l’Etat demeure donc primordial dans l’exercice de la bonne gouvernance.

79. Toutefois, il lui revient de veiller à ce que cet exercice soit judicieusement et
effectivement partagé ; d’abord entre les trois pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire)
et les institutions consultatives, de médiation, de régulation ou de surveillance ;
ensuite avec les autres partenaires non étatiques – secteur privé et société civile –
ou décentralisés – collectivités territoriales, afin que chaque acteur puisse assumer
la plénitude de ses responsabilités dans la poursuite et l’atteinte des objectifs
convenus. L’exercice d’une gouvernance de mieux en mieux partagée constituera
un des axes majeurs de l’action publique. Le contexte socio-culturel burkinabè incite
d’ailleurs au façonnement d’une société inclusive, participative, modelée sur la
confiance mutuelle et la solidarité.

3.1.1.2. Amélioration du dialogue entre l’Etat et les autres acteurs

80. Initiée et systématisée dans le CSLP, la lutte contre la pauvreté est un objectif
stratégique de développement et de bonne gouvernance. Sa réussite nécessite
l’implication de tous les acteurs. Le gouvernement doit renforcer son leadership dans
la coordination des interventions des différents acteurs à travers :

- la disponibilité de l’information ;
- l’organisation des réunions périodiques ;
- la rationalisation des cadres de concertation ;
- le respect mutuel des engagements pris.

23
81. La PNBG vise la mise en œuvre des objectifs du CSLP à travers la
commission chargée de la gouvernance, des reformes institutionnelles et de la
décentralisation en sein du CSLP. A cet effet, elle prend en compte les priorités du
principal cadre de référence en procédant au partage d’informations avec les autres
acteurs et programmes existants dans une synergie d’actions.

3.1.1.3. Renforcement des capacités


82. La capacité s’entend de l’aptitude des individus, des organisations ou des
institutions à remplir leurs fonctions de façon efficace, efficiente et durable. Son
appréciation prend en compte les contextes, les systèmes, l’environnement et les
interrelations qu’ils entretiennent. La bonne gouvernance comporte des impératifs de
clairvoyance, de prévisibilité, d’anticipation, d’efficacité et de résultats. Ce qui exige
l’existence de capacités et de compétences nationales appropriées. Le
développement des capacités, surtout celles des ressources humaines, constitue un
élément déterminant de la réussite des objectifs de développement. Les principes de
la gestion axée sur les résultats et ceux de l’obligation de rendre compte devront être
appliqués aussi bien au niveau national que local. Ceci exige l’existence de
capacités et de compétences nationales et locales.

83. Les besoins en renforcement des capacités étant considérables, la mise en


œuvre de la Stratégie Nationale de Valorisation de l’Expertise Nationale apparaît
urgente.

3.1.1.4. Participation de la femme au processus de développement et à la gouvernance


démocratique
84. Les efforts du Gouvernement en matière de promotion de la femme et de sa
participation au développement ont été concrétisés par plusieurs engagements
officiels : Plan d’Action pour le renforcement du rôle des femmes dans le processus
de développement, Plan d’Action National d’Accès des femmes aux Services
Agricoles, Plan National pour l’Education des Jeunes Filles, Fonds d’Appui aux
Activités Rémunératrices des Femmes, Commission Nationale pour la Promotion de
la Femme, statutairement placée sous la présidence du Premier Ministre, etc. A
l’initiative du Chef de l’Etat, un Forum National pour la Promotion de la Femme et de
la Petite Fille a été organisé en octobre 2000. Il a notamment élaboré les grandes
orientations relatives à la mise en œuvre des recommandations des différentes
conférences mondiales sur les femmes et à l’amélioration des conditions de vie de la
femme et de la petite fille pour le quinquennat 2000-2005.

85. Le gouvernement a, pour sa part, adopté un document portant politique de la


femme. L’adoption d’un tel document est apparue comme une nécessité face à la
persistance des inégalités entre hommes et femmes qu’il convient de réduire dans le
strict respect des droits fondamentaux de la personne humaine. Ce document-
cadre se veut la référence pour le gouvernement et l’ensemble de tous les acteurs
de développement sur les questions liées à la femme. Il s’articule autour de six
objectifs stratégiques qui constituent les axes d’interventions prioritaires et qui sont :

- améliorer le statut social et juridique de la femme ;


- promouvoir l’accès des femmes aux sphères de décision ;

24
- promouvoir l’éducation et renforcer les capacités d’expertise féminines ;
- promouvoir la santé de la mère et de l’enfant ;
- réduire la pauvreté des femmes ;
- renforcer le cadre et les mécanismes institutionnels de la promotion de la
femme.

La matérialisation de la volonté politique du gouvernement de mettre en œuvre


la politique nationale de promotion de la femme s’est traduite par l’adoption d’un plan
d’action 2003 – 2007 de promotion de la femme. La définition de six programmes
d’actions prioritaires constitue le corollaire des six objectifs stratégiques sus -cités.

86. Sur la base de ces politiques qui seront continuellement améliorées, des
actions idoines seront déployées pour appuyer les programmes de lutte contre la
pauvreté, améliorer le statut, la condition et l’image de la femme dans la société, et
créer les conditions nécessaires pour que les femmes puissent accéder, en plus
grand nombre, à toutes les sphères de décision.

3.1.1.5. Promotion et protection des droits humains

87. La promotion et la protection des droits civils et politiques, ainsi que celles des
droits économiques, sociaux et culturels de tous les citoyens sont, en réalité,
indispensables au succès de toute construction démocratique.

88. La politique de l’Etat en la matière, repose sur la ferme volonté des autorités
publiques de placer la promotion et la protection des droits humains parmi les
priorités de l’action gouvernementale.

Cette volonté politique s’est notamment traduite par l’adoption, en décembre


2001, d’une politique relative aux droits humains qui réaffirme le rôle majeur de
l’Etat dans la promotion et la protection de ces droits et engage le Gouvernement à y
œuvrer, et du Plan d’action et d’orientation, qui traduit cette volonté politique en
actions prioritaires à réaliser sur une période de cinq ans (2002-2006). Ces actions
prioritaires ont été définies et précisées dans six programmes opérationnels de
promotion et de protection des droits humains, élaborés en septembre 2003 par le
Ministère de la Promotion des Droits Humains et s’articulent autour des axes
majeurs ci-après :

- éducation non formelle aux droits humains;


- renforcement du cadre juridique des droits humains;
- humanisation des prisons et des autres lieux de détention ;
- renforcement et consolidation des droits civils et politiques ;
- renforcement et consolidation des droits économiques, sociaux et culturels ;
- renforcement et consolidation des droits catégoriels (droits de la femme,
droits de l’enfant, droits des personnes handicapées, droits des personnes
âgées).

89. Des activités appropriées seront menées dans ce sens, à partir notamment
des programmes opérationnels du ministère chargé de la promotion des droits
humains. Le gouvernement est dans la phase de mobilisation des fonds nécessaires
estimés à près de 8 milliards de FCFA pour exécuter les programmes ainsi

25
déterminés sur une période de trois ans. En outre, le gouvernement a commandité
en mars 2005, une étude pour l’élaboration d’une Stratégie Nationale de Promotion
d’une Culture de la Tolérance et de la Paix au Burkina Faso.

3.1.1.6. Promotion des NTIC et de la e-gouvernance

90. Il est important que les différents acteurs s’attèlent à la promotion d’une
utilisation optimale des NTIC. En effet, l’e- gouvernance, que l’on peut présenter
comme une utilisation intensive et optimale des Nouvelles Technologies de
l’Information et de la Communication, peut contribuer :

- à l’amélioration de la transparence, du contrôle, de la performance, de la


qualité du service et de l’efficacité au sein des administrations publiques ou
des entreprises ;
- à la diversification et à l’amélioration des informations fournies aux
partenaires et des services offerts aux citoyens (par exemple ceux de
l’éducation et de la santé) ;
- au renforcement des capacités des citoyens et de la société civile pour une
participation effective à la gestion des affaires publiques ;
- à la réduction des coûts et des délais des prestations.

3.1.2 STRATEGIES A CARACTERE SPECIFIQUE


91. Elles concernent les composantes suivantes : la gouvernance politique, la
gouvernance administrative, la gouvernance économique et la gouvernance locale.

26
ENCADRE : DEFINITION DES DOMAINES DE GOUVERNANCE

Gouvernance politique

La gouvernance politique désigne le type de régime politique, sa nature, son


mode opératoire et ses relations avec la société civile. Elle inclut le processus
de prise de décisions politiques, l’élaboration et la mise en œuvre des
politiques d’un Etat légitime et qui fait autorité, ainsi que les mécanismes, les
processus et les institutions par le biais desquelles les citoyens expriment
leurs intérêts, exercent leurs droits, assument leurs obligations et auxquels ils
s’adressent pour régler leurs différends. Dans les Etats démocratiques, elle
implique la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, la
représentation des différents intérêts existant dans la société et permet aux
citoyens d’élire en toute liberté leurs représentants.

Gouvernance administrative

La gouvernance administrative englobe le système d’action publique par


lequel les politiques publiques sont conçues, mises en œuvre et évaluées par
l’appareil administratif. Elle inclut l’ensemble des services publics, c’est-à-dire
l’ensemble organisé des ressources humaines, matérielles et financières
mises en œuvre par l’Etat en vue de la satisfaction des besoins des
administrés pour l’exercice d’activités d’intérêt général. L’administration
publique est au cœur de la gouvernance administrative.

Gouvernance économique

La gouvernance économique regroupe les processus de prise de décisions


qui ont une incidence sur les activités économiques du pays et ses relations
économiques avec les autres nations. Elle a incontestablement des
répercussions importantes sur l’équité, la pauvreté et la qualité de vie. La
gouvernance économique se réfère aussi à la structure des rapports
économiques et aux règles qui régissent la production et la distribution des
biens et services dans une société donnée.

Gouvernance locale
La gouvernance locale peut être comprise comme l’exercice de l’autorité
politique, économique et administrative par les collectivités locales. Elle
implique d’abord un transfert de compétences aux collectivités territoriales
en vue de leur permettre de prendre leur destinée en main. Elle implique
également la participation des populations à la base à la gestion de la cité à
travers l’élection des autorités locales et des assemblées locales
représentatives. Elle implique enfin l’autonomie des collectivités locales dans
la gestion de leurs ressources, la définition de leurs moyens de
développement et d’exploitation de leurs ressources et de leurs priorités.

Source : Rapport national DHD, 2000

27
3.1.2.1. Gouvernance Politique

92. La consolidation du processus démocratique est la principale garantie de la


paix. Les différents pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire), les autres institutions et
organes de l’Etat, la société politique et la société civile, véritables espaces de
pratique de la citoyenneté, devront en être les acteurs de premier plan.

3.1.2.1.1 Au niveau du Pouvoir Exécutif

93. Dans le contexte de bonne gouvernance, l’Etat, à travers le pouvoir exécutif,


devra continuer de jouer son rôle fondamental et multiforme en tant que garant du
contrat social, qui fonde la relation de citoyenneté et détenteur exclusif de la
coercition légitime. En outre, c’est à lui que revient la charge de mettre en place et de
faire fonctionner les services publics, ou de créer un environnement institutionnel,
politique, économique et social propice au développement durable. Son rôle est donc
quadruple : il doit veiller à garantir l’existence de cadres juridiques et réglementaires
équitables, efficaces et stables pour régir les activités publiques et privées. Il doit
assurer la stabilité et l’équité sur les marchés. Il doit arbitrer équitablement entre les
intérêts différents ou divergents, tout en ayant en vue l’intérêt général. Il doit
promouvoir le fonctionnement effectif, efficace et responsable des services publics.

94. En matière de gestion, le contexte de rareté des ressources commande plus


de rationalité et de rigueur dans leur utilisation au bénéfice du peuple. Le pouvoir
exécutif a une grande part de responsabilité dans cette gestion et en demeure le
premier comptable. La composition de l’exécutif, nonobstant les considérations
d’opportunités pouvant expliquer sa configuration, devrait refléter ce souci.

3.1.2.1.2. Au niveau du Pouvoir législatif

95. Dans un contexte de séparation des pouvoirs, des actions appropriées seront
initiées pour le renforcement des capacités de l’Assemblée Nationale, afin de lui
permettre de participer à la consolidation de la démocratie, de l’Etat de droit,
d’accompagner les activités de développement et de développer des mécanismes de
dialogue avec la société civile et les différents acteurs.

3.1.2.1.3 Au niveau du Pouvoir Judiciaire

96. Le rôle du pouvoir judiciaire est absolument vital dans le système de bonne
gouvernance au service de la démocratie et du développement socio-économique.
Dans cette perspective, l’indépendance et l’impartialité de la justice sont
fondamentales, car c’est à elle que revient la mission de faire respecter la loi.

97. Dans cette optique, un Plan d’Action National pour la Réforme de la Justice
(PANRJ), a été élaboré, avec trois objectifs spécifiques :

- le renforcement des institutions qui concourent au fonctionnement de la


justice ;
- l’élargissement de l’accès à la justice ;
- le renforcement de l’efficacité de la justice.

28
Il reste nécessaire de poursuivre la mise en œuvre du PANRJ.

3.1.2.1.4 Au niveau des autres institutions et organes de l’Etat

Ils devront intégrer dans leurs plans d’action les objectifs fondamentaux de la
PNBG en vue de renforcer leurs capacités et leur efficacité dans les domaines
respectifs. Ce sont notamment :

- le Conseil Economique et Social ;


- le Conseil Supérieur de l’Information ;
- le Médiateur du Faso ;
- la Haute Autorité de Coordination de la Lutte contre la Corruption ;
- le Comité National d’Ethique ;
- l’Inspection Générale d’Etat.
3.1.2.1.5. Au niveau de la société politique
98. Les partis politiques devraient continuer de jouer pleinement leur rôle
d’animation de la vie politique et d’éducation civique que leur reconnaît la
Constitution. Ils devraient se conformer aux principes démocratiques et à ceux de la
bonne gouvernance. Chaque parti doit appliquer en son sein les principes de la
participation, du respect de la loi, de la transparence, de l’équité et de la
responsabilité. Il doit cultiver les principes de bonne gouvernance dans ses relations
avec les autres partis politiques.
Afin de permettre aux partis politiques de jouer pleinement leur rôle dans la
gouvernance politique, il est indispensable de renforcer leurs capacités, notamment
par la formation, le renforcement de leur statut juridique et de leur indépendance.

99. Quant aux Partenaires Techniques et Financiers, leur contribution devra


s’inscrire dans une dynamique d’accompagnement.
3.1.2.1.6. Au niveau de la société civile
100. Celle-ci peut et doit constituer une force de proposition pour une meilleure
gestion des affaires publiques, un gisement de solutions alternatives et de services
de qualité, un rempart efficace contre la mauvaise gestion, la corruption, la
patrimonialisation de l’espace public ou l’imbrication nocive du monde des affaires et
de l’Etat.

101. Des actions seront menées au niveau individuel et au niveau organisationnel


ou structurel, en vue de renforcer les capacités des OSC à remplir ces fonctions
avec efficacité et durabilité.

102. Au niveau des individus chargés de l’animation des organisations, il s’agira de


développer les capacités de gestion, de plaidoyer, de leadership, et des aptitudes
techniques.

103. Au niveau organisationnel, il s’agira de renforcer les capacités des OSC à


accroître leurs ressources et leurs interactions internes ou externes, à développer
leurs structures et leurs compétences, à mettre en œuvre avec succès leurs
stratégies et leurs programmes. Pour ce faire, des politiques d’accompagnement
seront également développées en faveur des OSC.

29
104. La société civile a un rôle à jouer en exerçant notamment une fonction de
veille, d’alerte et de surveillance.

105. La presse et les médias audiovisuels jouent un rôle essentiel dans


l’information et l’éducation des citoyens auxquels ils offrent également des espaces
d’expression permanents, afin qu’ils puissent pleinement participer au débat
démocratique nécessaire à la vitalité de la société.

106. Par ailleurs, la mise en place d’un système d’appui aux initiatives de
communication sociale émanant des OSC et la dynamisation permanente d’un
partenariat mutuellement bénéfique entre OSC et médias publics constituent des
objectifs à poursuivre et à réaliser.

3.1.2.2. Gouvernance administrative

L’administration est l’instrument privilégié d’intervention de l’exécutif pour la


réalisation de ses politiques. Il importe donc que celle-ci soit réformée pour s’adapter
à la nouvelle dimension des missions de l’Etat et à l’environnement socio
économique, afin de réaliser les différents objectifs de développement.

107. Pour atteindre les objectifs de la gouvernance administrative, des axes


stratégiques seront dégagés afin de :

- parachever et compléter les réformes en cours, consolider et capitaliser les


résultats déjà acquis ;
- réaliser une véritable congruence entre les comportements, les mentalités et
les nouvelles exigences de la bonne gouvernance, singulièrement dans les
relations entre l’administration, les usagers et la société ;
- améliorer la qualité du service et promouvoir une véritable culture du service
public ;
- accroître la transparence de l’administration ;
- rechercher le consensus et une synergie d’actions des différents acteurs
nationaux autour des réformes administratives ;
- renforcer et consolider le processus de déconcentration des services de
l’Etat.

3.1.2.3. Gouvernance économique


3.1.2.3.1 . Au niveau de l’Etat

108. Dans le cadre de la gestion opérationnelle et courante de l’économie, l’accent


sera mis :

- sur la formulation et la mise en œuvre des politiques et stratégies


sectorielles ;
- sur la gestion des projets et programmes. En effet, l’impact de ces projets est
limité du fait de la faiblesse des capacités de gestion ;
- sur le Plan de Renforcement de la Gestion Budgétaire (PRGB) en privilégiant
les axes d’interventions suivants :

30
* renforcer les capacités des structures en charge des achats publics et
de la gestion budgétaire ;
* améliorer le cadre juridique de la gestion budgétaire et son
application ;
* améliorer la qualité et la transparence de la loi de finances ;
* renforcer le suivi de l’exécution budgétaire et le respect des
obligations de fin de gestion ;
* approfondir la déconcentration budgétaire et la qualité de la gestion
des dépenses spécifiques ;
* améliorer la qualité et la pérennité du processus d’informatisation au
sein des ministères chargés de l’Economie et des Finances ;
* renforcer le contrôle de la gestion budgétaire.
- sur la culture de la mesure et de l’évaluation des résultats, en mettant à profit
l’important travail de recensement et d’analyse des indicateurs fait par
l’INSD à travers l’Observatoire National de la Pauvreté et du Développement
Humain Durable (ONAPAD) ;
- sur la coordination de l’Aide Publique au Développement comme condition
de renforcement du partenariat avec les Partenaires Techniques et
Financiers. Le cadre de concertation prévu par le dispositif de suivi du Cadre
Stratégique de Lutte contre la Pauvreté devrait favoriser ce dialogue
régulier ;
- sur la lutte contre la corruption, les crimes économiques et la fraude, en vue
d’améliorer le cadre de gestion macroéconomique. Pour cela, il convient de :
• relire les textes des organes de contrôle (Inspection Générale d’Etat,
Inspection Générale des Finances, Haute Autorité de Coordination de
la Lutte contre la Corruption, Comité National de Lutte contre la
Fraude).
• de renforcer les capacités humaines et matérielles de tous les organes
de contrôle ;
• de développer des initiatives de partenariat entre la Haute Autorité de
Coordination de la Lutte contre la Corruption et certaines organisations
de la société civile et du secteur privé.

3.1.2.3.2. Au niveau du secteur privé


109. L’Etat a adopté en 2002 la Lettre de Politique de Développement du Secteur
Privé. Celle-ci s’articule autour de neuf grands axes : amélioration de
l’environnement juridique des affaires, poursuite du désengagement de l’Etat,
renforcement des capacités des entreprises, développement des institutions d’appui
au secteur privé, recherche et promotion des filières d’exportations traditionnelles,
agro-industrielles et d’élevage, financement du secteur privé, développement des
infrastructures, incitations à la création et à la sauvegarde des emplois,
développement du secteur minier. Ces axes pourraient être complétés par des
actions de renforcement des capacités des associations professionnelles afin de
renforcer les capacités de lobbying du secteur privé.

31
3.1.2.3.3. Au niveau de la société civile

110. La société civile a un rôle de veille à jouer dans la lutte contre la corruption, la
délinquance financière et l’évasion fiscale. L’œuvre pionnière du REN-LAC est très
salutaire. Un forum national sur la lutte contre la corruption peut être une initiative à
mettre en œuvre au niveau de la société civile avec l’appui des partenaires au
développement. Les organisations de consommateurs mènent également des
actions d’information et de sensibilisation très importantes mais très peu visibles,
compte tenu de leurs moyens fort limités. Les pouvoirs publics continueront
d’encourager et d’appuyer ces diverses initiatives de la société civile.

La presse et les médias également peuvent contribuer utilement à cette lutte


contre la corruption. Par ailleurs, la transparence du financement des médias privés
et leur reconnaissance en tant que structures investies d’une mission d’intérêt public
sont des objectifs qui restent à atteindre et à consolider.

3.1.2.4. Gouvernance locale

111. Grâce aux dispositions juridiques, économiques ou financières et incitatives


qu’ils ont comportées, les TOD ont manifestement ouvert une phase importante dans
le processus d’élargissement et d’approfondissement de la décentralisation. Cette
dynamique sera renforcée avec la mise en œuvre du Code Général des Collectivités
Territoriales au Burkina Faso. Toutefois, il est urgent que les différents acteurs du
processus et les citoyens dans leur ensemble se les approprient, afin qu’ils
s’impliquent de façon consciente et déterminée dans les actions de développement
local, d’information ou de sensibilisation en vue de l’émergence d’une nouvelle
citoyenneté. Il est tout aussi urgent que les textes d’application du Code général des
collectivités territoriales soient adoptés et publiés, et que toutes les parties prenantes
s’approprient le processus.

112. Il convient également de renforcer les capacités techniques des animateurs


dans la conduite des processus d’animation des cadres de concertation et de suivi
des actions de développement local.

Ce renforcement des capacités devra se traduire notamment par :

* la promotion d’une plus grande participation des femmes;


* une meilleure coordination et une articulation harmonieuse des
interventions des partenaires au développement ;
* l’appui à la déconcentration administrative;
* l’appui à la mise en place de centres de formation professionnelle
viables dans les Collectivités Territoriales (CT) ;
* l’appui au financement de la formation du personnel des collectivités
territoriales.

113. Les partis politiques concourent également à l’animation de la vie politique


locale, à l’éducation des citoyens à la base et à l’expression du suffrage dans les
collectivités locales. Ils doivent se conformer aux principes de la bonne gouvernance

32
au niveau local et éviter des activités de nature à créer des conflits locaux ou à
remettre en cause la cohésion sociale ou l’unité nationale. Dans cette perspective, il
conviendra de renforcer leur capacité d’intervention au niveau local.

3. 2 STRATEGIE DE MISE EN ŒUVRE


114. La Politique Nationale de Bonne Gouvernance a pour mission principale la
coordination, le suivi et l’évaluation de l’ensemble des activités de bonne
gouvernance dans notre pays pour la période 2005-2015. Pour sa réalisation, il
conviendra de mettre en œuvre certaines mesures. Il s’agit d’assurer notamment :

- une approche participative ;


- une stratégie de communication adaptée ;
- le renforcement des capacités techniques des structures de pilotage de la
bonne gouvernance ;
- le renforcement des capacités des acteurs de la gouvernance ;
- la prise en compte des opportunités.

3.2.1. DE L’APPROCHE PARTICIPATIVE

115. Fondée sur la base de l’approche participative, la mise en œuvre de la


Politique Nationale de Bonne Gouvernance impliquera judicieusement tous les
acteurs nationaux, étatiques et non étatiques (exécutif, législatif, judiciaire, secteur
privé, société civile, collectivités territoriales) ainsi que des partenaires au
développement. Il importe de relever que l’approche participative, sera poursuivie et
améliorée, notamment au travers du mécanisme de coordination, de suivi et
d’évaluation. L’élaboration de cette politique a obéi à ce principe participatif, car tous
les acteurs ont été associés à l’exercice : Gouvernement, Société Civile, Secteur
Privé, Partenaires Techniques et Financiers. De même, la Coordination Nationale
reflète, dans sa composition, cette volonté d’associer tous les acteurs au processus
de lutte contre la pauvreté.

116. Dans cette optique, le secteur privé et la société civile, qui verront leurs
responsabilités notablement accrues, devraient imprimer un plus grand dynamisme à
leurs organisations, afin que leurs initiatives autonomes ainsi que celles de l’Etat
enregistrent des succès plus significatifs dans les différents domaines de la bonne
gouvernance.

117. Ces idées seront concrétisées notamment à travers :


- l’utilisation d’espaces dans les journaux publics et privés et d’espaces radio
et télé pour des débats à thèmes sur la bonne gouvernance et sur toutes les
activités en cours de réalisation ;
- l’organisation de rencontres de concertation avec les administrations
publiques, le secteur privé, la société civile et les partenaires au
développement du Burkina Faso ;
- l’organisation de conférences animées par des personnes ressources
nationales et étrangères, spécialistes de thèmes à choisir, pour des publics
cibles variés : administration publique, secteur privé, associations de la
société civile ;
- les animations de groupes au niveau local.

33
3.2.2. DE LA STRATEGIE DE COMMUNICATION
118. L’approfondissement du processus de démocratisation, la promotion de la
bonne gouvernance et la participation éclairée des différents acteurs à la gestion des
affaires publiques exigent de chaque composante de la nation une parfaite
connaissance de son rôle, une réelle volonté de le jouer efficacement, des habiletés
appropriées à cet effet et un environnement favorable à la réussite d’un tel
partenariat.

119. Une stratégie de communication participative pour l’implication des différents


acteurs de développement s’avère nécessaire. Elle peut s’appuyer sur la stratégie de
communication du CSLP pour définir les approches, les canaux, les groupes cibles
et les ressources appropriés pour son élaboration et sa mise en œuvre.

3.2.3. DU RENFORCEMENT DES CAPACITES TECHNIQUES DES STRUCTURES DE PILOTAGE


DE LA PNBG

Il s’agit d’assurer en direction des structures chargées du pilotage de la


PNBG, l’appui institutionnel nécessaire à leur bon fonctionnement.

3.2.3.1. Assistance technique en suivi- évaluation

120. Il est nécessaire de procéder à l’élaboration d’un système de suivi -


évaluation, mettant en œuvre des outils et des procédures adéquats et prenant en
compte notamment les indicateurs de mesures de performances dont ceux élaborés
dans le cadre du CSLP et du MAEP.
Pour cela, il faudra mobiliser l’expertise capable d’appuyer les acteurs pour la
mise en place de normes de suivi – évaluation et leur application sur le terrain.

3.2.3.2 Assistance technique pour l’évaluation de la PNBG

121. Il pourra être fait appel à l’assistance technique et au MAEP pour le


renforcement des capacités d’auto-évaluation.

3.2.3.3. Assistance technique pour la constitution d’un fonds documentaire

122. La gouvernance en tant que concept et domaine d’activités est un phénomène


assez nouveau au Burkina Faso. Ainsi, la nouvelle structure de coordination des
activités de la bonne gouvernance doit-elle accorder à la documentation une place
importante, afin de se tenir constamment informée de l’état de la recherche et des
avancées des activités en matière de bonne gouvernance à travers le monde. Il est à
remarquer que ce fonds documentaire constituera une bibliothèque à l’usage de la
structure de coordination nationale, de la commission du CSLP chargée de la
gouvernance et de toute autre structure en charge de la gouvernance. Elle servira
également à toute personne extérieure désirant obtenir des informations en rapport
avec la bonne gouvernance.

34
3.2.3.4 Formations

123. L’objectif recherché par la formation est de mettre perpétuellement en phase


les connaissances des animateurs de la bonne gouvernance avec l’évolution
environnementale dans le domaine, et de prendre en compte les exigences liées à
un système de pilotage stratégique de la bonne gouvernance. Aussi, pourront-ils
accroître leurs capacités en matière de coordination, de supervision et même de
formation.

124. Ces formations, qui seront de courte durée, seront réalisées au Burkina Faso
et à l’étranger. Celles qui se dérouleront au Burkina Faso, ont pour double objectif,
de permettre l’approfondissement des connaissances sur certains thèmes retenus,
en raison de leur importance dans le cadre de la politique gouvernementale actuelle
de la gestion administrative, budgétaire et financière et de permettre la formation
d’un grand nombre de personnes.

3.2.4. DU RENFORCEMENT DES CAPACITES DES ACTEURS DE LA BONNE GOUVERNANCE


125. En raison de la mission principale dévolue à la Politique Nationale de Bonne
Gouvernance, son programme opérationnel ne prend en compte que le renforcement
des capacités de certains acteurs de la bonne gouvernance tels les organisations de
la société civile et un certain nombre d’organes et institutions. L’objectif visé est de
donner les moyens nécessaires auxdites structures pour leur permettre de mener à
bien les activités de bonne gouvernance qui leur sont dévolues.

3.2.5. DES OPPORTUNITES


126. La cohésion sociale se consolide, tandis que la pratique d’une gestion
participative et inclusive s’affermit. Le pluralisme politique, la consolidation de la
démocratie, la promotion et la protection des droits humains, la décentralisation qui
progresse, l’amélioration constante des modes opératoires dans l’administration
publique, une société civile organisée et avisée, un secteur privé à la recherche du
progrès, etc constituent des facteurs pouvant faciliter la réussite de la mise en œuvre
de la PNBG.

127. L’existence de référentiels hétéroclites en matière de stratégie et programmes,


pourrait cependant constituer un handicap en l’absence d’une coordination
appropriée, ou de mécanismes destinés à garantir la nécessaire convergence entre
les différents projets. L’approche stratégique adoptée, la capitalisation des acquis, le
développement et l’exploitation des synergies permettront néanmoins de gérer cette
pluralité comme une réelle opportunité.

4 - ANALYSE DES RISQUES


Pour le succès de la Politique Nationale de Bonne Gouvernance, il est nécessaire
d’adopter dès à présent une approche pragmatique par la prise en compte de toutes
les contraintes de réalisation qui peuvent survenir. Il s’agit notamment des risques
suivants :

35
4.1. Risques liés à la stabilité politique et institutionnelle
128. Le processus de construction d’un Etat de droit démocratique connaît des
avancées significatives matérialisées par l’organisation régulière des élections
présidentielles, législatives et municipales. La crise socio-politique qui a secoué le
pays en 1998-1999 a montré la fragilité des piliers qui soutiennent un tel Etat. Fort
heureusement, les valeurs de tolérance et de solidarité en ces moments de
déchirement, ont pris le dessus sur toute autre considération pour ramener la paix et
la cohésion sociales, garantes de la stabilité d’une nation. Les risques d’effritement
de ces valeurs sont bien réels et constituent une menace pour la stabilité politique et
la bonne marche des institutions républicaines chargées de réguler la vie politique
nationale, alors même que ces valeurs traduisent aujourd’hui l’aspiration des
populations burkinabè, ainsi qu’il ressort des résultats de l’étude prospective
« Burkina 2025 » et de la vision qui en découle : « le Burkina Faso, une nation
solidaire de progrès et de justice qui consolide son respect sur la scène
internationale. »

4.2. Risques liés au parachèvement de la décentralisation


129. La gouvernance locale se définit comme une synthèse au niveau local des
caractéristiques des gouvernances politique, administrative et économique. Par
ailleurs, l’on s’accorde souvent pour dire qu’il n’y a de bonne gouvernance au niveau
national que lorsqu’il y a une bonne gouvernance au niveau local. En effet, ce type
de gouvernance favorise l’adoption de stratégies qui privilégient la participation des
citoyens aux décisions politique, économique, sociale et culturelle affectant leur vie
quotidienne. La gouvernance locale s’appuie sur la décentralisation qui se révèle être
la meilleure forme pour associer les citoyens à la gestion des affaires de la Nation et
d’en accroître l’efficacité. Le processus de décentralisation engagé depuis près d’une
décennie se raffermit et atteindra son point d’achèvement sur le plan organisationnel
avec les communes rurales. L’expérience des communes urbaines a mis en
évidence les exigences de viabilité de la communalisation. Le code général des
collectivités territoriales prône la progressivité et un certain pragmatisme. Malgré
tout, il importe de relever deux risques majeurs liés au parachèvement de la
décentralisation :
- le respect du calendrier de mise en œuvre des communes rurales ;
- la réussite des opérations de transfert des compétences et des ressources.

4.3. Risques liés aux capacités des acteurs


130. Les assises nationales sur le rôle et les missions de l'Etat tenues en 1997 ont
défini les domaines de souveraineté de l’Etat et les compétences qu’il devrait
partager avec les autres acteurs. Dans tous les cas, avec l'émergence de nouveaux
acteurs suite à la mondialisation, les domaines relevant du « Tout Etat » se sont
considérablement rétrécis.
A tous les niveaux, il faut aujourd'hui de la complémentarité pour une
meilleure synergie d'actions. En conséquence, il ressort clairement que le nouveau
contexte exigera de manière continue, une réadaptation des politiques de
développement devant se traduire par d'importantes réformes. Or, l'Etat souffre
encore d'une pénurie de capacités à tous les niveaux rendant malaisées ses tâches

36
de pilotage et de coordination stratégiques et sectorielles. Comment créer les
conditions nécessaires pour un partage réussi des responsabilités avec les autres
acteurs du secteur privé et de la société civile, qui ne pourront intervenir utilement
que s'ils disposent de réelles capacités de réactivité, de pré- activité, mais surtout de
pro- activité ?

4.4. Risques liés à la stratégie de communication sur la PNBG


131. L'adhésion des populations aux politiques nationale, régionale et sectorielles
est la principale clé de succès. Malheureusement les politiques de développement
ne se sont pas toujours suffisamment appuyées sur une stratégie adéquate de
communication. L'appropriation de la Politique Nationale de Bonne Gouvernance
demeure une question à résoudre avec toute la diligence souhaitée afin de renforcer
les sentiments de responsabilisation et la participation.

4.5. Risques liés à la mobilisation et à l'utilisation efficaces des ressources


132. Le Burkina Faso, malgré la raréfaction des ressources au plan international,
continue de recevoir un flux important d'aide financière. Toutefois, l'on observe une
capacité d'absorption limitée de cette aide. Or, la réforme globale de l'Aide Publique
au Développement (APD) a des exigences en terme de gestion axée sur les
résultats. Si des améliorations conséquentes ne sont pas apportées à la capacité du
pays à utiliser cette assistance, il y a lieu de craindre une restriction à terme. En
outre, il importe aussi de relever le faible niveau de financement interne.

4.6. Risques liés à l'environnement régional


133. Le Burkina Faso partage ses frontières avec six pays. Les populations
burkinabè et celles de ces pays ont des liens culturels séculaires et sont fortement
intégrées. Les différentes économies entretiennent de fortes relations
d’interdépendance, qui sont en même temps des vecteurs de propagation de chocs
interne et externe d’une économie donnée sur les autres. La longue crise politique
qui a secoué le Togo en 1992-1993 et les récents remous socio- politiques en Côte
d’Ivoire en 2002, ont donné la preuve de la très grande dépendance de la situation
socio- économique du Burkina Faso, de la stabilité politique régionale.

5- MECANISMES DE COORDINATION ET DE SUIVI EVALUATION

5.1. MECANISME DE COORDINATION

134. La bonne gouvernance est le 4è axe du CSLP, dont le dispositif institutionnel


de suivi comprend :

- le comité ministériel d’orientation et de suivi ;


- les commissions sectorielles et thématiques ;
- le secrétariat exécutif du dispositif institutionnel.

37
Le comité ministériel d’orientation et de suivi est présidé par le Premier
Ministre, qui est assisté du Ministre de l’Economie et du Développement et de celui
des Finances et du Budget. Il comprend en outre les présidents et les vice-présidents
des commissions sectorielles et thématiques. Au nombre de ces commissions, la
commission chargée de la gouvernance, des réformes institutionnelles et de la
décentralisation, qui est présidée par le Ministre en charge de la Fonction Publique et
de la réforme de l’Etat est spécifiquement chargée de :

- veiller à la mise en œuvre de la réforme globale de l’administration publique ;


- suivre la réforme de la justice ;
- suivre la mise en œuvre du plan national de bonne gouvernance ;
- suivre la mise en œuvre du processus de décentralisation ;
- faire des propositions pour le renforcement organisationnel, technique et
fonctionnel des institutions républicaines et de contrôle ;
- établir les bilans périodiques de mise en œuvre de la composante
gouvernance, réformes institutionnelles et décentralisation du CSLP.

En outre, le Ministre de la Fonction Publique et de la Réforme de l’Etat, aux


termes du décret n° 2002-255 PRES/PM du 18 juillet 2002 portant attributions des
membres du gouvernement est, entre autres attributions, chargé :

- de la promotion, de l’évaluation externe des politiques publiques ;


- du suivi et de la mise en œuvre du plan national de bonne gouvernance ;
- de l’appui- conseil aux départements ministériels et aux institutions publiques
pour l’élaboration des instruments de programmation, d’évaluation et de suivi
des politiques sectorielles.

135. Conformément à cette option politique et institutionnelle, la structure de


coordination la mieux habilitée pour coordonner la PNBG et ses instruments de mise
en œuvre, est la commission ci-dessus visée. Ce choix est justifié par le fait que :

- la structuration de cette commission permet de constituer une base de


données sur les politiques sectorielles en matière de gouvernance ;
- elle permet d’éviter une démultiplication des structures de coordination en
matière de gouvernance ;
- l’organisation de la commission lui permet d’être un forum de l’ensemble
des acteurs de la gouvernance.

136. Toutefois, cette commission devra s’élargir aux acteurs de la société civile, du
secteur privé et éventuellement de la société politique.

Par ailleurs, le mécanisme de suivi évaluation de la PNBG prendra en compte


le dispositif institutionnel du Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs (MAEP).

En tout état de cause, après l’adoption de la PNBG, le cadre institutionnel sera revu.
De même, il sera élaboré un plan d’actions pour sa mise en œuvre. L’élaboration de
ces deux documents associera de manière consensuelle les différents acteurs.

38
5.2. SYSTEME DE SUIVI ET D’EVALUATION
137. Tout comme la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation seront effectués de
façon continue, concertée et participative, impliquant tous les acteurs nationaux ainsi
que les partenaires au développement concernés. Dans le respect des attributions et
prérogatives des différents acteurs, la commission chargée de la gouvernance, des
réformes institutionnelles et de la décentralisation, jouera un rôle primordial dans le
système de suivi. Elle pourra notamment proposer des mesures d’actualisation, de
correction ou de réorientation, afin que les activités à mener conservent
constamment leur pertinence et leur opportunité.
138. Quant à l’évaluation, elle pourra intervenir au terme de trois années
conformément au Programme d’Actions Prioritaires (PAP) du CSLP et portera sur les
éléments suivants : conception, formulation, configuration et contenu, pertinence,
impact et pérennité des activités réalisées, opérationnalité et effectivité de la
coordination des activités, des apports et des projets, exploitation des synergies, des
liens de connexité ou de complémentarité dans la conduite des activités participant
de la bonne gouvernance. Ce sera une évaluation externe et indépendante.

139. Des indicateurs appropriés serviront de base à l’évaluation objective des


résultats de mise en œuvre de la Politique Nationale de Bonne Gouvernance. Le
Burkina a adhéré au Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs (MAEP) dans le
cadre du NEPAD. Ce faisant, il doit analyser sérieusement l’impact des politiques
nationales adoptées non seulement sur la stabilité politique et la croissance
économique, mais également dans les pays voisins dans l’optique d’une intégration
véritable. Il encouragera l’obligation mutuelle de rendre compte et la réplique des
meilleures pratiques. Aussi, les engagements contractés par le Burkina Faso en
souscrivant à ce mécanisme, devront-ils être opérationnalisés dans le cadre du
système de suivi-évaluation adopté par les Chefs d’Etat.

39
CADRE LOGIQUE de la PNBG

Objectifs généraux Objectifs spécifiques Indicateurs objectivement vérifiables Moyens et sources d’information Hypothèses et Risques

POLE 1. Gouvernance politique (y compris la sécurité publique et la


promotion des droits humains)

Objectif général 1. Consolider 1 1. Consolider le rôle fondamental Nombre de sessions parlementaires. Discours du Chef du Gouvernement sur l’état de Stabilité politique
le processus de construction d’un et multiforme de l’Etat en tant que Tenue régulière d’élections présidentielles, la Nation.
Etat de droit, à même de jouer gérant du contrat social législatives, et municipales. Paix sociale
efficacement son rôle normatif Rapport des observateurs des élections et de la
d’orientation et d’impulsion du CENI.
développement socio- 1 2. Prévenir et réduire les conflits Dispositifs internes de prévention et règlements
économique dans un contexte de internes et inter-Etats . efficaces des conflits.
gouvernance participative. Indicateur du MAEP

1 3. Respecter la séparation des Nombre de questions orales / questions écrites. Tous rapports d’évaluation de la bonne
pouvoirs Nombre de commissions parlementaires gouvernance
d’enquête.
Indicateur du MAEP

1 4. Assurer la protection des Nombre de textes adoptés en faveur des groupes


groupes vulnérables. vulnérables.
Indicateur du MAEP

Objectif général 2. Consolider 2.1. Améliorer l’efficacité, - Nombre de magistrats recrutés ; - Rapport d’activités du Ministère de la Justice - Maintien de l’Etat de Droit / Volonté
les principes et pratiques de la l’accessibilité et l’impartialité de la - Nombre de nouvelles juridictions créées ; - Rapport des associations des droits de l’Homme politique de réorganisation de l’appareil
démocratie et de la gouvernance justice, ainsi que les conditions - Nombre de jugements rendus dans les délais - Rapport CNDH et MBDHP Judiciaire.
politique. nécessaires à la préservation de - Indicateurs du MAEP - Rapport comité du MAEP
son indépendance. - Nombre de recours formulés par les justiciables
- Nombre d’activités de formation, de
sensibilisation et d’information réalisées

- Nombre de formations dispensées sur les droits - Rapports des organisations de défense des - Maintien de l’Etat de Droit, Volonté
2.2. Promouvoir une culture de la de la personne Droits de l’homme politique de promouvoir les droits de la
paix et des droits humains. - Baisse des atteintes aux droits de la personne - Rapports du Ministère en charge des Droits de personne humaine
- Nombre de procès intentés pour atteintes aux l’Homme
droits de la personne - Rapports du Ministère de la justice
- Indicateurs du MAEP - Rapport comité du MAEP

40
2.3. Renforcer les capacités - Nombre de formations dispensées aux partis - Tout rapport d’évaluation de la bonne - Stabilité politique/ Paix sociale
institutionnelles et politiques ; gouvernance
organisationnelles des partis - Nombre de partis politiques assurant de façon
politiques. autonome la formation de leurs militants.

Objectif général 3. Accentuer la 3.1. Renforcer les capacités de la - Augmentation de la contribution des ONG aux -Rapport des collectifs d’ONG
promotion d’une société civile société civile et la pratique de la actions de développement ; - Rapports des différentes associations de droits Stabilité politique / Paix sociale
capable d’influer sur les bonne gouvernance en son sein. - Augmentation du taux de participation des de l’homme ;
différentes décisions politiques et populations aux élections et aux activités de - Rapports de l’association des Editeurs de la
économiques et de constituer un développement ; presse privée
véritable contrepoids social - Augmentation des titres de presse et médias - Rapport BSONG
privés ; - Rapport CES
- Existence de cadres de concertation avec _ Rapport SPONG
l’exécutif et avec le législatif. - Rapport comité du MAEP

CADRE LOGIQUE de la PNBG (suite 1)

Objectifs généraux Objectifs spécifiques Indicateurs objectivement vérifiables Moyens et sources d’information Hypothèses et Risques

3.2. Renforcer la pratique de la - Nombre de rapports moraux et financiers ; - Les membres élus Stabilité politique
bonne Gouvernance au sein des - Nombre de réunions statutaires ; - Assemblées Générales Paix sociale
organisations de la société civile. - Nombre de renouvellement des instances et des - Décisions des organes statutaires
mandats - Equipe du MAEP

POLE 2. Gouvernance administrative

Objectif général 4. Réformer 4.1. Consolider les institutions et - Nombre de réformes institutionnelles - Textes législatifs et réglementaires adoptés - Maintien de l’Etat de droit ;
l’Administration pour l’adapter les administrations de l’Etat, afin - Nombre de parlementaires formés - Rapport d’activités du parlement - Existence d’une volonté politique
aux évolutions de son d’améliorer leurs performances, - Nombre de cadres des administrations - Rapport d’activités des structures consultatives
environnement interne et externe leur efficacité et leur efficience. législatives et consultatives formés - Rapport d’audit
et lui conférer une efficience - Indicateurs du MAEP - Textes législatifs et réglementaires adoptés
optimale. - Rapport équipe du MAEP

41
4.2. Mettre en place une stratégie - Augmentation du parc NTIC du Burkina Faso ; - Evaluations spécifiques Volonté politique
nationale de promotion des - Augmentation du Nombre d’internaute - Diminution des plaintes des agents de l’Etat sur
Nouvelles Technologies de burkinabè le non suivi de leurs carrières
l’information et de la - Utilisation de l’outil informatique pour améliorer - Informatisation effective de l’Administration
communication. la gestion de l’Administration Publique (Fichier - Equipe du MAEP
des agents de l’Etat, sécurité, justice,..).

Journal Officiel Volonté politique


4 3. Mettre en œuvre la politique Nombre de structures déconcentrées créées et
gouvernementale en matière de fonctionnelles.
déconcentration des services de
l’Etat
Rapport d’activités des départements ministériels Volonté politique
4 4. Veiller à une gestion saine et - Absence de dysfonctionnement dans la Fonction
transparente des affaires Publique Stabilité politique / paix sociale
publiques. - Indicateur MAEP

POLE 3. Gouvernance économique

Objectif général 5. Poursuivre la 5.1. Intensifier la politique de - Nombre de nouvelles entreprises et sociétés - Rapport de la chambre de Commerce, - Stabilité politique / Paix sociale
mise en place d’un promotion du secteur privé en créées ; d’industrie et d’Artisanat ; - Poursuite des politiques de réforme
environnement incitatif à incluant toutes les branches de - Temps mis pour la création d’une entreprise ; - Les comptes économiques nationaux. économique
l’émergence du secteur privé tout l’activité économique, notamment - Evolution de la Formation Brute du Capital Fixe - Rapport du MCPEA
en mettant l’accent sur sa l’agriculture et l’élevage, en ayant (FBCF) ; - Rapport comité du MAEP
professionnalisation afin de lui pour souci la préservation et - Evolution du taux d’investissement privé ;
permettre de répondre au mieux l’amélioration de l’environnement - Degré d’intégration à l’économie sous-régionale ;
aux exigences de la et du cadre de vie. - Degré d’insertion au processus de la
mondialisation et de l’intégration mondialisation.
régionale. - Indicateurs du MAEP

42
CADRE LOGIQUE de la PNBG (suite 2)

Objectifs généraux Objectifs spécifiques Indicateurs objectivement vérifiables Moyens et sources d’information Hypothèses et Risques

5.2. Améliorer la participation de la - Nombre de femmes leaders d’organisations - Parlement Volonté politique
femme au processus de politiques ou associatives - Gouvernement
développement économique, - Nombre de femmes parlementaires - Etudes sur le secteur privé
politique et social. - Nombre d’implications des organisations - Etudes sur les associations
féminines dans les discussions sur les questions - Rapport comité du MAEP
nationales
- Nombre de femmes chefs d’entreprises

Objectif général 6. Améliorer la 6.1. Renforcer les capacités de - Nombre de cadres formés ; - Rapports d’exécution de la PNBG ; - Maintien de l’Etat de Droit / Volonté
bonne gouvernance économique pilotage et de gestion stratégique - Nombre d’administrations équipées en NTIC. - Rapports et études du CAPES ; politique de réorganisation de l’appareil
en tant que condition essentielle du développement national ainsi - Rapport de suivi des structures sectorielles judiciaire.
pour la promotion de la que celles de conception, de - Rapport comité du MAEP
croissance économique et la formulation, de mise en œuvre et
réduction de la pauvreté. d’évaluation des politiques
sectorielles ou régionales.

Poursuite des politiques de réforme


6.2. Améliorer l’efficacité et le - Nombre de structures d’encadrement créées ; - Assemblée Nationale économique
contrôle de la gestion des - Nombre d’arrêts de la Cour des Comptes ; - Rapports de la Cour des Comptes
ressources publiques et lutter - Nombre d’institutions et d’instruments de - Rapports de l’Inspection d’Etat
contre la corruption. financement mis en place. - Décisions du Gouvernement
- Rapport comité du MAEP
6.4. Améliorer la coordination de - Réduction du nombre de structures de gestion ; - rapport de l’AG des chefs de programmes et Volonté Politique
l’aide. - Accroissement du taux d’absorption projets Disponibilité des PTFs
- Harmonisation des procédures

POLE 4. Gouvernance locale

Objectif général 7. Mettre en 7.1. Parachever la mise en place - Nombre de nouvelles collectivités territoriales - Ministère de l’Administration Territoriale et de la - Maintien de l’Etat de droit / Poursuite du
œuvre le principe de la des collectivités territoriales et créées ; Décentralisation processus de décentralisation
responsabilité et de la assurer le transfert harmonieux - Nombre de programmes de développement des - Rapport comité du MAEP
participation à la base. des compétences et des moyens collectivités territoriales
correspondants. - Indicateurs du MAEP - Volonté politique

43
7.2. Renforcer les capacités des - Nombre d’acteurs de la gouvernance - Répertoires des associations et ONG au niveau Maintien de l’Etat de droit
acteurs de la gouvernance au formés dans les domaines civiques et spécifiques local ; Poursuite du processus de
niveau local - Nombre d’entreprises locales effectivement - Rapports et études du CAPES ; décentralisation/ Volonté politique
impliquées dans le développement local - Revue des marchés publics

7.3. Assurer le fonctionnement - Stabilité des conseils municipaux ; - Délibération des conseils
efficace des collectivités - Niveau des budgets municipaux ; - Comptes administratifs et de gestion Stabilité politique / Paix sociale
territoriales - Tenue régulière des conseils municipaux

Objectif général 8. . Assurer la 8.1 préserver et/ou mettre en - Réduction de la déforestation et de la - Rapports des Ministères chargés de Stabilité politique / Paix sociale
gestion de l’Environnement et place des mécanismes et normes désertification ; l’Environnement et du Cadre de vie, des
des ressources naturelles en vue efficaces de gestion de - Diminution de l’émission des gaz à effets de ressources animales, de l’agriculture, de
d’un développement durable l’environnement et des ressources serre ; l’hydraulique et des ressources halieutiques
naturelles. - Préservation de la biodiversité. - Rapports des ONG et Associations spécialisées
dans le domaine
- Rapport comité du MAEP
Stabilité politique / Paix sociale
8.2 prévenir les conflits internes - Rareté des conflits liés au foncier rural - Idem que ci-dessus
liés à l’exploitation des ressources - Recours au dispositif législatif et réglementaire
naturelles et à la gestion de existant et relatif à la gestion des conflits
l’environnement
Stabilité politique/ Paix sociale
8.3 édifier des économies locales - Indices de pauvreté au niveau communal et - Révision CSRLP
fortes contribuant à la lutte contre régional déterminés dans les CSRLP - Rapports tous ministères et PTF
la pauvreté. - Taux de croissance soutenue des économies
locales (PLB intégré)

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