Saralee Auger et Virginie St-Pierre
Forces et mouvements sociaux
SCH1614 - 80
TRAVAIL DE SESSION
Travail présenté à
Jean-Philippe Rioux-Blanchette
Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue
27 octobre 2022
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TABLE DES MATIÈRES
Introduction.............................................................................................................................................2
1. Problématique.........................................................................................................................................3
1.1 Définition du mouvement social........................................................................................................3
1.2 Ampleur du phénomène ou son importance.....................................................................................3
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INTRODUCTION
Dans le cadre du cours de force et mouvements sociaux, un travail a été fait sous forme d’analyse sur un
mouvement social contemporain. Il doit donc s’appuyer autant sur les notions et les concepts présentés
en classe que sur une recherche documentaire personnelle. Il a été choisi de travailler sur le mouvement
féministe. D'abord, le travail sera abordé par la problématique, ensuite une analyse du mouvement
social sera discutée et s'en suivra d'une conclusion.
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1. PROBLÉMATIQUE
1.1 Définition du mouvement social
Tout d'abord, commençons par définir le terme féminisme. Selon l’encyclopédie canadienne, le
terme féminisme se rapporte à trois différents mouvements. Soit le mouvement politique, social
et intellectuel. Ces derniers, on agit dans le but d’obtenir l’égalité de tous. Depuis le départ,
plusieurs acteurs ont pris part au mouvement, dans le but de combattre les inégalités que la
société imposait aux individus en se basant sur leur sexe. Ce n’est qu’au milieu du 19e siècle
en Europe que les trois mouvements se sont rejoints pour former le mouvement de féminisme
que nous connaissons tous. Le terme « féminisme » est apparu en 1830. C’est le philosophe
français Charles Fourier qui a commencé à l’utiliser au départ. Pour ce qui est du mot «
féministe », celui-ci est arrivé en 1852 dans le dictionnaire de Oxford English Dictionnary.
Depuis leur arrivée dans notre vocabulaire, le féminisme a évolué en tant que mouvement à
travers le monde, y compris le Québec, sous plusieurs formes différentes. En résumé, le
mouvement féministe est un ensemble d’idées ayant un but commun. Le but du féminisme est
d’atteindre une égalité entre les sexes et ce dans toutes les sphères pour avoir une société plus
juste. Eidinger, A. 2020)
Au fil des années, plusieurs femmes ont marqué l’histoire du féminisme. Parmi ses féministes
se retrouve, Marie Gérin-Lajoie qui a milité au Québec en 1867 et 1945 pour l’amélioration du
statut de la femme. Dans ce sens, elle a fait de multiples écrits et conférences publiques pour
s’assurer que les femmes comprennent leurs droits et leurs devoirs. Elle souhaitait s’assurer
que les femmes aient droit à la loi de la vie quotidienne. D'autres féminismes ont aussi marqué
l’histoire, comme Simone de Beauvoir (1908-1986) (Larousse, 2022), Thérèse Casgrain (1896-
1981) (Stoddart, J. 2015), Simonne Monet-Chartrand (1919-1993) (Pelletier-Baillargeon, H.
2015) et plusieurs autres. Ces femmes ont lutté au fil des années pour que toute celle qui
naissait femme aille l’accès à l’éducation, aux professions, aux droits civiques et juridiques. Le
but premier était que les femmes ne dépendent plus de leur mari. C’est à la suite de plusieurs
années de luttes que les femmes ont eu le droit d’avoir le même niveau d’égalité au point de
vue légal et juridique que les hommes aujourd’hui. Le féminisme a aussi permis aux femmes de
l’accès à l’éducation, l’entrée dans les professions, le droit de vote, le droit de participer aux
élections, le droit d’avoir un siège au gouvernement, le droit de gérer ses biens, le droit de
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divorcer et le droit d’avoir accès à une justice équitable. Bien qu’au sens de la loi les femmes
aient eu de nouveaux droits, elle devait maintenant utiliser leurs nouveaux droits. Le tout s'est
déroulé à l'aide de manifestations, de publications, de livres, de grève de la faim, en résumé
tout ce qui pouvait permettre aux femmes de se faire entendre. (Penny, L. 2013)
1.2 Ampleur du phénomène ou son importance
Le mouvement social a commencé pour le droit de la reconnaissance des droits civiques (les
femmes n’avaient pas le droit de vote ni le droit de propriété et ne pouvaient pas participer à
élaborer des lois. Ce n’est qu’en 1920, aux États-Unis que certaines femmes blanches
obtiennent le droit de vote, en excluant toujours les femmes racisées), de la lutte patriarcale
(renverser le patriarcat au niveau de l’égalité des salaires, droit à la propriété d’un compte
bancaire, droit à une éducation égalitaire et lutte pour obtenir le droit des femmes à disposer de
leurs corps, comme le droit de prendre des décisions concernant leur utérus et de la
médiatisation autour des violences patriarcales)., la lutte pour les libertés (regroupe des
revendications, menées par des femmes aux parcours, cultures, origines, genres, orientations
sexuelles différent-es) ainsi que la lutte avec de nouveaux moyens de communication
(développement de la technologie et au développement des réseaux sociaux.) (OXFAM France,
2022.)
Selon le Conseil du statut de la femme, au Québec, depuis l’adoption de la charte des droits et
libertés de la personne en 1975, la discrimination selon le sexe est interdite. Mais dans les faits,
des inégalités sont toujours présentes. Les femmes endurent encore de la discrimination
systémique ou du sexisme ordinaire. La discrimination systémique se voit sous les méthodes
utilisées dans un milieu donné sans qu’il y ait intention ou conscience de discriminer. Le
sexisme ordinaire est de banaliser l'attitude, les comportements ou les réflexions sexistes. Des
gestes qui peuvent sembler sans importance, mais qui traduisent une discrimination réelle en
infériorisant les femmes. (Conseil du statut de la femme, 2020.)
Il n’y a pas d’égalité quant aux agressions et aux harcèlements à caractère sexuel. Ces
événements touchent principalement les femmes dans une grande majorité des cas. En 2016,
au Québec, 4 006 agressions sexuelles déclarées ont été recensées : 87 % des victimes sont
des femmes. Seulement 10 % des agressions sexuelles font l'objet d’une plainte officielle. Les
victimes connaissent l’agresseur dans la majorité des cas (86 %). (Conseil du statut de la
femme, 2020.)
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Au Québec, les façons de penser ont changé. Depuis 1986, la violence conjugale constitue un
crime. Malgré tout, elle est encore vécue par des femmes. Au Québec, en 2015, les policiers
ont enregistré 19 406 fois des infractions contre la personne dans un contexte conjugal. Les
femmes sont majoritaires parmi les victimes (78 %). Les auteurs présumés de violence
conjugale sont des hommes, 8 fois sur 10. (Conseil du statut de la femme, 2020.)
Au Québec, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à être diplômées. Pourtant,
leurs salaires restent à la baisse. En 2017, un peu plus de 60% des nouveaux diplômés de
premier cycle universitaire sont des femmes. En 2017 et 2018, 57,5 % des étudiantes du
collégial sont des filles. Bien que les salaires des femmes s’améliorent avec le temps, leurs
gains n’atteignent pas ceux des hommes. En 2019, la rémunération par semaine moyenne des
femmes ayant un diplôme universitaire correspond à 87,1 % de celle des hommes. Plusieurs
femmes font des choix de carrière influencés par une vision traditionnelle des rôles sexuels au
travail. En 2016, les 10 principales professions féminines exercées par les femmes regroupent
39,3 % des employés (comme dans les secteurs de la vente, des services, des soins aux
personnes, du travail de bureau). Chez les hommes, les 10 principales professions réunissent
26,7 % de la main-d’œuvre. Cela entraîne des différences au niveau du salaire puisque les
professions dites « féminines » offrent généralement de moins bons salaires. La Loi sur l’équité
salariale corrige, à l’intérieur d’une même entreprise de 10 employés et plus, les écarts
salariaux qui sont dits discriminatoires. L’équité salariale est alors atteinte lorsque les emplois à
taux élevé de femmes reçoivent une rémunération égale aux emplois à prédominance
masculine de valeur équivalente. (Conseil du statut de la femme, 2020.)
Malgré leur accès massif au marché du travail, les femmes sont plus nombreuses que les
hommes à vivre dans la pauvreté. En 2019, les femmes gagnent en moyenne 25,19 $ l’heure
par rapport à 28,06 $ l’heure pour les hommes. La pauvreté touche particulièrement les mères
de famille monoparentale, les immigrantes, les autochtones et les femmes âgées. En 2019,
près de 60% des personnes qui travaillent au salaire minimum sont des femmes. En 2019, les
femmes âgées de 65 ans ou plus rencontrent une difficulté financière : 30 % d’entre elles vivent
sous le seuil de faible revenu, comparativement à 20 % des hommes du même groupe d’âge.
Au Québec, en 2016, les trois quarts des familles monoparentales sont menés par une femme.
Le revenu total des familles monoparentales soutenues par une femme s’élève, environ, à 52
800 $ en 2017, ce qui demeure en dessous de celui des familles monoparentales dirigées par
un homme, lequel se situant à 65 400 $. Il y a donc un écart de plus de 12 000 $ entre les
revenus médians des familles monoparentales selon le sexe du parent. Les femmes
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immigrantes vivent une situation économique difficile en raison notamment de leur taux d’emploi
(57,6 %) en dessous de celui des immigrants (69 %) en 2019. (Conseil du statut de la femme,
2020.)
Le Québec est l’une des sociétés les plus avancées en matière d’égalité entre les femmes et
les hommes. Pourtant, les femmes sont encore sous-représentées au pouvoir. Aux élections
générales de 2018, 53 des 125 personnes élues à l’Assemblée nationale du Québec sont des
femmes. En février 2019, si le Québec était un pays, son pourcentage de femmes élues au
parlement le situerait au 11e rang mondial. À la suite des élections municipales de 2017, les
conseils municipaux comptent 34,5 % de femmes, mais seulement 18,8 % au poste de
mairesse. (Conseil du statut de la femme, 2020.)
Aujourd’hui, le travail domestique et familial est plus partagé que dans les générations
précédentes. Cependant, les femmes en font plus. Elles consacrent en moyenne 3,29 heures
par jour au travail dans la maison et au soin aux enfants, soit 1,02 heure de plus que les
hommes (2,27), une différence de plus de 30 %. L’inégalité du partage du travail domestique
est encore plus marquée lorsque l’on tient compte de la « charge mentale », soit anticipée,
planifier, déléguer. Les hommes prennent un congé de paternité (80 %), mais bien peu le
mettent de l’avant, alors que c’est partageable entre les parents. Les deux tiers des pères ne le
prennent pas. Le congé parental est plus souvent pris par la mère seule (73,2 % des cas), que
le contraire. (Conseil du statut de la femme, 2020).
Apprendre la socialisation différemment des filles et des garçons contribue à reproduire les
inégalités entre les sexes. Avant même la naissance de l’enfant, les parents se comportent
différemment s’ils vont avoir un garçon ou une fille. La chambre, les jouets, les vêtements, les
projets et les attentes varient selon le sexe de l’enfant à venir. La famille, l’école, les jouets, les
livres, les médias ou les vêtements véhiculent des stéréotypes de genre et de sexe. Ces
stéréotypes peuvent exercer une influence sur le parcours scolaire et professionnel des filles et
des garçons. Les réseaux sociaux, quant à eux, valorisent des modèles corporels stéréotypés
qui entretiennent des conceptions sexistes de ce que devrait être une femme ou un homme.
(Conseil du statut de la femme, 2020).
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2. ANALYSE DU MOUVEMENT SOCIAL (PORTRAIT SOCIOHISTORIQUE DE L’HISTOIRE DE CETTE LUTTE)
Première vague
La première vague féministe dure de 1850 jusqu’au début du 20e siècle. Ce mouvement est
parfois appelé « droit de vote des femmes », puisque l’objectif le plus important de ces
féministes est que les femmes obtiennent le droit de vote et qu’elles puissent siéger à des
fonctions politiques. Ces féministes, souvent appelées suffragettes, luttent sur des sujets tels
que les droits de propriété des femmes mariées, la garde des enfants, et la citoyenneté.
Plusieurs de ces femmes peuvent également être décrites comme des féministes maternelles.
Elles soutiennent que celles-ci ont des responsabilités précises en tant que « mères de la
nation », et qu’elles sont par conséquent naturellement aptes à s’occuper des soins des enfants
et à l’éducation. Au Canada, les féministes de la première vague les plus connues sont les cinq
femmes célèbres, notamment Emily Murphy, Henrietta Edwards, Nellie McClung, Louise
McKinney et Irene Parlby. (Eidinger, A. 2020)
De nombreuses associations, autant nationales qu’internationales, se constituent autour de
1900 : elles font des rassemblements où les arguments, les projets, les programmes sont faits.
Certaines militantes très activistes ont commis des actes de violence, allant de manifestations
au dépôt de bombes dans les stades, à la destruction de tableaux dans les musées, à la
maltraitance de parlementaires. Ces événements engendrent une loi de répression en 1908
conduisant à des poursuites pénales, ou même d’emprisonnement. Elles choisirent de se faire
incarcérer au lieu de payer une amende. Ce fut le début d'une longue suite d'arrestations
incitant la sympathie du public pour les suffragettes. Celles-ci se mirent à brûler des institutions
symboliques masculines qu'elles combattaient : une église ou un terrain de golf réservé
entièrement aux hommes par exemple. Des grèves de la faim continuèrent en détention. Les
féministes, dites suffragettes, eurent ce qu'elles considéraient comme leur première martyre en
1913 quand Emily Davison fut tuée en voulant arrêter le cheval du roi George V (Penny, L.
2013). Elles ont obtenu le droit de vote (restrictif) en 1918 et ouvert à toutes en 1928. Malgré les
avancées des suffragettes britanniques, en France, les femmes n’ont eu le droit de vote qu’en
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1944, moins d’un an avant celui des militaires, qui eux en étaient exclus aussi. (Dagorn, J.
2011)
Cette première vague féministe s’écrit dans les textes théoriques de John Stuart Mill, dont les
deux ouvrages, Considerations on Representative Government (Le Gouvernement
représentatif) et Subjection of Women ont, bien après la mort de son auteur en 1873, a permis
d’alimenter le mouvement suffragiste. (Dagorn, J. 2011)
Ce mouvement dépendait de l’économie et de la philosophie. D’ailleurs, cette vague a connu
une tendance à vouloir chercher le combat social et politique ensemble, à convaincre syndicats
et mouvement travailliste vers un égalitarisme. (Dagorn, J. 2011)
Dans la lignée des philosophes des Lumières du 19e siècle, tels Tocqueville ou Nietzsche
continuent à travailler pour l’égalité de tous les êtres humains. L’égalitarisme politique et social
sera dans les convictions des suffragistes. Ceci explique l’implication politique de ces militantes,
qui occupent des places lors des gouvernances. Marianne Weber, sociologue et présidente de
la fédération des associations de femmes allemandes, sera au siège du parlement de Baden
dans les années 20. En n’excluant pas d’autres aspects comme les inégalités au travail et au
niveau salarial, des militantes plus « radicales » constituent dans les années 1920 et 1930, le
noyau d’un « néo-féminisme » dont les convictions concernent autant le droit à la « propriété de
son corps » que l’égalité au niveau civique. (Dagorn, J. 2011)
Cette première vague a permis de crier ses droits dans des champs dominés par les sciences
économiques, sociales et politiques pour accéder à l’égalité civique. Engagées politiquement,
ces femmes portaient un projet féministe pour la collectivité et la globalité, en lien avec le
socialisme. (Dagorn, J. 2011)
Quoique les féministes de la première vague soient souvent reconnues pour avoir eu le droit de
vote pour les femmes dans divers pays, ce processus n’est pas toujours juste et inclusif. Par
exemple, des féministes de la première vague, incluant les cinq femmes célèbres, croient que
ce sont seulement les femmes blanches qui méritent le droit de vote ou d’élection. C’est là l’une
des façons différentes qu’elles utilisent pour garder leur privilège de “blanche” face à une
population immigrante croissante. Certaines d’entre elles promeuvent d’être contre l’obtention
du droit de vote pour les Autochtones, les Noirs ou les femmes de couleur. L’histoire du
féminisme dans la première vague ne peut être abordée sans parler de l’histoire de
l’eugénisme, du nationalisme, et du racisme. (Eidinger, A. 2020)
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Deuxième vague
La deuxième vague féministe à fait bouger la société de 1960 jusqu’en 1980. À ce moment, les
enjeux pour lesquelles les militants militait était l’égalité salarial entre les hommes et les
femmes, le souhait d’avoir une régularisation au niveau des naissances et de l'avortement, faire
reprendre la femme le pouvoir sur son corps et de ses membres reproducteur et mettre fin à la
discrimination. (Eidinger, A. 2020)
Un des principaux pivot de changement est le désir des femmes à reprendre le contrôle de leur
corps. Le tout s'explique par le fait que je suite à la 1re vague, les femmes ont obtenu le droit de
travailler, elle souhaite donc faire moins d'enfants pour privilégier leur carrière. De plus l'accès à
la contraception diminuerais les avortements clandestins qui sont parfois fait de façon
dangereuse. L’association Maternité heureuse fut fondée parallèlement aux demandes des
femmes dans le but de les soutenir. De plus Simone de Beauvoir poursuit son combat en
partageant des livres. Un de ces livre se nomme ‘’le deuxième sexe’’, cet ouvrage avait pour but
de renouveler la pensée féministe en dépouillant la maternité de son caractère sacré tout en
exprimant la différence entre la femme et la mère. (Eidinger, A. 2020)
Il est important de mentionner que le mouvement de la 2e vague s'est fait critiquer en Amérique
du nord, car celui-ci inclut seulement les femmes blanches de classe moyenne. De nombreuses
femmes de la classe ouvrière de différentes origines ethniques se voit obligé de de créer leur
propre organisation féministe. Le but est de lutter pour les droits des femmes d'autre ethnicité
ainsi que pour créer un sentiment d'appartenance au sein de leur communauté. (Eidinger, A.
2020)
Le black feminism fait son apparition aux Etats-Unis en même temps que la deuxième vague.
Une des principales actrices se nomme Angela Devis. Son but est d’effectuer un changement
drastique en dénonçant publiquement l’oppression silmultanée de race, de classe, de sexe et
du modèle de sexulatité. Le Black féminism et les lesbiennes féministes obligeront les courants
‘’hétéronormatif’’ à inclure dans leurs analyse de classe et de sexe, la dimensions ‘’races’’,
ethnie, hétérosexualité, exclusion social. (Dagorn, Johanna. 2011)
D’autre féministe à l’extérieur de l’Amérique du Nord et de l’Europe, incluant les féministes
autochtones du Canada, critique également le féminisme de la deuxième vague. C’est dernier
critique l’idée que les femmes et les hommes doivent nécessairement être égaux, soulignant le
11
fait que les femmes et les hommes contribuent à la société de manière égale, mais de
différentes façons. (Eidinger, A. 2020)
Au fils de la deuxième vague, le féminisme universaliste a fait son entrée. Son but est de venir
contredire les ‘’différentialistes’’. Initié par Simone de Beauvoir, se type de féminisme veut que
les femmes ont plusieur éléments de commun a travers leur assignation de sexe et souhaite
que celle-ci refusent tout ‘’discrimination positive’’ Le féministe universaliste voit qu’il y a trois
courant féministe, soit le féminisme libéral égalitaire, e féminisme marxiste et le féminisme
radical. Bien que des lacunes et des limites de cette classification sont observées dans les trois
courants, ceux-ci sont à l'origine des théories actuelles. (Dagorn, Johanna. 2011)
Troisième vague
Les années 90 sont considérées comme le vent de changement entre la deuxième et la
troisième vague de féminisme. Les origines de cette troisième vague sont souvent en rapport à
la sous-culture punk féministe « Riot Grrrl » des États-Unis. Cette sous-culture voit le jour à la
suite des critiques envers le féminisme de la deuxième vague et l’exclusion des individus
racialisés et marginalisés. Les féministes de la troisième vague travaillent délibérément à être
tous inclus. Les organismes reliés à la troisième vague, comme Fonds d’action et d’éducation
juridiques pour les femmes (FAEJ), se concentrent sur les luttes de libération sexuelle, de
récupération de mots péjoratifs, et de violence contre les femmes. (Eidinger, A. 2020)
L’une des principales fondatrices de cette vague est Kimberlé Crenshaw (Greene Hall, J. 2022)
qui a inventé le terme « intersectionnalité » pour expliquer comment les différents aspects de
l’identité et de l’oppression se croisent et interagissent. Une autre importante penseuse du
féminisme de cette vague est Judith Butler (Duignan, B. 2022), qui présente la performativité de
genre, ou l’idée que tout genre est une performance. La présentation de ces deux concepts
correspond également avec l’importance mise par la troisième vague sur la lutte pour la justice
au nom de toutes les personnes qui vivent de la discrimination de genre. Ceci inclut les femmes
cis, trans, non binaires, bispirituelles et de diverses identités de genre. Cependant, bien que
plusieurs personnes croient que le féminisme de la troisième vague est plus inclusif que les
deux autres, le mouvement est tout de même centré sur les femmes cis blanches,
particulièrement en Amérique du Nord. Il est également critiqué pour son manque au niveau du
message global qu’il veut démontrer. (Eidinger, A. 2020)
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Légalement, les femmes ont les mêmes droits que les hommes et peuvent disposer de leur
corps, mais les mentalités et les représentations s’imposent. Même si les courants de pensée
féministe ancrés en 1970 sont toujours existants, une troisième vague nait dans les années 90
et perdure à ce jour (Oprea, D.-A. 2008). Elle est caractérisée par une génération de féministes
qui intègrent de nouvelles revendications et pratiques en rupture avec celles de la génération
précédente, avec une diversité au sein de ces femmes (lesbiennes, femmes de couleur,
prostituées, handicapées…). Elles ont mis des efforts dans les champs médiatiques et culturels
et ont pris conscience que leur mouvement devait s’harmoniser avec les hommes dans une
cause commune. Ces féministes veulent donc une population mixte alors que la deuxième
vague désirait avant tout avoir une parole indépendante des hommes. Elles prônent le dialogue
entre les deux sexes, ce qui rapproche ses féministes de la première vague dans la
déconstruction des rôles féminins et masculins. Il faut montrer que la virilité pour un homme
(autant que la féminité pour une femme) n’est pas une obligation. Dans un contexte comme
celui-ci et ayant acquis l’égalité de droits, les mouvements féministes luttent désormais pour
garder ses libertés conquises, et la liberté dans les faits. (Dagorn, Johanna. 2011)
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CONCLUSION
En conclusion, l’analyse effectuée dans ce travail a permis de constater ce qu’est le mouvement
féministe sous toutes ses formes, soit la revendication des droits de la femme. La première
vague a permis aux femmes de lutter pour le droit de vote et les fonctions politiques pour
qu’elles puissent y participer. La deuxième vague a permis de se réapproprier le droit de choisir
pour leur corps (décider d’avoir des enfants, le droit à l’avortement, etc.). La troisième vague est
principalement basée sur la sauvegarde des droits acquis ainsi que des luttes pour la libération
sexuelle, de récupération de mots péjoratifs et de violence contre les femmes. À la lumière de
ces trois vagues, une question peut se poser : quel sera le prochain champ de bataille des
féministes?
Au terme de ce travail, il est possible de critiquer cette démarche d’analyse. En effet, ils
auraient pu être pertinents d’aborder la quatrième vague pour mieux comprendre la société de
nos jours. Effectivement, certains auteurs affirment que la société d’aujourd’hui sommes rendu
à une quatrième vague du féminisme. Celle-ci se caractérise par l’autonomisation des femmes,
l’utilisation d’outils internet et l’intersectionnalité. Quoique cela n’ait pas été abordé dans ce
travail, ce dernier mouvement reste ambigu et non prouvé, ce qui peut laisser croire que la
troisième vague est toujours présente, encore aujourd’hui, et pour les années à venir.
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BIBLIOGRAPHIE
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