Ronsard: La rose de mai
Ce poème est l'oeuvre de la poésie française de la Renaissance.
1. La Renaissance est un mouvement de rénovation artistique et littéraire qui signifie un retour
aux modèles de l'antiquité classique, mouvement qui s'est développé, en France au XVI ème
sc.
Le Moyen Age a connu également cette littérature antique, c'étaient les clecs, les moines qui
avaent assuré la conservation des textes antiques en copiant les manuscrits. Ainsi le souvenir
des auteurs latins est vivant, mais dans une époque pleines de guerres, ces oeuvres ne peuvent
pas servir de sources d'idées pour donner des modèles pour vivre ou mourir. Quand la paix
s'installe, au XVI ème sc., à l'imitation de l'Italie où la Renaissance avait commencé plus tôt,
encouragés par leurs protecteurs, les écrivains français se jettent sur les textes antiques,
surtout grecs.
La philosophie de la Renaissance est l'humanisme où c'est l'homme qui est au centre des
valeurs, dans son intégralité, son corps, son âme, sa raison. L'humanisme se caractérise par un
appétit de savoir, apprendre le plus sur le monde et sur l'homme, la découverte de la beauté
humaine et naturelle.
Pour cela, la littérature antique fournit les formes et les thèmes. Les formes fixes sont
privilégiées comme les hymnes et les sonnets. Le principal thème philosophique est le thème
épicurien du poète latin Horace: "carpe diem"="profite de l'instant" qui se traduit chez
Ronsard par le vers "Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie". Apparaissent également les
thèmes et les figures mythologiques.
2. Pierre de Ronsard est né en 1524, il a été d'abord page à la maison royale. Mais il est
devenu sourd et il s'est mis à l'étude des textes anciens. Il a été reconnu comme le chef de la
Pléiade (1550), un groupe de poètes opposés aux genres médiévaux. Ils s'efforcent de
renouveler la littérature française par un retour aux sources antiques et de l'enrichir par la
création de nouveaux mots.(Du Bellay: Défense et illustration de la langue française -1549)
Sa poésie est appréciée de la cour dont il a été poète officiel car cette poésie se caractérise par
l'intelligence, la finesse, la sincérité et la simplicité du ton. Il a écrit des odes sur les paysages
de sa région natale, une épopée ("Franciade") sur les origines de la nation, des hymnes avec
de belles visions d'artiste, des discours en vers sur la misère de la patrie déchirée par les
guerres de religion, mais ce sont surtout ses sonnets à Cassandre, Hélène et Marie qui l'ont
rendu célèbre.
3. Le poème "La rose de mai" a été écrit à la mort de Marie de Clèves, aimée d'Henri III. Dans
le poème, Ronsard se souvient d'une autre Marie aimée pour sa grâce naïve et sa beauté qui,
elle aussi, est morte jeune encore. Ainsi poésie de circonstance et souvenir personnel se
fondent dans une série d'images à travers lesquelles la mort est transfigurée pour alléger la
douleur.
4. Le poème est écrit dans la forme du sonnet qui est une forme fixe et très préférée parce
qu'elle est capable de créer chez le lecteur des attentes qui viennent du jeu de la rime et du
rhytme, du contraste et du parallèle de la forme et du contenu.
Le sonnet se compose de quatre strophes: deux quatrains et deux tercets.
Les rimes se succèdent selon le schéma suivant: ABBA ABBA CCD EED. Cela montre que
le groupement des rimes est différent dans les quatrains et les tercets. Les quatrains
constituent deux unités fermée avec des rimes embrassées et identiques. Les tercets sont plus
ouverts et plus légers grâce à une rime d'appel qui ne trouve son écho que dans le vers final.
Concernant le rythme, l'alexandrin (12 syllabes) est le mètre le plus employé car il permet
d'accentuer les mot au milieu et à la fin du chaque vers.
Le sonnet est encadré par le premier et le dernier vers, le premier donne le point de
référence du sonnet, puis les deux quatrains forment un contraste avec les deux tercets et le
dernier vers doit proposer une pointe ou une chute qui résume, crée un contraste ou surprend.
5. Nature et idée générale – hommage funèbre d'un poète à une jeune femme morte présenté
en une seule phrase formée d'une comparaison entre la rose et la femme.
Composition – Le premier quatrain commence par "Comme", le premier tercet par "Ainsi":
c'est une comparaison. Les quatrains sont consacrés au premier terme, à la rose et les tercets
au deuxième terme de la comparaison, à la jeune femme. Dans le premier quatrain le poète
décrit les circonstances où on voit la rose et les qualités de la rose même: on la voit sur une
branche, on est au printemps, en mai, c'est le moment de l'aube, il décrit sa couleur. Dans le
deuxième quatrain il décrit ses pétales et son odeur. Mais au milieu du quatrain il y a une
rupture quand il décrit la fin inattendue de la rose.
Le premier tercet décrit le même destin de la jeune femme, après une jeunesse brillante la
mort inattendue. Dans le deuxième tercet il exprime sa tristesse infinie ("larmes et pleurs") et
avec ses offrandes il demande au destin de rendre possible la métamorphose de la personne
aimée pour qu'elle puisse exister après sa mort comme elle existait dans sa vie.
L'expression et style – De ce point de vue le poème montre les caractéristiques de l'art de la
Renaissance: - le choix de la forme, le sonnet
- l'expression et description des phénomènes, sentiments humains: la mort, le
deuil, l'amour, la tristesse, la beauté naturelle et humaine
- l'évocation des figures de la mythologie (la Parque = Mort, Fatalité, Destin)
et des rites antiques et paiennes (offrandes)
Comme on voit sur la branche
Pierre de Ronsard
Comme on voit sur la branche au mois de mai la rose,
En sa belle jeunesse, en sa première fleur,
Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur,
Quand l’Aube de ses pleurs au point du jour l’arrose;
La grâce dans sa feuille, et l’amour se repose,
Embaumant les jardins et les arbres d’odeur;
Mais battue, ou de pluie, ou d’excessive ardeur,
Languissante elle meurt, feuille à feuille déclose.
Ainsi en ta première et jeune nouveauté,
Quand la terre et le ciel honoraient ta beauté,
La Parque t’a tuée, et cendres tu reposes.
Pour obsèques reçois mes larmes et mes pleurs,
Ce vase plein de lait, ce panier plein de fleurs,
Afin que vif et mort, ton corps ne soit que roses.
Pierre de Ronsard, Amours, 1560
Májusi rózsa
Lásd májusban, amint ágán virít a rózsa:
pompája zsendülő, bimbója most fakad,
színeire az ég féltékenyen lecsap,
ha hajnal könnye hull s a tájat frissre mossa.
Bokrában kellem és szerelem bujdokol ma,
fát, kertet balzsamos illattal átitat,
hol az eső veri, hol hevével a nap,
s meghal, csüggedt fején szirom szárad sziromra.
Ily hamvas, zsendülő virág voltál te épp,
ég s föld hódolt neked csodás szépségedért,
de párkád úgy itélt: te is legyél a földé.
A sírod könnyem és gyászom díszíti már
- emez tejescsupor, amaz virágkosár -
s így tested holtan is rózsa lesz mindörökké.
Baranyi Ferenc