Rapport D'étude Chaussées Ind.1
Rapport D'étude Chaussées Ind.1
2021
DIRECTION Scientifique et TECHNIQUE - FÉVRIER
PIZANO- ABDIJAN
Date : 26/02/2021
Affaire n° : 20.2INT.223 - Indice 1
Réf : Plateforme logistique PIZANO - ABIDJAN
Objet : Dimensionnement de structure de chaussées lourdes
Demandeur : R. LORENTE / C. CAPERAN – NGE CONTRACTING
Sommaire
I) Projet /objectif ............................................................................................................4
I.1) Projet .........................................................................................................................4
I.2) Plan d’exploitation de la plateforme .........................................................................5
I.3) Méthodes de dimensionnement des chaussées ..........................................................6
II) Documents de référence ............................................................................................7
III) Plateforme support et matériaux de chaussées .....................................................8
III.1) Géologie du site ......................................................................................................8
III.3) Couche de forme / Classe de plateforme ................................................................8
III.4) Structures de chaussées et matériaux ...................................................................10
IV) Trafic et charge statique appliquées sur la plateforme ......................................12
V) Méthode rationnelle de dimensionnement routier ................................................18
V.1) Présentation............................................................................................................18
V.2) Présentation Bases du modèle rationnel de dimensionnement ..............................18
V.3) Modélisation explicite des charges ........................................................................19
V.4) Expression des critères de dimensionnement ........................................................19
VI) Adaptation avec la méthode « Plateforme logistique » ......................................20
VI.1) Définition de la méthode – charges dynamiques .................................................20
VI.2) Définition de la méthode – charges statiques .......................................................23
VII) Paramètres de calcul –méthode «Plateforme logistique » ..............................26
VII.1) Risque de calcul ..................................................................................................26
VII.2) Durée de vie ........................................................................................................26
VII.3) Influence de la vitesse et de la température ........................................................26
VII.4) Coefficient de calage ...........................................................................................26
VII.5) Définition du balayage du trafic .........................................................................26
VII.6) Modélisations des charges statiques sur la plateforme .......................................27
VII.7) Synthèses des trafics retenus ...............................................................................28
VIII) Dimensionnement des structures de chaussées ................................................29
VIII.1) manutention lourde GC2 à 5 % / SC 5% ...........................................................29
IX) Conclusion ..............................................................................................................31
Annexe ...............................................................................................................................33
Annexe 1 :Calcul Alizé zone 1 : manutention voirie lourde / GC2 5% / SC5 % ..........33
Annexe 2 : Calcul Alizé zone 1 : stockage conteneur / GC2 5% / SC5 % ....................35
I) Projet /objectif
I.1) Projet
Le Maître d’Ouvrage dispose d’une parcelle d’environ 2,9 ha située rue des Pêcheurs à
Abidjan en Côte d’Ivoire.
Cette parcelle accueillait auparavant l’usine de fabrication de farines poisson Pizano. Elle
était équipée d’entrepôts, d’une maison individuelle avec piscine, d’un mur de soutènement
en parpaing (partiellement effondré) et pour partie d’une chaussée en béton armé.
Le Maître d’Ouvrage a aménagé provisoirement la parcelle en démolissant certains
entrepôts ainsi que la maison avec piscine et en ajoutant une couche de GNT sur 30 cm sur
les parties non revêtues en béton armé.
Le Maître d’Ouvrage a nommé Nigel Nixon and Partners, Inc (« NNP ») comme
Représentant du Maître d’Ouvrage (« AMO ») en ce qui concerne ce projet
d’aménagement.
L’objectif de cette étude consiste à dimensionner les structures de chaussée adaptées aux
charges lourdes occasionnées par la circulation des chariots élévateur et le stockage des
conteneurs et parking des poids lourds.
Pour une plateforme logistique, le passage d’engins chargés à l’essieu à plus de 60 tonnes
(pour les chariot type REACHSTACKER) et le stockage de conteneurs nécessitent de
prendre en compte quelques adaptations de la méthode routière.
Le dossier « Plateformes Logistiques » parus en Novembre 2013 dans la revue n°916 de
RGRA, présente une proposition de méthode de dimensionnement de Plateformes
Logistiques étroitement liée à la méthode aéronautique du guide technique du STAC à
paraitre en Janvier 2014 (Service Technique de l’Aviation Civil). Les charges sous essieux
des chariots Reachstacker sont du même ordre de grandeur que celles des boggies d’avions
ainsi que les vitesses de circulation sur les taxiways (20 à 40 km / h).
- CCTP
- Plan de masse du projet
- Études de sol
a) Sol en place
La plateforme actuelle est recouverte d’une couche de GNT 0/20 mm d’environ 20/ 30 cm
reposant sur un géotextile anti-contaminant.
b) Hydrogéolgie
Les sables en place sont considérés comme peu sensible voir insensible à l’eau.
Les essais pressiométriques réalisés sur la zone mettent en évidence des niveaux de
compacité élevés à très élevées en cohérence avec les portances EV2 mesurer par essais à
la plaque.
Les essais de plaques ont des portance EV2 comprises entre 68 et > 500 MPa, pour une
valeur moyenne de 134 MPa.
L’entreprise prévoit de décaisser la GNT existante pour ensuite la valoriser en couche de
base. Dans un premier temps un traitement des sables en place fera office de couche de
fondation.
Le décaissement superficiel de la couche de GNT et le retraitement des sables ne devraient
pas ou peu dégrader la portance actuelle car les niveaux de bonne compacité ont été relevés
sur plusieurs mètres d’épaisseur (voir sondage représentatif SP3 ci-dessous).
On propose de retenir une Arase / couche de forme en place de portance EV2 = 80 MPa
sous le retraitement en place.
Les zones de décharge seront purgées et comblés puis compactés avec les matériaux du
site.
Les structures de chaussées seront dimensionnées sur une plateforme PF2qs (EV2
=80 MPa)
a) Structure proposée
Les sables en place sont probablement difficilement traitables en l’état sans correcteur
granulométrique (environ 25 %). Ils ne présentent aucune fine. De plus leur granulométrie
n’est pas assez charpentée pour monter en résistance. Ces matériaux resteront fortement
érodables sous l’effet des charges dynamiques très lourdes.
On les réservera en couches de couches de fondation de chaussée lourds. On proposera
néanmoins une solution de sable ciment dosé à 5 %.
Les performances précisées ci-dessous sont données à titre indicatif suivant le retour
d’expérience de l’entreprise pour de matériaux analogues connus. Ces performances seront
validées par des essais en laboratoire permettant d’affiner le fuseau granulométrique et le
dosage en ciment.
SC 2 : SC 2 : SC 2 :
Produits GC2
Pavés sable sable sable GNT 2
Caractéristiques Traité à
trief traité à traité à 5 traité à 6 0/31.5
5%
4% % %
E
Module d’Young 4000 4500 6000 7500 14000 400
(10°C ,10Hz)
Les graves non traitées sont conformes aux normes NF P 18-545 et NF EN 13-285
Les sols traités aux ciments de classe sont conformes à la norme NF EN 14227-15
IV.1) Conteneurs
La référence statistique est le 20', le EVP (Equivalent Vingt Pieds) ou, plus fréquemment,
le TEU (Twenty feet Equivalent Unit) avec les conversions suivantes :
Les charges réglementaires maximales sont très rarement atteintes. Statistiquement, plus
de 95 % des conteneurs possèdent une charge totale inférieure à 23 tonnes. La figure
suivante reproduit les distributions types de charges brutes des conteneurs établies par BPA
(British Ports Association). Notons également que sur les aires de stockage, des limitations
de poids sont généralement fixées par les exploitants pour les empilements de plus de trois
étages environ.
12%
10%
% Conteneurs
8%
6%
4%
2%
0%
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24 26 28 30
Poids des conteneurs (tonnes)
100% 60% 50% 40% 0%
Pourcentage 40ft vs 20ft
Application au projet :
Les conteneurs du projet sont de type vingt à quarante Pieds (EVP). Un conteneur EVP
mesure 2,591 m de haut par 2,438 m de large et 6,058 à 12,19 m de long. Pour ce projet,
les conteneurs plein superposés les uns sur les autres sont au nombre maximum de
4.
La charge moyenne des conteneurs plein est de 16 tonnes pour une charge maximale de 32
tonnes.
Pour le dimensionnement sous charge statique, on retiendra l’abattement de 30% charge
proposé dans la méthode INTERPAVE pour un stockage en bloc sur 4 niveaux soit des
conteneurs chargés à 22 tonnes.
On note ainsi :
*** Pour le dimensionnement sous charges dynamiques liées à la manutention des reach-
stackers, on retiendra pour les conteneurs pleins, 2 poids différents :
Pesant généralement environ 70 tonnes à vide, cet engin est équipé d’un palonnier à prise
par le haut. L’essieu arrière est l’essieu directeur, ce qui augmente les capacités de
manœuvre dans des espaces réduits. Ses deux roues simples génèrent alors des efforts de
cisaillement très importants dans les couches de roulement. Sa flèche articulée permet la
manutention des conteneurs et leur gerbage sur plusieurs hauteurs et plusieurs rangées en
profondeur. Ces situations de porte à faux entrainent le report d’une large part du poids de
l’engin en charge sur l’essieu avant. Le poids repris par les quatre roues de cet essieu peut
alors atteindre la centaine de tonnes sur certains chariots élévateurs en pleine charge,
induisant de très forts niveaux de sollicitations dans les couches de chaussées.
Application au projet :
La plateforme logistique étant très vaste, le risque pour que 100 % des reachstackers circule
sur la même bande de roulement est improbable. Pour prendre la redistribution du trafic
sur la plateforme, on propose un abattement forfaitaire de 50 %.
Le tableau ci-dessous synthétise le trafic retenu pour une durée de vingt ans :
V.1) Présentation
a) Présentation
La méthode rationnelle routière appliquée aux chaussées logistiques conduit en effet à des
surdimensionnements manifestes, si l’on adopte strictement les modalités de calcul et le
paramétrage élaborés pour les dimensionnements routiers standards. Cet avis est partagé
par la majorité des acteurs dans le domaine. On trouve les mêmes besoins d’adaptation du
modèle routier dans la nouvelle méthode de dimensionnement rationnel des chaussées
bitumineuses aéronautiques publiée en 2013. Pour ces structures exposées à des niveaux
de charge à la roue comparables à ceux des plateformes logistiques (fréquemment
supérieures à 200 kN), l’application stricte du modèle rationnel conduit à ce même constat
de surdimensionnement, comme l’ont montré les essais sur chaussées réalisées dans le
cadre des PEP (pavement expérimental program) Airbus.
La vérification des structures sous charges statiques, non prévue par la méthode routière,
nécessite également des compléments.
L’effet de la fréquence F sur le comportement à la fatigue des enrobés n’est pas envisagé
par la norme Dimensionnement NFP 98-086. Il est pris en compte dans l’expression
suivante du paramètre σ6 de la loi de fatigue, également retenue par la nouvelle méthode
aéronautique :
E(10C,10Hz )
ε 6 (θeq, F) ε 6 (10 C,25Hz ) x
E(θeq, F)
d) Coefficient de calage kc
Peq
n j ( C P ) α
m j 1/ α
Kc1
GB3-GB4 EME2 GC3/GC4 BC-BCR
1,3 1,0 1,4 1,5
nj
Kc2 1,7 1,3 2,2 2,4
Notons que :
La circulation des engins sur les plateformes se différencie aussi de celle des poids lourds
routiers par la répartition transversale de leurs trajectoires sur la chaussée, désignée
«balayage transversal». La nature des opérations effectuées sur ces aires, les dimensions
transversales des voies de circulation, les géométries des engins et de leur chargement, la
présence ou non de marquage au sol, le téléguidage éventuel sont autant de facteurs
influençant ce balayage transversal. Cette variabilité nous amène à le considérer comme
une donnée explicite du dimensionnement. Il est assimilé à une distribution normale
centrée d’écart type supposé connu. Un large balayage transversal est favorable au
dimensionnement et conduit à des épaisseurs de structure moindres, comparé à un balayage
plus canalisé. La prise en compte du balayage dans le calcul de l’endommagement est
également détaillée par la figure ci-dessous. En l’absence d’une connaissance particulière
des conditions de circulation des engins sur les voies à dimensionner (matérialisation au
sol, téléguidage …) le tableau suivant propose des valeurs qui nous semblent refléter les
conditions courantes de circulation sur les aires à conteneurs.
Balayage du trafic
a) Présentation
Les pieds des conteneurs empilés sur plusieurs niveaux appliquent à la surface des aires
de stockage des pressions considérables. A titre d’exemple du projet, l’empilement de 3
conteneurs de poids moyen 30 tonnes induit une pression verticale moyenne de 79.4 bars
(7,9 MPa) sous chaque pièce de coin (surface utile d’environ 220 cm2, prenant en compte
l’orifice central). La résistance à l’écrasement des bétons courants et des pavés
manufacturés leur permettent normalement de supporter de tels niveaux de charge. Ce
n’est pas le cas des revêtements bitumineux même les plus performants, dont le
poinçonnement est quasi-inévitable sous de tels niveaux de contraintes. Lorsque celui-ci
dépasse la profondeur de 12 mm environ (hauteur de saillie de la pièce de coin), le
conteneur repose sur ces longerons inférieurs, neutralisant ainsi le mécanisme de
poinçonnement.
Ce mécanisme est donc exclu des vérifications vis-à-vis des charges statiques que nous
préconisons ci-dessous. Il est entendu que le recours à un revêtement rigide, s’impose
quand ces défauts de poinçonnement localisé sont considérés comme inacceptables par le
maître d’ouvrage.
b) Chaussées bitumineuses
Seul le sommet de la plateforme support de chaussée est l’objet d’une vérification vis-à-
vis du poinçonnement, portant sur la limitation de la contrainte verticale maximale σz.
L’évaluation de cette contrainte s’effectue par le modèle MEL, sans individualisation de
la couche de forme éventuelle (support de chaussée considéré homogène). La surface
rectangulaire de contact du pied de conteneur avec le revêtement est décrite par un
assemblage de disques circulaires de petit rayon (orifice central négligé en raison de la
diffusion de la charge sur l’épaisseur des couches d’assise). Ils définissent un rectangle de
mêmes dimensions, supportant la même charge verticale. Toutes les interfaces entre
couches sont prises collées.
Dans ces conditions de chargement, les modules de rigidité des matériaux bitumineux pour
les calculs de contraintes sont les modules statiques, dont les valeurs sont résumées dans
le tableau ci-après pour les matériaux standards. Les valeurs de contraintes verticales
admissibles au sommet de la plateforme support sont données ci-après. Elles s’inspirent
des valeurs recommandées par le DTU P13-12 Règles pour le calcul des fondations
superficielles.
La minoration de dans un rapport Kstatic de valeur 1/3 résulte du calage entre les
résultats du modèle de calcul proposé et les constats sur site. Ces constats montrent très
clairement que dépourvu de ce coefficient correcteur Kstatic, le critère de non
dépassement de la résistance Rftk28 conduit à des surdimensionnements inacceptables.
Cette surévaluation des sollicitations réelles par le modèle MEL découle en partie du fait
que sous fort niveau de sollicitation, il ne permet pas de reproduire le comportement
viscoélastique des matériaux, ni les mécanismes tels que la relaxation en traction ou la
fissuration, ici non préjudiciable à la stabilité des structures.
Les valeurs des résistances Rfk28 des bétons et MTLH normalisés sont données dans le
tableau suivant :
Valeurs des résistances caractéristiques Rftk28 pour les bétons et MTLH normalisés.
Ce paramètre de calcul n’a pas été précisé dans le CCTP. On retiendra un niveau de risque
de 15 % (donnée d’entrée à confirmer par le maitre d’ouvrage).
Les poids équivalents à l’essieu Peq calculés pour les différents types de structures
dépassent largement les 200 kN. Par conséquent, on retiendra la valeurs Kc2 définies dans
l’article de la RGRA soit kc2 = 2.2
Les largeurs des voies de circulation pour les Reachstackers sont très larges. On retiendra
un balayage de 1,5 m
Le chapitre IV.1) met en évidence une charge caractéristique de 22 t par conteneur répartis
sur les plaques d’appuis d’extrémité sous conteneurs. Le cas de charge précisé ci-dessous
est une modélisation de 4 plaques d’appuis correspondant à 4 emplacements mitoyens. Il
s’agit de la configuration la plus défavorable.
0.162m
0.05
0.162m
Pression
P=0.195 MN
variable
Sollicitation retenues :
Reach-stacker chargé
1 518 400
de conteneur vide
Reach-stacker chargé
169 200
de conteneur de 16 t
Reach-stacker chargé
18 800
de conteneur de 32 t
1
K static x t R ftk 28 avec K static
3
IX) Conclusion
Sollicitation retenues :
Reach-stacker chargé
1 518 400 760 000
de conteneur vide
Reach-stacker chargé
169 200 84 000
de conteneur de 16 t
Reach-stacker chargé
18 800 9400
de conteneur de 32 t
** le trafic total de reachstackers appliqué sur la plateforme est divisé par 4 pour prendre
en compte la redistribution dans les allées au lieu de 2 pour les hypothèses prudentes.
Le poids des conteneurs pour la vérification statique est égale au poids moyen précisé au
marché soit 16 t.
Annexe
Annexe 1 :Calcul Alizé zone 1 : manutention voirie lourde / GC2 5% / SC5 %
Trafic retenu
Modélisation des quatre pièces de coins cote à cote des quatre conteneurs