1
CHAPITRE I CADRE CONCEPTUEL ET PRÉSENTATION DU
CHAMP EMPIRIQUE
Dans un contexte économique mondial en perpétuelle mutation, la
comptabilité s’affirme comme un pilier fondamental de la gestion et de la prise de décisions au sein de
toute organisation. Sa pertinence est d’autant plus accrue pour les petites et moyennes entreprises
(PME), souvent confrontées à des défis spécifiques liés à leurs structures et à leurs ressources limitées.
Cependant, la mise en œuvre de ce référentiel au sein des PME dans la
ville de Lubumbashi soulève un certain nombre de défis. L’organisation de la comptabilité, bien
qu’essentielle, se heurte à des contraintes structurelles, des difficultés d’adaptation aux normes ou
encore à des lacunes en terme des ressources humaines qualifiées. Ces obstacles peuvent compromettre
l’efficacité du système comptable et, par extension, la performance globale de ces dernières.
Ce chapitre a pour objectif de poser les bases théoriques et conceptuelles
de notre étude.il débutera par une clarification des concepts clés liés à la comptabilité. Ensuite la
section deuxième délimitera le champ empirique de notre travail.
SECTION 1 : DEFINITIONS DES CONCEPTS CLES
1.1.1. DEFI:
Dans le contexte organisationnel et de la gestion comptable, un défi
désigne une difficulté, une contrainte ou un obstacle majeur auquel une entreprise est confrontée et qui
nécessite la mobilisation de ressources, d’efforts et d’adaptations pour être surmonté.
Dans son ouvrage sur les sciences de gestion, Jean-Claude Scheid définit
le défi organisationnel comme Un obstacle ou une difficulté majeure que rencontre une organisation
dans ses processus internes (gestion des ressources humaines, coordination des activités, structuration),
nécessitant une mobilisation volontaire des ressources et une adaptation stratégique pour le surmonter.
2
1.1.2. LA COMPTABILITE
Pour Kinzonzi (1998), la comptabilité est envisagée dans son triple
aspects de science, de technique et de l’art, concepts indissociables et intimement liés :
Science: la comptabilité est un ensemble de connaissances théoriques et
expérimentales caractérisées par un objet, une méthode, une théorie fondée sur des
relations objectives et exprimées par des lois ou des règles vérifiables et elle est
complémentaire aux autres disciplines scientifiques. Selon cette conception, la
comptabilité est une science sociale qui vise à répondre à des besoins d’information.
Technique: la comptabilité est un ensemble de procédés mis en œuvre pour obtenir
un résultat déterminé. Selon cette conception, la comptabilité est définie comme une
technique de collecte, de traitement et d’analyse de l’information appliquée aux
événements économiques et juridiques des entreprises. De nos jours, la technique est
considérée principalement comme application des connaissances scientifiques à des
fins de production.
Art : La comptabilité est l’application du savoir à l’obtention de résultats utiles à
l’homme. C’est la manière habituelle spécifique dont la comptabilité est tenue.
Autrefois, la Comptabilité était parfois définie comme l’art de mesurer, du
classement et de l’administration des données chiffrées. En comptabilité, l’art occupe
le jugement du Professionnel comptable dans les solutions qu’il propose aux
problèmes de nature subjective.
Pour Sem (2021), sur le plan opérationnel, la comptabilité est un
système d’information et de gestion des organisations en général et de l’entreprise en particulier.
A. La comptabilité, comme système d’information :
Ensemble des procédés de collecte ou saisie, d’analyse ou de traitement et de
production de l’information financière. L’information décrite par la comptabilité est
liée aux faits économiques et financiers et se présente sous forme des opérations,
évènement et phénomènes liés à la vie de l’entreprise. Cette description se fonde
sur une quantification des mouvements ou des flux.
3
Système normative soumis à l’application d’un ensemble de règles et de procédures
système qui produit des preuves, des éléments probants sur le plan juridique.
Système qui s’impose comme une clé essentielle de la performance de toute
organisation désireuse d’atteindre les objectifs d’une manière efficace et efficiente
(objectifs fixés, dans le délai imparti et à des conditions des coûts optimales)
En effet, le systèmes comptable relève trois caractéristiques majeures
qui les distinguent des autres systèmes d’information :
Le fait de rendre compte des transactions exprimées en information unité
monétaire (présentation homogène et unités des opérations extrêmement
différentes).
Le fait que la comptabilité occupe une fonction de support et se situe en aval des
autres fonctions.
Le fait que le praticien comptable observe les faits juridiques et économiques à
travers un document appelé pièce comptable. C’est à dire que la pièce comptable
est le fondement de toute activité comptable.
B. La comptabilité, outil de gestion par excellence et aide à la prise de décision
Elle analyse les opérations comptables du passé, du présent et du futur.
Elle produit l’information financière, outil d’aide à la prise de décision
Elle permet d’orienter et d’influencer les décisions des décideurs (investir ou pas
dans l’entreprise, acquérir des ressources supplémentaires pour l’entreprise,
accorder(obtenir) des délais pour solder les comptes entre clients (ou les
fournisseurs) et l’entreprise, accorder ou (solliciter) un prêt ou le refuser, fixer
l’assiette du calcul de l’impôt (de la part de l’admiration fiscale) etc.
En effet, la comptabilité s’applique aux constations historiques, à la
gestion courante et aux prévisions. Elle est le seul disciple capable de répondre question, à des termes
chiffrés ” d’où on vient, où on est et où on va ? Sur le plan comptable, on se réfère au paquer pour
corriger le présent afin de construire l’avenir notons qu’une information périmée sans intérêt, une
condition importante d’efficacité de l’information financière est donc la rapidité.
4
1. ORGANISATION COMPTABLE (DE COMPTABILITE)
L’organisation comptable fait référence à l’ensemble des procédures,
méthodes, outils et ressources humaines mis en place au sein d’une entreprise pour collecter,
Traiter et restituer l’information comptable. Cela inclut le système d’information comptable, les
circuits de validation, les contrôles internes et la répartition des tâches. Une bonne organisation
comptable garantit la fiabilité et la traçabilité des données financières.
2. Le Système Comptable OHADA (SYSCOHADA)
Le SYSCOHADA est le référentiel comptable élaboré et adopté dans le
cadre de l’OHADA. Il s’agit d’un système harmonisé de normes comptables, de plan de comptes et de
modèles d’états financiers (bilan, compte de résultat, tableau des flux de trésorerie, état annexé)
applicable dans tous les pays membres de l’OHADA. Son objectif est d’assurer la comparabilité et la
transparence de l’information financière des entreprises de la zone. Il a été révisé en 2017 pour
s’adapter aux normes internationales (IFRS).
a. Référentiel Comptable
Un référentiel comptable est un ensemble de règles et de principes
définis par une autorité compétente (législative, réglementaire ou professionnelle) qui encadrent la
manière dont les opérations économiques doivent être enregistrées, évaluées et présentées dans les
états financiers d’une entreprise. Le SYSCOHADA est le référentiel comptable applicable dans
l’espace OHADA.
b. Définition de l’OHADA
L’OHADA (Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des
Affaires) est une organisation intergouvernementale qui vise à harmoniser le droit des affaires dans ses
États membres afin de garantir la sécurité juridique et judiciaire des investisseurs et de stimuler le
développement économique. Elle édicte des Actes Uniformes, dont un Acte Uniforme portant sur le
Droit Comptable et l’Information Financière (AUDCIF).
5
1.1.3. DEFINITION DES PETITES ET MOYENNES ENTREPRISES (PME) EN RDC
En RDC la PME a plusieurs définitions qui sont formulées soit en
fonction du capital financier ou de l’effectif employé, soit en fonction de la nationalité du propriétaire
ou du mode de gestion spécialisé. Nous avons retenu quatre definitions suivantes :
1. La loi n°073-011 du 05 janvier 1973 portant création de l’Office de Promotion de Petites et
Moyennes Entreprises Congolaises (OPEC) définit les PME comme les entreprises agricoles,
commerciales, industrielles et des services qui sont la propriété des personnes physiques de
nationalité Congolaise ou des sociétés au capital détenu en majorité par des personnes
physiques ou morales de nationalité Congolaise dans les quelles toutes les fonctions de
gestion, c’est-à-dire administration, finance, production, commercialisation,
approvisionnement sont exercées par le chef d’entreprise.
Il est souvent reproché à cette définition d’avoir un caractère
inapproprié et sommaire. Cette définition met surtout l’accent sur la nationalité des propriétaires qui
ne doivent être que de nationalité Congolaise, donc le législateur tend à réserver le secteur des PME
aux seuls entrepreneurs nationaux. Et, elle insiste sur la concentration de la gestion au niveau de chef
d’entreprise.
2. Le décret-loi n° 086 du 10 juillet 1998, portant régime fiscale applicable aux PME en matière
d’impôt sur les revenus professionnels et d’impôts sur le chiffre d’affaires à l’intérieur tel que
modifié à ce jour, définit la PME comme toute entreprise quelque soit sa forme juridique, qui
emploie un personnel de moins de 200 personnes et dont la valeur totale du bilan ne dépasse
pas 448 millions de francs Congolais.
Cette définition, qui repose sur des critères bien définis vient remédier
au caractère sommaire et inapproprié de la première définition. Elle ouvre les portes du secteur de
PME aux étrangers.
3. La loi n° 004/2002 du 21 février 2002 portant code des investissements entend par PME, les
entités économiques constituées soit sous forme d'entreprises individuelle soit sous forme
d'entreprise sociétaire. Sous la première forme, la propriété revient aux personnes physiques
6
et le chef d'entreprise est tenu d'assurer lui-même les fonctions de gestion financière et
administrative. Sous la seconde forme, il s'agit de la société employant au moins 5
travailleurs.
4. La charte du PME de mars 2006 définit la PME comme toute unité économique dont la
propriété revient à une ou plusieurs personnes physiques ou morales et qui présentent des
caractéristiques suivantes :
Nombre d'emplois permanents de 1 à 200 personnes ;
Chiffre d'affaires hors taxes compris entre 1 et 400 milles USD ;
Tenue d'une comptabilité selon le système comptable en vigueur en RDC ;
Valeur des investissements mise en place pour les activités de l'entreprise inférieure ou
égale à 350 milles USD ;
Mode de gestion concentré ou ouvert à la décentralisation.
Malgré tous les détails et précisions que nous apporte cette dernière
définition, il est reproché une faiblesse à celle-ci : l'utilisation d'une monnaie étrangère (Dollar
Américain) dans le texte définissant les PME en RDC.
a) Classification des PME
1. Les PME du secteur formel
En RDC, il est très difficile de faire une distinction entre entreprise
structurée et non structurée, formelle et non formelle en ce sens que toutes les entreprises évoluent
dans les mêmes branches économiques. La seule différence est que pour les PME formelles la
comptabilité est solide, il y a souvent un contrôle du pouvoir public. Elles sont officiellement
reconnues par le régime fiscal et l’administration du pays.
Selon le Centre d’Actions pour Dirigeants et Cadres d’Entreprises Chrétiennes en sigle CADICEC,
les PME formelles sont des entreprises dont l’activité exige un minimum d’organisation et un
personnel formé.
2. Les PME du secteur informel
7
La PME de ce secteur exerce des activités économiques spontanées
échappant en grande partie au contrôle de l’administration, suivant des obligations légales non
recensées dans les statistiques nouvelles, bénéficiant rarement des activités promotionnelles de l’État.
La majorité des PME Congolaises évoluent dans Ce secteur.
b) Les caractéristiques des PME
Les Petites et Moyennes Entreprises présentent un certain nombre des
caractéristiques que nous pouvons synthétiser comme suit :
1. Le dirigeant de la PME
Dans bien des cas, le dirigeant de la PME est son initiateur. C’est dans
le souci de pérenniser son œuvre qu’il prend souvent seul la direction de son entreprise. Pour arriver
à bon port, il est exigé à l’entrepreneur un certain nombre de qualité à savoir : la probité, la maîtrise
de soi, le goût du risque, la large compréhension, etc.
2. La taille
En RDC, la taille de l’entreprise est déterminée par l’effectif des
employés et le chiffre d’affaires. Dans ce petit tableau ci-dessous, voyons la catégorisation :
Tableau N°1 : Taille de la PME
CATEGORIES MICRO PETITE MOYENNE GRANDE
CRITERES ENTREPRISE ENTREPRISE ENTREPRISE ENTREPRISE
Nombre 1à5 6 à 50 51 à 200 201 à plus
d'employés
Chiffre d'affaires 1 à 10 000 10 001 à 60 000 60 001 à 400 000 400 001 à plus
en (USD)
Mode digestion concentré ouvert à la décentralisation
decentralization
Source : tableau conçu à partir des données de la charte de PME de mars 2006.
8
Dans ce tableau, il ressort clairement que toute entreprise qui engage
jusqu’à 200 travailleurs dont le chiffre d’affaires ne peut pas dépasser 400 000 USD se trouve bel et
bien dans la catégorie de PME.
9
SECTION 2. CHAMP EMPIRIQUE
Dans cette section, il sera question de faire la présentation de notre
champ empirique, qui est LA PME MULYKAP, dans la ville de Lubumbashi. Il sied de signaler que
la ville de Lubumbashi occupe actuellement la deuxième place dans le pays du point de vue de la
superficie et d’infrastructure. Localisée dans la partie australe de la RD. Congo, au sein de la
province du Haut-Katanga, elle compte sept communes et accuse une population en majorité jeune.
1.2.1. GENESE ET HISTORIQUE DE MULYKAP
L'historique de l'entreprise MULYKAP Sarl remonte depuis l'année
1997 lors de l'avènement de l'Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo
(AFDL) qui trouva que l'ancienne philosophie selon laquelle le secteur des hydrocarbures n'était
exercé que par les multinationaux n'était pas meilleure. D'où la décision de libéraliser ce secteur en
l'étendant aux nationaux pour leur donner l'opportunité d'y prester également. A cause des problèmes
politiques avec les étrangers qui détenaient le marché pétrolier dans le pays, il se posait une rareté des
produits petroliers. C'est dans le souci de résoudre ce problème que cette entreprise MULYKAP Sarl
trouve sa naissance.
Au même moment, une idée se forme dans la tête de Monsieur
MULAND KABEY, initiateur de l'actuelle entreprise MULYKAP Sarl se lancer dans la vente de
carburant. C'est ainsi que vers les années 1999, l'entreprise MULYKAP sous sa forme informelle voit
le jour. Jusqu'en 2003, cette entreprise ne travaille que dans un seul secteur d'activité : « le carburant
», quoiqu'elle agrandisse sa structure en se dotant d'un dépôt de stockage d'environ 330 000 litres. À
partir de 2004, l'idée d'étendre l'entreprise en ajoutant à celle-ci le secteur de transport naquit; l'idée
qui sera réellement mise en œuvre à partir de l'année 2006 avec l'achat d'un grand nombre de bus
neufs acquis pour le secteur de transport. En Juin 2014, l'entreprise harmonise ses statuts et bascule
alors vers sa forme actuelle de société à responsabilité limitée (Sarl) d'où le nom actuel de
MULYKAP Sarl.
10
1. LES EFFECTIFS
MULYKAP Sarl compte à ce jour plus ou moins 400 travailleurs en son sien.
2. OBJET SOCIAL
L'objet social est l'activité économique pour laquelle la société est créée.
Il peut s'agir d'une activité commerciale (si elle rentre dans les catégories d'activités commerciales
telles qu'énumérées à l'article 3 de l'acte Uniforme relatif au Droit Commerciale Générale) ou d'une
activité non commerciale. L'entreprise MULYKAP Sarl est une société commerciale, dont les
activités principales sont :
Importation, stockage et commercialisation des produits pétroliers ;
Le transport des personnes et des biens.
Aussi, elle aide les sociétés congolaises en leur offrant des services de transport entre les villes et
aussi des stations-services en les réapprovisionnant en carburant.
Dénomination Sociale "MULYKAP Sarl", signifiant "Muland Yvette Kabey Petroleum".
3. LES OBJECTIFS
Les objectifs de l'entreprise sont :
Elargir ses activités de transport au transport aérien;
Diversifier les lignes de transport et couvrir le territoire national, pourquoi pas l'Afrique toute
entière;
Se doter des terminaux modernes.
4. VISION DE MULYKAP
Le visions de l'entreprise, comme tout autre entreprise commerciale sont :
Maintenir sa position de leadership dans le secteur de transport,
Etre le numéro 1 dans le secteur pétrolier,
Offrir les meilleurs services aux clients.
11
5. VALEURS DE L'ENTREPRISE
A. PROFESSIONNALISME
Offrir un service de qualité
Respecter les délais et les engagements pris
Adopter les meilleures pratiques dans le transport routier
B. INNOVATION
Etre à l’écoute des besoins émergent des clients
Développer des nouvelles solutions de transport adaptées
Investir dans des technologies et des équipements plus performants
C. RESPOSABILITES SOCIALES ET ENVIRONNEMENTALES
Contribuer au développement économique local et national
Assurer la sécurité de ses employées et des Autres usagers de la route
Minimiser l’impact environnemental de ses activités de transport
D. INTEGRITE
Agir avec honnête; transparence et éthiques dans ses pratiques
Respecter la reglementation en vigueur
Entretenir des relations de confiance avec ses partenaires
E. ESPRIT D EQUIPE
Favoriser la collaboration et la communication avec ses employées
Valoriser l’expertise et l’engagement de chacun
Encourager l’initiative et la prise de responsabilité
Rien ne se gagne, rien ne se perd.
On n'obtient rien sans sacrifice, sans volonté, sans effort, sans discipline.
6. MISSION DE MULYKAP
Offrir des solutions de transports efficaces et fiables pour faciliter la circulation des
marchandises en république démocratique du Congo.
12
7. SITUATION GÉOGRAPHIQUE
La société est située au numéro 26 de l'Avenue USOKE, Commune
KAMPEMBA, Quartier KIGOMA, dans la province de l'ex-Katanga, en République Démocratique
du Congo.
8. STATUT JURIDIQUE
o Creation: Fin des années 2002.
o Type : Société Privée à Responsabilité Limitée (SARL).
o Statuts harmonisés le 15 juin 2014 conformément aux dispositions de l'OHADA
(Organisation pour l'Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires).
o Fondateur : Monsieur Patrik MULAND, actionnaire majoritaire.
o Associés minoritaires : Madame Yvette et Monsieur KENY.
Ces informations donnent un aperçu de la structure et de l'organisation de la société MULYKAP Sarl.
13
9. ORGANIGRAMME MULYKAP
SOURCE : service des ressources humaines de MULYKAP
14
1.2.2. ANALYSE DE L’ENVIRONNEMENT
L’analyse de l’environnement constitue une étape essentielle
pour comprendre le contexte dans lequel évolue une entreprise et évaluer les facteurs qui
influencent sa gestion comptable. Pour la PME MULYKAP, opérant à Lubumbashi, cette
démarche revêt une importance particulière en raison des défis spécifiques liés au cadre
économique, réglementaire et social local.
Dans le but d’appréhender de manière globale les influences
extérieures et intérieures susceptibles d’impacter l’organisation comptable de MULYKAP, deux
outils d’analyse complémentaires ont été mobilisés : le modèle PESTEL et le modèle SOFT.
Le modèle PESTEL permet d’examiner l’environnement externe
de l’entreprise en identifiant les facteurs politiques, économiques, socioculturels,
technologiques, environnementaux et légaux qui conditionnent son activité et ses pratiques de
gestion. Il aide à mettre en lumière les opportunités à saisir ainsi que les contraintes et menaces
que le contexte actuel impose à MULYKAP.
Le modèle SOFT, quant à lui, vise à analyser l’environnement
interne de l’organisation en recensant ses satisfactions (forces), opportunités, faiblesses (faults)
et menaces (threats). Cette approche permet d’évaluer les atouts et les points d’amélioration de
MULYKAP, notamment en termes de ressources, de compétences et de processus internes.
Dans les points suivants, une analyse détaillée de l’environnement
de MULYKAP sera présentée selon ces deux axes, afin d’identifier les principaux facteurs qui
influencent son organisation.
1.2.2.1. ANALYSE SWOT
15
FORCES FAIBLESSES
Expérience et expertise dans le Vieillissement du parc des véhicules
transport routier Manque d’investissement dans la
Réseau étendu de lignes de transport mordenisation
Partenariat solide avec des chargeurs Problèmes reccurent de fiabilité et de
Part de Marché sécurité
Main d’oeuvre qualifié
Niveau de fond proper
OPPORTUNITES MENACES
Forte croissance du commerce Concurrence d’autres operateurs de
extérieur en RDC transport
Programme d’infrastructures routières Intastabilité politique et économique
en développement Risqué de hausse des couts
Possibilité de diversifier les services opérationnels (carburant,taxes,etc)
(logistique, entreposage) La degradation des routes
SOURCE: Direction de marketing 2025
1.2.2.2. ANALYSE PESTEL
16
POLITIQUE ECONOMIE
La décentralisation des Croissance économique,
provinces ET la taxation crise, pouvoir d’achat
LEGISLATION SOCIO-CULTUREL
Mulykap est légalement La culture du transport de
connu par l’Eta, la L’ENTREPRISE ET SON luxe de la population,
population et le milieu et MARCHE MULYKAP influence par ses
respecte la règlementation prestations de services de
sur le transport et les transport dans différentes
assurances directions
TECHNOLOGIE ECOLOGIE
Le renouvellement des Respect de
véhicules adaptés aux l’environnement, recyclage
norms technologiques des déchets, énergies
modernes
17
1.2.3. IMPORTANCE DE MULYKAP DANS LE TISSU ECONOMIQUE LOCAL DE
LUBUMBASHI
MULYKAP occupe une position stratégique et joue un rôle clé
dans le développement économique de la ville de Lubumbashi et de la province du
Haut-Katanga. En tant que premier opérateur local dans le secteur du transport routier de
personnes et de marchandises, l’entreprise s’est imposée comme un acteur incontournable du
dynamisme économique régional.
L’activité principale de MULYKAP est centrée sur l’importation
et la commercialisation de produits pétroliers, en parallèle d’un service de transport routier
performant qui dessert des axes essentiels comme les lignes Lubumbashi-Likasi et
Lubumbashi-Kolwezi. Ces lignes assurent la mobilité quotidienne de milliers de personnes,
ainsi que la circulation régulière des biens, contribuant ainsi directement à la fluidité des
échanges commerciaux dans la région.
L’impact socio-économique de MULYKAP se manifeste à plusieurs niveaux :
a. Création d’emplois : L’entreprise emploie entre 200 et 450 personnes, offrant
ainsi des emplois stables et contribuant à la cohésion sociale locale. Cette
main-d’œuvre crée un effet multiplicateur favorable à l’économie locale par le
pouvoir d’achat généré.
b. Contribution à la mobilité régionale : En assurant des trajets réguliers, fiables et
sécurisés, MULYKAP facilite les déplacements interurbains indispensables à la
vitalité économique et sociale du Haut-Katanga. Cette mobilité soutient les
activités commerciales, les échanges intercommunautaires et le lien entre les
acteurs économiques.
c. Effet économique : Par le biais de ses activités dans les hydrocarbures et le
transport, MULYKAP dégage un chiffre d’affaires important, estimé à plusieurs
dizaines de millions de dollars, qui participe activement à la croissance
économique locale. Ces flux financiers alimentent le marché régional et
renforcent l’économie formelle.
d. Investissements et modernisation : L’entreprise investit régulièrement dans la
modernisation de ses infrastructures, notamment ses gares routières, et dans la
18
construction d’un terminal moderne à Lubumbashi. Ces initiatives participent à
l’amélioration des services urbains et soutiennent le développement durable de
la ville.
Ainsi, MULYKAP ne se limite pas à être une simple PME locale;
elle est un pilier du tissu économique de Lubumbashi, jouant un rôle important dans la création
d’emplois, la facilitation des échanges et la modernisation des infrastructures. Ces
caractéristiques rendent son étude particulièrement pertinente pour comprendre les défis et
enjeux liés à l’organisation comptable dans le cadre du SYSCOHADA. Ce présent chapitre a
fait l’Object de définitions des concepts clés, la présentation du champ empirique et l’analyse
de l’environnement de la PME Mulykap.