Alassane
Extrait Maouloud 20091
Le fait que Dieu ait ordonné à toutes les créatures de se prosterner devant Adam, qu’Il venait
de leur révéler après l’avoir annoncé à l’ange de Sa création auparavant, témoigne clairement de
la fierté divine d’avoir accompli une œuvre si remarquable.
L’être humain constitue donc, sans conteste, une source de fierté pour Dieu.
Allah manifeste Sa fierté à travers Sa créature qu’est l’être humain, qu’Il a choisi pour Le
représenter sur terre, conformément à Sa volonté.
L’être humain, aspirant à la foi divine, se trouve sur terre pris entre deux extrémités, deux
profondeurs majeures.
D’une part, une profondeur fondée sur ce que l’on désigne communément par le réalisme
occidental ; d’autre part, une profondeur issue de l’héritage précieux légué par nos ancêtres.
Mais qu’avons-nous réellement reçu de cet héritage ancestral ? Telle est la question
fondamentale qu’il convient d’explorer jusqu’au bout.
Ainsi, si l’on en venait à la conclusion que cet héritage est supérieur à ce qui a été révélé dans le
Coran, il serait important de le reconnaître.
Sinon, il convient immédiatement de se rallier au Créateur du Coran, ce qui demeure assurément
la voie la plus certaine et la plus sécurisante.
Cela étant dit, les ancêtres méritent leur reconnaissance, bien que leur nombre soit relativement
limité. Ils ont, en de nombreux cas, accompli un travail exemplaire, ce qui justifie qu’ils soient
cités comme des références de valeur. Cependant, il importe de distinguer avec discernement ce
qui mérite véritablement d’être mentionné, afin d’éviter toute confusion ou admiration aveugle.
Ce discernement revêt une importance capitale, car il permet au musulman d’adapter son
discours et ses arguments en fonction des circonstances.
Ainsi, qu’il soit confronté à la première profondeur, profondément creuse en raison de son
matérialisme dégradant, ou à la seconde, menacée par un archaïsme envahissant, il lui faut une
grande capacité de discernement pour atteindre son objectif. À défaut, la catastrophe est
inévitable.
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Alassane
En effet, dans ces deux extrêmes, ni les partisans de la seconde profondeur, ni ceux de la
première ne détiennent la vérité.
Cependant, seule la Vérité — unique et précieuse — est susceptible de nous sauver de notre
orgueil, de notre égarement, et par conséquent, de l’ignorance éternelle.
C’est pourquoi le Créateur, Allah, dans Sa bonté infinie et Sa parfaite compréhension de l’être
humain qu’Il a Lui-même créé, cherche à nous soutenir dans cette épreuve laborieuse. Il nous
tend Sa main à travers Son Livre sacré et véridique, afin que nous puissions nous ranger du
côté de la vérité, celle qui est révélée dans le Coran.
Ce Livre mystérieux possède une dimension extraordinaire et une élégance sans égale.
À ce titre, Allah a désigné Son Messager, Mouhammad (paix et bénédictions sur lui), à qui le
Coran fut révélé en premier, comme l’interlocuteur par excellence. Ainsi, à chaque prise de parole
devant sa communauté, ceux-ci s’émerveillaient de sa facilité à s’exprimer avec une aisance et
une profondeur mystérieuses dans la langue arabe, langue qu’ils avaient pourtant tous apprise
dès l’enfance. Ils reconnaissaient en lui une certaine élégance verbale si singulière qu’ils lui
demandaient l’origine de cette particularité.
Mais aussi élégant que fût le Prophète Mouhammad (SAW), le Coran lui-même surpassait cette
élégance, puisqu’il en est la source première. Et cette source n’est autre qu’Allah, le Créateur.
Cela démontre que ce n’est pas tant le Prophète en lui-même qui s’exprimait avec tant de
magnificence, mais bien Dieu Lui-même. Ses paroles appartiennent à une autre dimension.
C’est pourquoi Serigne Cheikh Tidiane SY Almatkhoum affirme que « si quelqu’un est capable
d’écouter attentivement le Coran pendant plus d’une heure sans que cela n’ait d’impact sur lui,
cela signifie clairement soit qu’il est extrêmement doué, soit qu’il n’a tout simplement pas compris
grand-chose de ce qu’il a entendu. »
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Alassane
Extrait Maouloud 20072
Lorsque les temps deviennent éprouvants, lorsque nous traversons les périodes les plus
troublantes de notre époque, il est essentiel de se tourner vers le Maître des temps, Allah
Subḥānahū wa Taʿālā (SWT). Il nous incombe alors de prêter une oreille attentive à la Parole
divine, de méditer sur les enseignements d’Allah, mais également d’écouter avec soin les paroles de
Son Messager, le Prophète Muḥammad (ṣalla Allahu alayhi wa sallam). Faute de quoi, nous
risquons de nous égarer et de sombrer dans la perdition.
Car Allah a affirmé que tout ce que notre regard peut percevoir, comme tout ce qui échappe à
notre vision, Lui appartient. Il en a fait Son héritage. Cela peut se comprendre aisément, si l’on
considère que Celui qui ne connaît ni fin ni mort est, de toute évidence, l’Héritier absolu de toute
chose et de toute créature. Pourtant, dans Sa générosité infinie, Allah nous accorde une part de
ce qu’Il détient, nous impliquant ainsi dans ce qu’Il a créé.
Le Prophète, quant à lui, a dû affronter d’innombrables épreuves pour mener à bien la mission
que lui avait confiée Allah en direction de l’humanité. Il est donc naturel que, face aux
turbulences de notre époque, nous revenions à sa parole, tout en demeurant constamment à
l’écoute du discours divin. Allah nous rappelle qu’Il nous a placés sur cette terre pour que nous y
bâtissions une vie digne, et que nous y établissions une société juste et harmonieuse.
Dès lors, si nous parvenons à saisir la portée véritable de Ses paroles, nous détiendrons là le seul
chemin possible vers le salut. Dans le cas contraire, la catastrophe devient inévitable.
Ainsi, dans cette continuité, force est de constater que nul être humain sur cette terre n’a été
éprouvé comme le fut le Prophète (ṣallā Allāhu ʿalayhi wa sallam) au cours de cette épreuve
divine. Et cela s’explique aisément. Désormais investi d’une mission sacrée, il lui fallait renoncer à
trois éléments qu’il aurait, en d'autres circonstances, pu revendiquer comme un héritage naturel,
mais que Dieu, dans Sa sagesse, lui interdit désormais, car ces pratiques appartenaient à un
temps révolu. Il n’y avait donc plus d’autre voie que celle que Dieu lui avait tracée, un chemin
unique, exclusif, et strictement guidé par la lumière divine.
Or, ce chemin fut d’une difficulté extrême, si bien que, parfois, le Prophète en venait à frôler les
limites de la patience humaine. À cela s’ajoutait l’hostilité manifeste d’une partie de sa propre
communauté, qui nourrissait à son égard des intentions malveillantes, cherchant à le
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Alassane
déstabiliser, à le faire chuter. Ces individus représentaient un véritable danger, tant par leur
haine que par leur détermination à lui nuire.
Et pourtant, malgré cette adversité, Allah le Tout-Puissant, dans la cohérence parfaite de Sa
sagesse divine, semble parfois, selon notre perception humaine, observer sans intervenir
immédiatement. Il laisse l’épreuve suivre son cours, retarde le châtiment des ennemis du
Prophète, non par négligence, mais selon des principes supérieurs qui échappent à notre
entendement.
C’est dans cette optique que El Hadji Malick Sy disait : « Lorsque tu crois qu’Allah ne
permettrait jamais que certaines choses se produisent, souviens-toi qu’Il a, par le passé, laissé
survenir le pire, sans nécessairement intervenir dans l’instant. »
Face à cela, il devient plus que jamais essentiel de rester à l’écoute des enseignements du
Prophète (ṣallā Allāhu ʿalayhi wa sallam), car ils sont la boussole dans les moments de
confusion. Mais plus encore, il faut tendre l’oreille, avec humilité et recueillement, à la Parole de
Celui qui l’a enseigné : Allah Subḥānahū wa Taʿālā.
Hélas, force est de reconnaître que notre comportement, bien souvent, laisse apparaître un
éloignement préoccupant de ces enseignements. Et ce décalage constitue, sans nul doute, un
danger majeur pour notre salut, tant individuel que collectif.
Il faut le dire sans détour : ce monde devient de plus en plus méconnaissable. L’être humain,
quant à lui, semble s’éloigner toujours davantage de la voie droite, en semant le désordre, les
troubles et les péchés à la surface de la terre.
Et pourtant, malgré l’ampleur du chaos qu’il engendre et la gravité des fautes qu’il commet,
l’homme se doit de conserver, envers son Créateur, une posture d’honnêteté et d’humilité. Il lui
revient de se tourner vers Allah Subḥānahū wa Taʿālā, de reconnaître sincèrement ses erreurs
et de se repentir avec cœur. Mais lorsque l’individu va jusqu’à se glorifier de ses turpitudes, à
afficher avec arrogance ses fautes comme un étendard, et à se réjouir du mal qu’il répand, cela
n’est nullement tolérable aux yeux d’Allah. Ce comportement suscite inévitablement sa colère.
C’est dans ce contexte spirituel et moral que le Prophète (ṣallā Allāhu ʿalayhi wa sallam) a reçu
l’ordre de se détourner définitivement de trois pratiques issues de l’époque antéislamique, que Dieu
a catégoriquement proscrites. Il s’agit de :
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Alassane
1. Tabarruj al-jāhiliyyah : l’ostentation et l’exhibition caractéristiques de l’ignorance
préislamique ;
2. Ḥamiyyat al-jāhiliyyah : l’orgueil tribal et le fanatisme aveugle de l’époque de l’ignorance ;
3. Ān’nahwat al-jāhiliyyah : les passions, les jugements arbitraires et les pratiques corrompues
de cette ère révolue.
Allah lui fit clairement savoir que ces attitudes, symboles d’un temps d’égarement, étaient
désormais abrogées pour toujours. Le Prophète devait s’en détacher sans compromis.
Mais paradoxalement, sa propre communauté, ancrée dans ces anciennes pratiques, ne cesse de
le harceler, refusant catégoriquement son appel à la réforme tant qu’il ne se plierait pas à leurs
traditions païennes. Le rejet fut violent, et l’épreuve d’autant plus lourde à porter pour lui. Il
faisait face à un peuple redoutable : fier, animé de haine, prêt à l’insulter, à lui faire du mal, à
s’acharner sur lui s’il n’acceptait pas de se soumettre à leur hypocrisie.
Le Prophète (ṣallā Allāhu ʿalayhi wa sallam) fut donc confronté à une épreuve immense,
psychologiquement et spirituellement éprouvante. Car aussi exceptionnel fût-il, il restait un être
humain — non un dieu — et donc sujet à la fatigue, au découragement et à la peine.
L’épreuve fut si intense pour le Prophète (ṣallā Allāhu ʿalayhi wa sallam) qu’il lui arrivait, dans le
secret de ses pensées, d’envisager de relâcher l’effort, de chercher un compromis avec ses
adversaires — non par faiblesse, mais par lassitude face à l’hostilité constante. Mais Allah, qui
est le Maître absolu, Celui qui voit ce que nul ne voit, entend ce qui ne se dit pas, et connaît les
pensées les plus enfouies, n’a jamais laissé son Messager sans rappel. À la moindre hésitation,
Allah l’interpelle fermement, avec clarté et autorité. Sa position est catégorique, sans équivoque.
C’est ainsi qu’Allah enseigna au Prophète, par l’expérience de l’épreuve, que tout être humain, tôt
ou tard dans sa vie, se doit de faire un choix décisif — un choix sincère, clair, posé au moment
opportun, même s’il est difficile, coûteux, douloureux. Il n’y a pas de neutralité dans l’épreuve de la
vérité : il faut trancher.
C’est précisément ce que Dieu demanda à Son Messager : faire un choix entre deux voies. D’un
côté, suivre fidèlement le chemin qu’Allah lui a prescrit, avec l’assurance que Dieu, Lui-même, se
chargerait des ennemis et de leur sort. Ou, de l’autre, céder aux pressions de son peuple, revenir
à leurs pratiques corrompues — et dans ce cas, Dieu s’en désolidariserait totalement.
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Alassane
Plus encore, Allah ordonna à Muhammad (ṣallā Allāhu ʿalayhi wa sallam) de leur rappeler qu’il
n’était pas le premier à être envoyé en tant que Prophète. Et qu’il devait, avec courage et
lucidité, assumer pleinement sa mission face à des gens qui se comportaient avec
irresponsabilité, avant qu’ils ne le calomnient à l’image des Prophètes qui l’ont précédé. Car ceux
qui ont dénigré les messagers du passé ont attiré sur eux la colère et le châtiment divin, et leurs
successeurs risquaient le même sort.
Allah fit également savoir à Son Prophète qu’Il ne comptait pas ôter à ses ennemis leurs moyens
d’attaque, leurs ressources de guerre ou leur influence sur le monde. Ils auraient toujours, en
apparence, des outils pour nuire au Message. Mais cette réalité ne devait ni l’effrayer ni le
détourner de sa mission.
Car Allah garantit, avec une fermeté divine, que jamais les ennemis ne pourront empêcher Sa
protection d’envelopper Son Messager, tant que celui-ci reste fidèle à Son chemin. Et il n’y a
aucun doute : celui qui déclare la guerre au Prophète (ṣallā Allāhu ʿalayhi wa sallam) se place de
facto comme un ennemi déclaré d’Allah Lui-même.
Ainsi, pour chacun des trois comportements proscrits — le tabarruj de l’époque de l’ignorance,
l’orgueil tribal, et les passions désordonnées héritées de la jāhiliyyah — Allah a décrété un rejet
absolu, sans retour possible. Il n’est plus permis de s’y attacher ou d’y revenir. Car ces pratiques
sont le reflet d’une époque révolue, un temps où les peuples vivaient dans la barbarie, guidés par
la loi du plus fort, sans justice, sans conscience, sans raison. C’était l’ère où les puissants
imposaient aux faibles leur domination, jusqu’à disposer de leur vie comme d’un bien personnel.
Cette époque se caractérisait par des comportements extrêmes, dénués de toute mesure,
gouvernés par les pulsions, l’orgueil, et la brutalité. Désormais, quiconque affirme croire en ce qui
a été révélé au Prophète Muhammad (ṣallā Allāhu ʿalayhi wa sallam) ne peut plus, sous aucun
prétexte, se laisser tenter par ces absurdités ni adopter ces attitudes archaïques. Il est
inconcevable qu’un être humain, doté de raison et vivant à l’ère de la lumière — l’ère du Qur’ān,
de la révélation, de la guidance divine — aspire à retourner aux ténèbres des siècles passés.
Il faut donc faire preuve de raison et de lucidité. Pourtant, malgré tous les avertissements,
l’homme continue de s’abandonner à des pratiques qui ne sont que le reflet de ses propres échecs.
Mais il faut comprendre une vérité profonde : tout ce qui apparaît comme un échec du point de
vue de l’humanité peut, paradoxalement, constituer une victoire du point de vue d’Allah.
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Alassane
Et les échecs ne manquent pas : les figures religieuses échouent dans leur mission, les confréries
spirituelles se perdent dans des dérives, les systèmes politiques s'effondrent, les traditions
elles-mêmes se délitent. Mais peu importe l’origine ou la nature de ces échecs : l’essentiel est de
se relever, de sortir de l’orgueil, et de se tourner avec sincérité vers Allah, le Tout
Miséricordieux.
C’est dans cette posture d’humilité et de vérité que l’on reconnaît son propre échec, et, ce
faisant, que l’on reconnaît la grandeur d’Allah et Sa victoire sur toute chose. C’est là que réside
la vraie libération : reconnaître que le pardon d’Allah est infiniment plus facile à obtenir que ce
que l’on imagine, à condition de s’y présenter avec un cœur honnête et soumis.
Telle est la victoire d’Allah : une victoire sur les cœurs, sur l’orgueil, et sur l’ignorance.
Allah a juré dans le Coran que l’Enfer sera bel et bien rempli. Ce serment divin, d’une gravité
immense, est une réalité que nul ne peut ignorer. Le Prophète Muhammad (ṣallā Allāhu ʿalayhi
wa sallam), en tant qu’intercesseur suprême pour sa communauté, portait cette vérité comme un
fardeau douloureux, car il savait que les « parts » d’intercession qui sont accordées aux
prophètes sont limitées. Ils ne peuvent faire entrer qu’un nombre restreint de croyants dans la
miséricorde divine, selon ce qu’Allah a décrété.
Et cela s’explique : on ne peut prétendre accéder au Paradis simplement parce que l’on en a le
désir. Le Paradis n’est pas un lieu ordinaire, ni un simple espace de jouissances matérielles ou de
récompenses festives. Il ne s’agit pas d’un prolongement des plaisirs terrestres, comme certains
le croient à tort.
Non. La mission première du Paradis est toute autre : il marque la rupture définitive entre l’être
humain et ses imperfections, une séparation totale d’avec les failles, les limites, les péchés et les
troubles qui ont accompagné sa vie terrestre. Le Paradis est le lieu où l’âme est enfin purifiée,
totalement réconciliée avec sa nature originelle.
Ainsi, une fois admis au Paradis, l’être humain devient une créature parfaite, sans défaut, sans
contradiction intérieure, sans écart par rapport à la vérité. Il atteint un état de plénitude
absolue, une sérénité complète, une paix que rien ne vient plus troubler. Et dans cette perfection
retrouvée, il revient à ce qu’il fut à l’origine, car l’état d’origine de l’être humain, c’est Dieu
Lui-même — non pas dans l’essence divine, mais dans la lumière pure de la proximité avec son
Créateur.
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Entrer au Paradis, ce n’est donc pas seulement « recevoir », c’est redevenir. C’est réintégrer
l’harmonie, c’est retourner à la Source, à la lumière, à la vérité primordiale. C’est être lavé de
tout ce qui était étranger à la nature véritable de l’âme humaine.