DROIT PENAL GENERAL
Introduction
Le droit pénal ou droit criminel est la branche du droit qui détermine :
Certains faits ou abstentions (infractions) ;
Les sanctions applicables à chaque infraction (peines).
Le droit pénal général étudie donc les règles communes applicables à
toutes les infractions (exemple : la théorie de la tentative). Au sens large, il
englobe aussi l’étude des peines.
Le droit pénal général se définit comme l’ensemble des règles édictées
par les pouvoirs publics pour assurer le respect des valeurs que la société
considère comme fondamentales. Il est de ce fait le droit qui pose les interdits
fondamentaux de la vie sociale.
Il a pour objet de prévenir par la menace d’une sanction et au besoin de
faire sanctionner par le juge, au moyen d’une peine ou d’une mesure de sureté,
les actions ou les omissions que le législateur estime être de nature à troubler
l’ordre social. Il a donc une fonction protectrice car il protège la société et les
citoyens contre la délinquance.
Pour éviter la vengeance individuelle ou collective, la sanction de l’auteur
de la violation d’une norme sociale est organisée par les pouvoirs publics.
L’action engagée par les pouvoirs publics contre les auteurs
d’infractions pénales devant les tribunaux, est appelée « action publique ». Il
s’agit avant tout de préserver, par cette action judiciaire, l’ordre ou l’intérêt
public.
L’article 2 du Code Pénal (CP) définit l’infraction comme « tout fait,
action ou omission qui trouble ou susceptible de troubler l’ordre ou la paix en
portant atteinte aux droits légitimes, soit des particuliers, soit des collectivités
publiques ou privées et qui, comme tel, est légalement sanctionné ».
L’infraction est donc un acte, ou une omission, interdit par la loi sous menace
d’une peine.
De cette définition se dégage trois éléments caractéristiques de
l’infraction :
L’élément légal : l’infraction apparait comme une prévision de la loi.
Ne peut être considéré comme une infraction qu’un fait légalement
défini et puni comme tel.
L’élément matériel : c’est un acte matériel qui peut être une action
ou une omission.
L’élément moral : l’agent a volontairement dirigé son action ou son
abstention contre une valeur socialement protégée par la loi.
Indépendamment de ces éléments généraux, chaque infraction
comporte des éléments qui sont particuliers à sa définition légale : ils sont
étudiés en droit pénal spécial. Par exemple, pour le meurtre, l’élément légal est
l’article du code pénal réprimant ce crime, l’élément matériel, l’acte tendant à
donner la mort à autrui, l’élément moral, l’intention de donner la mort.
MODULE I : L’ELEMENT LEGAL DE L’INFRACTION PENAL
L’exigence préalable de la loi à l’existence de toute infraction est appelée
l’élément légal.
SECTION I : LE PRINCIPE DE LA LEGALITE DES DELITS ET DES PEINES
Ce principe est énoncé par l’article 13 alinéa 1 CP. Il n’y a pas d’infraction
sans texte : ni infraction, ni peine, sans texte (nullum crimen, nulla poena sine
lege). L’objectif est la volonté de protéger l’individu contre un éventuel
arbitraire du pouvoir qui créerait des infractions en fonction de ses besoins.
Le juge ne peut créer de nouvelles incriminations (ou peine) ; seuls
peuvent le faire la loi pour les crimes et les délits, le règlement pour les
contraventions.
Ce principe constitue une garantie des droits individuels contre
l’arbitraire. Il a deux corollaires : l’application restrictive de la loi pénale et la
non rétroactivité de celle-ci.
Paragraphe 1 : L’application restrictive de la loi pénale
Consacrée par l’article 14 du code pénal, l’application restrictive de la loi
pénale est un corollaire du principe de légalité. Il signifie que le juge chargé
d’appliquer une loi n’a pas le droit de l’étendre à des situations que la loi elle-
même n’a pas prévu.
En effet si on étend un texte au-delà de ses limites normales, on est
conduit à condamner sans texte. Le raisonnement par analogie, admis en droit
civil, est donc interdit en matière pénale. Ainsi, lorsque la loi pénale est
ambiguë au point que le juge n’arrive pas à saisir la pensée du législateur, il
doit dans le doute relaxer plutôt que de condamner le prévenu.
Paragraphe 2 : La non rétroactivité de la loi pénale
La loi ne rétroagit pas. En principe un individu ne peut être puni qu’en
vertu d’une loi déjà en vigueur au moment où il commet l’infraction.
La loi pénale s’applique, depuis sa promulgation jusqu’à son abrogation,
à tous les actes commis après l’entrée en vigueur de la loi ; elle ne s’applique
pas aux actes commis et définitivement jugés avant cette entrée en vigueur.
Le principe de la non-rétroactivité de la loi pénale est une garantie de
liberté individuelle ; la loi doit avertir avant de frapper.
Il faut comprendre par ce principe :
- le maintien de la loi ancienne si la loi nouvelle est plus sévère
- l’application immédiate de la loi nouvelle plus douce.
Le principe de la non-rétroactivité ne vaut pour les lois de procédures
(art. 20 CPP). Pour celles-ci, c’est l’application immédiate des dispositions
nouvelles à la répression des infractions commises avant leur entrée en
vigueur. Il ne faut pas confondre l’application immédiate et l’effet rétroactif,
par lequel la loi nouvelle s’appliquerait aux procédures en cours, mais en
supprimant les effets des actes déjà accomplis : l’application immédiate d’une
loi nouvelle est sans effet sur la validité des actes accomplis conformément à
l’ancienne loi.
SECTION II : CLASSIFICATION DES INFRACTIONS SUIVANT L’ELEMENT
LEGAL
Paragraphe 1 : Classification suivant la gravité (lourdeur de la peine)
L’article 3 CP distingue les crimes, les délits et les contraventions.
La classification de l’infraction dans l’une de ces trois catégories s’opère
en tenant compte du seuil maximum de la peine applicable prévue par les
textes définissant l’infraction et la punissant. Exemple : si une infraction est
punie de réclusion criminelle, elle est un crime ; si elle est punie d’un
emprisonnement elle est un délit ; si elle est punie d’une amende, elle est une
contravention.
Les intérêts attachés à cette distinction tripartite sont nombreux. Par
exemple, les crimes sont passibles du Tribunal criminel, les délits du Tribunal
correctionnel et les contraventions du tribunal de simple police.
Seule la loi peut créer et réprimer les crimes et les délits alors que les
contraventions relèvent du pouvoir réglementaire.
La tentative de crime est toujours punissable alors que la tentative de
contravention ne l’est pas. La tentative de délit n’est punissable qu’en vertu
d’une disposition spéciale.
Les délais de prescription des peines sont différents suivant qu’il s’agit de
l’une ou de l’autre catégorie :
Crime : 10 ans
Délit : 5 ans
Contravention : 2 ans
Paragraphe 2 : Classification fondée sur la nature de l’infraction
Le Code Pénal distingue entre infraction de droit commun, infraction
politique et infraction militaire.
Les infractions de droit commun sont celles qui troublent l’ordre social et
les infractions politiques sont celles qui portent atteinte à un intérêt politique
de l’Etat (violence de nature à mettre péril les institutions de la République).
Les condamnations à caractère politique ne font pas obstacles, en cas de
nouvelle infraction, à l’octroi du sursis, et ne révoquent pas le sursis obtenu
antérieurement
En effet, d’après l’article 35 CP, les peines privatives de liberté sont
qualifiées d’emprisonnement en matière de droit commun et de détention
militaire en matière militaire.
Il y a deux sortes d’infractions militaires :
Les infractions purement militaires : manquement aux devoirs
militaires, elles peuvent être commises que par des militaires (la
désertion, violation de consignes).
Les infractions militaires mixtes : infractions de droit commun,
pouvant être commises par des militaires (crimes et délits de droit
commun dans l’exécution du service ou cas d’agression sexuelle,
infraction de droit commun, qui n’est pas commis dans l’exécution du
service).
MODULE II : L’ELEMENT MATERIEL DE L’INFRACTION PENALE
En droit pénal, la simple intention criminelle n’est pas réprimée. Pour être
punissable, cette intention doit se traduire par des actes extérieurs. Mais, il
n’est pas toujours nécessaire que le délinquant aille au bout de ses actes car
l’infraction tentée est punissable, du moins à certaines conditions.
SECTION I : L’INFRACTION DE COMMISSION OU CONSOMMEE
Elle suppose pour sa consommation :
Une initiative physique de la part du coupable (exemple : le meurtrier
qui appuie sur la détente ou le voleur qui s’empare de la chose).
Un résultat qui va constituer le dommage ; celui-ci peut être :
- Matériel (meurtre)
- Immatériel (diffamation)
Aux termes de l’article 22 alinéa 1 CP « l’infraction n’est commise que
quand tous les éléments constitutifs sont réalisés et réunis ».
Ainsi par exemple pour qu’il y ait vol, il doit avoir soustraction
frauduleuse de la chose d’autrui. L’acte qui consomme l’infraction peut être un
acte positif, s’il y a une action ou un acte négatif, s’il y a une abstention.
Exemple : la non dénonciation de crime (art. 279 CP) et l’omission de porter
secours (art. 352 CP).
SECTION II : L’INFRACTION INACHEVEE
L’infraction est le résultat de toute une série d’efforts qui commence
depuis la simple pensée criminelle jusqu’à l’achèvement de l’acte.
Contrairement à l’infraction consommée, l’infraction inachevée est celle
qui a été interrompue en cours d’exécution (infraction tentée) ou encore celle
dont le résultat était impossible à atteindre (infraction impossible).
PARAGRAPHE 1 : La tentative punissable
A partir de quand la loi doit-elle frapper la matérialisation de
l’infraction ?
Le plus souvent, il s’écoule, entre la naissance de la pensée criminelle et
le résultat dommageable, une série de phases, variables, mais pouvant être
ainsi schématisées :
Phase interne :
- La pensée ou la résolution criminelle : l’infraction est envisagée
comme une éventualité.
- Le désir : le souhait de commettre l’infraction.
- Le projet : on forme un plan pour mener à terme l’infraction.
Phase externe :
- La préparation : en vue de l’infraction, on étudie les lieux, on se
procure des instruments, des armes.
- L’exécution :
si l’exécution est parfaite (par exemple, la victime est atteinte
mortellement dans le meurtre), on parle d’infraction
« consommée ».
si, par la volonté de l’agent ou pour toute autre raison, les
agissements criminels sont interrompus avant ce stade, l’infraction
est seulement « tentée ».
Le principe est que la tentative est punissable comme l’infraction
consommée ; l’auteur de la tentative est considéré comme « auteur » de
l’infraction, mais le juge peut naturellement abaisser la peine prévue.
Il s’agit de déterminer à partir de quel moment les pouvoirs publics sont
autorisés à agir ? Le Code Pénal de 2019 a décidé de ne réprimer que les
tentatives d’infractions.
Pour que la tentative soit punissable, il faut la réunion de certaines
conditions.
A- Le commencement d’exécution
Au terme de l’article 24 CP, constitue un commencement d’exécution,
l’acte impliquant sans équivoque l’intention irrévocable de son auteur de
commettre l’infraction.
Suivant cette définition, l’acte constitutif du commencement d’exécution
doit :
Etre un acte non équivoque c’est-à-dire qu’il ne doit pas s’expliquer
autrement (le fait de s’introduire par effraction de nuit dans une maison
muni d’un sac ne na peut s’expliquer que par la volonté de voler).
Etre un acte relevant une intention irrévocable de la part de son auteur.
Le commencement d’exécution résulte à la fois de l’acte lui-même et de
l’intention de l’agent au moment où il l’accompli. C’est donc l’acte qui est
l’élément révélateur de l’intention du délinquant.
Ne peut constituer la tentative la simple intention coupable. Seuls
peuvent constituer la tentative des agissements extérieurs. Il faut distinguer
sur ce point les actes préparatoires, et le commencement d’exécution.
- Les actes préparatoires ne sont pas punissables sur le plan de la
tentative, mais ils peuvent être réprimés à titre d’infractions
distinctes (exemple : offres en vue d’un assassinat ou d’un
empoisonnement, association de malfaiteurs), ou comme cas de
complicité (aide par fourniture d’armes) à la condition que le fait
principal soit punissable.
- Les actes d’exécution sont seuls susceptibles de constituer la
tentative punissable.
B- L’interruption involontaire de l’exécution ou l’absence du
désistement volontaire
Même s’il y a commencement d’exécution, il n’y aura pas tentative
punissable si l’agent renonce assez tôt, et volontairement, à accomplir l’acte
coupable.
D’après l’article 24 alinéa 1erCP, il y a désistement involontaire lorsque
l’exécution n’a été suspendue ou n’a manqué son effet que par les
circonstances indépendantes de la volonté de son auteur.
1- Le désistement doit être antérieur à la consommation de
l’infraction.
Le repentir actif est en principe inefficace. En effet le remords tardif,
même actif (restituer la chose volée, donner des soins à sa victime blessée)
est sans effet sur les éléments de l’infraction.
Le délinquant qui, après avoir entièrement accompli l’infraction, s’efforce
d’en réparer les conséquences en faisant preuve d’un repentir actif
demeure punissable. Cas de celui qui après le vol, poursuit sa victime pour
remettre la chose volée.
Cependant, il est important de déterminer le moment exact où
l’infraction est commise. On distingue à cet égard :
- Les infractions matérielles que seul un résultat consomme
(meurtre, vol).
- Les infractions formelles consommées indépendamment du
résultat (l’empoisonnement est punissable, quelles que soient les
suites de l’administration des substances).
2- Le désistement doit être volontaire
- On ne tient pas compte du mobile qui a poussé l’agent à s’arrêter
(remords, peur).
- Mais il faut un désistement vraiment volontaire, spontané. La
tentative demeurera punissable si le désistement est causé par un
évènement extérieur.
Il faut que le désistement soit volontaire et intervienne avant
l’achèvement de l’infraction. Ainsi, si le délinquant est surpris par
l’intervention d’une patrouille de police alors qu’il cambriolait une maison,
le désistement est involontaire.
PARAGRAPHE 2 : L’infraction manquée et l’infraction impossible
Il y a deux cas dans lesquels la non-consommation de
l’infraction est indiscutablement indépendante de la volonté de
l’agent :
- l’infraction manquée : par maladresse par exemple le
tireur manque sa victime, il y a tentative punissable ;
- l’infraction impossible : l’objet de l’infraction n’existe pas.
A- L’infraction manquée
Il y a infraction manquée, lorsque celle-ci était réalisable et que le sujet a
accompli tous les actes nécessaires à sa réalisation sans pour autant atteindre
le résultat recherché, par suite d’une circonstance indépendante de sa volonté.
Exemple : une maladresse.
L’article 24 CP réprime l’infraction manquée de la même manière que
l’infraction tentée.
B- L’infraction impossible
C’est un cas particulier d’infraction manquée. Elle ne pouvait réussir
(exemple : vol dans une poche vide).
Il y a infraction impossible lorsque le résultat est impossible à atteindre
parce que l’objet de l’infraction n’existe pas en d’autres termes, elle ne
pouvait pas réussir. Exemple : faire avorter une femme qui n’est pas enceinte
ou tuer un cadavre. Il y a une impossibilité de droit (non réprimée), l’acte à
accomplir est donc sans objet.
Cependant, l’impossibilité peut résulter de l’inefficacité des moyens
employés. Exemple : faire usage d’une arme à feu en état défectueux. Il y a une
impossibilité de fait (réprimée).
L’article 20 alinéa 3 CP assimile l’infraction impossible à la tentative
(impossibilité de fait). La tentative est punissable alors même que le but
recherché ne pouvait être atteint en raison d’une circonstance de fait.
MODULE III : L’ELEMENT MORAL DE L’INFRACTION PENALE
L’infraction suppose un acte matériel appelé élément matériel mais
également une attitude intellectuelle, une volonté claire et précise, que l’on
qualifie d’élément moral.
SECTION I : L’ELEMENT MORAL DANS L’INFRACTION INTENTIONNELLE
Pour que l’infraction soit commise, il ne suffit pas que l’agent soit
l’auteur matériel de l’acte. L’acte n’est une infraction punissable que s’il y a
responsabilité pénale, c’est-à-dire si son auteur matériel est un être humain
responsable, jouissant de ses facultés mentales (c’est l’imputabilité), à défaut
de quoi, il n’y a pas responsabilité.
Dans l’infraction intentionnelle, l’élément moral consiste en une
intention précise, c’est-à-dire la volonté de violer la loi en accomplissant un
acte que l’on sait défendu par celle-ci ou le refus d’accomplir un acte que l’on
sait ordonner par la loi. Autrement dit, il s’agit de la volonté d’accomplir les
faits matériels interdits par la loi pénale, en clair avoir conscience de
transgresser la loi.
Trois éléments sont nécessaires dans l’analyse de l’intention :
- la prévisibilité du résultat (l’intention suppose que l’agent ait pu
prévoir le résultat),
- le désir de ce résultat (l’intention suppose que l’agent ait désiré le
résultat),
- l’action en connaissance du caractère illégal de l’acte (la jurisprudence
retient que l’intention existe dès lors qu’il y a eu violation en
connaissance de cause de la prescription légale ou règlementaire).
Pour la jurisprudence donc, cette intention existe toutes les fois que
l’agent a eu conscience du fait que par son acte, il cause nécessairement le
résultat illicite envisagé et prohibé par la loi. Pour marquer cette intention
criminelle, le législateur utilise quelques fois des notions telles que
« sciemment, en connaissance de cause, volontairement etc…..».
SECTION II : LA NOTION D’ELEMENT MORAL DANS LES INFRACTIONS
NON INTENTIONNELLES
L’infraction non intentionnelle est celle dans laquelle l’agent ne vise pas,
ne cherche pas en connaissance de cause ou volontairement le résultat
obtenu. Ces infractions sont constituées indépendamment de l’intention
criminelle. Ce sont d’une part, les délits d’imprudence, de négligence et d’autre
part, les contraventions.
PARAGRAPHE 1 : l’élément moral dans les délits
L’élément moral dans cette catégorie d’infractions ne comporte pas la
volonté du résultat comme possible et consiste pour l’agent à ne pas avoir pris
les précautions qui auraient empêché le dommage de survenir.
Ainsi, l’automobiliste qui provoque un accident en faisant un mauvais
dépassement sans une bonne visibilité commet une faute d’imprudence.
L’imprévoyance peut être consciente ou inconsciente :
- elle est dite consciente, lorsque l’acte résulte d’une volonté délibérée
mais ses conséquences ne sont pas voulues. Dans ce cas, l’agent a conscience
du danger causé par son comportement mais, prend le risque en pensant que
le dommage ne se réalisera pas. Exemple : les coups mortels qui sont des coups
portés à une personne et qui ont provoqué sa mort. Ces coups ont été donnés
sans intention de donner la mort.
- elle est dite inconsciente, lorsque l’acte à l’origine du dommage lui-
même n’a pas été prévu. Exemple : le chasseur qui tire par inadvertance sur la
gâchette de son arme.
PARAGRAPHE 2 : L’élément moral dans les contraventions
En principe dans les contraventions, l’élément moral est très réduit
lorsque la faute est établie puisque le fait réprimé par les textes est
matériellement constaté sans que le juge ait à rechercher une quelconque
volonté criminelle.
Le ministère public n’a donc pas à établir l’existence d’un agissement
volontaire, le fait matériel étant suffisant. On déduit la volonté de l’acte lui-
même. Il s’agit donc d’une faute présumée.
MODULE IV : LES DIFFERENTES FORMES DE PARTICIPATION A L’INFRACTION
SECTION I : L’AUTEUR ET LE COMPLICE
PARAGRAPHE 1 : L’auteur
Selon l’article 25 CP, est « auteur d’une infraction, celui qui la commet
matériellement ou se sert d’un être pénalement irresponsable pour la faire
commettre ou contraint sciemment autrui à la commettre ».
L’auteur est donc celui qui réalise le fait incriminé par la loi. C’est lui qui
consomme l’infraction parce que son comportement correspond exactement à
l’action ou l’omission illicite incriminée. Exemple : dans le cas du meurtre, c’est
celui qui volontairement tue la victime.
Si plusieurs personnes portent des coups à une autre personne et la
tuent, elles en sont toutes des auteurs parce que chacune d’elles a exécuté
l’acte correspondant à la définition de l’infraction. Cas du film « crime de
l’Orient Express » ou chaque passager du train a poignardé la victime ».
L’article 25 qui définit la notion d’auteur l’élargit en introduisant la
notion d’auteur intellectuel. Ainsi, au terme de cette disposition, est également
auteur d’une infraction soit celui qui se sert d’un être pénalement
irresponsable soit celui qui contraint sciemment autrui à la commettre.
L’auteur est donc aussi celui qui fait commettre l’infraction par un tiers.
Dans ce cas, il n’exécute pas personnellement le fait illicite. Il ne commet pas
matériellement l’infraction, mais il l’a fait commettre, en la provoquant. Il est
ainsi appelé auteur moral de l’infraction.
PARAGRAPHE 2 : Le complice
La complicité met en scène un acteur de premier plan, à savoir l’auteur
qui commet l’infraction et un acteur de second plan qui ne commet pas
l’infraction, mais qui y participe dans les conditions définies par la loi.
Le complice n’est pas punissable comme tel en l’absence de fait principal
punissable.
Selon les dispositions de l’article 30 CP, le complice est celui qui sans
prendre une part directe ou déterminante à la réalisation de l’infraction, y
participe par provocation, instruction, fourniture de moyens, aide ou assistance.
Dans ce texte, le complice ne prend pas une part directe ou
déterminante à la commission de l’infraction contrairement à l’auteur.
L’auteur même s’il n’accomplit pas personnellement le fait incriminé
prend une part directe ou déterminante dans sa réalisation alors que le
complice est celui dont le rôle n’est pas direct ou déterminant, mais qui
participe à l’entreprise délictueuse en accomplissant l’un des actes énumérés
par l’article 30 CP.
Cette participation doit, pour être punissable, réunir un élément moral
(la connaissance de cause : il faut avoir voulu favoriser l’infraction), et un
élément matériel (la participation par l’un des cas de complicité prévu par la
loi).
Les trois cas de complicité :
- La provocation
Elle suppose, certains moyens : don, promesse, ordre, menace, abus
d’autorité ou de pouvoir.
- L’instruction
Il s’agit de moyens intellectuels (renseignements donnés en vue de la
commission de l’infraction tels que le plan de la maison, le parcours de la
victime).
- L’aide ou assistance
La fourniture de moyens matériels, ayant servi à l’action, en
connaissance de cause telle qu’établir de faux documents en vue d’une
escroquerie.
L’existence d’un fait principal punissable est une condition à la fois
nécessaire et suffisante : il faut un fait principal punissable, mais il n’est pas
nécessaire que l’auteur principal soit punissable.
N.B : - le complice : sans son action, l’infraction peut se commettre. Il
participe moins directement à l’infraction.
- l’auteur : son action conditionne ou est déterminante dans la
commission de l’infraction.
MODULE V : LA SANCTION PENALE
L’article 6 CP fait une distinction des peines et mesures de sureté.
SECTION I : LA DISTINCTION DES PEINES ET MESURES DE SURETE
PARAGRAPHE 1 : Le fondement de la distinction
Le fondement de cette distinction réside dans le but poursuivi par
chaque type de sanction pénale.
A- Concernant la peine
Aux peines, on assigne généralement trois buts :
- Un but expiatoire, c’est-à-dire qu’elle consiste à la juste mesure de
la faute commise, autrement dit, la gravité de la faute commise
déterminera le quantum de la peine.
- Un but d’intimidation, on considère que la peine doit pouvoir tenir
en respect, effrayer, intimider, dissuader tout délinquant.
- Un but de réadaptation sociale, de réinsertion et d’amendement
du délinquant.
B- Concernant la mesure de sureté
Elle se distingue de la peine par le fait qu’elle est axée avant tout sur la
prévention des infractions, par la prise en considération de la tendance à la
délinquance de certains individus.
Paragraphe 2 : Les intérêts de la distinction
A la différence de la peine, la mesure de sureté ne suppose pas
nécessairement la commission d’une infraction elle est déclenchée par l’état
socialement dangereux d’un délinquant.
Toujours à la différence de la peine, dont la durée est fixée par décision
de justice passée en force de chose jugée, la mesure de sureté peut être
révisable. En tant que mesure de protection de la société, elle sera donc
modifiée ou elle durera indéfiniment suivant l’évolution de l’état dangereux du
délinquant.
Bien que n’étant pas des peines, les mesures de sureté n’en constituent
pas moins des sanctions et sont ressenties comme telles par les individus à
l’égard desquels elles sont prononcées. Aussi est-il normal que de la même
manière que pour les peines, chacun puisse savoir à l’avance à quelle mesure
de sureté il s’expose en accomplissant tel ou tel acte. C’est la signification de la
règle posée par l’article 13 CP.
Contrairement aux peines, toute loi prévoyant des mesures de sureté est
d’application immédiate (art.20 al. 2 CP). Cependant, aucune mesure de sureté
à l’exception de la confiscation, mesure de police, ne peut être ordonnée sans
que le juge ne la prononce mais préalablement constatée par décision motivée
que l’intéressé est socialement dangereux.
SECTION II : CLASSIFICATION DES DIVERSES SANCTIONS PENALES
Le code Pénal distingue les peines principales, les peines
complémentaires et les mesures de sureté.
PARAGRAPHE 1 : Les peines principales (art. 34 CP)
La peine de mort est la peine principale la plus grave. Elle a été
implicitement abrogée par la constitution de 2000.
Il y a les peines privatives de liberté perpétuelle ou inférieure ou égale à
20 ans. Les modalités d’exécution desdites peines sont prévues par l’article 677
CPP.
Enfin, il y a l’amende, qui est une sanction pénale affectant le patrimoine
du condamné et consistant au paiement d’une somme d’argent au profit du
trésor.
PARAGRAPHE 2 : Les peines complémentaires (art. 36 CP)
Elles sont dites complémentaires parce que adjointes aux peines
principales. Ce qui signifie qu’une peine complémentaire ne peut être
prononcée s’il n’y a pas de condamnation à une peine principale.
Ces peines doivent être expressément prononcées par le juge.
PARAGRAPHE 3 : Les mesures de sureté (art. 37 CP)
Les mesures de sureté s’appliquent aussi bien aux personnes qu’aux
biens. Exemple de sureté affectant les personnes :
L’internement de sureté
L’internement dans une maison de santé
L’interdiction de paraitre en certains lieux
L’interdiction de séjour.
Introduction
Définitions importantes :
Droit pénal : Branche du droit qui détermine les infractions et les sanctions
applicables.
Droit pénal général : Étudier les règles communes à toutes les infractions et les
peines associées.
Infraction : Acte ou omission troublant l'ordre social, défini et puni par la loi.
Idée principale :
Le droit pénal vise à garantir l'ordre social en prévoyant et en réprimant les infractions.
Arguments :
Il protège la société en sanctionnant les actes nuisibles.
Il prévient la vengeance privée en organisant une réponse étatique aux infractions.
Il établit une distinction entre les infractions et fixe les conditions de leur répression.
Module I : L'élément légal de l'infraction pénale
Définitions importantes :
Principe de légalité : "Nullum crimen, nulla poena sine lege" (pas d'infraction ni de
peine sans texte légal).
Non-rétroactivité de la loi pénale : Une loi pénale ne s'applique qu'aux actes commis
après son entrée en vigueur.
Idée principale :
L'existence d'un texte légal est une condition essentielle à la qualification d'une infraction.
Arguments :
Protège contre l'arbitraire en entraînant la création d'infractions au cas par cas.
Garantit une application stricte et non rétroactive des lois pénales.
Idée secondaire :
Les infractions sont classées selon la gravité (crime, délit, contravention) et leur nature (droit
commun, politique, militaire).
Arguments :
La classification détermine la juridiction compétente et les peines applicables.
La tentative de crime est toujours punissable, mais pas celle d'une contravention.
Module II : L'élément matériel de l'infraction pénale
Définitions importantes :
Infraction consommée : Acte accompli produisant un résultat interdit.
Infraction tentée : Acte interrompu avant d'aboutir à l'infraction complète.
Infraction impossible : L'acte criminel ne peut aboutir faute d'objet ou de moyens
adaptés.
Idée principale :
Un acte matériel est nécessaire pour constituer une infraction, l'intention seule ne suffit pas.
Arguments :
L'infraction suppose une action concrète et un résultat interdit par la loi.
La tentative est réprimée lorsqu'elle traduit une intention criminelle manifeste.
Idée secondaire :
Certaines infractions sont punissables même sans résultat (empoisonnement, détournement de
fonds).
Arguments :
La loi sanctionne la simple mise en danger de l'ordre social.
L'interruption volontaire d'un acte criminel peut exonérer de responsabilité.
Module III : L'élément moral de l'infraction pénale
Définitions importantes :
Infraction intentionnelle : L'auteur agit en pleine conscience de l'illégalité de son
acte.
Infraction non intentionnelle : Résultat d'une imprudence ou négligence sans volonté
criminelle.
Idée principale :
L'intention criminelle est un élément clé dans la caractérisation d'une infraction.
Arguments :
L'infraction suppose une volonté de commettre l'acte ou une imprudence manifeste.
En droit pénal, l'élément moral distingue une faute intentionnelle d'une simple
négligence.
Idée secondaire :
Les contraventions étaient seulement la constatation d'un acte matériel.
Arguments :
Le juge ne recherche pas l'intention, seule la faute matérielle suffit.
Module IV : Les différentes formes de participation à
l'infraction
Définitions importantes :
Auteur : Personne qui réalise l'infraction ou en contrainte une autre à la commettre.
Complice : Personne qui aide, encourage ou facilite la commission de l'infraction.
Idée principale :
La responsabilité pénale peut concerner non seulement l'auteur, mais aussi le complice.
Arguments :
L'auteur principal peut être matériel ou intellectuel.
La complicité suppose une aide directe, une provocation ou des instructions précises.
Idée secondaire :
L'existence d'un fait principal punissable est nécessaire pour établir la complicité.
Arguments :
Sans infraction principale, la complicité ne peut être sanctionnée.
Certains actes préparatoires peuvent être prévus comme des infractions autonomes.
Module V : La sanction pénale
Définitions importantes :
Peine : Sanction visant à punir un acte répréhensible et à intimider les futurs
délinquants.
Mesure de sûreté : Disposition visant à prévenir la récidive sans nécessairement
réprimer un acte passé.
Idée principale :
Les sanctions pénales visent à punir, prévenir et réinsérer les délinquants.
Arguments :
La peine est un mais punitif et dissuasif.
La mesure de sûreté cible les individus dangereux sans exiger une infraction préalable.
Idée secondaire :
Les peines sont classées en principales, complémentaires et mesures de sûreté.
Arguments :
Les peines principales incluent l'emprisonnement et l'amendement.
Les peines complémentaires viennent en renfort (ex. interdiction professionnelle).
Les mesures de sûreté sont adaptées à l'évolution de la dangerosité du délinquant.
Introduction
Le droit pénal est la branche du droit qui définit les infractions et détermine les sanctions
applicables. Il se divise en droit pénal général, qui énonce les principes communs à toutes
les infractions, et droit pénal spécial, qui analyse chaque infraction de manière individuelle.
Le droit pénal vise à protéger la société et à prévenir les troubles à l'ordre public en
sanctionnant les comportements nuisibles.
Le Code Pénal définit l'infraction comme tout acte ou omission troublant l'ordre social et
sanctionné par la loi. Trois éléments caractérisent une infraction :
L'élément légal : une infraction doit être prévue et sanctionnée par un texte juridique.
L'élément matériel : l'infraction repose sur un acte ou une omission.
L'élément moral : l'auteur de l'acte doit avoir eu l'intention de le commettre ou avoir
fait preuve de négligence.
Module I : L'élément légal de l'infraction
1. Le principe de légalité des délits et des peines
Ce principe repose sur l'adage "nullum crimen, nulla poena sine lege" (pas d'infraction ni de
peine sans loi). Il empêche l'arbitraire des autorités et garantit que seul un texte juridique peut
créer une infraction. Ce principe a deux corollaires :
L'application restrictive de la loi pénale : le juge ne peut pas étendre la loi par
analogie.
La non-rétroactivité de la loi pénale : une loi nouvelle plus répressive ne peut
s'appliquer à des faits commis avant son entrée en vigueur, sauf si elle est plus douce.
2. Classification des infractions selon la loi
Selon la gravité :
o Crime : passible de la réclusion criminelle.
o Délit : puni d'une peine d'emprisonnement.
o Contravention : sanctionnée par une amende.
Selon la nature :
o Infractions de droit commun.
o Infractions politiques.
o Infractions militaires.
Module II : L'élément matériel de
l'infraction
Une infraction repose sur un acte tangible. Une simple pensée criminelle n'est pas punissable.
L'élément matériel peut prendre plusieurs formes :
Infraction consommée : l'acte est accompli et produit un résultat interdit.
Infraction inachevée : elle est stoppée avant son achèvement.
Infraction impossible : l'acte ne peut aboutir faute d'objet ou de moyens adaptés.
1. La tentative punissable
La tentative est réprimée si :
L'exécution a commencé.
L'interruption est indépendante de la volonté de l'auteur.
Il n'y a pas de désistement volontaire.
2. L'infraction manquée et l'infraction impossible
Infraction manquée : l'auteur a tout mis en œuvre, mais le résultat n'est pas atteint
(exemple : tentative d'assassinat ratée).
Infraction impossible : le résultat ne pouvait pas être atteint (exemple : tentative de
vol dans une caisse vide).
Module III : L'élément moral de l'infraction
L'élément moral correspond à l'état d'esprit de l'auteur.
1. Infraction intentionnelle
L'auteur agit volontairement et en connaissance de cause. Trois éléments sont à retenir :
La prévisibilité du résultat.
Le désir de ce résultat.
La connaissance du caractère illégal de l'acte.
2. Infraction non intentionnelle
Elle repose sur une imprudence ou une négligence, sans volonté de nuire. Les contraventions
ne nécessitent pas la preuve d'une intention.
Module IV : Participation à l'infraction
1. L'auteur de l'infraction
L'auteur est celui qui :
Commet directement l'infraction.
Fait commettre l'infraction par un tiers (auteur moral).
Contrainte une personne à commettre l'infraction.
2. Le complice
Le complice aide l'auteur de manière indirecte par :
Provocation.
Instruction.
Aide ou assistance matérielle. La complicité est punissable si un fait principal
punissable existe.
Module V : La sanction pénale
1. Peines et mesures de sûreté
Les sanctions pénales se divisent en :
Peines : Punissent l'auteur et dissuadent la récidive.
Mesures de sûreté : Préviennent la délinquance future.
2. Types de peines
Peines principales :
o Peine de mort (abolie dans plusieurs pays).
o Réclusion ou emprisonnement.
o Amende.
Peines complémentaires :
o Interdictions professionnelles.
o Confiscations.
Mesures de sûreté :
o Internement.
o Interdiction de paraître dans certains lieux.
Conclusion
Le droit pénal général encadre la répression des infractions en prévoyant des principes clairs :
la légalité des peines, la distinction entre auteurs et complices, ainsi que la classification des
sanctions. Il garantit également la protection des libertés individuelles en limitant le pouvoir
arbitraire.
En comprenant ces principes, on acquiert une base solide pour appréhender les mécanismes
du droit pénal et ses applications concrètes.