Difficulté de la définition
Les mammifères jouent, comme de nombreuses
espèces dont l'humain.
Le jeu a fait l'objet d'une attention sérieuse donnant lieu à une grande quantité de publications.
Les essais de Huizinga (1938) et de Caillois (1958) lui sont consacrés entièrement. « Le jeu
est plus ancien que la culture », pose Huizinga en ouverture de son Homo Ludens : les
animaux « jouent exactement comme les hommes ». Le jeu manifeste l'existence de l'esprit
avant la culture et celle-ci, prise dans son sens le plus large, garde du jeu des traits
fondamentaux[3]. Caillois, limitant son propos à l'espèce humaine, constate lui aussi l'ubiquité
du jeu, avec une restriction : « le jeu est une activité de luxe et qui suppose des loisirs[4] ». Ces
auteurs vont s'attacher à examiner les traits principaux du jeu, partant de la notion commune,
sans tenter de définir rigoureusement ce que c'est. L'association du jeu à l'enfance s'est
renforcée depuis, après les travaux de Piaget (1945) qui soulignent son importance pour
l'apprentissage. Jacques Henriot propose en 1989 une définition générale :
« On appelle jeu tout procès métaphorique résultant de la décision prise et maintenue de
mettre en œuvre un ensemble plus ou moins coordonné de schèmes consciemment perçus
comme aléatoires pour la réalisation d'un thème délibérément conçu comme arbitraire [5]. »
Les jeux et divertissements d'adolescents et adultes, et la création, au XXe siècle et plus
récemment, d'une grande quantité de jeux de société et jeux vidéo ont suscité moins de
commentaires érudits.
Pour Brougère (2005), cinq caractères font d'une activité un jeu :
que l'on sache qu'il s'agit d'un jeu, même si l'activité existe aussi en dehors du jeu :
« Jouer à cuisiner » n'est pas « faire la cuisine » ;
que l'on décide librement d'entrer dans le jeu.