Certaines performances empruntent parfois des éléments au langage théâtral.
Mais leurs
démonstrations, davantage fondées sur l'idée de processus, relèvent plus de situations fondées
sur une structure de déroulement temporelle qu'au théâtre. Contrairement au théâtre où le
temps est construit de manière purement fictionnelle, le temps et l'espace in situ constituent
souvent les éléments essentiels de la pratique de l'art performance. Certaines performances
utilisent également des éléments théâtraux en les détournant de leurs fonctions d'origine,
s'inspirant du concept de distanciation brechtienne.
L'art performance peut trouver son origine dans tous les secteurs de l'art dont elle brouille les
frontières et brouille les catégories, même s'il est évident que, suivant le contexte
socioculturel où le terme « performance » est utilisé, il inclut - ou exclut - certaines disciplines
artistiques. Elle peut aussi emprunter des éléments à l'art culinaire, la technologie, l'art
populaire ou même quelquefois à des activités socio-économiques où le corps est utilisé à des
fins marchandes (comme la microchirurgie chez Orlan, l'érotisme chez Cosey Fanni
Tutti, etc.). Ainsi, une performance peut indifféremment se produire par un ou plusieurs
médiums, médias ou même un média de masse.
La performance peut être un art du risque immédiat, présenté en public, d'ailleurs souvent en
interaction avec les membres de celui-ci. « Elle est une carte, une écriture qui se déchiffre
dans l’immédiat, dans le présent, dans la situation présente, une confrontation avec le
spectateur »[8].
La performance découle la plupart du temps d'une composition, d'une partition, ou d'une
quelconque autre « écriture préalable » (comme l'affirme O. Garcin) liées à la notion de
formulation. Née dans un contexte de reproduction moderne de l'image, souvent éphémère et
évanescente, elle remet en cause la notion de marchandisation de l'objet d'art tout en
proposant des signes matériels qui sont aussi des œuvres appartenant à la catégorie des objets.
Dans un tel contexte, le problème de la représentation, pour les artistes de performance
comme pour les amateurs d'art, s'avère important. La représentation, traduite sous la forme
d'un « spectacle » comporte certains problèmes idéologiques que des artistes actifs en art
action ont dénoncé dès les débuts (particulièrement parmi les futuristes et, plus tard, par les
happenings d'Allan Kaprow, puis par les situationnistes, comme en témoignent certains
passages de La Société du spectacle (livre) de Guy Debord). Ainsi tout un mouvement de l'art
performance fait appel à la mise en place de situations visant à infiltrer le tissu social (voir par
exemple, l'art sociologique). Avec l'apparition des « pratiques relationnelles » et de nouveaux
outils de communication à la fin du XXe siècle, les artistes qui travaillent de cette manière se
sont multipliés depuis les années 1990.