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Directives Nationales FiNAL

Le document présente les directives nationales pour la prise en charge des cas de paludisme au Mali, soulignant l'importance du diagnostic biologique et des protocoles de traitement. Il aborde également la pharmacovigilance, l'approvisionnement en médicaments, et les rôles des agents de santé dans la gestion des cas. L'objectif est de réduire la morbidité et la mortalité liées au paludisme, en particulier chez les enfants et les femmes enceintes, dans le cadre de la politique nationale de lutte contre cette maladie.

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Le document présente les directives nationales pour la prise en charge des cas de paludisme au Mali, soulignant l'importance du diagnostic biologique et des protocoles de traitement. Il aborde également la pharmacovigilance, l'approvisionnement en médicaments, et les rôles des agents de santé dans la gestion des cas. L'objectif est de réduire la morbidité et la mortalité liées au paludisme, en particulier chez les enfants et les femmes enceintes, dans le cadre de la politique nationale de lutte contre cette maladie.

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MINISTERE DE LA SANTÉ ET

DU DÉVELOPPEMENT SOCIAL RÉPUBLIQUE DU MALI

PROGRAMME NATIONAL DE UN PEUPLE - UN BUT - UNE FOI


LUTTE CONTRE LE PALUDISME

DIRECTIVES NATIONALES POUR LA


PRISE EN CHARGE DES CAS DE
PALUDISME AU MALI

Octobre 2020
1
SOMMAIRE
SOMMAIRE ........................................................................................................................................... 2
I. INTRODUCTION ........................................................................................................................... 3
II. DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE ....................................................................................................... 5
III. PROTOCOLE DE TRAITEMENT............................................................................................ 6
A. PALUDISME SIMPLE : ......................................................................................................... 7
B. PALUDISME GRAVE : ...................................................................................................... 11
IV. PHARMACOVIGILANCE ..................................................................................................... 19
V. APPROVISIONNEMENT EN CTA, TDR ET KITS DE PEC DE PALUDISME GRAVE ....... 20
1. Composition de Kits de traitement du paludisme grave : .................................................. 20
2. Les supports de base : ............................................................................................................ 24
VI. LA DISTRIBUTION DES CTA, TDR OU DES KITS DE PRISE EN CHARGE DU
PALUDISME GRAVE ......................................................................................................................... 27
VII. LES TACHES DES AGENTS IMPLIQUES DANS LA PRISE EN CHARGE DES CAS DE
PALUDISME ........................................................................................................................................ 28
1. Le responsable de l’unité de consultation des enfants malades : ....................................... 28
2. Le responsable de l’unité de CPN ou de la consultation externe des adolescents et des
adultes : ............................................................................................................................................ 28
3. Le responsable du laboratoire : ............................................................................................ 28
4. Les gérants DRC et DV : ....................................................................................................... 29
5. Le responsable du laboratoire : ............................................................................................ 29
6. Le site ASC : ........................................................................................................................... 30
7. Le chargé SIS :........................................................................................................................ 30
8. L’ASACO :.............................................................................................................................. 30
VIII. LES SUPPORTS DE PRISE EN CHARGE ............................................................................ 30
1. Les supports primaires : ........................................................................................................ 30
2. Les supports secondaires sont : ............................................................................................. 31
IX. SUIVI / EVALUATION .......................................................................................................... 31
X. ANNEXES .................................................................................................................................... 34

2
I. INTRODUCTION
Le paludisme demeure un problème majeur de santé publique ; au Mali, selon le
Système Local d’Information Sanitaire (SLIS) 2 884 837 cas confirmés de paludisme
ont été enregistrés en 2019, soit 36% des motifs de consultations. Les enfants de 0 à 5
ans et les femmes enceintes constituent les cibles qui paient un lourd tribut pour le
paludisme.
Au Mali, la gratuité des CTA, des TDR et des kits de traitement du paludisme grave aux
femmes enceintes et aux enfants de moins de cinq ans d’une part et la forte subvention
des intrants chez les adolescents et les adultes venant en consultation curative dans les
structures publiques, parapubliques de santé d’autre part, sont des stratégies permettant
de réduire la morbidité et la mortalité liées au paludisme.
La présomption clinique du paludisme est source de nombreuses erreurs qui conduisent
à surestimer le nombre de cas. Il est à noter qu’au Mali il reste encore des cas présumés
de paludisme qui sont traités sans confirmation biologique.
La prise en charge des cas de paludisme (le diagnostic, le traitement curatif précoce des
cas de paludisme) la prévention du paludisme chez la femme enceinte, la
chimioprévention du paludisme saisonnier chez les enfants de 3 à 59 mois et de 60 à 120
mois, la lutte anti vectorielle, la prévention et la gestion des épidémies, sont des actions
soutenues par la politique nationale de lutte contre le paludisme au Mali. L’objectif de
cette politique est d’inverser les tendances de l’incidence et de la mortalité du paludisme
et d’amorcer l’arrêt de sa transmission dans la perspective de son élimination à l’horizon
2030.
L’extension de la résistance aux antipaludiques est une contrainte majeure dans tous les
pays endémiques de paludisme dont le nôtre mais surmontable par l’utilisation optimale
de nouvelles molécules adaptées à la prise en charge des cas simples et graves.
Le Programme National de lutte contre le Paludisme (PNLP) a mis en place des schémas
thérapeutiques aux différents niveaux de la pyramide sanitaire. La responsabilité du
prescripteur est d’utiliser les antipaludiques précocement, à bonnes doses pour les cas
de paludisme confirmés en respectant les contres indications afin de diminuer la
morbidité et la mortalité du paludisme ainsi que l’émergence de nouvelles résistances.
La gestion des CTA, des kits de prise en charge du paludisme grave et des tests de
diagnostic rapide du paludisme s’intègre impérativement dans le schéma directeur
d’approvisionnement et de distribution des médicaments essentiels (SDADME).
Après les dernières recommandations de l’OMS, il est impératif de mettre à jour les
directives de prévention et de prise en charge des cas du paludisme.
Ces directives s’adressent à tous les agents des services socio-sanitaires impliqués dans
le traitement du paludisme et la gestion de ces médicaments et réactifs.

3
Les présentes directives portent sur : le diagnostic biologique, le protocole de traitement,
la pharmacovigilance, les principes de base du schéma directeur d’approvisionnement
et de distribution des médicaments et le suivi évaluation.
Elles permettent de respecter la politique nationale de prise en charge des cas de
paludisme. C’est un outil de travail destiné aux prescripteurs de tous les niveaux de la
pyramide sanitaire.
Les cas de paludisme graves pourraient être évités si tout cas de paludisme simple était
précocement et correctement pris en charge (moins de 24 heures).
DEFINITION ET CLASSIFICATION DU PALUDISME
Le paludisme est une maladie fébrile due à un parasite du genre Plasmodium et qui se
transmet par la piqûre du moustique (anophèle femelle infectée).
Les différentes formes de paludisme sont classées en deux catégories principales :
Paludisme simple et Paludisme grave.
Paludisme simple : se caractérise essentiellement par une fièvre (température axillaire
≥ à 37,5°C) ou antécédent de fièvre avec souvent des maux de tête, des douleurs
musculaires, de la faiblesse articulaire, des troubles digestifs, des frissons, et des
courbatures, confirmé par un examen biologique (TDR ou GE/FM)
Paludisme grave : se caractérise par une confirmation biologique (TDR ou GE/FM)
avec la présence de P. falciparum associé à l’une ou plusieurs des manifestations
cliniques et /ou biologiques suivantes :
Manifestations cliniques
 Troubles de la conscience ou coma
 Prostration (incapable de marcher ou de s’asseoir sans assistance)
 Convulsions multiples (deux ou plus dans les 24 heures)
 Détresse respiratoire (acidose)
 Collapsus cardio-vasculaire ou choc. (TA systolique < 80 mmHg chez l’adulte et
70 chez l’enfant) Ictère
 Hémoglobinurie (urines coca cola ou de couleur foncée)
 Saignement anormal (trouble de la coagulation)
 Œdème aigu du poumon
Manifestations biologiques
 Hypoglycémie (glycémie < 2,2 mmol/l ou 0,4g/l)
 Acidose métabolique (bicarbonates plasmatiques <15 mmol/l)
 Anémie sévère ou pâleur extrême (Hb < 5 g/dl ou hématocrite < 15% chez les
enfants de moins de 12 ans et Hb < 7 g/dl ou hématocrite < 20% chez les adultes)
 Hyperparasitémie (>500 000 /μl ou 10% de globules rouge parasités)
 Hyperlactatémie (lactate > 5 μmol/l)
 Hypercréatininémie : créatininémie > 265 μmol/l ou 3mg/dl ou urée >20 mmol ;

4
Diurèse < 400 ml/24h chez les adultes et < 12ml/kg/24h chez les enfants ;

II. DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE


Les cas suspects de paludisme doivent être confirmés par un examen biologique.
Deux types d’examens biologiques sont couramment utilisés au Mali :
- la microscopie (GE/FM) et
- le Test de Diagnostic Rapide (TDR).
Niveau site Agent de Santé Communautaire (ASC) :
L’ASC formé doit faire un test de diagnostic rapide devant tout cas de fièvre. L’ASC
doit être approvisionné en TDR pour la confirmation biologique des cas de paludisme.
Le stock initial sera fourni par le CSCom qui assurera le réapprovisionnement sur la
base de la Consommation Moyenne Mensuelle (CMM) afin d’éviter les ruptures de
stocks.
Ainsi l’ASC doit :
- Référer au CSCOM pour CPN et prise en charge, toute femme présentant une
fièvre, vue pour la première fois comme femme enceinte, n’ayant pas de carnet
de CPN.
- Faire le TDR dans les cas suivants et si positif les traiter
 Femme enceinte vue pour la première fois par l’ASC avec un carnet de
CPN indiquant une grossesse qui dépasse le premier trimestre (plus 3 mois
de grossesse). C’est-à-dire les femmes au deuxième ou troisième trimestre
de la grossesse.
 Toutes femmes enceintes déjà répertoriés et suivies par l’ASC et dont
l’âge de la grossesse dépasse le premier trimestre (plus 3 mois de
grossesse). C’est-à-dire les femmes au deuxième ou troisième trimestre de
la grossesse.
Niveau CSCom et autres établissements de santé de l’aire :
A ce niveau, tout cas de fièvre, doit faire l’objet d’un test de diagnostic rapide. Le
CSCom doit être approvisionné en TDR pour la confirmation biologique des cas de
paludisme. Le stock initial est fourni par le DRC qui assurera le réapprovisionnement
sur la base de la CMM afin d’éviter les ruptures de stocks. Le CSCom approvisionne les
autres structures de santé de l’aire sur la base de leur CMM.
Au niveau des CSCom et autres structures de santé de l’aire où la GE /FM est possible,
prioriser celle-là.
Niveau CSRef :
Le diagnostic ou la confirmation des cas sera fait par la GE/FM. En cas de non
disponibilité de la GE, les TDR seront utilisés. Les CSRef seront approvisionnés en

5
réactifs et en TDR par les magasins régionaux de la PPM par rapport au stock initial et
le réapprovisionnement est fait sur la base de la CMM.
Niveau Hôpital :
La confirmation sera faite à ce niveau par la GE/FM. Les hôpitaux seront approvisionnés
en réactifs par la Pharmacie Populaire du Mali (PPM) par rapport au stock initial. Le
réapprovisionnement est fait sur la base de la CMM.
Les autres examens complémentaires à ces 2 niveaux (Hôpital et CSRéf) ne sont pas
gratuits (glycémie, Hémoglobine /Hématocrite…).

III. PROTOCOLE DE TRAITEMENT


Tout cas suspect de paludisme doit être systématiquement confirmé par TDR ou GE/FM
avant un traitement.
Le paludisme simple se traite efficacement par voie orale. Les traitements les plus
efficaces aujourd’hui sont les Combinaisons Thérapeutiques à base d’Artémisinine
(CTA). Elles permettent de traiter efficacement le paludisme simple en 3 jours.
Le paludisme grave se traite avec :
 Artésunate injectable (IV ou IM),
 Artémether injectable IM,
 Quinine injectable (perfusion ou IM).
Passer à la voie orale dès que l’état du patient le permet.

6
A. PALUDISME SIMPLE :

1. NIVEAU SITE Agent de Santé Communautaire (ASC) :


L’ASC prend en charge les cas avec fièvre après confirmation par le TDR :
Enveloppement humide, Paracétamol,
 Traitement spécifique (CTA) : Artemether + Luméfantrine (AL).
Présentation et Posologie de l’Artémether 20 mg - Luméfantrine 120 mg, comprimé
Jour 1 Jour 2 Jour 3
Tranches d’âge/Poids
Matin Soir Matin soir Matin Soir
05 - 14 Kg (2 mois à 3 ans) 1cp 1cp 1cp 1cp 1cp 1cp
15 - 24 Kg (4 à 6 ans) 2 cp 2 cp 2 cp 2 cp 2 cp 2 cp
25 – 34kg (7 à 10 ans) 3 cp 3 cp 3 cp 3 cp 3 cp 3 cp
≥ 35 Kg et adultes 4 cp 4 cp 4 cp 4 cp 4 cp 4 cp

NB : Pour les enfants de 2 mois à 6 ans (5 kg à 24 kg) les comprimés dispersibles sont
utilisés.

 Conseils à donner aux malades


Quand revenir immédiatement ?
- Si persistance de la fièvre ;
- Si difficulté de boire et incapacité de manger chez l'enfant ;
- Si convulsion (révulsion oculaire) ;
- Si incapacité de s'asseoir ;
- Si persistance des vomissements ;
- Si devient inconscient ;
- Si pâleur ou ictère ;
- Si présence de sang dans les selles
- Si urines foncées ;
- Si difficulté respiratoire.
Insister sur :
- La visite de suivi après 3 jours de traitement si persistance de la
symptomatologie ;
- La nécessité de continuer l'alimentation et d'augmenter les liquides ;
- La poursuite de la prise du médicament même si le malade se sent mieux ;

7
- La prévention du paludisme (utilisation de moustiquaire imprégnée
d'insecticides pour les enfants et les femmes enceintes, TPIg chez les
femmes enceintes et CPS chez les enfants de 3 à 59 mois et de 60 à 120
mois) ;
- Le recours précoce au CSCom pour les épisodes ultérieurs.
NB : Si TDR négatif, référer
2. NIVEAUX CSCom, CSRef, Hôpitaux et autres structures sanitaires :
Les agents à ces niveaux donneront après confirmation chez l’enfant de moins de 5
ans, l’adolescent ou l’adulte :
a) Un traitement spécifique
Présentation et Posologie de l’Artemether 20 mg - Lumefantrine 120mg, comprimé
Jour 1 Jour 2 Jour 3
Tranches d’âge/Poids
Matin Soir Matin soir Matin soir
05 – 14 Kg (2 mois à 3 ans) 1cp 1cp 1cp 1cp 1cp 1cp
15 - 24 Kg (4 à 6 ans) 2 cp 2 cp 2 cp 2 cp 2 cp 2 cp
25 – 34kg (7à 10 ans) 3 cp 3 cp 3 cp 3 cp 3 cp 3 cp
≥35 Kg et adultes 4 cp 4 cp 4 cp 4 cp 4 cp 4 cp

Présentation et Posologie de Dihydroartemisinine-Pipéraquine


Intervalle de poids Presentation 1er jour de 2ème jour de 3ème jour de
traitement traitement traitement

5 à <7 kg 20/160 mg 1/2 comprimé 1/2 comprimé 1/2 comprimé


plaquette de 3
cp
7 à <13 kg 20mg/160mg 1 comprimé 1 comprimé 1 comprimé
plaquette de 3
cp
13 à <24 kg 40mg/320 mg 1 comprimé 1 comprimé 1 comprimé
plaquette de 3
cp

8
24 à <36 kg 40mg/320 mg 2 comprimés 2 comprimés 2 comprimés
plaquette de 6
cp
36 à <75 kg 40mg/320 mg 3 comprimés 3 comprimés 3 comprimés
plaquette de 9
cp
≥ 75 kg 40mg/320 mg 4 comprimés 4 comprimés 4 comprimés
plaquette de
12 cp
NB : S’il vomit entre 30-60 minutes après l'administration de la première dose de la
Dihydroartémisinine-Piperaquine, il doit recevoir une demi-dose de remplacement.
Présentation et Posologie de Pyronaridine-artésunate (60mg/20mg) forme sachet
Intervalle de Presentation 1er jour de 2ème jour 3ème jour de
poids traitement de traitement
traitement

5 à < 8 kg 60mg/20mg boîte 1 sachet 1 sachet 1 sachet


de 3
8 à < 15 kg 60mg/20mg boîte 2 sachets 2 sachets 2 sachets
de 6
15 à < 20 kg 60mg/20mg boîte 3 sachets 3 sachets 3 sachets
de 9

Présentation et Posologie de Pyronaridine-artésunate (180mg/60mg) forme


comprimé
Intervalle de poids Presentation 1er jour de 2ème jour de 3ème jour de
traitement traitement traitement

20 à < 24 kg 180mg/60mg 1 comprimé 1 comprimé 1 comprimé


plaquette de
3 cp
24 à <45 kg 180mg/60mg 2 comprimés 2 comprimés 2 comprimés
plaquette de
6 cp

9
45 à < 65 kg 180mg/60mg 3 comprimés 3 comprimés 3 comprimés
plaquette de
9 cp
≥65 180mg/60mg 4 comprimés 4 comprimés 4 comprimés
plaquette de
12 cp

NB : La prise de la première dose doit être supervisée, si l’enfant vomit dans les 30
mn, reprendre la dose. Conduite à tenir en cas de persistance de signes au-delà de
3 jours. Il serait important de réexaminer le malade et de refaire le diagnostic
biologique (réaliser une goutte épaisse).
Si le malade a bien suivi le traitement et que le test biologique est négatif :
 chercher d’autres causes de fièvre ou l’orienter pour évaluation.
En cas de non-respect du traitement,
 reprendre le traitement sous surveillance médicale.
Si les examens de laboratoires ne sont pas réalisables référer à un niveau supérieur.
b) Traitement adjuvant :
Médicaments et posologie à administrer
- Paracétamol 500 mg : 15 à 20 mg/kg toutes les 6 heures ;
- Fer 200mg : 2 comprimés/jour (adulte) ou 10 mg /kg/jour (enfant) si
anémie ;
- Acide folique 5 mg : 1comprimé/jour si anémie.
c) Conseils à donner aux malades :
Quand revenir immédiatement ?
- Si persistance de la fièvre ;
- Si difficulté de boire et incapacité de manger chez l'enfant ;
- Si convulsion (révulsion oculaire) ;
- Si incapacité de s'asseoir ;
- Si persistance des vomissements ;
- Si devient inconscient ;
- Si pâleur ou ictère ;
- Si présence de sang dans les selles ;
- Si urines foncées ;
- Si difficulté respiratoire.
Insister sur :

10
- La visite de suivi après 3 jours de traitement si persistance de la
symptomatologie ;
- La nécessité de continuer l'alimentation et d'augmenter les liquides ;
- Continuer à prendre le médicament même si le malade se sent mieux ;
- La prévention du paludisme (utilisation de moustiquaire imprégnée
d'insecticides pour les enfants et les femmes enceintes, TPIg chez les
femmes enceintes et CPS chez les enfants de 3 à 59 mois et de 60 à 120
mois) ;
Le recours précoce au centre de santé pour les épisodes ultérieurs.
B. PALUDISME GRAVE :

Niveaux CSCom, autres structures/CSRef /Hôpitaux :


Le traitement du paludisme grave et compliqué chez l’enfant de moins de 5 ans, la
femme enceinte, l’adolescent ou l’adulte repose sur deux éléments essentiels :
 le traitement d’urgence des complications : qui est vital pour le malade. En
effet la survenue du décès peut être due à la maladie elle-même ou à ses
complications.
 le traitement spécifique antipaludique : qui est indispensable et d’une extrême
urgence doit être administré très rapidement pour arrêter l’évolution de la
maladie.

1. Le traitement d’urgence des complications :


Il s’agit de traitement symptomatique visant à : corriger l’hypoglycémie, la
déshydratation, l’anémie, faire baisser la fièvre, arrêter les convulsions et prendre en
charge le coma et les problèmes respiratoires, rénaux et cardiovasculaires.
Le traitement de l’hypoglycémie :
 Chez l’enfant ou l’adolescent administrer en IV lente :
 3 à 5 ml /kg pour le sérum glucosé à 10% OU
 1 ml/kg pour le sérum glucosé à 30 %.
 Pour l’adulte administrer en IV lente :
 3 à 5 ml /kg pour le sérum glucosé à 10% OU
 1 ml/kg pour le sérum glucosé à 30 % OU
 25 ml de sérum glucosé à 50% :
Si l’on n’a que du glucose à 50 %, on en dilue un (1) volume dans quatre
(4) volumes d’eau stérile pour obtenir une solution à 10 % (par exemple,
0,4 ml/kg de glucose à 50 % avec 1,6 ml/kg d’eau pour préparations
injectables ou 4 ml de glucose à 50 % avec 16 ml d’eau pour préparations
injectables). Le glucose hypertonique (> 20 %) n’est pas recommandé car
il a un effet irritant sur les veines périphériques.

11
Lorsque l’administration par voie intraveineuse est impossible, donner du glucose ou
toute autre solution sucrée par sonde naso-gastrique.
Le traitement de la déshydratation sevère :
 Administrer 100 ml/kg de solution de Ringer lactate en 2 ou 4 heures,
 Réévaluer le malade après pour déterminer, les besoins hydriques et l’état
de déshydratation.
Le traitement des convulsions :
 Administrer du diazépam à la dose de 0,5 mg/kg en intra rectal (IR) ou
IM.
 Si les convulsions persistent 10 à 15 mg / kg de phénobarbital par voie
parentérale.
Le traitement de l’anémie :
Si anémie sévère (taux d’hémoglobine < 5g/dl ou hématocrite < 15% chez les enfants
de moins de 12 ans et Hb < 7 g/dl ou hématocrite < 20% chez les adultes) :
Transfuser d’urgence de sang : 20 ml /kg de sang total pendant 4 heures sous furosémide
ou 10 ml /kg de culot Globulaire chez les enfants. Si la transfusion est impossible :
 Faire un traitement pré transfert avant d’envoyer le malade dans un centre
disposant de service de transfusion sanguine.
En cas de coma :
 Evaluer le stade du coma (Echelle de Blantyre ou Glasgow),
 Mettre le malade en position latérale de sécurité,
 Aspirer les sécrétions et libérer les voies respiratoires,
 Mettre en place une sonde naso-gastrique d’alimentation,
 Prendre une voie veineuse,
 Placer une sonde urinaire
 Faire changer le malade de position toutes les 4 heures,
 Mesurer le volume des urines (diurèse).
En cas de difficultés respiratoires : (Œdème Aigu du Poumon)
 Mettre le malade en position demi assise, administrer de l’oxygène et du
furosémide en IV : 2 à 4 mg/kg ;
 Vérifier qu’il ne présente pas une insuffisance cardiaque due à l’anémie
sévère ;
 Evacuer si possible le malade vers un service de réanimation.
En cas de complications rénales :

12
 Administrer des solutés si le malade est déshydraté : 20ml /kg de sérum
salé isotonique, 1 à 2 mg/kg de furosémide ;
 Placer une sonde urinaire ;
Si le malade n’émet pas d’urine dans les 24 heures qui suivent :
 Référer/évacuer dans un service d’Urgence/Nephrologie.
N.B : les autres maladies graves doivent être traitées conformément aux protocoles en
vigueur.
Traitement non recommandé
 Corticoïdes et autres anti-inflammatoires
 L’heparine,
 La prostacycline,
 La desferoxamine,
 La pentoxifylline,
 Le dextrane de faible masse moleculaire,
 L’urée,
 La deferoxamine,
 La cyclosporine,
 L’acide dichloracetique,
 l’adrénaline.
2. Traitement spécifique antipaludique :
L'artésunate est le médicament de choix pour le traitement du paludisme grave. Elle
peut être administrée en injection intra veineuse (IV) ou intra musculaire (IM).
A. Artésunate 2,4 mg/kg de poids corporel administrés par voie intraveineuse
(IV) ou intramusculaire (IM) à l’admission (H = 0), puis H12 et H24 plus
tard et, par la suite, une fois par jour sans dépasser 7 jours, pour les patients
de 20 kg et plus.
Pour les enfants de moins de 20kg : artésunate 3mg/kg de poids corporel
conformément aux temps indiqués précédemment.
NB : Passer à la voie orale dès que possible.
Procédure de dilution de l’artesunate
1 flacon d'artésunate contient 60 mg d'artésunate et sera préparé avec 1 ml de
bicarbonate de sodium et 5 ml de chlorure de sodium, de telle sorte que la solution finale
contienne 10 mg /ml d'artésunate pour la voie IV. Il sera préparé avec 1ml de bicarbonate
de sodium et 2 ml de chlorure de sodium, de telle sorte que la solution finale contienne
20 mg /ml d'artésunate pour la voie IM.

13

Détacher le haut du flacon d'artésunate et désinfecter le caoutchouc à l'aide
de 10% polividone iodé ou d'un tampon d'alcool ;
• Ouvrir à l'avance les deux ampoules de manière à pouvoir tenir dans les
mains la seringue avec l'aiguille pendant le processus.
• Soutirer 1 ml du bicarbonate de sodium à 5 % dans une seringue et
l'injecter dans le flacon d'artésunate.
• Secouer jusqu'à ce que la poudre d'artésunate soit complètement dissoute
et que la solution devienne transparente. Ne pas secouer trop
vigoureusement pour éviter toute formation de mousse à la surface de la
solution. Si la solution est trouble ou s'il existe un précipité, la préparation
parentérale doit être jetée.
• Soutirer 5 ml du chlorure de sodium à 0,9% dans une seringue et l'injecter
dans le flacon d'artésunate pour la voie IV.
 Soutirer 2 ml du chlorure de sodium à 0,9% dans une seringue et l'injecter dans
le flacon d'artésunate pour la voie IM.
• Soutirer le volume requis d'artésunate du flacon (selon le schéma
posologique).
• Jeter tout excédent de solution.
• La solution est administrée lentement par voie IV sur 2 à 3 minutes.
Les voies d'administration sont la voie IV directe ou la voie IM.
Si l’on n’a pas d’artésunate injectable, il peut être remplacé par l’artéméther ou la
quinine :
Prendre le relais avec une CTA par voie orale dès que le malade peut avaler.
B. RTEMETHER
Posologie et mode d'administration
Traitement sur 5 jours par voie intramusculaire :
la posologie est de 3,2 mg/kg de poids corporel en une injection à l’admission du malade
suivi de 1,6 mg/kg en une injection par jour pendant 4 jours
Enfant de 0 - 5 ans : ampoules de 20 mg
Age poids Jour 1 Jour 2 Jour3 Jour4 Jour5
<1 an 5 - 9kg 1 amp ½ amp ½ amp ½ amp ½ amp
2-5 ans 10 - 15kg 2 amp 1amp 1amp 1amp 1amp
Sujets de plus de 5 ans : ampoules de 80 mg
Age poids Jour 1 Jour 2 Jour3 Jour4 Jour5
6 -13 ans 16-35 kg 1 amp ½ amp ½ amp ½ amp ½ amp

14
14 ans et ≥ 35kg 2 amp 1amp 1amp 1amp 1amp
plus

En cas de non disponibilité de l’une ou l’autre présentation, le clinicien utilise celui qui
est disponible en sachant que 1 ampoule de 80mg = 4 ampoules de 20 mg.
Prendre le relais avec une CTA par voie orale dès que le malade peut avaler.
C. QUININE
Posologie recommandée :
Quinine administrée par perfusion en intraveineuse
• Dose de charge : 20 mg/kg de sel de quinine à l’admission chez l'adulte et
l'enfant.
NB : La dose de charge est administrée seulement lorsque le malade n’a pas pris
de quinine dans les 24 heures précédentes ou la Méfloquine dans les 7 jours, si oui
c’est la dose d’entretien qui est retenue
• Dose d’entretien :
Enfants :
Posologie : 10 mg/kg de sels de chlorhydrate de quinine (8,3mg/kg de quinine base)
dilués dans 10 ml/kg de sérum glucosé à 10 % (ou dextrose à 4,3% ou sérum salée à 0,9
% chez les diabétiques). Durée de la perfusion : 2 – 4 heures. Intervalle entre le début
des perfusions : 8 heures.
Passer à la voie orale avec une CTA dès que le malade peut avaler.
OU
Posologie :
15 mg/kg de sels de chlorhydrate de quinine (12,4 mg/kg de quinine base) dilués dans
10 ml/kg de sérum glucosé à 10 % (ou dextrose à 4,3% ou sérum salée à 0,9 % chez les
diabétiques). Durée de la perfusion : 2 – 4 heures. Intervalle entre le début des
perfusions : 12 heures.
Passer à la voie orale avec une CTA dès que le malade peut avaler.
Adultes :
10 mg/kg de sels de quinine (8,3 mg base) dilués dans 10 ml/kg d’un soluté hypertonique
en perfusion pendant 4 heures de serum glucosé à 10% dextrose à 4,3 % ou (sérum salé
isotonique à 0,9 % chez les diabétiques). Intervalle entre les débuts de perfusions : 8
heures. Durée de la perfusion : 4 heures.

15
La durée du traitement avec la quinine est de sept (7) jours.
NB : Prendre les comprimés de quinine avec de l’eau sucrée pour prévenir
l’hypoglycémie.
Quinine par voie intramusculaire :
Si l’administration en perfusion intraveineuse (IV) est impossible, donnez la même dose
(10 mg/kg) en intra musculaire (IM) toutes les 8 heures et continuer jusqu’à ce que le
malade soit capable de prendre le traitement par voie orale. L’injection doit être faite à
la face antéro-externe de la cuisse.
Donner au malade de l’eau sucrée pour prévenir l’hypoglycémie.
Remarque : les injections IM doivent être faites avec le maximum d’asepsie dans la
face antéro-externe de la cuisse de préférence. Eviter autant que possible les injections
IM de quinine.
Prendre le relais avec une CTA par voie orale dès que le malade peut avaler.
Traitement du paludisme chez la femme enceinte
Paludisme simple
 Premier trimestre de la grossesse : Sel de quinine par 10mg/kg toutes les 8
heures pendant sept (7) jours.
 Deuxième et troisième trimestre de la grossesse : CTA (cf posologie des CTA
retenues par la politique nationale).
o Artemether + Luméfantrine 20 mg/120mg : 4cp matin et 4cp le soir
pendant trois (3) jours.
o Dihydroartemisinine-Pipéraquine 40mg/320 mg :
• Poids compris entre 36 à 74 kg : trois (3) comprimés par jour pendant trois
(3) jours.
• Poids ≥ 75 kg : quatre (4) comprimés par jour pendant trois (3) jours.
Paludisme grave
On administrera sans tarder par voie parentérale des antipaludiques aux femmes
enceintes souffrant d’un paludisme grave, quel que soit le stade de la grossesse et sans
réduire la dose. Le taux de mortalité dû au paludisme grave pendant la grossesse est de
50 % environ, chiffre plus élevé que chez les femmes non gravides. L’artesunate
constitue le traitement de choix. En cas d’indisponibilité de ce médicament, l’artemether
en 2ème intention ou la quinine en 3eme intention.
Passer à la voie orale dès que le malade peut avaler (Quinine comprimé pour les femmes
enceintes au premier trimestre de la grossesse et Artémether-Luméfantrine ou
Dihydroartemisinine-Pipéraquine ou Artesunate-Amodiaquine à partir du deuxième
trimestre de la grossesse).
3. Traitement pré transfert :

16
Le risque de mourir de paludisme grave est très élevé dans les premières 24 h. Dans les
pays endémiques le temps de transfert du malade vers un centre de prise en charge
approprié est assez long et engendre un retard dans la mise en route du traitement ; temps
durant lequel l’état du malade peut se détériorer pouvant entraîner le décès.
 Site ASC :
Devant un cas de paludisme grave l’ASC donne un traitement de pré transfert et évacue
l’enfant pour des soins appropriés.
L’ASC placera l’artésunate capsule rectale en fonction du poids de l’enfant.
Artésunate capsule rectale : 10 mg/kg ;
Enlever la capsule rectale de l’emballage juste avant l’utilisation. Administrer le nombre
requis de capsule rectale d’artésunate en raison de 10 mg/Kg par voie rectale.
En cas de rejet, ré-administrer la même dose immédiatement et pincer les fesses pendant
environ 10 minutes surtout chez le petit enfant et référer le malade.
Présentation et posologie de l’artésunate capsule rectale
Age Poids Dose en mg Nombre de capsule
0 – 1 an 4 – 9 kg 50 mg 1 capsule rectale de 50mg
2- 3 ans 10 – 15 kg 100 mg 1 capsule rectale de 100 mg
4-5 ans 16-20 Kg 200 mg 1 capsule rectale de 200 mg
Il fera aussi un enveloppement humide pour faire baisser la fièvre.
NB : Au cas où l’un des dosages n’est pas disponible, il serait préférable d’adapter le
dosage disponible en fonction du poids.
 Niveau CSCom ou autres structures sanitaires de l’aire :
Si le plateau technique ne permet pas de prendre en charge un cas de paludisme grave,
administrer un traitement de pré transfert et référer le malade.
Le traitement pré transfert du paludisme grave consiste à administrer une première dose
d’antipaludique efficace par voie parentérale ou rectale avant d’évacuer le malade dans
une structure sanitaire pour une prise en charge appropriée.
Les molécules recommandées sont :
 Artésunate capsule rectale, 10 mg/kg ;
• Artésunate IM, 2,4 mg/kg pour 20kg et plus, et 3 mg/kg pour les enfants
de moins de 20 kg ;
• Artéméther IM, 3,2 mg/kg ;
• Sel de quinine IM, 20 mg/kg (à répartir, 10 mg/kg dans chaque cuisse) ou
quinine base 16,6 mg/kg (8,3 mg/kg dans chaque cuisse).

17
Présentation et posologie de l’artésunate capsule rectale
Age Poids Dose en mg Nombre de capsule
0 – 1 an 4 – 9 kg 50mg 1 capsule rectale de 50mg
2- 3 ans 10 – 15 kg 100mg 1 capsule rectale de 100 mg
4-5 ans 16-20 Kg 200mg 1 capsule rectale de 200 mg
NB : Au cas où l’un des dosages n’est pas disponible, il serait préférable d’adapter le
dosage disponible en fonction du poids.
Présentation et posologie de l’Artémether 20mg
Age Poids Dose en mg Posologie simplifiée
0 – 1 an 4 – 9 kg 20mg 1 amp
2- 5 ans 10– 20 kg 40mg 2 amp

Présentation et posologie de l’Artémether 80mg


Age Poids Dose en mg Posologie simplifiée
0 – 1 an 4 – 9 kg 20mg ¼ amp
2- 5 ans 10 – 20 kg 40mg ½ amp
6-15 ans 21 – 35 kg 80mg 1 amp
>15 ans ≥35 kg 160mg amp

Quinine : une injection unique de 20 mg/kg (à répartir, 10 mg/kg dans chaque cuisse)
ou quinine base 16,6 mg/kg (à répartir, 8,3 mg/kg dans chaque cuisse).

Avant le transfert
 Remplir les supports qui doivent accompagner le malade ;
 Donner le diazépam en cas de convulsion ;
 Donner du paracétamol ou enveloppement humide pour faire baisser la fièvre ;
 Lutter contre l’hypoglycémie (donner du sucre, allaiter l’enfant) ;
Si le transfert n’est pas possible, se référer au schéma de la prise en charge des cas
graves
Si le plateau technique le permet, faire :

18
- un traitement des complications ;
- un traitement spécifique ;
- un traitement adjuvant ;
- des conseils.

IV. PHARMACOVIGILANCE
Définition de concepts :
o Pharmacovigilance : c’est la science et les activités relatives à la détection,
l’évaluation, la compréhension et la prévention des effets indésirables et de tout
autre problème lié à l’utilisation du médicament (Arrêté n°2011-4201/MS-SG du
14 octobre 2011).
Elle s’attache notamment à évaluer les facteurs évitables du risque médicamenteux.
La pharmacovigilance doit être renforcée à tous les niveaux. Les conseils sur les effets
indésirables des médicaments prescrits seront donnés aux patients.
o Effet indésirable : il désigne toute réaction nocive et non voulue faisant suite à
l’utilisation d’un produit de santé, se produisant aux doses normalement utilisées
chez l'homme pour la prophylaxie, le diagnostic ou le traitement d’une maladie
ou la modification d’une fonction physiologique ; mais aussi toutes les réactions
résultant :
- d’un mauvais usage ;
- d’une pharmacodépendance ;
- d’un syndrome de sevrage ;
- d’une erreur thérapeutique ;
- d’une inefficacité thérapeutique ;
- des effets sur le produit de conception ;
- des réactions résultant d’un produit défectueux ou de mauvaise qualité
(Arrêté n°2011-4201/MS-SG du 14 octobre 2011).
Tout cas de manifestation d’un effet indésirable lié aux médicaments doit être notifié.
o Notification : elle désigne l’acte de déclarer un événement indésirable (EIM
présumé) observé par un professionnel de santé à une structure de
pharmacovigilance. Elle exige
• un notificateur identifiable
• un patient identifiable
• un ou des médicaments suspects
• un ou des événements indésirables observés.
(Voir le circuit de notification en annexe)

19
V. APPROVISIONNEMENT EN CTA, TDR ET KITS DE PEC
DE PALUDISME GRAVE
Les tests de diagnostic rapide (TDR) du paludisme et les CTA, doivent être disponibles
dans tous les CHU ; les EPH ; les CSREF ; CSCOM ; les sites ASC et autres structures
habilitées pour la mise en œuvre de la prise en charge gratuite du paludisme. Les kits
de prise en charge du paludisme grave, les kits de réactifs et consommables pour la
goutte épaisse ainsi que pour le frottis mince doivent être fournis aux CHU ; EPH,
CSREF, CSCOM et aux autres structures habilitées. Le schéma d’approvisionnement
respectera le schéma directeur d’approvisionnement et de distribution des médicaments
essentiels (SDADME).
Ce système d’approvisionnement s’applique aux antipaludiques gratuits et ceux en vente
subventionnée.
1. Composition de Kits de traitement du paludisme grave :

a) Composition kit de traitement du paludisme grave avec l’artesunate injectable

Femmes enceintes 1er trimestre de la grossesse


Produits (par cas) Quantité
Artesunate fl/60mg 15
Cathéter G20 2
Seringue 10 ml 5
Diazepan inj 2
Sérum glucosé 10% 2
Perfuseur 2
Sparadrap (mètre) 0,5
Paracétamol 1000 mg injectable 4
(flacons)
Quinine 300 mg, cp 24

Femme enceinte 2ème et 3ème trimestre


Produits (par cas) Quantité
Artesunate fl/60mg 15

20
Cathéter G20 2
Seringue 10 ml 5
Diazepan inj 2
Sérum glucosé 10% 2
Perfuseur 2
Sparadrap (mètre) 0,5
Paracétamol 1000 mg injectable 4
(flacons)
CTA pl/24 cp 1

Enfants de 0 – 5 ans
Produits (par cas) Quantité

Artesunate 60 mg 5
Cathéter 24 ou 22G 2
Seringue 10 ml 4
Diazépam injectable 2
Sérum glucosé 10% 2
Perfuseur 2
Sparadrap (mètre) 0,5
Paracétamol 500 mg injectable (flacons) 2
CTA (pl/6 ou pl/12) 1
b) Composition kit de traitement du paludisme grave avec Artemether
injectable
Femmes enceintes 1er trimestre de la grossesse
Produits (par cas) Quantité
Artemether 80 mg (ampoules) 4
Cathéter G20 2

21
Seringue 10 ml 3
Diazepan inj 2
Sérum glucosé 10% (flacons) 2
Perfuseur 2
Sparadrap (mètre) 0,5
Paracétamol 1000 mg injectable (flacons) 4
Quinine 300 mg, cp 24

Femme enceinte 2ème et 3ème trimestre


Produits (par cas) Quantité
Artemether 80mg (ampoules) 4
Cathéter G20 2
Seringue 10 ml 3
Diazepan inj 2
Sérum glucosé 10% (flacons) 2
Perfuseur 2
Paracétamol 1000 mg injectable (flacons) 4
CTA pl/24 cp 1

Enfants de 0 – 5 ans
Quantité
Produits (par cas)
Arteméther 20 mg (ampoules) 4
Cathéter G 24 ou G 22 2
Seringue 5 ml 3
Diazépam injectable 2
Sérum glucosé 10% (flacons) 2
Perfuseur 2

22
Sparadrap (mètre) 0,5
Paracétamol 500 mg injectable (flacons) 2
CTA (pl/6 ou pl/12) 1

c) Composition kit de traitement du paludisme grave avec Sels de Quinine


injectable
Femmes enceintes 1er trimestre de la grossesse

Produits (par cas) Quantité


Quinine 400 mg inj (ampoules) 4
Quinine 200 mg inj (ampoules) 4
Perfuseur 4
Cathéter G 20 2
Sérum glucose 10% (flacons) 4
Seringue 10 ml 4
Quinine 300 mg, comprimé 24
Sparadrap (mètre) 0,5
Paracétamol 1000 mg injectable (flacons) 4

Femme enceinte 2ème et 3ème trimestre


Produits (par cas) Quantité
Quinine 400mg (ampoules) 4
Quinine 200mg (ampoules) 4
Perfuseur 4
Cathéter 20 G 2
Sérum glucose 10% (flacons) 4
Seringue 10 ml 4
Sparadrap 0,5 mètre

23
CTA pl/24 cp 1
Diazépam injectable 2
Paracétamol 1000 mg injectable 4 flacons

Enfants de 0 – 5 ans
Quantité
Produits (par cas)
Quinine 200 mg 4 ampoules
Cathéter G 24 ou G 22 2
Seringue 5 ml 4
Diazépam injectable 2
Sérum glucosé 10% 4
Perfuseur 4
Sparadrap 0,5 mètre
Paracétamol 500 mg injectable 2 flacons
CTA (PL/6 ou PL/12) 1

2. Les supports de base :

Les supports suivants sont à consulter à tous les niveaux pour établir la
commande :
1- Le bordereau de livraison (BL) ;
2- Les fiches de stocks ;
3- Les rapports mensuels de gestion des stocks ;
4- Les rapports mensuels du laboratoire ;
5- Les rapports trimestriels de distribution des antipaludiques ;
6- Le Compte Rendu de Gestion des Stock (CRGS) ;
7- Le Bon de Commande (BC).
2.1. Description du circuit d’approvisionnement par niveau
2.1.1. Au niveau CSCOM et autres formations sanitaires de l’aire
- Le bon de commande est établi en deux copies. Le gérant du dépôt de vente des
médicaments exprime les besoins en fonction du stock restant, de la

24
consommation moyenne mensuelle (CMM) et du délai de livraison tout comme
pour les médicaments en vente. Il signe le bon de commande et le fait viser par
le Directeur Technique du Centre (DTC). Le bon de commande est suivi de la
fiche de stock pour sa validation auprès du DTC.
- Le bon de commande est contre signé par le Médecin chef du CSRéf pour être
servi par le gérant du DRC.
- Les bons de commande établis en deux copies sont archivés : une au niveau du
gérant du CSCOM et une au niveau du gérant du DRC.
- La commande est servie suivant un bordereau de livraison établi en deux copies
: une pour le gérant du CSCOM et une pour le gérant du DRC.
- Les fiches de stocks à différents niveaux sont remplies le jour même de
l’emmagasinage.
- La sortie des CTA et kit de prise en charge du paludisme grave au niveau du
CSCOM n'est autorisée que par ordonnance à double souche bien lisible établie
par le prestataire formé (une copie est archivée au dépôt et l’autre est remise au
bénéficiaire).
- Les fiches de stocks des CTA, kit de prise en charge du paludisme grave et test
de diagnostic rapide(TDR) seront remplies hebdomadairement.
2.1.2. Au niveau CSRéf
 DV du CSREF
-Le bon de commande est établi en deux copies. Le gérant du dépôt de vente des
médicaments exprime les besoins en fonction du stock restant, de la CMM et du délai
de livraison tout comme pour les médicaments en vente. Il signe le bon de commande
et l’envoi au pharmacien du district pour analyse et signature qui à son tour le fait viser
par le médecin chef.
- Le bon de commande est contre signé par le Médecin chef du CSRéf pour être servi
par le gérant du DRC.
- Les bons de commande établis en deux copies sont archivés au niveau du gérant du
DV CSRéf et du gérant du DRC.
- La commande est servi suivant un bordereau de livraison établi en trois copies : une
pour le gérant du DV CSRéf, une pour le gérant du DRC et une pour le point focal
Paludisme du CSRéf.
- Les fiches de stock sont remplies le jour même d’emmagasinage.
- La sortie des CTA et kit de paludisme grave au niveau du DV CSRéf n’est autorisée
que par ordonnance à double souche bien lisible établie par le prestataire formé (une
copie est archivée au dépôt et l’autre est remise au bénéficiaire). Les fiches de stocks
des CTA, kit de prise en charge du paludisme grave et TDR seront remplies
hebdomadairement.
Les DV des CSRéf et des CSCom se ravitaillent au niveau des DRC de façon mensuelle.

25
 DRC
La commande est établie en deux copies par le gérant du DRC avec l’appui du
pharmacien du district (si présent). Il exprime les besoins en fonction de la CMM et des
stocks restant.
Le gérant signe le bon de commande et l’envoie au pharmacien du district pour analyse
et signature qui à son tour le fait viser par le médecin chef qui vérifie et confronte la
commande avec les fiches de stock. La commande validée est envoyée à la DRS.
Les fiches de stock sont impérativement remplies après exécution des opérations au
niveau régional et au niveau district sanitaire.
 Laboratoire
La commande est établie en deux copies par le gérant DRC sur la base de la présentation
du rapport d’activité du laboratoire. Il exprime les besoins en fonction de la CMM et des
stocks restants.
Le gérant du DRC signe son bon de commande et l’envoi au pharmacien du district pour
analyse et signature qui à son tour le fait viser par le Médecin chef qui vérifie et
confronte la commande avec les fiches de stock ou les cahiers de mouvement des TDR,
des réactifs et consommables du laboratoire. La commande validée est envoyée au
niveau du pharmacien régional.
Les fiches de stock sont impérativement remplies après exécution des opérations au
niveau régional et au niveau du district sanitaire.
2.1.3. Au niveau régional
Les besoins sont exprimés par le Pharmacien Régional sur la base de la compilation des
quantités commandées par les districts sanitaires. Le pharmacien vérifie les rapports de
stocks compilés des districts sanitaires et les valide sur la base des rapports de prise en
charge avant de procéder à la compilation de leurs besoins et soumettre la commande
au Directeur Régional pour vérification, validation et transmission en 2 copies : une à la
PPM régionale pour exécution et l’autre au PNLP pour suivi.
La commande est servie par la PPM régionale accompagnée de bordereau de livraison
en deux copies (une pour le gérant du DRC et une pour le Pharmacien Régional).
Les magasins régionaux ont pour mandat d’approvisionner les DRC des districts
sanitaires de façon trimestrielle.
a) Au Niveau Central :
Les commandes annuelles pour l’ensemble du pays sont faites sur la base des données
annuelles transmises par les DRS. Ces données sont analysées et validées par le sous-
comité de quantification dirigé par la DPM et dont le secrétariat est assuré par le PNLP.

26
Les CTA, les TDR, les kits du paludisme grave et les kits de réactifs et consommables
sont mis à la disposition des magasins régionaux par la PPM centrale à travers le
SDADME.
b) Au Niveau d’autres structures habilitées :
L’approvisionnement se fait au niveau des structures publiques dont elles relèvent en
suivant les mêmes conditions des autres niveaux.

VI. LA DISTRIBUTION DES CTA, TDR OU DES KITS DE


PRISE EN CHARGE DU PALUDISME GRAVE
Les prestataires des unités de consultation sont responsables de la prescription des CTA
et du kit de paludisme grave à travers une ordonnance avec souche ou duplicata dûment
établie et signée. Ils sont également responsables de la demande des examens
biologiques pour la confirmation des cas suspects avant de mettre le patient sous
traitement antipaludique.
NB : Chez les cibles de la gratuité, en cas de paludisme associé à d’autres affections,
séparer les ordonnances des médicaments du circuit gratuit et ceux du circuit marchand.
Circuit des malades devant bénéficier de la gratuité et de la subvention des
médicaments.
 Chez l’enfant :
La porte d'entrée est la consultation enfants malades. Tout enfant de moins de 5 ans,
reçu en consultation dans les structures habilitées à distribuer les CTA ou les kits de
traitement du paludisme grave souffrant de paludisme confirmé (par TDR ou GE/FM),
constitue un bénéficiaire de la gratuité. Le prestataire établit une ordonnance avec
souche ou duplicata qui servira à enlever les CTA ou les Kits du paludisme grave au
niveau du dépôt de vente des médicaments de ladite structure.
Chaque enfant pris en charge gratuitement doit être enregistré sur la fiche de suivi
enfant et les registres de consultation.
 Chez la femme enceinte :
La porte d’entrée est la consultation prénatale ou la consultation des adultes. Le critère
d’éligibilité à la gratuité du kit de prise en charge du paludisme chez la femme enceinte
est la positivité du diagnostic biologique (TDR ou GE/FM). Le prestataire établit une
ordonnance avec souche ou duplicata et qui servira à enlever le kit de traitement au
niveau du dépôt de vente des médicaments de ladite structure.
Chaque femme enceinte malade prise en charge gratuitement doit faire l’objet de la
régularisation de son suivi par la mise à jour de sa fiche opérationnelle suivi grossesse
et le registre CPN.

27
 Chez les adolescents et les adultes :
La porte d’entrée est la consultation externe des malades. Le prestataire établit une
ordonnance avec souche ou duplicata qui servira à acheter les CTA subventionnées par
l’Etat au niveau du dépôt de vente des médicaments de ladite structure.

VII. LES TACHES DES AGENTS IMPLIQUES DANS LA PRISE


EN CHARGE DES CAS DE PALUDISME
1. Le responsable de l’unité de consultation des enfants malades :

Le médecin, l’infirmier ou la sage-femme chargé des consultations des enfants malades


doit remplir correctement suivant les normes, les supports suivants (registre de
consultation, l’ordonnance avec souche) pour un enfant souffrant de paludisme simple
ou grave :
 Registre de consultation qui en plus des identifiants (nom, prénoms, âge, sexe,
etc) du malade comportera un numéro d’ordre, un numéro de suivi du patient, le
résultat du diagnostic biologique et le traitement reçu (CTA ou kit du paludisme
grave) ;
 Ordonnance avec souche ou duplicata de CTA ou de kit de paludisme grave avec
5 cases pour un numéro de 5 chiffres préétablis. A ce niveau, le numéro d’ordre
de l’enfant malade du registre de consultation sera repris par le prestataire ;
 Cahier de distribution de CTA et de Kits de paludisme grave (la distribution se
fait au niveau du dépôt de vente ou la pharmacie hospitalière).
2. Le responsable de l’unité de CPN ou de la consultation externe des
adolescents et des adultes :

Le médecin, l’infirmier ou la sage-femme chargé des consultations doit remplir les


supports suivants :
- Fiche opérationnelle de suivi de grossesse ;
- Fiche personnelle de suivi ;
- Registre de consultation ;
- Ordonnancier ;
- Bulletin d’analyse.
3. Le responsable du laboratoire :

Le biologiste, le technicien de laboratoire, l’infirmier doit remplir les supports suivants :


Registre d’enregistrement des résultats
Registre pour la GE (Femmes enceintes et enfants de moins de 5 ans)
Rapport de laboratoire
Fiche de gestion des kits pour goutte épaisse/frottis mince.

28
4. Les gérants DRC et DV :

Les gérants (DRC et DV) sont responsables de la bonne gestion des CTA, SP, MILD,
TDR, kits goutte épaisse et kits de prise en charge du paludisme grave dans le dépôt. Il
veille à la disponibilité continue de ces produits de santé. Le TDR doit être mis à la
disposition des prestataires dans les différentes unités et leur suivi doit être fait à travers
un cahier de mouvement (Cf annexe).
Le gérant DV (CSRéf et CSCom) veille à ce que l’ordonnance à servir porte le numéro
d’ordre de l’enfant et le nom de l’unité qui l’a envoyé :
Il enregistre dans son registre de CTA, TDR, Kits (GE/FM, paludisme grave) :
 le nom de l’enfant et de l’unité qui l’a envoyé ;
 le numéro de l’ordonnance de l’enfant (qui est le même que le numéro d’ordre
sur le registre de l’unité qui l’a envoyé, son âge et la mention gratuite).
Le gérant DV (CSRéf et CSCom) livre les CTA et les kits de prise en charge du
paludisme grave conformément à l’ordonnance à souche établie par le prestataire après
enregistrement des informations et garde une copie de l’ordonnance, l’autre copie est
remise au bénéficiaire.
 Il remplit les fiches de stock des CTA, TDR, kits de prise en charge du
paludisme grave ;
 Il prépare les commandes, en garde une copie pour les archives ;
 Il archive les bordereaux de livraison et les souches des ordonnances ;
 Il met à jour le registre de distribution des CTA, TDR, kits de prise en
charge du paludisme grave ;
 La souche de l’ordonnance, le cahier de mouvement des TDR et le registre
des CTA archivée chez le gérant dûment remplis permettent l’évaluation
de la distribution des CTA, TDR et kits de prise en charge du paludisme
grave lors des supervisions.
NB : L’enregistrement des coordonnées du malade, du numéro d’ordre du registre de
l’unité qui l’a envoyé sur l’ordonnance permet d’obtenir une lisibilité du circuit.
5. Le responsable du laboratoire :

Il est responsable de l’exécution des examens biologiques (GE/FM et ou TDR) pour la


confirmation des cas suspects de paludisme selon les procédures retenues par la
politique nationale de lutte contre le paludisme. Il veille à la bonne qualité des examens
demandés et au compte rendu de résultats dans un délai acceptable pour une prise en
charge thérapeutique rapide. Il enregistre correctement dans son registre :
- le numéro d’ordre ;
- les noms et prénoms, le sexe, l’âge et la résidence du patient, la profession,
l’ethnie ;

29
- le nom de l’unité ou du prestataire qui a demandé l’examen ;
- le résultat de d’examen.
Il porte correctement les résultats sur le bulletin du malade pour leur compte rendu.
6. Le site ASC :

L’agent de santé communautaire est responsable de la bonne gestion des CTA, de


l’artésunate capsule rectale et des TDR au niveau du site. Il remplit correctement la fiche
individuelle de prise en charge de l'enfant. Il note sur les fiches de stock le nombre
d’intrants antipaludiques utilisé. L’ASC doit remplir de façon journalière les supports
de gestion des intrants et produire le rapport mensuel d’activités (RMA).
7. Le chargé SIS :

Le chargé du SIS a pour rôle de compiler les rapports d’activités de distribution des
intrants antipaludiques pour l’ensemble des aires du district sanitaire et de les envoyer
au niveau régional. Il compile également les données relatives aux examens biologiques
réalisés et les stocks des intrants (TDR, réactifs et consommables pour la GE/FM) de
l’ensemble du district. Avant la compilation, il vérifie la concordance :
- des stocks de début et de fin de période ;
- entre le nombre de malades testés et le nombre de TDR utilisé ;
entre les malades traités et la quantité de médicaments utilisée.
8. L’ASACO :

Les comités de gestion doivent prendre toutes les dispositions pour garantir la
disponibilité permanente des CTA, TDR et kit de PEC du paludisme grave. Ils doivent
s’impliquer activement dans la résolution des problèmes identifiés pour une gestion
transparente et correcte des intrants ci-dessus cités dans toutes les structures.

VIII. LES SUPPORTS DE PRISE EN CHARGE


1. Les supports primaires :

Les supports primaires sont :


- les registres de consultation habituelle,
- les ordonnanciers avec souches ou duplicata,
- les fiches de stock,
- les fiches d’inventaire,
- les fiches opérationnelles,
- les fiches individuelles de suivi,
- le registre de laboratoire,
- la fiche de gestion des kits pour les GE/FM,
- les fiches de référence des malades,

30
- les fiches individuelles de prise en charge pour les ASC,
- les fiches de pointage journalier des médicaments,
- le bon de commande,
- le bordereau de livraison,
- le procès-verbal de réception,
- le cahier de distribution de CTA et de Kits de paludisme grave ;
- le cahier de mouvement du TDR du gérant DV vers les unités de prestation.
2. Les supports secondaires sont :

- Les rapports hebdomadaires,


- les rapports mensuels d’activités,
- les rapports de supervision,
- les rapports d‘études,
- les bases de données DHIS2 et OSPSanté,
- les fiches de pointage hebdomadaire des médicaments,
- le compte rendu de gestion de stock.

IX. SUIVI / EVALUATION


Le suivi/évaluation consiste à la collecte, l’analyse, l’interprétation, la diffusion et
l’utilisation des données pour la prise de décisions.
Il se fait à travers :
- les supervisions intégrées,
- les supervisions spécifiques,
- et les ateliers de revue de la qualité des données.
Le suivi sera :
- trimestriel du CSRéf vers les CSCom,
- semestriel de la DRS vers les CSRéf,
- semestriel du niveau central vers les régions.
Le suivi se fait aussi par le monitorage/micro planification semestriels des activités au
niveau CSCom/CSRéf et au niveau régional.
L'évaluation se fait par enquête opérationnelle par le CSRéf, la DRS et le PNLP.
Les indicateurs clés pour la période en cours :
Mortalité :
 Proportion de décès liés au paludisme confirmé tout âge confondu ;
 Proportion de décès attribuables au paludisme parmi les enfants de 0-5 ans
atteints de paludisme vus dans les formations sanitaires ;
 Taux de létalité hospitalière attribuables au paludisme.
Morbidité :

31
 Proportion de cas de paludisme confirmés par TDR dans les formations sanitaires
tout âge confondu (test positif) ;
 Proportion de cas de paludisme confirmés par GE/FM dans les formations
sanitaires tout âge confondu (test positif) ;
 Proportion de cas confirmés de paludisme simple dans les formations sanitaires
tout âge confondu (test positif à la GE/FM et TDR) ;
 Taux d’incidence du paludisme tout âge confondu ;
 Proportion de cas confirmés de paludisme chez les femmes enceintes dans les
formations sanitaires (test positif) ;
 Proportion de cas confirmés de paludisme grave dans les formations sanitaires
tout âge confondu (test positif GE/FM et TDR) ;
 Proportion d’enfants de moins de 5 ans avec paludisme simple confirmé par les
ASC (test positif) ;
 Proportion d’adolescents et adultes avec paludisme simple confirmé par les ASC
(test positif) ;
 Proportion de femmes enceintes avec paludisme simple confirmé par les ASC
(test positif).
Diagnostic :
 Proportion de cas suspects de paludisme tout âge confondu vu dans les
formations sanitaires ayant été testés (test positif et négatif) ;
 Proportion de cas suspects de paludisme chez les enfants de moins de 5 ans vus
dans les formations sanitaires ayant été testés (test positif et négatif) ;
 Proportion de cas suspects de paludisme chez les moins de 5 ans vus par les ASC
ayant été testés (test positif et négatif) ;
 Proportion de cas suspects de paludisme chez les adolescents et adultes vus par
les ASC ayant été testés (test positif et négatif) ;
 Proportion de cas suspects de paludisme chez les femmes enceintes vues par les
ASC ayant été testés (test positif et négatif) ;
 Proportion des cas de paludisme détectés dans les structures de santé par TDR et
ou par microscopie (GE, FM) par district sanitaire ;
 Proportion de personnes testées ayant un paludisme confirmé.
Traitement :
 Proportion des patients, tout âge confondu avec paludisme simple traitées avec
les CTA dans les formations sanitaires ;
 Proportion d’enfants de moins de 5 ans avec paludisme simple confirmé traités
avec CTA dans les formations sanitaires ;
 Proportion d’enfants de moins de 5 ans avec paludisme simple confirmé traités
avec CTA par les ASC ;
 Proportion d’adolescents et d’adultes avec paludisme simple confirmé traités
avec CTA par les ASC ;

32
 Proportion de femmes enceintes avec paludisme simple confirmé traitées avec
CTA par les ASC ;
 Proportion des structures de santé approvisionnées en CTA pour la prise en
charge du paludisme simple par district sanitaire ;
 Proportion des patients hospitalisés pour paludisme grave.
Rupture d’intrants :
 Proportion de formations sanitaires sans rupture de stock d’antipaludiques
signalées au cours des trois derniers mois.
Suivi :
 Proportion de structures visitées lors d'une supervision paludisme (spécifique ou
intégrée) du district vers les CSCom ;
 Pourcentage d'ASC ayant soumis des rapports complets dans les délais (5 jours
après la fin du mois) sur la prise en charge des cas de paludisme ;
 Pourcentage de structures ayant soumis des rapports complets sur la prise en
charge des cas de paludisme ;
 Pourcentage de structures ayant soumis des rapports dans les délais sur la prise
en charge des cas de paludisme.

33
X. ANNEXES

Circuit de transmission de l’information sanitaire (guide de surveillance)

34
Circuit de distribution des médicaments essentiels au Mali

Fournisseurs

Pharmacie Populaire Fournisseurs agréés


Du Mali (Grossistes privés agréés)

Pharmacie
Hospitalière Hôpitaux Antennes régionales
Nationaux Max=2mois
Magasins Régionaux de la
Min =1mois
PPM Max=3mois (2mois
mensuelle
Réquisition

bko)
Réquisition
Min=1mois
trimestrielle

Dépôts Répartiteurs
de Cercles Max=
Pharmacie Hospitalière Officines Privées
4mois Min=2mois
Hôpitaux Régionaux Dépôts privés Hôpitaux, DRC en
mensuelle
Réquisition

Max=2mois Min cas de rupture à la PPM


=1mois

DV CSRef/CSCOM DV Bamako Max=2mois


Max= 2mois Min Min=1mois
=1mois

ASC Max=2mois
Min=1mois

Clients

35
Circuit de l’information du SIGL au Mali

36
4. Fiche de notification de Pharmacovigilance

MINISTERE DE LA SANTE REPUBLIQUE


DU MALI
Un Peuple – Un But – Une Foi

CENTRE NATIONAL D’APPUI A LA LUTTE CONTRE LA MALADIE

Département Etude Clinique


CENTRE NATIONAL DE PHARMACOVIGILANCE
Fiche de notification de Pharmacovigilance
Ligne Verte :

N° de fiche Date de réception au CNRPV / / /

37
Patient :
Nom (3 premières lettres) : Prénom (2 premières lettres) :
Age : ____ (ans) ___ (mois) Sexe : M □ F□ Poids : Kg Taille :
cm
Grossesse : non □ oui □ DDR ou âge de la grossesse : Allaitement
: non □ oui□
Antécédents :

Médicaments (lister tous les médicaments ou autres produits de santé pris


par le malade)
Nom D C I / Posologie/Voie Date Date mode Motif de
Commercial Dosage d’administration d’arrêt d’obtention* prise
de
Dosage début
1 2 A B C

38
Si Vaccin : preciser N° de lot:
Si plante : Préciser le nom local :
Pour tous les médicaments notez N° de lot et date de péremption si disponibles :
* 1 : Prescription, 2 : Automédication, A : Acheté au centre de santé, B : Acheté dans une pharmacie
C : Acheté dans la rue
Evénement indésirable :
Date d’apparition : Date de disparition : Délai
d’apparition :
Description :

Attitude adoptée :
Arrêt de traitement : oui □ non □ Changement de dose : oui □ non □
Traitement correcteur : oui □ non □ Préciser :

Ré administration : non □ oui □ Quel médicament :


Ré apparition de l’événement : oui □ non □

Gravité : non □ oui □ Evolution :

39
Hospitalisation □ Guérison □
Prolongation d’hospitalisation □ Séquelles □
Mise en jeu du pronostic vital □ Décès □
Décès □ Non encore établie □
Malformation congénitale □ Inconnue □

Notificateur :
Médecin □ Pharmacien □ Chirurgien dentiste □ Industriel pharmaceutique □
Assistant médical □ Sage femme □ Infirmier □ Autre (préciser):
Nom, prénom, ou cachet : Tel : Email :

Structure : Localité : Date de Notification / /


/ /

Centre de référence de pharmacovigilance du Mali, Bamako à Djikoronipara Tél.: (223) 20 22 51 31 - Fax: (223) 20 22 28 45 -
BP: 251

40
Site Web: www.cnam-mali.org V2/2009

41
GUIDE DE REMPLISSAGE DE LA FICHE
Identité du patient :
-Noter les 2 premières lettres du Nom et les 3 premières du prénom, ne pas remplir le N° de fiche
-Le poids et la taille sont importants
-Insister sur une éventuelle grossesse ou allaitement (Préciser l’âge ou la DDR) si c’est une femme
Médicaments :
-Tous les médicaments ou tout autre produit (Médicaments traditionnels, vaccin) pris par le patient
doivent être listé
-Vous n’êtes pas obliger de mettre tous les noms de spécialités si ce n’est pas disponibles par contre
le dosage et la posologie sont indispensables
-Pour le mode d’obtention cochez tout simplement la voie par laquelle le patient a eu son médicament :
1 C’est toute prescription médicale avec ordonnance, 2 C’est toute automédication avec les
différents lieux d’achat du médicament
Evénement indésirable :
-Le délai d’apparition est le temps écoulé entre la prise du ou des médicaments et ou autre produit et
l’apparition de l’événement indésirable
-La description de l’évènement : il s’agit de noter toute anomalie constater ou signalée par le patient,
la description doit être simple et comporter l’essentielle, Une feuille supplémentaire peut être jointe à
la fiche si nécessaire pour une description plus détaillée.
Notificateur :

42
La fiche de notification doit être confirmée par une signature,
le profil et la structure du notificateur doivent être précisés.

INFORMATION UTILES
Définition EIM :
Un effet indésirable est une réaction nocive et non voulue, se produisant aux posologies normalement
utilisées chez l’homme pour la prophylaxie, le diagnostic ou le traitement d’une maladie ou la
modification d’une fonction physiologique (OMS ,1972)
Quoi notifier ?
-Tout événement clinique ou biologique observé chez un patient dans les conditions normales
d’utilisation d'un médicament.
-Tout événement résultant des circonstances suivantes: Mésusage, usage abusif, pharmacodépendance
ou syndrome de sevrage, surdosage accidentel ou volontaire erreur médicamenteuse, inefficacité

43
thérapeutique, effets sur le produit de conception, produit défectueux, manque d’efficacité, défaut de
qualité, résistance aux antibiotiques
Qui doit notifier ?
-Les Professionnels de santé: Médecins, Pharmaciens, Infirmiers, Dentistes, Sage femmes
-L’Industrie pharmaceutique
-Le Public
Pourquoi notifier ?
-Identification des facteurs de risque
-Analyse des facteurs afin d'éviter qu'un accident similaire ne se reproduise
-Tous les Médicaments anciens et nouveaux sont surveillés
Comment notifier ?
-Sur la fiche de notification
-Possibilité de déclarer en rédaction libre
Par quel Moyen notifier ?
-Téléphone -Fax -RAC
-E- mail
-Déplacement au centre de pharmacovigilance

44
Annexe 1: Circuit de notification des effets indésirables (Source : Centre national de Pharmacovigilance)

Ministère en charge de
la santé
Programmes de
santé
Commission DPM
Nationale de EPH nationaux
Pharmacovigilance Comité
Thérapeutique
CENTRE NATIONAL DE
(UMC)
REFERENCE EN
PHARMACOVIGILANCE/ Structures Privées et
confessionnelles
INSP
Industrie
EPH régionaux
Pharmaceutique
Comité
Thérapeutique

Direction régionale Structures Privées et


de la santé confessionnelles

Comité Régional de
CSRéf
Pharmacovigilance
Comité Local du
Médicament

Centre de Santé de CSCom

Référence du Structures Privées et


District confessionnelles
45
Documents de référence consultés
1. Guide de prise en charge palu OMS 3ème édition.pdf.
2. PSE-MALI 2018-2022 arrangé.docx.
3. PSN PNLP 2018-2022 arrangé.doc.
4. SSG : Arrêté n°2011-4201/MS-SG du 14 octobre 2011 fixant les modalités de mise en œuvre de la Pharmacovigilance.
5. SOP pour la gestion du système de l’information logistique des médicaments essentiels et intrants des programmes de santé.
Mali, mai 2013.pdf.
6. Etudes WANECAM février 2016/CANTAM Avril 2019

46
Conception graphique USAID GHSC-PSM

Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP)


2021

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