Rapport 24 FR
Rapport 24 FR
présenté à
Sa Majesté le Roi
Exercice
2024
WALI
M. Abdellatif JOUAHRI
CONSEIL
M. Le Wali, Président
M. Mohammed Tarik BCHIR, Directeur par Intérim du Trésor et des Finances Extérieures*
M. Mohammed DAIRI
M. Larabi JAÏDI
M. Mustapha MOUSSAOUI
M. Fathallah OUALALOU
COMMISSAIRE DU GOUVERNEMENT
M. Adil HIDANE**
* A compter du 9 janvier 2025, M. Mohammed Tarik BCHIR est désigné par la Ministre de l’Economie et des Finances en tant que Directeur par Intérim
du Trésor et des Finances Extérieures.
** M. Adil HIDANE est nommé par décret publié au Bulletin Officiel en date du 27 janvier 2025 en tant que Commissaire du Gouvernement.
RAPPORT SUR L’EXERCICE 2024
Majesté,
Majesté,
L’économie mondiale a continué d’évoluer en 2024 dans un environnement marqué par une
succession de chocs et des changements profonds de paradigmes, sur fond d’intensification
des tensions géopolitiques et des fragmentations économiques. L’année a également connu la
tenue d’élections dans de nombreux pays, avec des revirements d’orientations politiques, parfois
radicaux, accentuant davantage encore l’incertitude qui prévalait.
S’agissant des matières premières, la tendance baissière des cours des produits énergétiques
s’est maintenue, en lien notamment avec l’augmentation de la production pétrolière des pays
hors OPEP+ et la contraction de la demande mondiale de pétrole, en particulier celle émanant de
Chine. En revanche, porté par son statut d’actif refuge, l’or a continué de se renchérir, son cours
atteignant des pics jamais enregistrés auparavant.
Sous l’effet conjugué du recul des prix de l’énergie et de l’orientation restrictive des politiques
monétaires lors des deux années précédentes, l’inflation a poursuivi son ralentissement, revenant
à l’échelle mondiale à 5,7% en 2024. A l’exception notable de la Banque du Japon qui a opéré un
relèvement de son taux directeur, le premier en 17 ans, les banques centrales des principales
économies avancées ont amorcé un assouplissement de leurs politiques monétaires, à des
rythmes toutefois différenciés.
Au plan des finances publiques, traduisant les difficultés de reconstitution des marges budgétaires
après les efforts consentis durant la pandémie et le récent épisode inflationniste, les déficits sont
demeurés élevés et la dette publique a atteint 92,3% du PIB mondial.
Au niveau des marchés financiers, l’année a été caractérisée par une certaine euphorie sur
les principales places boursières, insufflée par la relative résilience de l’économie mondiale,
l’assouplissement monétaire et l’engouement pour les valeurs des nouvelles technologies et de
l’intelligence artificielle, notamment aux Etats-Unis.
i
Dans ce contexte, et malgré la succession des années de sécheresse, l’économie nationale a affiché
une résilience notable. En effet, si la valeur ajoutée agricole a accusé une contraction de 4,8%, celle
des secteurs non agricoles a marqué une nette amélioration, avec un rythme atteignant 4,5%.
Cette performance a été assez généralisée et a concerné en particulier les industries manufacturières
et extractives, ainsi que le commerce et le BTP. Elle est également attribuable à l’essor que connait
le secteur touristique, avec un nombre record d’arrivées aux postes frontières. Ainsi, la croissance
de l’économie nationale s’est établie à 3,8% au lieu de 3,7% en 2023.
Sur ce dernier volet, les prix à la consommation ont en effet affiché un très net ralentissement
de leur rythme, avec une hausse de 0,9% après 6,1% en 2023 et 6,6% en 2022. Outre l’allègement
des pressions d’origine externe, cette évolution résulte, au plan interne, des mesures prises par
le Gouvernement pour soutenir le pouvoir d’achat des ménages, du resserrement de la politique
monétaire initié dès 2022, ainsi que de l’amélioration de l’offre de certains produits agricoles.
Sur le marché du travail, la dichotomie sectorielle de la croissance a été tangible. Alors que
l’agriculture a accusé une nouvelle perte de 137 mille emplois, les secteurs non agricoles ont
marqué une nette hausse de 219 mille. Au total, l’économie nationale aura créé 82 mille postes,
sans toutefois retrouver le niveau d’emploi pré-pandémique. En effet, depuis 2019, près d’un
million d’emplois ont été perdus dans l’agriculture, un déficit que les autres secteurs n’ont pas pu
combler, au moment où plus de 275 mille personnes arrivent annuellement à l’âge de travailler.
Dans ce contexte, le chômage a continué à progresser pour atteindre 13,3% et le marché est resté
peu attractif, le taux d’activité se situant à 43,5% globalement et à 19,1% pour les femmes.
ii
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
La pression a été allégée par la performance exceptionnelle et largement meilleure que prévu des
recettes fiscales, attribuable à la réforme de la législation fiscale, aux efforts de recouvrement et,
dans une moindre mesure, à l’opération de régularisation volontaire de la situation fiscale des
personnes physiques. Tenant compte d’un montant de 35,3 milliards de dirhams de financements
innovants, et des économies engendrées par l’amorce de la décompensation du gaz butane, le
déficit budgétaire a poursuivi son atténuation à un rythme plus rapide qu’attendu, s’établissant,
hors produit de cession des participations de l’Etat, à 3,9% du PIB. Cette évolution s’est accompagnée
d’une diminution de 1 point de pourcentage de la dette publique directe à 67,7%.
Sur le volet des comptes extérieurs, le déficit commercial est demeuré élevé à 19,1% du PIB et ce,
en dépit de la bonne performance des métiers mondiaux du Maroc. Les importations de biens
ont affiché une hausse de 6,4%, tirées essentiellement par une augmentation des acquisitions de
biens de consommation et d’équipement, tandis que la facture énergétique a continué de s’alléger
en lien avec le repli des cours internationaux. En parallèle, portées principalement par les ventes
de phosphate et dérivés et du secteur automobile, les exportations se sont accrues de 6,1% et le
taux de couverture s’est stabilisé en conséquence autour de 60%.
L’année a également été marquée par de nouvelles améliorations des recettes de voyages à
112,5 milliards de dirhams et des transferts des Marocains résidant à l’étranger à 119 milliards,
maintenant ainsi le déficit du compte courant à un niveau contenu de 1,2% du PIB. De même,
et malgré un contexte international incertain, les entrées d’investissements directs étrangers ont
enregistré une expansion à près de 44 milliards de dirhams ou 2,7% du PIB. Au final, les avoirs
officiels de réserve de Bank Al-Maghrib se sont renforcés à plus de 375 milliards de dirhams, soit
l’équivalent de 5 mois et 9 jours d’importations de biens et services.
Soutenu par la consolidation des équilibres macroéconomiques, une inflation relativement faible
et le renforcement des réserves, le taux de change nominal du dirham a évolué tout au long de
l’année à l’intérieur de la bande de fluctuation sans intervention de la Banque centrale. Cette
évolution ainsi que les évaluations trimestrielles menées par Bank Al-Maghrib, laissent conclure
que la valeur de la monnaie nationale est demeurée en ligne avec les fondamentaux de l’économie.
iii
S’agissant de la réforme du régime de change, la Banque a poursuivi ses efforts pour
l’approfondissement du marché et la promotion du recours aux instruments de couverture. Dans
ce sens, elle a mis en place un marché à terme interbancaire des swaps de change et des swaps de
taux au jour le jour, offrant ainsi aux opérateurs économiques une référence pour leurs opérations
de couverture. La réussite de ces projets, qui contribuerait au développement des produits
dérivés dans notre pays, reste toutefois tributaire de la levée des contraintes juridiques liées à la
négociation de ces instruments et d’un cadre fiscal incitatif.
Bank Al-Maghrib a continué en parallèle à parfaire son projet de cadre de ciblage d’inflation. Les
travaux menés à cet égard laissent conclure que la largeur actuelle de la bande de fluctuation du
dirham offre d’ores et déjà une certaine autonomie permettant d’envisager l’adoption d’un objectif
d’inflation plus explicite.
Sur le plan des conditions monétaires, l’assouplissement amorcé par Bank Al-Maghrib s’est traduit
par un recul des taux d’intérêt sur les différents marchés. En particulier, ceux assortissant le crédit
bancaire ont accusé globalement une diminution de 28 points de base en glissement annuel. En
dépit de cette baisse, le rythme du crédit bancaire au secteur non financier a affiché une légère
décélération à 2,6%.
L’année sous revue a également connu un net ralentissement de la circulation fiduciaire, celle-ci
s’étant accrue de 5,2% contre une moyenne de 12% au cours des quatre années précédentes,
attribuable essentiellement à l’opération de régularisation de la situation fiscale des personnes
physiques. Œuvrant pour la réduction de l’utilisation du cash et l’atténuation des coûts et des
risques qui lui sont associés, la Banque a mené une réflexion approfondie, impliquant l’ensemble
des parties concernées en vue d’identifier les mesures appropriées à mettre en œuvre.
iv
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
S’inscrivant dans les efforts de notre pays en matière de lutte contre le changement climatique,
Bank Al-Maghrib a réalisé, conjointement avec la Banque mondiale, une évaluation des risques
financiers liés au changement climatique au niveau du secteur bancaire. Elle a, sur ce registre,
édicté deux directives à l’effet de mettre au point un cadre d’analyse de ces risques conformément
aux nouvelles normes internationales. Elle a aussi contribué à l’élaboration de la nouvelle stratégie
de développement de la finance climat à l’horizon 2030.
Consciente du potentiel des nouvelles technologies digitales, la Banque a multiplié ses initiatives
pour le développement d’un écosystème propice à l’innovation financière et à l’émergence d’une
industrie nationale dans ce domaine. Pour fédérer les efforts des parties prenantes, une association
à but non lucratif, « Morocco Fintech Center », a été créée et un fonds dédié aux Fintechs, doté d’une
enveloppe initiale de 100 millions de dirhams a été mis en place. La mission principale consiste
à fournir aux porteurs de projets un accompagnement juridique et réglementaire, ainsi qu’un
soutien financier, favorisant ainsi le développement et l’utilisation des technologies financières et
renforçant l’inclusion financière.
Sur ce dernier volet, Bank Al-Maghrib a lancé en 2024, en partenariat avec le ministère de
l’Économie et des Finances, les travaux préparatoires de la seconde phase de la Stratégie Nationale
de l’Inclusion Financière. Celle-ci s’articule autour d’une nouvelle vision qui appelle à des mesures
de rupture et à un engagement ferme des acteurs pour réduire les écarts, massifier l’usage des
services financiers et amplifier leur rôle dans l’inclusion économique et sociale.
Au niveau de la bourse de Casablanca, portés notamment par l’euphorie suscitée par l’accueil
d’événements sportifs internationaux, les cours se sont fortement appréciés, avec un bond de l’indice
v
MASI de 22,2% après celui de 12,8% en 2023. Dans ces conditions, la valorisation des entreprises
cotées a connu une nette augmentation à des niveaux élevés en moyenne en comparaison avec
les marchés frontières et avec de nombreux pays émergents. Ce développement s’est accompagné
d’un engouement notable de la part des investisseurs, mais la place est restée peu attractive pour
les entreprises, une seule introduction ayant été enregistrée au cours de l’année.
Sur le plan de la stabilité financière, les analyses menées en coordination avec les autres régulateurs
continuent de faire ressortir la résilience du secteur financier et l’absence de risques systémiques.
Sur ce même registre, la Banque a poursuivi l’approfondissement de son cadre analytique,
renforçant ses outils de diagnostic des risques émergents, dont ceux liés à la cybersécurité et au
changement climatique.
Majesté,
Depuis le début du millénaire, le Maroc a entrepris, sous Votre leadership, un agenda parmi les plus
ambitieux en matière de réformes institutionnelles, économiques et sociales, parallèlement à un
programme d’investissement sans précédent visant à doter le pays d’une infrastructure de classe
mondiale. Cette vision, que les institutions internationales considèrent comme une référence, a
permis des avancées notables sur plusieurs volets tels que la généralisation de la scolarisation, la
réduction de la pauvreté, ainsi que l’amélioration de l’accès à l’eau potable et à l’électricité.
vi
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Un tel contexte n’a pas manqué d’impacter les performances de l’économie nationale au cours de
cette décennie, celles-ci étant restées bien en deçà des ambitions que Votre Majesté s’est fixées
pour le pays. En effet, la croissance économique a décéléré de 4,5% en moyenne annuelle entre
2001 et 2013 à 2,5% au cours de la décennie suivante et les créations d’emplois sont revenues de
145 mille à 6 mille par an.
Au regard de l’ensemble de ces constats, Votre Majesté a pris l’initiative de lancer une nouvelle
génération de réformes visant l’accélération de la croissance et du développement humain. Plus
récemment, une nouvelle mise à niveau qualitative et quantitative de l’infrastructure a été amorcée,
afin de faire face aux enjeux liés à la sécurité hydrique, ainsi qu’à la souveraineté énergétique et
alimentaire, et de préparer l’accueil de manifestations continentales et internationales d’envergure.
Vos initiatives ont fait que les prémices d’un redécollage se multiplient ces derniers mois, laissant
espérer que 2024 sera une année charnière pour l’accélération de la croissance économique et de
la création d’emplois. Sur le plan du développement humain en particulier, le rythme du progrès
demeure certes lent en comparaison internationale, mais l’amélioration est tangible, le Maroc
étant désormais classé par les Nations Unies dans la catégorie des pays à développement humain
élevé.
Cela étant, la prudence devrait continuer de prévaloir en raison des nombreuses vulnérabilités
internes qui persistent et des multiples menaces exogènes qui pèsent sur les perspectives. Aussi,
pour que ce redécollage réussisse et puisse assurer des résultats en ligne avec Vos ambitions,
l’action publique devrait, à notre sens, agir selon trois axes qui nous paraissent prioritaires : (i)
renforcer la résilience face aux chocs ; (ii) rehausser l’agilité pour naviguer dans un contexte de
forte incertitude ; et (iii) préserver la stabilité macroéconomique, prérequis fondamental pour une
croissance durable.
Ainsi, la première source de chocs pour notre pays est sans doute le changement climatique. Il
compromet l’approvisionnement en eau potable et les acquis de la politique agricole. Ses effets
structurels se traduisent notamment par l’érosion des terres agricoles et une décapitalisation
préoccupante, en particulier du cheptel, qui a amené Votre Majesté à rappeler l’impératif de sa
reconstitution.
vii
Les efforts déployés pour le développement des infrastructures pour l’atténuation et l’adaptation
sont certes nécessaires, mais la politique publique devrait également agir sur la demande. Au-delà
des campagnes de sensibilisation et des restrictions occasionnelles, une gouvernance efficiente,
aussi bien au niveau central que local, s’impose, impliquant en particulier une politique de
tarification appropriée qui reflète la rareté de la ressource et qui tienne compte des différences de
pouvoir d’achat des ménages et de la capacité contributive des agriculteurs.
Sur le plan économique, la plus grande fragilité réside dans la fragmentation du tissu productif.
Les données disponibles montrent qu’il est largement dominé par les TPE, dont une grande partie
opère dans des activités informelles de faible valeur ajoutée et peu compétitives. Renforcer ce
tissu et amener le secteur privé à jouer le rôle qui lui revient dans l’investissement et la création de
l’emploi reste un défi de taille. Il commence en amont par l’amélioration du système d’éducation
et de formation, un domaine où les lacunes sont importantes. Il reste toutefois que la révision
des conditions de travail du personnel de l’éducation laisse envisager de meilleures perspectives,
sachant cependant que des résultats tangibles ne peuvent être espérés qu’à long terme.
Pour ce qui est de l’accès au financement, la Banque continue de multiplier les initiatives. Dans
le souci d’améliorer davantage cet accès, de consolider l’écosystème des TPE et d’accroitre leur
contribution à la création d’emplois, elle a récemment mis en place un nouveau programme de
soutien au financement bancaire, avec notamment un refinancement des banques à un taux
préférentiel. Elle a également initié avec les parties prenantes l’adoption d’une charte dédiée à
cette catégorie d’entreprises, prévoyant entre autres la mise en place d’une offre de crédit adaptée,
la simplification des procédures, l’optimisation des dispositifs de garanties et l’accompagnement
non financier.
S’agissant du renforcement de l’agilité, il suppose en premier lieu une forte capacité à réagir et
à réajuster les choix en fonction de l’évolution du contexte. Cela nécessite une prise de décision
fondée sur des données actualisées, un suivi étroit de la mise en œuvre et une évaluation régulière
des résultats obtenus. La mise en place de structures indépendantes d’évaluation, comme nous
l’avons déjà suggéré, reste d’actualité.
viii
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
L’agilité requiert également une décentralisation de la prise de décision. Dans ce sens, le déploiement
de la régionalisation avancée a franchi de grandes étapes, mais comme l’a souligné Votre Majesté
lors des deuxièmes assises nationales, ce chantier continue d’être entaché de lacunes et de retards
qui compliquent les procédures administratives d’investissement. Il conviendrait donc, comme il
ressort des recommandations de cette rencontre, d’accélérer ce projet sur de nombreux volets,
dont la mise en œuvre effective de la charte de déconcentration administrative et le renforcement
des compétences locales en matière de promotion et d’accompagnement de l’investissement
productif notamment au niveau des centres régionaux d’investissement.
Sur le plan des équilibres macroéconomiques, l’Etat poursuit certes le processus de consolidation
budgétaire entamé au lendemain de la pandémie, mais, au regard des nombreux chantiers
d’infrastructures et de réformes lancés ou envisagés, ainsi que de la persistance des revendications
sociales, le risque pesant sur les finances publiques demeure élevé. Le recours fréquent depuis
2020 à l’ouverture de crédits additionnels témoigne de cette pression qui perturbe la prévisibilité
de la politique budgétaire. Dans ce sens, et tout en maintenant une vigilance accrue, il conviendrait
en particulier d’accélérer les projets de révision de la loi organique des finances et la mise en place
d’une règle budgétaire.
Du côté des recettes, les efforts louables de recouvrement, parallèlement à la mise en œuvre
de la loi-cadre de la fiscalité, ont permis une amélioration significative des rentrées ces derniers
mois. En outre, l’ampleur des déclarations dans le cadre de l’opération de régularisation volontaire
témoigne d’un potentiel qui milite pour la poursuite de ces efforts, d’autant plus qu’au-delà du
rendement, ils contribuent également à la formalisation de l’économie et à l’atténuation de l’usage
du cash.
S’agissant des financements innovants, ils ont certes permis de maintenir le rythme de réformes
et d’investissement, mais ils ne sauraient constituer un choix de long terme dans la mesure où
des recettes additionnelles durables ne peuvent provenir que d’une expansion de l’assiette ou de
l’activité économique.
Sur le même registre, l’hésitation caractérisant la réforme des retraites dure depuis près d’une
décennie, alors que son coût ne fait que s’alourdir. Les revalorisations salariales consenties
récemment constituaient pourtant une opportunité favorisant la concertation avec les partenaires
sociaux. Aujourd’hui, cette réforme reste un chantier urgent qui mérite d’être hissé parmi les
priorités de l’agenda gouvernemental.
ix
La pression sur les ressources publiques émane également des efforts engagés pour bâtir un Etat
social. L’aide directe, mise en place dans le cadre de la généralisation de la protection sociale,
absorbe des ressources conséquentes, estimées à plus de 24 milliards de dirhams en 2024. Sa
soutenabilité requiert un mécanisme de financement durable et un alignement avec son objectif
final, celui de l’autonomisation de la population en difficulté. Pour éviter qu’elle ne se transforme
en programme d’assistanat, les critères d’éligibilité devraient être réévalués régulièrement afin
d’améliorer l’efficacité du ciblage, réaffirmer le caractère temporaire du statut de bénéficiaire et
favoriser ainsi la transition vers l’emploi productif, seul garant d’un niveau de vie décent.
Sur le plan de l’équilibre extérieur, grâce à son choix d’ouverture et à sa politique de diversification
des partenariats économiques menée sous le leadership de Votre Majesté, notre pays a réalisé
des percées remarquables. Il a pu se hisser dans les chaines de valeur mondiales, faisant preuve
d’agilité pour tirer profit de la reconfiguration géoéconomique qui s’opère ces dernières années.
Dans un contexte marqué par une multiplication sans précédent des mesures protectionnistes,
aussi bien tarifaires que non tarifaires, le défi est de préserver cet équilibre difficile entre le
maintien de la politique d’ouverture, gage de la crédibilité du pays et de la confiance dont il jouit,
et la volonté de protéger ses industries.
En ce qui concerne plus particulièrement les métiers mondiaux du Maroc, une attention accrue
s’impose pour la consolidation des acquis. La dépendance de certaines filières industrielles à
un nombre limité de grands opérateurs étrangers, la transition de l’industrie automobile vers
l’électrique, ainsi que le resserrement des normes en matière de contenu carbone, sont quelques-
uns des défis auxquels les autorités et les opérateurs sont appelés à faire face.
Au plan des investissements directs étrangers, le Maroc s’est certes imposé comme l’un des
pays les plus performants au niveau continental, mais le véritable enjeu réside dans les effets
d’entrainement de ces investissements sur la croissance et l’emploi. Pour l’amélioration du
contenu local de l’offre exportable, il conviendrait de renforcer l’implication des opérateurs privés
et des fonds d’investissement nationaux, en particulier le Fonds Mohammed VI. Cela est d’autant
plus important que la balance en devises de ces investissements est déficitaire pour la deuxième
année consécutive, le total des cessions et des rapatriements au titre des dividendes dépassant le
montant des flux d’investissement entrants.
x
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Majesté,
Au cours des dernières années, le Maroc a fait preuve d’une résilience notable, résultat qu’il doit
en premier lieu à sa stabilité, à sa sécurité et à sa crédibilité. Ses performances sont saluées par les
institutions internationales, comme en témoigne le renouvellement de l’accord avec le FMI au titre
de la ligne de crédit modulable, ainsi que par les marchés financiers comme l’atteste la dernière
émission du Trésor réalisée dans des conditions meilleures que celles appliquées à certains pays
européens.
Aujourd’hui, les conditions paraissent réunies pour la réussite de ce nouvel élan. Il s’agit en
premier lieu d’une vision Royale claire et ambitieuse déclinée en chantiers économiques, sociaux et
d’infrastructure d’envergure, ainsi que d’instruments de mise en œuvre cohérents et d’une image
positive et favorable au niveau international. Reste que toutes les forces vives du pays doivent
mieux s’organiser et se mobiliser pleinement pour le déploiement et l’aboutissement de cette
vision, d’autant plus que d’ici 2030, le pays fera face à de grandes échéances, parmi lesquelles les
Objectifs de Développement Durable, de nombreux plans et stratégies sectoriels, mais également
l’organisation de la Coupe du Monde de football. Cela étant, le véritable enjeu est de faire de
cette échéance un catalyseur et un levier pour maintenir le momentum au-delà de cet horizon et
permettre ainsi à notre pays de se hisser parmi les catégories de revenu supérieures.
Abdellatif JOUAHRI
xi
Situation économique,
monétaire et financière
Partie
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Sur les marchés du travail, la situation est demeurée globalement favorable dans les principales
économies avancées, avec des taux de chômage oscillant autour des niveaux observés avant la
pandémie et une cadence de création d’emplois soutenue quoiqu’en ralentissement d’une année
à l’autre.
Pour ce qui est du commerce mondial, après deux années de décélération, il a connu un certain
redressement en 2024, porté essentiellement par un fort accroissement des échanges de services
et, dans une moindre mesure, par une progression sensible en fin d’année du commerce de biens.
Cette dernière serait liée au recours des entreprises à des approvisionnements préventifs après
l’annonce par la nouvelle administration américaine de son intention de relever les tarifs douaniers.
S’agissant des matières premières, l’année a été marquée par une nouvelle baisse des prix des
produits énergétiques, reflétant notamment l’effet conjugué de l’augmentation de la production
pétrolière dans les pays hors OPEP+ et de l’affaiblissement sensible de la demande, en particulier
celle émanant de Chine. En revanche, hors énergie, la tendance a été à la hausse avec une légère
appréciation des cours des produits agricoles, ainsi que la poursuite du renchérissement de l’or
dans un contexte de tensions géopolitiques et de fortes incertitudes.
Résultat du recul des prix de l’énergie et de l’orientation restrictive des politiques monétaires au
cours des deux années précédentes, l’inflation mondiale a poursuivi son ralentissement, revenant
à 5,7% en 2024 après 6,6% une année auparavant. Dans ces conditions, à l’exception notable de
la Banque du Japon qui a opéré un relèvement de son taux directeur, le premier en 17 ans, les
banques centrales des principales économies avancées ont amorcé en 2024 un assouplissement
de leur politique monétaire, à des rythmes toutefois différenciés.
3
Environnement international
Sur le volet des finances publiques, les marges des gouvernements sont restées globalement
limitées avec des niveaux élevés des déficits budgétaires et une poursuite de l’alourdissement de
la dette publique qui a atteint 92,3% du PIB mondial1 en 2024.
Au niveau des marchés financiers, l’année a été caractérisée par l’euphorie qui a prévalu sur les
principales places boursières, aussi bien des pays avancés qu’émergents. Celle-ci a été portée par
la relative résilience de l’économie mondiale, l’assouplissement monétaire et l’engouement autour
des valeurs du secteur des technologies et de l’intelligence artificielle, en particulier aux Etats-Unis.
Pour ce qui est des titres de dette, les rendements souverains américains à long terme ont enregistré
une hausse sensible sous l’effet principalement de l’accentuation des risques budgétaires.
Enfin, sur le plan des relations internationales, l’année 2024, qui coïncide avec le 80ème anniversaire
des accords de Bretton Woods, a été marquée par une intensification des mesures protectionnistes
et la poursuite de la fragmentation géoéconomique. Dans ce contexte, et avec l’ambition affichée
de renforcer le rôle des émergents dans la gouvernance et l’architecture financière mondiales, le
groupe des BRICS2 a accueilli cinq nouveaux pays3, portant ainsi le nombre total de ses membres
à dix.
Ainsi, aux Etats-Unis, la croissance est restée solide s’établissant à 2,8% au lieu de 2,9% en 2023,
portée par une consommation intérieure robuste bénéficiant de conditions favorables sur le
marché du travail et du maintien des mesures de soutien budgétaires.
Dans la zone euro, elle s’est limitée à 0,9% contre 0,4%, tirée par une modeste reprise de la
consommation privée. Le secteur des services en a été le principal moteur, tandis que l’activité
manufacturière a continué de pâtir de difficultés structurelles et de coûts énergétiques élevés. En
particulier, fragilisée par son industrie automobile, l’économie allemande a accusé une nouvelle
contraction de 0,2%. Pour ce qui est des autres principaux pays membres, la croissance s’est
accélérée à 3,2% en Espagne bénéficiant du dynamisme du secteur touristique, tandis qu’elle s’est
stabilisée à 1,1% en France et à 0,7% en Italie.
1
« Moniteur des finances publiques », FMI, avril 2025.
2
Regroupant le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud.
3
Il s’agit de l’Arabie saoudite, de l’Égypte, des Émirats arabes unis, de l’Éthiopie et de l’Iran.
4
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Au Royaume-Uni, le rythme de l’activité s’est amélioré de 0,4% en 2023 à 1,1% en 2024, stimulé par
la demande intérieure dans un contexte de recul sensible de l’inflation. Pour sa part, la croissance
de l’économie japonaise a été quasi-nulle en 2024 après 1,5% une année auparavant, en raison
principalement du repli des exportations et de l’affaiblissement de la consommation des ménages.
S’agissant des pays émergents, face aux difficultés persistantes du secteur immobilier, aux niveaux
élevés d’endettement et à une baisse de la confiance des consommateurs, les autorités chinoises
ont mis en place un ensemble de mesures de relance budgétaire, parallèlement à la poursuite de
l’assouplissement monétaire. Dans ces conditions, tirée par une forte hausse des exportations en
fin d’année, la croissance a atteint 5%, soit l’objectif fixé par le Gouvernement.
1
our l’Inde, l’exercice budgétaire s’étale d’avril à mars. Dans le Tableau 1.1.1, la croissance relative à l’exercice allant d’avril de l’année N à mars de
P
l’année N+1 apparait dans la colonne de l’année N.
5
Environnement international
En Inde, quoiqu’en décélération, l’activité est restée vigoureuse avec une progression du PIB
en volume de 6,5% après 9,2%, à la faveur du dynamisme des investissements publics dans les
infrastructures. Ailleurs, la croissance s’est établie à 3,4% au lieu de 3,2% au Brésil, favorisée par
une politique budgétaire expansionniste, et s’est stabilisée à 4,1% en Russie malgré les sanctions
occidentales, portée particulièrement par les dépenses publiques dans le secteur de la défense.
En Afrique subsaharienne, une reprise économique a été enregistrée, avec une croissance de 4% en
2024 contre 3,6% en 2023, reflétant une hausse de la consommation privée et de l’investissement.
Dans les principales économies de la région, le rythme de l’activité s’est accéléré à 3,4% au Nigéria,
bénéficiant d’une augmentation de la production pétrolière, et a légèrement ralenti à 0,6% en
Afrique du Sud en lien avec les difficultés d’approvisionnement en électricité.
Dans la zone euro, malgré l’atonie de la croissance, le taux de chômage a continué de diminuer,
passant de 6,6% en 2023 à 6,4% en 2024, son plus bas depuis la création de la zone. La situation
reste, toutefois, largement contrastée d’un pays à l’autre avec des taux en repli de 12,2% à 11,3%
6
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
en Espagne et de 7,7% à 6,6% en Italie, ainsi que des hausses de 3% à 3,4% en Allemagne et de
7,3% à 7,4% en France. Ailleurs, le taux de chômage s’est accru de 4,1% à 4,3% au Royaume-Uni et
est demeuré faible à 2,6% au Japon.
Dans les principales économies émergentes, ce taux a poursuivi sa tendance baissière, revenant
notamment de 5,2% en 2023 à 5,1% en 2024 en Chine, de 8% à 6,9% au Brésil et de 9,4% à 8,7% en
Turquie.
Concernant le taux de chômage des jeunes1, il s’est globalement inscrit en hausse dans la majorité
des économies avancées. Au sein de la zone euro, il a progressé de 14,4% à 14,6%, avec des
augmentations de 17,1% à 18,6% en France et de 5,8% à 6,6% en Allemagne, ainsi que des reculs
de 28,7% à 26,5% en Espagne et de 22,7% à 20,3% en Italie. Ce taux s’est accru de 7,9% à 8,9% aux
Etats-Unis, de 12% à 14% au Royaume-Uni et s’est stabilisé à 4% au Japon.
1
Personnes âgées de 15 à 24 ans.
7
Environnement international
Graphique 1.1.2 : Taux de chômage des jeunes dans les principaux pays avancés (en %)
50
40
30
20
10
0
2019 2020 2021 2022 2023 2024
Source : OCDE.
Graphique 1.1.3 : Evolution annuelle des indices Graphique 1.1.4 : Evolution mensuelle des indices
des prix des matières premières des prix des matières premières en 2024
(base 100=2010) (base 100=2010)
160 120
140 115
120 110
100 105
80 100
60 95
40 90
2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 janv févr mars avr mai juin juil août sept oct nov déc
Produits énergétiques Produits hors énergie Produits énergétiques Produits hors énergie
8
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
S’agissant des produits énergétiques, les cours du pétrole brut1 se sont inscrits en hausse durant
les quatre premiers mois, s’établissant en moyenne à 82,4 dollars le baril en raison notamment de
l’intensification du conflit au Moyen-Orient, des réductions volontaires de production de l’OPEP+
et des signes de raffermissement de la demande mondiale. Sur le reste de l’année, la tendance
s’est inversée en lien avec l’augmentation de l’offre hors OPEP+, en particulier des Etats-Unis,
l’affaiblissement de la demande émanant de la Chine et les craintes entourant les perspectives
économiques mondiales. Le cours est revenu à 72,3 dollars en moyenne en décembre, et est
ressorti sur l’ensemble de l’année à 78,7 dollars, en recul de 2,5% par rapport à 2023.
Dans le même sens, le prix du gaz naturel s’est inscrit en baisse avec des replis de 16,4% sur
le marché européen et de 13,7% aux Etats-Unis. En Europe, cette évolution reflète, d’une part,
l’adaptation continue des marchés à la reconfiguration de l’offre à la suite du conflit en Ukraine et,
d’autre part, les conditions climatiques relativement clémentes au cours de l’hiver. Sur le marché
américain, la diminution s’explique principalement par une production et des niveaux de stocks
élevés.
Pareillement, les cours du charbon se sont repliés de 21,2% pour celui d’origine australienne et
de 11,2% pour celui d’Afrique du Sud. Ces reculs traduisent principalement une augmentation de
l’offre émanant notamment de l’Indonésie et de l’Inde, ainsi qu’une baisse de la consommation de
la Chine en raison du recours accru aux énergies renouvelables pour la production d’électricité.
0 0 60 7
2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 janv févr mars avr mai juin juil août sept oct nov déc
Pour ce qui est des métaux et minerais, après les replis accusés en 2022 et en 2023, les cours ont
connu une hausse de 2,6% en 2024. Par produit, les prix ont augmenté de 7,2% pour l’aluminium
et de 7,7% pour le cuivre, soutenus par une demande croissante notamment des technologies
de transition énergétique. A l’inverse, celui du fer a marqué un recul de 9,3% en lien avec le
ralentissement de la demande d’acier, surtout en Chine, dans un contexte d’offre abondante.
1
La moyenne des prix du Brent, du WTI et du Dubai Fateh.
9
Environnement international
S’agissant des cours du phosphate et dérivés, les évolutions ont été contrastées en 2024. En
effet, le prix du DAP a enregistré une augmentation de 2,5% à 563,7 dollars la tonne, attribuable
essentiellement aux restrictions à l’exportation de phosphate en provenance de Chine et
d’ammoniac de Russie, alors que le cours du TSP a diminué de 1,2% à 474,6 dollars la tonne et
celui du phosphate brut a marqué une contraction de 52,6% à 152,5 dollars la tonne.
Parallèlement, les prix des produits agricoles ont progressé de 3,7%, résultat d’une forte hausse de
63,7% des cours des boissons tirée par le renchérissement du café ainsi que du cacao dont le prix
a plus que doublé d’une année à l’autre en raison de conditions météorologiques défavorables.
A l’inverse, les cours des huiles et farines ont fléchi de 10,1% et, à la faveur de bonnes récoltes
au niveau des principaux pays producteurs, ceux des céréales ont accusé une nouvelle baisse de
15,2%. En particulier, le prix du blé dur a régressé de 21,1% après 20,8% et celui du blé tendre de
11,2% au lieu de 32,5%.
Graphique 1.1.7 : Indices des prix des produits Graphique 1.1.8 : Cours du phosphate et dérivés
hors énergie (base 100=2010) (en dollars la tonne)
240 800 340
220
700 300
200
180 260
600
160 220
140 500
180
120
400
100 140
80 300 100
60
40 200 60
2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024
S’agissant des métaux précieux, le cours de l’or a poursuivi sa tendance haussière, enregistrant
une forte augmentation de 22,9% pour atteindre un record de 2387,7 dollars l’once en 2024
(Cf. Encadré 1.1.3). Outre la demande soutenue de plusieurs banques centrales de pays émergents
et en développement et la baisse des taux d’intérêt américains, cette envolée est attribuable à
l’exacerbation des tensions géopolitiques qui renforce l’attrait de ce métal comme valeur refuge.
De même, porté par la demande à des fins d’investissement et d’utilisation dans l’industrie en lien
avec la transition énergétique, le cours de l’argent a connu une nouvelle appréciation de 20,8%.
10
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Graphique E.[Link] : Indices des prix énergétiques et des métaux et minerais (base 100=2010)
180
140
100
60
20
déc-18
avr-19
août-19
déc-19
avr-20
août-20
déc-20
avr-21
août-21
déc-21
avr-22
août-22
déc-22
avr-23
août-23
déc-23
avr-24
août-24
déc-24
Energie Métaux et minerais
Source : Banque mondiale.
Outre les facteurs liés au cycle économique, la demande pour l’énergie est de plus en plus tirée ces dernières
années par les transitions énergétique et numérique et, en particulier l’essor que connait l’intelligence
artificielle (IA). Selon l’Agence Internationale de l’Energie1 (AIE), les besoins résultant de la hausse des
capacités installées des centres de données à l’échelle mondiale ont augmenté d’environ 20% en 2024
et devraient atteindre 1000 Térawatt-heure (TWh) en 2026, soit plus que le double par rapport à 2022.
A l’horizon 2030, la demande liée aux besoins de l’IA atteindrait, selon le FMI2, 1500 TWh, soit l’équivalent de
la consommation actuelle de l’économie indienne, volume auquel s’ajouteraient les 1000 TWh qui seraient
induits par l’utilisation croissante des véhicules électriques. Toutefois, ces perspectives restent entourées
de fortes incertitudes liées notamment à l’évolution des gains d’efficacité des futurs modèles de l’IA.
Pour répondre à ces besoins, les énergies renouvelables devraient jouer un rôle de plus en plus prépondérant.
En 2024 déjà, les sources renouvelables ont assuré, avec le nucléaire, plus de 80% de l’accroissement de la
consommation, estimée à plus de 1100 TWh1, et représentent à elles seules 32% de la production totale.
Dans le même sens, la recherche de sources d’énergie fiables et à faible émission de carbone suscite un
regain d’intérêt pour l’énergie nucléaire, les mises en chantier de centrales nucléaires s’étant accrues de
50% en 20242.
Par ailleurs, la transition énergétique pourrait renforcer la dépendance de l’économie mondiale vis-à-
vis de certains métaux essentiels3, notamment le cuivre, indispensable dans la fabrication de câbles et
d’équipements électroniques, et l’aluminium, utilisé pour la production des énergies renouvelables en
particulier solaire. La demande de cuivre pourrait être ainsi multipliée par plus de 1,5 d’ici 2030, parallèlement
à une diminution de 25% de la consommation de pétrole, dans un scénario zéro émission nette3.
1
Global Energy Review 2025, AIE, mars 2025.
2
‘‘Commodity Special Feature: Market Developments and the Impact of AI on Energy Demand’’, Perspectives économiques mondiales, FMI, avril 2025.
3
‘‘Commodity Special Feature: Market Developments and the Inflationary Effects of Metal Supply Shocks‘‘, Perspectives économiques mondiales,
FMI, octobre 2024.
11
Environnement international
Or, la plus grande concentration géographique de la production de métaux de base4, en comparaison avec
le pétrole, et leur faible substituabilité rendent leur offre moins fiable dans un contexte de fragmentation
géoéconomique mondiale. Cela pourrait se traduire par de fortes fluctuations des prix, avec un impact
économique croissant à mesure que la dépendance de l’économie mondiale et les systèmes énergétiques
vis-à-vis de ces métaux s’accentue.
4
elon l’AIE, 59% du raffinage du cuivre à l’échelle mondiale était concentré dans trois pays en 2023, la Chine arrivant en tête avec une part de 46%,
S
suivie de la République démocratique du Congo (7%) et du Chili (5%).
1.1.4 Inflation
Après les niveaux exceptionnels enregistrés en 2022, l’inflation a poursuivi en 2024 le ralentissement
amorcé une année auparavant, tout en restant au-dessus des cibles des banques centrales dans
les grandes économies avancées. Ce processus désinflationniste est le résultat principalement de
l’orientation restrictive des politiques monétaires, de la baisse des prix des produits énergétiques
et de la relative détente sur les marchés du travail notamment aux Etats-Unis.
12
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Ainsi, dans les économies avancées, l’inflation a reculé de 4,6% en 2023 à 2,6% en 2024, avec des
ralentissements de 4,1% à 3,0% aux Etats-Unis et de 5,4% à 2,4% dans la zone euro. Au niveau
des pays membres de la zone, elle s’est modérée de 6,0% à 2,5% en Allemagne, de 5,7% à 2,3% en
France, de 5,9% à 1,1% en Italie et de 3,4% à 2,9% en Espagne. Ailleurs, elle a notamment ralenti de
7,3% à 2,5% au Royaume-Uni et de 3,3% à 2,7% au Japon.
S’agissant en particulier de la région MENA, après une hausse à 15% en 2023, elle a enregistré une
légère atténuation à 14,6% en 2024, avec notamment un ralentissement de 9,3% à 4,0% en Algérie,
de 9,3% à 7,0% en Tunisie, et une accélération de 24,4% à 33,3% en Egypte. Dans les pays du Conseil
de Coopération du Golfe, elle est restée globalement modérée, se situant à 1,7% après 1,6% aux
Emirats Arabes Unis, à 1,7% contre 2,3% en Arabie saoudite et à 1,1% après 3,1% au Qatar.
9 8
8 7
7 6
6 5
5 4
4 3
3 2
2 1
1 0
0 -1
2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024
13
Environnement international
Dans les économies avancées, les déficits budgétaires et les dettes publiques se sont quasiment
stabilisés en moyenne à 4,7% du PIB et à 108,5% du PIB respectivement en 2024. Aux Etats-Unis,
le déficit budgétaire s’est maintenu à 7,3%, parallèlement à un léger alourdissement de la dette
publique à 120,8%. Au niveau de la zone euro, le déficit est ressorti globalement en atténuation
de 3,6% à 3,1% tiré par l’effort de consolidation consenti par les pays du Sud, en particulier l’Italie
où il est revenu de 7,2% à 3,4%, l’Espagne de 3,5% à 3,2% et la Grèce de 1,3% à 0,3%. En revanche,
dans les grandes économies de la zone, il s’est creusé de 5,4% à 5,8% du PIB en France et de 2,5%
à 2,8% en Allemagne. Pour ce qui est de la dette publique, à l’exception notable de l’Espagne et
de la Grèce où elle a reculé à 101,8% et 150,9% respectivement, elle a poursuivi son aggravation
atteignant 63,9% en Allemagne, 113,1% en France et 135,3% en Italie.
Au Royaume-Uni, le déficit budgétaire s’est allégé à 5,8% du PIB après 6,1% en 2023, parallèlement
à une légère hausse de la dette publique à 101,2% du PIB. Pour sa part, le Japon a vu son déficit se
creuser à 2,5%, avec un niveau d’endettement toujours très élevé bien qu’en relative atténuation
à 236,7%.
Graphique 1.1.11 : Solde budgétaire dans les Graphique 1.1.12 : Dette publique dans les
principaux pays avancés (en % du PIB) principaux pays avancés (en % du PIB)
France Allemagne Italie Espagne Royaume-Uni Etats-Unis
0 160
-1 140
-2 120
-3 100
-4 80
-5 60
-6 40
-7 20
-8 0
France Allemagne Italie Espagne Royaume-Uni Etats-Unis
Dans les économies émergentes et en développement, le déficit budgétaire s’est accentué de 5,2%
en 2023 à 5,5% du PIB en 2024, concomitamment à un alourdissement de la dette publique de
67,4% à 69,5% du PIB. Traduisant l’orientation expansionniste de la politique budgétaire visant à
soutenir l’activité économique, ainsi que la baisse des recettes fiscales, le déficit budgétaire s’est
détérioré à 7,3% en Chine, accompagné d’une hausse de la dette publique à 88,3%. A l’inverse, en
Inde, ce déficit a été ramené à 7,4% en lien avec le retrait des mesures de soutien aux denrées
alimentaires et engrais suite au conflit en Ukraine et à la bonne tenue des recettes fiscales, alors
que le taux d’endettement est resté quasi-stable à 81,3% du PIB. Ailleurs, le déficit budgétaire s’est
14
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
atténué au Brésil, passant de 7,7% en 2023 à 6,6% en 2024, avec toutefois une progression de la
dette publique à 87,3%. En Turquie, après la dégradation des finances publiques enregistrée en
2023 en raison notamment des dépenses liées au séisme, une amélioration a été observée avec
un recul du déficit à 5,2% et de la dette publique à 26%. En Russie, malgré la poursuite du conflit en
Ukraine, le déficit et l’endettement publics sont restés contenus à 2,2% et à 20,3% respectivement.
-1 90
-2 80
70
-3
60
-4
50
-5
40
-6
30
-7 20
-8 10
-9 0
Chine Inde Brésil Turquie Russie
Au niveau de la région MENA, les finances publiques ont continué d’être affectées par le repli
des cours dans les pays exportateurs de pétrole. Ainsi, l’excédent budgétaire a reculé à 4,8% aux
Emirats Arabes Unis et à 0,7% au Qatar, tandis qu’en Arabie saoudite, le déficit s’est creusé à 2,8%
du PIB. Quant à la dette publique, elle est restée relativement modérée, s’établissant à 29,9% du
PIB en Arabie Saoudite, à 32,1% aux Emirats Arabes Unis et à 40,8% au Qatar.
1
Ayhan Kose et Alen Mulabdic, « Global trade has nearly flatlined. Populism is taking a toll on growth », Blog Banque mondiale, février 2024.
15
Environnement international
Ainsi, après une légère hausse de 1% en 2023, le volume des échanges s’est accru de 3,8% en
2024, tiré essentiellement par les services et, dans une moindre mesure, par une progression
sensible en fin d’année du commerce de biens qui serait liée au recours des entreprises à des
approvisionnements préventifs avec l’anticipation de hausses tarifaires notamment de la part
de la nouvelle administration américaine. Cette évolution reflète une augmentation de 2,1% des
exportations des économies avancées et de 6,7% de celles des pays émergents et en développement.
15 15
10 10
5 5
0 0
-5 -5
-10 -10
2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024
L’année a également été marquée par le dynamisme du secteur touristique qui s’est reflété sur
l’évolution des recettes du tourisme. A l’échelle mondiale, celles-ci se sont élevées à 1 600 milliards
de dollars, en hausse de 3% par rapport à l’année précédente et de 4% depuis 2019. Cette évolution
a concerné aussi bien les principales destinations notamment la France, l’Espagne, le Royaume-
Uni et l’Italie, que d’autres telles que des pays d’Europe de l’Est (Serbie et Moldavie), le Canada ou
encore les pays du Golfe.
S’agissant des transferts des migrants vers les pays à revenu faible et intermédiaire, ils ont
atteint 685 milliards de dollars1 en 2024, en raffermissement de 5,8%, à la faveur de la résilience
post-Covid des marchés du travail des pays à revenu élevé. L’analyse par région indique une
augmentation de 11,8% des transferts en direction de l’Asie du Sud, notamment à destination de
l’Inde, premier bénéficiaire de ces transferts avec un montant de 129 milliards de dollars en 2024.
1
Estimation publiée par la Banque mondiale le 18 décembre 2024.
16
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Elle est suivie par l’Amérique Latine et Caraïbes avec une hausse de 5,5% et par le Moyen-Orient
et l’Afrique du Nord avec une progression de 5,4% à 58 milliards de dollars dont 22,7 milliards
vers l’Égypte et 12 milliards à destination du Maroc. Par ailleurs, l’accroissement a été de 3% vers
l’Europe et l’Asie centrale, de 2,4% à destination de l’Afrique subsaharienne et de 1% vers l’Asie de
l’Est et le Pacifique.
Dans ces conditions, les soldes du compte courant se sont globalement améliorés dans les
économies avancées avec un excédent moyen de 0,2% du PIB en 2024 contre un solde nul une
année auparavant. Cette évolution recouvre un creusement à 3,9% du déficit courant aux Etats-
Unis et un renforcement du solde excédentaire à 4,8% au Japon et à 2,8% dans la zone euro. Dans
les principales économies de la zone, l’excédent s’est consolidé à 5,7% en Allemagne, à 3,0% en
Espagne et à 1,1% en Italie, tandis que le solde déficitaire de la France s’est inversé en un excédent
de 0,4%. Pour sa part, le déficit courant du Royaume-Uni s’est légèrement atténué à 3,4% du PIB.
Dans la région MENA, la poursuite de la diminution des cours mondiaux des produits énergétiques
a pesé sur l’excédent courant des principaux pays exportateurs d’hydrocarbures en 2024. En effet,
l’Arabie saoudite et l’Algérie ont vu leur solde passer d’un excédent de 3,3% et 2,4% du PIB en 2023,
à un déficit de 0,5% et 1,4% respectivement. Ailleurs, l’excédent courant est revenu de 10,7% à 9,1%
aux Emirats Arabes Unis, de 31,4% à 29,5% au Koweït et s’est quasiment stabilisé à 17,2% au Qatar.
En parallèle, après une amélioration en 2023, le déficit courant des pays importateurs de pétrole
s’est globalement creusé en 2024, en lien notamment avec la hausse des importations de produits
hors énergie. Il est en particulier passé de 3,6% à 5,8% du PIB en Jordanie et de 1,2% à 5,4% en
Egypte affecté de surcroit par la baisse des recettes du canal de Suez1. En revanche, il s’est atténué
de 2,7% à 1,7% en Tunisie en raison notamment de la hausse sensible des recettes touristiques.
1
elon le communiqué de presse publié par le FMI le 11 mars 2025 à l’issue de la quatrième revue de l’accord au titre du mécanisme élargi de crédit
S
pour l’Égypte, les perturbations commerciales dans la mer Rouge depuis décembre 2023 ont réduit les entrées de devises étrangères en provenance
du canal de Suez de 6 milliards de dollars américains en 2024.
17
Environnement international
Concernant les flux mondiaux d’IDE, ils ont continué d’évoluer dans un contexte difficile marqué
par la fragmentation géoéconomique, l’exacerbation des tensions géopolitiques et commerciales,
ainsi que des conditions monétaires restrictives. Au total, ils ont affiché une hausse de 11% à
1378 milliards de dollars en 2024, mais en excluant les flux passant par les économies de transit
européennes1, ils ressortent en repli de 8% après celui de 10% une année auparavant. Ce recul
traduit une diminution de 15% des flux nets vers les économies développées, qui recouvre une
baisse de 45% à destination de l’Europe2, et à l’opposé, une augmentation de 13% à 317 milliards
de dollars vers l’Amérique du Nord, en raison principalement d’un accroissement des opérations
de fusions et acquisitions aux États-Unis.
1
Celles-ci servent souvent d’intermédiaires aux IDE avant qu’ils n’atteignent leur destination finale.
2
En Europe, une entrée nette de 104 milliards de dollars a été enregistrée en 2024 après une sortie de 1 milliard l’année précédente.
18
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Pour leur part, les IDE à destination des pays en développement ont affiché pour la deuxième
année, un recul de 2% à 855 milliards, avec des évolutions différenciées d’une région à l’autre.
Ainsi, les IDE entrants ont accusé une contraction de 7% pour l’Asie à 588 milliards de dollars et de
9% à 173 milliards pour l’Amérique Latine et Caraïbes, tandis que ceux à destination de l’Afrique se
sont accrus de 86% à 94 milliards de dollars, soit le montant le plus élevé jamais enregistré, en lien
en grande partie avec un mégaprojet d’investissement prévu en Égypte1.
Après un cycle de resserrement entre mars 2022 et juillet 2023 qui s’est traduit en particulier par
une hausse cumulée du taux des fonds fédéraux de 525 points de base (pb), la FED a amorcé
en septembre 2024, un assouplissement graduel de sa politique monétaire, avec une première
diminution de 50 pb. Celle-ci a été suivie de deux autres abaissements successifs de 25 pb chacun
en novembre et en décembre, soit une baisse totale sur l’année de 100 pb, ramenant ainsi sa
fourchette cible à [4,25%-4,50%]. Concernant sa politique de réduction de bilan, la FED a ralenti le
rythme de la baisse de ses avoirs en titres du Trésor à partir de juin 2024 en abaissant le plafond
de rachat mensuel de ces titres de 60 milliards à 25 milliards de dollars. Le plafond pour les titres
adossés à des créances hypothécaires a été, quant à lui, maintenu inchangé à 35 milliards de
dollars par mois.
0
déc-22 juin-23 déc-23 juin-24 déc-24
FED (moyenne de la fourchette cible du taux des fonds fédéraux) BCE Banque d’Angleterre
1
rojet de développement de « Ras El-Hekma » en Egypte financé par le fonds d’investissement souverain « Abu Dhabi Developmental Holding
P
Company ». D’un montant de 35 milliards de dollars, il vise à transformer cette péninsule en une destination touristique, un centre financier et une
zone franche.
19
Environnement international
De même, après une orientation restrictive à partir de juillet 2022 avec un relèvement total
de 450 pb, la Banque centrale européenne (BCE) a amorcé un cycle d’assouplissement en juin
2024, réduisant ses taux de 25 pb. Après une pause en juillet, elle a opéré trois autres baisses
successives de 25 pb chacune, encouragée par la poursuite du processus désinflationniste et par
le ralentissement de l’activité économique. La diminution cumulée en 2024 est ressortie ainsi
à 100 pb, ramenant le taux de la facilité de dépôt1 à 3,00%, celui des opérations principales de
refinancement à 3,15% et celui de la facilité de prêt marginal à 3,40%. En parallèle, la BCE a poursuivi
la diminution de la taille de son bilan, réduisant les réinvestissements dans le cadre du Programme
d’achats d’urgence face à la pandémie (PEPP) des titres arrivant à échéance de 7,5 milliards d’euros
par mois en moyenne au second semestre avant leur arrêt en fin d’année. Pour le portefeuille du
Programme d’achats d’actifs (APP), la contraction entamée en 2023 s’est poursuivie tout au long
de l’année.
Pour sa part, la Banque d’Angleterre (BoE), l’une des premières banques centrales des grandes
économies avancées à avoir initié le resserrement monétaire, a entamé son cycle d’assouplissement
en août 2024, avec une baisse de son taux directeur de 25 pb, suivie d’une autre de même ampleur
au mois de novembre à 4,75%. En parallèle, elle a maintenu le rythme de réduction mensuel de
son stock d’obligations d’Etat britanniques à hauteur de 100 milliards de livres sterling.
En revanche, face à de fortes pressions inflationnistes, la Banque du Japon (BoJ) a relevé, pour
la première fois depuis 2007, son taux d’intérêt à court terme, mettant ainsi fin à l’ère des taux
négatifs en vigueur depuis 2016. Elle a procédé à une première hausse de 20 pb en mars, puis
à une deuxième de 15 pb en juillet, le portant à 0,25%. Elle a également annoncé en juillet la
réduction de ses achats d’obligations d’État d’environ 400 milliards de yens par trimestre jusqu’en
mars 2026.
0,2
0,1
0,1
0,2
-0,3 déc-13 déc-14 déc-15 déc-16 déc-17 déc-18 déc-19 déc-20 déc-21 déc-22 déc-23 déc-24
1
En septembre 2024, la BCE a modifié son cadre opérationnel avec le pilotage de la politique monétaire via le taux de la facilité de dépôt.
20
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Pour ce qui est des banques centrales des principales économies émergentes, les orientations ont
été hétérogènes. Ainsi, pour soutenir l’activité et le secteur immobilier en particulier, la Banque
populaire de Chine a abaissé son taux à deux reprises pour un total de 35 pb, le ramenant à 3,10%.
La Banque de Réserve de l’Inde a, quant à elle, maintenu son taux inchangé à 6,5%, sur fond
de tensions inflationnistes et de forte volatilité des prix des produits alimentaires. Pour sa part,
face à la persistance de l’inflation, la Banque centrale du Brésil a dû mettre un terme à son cycle
d’assouplissement amorcé en août 2023, augmentant son taux directeur à trois reprises pour un
total de 175 pb à 12,25%. De même, la banque centrale de Turquie a relevé son taux directeur de
250 pb en janvier et de 500 pb en mars, avant d’opérer en décembre une réduction de 250 pb à
47,5%, suite au ralentissement de l’inflation. De son côté, la banque centrale de Russie a poursuivi
le durcissement de sa politique monétaire avec une hausse totale de 500 pb du principal taux
directeur à 21% dans un contexte d’inflation élevée et d’une nette dépréciation du rouble russe.
Graphique 1.1.19 : Taux directeurs des banques centrales des principaux pays émergents (en %)
30 60
50
20 40
30
10 20
10
0 0
déc-22 juin-23 déc-23 juin-24 déc-24
21
Environnement international
Au cours des dernières années, face aux mutations profondes qui ont caractérisé l’environnement
international et à la succession de chocs de diverses natures avec des implications durables sur les
structures et le fonctionnement des économies, ces révisions se sont multipliées avec un élargissement de
leur couverture, notamment aux outils et modèles de prévision. Depuis 2015, les révisions sont devenues
plus fréquentes par rapport à la décennie précédente, principalement dans les économies avancées1.
Afin d’éviter qu’elles ne soient perçues comme des réactions à des erreurs ou à des pressions politiques,
certaines banques centrales ont fixé un calendrier régulier (fréquence quinquennale dans les cas de la FED
et de la BCE à titre d’exemple).
Pour plusieurs banques centrales des économies avancées, ces révisions ont aussi constitué un cadre pour
l’évaluation d’une série d’instruments non conventionnels, adoptés pour la première fois au lendemain de
la crise financière internationale de 2008 pour faire face à la persistance de l’inflation à des niveaux proches
de zéro. Il s’agit notamment des taux d’intérêt négatifs, des opérations de refinancement à long terme, de
l’orientation prospective (Forward guidance) ou encore des programmes d’achats d’actifs.
Plus récemment, les perturbations majeures induites par la pandémie de la Covid-19 et le conflit en Ukraine
se sont traduites par une montée exceptionnelle des pressions inflationnistes émanant de chocs d’offre
que les modèles de prévision traditionnels des banques centrales n’ont pu anticiper que tardivement.
Ces derniers, construits selon une optique demande, ont été ainsi largement remis en question, ce qui
a encouragé plusieurs banques centrales à revoir le cadre de politique monétaire dans sa globalité. En
particulier, la pertinence des cadres de ciblage d’inflation adopté par plus de 40 banques centrales depuis
1990 a été largement au cœur des débats.
Dans ce sens, une étude récente de la BRI2, portant sur un échantillon de 26 banques centrales des
économies avancées et émergentes, met en évidence une double dynamique ces dernières années. Il s’agit,
pour plus de la moitié des banques centrales des pays avancés, d’une tendance à une spécification plus
stricte des cibles numériques de l’inflation (passage des fourchettes aux cibles ponctuelles), conjuguée
à une flexibilité accrue dans les modalités de mise en œuvre, en particulier pour ce qui est de l’horizon
d’atteinte de l’objectif.
À l’inverse, les autorités monétaires des économies émergentes recourent plus fréquemment à des cibles
numériques plus souples sous forme de fourchettes, et sont plus susceptibles de fixer des horizons plus
courts. Cette orientation s’explique en partie par la plus grande volatilité de l’inflation dans les économies
émergentes, souvent liée à la forte pondération des produits de base dans les indices de prix, pouvant
entraîner des écarts transitoires mais significatifs par rapport à la cible.
1
Selon la BRI.
2
« Moving targets? Inflation targeting frameworks,1990–2025 », BRI, mars 2025. L’échantillon comprend 11 banques centrales d’économies avancées
(Australie, Canada, zone euro, Islande, Japon, Norvège, Nouvelle-Zélande, Suède, Suisse, Royaume-Uni et États-Unis) et 15 d’économies émergentes
(Afrique du Sud, Brésil, Chili, Colombie, Corée du Sud, Hongrie, Indonésie, Inde, Israël, Mexique, Pérou, Roumanie, Philippines, République Tchèque
et Thaïlande).
22
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Graphique E.[Link] : Niveaux et types des cibles d’inflation des banques centrales adoptant un
régime de ciblage d’inflation selon la classification du FMI (en %)
12
10
0
Arménie
Brésil
Canada
Chili
Colombie
Costa Rica
République tchèque
République dominicaine
Ghana
Guatemala
Hongrie
Inde
Indonésie
Kenya
Maurice
Mexique
Moldavie
Mongolie
Nouvelle-Zélande
Paraguay
Philippines
Pologne
Roumanie
Serbie
Sri Lanka
Turquie
Ouganda
Albanie
Géorgie
Islande
Japon
Corée
Norvège
Russie
Suède
Royaume-Uni
Ouzbékistan
Australie
Israël
Jamaïque
Kazakhstan
Pérou
Afrique du Sud
Thaïlande
Uruguay
Cible ponctuelle avec intervalle Cible ponctuelle Bande
Source : Données « Annual Report on Exchange Arrangements and Exchange Restrictions (AREAER) » 2023, FMI (45 banques centrales).
En somme, il ressort des différentes révisions et réflexions que les cadres de ciblage d’inflation ont
démontré leur efficacité, notamment face à l’épisode inflationniste exceptionnel de 2021-2022. Leur
solidité, le renforcement de l’indépendance des banques centrales avec des mandats clairs de stabilité des
prix et l’attention particulière accordée à la communication, ont considérablement contribué à l’ancrage des
anticipations d’inflation, réduisant ainsi le risque d’effets de second tour.
23
Environnement international
Graphique 1.1.20 : Indices boursiers des Graphique 1.1.21 : Indice boursiers des principales
principales économies avancées économies émergentes
(base 100 = janvier 2024) (base 100 = janvier 2024)
140
130
125 130
120
120
115
110
110
105
100
100
90
95
90 80
23
24
24
24
24
24
24
23
24
24
24
24
24
24
.-2
.-2
-2
-2
-2
.-2
.-2
.-2
-2
-2
-2
.-2
c.-
s-
r.-
il.-
t.-
v.-
c.-
c.-
s-
r.-
il.-
t.-
v.-
c.-
ai
in
ût
ai
in
ût
nv
nv
vr
pt
vr
pt
ar
ar
oc
oc
av
av
no
no
dé
dé
dé
dé
ju
ju
m
m
ju
ju
ao
ao
fé
fé
se
se
ja
ja
m
m
Eurostoxx 50 FTSE 100 CAC 40
MSCI EM MSCI Chine MSCI Inde MSCI Brésil
S&P 500 Dow Jones industrials
Source : Thomson Reuters Eikon.
Aux Etats-Unis, les facteurs précités, conjugués à l’anticipation d’une orientation vers l’allégement
de la régulation des marchés avec l’avènement de la nouvelle administration américaine, ont induit
une nette tendance haussière des cours, en particulier des valeurs technologiques. Ainsi, l’indice
Dow Jones Industrial a progressé de 18,1% en 2024, après 3,7% en 2023, et le Nasdaq Composite
a marqué une forte hausse de 29,9% après celle de 14,8%. Ces renchérissements se sont traduits
par une augmentation sensible des niveaux relatifs de valorisation, le ratio moyen des cours aux
bénéfices (PER), étant passé de 23,4 en 2023 à 37,7 en 2024 pour les valeurs cotées du NASDAQ et
de 29,9 à 31 pour celles composant le Dow Jones.
Des évolutions similaires ont été observées sur les marchés européens, avec notamment une
hausse de 14% pour l’EUROSTOXX 50 et de 6,1% pour le FTSE 100, ainsi qu’au Japon, le Nikkei
225 ayant marqué un accroissement de 25%, favorisé par l’affaiblissement du yen.
24
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Dans les économies émergentes, l’évolution a été globalement similaire avec une hausse de
l’indice MSCI EM de 10,9%, mais les performances ont été largement contrastées d’un pays à
l’autre. Ainsi, l’indice MSCI de l’Inde a progressé de 32,4%, celui du Brésil de 5,1%, alors qu’en Chine,
les entreprises ont continué de pâtir des défis structurels de l’économie, l’indice MSCI du pays
enregistrant une deuxième contraction de 5,1%, après celle de 7,4% un an auparavant.
45
40
35
30
25
20
15
10
0
déc-23 janv-24 févr-24 mars-24 avr-24 mai-24 juin-24 juil-24 août-24 sept-24 oct-24 nov-24 déc-24
VIX VSTOXX
Concernant les marchés obligataires souverains, ils ont été marqués en 2024 par des évolutions
divergentes entre les États-Unis et la zone euro. Ainsi, en dépit de la baisse du taux des fonds
fédéraux, le rendement souverain à 10 ans s’est inscrit dans une tendance haussière ressortant en
moyenne sur l’année à 4,2%, en accroissement de 25 pb d’une année à l’autre. Cette évolution est
attribuable notamment à : (i) la persistance de l’inflation au-dessus de la cible ; (ii) le niveau élevé
du déficit budgétaire ; et (iii) l’augmentation de la prime de terme1 en lien avec les incertitudes
macroéconomiques et les risques budgétaires aux États-Unis.
Dans la zone euro, en revanche, les rendements ont diminué, tirée par la réduction des taux de la
BCE et favorisée par les efforts de consolidation budgétaire dans certains pays du Sud. Le taux de
rendement souverain à 10 ans a ainsi reculé de 11 pb à 2,3% pour l’Allemagne, de 3 pb à 2,9% pour
la France, de 51 pb à 3,6% pour l’Italie et de 33 pb à 3,2% pour l’Espagne.
Pour les principales économies émergentes, les évolutions ont été hétérogènes, avec notamment
des replis de 55 pb à 2,2% pour la Chine et de 26 pb à 7% pour l’Inde, ainsi que des accroissements
de 8 pb à 12% pour le Brésil, de 297 pb à 14,4% pour la Russie et de 927 pb à 26,4% pour la Turquie.
1
a compensation demandée par les investisseurs pour détenir des obligations à long terme plutôt que des actifs plus liquides. Elle est mesurée en
L
particulier par l’écart entre le rendement et le taux court moyen anticipé sur la maturité du titre.
25
Environnement international
2
déc-23 févr-24 avr-24 juin-24 août-24 oct-24 déc-24
Pour ce qui est du crédit bancaire, il a continué d’évoluer à un rythme bas dans les économies
avancées, pâtissant de la persistance des incertitudes entourant les perspectives économiques.
Son rythme est revenu de 2,1% en 2023 à 1,2% en 2024 dans la zone euro et s’est légèrement
accéléré de 1,4% à 2% aux Etats-Unis. Dans les principales économies émergentes, il a notamment
poursuivi son évolution à un rythme faible en Chine oscillant, depuis début 2023 autour de 1%, en
glissement annuel, après une forte décélération amorcée en 2017, année durant laquelle il avait
atteint un pic de plus de 30%.
30
10
25
8
20
6
15
4
2 10
0 5
-2 0
déc.-21 juin-22 déc.-22 juin-23 déc.-23 juin-24 déc.-24 déc.-14 déc.-15 déc.-16 déc.-17 déc.-18 déc.-19 déc.-20 déc.-21 déc.-22 déc.-23 déc.-24
26
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Sur les marchés de change, la parité euro-dollar a évolué tout au long de l’année au gré des données
notamment relatives à l’inflation et au marché de l’emploi, principal déterminant des anticipations
en matière d’évolution des taux. Ainsi, l’euro a fluctué dans une fourchette allant de 1,04 dollar à
1,12 dollar avec une nette tendance à la dépréciation au cours du dernier trimestre. Sur l’ensemble
de l’année, il est ressorti en moyenne à 1,08 dollar, quasi stable d’une année à l’autre. Par rapport
aux monnaies des autres principales économies avancées, l’euro s’est en particulier apprécié de
7,8% vis-à-vis du yen japonais et s’est déprécié de 2,7% contre la livre sterling.
1,1 175
170
1,05
165
1
160
0,95
155
0,9
150
0,85 145
0,8 140
déc.-23 mars-24 juin-24 sept.-24 déc.-24
Concernant les monnaies des principales économies émergentes, elles ont continué à pâtir de
l’incertitude et du renforcement du statut du dollar américain comme valeur refuge poursuivant
globalement leur dépréciation. Ainsi, le renminbi chinois a accusé un nouveau recul face au dollar
de 1,6%, après 5,1% en 2023, la roupie indienne de 1,3%, contre 4,9% en 2023, la livre turque de
38%, au lieu de 43,5%, et le rouble russe de 5,7%, après 27,3%.
125
120
115
110
105
100
95
90
janv.-24 févr.-24 mars-24 avr.-24 mai-24 juin-24 juil.-24 août-24 sept.-24 oct.-24 nov.-24 déc.-24
Renminbi chinois Real brésilien Roupie indienne Livre turque Rouble russe
27
Environnement international
Entre 1879 et 1914, l’étalon-or garantissait la stabilité monétaire, les émissions de monnaies étant alors
adossées aux réserves d’or. Après la Première Guerre mondiale, ce système a été progressivement
abandonné et en 1944, les accords de Bretton Woods ont instauré un régime de change fixe, fondé sur la
convertibilité du dollar en or. En 1971, les États-Unis ont mis fin à cette convertibilité au profit de l’adoption
des taux de change flottants, avant que les « accords de la Jamaïque » de 1976 n’officialisent l’abandon de
l’or comme référence monétaire, son cours fluctuant depuis en fonction de l’offre et de la demande.
Aujourd’hui, bien que l’or n’ait plus de rôle officiel dans le système monétaire international, sa valeur
intrinsèque en fait un actif privilégié pour préserver la valeur, particulièrement en période d’incertitudes
économiques et/ou de tensions géopolitiques.
Au cours des dernières années, il a connu un renchérissement sensible, notamment lors de la crise financière
internationale de 2008 et de celle de la dette souveraine européenne en 2010-2011, ainsi qu’au cours de
la pandémie de la Covid-19 en 2020. En 2024, avec l’accentuation de l’incertitude, il a atteint un pic de
2387 dollars l’once, en hausse de 23% d’une année à l’autre et de 243% depuis 2007.
Plusieurs facteurs ont contribué à cette évolution dont l’un des plus importants reste son statut de valeur
refuge, renforcé par l’incertitude économique et les tensions géopolitiques1 en particulier depuis 2020.
De même, pour des motifs de diversification hors dollar et de prévention contre d’éventuelles sanctions
financières2, les banques centrales des pays émergents, en particulier de Chine, de Russie et d’Inde, ont
récemment intensifié leurs acquisitions, portant la demande émanant des banques centrales globalement
à plus de 1000 tonnes en 2024 et ce, pour la troisième année consécutive, alors que la moyenne annuelle
entre 2010 et 2021 était de 473 tonnes3.
En outre, l’or est historiquement perçu comme une couverture contre l’inflation. Une augmentation de cette
dernière ou des anticipations inflationnistes accroît son attractivité et affecte en conséquence son prix à
la hausse5. Enfin, en période de forte volatilité des marchés financiers, l’or sert également d’instrument de
diversification du portefeuille. A cet égard, l’investissement dans les « Exchange Traded Funds » (ETF)4 or a
augmenté, selon le Conseil mondial de l’or, de 25% en 2024, enregistrant la plus forte croissance depuis
2020, portée par les baisses de taux5 et l’incertitude géopolitique.
1
“ Gold as International Reserves: A Barbarous Relic No More?” Serkan Arslanalp; Barry J. Eichengreen and Chima Simpson-Bell, document de travail
n°2023/014, FMI,2023.
2 et 5
“What drives gold prices?”, Robert B. Barsky, Craig Epstein, Adrian Lafont-Mueller, Younggeun Yoo, FED de New York, novembre 2021.
3
“ Gold demand trends, Q4 and full year 2024, Conseil mondial de l’Or “, 5 février 2025.
4
Des fonds indiciels cotés en bourse qui répliquent la performance du prix de l’or. Ils permettent aux investisseurs d’exposer leur portefeuille à l’or
sans avoir à acheter, stocker ou assurer du métal physique.
28
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
2500 100
2000 80
1500 60
1000 40
500 20
0 0
1964 1970 1976 1982 1988 1994 2000 2006 2012 2018 2024 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024
29
Production et demande
Au niveau sectoriel, l’activité a enregistré une accélération dans les industries manufacturières et
dans le commerce, ainsi que des bonds dans le BTP et dans les industries extractives. De même, le
secteur touristique a poursuivi sa forte dynamique avec un nombre record d’arrivées aux postes
frontières.
Aux prix courants, le PIB a progressé de 7,9% à 1 596,8 milliards de dirhams en 2024. Compte
tenu des hausses de 3,8% à 23,7 milliards des sorties de revenus de la propriété et de 4,7%
à 135,9 milliards des transferts courants en provenance de l’extérieur, le revenu national brut
disponible (RNBD) a atteint 1 709,1 milliards, en accroissement de 7,7% d’une année à l’autre.
30
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Secteur primaire 19,5 4,5 -3,9 -7,1 19,0 -11,8 1,8 -4,5
Agriculture et sylviculture 21,5 5,6 -5,0 -8,1 19,5 -11,3 1,5 -4,8
Pêche et aquaculture -9,3 -12,5 13,8 12,2 9,9 -20,8 6,9 2,6
Secteur secondaire 3,4 3,1 4,1 -5,2 7,8 -1,6 0,8 4,2
Industries manufacturières 3,4 3,2 3,4 -7,4 9,0 2,5 3,1 3,3
Secteur tertiaire 3,3 2,9 3,9 -7,9 5,7 6,8 5,0 4,6
Commerce de gros et de détail, réparation de véhicules
4,6 -0,2 2,1 -6,6 8,2 -0,6 3,0 4,1
automobiles et de motocycles
Transports et entreposage 1,3 -0,5 5,5 -28,5 10,5 3,9 6,8 7,4
Activités d’hébergement et de restauration 10,4 6,2 3,6 -54,6 15,4 68,0 23,5 9,6
Information et communication -2,0 3,5 2,5 5,1 -1,5 3,8 5,2 3,0
Activités financières et d'assurance 3,8 1,9 5,3 0,6 3,6 10,0 5,2 7,3
Activités immobilières 1,5 3,2 1,8 -0,8 2,9 0,0 1,9 -1,6
Recherches et développement et services rendus aux
4,7 6,1 8,3 -13,4 9,6 10,8 6,8 4,2
entreprises
Administration publique, sécurité sociale obligatoire 3,9 3,9 6,6 5,3 5,1 5,0 2,1 4,1
Education, santé humaine et activités d’action sociale 1,1 4,1 2,0 0,8 3,6 6,5 4,6 6,6
Autres services 1,9 1,5 0,2 -23,2 5,0 6,4 2,0 5,4
Valeur ajoutée non agricole 3,2 2,8 4,0 -6,9 6,4 3,8 3,7 4,5
Valeur ajoutée totale 5,2 3,1 3,0 -7,0 7,9 1,9 3,4 3,4
Impôts sur les produits nets des subventions 4,0 2,4 2,3 -8,3 10,3 1,2 5,6 7,5
31
Production et demande
1.2.1 Production
Avec la succession des années de sécheresse et l’accentuation du stress hydrique, l’agriculture a
connu un affaiblissement sensible ces dernières années qui s’est reflété aussi bien sur la production
végétale que sur la filière animale.
En 2024, la valeur ajoutée du secteur a accusé une contraction de 4,8% au lieu d’une légère hausse
de 1,5% en 2023. Tenant compte d’une croissance de 2,6% de l’activité de la pêche, la valeur
ajoutée du secteur primaire ressort en baisse de 4,5% après une progression de 1,8% une année
auparavant.
La campagne agricole 2023/2024 a été particulièrement difficile. Son début a été caractérisé par
un retard des précipitations et des variations importantes des températures qui ont entrainé des
perturbations dans l’installation des cultures.
Dans ces conditions, la superficie emblavée des trois principales céréales1 a reculé à un niveau
exceptionnellement bas de 2,5 millions d’hectares et le rendement s’est établi à 12,6 quintaux
par hectare. La récolte s’est limitée, en conséquence, à 31 millions de quintaux (MQx) au lieu de
55 MQx lors de la campagne précédente.
Pour les autres cultures, la production a connu des évolutions différenciées. Elle a notamment
diminué de 20,5% pour les plantes sucrières et de 19,6% pour les cultures fourragères et s’est,
en revanche, accrue de 8,4% pour celles maraîchères, de 3,8% pour les olives et de 1,8% pour les
agrumes.
Graphique 1.2.1 : Production des trois Graphique 1.2.2 : Production des principales
principales céréales (en MQx) cultures hors céréales (en MQx)
140
Olives
120
100
Agrumes
80
Cultures
60 sucrières
40
Cultures
maraîchères
20
0 Cultures
fourragères
2000/2001
2001/2002
2002/2003
2003/2004
2004/2005
2005/2006
2006/2007
2007/2008
2008/2009
2009/2010
2010/2011
2011/2012
2012/2013
2013/2014
2014/2015
2015/2016
2016/2017
2017/2018
2018/2019
2019/2020
2020/2021
2021/2022
2022/2023
2023/2024
0 20 40 60 80 100
Source : Ministère de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts.
1
Il s’agit des blés tendre et dur ainsi que de l’orge.
32
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Pour ce qui est de l’activité de l’élevage, la décapitalisation du cheptel s’est poursuivie avec de
nouvelles baisses, d’une année à l’autre, de 9,3% pour les ovins, de 16,6% pour les bovins et de 19%
pour les caprins. La production des viandes rouges a reculé en conséquence de 9,6%, ce qui s’est
traduit par une forte pression sur les prix, un recours accru à l’importation des animaux destinés à
l’abattage et l’ouverture du marché national à l’importation des viandes fraîches.
50
40
30
20
10
-10
-20
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016
2017
2018
2019
2020
2021
2022
2023
2024
Volume Valeur
Au niveau du secteur secondaire, le rythme de l’activité a marqué une nette accélération, passant
de 0,8% en 2023 à 4,2% en 2024, et sa contribution à la croissance s’est élevée à 1,1 point de
pourcentage après 0,2 point un an auparavant.
Par branche, les industries manufacturières ont poursuivi leur redressement post-pandémie,
avec une progression de leur valeur ajoutée de 3,3%, après 3,1% en 2023. Cette évolution a été
tirée notamment par une importante hausse de 11,1%, au lieu de 1,6%, pour l’industrie chimique,
résultat en grande partie de l’amélioration de la production des dérivés du phosphate, et par une
augmentation de 5,2%, au lieu d’une contraction de 2,4%, pour la « Fabrication de textiles, d’articles
d’habillement, de cuir et d’articles de cuir ».
33
Production et demande
Fabrication de produits alimentaires et de boissons Fabrication de textiles, d’articles d’habillement, de cuir et d’articles de cuir
Fabrication de produits chimiques Fabrication de matériel de transport
Fabrication d’articles en caoutchouc et en matières plastiques, et autres produits minéraux non métalliques
Autres activités de fabrication Valeur ajoutée des industries manufacturières (variation en %)
Sources : HCP et calculs de Bank Al-Maghrib.
Dans les industries extractives, la valeur ajoutée a enregistré une nette augmentation de 13%, après
un repli de 4,2% en 2023. Cette évolution reflète un rebond de 23,1% de la production marchande
du phosphate brut dans une conjoncture caractérisée par une reprise de la demande mondiale.
Graphique 1.2.5 : Valeur ajoutée des industries extractives et production marchande du phosphate
brut en volume (variation en %)
50
40
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1
Selon l’Organisation Internationale des Constructeurs Automobiles.
34
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Au niveau du BTP, après plusieurs années d’essoufflement, l’activité a connu un nouveau décollage
en 2024, avec un accroissement de sa valeur ajoutée de 5% au lieu de 0,3% en 2023 et d’une
progression annuelle moyenne de 1,5% entre 2009 et 2022. Cette performance est soutenue
par la mise en œuvre de nombreux projets d’infrastructure dans le cadre de la préparation de
l’accueil d’événements internationaux d’envergure et des efforts d’adaptation aux changements
climatiques ainsi que par la mise en œuvre du programme de reconstruction et de réhabilitation
des zones sinistrées d’Al Haouz. Elle aurait été également favorisée par l’opérationnalisation sur
Instructions Royales du programme d’aide directe au logement dès janvier 2024.
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2024
35
Production et demande
Durant la période allant de 2000 à 2007, le secteur a connu une forte expansion avec, en moyenne
annuelle, une progression de 7% de sa valeur ajoutée et une création de 35 mille emplois. Ces évolutions
seraient liées au lancement d’importants projets d’infrastructure et au dynamisme insufflé au segment
du bâtiment grâce à de nombreuses mesures visant à faciliter l’accès au logement des ménages. Il s’agit
en particulier du premier dispositif en faveur du logement social instauré par la loi de finances
1999/2000 et réaménagé à plusieurs reprises par la suite, des programmes « Villes sans bidonvilles »,
« Villes nouvelles » ...
Entre 2008 et 2019, le secteur s’est nettement essoufflé, sa croissance étant revenue à 2,7% en
moyenne annuelle et les créations d’emplois ayant baissé de plus de moitié à 17 mille annuellement. Ces
contreperformances refléteraient en grande partie l’atonie de l’activité qui aurait caractérisé en particulier
la branche du bâtiment résidentiel.
De 2020 à 2023, le BTP a été fortement affecté par une succession de crises. En 2020, année coïncidant
avec la pandémie de la Covid-19, la valeur ajoutée a accusé un repli de 4,1% et avec le déclenchement
de la guerre en Ukraine, les prix des matériaux de construction, indexés sur ceux de l’énergie, ont connu
une augmentation sensible qui a impacté le rythme de l’activité. La valeur ajoutée a ainsi enregistré une
nouvelle contraction de 3,7% en 2022, suivie d’une hausse limitée à 0,3% en 2023. Sur le plan de l’emploi,
20 mille postes ont été générés annuellement, avec une forte volatilité d’une année à l’autre.
En 2024, le secteur a affiché un bond significatif dont les prémices étaient déjà perceptibles à la fin de l’année
précédente. La valeur ajoutée s’est accrue de 5%, avec une accélération graduelle au cours de l’année,
le rythme étant passé de 2,5% au premier trimestre à 7% au dernier. Cette performance a été soutenue
par la mise en œuvre de nombreux projets d’infrastructure dans le cadre de la préparation d’événements
internationaux d’envergure, les efforts d’adaptation aux changements climatiques, ainsi que par la mise
en œuvre du programme de reconstruction et de réhabilitation des zones sinistrées d’Al Haouz. Elle aurait
été également favorisée par l’opérationnalisation sur Instructions Royales du programme d’aide directe au
logement dès janvier 2024. En dépit de cette amélioration, les créations d’emploi sont restées limitées à
13 mille sur l’ensemble de l’année, avec toutefois un net redressement au cours du deuxième semestre.
Au total, sur l’ensemble de la période 2000-2024, le BTP aura enregistré une croissance annuelle moyenne de
3,4% et aura généré 23 mille emplois annuellement. Sa part dans le PIB s’est renforcée, passant de 4,3% à 5,6%
et son poids dans l’emploi de 7,4% à 11,6%.
En termes de perspectives, l’élan observé devrait se poursuivre au regard des différents chantiers d’envergure,
lancés ou programmés à l’horizon 2030, ce qui devrait contribuer à l’accélération de la croissance de l’économie
nationale. Les estimations effectuées sur la base du tableau ressources-emplois des comptes nationaux de
2024 indiquent que le BTP reste l’un des secteurs ayant les effets d’entrainement les plus importants, chaque
dirham de la demande adressée à ce secteur engendrant une augmentation de la production totale de
2,47 dirhams contre, à titre d’illustration, 1,77 dirham pour « l’agriculture et sylviculture » et 1,68 dirham pour
le « commerce de gros et de détail, réparation de véhicules automobiles et de motocycles ».
36
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
2,61
2,45 2,47
2,29
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1
ette loi instaure un cadre juridique pour la production d’énergie électrique à partir de sources renouvelables, par des personnes physiques ou
C
morales, publiques ou privées. Elle précise en particulier les principes généraux qu’elles doivent suivre et le régime juridique applicable pour la
commercialisation et l’exportation.
2
A la faveur notamment de la mise en service du parc de Jbel Lahdid d’une capacité de 270 MW et de l’extension de celui de Koudia Al Baida de 50 MW
à 100 MW.
3
A la suite de l’arrêt temporaire de la centrale Noor Ouarzazate III, de mars 2024 à avril 2025, après un problème technique au niveau du réservoir de
sel fondu.
37
Production et demande
Graphique 1.2.7 : Production de l’électricité par Graphique 1.2.8 : Production d’électricité d’origine
source (en milliers de GWh) renouvelable (en milliers de GWh)
50 14
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2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024
Source : ONEE.
Pour le secteur tertiaire, le rythme de l’activité est revenu à 4,6% en 2024, après 5% un an
auparavant, et sa contribution à la croissance est ressortie à 2,5 points de pourcentage au lieu de
2,7 points.
Le dynamisme de l’activité touristique s’est poursuivi avec une nouvelle progression de la valeur
ajoutée de la branche « Hébergement et restauration » de 9,6% après 23,5% en 2023. Les arrivées
aux postes frontières se sont accrues de 20%, d’une année à l’autre, et de 34,6% par rapport à
2019, atteignant 17,4 millions de touristes, soit quasiment l’objectif fixé pour 2026 (17,5 millions)
dans la feuille de route du secteur1 (2023-2026). Le nombre des MRE a augmenté de 16,8%, au
lieu de 27,1% en 2023, à 8,6 millions et celui des touristes internationaux de 23%, après 41,2%, à
8,8 millions.
1
Feuille de route adoptée en mars 2023.
38
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
107
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97
87
Sources : Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) et Ministère du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Economie Sociale et Solidaire.
Par nationalité, le nombre d’arrivées s’est renforcé de 21,1% pour les ressortissants français, de
14,9% pour les espagnols, de 47% pour les anglais et de 34,8% pour les italiens. De même, les
touristes en provenance de Chine et d’Allemagne ont connu des hausses respectives de 78,3% et
de 28,6%, tout en restant en deçà de leurs niveaux d’avant crise.
39
Production et demande
L’amélioration des arrivées s’est reflétée sur l’évolution des nuitées dans les établissements
d’hébergement touristique classés qui se sont accrues de 11,9% à 28,7 millions, avec une progression
de 18,1% pour les non-résidents à 20,1 millions et une quasi-stagnation pour les nationaux à
8,5 millions. Par principale destination, l’augmentation des nuitées a été de 18% à Al Haouz, de
17,8% à Agadir, de 12,7% à Marrakech et à Casablanca, de 8,6% à Tanger, de 6,1% à Rabat et de
2% à Fès. Les villes de Marrakech et d’Agadir conservent leur prédominance, accaparant plus de la
moitié des nuitées touristiques durant l’année 2024.
Ainsi, et tenant compte de l’évolution de la capacité litière, le taux d’occupation est passé, d’une
année à l’autre, de 48% à 51%. Il a atteint en particulier 74% à Al Haouz, 72% à Marrakech et 69%
à Agadir.
40
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
S’agissant des services de « transport et entreposage », leur valeur ajoutée s’est accrue de 7,4%,
reflétant une hausse importante du trafic aussi bien de passagers, tirée notamment par l’expansion
que connait l’activité touristique, que de marchandises. Pour ce dernier segment, l’accroissement
a été de 15,2% pour le maritime, de 23,1% pour le ferroviaire et de 22,2% pour l’aérien. Pour le
transport de passagers, les augmentations ont été de 11,6%, 4,4% et 20,5% respectivement pour
les trois modes.
1
Défini par le ratio du trafic sortant en minutes au parc moyen d’abonnés par mois.
2
Le revenu moyen par minute (ARPM) est obtenu en divisant le chiffre d’affaires hors taxes des communications voix sortantes par le parc sortant en
minutes.
41
Production et demande
Graphique 1.2.10 : Usage moyen sortant Graphique 1.2.11 : Revenu moyen par
(en minutes/ mois) communication (ARPM) (en dirhams/minute)
160 1,8
140 1,6
1,4
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1,0
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2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024
Source : ANRT.
- 4,5
-5,0 - 4,9
-5,2
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4
Valeur ajoutée agricole PIB non agricole PIB
Source : HCP.
1
Les analyses de cette section se basent sur les données trimestrielles des comptes nationaux publiées par le HCP le 31 mars 2025.
42
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
1.2.2 Demande
La croissance de 3,8% de l’économie nationale observée en 2024 a été tirée exclusivement par la
demande intérieure dont la contribution a atteint 6,3 points de pourcentage, au lieu de 5,4 points
en 2023. En revanche, celle des exportations nettes en volume est restée négative à hauteur de
2,5 points au lieu de 1,8 point.
Demande intérieure (contribution en pp) 3,6 3,8 2,1 -7,0 9,7 -1,3 5,4 6,3
Consommation finale des ménages 3,7 2,4 2,2 -5,6 6,8 0,1 4,7 3,2
Consommation finale des administrations publiques 2,4 3,7 4,8 -0,6 7,2 2,6 6,1 5,6
Exportations nettes (contribution en pp) 1,5 -0,8 0,8 -0,1 -1,5 3,1 -1,8 -2,5
Exportations de biens et services 10,8 3,8 5,1 -15,0 7,9 20,7 7,9 8,0
Importations de biens et services 4,6 4,8 2,1 -11,9 10,4 8,8 9,5 11,6
Dans un contexte marqué par un net recul de l’inflation, la consommation des ménages
a progressé de 3,2% en 2024, après 4,7% en 2023, à la faveur notamment des revalorisations
salariales, du lancement du programme des aides sociales directes et d’un niveau soutenu des
transferts des MRE. Sa participation à la croissance est ressortie ainsi positive à hauteur de
1,9 point de pourcentage, au lieu de 2,8 points un an auparavant. Pour sa part, la consommation
des administrations publiques a décéléré de 6,1% à 5,6%, et sa contribution à la croissance est
revenue de 1,2 point de pourcentage à 1 point.
Tiré par une forte participation du secteur public, l’investissement a enregistré un bond de 10,9%,
après une progression de 4,3% un an auparavant, et sa participation à la croissance est ressortie
à 3,2 points de pourcentage au lieu de 1,3 point. Par composante, la « formation brute de capital
fixe » a augmenté de 12,8%, la « variation des stocks » s’est contractée de 1,4% et les « acquisitions
nettes d’objets de valeur » se sont stabilisées.
43
Production et demande
8 15
6
10
4
2 5
0
0
-2
-4 -5
-6
-10
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2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024
Demande intérieure Demande extérieure PIB Investissement total Formation brute de capital fixe
Source : HCP.
Le pouvoir d’achat, appréhendé par le revenu par habitant en termes réels, peut être scindé comptablement
en trois principaux déterminants2. Il s’agit (i) de la productivité apparente du travail ; (ii) du taux
d’emploi ; et (iii) de la répartition du revenu entre les ménages et les autres agents économiques. Ce
dernier peut être à son tour désagrégé en trois sous-facteurs. Le premier, mesuré par de la part du revenu
des ménages dans le RNBD3, renseigne sur l’effet de répartition interne ; le deuxième traduit l’effet de
répartition externe ou les transferts de revenus entre l’économie nationale et le reste du monde ; tandis que
le troisième correspond à l’effet des prix relatifs.
Au total, la décomposition se présente comme suit :
RDB des ménages/habitant PIB en volume Volume emploi RDB des ménages/IPC
= x x
IPC Volume emploi Population totale PIB en volume
Productivité apparente du travail Taux d’emploi Effet répartition
Avec
RDB des ménages/IPC RDB des ménages RNBD déflateur du PIB
= x x
PIB en volume RNBD PIB nominal IPC
Effet répartition Répartition interne Répartition externe Prix relatifs
1
Cf. Enquêtes de conjoncture auprès des ménages du HCP.
2
Cf. Encadré 1.2.2 : Evolution du pouvoir d’achat au Maroc du Rapport annuel de Bank Al-Maghrib, exercice 2022.
3
Le Revenu National Brut Disponible (RNBD) est égal au PIB augmenté des revenus nets de la propriété et des transferts courants nets en provenance
de l’extérieur.
44
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Graphique E.[Link] : Evolution du pouvoir d’achat des ménages et de ses composantes (en %)
10
-2
-4
-6
Revenu disponible brut des ménages par habitant Inflation Pouvoir d’achat des ménages
Sur la période 2015-20234, le pouvoir d’achat a enregistré une amélioration annuelle moyenne 0,9%. Après
une diminution de 5,4% en 2020, il a connu une nette reprise, soutenue par une hausse de la productivité
apparente, qui reflète en partie une reprise moins rapide de l’emploi que celle de la croissance. Enfin,
malgré la dynamique des transferts des MRE, l’effet répartition est resté globalement négatif, en raison des
reculs de la composante interne (part des revenus des ménages dans le RNBD) et des prix relatifs (ratio du
déflateur du PIB à l’IPC).
Ces évolutions ont impacté le moral des ménages, l’indice de confiance publié à ce sujet par le HCP ayant
connu, en 2022, sa baisse la plus importante depuis sa mise en place en 2008, une évolution qui s’est
poursuivie en 2023.
4
Les données base 2014 du tableau des comptes économiques intégrés (TCEI) sont disponibles de 2014 à 2023.
45
Production et demande
6 15
10
4
5
2 0
-5
0
- 10
-2 - 15
- 20
-4
- 25
-6
- 30
2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Pouvoir d’achat (axe gauche) Indice de confiance des ménages (axe de droite)
S’agissant de l’évolution de la consommation des ménages, après une contraction de 5,6% en 2020, elle
a connu un rebond mécanique de 6,8% en 2021 et une progression annuelle moyenne de 2,4% en 2022
et 2023, rythme insuffisant pour atteindre le niveau qui aurait été observé si la tendance d’avant crise
(2015-2019) s’était poursuivie (cf. graphiques ci-après). Cela a été particulièrement le cas pour la
consommation des services, qui a accusé un repli de 20,8% en 2020, suivie d’un redressement graduel entre
2021 et 2023, avec une croissance annuelle moyenne de 9,4%. La consommation des biens, caractérisée par
une certaine incompressibilité, a de son côté affiché une reprise complète.
100 108
100 90
90
80
80
70
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60 60
2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
46
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Encadré 1.2.3 : Principales mesures adoptées dans l’accord du dialogue social d’avril 2024
• L’amorce de la mise en œuvre de la réforme globale du système de retraite visant à (i) établir un système
en deux pôles (public et privé), dont les détails seront convenus selon une approche participative ; (ii)
définir les mécanismes de transition vers le nouveau système, en préservant les droits acquis dans le
cadre des régimes actuels jusqu’à l’entrée en vigueur de la réforme ; et (iii) renforcer la gouvernance des
systèmes de retraite à la lumière des bonnes pratiques dans ce domaine.
• L’élaboration d’une loi organique relative aux conditions et aux modalités de l’exercice du droit de grève,
à travers un accord sur ses principes fondamentaux, notamment : (i) la conformité aux dispositions
constitutionnelles et aux législations internationales relatives à l’exercice du droit de grève ; (ii)
l’encadrement de cet exercice dans les secteurs public et privé, de manière à assurer un équilibre entre
ce droit constitutionnel et la liberté du travail ; (iii) la définition des différents concepts relatifs à l’exercice
du droit de grève ; (iv) l’identification des Départements qui nécessitent, de par leurs natures et leurs
spécificités vitales, la mise en place d’un service minimal en période de grève ; et (v) le renforcement des
mécanismes du dialogue, de la réconciliation et de la négociation dans la résolution des conflits collectifs
du travail. La révision des législations du travail, dont (i) certaines dispositions du code du travail ; (ii) le
cadre juridique et institutionnel encadrant la formation professionnelle continue ; et (iii) les dispositions
légales relatives aux élections professionnelles.
1
Il s’agit de l’Union Marocaine du Travail (UMT), de l’Union Générale des Travailleurs du Maroc (UGTM) et de la Confédération Démocratique du
Travail (CDT).
47
Production et demande
14 1 800 35 450
12 1 800 400
30
10
1 800 350
8 25
1 800 300
6
4 1 000 20 250
2 800 200
15
0
600 150
-2 10
400 100
-4
200 5
-6 50
-8 0 0 0
2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024
En milliards de dirhams (axe de droite) Variation en % (axe de gauche) En milliards de dirhams (axe de droite) En % du RNBD (axe de gauche)
Source : HCP.
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La consommation finale a augmenté de 6,3% à 1 247,4 milliards de dirhams et l’épargne
nationale s’est établie ainsi à 461,7 milliards, soit l’équivalent de 27,0% du RNBD. Tenant compte
d’un montant de 480,2 milliards des dépenses d’investissement, ou 30,1% du PIB, le besoin de
financement est ressorti en creusement d’une année à l’autre de 5,7 milliards à 18,5 milliards.
5 60
50
4
40
3
30
2
20
1 10
0 0
2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024
Formation brute de capital fixe Variation des stocks En milliards de dirhams (axe de droite) En % du PIB (axe de gauche)
Source : HCP.
48
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
L’analyse sectorielle fait ressortir, outre une diminution de 137 mille postes dans l’« agriculture,
forêt et pêche », un accroissement limité de 13 mille dans le BTP malgré une nette augmentation
de sa valeur ajoutée, ainsi que des améliorations notables de 160 mille dans les services et de
46 mille dans l’industrie.
Au total, l’économie nationale aura créé 82 mille postes, portant le volume global de l’emploi à
10,7 millions, niveau toujours inférieur à celui observé en 2019. Dans ce contexte, les entrées
nettes sur le marché ont atteint 140 mille actifs, contre une progression de la population en âge de
travailler de 386 mille2. En conséquence, le taux d’activité a connu une légère baisse de 0,1 point
de pourcentage à 43,5% et le taux de chômage s’est aggravé à 13,3%, son plus haut depuis 2001.
Cette situation a amené le Gouvernement à renforcer ses efforts visant la réduction du chômage
et la création d’emplois décents, élaborant ainsi une feuille de route et consacrant pour sa mise
en œuvre une enveloppe budgétaire de 15 milliards de dirhams au titre de la loi de finances 2025.
Par ailleurs, considérant la progression de 4,5% de la valeur ajoutée non agricole, la productivité
apparente du travail3 s’est améliorée de 1,6% après 3,1% en 2023. Cette hausse ressort largement
inférieure à celle des coûts salariaux, qui s’est élevée en termes réels à 3% dans le secteur privé4 et
à 6,7% pour la fonction publique5.
1
près la refonte de son enquête sur l’emploi, le HCP a publié les résultats pour les années de 2016 à 2024. Pour les besoins d’analyse, il a été procédé,
A
lorsque cela a été possible, au raccordement des séries jusqu’à 1999.
2
Chiffre déduit à partir du taux d’activité et de la population active tels que publiés par le HCP.
3
Appréhendée par le ratio de la valeur ajoutée à l’effectif des employés.
4
Calculé sur la base des données de la CNSS.
5
Les salaires dans la fonction publique sont estimés par Bank Al-Maghrib sur la base des évolutions des créations et des suppressions de postes
d’emplois, publiées dans le rapport sur les ressources humaines accompagnant le projet de loi de finances, et des dépenses de personnel telles
qu’elles ressortent de la situation des charges et ressources du Trésor.
49
Marché de l’emploi
Cette population demeure peu qualifiée, 45,6%2 des actifs n’ayant aucun diplôme, et faiblement
féminisée, les femmes en représentant moins du quart.
77,8
64,5
54,4
45,6
35,5 35,7
28,6
22,2 24,7
11
Urbain Rural Femmes Hommes Sans diplôme Ayant 15 à 24 ans 25 à 34 ans 35 à 44 ans 45 ans et plus
un diplôme
Source : HCP.
Tenant compte de l’évolution de la population âgée de 15 ans et plus, le taux d’activité3 a poursuivi
sa baisse, à un rythme toutefois moindre qu’en 2023, revenant de 43,6% à 43,5%. En zones rurales,
il s’est replié de 0,8 point de pourcentage à 46,5%, avec un recul de 1,1 point à 18,8% pour les
femmes et de 0,7 point à 72,9% pour les hommes. En milieu urbain, en revanche, il a marqué une
hausse de 41,8% à 42%, recouvrant une progression de 0,7 point à 19,2% pour les femmes et une
légère diminution de 0,1 point à 66,4% pour leurs homologues masculins.
Par tranche d’âge, le fléchissement du taux d’activité a concerné exclusivement les personnes de
45 ans et plus avec une régression de 0,7 point à 38,8%. Les autres catégories ont connu, à l’inverse,
des accroissements de 0,5 point pour les 25-34 ans, de 0,2 point parmi les 35-44 ans et de 0,1 point
pour les jeunes de 15 à 24 ans. Plus du quart2 de ces derniers (25,6%) ne sont ni employés, ni
scolarisés, ni en formation (NEET).
1
Il s’agit, selon le HCP, de la main d’œuvre disponible pour la production de biens et services, exerçant un travail ou à la recherche d’un emploi.
2
Données de 2023.
3
Il s’agit du ratio du nombre d’actifs (occupés ou au chômage) à la population en âge de travailler.
50
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Selon le niveau de qualification, le taux d’activité des non diplômés continue de reculer à un rythme
élevé pour se situer à 40,1%, alors que celui des détenteurs d’un diplôme s’est accru de 0,4 point
à 46,6%.
51
60
49
55 47
45
50
43
41
45
39
40 37
99 00 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24
19 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20
Source : HCP.
Au niveau régional, le taux d’activité a enregistré des hausses de 1,3 point dans « Souss-Massa »
et de 0,4 point dans les « Régions du Sud », ainsi qu’une stabilité dans l’« Oriental », le reste des
régions ayant connu des baisses. Celles-ci ont varié de 0,1 point de pourcentage à « Casablanca-
Settat » et « Fès-Meknès » à 0,9 point à « Drâa-Tafilalet ».
51
Marché de l’emploi
En revanche, au regard du nombre réduit de questions du RGPH et de son approche plus générale, les
résultats relatifs à l’activité et à l’emploi sont moins précis et peuvent s’écarter de manière significative de
ceux issus de l’ENE, qui reste la principale référence pour appréhender la situation sur le marché du travail.
Cette dernière présente l’avantage de fournir des informations détaillées et produites selon les standards
internationaux en la matière notamment ceux du Bureau International du Travail.
Conformément aux recommandations de la Commission Statistique des Nations Unies, le RGPH est
généralement mené selon une fréquence décennale. Au Maroc, la dernière opération a été réalisée du
1er au 30 septembre 2024 et fait ressortir des changements démographiques significatifs avec des
implications importantes pour le marché du travail.
10
0,5
5
0 0
1994 2004 2014 2024
Population totale Croissance démographique annuelle moyenne (axe de droite)
Source : HCP.
1
Il s’agit du nombre moyen d’enfants par femme.
52
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Ce ralentissement a eu pour corollaire un changement important de la pyramide des âges avec une
accélération du vieillissement de la population. La part des personnes âgées de moins de 15 ans est revenue
de 31% en 2004 à 26,5% en 2024 et celle des 60 ans et plus est passée au cours de la même période de 8%
à 13,8%, une évolution qui n’est pas sans implication sur la viabilité des régimes de retraite et qui met en
exergue l’urgence de faire aboutir leurs réformes.
Au cours de la même période, la population en âge d’activité (15 ans et plus) est passée de 20,6 millions de
personnes en 2004 à 24,3 millions en 2014 et à 27,1 millions en 2024, soit des augmentations annuelles
moyennes respectives de 367,8 mille et 276,6 mille. Au regard du nombre d’emplois que l’économie
nationale crée (6 mille en moyenne annuelle depuis 2015), cette évolution montre que, quoiqu’en baisse, le
déficit en emploi reste très important.
61,0 62,4
59,7
Source : HCP.
53
Marché de l’emploi
Source : HCP.
257
213
126
70
-80 - 82 -90
-124
-152
-206
54
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Sur l’ensemble de l’année, l’économie nationale aura généré 82 mille emplois, contre une perte
de 157 mille en 2023, portant ainsi la population occupée à 10,7 millions de personnes, niveau
toutefois inférieur de 2,8% à celui observé en 2019.
- 157
- 432
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016
2017
2018
2019
2020
2021
2022
2023
2024
Source : HCP.
Compte tenu de l’évolution de la population âgée de 15 ans et plus, le taux d’emploi1 a poursuivi
sa diminution, revenant de 38% à 37,7%. Dans les zones rurales, il a connu une contraction d’un
point de pourcentage à 43,3%, avec des replis de 1,3 point à 17,5% pour les femmes et de 0,8 point
à 68% pour les hommes. En milieu urbain, en revanche, il a enregistré une légère hausse, passant
de 34,8% à 34,9%, avec un accroissement de 0,4 point à 14,3% pour les femmes.
L’emploi s’est nettement amélioré dans les secteurs non agricoles avec une création de 219 mille
postes, au lieu de 41 mille un an auparavant. Les services ont généré 160 mille, après 15 mille,
reflétant notamment des accroissements de 51 mille dans le « commerce », de 44 mille dans
les « services sociaux fournis aux collectivités » et de 39 mille dans les « activités financières,
d’assurance, immobilières, scientifiques, techniques, de services administratifs et de soutien ».
Dans l’industrie, l’amélioration observée de la valeur ajoutée s’est reflétée au niveau de l’évolution
de l’emploi avec une augmentation des effectifs de 46 mille, au lieu de 7 mille en 2023. En revanche,
en dépit d’une forte reprise de l’activité du BTP avec une croissance de la valeur ajoutée de 5%, au
lieu de 0,3% un an auparavant, les créations dans le secteur sont restées limitées à 13 mille, après
19 mille en 2023.
55
Marché de l’emploi
Tenant compte de ces évolutions, la part de l’« agriculture, forêt et pêche » est revenue, en un an,
de 27,8% à 26,3% au profit des services et de l’industrie dont les poids se sont renforcés de 48,3%
à 49,4% et de 12,2% à 12,6% respectivement, la part du BTP s’étant, quant à elle, stabilisée à 11,6%.
60
50
40
30
20
10
0
1999
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016
2017
2018
2019
2020
2021
2022
2023
2024
Agriculture, forêt et pêche Industrie BTP Services
Source : HCP.
L’analyse des caractéristiques de la population active occupée indique que son niveau de
qualification demeure structurellement faible, près de la moitié (48%) n’ayant aucun diplôme.
Cette proportion se situe1 à 34,7% dans les services, à 40,9% dans l’industrie, à 56,7% dans le BTP
et culmine à 77,2% dans l’« agriculture, forêt et pêche ».
Par ailleurs, le taux de salariat poursuit sa progression pour atteindre 59,9% au lieu de 58,9% un
an auparavant, mais seule la moitié (52%) des salariés disposent d’un contrat de travail. Pour le
reste, 30,1% des actifs occupés sont des auto-employés et 9,5% des aides familiales. Sur le plan de
la régularité dans l’emploi, après un recul de 6,1% en 2023, le « travail saisonnier ou occasionnel »
a connu une hausse importante de 29,7% en milieu urbain et de 19,5% au niveau national, portant
ainsi sa part dans le volume global de 10,2% à 12,1%.
1
Données de 2023.
56
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
14
12
10
8
6
4
2
0
2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024
Source : HCP.
De même, la part des actifs occupés déclarant être affiliés à un régime de retraite est demeurée
faible2, se situant à 28,3% globalement, à 40,7% en milieu urbain et à 9,3% dans les campagnes.
30,6
29,4
26,6
24,8 25,0
24,2
22,5 22,6
21,6
Source : HCP.
1
Il est à rappeler que ces proportions sont calculées sur la base des déclarations des enquêtés.
2
Données de 2023.
57
Marché de l’emploi
Près de la moitié des chômeurs (49,3%) sont des primo-demandeurs d’emploi, et 30% se sont
retrouvés en situation de chômage suite à un licenciement ou un arrêt de l’activité de l’établissement.
En termes de durée, 62,9% des personnes en situation de chômage le sont depuis plus d’une
année au lieu de 66,4% en 2023.
81,9 82,7
67,6
45,4
32,4 30,3
18,1 17,3
14,0
10,3
Urbain Rural Femmes Hommes Sans diplôme Ayant 15 à 24 ans 25 à 34 ans 35 à 44 ans 45 ans et plus
un diplôme
Milieu de résidence Genre Niveau de qualification Tranche d'âge
(Données 2023) (Données 2023)
Source : HCP.
1
Données de 2023.
58
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
35
20
30
25
15
20
10
15
10
5
5
0 0
20 9
20 0
20 1
20 2
20 3
20 5
20 6
07
20 8
20 9
20 0
20 1
20 2
20 3
20 5
20 6
20 7
20 8
20 9
20 0
20 1
20 2
20 3
20 3
20 5
20 6
20 7
20 8
19
20 0
20 1
20 2
20 3
20 9
20 0
20 1
20 2
20 3
20 5
20 6
20 7
20 8
20 9
20 0
20 1
20 2
24
20 4
20 4
20 4
24
04
9
0
0
0
0
0
0
0
0
1
1
1
1
1
1
1
1
2
2
2
2
1
1
1
1
1
2
2
2
2
9
0
0
0
0
0
0
0
0
0
1
1
1
0
1
1
19
20
20
19
20
Femme Homme Ensemble 15-24 ans 25-34 ans 35-44 ans 45 ans et plus Ensemble
Source : HCP.
59
Marché de l’emploi
L’aggravation du chômage s’est accompagnée d’une hausse du sous-emploi1, phénomène lié dans
45% des cas à l’inadéquation de la qualification et à l’insuffisance de la rémunération. Ainsi, la
proportion d’actifs sous-employés est passée de 9,8% à 10,1% au niveau national, de 8,7% à 8,9%
dans les villes et de 11,6% à 12,2% en milieu rural. Par genre, elle s’est élevée à 11,2% pour les
hommes contre 6% pour les femmes et a varié, par secteur d’activité, de 6,3% dans l’industrie à
19,6% dans le BTP.
13 12,2
11,6 11,2 12,1
10,9 11,2
11 8,7 8,9 7,9
7,7 6,4 6,3
9 5,8 6,0
Encadré 1.3.2 : Estimation du taux de chômage n’accélérant pas l’inflation (NAIRU) au Maroc
La problématique du chômage constitue l’une des préoccupations majeures des autorités publiques aussi
bien dans les économies avancées que dans les pays émergents ou en voie de développement. L’élaboration
de politiques efficaces dans ce sens requiert une évaluation approfondie de l’état des lieux avec une
identification des déterminants du chômage en distinguant en particulier les tendances structurelles des
fluctuations conjoncturelles.
A cet effet, il est souvent fait recours à l’estimation du « taux de chômage n’accélérant pas l’inflation »
(NAIRU). Ce concept, développé dans les années 70, fait référence à la composante du chômage lié aux
caractéristiques structurelles et institutionnelles d’une économie. Il est aussi défini comme étant le taux le
plus bas qui peut être maintenu dans l’économie sans entraîner une accélération de l’inflation. Considéré
sous cet angle, cet indicateur présente également un intérêt pour les banques centrales, notamment dans
la mesure où il peut contribuer à l’appréciation des pressions inflationnistes1.
1
Pour certaines banques centrales, comme la FED, l’emploi est également l’un des objectifs de la politique monétaire.
1
a population en situation de sous-emploi est constituée des personnes ayant travaillé : i) au cours de la semaine de référence moins de 48 heures
L
et disponibles à effectuer des heures supplémentaires ou ii) plus que le seuil fixé et sont à la recherche d’un autre emploi ou disposées à changer
d’emploi pour raison d’inadéquation avec leur formation ou leur qualification ou encore pour insuffisance de la rémunération.
60
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
A l’instar de plusieurs variables dites structurelles ou d’équilibre qui ne sont pas directement observables,
l’utilisation empirique du NAIRU se heurte à la difficulté de son estimation. En effet, malgré l’attention
dont il fait l’objet dans la littérature économique, les méthodes développées pour son évaluation restent
approximatives et incertaines. Celles-ci peuvent être regroupées en trois principales approches, à savoir :
(i) les méthodes structurelles basées sur un système d’équations pour expliquer les comportements de
fixation des salaires et des prix ; (ii) les techniques purement statistiques, permettant la décomposition
des séries en discernant en particulier les variations tendancielles de celles de nature cyclique ; et (iii) les
modèles de forme réduite, largement utilisés dans les études empiriques, combinant le filtrage statistique
et les contraintes issues de la théorie économique.
Au Maroc, la prévalence d’une conjoncture économique défavorable au cours des dernières années, liée
à une série de chocs externes et à une succession d’années de sécheresse, s’est traduite par une montée
préoccupante du chômage. En 2024, celui-ci s’est situé à des niveaux jamais atteints depuis 2001, atteignant
13,3% globalement et 16,9% en milieu urbain.
Pour apprécier davantage la nature de cette évolution, une estimation du NAIRU a été réalisée par Bank
Al-Maghrib sur la base des données trimestrielles de l’Enquête Nationale de l’Emploi sur la période 2008-
2024. La méthodologie utilisée consiste à estimer simultanément, par le filtre de Kalman, le NAIRU et une
courbe de Phillips réduite s’inspirant du « modèle en triangle » de Gordon2. Celle-ci établit le lien entre
l’inflation et trois de ses déterminants à savoir, (i) les anticipations et/ou la persistance de l’inflation ; (ii) les
tensions sur la demande approchées par l’écart du taux de chômage au NAIRU; et (iii) les chocs transitoires
(inflation dans les pays de la zone euro, cours du Brent, prix internationaux des produits alimentaires, taux
de change effectif réel, taux directeur, crédits destinés aux entreprises non financières, taux d’utilisation
des capacités de production, cours des produits échangeables, etc.).
Après plusieurs tests de spécifications, le modèle retenu s’écrit sous la forme suivante :
Les estimations font ressortir une évolution du NAIRU globalement similaire à la tendance du taux de
chômage observé. Ce résultat corrobore le fait stylisé que le chômage au Maroc est principalement de nature
structurelle. Depuis 2020, toutefois, le NAIRU s’écarte à la baisse des réalisations du taux de chômage, un
constat qui refléterait la sévérité des chocs récents, notamment la pandémie de la Covid-19, les implications
de la guerre en Ukraine et la récurrence des années de sécheresse.
2
Gordon, R.J. (1997), « The time-varying NAIRU and its implications for economic policy », Journal of Economic Perspectives , vol.11, n°1.
61
Marché de l’emploi
09 2
10 2
11 2
12 2
13 2
14 2
15 2
16 2
17 2
18 2
19 2
20 2
21 2
22 2
23 2
24 2
09 4
10 4
11 4
12 4
13 4
14 4
15 4
16 4
17 4
18 4
19 4
20 4
21 4
22 4
23 4
24 4
4
20 Q
20 Q
20 Q
20 Q
20 Q
20 Q
20 Q
20 Q
20 Q
20 Q
20 Q
20 Q
20 Q
20 Q
20 Q
20 Q
20 Q
20 Q
20 Q
20 Q
20 Q
20 Q
20 Q
20 Q
20 Q
20 Q
20 Q
20 Q
20 Q
20 Q
20 Q
20 Q
20 Q
Q
08
20
Si la hausse engendrée par ces chocs peut être prévisible, leurs séquelles peuvent conduire au phénomène
communément connu dans la littérature comme l’« hystérèse du chômage », une situation où le chômage
reste élevé malgré la dissipation des chocs à l’origine de sa hausse.
Plusieurs facteurs favoriseraient une telle évolution. Le premier est lié au risque de dépréciation du capital
humain, avec le niveau élevé du chômage de longue durée, qui pourrait affaiblir les compétences et réduire
les possibilités d’embauche. En effet, depuis la pandémie, le nombre de chômeurs de longue durée a connu
une augmentation significative, dépassant un million de personnes, et s’est maintenu à un niveau proche
depuis.
350
300
0,9
250
200
150
0,6
100
50
0,3 0
20 1
20 2
20 3
20 5
20 6
20 7
20 8
20 9
20 0
20 1
20 2
20 3
20 3
20 5
20 9
20 0
20 1
20 2
20 3
20 6
20 7
20 8
20 9
20 0
20 9
20 0
20 1
20 2
20 3
20 5
20 6
20 7
20 8
20 9
20 0
20 1
20 2
20 3
20 5
20 6
20 7
20 8
20 9
20 0
20 1
20 2
20 4
24
20 4
24
20 4
20 4
1
1
1
1
1
1
1
1
2
2
2
2
2
0
9
0
0
0
0
0
0
0
0
1
9
0
0
0
0
0
0
0
0
0
1
1
1
1
1
1
1
2
2
2
1
1
0
0
19
19
Source : HCP.
62
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Globalement, la tendance récente du NAIRU laisse conclure que le chômage au Maroc dépend principalement
de facteurs structurels qui le maintiennent jusqu’à présent à un niveau élevé. L’absence de tension sur le
marché se traduirait par une faible pression sur la demande et en conséquence sur les prix. De surcroit, au
regard du poids de l’emploi agricole, de la mobilité entre secteurs, notamment agricole/non agricole, ainsi
que des mouvements d’entrées/sorties, en particulier pour les femmes, la projection du taux de chômage
et en conséquence, des pressions inflationnistes émanant du marché du travail reste difficile.
A l’inverse, Bank Al-Maghrib tient compte des agrégats du marché du travail dans sa prise de décision. Ainsi,
lorsque l’inflation est prévue d’évoluer à des niveaux en ligne avec l’objectif de stabilité des prix, la Banque
pourrait parfois agir sur le taux pour favoriser l’activité économique en général et l’emploi en particulier.
Cela étant, la formalisation du marché de l’emploi et la prédominance progressive des forces de l’offre et
de la demande, se traduiront dans le futur par l’instauration d’une dynamique plus compréhensible et plus
prévisible sur le marché et devront permettre ainsi une meilleure prise en compte de l’emploi dans les
décisions.
Graphique 1.3.13 : Productivité apparente du travail dans les secteurs non agricoles
et salaires moyens en termes réels (en %)
8
-2
-4
-6
2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024
Productivité apparente du travail Salaire dans le secteur privé Salaire dans la fonction publique
63
Marché de l’emploi
64
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
1.4 Inflation
Après les niveaux élevés observés au cours des deux dernières années, l’inflation, mesurée par la
variation de l’indice des prix à la consommation (IPC), a accusé un recul sensible en 2024. Elle est
ressortie à 0,9% en moyenne après 6,1% en 2023 et 6,6% en 2022. Cette évolution est attribuable à
la conjugaison de plusieurs facteurs. Outre l’atténuation des pressions d’origine externe, favorisée
par le reflux des prix des produits énergétiques et alimentaires, elle traduit au plan interne les effets
du resserrement de la politique monétaire initié en 2022, des mesures prises par le Gouvernement
pour soutenir le pouvoir d’achat des ménages ainsi que de l’amélioration de l’offre de certains
produits agricoles.
Par composante, le ralentissement de l’inflation reflète la baisse de 2,9%, après une montée
de 18,8% en 2023 des prix des produits alimentaires à prix volatils. Il résulte également de la
décélération de 5,6% à 2,2% de l’inflation sous-jacente, tirée principalement par celle des prix des
produits alimentaires qui y sont inclus. A l’inverse, les tarifs réglementés ont progressé de 1,2% au
lieu de 0,8%, résultant notamment du relèvement du prix du gaz butane opéré dans le cadre du
processus de décompensation amorcé par le Gouvernement le 20 mai 2024. Dans le même sens,
la diminution des prix des carburants et lubrifiants s’est atténuée de 4,1% à 3,4%.
S’agissant des prix à la production des industries manufacturières hors raffinage, ils ont accusé un
recul de 1% après des augmentations de 1,6% en 2023 et de 12,7% en 2022, avec en particulier des
baisses de 1,1% pour les « industries alimentaires » et de 5,3% pour l’« industrie chimique ».
20
20
20
20
20
20
20
20
20
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20
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09
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17
18
19
20
21
22
23
24
65
Inflation
Par produit, les baisses des prix les plus importantes ont été enregistrées pour les « agrumes »
avec 26,9% et les « légumes frais » avec 16,3%. A l’opposé, les prix ont augmenté de 9,7% pour les
« poissons frais », de 8,9% pour les « légumineuses sèches », de 8,6% pour les « fruits frais », et de
7,3% pour les « volaille et lapin ».
66
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
10
-5
-10
-15 janvier février mars avril mai juin juillet août septembre octobre novembre décembre
Volaille et lapin Poissons frais Agrumes Fruits frais Légumes frais Autres Produits alimentaires à prix volatils
A l’inverse, les prix des « produits pharmaceutiques » ont reculé de 5% en lien, d’un côté, avec la
décision de la Loi de Finances 2024 de supprimer la TVA sur les produits pharmaceutiques, et de
l’autre, avec les révisions à la baisse opérées2 par le Ministère de la Santé des prix de vente de
certaines catégories de médicaments.
Au total, la contribution des tarifs réglementés à l’inflation est restée stable d’une année à l’autre
à 0,2 point de pourcentage.
1
our 2024, cette mesure consiste d’un côté, à ramener la quotité ad valorem du prix de vente public hors TVA et TIC spécifique des cigarettes de
P
66% à 64% et de l’autre, à porter le minimum de perception au titre de la TIC de 782,1 à 826,7 dirhams par mille cigarettes et la quotité spécifique de
175 à 275 dirhams par mille cigarettes.
2
Arrêtés ministériels (4 janvier, 7 mars, 18 avril, 6 juin, 4 juillet et 17 octobre 2024).
67
Inflation
Graphique 1.4.4 : Contribution à l’évolution des tarifs des produits réglementés en 2024
(en points de pourcentage)
3,0
2,5
2,0
1,5
1,0
0,5
0,0
-0,5
-1,0
janvier février mars avril mai juin juillet août septembre octobre novembre décembre
Tabac Produits pharmaceutiques Gaz Services Médicaux Autres Produits à tarifs réglementés
Sources : Données du HCP et calculs Bank Al-Maghrib.
avr-17
août-17
déc-17
avr-18
août-18
déc-18
avr-19
août-19
déc-19
avr-20
août-20
déc-20
avr-21
août-21
déc-21
avr-22
août-22
déc-22
avr-23
août-23
déc-23
avr-24
août-24
déc-24
avr-24
août-24
déc-24
1
alculée par le Ministère Français Chargé de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche. [Link]
C
[Link]/politiques-publiques/prix-produits-petroliers.
68
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Par composante, cette décélération reflète essentiellement celle de 9,8% à 2,9% des prix des
produits alimentaires qui y sont inclus. En particulier, la hausse des prix des « huiles » est passée
de 17,9% à 1,7% et celle du « lait » de 12,4% à 0,4%. De même, les prix des « produits à base de
céréales » ont accusé une baisse de 0,8% après une augmentation de 2,1% un an auparavant.
En parallèle, et en dépit des efforts déployés par le Gouvernement pour l’approvisionnement du
marché national en animaux destinés à l’abattage, les « viandes fraîches » ont connu un nouveau
renchérissement de 11%, après celui de 15,1%.
Pour les produits non alimentaires, les ralentissements les plus sensibles ont été enregistrés
pour les « meubles, articles de ménage et entretien courant du foyer » de 3,8% à 0,9%, pour
l’« enseignement » de 3,8% à 2,1% et pour les « articles d’habillement et chaussures » de 3,7% à 2%.
10
-2 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024
69
Inflation
Sur la période 2007-2017, les prix des viandes rouges, appréhendés par l’indice de la section « viandes
fraîches » de l’IPC, ont connu une progression à un rythme quasi-stable de 1% en moyenne avec une faible
volatilité. Par la suite, les prix ont affiché une augmentation annuelle moyenne de 5% en 2018 et en 2019
avant d’accuser un léger repli annuel de 1% au cours de la pandémie de la Covid-19 en 2020-2021. La
succession des années de sécheresse depuis, a induit un renchérissement sensible qui a atteint 15,1% en
2023 et 11% en 2024, et qui a constitué la principale source d’inflation en moyenne sur les deux années. En
effet, en 2024, sans cette flambée, l’inflation aurait été de 0,5% au lieu de 0,9% observée et l’inflation sous-
jacente se serait limitée à 1,4%, au lieu de 2,2%.
Graphique E.[Link] : Evolution de l’indice des prix des viandes rouges (en glissement annuel)
(en %)
20
15
10
-5
janv-08
août-08
mars-09
oct-09
mai-10
déc-10
juil-11
févr-12
sept-12
avr-13
nov-13
janv-15
août-15
mars-16
oct-16
mai-17
déc-17
juil-18
févr-19
sept-19
avr-20
nov-20
juin-21
janv-22
août-22
mars-23
oct-23
juin-14
mai-24
déc-24
-10
Pour atténuer cette hausse et améliorer l’offre sur le marché, le Gouvernement a entrepris plusieurs
mesures dont notamment l’exonération des droits de douane pour l’importation d’animaux vivants
et de viandes congelées ainsi que l’octroi de subventions pour l’importation des ovins pour Aïd al-Adha
en plus d’autres mesures pour soutenir et préserver le cheptel national. L’efficacité de ces mesures en
matière de reconstitution du cheptel et de baisse des prix est restée cependant limitée1 en raison des
dysfonctionnements que connait le marché2. Le 26 février 2025, Sa Majesté le Roi a appelé la population à
s’abstenir d’accomplir le sacrifice de Aïd al-Adha.
1
elon la déclaration du ministre délégué chargé du Budget, lors de la réunion de la Commission des Finances, tenue le 31 octobre 2024 à la
S
Chambre des Représentants.
2
Intervention du ministre de l’Industrie et du Commerce au cours d’un débat télévisé, le 22 février 2025.
70
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
2010
2011
2012
2013
2015
2016
2017
2018
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2023
2009
2010
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2023
2014
2024
2014
2024
Biens transformés Biens non transformés Services
Biens transformés Biens non transformés Services
Carburants et lubrifiants Inflation
Sources : Données du HCP et calculs de Bank Al-Maghrib.
La forte montée de l’inflation à l’échelle mondiale entre 2021 et 2023 est le résultat de la conjugaison de
plusieurs facteurs dont notamment, la perturbation des chaînes d’approvisionnement, l’augmentation des
coûts de fret, ainsi que le rebond de la demande après la levée des restrictions sanitaires. Les tensions
sur les prix ont été exacerbées ensuite par la flambée des cours des produits énergétiques et alimentaires
après le déclenchement du conflit en Ukraine.
Au niveau national, outre leur impact direct, ces pressions se sont propagées rapidement à un large éventail
de biens et services. A cet égard, l’appréhension des effets de « débordement » ou de « connectivité » entre
les prix des différents produits et services permet de comprendre comment les chocs de prix se diffusent
et de distinguer ceux qui sont de nature temporaire des mouvements persistants, problématique abordée
par plusieurs travaux empiriques au cours des dernières années. Pour les banques centrales en particulier,
l’identification de ces effets de « contagion » permet d’affiner leurs prévisions d’inflation et de calibrer leurs
décisions en matière de politique monétaire.
1
ur la base des données du HCP, Bank Al-Maghrib distingue quatre catégories : carburants et lubrifiants, biens transformés hors carburants et
S
lubrifiants, biens non transformés et services.
71
Inflation
L’approche généralement utilisée dans ce cadre s’inspire de la méthodologie développée par Diebold
et Yilmaz (2009-2012)1 pour analyser les effets de « contagion » entre les actifs financiers. Elle consiste à
construire, à partir d’un modèle VAR, une matrice d’interaction basée sur la décomposition généralisée de
la variance des erreurs de prévision.
Appliquée par la BRI2 sur les données mensuelles américaines couvrant deux périodes distinctes,
1965-1985 (régime d’inflation élevée) et 1986-2019 (basse inflation), cette approche laisse conclure que la
connectivité augmente avec l’inflation, les produits alimentaires et les carburants étant identifiés comme
les composantes les plus « contagieuses » en termes de transmission de pressions inflationnistes. Des
conclusions similaires ressortent d’une étude plus récente menée par la Banque du Portugal3 en 2023 sur
la période post-pandémique.
Dans le cas du Maroc, cette approche a été appliquée à travers un modèle BVAR pour les 12 divisions de
l’indice des prix à la consommation, en intégrant également un ensemble de variables pour capter les chocs
externes. Il s’agit de l’inflation dans la zone euro, du cours du pétrole (Brent) et de l’indice FAO. Les estimations
ont été réalisées initialement sur la période allant de janvier 2007 à décembre 2020, caractérisée par une
inflation modérée, puis en l’élargissant jusqu’à 2023 pour inclure la phase post-pandémique marquée par
une hausse importante des prix.
Les résultats pour la première période font ressortir une interconnectivité moyenne de 24,4% entre les
différentes composantes de l’IPC. En d’autres termes, près d’un quart des variations totales au niveau de
ces indices est attribué aux effets de « débordement », les chocs idiosyncratiques expliquant le reste, soit
75,6%.
Les divisions de l’indice les plus « contagieuses » s’avèrent être « les produits alimentaires inclus dans
l’IPCX », 57,4% de toute variation de cette rubrique se transmet aux autres divisions de l’indice. A l’inverse,
les composantes les plus vulnérables aux chocs sont les « articles d’habillement et chaussures », dont 42,6%
de la variation s’explique par celles émanant des autres rubriques, suivis des « biens et services divers »
avec 37,4% et des « meubles, articles de ménage et entretien courant du foyer » avec 36,1%.
1
iebold, F. X. and K. Yilmaz (2009). “Measuring financial asset return and volatility spillovers, with application to global equity markets.” Economic
D
Journal,119(534). Diebold, F. X. and K. Yilmaz (2012). “Better to give than to receive, predictive directional measurement of volatility spillovers.”
International Journal of Forecasting, 28(1).
2
“Inflation: a look under the hood”, BIS Annual Economic Report 2022.
3
Quelhas, J. and Serra, S. (2023). “The inflation process in Portugal: the role of price spillovers”. Banco de Portugal Economic Studies, Vol. IX, No. 2.
72
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Alimentaires_inclus_IPCX
Alimentaires_inclus_IPCX
Meubles_equipement
Biens_services_divers
Meubles_equipement
Alimentaires_volatils
Biens_services_divers
Alimentaires_volatils
Restaurant_hôtels
Restaurant_hôtels
Communication
Communication
Enseignement
Enseignement
Habillement
Habillement
Logement
Transport
Logement
Transport
Loisirs
Santé
Loisirs
Santé
Habillement Habillement
Biens_services_divers
Biens_services_divers
Communication
Communication
Destination du choc
Destination du choc
Enseignement
Enseignement
Logement
Logement
Loisirs
Loisirs
Meubles_equipement Meubles_equipement
Alimentaires_volatils Alimentaires_volatils
Alimentaires_inclus_IPCX Alimentaires_inclus_IPCX
Restaurant_hôtels Restaurant_hôtels
Transport Transport
Santé Santé
0% 2% 4% 10% 15% 20% 35%
N/A
* Les éléments hors diagonale indiquent les effets de contagion d’une composante de l’IPC sur une autre. Les couleurs les plus foncées
correspondent à des niveaux de contagion plus élevés. Par exemple, pour la période 2007-2023, la case foncée à l’intersection de la colonne
« Produits alimentaires inclus dans l’IPCX » et la ligne « Restaurants et hôtels » signifie que les variations des prix des « Produits alimentaires inclus
dans l’IPCX » se propagent fortement vers celles des prix des « Restaurants et hôtels ».
Sources : Données du HCP et calculs de Bank Al-Maghrib.
La réestimation du modèle en intégrant les données couvrant l’ensemble de la période 2007-2023, fait
ressortir des changements parfois significatifs des résultats :
(i) Une hausse de la connectivité totale entre les divisions de l’IPC à 35,7% au lieu de 24,4% ;
(ii) Les « produits alimentaires inclus dans l’IPCX », se confirment comme la division la plus « contagieuse »,
avec un taux de diffusion de 125,9% au lieu de 57,4% ;
(iii) Outre les « produits alimentaires inclus dans l’IPCX », deux autres rubriques ressortent comme
d’importantes génératrices d’effets de « débordement ». Il s’agit des « meubles, articles de ménage et
entretien courant du foyer » avec un taux de diffusion de 69,7% contre 11% sur la période 2007-2020 et
des « transports » avec 70,6% après 16,2% ;
(iv) La division « restaurants et hôtels » devient la plus vulnérable aux chocs, avec 71% de ses variations
s’expliquant par celles émanant des autres rubriques.
73
Inflation
2,5 5
2,0 0
1,5 -5
1,0 -10
0,5 -15
0,0 -20
janvier février mars avril mai juin juillet août septembre octobre novembre décembre
Inflation Inflation sous-jacente Produits alimentaires à prix volatils (axe de droite) Carburants et lubrifiants (axe de droite)
Sources : Données du HCP et calculs Bank Al-Maghrib.
74
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Inflation Inflation
Graphique 1.4.11 : Evolution des prix à la production industrielle hors raffinage (en %)
20 60
50
15
40
30
10
20
5
10
0
0
-10
-5 -20
déc-20
févr-21
avr-21
juin-21
août-21
oct-21
déc-21
févr-22
avr-22
juin-22
août-22
oct-22
déc-22
févr-23
avr-23
juin-23
août-23
oct-23
déc-23
févr-24
avr-24
juin-24
août-24
oct-24
déc-24
Industries alimentaires Industries manufacturières hors raffinage Industrie chimique (axe de droite) Métallurgie (axe de droite)
75
Inflation
Par branche, cette baisse résulte notamment de celle de 1,1% des prix des « industries alimentaires »,
au lieu d’une augmentation de 3,4% une année auparavant, d’une accentuation du recul de ceux de
l’« industrie chimique » à -5,3% après -0,6% et d’un ralentissement de 4,9% à 0,5% de la progression
des prix de la « fabrication d’autres produits minéraux non métalliques ».
Indice des prix à la production hors raffinage 2,6 0,6 -1,2 4,3 12,7 1,6 -1,0
Dont :
Fabrication d’équipements électriques 6,2 -0,6 2,1 4,7 6,7 1,3 0,3
Fabrication d’autres produits minéraux non métalliques 2,6 -0,2 0,0 -0,1 4,0 4,9 0,5
Fabrication de produits en caoutchouc et en plastique -0,5 -0,4 -0,6 -1,5 2,8 0,7 -5,0
Industrie du papier et du carton 0,8 4,7 -1,8 -0,2 3,2 3,0 0,0
* Les variations sont calculées sur la base de l’indice des prix à la production base 100=2018 à partir de 2019 et se réfèrent à celui base 100=2010 avant
cette année.
Source : HCP.
76
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
En parallèle, l’évolution des ressources a été largement plus favorable que prévu, tirée par une
performance exceptionnelle des recettes fiscales qui ont enregistré une augmentation record de
42,9 milliards de dirhams. Ce résultat est attribuable notamment à la réforme de la législation
fiscale, aux efforts de l’Administration en matière de recouvrement et, dans une moindre mesure,
à l’opération de régularisation fiscale volontaire qui a généré une recette de 6,5 milliards de dirhams
dont 2,7 milliards au titre de l’année 20241. De surcroit, les rentrées issues des mécanismes de
financement innovants ont marqué une progression de 38,7% à 35,3 milliards de dirhams.
Grâce à cette dynamique ainsi qu’à l’amorce de la décompensation graduelle du gaz butane
matérialisée par un premier relèvement de son prix le 20 mai, le déficit budgétaire a poursuivi
son atténuation à un rythme plus rapide que prévu. Hors produit de cession des participations de
l’Etat, celui-ci s’est établi, à 3,9% du PIB contre 4,4% en 2023 et 4,3% visé par la loi de finances (LF).
Sur le volet financement, le déficit de caisse2 de 57,4 milliards de dirhams a été couvert
principalement par des ressources intérieures d’un montant net de 36,7 milliards et par un flux
net extérieur de 19 milliards de dirhams. Ainsi, la dette publique directe s’est allégée de 1 point de
pourcentage (pp) à 67,7% du PIB, reflétant des baisses de 0,8 pp de sa composante intérieure à
50,8% du PIB et de 0,2 pp de celle extérieure à 16,9% du PIB.
1
’opération de régularisation de la situation fiscale des contribuables personnes physiques, prévoyant une contribution libératoire de 5% des valeurs
L
faisant l’objet desdites régularisations, a généré des recettes de 6,5 milliards de dirhams dont 2,7 milliards collectées en décembre 2024 et 3,8 milliards
en janvier 2025.
2
Tenant compte de la reconstitution du stock des opérations en instance d’un montant de 5,2 milliards, au lieu d’un remboursement de 9,2 milliards
un an auparavant.
77
Finances publiques
Recettes ordinaires 22,0 22,2 21,7 22,1 22,0 21,8 25,0 24,0 25,6
Recettes fiscales 19,3 19,6 19,7 19,3 19,3 19,0 21,1 20,0 21,2
Mécanismes de financement innovants (en MMDH) - - - 9,4 2,6 11,9 25,1 25,4 35,3
Dépenses globales 26,4 25,9 25,5 26,1 29,7 28,0 31,0 29,5 29,1
Dépenses ordinaires 20,6 20,1 20,0 20,2 22,2 21,9 24,0 22,0 21,8
Masse salariale 9,6 9,1 8,9 10,3 11,6 11,0 11,1 10,3 10,3
Compensation (en MMDH) 14,1 15,3 17,7 16,1 13,5 21,8 41,8 30,1 25,5
Investissement 5,8 5,8 5,5 5,8 7,5 6,1 7,0 7,5 7,4
Solde budgétaire (Hors cession des participations de l’Etat) -4,2 -3,2 -3,5 -3,8 -7,1 -5,9 -5,4 -4,4 -3,9
Dette publique directe 60,1 60,3 60,5 60,3 72,2 69,4 71,4 68,7 67,7
Sources : MEF (DTFE) et HCP pour le PIB nominal.
Les recettes ordinaires étaient prévues en amélioration de 8,8% tirée par un accroissement de 6,5%
des rentrées fiscales. Ainsi, les impôts directs devaient connaitre une hausse de 3,3% recouvrant
une augmentation de 10% des recettes de l’IR à 52,7 milliards et une baisse de 1,6% de celles de
l’IS à 59,9 milliards. De leur côté, les impôts indirects devaient marquer une progression de 7,5%
soutenue par celle de 9,6% des rentrées de la TVA à 124,2 milliards, avec des relèvements de
17,1% de sa composante intérieure et de 6,1% de celle à l’importation. De même, les droits de
douane devaient se renforcer de 4,7% à 15,7 milliards et ceux d’enregistrement et de timbre de
20,9% à 19,3 milliards. Les ressources non fiscales étaient attendues en rebond de 22,6%, résultat
principalement des mécanismes de financement innovants de 35 milliards au lieu de 25 milliards
dans la LF 2023, les recettes de monopoles devant rester stables à 19,5 milliards.
78
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
par une augmentation de 3,7% des dépenses de personnel à 161,6 milliards, ou l’équivalent de
10,5% du PIB, et de 15,3% des autres biens et services à 91,2 milliards. Les charges de compensation
devaient baisser de 36,2% à 17 milliards, et celles en intérêts de la dette s’accroitre de 24,2% à
37,2 milliards.
Tableau 1.5.2 : Programmation budgétaire (en millions de dirhams, sauf indication contraire)
LF 2023 LF 2024 Variation en % Variation en valeurs
Recettes ordinaires 341 720 371 747 8,8 30 027
Recettes fiscales1 289 272 308 044 6,5 18 772
Dont : TVA 113 329 124 158 9,6 10 830
IS 60 914 59 918 -1,6 -996
IR 47 931 52 739 10,0 4 808
Recettes non fiscales 49 148 60 253 22,6 11 105
Dont : R
ecettes des mécanismes de financement
25 000 35 000 40,0 10 000
Innovants
Recettes de certains CST2 3 300 3 450 4,5 150
Dépenses globales 416 594 444 709 6,7 28 115
Dépenses ordinaires 325 456 344 278 5,8 18 822
Biens et services 234 912 252 845 7,6 17 933
Masse salariale 3
155 794 161 623 3,7 5 829
Autres biens et services 79 117 91 221 15,3 12 104
Intérêts de la dette 29 966 37 229 24,2 7 263
Compensation 26 580 16 957 -36,2 -9 623
Transferts aux collectivités territoriales 33 999 37 247 9,6 3 249
Solde ordinaire 4
16 264 27 469
Dépenses d’investissement 5
91 138 100 431 10,2 9 293
Solde des autres CST 4 200 6 000
Solde primaire 4
-40 708 -29 733
Solde budgétaire4 -70 674 -66 962
En pourcentage du PIB6 -4,9 -4,3
Besoin de financement -70 674 -66 962
Financement intérieur 13 142 10 831
Financement extérieur 52 532 51 131
79
Finances publiques
Les mesures fiscales introduites par la LF 2024 s’inscrivent dans la poursuite de la mise en œuvre de la loi-
cadre portant réforme fiscale en particulier en matière de TVA. En effet, cette loi a introduit la réforme de
cette taxe selon une démarche graduelle sur une période de trois ans. Elle vise trois objectifs fondamentaux
(i) d’ordre social pour soutenir le pouvoir d’achat des ménages et atténuer l’impact de l’inflation, à travers
l’élargissement de l’exonération de la TVA à certains produits de base de large consommation ; (ii) de
neutralité économique afin de réduire l’effet du butoir2 sur les entreprises, en ramenant progressivement
à l’horizon 2026, le nombre de taux de la TVA à deux (20% et 10%) au lieu de quatre actuellement (7%, 10%,
14% et 20%) ; et (iii) d’équité fiscale en vue de faciliter l’intégration du secteur informel, de rationaliser les
incitations fiscales et de clarifier et d’harmoniser les dispositions du texte fiscal.
D’autres mesures ont été prévues dans cette LF dont en particulier celles relatives à la lutte contre la fraude
fiscale, à l’intégration de l’informel et à la réinstauration de la régularisation volontaire de la situation fiscale
des contribuables.
80
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
• Instauration de deux nouveaux mécanismes de retenue à la source en matière de TVA afin d’inciter à la
transparence fiscale et de lutter contre les fausses factures.
• Réinstauration de l’obligation de conservation pendant une période de 60 mois des biens d’investissement
inscrits dans un compte d’immobilisation ayant bénéficié de l’achat en exonération de la TVA ou du droit
à déduction de ladite taxe.
• Elargissement du champ d’application de la TVA pour appréhender le commerce numérique à travers : (i)
la révision des règles de la territorialité de la TVA ; et (ii) l’introduction de l’obligation d’identification des
fournisseurs non-résidents, de déclaration du chiffre d’affaires réalisé et de versement de la taxe due au
Maroc.
• Institution du principe de solidarité, en cas d’infraction aux obligations de déclaration ou de paiement en
matière de TVA, impliquant tout responsable de la gestion financière ou administrative de l’entreprise ou
tout bénéficiaire effectif du montant de cette taxe non versé.
Mesures communes
• Révision de la procédure d’examen de l’ensemble de la situation fiscale des personnes physiques à
travers l’institution d’une procédure contradictoire simplifiée garantissant les droits des contribuables et
permettant un dialogue avec l’Administration fiscale durant les différentes phases de ladite procédure.
• Prorogation jusqu’à fin 2024 de la durée d’application de la mesure relative à la régularisation de la
situation fiscale des entreprises inactives à condition de souscrire une déclaration de cessation totale
d’activité et de verser un impôt forfaitaire de 5000 dirhams au titre de chaque exercice non prescrit.
81
Finances publiques
Graphique 1.5.1 : Solde budgétaire global Graphique 1.5.2 : Solde budgétaire global
et solde primaire (en milliards de dirhams) (en milliards de dirhams)
30
40
20
10 20
0
0
-10
-20 -20
-30
-40 -40
-50
-60
-60
-70 -80
-80
-90 -100
01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24
20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20
Solde primaire Solde budgétaire global Prévu par la loi de finances Réalisé Ecart
82
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Au cours des dernières années, malgré l’orientation des politiques publiques vers la libéralisation
économique dans de nombreux pays à travers le monde, le poids du secteur public est demeuré important.
Le nombre1 d’entreprises publiques parmi les 500 plus grandes sociétés en termes de chiffre d’affaires est
passé de 34 en 2000 à 126 en 2023. Ces grandes entreprises d’État, dont 86 sont chinoises, emploient plus
de 21 millions de personnes et génèrent annuellement 730 milliards de dollars de bénéfices.
De par ce rôle économique, la gouvernance de ces entreprises reste l’une des préoccupations importantes
de la politique publique et un sujet d’intérêt pour les institutions et les organisations internationales. Dans
ce contexte, l’OCDE en particulier, a élaboré un référentiel de bonnes pratiques en la matière articulé autour
de plusieurs lignes directrices2, notamment : (i) l’évaluation et la communication des motifs justifiant les
participations de l’Etat ; (ii) la mise en place d’une gouvernance transparente et efficace, ainsi que d’un cadre
juridique garantissant l’équité des règles du jeu lorsque les entreprises publiques exercent des activités
économiques ; et (iii) la protection des droits des actionnaires notamment minoritaires et étrangers.
Au Maroc, les établissements et entreprises
Graphique E.[Link] : Valeur ajoutée et investissement
publics (EEP), jouent également un rôle significatif des EEP (en milliards de dirhams)
dans l’économie nationale. Au nombre de 140
272, ils ont généré en 2023 un chiffre d’affaires de
120 115,2
332,1 milliards de dirhams, une valeur ajoutée 100,4
100 97,2 97,7
de 97,7 milliards et réalisé un investissement de 84,0 81,3
80 76,8
81,3 milliards.
64,2
60
Conscients du rôle stratégique des EEP, les
40
pouvoirs publics ont œuvré au cours des
20
dernières années à une refonte du secteur
sous l’impulsion des Instructions Royales 0
2021 2022 2023 2024*
notamment celles des discours de sa Majesté
du 29 juillet et du 9 octobre 2020. La réforme, Valeur ajoutée des EEP Investissement des EEP
qui en a découlé et dont les orientations sont * Prévisions.
fixées par la loi-cadre n° 50-21, adoptée en Source : Rapport sur les EEP accompagnant le PLF 2025.
2021, vise à rehausser leur efficience économique et sociale en corrigeant leurs dysfonctionnements
structurels et en renforçant la complémentarité et la cohérence entre leurs missions respectives.
Sur le volet gouvernance, la réforme s’articule autour de cinq principaux axes : (i) la maîtrise du portefeuille
public ; (ii) l’instauration de bonnes pratiques de gouvernance ; (iii) la généralisation du contrôle financier ;
(iv) le renforcement de la transparence ; et (v) le pilotage par la performance et la modulation du contrôle
sur la base de critères liés à la qualité de la gestion et de la gouvernance.
1
OCDE, Actionnariat et gouvernance des entreprises publiques, 2024.
2
Lignes directrices de l’OCDE sur la gouvernance des entreprises publiques, 2024.
83
Finances publiques
La loi prévoit également la création d’une entité dédiée ; l’Agence nationale de la gestion stratégique des
participations de l’Etat (ANGSPE) et du suivi de la performance des EEP, pour veiller aux intérêts patrimoniaux
de l’État et assurer une gestion efficace et durable de ses participations3. Cette dernière, créée en 2021, a
élaboré une vision concertée en matière de politique actionnariale de l’Etat (PAE) qui a été approuvée par le
Conseil des Ministres tenu le 1er juin 2024 et déclinée dans un décret publié le 6 janvier 2025.
La PAE traduit les orientations stratégiques et les objectifs globaux de l’actionnariat de l’État et de son
rôle dans la gouvernance des EEP, ainsi que les modalités de mise en œuvre de cette politique. Elle a
également pour vocation de mobiliser les EEP pour la concrétisation des orientations du pays en matière
de renforcement des secteurs jugés stratégiques et prioritaires, en les érigeant principalement comme : (i)
levier pour la consolidation de la souveraineté nationale à travers le soutien des efforts de l’Etat dans un
ensemble de secteurs vitaux ; (ii) moteur de l’intégration continentale et internationale ; (iii) pilier pour la
dynamisation de l’investissement privé ; (iv) catalyseur d’une économie compétitive et véhicule de création
de valeur ajoutée et de promotion de l’emploi productif ; (v) acteur actif de l’équité territoriale au service de
l’inclusion économique, sociale, financière et numérique ; et (vi) gestionnaire responsable des ressources
contribuant à la réalisation des Objectifs de Développement Durable.
Dans ce sens, l’Agence a lancé plusieurs chantiers, notamment dans le secteur audiovisuel, afin de créer
une holding publique viable. De plus, elle étudie la redéfinition du modèle stratégique de l’ONEE en réponse
aux changements institutionnels4 qu’a connus le secteur. Par ailleurs, elle accompagne des EEP comme la
Société Nationale des Transports et de la Logistique et Barid Al Maghrib dans la préparation de leurs projets
de restructuration et la redéfinition de leurs modèles stratégiques.
3
Le portefeuille public de l’Agence comprend 57 EEP opérant dans les secteurs de « l’énergie, l’eau et l’industrie », « les infrastructures, mobilité et
logistique », « l’aménagement territorial et les activités immobilières », « les banques, fonds d’investissement et finances » et « le numérique, digital
et transformation ».
4
Rapport sur les EEP, projet de loi de finances 2025.
Ressources ordinaires
Les recettes ordinaires ont enregistré une accélération de leur rythme de progression à 15,3% en
2024, au lieu de 6,3% en 2023. Pour les rentrées fiscales, après une hausse de 5,1%, elles se sont
améliorées de 14,5% à 338,4 milliards de dirhams, représentant ainsi l’équivalent de 21,2% du PIB
contre 20% un an auparavant.
Les rentrées des impôts directs se sont raffermies de 15,9% à 135,1 milliards, avec des
augmentations de 18,7% à 60,1 milliards de l’IR et de 13,5% à 70,3 milliards de l’IS. L’évolution de
l’IR résulte essentiellement des renforcements de 2,4 milliards des recettes sur les salaires, de
0,8 milliard pour les retenues à la source sur les profits de cession de valeurs mobilières et
les produits de placements à revenu fixe, de 0,3 milliard sur les revenus professionnels et de
0,6 milliard sur les profits fonciers. Le produit de cet impôt a été tiré également par des recettes
84
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
De même, le produit des impôts indirects a progressé de 15% à 164 milliards. Les rentrées de la
TVA se sont accrues de 16,2% à 127,6 milliards, résultat de bonds de celle à l’importation de 11,9%
à 84,9 milliards et de sa composante intérieure de 25,6% à 42,7 milliards qui tient compte de
remboursements des crédits de TVA de 18,7 milliards. En parallèle, le produit de la TIC a augmenté
de 11,8% à 18,1 milliards pour les produits énergétiques et de 8,3% à 14,8 milliards pour les tabacs,
portant le total à 36,5 milliards, soit une hausse de 11,2%.
Graphique 1.5.3 : Recettes de l’IS et de l’IR Graphique 1.5.4 : Structure des recettes ordinaires
(variations en %) (en %)
4,6
60
8,6
50
5,6
40 4,1
33,0
3,9
30 5,3 32,8
5,6
20 7,2
4,4 4,6
10
-10
40,2
-20
-30 40,1
01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24
20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20
Pour les autres rubriques, après un accroissement de 18,3% en 2023, les recettes des droits
de douane ont augmenté de 8,4% à 17,8 milliards, avec notamment une hausse de 105,8% à
2,6 milliards des droits d’importation sur les animaux vivants destinés à l’alimentation. De même,
les rentrées au titre de l’enregistrement et de timbre ont progressé de 7,6%, après 10,9%, à
21,5 milliards.
85
Finances publiques
300 22
15
250 20
200 18
10
150 16
100 14 5
50 12
0 10 0
01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 LF 2024
20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 2024
En ce qui concerne les recettes non fiscales, elles se sont améliorées de 19,9% à 66,1 milliards
de dirhams, en dépassement de 5,9 milliards des prévisions de la LF. Les rentrées issues des
mécanismes de financement innovants sont passées de 25,4 milliards en 2023 à 35,3 milliards en
2024, portant ainsi le montant total mobilisé depuis le début du recours à ces opérations en 2019 à
109,6 milliards. Pour leur part, les ressources provenant des établissements et entreprises publics
(EEP) se sont accrues de 18,7% à 16,6 milliards, dont 6 milliards reçus de l’Agence Nationale de la
Conservation Foncière du Cadastre et de la Cartographie, 5,8 milliards de l’OCP, 2,9 milliards de
Bank Al-Maghrib et 690 millions de Maroc Télécom. En outre, les fonds de concours et dons se sont
élevés à 2,9 milliards, en progression de 5,9%.
86
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
87
Finances publiques
Dépenses globales
Du côté des dépenses, celles de biens et services se sont accrues de 7,9% à 250,3 milliards, soit
quasiment le montant programmé par la LF. Sous l’effet notamment des mesures décidées dans le
cadre du dialogue social, dont en particulier une première tranche de revalorisation salariale des
fonctionnaires à partir de juillet 2024, ainsi que d’une création nette de 14 280 postes budgétaires1,
les dépenses de personnel2 ont progressé de 8,5% à 164,6 milliards, soit un taux d’exécution
légèrement au-dessus de la prévision de la LF. La partie servie par la Direction des Dépenses de
Personnel, qui en représente 84,5%, a connu une augmentation de 8,6%, reflétant celles de 6,4% de
sa composante structurelle et de 39,6% des rappels à 11,8 milliards. La répartition de ces dépenses
par Département, hors Administration de la Défense Nationale, fait ressortir la prédominance de
trois Ministères, à savoir, celui de l’Education Nationale, du Préscolaire et des Sports avec une
part de 27,4%, de l’Intérieur avec 19,2% et de la Santé et de la Protection Sociale avec 8,8%. En
pourcentage du PIB, la masse salariale est ressortie en stabilité, d’une année à l’autre, à 10,3% du
PIB, après une baisse de 0,8 point un an auparavant.
450
25,2
30
400
0
25,3
350 35,4
25
34,7
300
250 20
200 7,5
15 8,2
150
7,1
100
10 6,9 18,4
50 7,3
0 5 5,5 18,4
01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24
20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20
Pour ce qui est des dépenses au titre des autres biens et services, elles se sont alourdies de 6,8%
à 85,7 milliards de dirhams, soit un taux d’exécution de 93,9%. Cette évolution inclut notamment
des accroissements de 1,2% à 41,6 milliards des transferts aux EEP et de 11,9% à 12,2 milliards des
versements aux comptes spéciaux du Trésor.
1
Différence entre une création de 30 034 postes et une suppression de 15 754 postes.
2
Y compris les charges sociales au titre de la part patronale.
88
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Pour leur part, les charges de compensation ont poursuivi leur allègement, revenant de
30,1 milliards à 25,5 milliards, soit l’équivalent de 1,6% du PIB, avec toutefois un dépassement de
8,5 milliards des crédits ouverts par la LF. Par rubrique, 15 milliards ont été alloués au soutien
du gaz butane, 6,2 milliards pour le sucre, 2,2 milliards pour la farine nationale de blé tendre et
1,7 milliard aux professionnels du secteur du transport.
160 6
11, 5
20
140
11, 0 5
120
15
10, 5 4
100
80 10, 0 3
10
60
9,5 2
40 5
9,0 1
20
0 8,5 0 0
01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24
20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20
Les charges en intérêts de la dette ont progressé de 8,6% à 33,9 milliards de dirhams, reflétant des
hausses de 2% à 23,4 milliards de celles de sa composante intérieure et de 26,6% à 10,5 milliards
des charges de la dette extérieure.
89
Finances publiques
Cette tendance n’est pas sans conséquence économique avec des chocs négatifs d’offre (destruction du
stock de capital, baisse des rendements agricoles, perturbations de l’offre de main-d’œuvre ou des chaînes
d’approvisionnement, ...) et de demande (diminution de la consommation et de l’investissement résultant
d’une détérioration du bilan des ménages et des entreprises).
Ces chocs peuvent entraîner des répercussions significatives sur les finances publiques par le biais
de différents canaux (Schéma E.[Link]). Ils affectent d’une part, le budget de l’Etat, à travers l’effort
de reconstruction des infrastructures endommagées par des évènements extrêmes et les transferts
aux ménages et aux entreprises en cas de catastrophes. D’autre part, ils réduisent les recettes fiscales
résultant notamment de la baisse de la production et/ou de l’emploi. A l’inverse, les investissements publics
de reconstruction des infrastructures favoriseraient certaines activités comme le BTP, affectant ainsi
positivement les recettes fiscales.
Source : Bachner, G., Bednar-Friedl, B. « The Effects of Climate Change Impacts on Public Budgets and Implications of Fiscal Counterbalancing
Instruments ». Environmental Modeling & Assessment 24, 121–142 (2019).
Limiter le réchauffement climatique et atténuer ses impacts nécessitent des efforts budgétaires
considérables dans un contexte marqué par des taux d’endettement très élevés au niveau mondial et un
amenuisement des marges budgétaires. Selon le FMI3, l’adoption de politiques de réduction des émissions
reposant sur les dépenses (augmentation des investissements publics et des subventions pour les énergies
renouvelables) alourdirait la dette publique de 45% à 50% du PIB à l’horizon 2050.
1
réé en 1988 par l’Organisation mondiale de la météorologie et le Programme des Nations-Unies pour l’environnement, GIEC a pour mission
C
d’évaluer l’état des connaissances sur l’évolution du climat, ses causes, ses impacts, ainsi que les politiques et les mesures d’adaptation et
d’atténuation mises en place.
6 édition du rapport d’évaluation du GIEC intitulé « Changements climatiques 2022 : impacts, adaptation et vulnérabilité », mars 2023.
2 ème
3
Fiscal Monitor, « Climate Crossroads: Fiscal Policies in a Warming World », FMI, octobre 2023.
90
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Au Maroc, et malgré sa faible contribution aux émissions de gaz à effet de serre (GES), l’empreinte du
changement climatique est de plus en plus tangible. Elle se matérialise notamment par des phénomènes
extrêmes, une hausse des températures et un déclin des précipitations, une aridification qui devrait
s’amplifier4, accentuant le stress hydrique, déjà à un niveau alarmant. Entre 2000 et 2021, le Royaume a
enregistré5 une vingtaine d’évènements majeurs, avec des pertes directes de 450 millions de dollars par
an en moyenne et des effets qui ont affecté davantage les ménages vulnérables. Le GIEC5 estime le coût
annuel de la dégradation des sols pour le pays à environ 0,5% du PIB. La Banque mondiale6 (BM) souligne,
de son côté, qu’une diminution de 25% de la disponibilité en eau, conjuguée à une baisse des rendements
agricoles, pourrait abaisser le PIB de 6,5% d’ici 2050. Globalement, pour construire une économie résiliente
et à faibles émissions de carbone, la BM évalue les besoins d’investissement pour le Maroc entre 2022 et
2050 à près de 78 milliards de dollars.
En vue d’atténuer les effets du changement climatique et de s’y adapter, le Royaume a déployé plusieurs
réformes sectorielles reposant sur la sobriété et l’efficacité énergétiques, l’accélération du déploiement des
énergies renouvelables, le développement d’infrastructures résilientes au climat et au stress hydrique, y
compris des voies de transferts d’eau entre bassins. L’objectif à l’horizon 2030 est de réduire ses émissions
de GES de 45,5% (Contribution Déterminée Nationale révisée en 2021), de porter la part des ressources
renouvelables à 52% dans le mix électrique, et d’atteindre d’ici 2050 la neutralité carbone (nouvelle stratégie
bas carbone à long terme).
En matière de politique budgétaire, la loi-cadre sur la fiscalité adoptée en 2021 inclut parmi ses objectifs
la promotion de la protection de l’environnement à travers notamment l’instauration d’une taxe carbone.
De même, le Gouvernement a intégré pour la première fois les répercussions des différents scénarios
climatiques du GIEC dans ses prévisions macroéconomiques en particulier au niveau de la Programmation
Budgétaire Triennale accompagnant la loi de finances 2025. Les simulations indiquent que le déficit
budgétaire devrait, en cas de hausse persistante des températures extrêmes, se creuser de près de 0,3
point de PIB en 2050 et le ratio d’endettement du Trésor devrait s’accroitre de 2,1 points du PIB par rapport
au scénario de référence, basé sur des projections tendancielles n’intégrant pas l’effet du CC. Aussi, pour
la mobilisation des fonds nécessaires, le Royaume a élaboré une stratégie de développement de la finance
climat à l’horizon 2030 visant principalement l’identification des leviers permettant de porter la contribution
des financements privés en faveur du climat à 50%.
4
« Revue de littérature sur le changement climatique au Maroc : observations, projections et impacts », Papiers de Recherche AFD, N° 108, juillet
2019.
5
« Le changement climatique et les terres émergées : Quels impacts pour l’Afrique ? », Rapport spécial du GIEC, août 2019.
6
« Maroc : Rapport sur le climat et le développement », Banque mondiale, octobre 2022.
91
Finances publiques
Compte tenu de l’évolution des recettes et des dépenses courantes, le solde ordinaire est ressorti
excédentaire de 61,2 milliards, au lieu de 28,6 milliards un an auparavant. Ce renforcement a
permis de couvrir plus de la moitié des dépenses d’investissement qui se sont établies à
117,4 milliards de dirhams, en accroissement de 6% d’une année à l’autre et en dépassement de
16,9% des prévisions d’émission de la LF. Hors charges communes, les dépenses d’investissements
les plus importantes ont été réalisées par les Ministères de l’Equipement et de l’Eau à hauteur de
17,4 milliards, de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts
pour 13 milliards, de l’Education Nationale, le Préscolaire et les Sports pour 7 milliards et de la
Santé et la Protection Sociale pour 6,9 milliards.
60 8
4 120
50 7
3
40 100
6
2
30
80 5
20 1
60 4
10
0
3
0 40
1
2
10
20
2 1
20
30 3 0 0
01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24
20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20
En milliards de dirhams En pourcentage du PIB (axe de droite) En milliards de dirhams En pourcentage du PIB (axe de droite)
Pour leur part, les comptes spéciaux du Trésor ont dégagé un solde négatif de 6,4 milliards,
résultant principalement de ceux du Fonds d’appui à la protection sociale et à la cohésion sociale
(-7,8 milliards) et du Fonds de gestion des effets du séisme d’Al Haouz (-5,3 milliards). Dans ces
conditions, le déficit budgétaire, hors produit de cession des participations de l’Etat, s’est allégé à
62,6 milliards ou 3,9% du PIB contre 4,4% réalisé en 2023. Tenant compte d’une reconstitution du
stock des opérations en instance d’un montant de 5,2 milliards, le déficit de caisse est ressorti en
atténuation à 57,4 milliards.
92
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Graphique 1.5.13 : Stock des opérations en Graphique 1.5.14 : Solde primaire et dette publique
instance directe, en % du PIB
30 3,5 4 80
3
70
3
25
2
60
2,5 1
20
50
0
2
15 -1 40
1,5
-2
30
10
1 -3
20
-4
5
0,5
10
-5
0 0 -6 0
01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24
20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20
En milliards de dirhams En pourcentage du PIB (axe de droite) Solde primaire Dette publique directe (axe de droite)
Sources : Données du MEF (DTFE) et estimations de Bank Al-Maghrib sur la base des flux annuels pour le stock des opérations en instance.
S’agissant du financement intérieur, les levées nettes sur le marché des adjudications des bons du
Trésor se sont élevées à 54,2 milliards de dirhams au lieu de 33,6 milliards en 2023. Les souscriptions
ont été effectuées principalement par les banques à hauteur d’un montant net de 39,7 milliards, la
CDG pour 11,9 milliards et les assurances et organismes de prévoyance sociale pour 6,9 milliards.
En revanche, les entreprises non financières et les OPCVM ont réduit leurs détentions de bons du
Trésor de 4,1 milliards et 0,2 milliard respectivement.
Pour ce qui est du financement extérieur, les tirages bruts ont totalisé 40,4 milliards de dirhams,
en baisse de 5,1 milliards par rapport à l’année précédente. Ces ressources proviennent
essentiellement de la Banque mondiale sous forme de prêts pour un montant total de 16,5 milliards
de dirhams et du FMI pour 7,4 milliards octroyés dans le cadre de la facilité pour la résilience et la
durabilité. En parallèle, les remboursements du principal ont atteint 21,4 milliards de dirhams, dont
10,8 milliards au titre d’un emprunt émis en 2014 sur le marché financier international, contre
10,5 milliards en 2023.
1
Provenant de la cession de la totalité de la participation de l’Etat dans le capital de la « Société La Mamounia ».
93
Finances publiques
Graphique 1.5.15 : Financement net du Trésor Graphique 1.5.16 : Financement extérieur du Trésor
(en milliards de dirhams) (en milliards de dirhams)
70
100
60
80 50
40
60
30
40 20
10
20
0
-10
0
-20
-20 -30
01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24
20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20
S’agissant des caractéristiques de cette dette, son coût moyen1 s’est stabilisé globalement à 3,3%,
a diminué légèrement de 3,2% à 3,1% pour la dette intérieure et s’est accru de 3,6% à 4,1% pour
celle extérieure. La structure par devise de cette dernière est demeurée dominée par l’euro avec
une part de 58,1%, contre 33,7% pour celle libellée en dollar.
Concernant la dette extérieure des autres emprunteurs publics, elle s’est alourdie de 7,1% à
198,5 milliards, soit l’équivalent de 12,4% du PIB après 12,5% en 2023. Au total, la dette extérieure
publique2 a atteint 468,2 milliards, ou 29,3% du PIB au lieu de 29,7%. Elle est détenue à hauteur de
52,8% par des créanciers multilatéraux et de 19,9% par des prêteurs bilatéraux, le reste, soit 27,3%,
représentant l’encours des émissions sur le MFI.
1
Calculé comme le ratio des intérêts de la dette payés l’année en cours au stock de la dette à fin décembre de l’année précédente.
Dette extérieure du Trésor et des autres emprunteurs publics (EEP, Institutions Financières Publiques, Collectivités territoriales et Institutions d’Utilité
2
Publique).
94
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
70 450
1000
400 20
60
800 350
50
300 15
600 40 250
30 200 10
400
150
20
200
0 100 5
10
50
0 0 0 0
01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24
20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20
Tableau 1.5.4 : Situation de l’endettement public (en milliards de dirhams, sauf indication contraire)
2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024
I- Dette intérieure du Trésor (1+2) 514,7 539,1 574,6 585,7 632,9 681,5 722,9 763,0 811,8
En % du PIB 47,0 46,9 48,1 47,2 54,9 53,4 54,2 51,6 50,8
1-
Adjudications des bons du
Trésor
490,0 516,7 546,2 557,2 600,7 646,6 665,8 699,4 753,6
En % du PIB 44,8 45,0 45,7 44,9 52,1 50,7 49,9 47,3 47,2
2- Autres instruments de la dette
intérieure
24,7 22,4 28,4 28,5 32,2 34,9 57,2 63,7 58,2
En % du PIB 2,3 2,0 2,4 2,3 2,8 2,7 4,3 4,3 3,6
II- Dette extérieure du Trésor 142,8 153,2 148,0 161,6 199,7 203,8 228,9 253,6 269,8
En % du PIB 13,0 13,3 12,4 13,0 17,3 16,0 17,2 17,1 16,9
III-
Encours de la dette directe
(I+II)
657,5 692,3 722,6 747,3 832,6 885,3 951,8 1 016,7 1 081,6
En % du PIB 60,1 60,3 60,5 60,3 72,2 69,4 71,4 68,7 67,7
IV- Dette extérieure des AEP* 170,0 180,4 179,7 180,6 178,7 177,6 195,0 185,3 198,5
En % du PIB 15,5 15,7 15,0 14,6 15,5 13,9 14,6 12,5 12,4
Dette publique extérieure (II+IV) 312,8 333,6 327,7 342,1 378,4 381,4 423,9 439,0 468,2
En % du PIB 28,6 29,0 27,4 27,6 32,8 29,9 31,8 29,7 29,3
PIB à prix courants 1 094,2 1 148,9 1 195,2 1 239,8 1 152,5 1 276,6 1 333,5 1 479,8 1 596,8
* AEP : Autres Emprunteurs Publics.
Sources : MEF (DTFE) et HCP pour le PIB nominal.
95
Balance des paiements
Ainsi, les importations de biens ont enregistré une hausse de 6,4%, tirées essentiellement par une
augmentation des acquisitions de biens d’équipement et de consommation, alors que la facture
énergétique a continué de s’alléger en lien avec le repli des cours internationaux. Pour leur part,
portées principalement par les ventes de phosphate et dérivés et du secteur automobile, les
exportations ont connu un accroissement de 6,1%. En conséquence, le taux de couverture s’est
maintenu autour de 60% d’une année à l’autre.
En parallèle, les recettes de voyages ont marqué une nouvelle progression de 4,6% à 112,5 milliards
de dirhams et les transferts des MRE ont atteint 119 milliards, en amélioration de 3,3% par rapport
à 2023.
Au niveau du compte financier, les entrées d’investissements directs étrangers (IDE) ont affiché
une expansion de 10,2% à 43,8 milliards de dirhams, ou 2,7% du PIB, en dépit d’un contexte
international incertain, tandis que les investissements marocains à l’étranger se sont contractés de
13,8% à 27 milliards. Pour ce qui est des prêts, le recours plus important du Trésor aux créanciers
multilatéraux s’est traduit par un accroissement net de 21,6 milliards de dirhams des engagements
du pays.
Au final, les avoirs officiels de réserve (AOR) de Bank Al-Maghrib se sont renforcés de 4,5% à
375,5 milliards de dirhams, soit l’équivalent de 5 mois et 9 jours d’importations de biens et services
et de 123% de la métrique ARA ajustée1 du FMI.
1
’ARA (Assessing Reserve Adequacy) est un indicateur développé par le FMI pour la détermination du degré d’adéquation des réserves de change. Le
L
cas échéant, cette métrique est ajustée (ARA ajustée) pour tenir compte des restrictions sur les flux de capitaux. Le niveau des réserves de change
d’un pays est considéré comme adéquat lorsqu’il représente entre 100% et 150% de la métrique ARA. ([Link]
concernant/Reforme-du-regime-de-change/Adequation-des-reserves-de-change-mesure-ara).
96
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
97
Balance des paiements
800 -14
600
-16
400
-18
200
-20
0
-200 -22
-400 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 -24
Hormis les produits énergétiques, la progression des importations a été quasi-généralisée. Ainsi,
les acquisitions de biens d’équipement ont poursuivi leur tendance haussière, marquant un
accroissement de 13% à 180,3 milliards de dirhams, avec notamment des expansions de 36,8% des
achats de « voitures utilitaires » et de 14,9% de ceux d’« appareils pour la coupure ou la connexion
des circuits électriques et résistances ». Dans le même sens, les importations de biens de
consommation ont enregistré une augmentation de 10,7% à 177,5 milliards, tirées essentiellement
par les voitures de tourisme et de leurs parties et pièces qui ont totalisé 57,7 milliards.
98
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
2023/2022 2024/2023
2021 2022 2023 2024
en % en MMDH en %
Importations totales 528,6 737,4 715,8 761,3 -2,9 45,5 6,4
Biens d'équipement 118,5 138,8 159,6 180,3 15,0 20,7 13,0
Appareils pour la coupure ou la connexion des
9,3 10,5 14,4 16,6 37,6 2,1 14,9
circuits électriques et résistances
Parties d'avions et d'autres véhicules aériens ou
9,5 12,7 13,1 14,5 2,6 1,4 10,9
spatiaux
Voitures utilitaires 6,8 7,7 8,1 11,0 4,6 3,0 36,8
Avions et autres véhicules aériens ou spatiaux 0,2 0,4 2,1 3,8 427,7 1,6 77,6
Biens de consommation 128,9 144,5 160,3 177,5 10,9 17,2 10,7
Parties et pièces pour voitures et véhicules de
19,7 24,1 30,8 33,6 27,7 2,8 9,0
tourisme
Voitures de tourisme 18,5 19,2 22,2 24,1 15,4 1,9 8,6
Médicaments et autres produits pharmaceutiques 13,1 8,6 9,2 10,8 6,7 1,6 17,9
Tissus et fils de fibres synthétiques et artificielles 9,0 11,4 11,7 12,7 3,0 1,0 8,4
Demi-produits 115,9 169,7 151,8 163,9 -10,6 12,1 8,0
Produits chimiques 12,5 16,9 13,7 16,3 -18,7 2,6 18,8
Demi-produits en fer ou en aciers non alliés 5,2 3,7 3,2 5,0 -14,6 1,8 57,1
Accessoires de tuyauterie et construction
2,5 4,3 3,1 4,8 -26,1 1,7 54,1
métallique
Ammoniac 6,9 21,4 8,8 8,8 -58,7 0,0 -0,2
99
Balance des paiements
De même, les achats de demi-produits se sont accrus de 8% à 163,9 milliards de dirhams et ceux
de produits bruts de 4,3% à 33,3 milliards. En particulier, les importations d’« ammoniac » et de
« soufres bruts et non raffinés », principaux intrants de l’industrie des fertilisants, ont atteint
17,9 milliards, en progression de 6,4%, tirées par les quantités importées, les cours ayant, en
revanche, continué de reculer.
A l’inverse, sous l’effet d’une nouvelle baisse des cours internationaux, la facture énergétique s’est
allégée de 6,7% à 113,8 milliards de dirhams, en lien principalement avec des contractions de
23,2% à 12,7 milliards pour les « houilles, cokes et combustibles solides similaires » et de 2% à
57 milliards pour les « gas-oil et fuel-oil ».
Au niveau des exportations, après le repli enregistré en 2023, les ventes de phosphate et
dérivés ont marqué une progression de 13,5% à 87,1 milliards de dirhams. Cette évolution est le
résultat d’accroissements de 14,4% à 64,1 milliards pour les « engrais naturels et chimiques », de
11,5% à 14,4 milliards pour l’« acide phosphorique » et de 10,6% à 8,6 milliards pour le « phosphate
brut ».
100
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Pour les engrais en particulier, la hausse reflète, outre un léger renchérissement de 1,3%, une
expansion de 13% des volumes. Les principaux marchés destinataires demeurent le Brésil et l’Inde
qui représentent 19,7% et 12,5% respectivement des expéditions, alors que la part des Etats-Unis
reste limitée à 4,2% au lieu de 20,6% en 2019, l’accès à ce marché étant pénalisé par les droits
compensatoires imposés depuis 2021. Le continent africain absorbe, pour sa part, 15% du total,
dont plus de la moitié est exportée vers Djibouti et la Côte d’Ivoire.
50 9
40
7
30
5
20
10 3
0 1
2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024
Acide phosphorique Engrais naturels et chimiques Acide phosphorique Engrais naturels et chimiques
Phosphate brut Phosphate brut
Source : Offices des Changes.
Dans le même sens, les exportations de l’industrie automobile ont poursuivi leur dynamique,
quoiqu’à un rythme en nette décélération. Elles ont atteint 157,6 milliards de dirhams, en
accroissement de 6,3% après 30,5% en moyenne au cours des deux années précédentes. Le
segment de la « construction » a réalisé un chiffre d’affaires de 71 milliards, en progression de
4,9%, conséquence d’une hausse du nombre de voitures expédiées à 537 mille unités au lieu de
515 mille en 2023. Par marché, 29% ont été destinées à la France, 19% à l’Italie et 10% à l’Espagne,
la part du marché africain restant limitée à 0,7%. Concernant les autres branches, les ventes du
« câblage » et de l’« intérieur véhicules et sièges » ont enregistré des augmentations respectives de
6,5% à 53,6 milliards et de 18,1% à 9 milliards.
En parallèle, les exportations du secteur « agricole et agroalimentaire » ont connu une expansion
de 4,5% à 87 milliards de dirhams, résultat principalement d’une quasi-stagnation à près de
43 milliards pour l’industrie alimentaire et d’une amélioration de 9,1%, malgré la sécheresse et
le stress hydrique, pour les produits agricoles à 40,7 milliards. Les ventes de ces derniers ont été
tirées essentiellement par une hausse du volume des exportations de certains fruits rouges1, alors
que celles de tomates fraîches, qui en représentent plus du quart, ont affiché une quasi-stabilité à
11,5 milliards, recouvrant une augmentation de 16,5% des quantités et une baisse de 14,8% des
prix.
1
« Fraises et framboises » et « airelles et myrtilles fraîches ».
101
Balance des paiements
2023/2022 2024/2023
2021 2022 2023 2024
en % en MMDH en %
Engrais naturels et chimiques 51,5 79,3 56,0 64,1 -29,3 8,1 14,4
Agriculture, sylviculture et chasse 31,3 37,0 37,3 40,7 1,0 3,4 9,1
Systèmes d’interconnexion de câblage électrique (EWIS) 5,7 7,5 9,0 9,1 19,4 0,1 1,5
Fils, câbles et autres conducteurs pour l'électricité 3,1 4,6 5,2 5,6 13,7 0,4 7,0
Autres extractions minières 5,0 5,6 5,4 5,6 -3,4 0,1 2,3
Source : Office des Changes.
102
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Quant à l’industrie du « textile et cuir », ses exportations se sont chiffrées à 46 milliards de dirhams,
quasi-stables d’une année à l’autre, après une augmentation annuelle moyenne de 15,5% au cours
des trois années précédentes. Les ventes de « vêtements confectionnés » se sont maintenues
à 29,6 milliards, celles des « articles de bonneterie » ont marqué un accroissement de 2,1% à
9,1 milliards, alors que pour les « chaussures », une nouvelle contraction de 7,1% à 3 milliards a
été enregistrée.
De même, après les fortes hausses affichées entre 2021 et 2023, le chiffre d’affaires de
l’« électronique et électricité » a stagné à 18,3 milliards. Cette stabilité recouvre essentiellement
une baisse de 8,6% à 7,7 milliards pour les « composants électroniques » et une progression de 7%
à 5,6 milliards pour les « fils, câbles et autres conducteurs pour l’électricité ».
Automobile 2,2
Aéronautique 0,8
103
Balance des paiements
Le volume des exportations reste certes l’indicateur le plus utilisé pour mesurer leur performance, mais le
positionnement dans les chaines de valeur et le degré de diversification, aussi bien en termes de produits
que de marchés, sont également des critères essentiels pour apprécier leur impact économique et leur
résilience.
Après des décennies où ses exportations étaient axées essentiellement sur les produits agricoles, les
minerais bruts et sur certains produits à faible valeur ajoutée, le Maroc a consenti, depuis le début du
millénaire, des efforts considérables pour développer et diversifier son offre exportable. Il a ainsi élaboré et
mis en œuvre une série de stratégies et de plans sectoriels1 parallèlement au renforcement de sa politique
d’ouverture, à travers la conclusion de nombreux accords commerciaux, et à une mise à niveau significative
de ses infrastructures logistiques et de transport.
Ainsi, les exportations marocaines de biens ont marqué entre 2004 et 2024 une progression annuelle
moyenne de 8,6% pour s’élever à 456,3 milliards de dirhams, doublant leur ratio au PIB à 29%. Cette
amélioration s’est accompagnée d’un changement de leur structure, notamment avec le développement
des métiers mondiaux du Maroc. En particulier, à partir de 2014, l’« automobile » est devenu le premier
secteur à l’export, avec une part de 22,5% qui s’est renforcée depuis pour atteindre 34,5% en 2024. D’autres
secteurs ont également connu des expansions notables, dont les industries « électrique et électronique » et
« aéronautique ». Pour les exportations de phosphate et dérivés, le phosphate brut qui en représentait près
du tiers au début des années 2000, n’en constitue que 10% en 2024.
Dans le même sens, selon la classification de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le
Développement (CNUCED), 48% des exportations marocaines de l’industrie manufacturière en 2023, au lieu
de 14% en 2004, émanent d’industries à technologie et compétences moyennes et 20% contre 54% pour les
industries à forte intensité de main d’œuvre et provenant de ressources naturelles.
1
Il s’agit notamment du Plan Emergence (2005-2009), du Pacte National pour l’Emergence Industrielle (2009-2015), du Plan d’Accélération Industrielle
(2014-2020) et du Plan de Relance Industrielle (2021-2023).
104
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Le degré de diversification, tant en termes de produits que de marchés, peut être apprécié par plusieurs
indicateurs, allant du nombre de produits ou de marchés à l’export à des indices plus élaborés tels que
l’indice de concentration de Herfindahl-Hirschman (HHI)2.
Ainsi, le nombre de biens exportés est passé de 245 produits en 2004 à 252 en 20233,4, évolution comparable
à celles observées dans de nombreux pays qui ont connu une trajectoire relativement similaire en matière
de développement des exportations, tels que la Malaisie (de 258 produits à 261), l’Afrique du Sud (260 à
261), la Thaïlande (257 à 258) ou la Turquie (255 à 259).
m
sie
sie
ie
te
e
oc
ui
nd
dg
Su
an
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na
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la
um
du
al
Eg
M
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Tu
do
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M
m
Vi
Th
ue
Ro
In
Ca
riq
Af
2
et indicateur mesure la concentration des exportations de biens en fonction du nombre et de la part des produits (ou des destinations). Calculé
C
comme un indice normalisé selon la formule : HHI= (√ (xi/X)2-√1/n )/(1-√1/n), où xi désigne la valeur des exportations du produit i (ou vers la
destination i), X la valeur totale des exportations et n le nombre total de produits (ou destinations). Cet indice varie entre 0 et 1, une valeur plus
faible indiquant une plus grande diversification. Plusieurs autres indicateurs sont utilisés dans la littérature tels que l’indice de Gini, l’indice de Theil,
l’Indice de Complexité Économique...
3
Nombre de produits/destinations selon la position à trois chiffres de la 3ème révision de la Classification Type du Commerce International (CTCI).
4
Pour des fins de comparaison internationale, les données utilisées sont celles de Comtrade. Les plus actualisées sont relatives à l’année 2023.
105
Balance des paiements
Appréhendé par la métrique HHI, le niveau de diversification ressort toutefois en légère baisse sur la
période étudiée (la valeur de l’indice est passée de 0,16 à 0,21). Cette évolution reflèterait le fait que, malgré
la relative hausse du nombre de produits, un nombre limité d’entre eux accapare une part importante des
exportations, comme les industries de l’automobile et des fertilisants. En comparaison internationale, la
diversification des exportations marocaines en 2023 ressort moins marquée que celle de certains pays
comme la Turquie (HHI de 0,06), la Thaïlande (0,08), l’Egypte (0,10), l’Afrique du Sud (0,14) ou l’Indonésie
(0,15), relativement similaire à celles du Vietnam (0,17) et du Cambodge (0,19) et plus importante que celle
de la Malaisie (0,26).
S’agissant de la diversification des marchés, le nombre de pays destinataires des exportations marocaines
est passé de 154 en 2004 à 186 en 20233,5, avec un recul de la part des 10 premiers marchés de 81,8% à
70,5%. La liste de ces derniers a connu une légère modification avec la sortie de la Belgique et l’entrée de la
Turquie grâce à la hausse des expéditions de véhicules automobiles et d’engrais vers ce pays.
Selon la mesure HHI, la diversification en termes de marchés ressort également en relative amélioration,
l’indice étant revenu de 0,35 en 2004 à 0,27. Les exportations marocaines restent toutefois plus concentrées
que celles de pays comme la Turquie (HHI de 0,11 en 2023), l’Egypte (0,13), la Roumanie (0,14), la Malaisie et
l’Afrique du Sud (0,18) ou encore le Vietnam (0,20). Elles sont en revanche plus diversifiées en comparaison
avec l’Indonésie (0,30) ou le Cambodge (0,38).
Graphique E.[Link] : Classement
Graphique E.[Link] : Indice HHI de concentration
des principaux marchés à l’export du Maroc
des marchés, par pays
(part en %)
2004 2023 0,60
0,55
France (33,8%) 1 1 Espagne (22,5%)
0,50
Espagne (17,6%) 2 2 France (20,5%) 0,45
0,40
Royaume-Uni (7,7%) 3 3 Italie (5,2%) 0,35
0,30
Italie (4,7%) 4 4 Royaume-Uni (4,5%) 0,25
États-Unis (3,9%) 5 5 Allemagne (4,3%) 0,20
0,15
Allemagne (3,4%) 6 6 États-Unis (3%) 0,10
0,05
Inde (3,4%) 7 7 Inde (2,9%) 0,00
Afrique du Sud
Vietnam
Indonésie
Cambodge
Egypte
Turquie
Roumanie
Malaisie
Thaïlande
Maroc
2004 2023
Analysée par groupement de produits6, la diversification des marchés ressort la plus faible pour les produits
textiles, avec un HHI atteignant 0,57 en 2023, et la plus importante pour la chimie, l’indice s’établissant à
0,19. En termes d’évolution, c’est la branche « machines et matériel de transport », constituée essentiellement
de véhicules automobiles, qui a connu la plus forte amélioration, la valeur de l’indice étant revenue de
0,76 en 2004 à 0,34.
5
Il est à noter que le nombre de partenaires du Maroc selon la base de données Comtrade est inférieur à celui publié par l’Office des Changes
(162 en 2004 et 198 en 2023).
6
Selon la classification de la Banque mondiale ([Link]
106
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Au total, au cours des vingt dernières années, le Maroc a réussi assez sensiblement à développer son offre
exportable, à améliorer son contenu et à diversifier ses marchés. Le renforcement de ces avancées dans un
contexte international marqué par des bouleversements profonds, avec l’intensification de la concurrence
ainsi que la montée du protectionnisme et des exigences accrues notamment en matière climatique,
requiert la poursuite des efforts sur plusieurs volets. Il s’agit d’abord de continuer à se hisser dans les
chaînes de valeur mondiales et de consolider la diversification des marchés et des produits. De même, l’un
des grands défis pour le pays reste l’amélioration de la valeur ajoutée des exportations afin d’accroître les
effets d’entrainement sur le tissu productif et, in fine, améliorer la croissance et l’emploi.
Les recettes de voyages ont poursuivi leur dynamique haussière avec un accroissement de 4,6%,
après celui de 14,6% en 2023, pour se situer à 112,5 milliards. Les dépenses au même titre ont
également enregistré une nouvelle augmentation de 9,6% à 29,4 milliards et en somme, l’excédent
de la balance des services de voyages s’est renforcé de 3% à 83,1 milliards.
30 80
100 150
60
25
80 100
40
20
60 50 20
15
0
40 0
10
-20
20 -50
5 -40
0 -100 0 -60
2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024
En milliards de dirhams Variation en % (axe de droite) En milliards de dirhams Variation en % (axe de droite)
Dans le même sens, les « services de fabrication fournis sur des intrants physiques détenus par des
tiers1 » et ceux de « télécommunications, d’informatique et d’information » ont vu leurs recettes
progresser de 3,4% à 22 milliards de dirhams et de 7,1% à 26,2 milliards respectivement. Par
ailleurs, les dépenses au titre des « biens et services des administrations publiques » ont enregistré
une nouvelle expansion de 16,7%, après celle de 56,7% en 2023, se situant ainsi à 15,6 milliards.
1
Ils comprennent les services de transformation de biens appartenant à des non-résidents, par des entreprises résidentes sans qu’il y ait transfert de
propriété.
107
Balance des paiements
S’agissant des « autres services aux entreprises », leur solde excédentaire a poursuivi sa tendance
haussière pour atteindre 37,2 milliards en 2024, en accroissement de 7,8% par rapport à 2023 et
de 194% depuis 2019. D’une année à l’autre, les exportations de ces services ont augmenté de 9,8%
à 55,3 milliards et les importations de 14,2% à 18,1 milliards.
Le déficit des services de transport s’est, pour sa part, atténué de 6,5% à 14 milliards de dirhams.
Ainsi, les recettes se sont élevées à 44,2 milliards, tirées principalement par des hausses de 15,4%
à 19,9 milliards du transport aérien, à la faveur notamment du dynamisme de l’activité touristique,
et de 7,9% à 21,1 milliards du transport maritime. Quant aux dépenses, elles ont progressé de 6,4%
à 58,2 milliards, dont 40,9 milliards pour le transport maritime et 12,3 milliards pour l’aérien.
En effet, les arrivées ont poursuivi leur tendance haussière entamée depuis la réouverture des frontières
en février 2022, avec une accélération de leur croissance annuelle moyenne, passant de 6,2% sur la période
2015-2019 à 26,6% entre 2022 et 2024. En parallèle, la progression des recettes de voyages est passée entre
les deux périodes de 6,5% à 9,5% en moyenne annuelle.
Le différentiel important de rythme entre les arrivées et les recettes au cours des deux dernières années
n’est pas sans implication sur l’ampleur des effets d’entrainement du secteur sur l’économie nationale et
soulève ainsi la question sur les raisons sous-jacentes. Il a certes déjà été observé par le passé, aussi bien au
niveau national, notamment durant les années 2008-2009, que dans d’autres pays, mais dans une moindre
mesure.
108
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
40
35
30
25
20
15
10
5
0
-5
-10
2005
2006
2007
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016
2017
2018
2019
2023
2024
Arrivées Recettes
*La période 2020-2022 a été exclue, en raison des variations exceptionnelles lors de la pandémie de la Covid-19.
Sources : Office des Changes et Ministère du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Economie Sociale et Solidaire.
L’analyse du ratio des recettes totales aux arrivées (recette moyenne par touriste) montre, qu’après avoir
oscillé autour de 6 100 dirhams en moyenne entre 2015 et 2019, celui-ci a atteint 8 635 dirhams en 2022,
avant de reculer progressivement pour se situer à 7 405 DH en 2023 et à 6 463 DH en 2024. Cette évolution
pourrait être attribuable à plusieurs facteurs, dont essentiellement un changement de comportement des
touristes et/ou une modification de la structure des arrivées.
L’examen de cette dernière laisse constater que la part des MRE n’a pas enregistré de changements
significatifs, passant de 48% en moyenne entre 2015 et 2019 à 53% en 2022 avant de revenir à 51% en 2023
puis à 49% en 2024. Pour les touristes étrangers, la décomposition par nationalité n’a pas connu non plus
de variations importantes, les marchés français, espagnols et anglais demeurant les principaux émetteurs
avec des parts respectives de 27,5%, 17% et 11,4% en 2024.
De même, la durée moyenne de séjour1 dans les établissements d’hébergement touristique classés,
appréhendée par le ratio des nuitées des non-résidents dans ces établissements par rapport aux arrivées,
est passée de 1,3 nuit en moyenne entre 2015 et 2019 à 1 nuit en 2022 puis à 1,2 nuit au cours des deux
dernières années. Hors MRE, les chiffres disponibles indiquent des durées moyennes de 2,5 nuits entre
2017 et 2019, de 2,2 nuits en 2022 et de 2,4 nuits en 2023.
Ces évolutions ne sont pas suffisamment importantes pour justifier le décalage observé ces deux dernières
années entre les arrivées et les recettes touristiques. D’autres facteurs peuvent contribuer à l’expliquer
partiellement tel que le taux de change, le dirham ayant en particulier connu une appréciation contre l’euro,
principale devise des recettes de voyages, de 2% en 2023 et de 4% en 2024. Cela étant, l’ensemble de ces
évolutions laisse présager que si la baisse observée de la recette par touriste n’est qu’un ajustement post-
Covid temporaire, les recettes de voyages devraient ceteris paribus évoluer dans les années à venir à un
rythme proche de celui observé pour les arrivées.
1
et indicateur est une sous-estimation de la durée moyenne de séjour des touristes, du fait qu’il n’intègre pas d’autres types d’hébergements tels
C
que les campings, les riads, les séjours famille/amis, les résidences secondaires et autres hébergements marchands. Il est à noter que, selon la
dernière enquête de suivi de la demande touristique, la durée moyenne de séjour en 2016 a été de 12 nuits, avec 8 nuits pour les touristes étrangers
et 17 nuits pour les MRE.
109
Balance des paiements
En parallèle, les entrées ont été marquées par un montant exceptionnel de 10 milliards de revenus
des investissements directs au lieu d’une moyenne de 5,6 milliards au cours des trois dernières
années. De même, les intérêts perçus au titre du placement des AOR ont poursuivi leur amélioration
pour la troisième année consécutive, pour se situer à 3,6 milliards de dirhams contre 3,1 milliards
en 2023 et 2,7 milliards en 2022.
110
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
après s’être limités à 341 millions en moyenne entre 2018 et 2022, et ceux destinés aux « activités
financières et d’assurances » sont passés de 2,1 milliards à 3,7 milliards. A l’inverse, les IDE dans
les secteurs du « commerce » et de l’« énergie et mines » ont baissé à 2,9 milliards et à 2,4 milliards
respectivement.
Par pays d’origine, la France reste le premier investisseur au Maroc avec un montant de
13,6 milliards, suivie par les Emirats arabes unis avec 4,6 milliards. Les flux en provenance de la
Chine et de Hong Kong ont marqué un bond à 3,7 milliards au lieu d’une moyenne de 590 millions
sur les cinq années précédentes.
Graphique 1.6.7 : Flux entrants d’IDE par Graphique 1.6.8 : Flux entrants d’IDE par principaux
secteur d’activité (en milliards de dirhams) pays d’origine (en milliards de dirhams)
40 35
35 30
30 25
25
20
20
15
15
10 10
5 5
0 0
2020 2021 2022 2023* 2024** 2020 2021 2022 2023* 2024**
Industrie Immobilier Commerce Energie et mines
France Emirats arabes unis Allemagne Espagne
Tourisme Transports Télécommunications Assurance
Chine Etats-Unis Grande Bretagne Hong Kong
Holding Grands travaux Autres
*
Chiffres révisés.
**
Chiffres provisoires.
Source : Office des Changes.
En parallèle, les investissements directs marocains à l’étranger (IDME), dominés depuis la pandémie
de la Covid-19 par les flux de dette entre entreprises affiliées, ont accusé un repli à 27 milliards,
après un montant record de 31,4 milliards en 2023. Tenant compte de cessions d’un volume de
20,2 milliards, le flux net des IDME est ressorti à 6,9 milliards de dirhams, en recul de 44,6% par
rapport à l’année précédente.
Les IDME restent principalement orientés vers les industries manufacturières, avec une part de
73%, suivies des « télécommunications » qui en représentent 6,4%. Par pays, la moitié de ces
investissements, soit 13,7 milliards de dirhams, a été destinée à la France, 4,8 milliards aux pays
du continent africain et un montant de 3,4 milliards a été investi en Italie.
111
Balance des paiements
15 10
10
5
5
0 0
2020 2021 2022 2023* 2024** 2020 2021 2022 2023* 2024**
Industries manufacturières Information et communication
France Italie Mali Côte d’Ivoire Espagne Etats-Unis
Activités financières et d’assurance Construction
Sénégal Belgique Grande Bretagne
Industries extractives Autres
* Chiffres révisés.
** Chiffres provisoires.
Source : Office des Changes.
Pour ce qui est des autres opérations financières, les engagements nets au titre des prêts ont
connu une hausse de 21,6 milliards de dirhams, reflétant essentiellement celle des tirages du
Trésor, hors marché financier international, dont le montant brut a quasiment doublé d’une année
à l’autre pour atteindre 40,4 milliards.
En parallèle, les opérations sur « numéraire et dépôts1 » se sont soldées par des sorties nettes de
19,2 milliards. Les avoirs se sont, en effet, renforcés de 14,2 milliards, traduisant principalement
des accroissements de 5,3 milliards des dépôts à l’étranger des banques marocaines et de
9,2 milliards des crédits qu’elles ont octroyés aux non-résidents. En regard, les engagements
se sont contractés de 5 milliards, tirés par une diminution de 5,7 milliards des dépôts des non-
résidents auprès des banques marocaines.
Par ailleurs, les crédits commerciaux et facilités de paiement accordés par les exportateurs
marocains à leurs clients étrangers ont enregistré une progression de 6 milliards, alors que les
crédits et avances octroyés aux importateurs marocains ont accusé un repli de 400 millions après
un flux positif de 5,1 milliards en 2023.
Tenant compte de l’ensemble de ces évolutions, le solde déficitaire du compte financier, hors avoirs
de réserve, s’est atténué de 17,3 milliards en 2023 à 4,6 milliards de dirhams en 2024. Au total,
l’encours des avoirs officiels de réserve de Bank Al-Maghrib s’est renforcé de 4,5% à 375,5 milliards
en 2024, représentant l’équivalent de 5 mois et 9 jours d’importations de biens et services.
1
onstitués notamment des crédits accordés par les banques marocaines aux non-résidents, des dépôts des résidents auprès des correspondants
C
étrangers et des comptes des résidents à l’étranger. En engagements, ils comprennent notamment les dépôts des non-résidents auprès des banques
marocaines-y compris les banques offshore-.
112
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
350 7
300 6
250 5
200 4
150 3
100 2
50 1
0 0
2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024
Les engagements du Maroc vis-à-vis du reste du monde ont enregistré un accroissement de 3,9%
à 1295 milliards de dirhams à fin 2024. Près de la moitié était constituée d’investissements directs
étrangers au Maroc, soit 621,8 milliards, et 29% ou 377,5 milliards de prêts. Ces derniers ont
connu une augmentation de 2,8%, attribuable essentiellement à celle de 14,6% à 195 milliards des
prêts accordés aux « administrations publiques ». Tenant compte d’un encours de 77,6 milliards
de dirhams de titres de dettes émis sur le marché international, le total des engagements des
« administrations publiques » ressort à 272,6 milliards, soit 17,1% du PIB. Dans le même sens,
l’encours des « crédits commerciaux et avances » a affiché une quasi-stagnation à près de
67 milliards et le stock en termes de « numéraire et dépôts » s’est contracté de 11,6% à
39,9 milliards, dont 37,4 milliards sous forme d’engagements des banques marocaines-y compris
les banques offshore.
1
La position extérieure globale retrace le stock des avoirs et engagements financiers vis-à-vis du reste du monde à une date donnée.
113
Balance des paiements
Le renforcement des avoirs des résidents a concerné l’ensemble des actifs. Ainsi, l’encours des
investissements directs marocains à l’étranger s’est accru de 3,8% à 114,5 milliards de dirhams,
alors que le portefeuille en titres étrangers a affiché une progression de 28,4% à 22,3 milliards.
Pour le reste, les avoirs en « numéraire et dépôts1 » détenus par les institutions de dépôts2 se
sont élevés à 75,2 milliards de dirhams, dont 35,5 milliards sous forme de crédits accordés par les
banques marocaines à leur clientèle non-résidente et 22,5 milliards des dépôts des résidents à
l’étranger. Le stock des crédits commerciaux et facilités accordés par les exportateurs marocains à
leurs partenaires commerciaux est, pour sa part, passé de 16,4 milliards en 2023 à 21,4 milliards.
Enfin, les avoirs officiels de réserve se sont renforcés de 16 milliards à 375,5 milliards.
1
Les avoirs en « numéraire et dépôts » sont composés principalement des dépôts des résidents à l’étranger, des soldes des comptes ouverts à l’étranger
par les entités résidentes ainsi que des disponibilités de Bank Al-Maghrib en devises non convertibles.
2
Hors banque centrale.
114
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Dans ces conditions, les taux d’intérêt se sont inscrits en recul sur les différents marchés. En
particulier, les taux assortissant les bons du Trésor ont enregistré au terme de l’année des replis
généralisés allant, sur le compartiment secondaire, de 34 points pour la maturité de 13 semaines
à 90 points pour celle de 20 ans. Dans le même sens, les taux des crédits octroyés par les banques
sont revenus à 5,08% en moyenne au quatrième trimestre, en diminution de 28 pb par rapport à la
même période de 2023, et ceux appliqués aux dépôts à terme sont ressortis en décembre en repli
annuel de 27 pb pour les placements de 6 mois et de 5 pb pour ceux de 12 mois.
En dépit de la baisse des taux, le crédit bancaire au secteur non financier a connu une légère
décélération de sa croissance à 2,6%. En revanche, les dépôts auprès des banques ont marqué
un bond de 9,1% au lieu d’un rythme moyen de 5,3% entre 2020 et 2023, en lien notamment avec
l’opération ponctuelle de régularisation volontaire de la situation fiscale des personnes physiques.
Celle-ci a contribué également à la forte décélération qu’a enregistrée la circulation fiduciaire
dont la progression est revenue à 5,2% contre une moyenne de 12% au cours des quatre années
précédentes.
Pour ce qui est de la valeur externe du dirham, le taux de change effectif réel a enregistré une
nouvelle hausse de 1,2% en 2024, résultat d’une appréciation de 4,5% en termes nominaux
et d’une inflation domestique largement inférieure à la moyenne de celles des pays partenaires
et concurrents.
115
Conditions monétaires
Graphique 1.7.1 : Taux moyen pondéré sur le marché interbancaire en 2024 (en %)
4,5
4,0
3,5
3,0
2,5
2,0
1,5
1,0
0,5
01/01/2024
16/01/2024
31/01/2024
15/02/2024
01/03/2024
16/03/2024
31/03/2024
15/04/2024
30/04/2024
15/05/2024
30/05/2024
14/06/2024
29/06/2024
14/07/2024
29/07/2024
13/08/2024
30/08/2024
14/09/2024
29/09/2024
14/10/2024
31/10/2024
15/11/2024
30/11/2024
15/12/2024
30/12/2024
Taux directeur Taux interbancaire Taux des avances à 24 heures Taux des facilités de dépôt à 24 heures
116
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Les réductions du taux directeur se sont reflétées sur les taux débiteurs qui ont marqué un recul
de 35 pb globalement sur le deuxième semestre de l’année, pour se situer à 5,08% en moyenne
au quatrième trimestre. Comparativement au même trimestre de l’année 2023, la baisse ressort à
28 pb et a profité davantage aux entreprises non financières (-30 pb) qu’aux particuliers (-15 pb).
Par objet de crédit, les replis ont été de 37 pb pour les comptes courants débiteurs et facilités de
trésorerie, de 19 pb pour les crédits à la consommation et de 12 pb pour les prêts immobiliers,
alors que pour les concours à l’équipement, une légère hausse de 8 pb a été observée.
Dans le même sens, entre les mois de décembre de 2023 et de 2024, les taux créditeurs se sont
repliés de 27 pb à 2,33% en moyenne pour les dépôts à 6 mois et de 5 pb à 3% pour ceux à 1 an.
Quant au taux minimum appliqué aux comptes sur carnet1, indexé sur le taux des bons du Trésor
à 52 semaines, il s’est établi à 2,48% au second semestre de 2024, en diminution de 50 pb par
rapport au même semestre une année auparavant.
Sur le marché des bons du Trésor, les taux sur le compartiment primaire étaient orientés à la
baisse pour toutes les maturités, en particulier à partir du mois de juillet, au lendemain de la
décision du Conseil de Bank Al-Maghrib de réduire le taux directeur. Sur l’ensemble de l’année, le
recul a varié entre 41 pb pour les bons à 13 semaines et 92 pb pour ceux à 15 ans. Il a été de 72 pb
pour la maturité de 2 ans, de 82 pb pour celle de 5 ans et de 60 pb pour celle de 30 ans. De même,
sur le compartiment secondaire, la courbe des taux a connu un déplacement similaire, avec des
replis allant de 34 pb pour les bons à 13 semaines à 90 pb pour ceux à 20 ans.
1
Avec une révision semestrielle.
117
Conditions monétaires
Graphique 1.7.2 : Taux moyen pondéré des Graphique 1.7.3 : Courbe des taux sur le marché
émissions du Trésor (en %) secondaire (fin d’année, en %)
6 5
5
4
4
3 3
2
2
1
0 1
s
s
ne
ne
ne
an
an
an
an
an
an
ne
ne
ne
an
an
an
an
an
ai
ai
ai
ai
ai
ai
2
10
15
20
30
10
15
20
m
m
se
se
se
se
se
se
13
26
52
13
26
52
2023 2024 2022 2023 2024
9 25 79,4
8 20 77,2
7 76,2
15 75,4
6 74,8
74,0
5 10 73,4 72,9
72,8 72,8
4 5
3
0
2
-5
1
0 -10
2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024
118
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
L’analyse par secteur institutionnel indique que la décélération du crédit au secteur non financier
a concerné principalement les concours aux entreprises publiques. Ceux-ci ont accusé un recul de
10,4%, après une hausse de 5,1%, pour les prêts à l’équipement et un ralentissement de 54,2% à
30,9% pour les facilités de trésorerie.
Dans le même sens, les crédits alloués aux ménages ont enregistré un accroissement de 1,7%, après
2,1% une année auparavant. Cette évolution reflète la baisse de 3,7%, contre une augmentation
de 0,7%, des prêts accordés aux entrepreneurs individuels, tandis que ceux aux particuliers ont
maintenu un rythme de progression stable à 2,1%, avec une accélération de 0,7% à 1,6 % pour les
prêts à la consommation et un ralentissement de 1,8% à 1,6% pour ceux à l’habitat.
En revanche, après une hausse de 0,1%, les crédits destinés aux sociétés non financières privées
se sont accrus de 0,6%, avec une atténuation du repli des facilités de trésorerie de 8,9% à 4%, une
augmentation de 6,9%, après un recul de 2,5% des concours à la promotion immobilière, et une
accélération de 6,8% à 10,2% du rythme de progression des prêts à l’équipement.
119
Conditions monétaires
Ces évolutions se sont accompagnées d’une progression de 2,8% des créances en souffrance à
97,5 milliards de dirhams, couvertes par les provisions à hauteur de 68,8%, traduisant des hausses
de 5,7% pour les ménages et de 0,9% pour les entreprises privées. Leur ratio au crédit bancaire
ressort ainsi à 8,4% globalement, à 10,4% pour les ménages et à 12,6% pour les entreprises privées.
Par branche d’activité, les prêts ont connu des augmentations de 12,3% pour les « Industries
extractives », de 6,5% pour le secteur de l’« Electricité, gaz et eau » et de 4% pour les entreprises
du « Bâtiment et travaux publics ». A l’inverse, les crédits ont reculé de 12,9% pour la branche
« Hôtels et restaurants », de 2,3% pour celle du « Commerce, réparations automobiles et d’articles
domestiques », et de 12,4% pour les « Industries textiles, de l’habillement et du cuir ».
Par ailleurs, l’encours des crédits octroyés par les sociétés financières autres que les banques1 au
secteur non financier s’est accru de 6% à 180,6 milliards de dirhams, dont 148,8 milliards distribués
par les sociétés de financement. Pour le reste, les banques offshore ont consenti un montant de
11,7 milliards et les associations de microcrédit 9,6 milliards.
Tableau 1.7.5 : Crédits accordés par les principales sociétés financières autres que les banques
Encours
Variation (en %) Variation (en %)
(en milliards de dirhams)
1
Sociétés de financement, banques offshore, associations de micro-crédit, Caisse de Dépôt et de Gestion et fonds de placement collectifs en titrisation.
120
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
350 20
300
15
250
10
200
5
150
0
100
50 -5
0 -10
2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024
S’agissant des avoirs officiels de réserve, ils se sont renforcés de 4,5% à 375,5 milliards de dirhams,
alimentés notamment par des financements extérieurs nets du Trésor de 19 milliards. Ces
réserves représentent l’équivalent de 5 mois et 9 jours d’importations de biens et services et 123%
de l’ARA ajustée1, soit un niveau à l’intérieur de l’intervalle de 100% à 150% recommandé par le FMI.
Parallèlement, les avoirs extérieurs nets2 des autres institutions de dépôts ont affiché une nouvelle
expansion de 85,8% à 55,5 milliards, après celle de 83,4% un an auparavant.
Graphique 1.7.8 : Avoirs officiels de réserve Graphique 1.7.9 : Avoirs extérieurs nets des
autres institutions de dépôts
(en milliards de dirhams)
(En milliards de dirhams) (en %) 60
400 30
50
350
20
300 40
10
250
30
200 0
20
150
-10
100 10
-20
50 0
0 -30
2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 -10 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024
1
RA « Assessing Reserve Adequacy » est une métrique développée par le FMI pour évaluer le degré d’adéquation du niveau des réserves de change. Sa
A
version ajustée est utilisée dans le cas de pays appliquant des restrictions sur les flux de capitaux comme le Maroc. ([Link]
information-concernant/Reforme-du-regime-de-change/Adequation-des-reserves-de-change-mesure-ara).
2
Ils représentent l’ensemble des créances des banques sur les non-résidents, nettes de leurs engagements extérieurs.
121
Conditions monétaires
1.7.4 Composantes de M3
Après une forte expansion entre 2020 et 2023 à un rythme annuel moyen de 12%, la monnaie
fiduciaire a connu une décélération sensible en 2024, sa progression étant revenue à 5,2% avec
notamment un recul mensuel en décembre de 14,5 milliards de dirhams. Son encours s’est établi
ainsi à 414,4 milliards de dirhams, soit 25,9% du PIB au lieu de 26,1% du PIB en moyenne sur les
quatre précédentes années. Cette évolution serait liée à l’opération de régularisation volontaire
de la situation fiscale des personnes physiques. Celle-ci expliquerait également l’importante
augmentation qu’ont connue les dépôts bancaires avec en particulier un bond mensuel de
46,4 milliards de dirhams en décembre, contre 24,2 milliards le même mois une année auparavant.
Leur croissance sur l’ensemble de l’année ressort à 9,1% au lieu de 2,9% en 2023.
Par composantes, la progression a été de 11,6% à 906,5 milliards pour les dépôts à vue auprès des
banques, de 3,5%, après deux années de baisse, à 119,8 milliards pour ceux à terme et de 2,7%,
après 1,9%, à 187,7 milliards pour les comptes d’épargne.
Par principaux secteurs institutionnels, les dépôts des particuliers1 ont marqué un accroissement
de 7,4% à 894 milliards de dirhams recouvrant, d’une part, des hausses de 10,3% de ceux à vue
et de 2,8% de leurs comptes d’épargne, et d’autre part, un recul de 1,7% de leurs dépôts à terme.
Pour les sociétés non financières privées, les dépôts à vue se sont renforcés de 16% et ceux à
terme de 8,6%, soit au total une expansion de 15,6% à 236,7 milliards.
Tenant compte également d’une augmentation de 21% des titres d’OPCVM monétaires à
92,4 milliards, l’agrégat M3 ressort en accroissement annuel de 8% en 2024 à 1 892 milliards de
dirhams.
122
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Cette évolution a été plus rapide que celle du crédit bancaire qui a connu, au cours des cinq dernières
années, un accroissement annuel moyen de 4,5% à 1 130,7 milliards. Celui-ci intègre en particulier une
forte décélération à 2% en 2021, dans un contexte de persistance d’un niveau élevé d’incertitudes en lien
notamment avec la pandémie, et une expansion de 7,2% en 2022 reflétant en grande partie celle des facilités
de trésorerie octroyées pour faire face à la flambée des prix des produits énergétiques et alimentaires
importés induite par l’enclenchement de la guerre en Ukraine.
Ces développements ont eu pour conséquence une tendance à la baisse du coefficient d’emploi, défini
comme le ratio du crédit au total des dépôts, qui est revenu de 101% à fin 2019 à 94,2% en 2024, son niveau
le plus bas depuis la crise financière de 2008.
En parallèle, les autres ressources du système bancaire ont affiché globalement une forte progression. En
particulier, les injections de Bank Al-Maghrib ont plus que doublé sur la période avec le creusement du
déficit de liquidité des banques, lié à l’expansion de la monnaie fiduciaire, et l’adoption depuis 2020 d’une
politique de satisfaction intégrale des demandes des banques en liquidités.
Graphique E.[Link] : Coefficient d’emploi1 Graphique E.[Link] : Structure des emplois des
(en %) banques (en %)
101,8 101,7 100
101,0
90
99,9 99,7
99,2 80
98,8
70
97,3
60
96,1
50
94,2 40
30
20
10
0
2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024
Créances sur les non-résidents Crédits Bons du Trésor
Actions et autres titres de participation Autres
L’analyse du bilan des banques permet d’appréhender dans une certaine mesure les raisons de ce décalage
entre l’évolution de leurs ressources et la distribution de crédit dont la part dans l’actif est revenue de
62,7% en 2019 à 57,7% en 2024. Il en ressort que, sur la même période, les détentions des banques en
bons du Trésor ont enregistré une hausse annuelle moyenne de 13,5% à 273,9 milliards de dirhams et leur
part s’est renforcée de 10,1% à 14%. De même, les actions et autres titres de participation des banques2
ont augmenté annuellement de 9,9% pour représenter 8,4% au lieu de 7,1% de leur actif. En particulier, les
titres d’OPCVM se sont accrus de 6,2% en moyenne pour les monétaires et de 9% pour les diversifiés3. En
outre, les données disponibles montrent que les parts des OPCI détenues par les banques se sont accrues
de 62,3% entre le deuxième semestre de 2023 et le même semestre de 2024 à 35,9 milliards de dirhams.
1
rédits et dépôts des secteurs hors Bank Al-Maghrib, autres institutions de dépôts et administration centrale tels qu’issus des statistiques
C
monétaires relatives aux comptes de patrimoine des banques.
2
Incluant les titres d’OPCVM monétaires.
3
Il s’agit des parts des OPCVM diversifiés détenues par les autres institutions de dépôts.
123
Conditions monétaires
Cette orientation, dans un contexte de fortes incertitudes et de reprise relativement lente de l’activité
économique, serait attribuable en partie à une montée des risques. En effet, le coût du risque4 des banques,
qui reflète principalement celui du crédit, a atteint 12,5 milliards de dirhams en 2020, soit l’équivalent de 47%
de leur résultat brut d’exploitation au lieu d’une moyenne de 31,7% au cours des cinq années précédentes.
Dans le même sens, les créances en souffrance ont augmenté de 6,9% en moyenne annuelle entre 2019 et
2024, et leur ratio au crédit bancaire est passé au cours de la période de 7,6% à 8,4%.
En outre, au vu du creusement du déficit de liquidité, qui a atteint un niveau record de 137,4 milliards de
dirhams à fin 2024, les banques ont accru leurs détentions en bons du Trésor, principal collatéral pour les
opérations de refinancement auprès de Bank Al-Maghrib. Ce renforcement, plus important que le besoin
effectif, aurait été également favorisé par l’attractivité du marché des titres souverains dans un contexte
d’augmentation sensible des émissions du Trésor (+44,5% entre 2015-2019 et 2020-2024).
Graphique E.[Link] : Coût du risque des banques Graphique E.[Link] : Evolution des détentions
des banques en bons du Trésor et du
refinancement de BAM (en milliards de dirhams)
300
47
250
35,5 36,5
33,2 32,8 200
33,5 30,8
28,7 28,3 31,2
150
100
12,5
10,4 9,5
8,0 8,4 8,7 7,8 7,7
6,8 7,2 50
0
2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024
En milliards de dirhams Rapporté au résultat brut d’exploitation (en %) Bons du Trésor Interventions de BAM
4
e coût du risque représente les dotations nettes de reprises aux provisions sur les créances en souffrances et les risques généraux. Cf. Rapport
L
annuel sur la supervision bancaire, Bank Al-Maghrib, 2023.
1
es agrégats de placements liquides incluent les actifs financiers détenus par les agents autres que les institutions de dépôt. Ces actifs représentent
L
une réserve de pouvoir d’achat mais ne sont pas suffisamment liquides pour être inclus dans l’agrégat M3.
124
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Encadré 1.7.2 : Mise à jour des taux de change effectifs nominal et réel
Depuis 2015, Bank Al-Maghrib élabore et publie les taux de change effectifs nominal (TCEN) et réel (TCER).
Ces derniers sont calculés comme une moyenne géométrique pondérée des taux de change bilatéraux
entre le dirham et les devises des pays partenaires et concurrents, déflatés dans le cas du taux de change
effectif réel (TCER) par le différentiel de prix appréhendé par les indices des prix à la consommation. Pour
chaque devise, la pondération correspond au poids de l’économie en question dans les échanges extérieurs
de produits manufacturiers sur une période donnée.
Dans la version initiale de la méthodologie de calcul, la composition du panier des économies et les
pondérations affectées à leurs devises étaient déterminées sur la base de la structure des échanges sur
une période fixe à savoir 2011-2013.
En 2021, cette approche a été ajustée sur deux volets1 : i) l’abaissement de la part minimale dans les
échanges pour l’intégration dans le panier de 1% à 0,45% ; et ii) l’utilisation de pondérations actualisées
chaque trois ans, afin de prendre en compte les changements de la structure des échanges. Cette nouvelle
approche a été appliquée de manière rétrospective à partir de 2011.
L’actualisation, selon la même méthodologie, du panier de référence et des pondérations sur la base des
données des échanges couvrant la période 2020-2022, s’est traduite par l’intégration de 7 nouveaux pays
(Bahreïn, Danemark, Mexique, Norvège, Thaïlande, Indonésie et Vietnam) et l’exclusion de 3 (Chili, Hong
Kong et Singapour), soit une augmentation du nombre de pays dans le panier de 27 à 31. La zone euro
continue de représenter la part la plus importante, avec un poids en hausse à 54,1%, suivie de la Chine et
des États-Unis avec des poids respectifs de 10,7% et 6,3%.
1
Cf. Encadré 1.7.3 « Mise à jour de la méthodologie de calcul des taux de change effectifs », Rapport annuel de Bank Al-Maghrib, 2021.
125
Conditions monétaires
Le calcul des nouvelles séries2 fait ressortir une évolution similaire du TCEN mais avec un niveau légèrement
plus bas à partir de 2022, un constat qui refléterait la hausse du poids de l’euro. Pour ce qui est du TCER, le
résultat est quasi-similaire aussi bien en termes de niveau que d’évolution, les écarts en termes nominaux
étant compensés par le différentiel d’inflation par rapport à la zone euro. En effet, sur la période 2022-2024,
l’inflation de la zone euro s’est établie en moyenne à 5,4% contre 4,6% au Maroc.
Par ailleurs, la comparaison avec les indices publiés par le FMI et la BRI3 montre des tendances
quasi-identiques avec des coefficients de corrélation proches de 1 sur la période 2020-2024.
Graphique E.[Link] : Taux de change effectif Graphique E.[Link] : Taux de change effectif réel
nominal
130 110
108
125
106
120 104
115 102
100
110
98
105 96
94
100
92
95 90
T1 2020
T2 2020
T3 2020
T4 2020
T1 2021
T2 2021
T3 2021
T4 2021
T1 2022
T2 2022
T3 2022
T4 2022
T1 2023
T2 2023
T3 2023
T4 2023
T1 2020
T2 2020
T3 2020
T4 2020
T1 2021
T2 2021
T3 2021
T4 2021
T1 2022
T2 2022
T3 2022
T4 2022
T1 2023
T2 2023
T3 2023
T4 2023
T1 2024
T2 2024
T3 2024
T4 2024
T1 2024
T2 2024
T3 2024
T4 2024
TCEN 2020-2022 TCEN 2017-2019 TCEN FMI TCEN BRI TCER 2020-2022 TCER 2017-2019 TCER FMI TCER BRI
2
es séries ont été raccordées en se basant sur la méthode décrite par Chris Bloomer, Angela Kubik, Tony Liu et Sam Roe “Chain-linking in business
L
prices”. ONS, Royaume-Uni 2020.
3
L’écart constaté dans le TCEN entre Bank Al-Maghrib et le FMI d’un côté et la BRI s’explique par la différence de l’année de base retenue (2010 pour
Bank Al-Maghrib et le FMI et 2020 pour la BRI).
Cette évolution, conjuguée, au niveau domestique, à un effet marché2 favorable au dirham s’est
traduite par une dépréciation de 2,2% de la monnaie nationale par rapport à la devise américaine.
Tout au long de l’année, le dirham a évolué sur le marché interne de change à l’intérieur de la
bande de fluctuation sans aucune intervention de Bank Al-Maghrib.
1
Les variations sont calculées d’une fin de période à l’autre.
2
La variation du taux de change peut être décomposée en deux parties, un effet panier résultant de l’évolution de la parité euro/dollar, et un effet
marché résultant des déviations du taux de change par rapport à sa valeur calculée sur la base du panier.
126
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Graphique 1.7.10 : Cours de change euro/dollar Graphique 1.7.11 : Cours de référence du dirham
en 2024 contre le dollar américain en 2024
1,15 11,5
11,0
1,10
10,5
1,05 10,0
9,5
1,00
9,0
0,95
8,5
0,90 8,0
janv. févr. mars avr. mai juin juil. août sept. oct. nov. déc. janv. févr. mars avr. mai juin juil. août sept. oct. nov. déc.
Par rapport aux autres principales devises, le dirham s’est apprécié de 4% contre l’euro, de 0,4% face
au yuan chinois, de 17% vis-à-vis de la livre turque et de 24,5% par rapport au réal brésilien, alors
qu’il a baissé de 0,7% vis-à-vis de la livre sterling. Tenant compte de l’ensemble de ces évolutions,
le taux de change effectif est ressorti en moyenne en hausse de 4,5% en termes nominaux et de
1,2% en termes réels, l’inflation domestique ayant été largement inférieure à la moyenne de celles
des pays partenaires et concurrents.
125
50
120
40
115
110 30
105
20
100
10
95
90 0
2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 janv. févr. mars avr. mai juin juil. août sept. oct. nov. déc.
127
Conditions monétaires
Le désalignement peut être de nature conjoncturelle en raison d’excès d’offre ou de demande de la monnaie,
ou refléter un désalignement structurel en lien avec les fondamentaux économiques du pays. La distinction
entre les deux permet aux autorités monétaires d’identifier la réponse appropriée, mais les méthodes
utilisées dans la littérature pour l’estimation du niveau d’équilibre restent largement approximatives,
pouvant conduire à des résultats sensiblement divergents.
Au Maroc, depuis le début de la transition vers un régime de change plus flexible en 2018, l’estimation du
niveau d’équilibre du taux de change est devenue l’une des principales composantes du dispositif du suivi
de cette réforme. Dans ce cadre, Bank Al-Maghrib a mis en place un système d’évaluation trimestrielle
inspiré de la méthodologie EBA (External Balance Assessment) du FMI1. Celle-ci inclut trois approches2,
une basée sur le taux de change effectif réel, la deuxième sur le compte courant et la troisième sur la
soutenabilité extérieure. Les méthodes d’évaluation étant approximatives, il est en général considéré que
tout écart ne dépassant pas ±10% est non significatif.
Les résultats obtenus pour l’année 2024, se situant dans cet intervalle, ne montrent pas de signe de
désalignement significatif du dirham. En effet, les approches du taux de change effectif réel et de la
soutenabilité externe indiquent des sous-évaluations respectives de la monnaie nationale de 3,2% et 2,9%
en moyenne en 2024, alors que la méthode du compte courant fait ressortir une surévaluation de 3%.
Tableau E.[Link] : Ecart entre le taux de change réel et le taux de change d’équilibre
(en moyenne, en %)
2023 2024
Approche du taux de change effectif réel -2,7 -3,2
Approche du compte courant 1,7 3,0
Approche de la soutenabilité extérieure -7,5 -2,9
1
Cf. « Encadré 1.7.2 : Evaluation du degré du désalignement du taux de change », Rapport annuel de Bank Al-Maghrib, 2021.
2
L’approche « taux de change » détermine le degré de désalignement du taux de change effectif réel (TCER) en se basant sur la différence entre son
niveau observé et celui d’équilibre estimé sur la base de ses déterminants de long terme tels que l’ouverture commerciale, la productivité du travail
et le ratio des réserves de change au PIB. Quant aux deux autres approches, l’écart entre le TCER et son niveau d’équilibre est déduit de la différence
entre le compte courant observé et son niveau « norme ». Ce dernier est estimé dans la méthode « compte courant » à partir de ses déterminants
macroéconomiques tels que le solde énergétique, le crédit bancaire et la productivité du travail et défini dans celle de « la soutenabilité externe »
comme le niveau assurant un stock de réserves de change égal à celui mesuré par l’ARA.
128
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Concernant le volume des échanges, il a accusé, sur le compartiment interbancaire, une baisse
de 26,9% à 45,9 milliards de dirhams en moyenne mensuelle et ce, après une forte croissance
de 74,7% en 2023. Pour ce qui est des opérations des banques avec leur clientèle, leur volume
a progressé de 5,1% à 35,4 milliards pour les achats au comptant de devises et de 8,1% à
35,9 milliards pour les ventes. En revanche, et dans un contexte de poursuite du repli des cours
des matières premières, notamment énergétiques, le volume mensuel moyen des opérations à
terme a enregistré des reculs de 26,9% à 2,6 milliards pour les achats et de 9,3% à 16,3 milliards
pour les ventes.
40 20
30 15
20 10
10 5
0 0
janv. févr. mars avr. mai juin juil. août sept. oct. nov. déc. janv. févr. mars avr. mai juin juil. août sept. oct. nov. déc.
Ventes des banques Achats des banques Ventes à terme Achats à terme
129
Marchés des actifs
Sur le marché de la dette privée en revanche, les souscriptions se sont accrues de 16,9% à
101,3 milliards de dirhams, portées notamment par l’augmentation des émissions de bons de
sociétés de financement et de titres de dette des entreprises non financières privées.
Concernant l’activité de gestion collective de l’épargne, les souscriptions ont poursuivi leur hausse
avec une progression de 4,6% à 1 233,2 milliards de dirhams, tirée essentiellement par les OPCVM
obligataires, alors que les fonds monétaires et contractuels ont accusé des baisses.
Au niveau de la place boursière de Casablanca, portés par l’euphorie suscitée par les nombreux
chantiers d’envergure lancés ou annoncés, les cours se sont de nouveau fortement appréciés.
Le MASI a marqué un bond de 22,2% après celui de 12,8% en 2023, avec en particulier des
accroissements qui ont atteint 112,1% pour le secteur de la Santé et 222,4% pour celui de
l’Immobilier. Cette performance s’est accompagnée d’une expansion du volume des transactions
et d’une augmentation de la capitalisation boursière de 20,2% à 752,4 milliards de dirhams,
soit l’équivalent de 47,1% du PIB. Dans ces conditions, le ratio de liquidité1 a connu une nette
amélioration, passant de 5,7% à 8,6%.
Sur le marché immobilier, après une tendance baissière entre 2019 et 2022, les prix ont connu une
légère hausse pour la deuxième année consécutive, avec des variations au niveau des principales
villes allant d’un repli de 0,5% à Kénitra à une progression de 1,2% à Oujda. Pour ce qui est des
transactions, leur volume a affiché un accroissement de 17,9% globalement.
1
Le ratio de liquidité est calculé en rapportant le volume annuel des échanges sur le marché central à la capitalisation moyenne sur l’année.
130
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Tableau 1.8.1 : Indicateurs clés des marchés des actifs (variations en %, sauf indication contraire)
2020 2021 2022 2023 2024
Marché de la dette
Marché boursier
Ratio de liquidité (marché central actions, en %) 6,0 6,4 5,1 5,7 8,6
Marché immobilier
Indice des prix des actifs immobiliers -1,4 -2,6 -1,6 0,2 0,2
Sources : Ministère de l’Economie et des Finances, Bourse de Casablanca, Maroclear, Agence Nationale de la Conservation Foncière, du Cadastre et de
la Cartographie et Bank Al-Maghrib.
Par ailleurs, l’allègement des besoins du Trésor et la réduction de 50 pb du taux directeur de Bank
Al-Maghrib ont induit une baisse des taux pour l’ensemble des maturités, allant de 41 pb pour les
titres à 13 semaines à 92 pb pour ceux à 15 ans. Aussi, le Trésor a-t-il réorienté ses levées vers les
maturités longues et moyennes. En effet, la part des levées de long terme est passée de 34,4% en
2023 à 54,1%, celle de moyen terme de 33,1% à 38,4%, alors que celle du court terme est revenue
de 32,5% à 7,5%.
131
Marchés des actifs
Graphique 1.8.1 : Emissions Graphique 1.8.2 : Taux moyens pondérés des bons
et remboursements des bons du Trésor du Trésor par maturité sur le marché primaire
(en milliards de dirhams) (en %)
260
240 5,4
220 4,8 5,0
200 4,4
180 4,0
160 3,8
4,7
140 3,4
3,2 3,2
120 4,1
3,9
100 3,7
80 3,1 3,2
60 2,7 2,7 2,7
40
20
0
2020 2021 2022 2023 2024
s
ne
ne
ne
an
an
an
an
an
an
ai
ai
ai
10
15
20
30
m
m
se
se
se
13
26
52
Emissions Remboursements 2023 2024
Source : AMMC.
Au terme de l’année, l’encours des bons du Trésor a atteint 753,6 milliards de dirhams, en
augmentation de 7,8% par rapport à 2023. Sa structure est restée dominée par les maturités
longues, dont la part s’est renforcée de 63% à 68,2%, celle des maturités de moyens termes s’étant
quasiment stabilisée à 30,6% et celle de courts termes s’étant limitée à 1,2% après 4,7%.
Graphique 1.8.3 : Structure de l’encours des bons du Trésor par détenteur (en %)
Source : AMMC.
132
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Tableau 1.8.2 : Opérations sur les bons du Trésor par maturité (en millions de dirhams)
2023 2024
2020 2021 2022
Structure Structure
Montant Montant
(en %) (en %)
Emissions 152 647 144 471 128 694 255 249 100 171 361 100
Remboursements 109 067 98 580 100 933 211 631 100 117 140 100
Moyen terme 51 450 50 991 49 362 104 757 49,5 61 603 52,6
Encours 600 741 646 633 665 764 699 382 100 753 604 100
Moyen terme 216 320 248 825 245 965 225 596 32,3 230 504 30,6
Long terme 351 596 372 138 372 325 440 691 63,0 513 813 68,2
Source : AMMC.
Dans le même sens, les émissions des sociétés non financières se sont accrues de 24% à
27,5 milliards de dirhams. Celles des entreprises privées sont passées de 2,8 milliards à 7,4 milliards,
portées en grande partie par une progression de 3,2 milliards de la dette obligataire, tandis que la
dette des sociétés publiques est ressortie en quasi-stagnation à 20,1 milliards.
133
Marchés des actifs
Autres Sociétés Financières 11 018 11 910 6 657 8 720 14 899 6 179 70,9
Bons de sociétés de financement 7 950 8 710 5 143 6 920 13 299 6 379 92,2
Sociétés non Financières 26 343 15 710 13 900 22 160 27 474 5 314 24,0
Source : Maroclear.
Tenant compte des remboursements, l’encours de la dette privée est ressorti en accroissement de
9,7% à 280,8 milliards de dirhams, détenu à hauteur de 46,4% par les banques, de 38,8% par les
sociétés non financières et de 14,4% par les autres sociétés financières.
134
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Sociétés Financières 154 239 157 918 152 286 157 404 170 795 13 391 8,5
Banques 120 682 120 140 121 060 126 608 130 300 3 692 2,9
Autres Sociétés Financières 33 557 37 778 31 226 30 796 40 495 9 699 31,5
Bons de sociétés de financement 26 884 29 608 22 805 22 205 30 897 8 692 39,1
Sociétés non Financières 83 412 88 499 94 959 97 475 109 024 11 549 11,8
Source : Maroclear.
135
Marchés des actifs
Ainsi, pour ce qui est des délais clients, 62% des entreprises, contre 58% en 2022, ont été payées avant
60 jours alors que le quart, au lieu de 29%, a été réglé au-delà de 120 jours. Les délais les plus courts
sont globalement enregistrés dans les activités d’« hébergement et de restauration » et de « commerce
et de réparation d’automobiles et de motocycles ». Par taille d’entreprise, les TPE sont largement les
plus pénalisées avec des délais atteignant 154 jours dans les « activités de service », 151 jours dans
les « industries manufacturières » et 143 jours dans la « construction ». De surcroît, cette catégorie
d’entreprises sont celles qui n’ont pas connu d’amélioration en 2023, à l’exception de celles opérant dans le
« transport et entreposage », alors que les grandes entreprises (GE) ont vu les délais de règlement par leurs
clients s’améliorer, avec en particulier une baisse de 11 jours dans les « activités de services » et de 6 jours
dans le « transport et entreposage ».
Graphique E.[Link] : Evolution des délais de paiement clients en 2023 par secteur d’activité et par
taille d’entreprise (en jour de chiffre d’affaires)
Délai de 90 jours
Délai réglementaire pouvant être
de 60 jours consenti
180
+9j +9j
150 +10j -17j
-11j -3j +10j
120
-4j +2j
154 122 151
90 108 107 +6j +23j 143 -6j
+1j -6j 136
=
60 100
76 76 -5j
54 51 66 89 65
30 -4j
-3j 39
21
0
-23
30 GE PME TPE GE PME TPE GE PME TPE GE PME TPE GE PME TPE GE PME TPE
Activités de Services Commerce, réparation Construction Hébergement Industrie Transports
d'automobiles et de et restauration manufacturière et entreposage
motocycles
1
Les données les plus récentes sont celles relatives à l’année 2023.
136
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
S’agissant des délais fournisseurs, 68% des entreprises, au lieu de 66% en 2022, ont réglé leurs factures en
moins de 60 jours. Les GE qui sont généralement celles qui tardent le plus à payer leurs fournisseurs, ont
marqué une nette amélioration avec une baisse des délais allant de 8 jours dans la branche du « commerce,
de réparation d’automobiles et de motocycles », à 33 jours dans les « activités de services ». Malgré cette
progression, les délais demeurent longs, notamment dans la « construction » où ils atteignent pour cette
catégorie d’entreprises 227 jours, soit plus de 7 mois et demi.
Graphique E.[Link] : Evolution des délais de paiement fournisseurs en 2023 par secteur d’activité
et par taille d’entreprise (en jour d’achats)
Délai de 90 jours
Délai réglementaire pouvant être
de 60 jours consenti
240 -20J
210
180
= -3J
150
-33j +6J
120
227 +5j -7j -11j
90 +1j +1j +3j -16j
-8J =
= 110 = 141
60 123 -16j
142 77 65 103 -23J 78 85 93 72 90 79
30 62
56 44 51
0
GE PME TPE GE PME TPE GE PME TPE GE PME TPE GE PME TPE GE PME TPE
Activités de Services Commerce, réparation Construction Hébergement Industrie Transports
d'automobiles et de et restauration manufacturière et entreposage
motocycles
Les souscriptions aux OPCVM obligataires ont, en effet, connu des progressions de 31,2% pour
les maturités moyennes et longues à 306,3 milliards de dirhams et de 18,1% pour celles courtes à
264 milliards. Dans le même sens, les acquisitions de parts de fonds actions et diversifiés
sont passées de 6,8 milliards de dirhams à 11,6 milliards et de 19,5 milliards à 36,6 milliards
respectivement. En revanche, les collectes ont baissé de 10,7% à 538 milliards pour les OPCVM
monétaires et de 17,5% à 76,7 milliards pour les OPCVM contractuels.
Au total, les souscriptions aux titres des OPCVM ont atteint 1233,2 milliards en accroissement de
4,6% par rapport à 2023. Tenant compte d’un montant de rachats de 1187,9 milliards, la collecte
nette est ressortie à 45,3 milliards.
En termes de performance, l’ensemble des fonds a affiché des rendements positifs avec des taux
variant de 3,2% pour les monétaires à 22,6% pour les fonds actions.
137
Marchés des actifs
40 4
30
3
20
10
2
0
-10 1
-20
-30 0
20 20 20 20 21 21 21 22 22 22 23 23 23 24 24 24
v.- vr.- ût- éc.- vr.- ût- éc.- vr.- ût- éc.- vr.- ût- éc.- vr.- ût- c.-
av 20
ao 0
dé 20
av 0
ao 1
dé 21
av 1
ao 22
dé 22
av 2
ao 3
dé 23
av 3
ao 4
dé 24
24
r-2
2
r-2
2
r-2
2
r-2
jan a ao d a ao d a ao d a ao d a ao dé
-
c-
-
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-
c-
-
c-
-
c-
nv
ût
ût
ût
ût
ût
ja
MASI Taux de rendement Taux interbancaire Taux de rendement
10 5
4 8
6 4
3 4
2 3
2 0
-2 2
1 -4 1
-6
0 -8 0
av 0
ao 0
dé 0
av 0
ao 1
dé 1
av 1
ao 2
dé 2
av 2
ao 3
dé 3
av 3
ao 4
dé 4
4
av 20
ao 20
dé 20
av 0
ao 21
dé 21
av 1
ao 22
dé 22
av 2
ao 23
dé 23
av 3
ao 24
dé 24
4
v-2
r-2
-2
c-2
r-2
-2
c-2
r-2
-2
c-2
r-2
-2
c-2
r-2
-2
c-2
c-2
c-2
c-2
c-2
c-2
v-
r-
r-
r-
r-
r-
-
ût
ût
ût
ût
ût
ût
ût
ût
ût
ût
jan
jan
Dans ces conditions, l’actif net des OPCVM est ressorti en progression de 16,7% pour s’élever à
653,2 milliards de dirhams. Cette évolution reflète des augmentations de l’encours net de
l’ensemble des fonds à l’exception de celui des OPCVM obligataires à court terme qui a accusé
un recul de 8,1% à 78,7 milliards. Ainsi, l’actif net s’est accru de 19,8% à 333,4 milliards pour les
fonds obligataires à moyen et long termes, de 25,9% à 76,5 milliards pour ceux diversifiés, de
17,3% à 97,8 milliards pour les monétaires, de 24% à 53,6 milliards pour les actions et de 56,7% à
13,2 milliards pour les contractuels.
138
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Tableau 1.8.5 : Souscriptions, rachats et actif net des OPCVM (en milliards de dirhams)
2020 2021 2022 2023 2024
Catégories Souscriptions
Rachats
Actif net
Par détenteur, les organismes de prévoyance et de retraite accaparent 29,2% de l’actif sous gestion,
les sociétés non financières 20,1%, les banques 14,2%, les autres investisseurs institutionnels
10,7% et les ménages 7,8%.
139
Marchés des actifs
Graphique 1.8.5 : Structure de l’actif net des OPCVM par détenteur (en %)
0,6 0,5 0,3 0,3 0,5 0,7
3,3 5,0 5,8 5,7 6,1 4,8
7,0 6,2 6,5 7,1 7,0 7,8
7,8 8,4 8,1 5,1 8,6 10,7
16,1 15,8 14,4 15,8 14,5 12,5
Organismes de prévoyance et de retraite Sociétés non financières Banques Compagnies d’assurance et de réassurance
Autres investisseurs institutionnels Ménages Autres institutions financières Non résidents
Source : AMMC.
14 000
13 000
22,2
12 000 18,3
12,8
11 000
e
s
ril
ai
in
no bre
dé bre
e
t
t
r
-7,3
ille
se aoû
ie
ie
ar
br
br
m
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av
nv
vr
em
to
m
ju
fé
ja
oc
ve
ce
-19,7
pt
Cette performance a été quasi-généralisée à tous les secteurs, à l’exception de celui des
« Télécommunications » qui a accusé un recul de 18%, pâtissant des répercussions du litige opposant
deux de ses opérateurs. Ainsi, les cours des entreprises cotées des secteurs de la « Participation
et la Promotion immobilière » et du « Bâtiment et Matériaux de construction » ont affiché des
140
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Au regard de cette évolution des cours, le niveau de valorisation de la place boursière a enregistré
une nette augmentation, le PER1 étant passé de 18,5 en 2023 à 22,2 en 2024. Pour ce qui est du
rendement de dividende2, il est resté quasi-stable à 3%. En comparaison internationale, ce niveau
de valorisation ressort largement supérieur aux marchés frontières et à ce qui est observé dans de
nombreux pays émergents.
1
Le Price-to-Earnings Ratio (PER) est le ratio du cours au bénéfice par action.
2
Le rendement de dividende est calculé en rapportant le dividende distribué au cours de l’action.
141
Marchés des actifs
Graphique 1.8.9 : PER des principaux marchés Graphique 1.8.10 : Rendement de dividende
émergents et frontières en 2024 des principaux marchés émergents
et frontières en 2024 (en %)
30 8
25
6
20
15 4
10
2
5
0 0
M de
In ïw c
ha né n
ïla sie
ue Ko nde
ue ala e
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h
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Ch
nt
ig
B
Ko
et
Ta
ge
Ba
T
Vi
iq
Ar
Af
bl
pu
Ré
Quant au volume des échanges, il a atteint 99,1 milliards de dirhams après 65 milliards en 2023.
Les transactions sur le marché central ont totalisé 60,8 milliards et celles réalisées sur le marché
de blocs 28,7 milliards, le reste ayant porté essentiellement sur des augmentations de capital de
5,2 milliards de dirhams, des offres publiques de 2,3 milliards et une introduction en Bourse d’un
montant de 1,1 milliard.
142
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
En dépit de ce dynamisme, l’attractivité de la place boursière pour les entreprises reste faible,
l’année 2024 n’ayant enregistré qu’une seule introduction, après deux en 2023, portant le nombre
de sociétés cotées à 77. En effet, le 16 décembre, le groupe CMGP, spécialisé en irrigation
et en infrastructure agricole, a été introduit en bourse à travers la cession de 4 millions d’actions
et l’émission de 1,5 million nouvelles au prix unitaire de 200 dirhams.
Sur le même registre, plusieurs augmentations de capital ont été effectuées, dont principalement
celles de Managem et Akdital pour des montants respectifs de 3 milliards et 1 milliard de dirhams.
Dans ces conditions, la capitalisation boursière a progressé de 20,2%, pour atteindre 752,4 milliards,
et son ratio au PIB est passé, d’une année à l’autre, de 42,3% à 47,1%. Sa composante flottante s’est
accrue de 27,5% à 206,8 milliards de dirhams et le ratio de liquidité du marché central actions s’est
établi à 8,6% au lieu de 5,7% une année auparavant.
Graphique 1.8.11 : Evolution de la capitalisation Graphique 1.8.12 : Ratio de liquidité sur le marché
boursière actions (en %)
800 60
54,1 4,1
50,8
600
49,4 3,7
50
2,9 3,4
3,3
400 42,2 42,8
40 8,6
200 6,0 6,4 5,7
5,1
0 30
2020 2021 2022 2023 2024 2020 2021 2022 2023 2024
L’euphorie qui a marqué la Bourse en 2024 s’est accompagnée d’un engouement notable de la part
des petits investisseurs, en particulier les personnes physiques qui ont réalisé le quart du volume
de transactions au cours de l’année, au lieu de 13% en moyenne entre 2021 et 2023. Pour favoriser
ce retour des investisseurs et préserver la confiance dans le marché boursier, la communication et
la sensibilisation aux risques inhérents à l’investissement boursier devraient être renforcées. Il est
à rappeler à cet égard, qu’après la forte chute qu’a connue le marché en 2008, il aura fallu plus de
16 ans pour que l’indice MASI retrouve son pic atteint cette année.
143
Marchés des actifs
Au cours des dernières années, les marchés internationaux des produits dérivés ont connu une croissance
exponentielle. Au niveau du compartiment de gré à gré, qui concentre l’essentiel des transactions, la valeur
notionnelle1 a été multipliée par près de 10 depuis 1998 pour atteindre 729,5 trilliards de dollars américains
à fin juin 2024. Ce volume concerne à hauteur de 64,3% des dérivés sur les taux d’intérêt, de 12,8% des
dérivés sur les taux de change et de 5,9% des dérivés de crédits. Quant au volume quotidien des échanges,
il est estimé sur la base des données relatives aux marchés de taux de change et de taux d’intérêt à
15,5 trilliards de dollars en 2022. Près de 80% de ce montant est concentré aux États-Unis et dans les
centres financiers mondiaux, à Londres, Hong Kong et Singapour.
Graphique E.[Link] : Valeur notionnelle des marchés mondiaux
des produits dérivés de gré à gré (en trilliards de dollars)
900
800
700
600
500
400
300
200
100
0
1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016
2017
2018
2019
2020
2021
2022
2023
2024
Source : BRI.
Le développement des produits dérivés aurait un impact positif sur la croissance économique, à travers
leur rôle dans la réduction et le partage des risques ainsi que dans la stabilisation des prix des actifs.
Les résultats d’une étude récente2 portant sur cinq grandes économies, à savoir les Etats-Unis, la zone
euro, le Japon, la Chine et l’Inde, indiquent qu’un accroissement de 1% du volume échangé sur le marché
des produits dérivés est associé à une hausse de 0,1% du PIB. Un autre travail empirique mené en 2024
débouche sur des résultats similaires dans le cas de l’Afrique du Sud3. Dans le même sens, une étude
remontant à 20164 et réalisée auprès d’un échantillon plus large a mis en évidence une corrélation positive
entre le volume échangé et le développement économique de manière générale, avec toutefois, dans le cas
des pays développés, une relation concave, les effets positifs se dissipant au-delà d’un certain seuil.
1
es statistiques portent sur la valeur des actifs sous-jacents aux produits dérivés. Elles sont issues d’une enquête triennale réalisée par la BRI pour
C
évaluer la taille et la structure des marchés mondiaux des produits dérivés de gré à gré.
2
« The derivatives market and economic development: Analysis of five significant economies », Muratova Aizirek, Central European University,
Budapest, 2020.
3
« Derivative markets and economic growth: A South African perspective », Matthieu Stevens and Cobus Vermeulen, University of South Africa, 2024.
4
« Derivatives and economic growth: Links and evidence. The impact of the financial derivatives on the real economy », Diego Lema and Martín Grandes
Universidad de Buenos Aires, 2016.
144
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Cela étant, le développement des produits dérivés n’est pas sans risque, en particulier en matière de stabilité
financière. C’est dans ce sens que plusieurs instances internationales en charge de la régulation, ont édictés
des lignes directrices visant à améliorer la transparence et la stabilité du marché ainsi que la protection
des investisseurs5. Les exigences dans ce sens comprennent notamment la déclaration obligatoire des
transactions sur produits dérivés, ainsi que la mise en place de chambres de compensation centralisées et
d’une infrastructure de marché adéquate6.
Au Maroc, le recours aux produits dérivés est pratiqué depuis de nombreuses années, mais était limité
à des opérations de gré à gré entre les banques et certains opérateurs économiques en particulier les
importateurs. Dans le cadre de la mise en œuvre de la transition vers un régime de change plus flexible
amorcée en 2018, Bank Al-Maghrib a lancé, en février 2025, un marché interbancaire de gré à gré pour
des swaps de change et de taux au jour le jour indexés sur l’indice MONIA7. La mise en place de ce
marché permettra, d’une part, aux intervenants de disposer d’une référence transparente et fiable pour
la réalisation de leurs opérations de couverture contre les risques de taux et de change et, d’autre part,
de donner une nouvelle impulsion au développement des produits dérivés au Maroc. L’objectif final étant
l’approfondissement des marchés et la préparation du tissu économique à un contexte marqué par une
plus grande volatilité du taux de change et des taux d’intérêt.
Sur ce même registre et dans le cadre des efforts de transformation et de modernisation des infrastructures
financières du pays, les autorités de régulation et les acteurs de l’écosystème financier œuvrent depuis
plusieurs années pour le développement d’un marché à terme au Maroc. La mise en place de ce dernier
se fait selon une démarche progressive en commençant par les volets réglementaires, prudentiels et
organisationnels articulés autour de deux institutions, la société gestionnaire du marché à terme et la
chambre de compensation. En termes de produits, le marché devrait, dans un premier temps, développer
des futures sur indice, puis sur les taux d’intérêt avant d’élargir la gamme d’offres à d’autres instruments.
5
« Streamlining variation margin in centrally cleared markets – examples of effective practices », IOSCO, BIS, 2025 et « Derivatives in financial market
development», Rangaraja [Link], New York University, 2013.
6
« Review of OTC derivatives market reforms: Effectiveness and broader effects of the reform » FSB, 2017.
7
L’indice MONIA (Moroccan Overnight Index Average) représente le taux moyen pondéré des opérations de pension livrée au jour le jour.
Pour ce qui est des transactions, leur volume a progressé de 17,9%, après 8,1% une année
auparavant, avec des accroissements de 19,7% pour le résidentiel, de 16,5% pour les terrains et de
7,3% pour les biens à usage professionnel.
145
Marchés des actifs
Tableau 1.8.7 : Indice des prix des actifs immobiliers (IPAI) et nombre de transactions
(variations en %)
IPAI Transactions
2020 2021 2022 2023 2024 2020 2021 2022 2023 2024
Global -1,4 -2,6 -1,6 0,2 0,2 -3,4 36,6 -15,3 8,1 17,9
Résidentiel -1,5 -2,5 -1,2 0,2 0,1 -5,4 31,2 -14,1 8,8 19,7
Appartement -1,4 -2,7 -1,2 0,3 0,2 -4,3 30,2 -14,9 9,8 21,1
Maison -1,7 -1,3 -1,6 -0,4 -0,6 -23,0 52,2 -6,4 -0,9 3,3
Villa 0,2 -4,0 -0,2 0,1 -1,0 -4,5 28,2 8,1 -6,2 -2,0
Foncier -1,0 -1,7 -2,3 0,4 0,4 1,1 50,7 -20,8 5,9 16,5
Professionnel -0,4 -3,6 -1,7 -0,1 -0,1 5,1 48,0 -11,1 7,2 7,3
Local commercial -0,6 -3,4 -1,6 0,0 -0,1 6,4 44,8 -10,5 4,9 4,5
Bureau -0,1 -3,9 -2,4 0,6 -0,7 -2,8 67,9 -14,2 20,3 20,7
Au niveau des principales villes, les prix ont connu des variations contrastées, avec des progressions
allant de 0,2% à Fès à 1,2% à Oujda et des contractions se situant entre 0,1% à Tanger et 0,5% à
Kénitra. S’agissant du nombre de transactions, excepté Rabat où il a accusé un repli de 1%, des
hausses ont été enregistrée dans l’ensemble des autres grandes villes, à des taux variant de 4,9%
à Agadir à 33,1% à Fès.
Tableau 1.8.8 : Indice des prix des actifs immobiliers et nombre de transactions
par principales villes (Variations en %)
IPAI Transactions
2020 2021 2022 2023 2024 2020 2021 2022 2023 2024
Casablanca -1,8 -3,0 -1,4 -0,1 0,0 -3,1 21,0 -17,0 3,7 6,9
Marrakech -2,0 -2,7 -1,6 1,0 1,0 6,3 33,5 -18,2 21,9 7,0
Fès -0,8 -3,2 -1,7 0,5 0,2 1,5 29,4 -17,2 4,3 33,1
Meknès -1,7 -2,6 -1,7 0,3 -0,2 -7,4 55,0 -14,6 -8,1 27,9
Oujda -1,8 -2,4 -4,1 0,3 1,2 -15,7 47,2 -14,7 -2,0 12,3
Tanger -1,8 -1,2 -1,9 0,2 -0,1 -15,2 44,2 -7,1 5,1 16,0
Kénitra -1,2 -3,8 -1,1 -0,3 -0,5 -0,6 44,9 -11,8 -1,1 12,5
Agadir 0,2 -4,5 -1,0 0,5 0,8 6,0 45,6 11,1 8,9 4,9
El Jadida -1,1 -3,3 -1,1 -0,3 -0,2 -20,8 72,8 -21,9 2,0 11,7
Rabat -0,1 -3,5 -1,6 0,3 0,3 -10,2 52,2 -29,0 13,2 -1,0
Global -1,4 -2,6 -1,6 0,2 0,2 -3,4 36,6 -15,3 8,1 17,9
Sources : ANCFCC et Bank Al-Maghrib.
146
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
40 0
30 -2
20 -4
10 -6
0 -8
2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024
Taux d’investissement Taux d’épargne Besoin /capacité de financement (axe de droite)
Source : HCP.
1
e chapitre est élaboré sur la base de plusieurs sources de données dont notamment les statistiques monétaires de Bank Al-Maghrib, la balance des
C
paiements et la position extérieure globale publiées par l’Office des Changes, ainsi que les comptes nationaux des secteurs institutionnels compilés
par le HCP.
2
En flux nets.
147
Financement de l’économie
10,2 11,1
5,6
1,8
-12,9
Actions et autres participations Prêts Obligations
Par agent économique, les flux nets au titre des engagements extérieurs1 des sociétés non
financières résidentes se sont chiffrés à 31,7 milliards de dirhams, avec notamment 11,3 milliards au
titre des emprunts extérieurs, 11,3 milliards sous forme d’émissions de « titres autres qu’actions »
et 9,5 milliards de prises de participation.
En ce qui concerne les administrations publiques2, leurs engagements extérieurs ont connu un
accroissement de 20,2 milliards de dirhams. Leurs emprunts nets ont affiché une hausse de
29,7 milliards et leurs émissions nettes de « titres autres qu’actions » ont baissé de 9,5 milliards. En
particulier, les tirages extérieurs bruts du Trésor ont totalisé 40,4 milliards de dirhams, effectués
essentiellement auprès de la Banque mondiale pour un montant de 16,5 milliards et du FMI, dans
le cadre de la facilité pour la résilience et la durabilité, pour 7,4 milliards.
S’agissant des avoirs extérieurs des résidents, ils se sont accrus de 41,5 milliards de dirhams,
reflétant principalement l’augmentation de 29,5 milliards de ceux des sociétés financières. De leur
côté, les avoirs des sociétés non financières ont progressé de 12 milliards de dirhams, avec des
hausses de 6 milliards de leurs crédits commerciaux et de 5,2 milliards de leurs détentions en
actions et autres participations.
1
Solde des entrées et sorties au titre des engagements.
2
Les administrations publiques incluent les administrations centrale et locales ainsi que les organismes de prévoyance à régime obligatoire.
148
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Tableau 1.9.1 : Flux financiers (1) avec le reste du monde (en milliards de dirhams)
2023 2024
Avoirs des résidents sur le reste du monde 38,0 0,1 13,4 24,4 41,5 0,1 12,0 29,5
Actions et autres participations 5,1 0,1 3,4 1,6 5,2 0,1 5,2 -0,2
Engagements des résidents vis-à-vis du reste du monde 35,4 33,8 9,6 -8,0 34,2 20,2 31,7 -17,8
149
Financement de l’économie
Pour ce qui est de leurs actifs financiers, le flux net a marqué une hausse sensible à 64,2 milliards
de dirhams, tiré principalement par le rebond des détentions des organismes de prévoyance
et de retraite à régime obligatoire de 36,2 milliards en bons du Trésor et de 26,2 milliards en titres
d’OPCVM.
Tableau 1.9.3 : Principaux flux financiers des sociétés non financières (en milliards de dirhams)
2023 2024
Flux nets d'acquisition d'actifs financiers (hors crédits commerciaux) 20,7 66,5
Dépôts 15,4 46,6
Titres autres qu'actions -10,4 2,0
Bons du Trésor 2,8 -3,4
TCN -0,3 6,9
Obligations -12,9 -1,5
Actions et autres participations -4,4 -0,8
Titres d'OPCVM 19,6 18,3
Réserves techniques d'assurance 0,5 0,5
Flux nets d'engagements (hors crédits commerciaux et actions) 21,8 20,6
Titres autres qu'actions 2,5 11,5
Crédits des institutions financières 19,3 9,0
Sources : Bank Al-Maghrib, AMMC et Maroclear.
1
Hors crédits commerciaux et actions dont les données ne sont pas disponibles.
2
Il s’agit des titres de créance (obligations et titres de créances négociables (TCN)).
150
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Concernant les actifs financiers des sociétés non financières, ils se sont accrus de 66,5 milliards
de dirhams. Leurs dépôts ont augmenté de 46,6 milliards, leurs souscriptions nettes aux titres
d’OPCVM se sont établies à 18,3 milliards et celles en « titres autres qu’actions » à 2 milliards. En
revanche, leurs avoirs en actions et autres participations ont baissé de 0,8 milliard, avec un recul
de 1,8 milliard pour les actions et une hausse de 1,1 milliard pour leurs détentions d’OPCI.
Graphique 1.9.3 : Flux nets des dépôts des ménages auprès des banques (en milliards de dirhams)
80
60
40
20
-20
2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024
S’agissant des engagements des ménages et ISBLSM, le flux des emprunts contractés auprès des
sociétés financières a connu un accroissement à 26,3 milliards en 2024. Leurs emprunts bancaires
ont augmenté de 16,8 milliards et les prêts qui leur sont octroyés par les sociétés financières
autres que les banques ont progressé de 9,2 milliards, dont 8,7 milliards accordés par les sociétés
de financement, répartis entre 4,7 milliards de crédits-bails et 1,8 milliard au titre des crédits à la
consommation.
1
Institutions sans but lucratif au service des ménages.
2
Hors crédits commerciaux.
151
Financement de l’économie
Tableau 1.9.4 : Principaux flux financiers des ménages et ISBLSM (en milliards de dirhams)
2023 2024
Flux nets d'acquisition d'actifs financiers (hors crédits commerciaux) 102,3 126,7
La totalité des billets et pièces en circulation est affectée aux ménages, en raison de la non-disponibilité des données relatives aux encaisses des
(1)
autres secteurs.
Sources : Bank Al-Maghrib, AMMC et Maroclear.
La variation du TM à court terme peut être décomposée2 comme la somme des contributions des évolutions
i) des cotisations sociales-employeur (tcotis) ; ii) de la productivité apparente du travail, mesurée comme
le rapport entre la valeur ajoutée en termes réels (VA réelle3) et l’emploi des SNF ; iii) des salaires réels
(W/Pc) ; et iv) du ratio du prix de la valeur ajoutée (Pva) à celui de la consommation (Pc), qui traduit notamment
les évolutions des termes de l’échange. A cela s’ajoute un élément résiduel couvrant les impôts acquittés et
les subventions reçues par les entreprises.
EBE Emploi W PC
TM = = 1 - (1 + tcotis) x x + autres facteurs (impôts, subventions, ...)
VA VA réelle Pc Pva
Au Maroc, selon les données des comptes nationaux, le taux de marge des SNF s’est inscrit en augmentation
depuis 2020 pour atteindre 64,0% en 2023, en hausse de 5,5 points de pourcentage (pp) par rapport à sa
moyenne d’avant-crise de la Covid-19 (2014-2019). Au cours de la même période, la part de la rémunération
des salariés dans la VA des SNF a connu une baisse pour se situer à 34,7% en 2023, au lieu d’une moyenne
de 40,1%.
1
Il est égal à la valeur ajoutée, diminuée de la rémunération des salariés (« salaires et traitements bruts » + « cotisations sociales à la charge des
employeurs »), des autres impôts sur la production et augmentée des subventions d’exploitation.
2
Patier B., Virely, B. « Le taux de marge des entreprises s’équilibrerait à un niveau plus bas qu’avant-crise », INSEE décembre 2017.
3
En raison de l’indisponibilité du déflateur de la VA des SNF, la VA nominale est déflatée par le déflateur de la VA totale de l’économie calculé à partir
des comptes nationaux du HCP.
152
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Graphique E.[Link] : Taux de marge des SNF Graphique E.[Link] : Evolution de la VA, des
(en %) salaires et de l’EBE (Indice 100=2019)
64,0
63,1
61,5
60,8 130,3
59,3 59,2
58,6 58,6 115,6
58,2 120,6
57,1 103,7
100,0 91,8 108,5
99,8 102,8
89,4 92,5 95,4
86,3
2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2019 2020 2021 2022 2023
Tableau E.[Link] : Décomposition comptable des variations du taux de marge des SNF
Moyenne
2015-2019 2020-2023
Autres éléments y compris les impôts nets des subventions sur la production 0,0 0,0
Sources : Comptes non financiers des SNF publiés par le HCP et calculs de Bank Al-Maghrib.
L’examen de l’évolution de l’investissement des SNF, tel qu’il ressort des comptes nationaux, montre qu’il
n’a pas bénéficié de l’amélioration du taux de marge. En effet, son ratio à la VA est revenu de 35,2% en
moyenne sur la période 2014-2019 à 30,3% en 2023, ce qui pourrait s’expliquer par une politique prudente
de renouvellement des capacités productives dans un contexte d’incertitudes. La mise en place de la
nouvelle charte de l’investissement, ainsi que le lancement de grands chantiers d’infrastructure pourraient
toutefois inverser cette dynamique.
153
Gouvernance et
réalisation des
missions de la Banque
Partie
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Sur le plan de la conduite monétaire, après une orientation restrictive lors de l’épisode inflationniste
de 2022-2023, et avec le retour de l’inflation à des niveaux en ligne avec l’objectif de stabilité des
prix, Bank Al-Maghrib a décidé d’entamer un assouplissement graduel. Elle a ainsi réduit son taux
directeur à deux reprises, en juin et en décembre, de 25 points de base chacune, le ramenant à
2,50%. Dans un contexte national marqué par la mise en œuvre de chantiers sociaux d’envergure
et de nombreux projets d’infrastructure, cet assouplissement visait à soutenir la reprise de
l’activité et à faciliter le financement de l’économie. Outre la baisse des taux, la Banque a continué à
satisfaire l’intégralité des demandes de liquidités exprimées par les banques à travers ses injections
hebdomadaires et ses programmes de refinancement à plus long terme.
S’agissant de la réforme du régime de change, elle se déroule dans de bonnes conditions. En effet,
le dirham a évolué tout au long de l’année à l’intérieur de la bande de fluctuation sans intervention
et les évaluations trimestrielles menées par les services de la Banque indiquent toujours que la
valeur de la monnaie nationale restait globalement en ligne avec les fondamentaux de l’économie.
De même, l’approfondissement du marché s’est poursuivi avec des volumes importants d’échange
sur le marché interbancaire et des opérations de couverture.
En matière de supervision bancaire, la Banque a continué de porter, selon une approche proactive,
une attention particulière à l’évolution du risque de crédit. Elle a conduit l’exercice annuel de stress
test et a poursuivi, sur le plan de la réglementation prudentielle, la transposition des normes de
Bâle III en matière de liquidité. Dans une démarche d’amélioration permanente de ses outils de
supervision, elle a déployé un nouveau dispositif d’évaluation prudentielle « Supervisory Review
and Evaluation Process » qui a été mené sur un panel élargi de banques systémiques et non
systémiques. L’année a été, en outre, marquée par la mise en place de plusieurs mesures et actions
visant le renforcement de la protection de la clientèle.
157
Gouvernance et réalisation des missions de la Banque
Au niveau macroprudentiel, Bank Al-Maghrib, en coordination avec les autres membres du Comité
de Coordination et de Surveillance des Risques Systémiques, a continué son suivi étroit des risques
pesant sur le système financier. Les évaluations réalisées, à cet égard, font ressortir la résilience et
la solidité du système financier national en dépit d’un contexte international difficile et incertain.
Par ailleurs, Bank Al-Maghrib a mené, avec des partenaires nationaux et internationaux,
plusieurs initiatives en faveur de l’amélioration de l’accès aux services financiers ainsi que
pour l’autonomisation économique de la femme particulièrement en milieu rural et a lancé, en
collaboration avec le Ministère en charge des finances, les travaux préparatoires de la deuxième
phase de la Stratégie Nationale d’Inclusion Financière.
Sur un autre registre, après la sortie du Maroc des listes grises du GAFI et de l’Union européenne
en 2023, plusieurs chantiers ont été engagés en vue de maintenir le Momentum et préparer
l’évaluation mutuelle dans le cadre du troisième cycle d’évaluation du GAFIMOAN. A ce titre, la
Banque a contribué avec les autres autorités concernées à la préparation de la Stratégie Nationale
en matière de LBC/FT couvrant la période 2024-2028. Celle-ci porte sur le renforcement des
capacités des autorités de supervision et de contrôle dans les secteurs aussi bien financier que
non financier et sur le suivi des risques liés à la digitalisation des services financiers. En outre,
158
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Sur le plan du capital humain, l’année a été marquée par le lancement de plusieurs chantiers
structurants pour répondre à l’évolution des métiers de la Banque et à l’aspiration de ses agents.
Ainsi, une nouvelle politique de bien-être au travail a été conçue au service d’un engagement
indéfectible et d’une performance renforcée, confirmant le rôle et la place de la dimension du bien-
être au travail comme l’une des priorités majeures de sa politique RH. De même, le dispositif de
gestion de carrière a été revu afin d’offrir davantage d’opportunités de développement de carrière
et diversifier les parcours et les trajectoires. D’autres mesures de cette démarche d’amélioration
ont concerné notamment la promotion de la marque employeur de la Banque et la diversification
des canaux de recrutement, la mise en place d’une offre de formation large et variée ainsi que la
poursuite de son engagement au profit de l’égalité professionnelle Femmes/Hommes.
159
Gouvernance et réalisation des missions de la Banque
CONSEIL DE LA BANQUE
Comité de pilotage des régimes
de retraite et de prévoyance sociale
• Comité de Direction
• Comité de Direction Restreint
• Comité Monétaire et Financier
WALI
• Comité Stabilité Financière
DOMAINE
DOMAINE POLITIQUE DOMAINE STABILITÉ DOMAINE FIDUCIAIRE COMMUNICATION
ET RELATIONS DOMAINE SUPPORT
MONÉTAIRE FINANCIÈRE ET RÉSEAU
INSTITUTIONNELLES
Département Surveillance
Direction Risques,
Direction Opérations des Systèmes et Moyens Direction Fiduciaire
Département Musées Direction Financière Conformité
Monétaires et de Change de Paiement et Présence de Place
et Cybersécurité
Département Département
Département Stratégie,
Département Surveillance Coopération Direction Système
Transformation
Recherche Macroprudentielle et Relations d’Information
et Innovation
Institutionnelles
Département
Direction Statistiques Inclusion Financière Direction Immobilier
Département Juridique
et Gestion des Données et Développement et Logistique
Durable
Direction Achats
Département Sûreté
et Sécurité
160
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Pour faciliter le déploiement de son plan stratégique 2024-2028 et réussir la mise en œuvre de ses chantiers
structurels, Bank Al-Maghrib a procédé en 2024 à une revue de son organisation et de sa gouvernance.
Celle-ci a concerné les entités centrales, les activités de gouvernance et les comités de gestion interne ainsi
que le réseau de la Banque.
Approche adoptée
La réorganisation de la Banque a été menée selon une approche (i) holistique, couvrant les différents axes,
à savoir la culture, les structures, la gouvernance et les processus ; (ii) participative, associant les différentes
entités de la Banque pour un diagnostic partagé et une conception concertée ; et (iii) agile, avec plusieurs
itérations de conception de scénarii cibles et de validation. En plus des priorités définies par les objectifs
stratégiques, la revue de l’organisation s’est inspirée des meilleures pratiques en la matière tout en tenant
compte des spécificités propres à la Banque.
Tout en préservant la structure actuelle, la revue de l’organisation a pour objectifs : (i) l’adaptation aux défis
et changements constants du contexte national et international liés notamment à l’essor des technologies
numériques, aux chocs climatiques ainsi qu’aux évolutions du paysage géoéconomique ; (ii) l’appui aux
activités de la Banque en développement et celles à fortes ambitions stratégiques ; et (iii) l’accompagnement
des nouveaux dispositifs RH et du programme de bien-être au travail.
Concernant le réseau de la Banque, la réorganisation vise : (i) le renforcement des actions de présence et
d’animation de place pour consolider le rôle de la Banque au niveau régional ; (ii) l’adaptation des missions
et des structures aux besoins et aux niveaux d’activités spécifiques à chaque région ; et (iii) la séparation du
pilotage du cash cycle des activités fiduciaires opérationnelles.
Au niveau de la gouvernance
Les activités de gouvernance et les comités de gestion interne ont été revus pour rehausser leur efficacité
et optimiser leur fonctionnement tout en mettant l’accent sur le renforcement de la coordination et la
collaboration inter-entités et ce, à travers :
• La création de l’ « Office de coordination de la gouvernance », chargé d’assurer les activités en lien avec
la politique de gouvernance de la Banque et le fonctionnement de ses organes d’administration et de
gestion, ainsi que l’évaluation, le suivi et l’amélioration continue de son dispositif de transparence ;
• La revue du fonctionnement des Comités existants « Coordination et Gestion Interne », « Risques et
Conformité » et « Données et Statistiques » ;
• La création du Comité « Cybersécurité » chargé d’examiner et de valider la stratégie cybersécurité et
d’assurer le suivi de la mise en œuvre de la feuille de route y afférente ; et
• La création d’un Comité « Paiements » chargé d’examiner les questions en lien avec la promotion des
paiements numériques et la réduction de l’usage du cash.
161
Gouvernance et réalisation des missions de la Banque
162
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
CONSEIL WALI
Ces membres sont nommés pour une période de six ans, non renouvelable. Le Directeur du Trésor
et des Finances Extérieures, relevant du ministère chargé des finances, siège au Conseil en qualité
de membre d’office, mais n’a pas le droit de vote pour les décisions de politique monétaire.
Le Conseil se réunit au moins une fois par trimestre, selon un calendrier préétabli et rendu public. Il
définit l’orientation de la politique monétaire sur la base des analyses et des projections élaborées
par les services de la Banque. A l’issue de chacune de ses réunions, un communiqué de presse est
immédiatement publié, explicitant les décisions du Conseil et leurs fondements et une conférence
163
Gouvernance et réalisation des missions de la Banque
de presse, diffusée en direct, est tenue par le Wali. Le règlement intérieur du Conseil précise les
modalités selon lesquelles les décisions de politique monétaire sont rendues publiques. Il est
disponible sur le site internet de la Banque.
Le Conseil définit les règles générales de gestion des réserves de change et assure le suivi des
résultats y afférents. Il arrête également les caractéristiques des billets et des monnaies métalliques
émis par la Banque et décide de leur mise en circulation et de leur retrait selon les dispositions
réglementaires prévues en la matière. Le Conseil est, en outre, en charge de l’administration de la
Banque, en particulier pour les aspects relevant de la politique générale, de la gestion financière et
de la comptabilité ainsi que de l’organisation. Il peut également décider de l’ensemble des mesures
pouvant être mises en œuvre dans des situations exceptionnelles ou d’urgence et fixer tout autre
instrument d’intervention sur le marché monétaire ou de change, autre que ceux prévus par la loi.
• Le Comité d’audit a pour mission d’examiner et de donner un avis sur les questions relatives
à l’information comptable, à l’audit interne et externe, au contrôle interne et à la maîtrise des
risques. Il est composé de trois membres, choisis parmi les six membres désignés du Conseil, et
se réunit quatre fois par an et ce, dix jours avant les réunions du Conseil. Une charte, approuvée
par le Conseil, définit les rôles, les responsabilités et les modalités de fonctionnement du
Comité d’audit lesquels sont précisés dans un règlement intérieur. Les membres désignés
en 2020 sont M. Mustapha Moussaoui, en qualité de Président, Mme Mouna Cherkaoui et M.
Fathallah Oualalou. Le secrétariat du Comité est assuré par le responsable de la Direction en
charge de l’audit interne.
• Le Comité de pilotage des régimes de retraite et de prévoyance sociale a pour mission
de piloter les régimes internes de retraite et de couverture médicale des agents de la Banque
et d’assurer le suivi de leur gestion technique et financière. Il est présidé par un membre du
Conseil et est composé des responsables des entités en charge des finances, des ressources
humaines et des opérations monétaires et de change ainsi que de deux représentants du
personnel. Ses modalités de fonctionnement sont fixées par une charte approuvée par le
Conseil. La présidence du Comité est assurée, depuis 2020, par Mme Najat El Mekkaoui et le
secrétariat du Comité par le responsable de la Direction en charge des finances.
Conformément aux bonnes pratiques de gouvernance et tel que stipulé dans son règlement
intérieur, le Conseil de la Banque procède à une autoévaluation de son fonctionnement tous
les deux ans. Dans ce cadre, le Conseil a réalisé en 2024 un quatrième exercice d’autoévaluation
et a également fait l’objet, pour la première fois, d’une revue externe par les pairs. Les actions
d’amélioration ont été, dans l’ensemble, déployées et se sont traduits par une mise à jour du
règlement intérieur du Conseil.
164
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
• Comité Monétaire et Financier (CMF) pour les domaines en lien avec la politique monétaire,
la politique de change, la gestion des réserves de change, la supervision bancaire, la stabilité
financière, les systèmes et moyens de paiement, l’inclusion financière, la recherche et les
enquêtes et statistiques. Il se réunit mensuellement selon un calendrier préétabli. Une fois par
trimestre, ce Comité est précédé d’une réunion du Pré-CMF, présidée par le Directeur Général,
pour procéder à un examen préalable des projections macro-économiques de la Banque.
L’équipe de prévision relevant de la Direction en charge des études économiques participe
aux réunions du Pré-CMF et du CMF.
• Comité Stabilité Financière (CSF) qui se réunit semestriellement, selon un calendrier
préétabli. Il a pour attributions d’évaluer les risques et menaces pesant sur la stabilité financière
et d’examiner les mesures visant leur atténuation. Ses réunions précèdent celles du Comité de
coordination et de surveillance des risques systémiques institué.
Cinq autres comités présidés par le Directeur Général interviennent dans des domaines
d’activité précis, et dont les décisions sont soumises à l’approbation du Wali :
• Le Comité de Coordination et de Gestion Interne (CCGI) est chargé d’examiner les questions
de gestion interne nécessitant une concertation inter-entités, de suivre les travaux de définition
et de mise en œuvre de la stratégie de la Banque et d’arrêter les politiques spécifiques à
différents domaines d’activité. Il veille également à l’examen des risques et des alertes liés à la
réalisation des projets à fort impact, ainsi qu’au budget de la Banque.
• Le Comité Risques et Conformité (CRC) a pour attributions d’examiner, de valider et de
suivre le déploiement des politiques de gestion des risques et de conformité, ainsi que les
dispositifs de résilience des activités de gestion de crise et d’éthique.
• Le Comité Données et Statistiques (CDS) est chargé d’examiner et de valider les décisions en
lien avec la stratégie Data et statistiques de la Banque et de suivre le déploiement de la feuille
de route y afférente. Il est également chargé d’examiner et d’approuver les opportunités
165
Gouvernance et réalisation des missions de la Banque
relatives aux nouveaux chantiers data, aux besoins en données, aux projets d’exploration et
d’analyse avancée des données, ainsi que celles relatives au partenariat avec les organismes
nationaux ou internationaux.
• Le Comité Cybersécurité (CC) a pour attribution d’examiner et d’approuver la stratégie
cybersécurité, et de suivre la mise en œuvre de la feuille de route y afférente, tout en s’assurant
de son alignement avec les orientations stratégiques de la Banque ainsi qu’avec la stratégie
nationale en la matière.
• Le Comité Paiements (CP) est chargé d’examiner les questions en lien avec les paiements
numériques et les cryptoactifs. A ce titre, il suit le déploiement de la stratégie nationale des
paiements numériques, développe la réflexion sur la mise en place d’une monnaie digitale
de banque centrale, examine les mesures de réduction de l’usage du cash et assure le suivi
de l’intégration des systèmes de paiement nationaux aux plateformes et infrastructures
régionales et internationales. Il veille également au suivi des actions de maîtrise des risques
et de traitement des vulnérabilités associées aux systèmes de paiement et aux moyens de
paiement électronique.
Organes de contrôle
Le Commissaire du Gouvernement contrôle pour le compte de l’Etat et au nom du Ministre chargé
des finances, la régularité des opérations financières de la Banque au regard des dispositions
légales et réglementaires qui leur sont applicables. Il assiste, avec voix consultative, aux séances
du Conseil et fait toute proposition qu’il estime utile.
Les comptes de Bank Al-Maghrib sont, en vertu des dispositions de l’article 43 de la Loi 40-17
portant son Statut, soumis à un audit annuel réalisé sous la responsabilité d’un auditeur externe
qui certifie que les états de synthèse de la Banque donnent une image fidèle de son patrimoine,
de sa situation financière et de ses résultats et apprécie ses dispositifs de contrôle interne. Il établit
un rapport d’audit qui est communiqué au Commissaire du Gouvernement et aux membres du
Conseil, au plus tard cinq mois après la clôture de l’exercice. Ce dernier désigne l’auditeur externe
après examen par le Comité d’audit du processus de sa sélection. L’audit légal est effectué selon
les normes de la profession au Maroc qui sont largement inspirées des normes internationales
d’audit (ISA).
L’audit externe est régi par une instruction interne qui définit les critères de sélection ci-après :
(i) ne pas être en situation d’autocontrôle, eu égard à la réglementation de la profession comptable
(OEC Maroc et IFAC 2009) ; (ii) appartenir à un réseau international d’audit financier de
renom ; (iii) avoir conduit des missions de commissariat aux comptes au sein de banques centrales
directement ou via son réseau international ; (iv) justifier d’une bonne stabilité financière ; et (v)
être indépendant vis-à-vis de Bank Al-Maghrib. S’agissant de l’équipe de l’auditeur externe, elle doit
être pluridisciplinaire, disposer des qualifications requises et justifier d’une expérience probante
dans les domaines bancaire et financier.
166
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Ladite instruction fixe également les critères ci-après, permettant de s’assurer de l’indépendance
du Commissaire aux comptes : (i) interdiction pour l’auditeur externe de réaliser, pour le compte
de la Banque, des prestations de Conseil ; (ii) importance de ses honoraires par rapport à son
chiffre d’affaires global ; (iii) absence de lien de subordination ou d’intérêt de quelque nature que
ce soit avec Bank Al-Maghrib ou d’un rapport de parenté ou d’alliance avec les membres de son
Conseil et de ses dirigeants.
La Banque examine les situations de conflits d’intérêts avant de les soumettre pour appréciation au
Comité d’audit. Par ailleurs, le Commissaire aux comptes fournit annuellement au Comité d’audit
une attestation confirmant son indépendance à l’égard de la Banque. Le Comité d’audit examine le
plan annuel de son intervention et sa bonne articulation avec les travaux de l’audit interne et prend
connaissance des conclusions de sa mission.
Le cabinet Deloitte est désigné depuis 2021 en tant que Commissaire aux comptes de la Banque
pour un mandat de six ans non renouvelable.
La Banque est soumise au contrôle de la Cour des Comptes. Elle lui adresse annuellement dans
les formes prévues par la législation en vigueur, ses documents comptables ainsi que ceux des
organismes de retraite et de prévoyance sociale de son personnel. Elle lui communique également
les extraits des procès-verbaux du Conseil relatifs à son budget et à son patrimoine, accompagnés
de copies des rapports des auditeurs externes.
Enfin, le Wali peut être auditionné par les commissions permanentes chargées des finances du
Parlement, à leur initiative, sur les missions de la Banque et ce, conformément au principe de
reddition des comptes consacré par la Constitution.
Comité d’audit
Au cours de l’année 2024, le Comité d’audit a examiné les comptes annuels de la Banque arrêtés au
31 décembre 2023 et a recommandé leur approbation au Conseil de la Banque. Il s’est, en outre,
assuré de l’indépendance du Commissaire aux comptes (CAC) conformément aux dispositions
réglementaires en vigueur et a passé en revue le plan d’intervention de ce dernier pour l’exercice
2024. Dans ce sens, il s’est enquis de l’approche de contrôle du CAC, de l’étendue de ses travaux et
de sa capacité à appréhender les enjeux liés aux activités de la Banque ainsi que du dispositif de
coordination avec l’audit interne.
Le Comité a, par ailleurs, pris connaissance des principales conclusions du rapport sur le Système
de Contrôle Interne (SCI) de la Banque au titre de l’année 2023, notamment l’évaluation du niveau
de sa maturité et de ses différentes composantes.
167
Gouvernance et réalisation des missions de la Banque
Il a également passé en revue les résultats des dispositifs de maîtrise des risques opérationnels,
de réputation, financiers et stratégiques pour l’année 2024 et a donné son avis sur le programme
annuel de l’audit interne au titre de l’année 2025, préalablement à son approbation par le Conseil
de la Banque. Il a, en outre, examiné l’état d’avancement de ses recommandations qui ont
principalement porté sur le processus de gestion des risques, les comptes annuels, le rapport sur
le SCI et l’audit interne. Ainsi, sur un total de douze recommandations au titre de 2024, sept ont été
réalisées et cinq sont en cours de finalisation.
Dans une démarche d’alignement avec les standards édictés par le Code de Transparence
des Banques Centrales (CTBC) du FMI, Bank Al-Maghrib a poursuivi la mise en œuvre des
recommandations issues de l’évaluation de son cadre de transparence réalisée en 2022 par le FMI.
Plusieurs travaux ont été engagés dans ce cadre en 2024, notamment la préparation de documents
pédagogiques visant à améliorer l’accessibilité et la compréhension des informations disponibles
sur le portail internet de la Banque
2.1.2 Stratégie
Depuis deux décennies, les activités de Bank Al-Maghrib sont encadrées par des plans stratégiques,
indiquant pour la période considérée la voie à suivre selon une vision claire et précise, déclinée en
objectifs stratégiques et en chantiers structurants.
Dans son plan quinquennal 2024-2028, la Banque s’est fixée comme vision d’être « une Banque
centrale engagée et innovante, au service de l’économie et du citoyen », qu’elle s’attèle à concrétiser
à travers deux orientations stratégiques :
168
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
A l’issue de la première année de son déploiement, d’importantes avancées ont été enregistrées
dans l’ensemble des domaines stratégiques.
169
Gouvernance et réalisation des missions de la Banque
• Poursuite des travaux de transposition des normes • Réalisation du bilan de la première phase de la
de Bâle III avec l’introduction de nouvelles exigences Stratégie Nationale d’Inclusion Financière (SNIF) et
en matière de gestion des liquidités ; identification des principaux défis à relever dans le
• Adaptation du cadre d’agrément, de régulation et cadre de la deuxième phase ;
de surveillance des conglomérats financiers, des • Déploiement d’une expérience pilote auprès
institutions de microfinance et des plateformes de de 100 femmes rurales autour d’un modèle
crowdfunding ; d’accompagnement centré sur les profils et besoins
• Préparation de la réforme du régime de spécifiques de cette population et élaboration d’un
résolution bancaire conformément aux guide destiné aux femmes entrepreneurs dans le
standards internationaux et soumission du milieu rural ;
projet d’amendement associé au Conseil du • Poursuite de la mise en place des actions d’éducation
Gouvernement en vue de son introduction dans financière et préparation du déploiement élargi des
le circuit législatif ; « Douar Tour » visant à renforcer les capacités de
• Renforcement de la surveillance des cyber-risques la population rurale en matière de prise de décision
dans le secteur financier ; financière ;
• Consolidation du cadre réglementaire et de • Adoption de la nouvelle loi sur les Bureaux
surveillance des risques climatiques ; d’Information sur le Crédit et lancement de
• Accompagnement de la digitalisation des services l’élaboration des textes réglementaires y afférents ;
financiers et renforcement du cadre de protection • Poursuite de la digitalisation et de la décentralisation
de la clientèle ; des Services d’Intérêts Communs, dans le but
• Publication d’une étude menée avec l’appui d’améliorer l’accès des citoyens aux informations
technique de la Banque mondiale sur les risques relatives aux comptes bancaires, aux incidents de
climatiques au niveau du secteur bancaire ; paiement et à la notation de crédit ;
• Analyse des interactions entre les politiques • Elaboration et mise en œuvre de la politique de
monétaire, budgétaire, fiscale et macroprudentielle ; présence de place.
• Suivi du déploiement des instruments
macroprudentiels, en particulier ceux relatifs au
secteur immobilier et aux ménages.
• Elaboration d’un projet de loi sur la surveillance des IMF et des émetteurs de moyens de paiement ;
• Préparation des cadres de régulation et de surveillance de la nouvelle Chambre de Compensation-
Contrepartie Centrale (CCP) du marché à terme ;
• Poursuite des actions ciblant le développement des paiements électroniques et la réduction de l’usage du
cash ;
• Mise en place d’un fonds de soutien des Fintech visant à promouvoir leur développement ;
• Elaboration d’un projet de loi encadrant les cryptoactifs et soumission aux parties prenantes concernées
en vue de son introduction dans le circuit d’adoption ;
• Poursuite de la réflexion autour de la Monnaie Digitale de Banque Centrale.
170
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Ressources
171
Gouvernance et réalisation des missions de la Banque
La maturité globale du SCI est restée élevée avec quatre de ses cinq composantes atteignant le
niveau de maturité cible. Cette performance est attribuable principalement à la concrétisation
de plusieurs initiatives visant à maintenir l’efficacité et l’efficience du système. L’auto-évaluation
du fonctionnement du Conseil de la Banque, la mise en œuvre des recommandations issues de
l’évaluation du cadre de transparence et de l’évaluation externe du dispositif de gestion des risques
constituent autant d’avancées ayant contribué à cette performance.
Audit interne
L’audit interne de Bank Al-Maghrib est une activité indépendante qui a pour mission de fournir une
assurance aux principales parties prenantes (Conseil, Comité d’audit et Wilaya de la Banque) quant
à la maîtrise des risques auxquels la Banque est exposée. Il vise à aider cette dernière à atteindre
ses objectifs et ce, en évaluant par une approche systématique et méthodique, ses processus de
maîtrise des risques, de contrôle interne et de gouvernance d’entreprise.
A ce titre, il planifie et réalise ses missions, selon une approche fondée sur les risques, portant sur un
plan d’audit qui couvre l’ensemble des entités, processus et activités de la Banque. La planification
annuelle des missions tient compte, en plus de l’analyse des risques, des enjeux stratégiques, de
la complémentarité des travaux avec ceux du commissaire aux comptes, du critère de cyclicité
ainsi que des attentes des parties prenantes précitées. Les missions d’audit visent en particulier
à évaluer la conformité des activités de la Banque aux lois, règlements et procédures en vigueur,
leur efficacité et leur efficience au regard des objectifs qui leur sont assignés, ainsi que la fiabilité
et la sécurité de l’information.
Le programme d’audit de l’année 2024 a été ainsi adapté pour tenir compte des nouveaux risques
induits par le déploiement du plan stratégique 2024-2028.
1
Committee of Sponsoring Organizations of the Treadway Commission (COSO).
2
Environnement de contrôle, Evaluation des risques, Activités de contrôle, Information et Pilotage.
172
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Tableau 2.1.2 : Principaux processus ayant fait l’objet de mission d’audit en 2024
Processus « Management » Processus « Métiers » Processus « Support »
Risques opérationnels2
Outre la révision globale de la cartographie des risques, un focus a été mis sur les risques liés
aux parties tierces susceptibles d’affecter la résilience et les missions de la Banque. En parallèle,
un suivi de l’évolution des risques majeurs a été assuré avec un renforcement des dispositifs de
contrôle, en particulier pour les risques liés à : (i) la cybersécurité, en raison de la multiplication
des cyberattaques à l’échelle nationale et internationale ; (ii) les prévisions macroéconomiques,
entourées par les incertitudes économiques, géopolitiques et climatiques ; et (iii) le volume de la
circulation fiduciaire qui a poursuivi sa tendance haussière en dépit des efforts de la Banque pour
le développement des autres moyens de paiement.
Risques financiers3
Un comité dédié, relevant du Comité Monétaire et Financier, assure le suivi régulier des indicateurs4
relatifs aux risques financiers et des actions mises en œuvre pour leur maîtrise.
Risque de réputation5
Compte tenu de son caractère multidimensionnel, le risque de réputation a fait l’objet d’une
analyse approfondie en 2024 avec plusieurs actions entreprises, notamment :
1
e risque stratégique est le risque pouvant entraver l’atteinte des objectifs stratégiques de la Banque, ou résulter de leur mise en œuvre.
L
2
Les risques opérationnels sont classés en plusieurs catégories : humain, organisationnel, opératoire, système d’information et exogène. Chaque entité
de la Banque dispose d’un Risk Manager chargé d’évaluer les risques propres à son périmètre et d’assurer la mise en œuvre des actions d’atténuation
des risques. Une structure centrale veille à l’accompagnement méthodologique et au reporting consolidé.
3
Les risques financiers couvrent le risque de crédit, de marché, de liquidité ainsi que ceux relatifs à la gestion des fonds sociaux et des fonds propres.
4
Les risques financiers inhérents à la gestion des réserves de change sont détaillés au niveau de la partie « 3.2.8 Dispositif de gestion des risques
financiers ».
5
Le risque de réputation est lié à une opinion ou une perception négative de l’efficacité de la Banque, par ses différentes parties prenantes externes ou
internes. Il peut également découler d’une gestion inadéquate des risques stratégiques, opérationnels ou financiers.
173
Gouvernance et réalisation des missions de la Banque
• Un suivi rapproché des risques à criticité moyenne liés aux activités cœur de métier de la
Banque pouvant avoir un fort impact sur son image ;
• Une surveillance mensuelle du score image de la Banque dans les médias ;
• Une campagne de sensibilisation aux risques de corruption, ciblant toutes les fonctions
exposées ;
• La mise en place d’un dispositif de consultation des parties prenantes dans le cadre du nouveau
plan stratégique 2024-2028.
La Banque a également revu son dispositif de continuité des activités, accordant une attention
particulière à la gestion des stocks de monnaie fiduciaire. Parallèlement, elle a poursuivi, en
collaboration avec les autres autorités financières, les établissements bancaires et les infrastructures
du marché financier, la mise en œuvre de la feuille de route relative à la coordination de la continuité
d’activité. Le référentiel des menaces opérationnelles majeures a ainsi été actualisé afin d’intégrer
les événements récents, tant au niveau national qu’international, ainsi que les risques émergents
propres au secteur financier.
Ethique
Le dispositif éthique de la Banque repose sur deux codes de déontologie, l’un applicable aux
membres de son Conseil, et l’autre à l’ensemble de ses agents. Il comprend également des règles
spécifiques pour certaines fonctions à forte sensibilité éthique (achats, audit interne, prestataires
externes) et une alerte éthique permettant aux agents et aux partenaires externes de la Banque
de signaler tout comportement non conforme aux règles de bonne conduite. Ce dispositif a été
renforcé par la mise en place d’un système de management anti-corruption certifié, depuis 2019,
à la norme ISO 37001.
En 2024, la Banque a révisé ses codes de déontologie et sa politique anticorruption pour tenir
compte de l’évolution des contextes national et international et pour intégrer les opportunités
d’amélioration identifiées au cours du déploiement des versions précédentes. A cette occasion,
1
Loi 05-20 relative à la cybersécurité et de la Directive Nationale de Sécurité des Systèmes d’Information.
174
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
la signature de l’engagement à respecter leurs dispositions a été renouvelée par les membres du
Conseil, la Wilaya de la Banque ainsi que par l’ensemble de ses agents. Elle a été accompagnée par
des actions de sensibilisation à l’échelle de la Banque pour permettre une bonne compréhension
des nouvelles dispositions éthiques.
Systèmes de management
L’année 2024 a été marquée par les travaux préparatoires au renouvellement de certification
des cinq systèmes de management adoptés par la Banque1. A cet effet, deux instructions
consolidant les engagements de la Banque en matière de qualité, de santé et sécurité au travail et
d’environnement ont été élaborées. Une campagne d’audits internes couvrant plusieurs entités et
processus a été réalisée afin d’identifier les écarts et de mettre en œuvre les axes d’amélioration.
L’audit de certification, effectué en octobre 2024 par un cabinet international spécialisé, a émis un
avis favorable à la certification de l’ensemble des systèmes de management de la Banque selon les
normes internationales en vigueur.
Parallèlement, la Banque a poursuivi ses efforts en matière de lutte contre la corruption, déployant
un programme de formation ciblé destiné aux fonctions exposées. Sur le plan sectoriel, la mise en
œuvre des actions prévues dans la feuille de route y afférente s’est poursuivie conformément aux
dispositions de la Convention de Coopération Anti-corruption dans le Secteur Financier2.
Conformité
En matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/
FT), Bank Al-Maghrib a poursuivi la revue périodique de son dispositif interne à travers la mise à
jour des règles relatives : (i) à l’identification des bénéficiaires effectifs des personnes morales et
constructions juridiques créées au Maroc ; (ii) aux mesures de vigilance à l’égard de la clientèle et
des opérations en provenance ou à destination des pays présentant un niveau de risque élevé ; et
(iii) au traitement des demandes d’investigation ordonnées par la Commission nationale chargée
de l’application des sanctions prévues par les Résolutions du Conseil de Sécurité des Nations unies
relatives au terrorisme, à la prolifération des armes et à leur financement.
La Banque a également révisé les modèles de conventions de comptes scellant ses rapports avec
la clientèle, en y intégrant les obligations de communication des documents nécessaires à la mise
en œuvre du devoir de vigilance à l’égard des clients et des opérations et de l’utilisation licite des
comptes, conformément à la nature déclarée de chaque relation d’affaires.
175
Gouvernance et réalisation des missions de la Banque
Sur le plan de la protection des données à caractère personnel, les actions de concertation engagées
avec la CNDP ont permis d’intégrer les principes de protection des données et de la vie privée dans
les projets de développement digital menés par la Banque. Consciente de l’importance de l’usage
de la solution de tiers de confiance national de la DGSN pour la digitalisation de certains services et
activités, celle-ci a signé, en outre, un protocole d’accord pour une habilitation à l’exploitation des
fonctionnalités techniques offertes par la CNIE. Elle a également assuré l’analyse préalable de la
conformité des projets digitaux aux règles de protection de la vie privée, de confiance numérique
et de cybersécurité, selon l’approche « privacy by design ».
Elle a ainsi poursuivi ses efforts en vue de renforcer ses instances de gouvernance, son cadre
de transparence ainsi que son dispositif de gestion du cyber-risque. Elle a également œuvré à
améliorer la prise en compte au sein de l’écosystème financier des enjeux RSE liés principalement
à la sécurité financière, la cybersécurité et la protection de la clientèle.
Dans le cadre des orientations de l’axe économique de sa politique RSE et de son engagement à
promouvoir la recherche dans les domaines économiques et financiers, Bank Al-Maghrib a lancé
la seconde édition du «Prix Bank Al-Maghrib pour la recherche économique et financière». Elle a
également renforcé sa présence de place à travers un programme riche et diversifié en matière
d’éducation économique et financière et d’activités culturelles au profit du milieu académique, des
entrepreneurs et des établissements scolaires.
Dans le cadre de son engagement environnemental, Bank Al-Maghrib a poursuivi les actions visant
à renforcer la résilience du secteur bancaire face aux risques climatiques, et s’est mobilisée aux
côtés des acteurs de l’écosystème financier pour définir la nouvelle stratégie de finance climat à
l’horizon 2030.
176
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Sur le plan interne, de nouveaux chantiers ont été initiés pour évaluer l’empreinte carbone des
portefeuilles d’investissement de la Banque, à travers la mise en place d’un cadre aligné sur les
standards en la matière. Afin de réduire ses émissions de gaz à effet de serre, la Banque a réalisé
des audits énergétiques au niveau de ses principaux sites énergivores et lancé un programme de
mise en place d’installations photovoltaïques. Elle a également poursuivi la mise en œuvre de son
programme de gestion responsable de l’eau qui comprend des actions de réaménagement des
espaces verts, de mise à niveau des réseaux de distribution d’eau et de raccordement progressif
de ses sites au réseau de distribution des eaux usées traitées.
Par ailleurs, dans le but de renforcer l’engagement sociétal de ses agents, la Banque a instauré un
dispositif de mécénat de compétences qui leur permet de mobiliser leur savoir-faire au service de
projets d’intérêt général. Plusieurs missions, définies en partenariat avec des associations œuvrant
au développement du milieu rural et au soutien des personnes en situation de handicap, ont ainsi
été réalisées dans le cadre de la phase pilote de déploiement de ce dispositif.
Le processus d’élaboration et d’exécution budgétaires au sein de la Banque est régi par une charte
qui définit les rôles et les responsabilités des différents acteurs impliqués et en fixe les principes,
tels que l’alignement à la stratégie, la bonne gestion financière, l’universalité, la cohérence des
informations comptables et budgétaires, l’unité, la sincérité, l’annualité, la spécialisation des
exercices et la fongibilité budgétaire. À cet effet, lors de l’élaboration de son budget, la Banque
veille scrupuleusement au respect des règles suivantes : (i) le financement des moyens nécessaires
pour réaliser ses objectifs, afin de mener à bien ses missions ; (ii) l’optimisation des charges ; (iii)
l’adéquation des ressources au regard des priorités stratégiques et des exigences d’efficience et
de conformité ; et (iv) la détermination de ses investissements dans une logique de rationalisation.
177
Gouvernance et réalisation des missions de la Banque
Le processus budgétaire a été marqué en 2024 par la revue de l’instruction portant sur la charte
du processus budgétaire en vue de formaliser l’ensemble des améliorations qui lui ont été
apportées. Il s’agit de la formalisation de certaines pratiques, du renforcement des rôles et des
responsabilités des acteurs et de la matérialisation de la nouvelle articulation de la chaîne de
valeur du processus. Celle-ci s’est traduite par la mise en place d’un comité opérationnel chargé de
l’examen des documents relatifs aux nouvelles lignes d’investissement et de comités Opportunités
dédiées à la validation des projets d’investissements préalablement à leur soumission au CCGI
« Investissements ».
Ce processus est également encadré par un calendrier budgétaire précis et rigoureusement établi.
Ainsi, les travaux démarrent dès le mois de juin avec la phase de cadrage qui permet de fixer le
taux d’évolution prévisionnel des budgets de la Banque. Durant le mois d’octobre, le CCGI valide la
pertinence des dépenses de fonctionnement liées aux prestations de services et aux événements
ainsi que les budgets alloués aux nouveaux investissements et leurs répartitions triennales. Au
terme de ce processus, et en vertu des dispositions statutaires, le Conseil de la Banque approuve,
lors de sa session de décembre, le budget annuel.
178
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
L’année a été marquée également par la persistance de fortes incertitudes en lien, au niveau
international, avec les implications des tensions géopolitiques et les conflits en Ukraine et au
Moyen-Orient, ainsi qu’avec la tenue d’élections dans un grand nombre de pays et au plan national,
avec les conditions climatiques et l’issue des négociations sociales.
S’agissant de l’activité économique, alors que la production agricole continuait de pâtir du stress
hydrique et de la récurrence des sécheresses, la croissance non agricole affichait une amélioration
graduelle qui devrait se poursuivre à la faveur notamment de l’élan attendu de l’investissement.
Dans ce contexte, et afin de soutenir la reprise économique, Bank Al-Maghrib a décidé d’assouplir
sa politique monétaire, mais en optant pour une approche graduelle, fondant ses décisions
réunion par réunion sur la base des données les plus actualisées. Ainsi, après avoir maintenu son
taux directeur inchangé pendant quatre réunions successives, soit de juin 2023 à mars 2024, elle
a décidé de le réduire à deux reprises, en juin et en décembre, de 25 points de base chacune, le
ramenant ainsi à 2,50%.
Sur le marché de change, le dirham a continué d’évoluer à l’intérieur de la bande de fluctuation sans
intervention de Bank Al-Maghrib et ce, dans une conjoncture marquée par un niveau bas du déficit
du compte courant et par le renforcement des réserves de change. Pour ce qui est du volume
des transactions, quoiqu’en baisse, il est resté relativement important, totalisant 551 milliards de
dirhams sur le marché interbancaire et 226,5 milliards pour les opérations de couverture.
179
Gouvernance et réalisation des missions de la Banque
Au plan national, les prévisions tablaient sur un retour de l’inflation à des niveaux autour de
2%. Toutefois, les anticipations des experts du secteur financier, bien qu’en tendance baissière,
demeuraient relativement élevées, s’établissant en moyenne à 3,4% pour l’horizon de huit
trimestres.
Pour ce qui est de la croissance économique, elle devait se limiter à 2,1% en 2024, au lieu de 2,8% en
2023, avant de s’accélérer à 4,3% en 2025. Le rythme des activités non agricoles devait s’améliorer
graduellement à 3% en 2024 puis à 3,5% en 2025, soutenu notamment par l’augmentation
des investissements que laissaient présager les différents chantiers engagés ou programmés.
En revanche, au regard du faible niveau des précipitations, la valeur ajoutée agricole devait se
contracter de 6,4% en 2024, avec un repli de la production céréalière, prévue par Bank Al-Maghrib
autour de 25 millions de quintaux (MQx), avant de rebondir de 12,8% en 2025, sous l’hypothèse
d’une récolte céréalière moyenne de 55 MQx1.
Sur le plan des équilibres macroéconomiques, le déficit du compte courant devait se creuser à
2,3% du PIB en 2024 puis à 2,8% en 2025, en lien principalement avec la hausse des importations
de produits alimentaires et de biens d’équipement. Les avoirs officiels de réserve devaient se
stabiliser en 2024 avant de se renforcer en 2025 à un montant équivalent à 5 mois et 5 jours
d’importations de biens et services. Pour sa part, le déficit budgétaire devait s’établir à 4,6% du PIB
en 2024 puis s’atténuer à 4% en 2025. Cette évolution recouvrait en particulier les progressions
attendues des rentrées fiscales et de celles provenant des mécanismes de financement innovants
ainsi que le repli de la charge de compensation en relation avec le démarrage programmé à partir
de 2024 de la réduction graduelle des subventions au gaz butane.
Cela étant, ces projections étaient entourées de fortes incertitudes en lien notamment, au plan
international, avec les tensions géopolitiques et la tenue d’élections dans de nombreux pays et, au
niveau national, avec les conditions climatiques défavorables et le stress hydrique.
180
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Tenant compte de l’ensemble de ces données, le Conseil a jugé que le niveau de 3% du taux
directeur restait approprié pour renforcer l’ancrage des anticipations et soutenir le retour de
l’inflation à des niveaux en ligne avec l’objectif de stabilité des prix.
2026 - - - 1,8
S’agissant de l’activité économique, les données disponibles laissaient présager une trajectoire
relativement plus élevée pour la croissance non agricole avec des taux de 3,9% en 2024 et de 4,1%
en 2025. En revanche, tenant compte de la récolte céréalière de la campagne 2023-2024, estimée
par le Département de l’Agriculture à 31,2 MQx, la valeur ajoutée agricole devait accuser un repli
de 6,9% en 2024 avant un bond de 8,6% en 2025. Au total, la croissance devait revenir de 3,4% en
2023 à 2,8% en 2024 puis s’accélérer à 4,5% en 2025.
Au final, ces évolutions faisaient ressortir des progrès notables en matière de retour de l’inflation
à des niveaux en ligne avec l’objectif de stabilité des prix et de préservation de la reprise post-
Covid de l’activité économique. Dans ces conditions, et après avoir maintenu le taux directeur
inchangé pendant quatre réunions consécutives, soit de juin 2023 à mars 2024, le Conseil de Bank
Al-Maghrib a décidé en juin de le réduire de 25 points de base à 2,75%.
181
Gouvernance et réalisation des missions de la Banque
Dans un tel contexte, le Conseil a décidé de maintenir inchangé le taux directeur à 2,75% tout en
continuant de suivre de près l’évolution de la conjoncture économique et sociale.
Les projections de la Banque faisaient ressortir également une amélioration de la croissance non
agricole, quoiqu’à un rythme moindre qu’attendu auparavant. Pour ce qui est de l’inflation, elle
devait ressortir à 1% en 2024 et était prévue autour de 2% à moyen terme avec toutefois une
balance des risques orientée à la hausse.
Compte tenu de l’ensemble de ces évolutions, le Conseil a décidé d’opérer une nouvelle réduction
du taux directeur de 25 points de base à 2,50% tout en réitérant que ses décisions futures seront
fondées réunion par réunion sur la base des données les plus actualisées.
182
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
*Pour le taux directeur et le taux de la réserve obligatoire, le tableau n’intègre que les décisions impliquant un changement de leur niveau.
183
Gouvernance et réalisation des missions de la Banque
Encadré 2.2.1 : Transmission des décisions de politique monétaire vers les taux débiteurs
Pour la réalisation de l’objectif de stabilité des prix, la conduite de la politique monétaire consiste
essentiellement à agir sur le taux d’intérêt pour impacter la demande agrégée et in fine l’inflation.
A cet effet, l’un des défis auxquels font face les banques centrales est la transmission de leurs décisions vers
leurs objectifs finaux. Celle-ci s’opère à travers plusieurs canaux1 dont l’un des principaux, en particulier
dans les économies où prédomine l’intermédiation bancaire, est celui du taux d’intérêt. Ce canal peut être
décomposé en deux phases ; la première, des variations du taux directeur aux taux appliqués par les
banques, et la seconde, généralement plus longue, de ces derniers vers l’économie réelle.
L’ampleur de cette transmission, souvent désignée par le terme « pass-through », et sa vitesse peuvent
être impactées par plusieurs facteurs, notamment la qualité de la gestion de la liquidité bancaire par la
Banque centrale, les caractéristiques du système bancaire telles que le degré de concurrence, sa taille et sa
rentabilité, ainsi que les conditions économiques, le taux de bancarisation, …
Dans le cas du Maroc, le contexte de conduite de la politique monétaire est caractérisé par un financement
de l’économie largement dominé par le crédit bancaire octroyé en grande partie à taux fixes, un secteur
bancaire résilient, un niveau de concentration des actifs bancaires avoisinant 77%2, une part des dépôts
non rémunérés de plus de 40% dans les ressources des banques,…
Depuis 2020, avec la récurrence de chocs de différentes natures qui a induit des retournements rapides
et importants de la conjoncture économique, Bank Al-Maghrib a été amenée à manipuler plus fréquemment
ses instruments de politique monétaire. Ainsi, entre mars 2020 et décembre 2024, elle a modifié son
taux directeur à 7 reprises, soit à une fréquence moyenne de 1,4 fois par an, contre 0,2 fois au cours des
5 précédentes années. Cette fréquence plus élevée de manipulation du taux directeur offre une opportunité
d’évaluer de manière plus précise la transmission de la politique monétaire à travers ses différents canaux
et lors de ses différentes phases.
Pour l’évaluation du pass-through vers les taux débiteurs, des modèles de type ECM3 ont été estimés
pour la période allant du premier trimestre de 2008 au troisième de 2024. Les données utilisées sont le
taux interbancaire, en tant que proxy du taux directeur4, et les taux débiteurs par objet de crédit issus de
l’enquête trimestrielle de Bank Al-Maghrib à savoir, ceux assortissant les crédits de trésorerie, les prêts à
l’équipement, les crédits immobiliers et ceux à la consommation.
1
Outre le canal du taux d’intérêt, il s’agit notamment des canaux du crédit, des prix des actifs, du taux de change et des anticipations d’inflation.
2
Ce niveau est calculé sur la base de la part de marché des cinq premières banques en termes d’actifs.
3
Pour les taux immobiliers, l’hypothèse de cointégration selon Granger n’est pas retenue. Ainsi, un modèle de type ARDL a été estimé et le test des
bornes (Bounds Test) a confirmé l’existence d’une relation de cointégration.
4
Dans le cas du Maroc, la gestion de la liquidité bancaire menée par Bank Al-Maghrib permet de maintenir le taux interbancaire aligné sur le taux
directeur.
184
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Les estimations obtenues révèlent que la transmission de long terme est complète vers l’ensemble des
taux débiteurs à l’exception de ceux appliqués aux crédits à la consommation pour lesquels elle est évaluée
à 51%. Ce dernier résultat serait lié aux niveaux élevés à la fois du risque et de la concentration6 dans ce
segment.
La comparaison avec les conclusions d’une précédente étude réalisée par Bank Al-Maghrib sur la période
2006-2017 fait ressortir que le pass-through de long terme s’est nettement amélioré pour les prêts à la
consommation, passant de 14% à 51%, tandis qu’il n’a enregistré que de légères hausses pour les crédits
immobiliers (de 99% à 105%) et pour ceux à l’équipement (de 90% à 94%).
A l’horizon d’un trimestre, le degré de transmission des variations du taux directeur fluctue entre 24% pour
les prêts à l’équipement et 77% pour les crédits de trésorerie. S’agissant de l’ajustement des taux débiteurs
pour atteindre l’équilibre de long terme, il est quasi-immédiat pour les prêts à la consommation, dure
un peu plus d’un trimestre pour les crédits à l’équipement et les facilités de trésorerie, et dépasse trois
trimestres pour les prêts à l’immobilier.
5
Le délai moyen d’ajustement correspond à la période nécessaire pour que le taux débiteur atteigne son niveau d’équilibre de long terme.
6
Ce niveau est de 82% en moyenne sur les cinq dernières années.
185
Gouvernance et réalisation des missions de la Banque
En comparaison internationale, une méta-analyse réalisée par la Banque mondiale7 en 2019, sur la base
de 52 études du pass-through du taux d’intérêt relatives à 38 économies, fait ressortir un coefficient de
répercussion moyen du taux d’intérêt de 80%. D’autres travaux réalisés par des banques centrales ou des
institutions internationales indiquent globalement des transmissions complètes dans des économies en
développement et émergentes, à l’instar de la République Tchèque, la République Dominicaine, l’Indonésie
ou encore le Mexique, et partielles dans d’autres économies notamment avancées, comme la zone euro et
les Etats-Unis (Cf. Tableau E.[Link]).
2022-2023 0,49
La moyenne pondérée de
Zone euro plusieurs taux débiteurs, à la fois
Banque de France 2005-2007 0,68 bancaires et taux de marché, sur
ARDL
(2024)8 2022-2023 0,53 la nouvelle dette contractée
Etats-Unis par les ménages, les entreprises
et le Gouvernement.
2005-2007 0,42
Organisation de
Coopération et de
Mexique Développement ARDL 2002-2020 [0,2-0,97]
Economiques
(2022)9 Les taux débiteurs par objet du
Bank Al-Maghrib crédit bancaire.
Maroc ECM 2006-2017 [0,14-0,99]
(2018)10
T. Havraneka, Z.
République
Irsovab ECM 2004-2015 [0,93-1,14]
Tchèque
(2016)11
R. Herlambang, R. ARDL
Indonésie Purwono 1990-2017 [1,14-1,31] Les taux des facilités de trésorerie.
(2023)12 non linéaire
Les taux débiteurs à 3 mois,
Fonds Monétaire
République 6 mois et 12 mois,
International ECM 2006-2015 [1,10-1,20]
Dominicaine à la consommation,
(2015)13
et le taux moyen pondéré.
7
anque mondiale, “Interest rate pass-through, a meta-analysis of the literature”, Policy research working paper no. 8713, 2019.
B
8
Jude, C., Levieuge, G.,“les effets du resserrement monétaire sur les conditions de financement”, 2024.
9
Maravalle, A., Pandiella, A., “the pass-through of the monetary policy rate into lending rates in Mexico”, OCDE, Economics department working
papers, no. 1734, 2022.
10
Bennouna, H., “pass-through du taux d’intérêt au Maroc : Enseignements à partir de l’enquête trimestrielle sur les taux débiteurs ”, Document du
travail de Bank Al-Maghrib, 2018.
11
Havranek,T., Irsova,Z. et Lesanovska,J.,“Bank efficiency and interest rate pass-through: Evidence from Czech loan products”, Economic Modelling,
54 153–169, 2016.
12
Herlambang,R., Purwono,R.,“Testing the consistency of asymmetric interest rate pass-through: The case of Indonesia”, Economics & Finance, no.
111/2178124, 2023.
13
Grigoli, F., Mota, J., “Interest Rate Pass-Through in the Dominican Republic”, FMI, working paper no.15/260, 2015.
186
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Le contexte macroéconomique au cours de cette année a été marqué par de fortes incertitudes liées
notamment, au niveau international, aux conflits et tensions géopolitiques et à la tenue d’élections dans de
nombreux pays, et au niveau national, aux conditions climatiques et à l’issue du dialogue social.
Lors de l’exercice de prévision de mars, les données disponibles laissaient présager la poursuite de la
décélération de l’inflation entamée en février 2023 mais à un rythme moins rapide que celui effectivement
observé. Ainsi, pour sa composante sous-jacente, les prévisions tablaient sur un taux moyen pour l’année
de 2,3%, proche de la réalisation qui est de 2,2%. En revanche, pour les prix des produits alimentaires
à prix volatils et ceux des carburants et lubrifiants, les données disponibles laissaient entrevoir un recul
sensiblement moins important que ce qui a été constaté. Au total, l’inflation est ressortie à 0,9% contre une
prévision initiale de 2,2%, soit un écart de 1,3 point de pourcentage (pp).
Lors des exercices suivants, alors que l’écart de prévision de l’inflation sous-jacente est resté globalement
proche de zéro, celui de l’inflation globale a été réduit progressivement, revenant à 0,6 point en juin, à
0,4 en septembre et à 0,1 en décembre.
Graphique E.[Link] : Ecart de prévision de l’inflation pour l’année 2024
(Points de %)
1,5
0,5
Date de la
0 réunion du
Mars Juin Septembre Décembre Conseil
Prix des produits réglementés Prix des carburants et lubrifiants Prix des produits alimentaires à prix volatils
Inflation sous-jacente Ecart de prévision de l’inflation
187
Gouvernance et réalisation des missions de la Banque
Dans ces conditions, à l’exception du premier trimestre, les réalisations trimestrielles de l’inflation pour
l’année en question sont toutes survenues à l’intérieur de l’intervalle de confiance de 90% (fan charts
ci-après).
Graphique E.[Link] : Fan charts de l’inflation par date du Conseil de 2024
Mars Juin
(%) (%)
10 10
9 9
8 8
7 7
6 6
5 5
4 4
3 3
2 2
1 1
0 0
-1 -1
-2 -2
T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1
2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2026
Septembre Décembre
(%) (%)
10 10
9 9
8 8
7 7
6 6
5 5
4 4
3 3
2 2
1 1
0 0
-1 -1
-2 -2
T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3
2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2026 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2026
Incertitudes entourant la prévision centrale avec des intervalles de confiance allant de 10% à 90%
Prévisions centrales Réalisations trimestrielles de l’inflation au titre de 2024
Pour ce qui est de la croissance économique, celle-ci a connu une accélération à 3,8% en 2024, avec une
baisse de 4,8% de la valeur ajoutée agricole et une hausse de 4,5% de celle des activités non agricoles.
Les projections présentées lors des réunions du Conseil tenues en 2024 ont sensiblement sous-estimé
les réalisations annuelles, oscillant entre 2,1% en mars et 2,8% en juin et septembre, avec un écart absolu
moyen de 1,2 pp.
Pour le secteur agricole, l’erreur absolue s’est élevée à 1,9 pp pour les trois premiers exercices de l’année,
avant de se réduire à 0,2 pp en décembre. Pour les activités non agricoles, elle a atteint 0,7 pp en juin et
1,2 pp en moyenne sur le reste des exercices. Par ailleurs, une part significative des écarts résulte des
données relatives aux comptes nationaux annuels au titre de 2024 qui se sont révélées largement
supérieures à la moyenne des réalisations trimestrielles, avec un différentiel de 0,6 point de pourcentage.
188
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Date de la
0,0 réunion
du Conseil
-1,0
Impôts sur les produits nets des subventions Valeur ajoutée non agricole Valeur ajoutée agricole
Ecart statistique Ecart de prévision de la croissance nationale
Les fan charts de la prévision de la croissance montrent que les réalisations trimestrielles de 2024 sont
toutes survenues à l’intérieur de l’intervalle de confiance de 90%, globalement proches de la projection
centrale à l’exception de la réalisation relative au troisième trimestre de l’année qui s’est établie légèrement
au-dessus de la projection centrale pour les quatre exercices.
Graphique E.[Link] : Fan charts de la croissance par date du Conseil de 2024
Mars Juin
(%) (%)
20 20
15 15
10 10
5 5
0 0
-5 -5
-10 -10
-15 -15
T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1
2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2026
Septembre Décembre
(%) (%)
20 20
15 15
10 10
5 5
0 0
-5 -5
-10 -10
-15 -15
T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3 T1 T3
2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2026 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2026
Incertitudes entourant la prévision centrale avec des intervalles de confiance allant de 10% à 90%
Prévisions centrales Réalisations trimestrielles de la croissance au titre de 2024
189
Gouvernance et réalisation des missions de la Banque
-20 100
-40
-60
50
-80
-100
-120 0
24
4
24
m 4
24
24
4
4
se 4
av 4
-140
t-2
-2
-2
-2
-2
-2
-2
2
il-
r-
v-
c-
s-
vr
ai
in
nv
pt
ût
oc
2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024
ju
dé
no
ar
ju
fé
ao
ja
Avances à 7 jours
Réserve obligatoire Position structurelle de liquidité des banques Opérations de refinancement au titre des programmes de soutien au
Besoin de liquidité financement de l’économie
Avances à 1 et 3 mois
*
a position structurelle de liquidité des banques est la somme des avoirs
L
extérieurs nets, de la position nette du Trésor et des autres facteurs de
liquidité nets, diminuée de la circulation fiduciaire.
Face à cette situation, Bank Al-Maghrib a porté le volume de ses interventions à 137,2 milliards de
dirhams en moyenne des fins de semaines en 2024 au lieu de 96,9 milliards une année auparavant.
Par catégorie d’instrument, le montant moyen des avances à 7 jours est passé de 40,8 milliards
à 53,9 milliards et celui des injections à travers les opérations à 1 et 3 mois de 39,4 milliards à
60,2 milliards. L’encours des refinancements au titre des programmes1 de soutien au financement
de l’économie s’est établi à 23 milliards après 16,6 milliards en 2023. La Banque a également été
sollicitée à 3 reprises pour des avances à 24 heures totalisant 4,6 milliards. Dans ces conditions, la
durée moyenne des interventions de Bank Al-Maghrib est restée quasi-stable à près de 50 jours.
1
Il s’agit des programmes de soutien au financement des TPME, des banques participatives et des associations de micro-crédit ainsi que du Programme
Intégré d’Appui et de Financement des Entreprises.
190
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
-40 10
5
-60
0
-80
-5
-100
-10
-120
-15
-140 -20
-160 -25
24
24
4
24
4
m 4
24
24
24
24
m 4
ju 4
m 4
ju 4
4
fé 4
oc 4
fé 4
oc 4
se 4
se 4
av 4
av 4
t-2
t-2
2
-2
-2
-2
-2
-2
-2
-2
-2
-2
-2
-2
-2
2
2
il-
il-
r-
r-
v-
c-
v-
c-
s-
s-
in
vr
ai
vr
ai
in
nv
pt
nv
pt
ût
ût
ju
ju
dé
dé
no
no
ar
ar
m
ao
ao
ja
ja
Position structurelle de liquidité des banques Billets et Monnaies Réserves de change Position nette du Trésor
Besoin de liquidité Effet total des facteurs autonomes de liquidité
L’analyse infra-annuelle montre une accentuation tendancielle du besoin de liquidité des banques
au cours de l’année avec des allègements ponctuels en mai, et dans une moindre mesure, en
décembre en lien essentiellement avec la hausse des avoirs officiels de réserve.
Dans ces conditions, le taux moyen pondéré sur le marché interbancaire, cible opérationnelle de
la politique monétaire, est resté aligné tout au long de l’année sur le taux directeur, tandis que
le volume des échanges est revenu en moyenne quotidienne à 2,6 milliards de dirhams après
3,5 milliards une année auparavant.
4,0
3,0 3,5
3,0
2,0
2,5
2,0
1,0
1,5
0 1,0
4
24
24
24
24
24
24
24
4
se 4
24
4
av 4
4
4
m 4
fé 4
fé 4
oc 4
oc 4
se 4
24
-2
-2
-2
.2
-2
-2
2
.2
.2
.-2
.2
.-2
.2
.-2
.2
r.-
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r.
t.
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s.
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ût
il.
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pt
ût
nv
vr
pt
ar
av
no
dé
ju
no
ar
dé
ju
m
ju
ao
ju
ao
ja
ja
191
Gouvernance et réalisation des missions de la Banque
Sur le marché de change domestique, cette évolution, conjuguée à un effet marché1 favorable au
dirham, s’est traduite par une dépréciation de 2,2% de la monnaie nationale par rapport à la devise
américaine. Tout au long de l’année, le dirham a oscillé autour du cours central à l’intérieur de la
bande de fluctuation sans intervention de Bank Al-Maghrib, constat corroborant les résultats des
évaluations trimestrielles menées par Bank Al-Maghrib qui indiquaient que sa valeur demeurait
globalement en ligne avec les fondamentaux de l’économie.
11,00
10,75
10,50
10,25
10,00
9,75
9,50
9,25
9,00
4
24
24
24
4
4
4
4
24
4
-2
-2
-2
-2
-2
.-2
.-2
.-2
t.-
r.-
v.-
s-
ai
in
il.
c.
ût
nv
vr
pt
ar
oc
av
no
ju
dé
m
ju
ao
fé
se
ja
Limite inférieure Limite supérieure Cours de référence par rapport au dollar Cours central
Pour ce qui est du volume des transactions, quoiqu’en baisse, il est resté relativement important
en 2024 totalisant 551 milliards de dirhams, au lieu de 754,1 milliards en 2023, sur le marché
interbancaire et 226,5 milliards, contre 258 milliards, pour les opérations de couverture.
1
a variation du taux de change peut être décomposée en deux parties, un effet panier résultant de l’évolution de la parité euro/dollar, et un effet
L
marché résultant des déviations du taux de change par rapport à sa valeur calculée sur la base du panier.
192
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
2.2.2 Recherche
En 2024, l’activité de recherche au sein de Bank Al-Maghrib a été marquée par la publication de
trois documents de travail : la « Dynamique de l’offre de crédits et activité économique au Maroc »,
l’« Impact des coûts de transport maritime de marchandises sur l’inflation au Maroc » et « L’efficience
de l’investissement public direct au Maroc ».
Par ailleurs, plusieurs séminaires de recherche ont été organisés au cours de l’année écoulée,
notamment:
Sur le plan de l’infrastructure technologique, plusieurs projets structurants ont été initiés, dont
la mise en place de deux plateformes pour la collecte et la diffusion des données, d’un entrepôt
central des données, ainsi que du registre central des crédits.
193
Gouvernance et réalisation des missions de la Banque
Placement Collectif en Immobilier (OPCI) dans le champ de couverture des statistiques monétaires.
En outre, dans le cadre du renforcement de la proximité avec le panel des enquêtes de la Banque,
des rencontres avec les entreprises industrielles de poids importants ont été organisées, ciblant
celles situées dans le périmètre de la succursale de Rabat ainsi que ceux des sièges de Kénitra et
d’Agadir.
En matière d’analyse avancée des données, plusieurs cas d’usage ayant trait à la réalisation de
tableaux de bord analytiques ont été développés pour le suivi du marché des changes et des
moyens de paiement.
Pour ce qui est de la collaboration avec l’écosystème, l’année a été marquée par la poursuite des
échanges avec les principaux partenaires de la Banque, notamment l’Office des Changes en vue
de renforcer la concordance des statistiques monétaires avec celles des comptes extérieurs et
l’enrichissement de plusieurs conventions de partenariat.
Les réserves de change (Avoirs Officiels de Réserve - AOR) sont constituées des placements en
devises (dépôts et titres), des avoirs en or, des avoirs en DTS, des monnaies étrangères (billets de
banque étrangers) et de la position de réserve au FMI.
Ces réserves sont gérées selon quatre principes par ordre de priorité ; à savoir la sécurité, la
liquidité, le rendement et la durabilité. Le principe de sécurité vise à réduire au maximum le risque
de perte de capital, en maintenant un portefeuille diversifié et de très bonne qualité de crédit.
Le principe de liquidité consiste à effectuer des placements dans des actifs pouvant être cédés
rapidement avec un minimum de perte de valeur. Le principe de rendement vise à obtenir le
meilleur rendement possible tout en respectant les objectifs de sécurité et de liquidité. Enfin, le
principe de durabilité vise à privilégier les placements à caractère durable et responsable (ESG)
lorsque les trois premiers principes sont respectés.
A cet effet, la Banque définit annuellement une allocation stratégique, révisable si nécessaire, qui
fixe la répartition des réserves en tranches, classes d’actifs et devises et ce, dans le respect des
principes de gestion précités. Cette allocation stratégique est examinée par le Comité Monétaire
et Financier (CMF) avant d’être approuvée par le Conseil de la Banque.
194
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Ainsi, les réserves sont composées de deux tranches répondant à des objectifs spécifiques. La
tranche « réserves de précaution », qui vise à satisfaire les besoins en devises sur un an, est
composée de portefeuilles comptabilisés en valeur marché et investis sur un horizon court. La
tranche « réserves excédentaires », qui vise à financer les besoins en devises à moyen et long
terme, est composée de portefeuilles comptabilisés en valeur marché et d’autres comptabilisés
en valeur historique (portefeuilles d’investissement composés de titres détenus jusqu’à maturité),
lesquels sont investis sur un horizon moyen à long terme.
25 23,3 24,2
20 19,2
18,4
15
10 8,3 8,9
7,0
5,5 5,4
5 4,5 4,8
3,2 3,5 2,9 2,5 1,6
0,0 0,2
0
Actions US Matières Premières Actions EUR Indice souverain Indice souverain Indice souverain Indice souverain Indice souverain Indice souverain
(S&P 500) (indice CRY) (Eurostoxx50) Etats-Unis CT Zone euro CT Etats-Unis MT Zone euro MT Zone euro LT Etats-Unis LT
CT: 1-3 ans ; MT: 3-5 ans ; LT:7-10 ans
Source : Bloomberg
2024 2023
A l’instar de l’année précédente, la stratégie de gestion de la Banque a été axée sur la préservation
du capital et le renforcement de la qualité de crédit des actifs détenus, tout en continuant de tirer
profit des niveaux de taux élevés et de poursuivre l’amélioration du rendement des portefeuilles
d’investissement. Ainsi, la Banque a maintenu la duration des portefeuilles de placement
(comptabilisés en valeur marché) à des niveaux courts afin de limiter l’exposition au risque de
taux. Parallèlement, elle a continué à renforcer le profil de crédit des réserves de change à travers
le placement dans des actifs de qualité supérieure. Par ailleurs, en anticipation d’une baisse des
taux, elle a accéléré en début d’année ses placements au niveau des portefeuilles d’investissement
195
Gouvernance et réalisation des missions de la Banque
Dans un contexte marqué par une conjoncture économique incertaine, Bank Al-Maghrib a
privilégié une approche visant à préserver la solidité du secteur bancaire à travers notamment
le renforcement des fonds propres des banques, avec en particulier leur sensibilisation pour une
politique de distribution de dividendes prudente.
En ce qui concerne le contrôle sur place, les missions diligentées ont couvert diverses thématiques
portant notamment sur la gouvernance, le déclassement et le provisionnement des créances
non performantes, la gestion du risque cyber, la conformité des dispositifs de clôture de compte
bancaire et de délivrance des mainlevées sur les garanties ainsi que la lutte contre le blanchiment
des capitaux et le financement du terrorisme.
1
épartie entre 19 banques conventionnelles (dont 3 détiennent des fenêtres exerçant l’activité bancaire participative), 5 banques participatives,
R
29 sociétés de financement, 6 banques offshore, 11 associations de microcrédit, 18 établissements de paiement, 3 Sociétés de financement
collaboratifs, la Caisse de Dépôt et de Gestion et la Société Nationale de Garantie et du Financement de l’Entreprise (dotée d’une fenêtre dédiée à la
garantie des financements participatifs).
196
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Dans une démarche d’amélioration des outils de supervision, Bank Al-Maghrib a poursuivi le
déploiement du dispositif d’évaluation prudentielle appelé « SREP1» qui a été mené sur un large
panel de banques. En matière de surveillance transfrontalière, la Banque a accordé une attention
particulière au risque souverain, notamment le niveau d’exposition sur certains pays ayant connu
des dégradations de leur notation. Elle a tenu une rencontre du Comité Afrique, a organisé
les réunions annuelles des collèges des superviseurs des trois groupes bancaires marocains
transfrontaliers et a participé à la réunion du Groupe des Superviseurs Bancaires Francophones.
Au niveau réglementaire, la Banque a continué les travaux de transposition des normes de Bâle III
en matière de liquidité. Dans ce cadre, elle a adopté les textes relatifs au ratio structurel de liquidité
à long terme « Net Stable Funding Ratio » et a renforcé les exigences relatives à la gestion des
risques de liquidité à travers le pilotage d’un ensemble d’indicateurs de surveillance et le processus
d’évaluation de l’adéquation de la liquidité (ILAAP). Dans le domaine de la finance participative,
l’adaptation de la réglementation y afférente a été complétée par l’inclusion de dispositions
spécifiques au niveau des textes prudentiels relatifs à la liquidité. La Banque a poursuivi également
les travaux visant la création d’un marché secondaire des créances non performantes. Elle a, par
ailleurs, adopté une réforme du cadre réglementaire régissant les comptes et agents de paiement à
l’effet de dynamiser l’écosystème des paiements au Maroc et d’assurer une plus grande pénétration
des services auprès de la population.
S’agissant du crowdfunding, elle a assuré un suivi étroit du lancement des plateformes en vue de
la mise en place par les sociétés de financement collaboratif (SFC) des différents dispositifs requis
en lien notamment avec les risques technologiques et la sécurité des données numériques.
Pour ce qui est du traitement des difficultés des établissements de crédit et de résolution de crise
bancaire, le Ministère chargé des finances et Bank Al-Maghrib ont accentué leurs efforts pour la
finalisation du projet de réforme visant à déployer les socles de ce régime et à mettre en place
de nouveaux instruments permettant le maintien de la stabilité du système financier national, la
préservation des fonctions critiques des établissements bancaires, la protection des déposants et
la réduction maximale du recours aux fonds publics et ce, à la lumière des meilleures pratiques
internationales.
1
e SREP est un exercice annuel qui vise à apprécier, d’une part, le profil de risque des banques en analysant les risques pesant sur les fonds propres
L
et sur la liquidité ainsi que les dispositifs de leur gestion. D’autre part, le deuxième axe d’évaluation concerne la viabilité des banques par rapport à la
robustesse de leur business model et des dispositifs de gouvernance et de contrôle interne, incluant les risques LBC/FT, les risques technologiques et
de cybersécurité, les risques financiers liés au climat et l’adéquation des fonds propres et de la liquidité.
197
Gouvernance et réalisation des missions de la Banque
Par ailleurs, Bank Al-Maghrib a contribué, en coordination avec les autres régulateurs, aux réformes
du secteur financier visant à renforcer sa résilience face au changement climatique. Les efforts
soutenus par la facilité pour la résilience et la durabilité (FRD) du FMI ont permis également la
définition d’une vision stratégique du secteur financier pour le développement de la finance climat
à l’horizon 2030.
Au plan international, la Banque a contribué aux travaux des réseaux des Banques Centrales
pour le Verdissement du Système Financier (NGFS), des Banques et Systèmes Financiers Durables
(SBFN) et de l’Alliance pour l’Inclusion Financière (AFI) dans les domaines de la supervision des
risques climatiques et de la promotion de la finance verte et durable.
Protection de la clientèle
En matière de protection de la clientèle, la Banque a mis en place un ensemble d’indicateurs de
suivi de l’adoption par les établissements de crédit des dispositions réglementaires encadrant la
mobilité bancaire, la clôture de comptes, la délivrance des mainlevées ainsi que la communication
des relevés bancaires et des récapitulatifs des commissions.
Elle a également veillé au suivi de la mise en œuvre des actions visant à garantir l’accessibilité
physique et numérique aux produits et services bancaires au profit des personnes en situation
d’handicap et la mise en place d’un code éthique régissant les relations entre les sociétés de
financement de crédit à la consommation et les intermédiaires de crédit. De même, elle a continué
ses actions en faveur du renforcement de la transparence des banques vis-à-vis de leur clientèle, à
travers le lancement du projet de mise en place d’un comparateur des tarifs et de dates de valeurs,
et la publication d’un guide sur l’usage de cette plateforme.
Enfin, plusieurs actions de sensibilisation sur la protection de la clientèle ont été menées au profit
des usagers et d’opérateurs économiques (CGEM, CRI, ANPME, avocats, et banques), dans le cadre
de la présence de place de Bank Al-Maghrib au niveau régional.
198
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Sur le plan analytique, la Banque a poursuivi la consolidation du cadre d’évaluation des risques
systémiques et l’enrichissement de son dispositif informationnel à travers la conduite d’une
enquête semestrielle sur les risques systémiques auprès de l’ensemble du secteur bancaire pour
s’enquérir de leur appréciation de ces risques et de manière plus globale de la stabilité du système
financier.
L’année 2024 a été marquée, par ailleurs, par l’organisation en collaboration avec l’Autorité
Marocaine des Marchés de Capitaux, l’Autorité Marocaine de Contrôle des Assurances et de la
Prévoyance Sociale et le Ministère de l’Economie et des Finances, de la quatrième édition du
symposium régional de haut niveau sur la stabilité financière tenue sous le thème de la « Stabilité
financière en Afrique à l’épreuve des incertitudes géoéconomiques et des risques émergents ».
1
Bulletin Officiel n° 7378 du 13 février 2025.
2
Décret n° 2 22 925 du 17 rabii II 1445 (2 novembre 2023).
199
Gouvernance et réalisation des missions de la Banque
De même, et afin d’assurer la convergence du cadre juridique de la surveillance des IMF’s vers les
standards internationaux, le processus de concertation s’est poursuivi avec les différentes parties
prenantes sur le projet de loi relatif à « la Surveillance des Infrastructures de Marchés Financiers et
des Emetteurs de Moyens de Paiement ».
200
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Par ailleurs, et dans le cadre du développement des services financiers digitaux, Bank Al-Maghrib
a engagé plusieurs initiatives, visant à renforcer l’inclusion financière des commerçants et à
promouvoir une transition numérique plus inclusive au sein de l’économie nationale. A cet égard,
elle a instauré un cadre réglementaire régissant les frais d’interchange monétique domestique.
Cette mesure vise à favoriser l’adoption des paiements électroniques par les commerçants,
en réduisant les coûts qui y sont associés, tout en stimulant la modernisation des pratiques
commerciales.
Le MFC a pour objet d’accompagner les Fintechs et les porteurs de projets innovants pour favoriser le
développement des technologies financières et l’émergence d’une industrie nationale à portée régionale
dans ce secteur. Il a pour principaux objectifs de constituer un guichet unique pour les Fintechs, de soutenir
leur développement à travers des programmes d’accompagnement, d’incubation, d’accélération et de
développement des compétences et de leur faciliter la compréhension de l’environnement réglementaire
ainsi que l’accès au financement. En outre, il devra promouvoir un écosystème collaboratif qui favorise les
partenariats et les opportunités de réseautage tout en encourageant la recherche et le développement en
matière d’innovation financière.
Les dépenses liées au développement des Fintechs seront couvertes par le Fonds de soutien aux Fintechs,
dont la création a été approuvée par le Conseil de la Banque lors de sa réunion du 19 mars 2024, avec une
dotation initiale de 100 millions de dirhams et auquel peuvent contribuer des partenaires nationaux ou
internationaux.
201
Gouvernance et réalisation des missions de la Banque
Par ailleurs, la Banque a engagé, en collaboration avec les organismes internationaux, plusieurs
initiatives en faveur de l’inclusion financière. S’agissant de l’autonomisation économique de la
femme rurale, elle a conduit avec l’assistance technique de la coopération allemande (GIZ) une
expérience pilote auprès de 100 femmes rurales entrepreneures visant à tester les outils de
renforcement des capacités dans la gestion de leurs activités. Elle a également accompagné la GIZ
et la Fondation Marocaine pour l’Education Financière pour l’organisation d’un hackathon autour
de l’éducation financière en faveur de cette population.
2.2.9 Fiduciaire
Encadré 2.2.4 : Emission d’une nouvelle série de billets de banque
Dans le cadre de l’émission de la nouvelle série de billets de banque, Bank Al-Maghrib a procédé en 2024,
après la mise en circulation en 2023 d’un nouveau billet de 100 dirhams, à celle de nouveaux billets de 20
dirhams, 50 dirhams et 200 dirhams. L’ensemble des processus de conception et de production de ces
nouveaux billets a été réalisé exclusivement par les compétences de Dar As-Sikkah. Ces nouveaux billets
intègrent plusieurs éléments de sécurité à la pointe de la technologie tels que des fils de sécurité à trois
fenêtres, l’encre magnétique à couleur changeante, l’impression en relief et l’image latente.
202
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Le nouveau billet de 20 dirhams, émis le 21 août 2024 dans le cadre de la commémoration de la Fête de
la Jeunesse, met en valeur la richesse du patrimoine architectural et le développement socioculturel du
Maroc. Le recto de ce billet comporte le portrait de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, les Armoiries du
Royaume ainsi qu’un motif architectural inspiré des portes marocaines et une vue stylisée de l’Université «
Al Quaraouiyine » de Fès. Le verso du billet contient des représentations artistiques du Grand Théâtre de
Rabat, du Musée « Mohammed VI » d’Art Moderne et d’une tribune d’un complexe sportif ainsi que d’une
vue stylisée de la « Kasbah d’Ait-Ben-Haddou ».
203
Gouvernance et réalisation des missions de la Banque
Le nouveau billet de 50 dirhams, émis le 30 juillet 2024 dans le cadre des festivités du 25ème Anniversaire
de l’Intronisation de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, met en exergue le développement durable du Maroc
à travers la stratégie nationale relative aux énergies propres et la protection des ressources naturelles. Le
recto de ce billet illustre le portrait de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, les Armoiries du Royaume ainsi
qu’un motif architectural inspiré des portes marocaines et une vue stylisée des cascades d’Ouzoud. Le verso
comprend des vues stylisées de la station « NOOR » de Ouarzazate, des éoliennes, du barrage de Ouirgane
ainsi que de la station de dessalement de l’eau de mer d’Agadir.
204
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Le nouveau billet de 200 dirhams, émis le 12 janvier 2024 à l’occasion de la célébration du 80ème anniversaire
de la présentation du Manifeste de l’Indépendance, met en exergue le développement économique et
industriel accompli sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Les thèmes retenus dans les
représentations graphiques du billet sont l’infrastructure, l’industrie et le développement. Le recto présente
le portrait de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, les Armoiries du Royaume ainsi qu’une représentation du
pont à haubans « Mohammed VI ». Le verso comporte une vue stylisée de la Tour « Mohammed VI » et
de l’Aéroport International « Marrakech-Menara », ainsi que des motifs symbolisant le développement de
l’industrie et du digital au Maroc.
205
Gouvernance et réalisation des missions de la Banque
La circulation fiduciaire a enregistré à fin 2024 une hausse annuelle de 7,6% à 444,3 milliards de
dirhams. La répartition du stock par type de monnaie montre que l’encours des billets a augmenté
de 7,7% à 439,9 milliards de dirhams pour un volume de 2,9 milliards de coupures, tandis que les
pièces en circulation ont progressé de 5% à 4,4 milliards de dirhams pour un volume de 3,3 milliards
d’unités. Les structures des billets et des pièces de monnaie n’ont pas connu de changement
notable et sont restées dominées par la coupure de 200 dirhams et la pièce de 1 dirham avec des
parts de 57% et 29% respectivement.
Graphique 2.2.9 : Structure des billets Graphique 2.2.10 : Structure des pièces en
en circulation (en % du volume) circulation (en % du volume)
7 6 6 6 6 6 12 12 11 11 10 10
4 3 4 3 3 3
19 19 19 18 18 18
36 35 35 34 34
36 16 15 15 15
16 16
12 12 12 13 13 13
28 28 29 29 29 29
53 55 55 56 57 57
2 2 2 2 2 2
7 7 7 8 8 8
4 4 4 4 5 5
2019 2020 2021 2022 2023 2024 2019 2020 2021 2022 2023 2024
200 DH 100 DH 50 DH 20 DH 10 DH 5 DH 2 DH 1 DH 1/2 DH 20 C 10 C Autres
Pour faire face à la demande de cash en 2024, Bank Al-Maghrib et les Centres Privés de Tri (CPT) ont
mis à la disposition de l’économie un volume de 4 milliards de billets, en hausse de 8% par rapport
à 2023. Cette évolution reflète une amélioration du nombre de billets recyclés qui a progressé de
3,1 milliards à 3,4 milliards, alors que les billets neufs servis se sont stabilisés à 0,6 milliard.
206
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Schéma 2.2.1 : Flux fudiciaires des billets en 2024 (en millions de billets)
)
(+10%
901
T =3
BA )
BNV = 793 ( +10%) 2%
+1
BV = 634 (+7%)
33(
= 24
BV
Public
BN : Billets Neufs
BV : Billets Valides
CPT BNV : Billets Non Valides
BAT : Billets à Trier
CPT : Centres Privés de Tri
Pour ce qui est du faux monnayage, le ratio de contrefaçon a poursuivi son recul en 2024,
s’établissant à 1,5 faux billet pour chaque million de billets en circulation, au lieu de 2,3 en 2023 et
5,2 en 2019. Outre l’intégration de plusieurs éléments de sécurité lors du processus de fabrication,
ce résultat reflète les efforts déployés par Bank Al-Maghrib en matière de lutte contre le faux
monnayage, en particulier par le renforcement de son dispositif de détection de faux billets à
travers la modernisation de ses équipements de traitement fiduciaire ainsi que la diversification
du périmètre des missions de contrôle des banques et des Centres Privés de Traitement de la
Monnaie Fiduciaire. Le nombre de faux billets détectés s’est situé à 4 495, représentant l’équivalent
de 636 mille dirhams et est demeuré marqué par la prépondérance de la coupure de 200 dirhams,
avec une part de 58%.
Bank Al-Maghrib a, par ailleurs, poursuivi la production et la livraison dans les délais des documents
sécurisés et identitaires, à savoir près de 2 millions de passeports ; 2,8 millions de cartes
pré-imprimées ; 68 331 permis de port d’armes et de chasse ; 1 862 cartes professionnelles ainsi
que d’autres produits pour le compte des clients institutionnels (vignettes SNTL, bons SNTL, fiches
anthropométriques, fiches décadactylaires, diplômes et attestations et timbres-Poste).
207
Gouvernance et réalisation des missions de la Banque
208
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Graphique 2.2.11 : Evolution des incidents de paiement sur chèques et des régularisations
559 918
511 420 17 219
487 613 16 786
16 144
S’agissant des impayés sur les Lettres de Change Normalisées, ils ont augmenté de 5,5% à
617 967 cas. En parallèle, les régularisations se sont établies à 27 432 cas contre 27 149 en 2023.
En ce qui concerne la Centrale des Crédits1, le nombre de contrats de crédits actifs a augmenté de
1% à 5,8 millions de contrats, dont 66% ont été alloués par les banques, 17% par les associations de
microcrédit, 16% par les sociétés de financement et 1% par les banques et fenêtres participatives.
Pour ce qui est du nombre d’emprunteurs global, il s’est stabilisé à 3,2 millions de clients dont 95%
de personnes physiques.
Le service des Chèques Irréguliers a couvert plus de 17,6 millions de RIB ayant enregistré des
irrégularités, dont 15,6 millions émanant de comptes clôturés, 2,1 millions de ceux frappés par
une interdiction bancaire ou judiciaire et 485 mille comptes frappés d’indisponibilité, tandis que
3,2 millions de chèques ont fait l’objet d’une opposition. Les consultations réalisées par les usagers
de ce service ont fait ressortir que la part des chèques frappés d’irrégularité a représenté 6,4%.
1
Nombre de contrats de crédit enregistrés dans la base du Crédit Bureau.
209
Gouvernance et réalisation des missions de la Banque
La Banque a, par ailleurs, réalisé une mission d’évaluation externe par les « pairs » de la fonction
d’audit interne de la Banque Centrale de Jordanie en vue d’évaluer sa conformité aux normes de
l’IIA (Institute of Internal Auditors) et d’apprécier l’efficacité de son fonctionnement.
210
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
En parallèle, la Banque a œuvré au maintien des relations étroites qu’elle entretient avec les
institutions nationales, internationales et multilatérales à travers la participation à plusieurs
manifestations de haut niveau, dont :
211
Gouvernance et réalisation des missions de la Banque
2.4 Ressources
2.4.1 Ressources humaines
Support
Métier 42%
58%
36% 64%
2 240 agents
En 2024, la Banque a multiplié ses efforts en faveur de l’épanouissement de son capital humain.
Ainsi, elle a conçu au profit de ses agents une nouvelle politique de bien-être au travail au service
d’un engagement indéfectible et d’une performance renforcée. Dans ce cadre, plusieurs actions
et initiatives ont été concrétisées sous forme de conférences, d’ateliers et de challenges, afin de
renforcer la capacité des collaborateurs à préserver leur capital santé tout en créant les conditions
pour une bonne cohésion entre les équipes. Les actions menées se sont également focalisées sur
l’axe Culture et Leadership, considérés comme des leviers clés pour le bien-être des collaborateurs,
au service d’un engagement et d’une performance durables. Une série de workshops et de sessions
de formation ont été organisées et ont concerné des thématiques portant sur le feed-back
constructif, l’importance de l’écoute et du dialogue, le développement de carrière et l’évaluation
des compétences.
212
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Pour sa part, l’offre de formation a permis de couvrir un large spectre de domaines d’expertise en
accompagnement des priorités des métiers et des besoins des collaborateurs. Environ 300 thèmes
de formation ont été dispensés pour soutenir l’accomplissement des missions de la Banque et des
chantiers découlant de ses domaines stratégiques. Au total, plus de 1 600 participants, soit près de
80% des agents de la Banque, ont bénéficié d’au moins une action de formation.
213
Gouvernance et réalisation des missions de la Banque
Sur le volet Monnaie Digitale de Banque Centrale (MDBC), les avancées ont concerné l’enclenchement,
avec l’assistance technique de la Banque mondiale et du FMI, de la troisième phase du projet
MDBC et l’élaboration du projet de loi afférent à l’encadrement des Cryptoactifs. Ainsi, les sujets
identifiés pour cette phase ont ciblé l’étude de l’impact de la MDBC sur la politique monétaire et
sur la stabilité financière, les aspects d’intégrité financière (LAB/FT), les implications des parties
prenantes jugées prioritaires ainsi que l’identification et la réalisation d’autres expérimentations
(PoCs) pertinentes. En ce qui concerne les Cryptoactifs, les travaux menés au sein du GTNCA
(Groupe de Travail National sur les Cryptoactifs) ont permis l’élaboration d’un projet de loi relatif
aux Cryptoactifs et son introduction dans le circuit d’adoption.
1
a gamification est le processus d’amélioration des systèmes, des services, des organisations et des activités par l’intégration d’éléments et de principes
L
de conception de jeux dans des contextes non ludiques.
214
Etats financiers
de la Banque
Partie
Dans la présente partie du rapport, les chiffres sont arrondis au millier de dirhams le plus
proche. Ainsi, les totaux et les sous-totaux ne correspondent pas toujours à la somme des
arrondis les constituant.
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
3.1.1 Bilan
A la clôture de l’exercice 2024, le total bilan de la Banque a affiché une progression annuelle de
5% à 554 068 553 KDH. Au niveau de l’actif, cette évolution résulte principalement de la hausse des
concours aux banques (+21%), des avoirs et placements en or (+29%) et en devises (+2%), atténuée
par la baisse des créances sur l’État liée aux remboursements de la LPL (-64%). Au passif, elle
reflète notamment l’effet combiné de la progression des billets et monnaies en circulation (+8%)
et des dépôts et engagements en dirhams (+18%), ainsi que du recul des engagements en dirhams
convertibles (-63%).
360
353
En MMDH
444 413
19
15
157 32 23
130 7 20
18 18
711 20 12 52 55
2024 2023 2024 2023
Actifs Passifs
Avoirs et placements en devises (*) Billets et monnaies en circulation
Avoirs et placements en or Comptes courants des banques marocaines
Opérations politique monétaire Engagements en dirhams convertibles
Créances sur le Trésor Public Compte d’évaluation des réserves de change
Autres éléments actifs Autres éléments passifs
(*)
Y compris les DTS.
(dont)
Billets et monnaies en circulation 444 273 240 412 752 041 8
Opérations avec l'étranger -332 410 772 -306 984 216 8
Opérations avec l'Etat 381 095 -8 960 079 >100
Position nette des établissements de crédit -124 702 983 -107 335 840 -16
Opérations patrimoniales 2
8 337 400 5 559 196 50
1
es variations des postes du bilan et du CPC sont traitées, plus en détail, au niveau des commentaires relatifs aux états de synthèse. A des fins
L
d’analyse, les postes du bilan et du CPC ont fait l’objet, dans cette partie du rapport, de certains regroupements.
2
Compte tenu du résultat net avant affectation.
217
Etats financiers de la Banque
Après une progression de 10% en moyenne en 2022 et 2023, les billets et monnaies en circulation
se sont accrus de 8% à 444 273 240 KDH, en lien notamment avec l’opération ponctuelle de
régularisation volontaire de la situation fiscale des personnes physiques.
Le solde des Opérations avec l’étranger a atteint -332 410 772 KDH, en hausse de
+25 426 557 KDH par rapport à fin 2023. Cette évolution s’explique principalement par l’atténuation
des engagements de la Banque envers les organismes financiers internationaux suite au règlement
du principal dû au FMI au titre du tirage sur la LPL, et par la hausse des avoirs et placements en or
et en devises.
Le solde des Opérations avec l’Etat s’est situé à fin 2024 à 381 095 KDH contre -8 960 079 KDH
un an plus tôt, en raison essentiellement de la baisse de la créance de l’Etat consécutivement au
remboursement opéré au titre de la LPL (-12 816 436 KDH), conjuguée au recul des disponibilités
du compte courant du Trésor public (-3 416 190 KDH).
La Position nette des établissements de crédit est passée, entre fin 2023 et fin 2024, de
-107 335 840 KDH à -124 702 983 KDH, reflétant l’augmentation des interventions de la Banque sur
le marché monétaire.
Le solde des Opérations patrimoniales a augmenté de moitié pour atteindre 8 337 400 KDH, dû
à la hausse des capitaux propres et assimilés de +1 405 675 KDH à 6 522 707 KDH en raison de
l’affectation en 2024 d’un milliard de dirhams aux fonds de réserves spéciaux, et de la progression
de +1 354 309 KDH du résultat net de la Banque.
3.1.2 Résultat
Au terme de l’exercice 2024, la Banque a enregistré un bénéfice de 6 459 984 KDH contre
5 105 675 KDH un an auparavant.
L’évolution de +1 354 309 KDH du résultat net s’explique principalement par l’accroissement des
résultats issus de la gestion des réserves de change (+1 264 363 KDH), de la conduite de la politique
monétaire (+840 729 KDH) et du résultat non récurrent (+549 853 KDH). Ces hausses ont été
atténuées par l’augmentation des charges générales d’exploitation (+450 807 KDH) et de l’impôt
sur le résultat (+840 896 KDH).
218
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
La hausse du résultat des opérations de gestion des réserves de change à 8 736 942 KDH
(+1 264 363 KDH) est tirée essentiellement par la progression du revenu net obligataire
(+1 346 352 KDH), recouvrant principalement l’amélioration des intérêts des actifs en devises en
particulier les titres d’investissement, et la baisse des reprises de provisions des titres de placement.
Le léger repli du résultat des autres opérations à 1 274 489 KDH (-8 933 KDH) découle
principalement du recul des commissions sur les opérations d’adjudication des Bons du Trésor
et sur les opérations de change notamment en BBE, liée à la baisse des cessions des BBE par
les banques marocaines à Bank Al-Maghrib. Ce repli a été compensé par l’allégement de la
rémunération des comptes de la clientèle de la Banque et par la hausse des ventes de documents
sécurisés (+13 235 KDH).
L’augmentation des charges générales d’exploitation à 2 541 555 KDH (+450 807 KDH), résulte
de la hausse à la fois des dépenses de fonctionnement (+270 906 KDH) et des dotations nettes aux
amortissements et aux provisions pour risques et charges (+179 900 KDH).
L’amélioration du résultat non récurrent1 à -446 843 KDH (+549 853 KDH) s’explique par le
règlement en 2024 de la contribution sociale de solidarité sur les bénéfices au titre de l’exercice
précédent d’un montant de 486 081 KDH, et par l’octroi en 2023 par la Banque d’un don de
1 milliard de dirhams au fonds spécial pour la gestion des effets du tremblement de terre
d’Al Haouz.
1
Abrite le résultat non courant et celui sur exercices antérieurs.
219
Etats financiers de la Banque
- Avoirs et placements auprès des banques étrangères 34 533 011 44 481 551
- Bons du Trésor étrangers et assimilés 294 645 307 279 618 315
Créances sur les établissements de crédit et assimilés marocains 5 157 010 858 129 943 781
220
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
- Engagements envers des organismes financiers internationaux 7 404 544 20 201 079
- Dépôts des administrations et des établissements publics 1 227 636 1 252 740
221
Etats financiers de la Banque
Titres reçus sur avances accordées 128 994 653 107 969 056
Autres garanties reçues sur avances accordées 37 836 194 30 750 502
Autres engagements 16
Engagements de garanties reçues au titre des prêts au personnel 916 140 904 446
222
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Intérêts perçus sur avoirs et placements en or et en devises 17 7 955 035 6 109 045
Intérêts perçus sur créances sur les établissements de crédit et
18 3 948 987 3 002 226
assimilés
Autres intérêts perçus 19 9 823 9 689
Intérêts servis sur dépôts et engagements en dirhams 27 334 984 379 467
223
Etats financiers de la Banque
Flux de trésorerie liés aux activités opérationnelles -30 584 714 27 120 078
+/- Variation des dépôts Trésor Public en dirhams -3 416 190 6 791 599
+/- Variation des dépôts envers les banques marocaines en dirhams 9 700 261 -9 776 280
+/- Variation des dépôts autres clientèle en dirhams et en devises -934 865 -2 279 777
+/- Variation des titres de placements étrangers en devises -7 429 963 18 951 289
+/- Variation avances aux banques -26 958 641 -15 181 874
Flux de trésorerie liés aux activités d'investissement -10 338 817 -49 623 163
+/- Variation des titres d'investissements étrangers en devises -10 472 850 -48 998 387
+/- Variation avoirs en droits de tirage spéciaux -866 438 -382 634
Flux de trésorerie liés aux activités de financement 31 521 199 39 965 758
+/- Variation des billets et monnaie en circulation 31 521 199 39 965 758
224
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Résultat en instance
5 105 675 -5 105 675 0
d'affectation
225
Etats financiers de la Banque
La Banque applique les prescriptions comptables indiquées dans le code général de normalisation
comptable (CGNC) pour tout ce qui est commun aux entreprises notamment en matière d’évaluation
des stocks et des immobilisations.
Les états de synthèse tels qu’énumérés dans l’article 47 de la loi n°40-17 portant statut de Bank
Al-Maghrib, comprennent le bilan, le compte de produits et charges (CPC) et l’état des informations
complémentaires (ETIC).
Parallèlement, la Banque dresse annuellement une situation de l’hors bilan, le tableau des flux de
trésorerie et le tableau de variation des capitaux propres.
Sont considérées comme opérations de change, les achats et ventes de devises au comptant et à
terme qui entrainent :
• soit une variation d’un avoir ou d’un engagement dans une devise et une variation d’un
engagement ou d’un avoir en dirhams ;
• soit une variation d’un avoir ou d’un engagement dans une devise et une variation d’un
engagement ou d’un avoir dans une autre devise.
Ces opérations sont comptabilisées dans les comptes de l’hors bilan correspondants à leur date
d’engagement, puis enregistrées dans les comptes du bilan à la date de valeur ou de livraison.
Les avoirs et les engagements en or, en métaux précieux et en devises y compris les DTS sont
évalués sur la base des cours de change en vigueur du dernier jour ouvrable de l’exercice.
226
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Les gains et les pertes résultant de cette opération sont inscrits au « compte d’évaluation des
réserves de change » figurant au passif du bilan de la Banque et ce, conformément aux dispositions
de la nouvelle convention régissant ce compte, conclue entre Bank Al-Maghrib et l’Etat en date du
1er novembre 2022 et abrogeant les dispositions de celle du 29 décembre 2006.
Dans le cas où le « compte d’évaluation des réserves de change » affiche un solde débiteur, celui-ci
est inscrit à l’actif du Bilan de la Banque et aucune provision pour risques et charges n’est constituée.
Au cas où le « compte d’évaluation des réserves de change » affiche un solde débiteur non couvert
par le solde du compte « réserve pour perte de change », il est procédé à l’alimentation de la
réserve pour perte de change par prélèvement du bénéfice net de la Banque dans la limite de 20%.
Les titres
Les titres acquis dans le cadre de la gestion des réserves de change sont classés, en fonction
de l’intention présidant à leur détention, en portefeuille de transaction, de placement ou
d’investissement.
Le portefeuille de transaction est composé de titres acquis avec l’intention, dès l’origine, de les
revendre à brève échéance. Ils sont comptabilisés à leur prix d’acquisition, frais d’achats inclus
et, le cas échéant, coupons courus inclus. Les plus ou moins-values découlant de l’évaluation
quotidienne de ces titres au prix de marché sont comptabilisées dans les comptes de résultat
correspondants.
227
Etats financiers de la Banque
• ils sont inscrits à leur prix d’acquisition, frais exclus et le cas échéant, coupons courus exclus ;
• les plus-values latentes sur ces titres ne sont pas constatées ;
• les moins-values latentes sur ces titres ne sont constatées que quand la Banque estime que le
titre qui accuse une moins-value latente, sera probablement revendu durant l’exercice suivant
ainsi que dans le cas où il existe un risque probable de défaillance de l’émetteur ;
• les différences entre le prix d’acquisition et la valeur de remboursement des titres (décote ou
prime) sont amorties d’une manière actuarielle sur la durée résiduelle des titres.
En date du 1er janvier 2020, la Banque a basculé de la méthode linéaire vers la méthode
actuarielle pour l’étalement des décotes/surcotes sur titres d’investissement et ce, afin de
s’aligner sur les meilleures pratiques internationales. Cette méthode est également admise
par le plan comptable de Bank Al-Maghrib tel que validé par le CNC au même titre que
la méthode linéaire.
Le portefeuille de placement est composé des titres autres que ceux classés dans les portefeuilles
de transaction ou d’investissement. Leur comptabilisation suit les règles suivantes :
• les entrées en portefeuille sont inscrites au bilan au prix d’acquisition, frais d’acquisition exclus
et le cas échéant coupons courus exclus ;
• les différences entre le prix d’acquisition et le prix de remboursement des titres (décote ou
prime) ne sont pas amorties sur la durée de détention des titres ;
• les moins-values latentes résultant de la différence entre la valeur comptable et la valeur de
marché de ces titres font l’objet de provisions pour dépréciation sur une base quotidienne.
Cependant, les plus-values latentes ne sont pas comptabilisées.
Quant aux titres à intérêts précomptés, ils sont comptabilisés à leur prix de remboursement. Les
intérêts précomptés sont étalés sur la durée de vie des titres et comptabilisés quotidiennement
dans les comptes de produits ou de charges.
Ils sont initialement comptabilisés à leur prix d’acquisition ; les plus ou moins-values sont
comptabilisées aux comptes de produits et charges appropriés et ce, sur la base des valeurs
liquidatives communiquées par le mandataire de gestion.
228
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Les immobilisations, frais accessoires inclus, sont amorties suivant la méthode linéaire en fonction
de la durée d’utilisation probable du bien en appliquant les taux d’amortissement en vigueur.
Les durées d’amortissement retenues, selon la nature de chaque immobilisation, sont les suivantes :
229
Etats financiers de la Banque
S’agissant des titres non entièrement libérés, ils sont portés à l’actif pour leur valeur totale y compris
le reliquat restant à libérer. La quote-part non encore libérée est constatée en contrepartie d’un
compte de dette du passif du bilan.
Les éventuelles provisions pour dépréciation de ces titres non cotés sont évaluées à la clôture
de l’exercice selon la méthode de l’actif net comptable sur la base des derniers états de synthèse
communiqués.
Les stocks
Les stocks sont constitués principalement :
Les matières et fournitures consommables sont inscrites au bilan à leur prix d’achat diminué, le cas
échéant, de la provision constituée au titre de leur dépréciation à la date d’arrêté.
Les matières premières sont inscrites au bilan à leur coût composé du prix d’acquisition majoré des
frais d’approche et diminué, le cas échéant, de la provision constatée au titre de leur dépréciation.
Les produits finis et les encours de produits destinés à la vente sont inscrits au bilan à leur coût de
production minoré, le cas échéant, de la provision constituée au titre de leur dépréciation.
230
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
– d’une part, le risque de défaut de paiement (risque de contrepartie) qui correspond à l’inca-
pacité d’une contrepartie à remplir ses obligations ;
– et d’autre part, le risque d’abaissement de la notation de crédit d’une contrepartie par une
ou plusieurs agences de notation.
• le risque de marché correspond au risque de perte résultant d’une évolution défavorable des
facteurs de marché liés, entre autres, aux mouvements des taux d’intérêt ou de change.
Cadre de Gouvernance
Dans le cadre de sa mission relative à la gestion des réserves de change, la Banque dispose d’un
dispositif de gestion des risques financiers qui permet l’identification, la surveillance et l’atténuation
des risques inhérents aux opérations de gestion des réserves de change, à savoir les risques de
crédit, de marché et de liquidité.
Pour atteindre cet objectif, la gestion du risque au sein de Bank Al-Maghrib repose sur un cadre de
gouvernance clair et hiérarchisé.
En effet, le Conseil de la Banque valide chaque année la politique de placement des réserves de
change et les tolérances au risque. Il approuve également l’univers d’investissement et l’allocation
stratégique des actifs. Le Comité Monétaire et Financier (CMF) veille à la mise en œuvre de
l’allocation stratégique et valide la gestion des réserves de change. Il examine également l’évolution
des indicateurs de risques financiers inhérents à la gestion des réserves. Enfin, le Comité d’Audit
examine l’évolution annuelle des risques financiers et opérationnels de la Banque.
Les objectifs de détention et de gestion des réserves, les principes de placement, les limites par
classe d’actifs ainsi que les règles d’éligibilité et de concentration des émetteurs et des contreparties,
sont fixés dans le cadre d’une directive d’investissement tandis que les indices de référence
des portefeuilles et leur mode de gestion sont définis dans le cadre de l’allocation stratégique
approuvée par le Conseil de la Banque.
231
Etats financiers de la Banque
D’un point de vue opérationnel, l’ensemble des expositions de la Banque en devises font l’objet d’un
contrôle et d’une surveillance au quotidien, en vue de se conformer à la directive d’investissement
et à l’allocation stratégique.
Dans ce cadre, ces expositions font l’objet d’analyses approfondies au niveau des rapports élaborés
régulièrement et communiqués aux différents organes de gouvernance de la Banque, notamment
au Comité Monétaire et Financier.
Le risque de crédit est géré par la Banque à travers la fixation des critères d’éligibilité des émetteurs
de titres et des contreparties, tout en veillant à ce que les placements soient conformes aux
principes de sécurité et de liquidité.
Les critères minimaux sont différenciés en fonction du risque de crédit induit par les différents
instruments. Ils sont plus élevés pour les opérations engendrant un risque de crédit direct, comme
les dépôts à blanc, que pour les opérations se dénouant dans un système de règlement-livraison.
Actuellement, la notation de crédit moyenne minimale est de « A- » pour les placements monétaires
auprès de contreparties bancaires, et de « BBB- » pour les placements obligataires.
En plus des critères d’éligibilité, la Banque fixe des limites permettant d’éviter une prise de risque
et une concentration excessive. Il s’agit notamment des limites d’exposition par émetteur, par
contrepartie, par classe d’actifs, par pays et par notation de crédit.
Afin d’assurer une appréciation de l’exposition globale au risque de crédit, la Banque calcule et
suit quotidiennement la notation de crédit moyenne des portefeuilles de réserves ainsi que la
« VaR Crédit » à 99% qui évalue le montant des pertes potentielles sur un horizon d’un an liées à
un événement de crédit (un abaissement de notation ou un défaut).
Au terme de l’année 2024, la notation de crédit moyenne des réserves de change s’est établie à
«AA», reflétant une très bonne qualité de crédit des actifs détenus.
232
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Graphique 3.2.1 : Répartition des expositions Graphique 3.2.2 : Répartition des expositions
des portefeuilles par région des portefeuilles par classe d’actifs
Souverains
53% Agences
50% Europe
21% Supranationaux
Amérique du Nord
23% Banques commerciales
Supranationaux
38%
51% AAA
A- à AA+
BBB- à BBB+
11%
Risque de marché
Le risque de marché lié à la gestion des réserves de change provient, principalement, du risque de
taux et du risque de change.
• Risque de taux
La Banque gère le risque de taux à travers des indices de référence pour l’ensemble des portefeuilles
ainsi que des écarts de duration autorisés par rapport à ces indices dans le cadre de l’allocation
stratégique.
L’exposition au risque de taux est mesurée par divers indicateurs, notamment, la perte potentielle
maximale (VaR), la duration et la volatilité des performances par rapport aux indices de référence
(Tracking Error).
Au terme de l’année 2024, la duration globale des réserves de change est demeurée stable par
rapport à la fin de l’année 2023, s’établissant à 1,9 an.
233
Etats financiers de la Banque
• Risque de change
Le risque de change est induit par l’impact de l’évolution des cours de change des devises contre
le dirham. Ce risque provient :
• d’une part, de la déviation entre la pondération en devises des réserves de change et celle
issue de la réplication du panier du dirham qui est composé de 60% en euro et de 40% en
dollar américain. Cette déviation est encadrée à travers une limite maximale de +/-5% définie
dans le cadre de l’allocation stratégique ;
• d’autre part, de la variation de l’écart entre le cours de change du dirham et le cours central de
la bande de fluctuation.
Risque de liquidité
La Banque gère le risque de liquidité à travers la constitution de tranches liquides au sein des
réserves de change :
Le risque de liquidité est également encadré, au niveau des tranches liquides précitées, à travers
des règles de taille minimale et de ratio d’emprise maximal pour les émissions obligataires.
234
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Les avoirs et placements en devises ont progressé de 2% au terme de 2024 à 339 309 229 KDH,
traduisant, essentiellement, la consolidation des réserves de change et l’évolution des cours de
change.
Après un mouvement baissier au début de l’année, ils ont atteint 342 786 316 KDH en mai (+4%), en
relation principalement avec l’achat de devises auprès de l’OCP consécutivement à son émission
obligataire sur le marché financier international.
1
Le solde créditeur de ce compte ne peut être porté aux produits de l’exercice ni distribué ou affecté à un quelconque emploi.
235
Etats financiers de la Banque
Les dépôts et placements monétaires ont, pour leur part, connu un repli de 21% pour se situer
à 28 277 497 KDH, représentant 8% des avoirs et placements en devises contre 11% une année
auparavant. Cette baisse s’explique principalement par la réduction de l’encours de la trésorerie
en devises au profit du portefeuille d’investissement1.
Les avoirs en devises représentent 61% des actifs de la Banque au lieu de 63% en 2023, et
sont investis à hauteur de 87% en titres obligataires. Au sein de cette catégorie, le portefeuille
des titres de placement2 s’est accru de 17% pour atteindre 56 297 176 KDH et celui des titres
d’investissement de 3% à 238 348 130 KDH, attribuable au renforcement des investissements au
sein de ce portefeuille au cours de l’année 2024.
Total 339 309 229 333 341 042 2 Total 100% 100%
(*)
itres détenus dans les portefeuilles gérés en interne, y compris les
T
certificats de dépôts.
236
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
A l’actif :
• la souscription au FMI - Tranche de réserve constitue la fraction prise en charge par Bank
Al-Maghrib (18,4%) au titre de la quote-part du Maroc au FMI et se compose de :
• Les avoirs en DTS : représentent la contrevaleur des avoirs de Bank Al-Maghrib auprès du FMI. Ce
compte enregistre à son débit, les opérations d’achats de DTS par la Banque et les rémunérations
versées par le FMI et à son crédit, les paiements sur une base trimestrielle des commissions sur
allocations de DTS ainsi que les remboursements d’emprunts du Maroc. Ces avoirs ont été
renforcés en 2021, suite à l’émission par le FMI d’une allocation générale de DTS au profit des
pays membres de 456 milliards de DTS. La part allouée au Maroc au titre de cette allocation
s’élève à 857,2 millions de DTS (l’équivalent de 10,9 milliards de dirhams1).
Au terme de l’année 2024, la contrevaleur en dirhams des avoirs en DTS s’est établie à
20 529 114 KDH, en hausse de 5% (+976 068 KDH) par rapport à fin 2023. Cette évolution
est le résultat du tirage sur la facilité pour la résilience et de la durabilité (FRD), accordée en
septembre 2023 par le FMI en faveur du Maroc, pour un montant global de 562,5 millions
de DTS2 (7 416 921 KDH) ainsi que les achats de DTS par la Banque courant l’année 2024 de
550 millions de DTS (7 232 666 KDH) après le remboursement opéré au titre de la LPL, en vue
de rétablir l’équilibre de la position en DTS.
1
Impactant à l’actif les avoirs en DTS et au passif les allocations de DTS.
2
En deux tranches, la première en mars d’un montant de 250 millions de DTS (3 322 977 KDH) et la seconde en novembre d’un montant de 312,5 millions
de DTS (4 093 944 KDH).
237
Etats financiers de la Banque
La hausse a été atténuée, notamment, par le règlement du principal dû par le Maroc au FMI au
titre de la LPL d’un montant global de 962,1 millions de DTS (12 915 614 KDH), le prélèvement
des frais financiers liés à la LPL de 56 millions de DTS (741 109 KDH) et au tirage sur la FRD de
8,8 millions de DTS (115 492 KDH), le paiement de la commission au titre de la ligne de crédit
modulable1 (LCM) de 9,2 millions de DTS (122 493 KDH) ainsi que par la dépréciation du cours
du DTS (-0,7%).
A fin 2024, ce poste a accusé une légère baisse de 1% (-122 615 KDH), revenant à 18 707 329 KDH,
attribuable principalement à la dépréciation du cours du DTS contre le dirham (-0,7%).
Souscription au FMA
Elle représente la fraction, prise en charge par la Banque, de la souscription libérée au capital
du FMA. La participation du Maroc à cette Institution s’élève à 41,33 millions de Dinars Arabes,
répartie3 entre Bank Al-Maghrib et le Trésor comme suit :
• 200 000 Dinars Arabes libérés en monnaie nationale versés au compte du FMA ouvert sur
les livres de Bank Al-Maghrib. La part revenant à la Banque est de 150 000 Dinars Arabes
(5 973 KDH) ;
• 21,69 millions de Dinars Arabes souscrits en devises dont la part revenant à la Banque
ressort à 10,10 millions de Dinars Arabes (399 597 KDH) est restée stable depuis la dernière
augmentation du capital en 2018 ;
• 19,44 millions de Dinars Arabes dont 9,10 millions revenant à Bank Al-Maghrib au titre des
augmentations du capital du FMA par incorporation des réserves, intervenues en 2005
(5,88 millions de Dinars Arabes) et en 2013 (3,23 millions de Dinars Arabes).
1
Approuvée en avril 2023 par le FMI en faveur du Maroc, portant sur un montant de 3,73 milliards de DTS.
2
Dont 436 millions de DTS au titre de l’allocation générale correspondant à 74,13% de la quote-part du Maroc en 2009 (588,2 millions de DTS)
et 39,7 millions de DTS relatifs à l’allocation spéciale accordée conformément au quatrième amendement du FMI.
3
A hauteur de 53,16% pour le Trésor et de 46,84% pour la Banque.
238
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Au terme de l’exercice 2024, cette créance a accusé une baisse de 64% (-12 816 436 KDH) à
7 090 424 KDH, attribuable à l’effet combiné du règlement courant cette année du principal dû au
FMI au titre de la LPL pour un montant de 962,1 millions de DTS faisant ainsi passer le montant
global de la créance de 1 499,8 millions de DTS à 537,7 millions de DTS, et de la dépréciation du
cours du DTS.
Le besoin de liquidité des banques s’est nettement accentué en 2024, tiré essentiellement par
l’expansion de la circulation fiduciaire. Dans ces conditions, la Banque a continué à répondre à
l’intégralité des demandes en liquidités des banques, augmentant le volume de ses interventions
sur le marché monétaire à 139 milliards de dirhams, en moyenne hebdomadaire, contre
98 milliards en 2023.
Au 31 décembre 2024, les concours aux banques ont porté sur un montant global de
156 560 695 KDH (129 602 053 KDH à fin 2023) dont :
• 72 623 271 KDH au titre des avances à 7 jours sur appel d’offres, consenties au taux directeur ;
• 49 650 424 KDH relatifs aux opérations de pension livrée (1 et 3 mois) consenties au taux
directeur ;
• 34 287 000 KDH correspondant aux opérations de prêt garanti dont 10 532 000 KDH à 1 et
3 mois et 23 755 000 KDH sur 1 an dans le cadre des programmes de soutien au financement
de l’économie1 (TPME, PIAFE, banques participatives).
Tableau 3.2.14 : Structure des concours aux Tableau 3.2.15 : Ventilation des concours aux
banques par instrument banques par maturité (*)
En milliers de dirhams 2024 2023 Var. % En milliers de dirhams 2024 2023 Var. %
Opérations de
122 273 695 102 248 053 20 7 jours 72 623 271 60 054 014 21
pension
Avances à 7 jours 72 623 271 60 054 014 21 1 mois 30 002 755 20 001 328 50
Pensions livrées 49 650 424 42 194 039 18 3 mois 30 179 669 30 001 712 1
Prêts garantis(*) 34 287 000 27 354 000 25 1 an 23 755 000 19 545 000 22
Total 156 560 695 129 602 053 21 Total 156 560 695 129 602 053 21
(*)
1 mois, 3 mois et 1 an. (*)
Maturité initiale.
1
0 847 000 KDH au titre du programme dédié aux TPME, 1 693 000 KDH au taux de 1,25% dans le cadre du programme PIAFE et 1 215 000 KDH au titre
2
du programme de refinancement des ‘banques participatives’.
239
Etats financiers de la Banque
Les autres actifs sont revenus, d’une fin d’année à l’autre, de 4 823 925 KDH à 4 169 685 KDH, en
baisse de 14%.
(dont)
La valeur brute du portefeuille des titres de participation de Bank Al-Maghrib a accusé une légère
baisse de -1 237 KDH revenant de 1 960 319 KDH à fin 2023 à 1 959 082 KDH à fin 2024. Cette
évolution est due principalement à la liquidation de la société Dar Ad-Damane (-2 764 KDH), et à
la hausse de la participation de la Banque dans le capital de la société SWIFT (+1 006 KDH) pour
atteindre 1 524 KDH, parallèlement à l’acquisition de 12 actions supplémentaires dans le cadre du
processus de réallocation triennal de cet organisme.
240
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Ubac Curaçao Financier 23 228 12 008 90 362 USD 353 913 6,85 23 228 -
Swift (6) Financier 1 524 1 524 719 277 EUR 33 0,03 519 >100
Fonds Monétaire Arabe Financier 5 973 5 973 1 423 541 DA(7) 3 0,02 6 257 -5
Programme de
Financement du Financier 16 856 16 856 1 220 986 USD 546 0,28 16 856 -
Commerce Arabe
Africa50 - Financement
Financier 175 142 175 142 461 275 USD 18 000 4,26(8) 175 142 -
de projets
Africa50 -
Développement de Financier 19 460 5 078 11 716 USD 2 000 4,29(8) 19 460 -
projets
Banque des Règlements
Financier 1 644 533 1 644 533 25 082 300 SDR(9) 3 000 0,53 1 644 533 -
Internationaux
Total brut des titres de
participation et emplois 1 959 082 1 933 479 1 960 319 -0,1
assimilés
(1)
ette des provisions constituées au titre de la dépréciation des participations de la Banque.
N
(2)
Situation nette des organismes dans lesquels la Banque détient des participations (en milliers), calculée selon la méthode de l’actif net comptable
sur la base des états de synthèse de 2023.
(3)
Variation de la valeur comptable brute entre 2023 et 2024.
(4)
Liquidation de la société Dar Ad-Damane et restitution intégrale de la participation de la Banque dans cette société et le fonds de garantie y afférent
pour un montant global de 2 764 KDH.
(5)
Avance en compte courant d’actionnaire consentie en 2023 en faveur de CFCA et créance au titre de la participation au Fonds Africa50.
(6)
Augmentation de la participation de la Banque au capital de la société SWIFT de 519 KDH à 1 524 KDH, suite à l’allocation de 12 actions
supplémentaires dans le cadre du processus de réallocation réalisé selon une fréquence triennale par cet organisme.
(7)
Dinars arabes.
(8)
Augmentation du capital social par apports de certains Etats africains pour un montant global de 5,5 millions USD. La quote-part de Bank Al-Maghrib
est, ainsi, revenue à 4,26% pour l’AFP et 4,29% pour l’ADP, contre 4,31% et 4,34% en 2023, respectivement.
(9)
SDR : Droits de Tirage Spéciaux (DTS).
1
es chiffres contenus dans le présent tableau sont exprimés en milliers de dirhams, exception faite de la situation nette des participations étrangères
L
présentée en devises.
241
Etats financiers de la Banque
Mobilier et matériel d’exploitation 2 986 135 109 877 66 719 3 029 293
Autres immobilisations corporelles d’exploitation 1 139 965 51 946 3 829 1 188 082
Immobilisations corporelles hors exploitation 775 560 4 975 227 780 307
A fin 2024, la valeur brute des immobilisations corporelles et incorporelles a atteint 8 242 804 KDH,
en hausse annuelle de 154 977 KDH. Les principaux investissements de cette année sont répartis
comme suit :
242
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Passif
Note 8 : Billets et monnaies en circulation
Bank Al-Maghrib exerce, conformément à l’article 5 de son statut, le privilège d’émission des billets
de banque et des pièces de monnaie. Le montant de ce poste correspond à la différence entre les
billets et monnaies émis et ceux abrités dans les caisses de la Banque.
Demeurant le poste le plus important du passif (80%), les billets et monnaies en circulation ont
poursuivi une tendance haussière, passant d’une fin d’année à l’autre, de 412 752 041 KDH à
444 273 240 KDH, soit une hausse de 8% contre 11% en 2023. Cette décélération s’explique
notamment par l’opération ponctuelle de régularisation volontaire de la situation fiscale des
personnes physiques.
Conformément à son profil saisonnier régulier, les billets et monnaies en circulation ont marqué
un pic courant le second semestre, ayant connu une concentration d’évènements à forte demande
en cash (période estivale, célébration de l’Aïd Al-Adha et rentrée scolaire).
410
400
390 Mois Ramadan et Rentrée MRE, célébration Aïd Fin année
célébration Aïd Al-Fitr Al-Adha et saison estivale
380
370
janv. févr. mars avr. mai juin juil. août sept. oct. nov. déc.
Il est à préciser que ces engagements abritent la partie non libérée au titre de la souscription
de la Banque au capital de la BRI, pour un montant de 11,3 millions de DTS (l’équivalent de
149 321 KDH).
243
Etats financiers de la Banque
La variation annuelle de -12 802 697 KDH des engagements de la Banque en dirhams convertibles
s’explique, principalement, par la baisse des engagements envers les organismes financiers
internationaux (-12 834 789 KDH), et par la hausse des engagements de la Banque envers les
banques étrangères (+38 254 KDH).
Les avoirs du « compte n°1 » du FMI, constituant l’essentiel de ce poste, et ceux du « compte n°2 »
du FMI réajustés annuellement1 pour tenir compte de la parité du Dirham contre le DTS ont accusé
une baisse à fin 2024 de 64% (-12 823 522 KDH). Cette évolution s’explique par le remboursement
cette année, selon une fréquence trimestrielle, du principal dû au titre des disponibilités de la LPL
pour un montant global de 12 915 613 KDH.
La réévaluation des avoirs en dirhams effectuée par le FMI au titre de l’exercice 2024 a porté sur
un montant de -292 947 KDH, a été ajustée de -66 912 KDH au cours de change du dernier jour
ouvrable de l’année.
• le compte courant du Trésor est tenu par Bank Al-Maghrib en vertu de l’article 16 de son
statut, et rémunéré aux conditions ci-dessous, conformément à la convention signée, le
28 juillet 2009, entre le Ministère de l’Economie et des Finances et Bank Al-Maghrib :
– la tranche inférieure ou égale à 2 milliards de dirhams est rémunérée au taux des avances
à 7 jours moins 50 pb ;
– la tranche supérieure à 2 milliards de dirhams et inférieure ou égale à 3 milliards est
rémunérée au taux des avances à 7 jours moins 100 pb ;
– la tranche supérieure à 3 milliards de dirhams n’est pas rémunérée.
1
Réévaluation annuelle depuis 2022 pour neutraliser l’impact de la réévaluation de la créance liée à l’utilisation par le Trésor des disponibilités de la LPL.
244
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
• les comptes des banques marocaines, destinés principalement à satisfaire leurs obligations
en matière de réserve monétaire instituée en vertu des articles 25 et 66 du statut de Bank
Al-Maghrib, ont été intégralement libérés au profit des banques sur décision du Conseil du
16 juin 2020 ;
• les dépôts des administrations et des établissements publics dont le Fonds Hassan II pour le
Développement Economique et Social.
Ce poste peut abriter, également, dans un contexte de surliquidité :
• les reprises de liquidités à 7 jours sous forme de dépôts à blanc par appel d’offres qui sont
assorties du taux directeur minoré de 50 pb ;
• les facilités de dépôts à 24 heures permettant aux banques de placer, à leur initiative, leur
excédent de trésorerie. La rémunération appliquée à ces dépôts correspond au taux directeur
minoré de 100 pb.
A fin 2024, les dépôts et engagements en dirhams ont progressé à 44 789 654 KDH, soit
6 788 684 KDH de plus par rapport à 2023 sous l’effet conjugué principalement de l’accroissement
des avoirs des banques marocaines (+9 699 933 KDH) et de la baisse des disponibilités du compte
courant du Trésor public (-3 416 190 KDH).
245
Etats financiers de la Banque
• les créditeurs divers constitués, principalement, des retenues d’impôts et taxes dont un
reliquat d’IS à payer de 767 984 KDH et des autres sommes dues en instance de règlement.
Ils affichent à fin 2024, un solde de 1 425 932 KDH dont 534 421 KDH correspondent à des
dettes envers les fournisseurs (585 427 KDH à fin 2023). La décomposition de ces dettes par
échéance se présente comme suit :
• le compte d’évaluation des réserves de change abrite les variations des contrevaleurs
résultant de l’évaluation des avoirs et des engagements en or, en métaux précieux et en devises
y compris les DTS, sur la base des cours du dernier jour ouvrable de l’année, conformément
aux dispositions de la convention régissant ce compte conclue entre Bank Al-Maghrib et le
MEF2.
En 2024, ce compte a atteint un pic de 21 370 347 KDH à fin mars, puis emprunté
un trend baissier compte tenu de l’appréciation du dirham contre devises revenant ainsi à
15 622 597 KDH à fin août, et s’est amélioré par la suite pour terminer l’année sur un solde
créditeur de 18 425 519 KDH, en légère hausse (+10 594 KDH) par rapport à 2023.
1
ompte tenu de la reprise constatée cette année aux provisions constituées, conformément aux dispositions de l’article 247 bis du Code général des
C
impôts, portant sur l’étalement fiscal sur 5 ans de tout don ou legs pour le compte de l’Etat.
2
Cf. Section relative aux principales règles comptables et méthodes d’évaluation.
246
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
A fin décembre 2024, ce solde a représenté 5,3% des avoirs extérieurs nets de la Banque
(349,8 milliards de dirhams) contre 5,7% à fin 2023.
Le fonds général de réserves a, pour sa part, été constitué, conformément à l’article 48 dudit statut
par prélèvement de 10% sur le bénéfice net et a atteint le montant du capital.
Les fonds de réserves spéciaux ont été constitués, par affectation d’une partie des bénéfices, en
référence à l’article 48 précité. Ils se sont situés depuis 2006 à 4 501 340 KDH et se sont élevés en
2024 à 5 501 340 KDH, suite à l’affectation de 1 milliard de dirhams.
La réserve pour perte de change affiche un solde nul, suite à sa restitution en 2023 au Trésor,
en application des dispositions de la convention relative au compte d’évaluation des réserves de
change.
Le report à nouveau est passé, d’une année à l’autre, de -384 308 KDH à 21 367 KDH, compte tenu
de l’absorption de la perte enregistrée en 2022.
247
Etats financiers de la Banque
• les achats et ventes de titres et de devises entre la date de négociation (date d’engagement) et
la date de livraison et/ou de règlement (date de valeur) ;
• les opérations de swaps de devises entre la date de négociation (date d’engagement) et la date
d’échéance (date de maturité) ;
• les garanties reçues par la Banque dans le cadre de la conduite de la politique monétaire et
des facultés d’avances ;
• les engagements en termes de refinancement des banques ;
• les cautions données ou reçues par la Banque (marchés).
248
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Titres reçus sur avances accordées 128 994 653 107 969 056
Autres garanties reçues sur avances accordées 37 836 194 30 750 502
8% Crédits hypothécaires
3% Créances EEP
2%
2%
Crédits TPME
4%
0,4% Créances PIAFE
1%
79% Créances d'Etat
Certificats de dépôts
Autres créances(2)
(1)
Collatéral reçu sur les avances accordées par la Banque dans le cadre de la politique monétaire.
(2)
Wakala Bil Istitmar et les bons de sociétés de financement.
Engagements de garantie reçues au titre des prêts au personnel 916 140 904 446
249
Etats financiers de la Banque
Reflétant l’amélioration des taux de rendement, les intérêts issus des opérations de placement en
devises ont augmenté de 30% à 7 955 035 KDH, dont 6 024 194 KDH (76%) issus des placements
obligataires. Ces derniers se répartissent comme suit :
• 4 880 814 KDH générés par le portefeuille d’investissement (+44% ou +1 499 365 KDH), grâce
au renforcement des investissements au sein des portefeuilles HTM acquis à des taux élevés ;
• 1 143 379 KDH issus du portefeuille de placement (+37% ou +305 978 KDH), portée
essentiellement par le portefeuille USD qui a bénéficié de la hausse des taux de rendement.
Les intérêts sur les placements monétaires se sont établis à 1 058 445 KDH, soit 57 708 KDH de
plus qu’en 2023, s’expliquant principalement par la hausse de l’encours des placements en dollar.
250
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
S’agissant des intérêts des avoirs en DTS, ils sont passés d’une fin d’année à l’autre, de 813 571 KDH
à 835 392 KDH, traduisant la hausse à la fois des avoirs en DTS et du taux moyen de rémunération
du DTS de +3 pb à 3,84% (contre 3,81% en 2023).
Les intérêts des placements en or ont connu une forte baisse (-14 132 KDH) revenant à 598 KDH,
due à l’absence en 2024 d’opérations de prêts de l’or eu égard aux taux de rémunération nuls voire
négatifs. Le produit enregistré d’un montant de 598 KDH, correspond aux opérations arrivées à
échéance en début de cette année.
Note 18 :
Intérêts perçus sur créances sur les établissements de crédit et assimilés
marocains
Ce poste enregistre les intérêts perçus sur les concours accordés aux établissements de crédit
dans le cadre de la conduite de la politique monétaire (Cf. Note 5 du bilan pour les conditions de
rémunération).
Bank Al-Maghrib a réduit en 2024 son taux directeur à deux reprises, en juin et en décembre, de
25 points de base chacune pour le ramener à 2,50%.
Les intérêts sur les concours aux établissements de crédit ont atteint 3 948 987 KDH à fin
2024, marquant une nouvelle hausse qui s’est située cette année à 946 761 KDH, résultant de
l’augmentation du volume des interventions de la Banque sur le marché monétaire, parallèlement
au resserrement des trésoreries bancaires, atténuée par les réductions du taux directeur. Ils se
composent, notamment, de :
• 1 557 728 KDH issus des avances à 7 jours Tableau 3.2.29 : Intérêts perçus sur les concours
qui se sont accrus de 30%, dû principalement aux établissements de crédit
à la hausse de l’encours moyen qui s’est En milliers de dirhams 2024 2023 Var.%
établi à 54 818 077 KDH ;
(dont)
progressé de moitié (+53%), portant sur un Pensions livrées 1 468 598 961 447 53
encours moyen de 51 319 429 KDH ; Prêts garantis 920 920 653 394 41
251
Etats financiers de la Banque
Les commissions perçues ont baissé de 4%, revenant de 1 135 349 KDH à 1 087 281 KDH. Cette
évolution s’explique, principalement, par le repli de 27% (-31 696 KDH) de la commission prélevée
au titre de la centralisation des opérations d’adjudication des Bons du Trésor, traduisant la baisse
des levées du Trésor (172 milliards de dirhams en 2024 contre 255 milliards de dirhams en 2023).
Elle reflète également le recul de 1% (-8 516 KDH) des commissions perçues sur les opérations de
change.
Les commissions perçues sur les placements du Trésor sur le marché monétaire se sont situées
en 2024 à 9 532 KDH, en recul de 3 751 KDH par rapport à l’année dernière. Cette variation est
attribuable à la baisse de l’encours de ces placements (18 milliards de dirhams en 2024, en moyenne
quotidienne, contre 27 milliards en 2023).
252
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Au terme de 2024, ces produits ont marqué une légère hausse de +22 504 KDH se situant à
1 206 050 KDH. Cette augmentation recouvre principalement la progression des étalements des
décotes sur titres d’investissement (+190 389 KDH) et des plus-values des titres de placement
(+89 041 KDH) notamment suite à la cession des titres en dollar, eu égard à l’évolution de leurs
taux de rendement, ainsi qu’une baisse des plus-values sur mandats de gestion (-150 805 KDH)
due à une performance réalisée en 2024 inférieure à celle de 2023.
De même, les gains réalisés sur les opérations de swap de change avec les contreparties étrangères
se sont situés à 41 466 KDH contre 48 144 KDH un an auparavant, reflétant ainsi l’évolution cette
année des taux de rendement.
Bank Al-Maghrib a perçu également en 2024 le boni de liquidation de la société Dar Ad-Damane,
au prorata de sa quote-part dans le capital social d’un montant de 1 467 KDH et ce, en application
des décisions prises à l’issue de la réunion plénière des actionnaires tenue le 6 mars 2024.
253
Etats financiers de la Banque
Au terme de 2024, les ventes de biens et services produits se sont établies à 484 830 KDH, en
légère baisse de 1% ou -5 287 KDH par rapport à 2023. Cette variation recouvre une baisse de
40% des stocks des produits finis et semi-finis (-22 422 KDH) ainsi que la progression des ventes
de documents sécurisés (+13 920 KDH) à 390 746 KDH dont 216 815 KDH au titre des passeports
biométriques et 153 106 KDH au titre des cartes identitaires sécurisées1 ainsi que de la hausse de
la contribution pour frais de contrôle sur place (+3 539 KDH) à 60 935 KDH.
1
Il s’agit,notamment, du permis de conduire et du certificat d’immatriculation électronique.
254
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Au terme de 2024, ces intérêts ont reculé de Tableau 3.2.33 : Intérêts sur engagements
en dirhams
12% à 334 984 KDH, en raison principalement
En milliers de dirhams 2024 2023 Var. %
de la baisse de la rémunération des comptes
de la clientèle de la Banque. (dont)
Ces commissions se sont établies à 25 216 KDH, soit 26% de moins (-8 769 KDH) par rapport à
l’année dernière. Cette variation est attribuable, essentiellement, par la baisse des commissions
sur opérations de change BBE (-5 031 KDH) et sur les droits de garde des titres étrangers
(-3 972 KDH).
255
Etats financiers de la Banque
La marge d’intermédiation négative sur les opérations de change s’est située à fin 2024 à
8 082 KDH au lieu de 7 135 KDH un an plus tôt. A ce titre, la marge d’intermédiation nette s’est
située au terme de 2024 à -7 943 KDH contre -6 966 KDH à fin 2023.
Ces charges se sont élevées à fin 2024 à 1 020 595 KDH, soit une hausse de 253 188 KDH. Cette
évolution s’explique principalement par l’effet combiné de l’augmentation des moins-values des
titres de placement qui sont passées, d’une fin d’année à l’autre, de 146 774 KDH à 547 845 KDH,
tirée essentiellement par l’arrivée à échéance des titres notamment en EUR, et de la baisse des
étalements des primes sur titres d’investissement (-138 228 KDH).
Note 30 : Charges de personnel
Ce poste loge, principalement, les salaires et les appointements, les indemnités et les primes
versées, les contributions patronales à la Caisse de Retraite du Personnel de Bank Al-Maghrib
et les participations au Fonds Mutuel, les primes d’assurance du personnel ainsi que les frais
de formation professionnelle.
256
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
257
Etats financiers de la Banque
Les dotations aux amortissements sont revenues de 272 675 KDH à fin 2023 à 254 120 KDH à fin
2024, accusant ainsi une baisse de 18 556 KDH.
Les dotations aux provisions pour dépréciation des titres de placement ont clôturé l’année 2024
sur un montant de 32 198 KDH contre 19 338 KDH en 2023.
Bons du Trésor étrangers et assimilés 1 602 247 32 198 1 389 732 476 245 188
Provisions pour risques et charges (dont) 1 258 598 400 949 214 736 1 444 812
258
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
L’impôt sur le résultat (IS) est passé, entre fin 2023 et fin 2024, de 3 669 909 KDH à 4 510 804 KDH.
+27% 16 370
13 864
5 106 6 460
-8 758
-9 910
2023 2024
1
e taux de l’IS prévu par le code général des impôts (CGI) est de 40% selon une approche progressive sur une période de quatre ans. Le différentiel
L
entre le taux initial soit de 37% et le taux cible 40% est étalé progressivement durant la période allant du 1er janvier 2023 au 31 décembre 2026.
259
Etats financiers de la Banque
Avoirs et placements en or 18 781 915 14 532 787 13 498 946 12 008 623 11 989 425
Avoirs et placements en devises 339 309 229 333 341 042 318 867 128 298 416 554 297 853 278
-Avoirs et placements auprès des banques
34 533 011 44 481 551 52 900 450 50 752 727 88 485 179
étrangères
-Bons du Trésor étrangers et assimilés 294 645 307 279 618 315 257 366 426 239 508 275 205 947 284
-Autres avoirs en devises 10 130 912 9 241 175 8 600 252 8 155 552 3 420 815
-Avoirs en Droits de Tirage Spéciaux 20 529 114 19 553 046 20 100 998 19 105 311 6 715 532
-Souscription au Fonds Monétaire Arabe 399 597 402 216 421 344 393 602 388 650
Créances sur le Trésor public 7 090 424 19 906 860 20 853 545 - 243 839
-Valeurs reçues en pension des banques 49 650 424 42 194 039 21 533 559 22 749 736 15 280 279
-Avances aux banques 106 910 271 87 408 014 92 886 621 68 474 368 68 955 288
-Autres créances 450 163 341 728 182 557 135 822 120 579
Bons du Trésor - Opérations d’Open
- - - - -
Market
Autres actifs 4 169 685 4 823 925 3 706 864 3 988 298 4 329 415
Valeurs immobilisées 4 645 292 4 663 512 4 678 426 4 773 927 4 840 082
Total Actif 554 068 553 529 313 584 498 978 477 432 144 052 412 800 465
260
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Billets et monnaies en circulation 444 273 240 412 752 041 372 786 283 337 710 576 319 282 169
- Billets en circulation 439 909 217 408 599 194 368 820 223 333 902 150 315 640 803
- Monnaies en circulation 4 364 023 4 152 848 3 966 060 3 808 426 3 641 365
Engagements en or et en devises 4 189 231 5 524 282 6 742 577 5 102 421 8 387 871
- Engagements en or - - - - -
- Engagements en devises 4 189 231 5 524 282 6 742 577 5 102 421 8 387 871
Engagements en dirhams convertibles 7 419 443 20 222 140 21 230 274 19 566 060 29 434 460
-E
ngagements envers des organismes
7 404 544 20 201 079 21 212 432 19 554 414 29 421 299
financiers internationaux
Dépôts et engagements en dirhams 44 789 654 38 000 970 42 444 609 38 967 531 35 974 495
Compte courant du Trésor public 7 462 609 10 878 799 4 087 201 5 258 034 6 242 051
Dépôts et engagements en dirhams envers
32 307 874 22 607 941 32 383 423 28 484 675 24 819 013
les banques marocaines
- Comptes courants 32 307 874 22 607 941 32 383 423 28 484 675 24 819 013
Autres comptes 3 791 534 3 261 490 4 642 191 4 048 778 3 940 073
Autres passifs 21 706 964 23 761 499 30 670 166 5 735 780 5 308 085
Allocations de Droits de Tirage Spéciaux 18 707 329 18 829 944 19 725 415 18 426 682 7 200 415
Capitaux propres et assimilés 6 522 707 5 117 032 5 792 002 5 697 969 5 528 801
- Capital 500 000 500 000 500 000 500 000 500 000
- Réserves 6 001 340 5 001 340 5 263 461 5 169 757 5 001 340
Résultat net de l’exercice 6 459 984 5 105 675 -412 850 937 033 1 684 169
Total Passif 554 068 553 529 313 584 498 978 477 432 144 052 412 800 465
261
Etats financiers de la Banque
Produits 16 369 754 13 863 998 6 876 041 5 282 811 5 961 582
Commissions perçues 1 087 281 1 135 349 1 121 250 651 047 611 277
Autres produits financiers 1 206 050 1 183 547 295 166 569 062 813 906
Ventes de biens et services produits 484 830 490 118 382 028 310 627 204 829
Reprises de provisions 1 411 003 1 887 286 111 191 60 699 50 359
Charges 9 909 770 8 758 323 7 288 891 4 345 777 4 277 414
Autres charges financières 1 020 595 767 408 1 673 613 769 534 754 764
Charges de personnel 929 863 850 114 898 809 880 452 878 935
Achats de matières et fournitures 505 447 343 563 370 771 313 924 285 073
Autres charges externes 445 866 416 771 370 044 357 299 354 619
Charges non courantes 696 064 1 008 188 111 468 123 205 76 461
Impôt sur le résultat 4 510 804 3 669 909 27 012 713 824 1 130 502
Résultat net 6 459 984 5 105 675 -412 850 937 033 1 684 169
262
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
La CRP-BAM assure au profit des agents de la Banque ou de leurs ayants cause, la pension de
retraite, la pension d’invalidité, la pension d’ayants cause et l’allocation mixte capital-pension. Le
FM assure le remboursement des frais médicaux et pharmaceutiques au profit des agents de la
Banque et les membres éligibles de leurs familles.
Conformément aux dispositions de l’article 78 des statuts de la Banque, les activités et les opérations
des Fonds précités font l’objet d’une comptabilité séparée.
Les instances de gouvernance de ces régimes régies par la loi n°40-17 portant statut de Bank
Al-Maghrib ainsi que par l’Instruction du Wali n°3/W/2023 portant charte de pilotage des régimes
de retraite et de prévoyance sociale se présentent comme suit :
• Le Conseil de la Banque qui veille à la mise en œuvre de tous les instruments qui concourent
au respect, à la fois, des principes fondateurs et de l’équilibre des régimes.
• Le Wali qui statue sur toutes les propositions du Comité de Pilotage des fonds sociaux avant
leur approbation par le Conseil de la Banque.
• Le Comité de pilotage des fonds sociaux, institué par décision du Conseil de la Banque du
25 mars 2008, présidé par un membre de ce dernier et qui se réunit une fois par an et chaque
fois qu’il est nécessaire dans l’objectif d’assurer le suivi de la gestion technique et financière
des deux régimes.
Engagement brut 4 403 184 4 000 753 716 282 667 598
Actifs de couverture 3 770 202 3 358 711 540 411 470 138
Engagement net (*) -632 982 -642 042 -175 871 -197 460
(*)
Engagement net des fonds sociaux totalement provisionné à 808 853 KDH à fin 2024 (Cf. Note 12 du bilan).
263
Etats financiers de la Banque
Les engagements de retraite et de maladie sont calculés conformément aux standards actuariels,
en utilisant la méthode des unités de crédit projetées qui tient compte de l’évolution des salaires,
de la revalorisation des pensions et de la probabilité de recevoir la prestation1.
Les données, les hypothèses retenues dans les évaluations actuarielles ainsi que les engagements
de retraite et de maladie font l’objet d’une validation par un actuaire indépendant.
La gestion des actifs des fonds sociaux s’inscrit dans le cadre d’une allocation stratégique,
définissant une répartition optimale par classe d’actifs, compte tenu des objectifs des régimes de
retraite et de couverture médicale, en termes de rendement et de risque.
1
Liée à la probabilité de présence à la date de départ à la retraite, tenant compte principalement des risques de démission et de décès.
264
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Deloitte Audit
Bd Sidi Mohammed Benabdellah
Bâtiment C – Tour Ivoire 3 – 3ème étage
La Marina - Casablanca
Maroc
3.5 Rapport général du CAC
RAPPORT DU COMMISSAIRE AUX COMPTES
EXERCICE DU 1er JANVIER AU 31 DECEMBRE 2024
Opinion
Conformément à la mission qui nous a été confiée par le Conseil de la Banque, nous avons
effectué l’audit des états de synthèse ci-joints de BANK AL MAGHRIB, qui comprennent le
bilan au 31 décembre 2024, le compte de produits et charges et l’état des informations
complémentaires (ETIC). Ces états de synthèse font ressortir un montant de capitaux
propres et assimilés de 12 982 691KMAD dont un bénéfice net de 6 459 984KMAD.
Nous certifions que les états de synthèse cités au premier paragraphe ci-dessus sont
réguliers et sincères et donnent, dans tous leurs aspects significatifs, une image fidèle du
résultat des opérations de l’exercice écoulé ainsi que de la situation financière et du
patrimoine de BANK AL MAGHRIB au 31 décembre 2024, conformément au référentiel
comptable en vigueur au Maroc.
Fondement de l’opinion
Nous avons effectué notre audit selon les Normes de la Profession au Maroc. Les
responsabilités qui nous incombent en vertu de ces normes sont plus amplement décrites
dans la section « Responsabilités de l’auditeur à l’égard de l’audit des états de synthèse »
du présent rapport. Nous sommes indépendants de la Banque conformément aux règles
de déontologie qui s’appliquent à l’audit des états de synthèse au Maroc et nous nous
sommes acquittés des autres responsabilités déontologiques qui nous incombent selon ces
règles. Nous estimons que les éléments probants que nous avons obtenus sont suffisants
et appropriés pour fonder notre opinion d’audit.
Lors de la préparation des états de synthèse, c’est à la direction qu’il incombe d’évaluer la
capacité de la Banque à poursuivre son exploitation, de communiquer, le cas échéant, les
questions relatives à la continuité de l’exploitation et d’appliquer le principe comptable de
continuité d’exploitation, sauf si la direction a l’intention de liquider la Banque ou de cesser
son activité ou si aucune autre solution réaliste ne s’offre à elle.
265
Etats financiers de la Banque
Nos objectifs sont d’obtenir l’assurance raisonnable que les états de synthèse pris dans
leur ensemble sont exempts d’anomalies significatives, que celles-ci résultent de fraudes
ou d’erreurs et de délivrer un rapport de l’auditeur contenant notre opinion. L’assurance
raisonnable correspond à un niveau élevé d’assurance, qui ne garantit toutefois pas qu’un
audit réalisé conformément aux normes de la profession au Maroc permettra toujours de
détecter toute anomalie significative qui pourrait exister. Les anomalies peuvent résulter
de fraudes ou d’erreurs et elles sont considérées comme significatives lorsqu’il est
raisonnable de s’attendre à ce que, individuellement ou collectivement, elles puissent
influer sur les décisions économiques que les utilisateurs des états de synthèse prennent
en se fondant sur ceux-ci.
Dans le cadre d’un audit réalisé conformément aux normes de la profession au Maroc, nous
exerçons notre jugement professionnel et faisons preuve d’esprit critique tout au long de
cet audit. En outre :
• nous identifions et évaluons les risques que les états de synthèse comportent des
anomalies significatives, que celles-ci résultent de fraudes ou d’erreurs, concevons
et mettons en œuvre des procédures d’audit en réponse à ces risques, et réunissons
des éléments probants suffisants et appropriés pour fonder notre opinion. Le risque
de non-détection d’une anomalie significative résultant d’une fraude est plus élevé
que celui d’une anomalie significative résultant d’une erreur, car la fraude peut
impliquer la collusion, la falsification, les omissions volontaires, les fausses
déclarations ou le contournement du contrôle interne ;
• nous acquérons une compréhension des éléments du contrôle interne pertinents
pour l’audit afin de concevoir des procédures d’audit appropriées aux circonstances,
et non dans le but d’exprimer une opinion sur l’efficacité du contrôle interne de la
Banque ;
• nous apprécions le caractère approprié des méthodes comptables retenues et le
caractère raisonnable des estimations comptables faites par la direction, de même
que des informations y afférentes fournies par cette dernière ;
• nous tirons une conclusion quant au caractère approprié de l’utilisation par La
direction du principe comptable de continuité d’exploitation et, selon les éléments
probants obtenus, quant à l’existence ou non d’une incertitude significative liée à
des événements ou situations susceptibles de jeter un doute important sur la
capacité de la Banque à poursuivre son exploitation. Si nous concluons à l’existence
d’une incertitude significative, nous sommes tenus d’attirer l’attention des lecteurs
de notre rapport sur les informations fournies dans les états de synthèse au sujet
de cette incertitude ou, si ces informations ne sont pas adéquates, d’exprimer une
opinion modifiée. Nos conclusions s’appuient sur les éléments probants obtenus
jusqu’à la date de notre rapport. Des événements ou situations futurs pourraient
par ailleurs amener la Banque à cesser son exploitation ;
• nous évaluons la présentation d’ensemble, la structure et le contenu des états de
synthèse, y compris les informations fournies dans l’ETIC, et apprécions si les états
de synthèse représentent les opérations et événements sous-jacents d’une manière
propre à donner une image fidèle.
266
Page 3 sur 4
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Nous nous sommes assurés de la concordance des informations données dans le rapport
de gestion avec les états de synthèse de la Banque.
Deloitte Audit
267
Page 4 sur 4
Etats financiers de la Banque
Lors de sa séance du 18 mars 2025, après avoir pris connaissance de l’opinion du commissaire aux
comptes sur la sincérité et la concordance des états de synthèse avec les informations données
dans le rapport de gestion de la Banque, le Conseil a approuvé les états de synthèse et la répartition
du résultat net de l’exercice 2024.
268
Annexes
statistiques
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
271
Annexes
Economie nationale
Emploi et chômage
Taux d'activité (en %) 44,3 43,6 43,5
Taux d'emploi (en %) 39,1 38,0 37,7
Créations nettes d'emploi (en milliers) -24 -157 82
Taux de chômage (en %) 11,8 13,0 13,3
Productivité apparente du travail dans les activités non agricoles
1,2 3,1 1,6
(variation en %)
Prix (variation en %)
Inflation 6,6 6,1 0,9
Inflation sous-jacente 6,6 5,6 2,2
Comptes extérieurs
Exportations FAB (en MMDH) 428,6 430,2 456,3
Importations CAF (en MMDH) 737,4 715,8 761,3
Solde commercial (en % du PIB) -23,2 -19,3 -19,1
Recettes de voyages (en MMDH) 93,9 107,6 112,5
Recettes MRE (en MMDH) 110,8 115,2 119,0
Solde du compte des transactions courantes (en % du PIB) -3,5 -1,0 -1,2
Recettes IDE (en % du PIB) 3,0 2,7 2,7
Finances publiques (en % du PIB)
Solde budgétaire global (1) -5,4 -4,4 -3,9
Dette totale du Trésor (dette directe) 71,4 68,7 67,7
Dette intérieure du Trésor 54,2 51,6 50,8
Dette extérieure du Trésor 17,2 17,1 16,9
Dette extérieure publique 31,8 29,7 29,3
Monnaie et conditions monétaires
(*) Chiffres révisés pour les rubriques : finances publiques, monnaie et conditions monétaires.
(**) Chiffres provisoires pour les rubriques : comptes extérieurs, finances publiques, monnaie et conditions monétaires.
(1) Hors produit de cession des participations de l'État.
(2) A fin décembre.
(3) Taux moyens pondérés à fin décembre.
Sources : Haut Commissariat au Plan, Office des Changes, Ministère de l'Economie et des Finances (DTFE) et Bank Al-Maghrib.
272
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Education, santé humaine et activités d’action sociale 0,8 3,6 6,5 4,6 6,6
Impôts sur les produits nets des subventions -8,3 10,3 1,2 5,6 7,5
273
Annexes
TABLEAU A2.2 PRODUIT INTÉRIEUR BRUT À PRIX COURANT PAR BRANCHE D'ACTIVITÉ
(En millions de dirhams)
Produit intérieur brut 1 152 477 1 276 563 1 333 539 1 479 763 1 596 799
Secteur primaire 122 896 152 906 130 636 164 715 168 739
Agriculture et sylviculture 117 094 143 963 124 326 157 242 160 270
Secteur secondaire 300 147 331 318 347 861 374 720 409 387
Industries manufacturières 174 916 194 493 214 031 233 682 243 758
Distribution d’électricité et de gaz- Distribution d’eau, réseau
44 343 45 360 23 950 34 446 42 111
d’assainissement, traitement des déchets
Construction 64 229 67 183 75 759 82 764 89 844
Secteur tertiaire 613 006 661 109 726 769 794 851 841 942
Commerce de gros et de détail , réparation de véhicules
111 643 129 974 145 892 159 921 169 724
automobiles et de motocycles
Transports et entreposage 33 754 37 263 38 544 44 714 45 186
Éducation, santé humaine et activités d’action sociale 87 739 91 216 97 283 102 938 110 863
Valeur ajoutée totale 1 036 049 1 145 333 1 205 266 1 334 286 1 420 068
PIB non agricole 1 035 383 1 132 600 1 209 213 1 322 521 1 436 529
Valeur ajoutée non agricole 918 955 1 001 370 1 080 940 1 177 044 1 259 798
Impôts sur les produits nets des subventions 116 428 131 230 128 273 145 477 176 731
274
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Variation en %
2020 2021 2022* 2023* 2024** 2023* 2024**
2022 2023
RESSOURCES
Produit intérieur brut 1 152 477 1 276 563 1 333 539 1 479 763 1 596 799 11,0 7,9
Importations de biens et services 438 514 541 101 749 378 750 244 801 413 0,1 6,8
EMPLOIS
Dépenses de consommation finale des ménages 672 606 750 896 816 977 891 951 945 594 9,2 6,0
Dépenses de consommation finale des Administra-
223 638 242 213 252 580 268 585 286 656 6,3 6,7
tions publiques
Dépenses de consommation finale des ISBLSM(1) 8 204 9 949 10 913 12 684 15 103 16,2 19,1
Formation brute de capital fixe 302 245 335 583 354 939 371 065 422 496 4,5 13,9
Variation de stocks 27 596 53 931 48 953 55 627 55 312 13,6 -0,6
Acquisitions – cessions d’objets de valeur 1 807 2 089 2 308 2 415 2 419 4,6 0,2
Exportations de biens et services 354 895 423 003 596 247 627 680 670 632 5,3 6,8
TABLEAU A2.4 REVENU NATIONAL BRUT DISPONIBLE À PRIX COURANT ET SON AFFECTATION
(En millions de dirhams)
Variation en %
2020 2021 2022* 2023* 2024** 2023* 2024**
2022 2023
Produit intérieur brut 1 152 477 1 276 563 1 333 539 1 479 763 1 596 799 11,0 7,9
Revenu de la propriété net en provenance de
-11 018 -17 606 -19 451 -22 821 -23 681 17,3 3,8
l'extérieur
Revenu national brut 1 141 459 1 258 957 1 314 088 1 456 942 1 573 118 10,9 8,0
Transferts courants nets en provenance de
81 200 105 776 125 253 129 874 135 932 3,7 4,7
l’extérieur
Revenu national brut disponible 1 222 659 1 364 733 1 439 341 1 586 816 1 709 050 10,2 7,7
Dépenses de consommation finale nationale 904 448 1 003 058 1 080 470 1 173 220 1 247 353 8,6 6,3
Ménages 672 606 750 896 816 977 891 951 945 594 9,2 6,0
Administrations publiques 223 638 242 213 252 580 268 585 286 656 6,3 6,7
ISBLSM 8 204 9 949 10 913 12 684 15 103 16,2 19,1
Épargne nationale brute 318 211 361 675 358 871 413 596 461 697 15,2 11,6
(*) Chiffres révisés.
(**) Chiffres provisoires.
Source : Haut Commissariat au Plan.
275
Annexes
Variation en %
2020 2021 2022* 2023* 2024** 2023* 2024**
2022 2023
RESSOURCES
Epargne nationale brute 318 211 361 675 358 871 413 596 461 697 15,2 11,6
Transferts nets en capital 3 0 23 2 714 0 - -
EMPLOIS
Formation brute de capital fixe 302 245 335 583 354 939 371 065 422 496 4,5 13,9
Variations de stocks 27 596 53 931 48 953 55 627 55 312 13,6 -0,6
Acquisitions – cessions d’objets de valeur 1 807 2 089 2 308 2 415 2 419 4,6 0,2
Capacité (+) / besoin (-) de financement -13 434 -29 928 -47 306 -12 797 -18 530 -72,9 44,8
Source : Ministère de l'Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts.
Variation
en %
2021 2022 2023 2024* 2024*
2023
Production nette locale (1) 41 260 41 420 42 409 43 698 3,0
Thermique 32 866 33 669 32 996 31 961 -3,1
Hydraulique 1 213 679 516 686 33,0
Eolienne 5 024 5 292 6 481 9 256 42,8
Solaire 1 839 1 452 2 149 1 645 -23,4
Soldes des échanges d'électricité (2) -163 1 397 1 849 2 539 -
276
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Variation en %
Secteur et Branche 2023 2024 2024
2023
277
Annexes
278
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
279
Annexes
280
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
2023 44,8 55,7 48,7 38,5 53,3 43,7 14,1 4,2 10,1
Tanger-Tétouan-Al Hoceima
2024 44,4 55,4 48,3 38,1 53,1 43,3 14,3 4,2 10,2
2023 38,9 43,5 40,1 30,6 36,9 32,2 21,3 15,2 19,6
Oriental
2024 39,6 41,4 40,1 30,7 34,7 31,7 22,5 16,1 20,9
2023 39,4 46,5 41,8 31,8 43,9 35,8 19,3 5,5 14,2
Fès-Meknès
2024 40,0 45,2 41,7 32,6 42,0 35,7 18,5 7,2 14,4
2023 42,1 49,9 44,0 36,0 47,8 38,9 14,5 4,3 11,6
Rabat-Salé-Kénitra
2024 41,9 47,7 43,4 35,5 45,2 37,9 15,3 5,2 12,6
2023 35,5 45,4 40,0 29,2 41,7 34,9 17,7 8,2 12,8
Béni Mellal-Khénifra
2024 36,1 44,1 39,7 29,9 40,6 34,8 17,2 8,0 12,5
2023 44,3 52,9 46,1 36,5 49,7 39,2 17,8 6,1 15,0
Casablanca-Settat
2024 44,2 52,8 46,0 36,5 49,3 39,1 17,5 6,7 15,0
2023 41,7 46,0 44,0 36,6 44,1 40,6 12,2 4,1 7,7
Marrakech-Safi
2024 42,3 45,1 43,8 36,7 42,6 39,9 13,2 5,4 8,9
2023 38,7 43,5 41,7 31,7 39,8 36,7 18,0 8,6 11,9
Drâa-Tafilalet
2024 37,4 42,9 40,8 31,9 39,3 36,5 14,9 8,5 10,7
2023 40,7 35,8 39,0 34,4 32,5 33,7 15,5 9,5 13,5
Souss-Massa
2024 42,2 36,7 40,3 36,1 34,0 35,4 14,6 7,3 12,3
2023 41,8 47,3 43,6 34,8 44,3 38,0 16,8 6,3 13,0
National
2024 42,0 46,5 43,5 34,9 43,3 37,7 16,9 6,8 13,3
281
TABLEAU A4.1 INFLATION
282
( En pourcentage, en glissement annuel )
( Base 100 = 2017 )
Annexes
Inflation
Produits
Période Meubles
alimen- Carburants Produits à Logement,
Globale taires et lubri- tarifs régle- Produits articles de
Articles d'ha- eau, gaz, Restau- Biens et
à prix fiants mentés alimentaires ménage et Communica- Loisirs et Enseigne-
Globale billement et électricité et Santé(1) Transport(2) rants et services
volatils inclus dans entretien tion culture(1) ment
chaussures autres com- hôtels divers (1)
l'IPCX courant du
bustibles(1)
foyer
2023 6,1 18,8 -4,1 0,8 5,6 9,8 3,7 1,7 3,8 2,9 3,7 0,2 1,8 3,8 5,7 2,4
Janvier 8,9 21,7 29,7 0,2 8,4 15,5 5,1 2,2 6,2 2,4 5,3 0,6 5,9 4,5 5,0 2,5
Février 10,1 32,2 21,1 0,6 8,5 15,7 5,1 2,2 6,1 2,6 5,0 0,5 5,9 4,5 6,1 2,6
Mars 8,2 21,1 8,1 0,8 7,9 14,3 4,9 2,0 5,8 2,5 5,9 0,5 6,1 4,5 6,2 2,5
Avril 7,8 24,0 -7,3 0,9 7,3 12,8 4,4 2,0 5,6 2,5 5,5 0,4 5,9 4,5 6,7 2,6
Mai 7,1 26,9 -12,6 0,9 6,1 10,4 3,8 2,0 4,0 2,4 4,9 0,5 1,5 4,5 6,9 2,5
Juin 5,5 20,4 -20,1 1,0 5,3 9,0 3,6 1,6 3,5 2,6 4,0 0,2 0,4 4,5 6,0 2,5
Juillet 4,9 17,9 -23,1 0,9 5,1 8,5 3,6 1,4 3,1 3,2 3,9 0,2 0,3 4,5 5,8 2,5
Août 5,0 14,8 -8,9 1,0 4,7 7,8 3,0 1,4 3,0 3,6 2,7 0,0 -0,1 4,5 5,9 2,5
Septembre 4,9 13,7 -3,8 0,8 4,4 7,7 2,9 1,4 2,7 3,7 2,5 0,0 -0,7 2,9 5,4 2,1
Octobre 4,3 11,7 -0,7 0,8 4,0 7,3 2,8 1,2 2,3 3,9 1,6 -0,1 -0,8 2,2 4,9 2,0
Novembre 3,6 12,0 -8,2 0,8 3,3 5,7 2,7 1,2 2,1 2,5 1,6 -0,1 -0,9 2,1 4,8 2,0
Décembre 3,4 12,0 -3,3 0,8 2,8 4,4 2,6 1,2 2,0 2,9 1,5 -0,2 -1,2 2,1 4,2 2,0
2024 0,9 -2,9 -3,4 1,2 2,2 2,9 2,0 1,2 0,9 1,2 2,2 -0,1 -0,3 2,1 3,4 2,2
Janvier 2,3 5,8 -2,5 0,0 2,5 3,7 2,8 1,2 1,7 3,1 2,1 -0,2 -1,1 2,1 4,3 1,9
Février 0,3 -6,0 -2,2 0,0 1,9 2,4 2,6 1,2 1,4 3,2 2,0 -0,2 -0,9 2,1 3,5 2,0
Mars 0,9 -2,7 1,5 -0,1 2,1 2,8 2,7 1,2 1,4 2,8 1,5 -0,2 -0,7 2,1 3,3 2,3
Avril 0,2 -8,0 6,0 -0,1 2,0 2,5 1,9 1,4 1,4 2,0 2,0 -0,2 -0,4 2,1 2,9 2,2
Mai 0,4 -7,2 7,2 1,0 1,9 2,4 2,0 1,3 1,1 1,9 1,8 -0,3 -0,2 2,1 3,2 2,2
Juin 1,8 0,5 5,2 2,0 2,1 2,9 2,1 1,2 0,7 1,0 1,4 -0,1 -0,2 2,1 3,2 2,2
Juillet 1,3 -2,2 6,0 2,0 1,9 2,5 1,8 1,4 0,6 0,5 1,4 -0,1 -0,2 2,1 3,1 2,2
Août 1,7 1,2 -2,4 1,9 2,3 3,4 1,9 1,2 0,6 0,2 2,3 -0,1 0,0 2,1 3,5 2,2
Septembre 0,8 -2,2 -10,8 1,9 2,2 3,0 2,0 1,0 0,4 -0,3 2,9 -0,2 -0,1 2,6 3,5 2,2
Octobre 0,7 -3,5 -15,2 1,9 2,2 3,0 2,0 1,0 0,4 0,3 3,8 -0,2 -0,3 2,3 3,6 2,4
Novembre 0,8 -4,4 -15,6 1,9 2,5 3,6 1,7 1,0 0,3 0,1 3,6 -0,1 0,1 2,3 3,5 2,4
Décembre 0,7 -4,4 -13,1 1,9 2,3 3,3 1,3 1,0 0,3 -0,3 2,6 0,1 0,4 2,3 3,8 2,3
283
TABLEAU A4.3 PRIX À LA PRODUCTION INDUSTRIELLE
284
( En pourcentage, en glissement annuel )
(Base 100 = 2018)
Annexes
2024
Variation
en %
Janv. Fév. Mars Avr. Mai Juin Juil. Août Sept. Oct. Nov. Déc. 2024
2023
Industries extractives -0,1 -0,1 -0,1 -0,1 -0,1 -0,1 -0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 -0,1
Extraction d'hydrocarbures 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Extraction de minerais métalliques 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Autres industries extractives 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 -0,1 0,0
Industries manufacturières hors raffinage 0,0 -0,9 -0,8 -1,0 -0,8 -1,1 -1,8 -1,4 -1,6 -1,2 -1,1 -1,2 -1,0
Industries alimentaires 0,2 -1,8 -1,3 -1,3 -1,4 -1,6 -2,0 -1,4 -1,9 -0,6 -0,2 -0,5 -1,1
Fabrication de boissons 1,5 1,3 3,3 4,8 6,5 6,5 5,3 5,3 5,3 5,3 5,3 5,3 4,6
Fabrication de produits à base de tabac 1,3 1,3 1,3 1,3 1,3 1,3 1,3 1,3 1,3 1,3 1,3 1,3 1,3
Fabrication de textiles 0,0 -0,1 -0,6 0,4 0,3 0,3 1,7 1,7 1,4 0,8 0,8 0,2 0,6
Industrie d'habillement 6,7 6,3 5,4 5,5 5,2 5,1 5,5 5,4 4,3 3,9 3,5 4,8 5,1
Industrie du cuir et de la chaussure (à l'exception de l'habillement en cuir) 0,3 0,3 0,2 0,1 0,1 0,1 0,1 0,2 0,1 0,1 0,0 0,0 0,1
Travail du bois et fabrication d'articles en bois et en liège, à l'exception des
0,9 1,7 1,7 -0,1 -0,1 -0,1 0,3 0,3 -0,2 -0,2 -0,2 0,2 0,3
meubles, fabrication d'articles en vannerie et sparterie
Industrie du papier et du carton 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Imprimerie et reproduction d'enregistrements 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Industrie chimique -3,3 -3,9 -3,8 -4,0 -4,1 -4,1 -6,8 -6,8 -6,8 -6,7 -6,7 -6,9 -5,3
Industrie pharmaceutique 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Fabrication de produits en caoutchouc et en plastique -1,8 -2,9 -3,5 -5,0 -5,4 -5,5 -5,8 -5,8 -6,2 -6,2 -5,5 -5,4 -5,0
Fabrication d'autres produits minéraux non métalliques 3,6 3,6 2,9 1,3 0,7 -0,9 -1,3 -1,4 -1,5 -0,8 0,0 -0,1 0,5
Métallurgie -1,3 -4,0 -7,0 -6,8 -2,0 -2,7 -2,0 2,6 1,8 2,0 3,0 2,4 -1,2
Fabrication de produits métalliques, à l'exclusion des machines et des équipements -0,1 1,0 0,6 0,7 0,7 0,6 0,6 0,6 0,6 0,6 0,5 0,5 0,5
Fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques 0,0 0,0 0,1 0,1 0,1 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2
Fabrication d'équipements électriques 0,5 -0,1 0,4 0,3 0,8 0,3 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,3 0,3
Fabrication de machines et équipements n.c.a. -1,9 -1,8 0,5 0,4 0,4 0,3 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2 0,1 -0,1
Industrie automobile 0,2 -0,1 0,5 0,5 0,8 0,8 0,8 0,8 1,0 1,0 0,6 0,6 0,6
Fabrication d'autres matériels de transport 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Fabrication de meubles 0,8 0,8 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,1
Autres industries manufacturières 9,8 2,4 2,4 3,6 3,6 3,6 3,6 3,6 3,6 3,6 3,6 3,6 3,9
Production et distribution d'électricité 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Production et distribution d'eau 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Source : Haut Commissariat au Plan.
TABLEAU A5.1 IMPORTATIONS PAR PRINCIPAUX PRODUITS
(Volume en milliers de tonnes et valeur en millions de dirhams)
Structure en
2023* 2024** Variation 2024 en %(***)
Volume Valeur
Volume Valeur Volume Valeur Volume Valeur
Absolue % Absolue %
TOTAL DES IMPORTATIONS 71 764 715 752 78 868 761 272 7 104 9,9 45 520 6,4 100,0 100,0
ALIMENTATION, BOISSONS ET TABACS 15 248 89 620 16 299 91 592 1 051 6,9 1 972 2,2 20,7 12,0
Blé 5 872 19 357 6 298 17 831 426 7,3 -1 526 -7,9 38,6 19,5
Sucre brut ou raffiné 1 680 10 098 1 801 9 980 122 7,2 -119 -1,2 11,1 10,9
Tourteaux et autres résidus des industries alimentaires 2 266 8 975 2 239 6 978 -27 -1,2 -1 997 -22,3 13,7 7,6
Maïs 2 492 7 487 2 763 6 548 271 10,9 -939 -12,5 17,0 7,1
Animaux vivants 64 2 857 118 5 577 54 83,5 2 719 95,2 0,7 6,1
Fruits frais ou secs, congelés ou en saumure 161 3 251 181 4 114 20 12,7 863 26,5 1,1 4,5
Café 47 1 498 58 2 605 11 23,4 1 107 73,9 0,4 2,8
Orge 1 124 2 853 1 145 2 597 21 1,9 -256 -9,0 7,0 2,8
Tabacs 18 2 380 15 2 596 -3 -14,9 216 9,1 0,1 2,8
Autres produits alimentaires 1 525 30 863 1 681 32 767 156 10,2 1 904 6,2 10,3 35,8
ENERGIE ET LUBRIFIANTS 33 337 121 997 33 874 113 827 537 1,6 -8 170 -6,7 43,0 15,0
Gas-oils et fuel-oils 6 916 58 162 7 664 57 012 749 10,8 -1 150 -2,0 22,6 50,1
Gaz de pétrole et autres hydrocarbures 12 505 23 936 12 896 21 255 391 3,1 -2 681 -11,2 38,1 18,7
Houilles cokes et combustibles solides similaires 11 571 16 504 10 733 12 671 -838 -7,2 -3 832 -23,2 31,7 11,1
Huiles de pétrole et lubrifiants 1 217 12 173 1 345 12 126 128 10,5 -47 -0,4 4,0 10,7
Autres produits énergétiques 1 130 11 222 1 236 10 763 107 9,4 -459 -4,1 3,6 9,5
PRODUITS BRUTS D'ORIGINE ANIMALE ET VEGETALE 1 717 17 991 1 894 17 966 176 10,3 -24 -0,1 2,4 2,4
Huile de soja brute ou raffinée 475 6 108 554 5 460 79 16,7 -648 -10,6 29,3 30,4
Bois bruts, équarris ou sciés 590 2 850 599 2 972 8 1,4 122 4,3 31,6 16,5
Graines, spores et fruits à ensemencer 40 1 376 33 1 574 -6 -16,3 198 14,4 1,8 8,8
Graines et fruits oléagineux 37 887 62 1 395 25 67,2 508 57,3 3,3 7,8
Plantes vivantes et produits de la floriculture 15 942 18 1 091 2 14,6 149 15,8 0,9 6,1
Autres produits bruts d'origine animale et végétale 561 5 827 629 5 473 68 12,1 -353 -6,1 33,2 30,5
PRODUITS BRUTS D'ORIGINE MINERALE 7 842 13 907 9 842 15 299 1 999 25,5 1 392 10,0 12,5 2,0
Soufres bruts et non raffinés 6 503 8 007 8 288 9 108 1 785 27,5 1 101 13,7 84,2 59,5
Ferraille, déchets, débris de cuivre,fonte, fer, acier et autres minerais 999 4 267 1 094 4 428 95 9,5 161 3,8 11,1 28,9
Autres produits bruts d'origine minérale 341 1 633 460 1 764 119 34,9 131 8,0 4,7 11,5
BANK AL-MAGHRIB
285
RAPPORT ANNUEL 2024
286
Annexes
Structure en
2023* 2024** Variation 2024 en %(***)
Volume Valeur
Volume Valeur Volume Valeur Volume Valeur
Absolue % Absolue %
DEMI PRODUITS 10 587 151 766 13 542 163 916 2 955 27,9 12 149 8,0 17,2 21,5
Matières plastiques et ouvrages divers en plastique 1 077 19 946 1 221 21 449 144 13,4 1 503 7,5 9,0 13,1
Produits chimiques 1 648 13 723 3 053 16 304 1 405 85,3 2 582 18,8 22,5 9,9
Fils, barres et profilés en cuivre 98 9 058 108 10 267 10 10,0 1 208 13,3 0,8 6,3
Ammoniac 1 580 8 837 1 849 8 815 269 17,0 -22 -0,2 13,7 5,4
Papiers et cartons ouvrages divers en papiers et cartons 614 7 309 795 8 202 181 29,4 893 12,2 5,9 5,0
Composants électroniques (transistors) 1 7 390 1 6 344 0 -23,4 -1 046 -14,2 0,0 3,9
Fils et câbles électriques 54 5 048 53 5 205 -1 -1,7 156 3,1 0,4 3,2
Demi-produits en fer ou en aciers non alliés 544 3 192 937 5 015 393 72,2 1 824 57,1 6,9 3,1
Produits laminés plats, en fer ou en aciers non alliés 462 5 561 445 4 858 -17 -3,7 -703 -12,6 3,3 3,0
Accessoires de tuyauterie et construction métallique 104 3 145 190 4 846 86 82,1 1 701 54,1 1,4 3,0
Fils, barres, et profilés en fer ou en aciers non alliés 476 4 012 596 4 638 120 25,2 626 15,6 4,4 2,8
Aluminium brut, déchets et poudres d'aluminium 164 4 016 168 4 518 4 2,5 502 12,5 1,2 2,8
Bois préparés et ouvrages en bois 425 3 614 573 4 257 147 34,6 643 17,8 4,2 2,6
Autres demi-produits 3 339 56 916 3 554 59 197 215 6,4 2 282 4,0 26,2 36,1
PRODUITS FINIS D'EQUIPEMENT AGRICOLE 22 1 254 22 1 367 0 0,7 113 9,0 0,0 0,2
Machines et outils agricoles 18 1 054 18 1 080 -1 -4,0 26 2,5 80,5 79,0
Motoculteurs et tracteurs agricoles 3 189 4 274 1 28,0 85 44,9 18,8 20,1
Autres produits finis d'équipement agricole 0 11 0 12 0 -2,8 2 16,3 0,7 0,9
PRODUITS FINIS D'EQUIPEMENT INDUSTRIEL 1 077 158 319 1 271 178 884 194 18,0 20 565 13,0 1,6 23,5
Appareils pour la coupure ou la connexion des circuits électriques et
32 14 422 38 16 568 7 20,6 2 146 14,9 3,0 9,3
résistances
Moteurs à pistons autres moteurs et leurs parties 108 15 296 107 15 803 -1 -0,8 507 3,3 8,4 8,8
Parties d'avions et d'autres véhicules aériens ou spatiaux 3 13 081 3 14 502 0 5,5 1 421 10,9 0,3 8,1
Fils, câbles et autres conducteurs isolés pour l'électricité 66 13 513 68 13 578 2 2,8 65 0,5 5,3 7,6
Machines et appareils divers 99 12 088 106 12 414 7 6,7 326 2,7 8,3 6,9
Voitures utilitaires 75 8 069 101 11 041 26 35,0 2 971 36,8 7,9 6,2
Structure en 2024
2023* 2024** Variation en %(***)
Volume Valeur
Volume Valeur Volume Valeur Volume Valeur
Absolue % Absolue %
Pompes et compresseurs 44 4 591 55 5 724 11 25,8 1 133 24,7 4,4 3,2
Appareils électriques pour la téléphonie ou la télégraphie par fil 4 7 095 4 5 375 0 -10,1 -1 721 -24,3 0,3 3,0
Bandages et pneumatiques 80 4 272 90 4 722 10 11,9 451 10,6 7,1 2,6
Instruments de mesure, de controle ou de précisions 9 3 752 12 4 576 3 27,8 824 22,0 0,9 2,6
Instruments et appareils médico-chirurgicaux 8 3 868 10 4 545 1 15,3 676 17,5 0,8 2,5
Centrifugeuses et appareils pour filtration des liquides ou des gaz 14 2 758 21 4 219 7 48,0 1 461 53,0 1,7 2,4
Turboréacteurs et turbopropulseurs et leurs parties 0 3 421 0 4 054 0 -7,1 633 18,5 0,0 2,3
Machines automatiques de traitement de l'information et leurs
4 3 598 4 3 912 0 5,8 315 8,7 0,3 2,2
parties
Avions et autres véhicules aériens ou spatiaux 0 2 120 0 3 765 0 26,5 1 645 77,6 0,0 2,1
Autres produits finis d'équipement industriel 530 46 375 652 54 086 122 23,0 7 711 16,6 51,3 30,2
PRODUITS FINIS DE CONSOMMATION 1 933 160 278 2 124 177 482 191 9,9 17 204 10,7 2,7 23,3
Parties et pièces pour voitures et véhicules de tourisme 323 30 834 324 33 608 1 0,4 2 774 9,0 15,3 18,9
Voitures de tourisme 159 22 189 176 24 093 17 10,4 1 904 8,6 8,3 13,6
Tissus et fils de fibres synthétiques et artificielles 116 11 709 127 12 688 11 9,8 979 8,4 6,0 7,1
Médicaments et autres produits pharmaceutiques 11 9 198 12 10 841 1 10,8 1 643 17,9 0,6 6,1
Ouvrages divers en matières plastiques 151 8 906 161 9 740 9 6,2 834 9,4 7,6 5,5
Etoffes de bonneterie 113 7 578 142 8 531 29 25,9 953 12,6 6,7 4,8
Sièges, meubles,matelas et articles d'éclairage 116 5 335 129 5 714 12 10,7 379 7,1 6,1 3,2
Produits de parfumerie ou de toilette et preparations cosmetiques 54 3 987 62 4 308 8 15,3 320 8,0 2,9 2,4
Tissus et fils de coton 35 3 949 37 3 966 1 4,1 17 0,4 1,7 2,2
Quincaillerie de ménage et articles d'économie domestique 56 2 849 69 3 516 14 24,8 667 23,4 3,3 2,0
BANK AL-MAGHRIB
Appareils récepteurs radio et télévision 18 3 567 20 3 379 1 7,9 -189 -5,3 0,9 1,9
Articles de bonneterie 14 2 629 17 3 019 3 24,1 389 14,8 0,8 1,7
Autres produits finis de consommation 767 47 548 848 54 081 81 10,6 6 534 13,7 39,9 30,5
OR INDUSTRIEL 0 621 0 939 0 -98,9 318 51,2 0,0 0,1
287
RAPPORT ANNUEL 2024
288
Annexes
Structure en 2024 en
2023* 2024** Variation %(***)
Volume Valeur
Volume Valeur Volume Valeur Volume Valeur
Absolue % Absolue %
TOTAL DES EXPORTATIONS 31 102 430 209 35 395 456 342 4 293 13,8 26 133 6,1 100,0 100,0
ALIMENTATION, BOISSONS ET TABACS 3 947 76 866 4 297 81 041 350 8,9 4 175 5,4 12,1 17,8
Crustacés, mollusques et coquillages 130 12 261 127 11 849 -3 -2,0 -412 -3,4 3,0 14,6
Tomates fraîches 659 11 553 767 11 467 109 16,5 -86 -0,7 17,9 14,1
Légumes frais, congelés ou en saumure 549 7 482 665 8 284 116 21,1 802 10,7 15,5 10,2
Préparations et conserves de poissons et crustacés 175 8 627 149 8 088 -26 -14,8 -539 -6,2 3,5 10,0
Fraises et framboises 129 5 400 151 7 277 22 16,8 1 877 34,8 3,5 9,0
Fruits frais ou secs, congelés ou en saumure 125 5 129 172 6 898 47 37,7 1 769 34,5 4,0 8,5
Poissons frais, salés, séchés ou fumés 326 4 755 351 5 035 25 7,8 279 5,9 8,2 6,2
Autres produits alimentaires 1 855 21 659 1 915 22 143 60 3,2 484 2,2 44,6 27,3
ENERGIE ET LUBRIFIANTS 443 5 190 484 5 156 41 9,2 -34 -0,7 1,4 1,1
Huiles de pétrole et lubrifiants 440 4 794 482 4 933 42 9,5 139 2,9 99,7 95,7
Autres produits énergétiques 3 396 2 223 -1 -33,7 -173 -43,8 0,3 4,3
PRODUITS BRUTS D'ORIGINE ANIMALE ET VEGETALE 230 7 090 230 6 319 0 0,1 -771 -10,9 0,6 1,4
Graisses et huiles de poissons 37 2 275 21 1 268 -16 -42,8 -1 007 -44,3 9,2 20,1
Sous-produits animaux non comestibles 55 1 214 50 1 237 -5 -9,3 23 1,9 21,8 19,6
Huile d'olive brute ou raffinée 12 575 15 904 3 27,8 328 57,1 6,7 14,3
Plantes et parties de plantes 25 812 32 801 7 28,4 -11 -1,4 13,9 12,7
Plantes vivantes et produits de la floriculture 10 273 11 342 1 5,7 69 25,4 4,8 5,4
Autres huiles végétales brutes ou raffinées 1 309 1 308 0 -9,1 -1 -0,3 0,5 4,9
Gommes. résines et autres sucs et extraits végétaux 1 271 1 270 1 90,4 -1 -0,2 0,5 4,3
Autres produits bruts d'origine animale et végétale 88 1 362 98 1 190 10 11,1 -172 -12,6 42,6 18,8
PRODUITS BRUTS D'ORIGINE MINERALE 9 471 16 105 12 465 15 858 2 994 31,6 -246 -1,5 35,2 3,5
Phosphates 4 566 7 743 6 802 8 562 2 236 49,0 819 10,6 54,6 54,0
Minerai de cuivre 130 1 589 117 1 659 -13 -10,0 69 4,4 0,9 10,5
Ferraille, déchets, débris de cuivre,fonte, fer, acier et autres minerais 95 2 492 57 1 187 -38 -40,1 -1 306 -52,4 0,5 7,5
Sulfate de baryum 1 036 1 130 932 1 046 -105 -10,1 -83 -7,4 7,5 6,6
Autres produits bruts d'origine minérale 3 644 3 150 4 558 3 404 913 25,1 254 8,1 36,6 21,5
(*) Chiffres révisés.
(**) Chiffres provisoires.
(***) Représente la part de chaque produit au sein de son groupement d'utilisation et la part de chaque groupement d'utilisation au sein du total.
Source : Office des Changes.
TABLEAU A5.2 EXPORTATIONS PAR PRINCIPAUX PRODUITS (suite et fin)
( Volume en milliers de tonnes et valeur en millions de dirhams )
Structure en
2023* 2024** Variation 2024 en %(***)
Volume Valeur
Volume Valeur Volume Valeur Volume Valeur
Absolue % Absolue %
DEMI PRODUITS 15 377 95 455 16 280 107 460 903 5,9 12 005 12,6 46,0 23,5
Engrais naturels et chimiques 10 949 56 020 12 370 64 103 1 421 13,0 8 082 14,4 76,0 59,7
Acide phosphorique 1 871 12 933 2 209 14 420 338 18,1 1 487 11,5 13,6 13,4
Composants électroniques (transistors) 1 8 444 2 7 721 1 58,1 -723 -8,6 0,0 7,2
Fils et câbles électriques 17 2 363 39 5 301 22 127,2 2 938 124,3 0,2 4,9
Cuivre et alliages de cuivre 7 451 16 1 294 9 133,8 843 186,8 0,1 1,2
Autres métaux communs et ouvrages en ces matières 3 1 333 2 1 262 0 -9,5 -71 -5,3 0,0 1,2
Argent brut et ouvrages mi-ouvrés en argent 0 1 281 0 1 155 0 -23,4 -126 -9,9 0,0 1,1
Isolateurs et pièces isolantes 5 926 6 1 083 1 22,9 157 16,9 0,0 1,0
Autres demi-produits 2 524 11 704 1 635 11 121 -889 -35,2 -583 -5,0 10,0 10,3
PRODUITS FINIS D'EQUIPEMENT AGRICOLE 1 204 2 197 1 48,5 -7 -3,7 0,0 0,0
Machines et outils agricoles 1 42 1 54 1 90,9 12 28,8 77,9 27,5
Motoculteurs et tracteurs agricoles 0 7 0 2 0 -56,3 -5 -65,1 4,4 1,3
Autres produits finis d'équipement agricole 0 155 0 140 0 7,5 -15 -9,7 17,7 71,3
PRODUITS FINIS D'EQUIPEMENT INDUSTRIEL 368 83 595 332 87 585 -36 -9,7 3 990 4,8 0,9 19,2
Fils, câbles et autres conducteurs isolés pour l'électricité 237 47 997 228 47 730 -9 -3,8 -267 -0,6 68,5 54,5
Parties d'avions et d'autres véhicules aériens ou spatiaux 3 12 700 3 16 136 1 19,9 3 436 27,1 1,0 18,4
Appareils pour la coupure ou la connexion des circuits électriques
20 9 492 21 10 805 1 4,5 1 312 13,8 6,2 12,3
et résistances
Appareils électriques pour la téléphonie ou la télégraphie par fil 0 1 994 0 1 982 0 0,0 -11 -0,6 0,1 2,3
Autres produits finis d'équipement industriel 108 11 412 80 10 931 -28 -25,9 -480 -4,2 24,2 12,5
PRODUITS FINIS DE CONSOMMATION 1 265 145 509 1 305 152 435 40 3,2 6 926 4,8 3,7 33,4
Voitures de tourisme 580 64 753 600 67 990 20 3,5 3 237 5,0 46,0 44,6
Vêtements confectionnes 83 29 530 85 29 615 3 3,0 85 0,3 6,6 19,4
Parties et pièces pour voitures et véhicules de tourisme 224 15 341 238 17 101 14 6,2 1 760 11,5 18,3 11,2
Articles de bonneterie 44 8 937 47 9 124 2 5,4 187 2,1 3,6 6,0
BANK AL-MAGHRIB
Sièges, meubles,matelas et articles d'éclairage 32 3 998 37 5 815 5 15,0 1 818 45,5 2,8 3,8
Autres produits finis de consommation 301 22 950 297 22 790 -4 -1,4 -160 -0,7 22,8 15,0
OR INDUSTRIEL 0 196 0 292 0 9,0 95 48,6 0,0 0,1
289
RAPPORT ANNUEL 2024
Annexes
Exportations Importations
Soldes
F.A.B. C.A.F.
290
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
2024*
Crédit Débit Solde
291
Annexes
2024*
Accroissement
Acquisition
net des engage-
nette d’avoirs Solde
ments
COMPTE FINANCIER
292
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
2023* 2024**
293
Annexes
2023 2024
Variation en
Exécution/ Exécution/LF % des
Réalisation* LF Réalisation** LF réalisations
LF (en%) (en%)
RESSOURCES ORDINAIRES 354 804 341 720 103,8 409 129 371 747 110,1 15,3
Recettes fiscales 295 505 289 272 102,2 338 413 308 044 109,9 14,5
Impôts directs 116 504 113 165 103,0 135 074 116 942 115,5 15,9
IS 61 952 60 914 101,7 70 339 59 918 117,4 13,5
IR 50 656 47 931 105,7 60 144 52 739 114,0 18,7
Autres impôts directs 3 896 4 320 90,2 4 591 4 286 107,1 17,8
Impôts indirects (1) 142 576 145 141 98,2 164 012 156 099 105,1 15,0
TVA 109 796 113 329 96,9 127 553 124 158 102,7 16,2
Intérieure 33 979 35 876 94,7 42 681 42 004 101,6 25,6
Importation 75 817 77 453 97,9 84 872 82 154 103,3 11,9
TIC 32 780 31 813 103,0 36 459 31 940 114,1 11,2
Tabacs 13 651 12 500 109,2 14 779 12 500 118,2 8,3
Produits énergétiques 16 161 16 602 97,3 18 062 16 640 108,5 11,8
Autres 2 967 2 711 109,5 3 618 2 800 129,2 21,9
Droits de douane 16 436 15 019 109,4 17 814 15 728 113,3 8,4
Enregistrement et timbre 19 989 15 947 125,3 21 513 19 276 111,6 7,6
Recettes non fiscales (2) 55 183 49 148 112,3 66 149 60 253 109,8 19,9
Recettes en provenance des EEP 13 987 19 464 71,9 16 610 19 480 85,3 18,7
Autres recettes 41 196 29 684 138,8 49 540 40 773 121,5 20,3
Recettes des financements innovants 25 432 25 000 101,7 35 271 35 000 100,8 38,7
Recettes de certains comptes spéciaux 4 116 3 300 124,7 4 566 3 450 132,3 10,9
DEPENSES GLOBALES 436 957 416 594 104,9 465 341 444 709 104,6 6,5
Dépenses ordinaires 326 215 325 456 100,2 347 958 344 278 101,1 6,7
Biens et services 231 991 234 912 98,8 250 328 252 845 99,0 7,9
Personnel 151 767 155 794 97,4 164 631 161 623 101,9 8,5
Autres biens et services 80 224 79 117 101,4 85 697 91 221 93,9 6,8
Dette publique 31 221 29 966 104,2 33 893 37 229 91,0 8,6
Intérieure 22 930 23 291 98,4 23 399 26 975 86,7 2,0
Extérieure 8 291 6 675 124,2 10 494 10 254 102,3 26,6
Compensation 30 064 26 580 113,1 25 470 16 957 150,2 -15,3
Transferts aux Collectivités territoriales 32 939 33 999 96,9 38 266 37 247 102,7 16,2
SOLDE ORDINAIRE 28 589 16 264 - 61 171 27 469 - -
Dépenses d’investissement 110 742 91 138 121,5 117 383 100 431 116,9 6,0
Solde des comptes spéciaux du Trésor 16 388 4 200 390,2 -6 419 6 000 - -
DEFICIT BUDGETAIRE -65 765 -70 674 - -62 631 -66 962 - -
VARIATION DES OPERATIONS EN INSTANCE -9 178 - - 5 232 - - -
BESOIN OU EXCEDENT DE FINANCEMENT -74 944 -70 674 106,0 -57 399 -66 962 - -
Financement extérieur 34 962 52 532 66,6 18 967 51 131 - -
Tirages 45 502 60 000 75,8 40 364 70 000 - -
Amortissements -10 540 -7 468 141,1 -21 397 -18 869 - -
Financement intérieur 38 375 13 142 292,0 36 732 10 831 - -
Produit de cession des participations de
1 607 5 000 32,1 1 700 5 000 - -
l'Etat
294
TABLEAU A7.1 COURS DE CHANGE DES PRINCIPALES DEVISES COTÉES PAR BANK AL-MAGHRIB ET TAUX DE CHANGE EFFECTIF
2023 2024
Fin de période Moyenne Moyenne
Déc. Janv. Fév. Mars Avr. Mai Juin Juil. Août Sept. Oct. Nov. Déc.
Annuelle Annuelle
1 euro (1) 10,957 10,964 10,863 10,856 10,937 10,845 10,796 10,708 10,706 10,747 10,797 10,732 10,577 10,497 10,757
1 dollar U.S. (1) 10,136 10,055 9,962 10,061 10,064 10,111 9,985 9,946 9,872 9,769 9,724 9,841 9,954 10,016 9,942
Taux de change effectif réel (*) 99,468 99,783 99,348 100,144 101,227 101,797 100,629
Taux de change effectif nominal (*) 118,698 120,288 121,605 123,408 124,881 126,040 123,980
295
RAPPORT ANNUEL 2024
296
Annexes
2024
Moyenne
Annuelle
Janv. Fév. Mars Avr. Mai Juin Juil. Août Sept. Oct. Nov. Déc. 2024
Opérations au comptant
Achats / Ventes interbancaires contre MAD (*) 44 984 53 486 52 568 45 455 52 571 47 529 44 630 44 326 38 440 43 540 40 219 43 208 45 913
Placements en devises à l'étranger 13 908 16 823 25 056 22 486 20 351 19 929 19 182 22 395 31 239 24 469 29 133 23 352 22 360
Opérations à terme
(*) La série relative au volume traité sur le marché des changes interbancaire intègre désormais les opérations d’achats ou de ventes contre MAD sur le marché interbancaire local (un seul sens) augmentées des opérations entre les banques
locales et les banques étrangères.
Source : Bank Al-Maghrib.
TABLEAU A7.3 FACTEURS DE LA LIQUIDITÉ BANCAIRE (1) ET INTERVENTIONS DE BAM (2)
(En millions de dirhams)
Déc-23 jan-24 fév-24 mar-24 avr-24 mai-24 jui-24 juil-24 Aout- 24 sept-24 oct-24 nov-24 déc-24
Billets et Monnaies 412 752 411 981 413 532 416 774 422 904 427 390 438 660 441 486 445 540 445 030 444 502 446 486 444 273
Position nette du Trésor (3) 10 940 7 612 4 464 13 951 1 956 5 337 3 864 4 512 7 026 6 041 6 029 3 584 7 466
Avoirs nets de change de BAM 321 876 320 780 322 365 324 734 323 932 336 907 333 009 334 933 335 328 339 456 335 237 343 669 349 973
Autres facteurs nets -9 632 -12 789 -12 464 -10 539 -15 820 -9 215 -9 045 -17 553 -17 172 -25 185 -24 734 -24 562 -26 259
Réserves obligatoires - - - - - - - - - - - - -
Excédent ou Besoin de liquidité -111 449 -111 602 -108 095 -116 530 -116 747 -105 035 -118 559 -128 619 -134 409 -136 799 -140 028 -130 963 -128 026
Interventions de BAM sur le marché
121 585 121 796 123 416 125 930 130 027 118 194 138 835 141 250 145 257 149 738 150 328 151 812 152 047
monétaire
Avances à 7 jours sur appels d'offres 52 040 49 390 46 178 44 942 48 183 33 782 54 423 57 023 61 584 64 815 61 568 62 790 65 525
Pensions livrées 41 814 45 193 49 367 51 955 50 869 51 576 51 707 52 202 49 197 49 316 51 896 51 820 50 785
Avances à 24 heures - - - - - - - - - - - - -
Prêts garantis 26 045 25 559 26 313 27 475 29 384 31 144 31 013 30 295 32 630 33 761 35 056 35 509 34 044
Swap de change - - - - - - - - - - - - -
(4) La position structurelle de liquidité des banques (PSLB) correspond à l'effet net des facteurs autonomes sur les trésoreries bancaires. Elle est calculée comme suit : PSLB = Avoirs extérieurs nets de Bank Al-Maghrib + Position nette du Trésor + Autres facteurs
nets- Circulation fiduciaire.
Source : Bank Al-Maghrib.
297
RAPPORT ANNUEL 2024
Annexes
Taux des comptes sur carnets (1) 1,51 2,98 2,73 2,48
(1) Le taux de rémunération minimum des comptes sur carnets est égal au taux moyen pondéré des bons de Trésor à 52 semaines, émis par adjudication au
cours du semestre précédent, diminué de 50 points de base.
Source : Bank Al-Maghrib.
298
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
299
300
Annexes
TABLEAU A7.7 TAUX MOYEN PONDÉRÉ DES BONS DU TRÉSOR ÉMIS PAR ADJUDICATION
(en %)
Maturité
Mois
32 jours 45 jours 13 semaines 26 semaines 52 semaines 2 ans 5 ans 10 ans 15 ans 20 ans 30 ans
2024 Janvier - - 2,85 2,87 3,03 3,22 3,40 3,86 4,08 4,58 5,15
Février - - 2,90 - 3,30 - 3,76 4,05 4,29 -
Mars - - - 2,85 2,94 3,22 3,43 3,74 4,02 4,23 4,90
Avril - - 2,86 2,85 - 3,24 3,43 3,74 4,02 4,22 4,89
Mai - - 2,86 - - 3,20 3,44 3,75 4,03 4,22 -
Juin - - 2,88 - - 3,27 3,77 4,03 4,22 4,87
Juillet - - 2,70 2,75 2,79 2,92 3,24 3,57 3,84 4,08 4,67
Août - - 2,58 2,64 2,75 2,83 3,10 3,52 3,78 4,06 -
Septembre - - 2,47 - 2,69 2,79 2,98 3,35 3,60 3,99 4,44
Octobre - - 2,42 2,58 - 2,76 2,97 3,26 3,55 3,92 4,44
Novembre - - - 2,57 2,64 2,76 2,93 3,24 3,53 3,83 -
Décembre - - 2,28 - 2,53 2,62 2,91 - - 3,79 -
2023 2024
Certificats de dépôt
301
Annexes
TABLEAU A7.10 TAUX MAXIMUM DES INTÉRÊTS CONVENTIONNELS DES ÉTABLISSEMENTS DE CRÉDIT(1)
(Taux annuels en %)
(1) Le taux maximum des intérêts conventionnels (TMIC) est calculé le premier avril de chaque année, en fonction de la variation enregistrée
au cours de l’année civile antérieure du taux des dépôts à 6 mois et à 1 an.
Source : Bank Al-Maghrib.
302
TABLEAU A8.1 AGRÉGATS DE MONNAIE ET DE PLACEMENTS LIQUIDES
(Encours en MMDH)
Variation Annuelle
* * 2024
2022 2023 (en%)
Janv. Fév. Mars Avr. Mai Juin Juil. Août Sept. Oct. Nov. Déc. 2022 2023 2024
Circulation fiduciaire 355,2 393,8 393,1 394,8 400,0 403,3 407,5 420,3 421,5 426,9 425,9 425,9 428,9 414,4 11,0 10,9 5,2
Billets et monnaies mis en circulation 372,8 412,8 412,0 413,5 416,8 422,9 427,4 438,7 441,5 445,5 445,0 444,5 446,5 444,3 10,4 10,7 7,6
Encaisses des banques (à déduire) 17,6 18,9 18,8 18,7 16,8 19,6 19,9 18,4 20,0 18,6 19,2 18,7 17,6 29,9 0,1 7,5 58,0
Monnaie scripturale 841,9 892,8 881,3 885,7 907,2 897,4 896,3 920,5 919,3 919,8 942,0 929,2 936,8 986,7 9,8 6,0 10,5
Dépôts à vue auprès de BAM 3,3 2,3 4,3 4,4 5,6 4,2 3,8 3,5 3,9 3,2 3,2 3,3 2,9 2,3 18,4 -29,5 0,4
Dépôts à vue auprès des banques 760,8 812,6 799,1 803,4 823,8 815,4 814,7 839,2 837,6 838,8 861,0 848,1 856,0 906,5 8,9 6,8 11,6
Dépôts à vue auprès du Trésor 77,8 77,8 77,8 77,8 77,8 77,8 77,8 77,8 77,8 77,8 77,8 77,8 77,8 77,8 19,3 0,0 0,0
M1 1 197,0 1 286,6 1 274,4 1 280,5 1 307,2 1 300,7 1 303,7 1 340,7 1 340,8 1 346,7 1 367,9 1 355,0 1 365,6 1 401,0 10,1 7,5 8,9
Placements à vue 179,3 182,7 182,8 183,3 184,5 185,3 185,4 187,1 187,2 187,6 188,1 188,4 188,6 187,7 2,9 1,9 2,7
Comptes d'épargne auprès des banques 179,3 182,7 182,8 183,3 184,5 185,3 185,4 187,1 187,2 187,6 188,1 188,4 188,6 187,7 2,9 1,9 2,7
M2 1 376,3 1 469,3 1 457,2 1 463,7 1 491,7 1 486,0 1 489,2 1 527,8 1 528,0 1 534,3 1 556,0 1 543,4 1 554,2 1 588,7 9,1 6,8 8,1
Autres actifs Monétaires 309,5 282,6 288,6 294,7 279,0 284,5 290,2 283,2 302,2 295,0 295,3 302,5 302,1 303,4 3,3 -8,7 7,4
PL2 235,9 293,7 301,7 302,2 303,8 300,6 318,5 313,0 320,7 327,7 335,2 341,6 340,8 331,1 -22,2 24,5 12,7
PL3 87,8 95,2 99,0 101,5 101,7 105,2 104,6 105,6 109,5 110,9 115,3 115,1 120,5 120,4 -13,8 8,5 26,5
303
RAPPORT ANNUEL 2024
304
TABLEAU A8.2 VENTILATION DES ACTIFS MONÉTAIRES PAR SECTEUR INSTITUTIONNEL
(Encours en MMDH)
Annexes
Variation Annuelle
* * 2024
2022 2023 (en %)
Janv. Fév. Mars Avr. Mai Juin Juil. Août Sept. Oct. Nov. Déc. 2022 2023 2024
Ménages 853,7 885,6 885,5 890,1 899,5 901,5 904,8 913,3 918,5 919,7 927,4 927,3 928,6 948,9 7,4 3,7 7,1
Dépôts à vue 562,5 591,6 590,8 595,9 606,9 606,0 608,7 618,3 622,4 624,8 631,5 629,2 633,6 652,1 9,5 5,2 10,2
Comptes d'épargne auprès des banques 179,3 182,7 182,8 183,3 184,5 185,3 185,4 187,1 187,2 187,6 188,1 188,4 188,6 187,7 2,9 1,9 2,7
Comptes à terme et bons de caisse auprès
84,2 80,7 80,4 79,9 79,3 79,3 80,0 78,3 77,7 77,1 76,4 77,8 77,9 79,2 -4,1 -4,1 -1,9
des banques
Dépôts en devises 10,0 9,6 9,4 9,4 9,5 9,5 9,4 9,5 9,8 9,8 10,8 10,6 8,8 8,7 7,3 -3,2 -10,3
Certificats de dépôt à durée résiduelle
4,1 7,5 7,5 6,9 6,9 6,4 7,5 6,9 5,9 6,0 5,8 6,0 5,9 5,7 55,5 82,6 -24,1
inférieure ou égale à 2 ans
Titres OPCVM monétaires 13,7 13,5 14,7 14,8 12,5 15,0 13,8 13,2 15,7 14,5 14,8 15,3 13,7 15,5 92,6 -0,9 14,8
Sociétés non financières privées 227,1 239,8 239,6 237,6 239,5 235,8 235,9 242,0 252,5 247,0 259,8 254,5 260,4 281,7 6,6 5,6 17,5
Dépôts à vue 153,3 173,4 168,1 164,4 172,1 166,0 164,5 173,0 170,4 170,7 181,7 176,4 181,1 201,1 8,0 13,1 16,0
Comptes à terme et bons de caisse auprès
19,6 17,1 16,4 16,7 16,2 14,7 14,8 13,4 20,5 21,1 21,5 18,8 19,0 18,6 12,7 -12,9 8,6
des banques
Dépôts en devises 14,2 14,2 15,8 17,0 17,2 17,3 17,2 17,0 17,9 17,4 16,8 16,9 16,9 17,0 -4,7 -0,3 20,0
Titres OPCVM monétaires 39,7 35,0 39,3 39,4 34,1 37,8 39,4 38,6 43,7 37,8 39,8 42,4 43,4 45,0 4,1 -11,8 28,6
Secteur Public 49,2 40,3 40,6 48,4 43,5 40,2 45,2 44,2 45,1 40,5 38,0 39,0 37,5 46,1 31,1 -18,1 14,4
Dépôts à vue 21,2 20,0 18,7 20,3 20,0 17,7 18,7 16,9 19,5 17,1 18,0 17,7 15,9 19,9 35,9 -5,8 -0,6
Comptes à terme et bons de caisse auprès
11,3 6,0 5,8 5,8 6,2 7,9 10,2 11,6 11,2 8,5 8,1 8,3 8,5 9,3 85,7 -46,7 55,2
des banques
Titres OPCVM monétaires 11,5 10,7 10,2 13,2 9,9 10,6 9,4 11,1 10,4 10,3 8,3 9,0 9,4 11,2 -17,0 -6,7 5,0
Autres sociétés financières 101,5 91,8 86,9 85,1 86,4 88,7 83,9 90,3 92,1 94,0 99,4 97,4 99,8 95,4 -5,3 -9,5 3,9
Dépôts à vue 14,5 16,6 12,9 11,9 16,0 16,1 11,5 20,7 16,1 15,3 19,5 13,4 14,2 17,3 -21,1 14,5 3,9
Comptes à terme et bons de caisse auprès
11,9 9,0 8,1 9,3 7,9 8,1 8,1 9,0 8,8 8,3 9,4 9,3 10,5 10,0 -46,9 -24,8 11,8
des banques
Autres dépôts 9,2 5,7 5,4 4,5 4,6 5,7 3,7 7,1 3,8 4,4 7,7 5,1 3,7 5,3 353,2 -37,3 -7,5
Dépôts en devises 18,2 13,9 15,8 14,1 14,9 16,4 15,4 14,1 15,3 14,7 14,8 14,3 19,1 13,3 16,7 -23,4 -4,2
Certificats de dépôts à durée résiduelle
20,7 20,2 19,6 20,9 21,7 21,1 20,7 21,0 21,0 22,3 22,7 24,3 23,4 20,4 -18,9 -2,8 1,4
inférieure ou égale à 2 ans
Titres OPCVM monétaires 17,8 17,1 17,8 17,6 16,3 17,7 19,1 16,0 19,2 20,6 19,7 20,1 18,2 20,6 38,7 -4,0 20,2
Pensions 9,2 9,3 7,5 6,8 5,0 3,7 5,5 2,4 8,0 8,5 5,5 11,0 10,8 8,5 -11,8 1,9 -8,9
Variation Annuelle
* * 2024
2022 2023 (en %)
Janv. Fév. Mars Avr. Mai Juin Juil. Août Sept. Oct. Nov. Déc. 2022 2023 2024
Créances sur l’économie 1 262,9 1 325,8 1 318,5 1 317,4 1 327,1 1 324,1 1 322,5 1 331,8 1 348,9 1 341,7 1 372,2 1 374,0 1 379,9 1 417,2 7,4 5,0 6,9
Créances des AID 1 261,8 1 324,6 1 317,5 1 316,2 1 325,9 1 323,0 1 321,3 1 330,5 1 347,7 1 340,5 1 371,0 1 372,7 1 378,7 1 416,1 7,4 5,0 6,9
Crédit bancaire 1 059,0 1 115,5 1 090,0 1 089,1 1 108,2 1 097,5 1 096,9 1 110,8 1 111,5 1 102,7 1 136,9 1 121,1 1 122,5 1 164,6 7,5 5,3 4,4
dont financement participatif 23,5 28,2 28,5 28,9 29,3 29,8 30,2 30,8 31,2 31,5 32,1 32,6 33,1 34,0 21,7 20,2 20,2
Créances nettes des ID sur l’AC 333,1 317,3 316,9 328,7 329,4 327,9 336,2 354,7 354,0 347,5 351,1 347,4 340,4 339,3 22,2 -4,7 6,9
Créances nettes des AID 314,5 307,1 306,0 314,4 324,0 314,2 325,9 342,3 345,7 341,7 343,4 343,1 333,7 339,1 14,0 -2,4 10,4
Crédits 56,9 60,1 59,9 63,2 68,0 66,9 67,8 68,1 67,1 67,2 67,0 63,8 64,9 64,7 -4,3 5,6 7,7
Portefeuille de bons de Trésor 264,4 263,4 263,0 271,1 276,9 278,2 283,9 285,9 291,1 287,9 292,9 289,8 283,8 292,2 18,4 -0,4 10,9
Banques 232,6 241,7 242,9 251,5 258,7 259,8 258,4 265,6 271,4 269,7 275,2 273,1 269,4 273,9 20,4 3,9 13,3
OPCVM monétaires 31,8 21,8 20,2 19,6 18,3 18,4 25,5 20,3 19,7 18,2 17,6 16,7 14,3 18,3 5,4 -31,6 -16,0
Créances nettes des ID sur les
314,2 351,8 359,3 358,2 365,0 369,3 379,7 381,2 387,3 393,3 399,4 398,0 413,4 405,5 -0,8 11,9 15,3
non résidents
Avoirs officiels de réserve 337,6 359,4 356,6 359,6 362,0 358,6 370,7 366,1 365,9 363,2 368,0 360,7 369,8 375,5 2,1 6,4 4,5
Or Monétaire 13,5 14,5 14,5 14,6 16,0 16,6 16,6 16,5 17,1 17,4 18,3 19,4 18,9 18,8 12,4 7,7 29,2
Monnaies Étrangères 17,1 8,3 5,8 5,2 4,5 4,6 5,0 5,3 6,7 13,3 8,9 4,2 4,0 5,8 7,1 -51,2 -30,5
Dépôts et Titres inclus dans 285,1 315,1 313,4 317,1 315,5 315,3 327,3 322,7 320,0 310,7 318,9 318,8 324,3 328,5 1,1 10,5 4,3
les réserves officielles
Position de réserve au FMI 2,0 2,0 2,0 2,0 2,0 2,0 2,0 2,0 2,0 2,0 2,0 2,0 2,0 2,0 7,0 -2,8 -0,7
Avoirs en DTS 20,0 19,4 20,8 20,6 23,9 20,1 19,7 19,7 20,1 19,9 19,9 16,4 20,4 20,4 5,2 -2,7 5,0
Contrepartie des dépôts auprès
83,4 83,4 83,4 83,4 83,4 83,4 83,4 83,4 83,4 83,4 83,4 83,4 83,4 83,4 14,1 0,0 0,0
du Trésor
Ressources à caractère non 279,6 283,4 288,0 287,2 286,7 292,6 294,2 299,1 306,9 307,6 316,2 315,4 318,5 312,0 8,5 1,4 10,1
monétaire
Capital et réserves des ID 187,3 195,0 200,6 201,0 197,0 200,2 199,3 197,9 206,2 205,8 213,7 213,3 216,8 210,5 9,2 4,1 8,0
Engagements non monétaires
92,3 88,4 87,4 86,2 89,7 92,4 94,9 101,2 100,6 101,8 102,4 102,2 101,7 101,4 7,1 -4,2 14,7
BANK AL-MAGHRIB
des ID
Autres postes nets 28,1 43,0 44,2 42,0 47,5 41,5 48,2 40,8 36,5 29,0 38,7 41,4 42,2 41,3 38,6 53,1 -4,0
Total des contreparties (**) 1 685,8 1 751,8 1 745,8 1 758,5 1 770,7 1 770,5 1 779,3 1 811,0 1 830,1 1 829,3 1 851,2 1 845,9 1 856,4 1 892,0 8,0 3,9 8,0
305
RAPPORT ANNUEL 2024
TABLEAU A8.4 VENTILATION DU CRÉDIT BANCAIRE PAR OBJET ÉCONOMIQUE ET PAR SECTEUR INSTITUTIONNEL
(Encours en MMDH)
306
Annexes
Variation Annuelle
* *
2024
2022 2023 (en %)
Janv. Fév. Mars Avr. Mai Juin Juil. Août Sept. Oct. Nov. Déc. 2022 2023 2024
Crédit bancaire (1) 1 059,0 1 115,5 1 090,0 1 089,1 1 108,2 1 097,5 1 096,9 1 110,8 1 111,5 1 102,7 1 136,9 1 121,1 1 122,5 1 164,6 7,5 5,3 4,4
Par Objet économique
Comptes débiteurs et crédits de trésorerie 260,3 256,6 243,4 239,6 249,5 245,7 244,2 244,6 255,4 249,8 259,5 256,2 254,2 258,4 16,6 -1,4 0,7
Crédits à l'équipement 182,3 205,8 206,3 208,6 209,4 209,7 212,3 213,9 213,3 217,9 217,4 222,7 226,1 242,7 6,2 12,9 17,9
Crédits immobiliers 301,1 303,9 303,3 303,2 304,9 304,4 306,0 308,0 307,7 307,6 308,7 309,7 310,3 310,9 2,9 0,9 2,3
Crédits à l'habitat 239,4 243,9 244,1 243,8 244,3 244,2 244,9 245,5 245,6 245,9 246,2 246,9 247,8 248,2 2,8 1,9 1,7
Dont: Financement participatif à l'habitat 18,9 21,6 21,8 22,0 22,2 22,5 22,8 23,1 23,3 23,5 23,8 24,1 24,5 24,9 18,9 14,2 15,1
Crédits aux promoteurs immobiliers 56,0 54,7 53,7 53,1 55,0 54,3 55,6 56,6 56,2 56,0 57,4 57,6 57,6 57,9 0,1 -2,3 5,7
Crédits à la consommation 57,5 57,8 57,9 57,9 58,0 57,8 58,4 58,5 58,4 58,5 58,5 58,7 58,7 58,5 3,3 0,5 1,3
Créances diverses sur la clientèle 168,9 196,6 185,3 184,7 190,7 183,3 179,4 189,7 180,4 171,7 194,1 175,4 175,2 196,6 7,7 16,4 0,0
Crédits à caractère financier (2) 147,1 164,0 154,1 155,0 160,9 154,3 152,5 161,9 152,1 144,1 165,8 147,7 147,1 168,0 3,3 11,5 2,4
Autres crédits (3) 21,8 32,5 31,1 29,6 29,8 28,9 26,9 27,8 28,2 27,6 28,3 27,6 28,1 28,6 50,4 49,5 -12,0
Créances en souffrance 88,8 94,8 93,9 95,1 95,8 96,7 96,6 96,0 96,3 97,2 98,7 98,5 98,1 97,5 4,7 6,7 2,8
Par Secteur institutionnel
Crédit au secteur non financier 907,5 933,5 915,8 915,5 926,0 923,4 925,7 928,1 937,3 936,1 946,1 945,8 946,9 957,6 7,8 2,9 2,6
Secteur public hors AC 87,4 105,2 102,3 101,1 103,9 104,7 102,7 97,6 100,1 99,0 103,6 104,8 106,0 110,0 16,6 20,3 4,5
Administrations locales 26,1 27,2 27,2 27,1 26,6 26,4 26,5 26,3 26,0 25,9 26,2 26,3 26,4 26,6 2,6 4,3 -2,4
Sociétés non financières publiques 61,3 78,0 75,1 74,0 77,3 78,3 76,3 71,3 74,1 73,1 77,4 78,5 79,6 83,4 23,8 27,1 6,9
Secteur privé 820,0 828,3 813,6 814,4 822,1 818,7 822,9 830,4 837,3 837,1 842,5 841,0 840,9 847,7 6,9 1,0 2,3
Sociétés non financières privée 450,1 450,6 435,6 433,2 440,7 437,0 436,3 443,1 449,2 447,5 451,9 447,9 447,3 453,1 12,5 0,1 0,6
Autres secteurs résidents 370,0 377,7 378,0 381,2 381,4 381,7 386,7 387,3 388,1 389,6 390,6 393,2 393,6 394,6 0,8 2,1 4,5
Ménages 367,9 375,5 375,9 375,8 376,2 376,5 378,2 379,0 379,5 379,9 380,9 381,7 382,1 381,7 0,8 2,1 1,7
Particuliers et Marocains Résidant
335,9 343,3 343,6 343,9 345,0 345,2 346,6 347,9 347,8 348,9 349,0 350,6 350,9 350,7 2,9 2,2 2,2
à l'Étranger
Entrepreneurs individuels 32,0 32,2 32,3 31,9 31,2 31,4 31,5 31,1 31,6 31,0 31,8 31,2 31,2 31,1 -16,9 0,7 -3,7
ISBLSM 2,0 2,2 2,1 5,4 5,2 5,1 8,5 8,3 8,6 9,8 9,8 11,4 11,5 12,8 17,2 10,1 471,9
Autres sociétés financières 151,5 182,0 174,2 173,5 182,3 174,1 171,2 182,7 174,2 166,6 190,8 175,3 175,6 207,0 6,0 20,1 13,8
Sociétés de financement 60,4 66,2 64,3 64,6 64,8 65,8 65,5 67,5 67,3 66,8 68,3 67,4 68,6 66,9 14,5 9,7 1,1
Établissements de crédit assimilés (4) 32,3 30,9 31,0 30,0 29,2 29,3 30,3 28,4 28,4 26,6 26,9 25,5 25,0 25,7 31,2 -4,3 -16,8
OPCVM autres que monétaires 16,6 13,5 15,5 16,6 18,6 15,5 14,6 17,1 15,8 12,5 24,3 16,9 17,8 26,2 -34,3 -18,9 94,2
Autres (5) 42,2 71,4 63,4 62,4 69,6 63,5 60,9 69,6 62,7 60,7 71,3 65,4 64,2 88,2 4,9 69,1 23,5
(1) Crédit alloué par les banques conventionnelles et financement des banques et fenêtres participatives.
(2) Composés des prêts octroyés à la clientèle financière et non financière dans le cadre d’une opération financière.
(3) Composés principalement des créances acquises par affacturage.
(4) Composés essentillement des banques offshores.
(5) Sociétés gestionnaires d'OPCVM, sociétés de bourse, compagnies d'assurances et de réassurance, organismes de prévoyance et de retraite et fonds de placements collectifs en titrisation.
(*) Chiffres révisés.
Source : Bank Al-Maghrib.
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
TABLEAU A8.5 VENTILATION TRIMESTRIELLE DES CRÉDITS PAR TERME ET PAR BRANCHE D'ACTIVITÉ
(Encours en MMDH)
Variation Annuelle
* * 2024
2022 2023 (en%)
mars juin sept déc. 2022 2023 2024
Crédit bancaire (1) 1 059,0 1 115,5 1 108,2 1 110,8 1 136,9 1 164,6 7,5 5,3 4,4
Agriculture et pêche 41,8 41,3 40,0 39,4 39,8 40,9 8,2 -1,3 -1,0
Secteur secondaire 270,5 296,8 296,2 294,4 305,9 308,3 16,2 9,7 3,9
Industries extractives 19,2 34,2 35,1 31,5 37,7 38,4 16,6 78,2 12,3
Industries manufacturières 105,5 101,9 100,8 101,5 103,9 101,1 8,2 -3,4 -0,8
Industries alimentaires et tabac 39,8 39,1 38,2 38,6 39,8 39,3 7,2 -1,7 0,5
Industries textiles, de l'habillement et du cuir 8,0 7,3 6,9 6,6 6,8 6,4 -0,4 -8,4 -12,4
Industries chimiques et parachimiques 11,1 12,4 13,7 13,1 13,7 13,4 15,5 11,9 8,0
Industries métallurgiques, mécaniques,
23,0 20,8 20,4 20,7 21,7 21,4 13,2 -9,6 3,2
électriques et électroniques
Industries manufacturières diverses 23,6 22,3 21,5 22,4 21,8 20,5 5,5 -5,7 -8,1
Électricité, gaz et eau 54,8 68,2 65,7 65,0 68,2 72,6 37,7 24,6 6,5
Bâtiment et travaux publics 91,0 92,4 94,7 96,4 96,1 96,1 15,2 1,6 4,0
Secteur tertiaire 746,6 777,4 772,0 777,0 791,2 815,5 4,6 4,1 4,9
Commerce,réparations automobiles et d'articles
86,4 80,9 75,0 75,2 74,4 79,1 23,4 -6,4 -2,3
domestiques
Hôtels et restaurants 20,0 18,4 17,9 17,7 17,1 16,0 0,0 -8,0 -12,9
Transports et communications 39,9 40,9 39,2 36,5 44,5 41,9 -2,8 2,4 2,4
Activités financières 158,7 186,1 186,1 186,4 194,8 211,4 6,3 17,2 13,6
Particuliers et MRE 335,9 343,3 345,0 347,9 349,0 350,7 2,9 2,2 2,2
Administrations locales 26,1 27,2 26,6 26,3 26,2 26,6 2,6 4,3 -2,4
Autres sections (3) 79,5 80,6 82,2 87,0 85,1 89,9 -1,9 1,3 11,6
307
Annexes
TABLEAU A8.6 CRÉANCES DES AUTRES SOCIÉTÉS FINANCIÈRES SUR LES AGENTS NON FINANCIERS PAR OBJET ÉCONOMIQUE (1)
(Encours en MMDH)
Variation Annuelle
* * 2024
2022 2023 (en%)
mars juin sept déc. 2022 2023 2024
Créances sur les agents non financiers 348,3 372,6 377,1 385,8 394,1 406,6 2,7 7,0 9,1
Crédits accordés par les autres sociétés
162,9 170,3 167,7 172,3 172,4 180,6 6,7 4,5 6,0
financières
Sociétés de financement 130,2 137,7 137,5 142,3 143,8 148,8 6,4 5,7 8,1
Crédits à la consommation 32,2 34,3 34,8 35,8 36,2 36,1 4,0 6,7 5,2
Crédit-bail 70,5 74,8 75,2 77,0 77,7 81,8 4,9 6,1 9,4
Créances en souffrance 16,3 17,5 17,8 17,9 18,5 18,3 5,7 7,6 4,6
Banques off-shores 13,7 14,2 12,2 11,9 10,3 11,7 17,5 4,1 -17,5
Crédits de trésorerie 4,8 4,2 2,9 3,1 1,4 1,4 65,9 -12,5 -67,2
Crédits à l'équipement 8,2 8,2 8,6 8,2 8,2 8,1 1,9 -0,8 -1,2
Caisse de Dépôt et de Gestion 2,3 1,6 1,7 1,6 1,6 1,6 25,2 -30,7 2,7
Crédits de trésorerie 1,0 0,8 0,8 0,8 0,8 0,7 50,9 -16,4 -17,4
Crédits à l'équipement 1,3 5,0 5,0 5,0 5,0 5,0 0,0 292,3 -0,1
Associations de microcrédit 8,7 8,8 9,0 9,3 9,5 9,6 4,4 1,0 9,3
Fonds de placement collectifs en titrisation 7,7 7,5 6,8 6,6 6,6 8,2 -6,6 -1,7 9,2
Titres émis par les sociétés non financières et
174,3 188,6 195,6 198,0 205,8 211,4 -2,2 8,2 12,1
détenus par les autres sociétés financières
OPCVM autres que monétaires 72,1 78,3 85,0 87,2 94,0 99,9 -13,9 8,6 27,6
Entreprises d'assurances et de réassurance 63,2 68,3 69,2 69,0 70,0 70,0 4,8 8,1 2,5
Caisse de Dépôt et de Gestion 11,0 11,5 11,0 10,9 10,9 10,6 6,1 4,5 -7,7
Caisses de retraite (2) 27,6 29,7 29,7 30,2 30,2 30,2 18,6 7,6 1,9
Autres créances 11,1 13,7 13,8 15,6 15,9 14,6 33,9 23,6 6,2
(1) Hors créances des autres sociétés financières sur l’Administration Centrale.
(2) Celles relevant du secteur financier, à savoir la CIMR et la CNRA.
(*) Chiffres révisés.
Source : Bank Al-Maghrib.
308
TABLEAU A8.7 ÉVOLUTION DU MARCHÉ INTERBANCAIRE
(En millions de dirhams)
2023 2024
Moyenne Janv. Fév. Mars Avril Mai Juin Juillet Août Sept. Oct. Nov. Déc. Moyenne
Encours moyen 8 753 8 222 7 326 6 923 6 155 7 834 9 572 7 434 6 047 6 491 7 048 5 645 5 917 7 052
Volume moyen échangé 3 487 3 087 2 092 2 127 2 223 1 991 3 274 2 585 2 498 2 687 2 992 2 537 2 917 2 581
Total 2024
Maturités
2023 Janv. Fév. Mars Avril Mai Juin Juillet Août Sept. Oct. Nov. Déc. TOTAL
Total des souscriptions 255 249 19 679 12 425 16 623 13 731 15 535 10 091 38 495 8 504 13 644 9 046 11 078 2 509 171 361
Court terme 83 032 701 150 600 850 400 1 600 3 759 700 1 057 400 1 895 700 12 812
32 jours - - - - - - - - - - - - - -
45 jours - - - - - - - - - - - - - -
13 semaines 28 721 350 150 - 500 400 1 600 603 300 650 300 - 100 4 953
26 semaines 16 994 150 - 300 350 - - 309 200 - 100 295 - 1 704
52 semaines 37 317 201 - 300 - - - 2 846 200 407 - 1 600 600 6 155
Moyen terme 84 387 6 042 2 450 6 590 6 041 12 546 2 713 8 766 5 226 4 385 4 394 5 927 800 65 882
2 ans 67 041 3 272 2 450 2 732 2 765 9 684 2 713 3 537 2 567 2 829 1 890 1 300 400 36 139
5 ans 17 346 2 770 - 3 858 3 276 2 862 - 5 229 2 660 1 556 2 504 4 627 400 29 743
BANK AL-MAGHRIB
Long terme 87 830 12 936 9 825 9 434 6 839 2 589 5 778 25 970 2 578 8 202 4 252 3 256 1 009 92 668
10 ans 38 174 5 321 2 642 3 321 730 1 551 1 500 7 117 1 980 1 102 1 199 582 - 27 044
15 ans 32 453 4 986 1 400 666 737 656 2 045 3 971 484 2 647 461 725 - 18 778
20 ans 11 038 1 141 5 783 2 016 41 382 514 3 251 114 2 658 570 1 949 1 009 19 427
30 ans 6 166 1 488 - 3 431 5 330 - 1 720 11 631 - 1 796 2 023 - - 27 418
309
RAPPORT ANNUEL 2024
310
Annexes
Tableau A9.1 ENCOURS DES BONS DU TRÉSOR ÉMIS PAR ADJUDICATION (Par catégorie de souscripteur initial)
Variations en % Part en %
2020 2021 2022 2023 2024
2023/2022 2024/2023 2023 2024
O.P.C.V.M 236 533 275 290 240 842 267 332 276 995 11,0 3,6 38,2 36,8
Assurances et Organismes de Prévoyance Sociale 129 539 125 246 119 046 117 947 156 969 -0,9 33,1 16,9 20,8
Banques 146 651 152 686 207 947 211 811 208 907 1,9 -1,4 30,3 27,7
Caisse de dépôt et de gestion(1) 44 423 52 956 49 398 54 659 66 590 10,7 21,8 7,8 8,8
Autres institutions financières 23 918 23 650 29 277 29 415 29 019 0,5 -1,3 4,2 3,9
Entreprises non financières 19 282 16 361 15 017 15 098 11 682 0,5 -22,6 2,2 1,6
Sociétés de financement 395 388 4 164 3 043 3 369 -26,9 10,7 0,4 0,4
Total des adjudications de bons de Trésor 600 741 646 633 665 764 699 382 753 604 5,0 7,8 - -
(1) Sans tenir compte de l'encours des BDT des organismes de prévoyance gérés par la CDG.
Source: Bank Al Maghrib.
Tableau A9.2 ÉMISSIONS DES TITRES DE CRÉANCES NÉGOCIABLES (Par catégorie de souscripteur initial)
2023 2024
Émissions 7 679 2 442 46 613 14 054 70 788 15 884 3 243 50 578 7 322 77 027
Certificats de dépôt 6 072 1 870 29 834 11 472 49 248 9 368 530 31 258 7 272 48 428
Billets de trésorerie 217 247 11 625 2 531 14 620 1 260 2 383 11 807 50 15 500
2024
2023
T1 T2 T3 T4
Source :Maroclear.
311
RAPPORT ANNUEL 2024
Annexes
2024
2023 2024
T1 T2 T3 T4
Encours 175 074 175 603 178 553 177 174 182 016 182 016
Secteur Financier 79 396 79 196 81 885 80 147 80 426 80 426
Publique 35 357 35 157 37 023 36 823 36 722 36 722
Banques 35 357 35 157 37 023 36 823 36 722 36 722
Privé 44 039 44 039 44 861 43 323 43 704 43 704
Banques 35 448 35 448 35 770 34 770 34 106 34 106
Autres sociétés financières 8 591 8 591 9 091 8 553 9 598 9 598
Secteur non financier 95 678 96 407 96 668 97 028 101 590 101 590
Sociétés non financières privées 28 350 29 208 29 092 28 573 28 669 28 669
Sociétés non financières publiques 66 328 66 199 66 577 67 454 71 921 71 921
Administrations locales 1 000 1 000 1 000 1 000 1 000 1 000
Émission 15 890 1 500 6 714 3 860 12 000 24 074
Secteur Financier 8 350 - 5 300 1 500 5 300 12 100
Publique 2 300 - 2 800 - 2 200 5 000
Banques 2 300 - 2 800 - 2 200 5 000
Privé 6 050 - 2 500 1 500 3 100 7 100
Banques 4 250 - 2 000 1 500 2 000 5 500
Autres sociétés financières 1 800 - 500 - 1 100 1 600
Secteur non financier 7 540 1 500 1 414 2 360 6 700 11 974
Sociétés non financières privées 1 340 1 500 514 1 160 1 400 4 574
Sociétés non financières publiques 6 200 - 900 1 200 5 300 7 400
Administrations locales - - - - - -
312
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
313
Annexes
IPAI
314
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Variation en %
2023/2022 2024/2023
Variation en %
2024/2023
Villes
IPAI Nombre de transactions
315
Table des matières
Table des matières
NOTE INTRODUCTIVE.................................................................................................................................................... i-xi
319
1.6 Balance des paiements...........................................................................................96
1.6.1 Balance commerciale.....................................................................................................................................97
1.6.2 Balance des services ................................................................................................................................. 107
1.6.3 Balance des revenus....................................................................................................................................110
1.6.4 Compte financier ..........................................................................................................................................110
1.6.5 Position extérieure globale (PEG).........................................................................................................113
320
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
321
LISTE DES GRAPHIQUES
Graphique 1.1.1 : Taux de chômage dans les principales économies avancées ........................................... 7
Graphique 1.1.2 : Taux de chômage des jeunes dans les principaux pays avancés .................................... 8
Graphique 1.1.3 : Evolution annuelle des indices des prix des matières premières...................................... 8
Graphique 1.1.4 : Evolution mensuelle des indices des prix des matières premières en 2024................ 8
Graphique 1.1.5 : Evolution annuelle des prix des produits énergétiques ....................................................... 9
Graphique 1.1.6 : Evolution mensuelle des prix des produits énergétiques en 2024................................... 9
Graphique 1.1.7 : Indices des prix des produits hors énergie................................................................................10
Graphique 1.1.8 : Cours du phosphate et dérivés .......................................................................................................10
Graphique E.[Link] : Indices des prix énergétiques et des métaux et minerais.................................................. 11
Graphique 1.1.9 : Inflation dans le monde ...................................................................................................................... 13
Graphique 1.1.10 : Inflation dans les principales économies de la zone euro .................................................. 13
Graphique 1.1.11 : Solde budgétaire dans les principaux pays avancés ............................................................14
Graphique 1.1.12 : Dette publique dans les principaux pays avancés ................................................................14
Graphique 1.1.13 : Solde budgétaire dans les principales économies émergentes ...................................... 15
Graphique 1.1.14 : Dette publique dans les principales économies émergentes ........................................... 15
Graphique 1.1.15 : Croissance en volume du commerce mondial de biens et services ............................... 16
Graphique 1.1.16 : Exportations de biens et services en volume .......................................................................... 16
Graphique 1.1.17 : Taux directeurs de la BCE, BoE et de la FED ............................................................................. 19
Graphique 1.1.18 : Taux directeurs de la Banque du Japon .................................................................................... 20
Graphique 1.1.19 : Taux directeurs des banques centrales des principaux pays émergents ................. 21
Graphique E.[Link] : Niveaux et types des cibles d’inflation des banques centrales adoptant
un régime de ciblage d’inflation selon la classification du FMI ........................................23
Graphique 1.1.20 : Indices boursiers des principales économies avancées.......................................................24
Graphique 1.1.21 : Indice boursiers des principales économies émergentes....................................................24
Graphique 1.1.22 : Indicateurs de volatilité des marchés boursiers américains et européens................25
Graphique 1.1.23 : Taux souverains à 10 ans des Etats-Unis et des principaux pays
de la zone euro ........................................................................................................................................26
Graphique 1.1.24 : Crédit bancaire aux Etats-Unis et dans la zone euro............................................................26
Graphique 1.1.25 : Crédit bancaire aux ménages en Chine........................................................................................26
Graphique 1.1.26 : Cours de change de l’euro .................................................................................................................27
Graphique 1.1.27 : Evolution des monnaies des principales économies émergentes
vis-à-vis du dollar...................................................................................................................................27
Graphique E.[Link] : Cours de l’once d’or................................................................................................................................29
Graphique E.[Link] : Structure de la demande mondiale de l’or..................................................................................29
Graphique 1.2.1 : Production des trois principales céréales ..................................................................................32
Graphique 1.2.2 : Production des principales cultures hors céréales ...............................................................32
Graphique 1.2.3 : Production commercialisée de la pêche côtière et artisanale ..........................................33
Graphique 1.2.4 : Contribution à l’évolution de la valeur ajoutée des industries manufacturières ....34
Graphique 1.2.5 : Valeur ajoutée des industries extractives et production marchande
du phosphate brut en volume .........................................................................................................34
Graphique 1.2.6 : Valeur ajoutée du BTP et ventes de ciment ..............................................................................35
Graphique E.[Link] : Valeur ajoutée et emploi dans le BTP ..........................................................................................35
Graphique E.[Link] : Multiplicateur de production ............................................................................................................37
Graphique 1.2.7 : Production de l’électricité par source ..........................................................................................38
Graphique 1.2.8 : Production d’électricité d’origine renouvelable........................................................................38
Graphique 1.2.9 : Arrivées aux postes frontières par région en 2024...............................................................39
322
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
323
Graphique 1.5.1 : Solde budgétaire global et solde primaire..................................................................................82
Graphique 1.5.2 : Solde budgétaire global.......................................................................................................................82
Graphique E.[Link] : Valeur ajoutée et investissement des EEP ...............................................................................83
Graphique 1.5.3 : Recettes de l’IS et de l’IR.....................................................................................................................85
Graphique 1.5.4 : Structure des recettes ordinaires...................................................................................................85
Graphique 1.5.5 : Recettes ordinaires ...............................................................................................................................86
Graphique 1.5.6 : Recettes provenant des EEP ...........................................................................................................86
Graphique 1.5.7 : Dépenses globales................................................................................................................................ 88
Graphique 1.5.8 : Structure des dépenses globales................................................................................................... 88
Graphique 1.5.9 : Masse salariale .......................................................................................................................................89
Graphique 1.5.10 : Charge de compensation ...................................................................................................................89
Graphique 1.5.11 : Solde ordinaire.........................................................................................................................................92
Graphique 1.5.12 : Dépenses d’investissement..............................................................................................................92
Graphique 1.5.13 : Stock des opérations en instance...................................................................................................93
Graphique 1.5.14 : Solde primaire et dette publique directe, en % du PIB..........................................................93
Graphique 1.5.15 : Financement net du Trésor................................................................................................................94
Graphique 1.5.16 : Financement extérieur du Trésor...................................................................................................94
Graphique 1.5.17 : Dette du Trésor ......................................................................................................................................95
Graphique 1.5.18 : Dette extérieure publique ..................................................................................................................95
Graphique 1.6.1 : Balance commerciale.............................................................................................................................98
Graphique 1.6.2 : Contributions des principaux produits à l’évolution des importations en 2024....100
Graphique 1.6.3 : Exportations de phosphate et dérivés.......................................................................................101
Graphique 1.6.4 : Contributions des principaux secteurs à l’évolution des exportations en 2024 .. 103
Graphique E.[Link] : Evolution des exportations de biens du Maroc..................................................................... 105
Graphique E.[Link] : Nombre de biens exportés par pays.......................................................................................... 105
Graphique E.[Link] : Classement des principaux marchés à l’export du Maroc ............................................... 106
Graphique E.[Link] : Indice HHI de concentration des marchés, par pays ......................................................... 106
Graphique 1.6.5 : Recettes de voyages.......................................................................................................................... 107
Graphique 1.6.6 : Dépenses de voyages....................................................................................................................... 107
Graphique E.[Link] : Arrivées touristiques et recettes de voyages ...................................................................... 109
Graphique 1.6.7 : Flux entrants d’IDE par secteur d’activité ............................................................................... 111
Graphique 1.6.8 : Flux entrants d’IDE par principaux pays d’origine ............................................................... 111
Graphique 1.6.9 : Investissements directs marocains à l’étranger
par secteur d’activité..........................................................................................................................112
Graphique 1.6.10 : Investissements directs marocains à l’étranger par principaux pays
de destination ........................................................................................................................................112
Graphique 1.6.11 : Avoirs officiels de réserve................................................................................................................113
Graphique 1.7.1 : Taux moyen pondéré sur le marché interbancaire en 2024 ...........................................116
Graphique 1.7.2 : Taux moyen pondéré des émissions du Trésor ..................................................................118
Graphique 1.7.3 : Courbe des taux sur le marché secondaire .............................................................................118
Graphique 1.7.4 : Crédit bancaire ......................................................................................................................................118
Graphique 1.7.5 : Ratio du crédit bancaire au PIB .....................................................................................................118
Graphique 1.7.6 : Créances en souffrance.................................................................................................................... 120
Graphique 1.7.7 : Créances nettes sur l’Administration Centrale.......................................................................121
Graphique 1.7.8 : Avoirs officiels de réserve................................................................................................................121
Graphique 1.7.9 : Avoirs extérieurs nets des autres institutions de dépôts ...............................................121
Graphique E.[Link] : Coefficient d’emploi1 ..........................................................................................................................123
Graphique E.[Link] : Structure des emplois des banques ...........................................................................................123
324
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
325
Graphique 2.2.10 : Structure des pièces en circulation.............................................................................................206
Graphique 2.2.11 : Evolution des incidents de paiement sur chèques et des régularisations ..............209
Graphique 3.1.1 : Structure du bilan ................................................................................................................................217
Graphique 3.2.1 : Répartition des expositions des portefeuilles par région ............................................... 233
Graphique 3.2.2 : Répartition des expositions des portefeuilles par classe d’actifs............................... 233
Graphique 3.2.3 : Répartition des portefeuilles obligataires par notation ................................................... 233
Graphique 3.2.4 : Evolution des billets et monnaies en circulation en 2024................................................ 243
Graphique 3.2.5 : Structure des engagements sur titres......................................................................................249
Graphique 3.2.6 : Evolution des produits, des charges et du résultat net ................................................... 259
326
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
Tableau 1.8.2 : Opérations sur les bons du Trésor par maturité .................................................................133
Tableau 1.8.3 : Emissions de titres de dette privée .......................................................................................... 134
Tableau 1.8.4 : Encours de la dette privée................................................................................................................135
Tableau E.[Link] : Evolution des délais de paiement ................................................................................................136
Tableau 1.8.5 : Souscriptions, rachats et actif net des OPCVM ..................................................................139
Tableau 1.8.6 : Volume des transactions................................................................................................................. 142
Tableau 1.8.7 : Indice des prix des actifs immobiliers et nombre de transactions............................... 146
Tableau 1.8.8 : Indice des prix des actifs immobiliers et nombre de transactions
par principales villes .......................................................................................................................... 146
Tableau 1.9.1 : Flux financiers avec le reste du monde ................................................................................... 149
Tableau 1.9.2 : Principaux flux financiers des administrations publiques ............................................. 150
Tableau 1.9.3 : Principaux flux financiers des sociétés non financières ................................................. 150
Tableau 1.9.4 : Principaux flux financiers des ménages et ISBLSM ...........................................................152
Tableau E.[Link] : Décomposition comptable des variations du taux de marge des SNF.......................153
Tableau 2.1.1 : Premier bilan annuel d’étape de la mise en œuvre du plan 2024-2028..................... 169
Tableau 2.1.2 : Principaux processus ayant fait l’objet de mission d’audit en 2024............................173
Tableau 2.2.1 : Prévisions à moyen terme de l’inflation ...................................................................................181
Tableau 2.2.2 : Décisions de politique monétaire depuis 2016...................................................................... 183
Tableau E.[Link] : Résultats de l’estimation du modèle ECM................................................................................ 185
Tableau E.[Link] : Estimation du Pass-through pour un échantillon de pays............................................... 186
Tableau 3.1.1 : Bilan par opération...............................................................................................................................217
Tableau 3.1.2 : Résultat net de l’exercice..................................................................................................................219
Tableau 3.2.1 : Actif au 31 décembre 2024..............................................................................................................220
Tableau 3.2.2 : Passif au 31 décembre 2024............................................................................................................221
Tableau 3.2.3 : Hors bilan au 31 décembre 2024................................................................................................... 222
Tableau 3.2.4 : CPC comptable au 31 décembre 2024........................................................................................ 223
Tableau 3.2.5 : Flux de trésorerie au 31 décembre 2024................................................................................... 224
Tableau 3.2.6 : Variation des capitaux propres au 31 décembre 2024....................................................... 225
Tableau 3.2.7 : Evolution des cours de change ................................................................................................... 227
Tableau 3.2.8 : Délais d’amortissement des immobilisations........................................................................ 229
Tableau 3.2.9 : Avoirs et placements en or............................................................................................................. 235
Tableau 3.2.10 : Avoirs et placements en devises par type de placement................................................ 236
Tableau 3.2.11 : Avoirs et placements en devises par devise.......................................................................... 236
Tableau 3.2.12 : Avoirs et placements en devises par durée résiduelle ..................................................... 236
Tableau 3.2.13 : Position avec le FMI............................................................................................................................ 237
Tableau 3.2.14 : Structure des concours aux banques par instrument ...................................................... 239
Tableau 3.2.15 : Ventilation des concours aux banques par maturité ....................................................... 239
Tableau 3.2.16 : Valeurs immobilisées nettes..........................................................................................................240
Tableau 3.2.17 : Titres de participation et emplois assimilés .......................................................................... 241
Tableau 3.2.18 : Immobilisations corporelles et incorporelles.......................................................................... 242
Tableau 3.2.19 : Engagements en dirhams convertibles....................................................................................244
Tableau 3.2.20 : Dépôts et engagements en dirhams.......................................................................................... 245
Tableau 3.2.21 : Autres passifs....................................................................................................................................... 245
Tableau 3.2.22 : Décomposition par échéance du solde des dettes fournisseurs.................................. 246
Tableau 3.2.23 : Variation du compte d’évaluation des réserves de change............................................ 247
Tableau 3.2.24 : Capitaux propres et assimilés....................................................................................................... 247
Tableau 3.2.25 : Opérations de change........................................................................................................................248
Tableau 3.2.26 : Engagements sur titres....................................................................................................................249
Tableau 3.2.27 : Autres engagements.........................................................................................................................249
327
Tableau 3.2.28 : Intérêts perçus sur les avoirs et placements en or et en devises................................250
Tableau 3.2.29 : Intérêts perçus sur les concours aux établissements de crédit....................................251
Tableau 3.2.30 : Commissions perçues........................................................................................................................ 252
Tableau 3.2.31 : Autres produits financiers............................................................................................................... 253
Tableau 3.2.32 : Ventes de biens et services produits ........................................................................................ 254
Tableau 3.2.33 : Intérêts sur engagements en dirhams...................................................................................... 255
Tableau 3.2.34 : Commissions servies.......................................................................................................................... 255
Tableau 3.2.35 : Autres charges financières............................................................................................................. 256
Tableau 3.2.36 : Charges de personnel........................................................................................................................ 256
Tableau 3.2.37 : Achats de matières et fournitures.............................................................................................. 257
Tableau 3.2.38 : Autres charges externes.................................................................................................................. 257
Tableau 3.2.39 : Dotations aux amortissements.................................................................................................... 258
Tableau 3.2.40 : Dotations aux provisions ................................................................................................................ 258
Tableau 3.3.1 : Evolution de l’Actif..............................................................................................................................260
Tableau 3.3.2 : Evolution du Passif .............................................................................................................................261
Tableau 3.3.3 : Evolution du CPC comptable ......................................................................................................... 262
Tableau 3.4.1 : Engagement et financement des fonds sociaux.................................................................. 263
328
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
329
Tableau A8.8 : Souscriptions aux bons du trésor par voie d’adjudication..............................................309
Tableau A9.1 : Encours des bons du trésor émis par adjudication ............................................................ 310
Tableau A9.2 : Emissions des titres de créances négociables ......................................................................311
Tableau A9.3 : Encours des titres de créances négociables ..........................................................................311
Tableau A9.4 : Marche obligataire ...............................................................................................................................312
Tableau A9.5 : Indicateurs boursiers ........................................................................................................................313
Tableau A9.6 : Indice des prix des actifs immobiliers ....................................................................................... 314
Tableau A9.7 : Nombre de transactions par catégorie .....................................................................................315
Tableau A9.8 : IPAI et nombre de transactions par principale ville ............................................................315
330
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
331
COVID-19 : Corona virus disease 2019
CP : Comité Paiements
CPC : Compte de Produits et Charges
CPT : Centres Privés de Tri
CRC : Comité Risques et Conformité
CRP : Caisse de Retraite du Personnel de Bank Al-Maghrib
CSF : Comité Stabilité Financière
CST : Comptes Spéciaux du Trésor
CT : Collectivités Territoriales
CT : Court Terme
CTBC : Code de Transparence des Banques Centrales
CTCI : Classification Type du Commerce International
DAP : Diammonium Phosphate
DGSN : Direction Générale de la Sûreté Nationale
DH : Dirhams Marocains
DTFE : Direction du Trésor et des Finances Extérieures
DTS : Droits de Tirage Spéciaux
EBA : External Balance Assessment
EBE : Excédent Brut d’Exploitation
ECM : Error Correction Model
EEP : Entreprises et Etablissements Publics
ENE : Enquête Nationale sur l’Emploi
ESG : Environnemental, Social et Gouvernance
ETF : Exchange Traded Funds
ETIC : Etat des Informations Complémentaires
EWIS : Electrical Wiring Interconnection System
FAB : Franco à bord
FAO : Food and Agriculture Organization
FED : Federal Reserve
FM : Fonds Mutuel
FMA : Fonds Monétaire Arabe
FMI : Fonds Monétaire International
FRD : Facilité pour la Résilience et de la Durabilité du FMI
FSB : Financial Stability Board
FTSE 100 : Financial Times Stock Exchange 100
GAFI : Groupe d’Action Financière
GAFIMOAN : Groupe d’Action Financière du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord
GE : Grandes Entreprises
332
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
333
MENA : Middle East and North Africa
MFC : Morocco Fintech Center
MFI : Marché Financier International
mmbtu : Million British Thermal Units
MMDH : Milliard (s) de Dirhams
MONIA : Moroccan Overnight Index Average
MQx : Millions de Quintaux
MRE : Marocains Résidant à l’Etranger
MSCI : Morgan Stanley Capital International
MSCI EM : Morgan Stanley Capital International Emerging Markets
MT : Moyen Terme
MTAR : Momentum Threshold Autoregressive
MW : Mégawatt
NAIRU : Non Accelerating Inflation Rate of Unemployment
NASDAQ : National Association of Securities Dealers Automatic Quotation System
NEET : Not in Education, Employment or Training
NGFS : Network for Greening the Financial System
Nikkei 225 : Nihon Keizai Shinbun 225
NSFR : Net Stable Funding Ratio
OCDE : Organisation de Coopération et de Développement Economiques
OCP : Office Chérifien des Phosphates
OEC : Ordre des Experts Comptables
OMT : Organisation Mondiale du Tourisme
ONEE : Office National de l’Electricité et de l’Eau Potable
ONS : Office for National Statistics
OPCI : Organismes de Placement Collectif en Immobilier
OPCVM : Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières
OPEP : Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole
Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole, plus dix autres pays dont notamment
OPEP+ :
la Russie
OTC : Over-the-Counter
PAE : Politique Actionnariale de l’Etat
pb : Point (s) de base
Pc : Prix de la consommation
PEG : Position Extérieure Globale
PEPP : Pandemic Emergency Purchase Programme
PER : Price Earning Ratio
PIAFE : Programme Intégré d’Appui et de Financement des Entreprises
PIB : Produit Intérieur Brut
334
BANK AL-MAGHRIB RAPPORT ANNUEL 2024
335
TVA : Taxe sur la Valeur Ajoutée
TWh : Térawatt-heure
UGTM : Union Générale des Travailleurs du Maroc
UMT : Union Marocaine du Travail
USD : Dollar américain
VA : Valeur Ajoutée
VAR : Vector AutoRegression
VaR : Value at Risk
VIX : Volatility Index
VSTOXX : Eurostoxx 50 Volatility
WTI : West Texas Intermediate
ZLECAf : Zone de Libre-Echange Continentale Africaine
336
Dépôt légal : 2016PE0076
ISSN : 2509-0348