Sport - Wikipédia
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Le sport, mot d'usage récent (xixe siècle) dans la langue française, est un ensemble
d'exercices physiques se pratiquant sous forme de jeux individuels ou collectifs pouvant
donner lieu à des compétitions.
Le sport, qui ne peut être dénommé ainsi avant le xixe siècle (gymnastique, exercice physique,
voir Pociello, C. Sociologie du sport, 1983), est un phénomène presque universel dans le
temps et dans l'espace humain. La Grèce antique, la Rome antique, Byzance, l'Occident
médiéval puis moderne, mais aussi l'Amérique précolombienne ou l'Asie, sont tous marqués
par l'importance de pratiques physiques. Certaines périodes sont surtout marquées par des
interdits.
Définitions
Le terme de « sport » a pour racine le mot de vieux français desport qui signifie
« divertissement, plaisir physique ou de l'esprit »1. Antérieurement il peut être rattaché au
latin portus, comme dans transport, export, import, déporter, déport, etc., qui désignait
simplement un port, un lieu de passage marin. En traversant la Manche, desport se mue en
« sport » et évacue de son champ la notion générale de loisirs pour se concentrer sur les
seules activités physiques et mentales. La langue allemande admet aussi le terme « sport »
et sa définition anglaise en 1831 ; la France en fait usage pour la première fois dès 18282,
mais à ce moment-là il est essentiellement associé aux courses de chevaux et aux paris sur
ces courses de chevaux (Cf. le journal Le Sport). La frontière entre jeux et sports n'est
pourtant pas très claire. La Fédération française des échecs fondée en 1921 reçoit ainsi un
agrément sportif du Ministère de la Jeunesse et des Sports en 2000, mais uniquement parce
qu'elle était une fédération « associée » au CNOSF3. Certaines pratiques traditionnelles
posent également problème : sport ou jeu ? La question reste encore ouverte.
Histoire
Débat historiographique
La question de l'histoire du sport bute sur un débat qui oppose deux thèses.
Pour un courant de pensée, le sport est un phénomène universel, qui a toujours existé et
partout sous des formes très diverses. Ce serait un « invariant culturel » (selon les termes de
Frédéric Baillette, enseignant et directeur de la revue Quasimodo). Cette thèse est
notamment soutenue en 1991 par le médecin français Jean-Paul Escande (Les avatars du
sport moderne, in Ardoino, Brohm, Anthropologie du sport, Perspectives critiques, 1991)6.
Cette thèse est implicitement soutenue par ceux qui parlent de « sport antique », de « sport
médiéval », etc. Le médiéviste américain Charles Homer Haskins est le premier historien à
utiliser le terme de « sport » dans le cadre d'une étude portant sur le Moyen Âge dans son
livre The Latin Litterature of Sport (1927). Au début du xxie siècle, Wolfgang Decker (Institut
d'Histoire du Sport de l'École Supérieure du Sport de Cologne) et Jean-Paul Thuillier
(directeur du Département des Sciences de l'Antiquité à l'École normale supérieure) estiment
que : « contrairement à ce que l'on estime souvent, le sport n'est pas né à Olympie, pas plus
qu'il ne s'est éteint dans l'Attique ou le Péloponnèse. L'Égypte nous offre de nombreuses
scènes sportives, entre autres de lutte, dès le IIIe millénaire avant notre ère, et les Romains,
héritiers des Étrusques sur bien des points et en particulier dans ce domaine, ont peut-être
créé le sport moderne, avec ses spectacles de masse, ses clubs puissants et ses enjeux
financiers colossaux »7.
Pour un autre courant de pensée, le sport est un phénomène apparu à un moment précis de
l'histoire et dans un contexte particulier : au sein de l'élite sociale de l'Angleterre industrielle
du xixe siècle. Cette thèse est notamment développée en 1921 par l'écrivain allemand Heinz
Risse (Soziologie des Sports, Berlin, 1921 et Sociologie du sport, Presses universitaires de
Rennes, 1991) qui estime qu'« il est erroné de regarder le passé avec nos modes de pensée
actuels et d'imaginer que les pratiques qui ressemblent à celles que nous connaissons
peuvent se rapporter à cette appellation "sport" »6. Cette thèse est notamment soutenue par
l'historien français Roger Chartier et par les sociologues Norbert Elias8,6 et Pierre
Bourdieu9,10. En 2000, l'historien du sport Philippe Lyotard (université de Montpellier) juge
qu'« il y a une coupure très nette entre le sport moderne et le sport antique : c’est la notion
de record (et donc de performance). Le record et la performance expriment une vision du
monde qui est profondément différente entre les Grecs et les modernes. La culture du corps
est différente. Pour les Grecs, cette culture est rituelle, culturelle, d’inspiration religieuse,
pour les modernes, le corps est une machine de rendement »11.
À travers l'exemple des joutes au xve siècle en France et en Espagne, Sébastien Nadot avance
dans sa thèse intitulée Joutes emprises et pas d'armes en Castille, Bourgogne et France,
1428-1470 (soutenue à l'EHESS en 2009) que l'on peut effectivement parler de sport au
Moyen Âge et que la plupart des historiens confondent la notion de naissance avec celle de
démocratisation du sport quand ils évoquent son apparition seulement à partir du
12
xixe siècle . Mais une autre façon de résoudre la question est de forger la notion de « sport
moderne » pour distinguer ce phénomène d'autres pratiques historiquement attestées. Dans
une étude, une équipe de l'UFR-STAPS de l'université de Bourgogne estime ainsi en 2004
que « Le sport moderne […] renvoie à l’idéologie de Coubertin, caractérisée par la
compétition, la performance, l’entraînement dans des structures institutionnelles (fédérales et
scolaires) afin de lutter contre l’oisiveté et les risques de dégénérescence psychologique et
physiologique de l’homme »13. Cette notion de « sport moderne » est exposée par l'historien
américain Allen Guttmann dans From Ritual To Record, The Nature of Modern Sports (1978).
Auteur notamment de Sports: The First Five Millennia ([Link]
un2Or_qkC&pg=PA341&lpg=PA341&dq=Allen+Guttmann+five&source=bl&ots=_4kwI2GGML&
sig=l9CCnjumIj4tyTkKN1sAwm8SrjA&hl=fr&ei=mpbNSZbRNM22jAez5MnSCQ&sa=X&oi=book
_result&resnum=2&ct=result#PPP11,M1) [archive], Guttmann ne renonce pas à l'emploi du
mot « sport » de l'Antiquité à nos jours.
Histoire
Selon l'interprétation large de la notion, le sport est un phénomène universel dans le temps et
dans l'espace humain, et, pour reprendre une maxime byzantine, « les peuples sans sport
sont des peuples tristes »14. Nombre de phénomènes qui paraissent récents, accompagnent
en fait l'histoire du sport depuis l'origine : du professionnalisme au dopage, des supporters
aux problèmes d'arbitrage.
La Grèce, Rome, Byzance, l'Occident médiéval puis moderne, mais aussi l'Amérique
précolombienne ou l'Asie, donnent tous une importance au sport. Certaines périodes sont
surtout marquées par des interdits concernant le sport, comme c'est le cas en Grande-
Bretagne du Moyen Âge à l'époque Moderne. Interrogée sur la question, la Justice anglaise
tranche ainsi en 1748 que le cricket n’est pas un jeu illégal15. Ce sport, comme tous les autres,
figurait en effet sur des édits royaux d'interdiction régulièrement publiés par les monarques
britanniques du xie au xve siècle. En 1477, la pratique d'un « jeu interdit » est ainsi passible de
trois ans de prison16. Malgré l'interdit, la pratique perdure, nécessitant un rappel quasi
permanent à la règle.
Le sport est l'une des pierres d'angle de l'éducation humaniste du xvie siècle. Les Anciens
mettaient déjà sur le même plan éducation physique et intellectuelle. Pythagore était un
brillant philosophe qui fut également champion de lutte puis entraîneur du grand champion
Milon de Crotone. La Renaissance redécouvre les vertus éducatives du sport et, de
Montaigne à Rabelais en passant par Girolamo Mercuriale, tous les auteurs à la base du
mouvement humaniste intègrent le sport dans l'éducation (relire par exemple Gargantua).
Chaque époque a eu son « sport-roi ». L'Antiquité fut ainsi l'âge d'or de la course de chars.
Pendant plus d'un millénaire, les auriges, cochers des chars de course, étaient des « stars »
adulées par les foules dans tout l'Empire romain. Le tournoi, qui consiste à livrer une véritable
bataille de chevaliers, mais « sans haine », fut l'activité à la mode en Occident entre le xie et
le xiiie siècle (il ne faut pas confondre le tournoi et la joute équestre, version très allégée du
tournoi)17. La violence du tournoi cause sa perte, d'autant que le jeu de paume s'impose dès
le xiiie siècle et jusqu'au xviie siècle comme le sport roi en Occident. Ce jeu de raquettes
embrase Paris, la France puis le reste du monde occidental. Le xviiie siècle voit le déclin du jeu
de paume et l'arrivée, ou plutôt le retour, des courses hippiques qui s'imposent comme le
sport roi des xviiie et xixe siècles. La succession des courses hippiques fut âprement disputée
car le nombre des sports structurés augmente spectaculairement dès la fin du xixe siècle. Le
football devient ensuite et reste encore aujourd'hui (2018) l'incontestable sport « numéro
un » sur la planète.
Jeune samouraï et femmes pratiquant le
tir à l'arc (moitié d'un diptyque), Utagawa
Toyokuni, Japon, entre 1798 et 1802.
Au-delà de ce tableau général coexistent des nuances régionales parfois très marquées.
Ainsi, le football tient une place secondaire dans les pays de l'ancien empire britannique. En
revanche, il cultive les autres sports que soutenait jadis la bonne société anglaise, du tennis
au hockey sur gazon en passant par le rugby et le cricket. Le cricket a ainsi le statut national
dans des pays comme l'Inde ou le Pakistan. De même, l'Amérique du Nord a donné naissance
à plusieurs sports, le hockey sur glace et le basket-ball au Canada, le baseball et le football
américain aux États-Unis, parvenant ainsi à échapper à la vague du football (appelé soccer en
Amérique du Nord). En France, le sport roi de la fin du xixe siècle est le cyclisme qui garde la
palme jusqu'au triomphe du football, entre les deux guerres mondiales. Le rugby n'est pas
parvenu à mettre fin à la domination de ces deux sports, freiné par une implantation trop
régionale.
La partie de croquet, Édouard Manet,
1873.
La puissance du mouvement sportif est aujourd'hui considérable, il est une des composantes
de la mondialisation18. Une fédération internationale comme la FIFA a la capacité de modifier
les règlements et d'exiger sa mise en application à la planète entière. Certains ont donc pu
estimer que le sport proposerait ainsi un premier modèle de mondialisation réelle.
À l'inverse de cette structure centralisée, notons l'existence d'un mouvement sportif plus
indépendant, notamment aux États-Unis. La NBA a des règles particulières distinctes de
celles de la Fédération internationale de basket-ball, sauf pour les Jeux olympiques pour
lesquels c'est la FIBA qui est chargée des épreuves. Le baseball américain illustre encore plus
fortement cette décentralisation : les deux ligues qui s'affrontent pour le trophée des World
Series - Ligue américaine et Ligue nationale - ne suivent pas les mêmes règles du jeu.
Classification ordinaire
La liste suivante regroupe les sports les plus connus, classés par catégories usuelles. D'autres
sports pourraient compléter cette liste. Certains sports peuvent appartenir à plusieurs
catégories. La présence des catégories « sports mécaniques » et, plus récemment, « sports
cérébraux » dans cette liste, longtemps contestée, se justifie par les qualités communes aux
sports physiques qu'ils demandent, pratiqués à haut niveau de compétition, comme en
particulier la concentration ou l'endurance.
La plupart de ces sports ont leur équivalent pour les personnes handicapées : les
handisports.
Athlétisme Sports mécaniques Cyclisme Sports de précision
Marche Compétition BMX Airsoft
automobile BMX
Course à pied Ball-trap
WEC freestyle
Course d'obstacles
Billards
Course de haies Karting BMX
Billard français
Supercross
Steeple NASCAR
Billard
Cyclisme en salle
Course à obstacles DTM américain
Cyclisme
Course de relais WRC (Rallye) artistique Billard anglais
Sprint Formule 1 Cycle-ball Snooker
Demi-fond Formule 2 Cyclisme sur Boule bretonne
Course de fond Formule 3 piste Boule de fort
Cross-country Cyclisme sur
Formule 4 Boulingrin
Marathon route
Formule E Boomerang
Ultracyclisme
Trail
Course de Bowling
Course en Cyclo-cross
côte
montagne Croquet
Cyclotourisme
Skyrunning Rallye-raid
Curling
Trial
Ultrafond WTCC
Eisstock
Vélo tout terrain
Ultra-trail Indy Racing
Fléchettes
League Arts martiaux
Lancers
Aïkibudo Golf
Lancer du disque Fol'Car
Aïkido Jukskei
Lancer du javelot Drift
Bando et Minigolf
Lancer du marteau Autocross
Banshay Paintball
Lancer du poids Rallycross
Capoeira Jeux de palets
Sauts Course de
Saut en longueur camions Hapkido Pétanque
Gymnastique Parachutisme
rythmique Parapente
Parkour ULM
Trampoline Vol libre
Tumbling
Vol à voile
Majorette
Voltige aérienne
Natation
Épreuves
synchronisée
combinées
Patinage Triathlon
artistique
Danse sur Duathlon
glace Aquathlon
Patinage Aquabike
synchronisé
Cross triathlon
Plongeon Triathlon d'hiver
Pole dance Pentathlon
moderne
Twirling bâton
Combiné
nordique
Biathlon
Racketlon
Micronesian all
around
Unifight
Les Jeux olympiques sont une compétition internationale qui regroupe une sélection de
disciplines sportives. Ainsi, il est possible de classer les sports entre ceux qui sont inscrits aux
Jeux olympiques, dits « Sports olympiques » et ceux qui le sont pas.
Un sport ne peut être olympique que s'il fait partie d'une fédération internationale reconnue
par le Comité international olympique (c'est-à-dire qui répond à de multiples critères de
sélection très stricts). Celles-ci sont alors divisées en trois groupes :
les fédérations internationales parmi lesquelles au moins un des sports dont elles ont la
gouvernance se trouve inscrit au programme des jeux olympiques d'été (ASOIF, Association
of Summer Olympic International Federations) ;
les fédérations internationales parmi lesquelles au moins un des sports dont elles ont la
gouvernance se trouve inscrit au programme des jeux olympiques d'hiver (AIOWF,
Association of International Olympic Winter Sports Federations) ;
les fédérations internationales reconnues par le Comité international olympique n'ayant
actuellement aucun des sports dont elles ont la gouvernance aux programme des jeux
(ARISF, Association of IOC Recognised International Sports Federations).
Les sports olympiques actuels furent tous inclus au programme des jeux à un moment
spécifique de l’histoire, au cours d'une décision commune prise entre le CIO et les
fédérations internationales. Une fois qu'un sport a été désigné comme sport olympique, il ne
peut plus être retiré des programmes des jeux (mais le nombre d'épreuves qui composent ce
sport peut être revu à chaque édition des jeux), sauf si la fédération internationale qui dirige
ce sport est radiée de la liste ASOIF ou AIOWF auquel cas tous les sports qui dépendent
d'elle sont radiés du programme (comme ce fut le cas après les jeux de Pékin en 2008 pour la
fédération de baseball-softball, la WBSC).
Le tableau ci-dessous présente par ordre alphabétique les sports olympiques et les sports
non olympiques par fédérations reconnues par le CIO.
Liste des sports par fédérations
Sports olympiques IAAF : Athlétisme (sport olympique depuis 1896)
d'été actuels et leurs
FISA : Aviron (sport olympique depuis 1900)
fédérations
respectives (ASOIF) BWF : Badminton (sport olympique depuis 1992)
AIBA : Boxe anglaise (sport olympique entre 1904 et 1908, puis depuis 1920)
UCI : Cyclisme sur route (sport olympique en 1896, puis depuis 1912)
UCI : Cyclisme sur piste (sport olympique de 1896 à 1908, puis depuis 1920)
FIH : Hockey sur gazon (sport olympique en 1908, en 1920, puis depuis 1928)
FILA : Lutte libre (sport olympique de 1904 à 1908, puis depuis 1920)
WA : Tir à l'arc (sport olympique de 1900 à 1904, puis en 1908, puis en 1920, puis
depuis 1972)
ISSF : Tir sportif (sport olympique de 1896 à 1900, puis de 1908 à 1924, puis depuis
1932)
FIBT : Skeleton (sport olympique en 1928, puis en 1948, puis depuis 2002)
IHF : Handball à onze (sport olympique en 1936, sport disparu au sein de l'IHF et
remplacé par l'actuel Handball)
IBU : Patrouille militaire (sport olympique en 1924, sport disparu au sein de l'IBU et
remplacé par l'actuel Biathlon)
FIP : Polo (sport olympique en 1900, puis en 1908, puis de 1920 à 1924 et en 1936)
La pratique équilibrée d'un sport aide à se maintenir en bonne santé physique et mentale20.
En revanche, le surmenage sportif et l'absence totale d'exercice physique sont nocifs pour la
santé.
La pratique du sport régulier maintient notre organisme en bonne santé, réduit le stress et
augmente la capacité de réflexion21.
La compétition a pour objectif de mesurer les sportifs entre eux et de récompenser les
meilleurs. Pour de nombreux sportifs, la compétition est le moment le plus fort et le plus
agréable de la pratique du sport.
Enfin, la pratique d'un sport comprend des phases de récupération et de détente. L'objectif
de ces séances est de laisser au corps de l'athlète le temps et le repos nécessaire pour qu'il
se remette en état de produire les meilleurs efforts.
Le succès dans une discipline dépend de la capacité du sportif à exécuter un geste précis.
Certaines disciplines consistent à exécuter le geste le plus précis possible en disposant de
tout le temps nécessaire à la préparation du geste. Le tir à l'arc est un exemple de ce type de
disciplines. D'autres disciplines laissent peu de temps de préparation et le sportif doit ici
exécuter son geste de manière spontanée. Le karaté est exemple de ce type de disciplines.
Il est recommandé de pratiquer un sport d’intensité moyenne ou, plus simplement, d’exercer
une activité physique pendant un temps allant de 50 min à 1 h 30 min si l'on veut avoir un
effet sur le maintien ou l'abaissement de son poids, au moins trois fois/semaine. Une étude
de l'ANSES en 2020 révèle que « 95% de la population française adulte est exposée à un
risque de détérioration de la santé par manque d’activité physique ou un temps trop long
passé assis »22. Toujours selon cette enquête, 5% des adultes en France ont une activité
physique suffisante pour protéger leur santé : les femmes sont plus exposées que les
hommes à un manque d’activité physique22. Plus d’un tiers des adultes français cumule un
haut niveau de sédentarité et une activité physique insuffisante : en conséquence, ils sont
plus exposés au risque d’hypertension ou d’obésité et ont un taux de mortalité et de
morbidité plus élevés causés par des maladies cardiovasculaires et certains cancers22.
La marche est l'activité physique la plus pratiquée par un très grand nombre d'adultes et de
personnes âgées.
Une grande étude taïwanaise publiée en 2011 dans le journal médical The Lancet, a montré
qu'une activité physique modérée de quinze minutes par jour ou quatre-vingt-dix minutes par
semaine pouvait diminuer la mortalité globale de 14 % contribuant ainsi à une augmentation
de l'espérance de vie de trois ans23.
Certains sports présentent des risques plus élevés d'accidents corporels graves (traumatisme
crânien, noyade), et leur pratique est interdite sans équipement de protection (ex : gilet de
sauvetage pour le canoë ou la motomarine, casque pour la descente en VTT, harnachement
protecteur pour le gardien de hockey sur glace...). Certains sports dits « extrêmes »
présentent même de tels risques d'accidents mortels que leur pratique en est interdite. Une
activité sportive, des compétitions ou des entrainements trop intenses et/ou trop fréquents
sont source de blessures graves pouvant contraindre le sportif à s'arrêter, parfois avec des
séquelles à vie.
La pratique sportive doit préventivement être adaptée à l'âge en tenant notamment compte
des risques spécifiques pour les personnes âgées, mais aussi pour les enfants qui ne sont pas
épargnés, au point que les accidents sportifs de l'enfant sont devenus un réel problème de
santé publique. Ainsi, en Suisse, au début des années 2000 « la traumatologie aiguë liée au
sport représente un quart de tous les accidents d'enfants et d'adolescents »)27, et « près d’un
tiers des traumatismes traités aux urgences »28. Elle doit aussi être adaptée au handicap
éventuel, à la santé du pratiquant, ainsi qu'à son état de fatigue lors de la pratique (dont pour
éviter la fracture de fatigue)29. Une personne peut être marquée à vie par une activité
sportive trop intense dans son enfance. La gymnastique artistique et de haut niveau est l'un
des exemples d'une discipline où de jeunes sportifs sont soumis à des exercices dangereux
pour leur santé (ex : « Certaines activités telles que la gymnastique à haut niveau sont
responsables de lésions chez plus de 50 % des pratiquants par année », principalement au
niveau de la colonne vertébrale et des poignets)30.
Les statistiques sont biaisées par le fait qu'elles proviennent presque toutes de rapports
d'interventions de secours et/ou d'entrées aux urgences hospitalières, alors qu'« une partie
non négligeable des accidents n'occasionnant pas de prise en charge par des services
spécialisés »31. À titre d'exemple, en France métropolitaine, en 201032, 246 personnes sont
mortes directement et immédiatement des suites traumatiques d'une pratique sportive. « Les
sports de montagne ont été les plus meurtriers (99 décès) suivis des sports nautiques et
aquatiques (50), de la chasse (27), de la pratique aérienne (23 dont 22 ULM), des sports
mécaniques (23) et des sports de vol libre (20 dont dix en parapente et cinq en planeur) »31.
Des effets de genre et de saisonnalité sont constatés : parmi les victimes, « les hommes
étaient sept fois plus nombreux que les femmes. Les périodes les plus meurtrières étaient
l'été et l'hiver (...) Dans de nombreux cas, les accidents se produisent sur des passages a
priori peu exigeants sur le plan technique. Ce constat n'épargne ni les amateurs, ni les
professionnels »31. Les auteurs précisent que cette statistique sous-estime la réalité, car ne
comprenant pas certains sports tels que l'équitation33, la pêche sportive et dans la nature.
Ces statistiques prennent également très mal en compte la« mort subite du sportif »31, qui
touche entre 600 et 1200 sportifs chaque année en France34,35,36, précisent les auteurs)31.
Les accidents sont souvent liés à des prises de risques (ski hors piste ou randonnée hors-
sentier) avec des observations parfois contre-intuitives « comme le fait que les accidents en
montagne concernent davantage des sportifs confirmés que des novices »31.
La meilleure prévention contre les accidents est de pratiquer un sport dans les règles de l'art
qui lui sont applicables : apprentissage des gestes techniques et des bonnes pratiques de
sécurité, échauffement et entraînements réguliers ; port de protections recommandées,
alimentation adaptée avant, pendant et après l'effort, respect des temps récupération37 ;
respect des interdictions liées aux conditions météorologiques, pratique en groupe, etc. La
visite médicale annuelle en début de saison est recommandée, de même que le refus de
poursuivre un effort qui semble trop difficile à supporter.
Le dopage
Article détaillé : Dopage (sport).
Le dopage est un des risques pour la santé du sportif. Ce problème n'est toutefois pas
spécifique au sportif.
Le dopage consiste à utiliser des produits qui augmentent la performance par différents
moyens tels que l'augmentation de la masse musculaire ou la résistance à la douleur. L'EPO
est un exemple de produits dopants.
Le dopage est une pratique de certains sportifs professionnels de haut niveau mais
également de certains sportifs amateurs. Le dopage est efficace : il permet en général à ceux
qui se dopent d'obtenir des performances supérieures à ce qu'elles seraient sans dopage. Le
dopage est illicite : le sportif convaincu de dopage est sanctionné. Le dopage est dangereux
pour la santé du sportif : certains décès de sportifs pourraient être la conséquence d'un
dopage.
La lutte et la prévention antidopage existent. Elles concernent tout le monde et, au tout
premier plan, les sportifs, leur entourage professionnel et les organisateurs de compétitions.
Les contrôles antidopage permettent de déterminer si le sportif a ou n'a pas été dopé pour
obtenir son résultat dans la compétition. La déchéance d'un titre et l'exclusion à vie de toute
compétition sont des exemples de sanctions.
Les sports où les cas de dopages sont les plus connus du grand public sont le cyclisme,
l'athlétisme, la natation et l'haltérophilie.
Un numéro de la revue International Journal Of Sport Science and Physical Education40 fait le
point sur le problème du dopage dans le sport. On y voit notamment le fait que les médecins
du sport sont largement impliqués dans ce problème notamment dans les pays anglo-saxons.
On voit également que la loi existante n'est pas adaptée au problème puisqu'en général les
seuls punis sont les athlètes ou coureurs, alors que la plupart du temps c'est un système
complexe et que tout l'entourage est impliqué voire dans certains cas (Tour de France
cycliste), il s'agit pratiquement d'une tradition liée à l'activité qui donne lieu à un véritable
rituel initiatique (lié aux pratiques dopantes) pour les participants. Des articles sont
également parus sur le sujet dans la Éthique publique (Canada) et dans la Revista brasileira
de ciencas do esporto (Brésil). Le dopage y est analysé notamment par Eric Perera comme
associé à la pollution du corps, aux notions de pur et d'impur. Les travaux de l'anthropologue
Mary Douglas (Purity and Danger. An analysis of the concept of pollution and taboo, 1965)
servent de références pour mieux comprendre ce problème.
Température
Selon que la température est trop ou pas assez élevée, l'organisme peut être soumis
respectivement à l'hyperthermie ou à l'hypothermie.
En cas de température élevée, on portera des vêtements légers en textile adapté, mais
continuant à protéger du soleil, surtout en altitude ou en cas de canicule. Le rendement
sportif pourra être maintenu grâce à l'utilisation d'un gilet réfrigérant.
Pression
Une pression trop basse ne permet pas de respirer convenablement, alors que tout sportif a
besoin d'échanges respiratoires élevés pour être performant, ou simplement survivre. Ces
limites s'observent pour l'alpinisme d'altitude, où la pression atmosphérique en haut de
l'Everest n'est qu'environ 1/3 de la pression au niveau de la mer considérée comme pression
normale pour vivre par la plupart de l'humanité (le rendement est fortement dégradé pour
tous, et beaucoup d'alpinistes se voient obligés d'utiliser des bouteilles d'oxygène sur les
sommets de plus de 8 000 m, et un caisson isobare en cas de malaise aigu ou d'accident). Il
est bien connu que l'altitude a un impact sur les compétitions sportives en altitude, comme
ce fut par exemple le cas aux Jeux olympiques de Mexico.
Pour des raisons inverses, le plongeur ne peut descendre à trop grande profondeur sans
équipement (scaphandre autonome avec pression régulée).
Institutions
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (juin 2023). [Développer]
Amateurs et professionnels
Le sport se pratique durant le parcours scolaire, au travers de multiples APS, au sein d'un
club soit hors de tout club. Les clubs sont affiliés à des fédérations. Les clubs organisent les
entraînements et mettent leurs moyens à la disposition des compétitions. Les fédérations
organisent les compétitions et édictent les règlements.
La grande majorité des sportifs est composée de sportifs amateurs, c'est-à-dire d'hommes et
de femmes qui pratiquent leur activité sans recevoir aucun salaire en retour. L'amateurisme
possède son revers avec un accès limité aux classes populaires. pour certaines activités et
l'amateurisme marron, c'est-à-dire la rémunération occulte ou la fourniture d'emplois de
complaisance à des sportifs officiellement amateurs.
Certains sportifs perçoivent un salaire en retour de leur activité. Ces sportifs sont dits
« professionnels ». La plupart d'entre eux sont sous contrat avec un club. Le football en
Europe et le basket-ball aux États-Unis sont deux exemples connus de sports pratiqués par
des professionnels. Depuis le début des années 1990 et la professionnalisation des Jeux
olympiques, longtemps bastion du sport amateur, le phénomène du professionnalisme sportif
touche presque l'ensemble des disciplines.
Organisations et fédérations
La puissance du mouvement sportif est aujourd'hui considérable. Une fédération
internationale comme la FIFA a la capacité de modifier les règlements et d'exiger la mise en
application à la planète entière à compter d'une date précise. Le sport propose ainsi un
modèle de mondialisation [réf. souhaitée].
À l'inverse de cette structure centralisée, notons l'existence d'un mouvement sportif plus
indépendant, notamment aux États-Unis. La NBA a des règles particulières et il n'est pas
question pour elle de se plier à la Fédération internationale de basket-ball. Aux Jeux
olympiques, la FIBA est néanmoins chargée du règlement des épreuves, et les joueurs NBA
doivent alors y jouer selon les règles communes au reste du monde. Le baseball américain
est encore plus caricatural sur ce point, avec deux ligues qui s'affrontent pour le trophée des
World Series : l'American et le National n'ont pas les mêmes règles du jeu.
Médiatisation
Articles détaillés : Journalisme sportif et Journalisme sportif en France.
Les compétitions sportives sont des formes de spectacles, mais leur scénario n'est pas écrit
d'avance. Pendant l'Antiquité, la sculpture ou la poésie furent de bons vecteurs de
médiatisation du sport. Avec l'arrivée des médias modernes avec dans l'ordre chronologique
la presse écrite, la radio, la télévision puis internet, le sport dispose de puissants supports
médiatiques. Ainsi, il existe depuis 1977 des chaînes de télévisions sportives dont l'objet sont
la diffusion d'épreuves et d'informations sportives. Certaines sont généralistes et se
consacrent à divers sports tandis que d'autres se spécialisent dans une discipline. Parmi les
titres de la presse écrite sportive on citera L'Équipe en France, Sports Illustrated aux États-
Unis ou La Gazzetta dello Sport en Italie, notamment.
Dans certains sports, la médiatisation d'acte antisportif majeur et violent sont souvent
interrompus pour ne pas inciter les téléspectateurs à la violence.
Clubs sportifs
Un club sportif (CS) est une infrastructure encadrant les sportifs.
Sport et éducation
Récemment, le sport a longuement été étudié comme étant un facteur de réussite dans le
milieu scolaire des jeunes. Que ce soit la concentration la persévérance ou bien l’autonomie,
le sport amène à différent niveau une facilité et une appartenance au monde scolaire43. Le
jeune faisant ainsi une activité sportive aura beaucoup plus de chance de réussir son
parcours scolaire. La promotion de ce mode de vie se faisant tout d’abord dans
l’établissement en lieu même sera transcrit dans le milieu personnelle du jeune. Ainsi, un
étudiant-athlète développera plusieurs compétences socialement reconnues qui lui seront
primordial lors de son cheminement telle que l’entraide, l’amitié ou même une plus grande
confiance personnelle44.
C’est ainsi, que la persévérance, une notion clé pour tous athlètes, crée une forte différence
académique avec tout autre étudiant. Le sport apporte plusieurs effets physiques et
physiologique telle que la baisse du niveau de cortisol45. Ceci diminue ainsi le stress lors d’un
examen. La réussite scolaire est ainsi en hausse dans ces catégories d’étudiant. Selon
plusieurs données dont celle du Réseau du Sport Étudiant au Québec (RSEQ), entre 4 et 9%
des étudiants du réseau scolaire québécois font le minimum d’activité physique
recommandé46. Ceci explique en quoi les échecs scolaires ainsi que la motivation sont des
problèmes croissants.
Économie du sport
Chiffres clés
Le sport possède une activité importante sur le plan économique. Il a créé et fait vivre une
forme de secteur hétérogène assemblant pêle-mêle des médias, des équipementiers, des
franchises, des clubs sportifs, des médecins, des avocats, des entraîneurs et conseillers en
tous genres, des jardiniers et même des cabinets d'architecture spécialisés dans la
conception de stades et autres arénas. Quelques sportifs professionnels tirent également
leurs revenus du sport. Pour mémoire, on rappellera que le nombre des accréditations pour
les médias est toujours largement supérieur à celui des accréditations d'athlètes lors des Jeux
olympiques d'été : 15 000 contre 10 000.
Hors bénévolat, le poids économique du sport dans l'économie française est évalué à 1,73 %
du PIB, soit 27,4 milliards d'euros en 200347. En 2019, le sport pèse 1,5 % du PIB français.
Les dépenses des ménages représentent plus de 50 % de ces montants (14,2 milliards d'euros
en 2003 et douze milliards d'euros en 2019), contre 7,9 milliards d'euros pour les collectivités
locales, 3,2 pour l'État, et 2,2 pour les entreprises. Parmi les dépenses sportives des ménages
en 2003, 3,7 milliards sont consacrés aux vêtements de sport et chaussures, deux aux biens
durables, 2,7 aux autres biens et 5,8 aux services. Le Ministère de la Jeunesse et des Sports
estime à 100 000 (58 % d'hommes pour 42 % de femmes) le nombre de salariés travaillant
pour le secteur sportif en France pour quelque 20 000 employeurs.
Cette économie est tirée par les engagements des sportifs professionnels, tels que les
grandes compétitions internationales, mais aussi par le bénévolat de masse des sportifs
amateurs comme la pratique du football en Europe. Elle bénéficie du développement du
sport et elle l'accélère. Elle permet aux sportifs professionnels de travailler dans des
conditions toujours meilleures, aux sportifs amateurs d'accéder à leur loisir à des coûts de
plus en plus attractifs et aux spectateurs d'assister à des compétitions toujours plus
spectaculaires et plus festives.
D'un autre côté, comme tout domaine économique, l'économie du sport n'échappe pas à
certaines dérives telles que la corruption ou le dopage.
Sport et société
La pollution a son importance pour les grands évènements sportifs, car elle peut nuire aux
performances des sportifs eux-mêmes. « Plusieurs études ont montré que l’exposition à
l’ozone ou aux microparticules quand on fait du sport réduit la capacité pulmonaire totale,
diminue les performances et surtout augmente le risque d’asthme », explique le Dr Pierre
Souvet, Président de l’Association Santé Environnement France48. La pollution de l'air s'invite
d'ailleurs souvent aux Jeux Olympiques. En 1984, aux Jeux olympiques de Los Angeles, le
coureur de 800 mètres Steve Ovett s'était effondré pendant la finale en raison de problèmes
respiratoires liés en partie selon lui à la pollution. En 2008, aux Jeux de Pékin, les autorités
avaient réduit la circulation des voitures et fermé des centaines d'usines. À Londres en 2012,
on craint d'être confronté au même problème49.
À partir des années 2000 des infrastructures sportives respectant mieux l'environnement et
les paysages ; la protection des ressources naturelles et de la biodiversité ; la réduction des
déchets et polluants produits par le sport ; la promotion des jeunes, des populations
autochtones, de la coopération internationale, de la démocratisation du sport et du rôle de la
femme ; la lutte contre les discriminations ainsi que le développement du sport féminin
comptent parmi les défis et engagements du CIO en faveur de la soutenabilité du sport51.
Au niveau mondial, le comité olympique a produit son propre Agenda (l'Agenda 21 du CIO51,
en 1999), suivi d'une résolution du Conseil de l'Europe en 2000, et d'une déclinaison et
adaptation française en 2005 (en un « Agenda 21 du sport français52 »). Cet Agenda 21
français invite notamment toutes les fédérations sportive à se doter d'une Commission
Environnement et développement durable, qui pourra proposer et évaluer les moyens, pour
chaque type d'activité sportive, de construction d'infrastructures sportives ou de
déplacements sportifs, de minimisant les impacts directs et indirects, immédiats et différés
sur les ressources naturelles (y compris foncières) pas, peu, difficilement, lentement ou
coûteusement renouvelables (ex : eau, air, sol, faune, flore, écosystèmes, puits de carbone,
services écosystémiques, etc.). Ainsi un nombre croissant de manifestations et d'activités
sportives cherchent à minimiser leur empreinte écologique et leur empreinte carbone et
parfois à rembourser leur « dette carbone » (dette écologique).
En France, la nouvelle stratégie nationale pour la biodiversité (mai 2011), est accompagnée de
premiers « engagements de l’État »53 qui vont dans le sens de l'Agenda 21 du comité
olympique. Ces engagements de l’État précisent que les sports devront mieux tenir compte
de la biodiversité via notamment une écoconditionnalité des aides publiques (« améliorer la
prise en compte de la biodiversité dans les équipements et manifestations sportifs, en
particulier en conditionnant les aides publiques ») ; l'état s'engage aussi à « soutenir la
mutualisation des bonnes pratiques (agricoles, forestières, sports et biodiversité ».
Sport et politique
Politique nationale
Si certains pensent que le sport est ou peut être apolitique, de nombreux scientifiques
affirment que le sport ne peut être dissocié de la politique54, qu’il est même un outil dont se
servent les forces politiques. En effet, le sport est une activité très populaire diffuseur de
valeurs et d’idées. Il est donc important pour les États de s’en servir correctement car il
permet d’unir une population, de la distraire mais aussi pour une autorité, de construire sa
légitimité. Ainsi le sport a été un très bon moyen utilisé par des pays venant d’être décolonisé
pour construire une identité en diffusant des symboles nouveaux tels qu’un drapeau ou un
hymne lors d’évènements sportifs55. Cela a permis d’unifier une population et même pour
certains pays de construire un prestige55. Par ailleurs, le sport peut aussi être utilisé pour
faire de la propagande et ainsi assoir un contrôle plus important sur une population. Même
menacé par la mondialisation du sport, les États continuent d’être souverain par rapport à
celui-ci56.
Politique internationale
Georges Vigarello sur le sport : « les changements des jeux révèlent ceux des sociétés qui les
produisent ». Ici, l'historien français montre que le sport s’adapte en fonction des sociétés et
des évènements de nos sociétés. Ainsi en contexte de guerre, le sport peut être utilisé
comme un outil dissuasif ou punitif, comme il l’a été pour la Russie qui a récemment été
exclue de compétition sportive par des institutions telles que l’UEFA, la FIFA et la FIA. Cela
montre que les institutions sportives sont souveraines et ont le pouvoir de supprimer ou
d’ajouter un pays entier dans leur organisation sportive. C’est de cette manière qu’est
matérialisée une partie de la perte de pouvoir des États face à la mondialisation du sport.
Ainsi la Russie, ou un autre pays sanctionné voit son soft power grandement s’affaiblir au vu
de l’importance qu’a le sport dans les sociétés, Pascal Boniface le dit lui-même : « disputer la
coupe du monde, participer aux Jeux Olympiques, c’est affirmer sa souveraineté, c’est
démontrer son existence et son indépendance aux yeux du monde entier »57. En situation de
conflit, le sport n’est pas seulement motif de sanction. En effet, il peut permettre à deux
partis en froid de se rapprocher, il peut même être un terrain d’affrontement pacifique et de
partager un moment que ce soit en tant qu’adversaire ou simplement par la présence des
partis en froid57. Par exemple, cela a été le cas avec la diplomatie du ping-pong entre la
Chine et les États-Unis58. Le soft power reposant en grande partie sur le sport, il est
généralement l’outil utilisé pour montrer au monde la puissance d’un pays ou d’un régime en
place55. Durant la guerre froide, des affrontements pacifiques entre le bloc de l’ouest et le
bloc de l’est ont eu lieu, en particulier entre les 2 rivaux : les États-Unis et l’URSS. Ainsi, les
évènements sportifs de l’époque représentaient un enjeu très important : celui de montrer
quel régime était le plus efficace59.
Le sport étant très populaire et médiatisé de manière importante, il est assez courant que des
acteurs y passent un message politique, qui généralement, divise la société. Le sport est un
facteur social qui dépasse les frontières et les clivages55. Il est donc le lieu de revendications
et est aussi façonné par certains mouvements sociaux56, notamment par la lutte contre
l’homophobie et la lutte contre le racisme. Ainsi des sportifs, des spectateurs et les
institutions qui les encadrent eux et le sport en général font fréquemment passer des
messages politiques57. Par exemple, lorsque les athlètes Tommie Smith et John Carlos ont
levé leur poing en soutien au mouvement Black Power lors des Jeux Olympiques de Mexico
en 1968, ou encore les messages de soutien pour l’Ukraine diffusés lors de compétitions
sportives.
Les pays moins développés ont tendance à perdre leur sportifs talentueux qui préfèrent se
rendre dans des pays influents dans le sport mondial62, étant conscients d'avoir peu de
chances de l'emporter dans des compétitions les opposant à des adversaires qui proviennent
des pays développés63.
Pour l'ONU, le sport est un outil économique et souple pour promouvoir les objectifs de paix
et de développement64.
En 2000, le secrétaire général de l'ONU, M. Ban Ki Moon, a rappelé la volonté du système des
Nations unies de promouvoir le sport comme outil de développement – y compris dans le
cadre de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement fixés par les
Nations unies65.
Comportements haineux
Le sport en général est un refuge pour les comportements haineux ; ainsi une étude menée
par la Direction Régionale de la Jeunesse et des Sports d'Aquitaine montre que l'homophobie
est bien plus élevée chez les sportifs que dans la population générale66. Ceci est notamment
vrai pour le football, où la xénophobie et l'homophobie ne sont pas rares67. Le sport peut
aussi être perçu comme un refuge du sexisme, en effet dans la quasi-totalité des sports ce
sont les catégories homme qui sont les plus médiatisées68. Les comportements haineux
dépassent souvent la simple pensée et se matérialise sous une forme souvent assez violente.
En effet, la violence a toujours sa place dans le sport malgré une évolution positive par
rapport à celle-ci. Elle peut aussi bien être sous forme verbale que physique. Ainsi des
mouvements tel que le hooliganisme sont encore présents dans le monde du sport. Ces
comportements haineux et violents ont été théorisé, et d’après certains. Selon eux, ils
représenteraient un moyen de socialisation qui prendrait vie à cause de rapports sociaux
compliqués entre différentes classes sociales, mais aussi à cause de la médiatisation devenue
normale de ces comportements et représenteraient surtout l'envie d’exprimer une identité de
la part des auteurs de ces comportements54. Ainsi violence et comportement haineux font
encore partis du folklore sportif, quand bien même ces comportements soient sanctionnés.
Surmédiatisation
La part importante accordée aux sports dans les médias de masse pousse certaines
personnes à critiquer ce fait comme étant une stratégie visant à divertir les gens, afin de les
empêcher de se concentrer sur les problèmes premiers, à l'image de la société du spectacle
décrite par Guy Debord69. Cette critique dont l'historien Sébastien Nadot s'est fait le chantre
rejoint celle formulée par Juvénal et son célèbre Panem et circenses.
Toutefois parce qu'il est de plus en plus diffusé (accroissement des heures comme des
disciplines), il reste un des principaux fédérateurs de foules, phénomène accentué depuis
201270 ; année de l'ouverture de chaînes télé consacrées aux sports en particulier la chaîne
l’Équipe, des chaînes payantes thématiques beIN SPORTS, la même année, les chaînes
Eurosport en 2015 ou encore le lancement des chaînes SFR Sport en 2016, même si des
groupes traditionnels de l'audiovision ont pu proposer dès 1998 des chaînes consacrées au
sport comme CANAL+ Sport.
Sociologie du sport
La sociologie du sport traite du rôle du sport dans la société :
Article détaillé : Sociologie du sport.
Sport et Internet
De nombreux sites internet sont développés dans l'objectif de coacher et d'aider les
personnes qui veulent se mettre au sport. On note plusieurs catégories de sites :
les espaces réservés à une catégorie de sport spécifique ;
les sites spécialisés dans la retransmission d'actualités sportives ;
les sites de renseignements locaux sur le sport ;
les sites de gestion des activités sportives, qui permettent à l'utilisateur de visionner les
sports qu'ils ont effectués et les points qu'ils ont gagnés.
Sport & numérique
L'univers du sport, tant réel que virtuel est désormais numérique et marketé.
La numérisation du sport a un impact sur le modèle économique des clubs, qui reçoivent
plus d'actionnaires internationaux.
Le développement des offres de produits et services pour diversifier le public et leur faire
bénéficier d'expériences complètes, permet également d'attirer des investisseurs.
Le numérique permet de rendre la pratique plus ludique. Comme soulève Le patron du
Tremplin : « L'e-sport constitue une passerelle vers la pratique physique du sport. Le virtuel
permet à un public a priori intouchable de s'intéresser au sport. C'est une nouvelle porte
d'entrée ».
Sources
Cet article est partiellement ou en totalité issu de la page « Renforcer l'état de droit par
l'éducation: guide à l'intention des décideurs politiques ([Link]
223/pf0000369860) [archive] » de UNESCO, le texte ayant été placé par l’auteur ou le
responsable de publication sous la CC BY-SA 3.0 IGO ([Link]
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Articles connexes
Alimentation du sportif Entrainement sportif
Charte internationale de l'éducation Gay Games
physique, de l'activité physique et du sport
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Liens externes