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9 Gordina

L'article de Mirra Gordina explore la définition et la fonction des phonèmes dans la langue, en soulignant leur rôle distinctif dans la chaîne sonore. Il aborde également les défis liés à l'analyse des formations sonores complexes comme les affriquées et les diphtongues, en discutant des approches de linguistes tels que Troubetzkoy et Martinet. Enfin, il remet en question la validité des critères phonétiques traditionnels pour établir des unités phonologiques, plaidant pour une analyse plus objective basée sur des considérations linguistiques.

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9 Gordina

L'article de Mirra Gordina explore la définition et la fonction des phonèmes dans la langue, en soulignant leur rôle distinctif dans la chaîne sonore. Il aborde également les défis liés à l'analyse des formations sonores complexes comme les affriquées et les diphtongues, en discutant des approches de linguistes tels que Troubetzkoy et Martinet. Enfin, il remet en question la validité des critères phonétiques traditionnels pour établir des unités phonologiques, plaidant pour une analyse plus objective basée sur des considérations linguistiques.

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Cahiers de l’ILSL, N° 43, 2015, pp.

73-85

Les diverses unités sonores fonctionnelles


de la langue

Mirra GORDINA

Le phonème est habituellement défini comme la plus petite unité linéaire


possédant une fonction de distinction des unités significatives de la langue.
Deux moments sont à souligner dans cette définition, à savoir :
1) l’indivisibilité sur le plan linéaire et 2) sa fonction distinctive par rapport
aux unités d’ordre supérieur. La fonction distinctive exige que des
phonèmes différents se rencontrent dans une même position phonétique, ce
qui revient à dire qu’ils ne dépendent pas de la position phonétique. Au
contraire, des sons se rencontrant uniquement dans des positions
phonétiques différentes ne peuvent pas participer à des oppositions et par
conséquent ne peuvent être considérés comme deux phonèmes différents.
Découle de ce qui vient d’être dit la différence entre phonème et nuance
[’ottenok’], ou variante. Les nuances des phonèmes sont couramment
définies comme des sons se trouvant en relation de distribution
complémentaire.
Afin d’élucider le rôle phonémique d’un son et prouver la division
de la chaîne sonore en phonèmes, on se sert traditionnellement
d’oppositions telles que :

dom ⎯ tom sad ⎯ pat


dom ⎯ dam pat ⎯ pot

En d’autres termes, on construit un paradigme au sein duquel un même


son, ou élément de la chaîne sonore, apparaît dans des entourages différents
(dom ⎯ dam, sad ⎯ pat), et où un même entourage apparaît autour de
différents sons (dom ⎯ tom, sad ⎯ pat). Toutefois, appliquer ces thèses à
l’analyse de formations sonores complexes, à savoir les affriquées, les
diphtongues et les consonnes aspirées, engendre de nombreuses difficultés.
Ainsi, il n’est pas absolument évident que le [ ͜ts] en allemand doive être
interprété comme un seul phonème. En effet, à côté du mot kurz prononcé
74 Cahiers de l’ILSL, N° 43, 2015

[kur ] ‘court’, on a le mot Kurt [kurt] ‘Kurt’, prénom’, de même qu’à côté
͜

de Nutz ‘profit’ [ ] on a le mot Nuβ ‘noix’ [nus], etc.; et il en est de


même tant avec le [ ͜ʤ] en anglais qu’avec les diphtongues en allemand et
en anglais. Dans tous ces cas, on observe une suite sonore linéaire
d’articulations (de sons) et une localisation des différences dans une des
parties de l’articulation complexe, c’est-à-dire qu’on observe une
séparation linéaire. Sur ce point, l’affriquée ou la combinaison diphtongale
[a⊥] ne diffère guère d’un [aŋ] ou de [an].
Afin de résoudre des problèmes de ce genre, on peut suivre deux
voies. La première consiste à se tourner vers la perception du locuteur
natif. C’est la voie suivie par D. Jones, qui interprète les affriquées
anglaises [č] et [ ͜ʤ] comme un seul phonème, car c’est ainsi qu’elles sont
perçues par les anglophones, alors qu’en japonais, les nasales syllabiques
[m̻ , n̻ , ] constituent des nuances du phonème [ŋ] puisque c’est ainsi
qu’elles sont perçues par un Japonais (Jones 1950 : 88-89).
En effet, les jugements du locuteur natif ont une grande importance
pour le linguiste ; ce fait fut relevé en 1909 par Lev Ščerba, qui rajoutait
aussitôt «à condition qu’ils [les jugements, NdT] soient correctement
interprétés» (Ščerba 1909 [1958] : 111-112). La perception du locuteur
natif reflète les relations existant au sein du système langagier ; elle peut
suggérer au chercheur la voie de ses recherches, mais ne l’affranchit pas de
la nécessité d’élucider les raisons objectives qui la sous-tendent1.
Aussi, la seconde voie de résolution de problèmes litigieux,
consistant à analyser de façon objective les relations au sein de la langue,
est-elle bien plus importante. Cette voie est proposée par N.S.
Troubetzkoy, A. Martinet, M. Swadesh (Troubetzkoy 1939 [1960] : 67-68 ;
Martinet 1939 : 96 ; Swadesh 1947 :2), etc2. Troubetzkoy et Martinet
formulèrent une série de règles d’interprétation des formations sonores
complexes. Ils recourent autant à des considérations phonétiques (longueur,
degré de ressemblance phonétique, division en syllabes) qu’à celles liées
aux relations à l’intérieur du système.
Les règles formulées par Troubetzkoy et Martinet peuvent toutefois
difficilement résister à la critique : ainsi, l’une d’entre elles affirme
l’impossibilité d’interpréter un élément d’un son composé comme une
variante d’un phonème indépendant : Troubetzkoy et Martinet s’appuient
ici sur des différences d’ordre phonétique.
Par exemple, Martinet affirme que la combinaison [ks] doit être
interprétée comme un seul phonème si ses éléments ne se rencontrent pas
dans une même position phonétique. Or, ce recours aux critères purement
phonétiques ne prouve rien : on sait que des différences sonores dans des
positions phonétiques différentes ne peuvent pas servir de fondement au
dégagement des unités phonologiques. Car si les deux sons en question ne

1
Cela fut maintes fois souligné par A. Martinet (v. Martinet, 1937, p. 172 ; 1962, p. 284).
2
Pour être correct, on peut trouver une analyse plus ou moins objective dans tout ouvrage
consacré à la résolution de problèmes d’ordre phonologique.
Gordina : Les diverses unités sonores… 75

se rencontrent que dans cette position phonétique, comme le [ks] dans


l’exemple ci-dessus, comment prouver qu’il ne s’agit pas de variantes
d’autres sons indépendants [‘nezavisimyj zvuk’] conditionnées les unes par
rapport aux autres ? De même, les exemples auxquels ils recourent pour
affirmer l’indépendance phonologique des affriquées [c] et [č] en russe, à
la différence des combinaisons [ts] et [tš] :

o cypke [‘poulette’, prép.] – otsypke [‘drainage’, prép.]


očutit’sja [‘se retrouver’] – otšutit’sja [‘répondre par une blague’]

ne prouvent rien. Ici, on peut supposer une division différente en syllabes,


et par conséquent, des positions phonétiques distinctes.
Le renvoi que Troubetzkoy fait à la division en syllabes n’est
absolument pas probant. Pour la même raison, le critère de durée ne
constitue pas non plus une preuve : un son long composé peut tout à fait
être appréhendé comme un phonème simple long ; la brièveté d’un son
composé peut être interprétée non seulement comme un indice de sa mono-
phonémicité, mais également comme la conséquence du fait que deux
phonèmes indépendants se retrouvent dans des conditions phonétiques
particulières.
Troubetzkoy et Martinet font tous les deux appel aux exigences
dictées par le système. Toutefois, il est évident que le système peut avoir
un aspect différent selon la façon dont on définit ses éléments.
Une multitude de solutions phonologiques avancées par exemple,
pour les diphtongues anglaises, roumaines et allemandes, démontre que les
critères d’interprétation des sons composés avancés par Troubetzkoy et
Martinet ne sont pas rigides3. Curieusement, pour prouver un certain point
de vue, on admet le recours à des critères non-phonologiques (phonétiques
ou morphologiques) ; au plan purement phonologique, une multitude de
solutions de distribution des sons par rapport à leur fonction distinctive
s’offre à nous. D’où des recherches d’une meilleure solution conduisant à
trouver le système le plus simple ou le plus économique (reste cela dit la
question de savoir ce qui doit être considéré comme plus simple et plus

3
Les diphtongues anglaises comportant le second élément i et u sont interprétés comme suit :
1) Comme des phonèmes indécomposables (Lawrenson 1936 ; Birshert 1940 ; Jones 1950) ;
2) Comme des combinaisons à deux phonèmes comportant un second élément représentant
soit des variantes des consonnes [j, w] (Bloch, Trager 1942), soit des variantes des voyelles
[i,u] (Swadesh 1937) ;
3) comme combinaisons bi-phonémiques [ai, au, ɔi] et comme des monophonèmes (les
autres, : [i], [vu], [ei] et [ou]) (Pike 1957).
Les diphtongues roumaines sont interprétées comme suit :
1) Comme des phonèmes à part entière (Rossetti 1959) ;
2) Comme des variantes des monophtongues vocaliques après consonnes molles ou labialisées
représentant des phonèmes particuliers (Petrovici, 1950, 1955) ;
3) Comme des combinaisons de deux voyelles indépendantes (Vasiliu 1962).
Les diphtongues allemandes ont jusqu’à dernièrement été interprétées comme
phonologiquement indécomposables, mais un point de vue opposé a été énoncé récemment
(Morciniec 1958).
76 Cahiers de l’ILSL, N° 43, 2015

économique : doit-il s’agir d’un nombre moins élevé de phonèmes dans un


paradigme et leur nombre plus élevé dans une série paradigmatique, ou le
contraire ?). Surgit aussi une interrogation sceptique : «Si deux solutions
sont possibles, toutes les deux étant satisfaisantes du point de vue
phonologique, est-ce que cela ne signifie pas que les concepts auxquels on
recourt correspondent à la réalité objective dans toute sa complexité ?»
(Martinet 1949 : 16).
Cette remarque de Martinet se rapporte en réalité, à toute la
méthodologie de l’analyse phonologique. On pourrait reformuler les doutes
qu’elle génère comme suit : si la méthode de l’analyse phonétique
traditionnelle ne permet pas d’aboutir à une solution, ne devrait-on pas
revoir ladite méthode ?
Comme on a pu le constater, l’analyse phonologique toute entière
est bâtie sur le plan paradigmatique sur l’opposition du genre dom
[’maison’] ⎯ dym [’fumée’] ⎯ dam [’je donnerai’] ⎯ tam [’là-bas’], etc.
Il en découle également le besoin de diviser la chaîne sonore en sons et le
rôle distinctif du phonème. Dans cette méthode, il est bien plus compliqué
de prouver la non-divisibilité des diphtongues et celle des affriquées que
leur divisibilité. En effet, la divisibilité de la chaîne parlée s’explique
traditionnellement par des considérations d’ordre phonétique ; ainsi
distingue-t-on des consonnes m et k dans les mots tam [’là’] et tak [’ainsi’]
parce qu’elles sonnent de manière différente. Seulement, si am et ak sont
distingués en vertu de ce principe, pourquoi ne pas diviser les diphtongues
[ai̭ , aṷ, ɔi̭ ] etc. ? Si au contraire les considérations d’ordre phonétique en
tant que telles ne suffisent pas à tracer des frontières, quel droit avons-nous
de les traiter différemment dans l’analyse ? Dans le couple stop [’stop’] –
top [’bruit de pas’], on distingue la consonne [s] en vertu de critères
phonétiques ; la différence dans son articulation et sa sonorité par rapport
au mot son [’sommeil’] n’est pas retenue comme un obstacle pour les
considérer comme identiques4. Or, c’est justement cette différence
phonétique entre deux sons qui sert d’argument pour identifier le second
élément de la diphtongue allemande [ ] avec la voyelle [i] !
De toute évidence, les confrontations paradigmatiques en soi ne
permettent pas de conclure sur la possibilité d’identifier les éléments des
formations sonores composées (diphtongues et affriquées) à des sons
distincts dans d’autres positions phonétiques. En effet, les identifier est
justifiable uniquement dans le cas où il est prouvé que le son composé se
décompose en unités indépendantes plus petites. Si au contraire, le son est
indivisible, il n’y a pas d’éléments qui seraient à identifier l’un à l’autre.
Ce postulat possède une signification plus générale : les éléments
séparés de la chaîne sonore se trouvant en différents endroits (dans des
entourages phonétiques différents), peuvent uniquement être identifiables

4
Dans la combinaison des sons [st], la friction [s] lors du passage vers le [t] se réduit jusqu’à
la jonction ; dans la combinaison [so] on observe une désocclusion relativement rapide.
Gordina : Les diverses unités sonores… 77

entre eux s’il a été prouvé que ces éléments peuvent être distingués comme
des entités indépendantes.
Pour les mots russes tok [ток ‘courant électrique’] – pot [пот
‘sueur’] – kot [кот ‘chat’], la fonction distinctive est assurée également
dans le cas où on les aborde de façon globale, comme des entités
indivisibles, quoique différant par leurs parties (comme par exemple la
syllabe [ta] diffère de la syllabe [ca-͜tsa] et de l’allemand [a-aͥ ]. Afin de
prouver que les consonnes initiales [t-, k-] sont identiques aux sons finaux
du point de vue phonologique et que les trois voyelles dans les trois
positions phonétiques doivent être interprétées comme des entités
phonologiques, il est nécessaire de s’assurer au préalable que chacun de ces
mots se divise en trois unités sonores ; dans le cas contraire, il n’y a rien à
identifier ni à comparer. En d’autres termes, la division linéaire, ou
syntagmatique, doit précéder l’analyse paradigmatique5.
Il est évident qu’il ne convient pas de rechercher les fondements
d’une telle division dans les propriétés phonétiques (acoustico-
physiologiques) du flux de la parole. On sait que, sur le plan acoustico-
physiologique, le flux ne se divise pas en unités possédant une uniformité
interne, et que la division de la parole en unités linéaires, les phonèmes, ne
reflète absolument pas les changements des caractéristiques acoustico-
physiologiques6. Ce sont les critères linguistiques [M.G.] qui doivent être
pris en compte pour distinguer le son comme entité autonome. Lev Ščerba
fut le premier à mettre en avant ce postulat il y a plus d’un demi-siècle
(Ščerba 1912), mais à l’époque ces idées n’avaient pas reçu d’écho ; elles
furent dans une certaine mesure exploitées par Evgenij Polivanov dans son
analyse phonologique du chinois (Ivanov, Polivanov 1930); on trouve enfin
quelques développements des postulats de Ščerba dans l’ouvrage de Zinder
La phonétique générale (Zinder 1960 : 33-38). L’essence de leurs idées se
ramène à la thèse que la division du flux de la parole dépend de la
possibilité de tracer une frontière linguistique (morphologique) entre ses
éléments.
Les segments significatifs distincts de la chaîne sonore, à savoir les
morphèmes, peuvent être distingués non seulement grâce à leur récurrence,
mais aussi grâce à leur fonction de signe [’znakovaja funkcija’], c’est-à-
dire au lien constant entre signifiant et signifié. Les sons de la parole sont
des signes d’autres signes [’znaki znakov’]. C’est pourquoi les frontières
entre eux sont dépendent des frontières entre les signes, c’est-à-dire entre
les morphèmes. Les sons concrets s’abstraient à partir des morphèmes
concrets. Dès lors, ce qui compte lors de la segmentation du flux de la
parole en éléments n’est pas la présence d’une frontière morphologique
entre chaque (souligné par nous, M.G.) paire de sons (ce qui est,

5
Cette thèse vient d’être énoncée, v. Zabrocki 1962. Malheureusement, les considérations de
l’auteur ne sont pas convaincantes puisqu’elles se situent uniquement sur le plan phonétique.
6
Ainsi, ce sont souvent les voyelles voisines qui comportent l’information sur la qualité des
consonnes.
78 Cahiers de l’ILSL, N° 43, 2015

évidemment, impossible), mais uniquement la possibilité d’en tracer une à


l’intérieur de cette combinaison.
Par exemple, dans les mots tok – toka [ток – тока ‘courant
électrique’, [Link]. et gé[Link].], pot – pota [пот – пота, ’sueur’, [Link] et
gé[Link].], on sépare la voyelle [a] de la consonne précédente en vertu de
critères morphologiques, et cette circonstance possède des conséquences
importantes pour la division du flux de la parole en phonèmes. Dans des
cas similaires, les frontières, morphologique et syllabique (phonétique) ne
coïncident pas. Dès lors, il devient possible, dans les langues de ce type
(langues indo-européennes, turciques, finno-ougriennes, et beaucoup
d’autres) de : 1) tracer une frontière phonologique entre la consonne initiale
de la syllabe et la voyelle et 2) considérer comme identiques les consonnes
en début de syllabe et celles en fin de la syllabe. Cette dernière opération
est possible car la consonne finale de syllabe se transforme dans ces
langues en consonne de début de syllabe (et à l’inverse), tout en restant au
sein d’un même morphème, ce qui veut dire qu’il conserve la même
fonction de signe. Il en découle une absence d’opposition entre ces deux
consonnes, c’est-à-dire la nécessité de les appréhender comme représentant
une seule entité phonologique (souligné par nous, M.G.). En d’autres
termes, rapporter le [t-] dans le mot [tok] au [-t] dans le mot [pot] à un
même phonème est correct non pas parce que la consonne non-aspirée en
début de mot et la consonne aspirée en fin de mot se trouvent en relation de
distribution complémentaire, mais parce que l’un peut se transformer dans
l’autre au sein du même morphème.
L’indépendance réciproque des frontières syllabiques et
morphologiques nous porte à distinguer le son de la parole, le phonème,
comme une entité particulière, autonome et indépendante de l’entité plus
grande, à savoir la syllabe. Dans ce type de langues, la syllabe, étant une
entité phonétique, est dépourvue de caractéristique phonologique. Ce n’est
pas un hasard si le problème des frontières de syllabes pour ces langues est
si difficile à résoudre. Dans nombre de cas, selon toute évidence, sa place
n’est pas définie, comme par exemple dans korma [kar-ma] et [ka-rma], et
počta [po-čta] et [poč-ta]7. Ici, la division en syllabes n’a pas une grande
importance ; si elle a un rôle quelconque, c’est uniquement celui que joue
une nuance de phonème dans une position particulière. Il est bien entendu
que la division en syllabes peut jouer un rôle de signal d’une frontière
[’pograničnyj signal’], telle la frontière d’un mot en russe, et dans ce sens,
elle n’est pas tout à fait exempte de rôle phonologique, mais les différentes
variantes d’un même phonème peuvent également jouer ce rôle.
L’indépendance entre les frontières morphologiques et syllabiques
rend possible la substitution des variantes des phonèmes au sein du
morphème. Cette circonstance semble fort importante sinon déterminante,
puisqu’elle permet de considérer des sons se trouvant dans des entourages
7
V. par exemple les règles de division en syllabes dans la Grammaire académique du russe
(tome 1, 1960 : 71-74), ainsi que chez Avanesov, 1956, p. 42 ss.
Gordina : Les diverses unités sonores… 79

phonétiques différents comme un même phonème. Dans les mots cep


[’ustensile pour moudre’] – cep’ [’chaîne’], les sons [ε – ei] sont des
variantes d’un même phonème pas seulement parce que l’un d’eux ne se
rencontre que devant une consonne dure en fin de syllabe alors que l’autre
uniquement devant une consonne molle en fin de syllabe. S’il n’y avait que
ça, on pourrait difficilement décider si la voyelle diphtonguée [ei] est
conditionnée par la présence de la consonne molle ou, à l’inverse, si le
caractère mou de la consonne est conditionné par le voisinage du [ei]. Ici
une série entière d’alternances au sein d’un même morphème est possible :
cep’ [’chaîne, [Link].’] – cepi’ [’chaîne, gé[Link].’] – zacepit’ [’accrocher’],
etc., ce qui montre qu’une nuance de prononciation est remplacée par une
autre tout en conservant les mêmes oppositions aux autres unités sonores
de la langue. Il n’y a pas de dépendance réciproque [M.G.] entre le [ei] et
la consonne molle en fin de syllabe. C’est la raison pour laquelle on peut
montrer que le [ε] et le [ei] sont deux variantes d’un phonème,
conditionnées par le son qui les suit. S’il n’y avait pas d’alternances intra-
morphémiques et s’il y avait non-correspondance des frontières
morphologiques et frontières syllabiques, cette preuve ne fonctionnerait pas
(c’est le cas du vietnamien, v. plus bas)8.
Donc, l’identification du son de la parle comme unité autonome et
indépendante, non-conditionnée par sa position phonétique, tout comme sa
délimitation vis-à-vis des éléments voisins de la chaîne sonore, résultent
d’une analyse linguistique du flux de la parole ; cette analyse se fonde sur
l’établissement de frontières linguistiques, ou morphologiques, ainsi que
phonétiques, ou syllabiques, et sur le rapport qui unit ces deux types de
délimitation.
Les unités sonores qu’on a l’habitude de nommer phonèmes dans
les langues non-syllabiques sont quant à elles habituellement dotées de
cette autonomie.
Bien entendu, l’autonomie des sons-phonèmes présuppose qu’ils
revêtent une fonction distinctive. Cette circonstance est habituellement
mise en avant et est considérée comme essentielle, voire unique, dans la
détermination du rôle phonologique des sons. En effet, pour les langues
non-syllabiques, la fonction distinctive des mots et l’autonomie coïncident
dans la majorité des cas. Cependant, ici aussi, il y a une exception, à savoir
les diphtongues. En effet, du point de vue de l’emploi des sons au plan de
la distinction des sens, rien n’empêche de diviser les diphtongues
allemandes et anglaises en deux éléments, et il est facile de construire une
série paradigmatique correspondante :

all. Haus [h͜ a͜ u s] ‘maison’ – heiß [ [ ] ] ‘chaud’


auch [ ] ‘aussi’ – euch [ ] à vous’
eigen [ ] ] ‘le sien’ – Augen [͜augǝn ] ‘yeux’

8
Ščerba releva l’importance des modifications intra-morphémiques des sons dans les années
1942-1943 (V. dans Ščerba 1957).
80 Cahiers de l’ILSL, N° 43, 2015

Eugen [ ] Eugène’
Angl. by [ ] à côté de’, boy [ ] ‘garçon’, bough [ ] crochet’.
Il est évident que les renvois à une non-correspondance phonétique des
éléments de la diphtongue avec les monophtongues vocaliques n’a aucune
force de preuve, puisque les sons des diphtongues se trouvent dans une
position phonétique particulière. Dans ces langues, les diphtongues sont
indivisibles parce que la frontière morphologique ne passe jamais entre
leurs éléments, c’est-à-dire en raison de la coïncidence des frontières
phonétiques et morphologiques9.
Dès lors, dans les langues où les frontières des morphèmes ne
correspondent pas à celles des syllabes, la fonction distinctive ne
présuppose pas toujours que le son soit autonome. Des relations
phonologiques particulières existent entre les éléments des diphtongues,
relations qui sont liées avec des oppositions sonores en l’absence de lien
linguistique (morphologique).
Dans les langues où la coïncidence des frontières des syllabes et
celles des morphèmes est de rigueur, c’est-à-dire dans les langues
syllabiques, des rapports phonologiques se mettent en place, qui diffèrent
considérablement de ceux qu’on observe habituellement10. Dans les
langues de ce type, par exemple en chinois, vietnamien, birman, thaï, etc.,
la place de la frontière entre les syllabes dans la chaîne de la parole est
rigide ; l’enfreindre engendrerait soit une nouvelle combinaison de
morphèmes (mots), soit un non-sens. Ainsi par exemple en vietnamien :

các ahn [kak5a ɲ1] ‘frères’


cá cahn [ka5ka ɲ1] ‘soupe de poissons’
cá chép [ka5 ħɛp5] ‘carpe’
cách ép [kaħ5 ɛp5] ‘moyen de pression’.

En d’autres termes, l’opposition basée sur la division en syllabes possède


dans ces langues le même poids phonologique que l’opposition des
différents sons dans les langues non-syllabiques. Elle se situe sur le même
plan phonologique.
Dans ces langues, la syllabe possède une structure rigide, ses
éléments étant disposés selon un ordre précis et occupant une position fixe.
Puisque la frontière du morphème coïncide toujours avec la fin de la
syllabe, on exclut complètement la substitution des sons de qualités

9
Pour cette raison, il est tout à fait naturel que, pour résoudre le problème des diphtongues,
des affriquées et des sons longs, on recoure souvent au critère morphologique. On conçoit la
possibilité de tracer une frontière morphologique entre les éléments de la diphtongue et de
l’affriquée comme un fondement suffisant pour une interprétation qui pose deux phonèmes.
Toutefois, ce critère possède une signification plus générale. La division en morphèmes
constitue le fondement de la division de la parole en sons.
10
Le fait que dans les langues syllabiques les rapports phonologiques doivent revêtir un
caractère particulier fut mis en avant par Ščerba (V. Ščerba 1935).
Gordina : Les diverses unités sonores… 81

différentes selon leur position dans la syllabe au sein d’un même


morphème (c’est-à-dire que le remplacement d’une syllabe fermée par une
syllabe ouverte est impossible, de même celui d’une consonne finale de
syllabe par une consonne initiale de syllabe, etc.) Les sons séparés, c’est-à-
dire les éléments de la syllabe, sont conditionnés l’un par l’autre et sont
subordonnés à la totalité.
Dès lors, plusieurs solutions sont possibles dans l’interprétation
phonologique des sons des langues syllabiques à l’aide de la méthode
d’analyse phonémique traditionnelle. Ainsi trouve-t-on dans une série de
dialectes vietnamiens la consonne obstruante de début de syllabe [j], une
voyelle syllabique [i], un [i͜ ̭ ] non syllabique de fin de syllabe et la voyelle
[i] dans la diphtongue ͜ie͜ . Convient-il d’appréhender ces sons comme une
seule entité phonologique ou comme plusieurs ? Et, si on y voit une voyelle
et une consonne, comment classer le [i͜ ̭ ] de fin de syllabe ? Il en va de
même de la voyelle [u] et du ṷ non-syllabique, qui sont possibles en fin de
syllabe et devant une voyelle11.
Dans les langues syllabiques, la division en syllabes est importante
au même titre que la structure de la syllabe, à savoir le rôle que les
différents sons jouent pour les caractéristiques phonologiques de la syllabe.
Ce n’est pas un hasard si, pour ces langues, le problème de la structure de
la syllabe et de la classification des syllabes est si important12.
Dans les langues à structure syllabique, quant à elles, on dégage des
éléments possédant différents types d’autonomie, ce qui dépend des
relations morphologiques au sein de la syllabe.
Affirmer la non-divisibilité morphologique de la syllabe requiert
une précision : à l’intérieur de la syllabe, on trouve une frontière quelque
peu analogue à la frontière morphologique après une consonne initiale. Elle
résulte de semi-répétitions-dédoublements construits de manière que la
frontière entre la partie conservée et la partie substituée de la syllabe passe
après la consonne initiale (en vietnamien, vo´’ signifie ‘cahier’ –
‘toutes sortes de cahiers’, ‘chaise’– ‘chaises, sièges’, mó
signifie ‘pas clair’, alors que mâp mó signifie ‘flou’13 ; en chinois цэнь1цы
‘irrégulier’, лин2лун signifie ‘clair’, цю1цянь signifie ‘balançoire’, цинтин
‘libellule’ ча1ла ‘angle’14 soit comme résultat de l’alternance des initiales
lors de la formation de certaines catégories grammaticales (en birman, ħa2

11
Dans les études portant sur le vietnamien, soit on avance des solutions différentes
(Emeneau, 1951), soit on admet leur possibilité (Thompson, 1959, § 3).
12
D’ailleurs, le rôle phonologique de la structure de la syllabe se manifeste également dans les
langues non-syllabiques. A ce propos, on mentionnera la différence entre voyelles et semi-
voyelles [i – j, u – w], qui ne se retrouvent jamais dans une même position phonétique et
peuvent être opposées l’une à l’autre uniquement par le rôle qu’elles jouent au sein de la
syllabe. D’où l’interprétation du [j] anglais comme une variante du phonème [i], par exemple
dans Jakobson, Fant, Halle, 1952 [1962], p. 179.
13
Le van Ly, 1948, p. 137 ; Solncev, Lekomcev, Mxitarjan, Glebova, 1960, p. 57-60.
14
Šu-sjan, 1961, p. 32. Les dictionnaires de rimes et la notation traditionnelle du son d’une
hiéroglyphe à l’aide de deux autres, dont la première désigne le son de la consonne initiale et
les autres les sons du reste de la syllabe et le ton, en témoignent.
82 Cahiers de l’ILSL, N° 43, 2015

veut dire ‘tomber’ – ħa2 ‘faire tomber’, ‘être grand de taille’ –


‘soulever’)15.
A cette frontière de morphèmes correspond une séparation
phonétique. Ainsi, en chinois, en vietnamien, en birman, la caractéristique
tonale de la syllabe n’englobe pas son initiale, mais se superpose
uniquement sur sa seconde partie ; la présence ou l’absence de l’initiale n’a
aucune incidence sur la durée et sur le ton de la seconde partie de la
syllabe ; enfin, la dépendance entre la qualité de la voyelle et l’initiale soit
n’est pas du tout observée (en vietnamien, birman), soit est bien moins
importante que le lien qualitatif des éléments de la seconde partie,
accentuée, du mot. Au contraire, autant du point de vue phonétique que
phonologique, cette partie accentuée constitue une unité puisque ses
éléments sont liés par un fort lien de dépendance. Cette partie de la syllabe
véhicule entièrement la caractéristique tonale de la syllabe,
indépendamment de sa structure (une voyelle et une diphtongue,
triphtongue, une voyelle et une consonne nasale). Elle possède une durée
constante liée uniquement au ton, et non au nombre ni au caractère des
éléments de la partie accentuée. Dès lors, l’augmentation de la durée d’un
de ses constituants conduit à la réduction de l’autre, et à l’inverse, comme
en vietnamien [a:ň – ǎn:] an – ǎn [i:ň – ǐɲ:] in – inh, etc. Il existe une forte
dépendance qualitative entre les éléments de la partie accentuée de la
syllabe. Ainsi, en vietnamien, la voyelle [ ]est uniquement possible
devant le [ɲ:], soit [ ], tandis que le [- ɲ:] est possible uniquement
devant les voyelles d’avant. D’autre part, il existe des combinaisons [a:n,
ɛ:n, a:ŋ]. Faut-il interpréter le [ɲ] comme le résultat de la palatalisation
d’une consonne d’arrière, c’est-à-dire [ɛƞ′], ou, au contraire, faut-il
appréhender le [ ] comme le résultat de l’effet de la consonne médiane sur
le /a/, c’est-à-dire [ăɲ]. La même question se pose lors de l’analyse de la
combinaison sonore [ ] (dans le dialecte méridional) dans la série [i:n –
– – шƞ] : le [ï] est-il une variante plus avancée du [ш] devant une
consonne d’avant, ou le [ṇ] est-il le résultat de l’influence du [i] sur une
consonne d’arrière ? La méthode appliquée lors de l’interprétation
phonologique d’autres langues, non-syllabiques, n’est pas applicable à ce
cas. En effet, les constituants dépendent toujours les uns des autres, alors
que sont exclues les alternances à l’intérieur du morphème par changement
de position du son au sein de la syllabe. D’où l’idée de la possibilité d’une
multitude de solutions phonologiques satisfaisantes qui peuvent être
proposées au choix du lecteur.
Les éléments de la partie accentuée de la syllabe ne sont pas
dépourvus de fonction distinctive. Au contraire, le volume sonore réduit
des mots-morphèmes dans les langues syllabiques est à relier au large
emploi des différences sonores dans la différentiation. Cependant, cette

15
Les exemples son tirés de l’ouvrage de Vadim Kasevič Précis du système de phonèmes du
birman contemporain, 1963.
Gordina : Les diverses unités sonores… 83

fonction distinctive se réalise dans les langues syllabiques sur deux


niveaux, d’une part au niveau de l’opposition des sons autonomes, les
initiales, et d’autre part au niveau des unités phonologiques dépendantes,
les éléments de la partie accentuée de la syllabe. La structure de la syllabe
au plan aussi bien phonétique que phonologique correspond à la formule
proposée par J. Kuryłowicz (1895-1978) C+(V+C), qu’on peut considérer
comme le schéma général de construction de syllabe dans les langues en
question. Ce point de vue permet d’interpréter de façon évidente les
initiales des langues syllabiques et exige d’analyser les autres éléments de
la syllabe selon leur rôle dans la syllabe.
On peut alors affirmer qu’il existe dans les langues des unités dotées
de degrés d’autonomie divers, qu’il y a deux niveaux d’oppositions
phonologiques. On peut également dès lors différencier fonction distinctive
et autonomie des sons.
La fonction distinctive peut également se réaliser en l’absence de
l’autonomie des sons, comme c’est le cas des langues syllabiques ; dans les
langues non-syllabiques, les éléments des diphtongues, qui ne sont jamais
séparés par une frontière de syllabe ni par une frontière morphologique,
sont quelque peu analogues aux mêmes sons des langues syllabiques.
L’autonomie des sons, quant à elle, est liée à la possibilité de frontière
linguistique dans la chaîne de la parole ; les sons-phonèmes des langues
non-syllabiques possèdent cette autonomie ; dans les langues syllabiques,
c’est l’initiale qui leur correspond à un certain degré.
Le système de termes doit refléter ces relations-là. Si on garde le
terme de «phonème», en lui conférant un sens général, de façon à ce qu’il
englobe tous types de sons opposés dans différentes langues, on pourrait
parler d’oppositions phonémiques autonomes et non-autonomes, sinon de
phonèmes et quasi-phonèmes. Quoi qu’il en soit, il faut tenir compte du fait
qu’il est n’est pas admissible de conférer aux langues syllabiques un
système de relations phonologiques typique des langues non-syllabiques.

© Mirra Gordina
Traduit du russe par Elena Simonato et Jean-Baptiste Blanc

Traduction de l’original russe M.V. Gordina, « O različnyx zvukovyx


funkcional’nyx edinicax jazyka », in : Issledovanija po fonologii, p. 172-183.
84 Cahiers de l’ILSL, N° 43, 2015

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