Le structuralisme
Louis Ferdinand de Saussure
Malika Bahmad
S5/2020
La conception saussurienne
de la langue
• A travers son mémoire, Saussure lance les premiers
jalons d’une nouvelle perspective linguistique. Ils
constitueront, quelques années plus tard, les
fondements théoriques de sa conception structurale de
la langue.
• Les mots clés autour desquels se structure son mémoire
se transforment en concepts fondateurs de la théorie
structurale développée dans son Cours de Linguistique
Générale, publié par ses élèves, en 1916, après sa mort.
• La rupture avec le comparatisme marque la transition
d’une linguistique perçue comme un savoir vers une
linguistique conçue comme une science.
• Selon Saussure, la linguistique a pour unique
et véritable objet la langue envisagée en elle-
même et pour elle-même. Elle doit dégager
des lois générales à partir de la diversité des
langues
Le signe linguistique
• La notion de structure est à l’origine de la
conception que Saussure propose de la
langue : il la conçoit comme un système où le
signe linguistique est l’unité constitutive.
• Selon Saussure, le signe linguistique est une
unité à double face une face sensorielle
acoustique le signifiant et une face
conceptuelle et mentale le signifié . Par
exemple, le mot table est un signe
linguistique associant la forme sonore /tabl/ au
concept « table ».
L'arbitraire du signe
• Le lien entre le signifiant et le signifié est
arbitraire il est immotivé, car un même
concept peut être associé à des images
acoustiques différentes selon les langues
linéarité du signifiant
• « le signifiant, étant de nature auditive, se
déroule dans le temps ». Les éléments des
signifiants se succèdent sous forme d’une
chaine.
• Puisqu’il est linéaire, il peut être découpé en
unités significatives les monèmes (première
articulation) et en unités non significatives les
phonèmes (deuxième articulation).
La notion de système de valeurs
• Cette dichotomie génère dans la théorie saussurienne la
notion de système de valeur. La langue selon Saussure
est une nomenclature, un système indépendant, qui
doit être étudié en dehors de toute référence aux
facteurs externes. Le signe linguistique a une valeur qui
dépend des relations qu’il entretient avec les autres
éléments de la langue.
• la valeur d’un signe résulte du réseau de ressemblances
et de différences qui situe ce signe par rapport à tous
les autres signes.
• La conception de la langue comme système de valeurs a
été à l’origine du développement de la linguistique
structurale.
• Saussure démontre, à travers la comparaison
qu’il établit entre la langue et le jeu d’échec,
que les relations existent entre les unités
identifiées non pas par leur substance, leur
aspect phonique, mais par leurs rapports
réciproques ce qui justifie d’envisager la
langue en synchronie.
Synchronie/diachronie
• La nouvelle perspective structurale qui consiste à rompre
avec l’historicisme pousse Saussure à établir la dichotomie
fondamentale entre synchronie et diachronie.
• La synchronie désigne un état de langue considéré dans son
fonctionnement à un moment donné du temps ;
• La diachronie considère la langue dans son évolution.
• « La linguistique synchronique s’occupera des rapports
logiques et psychologiques reliant des termes coexistant et
formant système, tels qu’ils sont perçus par une même
conscience collective. La linguistique diachronique, en
revanche, étudie les rapports reliant des termes successifs
non perçus par une même conscience collective et qui se
substituent les uns aux autres sans former système entre
eux ». (Saussure, 1982 : p. 140)
• Il accorde ainsi la priorité à la synchronie sur la
diachronie en préconisant que la linguistique
doit adopter principalement le point de vue
synchronique. L'étude diachronique
présuppose la mise en relation d'états de
langue distincts; elle « n'a pas sa fin en elle-
même » (Saussure, 1982 : p. 128).
Langue /parole
• La définition de la langue comme seul objet de la
linguistique pousse Saussure à établir une autre
dichotomie langue/ parole, où se joue la
séparation entre le social et l’individuel :
• La langue est un objet social abstrait, une
convention adoptée par les membres d’une
même communauté linguistique.
• La parole est un produit individuel concret, c’est
le lieu du libre choix de la création et de la
subjectivité de l’individu.
• Partant du principe que la langue est immuable, la
perspective structuraliste a donné la priorité à
l’étude de la langue et a relégué l'étude de la
parole, altérée par les changements, à un second
plan, dans la mesure où elle considère que la
linguistique ne doit pas faire de l’évolution des
langues son objet. Selon Saussure, l’« essence »
des langues est immuable, ce qui change, c'est la
«qualité matérielle» des unités de la langue. «
Tout ce qui est diachronique dans la langue ne
l'est que par la parole.» (Saussure, 1982 : p. 138).