En tout état de cause, elle doit se réunir entre le vingt-quatrième et le vingt-et-unième
jour précédant chaque scrutin, même si une précédente réunion s'est déjà tenue plus
tôt dans la même almée.
Au cours d'une année sans scrutin, si elle ne s'est pas réunie depuis le 1er janvier de
l'année en cours, la commission de contrôle doit se réunir entre le sixième vendredi
précédant le 31 décembre et l'avant-dernier jour ouvré de l'année (troisième alinéa de
l'art. R. 10).
Les réunions de la commission de contrôle sont publiques. Néanmoins, le public n'a
pas accès aux pièces des dossiers examinés en séance. Seuls les membres de la
commission de contrôle ont accès à ces éléments.
Pour délibérer valablement, deux conditions cumulatives doivent être réunies:
le quorum doit être atteint (art. R. 10) ;
les décisions doivent être prises à la majorité des membres présents (art. R.
11).
Quorum nécessaire (art. R. 10): Un quorum de trois membres est nécessaire pour
que la commission de contrôle délibère valablement (soit tous les membres de la
commission de contrôle dans les communes de moins de 1000 habitants et 3/5ème
des membres de la commission de contrôle dans les communes de 1000 habitants et
plus).
Si le quorum n'est pas atteint lors de ces réunions, la commission de contrôle est
réputée ne pas avoir délibéré.
Modalités de prise de décision: Les membres de la commission de contrôle jouissent
de pouvoirs égaux et des mêmes prérogatives. La commission de contrôle n'est donc
pas présidée.
Les décisions de la commission de contrôle sont prises à la majorité des membres
présents. En cas d'égalité des voix, la commission est réputée ne pas avoir délibéré.
Le registre des décisions de la commission de contrôle: La commission de contrôle
n'est pas tenue de dresser un procès-verbal de chacune de ses réunions mais ses
décisions, ainsi que les motifs et pièces à l'appui, sont répertoriés dans un registre
(art. R. 11). Cette formalité est obligatoire. La commission de contrôle doit ainsi faire
apparaître clairement, pour chaque décision, les raisons qui l'ont justifiée, la preuve
du quorum et de la condition de majorité ainsi que l'article du code électoral sur
lequel elle a fondé sa décision. Les dates de notification des décisions de la
commission sont également portées sur le registre.
La participation aux travaux de la commission est attestée par la signature du
registre par tous les membres présents.
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La communication de ce registre ainsi que des pièces justificatives produites relève
de l'article L. 311-7 du code des relations entre le public et l'administration qui
prévoit que de tels documents ne sont communicables qu'après occultation des
mentions couvertes par le secret de la vie privée.
E. Recours
La loi prévoit trois types de recours distincts:
le recours ouvert à l'électeur contre la décision de refus d'inscription ou de
radiation prise par le maire (art. L. 18, IV), obligatoirement précédé d'un
recours administratif préalable devant la commission de contrôle (art. L. 18,
III) ;
le recours ouvert à tout électeur inscrit sur la liste électorale de la commune ou
au représentant de l'Etat dans le département en vue de demander
l'inscription ou la radiation d'un électeur omis ou indûment inscrit ou de
contester la décision de radiation ou d'inscription d'un électeur (art. L. 20, 1) ;
le recours ouvert à toute personne qui prétend avoir été omise de la liste
électorale de la commune en raison d'une erreur purement matérielle ou avoir
été radiée par le maire en méconnaissance des dispositions de l'article L. 18
(art. L. 20, II).
De manière générale, il appartient à celui qui conteste une inscription, un refus
d'inscription ou une radiation d'apporter la preuve de ses prétentions. Ces preuves
peuvent être établies par tout moyen.
1. La procédure de recours contre la décision de refus d'inscription ou de
radiation prise par le maire
a) Le recours administratifpréalable obligatoire devant la commission de contrôle
(RAPO)
Ce recours administratif est obligatoire avant tout recours devant le juge contre les
décisions de refus d'inscription ou de radiation du maire.
Modalités de saisine de la commission de contrôle dans le cadre d'un recours
administratif préalable obligatoire: La commission de contrôle peut être saisie par
tout citoyen intéressé d'un recours administratif préalable dans un délai de cinq jours
à compter de la notification de la décision de refus d'inscription ou de radiation
prononcée par le maire (art. L. 18, III). Il est important de noter que c'est la date à
laquelle l'intéressé envoie sa demande à la commission de contrôle qui fait foi.
Elle est saisie, soit par voie postale, avec accusé de réception, soit par voie
électronique, aux adresses indiquées par le maire dans la notification de sa décision
(art. R. 9). Il mentionne les voies et délais de recours en l'absence d'examen par la
commission de contrôle.
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Forme du recours administratif préalable obligatoire: Si aucune forme particulière
n'est exigée, il est recommandé au demandeur de mentionner ses nom, prénoms,
adresse, date et lieu de naissance, indiquer la nature et la date de la décision du
maire qu'il conteste et de joindre cette dernière.
Modalités d'examen du recours administratif préalable obligatoire: Dès la saisine de
la commission de contrôle, son secrétariat en avertit immédiatement le conseiller
municipal qui a compétence pour convoquer la commission. Celui-ci doit prendre, le
plus rapidement possible, l'acte de convocation de la conunission et l'adresser à
chacun des autres membres (art. R. 8).
La commission de contrôle dispose d'un délai de trente jours à compter de sa saisine
pour statuer sur tout recours administratif préalable. Le conseiller municipal
compétent doit ainsi la convoquer en prenant en compte ce délai.
Si la commission de contrôle n'a pas pu délibérer (égalité de voix, quorum non
atteint), elle peut se réunir à nouveau dans ce délai de trente jours pour se prononcer.
Si la commission de contrôle n'a pas statué dans les trente jours, elle est réputée avoir
rejeté le recours administratif préalable (art. L. 18, III). L'électeur peut engager un
recours contre la décision implicite de rejet de la commission.
Si, dans ce délai de trente jours, la commission se réunit en application du III de
l'article L. 19 (préalablement à un scrutin) et qu'elle ne statue pas sur les recours
administratifs préalables formés devant elle, elle est réputée les avoir rejetés
(art. L. 18, III).
L'électeur peut engager, sur le fondement du tableau des inscriptions et des
radiations publié au plus tard le vingtième jour qui précède la date du scrutin, un
recours contre la décision implicite de rejet de la commission, devant le tribunal
d'instance.
Dans le cadre du recours administratif, l'électeur peut présenter toutes pièces utiles
au soutien de sa demande, y compris de nouvelles pièces qui n'auraient pas été
produites devant le maire.
Délais et modalités de notification des décisions de la commission de contrôle: La
décision de la commission prise à l'issue d'un recours administratif préalable dont
elle est saisie est notifiée dans un délai de deux jours à l'électeur intéressé et au maire
et transmise, le cas échéant à l'Insee, si elle modifie la décision initiale du maire par
l'intermédiaire du système de gestion du répertoire électoral unique. La notification
doit donc être reçue par l'électeur au plus tard le deuxième jour après cette décision.
En cas de contestation de la décision par l'électeur, il revient à la commission de
prouver qu'elle a procédé à la notification. La date de notification qui fait courir le
délai contentieux est le jour de la prise de connaissance de la décision par l'électeur.
L'avis de notification doit préciser les voies et délais de recours.
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Recours devant le tribunal d'instance (art. L. 18, IV) : Si la commission de contrôle
confirme la décision de refus ou de radiation du maire, l'intéressé peut exercer un
recours devant le tribunal d'instance, dans un délai de sept jours à compter de la
notification de la décision de la commission de contrôle ou de sa décision implicite
de rejet dans les conditions prévues aux deux derniers alinéas du 1 de l'article L. 20
(cf. paragraphe suivant - cas du recours ouvert à tout électeur inscrit sur la liste
électorale de la commune ou au représentant de l'Etat dans le département en vue de
demander l'inscription ou la radiation d'un électeur omis ou indûment inscrit ou
contester la décision de radiation ou d'inscription d'un électeur).
b) Recours ouvert à l'électeur contre les décisions de la commission statuant sur
le RAPO
Ce recours suppose l'existence d'un RAPO devant la commission de contrôle.
Qui peut agir: L'électeur intéressé par la décision de refus d'inscription ou de
radiation.
Délai pour agir: Le recours est formé dans un délai de sept jours à compter de la
notification de la décision de la commission de contrôle ou de la décision implicite de
rejet.
Forme du recours: Le recours prend la forme d'une déclaration orale ou écrite auprès
du greffe du tribunal d'instance. La déclaration indique les nom, prénoms et adresse
du requérant et la qualité en laquelle il agit ainsi que l'objet du recours. Le requérant
doit joindre à sa déclaration la copie du recours administratif préalable formé auprès
de la commission de contrôle, la copie de l'accusé de réception postale ou
électronique du recours administratif préalable et, le cas échéant, la copie de la
décision rendue par la commission de contrôle à l'occasion du recours administratif
préalable (art. R. 17).
Procédure: Le tribunal d'instance se prononce en dernier ressort dans un délai de
huit jours à compter du recours. Sa décision est notifiée dans un délai de deux jours
par le greffe aux parties et au maire par lettre recommandé avec avis de réception, et
à l'Insee par voie dématérialisée (art. L. 20, 1 et R. 19).
La décision du tribunal d'instance n'est pas susceptible d'opposition.
Pourooi en cassation (art. R. 19-1 et s.ï : La décision du juge d'instance n'est pas
susceptible d'appel mais peut faire l'objet d'un pourvoi en cassation dans les dix
jours à compter de la notification de la décision du tribunal d'instance (art. L. 20 et
R. 19-1).
Le pourvoi en cassation n'est pas suspensif. Ainsi, les électeurs radiés ne peuvent
invoquer le dépôt d'un pourvoi en cassation pour participer au scrutin.
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Le pourvoi en cassation est formé par déclaration orale ou écrite que l'électeur ou son
mandataire muni d'un pouvoir spécial adresse par courrier recommandé au greffe
du tribunal d'instance qui a rendu la décision attaquée ou au greffe de la Cour de
cassation (art. R. 19-2).
La déclaration indique les noms, prénom et adresse du ou des demandeur(s) au
pourvoi. Elle doit impérativement contenir un énoncé des moyens de cassation
invoqués et être accompagnée d'une copie de la décision attaquée sous peine
d'irrecevabilité prononcée d'office.
L'électeur ou son mandataire sont dispensés du ministère d'un avocat. Toutefois,
dans le cas où il bénéficierait de l'assistance d'un avocat, les dispositions des articles
974 à 982 du code de procédure civile ne sont pas applicables.
2. Recours ouvert aux tiers (art. L. 20, 1)
Qui peut agir: Aux termes de l'article L. 20, I, tout électeur inscrit sur la liste
électorale de la commune peut demander, auprès du tribunal d'instance, l'inscription
d'un électeur omis, la radiation d'un électeur indûment inscrit ou contester la
décision de radiation ou d'inscription d'un électeur.
Le représentant de l'Etat dispose de ce même droit.
Délai pour agir: Le recours est formé dans un délai de sept jours à compter de la
publication de la liste électorale (tableau des inscriptions et des radiations prévu à
l'article R. 13).
Forme du recours: Le recours prend la forme d'une déclaration orale ou écrite auprès
du greffe du tribunal d'instance. La déclaration indique les nom, prénoms et adresse
du requérant et la qualité en laquelle il agit ainsi que l'objet du recours (art. R. 17).
Cette déclaration précise en outre les nom, prénoms et adresse de l'électeur concerné.
Procédure: Le tribunal d'instance se prononce en dernier ressort dans un délai de
huit jours à compter du recours. Sa décision est notifiée dans un délai de deux jours
par le greffe aux parties, au maire par lettre recommandée avec avis de réception, et
à l'Insee par voie dématérialisée (art. L. 20, 1 et R. 19).
Pourvoi en cassation (R. 19-1 et s.) : La décision du juge d'instance n'est pas
susceptible d'appel mais peut faire l'objet d'un pourvoi en cassation dans les dix
jours à compter de la notification de la décision du tribunal d'instance (art. L. 20, 1 et
R. 19-1).
Le pourvoi en cassation n'est pas suspensif. Ainsi, les électeurs radiés ne peuvent
invoquer le dépôt d'un pourvoi en cassation pour participer au scrutin.
Le pourvoi en cassation est formé par déclaration orale ou écrite que la partie ou tout
mandataire muni d'un pouvoir spécial adresse par courrier recommandé au greffe
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du tribunal d'instance qui a rendu la décision attaquée ou au greffe de la Cour de
cassation (art. R. 19-2).
La déclaration indique les nom, prénoms et adresse du ou des demandeurs au
pourvoi. Elle doit impérativement contenir un énoncé des moyens de cassation
invoqués et être accompagnée d'une copie de la décision attaquée sous peine
d'irrecevabilité prononcée d'office.
Les parties sont dispensées du ministère d'un avocat. Toutefois, dans le cas où elles
bénéficieraient de l'assistance d'un avocat, les dispositions des articles 974 à 982 du
code de procédure civile ne sont pas applicables.
3. Recours ouvert à toute persOlme qui prétend avoir été omise de la liste
électorale de la commune en raison d'une erreur purement matérielle ou
avoir été radiée par le maire en méconnaissance de l'article L. 18 (art. L. 20,
Il)
Qui peut agir: Ce recours peut être déposé par toute personne intéressée jusqu'au
jour du scrutin. Le requérant ne peut saisir le juge que dans des cas limitativement
énumérés par la loi:
- s'il a été omis de la liste en raison d'une erreur purement matérielle (exemples:
radiations d'office erronées),
- s'il a été radié par le maire en méconnaissance de l'article L. 18 (exemple: non-
respect de la procédure contradictoire, non-respect des délais par le maire, radiation
pour une autre cause que celles prévues par la loi, etc.).
Délai pour agir: Le recours est ouvert jusqu'au jour du scrutin.
Forme: Le recours prend la forme d'une déclaration orale ou écrite auprès du greffe
du tribunal d'instance. La déclaration indique les nom, prénoms et adresse du
requérant et la qualité en laquelle il agit ainsi que l'objet du recours.
Le recours prévu au Il de l'article L. 20 ne doit pas être un moyen pour les électeurs
négligents de détourner les règles de délai imposées pour la révision des listes
électorales, ce dont s'assure la Cour de cassation. Le jugement du tribunal d'instance
est rendu au plus tard le jour du scrutin. Il est immédiatement notifié à l'intéressé, au
maire et à l'Insee.
Pourvoi en cassation (art. R. 19-1 et s.): La décision du juge d'instance n'est pas
susceptible d'appel mais peut faire l'objet d'un pourvoi en cassation dans les dix
jours à compter de la notification de la décision du tribunal d'instance (art. L. 20 et
R. 19-1).
Le pourvoi en cassation n'est pas suspensif. Ainsi, les électeurs radiés ne peuvent
invoquer le dépôt d'un pourvoi en cassation pour participer au scrutin.
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