Projet Mémoire Aimérance.
Projet Mémoire Aimérance.
Projet de recherche
Introduction générale
1.Introduction
2. Contexte de l’étude
La République Démocratique du Congo s’étend sur une superficie de 2.345.410 Km2
avec une population estimée à 105 millions d’habitant. Le pays regorge d’énormes ressources
minières ainsi que la deuxième forêt tropicale du monde avec des variétés faunistiques et
floristiques les plus rares. Le pays dispose de près de 80 millions d'hectares de terres arables
arrosées par le plus grand fleuve du continent, favorable à la production halieutique et
hydroélectrique estimée à plus de 700 térawattheure/an, soit 8% du potentiel mondial. Mais la
corruption et la mauvaise gouvernance gangrènent ce pays au point de placer la population
comme la plus pauvre du monde avec un revenu mensuel moyen par habitant de 44$ (Banque
Mondiale, 2021). Le budget national étant estimé à 14,6 milliards de dollars américains dont
moins de 25% est affecté aux investissements sociaux de base. Ce qui renforce le niveau de
chômage évalué à 84%, et comme conséquence 2,8 millions le nombre de personnes souffrant
de malnutrition aiguë globale (HRP, 2022) et un taux d'analphabétisme estimé à 30,3%
(Unesco, 2022).
Le pays est couvert par quatre entreprises qui se partagent le marché de la téléphonie
cellulaire et de l’Internet mobile. Il s’agit de l’indien Airtel, du sud-africain Vodacom, du
français Orange et du libanais Africell. Notons que c’est depuis 2012 qu’est lancé le réseau
mobile de troisième génération (3G) en RD Congo, après l’obtention de la licence de l’autorité
publique. Les utilisateurs peuvent désormais bénéficier d’une connexion haut débit. Ils devront
encore attendre six ans pour profiter de la 4G avec une bande passante plus large pour une
connexion Internet plus fiable. Au-delà de ces enjeux et opportunités qu’offrent le pays, les
4
-La nouvelle loi sur le numérique, promulguée par l’ordonnance présidentielle n° 23/010 du 13
mars 2023.
Maintenant que le terrain est déblayé, il appartient aux quatre opérateurs d’enrôler le
plus grand nombre des clients. Il faudra, pour ce faire, se déployer sur toute l’étendue du
territoire national afin d’atteindre tous les potentiels clients disséminés dans les 35 villes et 145
territoires que compte ce pays de 2.345.410 Km2. Il faut compter sur ces clients dont l’activité
du téléphone génère du revenu pour les entreprises des télécoms. Mais on constate que jusqu’en
2022, les statistiques obtenues dans les différents rapports compilés de l’Autorité de Régulation
des télécommunications attestent que seuls 47% des congolais utilisent la téléphonie mobile. Et
sur le plan national, Vodacom dispose d’un plus grand nombre de clients, suivi d’Orange et
d’Airtel. Africell tient la queue de la liste. Pour ce qui est des abonnements actifs en Internet
5
mobile, Vodacom tient la tête d’affiche, suivi d’Airtel puis Orange et Africell vient en dernière
position. C’est ce que renseigne le tableau ci-dessous tiré des rapports de l’Observatoire de la
téléphonie en RDC, une agence de l’Autorité Publique entre 2019 et 2022.
3. Phénomène observé
Ces résultats consolidés au niveau national devraient être répartis par province pour
une bonne appréhension et analyse. Mais il appert qu’au niveau de la province du Grand-
Katanga, les statistiques sont totalement différentes. Il ressort des données recueillies auprès de
différents services marketing des entreprises sous étude pour le Katanga que Airtel arrive en
première position avec 3.150.072 abonnés actifs, suivi d’Orange avec 2.531.145 abonnés actifs.
Vodacom et Africell viennent en troisième et dernière position avec respectivement 1.978.954
et 657.425 abonnés actifs. Et entre 2019 et 2022, nous constatons que la part de marché des
6
abonnés actifs à Internet mobile connait une progression pour Airtel et Orange. A contrario,
Vodacom et Africell accusent une tendance baissière au fil de ces années d’observation. A cette
allure, ces deux opérateurs verront leur part de marché s’effriter indéfiniment si aucune mesure
drastique n’est prise pour estomper cette dégringolade. C’est ce contraste que révèle le tableau
n°2 ci-dessous.
Les statistiques obtenues au niveau national ne reflètent pas le trend sur le terrain du
Katanga. Si l’entreprise Vodacom cartonne sur le plan du pays, ses performances piétinent dans
la province cuprifère où le revenu de la population est supérieure à la moyenne nationale. Cette
figure ci-dessous montre qu’entre 2019 et 2022, l’entreprise Vodacom perd 15,7% de part de
marché en abonnement d’Internet mobile de même qu’Africell qui en perd 1,33% au cours de
7
la même période. Pendant ce temps, Airtel et Orange gagnent respectivement 8,81% et 8,23%
pour les abonnés actifs.
40,00%
30,00%
20,00%
10,00%
0,00%
2019 2020 2021 2022
4. Problèmes à élucider
Pour extirper tout doute malencontreusement installé dans notre esprit qui
compromette notre impartialité, nous avons mené une pré-enquête auprès de 110 clients finals
ainsi que 40 cabines afin de connaître les motivations de leur choix du fournisseur Internet
mobile. Cette enquête révèle que les clients préfèrent s’approvisionner beaucoup plus en forfait
Internet qu’en crédits de communication. Les résultats obtenus montrent aussi que les abonnés
quittent le réseau Vodacom pour le prix élevé des datas et l’instabilité de la connexion Internet.
Cette situation affecte négativement le nombre d’abonnements Internet mobile. Ce qui pourrait
expliquer les oscillations (fluctuations) sur l’évolution de la part de marché avec une tendance
baissière. Africell possède le prix le plus bas du marché sur son offre Internet mais connait un
problème du déploiement du signal ou de couverture du réseau cellulaire. Cette instabilité crée
8
des départs massifs des abonnés qui voient la validité de leur forfait arriver au bout sans
toutefois l’utiliser. Un autre détail non trivial est que les clients veulent utiliser tous les services
sur un même numéro de téléphone (all in one). Mais les ponctions monétaires opérées par M-
Pesa à la vérification de leur solde ainsi que le taux élevé appliqué au dépôt et retrait d’argent
créent la frustration et orientent les clients vers des opérateurs plus flexibles. Voilà autant des
problèmes qui rongent cette société et que ce travail se propose de résoudre.
Il ressort tout naturellement de notre analyse une interrogation qui constitue le socle
ou la principale question de notre travail, à savoir : Quelles sont les stratégies utilisées par
Vodacom et Africell pour accroître leur part de marché en abonnement Internet au
Katanga ?
5. Revue de la littérature
Dans cette partie du travail, nous présentons la littérature consultée sur les auteurs et
chercheurs qui ont abordé ce thème. Il s’agit de passer en revue l’ensemble des écrits ou autres
ouvrages pertinents, c’est-à-dire ceux qui correspondent aux préoccupations majeures
soulevées par la recherche, sélectionner puis organiser intelligemment (Sem., 2017).
Un certain nombre d’études empiriques antérieures ont été réalisées dans le but
d’analyser les stratégies de conquête de nouveaux clients et accroissement de la part de marché
d’une entreprise, en général, et dans le secteur des télécommunications, en particulier. Dans le
présent paragraphe, nous présentons quelques travaux dont les résultats se rapprochent du cadre
de notre étude.
et atteindre ses objectifs. Au regard de trois dernières années, soit 2017 à 2020, il se pose la
question suivante : Qu’est-ce qui explique la variation continue de prix des produits Vodacom
? Après avoir parcouru la revue de la littérature, en cherchant les différentes explications
théoriques et empiriques sur la question et en incluant les approches théoriques qui cadrent avec
l’objet de l’étude. Sa question de recherche est construite de la manière suivante : Quel l’impact
de la variation de la tarification des produits sur la fidélité de la clientèle chez Vodacom ?
L’hypothèse retenue est que dans un marché où le client se trouve devant les produits similaires
indiqués remplissant les mêmes conditions ou les fonctions, la prise de décision de la fixation
de prix contribuerait très largement à l’atteinte des objectifs de l’entreprise de
télécommunication Vodacom et la variation répétitive de tarif ou de prix aurait un impact
négatif sur le comportement des consommateurs qui se matérialise par le désengagement, le
manque de confiance et l’infidélité de la clientèle. Pour vérifier cette hypothèse, elle recourt à
l’approche qualitative avec les entretiens semi directifs et la recherche documentaire pour
récolter les données. L’analyse des contenus et le modèle d’Ishikawa ont aidé à analyser les
données. Les résultats de cette étude montrent que certains facteurs qui sont à la base de
l’infidélité des clients de l’entreprise de télécommunication Vodacom ne résultent pas
uniquement d’un défaut d’allocation des facteurs de production mais de l’efficacité x selon la
théorie développée par Leibenstein en 1978. Les résultats montrent que le comportement
négatif des clients de Vodacom est causé par : les engagements à 52% ; le manque de confiance
à 27% ; l’infidélité à 21%.
Josué Mukendi Badibanga (2008), « Analyse des stratégies d'entrée sur le marché de
télécommunication en R.D. Congo pour les sociétés Vodacom et Celtel» a fait remarquer que
les multiples problèmes (entre autre la concurrence etc.) auxquels se heurtent les entreprises les
condamnent à mettre en place des stratégies et les développent en vue d’augmenter la part de
marché, de fidéliser les clients et de faire face à la concurrence1. Sa préoccupation était de
vouloir savoir si le service M-PESA, étant un nouveau service, aiderait à fidéliser les abonnés
de Vodacom de sorte à ne plus changer de réseau. L’enquête a démontré que le service M-Pesa
a donc rendu fidèles les utilisateurs de Vodacom/Congo dans la mesure où ils s’en servent pour
garder leur argent, envoyer et recevoir l’argent de loin ou de prêt à leur proche. C’est la raison
pour laquelle l’entreprise a ajouté un nouveau service qui est M-Pesa pour pérenniser ses clients
et de gagner la part de marché, au lieu que ses clients puissent utiliser un autre réseau comme
portefeuille électronique pour le service de transfert d’argent, et cela en effectuant une étude de
marché au sujet de ses clients existants, pour bâtir une image plus honnête et une réputation
juste auprès de ces abonnés et sur le marché, elle a utilisé la stratégie de différenciation qui vise
à individualiser les différents produits en vue de concurrencer plusieurs marchés : ainsi que la
stratégie de diversification qui consiste à aborder un domaine contigu ou un domaine totalement
différent de la zone habituelle d’activité. Cette recherche a été menée en ville de Kinshasa du
01 janvier 2014 au 01 janvier 2015.
1
MUKENDI J., Enjeux et défis des stratégies marketing de Vodacom/Congo à travers le système de banque
mobile, regard sur m-pesa, Mémoire online UNIKIN 2015 disponible sur www.congovirtuel.com, site consulté le
27 avril 2023 à 16 heures
11
concurrence, les habitudes des agents en besoin de financement 21% et supports inadéquats
13,15%.
Cette théorie énonce qu’avant d’agir, l’être humain considère les implications de ses
actions avant de s’engager dans l’action. On considère deux facteurs de base :
la motivation (intérêt personnel et influence sociale des autres) et la capacité (ce qui est
réalisable en fonction des efforts à fournir). Cette théorie introduit un élément nouveau dans la
compréhension de l'adoption des comportements : la notion d'intention (motivation). Pour qu'un
comportement soit adopté, il faut que la personne ait l'intention de mettre en œuvre ce
comportement. Cette intention d'adopter un comportement est déterminée par :
Une attitude personnelle à l'égard du comportement. Cette attitude est elle-même influencée
par : des croyances de la personne sur les conséquences de l'adoption du comportement,
c'est-à-dire la croyance en la probabilité de résultat positif ou négatif ; l’évaluation, par la
personne, des conséquences de l'adoption du comportement.
Des normes subjectives qui regroupent : des croyances normatives (c'est l'importance que
la personne accorde à ce que les autres pensent d'elle) ; la motivation de l'individu à se
conformer à l'opinion des autres.
Fig.2 : Modèle de l’action raisonnée
13
La théorie du comportement planifié selon Ajzen (1985, 1991, 2005), a émergé dans
le champ de la psychologie sociale comme un moyen de prédire le comportement. Elle part du
constat que les individus prennent des décisions raisonnées et que le comportement est le
résultat de l’intention de s’y engager. Plus l’intention est forte, plus la personne fournit des
efforts pour aller vers ce comportement et plus il est probable qu’elle s’engage dans ce
comportement (Steg & Nordlund, 2013). L’intention dépend de trois variables (en bleu ci-
dessous), comme on peut l’apprécier dans le diagramme suivant :
Cette théorie répond aux limites de la théorie de l’action raisonnée (Ajzen & Fishbein,
1980), ce qui justifie son adoption par un grand nombre de chercheurs (Mathieson, 1991 ;
Taylor et Todd, 1995 ; Riemenschneider et al. 2003 ; George, 2004 ; Hsieh et al., 2008). En
effet, la théorie de l’action raisonnée ne tient pas compte du rôle des variables qui limitent la
liberté individuelle dans l’exécution d’un comportement souhaité. La théorie du comportement
planifié stipule que les décisions précédant un comportement donné résultent d’un processus
cognitif et émotionnel dans lequel le comportement est indirectement influencé par l’attitude
envers l’action, les normes subjectives et le contrôle comportemental perçu (Ajzen, 1991). Cette
dernière variable joue un rôle important dans la mesure où l’individu est contraint dans son
comportement (capacité limitée, temps limité, environnement, etc.), et qui in fine a une
influence sur son intention d’agir.
14
Dans les approches de la dissonance cognitive (L. Festinger, 1960), on considère les
conflits entre attitudes et comportements. La psychologie cognitive a l’ambition d’exposer des
représentations mentales sous la forme de nombreux modèles conceptuels : perception,
représentations, raisonnement, décision… Ces modèles issus de la psychologie (notamment
celui de la dissonance cognitive développé ici et celui de l’action raisonnée) sont devenus la
base de nombreux champs de recherche autour du concept de décision. Pour Léon Festinger,
l’individu est à la recherche d’un équilibre cognitif. Quand cet équilibre entre attitudes et
comportement est rompu, l’individu cherche à rétablir un univers moins inconfortable, il est
alors amené à justifier après coup son comportement, le plus souvent en ajustant ou rationalisant
ses attitudes ou ses convictions. La théorie de la dissonance cognitive considère que
l’individu ne peut pas supporter la contradiction : il vaut alors mieux modifier son attitude et
ses convictions, pour rester cohérent avec un comportement qu’on ne peut pas changer (Vaidis
et Halimi-Falkowicz, 2007).
Dans le modèle TAM (Technology Acceptance Model), Fred Davis (1983) donne un
rôle prépondérant aux attitudes de l’utilisateur. On considère ici que l’utilisateur fait une analyse
individuelle de deux conséquences à venir, l’utilité perçue et la facilité d’utilisation perçue :
-l’utilité perçue est le degré avec lequel une personne pense que l’utilisation d’un système peut
améliorer sa performance au travail (analyse en terme d’efficacité personnelle, en fonction du
résultat attendu et des conséquences perçues) ;
15
-la facilité d’utilisation perçue est le degré avec lequel une personne pense que l’utilisation d’un
système ne nécessiterait pas trop d’efforts (analyse personnelle en terme de Coûts/Bénéfices ou
de Motivations/Freins). On considère dans le modèle que de nombreuses variables
externes expliquent cette utilité perçue et cette facilité perçue (telles que l’utilisateur,
l’organisation, le système technique…) et on considère aussi que la facilité d’utilisation peut
influencer l’utilité perçue.
Fig.5 : Modèle d’acceptation technologique
-La théorie économique (ou froide) du choix rationnel (TECR) : Elle considère que l’homme,
pris comme une entité purement optimisante, est froid (jamais perturbée par des émotions) et
que sa rationalité tant instrumentale que cognitive est totale.
16
-La théorie générale du choix rationnel (TGCR) : repose sur la même structure logique que la
TECR. Cependant, la rationalité tant instrumentale que cognitive est appréhendée comme
limitée. En effet, chez les adeptes de cette conception de la TCR, la question de la rationalité
est posée du point de vue de l’intéressé et non pas du point de vue des observateurs. Chaque
personne fait le mieux qu’elle peut étant donné ses informations et l’état dans lequel elle se
trouve tant sur le plan instrumental que cognitif. Ainsi, l’adepte de la TGCR postule que les
croyances sont situées et contextualisées parce que les connaissances dont les individus
disposent sont différentes les unes des autres. Si les croyances des hommes divergent les unes
des autres, c’est qu’ils ont été élevés et vivent dans des contextes variés. Ils envisagent donc les
situations qu’ils rencontrent en étant situés diversement vis-à-vis d’elles. Mais l’adepte de la
TGCR conserve l’idée que les hommes sont maitres en leur propre demeure. L’existence de
besoins psychiques plus ou moins inconscients devant être satisfaits est repoussée.
Notre travail s’articule sur deux aspect d’analyse des stratégies d’accroissement de
part de marché et en même temps de pénétration par une entreprise en mal de positionnement.
Il interroge le contraste entre une entreprise leader sur un marché national qui perd
progressivement des parts de marché dans une région. Cette étude s’évertue à comprendre la
faiblesse des stratégies en réfléchit sur les aspects correctifs pour remonter la pente. Le travail
met en exergue les stratégies pour trouver des niches de pénétration pour une autre entreprise
faible pour relever son niveau d’acceptation par les clients potentiels sur un marché
relativement hostile au changement. En ce sens, le travail se démarque des études ci-haut
énumérées.
6. Problématique
Pour mieux aborder ce thème, nous partons de cette interrogation qui constitue notre
principale question de recherche : Quels sont les facteurs explicatifs de la baisse de part de
marché des abonnements Internet chez Vodacom et Africell au Katanga ? Quoi qu’obvie,
cette question mérite d’être complétée par des interrogations subsidiaires pour revêtir toute sa
quintessence. Comment Vodacom procède-t-elle pour gagner des parts de marché en national
et perdre en province ? Pourquoi Vodacom et Africell n’adaptent-elles pas les stratégies pour
se conformer aux besoins et exigences du Katanga ?
17
7. Hypothèses
Pour répondre à cette problématique, notre travail repose sur les hypothèses suivantes :
H1 : -le prix élevé des services similaires orienterait les clients vers les compétiteurs flexibles
H2 : -la mauvaise qualité de la connexion Internet découragerait les clients pour activer sans
utiliser leur forfait.
H4 : -la propension des jeunes à s’approprier un second réseau pour la meilleure connexion
Internet et qui devient progressivement le principal fournisseur
H6 : -les frustrations connues sur d’autres services à valeur ajoutée (M-Pesa, SMS) militeraient
au changement du réseau même pour la connexion Internet
H7 : -la fierté d’appartenir à un réseau populaire au Katanga contribue à la perte des abonnés
par Vodacom et Africell
Notre démarche à l’issue de ce travail s’inscrit dans le cadre de la quête des stratégies
efficaces pour accroître la part de marché des entreprises. Dans cet environnement compétitif,
les clients ont l’ultime décision d’opter pour un opérateur qui lui offre les services de qualité
désirée. Les clients estiment que la facilité reçue de tel opérateur lui permet de communiquer
sans beaucoup de contraintes. Son intention de changer de fournisseur motivée par les
frustrations de son ancien opérateur vient conforter sa décision. De ce point de vue, nos
hypothèses épousent valablement les théories de l’action raisonnée, du comportement planifié,
de la dissonance cognitive et d’acceptation de la technologie.
8. Méthodologie de recherche
Pour Sem Mbimbi Pascal et Cornet Annie (2017), la méthode est la démarche logique
d’une science, c’est-à-dire l’ensemble des pratiques particulières qu’elle met en œuvre pour que
le cheminement des démonstrations et des théorisations soit clair, évident et irréfutable. Il s’agit
de la démarche dans la collecte de données (comment récolter les données) et l’analyse des
données (comment traiter les données).
La méthode inductive est une méthode de travail scientifique qui part d’un fait (avec
des données brutes, réelles, et observables) pour expliquer un phénomène. La méthode
inductive se base sur un fait connu. Pour le chercheur, l’intérêt de cette méthode est de trouver
des explications grâce à des observations concrètes. Cette méthode consiste à aborder
concrètement le sujet d’intérêt et à laisser les faits suggérer les variables importantes, les lois,
et, éventuellement, les théories unificatrices. (Beaugrand, 1988, p. 8). Partant de l’observation
particulière, le mode inductif en reconstruit la cohérence interprétative de l’intérieur. (Balslev
et Saada-Robert, 2002). Pour ce faire, à l’issue de cette étude, nous partons d’un fait observable
qui fait perdre de part de marché à Vodacom et Africell pour la connexion Internet.
19
La recherche historique est une méthode de recherche qui s'intéresse à l'étude des
événements passés et à leur impact sur le présent. Elle peut être utilisée pour comprendre le
passé et mieux comprendre le présent.
Pour Sem (2018), il s’agit de toute publication sur le thème de recherche (article,
communication, mémoire, thèse, ouvrage, etc) ou des données secondaires (bilan, compte de
résultat, statistiques). Elle nous permettra d’avoir en possession, toutes les données susceptibles
de concourir à la réussite de notre étude. La technique documentaire permet de recenser les
données déjà existantes c’est-à-dire des données secondaires (Gavard & al, 2010). Il faut retenir
que la technique documentaire est une technique indispensable pour tout chercheur, car elle
consiste à étudier et analyser les documents pour enrichir son étude. Elle consiste à collecter
des informations par rapport à son sujet de recherche à partir de sources fiables. Selon son sujet,
l’enquêteur sélectionne les documents les plus pertinents, susceptibles de lui apporter des
informations essentielles pour l’avancement de sa recherche. Elle permet de collecter des
données informatives grâce à l’étude de documents officiels ou universitaires. À partir d’un
sujet d’enquête connu, la recherche documentaire revient à chercher et identifier des documents
issus de sources fiables. Les informations récoltées seront utiles pour développer ses
connaissances sur le sujet étudié. Pour ce qui est de la présente étude, nous avons recueilli un
ensemble de documents (ouvrages, mémoires, rapports, articles) relatifs à notre sujet en vue de
produire un travail dont la consistance n’appelle aucun doute.
20
8.2.2. Observation
8.2.3. Entretien
L’entretien est une des méthodes qualitatives les plus utilisées dans les recherches en
gestion. Un entretien de recherche n’a rien de commun avec une discussion dans laquelle on se
laisse porter par l’inspiration du moment. (Romelaer, 2005). L’entretien de recherche est une
technique de collecte de données informatives. Cette méthode permet de récolter et d’analyser
plusieurs éléments : l’avis, l’attitude, les sentiments, les représentations de la personne
interrogée. À l’inverse du questionnaire, l’entretien de recherche établit une relation particulière
entre le chercheur et l’individu interrogé. Il sert à vérifier des hypothèses et à en faire émerger
de nouvelles.
L’enquête de terrain est une méthode de collecte de données plutôt qualitative pour
laquelle le chercheur doit se rendre sur le terrain et mener ses recherches dans le cadre quotidien
du sujet étudié, tel qu’une une entreprise, et dans le cas précis les partenaires indépendants des
entreprises, en l’occurrence les cabines publiques ou les abonnés du fournisseur Internet. La
recherche qualitative de terrain, en particulier, comporte de nombreuses inconnues, car ses
opérations ne sont pas aussi prévisibles que, disons, une recherche expérimentale. ” (Pierre
Paillé, Alex Mucchielli 2012). En choisissant ce mode de recherche, on obtient une image
concrète du domaine de recherche dans un environnement pratique (contrairement à un cadre
de laboratoire dans lequel un chercheur tente d’exclure autant de facteurs externes que
possible), ce qui peut influencer les résultats de la recherche. À travers diverses techniques,
21
l’enquête de terrain permet de récolter des données informatives utiles qui doivent aider
l’enquêteur à répondre à sa problématique et vérifier ses hypothèses. Dans le cas de cette étude,
notre étude de terrain a concerné 40 cabines publiques et 110 abonnés que nous avons
rencontrés aléatoirement dans les sept communes de Lubumbashi selon la répartition ci-
dessous.
Total 63 47 40
Source : Données de notre pré-enquête
8.2.5. Echantillonnage
survenir dans une population donnée, il n’est possible d’étudier ou d’interroger qu’une petite
partie de celle-ci, à condition de respecter des règles rigoureuses de sélection de cette fraction
de population, seule garantie de sa représentativité. (Hélène Yvonne Meynaud et Denis Duclos).
Pour le cas présent de notre recherche, nous avons porté notre enquête sur les sept
communes que comprend la ville de Lubumbashi. Dans chaque commune, nous avons tiré au
hasard un certain nombre de personnes de sexe et âge confondus, pour constituer notre
échantillon que nous estimons représentatif de la population pour le phénomène étudié.
Notre recherche s’inscrit sur une approche qualitative et opte pour l’interprétativisme
comme choix épistémologique. Car il s’agit dans ce cadre de comprendre et de se représenter
une réalité unique de la situation analysée. L’objectif poursuivi par cette étude est de
comprendre le mobile du désabonnement progressif aux réseaux Vodacom et Africell et aussi
de proposer des stratégies alternatives de rétention des abonnés, gage d’un accroissement de
part de marché. Le choix porté sur ce sujet relève de notre soif d’appréhender les facteurs qui
influencent le choix des consommateurs tels qu’étudiés dans le cours de Marketing. Après notre
stage académique chez Vodacom, nous avons entrepris des descentes sur terrain où nous
réalisons que la part de marché baisse progressivement contrairement aux analyses effectuées
au bureau. Avec notre formation, nous réfléchissons sur les causes de la chute des abonnements
en Internet et aussi entrevoir des solutions qui permettent de remonter la pente afin de gagner
des clients, stabiliser cette part de marché avant de s’engager vers une croissance durable. Une
étude ainsi menée trouve toute sa pertinence et sera d’un apport significatif sur plusieurs plans.
Ce thème de recherche intéresse les étudiants en marketing. Notre travail constitue une
référence pour les recherches ultérieures tant en stratégies de conquête de part de marché que
sur les entreprises de télécommunication. Ces entreprises évoluent en concurrence et constituent
des vases communicants : des abonnés frustrés migrent vers des opérateurs plus flexibles. Il
23
Ce travail sert de guide aux responsables de deux entreprises sous étude. Les
recherches sont effectuées par un observateur indépendant sans aucun sentiment
d’appartenance à leurs entreprises respectives. Les conclusions ainsi que les suggestions de
cette étude pourront valablement éclairer la lanterne des responsables marketing des entités
sous analyse.
10. Délimitation
Il est impérieux que nous puissions circonscrire nos investigations dans les limites
d’espace et de temps bien définies pour éviter de paraitre disparate et de surcroit superficielle.
Notre étude étend son observation sur le marché des télécommunications dans la
province du Grand Katanga et précisément sur les entreprises Vodacom et Africell. Bien que
notre enquête sur terrain se limite dans la ville de Lubumbashi, nous portons nos conclusions
sur toute la Province étant donné l’homogénéité du marché.
Les statistiques collectées pour le besoin de notre étude portent sur un horizon temporel
de cinq ans, allant de 2019 à 2023.
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25
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