0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
40 vues5 pages

CEDH

La Cour européenne des Droits de l'Homme a rendu 12 arrêts concernant des affaires impliquant l'Allemagne, la Bulgarie, l'Espagne, la France, la Lettonie, la Roumanie, la Russie et l'Ukraine. Parmi les décisions, la Cour a constaté des violations des articles 6, 8 et 13 dans certaines affaires, tandis que d'autres ont été jugées conformes à la Convention. Les décisions incluent des compensations financières pour les requérants dans certains cas.

Transféré par

Karignan Jacques
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
40 vues5 pages

CEDH

La Cour européenne des Droits de l'Homme a rendu 12 arrêts concernant des affaires impliquant l'Allemagne, la Bulgarie, l'Espagne, la France, la Lettonie, la Roumanie, la Russie et l'Ukraine. Parmi les décisions, la Cour a constaté des violations des articles 6, 8 et 13 dans certaines affaires, tandis que d'autres ont été jugées conformes à la Convention. Les décisions incluent des compensations financières pour les requérants dans certains cas.

Transféré par

Karignan Jacques
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

COUR EUROPÉENNE DES DROITS DE L’HOMME

460
28.6.2007

Communiqué du Greffier

Arrêts de chambre concernant


l’Allemagne, Bulgarie, l’Espagne, la France,
la Lettonie, la Roumanie, la Russie et l’Ukraine

La Cour européenne des Droits de l’Homme a communiqué aujourd’hui par écrit les 12 arrêts
de chambre suivants, dont aucun n’est définitif1.

Les affaires répétitives2, ainsi que les affaires de durée de procédure où est indiquée la
conclusion principale de la Cour, figurent à la fin du présent communiqué de presse.

Kaya c. Allemagne (requête n° 31753/02) Non-violation de l’article 8


Le requérant, M. Erkan Kaya, est un ressortissant turc né en 1978 en Allemagne (Mannheim)
où il a résidé avec ses parents et sa sœur jusqu’à son arrestation en janvier 1999. Il vit
actuellement à Istanbul.

La requête porte sur le grief soulevé par M. Kaya au titre de son expulsion après sa
condamnation, en septembre 1999, pour, notamment, traite d’êtres humains, coups et
blessures particulièrement graves et achat de stupéfiants. Il s’était alors vu infliger une peine
d’emprisonnement de trois ans et quatre mois et avait fait l’objet d’un arrêté d’expulsion vers
la Turquie mis à exécution après sa libération.

Il invoquait l’article 8 (droit au respect de la vie privée et familiale) de la Convention


européenne des Droits de l’Homme.

La Cour européenne des Droits de l’Homme relève la particulière gravité des infractions
commises par M. Kaya et estime qu’un juste équilibre a été ménagé dans la mesure où son
expulsion est proportionnée à l’objectif poursuivi qui était de garantir la sécurité publique et
la prévention des infractions pénales, et que, partant, elle est nécessaire dans une société
démocratique. Par conséquent, la Cour conclut à l’unanimité à la non-violation de l’article 8.
(L’arrêt n’existe qu’en anglais.)

1 L’article 43 de la Convention européenne des Droits de l’Homme prévoit que, dans un délai de trois mois à
compter de la date de l’arrêt d’une chambre, toute partie à l’affaire peut, dans des cas exceptionnels, demander
le renvoi de l’affaire devant la Grande Chambre (17 membres) de la Cour. En pareille hypothèse, un collège de
cinq juges examine si l’affaire soulève une question grave relative à l’interprétation ou à l’application de la
Convention ou de ses protocoles ou encore une question grave de caractère général. Si tel est le cas, la Grande
Chambre statue par un arrêt définitif. Si tel n’est pas le cas, le collège rejette la demande et l’arrêt devient
définitif. Pour le reste, les arrêts de chambre deviennent définitifs à l’expiration dudit délai de trois mois ou si
les parties déclarent qu’elles ne demanderont pas le renvoi de l’affaire devant la Grande Chambre.
2. Dans lesquelles la Cour est parvenue aux mêmes conclusions que dans des affaires similaires soulevant des

questions analogues au regard de la Convention.


-2-

Harutyunyan c. Arménie (no 36549/03) Violation de l’article 6 § 1 (équité)


Le requérant, Misha Harutyunyan, est un ressortissant arménien né en 1980 et résidant à
Erevan (Arménie).

En juin 1998, le requérant fur enrôlé dans l’armée et affecté à une unité sur la frontière avec
l’Azerbaïdjan. En avril 1999, il fut accusé du meurtre d’une autre recrue avec laquelle il
s’était apparemment querellé auparavant dans la journée. Il fut déclaré coupable d’assassinat
et condamné à une peine d’emprisonnement de 10 ans.

M. Harutyunyan invoquait l’article 6 § 1 (droit à un procès équitable) et se plaignait de la


violation de son droit de ne pas s’incriminer soi-même et de son droit à un procès équitable
du fait de l’utilisation, lors de son procès, de déclarations de lui-même et de deux témoins
arrachées sous la torture.

La Cour relève que les aveux du requérant et des deux témoins ont été obtenus sous la
contrainte, ce que les juridictions internes ont confirmé en déclarant les policiers mis en cause
coupables de mauvais traitements. La Cour considère que le recours à ce genre de preuve a
rendu le procès du requérant inéquitable et elle conclut à l’unanimité à la violation de
l’article 6 § 1 de la Convention. Elle estime par ailleurs à l’unanimité qu’il n’est pas
nécessaire d’examiner séparément le grief, tiré également de cet article, de la violation
alléguée du droit du requérant de ne pas s’incriminer soi-même. La Cour alloue à M.
Harutyunyan 4 000 EUR pour dommage moral. (L’arrêt n’existe qu’en anglais.)

Violation de l’article 13
Non-violation de l’article 6 § 1
Association pour l`intégration européenne et les droits de l’homme et Ekimdjiev c.
Bulgarie (no 62540/00)
Les requérants sont l’Association pour l’intégration européenne et les droits de l`homme, une
organisation à but non lucratif créée en mars 1998 dont le siège est à Plovdiv, et Mihail
Ekimdjiev, un ressortissant bulgare né en 1964 et résidant à Plovdiv.

Un des principaux objectifs de l’association requérante est la protection des droits de


l’homme. M. Ekimdjiev est un avocat au civil et au pénal à Plovdiv et il assure la
représentation de requérants devant la Cour européenne des Droits de l’Homme.

Dans leur requête, ils se plaignent de la loi de 1997 sur les moyens de surveillance spéciaux,
un texte législatif qui autorise le recours à des mesures de surveillance secrète en Bulgarie.
Les requérants allèguent que, telle qu’elle se présente, la loi les soumet à des mesures de
surveillance à tout moment sans avertissement.

Ils invoquaient les articles 6 § 1 (droit à un procès équitable dans un délai raisonnable), 13
(droit à un recours effectif) et 8 (droit au respect de la vie privée et familiale et de la
correspondance).

La Cour conclut que le droit bulgare ne prévoit pas des garanties suffisantes contre le risque
d’abus inhérent à tout système de surveillance secrète et n’offre pas de recours effectif contre
le recours à des moyens de surveillance spéciaux. Par conséquent, elle conclut à l’unanimité à
la violation des articles 8 et 13. Elle conclut par ailleurs à l’unanimité à la non-violation de
l’article 6 §1. La Cour alloue conjointement aux requérants 1 000 EUR pour frais et dépens.
(L’arrêt n’existe qu’en anglais.)
-3-

Pérez Arias c. Espagne (n° 32978/03) Non-violation de l’article 6


La requérante, Amalia Pérez Arias, est une ressortissante espagnole née en 1937 et résidant à
Lugo (Espagne).

En 1997, l’époux et le fils de Mme Pérez Arias trouvèrent la mort dans un accident de la
route. Conformément à la loi 30/1995 du 8 novembre 1995 relative aux assurances privées,
l'Audiencia Provincial de Lugo alloua une indemnisation à la requérante pour le décès de son
mari et son fils. S’agissant de la partie de l'indemnisation relative à la perte de l'enfant, la
requérante perçut la moitié du montant prévu dans les barèmes fixés par la loi pour les
parents des victimes, au motif, conformément à l'interprétation de l'Audiencia, que cette
expression exigeait que les deux géniteurs soient vivants pour pouvoir accorder le montant
dans sa globalité.

Invoquant l’article 6 (droit à un procès équitable), la requérante contestait l’interprétation de


la loi 30/1995, estimant qu’il n’existe pas de raison valable, d’après le texte et l’esprit de la
loi litigieuse, pour réduire de moitié le montant de l’indemnisation. Par ailleurs, elle se
plaignait d’avoir fait l’objet d’un traitement discriminatoire en raison des divergences quant à
l’interprétation de ladite loi entre les tribunaux internes et invoquait à cet égard l’article 14
(interdiction de la discrimination) de la Convention.

La Cour conclut à l’unanimité à la non-violation de l’article 6 combiné avec l’article 14.


(L’arrêt n’existe qu’en français).
Violation de l’article 6 § 1 (équité)
Violation de l’article 1 du Protocole n° 1
Grosu c. Roumanie (n° 2611/02)
Rădulescu c. Roumanie (n° 31442/02)
Les requérants, Andrei Grosu et Ştefan Rădulescu, sont des ressortissants roumains, nés en
1946 et 1930 et résidant à South Windsor (Etats-Unis) et Bucarest respectivement.

Tous deux se plaignaient notamment de l’appropriation illégale par l’Etat de terrains en


Roumanie ayant appartenu à leurs parents. Ils invoquaient les articles 6 § 1 (droit à un procès
équitable) et 1 du Protocole n° 1 (protection de la propriété).

La Cour conclut à l’unanimité dans ces deux affaires à la violation des articles 6 § 1 et 1 du
Protocole n° 1. Dans l’affaire Grosu, la Cour dit que la question de l’application de l’article
41 (satisfaction équitable) ne se trouve pas en état et la réserve en entier. Dans l’affaire
Rădulescu, elle dit que l'Etat roumain doit exécuter le jugement du 1er mars 1999 du tribunal
de première instance de Slatina et l'arrêt du 29 octobre 2001 du tribunal départemental d'Olt,
restituant les terrains au requérant, dans les trois mois à compter du jour où le présent arrêt
sera devenu définitif. A défaut d'une telle exécution, l'Etat roumain doit verser à
M. Rădulescu, dans le même délai de trois mois, 10 000 EUR pour dommage matériel. En
tout état de cause, l'Etat défendeur doit verser à M. Rădulescu 1 000 EUR pour tout autre
préjudice. (Les arrêts n’existent qu’en français.)

Violation de l’article 5 §§ 1, 3 et 4
Shukhardin c. Russie (n° 65734/01)
Le requérant,Valeriy Vladimirovich Shukhardin, est un ressortissant russe né en 1967 et qui
résidait à Moscou jusqu’à son arrestation.
-4-

En mars 1999, M. Shukhardin fut arrêté pour escroquerie. Il avait organisé un système
financier impliquant plus de 100 personnes et à l’origine d’un préjudice supérieur à
23 000 000 roubles (quelque 662 000 EUR). Il fut reconnu coupable d’escroquerie qualifiée
et condamné à une peine d’emprisonnement de neuf ans qui fut ensuite réduite à huit ans.

M. Shukhardin invoque plus particulièrement l’article 5 §§ 1 et 3 (droit à la liberté et à la


sécurité) et § 4 (droit à ce qu’un tribunal statue à bref délai sur la légalité de la détention) à
l’appui de ses allégations quant à la longueur et à l’illégalité de sa détention.

La Cour conclut à l’unanimité à une violation de l’article 5 § 1 à raison de la détention de M.


Shukhardin du 8 septembre 2000 au 1er juillet 2002 et du 17 au 21 avril 2003 et à la non-
violation de cette disposition à raison de sa détention du 1er juillet 2002 au 17 avril 2003. La
Cour conclut par ailleurs à l’unanimité à la violation de l’article 5 § 3 du fait que les
tribunaux n’ont pas justifié le maintien en détention du requérant pendant quatre ans et
presque deux mois. Enfin, la Cour estime que l’examen, par les juridictions internes, des
demandes de libération du requérant pendant cinq périodes de quatre à 15 mois, n’était pas
compatible avec l’exigence d’un « bref délai » de l’article 5 § 4 et elle conclut donc à
l’unanimité à la violation de cette disposition. La Cour alloue à M. Shukhardin 15 000 EUR
pour dommage moral. (L’arrêt n’existe qu’en anglais.)

Affaires répétitives

Dans les affaires suivantes, la Cour est parvenue aux mêmes constatations que dans des
affaires similaires soulevant des questions analogues au regard de la Convention.

Boychenko et Gershkovich c. Russie (n° 62866/00) Violation de l’article 6 § 1 (équité)

Violation de l’article 6 § 1
Sivoldayeva c. Russie (n° 3906/06) Violation de l’article 1 du Protocole n° 1

Les requérants sont trois ressortissants russes.

Dans l’affaire Boychenko et Gershkovich, les requérants se plaignent de la cassation, par une
procédure en annulation, d’un jugement rendu en leur faveur.

Dans l’affaire Sivoldayeva, la requérante se plaint de la non-exécution prolongée d’un arrêt


définitif rendu en sa faveur.

Ils invoquent l’article 6 § 1 (droit à un procès équitable dans un délai raisonnable) et l’article
1 du Protocole n° 1 (protection de la propriété).

La Cour conclut à l’unanimité à la violation de l’article 6 § 1 dans les deux affaires ainsi qu’à
une violation de l’article 1 du Protocole n° 1 dans l’affaire Sivoldayeva. Dans l’affaire
Boychenko et Gershkovich, elle déclare la requête irrecevable pour le surplus. La Cour
alloue à Mme Sivoldayeva 70 EUR pour préjudice matériel, 2 000 EUR pour préjudice
moral et 10 EUR pour frais et dépens. M. Boychenko et M. Gershkovich se voient allouer
chacun 2 000 EUR. (Les arrêts n’existent qu’en anglais.)
-5-

Affaires de durée de procédure

Dans les affaires suivantes, les requérants se plaignaient de la durée excessive d’une
procédure ne relevant pas du droit pénal. Dans l’affaire Aiouaz c. France, le requérant
invoquait également l’article 13 (droit à un recours effectif).

Violation de l’article 6 § 1 (durée)


Aiouaz c. France (no 23101/03) Violation de l’article 13

Broka c. Lettonie (n° 70926/01) Non-violation de l’article 6 § 1 (durée)

Dolgikh v. Ukraine (no. 9755/03) Violation de l’article 6 § 1 (durée)

***

Rédigés par le greffe, ces résumés ne lient pas la Cour. Le texte complet des arrêts de la Cour
est disponible sur son site Internet ([Link]

Contacts pour la presse


Emma Hellyer (téléphone : 00 33 (0)3 90 21 42 15)
Stéphanie Klein (téléphone : 00 33 (0)3 88 41 21 54)
Beverley Jacobs (téléphone : 00 33 (0)3 90 21 54 21)
Tracey Turner-Tretz (téléphone : 00 33 (0)3 88 41 35 30)

La Cour européenne des Droits de l’Homme a été créée à Strasbourg par les Etats membres
du Conseil de l’Europe en 1959 pour connaître des allégations de violation de la Convention
européenne des Droits de l’Homme de 1950.

Vous aimerez peut-être aussi