MYTHOLOGIE ET IMAGES – INTRODUCTION
Définition du terme mythologie :
Dictionnaire Robert
1. Ensemble des mythes, des légendes propres à un peuple, à une civilisation, à une religion - produit de l’imagination
collective et l’expression de toute une société.
2. Science, étude des mythes, de leurs origines, de leur développement et de leur signification
Les 6 critères de définition de la mythologie
- Son contenu : récits de création ou d’invention
- Ses acteurs : les dieux et les héros
- Sa temporalité : différente de la temporalité humaine
- Son espace géographique : le même que l’espace géographique des hommes
- Son mode de transmission : transmission orale puis écrite => chgt qui engendre des phénomènes de réélaboration et
d’actualisation
- Sa fonction : répondre à des questionnements fondamentaux sur l’homme et la société humaine – véhiculer des valeurs
intellectuelles, philosophiques, politiques, des principes religieux
Retour sur certains de ces critères
I- Les acteurs de la mythologie = comment représenter les dieux ?
1- Qu’est-ce qu’une divinité ?
Dans l’Antiquité, quelle que soit la culture ou la période considérée, le monde est « plein de dieux » (Thalès de Milet, VIe
siècle av. n.è.) . Mais qu’est-ce qu’un dieu aux yeux des Grecs anciens ?
- Les créateurs et les organisateurs du monde :
❑ Les dieux créent le monde (= cosmogonie) : séparer le ciel et la terre / disposer les étoiles dans le ciel / distinguer la nuit
et le jour /ériger les montagnes / créer les fleuves…
❑ Chez certains auteurs, les dieux sont aussi les créateurs des hommes (= anthropogonie). D’autres auteurs cependant
comme Hésiode ne posent que la question de la création de la femme et s’interrogent non pas tant sur la création de
l’espèce humaine que sur sa définition (en quoi les hommes se distinguent-ils par leur nature des dieux ?)
- Les maîtres du monde ainsi créé
Une fois le décor planté et ses protagonistes en place, un processus de théogonie, qui voit différentes générations de dieux
se succéder jusqu’à ce qu’un ordre définitif se mette en place, complète la grande fresque des temps primordiaux et
fondateurs.
Dans cette conception des rôles de chacun, les hommes sont conçus d’emblée comme les serviteurs des dieux
- qu’ils nourrissent (par les sacrifices qu’ils accomplissent)
- dont ils prennent soin en leur dédiant des espaces propres (par exemple des temples ou des sanctuaires)
- dont ils attendent divers bienfaits.
Les divinités sont donc fondamentalement des puissances divines, c’est-à-dire des entités supérieures, surhumaines,
caractérisées (sauf rares exceptions) par leur statut immortel et par une vie bienheureuse.
Les hommes leur imputent la capacité d’agir dans et sur le monde, donc d’influencer leur destin, collectif ou individuel.
2- Qu’est-ce que la religion ?
Parce qu’ils sont supérieurs et puissants, les dieux doivent être honorés.
Ce que nous appelons la « religion » est donc une obligation sociale qui relève du champ de la tradition, des normes
ancestrales.
Le terme « religion » dérive du latin religio
≠ « système de croyances et de pratiques propre à un groupe social » (définition du Robert)
= scrupule respectueux qui pousse les hommes à ne pas négliger les dieux.
- Les oublier = une impiété
- Les craindre à chaque instant = une superstition.
(En Grèce, en Egypte ou à Rome) Pas de concept exprimant l’idée de « religion », parce qu’il ne s’agit pas de « religions du
livre », adossées à des dogmes et à une doctrine canonique.
On parle plutôt de « religions du faire » où ce qui compte est avant tout le culte, donc le soin que l’on prend des dieux au
jour le jour.
La religion est ainsi affaire de communication : on s’adresse aux dieux (à travers prières / offrandes / gestes divers et variés)
pour
- capter leur attention
- obtenir d’eux des bienfaits : bénédiction / naissance / guérison / récolte abondante / paix ou victoire au combat /
traversée en mer sans encombre…
En mille et une circonstances, on se tourne vers les dieux du foyer domestique, de la famille, ou l’on se rend dans les
sanctuaires, pour engager un rapport en quelque sorte contractuel avec les dieux.
Cf. adage latin : do ut des, « je donne pour que tu donnes »
Ce « commerce » avec les dieux est cependant hiérarchisé : la religion, comme activité sociale cruciale pour le devenir des
individus et des groupes, met en contact des interlocuteurs de nature différente.
L’homme propose mais les dieux disposent, puisqu’ils décident d’écouter ou non une prière, d’accepter ou non une
requête.
Dans cette dynamique d’interaction, les représentations des dieux jouent un rôle essentiel.
3- Présentifier les dieux
En tant que puissances divines, les dieux relèvent d’une réalité bien différente de celles des hommes. Ils sont invisibles aux
humains
• Ceux qui ont l’arrogance de regarder en face l’éclat divin en meurent ou deviennent aveugles: cf. le devin Tirésias qui
avait vu Athéna se baignant dans une source de de l’Hélicon.
• Ceux qui ont l’arrogance de regarder en face l’éclat divin en meurent ou deviennent aveugles: cf. le devin Tirésias qui
avait vu Athéna se baignant dans une source de de l’Hélicon.
• La résidence privilégiée des dieux est le mont Olympe : sa hauteur exprime la distance qui sépare les hommes des dieux.
• Homère, dans l’Iliade, décrit à de multiples reprises les dieux intervenant sur le champ de bataille, mais sans que les
héros puissent les voir ou les reconnaître.
Pourtant, dans le cadre des cultes, quand il s’agit d’accomplir des offrandes sur un autel ou d’adresser une prière à une
divinité, la médiation des images est indispensable. Avec Jean-Pierre Vernant, on peut dire que ces représentations,
anthropomorphiques ou non, servent à présentifier la divinité, à la rendre accessible pour créer les conditions d’une
interaction que l’on espère efficace.
Pour autant, les Anciens ne pensent pas qu’une statue est le dieu.
Cratère apulien à figures rouges (New York - 360-350 av. n.è.)
un artiste est en train de décorer une statue d’Héraclès (en blanc car en
marbre).
Héraclès lui-même observe la scène en arrière-plan et porte un doigt à la
bouche, comme pour exprimer son étonnement.
Le geste souligne en réalité cet effet de dédoublement.
4- Des dieux à l’image des hommes ?
Quand on déambule dans un musée, on a parfois du mal à distinguer une statue représentant une divinité de celles qui
figurent un roi ou une impératrice. C’est que l’anthropomorphisme est l’option dominante, qui consiste à attribuer aux
dieux un corps humain.
Cependant, à bien y regarder, ce corps est plus-qu’humain : J.-P. Vernant et Charles Malamoud parlent de « surcorps ».
- par ses dimensions
- par sa perfection et sa beauté
- par son éclat dû au choix de matériaux (or / argent / bronze / ivoire / pierres précieuses) et la polychromie qui
rehaussait leur rayonnement
L’image sert d’emblée à souligner la nature divine, surhumaine, de celles et ceux auxquels on adresse un culte.
Derrière l’apparence physique et la physiologie humaines, se dissimule donc l’essence divine qui est, selon J.-P. Vernant, de
l’ordre de l’« éclat », de la « brillance », de la « beauté », de la « splendeur ».
Les poètes suggèrent au moyen du vocabulaire et de procédés rhétoriques cette substance divine extra-ordinaire.
Mais les imagiers, eux, ne sauraient rendre compte de cette abstraction car si l’on peut dire l’indicible, on ne peut
représenter l’irreprésentable.
=> Aussi, bien que pourvus d’un corps, rendu au moyen des schémas usuels dans le dessin des anatomies humaines, les
dieux, dans les images, doivent sous peine d’être confondus avec eux, s’en distinguer.
La figuration des divinités anthropomorphes impose donc aux imagiers le recours à des expédients, des conventions
en conformité avec le discours mythologique ou propres au langage iconographique, des procédés techniques
destinés à représenter leurs corps : l’essence divine peut par exemple s’exprimer dans les moyens de locomotion
propres aux dieux (la lévitation, le vol), dans des attitudes spécifiques (trôner) ou par la simple représentation
frontale.
Dans la statuaire, un des moyens d’exprimer l’essence divine est de pourvoir la statue divine d’ornements :
vêtements, bijoux, parures … Ces éléments de différenciation sont souvent aujourd’hui perdus.
Un autre moyen consiste à doter le dieu d’un attribut : sceptre, corne d’abondance, arme, animal, instrument de
musique, etc…
Ces éléments sont autant d’indices qui donnent aux Grecs la clé de l’identité du dieu ainsi que celle de ses pouvoirs
et de son domaine d’intervention.
Fonctionnant à la manière d’un déterminant, il ressortit à un code, emprunté à la tradition littéraire, en usage chez
les artistes.
Très tôt, on a, dans les images, associé
- l’égide à Athéna - le trident à Poséidon
- le foudre à Zeus - la cithare ou la lyre à Apollon
- le caducée à Hermès - l’arc à Artémis
etc
L’attribut est à ce point consubstantiel au dieu que, pour J.-P. Vernant, il compte à juste titre « au nombre de ses
appartenances, à la façon de ses bras ou de ses jambes, et définit avec les autres parties du corps sa configuration
physique ».
C’est donc au titre d’appendice anatomique, que l’attribut sa place quand on réfléchit à la représentation dans l’image du
corps des dieux.
La charge de l’attribut est si forte, qu’isolé, il peut équivaloir à une épiphanie et signifier la présence d’un dieu, non
représenté : en l’absence de son détenteur, le foudre de Zeus tombe littéralement du ciel pour venir frapper le Géant
opposé à Héraclès sur un lécythe attique à figures noires du P. de Sappho.
Il s’agit donc là de codes complexes qui sont souvent polysémiques, qui peuvent être partagés par plusieurs divinités et
forment une sorte de langage fluide et polyvalent.
Dans certaines cultures, d’autres stratégies alternatives ont été adoptées pour exprimer en images cet écart de nature entre
les hommes et les dieux :
• Dans le monde égyptien : on a recours au zoomorphisme qui consiste à attribuer aux dieux des traits animaliers : Horus,
le faucon / Apis, le taureau / Sobek, le crocodile…
Aux yeux des Grecs, notamment d’Hérodote (Il visite la vallée du Nil autour de 450 av. n.è.), ces images sont surprenantes,
voire choquantes.
Elles expriment en fait l’altérité du monde divin à travers une hybridité qui traduit la puissance de ceux qui sont
radicalement différents des humains.
Cette hybridité est désignée par le terme de thériomorphisme (d’après le grec therion: « animal, bête, monstre »)
On retrouve ce concept de thériomorphisme en Mésopotamie pour différentes entités divines.
Le monde grec lui-même n’y est pas étranger avec des figures comme la sphinge, le Minotaure, les Centaures…
• Diverses cultures (y compris grecque et romaine) font le choix de l’aniconisme : terme que l’on utilise à la fois
- pour désigner le refus/l’absence d’images divines (cf. religion juive) précisément parce que toute image serait
inadéquate (comme tout nom l’est aussi)
- pour faire référence aux images qui ne sont ni thério- ni anthropomorphiques
Exemple : les pierres brutes parfois appelées « bétyles » (d’après le sémitique qui signifie « maison du dieu ») dont
certaines seraient des météorites tombées du ciel: elles recèlent donc une puissance intrinsèque apte à exprimer la nature
divine.
Parfois cependant, comme pour les humaniser, on les pourvoit d’yeux, d’oreilles et/ou de
bouche afin que la communication avec les hommes soit rendue possible.
Bétyle à oeil incorporé dans le mur nord ou dans une niche du temple
nabatéen des lions ailés à Pétra – Musée de Pétra – Ier-IIème s. de n.è.
Dans les deux cas, la stratégie est identique : se tenir à distance de toute image humaine
5- Un ou plusieurs : les dieux en contexte
La plupart des religions de l’Antiquité sont polythéistes, ce qui implique
- qu’il y a une pluralité de divinités
- mais aussi que chaque divinité est en soi plurielle en ce sens qu’elle
o assume diverses fonctions
o reçoit divers noms
o est représentée à travers diverses images.
Pour saisir le sens d’une représentation, il est donc fondamental de la contextualiser.
❑ Il faut d’abord la situer dans un espace : sanctuaire / chapelle / espace public ou domestique
au centre / sur le côté
à la vue de tous ou pas
Il faut donc prêter attention aux types d’interactions possibles avec les hommes :
- on la voit ou pas ?
- on la touche ou pas ?
- on la vêtit ? on l’oint ?
- on la promène en procession ? on la déplace d’un lieu à l’autre ?
- on la reproduit ? on en vend des répliques ? on la représente sur des monnaies ou des jetons ?
- on la restaure ? on la détruit ? on l’ensevelit dans une décharge (bothros en grec) ?
- Etc…
❑ Ensuite, il faut examiner son entourage, les gestes, les postures :
- Apollon est-il avec Artémis et Léto (sa sœur et sa mère) ou avec Zeus (son père) ?
- Aphrodite est-elle accompagnée de son cortège de petits Erotes ?
Chaque image fait sens dans son contexte et par rapport à un horizon culturel fait de codes ; chaque image traduit des
relations au sein de systèmes polythéistes qui constituent précisément une vaste toile de dieux se définissant les uns par
rapport aux autres, les uns avec les autres.
Exemple : l’égide (sorte de peau de chèvre dont les bords sont hérissés de serpents et le centre pourvu de la tête
effrayante et paralysante de la Gorgone)
Hydrie attique à figures noires – vers 450 av. n. è. –
Cabinet des médailles de la BNF
- Créée par Héphaïstos pour Zeus (peau de la chèvre Amalthée
qui allaite Zeus enfant, soustrait à la dévoration de son père
Cronos par sa mère Rheia qui le cache dans une grotte de Crète)
- Confiée par Zeus à sa fille aînée Athéna, symbole parlant de la
complicité intime et de la complémentarité fonctionnelle entre le
père et la fille.
- Décorée par Athéna de la tête de la Gorgone Méduse tranchée de la main du héros Persée qui en fit
don à la déesse : image de la victoire sur le monstre + signe de l’attribution à tout guerrier d’une
identité et d’une force aptes à effrayer l'ennemi (se retrouve sur les cuirasses ou les boucliers)
Il faut donc se garder d’interpréter une image comme une pièce de musée et s’efforcer de la restituer dans son contexte
d’usage comme un élément du riche dispositif qui permettait aux hommes de connaître les dieux pour mieux tirer
profit de leur puissance.
II- le mode de transmission de la mythologie
Définitions du mythe selon J.-P. Vernant :
« récit d’une suite d’épisodes formant un scénario unifié, avec son couronnement et sa fin » (Jean-Pierre Vernant)
1- Le mythe semble relever tout entier de l’ordre du langage puisque son actualisation passe nécessairement par une
parole.
- Cette parole emprunte toujours, dans son énonciation, la forme narrative.
- Il s’agit au moins jusqu’à l’apparition de l’écriture syllabique dans la deuxième moitié du VIIIe siècle avant n. è. d’une
parole orale chantée à l’époque archaïque par les aèdes : mot grec aiodos dérivé d’un verbe qui signifier « chanter »
Qques précisions sur la littérature archaïque = littérature de l’époque d’Homère
➢ Homère : écrivain d’une civilisation analphabète.
fait surprenant et inexpliqué :
- pratique d’une écriture utilisable à des fins littéraires seulement à partir de la seconde moitié du VIIIe siècle avant notre
ère (= date tardive)
≠ autres civilisations (Egyptiens [hiéroglyphes], Mésopotamiens [écriture cunéiforme]) : écriture de textes de nature
historique, religieuse et artistique dès le IIe millénaire.
MAIS
absence d’écriture ≠ absence de littérature : tradition très ancienne (âge du bronze) et très enracinée d’aèdes
= auteurs-compositeurs-interprètes itinérants allant d’île en île, de cité en cité, pour déclamer leurs poèmes en
s’accompagnant d’un instrument de musique (lyre ou cithare)
Existence d’une littérature grecque bien avant l’apparition de l’écriture = littérature purement orale
➢ Apparition de l’écriture syllabique
2 conséquences
❑ La parole par laquelle s’actualisent les mythes devient une parole écrite.
Les mythes sont transcrits dans des ouvrages savants par des mythographes:
→ mythologie > un objet de lecture pour un public cultivé
La plupart des études consacrées à la mythologie grecque s’appuient sur ces sources littéraires (principaux dépositaires des
mythes antiques) Dans ces études, iconographie = une simple illustration des textes. (conception erronée, on va le voir)
❑ L’existence de variantes : pour un même mythe, on peut avoir une profusion de versions transmises par les sources
écrites et par les sources iconographiques.
Variantes qui peuvent
- être de détail (le nom d’une nymphe pourchassée par Apollon dans un texte ; les personnages qui assistent à la
découverte d’Ariane par Dionysos à Naxos dans la peinture pompéienne)
- toucher parfois à l’essentiel d’un cycle de légendes.
Toutes ces versions – que certains auteurs « rationalistes » du tournant de notre ère ont tenté de faire converger en un récit
« canonique » – sont la marque de traditions variées, transmises par voie orale.
Les textes et les images qui nous sont conservés gardent les traces de ces variations. Ceci explique pourquoi il n’est pas
toujours possible de faire converger parfaitement les sources écrites et les sources iconographiques en un récit univoque.
2- Le caractère très spécifique du langage iconographique
Dans l’Antiquité, l’iconographie ≠ une simple illustration des textes. Pour en prendre conscience, il faut s’attarder sur le
processus de création des images mythologiques
Les artistes antiques ne consultaient pas des versions écrites des mythes avant de se mettre à l’ouvrage. (L’image ne vient
donc pas du texte)
Images créées sans doute, à l’origine, à partir de versions orales des mythes puis transmises de maître à élève au cours de
processus d’apprentissages = rôle central dans la transmission des schémas iconographiques de la longue formation
professionnelle des apprentis
+ influence sur les artisans des grands chefs-d’œuvre de la peinture et de la sculpture grecques par des processus de copies
plus ou moins exactes de ces grandes œuvres
Exemple : cas de la peinture pompéienne (Ier siècle de notre ère)
• thèmes mythologiques représentés se limitent presque toujours aux mêmes épisodes d’un thème mythologique ou d’un
cycle de légende
par exemple: pour le cycle crétois (légende de Thésée et du Minotaure), corpus d’images réduit à 3
inlassablement reproduites
❖ présentation du taureau de bois construit par Dédale pour Pasiphaé
❖ abandon d’Ariane à Naxos par Thésée
❖ découverte de la jeune femme par Dionysos
= trois principaux thèmes iconographiques pour un cycle de récits mythologique extrêmement
riche, complexe et aux versions variées.
Existence d’une « tradition iconographique », transmise d’une génération d’artistes/artisans à
l’autre.
On appelle « schéma iconographique » les compositions très stéréotypées qui ont résulté de
cette répétition des images.
Exemple avec le thème de la découverte d’Ariane par Dionysos
Céramique à figures rouges Fresque pompéienne
Entre 400 et 390 av. n.è. Entre 45 et 79 de n.è.
3- Les différents supports de notre connaissance des mythes à travers les images
Pour étudier les images mythologiques, nous disposons de plusieurs supports d’étude :
➢ Sculpture (source la plus connue mais pas la plus riche)
Les statues évidemment mais également la sculpture architecturale des édifices publics (temples, trésors…)
- Frontons triangulaires des façades antérieures et postérieures
- Frises doriques (sur les métopes) et frises ioniques
Gd nombre de sculptures aujourd’hui disparues (réduites en mortier au four à chaux)
➢ Brassards de bouclier
Petits reliefs encadrés, martelés dans des bandeaux de bronze utilisés comme attaches d’appui-bras sur le bouclier
hoplite
➢ Plaques de terre cuite en relief destinées à être fixées sur des meubles ou des coffres
= versions « bas de gamme » des reliefs d’ivoire ou de métal précieux
➢ Sceaux et gemmes
➢ Formes d’art aujourd’hui (presque) disparues
▪ Peintures murales des édifices publics
▪ Etoffes tissées
▪ Bois et ivoires sculptés
▪ Objets en or, en argent ou en bronze
Disparitions (en infime partie) compensées par la description que qques auteurs font de certaines œuvres:
- Pline l’Ancien (Histoire naturelle – Ier siècle de notre ère) : mention des titres d’un grand nombre d’œuvres
- Pausanias (Périégèse de la Grèce – IIe siècle de notre ère)
➢ La peinture vasculaire = source la plus féconde
Nombre très important de vases qui nous sont parvenus : plusieurs raisons
▪ Durabilité du matériau (imputrescible – possibilité de le reconstituer à partir de fragments)
▪ Absence de valeur intrinsèque de l’objet (ne peut être fondu notamment)
▪ Valeur attribuée aux vases peints par les non-Grecs (notamment Etrusques: objets précieux placés dans les tombeaux)
▪ Renommée des vases grecs sur les marchés étrangers antiques
=> production stimulée presque à l’échelle industrielle
Met à notre disposition un répertoire d’images extrêmement riche
Quand on étudie une image peinte sur un vase grec, il faut garder à l’esprit que ce vase, en plus d’être le miroir du
quotidien antique, est aussi un « support de communication ».
L’analyse des représentations peintes par les artistes/artisans permet de déchiffrer les messages qu’elles visaient à
transmettre, dès lors que l’on maîtrise les codes de ce langage pictural. Elle doit donner lieu à une lecture éclairée des
épisodes mythologiques représentés qu’il ne faut pas regarder avec un œil « naïf » (// lecture naïve d’un récit
mythologique écrit) mais qu’il faut envisager comme le témoignage de ce que les hommes des sociétés antiques
aspiraient à être et ce en quoi ils croyaient.
Cf. Bernard Darras, spécialiste de la sémiotique et des théories systémiques des cultures visuelles, numériques et
matérielles
Les produits de la culture matérielle ne sont pas des objets passifs, mais « des médiateurs de croyances, de
représentations, d’habitudes.»
De plus, dans une civilisation dans laquelle l’univers entier est peuplé de dieux, les deux plans, humain et divin,
interfèrent inévitablement. Lorsqu’un Grec observe une représentation d’un acte d’un dieu ou d’un héros mythologique,
il peut la voir comme le reflet divin ou héroïque d’une action réelle qu’un bon citoyen doit maîtriser.
=> Des dieux et héros de l’époque homérique aux citoyens grecs, il n’y a pas de barrière mythologie/réalité, mais un
simple transfert.
La lecture de toutes ces images nécessite donc un apprentissage
- pour comprendre le message (ce qui suppose de maîtriser les code du langage pictural)
- et passer outre l’aspect simplement esthétique
Il convient donc de prendre en compte tous ces éléments lorsqu’on étudie la mythologie dans les images.
III- Lire une image : méthode et cas pratique
1- « Méthode » pour étudier une image
- examiner avec attention chaque élément qui la compose
- mettre en relation l’ensemble de ces éléments les uns avec les autres
- maîtriser un certain nombre de conventions qui constituent une sorte de code
- garder à l’esprit la relation entre le type de support (nature, fonction, finalité) et le sujet mythologique
Questions à se poser ensuite
- En quoi récit mythique et représentation figurée font-ils référence au même fond mythique ?
- Qu’advient-il du thème mythique lorsqu’il s’actualise en image / dans un texte ?
- Qu’y a-t-il de commun entre la narration et la représentation figurée d’un même épisode mythologique ?
- En quoi impliquent-ils au contraire des plans d’interprétation distincts ?
2- Cas pratique
Cratère à volutes attique à figures noires, dit « Vase François » du nom de celui qui l’a mis au
jour, l’archéologue Alessandro François – peu après 570 avant n.è.
Retrouvé en 1844 dans une tombe étrusque près de Chiusi
Panse, col et pied ornés de 6 registres de scènes à figures.
= près d’une douzaine d’épisodes mythologiques
= plus de 120 figures nommées
Parmi les épisodes mythologiques représentés, 2 épisodes pour lesquels on a de
très rares sources littéraires (bandeau médian)
- Le Retour d’Héphaïstos: ce dernier est conduit par Dionysos vers l’assemblée des dieux réunie sur l’Olympe
- La poursuite de Troïlos et de sa sœur Polyxène par Achille sous les remparts de Troie suivie de la mort du jeune garçon
Sources littéraires à propos du mythe de Troïlos :
- Personnage très peu mentionné dans l’Iliade (XXIV, vers 257) : un des fils que perd le roi troyen Priam
adjectif homérique : « qui aime les chevaux »
- Résumé des poèmes épiques par le mythographe Proclus (Vème s. de n.è.) :
• Récit de la mort de Troïlos tué par Achille inclus dans Les Cypriaques, l’un des livres perdus du cycle troyen: événement
qui a lieu peu après le début du siège de Troie.
• Sujet d’une des pièces perdues de Sophocle
- Autres sources littéraires :
• Troïlos, fils d’Apollon plutôt que de Priam
• Meurtre dans le sanctuaire du dieu
• Deux motifs avancés :
➢ S’étant épris de Troïlos, Achille le tue après que le jeune garçon a repoussé ses avances.
➢ Une légende précise que Troie ne pourra plus être prise après que Troïlos a atteint l’âge de 20 ans.
(NB: idylle entre Troïlos et Cresside chez Shakespeare et Chaucer : confection médiévale ne reposant sur aucune
source antique)
Ces quelques éléments littéraires doivent être confrontés à la représentation figurée qu’en donne le Vase François.
NB: dans ce cas précis, l’image est antérieure au texte (donc idée reçue selon laquelle le texte a une préséance sur l’image
est fausse)
7- D’une porte percée dans la
muraille surgissent armés de
pied en cap deux fils de Priam,
Hector et Politès.
1- Un jeune homme à cheval
galope vers la droite.
A côté de lui, se trouve un autre
cheval, sans cavalier (nombre de
2- Un homme court derrière le pattes)
cheval : comme il porte des grèves
(partie de l’armure protégeant les
jambes), on sait que c’est un 5- Hydrie gisant à terre, sous les pattes 6- Assis sur un siège
guerrier. Il porte ce qui doit être une des chevaux galopant - vase devant les murs de Troie se
lance. → Achille abandonné par la jeune femme qui tient Priam qui tient un
court devant Troïlos = Polyxène bâton, signe extérieur de
son pouvoir royal.
Les deux enfants, après s’être rendus à
3- Deux édifices encadrent la scène : la fontaine, s’enfuient vers leur
- À gauche, un édicule abritant une fontaine demeure (Troie) 6- Anténor, le conseiller de
- À droite, les murailles de Troie Priam, se précipite vers lui
en gesticulant, l’avertissant
de la menace qui pèse sure
Troïlos (et peut-être sur
Troie)
6- À l’extrême gauche de la
scène apparaît Apollon pour
rappeler que Troïlos, parfois
considéré comme son fils, est
tué dans son sanctuaire et
que le dieu contribuera par la
suite à la mort d’Achille.
1- Derrière Achille se tient sa
protectrice, la déesse Athéna.
2- Derrière Athéna se tient le dieu Hermès, le
5- Troïlos est messager des dieux : il a peut-être informé
précisément en train de Achille de la prophétie.
puiser de l’eau à la
fontaine. 3- Une autre femme que l’on peut
Il apparaît donc deux fois identifier comme Thétis, la mère
dans la scène figurée. d’Achille, encourage le héros à avancer
Dans sa description, le (gestuelle signifiante)
peintre ne s’intéresse
pas aux relations du 4- Une femme nommé Rhodia se tient près de la
temps, de l’espace et de fontaine: ses deux bras levés sont peut-être une
l’action : il laisse le tentative pour avertir Troïlos du sort funeste qui le
spectateur y suppléer. menace.
On peut confronter cette lecture d’image à d’autres sources iconographiques :
❑ Fiole corinthienne à figures noires réalisée une ou deux décennies avant le Vase François (vers 580 av. n.è.)
4- Priam, accompagné d’un autre homme,
est en train de les observer. 2- Polyxène est occupée à y remplir une 1- Achille, au casque et aux grèves
cruche tandis qu’une autre femme corinthiens, armé de lances et d’un
s’éloigne, une cruche pleine sur la tête. bouclier à l’emblème du gorgonéion est
3- Troïlos (barbu) conduit à la fontaine accroupi derrière un arbre qui pousse à
deux chevaux, l’un à la robe claire, l’autre l’arrière d’une fontaine à tête de lion.
à la robe sombre. Dans presque toutes les
descriptions attiques de l’embuscade, on
retrouve ces deux chevaux.
❑ Amphore à col attique à figures noires – vers 560 avant n.è. (une décennie environ après le vase François)
Ici, un oiseau est perché sur la fontaine : ce détail très
fréquent dans la représentation de l’épisode revêt une
signification précise. Il s’agit probablement du corbeau
d’Apollon, présage des choses à venir et évocation du rôle du
dieu dans le récit.
❑ Lécythe blanc à figures noires – vers 480 avant n.è. (presque un siècle après le Vase François)
On retrouve le corbeau d’Apollon et la fontaine à tête de lion.
Mais Troïlos a disparu de la scène : Polyxène figure seule avec
Achille, preuve non seulement qu’elle occupe dans le mythe
un rôle canonique mais également qu’elle y est plus qu’une
figurante.
Proclus nous apprend dans un autre des livres perdus du cycle
troyen (L’Ilioupersis) que la jeune fille est sacrifiée sur le
tombeau d’Achille après la chute de Troie.
❑ Amphore tyrrhénienne à figures noires – vers 560 avant n.è.
Proclus nous apprend dans un autre des livres perdus du cycle
troyen (L’Ilioupersis) que la jeune fille est sacrifiée sur le
tombeau d’Achille après la chute de Troie.
On voit ici le fils d’Achille (Néoptolème, à gauche de l’autel)
trancher la gorge de Polyxène. L’autel est figuré au premier
plan en forme d’omphalos ; un feu y brûle. À l’extrême droite,
on voit un personnage prendre la fuite, le vieux Phoenix, un
des éducateurs d’Achille.
Les vases du groupe tyrrhénien pourraient avoir été destinés
spécialement au marché étrusque: ils comportent des scènes
particulièrement violentes et brutales qui auraient davantage
convenu au goût étrusque qu’à celui de l’Attique.
❑ Hydrie attique à Les peintures vasculaires attiques préfèrent représenter
figures noires – vers Polyxène en train d’être menée vers le tombeau.
500 av. n.è. Un eidolon d’Achille plane au-dessus du tombeau.
La présence du serpent s’explique par le fait que le reptile est
associé au monde des morts.
Euripide explique dans une de ses pièces qu’Achille avait exigé
ce sacrifice sans qu’on sache vraiment pourquoi. Certains
supposent une relation amoureuse antérieure entre les deux
personnages.
❑ Amphore tyrrhénienne attique à figures noires – vers 560 av. n.è.
Autre exemple de scène brutale autour du mythe de Troïlos :
Achille a décapité le jeune garçon ; il tient sa tête de sa main
gauche et s’en sert comme d’une arme contre Hector et
d’autres guerriers qui l’assaillent.
❑ Relief en bronze, panneau de brassard de bouclier en provenance d’Olympie – vers 590 av. n.è.
Achille s’apprête à passer par l’épée un jeune homme nu sur
un autel.
Sur ce relief plus récent que d’autres, on voit un coq perché
sur l’autel: cet animal était souvent offert en guise de présent
d’amour par des hommes aux garçons.
Ici, le coq pourrait corroborer la version du mythe selon
laquelle Achille aurait été épris de Troïlos qu’il aurait tué
après que celui-ci ait refusé ses avances.
❑ Coupe attique à figures rouges – vers 510 av. n.è.
Troïlos est figuré sous les traits d’un jeune guerrier casqué. Il
est attaqué par Achille (figuré à gauche) tandis que le troyen
Enée se précipite à son secours. Il s’agit ici d’une scène de
duel générique dans laquelle le vainqueur est généralement la
figure de gauche.
Dans ce cas précis, il est facile d’identifier les personnages
grâce aux noms de Troïlos et d’Enée inscrits sur le vase (partie
non visible sur la photographie).
❑ Attache de miroir tarentin en bronze – vers 315 av. n.è.
Le meurtre même de Troïlos constitue le sujet de certaines
œuvres du IVème siècle qui montrent le jeune garçon,
agenouillé et étendant les bras, implorant grâce. Achille le
saisit par la chevelure et s’apprête à la décapiter avec son
épée.
C’est ce moment précis qui est représenté sur plusieurs reliefs
en bronze de la même période : ces reliefs ornaient des
miroirs retrouvés en Attique et en Italie du Sud.
La comparaison de ces différentes œuvres montre plusieurs éléments :
1- Le mythe de Troïlos, pour lequel nous disposons de très peu de sources textuelles, connaît une très large diffusion
dans l’art figuré, pendant près de 3 siècles.
2- Les similitudes remarquables de certains éléments de l’imagerie, en particulier attique, témoigne d’une tradition
iconographique bien établie (par exemple, l’hydrie gisant au sol sous les chevaux de Troïlos lancés au galop, les deux
chevaux de Troïlos).
3- Elles témoignent aussi du fait que l’art figuré est une autre source féconde pour la connaissance des mythes. Certains
d’entre eux ne sont connus que sous une forme tardive ou abrégée. Dans ce cas, les images complètent et enrichissent
notre connaissance.
De manière plus générale, textes et images ne sont pas à mettre sur le même plan et il convient d’être prudent lors de
leur association : chacun relève d’un mode de communication fondamentalement différent de l’autre.
les images constituent un langage à part entière, fondé sur ses propres codes, son propre vocabulaire, sa propre
syntaxe.
Quand ils créent, les artistes/artisans
▪ se nourrissent de diverses sources, très souvent figurées (cf. tradition iconographique transmise par
l’apprentissage)
▪ traitent le matériau mythique sur un mode personnel
introduction de variantes en fonction « Imagiers » procèdent donc à des choix,
▪ du public auquel l’image est destinée explorent et inventent de nouvelles
▪ de la nature et de la finalité du « support » modalités de représentation.
▪ de leurs goûts et certainement de leurs capacités
En guise de conclusion : qques précisions sur l’art grec
• Terme qui inclut les œuvres produites par les artistes
➢ de la Grèce égéenne (Grèce orientale, îles grecques, continent et Péloponnèse)
➢ de Grande Grèce = Italie méridionale
➢ de Sicile
• Terminologie chronologique traditionnelle appliquée à l’art grec
➢ L’art géométrique (environ Xe – IXe – VIIIe)
Aucune représentation de scènes mythologiques.
Fin du VIIIe siècle : la Grèce s’ouvre vers l’Orient
Apparition de scènes montrant des figures humaines stylisées
➢ L’art archaïque (à partir de la fin du VIIIe-début VIIe )
Mise au point à Corinthe de la technique dite de la figure noire
Les motifs sont dessinés sur le vase cru avec une solution d’argile pure de couleur brun sombre (engobe). On fait ensuite
apparaître les détails en incisant: technique qui ne permet pas beaucoup de souplesse et de liberté.
3 étapes de cuisson :
• 1er cuisson dans un four ouvert : la cuisson oxydante permet de mettre en valeur la couleur claire de l’argile
• 2ème cuisson dans un four fermé: comme il y a moins d’oxygène dans le four, le vase devient noir suite au dépôt de
carbone. Les zones dessinées se vitrifient.
• 3ème cuisson dans un four ouvert pour que le vase redevienne rouge. Les motifs en noir qui se sont vitrifiés restent
dans le ton d’origine.
Fin du VIe siècle, la technique s’essouffle.
➢ L’art classique (débute à la fin des Guerres Médiques)
Changement de technique : mise au point à Athènes de la figure rouge (inverse de la figure noire)
Technique dominante à partir du début du Ve siècle et pendant le IVe.
- Les motifs sont dessinés au trait : l’utilisation d’un pinceau fin, plus souple, permet de marquer l’expression des
visages et le détail de la musculature avec plus de précision : le peintre n’est plus graveur.
En utilisant de l’argile diluée, le peintre peut donner du relief à ses œuvres grâce à des couches d’argile plus au moins
concentrées qui permettront d’obtenir différentes nuances de brun suite à la cuisson.
- Le fond de l’image est ensuite enduit d’engobe.
Les motifs sont laissés en clair.
- Le vase est cuit dans un four fermé : les zones enduites de la solution d’argile pure deviennent noires et se vitrifient.
Les motifs clairs ressortent de manière plus prononcée.
Technique dominante à partir du début du Ve siècle et pendant le IVe.
➢ La période hellénistique (de la mort d’Alexandre le Grand [-323] jusqu’au Ier siècle avant J.-C.)
Importantes mutations dans représentation et compréhension des mythes dues à de profondes évolutions sociales et
politiques
Cadre trop limité de ce cours pour pouvoir les aborder
Mythologie et art contemporain
Mythes grecs : source d’inspiration pour les artistes des siècles suivants
Evocation de quelques exemples de resémantisation de certains épisodes ou personnages mythologiques
Plan du cours
- La cosmogonie = processus de création (genesis > genos : la naissance) du monde (cosmos)
Longuement racontée par poète grec Hésiode dans sa Théogonie
Mais très peu représentée dans l’art grec
→ EROS et APHRODITE
- La théogonie = mythe de souveraineté
Une fois le monde créé et ordonné, se pose la question de savoir qui va en être le souverain.
Un dieu (theos) va prendre le pouvoir, l’exercer d’une certaine manière et tâcher de le conserver.
→ Zeus et ses combats pour asseoir et conserver son pouvoir sur le monde
Une dynastie régnante domine le monde: le règne des Olympiens
→ Quelques dieux olympiens et leurs représentations
- Mythes héroïques