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DJIGUEMDE

Le Conseil d'Etat du Burkina Faso a examiné l'affaire de DJIGUEMDE N. Alain, qui contestait un jugement administratif concernant sa suspension pour détournement. La cour a conclu que la requête de DJIGUEMDE était irrecevable en raison d'un défaut de décision administrative préalable, et a annulé le jugement attaqué, ordonnant un nouvel examen de la demande. Le Conseil a également précisé que la demande de dommages-intérêts devait être introduite séparément et précédée d'un recours administratif préalable.

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DJIGUEMDE

Le Conseil d'Etat du Burkina Faso a examiné l'affaire de DJIGUEMDE N. Alain, qui contestait un jugement administratif concernant sa suspension pour détournement. La cour a conclu que la requête de DJIGUEMDE était irrecevable en raison d'un défaut de décision administrative préalable, et a annulé le jugement attaqué, ordonnant un nouvel examen de la demande. Le Conseil a également précisé que la demande de dommages-intérêts devait être introduite séparément et précédée d'un recours administratif préalable.

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CONSEIL D’ETAT BURKINA FASO

--------- Unité – Progrès – Justice


CHAMBRE DU CONTENTIEUX ----------
----------
Dossier n°19/89
du 02/06/1989
----------
Arrêt n°32
du 26 mai 2006

AUDIENCE PUBLIQUE
du 26 mai 2005
------------

AFFAIRE : DJIGUEMDE N. Alain


C/
Etat Burkinabé

L’an deux mille six


Et le vingt six mai ;
Le Conseil d’Etat, Chambre du Contentieux, siégeant en audience publique au
Conseil d’Etat à Ouagadougou composée de :

Monsieur Venant OUEDRAOGO, Président


Monsieur Siaka BARRO, Conseiller
Monsieur Mamadou TOE, Conseiller

En présence de : Monsieur Issa KINDO, Commissaire du Gouvernement


Et de Madame Haoua ZERBO, Greffier ;

a rendu l’arrêt ci-après : DJIGUEMDE N. Alain


C/
Etat Burkinabé

Le Conseil d’Etat,

Vu la requête du 10 janvier 2004 de DJIGUEMDE N. Alain aux fins d’appel du


jugement n°062 du 20 novembre 2003, rendu publiquement et par réputé
contradictoire par le tribunal administratif de Ouagadougou ;
Vu l’Ordonnance n°91-051/PRES du 26 août 1991 portant composition, organisation,
fonctionnement de la Cour Suprême ;
Vu la loi organique n°15-2000/AN du 23 mai 2000, portant composition, organisation,
fonctionnement du Conseil d’Etat et procédure applicable devant lui ;
Vu le rapport du magistrat rapporteur ;
Vu les conclusions écrites du Commissaire du Gouvernement ;
Ouï le rapporteur ;
Ouï le requérant en ses observations orales ;
Ouï le Commissaire du Gouvernement en ses conclusions orales

Après en avoir débattu à l’audience du 09 mai 2006 et délibéré conformément à la loi.

Considérant que par requête du 05 janvier 1998 enregistrée à l’arrivée au Secrétariat


Général de la Cour Suprême le 12 janvier 1998, DJIGUEMDE Alain, greffier en chef
en service au Ministère de la Justice disait recourir contre l’arrêté n°97-
2536/MFPDI/SG/DG/FP/DPE du 16 septembre 1997 portant annulation de suspension
et remise en activité en ce qu’ayant été suspendu de ses fonctions pour détournement
de scellés et complicité par arrêté n°93234/MFPMA/SG/DGFP/DPE du 29 mars 1993,
il bénéficiait d’un non lieu par arrêt n°52 du 14 mai 1997 de la Chambre d’Accusation
de la Cour d’Appel de Ouagadougou ; qu’ayant introduit suite à cette décision de non
lieu, une demande d’annulation de l’arrêté de suspension sus visé, le Ministre de la
Fonction Publique par son arrêté n°97-2736/MFPDI/SG/DGFP/DPE du 16 septembre
1997 constatait cette levée de suspension pour compter de la date de l’arrêt de non-lieu
soit pour compter du 14 mai 1997 alors que le non –lieu est la preuve qu’il a été
suspendu à tords ; que de ce fait, la levée de suspension devait remonter à la date
même de cette suspension et qu’il recourait pour voir rétablir ses droits financiers pour
compter de cette période.

Considérant que la requête ainsi présentée était accompagnée de copies des décisions
juridictionnelles et administratives citées ; que par requête additive du 15 janvier 1998
et après avoir acquitté le 13 janvier 1998 au greffe de la Cour Suprême la somme de
5000 F à titre de consignation d’amende, le requérant disait qu’en sus du
rétablissement de ses droits financiers, il sollicitait la condamnation de l’Etat à lui
payer la somme de sept millions (7.000.000) de francs à titre de dommages-intérêts ;

Considérant qu’à la faveur de la mise en place du tribunal administratif de


Ouagadougou et de l’application des dispositions transitoires de l’Ordonnance 91-
051/PRES du 26 août 1991 portant organisation, composition, attributions et
fonctionnement de la Cour Suprême, le dossier de la procédure constitué de cette
requête était transmis à ce tribunal territorialement compétent au regard des
dispositions de l’Ordonnance 91-051/PRES du 26 août 1991 et de la loi 21-95/ADP du
26 mai 1995 portant création, organisation, attributions et fonctionnement des
tribunaux administratifs ; que par acte des 14 décembre 1999 et 22 février 2000, le
greffe dudit tribunal administratif notifiait sans succès cette requête au Ministre de la
Fonction Publique ; que de ce fait, la juridiction ainsi saisie sur conclusion de son
Commissaire du Gouvernement et par jugement n°062 du 20 novembre 2003, rendu
publiquement et par réputé contradictoire, déclarait irrecevable la requête ainsi
présentée par DJIGUEMDE Alain pour défaut de décision administrative préalable en
ce que la requête étant un recours de plein contentieux, le requérant était tenu
préalablement à sa saisine, de recourir d’abord à l’administration et en produire, en
application de l’article 17 alinéa 2 de la loi 21-95/ADP du 26 mai 1995 ou de produire
la décision faisant grief ou la preuve de la réclamation ; qu’il ne résultait pas du
dossier de la procédure que cette formalité ait été préalablement accomplie, justifiant
ainsi l’irrecevabilité de la requête ;

Considérant que par acte du 10 janvier 2004 enregistré à l’arrivée au Conseil d’Etat le
même jour, DJIGUEMDE Alain disait interjeter appel de cette décision ; que se
prévalant d’un arrêt n°1/AD/69 de la Cour Suprême dans l’affaire OUEDRAOGO
Boureima C/ République de Haute Volta rendu le 10 janvier 1969 admettant que « s’il
est permis d’opter initialement entre les voies gracieuse et contentieuse pour la
critique d’un acte administratif préjudiciable, encore faut-il, quelle que soit la
procédure adaptée dans les deux mois de la notification ou de la procédure » et de
l’article 17 de la loi 21/ADP/95 du 16 mai 1995, il estime avoir introduit sa requête
introductive d’instance dans le délai légal ; que du reste le Ministre de la Fonction
Publique avait déjà rejeté un arrêté initial que lui avaient soumis en signature ses
services compétents et que ce seul refus équivaut à décision administrative préalable ;
qu’il conclut de ce fait à la recevabilité de sa requête et demande à la juridiction
d’appel d’y faire droit au fond ;

Considérant que la requête ainsi présentée était accompagnée d’un extrait de la Zatu
n°AN VI-008/FP/TRAV du 26 octobre 1988, portant Statut de la Fonction Publique et
d’une copie de l’arrêt du 10 janvier 1969 de la Cour Suprême ; qu’elle était sans
succès notifiée le 20 janvier 2004 à la Direction des Affaires contentieuses et du
Recouvrement ; qu’il y a donc lieu de passer outre ce silence et statuer ainsi que de
droit ;

SUR QUOI

EN LA FORME

Considérant que c’est par acte du 10 janvier 2004 enregistré à l’arrivée au


Conseil d’Etat le même jour, que DJIGUEMDE Noraogo Alain disait interjeter appel
du jugement réputé contradictoire n°062 du 20 novembre 2003 du tribunal
administratif de Ouagadougou ; que sans qu’il ne soit besoin de chercher à déterminer
la date de signification à l’intéressé de cette décision, il y a lieu de constater que sa
requête intervient dans le délai de 2 mois pour compter du prononcé du jugement
attaqué ; que de ce fait, cette requête remplit toutes les conditions légales de
recevabilité, l’intéressé ayant consigné au greffe du Conseil d’Etat la somme de 5000
F à titre de droit fixe, et 7000 F à titre de droits proportionnels afférents à sa demande
de dommages intérêts.

AU FOND

Sur la qualification de la procédure introduite par DJIGUEMDE N. Alain

Considérant qu’il résulte du dossier de la procédure que DJIGUEMDE Noraogo


Alain par sa requête du 05 janvier 1998 disait recourir contre l’arrêté n°97-
2736/MFPDI/SG/DGFP/DPE du 16 septembre 1997 ; que par sa requête additive du
15 janvier 1998 il disait qu’en sus du rétablissement de ses droits financiers, il
sollicitait la condamnation de l’Etat à lui payer la somme de sept millions (7.000.000)
de francs à titre de dommages-intérêts ; qu’il apparaît ainsi que le requérant a d’abord
introduit un recours pour excès de pouvoir à laquelle il a entendu ajouter un recours de
plein contentieux ; que de jurisprudence constante, un recourant qui veut demander
l’annulation d’une décision administrative et obtenir des réparations financières en
conséquence de cette annulation peut par la voie du recours pour excès de pouvoir,
demander l’annulation d’une décision administrative lui faisant grief et après
l(obtention de cette annulation, introduire un recours de plein contentieux devant une
juridiction compétente aux d’obtenir réparation pécuniaire des préjudices que lui aurait
causé l’exécution de cette décision ; qu’il peut aussi saisir la même juridiction d’une
seule requête aux fins d’annulation de la décision administrative et de réparation
pécuniaire en conséquence de cette annulation ; que dès lors qu’il est présenté dans la
même requête un recours pour excès de pouvoir et une demande de réparation
pécuniaire, cette requête prend le caractère d’un recours de plein contentieux assujetti
à la règle du recours administratif préalable à toute saisine du juge administratif ;

Considérant que même à défaut par la loi 21/95/ADP du 16 mai 1995 d’avoir
repris à son compte les dispositions de l’article 161 de l’ordonnance 91/51/PRES du
26 août 1991 portant composition, organisation et fonctionnement de la Cour Suprême
que consacre en ces termes l’article 31 de la loi 015/AN du 23 août 2000 relative au
Conseil d’Etat : Article 31 : « les demandes incidentes prennent effet de leur date
propre fixée par leur dépôt en forme de requête au Conseil d’Etat, soit par le procès-
verbal du président commis pour entendre les parties, soit par leur formulation à une
audience du Conseil.
Le président de chambre et le conseiller rapporteur peuvent dans les mêmes
formes prévues pour les requêtes introductives, faire préciser ou compléter les dites
demandes.
Les demandes incidentes sont irrecevables après la première audience à
laquelle les parties ont été convoquées.
Le Conseil peut joindre ou disjoindre les procédures relatives à des chefs
distincts de demandes principales ou incidentes », il apparaît de la présente procédure
que DJIGUEMDE Noraogo Alain a introduit deux requêtes différentes ; qu’en effet sa
requête additive du 15 janvier 1998 n’a pas le même objet que sa requête du 05 janvier
1998 ; qu’il lui aurait été loisible d’inclure dans sa requête du 05 janvier 1998 sa
requête de réparation financière objet de sa requête additive comme conséquence de
son recours pour excès de pouvoir, ce qui aurait donné à cette première requête le
caractère de recours de plein contentieux ; qu’il aurait pu aussi introduire séparément
cette requête en réparation financière dont l’examen interviendrait après le prononcé
de la requête en annulation ; qu’en tout état de cause, cette requête additive qui a un
caractère de recours de plein contentieux ne saurait venir compléter ou modifier le
recours pour excès de pouvoir, la demande additive devant avoir le même objet que la
demande initiale ; qu’il apparaît que la requête principale ; qu’on ne saurait donc
valablement introduire une requête principale aux fins d’obtenir des réparations
financières et plus tard y adjoindre une requête additive aux fins d’annulation d’un
acte administratif tout comme l’inverse ne saurait être admis ; qu’il s’en suit que la
qualification par le premier juge de la présente procédure de recours de plein
contentieux est erronée en ce que ce n’est pas par la même requête que DJIGUEMDE
Noraogo Alain a demandé l’annulation d’un acte administratif et des réparations
financières en réparation du préjudice causé par l’acte querellé mais par deux requêtes
différentes, qu’il s’en suit que le jugement attaqué doit être annulé et que par l’effet
dévolutif de l’appel la juridiction d’appel statuera à nouveau par évocation ;

STATUANT PAR EVOCATION

1- Sur la requête additive du 15 janvier 1998

Considérant que la requête ainsi présentée tend à obtenir la condamnation de l’Etat


au paiement de la somme chiffrée d’argent ; que cette réclamation pécuniaire confère à
la requêté, le caractère de plein contentieux ; qu’outre le fait qu’elle aurait dû être
introduite séparément comme une requête à part, elle aurait dû également être
précédée du recours administratif préalable exigé à l’article 155 de l’ordonnance n°91-
051/PRES du 26 août 1991 portant composition, organisation et fonctionnement de la
Cour Suprême repris par l’article 17 de la loi 21/ADP du 16 mai 1995 portant
Création, Organisation et Fonctionnement des Tribunaux Administratifs et repris par
17 de la loi 21/95/ADP du 16 mai 1995 portant Création, Organisation et
Fonctionnement des Tribunaux Administratifs d’une part, 20 et 25 de la loi
015/2000/AN du 23 mai 2000 portant composition, organisation, attributions,
fonctionnement du Conseil d’Etat et la procédure applicable devant lui d’autre part,
qu’en application de ces dispositions, le requérant aurait dû adresser à l’administration
une demande de paiement de sept millions (7.000.000) de francs CFA et c’est le refus
explicite ou tacite de l’administration de lui payer cette somme qui lierait le
contentieux ; qu’il est cependant admis que l’omission d’accomplissement de cette
formalité par le requérant peut être réparé lorsque l’administration qui a reçu
notification de la requête y répondait au fond pour contester l’existence ou la valeur du
préjudice dont la réparation est demandée ;

Mais considérant qu’il ne résulte pas de la procédure que DJIGUEMDE


Noraogo Alain ait préalablement à la saisine du juge administratif, introduit un recours
administratif préalable aux fins de paiement de cette somme de 7.000.000 de francs
CFA comme l’exige la loi alors que l’administration qui a reçu notification de sa
requête n’y a donné aucune suite ; que ce silence à ce stade de la procédure n’étant pas
considéré comme un acquiescement au droit, il s’en suit que cette requête additive doit
être déclarée irrecevable pour défaut de recours administratif préalable ;

Sur la requête du 05 janvier 1997

Considérant que par requête du 05 janvier 1998, DJIGUEMDE Noraogo Alain,


greffier en chef recourt en annulation contre l’arrêté n°972736/MFPDI/SG/DGFP/DPE
du 16 septembre 1997 portant annulation de suspension et remise en activité en ce que,
ayant été suspendu de ses fonctions pour détournement de scellés et complicité par
arrêté n°93234/MFPMA/SG/DGFP/DPE du 29 mars 1993, il avait bénéficié d’un non
–lieu par arrêté n°52 du 14 mai 1997 de la Chambre d’Accusation de la Cour d’Appel
de Ouagadougou ; qu’ayant introduit suite à cette décision de non-lieu, une demande
d’annulation de cet arrêté de suspension, le Ministre de la Fonction Publique par son
arrêté n°97-972736/MFPDI/SG/DGFP/DPE du 16 septembre 1997 constatait cette
levée de suspension pour compter de la date de l’arrêt de non-lieu soit pour compter du
14 mai 1997 alors que le recourant estime que le non-lieu étant la preuve qu’il a été
suspendu à tords, la levée de sa suspension devait remonter à la date même de cette
suspension ;

En la forme

Considérant qu’il n’est pas produit au dossier la preuve de la notification de


l’acte attaqué au recourant ; qu’aucune contestation ne venant soutenir que la requête
intervient plus de deux mois pour compter de cette notification, il y a lieu de déclarer
cette requête recevable comme ayant été introduite dans les conditions de forme et
délai prescrits par la loi, l’intéressé ayant acquitté le versement des sommes exigées
par la loi ;

Au fond

Considérant qu’aux termes de l’article 1er de l’Ordonnance n°69-


066/PRES/T/FP/P du 28 novembre 1969 précisant l’incidence financière des
reconstitutions de carrière dont peuvent bénéficier les fonctionnaires et agents
temporaires de l’Etat, publié au J.O 69.628 « les reconstitutions de carrière des
fonctionnaires ou agents temporaires de l’Administration qui interviennent à la suite
de décisions gracieuses ou contentieuses, n’ont d’effet, du point de vue de la solde,
qu’à compter du jour où sont prises lesdites décisions » ; qu’il apparaît que le
requérant qui a bénéficié d’un non-lieu par arrêt n°52 du 14 mai 1997 de la Chambre
d’Accusation de la Cour d’Appel de Ouagadougou entre dans le cadre d’application de
cette ordonnance ; qu’en conséquence, en lui appliquant les dispositions susvisées
l’Ordonnance n°-ç6à--

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