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Le document présente des matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable, en mettant l'accent sur la mise en place de la réglementation environnementale RE 2020. Il aborde les exigences physiques, les points d'attention, ainsi que les perspectives d'évolution jusqu'en 2050. La justification des exigences environnementales est également discutée, incluant des méthodes d'analyse de cycle de vie et des fiches de déclaration environnementale et sanitaire (FDES).

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COUV_REPERES 92.

qxp_Mise en page 1 02/02/2022 18:35 Page1

janvier 2022
n° 90
repères
maîtrise d’ouvrage

Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable


ier 2022 - 29
Matériaux stratégiques pour

ahiers - janv
la construction et la rénovation
bas carbone et responsable

Collection C
repères n°90
Cahiers
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La collection des Cahiers, perspectives


toute l’expertise de l’Union références
repères
sociale pour l’habitat
signets
actes

Une déclinaison par thématique

accession sociale études économiques patrimoine


aménagement et urbanisme europe politiques sociales
communication habitants/locataires qualité de service
copropriétés maîtrise d’ouvrage ressources humaines
droit et fiscalité numérique et systèmes ville et renouvellement
énergie et environnement d’information urbain
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8• Favoriser les éco-comportements des
dans le domaine de l’habitat et du logement, Hlm, septembre 2020
patrimoniales de l’Union sociale pour l’habitat. habitants du logement social, septembre 2017
édition 2018 73• Laïcité et vivre-ensemble : repères pour les
› Pierre Frick, adjoint au directeur, direction de la Maîtrise d’ouvrage et des Politiques patrimoniales de l’Union sociale pour l’habitat. 9• La gestion de logements locatifs en
6• Les Hlm dans l’Union européenne organismes Hlm, septembre 2020 copropriété : un impact fort sur les cultures
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développement, direction des prêts, Banque des Territoires. 2019 femmes victimes de violences conjugales : organismes Hlm, juillet 2018
7• Un panorama de recherches en cours dans le guide juridique des bonnes pratiques, 10• Manager les relations fournisseurs : vers la
réalisation domaine de l’habitat et du logement, édition octobre 2020 construction progressive d’une relation
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domaine de l’habitat et du logement, édition repères pour une mise en œuvre, novembre d’intérêt général, février 2020
› Solutions bois et biosourcées, reconnaissance technique : Julien Lamoulie. 2020
2021
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76• Pratiques d’accompagnement des faciliter l’acculturation et les modalités de
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patrimoniales, juin 2019 77• La gestion des encombrants, décembre 2020 13•Repérer les situations de fragilité des
locataires, décembre 2021
61• Vente Hlm : nouveaux enjeux, nouvelles 78• Qu’est-ce qu’une politique de vente Hlm
remerciements
stratégies, juin 2019 - MAJ 2021 responsable ? janvier 2021
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61 bis• Vente Hlm : nouveaux outils, juin 2019 79• L’état du BIM et l’élaboration d’un cadre
› ARCHIPEL HABITAT : Sandrine Cassan, ingénierie du patrimoine et innovation, direction Développement et Patrimoine (DDP). MAJ 2021 1• Construire pour gérer : une spécificité de la
méthodologique d’évaluation du ROI, janvier maîtrise d’ouvrage Hlm - Regards croisés
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d’acteurs, septembre 2015
› EST MÉTROPOLE HABITAT : Paul Sachot, chargé de mission Expérimentation et Financement, direction de l’Aménagement un outil renouvelé au service de la 80• Résilience urbaine du parc social : prise en
stratégie de l’organisme Hlm, juillet 2019 2• RSE et DSU au service de la stratégie
et de l’Habitat Durable (DAHD). compte des aléas climatiques, janvier 2021 d’entreprise, octobre 2016
63• Le développement des opérations 81• Fonds de soutien à l’innovation (FSI) : Les
› HABITAT HAUTS DE FRANCE : Rémy Delbaere, responsable maîtrise d’ouvrage. 3• Rapport d’impact Hlm 2019 - Indicateurs
d’accession sociale dans l’ancien, octobre nouvelles règles de financement des
› HAUTE SAVOIE HABITAT : Salomé Perrick, coordinateur d’achats responsables. 2019
sociaux et environnementaux du secteur Hlm
actions d’innovation et de modernisation, français, juin 2020
› HAUTS DE SEINE HABITAT : Habib Ait Tizgui, directeur des travaux réhabilitations ; Jean François Bichet, directeur des études 64• Pour une participation efficace et mars 2021
et de la constructions neuve ; Réjane Dhomme, animatrice développement durable. renouvelée des locataires Hlm, février 2020 82• Relogement des ménages issus des collection les actes
› ICF HABITAT : Violaine Jacolin, responsable Développement Durable & Energie ; Paul Cukierman, chargé de projet 65• Gestion de la demande et des attributions copropriétés dégradées, mars 2021 22• Quoi de neuf chercheurs ? L’habitat social
dans le cadre de la loi ELAN, février 2020 objet de recherche et terrain d’insertion
Développement durable. 83• Location voulue : étude des
des jeunes chercheurs, Journée d’étude du
66• Développer le logement abordable en expérimentations conduites, mars 2021
› ICF-Habitat Sud et Méditerranéen : Florence Lemey, Méthodes et Transition Énergétique, direction du patrimoine. maîtrise d’ouvrage sociale : 27 leviers à
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locataires Hlm et engagement des bailleurs communication Journée professionnelle
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85• Le fonctionnement des immeubles 24• Quoi de neuf acteurs ? La journée
juin 2020
› SEINE SAINT DENIS HABITAT : Lucas Colombies, responsable innovation ; Martine Cany. de logements sociaux dans des d’actualité du Réseau des acteurs de
68• Les Hlm en chiffres, édition 2020, août 2020 ensembles immobiliers mixtes, mai 2021 l’habitat, Journée d’étude du 20 mars 2019
› VAL D’OISE HABITAT : Younes Issaadi, directeur de l'Expertise et de la Performance Technique.
69• Projet Smart Eco Réno - Intégrer une 86• L’Europe investit dans le logement social : 25• Quoi de neuf chercheurs ? La vente de
› VILOGIA, Pascal Vandebussche, chef de Projets Ingénierie R&D, direction du Développement et des Partenariats. architecture numérique dans le cadre de la décodeur Hlm, juillet 2021 logements sociaux à l’épreuve de la
› 3F : Patrick Peposi, coordinateur de la Politique Technique Groupe ; Cécile Oechsner de Coninck, cheffe de projet DAD - rénovation thermique d’un bâtiment - recherche, Journée d’étude du 28 novembre 2019
87• Développement d’activités : les pratiques
Rapport d’étape, août 2020
Architecture et Développement Durable. innovantes des organismes Hlm, septembre 26• Quoi de neuf acteur(s) ? Les Webinaires
› 3F IMMOBILIÈRE BASSE SEINE : Charline Clément, cheffe de projet et de développement. 70• Mobiliser le bail réel solidaire dans le 2021 d’actualité du Réseau des acteurs de
cadre de la vente du patrimoine Hlm, l’habitat, 18 novembre et 8 décembre 2020
88• Les Hlm en chiffres - Édition 2021,
septembre 2020
septembre 2021 27• Réinventer la communication institution-
71• Le régime d’impôt sur les sociétés des nelle : le rapport d’activité à l’heure des
89• Le métier de syndic solidaire au sein du
Maquette et réalisation : 62Avenue, Paris - Impression : DEJALINK - Stains - janvier 2022 organismes Hlm, septembre 2020 vidéos et podcasts, Webinar du 8 avril 2021
secteur Hlm : quelles perspectives ?
Photo couverture : ©Joris Ide. novembre 2021

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Reproduction interdite - Dépôt légal : mars 2015, ISSN 2426-1629 - Collection Cahiers de l’Union sociale pour l’habitat.
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sommaire

synthèse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2

partie 1 - mise en place de la RE 2020 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5


1. Présentation générale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2. Grandeurs physiques et exigences successives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
3. Points d’attention . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
4. Perspective à horizon 2050 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

partie 2 - justification des exigences environnementales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13


1. Méthode d’analyse de cycle de vie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2. Fiche FDES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
3. Types de FDES et configurateurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
4. Labellisations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27

partie 3 - reconnaissance technique et assurabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29


1. Règlementation ou norme : quelles différences ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2. Ouvrage traditionnel et non traditionnel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
3. Assurabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
4. Principales procédures d’évaluation et de reconnaissance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32

partie 4 - panorama des filières et solutions constructives valorisant la mixité . . . . . . . . . . . . . . . 35


1. Filière acier. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
2. Filière béton . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
3. Filière biosourcée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
4. Filière bois . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
5. Filière terre cuite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
6. Filière pierre naturelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
7. Fiches synthétiques sur les principales solutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62

partie 5 - choix des solutions constructives et intérêt pour les occupants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65


1. Critères de choix des solutions constructives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
2. Intérêt du bas-carbone pour les occupants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68

partie 6 - perspectives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69

annexe 1 - principales sources d’informations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71

annexe 2 - fiches synthétiques sur les principales solutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75

1
janvier 2022 / n°90
synthèse

l’ entrée en vigueur progressive de la réglementation environnementale (dite RE 2020)


à compter du 1er janvier 2022 aura un impact certain sur la prescription et la façon
de construire, notamment avec la survenue de la prise en compte de l’impact
carbone des produits de construction et ses conséquences sur l’ouvrage durant l’ensemble du
cycle de vie.

Afin d’avoir une vue d’ensemble permettant de mieux anticiper ce sujet, l’Union sociale pour
l’habitat a confié à l’Institut Carnot MECD une étude sur les « matériaux stratégiques pour la
construction et la rénovation bas carbone et responsable », objet du présent rapport. Visant en
priorité les solutions constructives permettant de réaliser les lots structure, enveloppe, façade
et couverture, pour la construction neuve comme la rénovation de bâtiments résidentiels
individuels ou collectifs, leurs aspects techniques et environnementaux et la mixité des
procédés constructifs composent l’essentiel de cette étude.

Inscrite en continuité de la réglementation thermique RT 2012, la RE 2020 a pour but de réduire


un peu plus la consommation énergétique des bâtiments par le relèvement des seuils de
performance, et ajoute une évaluation environnementale qui se traduit par l’apparition de
l’indicateur « carbone » pour l’ouvrage et ses composants. Applicable dès l’an prochain aux
logements, puis aux bureaux, cette nouvelle réglementation s’étendra à toutes les destinations
d’ouvrages bâtis dans le courant de l’année 2023.
Participant pleinement aux objectifs de réduction de la consommation d’énergie et d’émissions
de gaz à effet de serre, les seuils de performance des bâtiments neufs seront relevés tous les
trois ans par des paliers progressifs, déjà établis. Le volet environnemental introduit le recours
à l’analyse de cycle de vie et à une approche dite dynamique (orientation gouvernementale
parfois controversée) et un point d’attention tout particulier doit être mis sur la mise en pratique
de ces évaluations, notamment à l’aide des fiches de déclarations environnementales et
sanitaires.

2
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
Ainsi, le présent rapport décrit en détail la méthode de l’analyse de cycle de vie (ACV) et les
documents ou outils de référence qui permettent sa mise en pratique. Alors que la RE 2020 ne
prend en compte que l’indicateur réchauffement climatique, cette partie permet de montrer
que cette méthode conduit à évaluer une large gamme d’impacts environnementaux qui tous
ont un rôle et une implication directe en matière de développement durable, comme les déchets
produits, l’aptitude au recyclage ou encore la consommation des ressources en eau : autant
d’aspects qui doivent être considérés pour mener une véritable démarche d’économie circulaire
et de préservation des ressources.

Pour relever ces défis environnementaux et traiter du volet relatif à la construction, les
procédures de reconnaissance des procédés constructifs et les démarches d’introduction à
l’innovation sont rappelées afin de permettre aux maîtres d’ouvrage d’anticiper au mieux ces
parcours.
Les principaux procédés constructifs sont ensuite présentés par filière de matériaux : acier,
béton, bois et bio sourcés, terre cuite et pierre naturelle. Pour chacune d’elles sont abordés les
avantages qu’elles confèrent, la structuration des acteurs qui les composent en particulier au
regard des enjeux environnementaux et une description des produits les plus courants avec,
en annexe, une série de fiches descriptives et illustrées précisant les domaines d’utilisation, les
fonctions remplies par ces composants et mentionnant quelques références d’opérations de
logements y ayant eu recours.

Face au défi majeur que l’ensemble des acteurs de la construction – du fabricant de produit à
l’utilisateur du bâtiment en passant par le maître d’ouvrage - doit relever, il est plus probable
que les solutions ne pourront relever d’un seul matériau et que, plus que jamais, l’avenir de la
construction se développera au travers du recours à la mixité des produits, des techniques et
des usages.

3
janvier 2022 / n°90
4
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
PARTIE 1 Mise en place de la RE 2020

5
janvier 2022 / n°90
partie 1 - Mise en place de la RE 2020

1. PRÉSENTATION GÉNÉRALE
La réglementation thermique 2012 a laissé place à la réglementation environnementale 2020 (RE
2020) depuis le 1er janvier 2022 pour les bâtiments neufs à usage d’habitation, puis dès le 1er juillet
2022 pour les bâtiments à usage de bureaux et d’enseignement primaire et secondaire.
Visant la construction de bâtiments, la RE 2020 est définie par le décret n° 2021-1004 du 29
juillet 2021 et par l’arrêté du 4 août 2021.
Comme l’indiquent ces textes, en sus des bâtiments neufs, les extensions de bâtiments d’une
surface supérieure à 150 m² sont concernées à compter de la fin de l’année 2022.

Au-delà de l’amélioration des performances thermiques précédemment fixées par l’actuelle RT 2012, la
RE 2020 imposera des exigences nouvelles en matière de confort d’été et d’impact carbone des bâti-
ments et de leurs composants. L’un des objectifs est aussi de cesser d’utiliser des énergies fossiles.

Ainsi, les postes énergie évoluent et s’étendent à d’autres usages que ceux pris dans le périmètre
de la RT, en particulier les ascenseurs, l’éclairage et la ventilation des parties communes. Le seuil
du besoin bioclimatique (Bbio), qui traduit le besoin en énergie d’un bâtiment pour rester à une
température confortable, en fonction de la qualité de son isolation et de sa conception générale,
sera abaissé en moyenne de 30%. Il sera néanmoins modulé selon la zone géographique, l’altitude,
l’exposition aux zones de bruit, etc.

Par ailleurs, la surface de référence (SRT) utilisée pour la RT 2012 va disparaître pour être remplacée
par la surface habitable (SHAB) pour les maisons individuelles, les logements collectifs et les
usages résidentiels assimilés.
La SHAB correspond à la somme des surfaces de chaque pièce habitable, mais sans inclure les sur-
faces telles que les épaisseurs de murs extérieurs et cloisons, les combles non aménagés, les
sous-sols, les vérandas... Elle intègre toutefois les locaux techniques non chauffés.

Les dispositions de la RE 2020 ne s’appliquent qu’aux parties de bâtiments qui, en utilisation nor-
male, sont chauffées à une température supérieure à 12°C ou refroidies à une température
inférieure à 30°C, et aux parcs de stationnement associés.
Le décret stipule par ailleurs que le maître d’ouvrage aura la charge de conserver les données des
calculs durant une durée minimale de six ans à compter du dépôt du permis de construire.

Figure 1 : Comparaison de de la SRT et de la SHAB sur un exemple de maison individuelle


(Source : Joris Périé architecte – perie-archi.fr).

SURFACE RT SURFACE HABITABLE


Combles aménageables Combles non
Combles aménageables Combles non
non aménagés aménageables
non aménagés aménageables
Combles aménagés Combles aménagés

6
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
2. GRANDEURS PHYSIQUES ET EXIGENCES SUCCESSIVES
Pour l’application de la RE 2020, la période d’étude de référence est conventionnellement fixée à
50 ans pour tous les types de bâtiments et le périmètre physique retenu est celui du permis de
construire, incluant le bâtiment et sa parcelle.

Pour l’énergie, la RE 2020 définit trois grandeurs physiques : deux pour la prise en compte des
impacts carbone et une pour le confort d’été. À chacune d’elle est associé un niveau d’exigence,
en fonction notamment de la localisation et de la typologie d’ouvrage qui évoluera au fur et à
mesure des périodicités déterminées dans le texte de l’arrêté. C’est en particulier le cas de l’indi-
cateur sur l’impact carbone des composants dont le seuil défini en 2022 devrait être révisé pro-
gressivement en 2025, 2028 et 2031, afin d’augmenter la part des composants qui stockent du
carbone.

ÉNERGIE
Bbio (en points) : indicateur adimensionnel valorisant la conception bioclimatique.
Cep (kWhep/m2.an) : consommation en énergie primaire en prenant en compte un ensemble
de postes.
Cep.nr (kWhep/m2.an) : consommation en énergie primaire non renouvelable, hors export
d’énergie par le bâtiment.

CARBONE
ICconstruction (kgCO2/m2) : impact sur le changement climatique associé aux composants
du bâtiment
CO2 ICénergie (kgCO2/m2) : impact sur le changement climatique associé aux consommations
d’énergie primaire
ICbâtiment (kgCO2/m2) : somme des deux indicateurs précédents et de l’impact sur le
changement climatique des consommations et rejets d’eau pendant l’exploitation du
bâtiment

CONFORT D’ÉTÉ
DH (°C.h) : Nombre d’heures cumulées au-delà duquel on considère la température
comme inconfortable

Les valeurs des coefficients Bbio max, Cep, nr_ max, Cep_max, Icénergie_max et Icconstruction_max
sont calculées en fonction d’une série de valeurs correspondantes et déterminées pour un bâtiment
moyen, représentatif des usages pour une même destination d’ouvrage.

7
janvier 2022 / n°90
partie 1 - Mise en place de la RE 2020

En outre, la RE 2020 porte l’ambition d’une amélioration progressive des performances énergétiques
et environnementales des constructions qui se traduit par un abaissement des seuils de performance
par paliers successifs allant au-delà de 2030. Ainsi, à titre d’illustration, les valeurs des coefficients
pour un bâtiment moyen évoluent comme mentionné dans le tableau suivant :

Figure 2 : tableau des valeurs maxmoyen pour les coefficients selon usage de la partie du bâtiment et,
le cas échéant, l’énergie utilisée.

Valeur de Bbio_maxmoyen
Maisons individuelles ou accolées 63 points

Logements collectifs 65 points

Valeur de Cep, nr_maxmoyen Valeur de Cep_maxmoyen


Maisons individuelles ou accolées 55 kWhep/(m².an) 75 kWhep/(m².an)

Logements collectifs 70 kWhep/(m².an) 85 kWhep/(m².an)

Valeur de Icénergie_maxmoyen
Année 2022 à 2024 Années 2025 à 2027 À partir de l’année 2028

Maisons individuelles ou accolées 160 kq éq. CO2/m² 160 kq éq. CO2/m² 160 kq éq. CO2/m²

Logements collectifs raccordés


à un réseau de chaleur urbain 560 kq éq. CO2/m² 320 kq éq. CO2/m² 260 kq éq. CO2/m²

Logements collectifs – autres cas 560 kq éq. CO2/m² 260 kq éq. CO2/m² 260 kq éq. CO2/m²

Valeur de ICconstruction_maxmoyen
Années 2022 à 2024 Années 2025 à 2027 Années 2028 à 2030 À partir de l’année 2031

Maisons individuelles ou accolées 640 kq éq. CO2/m² 530 kq éq. CO2/m² 475 kq éq. CO2/m² 415 kq éq. CO2/m²

Logements collectifs 740 kq éq. CO2/m² 650 kq éq. CO2/m² 580 kq éq. CO2/m² 490 kq éq. CO2/m²

Au-delà des seuils d’exigence sur les aspects énergétiques et environnementaux, des obligations
de moyens sont également définies dans les projets de textes de la RE 2020. Ils concernent notam-
ment l’étanchéité à l’air, le traitement des ponts thermiques, l’accès à l’éclairage naturel ou encore
les protections solaires.

Les calculs s’effectuent à l’aide de logiciels approuvés par le ministre chargé de l’énergie et le
ministre chargé de la construction, afin de vérifier notamment que les résultats obtenus sont
conformes à la méthode de calcul et que leur interface minimise le risque d’erreurs de saisie par
le modélisateur.

Il incombe au maître d’ouvrage d’établir un récapitulatif standardisé d’étude énergétique et envi-


ronnementale au plus tard à l’achèvement des travaux, en version informatique à l’aide d’un
logiciel approuvé.

8
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
3. POINTS D’ATTENTION

3.1 ACV dynamique vs ACV statique

Applicable à tout secteur d’activité, l’analyse de cycle de vie est une démarche multicritères définie par
les normes internationales ISO 14040 et ISO 14044 pour calculer les impacts environnementaux d’un pro-
duit ou d’un service.
Dans la construction, les normes européennes et françaises en vigueur précisent les modalités de la
méthode d’ACV.
Pour les calculs des impacts des émissions de gaz à effet de serre (indicateur changement climatique),
c’est la méthode statique qui figure dans les normes : ce calcul considère qu’une émission a le même
impact quelle que soit sa date d’émission durant le cycle de vie du bâtiment.

À l’occasion de la mise en place de la RE 2020, le ministère de la Transition écologique a choisi d’utiliser une
méthode de calcul des impacts environnementaux alternative à celle habituellement utilisée : la méthode
dite « dynamique » à la place de la méthode dite « statistique ». Cette méthode dynamique d’ACV repose sur
le principe que l’impact d’une émission ou captation dépend de sa date d’émission : plus une émission (ou
captation) de gaz à effet de serre à lieu tôt, plus son impact (ou la réduction) est fort sur le réchauffement cli-
matique. Dans la méthode dynamique, les impacts des émissions des gaz à effet de serre issues des données
environnementales sont pondérés par un coefficient dont la valeur est dépendante de la date des émissions.
Si ce postulat correspond à une réalité physique, la méthode choisie par le ministère suscite encore de
nombreuses critiques de la part de la plupart des experts (hors filières bois et biosourcées) en raison des
simplifications et hypothèses retenues qui surévaluent les bénéfices de ce décalage dans le temps.

+ D’INFORMATIONS SUR CE POINT EN VIDÉO : www.youtube.com/watch?v=0mwlNbnE41c

3.2 Disponibilités des données environnementales

Les données environnementales portent soit sur des produits de construction, soit sur des équipements. Ces
données sont souvent réunies dans des déclarations environnementales, établies selon des formats norma-
lisés : ce sont les fiches de déclarations environnementales et sanitaires (FDES) pour les produits et le Profil
Environnemental Produit (PEP) pour les équipements électriques, électroniques et de génie climatique.
Ces déclarations peuvent être individuelles ou collectives. En l’absence de FDES ou PEP correspondant à
la prescription, des données environnementales par défaut (DED) maximisant largement les impacts ont
été déterminées par les pouvoirs publics pour permettre la conduite des études environnementales et
plus encore pour encourager la réalisation de FDES/PEP.

En France, les données mises à disposition sur la base INIES ont toutes fait l’objet d’une vérification par un
expert tierce partie afin de s’assurer de leur conformité. D’autres données peuvent éventuellement être
accessibles sur les sites des fabricants ou via des configurateurs : eux-mêmes vérifiés et le plus souvent
accessibles depuis INIES, ces outils en ligne favorisent l’utilisation de données environnementales pour
des gammes étendues de produits.
Lors d’une étude, il est essentiel de s’assurer de la cohérence des périmètres pris en compte et des bonnes
conditions d’utilisation de ces informations.

Les valeurs utilisées comme donnée d’entrée au calcul des indicateurs de type Ic correspondent aux carac-
téristiques des composants :
w prévus lorsque le bâtiment n’est pas achevé ;
w effectivement mis en œuvre à l’achèvement des travaux.

9
janvier 2022 / n°90
partie 1 - Mise en place de la RE 2020

3.3 Au-delà du carbone

Établie selon les indications de la norme en vigueur, une analyse de cycle de vie délivre selon la
norme NF EN 15804+A2 les informations pour 31 indicateurs d’impacts environnementaux. Malgré
sa célébrité, celui sur le changement climatique, mesuré en kgCO2/m² n’est que l’un d’eux et ne
peut à lui seul permettre de comparer les solutions constructives. En effet, les actions mises en
place pour réduire les impacts environnementaux liés au bâtiment doivent également prendre en
compte l’utilisation des ressources et la réduction des déchets. Ce sujet est d’ailleurs au cœur de
la deuxième actualité forte de la filière bâtiment avec la mise en place d’une responsabilité élargie
des producteurs (REP) prévue au 1er janvier 2022 et repoussé au 1er janvier 2023 qui imposera
des objectifs en termes de recyclage et réemploi des composants. Cette REP dite PMCB (Produits
et Matériaux de Construction pour le Bâtiment) est issue de la loi n°2020-105 relative à la lutte
contre le gaspillage et à l’économie circulaire (dite AGEC) qui a été adoptée le 10 février 2020.
Afin de ne pas reporter sur les générations futures les conséquences de nos choix, se focaliser sur
le stockage carbone ne doit pas faire perdre de vue les aspects de valorisation en fin de vie.

3.4 E+C vs RE 2020

Le label Bâtiments à Énergie Positive et Réduction Carbone, dit E+C-, a été créé en 2016 par l’État
pour préfigurer la mise en place de la RE 2020. Il portait d’une part sur une évaluation du bilan
énergétique de l’ensemble des usages, évalué par l’indicateur « bilan BEPOS » avec 4 niveaux de
performance (E0 à E3), et d’autre part sur l’évaluation des émissions de gaz à effet de serre des
produits et équipements sur l’ensemble du cycle de vie, évalué par l’indicateur « Carbone » avec
2 niveaux de performance (C1 et C2).

Pour les aspects de performance environnementale, suivant la méthode employée (simplifiée ou


détaillée), le nombre d’indicateurs à calculer variait de 9 à 28. Ces indicateurs environnementaux
étaient déterminés pour chacune des phases du cycle de vie d’un bâtiment relatif et leur calcul
est décomposé en quatre contributeurs comme présenté dans le tableau suivant :

Étapes du cycle de vie d’un bâtiment

Phase de Phase de
Phase de production Phase de fin de vie
construction d’exploitation

Produit de construction
et équipements
Contributeurs

Consommation d’énergie

Chantier

Consommation d’eau

10
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
Il existe des différences notables entre cette expérimentation et le contenu de la RE 2020. La prin-
cipale concerne la méthode d’analyse de vie avec l’apparition dans le texte règlementaire de l’ACV
dynamique. Les surfaces de référence ou les postes de consommation énergétique ont également
évolué. Cela rend difficile la comparaison entre les résultats de cette expérimentation et l’application
à terme des textes de la RE 2020.

Dans le cadre de l’École bas carbone du logement social, les opérations E+C- des organismes Hlm
seront passées « au crible » de la RE 2020 afin de vérifier leur performance environnementale au
sens de cette dernière.

4. PERSPECTIVE À HORIZON 2050


La neutralité carbone est un des principaux enjeux de la Stratégie Nationale bas carbone. Pour le
secteur de la construction à l’horizon 2050, cela se traduit d’abord par la décarbonation de
l’industrie dédiée à la fabrication des matériaux, ce qui induit des évolutions très significatives et
des programmes de recherche et d’innovation conséquents. À cela s’ajoute une meilleure valori-
sation du patrimoine bâti pour allonger le cycle de vie des produits et ouvrages et ainsi réduire les
besoins en matériaux neufs. Le développement du réemploi ou l’évolutivité/flexibilité des bâti-
ments, axes majeurs de l’économie circulaire, sont deux voies à privilégier pour répondre à ces
enjeux.
La rénovation est également une réponse à l’adaptation au changement climatique.

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repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
PARTIE 2 Justification des exigences
environnementales

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partie 2 - Justification des exigences environnementales

INTRODUCTION
Tous les produits ont un impact sur l’environnement qui peut être lié à sa
fabrication, sa mise en œuvre, son usage ou encore à sa fin de vie. Afin de
l’évaluer objectivement, différents outils ont été développés au niveau
international avec des spécificités en fonction des pays. Ils permettent
de prendre en compte aussi bien les consommations de ressources que la
production de déchets ou les émissions polluantes.
La mise à disposition des différents vecteurs énergétiques et leur utilisa-
tion dans le bâtiment ont des impacts environnementaux. Les données
utilisées sont conventionnelles. Les impacts environnementaux des éner-
gies sont fixés par le ministère en charge de l’énergie1.

1. MÉTHODE D’ANALYSE DE CYCLE DE VIE


Une analyse de cycle de vie, dite ACV, est une méthode d’évaluation environnementale qui permet
d’évaluer les différents impacts potentiels d’un produit, d’un service ou d’un ouvrage, sur l’ensemble
de son cycle de vie, de l’extraction des matières premières qui le composent jusqu’à son traitement
en fin de vie, selon l’expression « du berceau à la tombe ». Fondée sur la norme ISO 14040-44, la
base de cette méthode, reconnue et diffusée au niveau international, est commune pour tous les
types d’activités et de fabrication : automobile, agriculture, construction, industrie, etc. Des complé-
ments permettent de faciliter et d’ajuster son application aux diverses spécificités de ces activités.

1.1 Principe

La méthode consiste à dresser le bilan le plus complet possible des flux entrants dans la composi-
tion, la transformation, l’utilisation et la fin de vie d’un produit ou d’un service. Ces flux, nécessaires
à chacune des étapes évoquées précédemment, prennent en compte des matières, de l’énergie
ou du transport. Également comptabilisés, les flux sortants considèrent toutes les émissions dans
l’air et dans le sol et les déchets générés à chacune des étapes du cycle de vie. Ensuite, grâce à
des logiciels dédiés, ces flux sont convertis et ventilés selon chacun des indicateurs d’impacts
environnementaux représentant à la fois des impacts potentiels (ex : X kg d’équivalents CO2 pour
l’effet de serre) et des flux physiques (ex : X kg de déchet dangereux).

Pour le domaine du bâtiment, les outils reposent tous sur deux normes d’application des méthodes
d’ACV : l’une consacrée aux produits et équipements (NF EN 15804) et l’autre aux ouvrages de
bâtiments (NF EN 15978). Ces deux normes européennes précisent les conditions d’application

1. Arrêté du 4 août 2021 relatif aux exigences de performance énergétique et environnementale des constructions de bâtiments en
France métropolitaine et portant approbation de la méthode de calcul prévue à l’article R. 172-6 du code de la construction et de
l’habitation Annexe II : Règles générales pour le calcul de la performance énergétique et environnementale 2.2.23.

14
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
particulières de la méthode et de ses principes de calcul et définissent notamment l’organisation
du cycle de vie selon quatre modules (cf. figure 3) :
w Module A pour la production et la construction :
› A1-A3 : fabrication, transport et approvisionnement en matières premières ;
› A4-A5 : processus de construction et installation, transport.
w Module B : utilisation : B1-B7 : utilisation, maintenance, réparation, entretien, remplacement,
utilisation d’énergie et d’eau (en usage).
w Module C : fin de vie : C1-C4 - démolition/déconstruction, transport, traitement des déchets,
élimination.
w Module D : bénéfices et charges au-delà des frontières du système étudié (c’est-à-dire du
bâtiment) - possibilités de réutilisation, récupération ou recyclage.

Figure 3 : présentation des modules permettant de décrire l'ensemble du cycle de vie.

PRODUCTION MISE EN ŒUVRE

w A1 : appro matières w A4 : transport


premières w A5 : installation
w A2 : transport
w A3 : fabrication

VIE EN ŒUVRE
BÉNÉFICES ET CHARGES w B1 : utilisation
AU-DELÀ DES FRONTIÈRES w B2 : maintenance
DU SYSTÈME
w B3 : réparation
w Possibilité de réutilisation, w B4 : remplacement
récupération, recyclage w B5 : réutilisation
w B6 : Utilisation de l’énergie
durant l’étape d’utilisation
w B7 : utilisation de l’eau
FIN DE VIE durable l’étape d’utilisation

w C1 : démolition/déconstruction
w C2 : transport
w C3 : traitement des déchets
w C4 : élimination

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partie 2 - Justification des exigences environnementales

Figure 4 : exemple
d'application pour
des produits longs
en acier
(source : Save-Construction).

16
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
Ainsi, pour mener à bien une étude de performance environnementale de bâtiment, il convient
dans un premier temps de disposer des données environnementales des composants d’une
construction, à savoir les produits et les équipements, qui sont réunies respectivement dans les
fiches de déclaration environnementale (FDES) présentées au paragraphe 2 du présent document,
ou les profils environnementaux (PEP).
Une étude de performance environnementale de bâtiment utilise ensuite les informations envi-
ronnementales des produits et équipements prescrits pour l’ouvrage, afin de les associer aux
quantités de l’ensemble de chacun des composants figurant dans les métrés du projet selon les
lots qui le constituent.

Lot 1. VRD Lot 8. CVC (chauffage, ventilation, refroidissement, ECS)*


Lot 2. Fondations et infrastructure Lot 9. Installations sanitaires*
Lot 3. Superstructure, maçonnerie Lot 10. Réseaux d’énergie (courant fort)*
Lot 4. Couverture, étanchéité Lot 11. Réseaux de communication (courant faible)*
Lot 5. Cloisonnement, doublage, Lot 12. Appareils élévateurs et autres équipements de
plafonds suspendus, menuiseries intérieures transport intérieur
Lot 6. Façades et menuiseries extérieures Lot 13. Équipement de production locale d’électricité
Lot 7. Revêtements des sols, murs et plafonds Fuites de fluides frigorigènes

Le calcul de toutes les contributions aux impacts environnementaux suit un principe identique
pour chacun des lots : associer une donnée de projet (quantité de produit, quantité d’énergie
issue du calcul énergétique, donnée de chantier…) à une donnée environnementale pertinente qui
fournit les impacts unitaires liés à cette donnée de projet.

Le calcul de l’impact environnemental consiste le plus souvent à simplement multiplier la donnée


de projet par la donnée environnementale. Un paramètre d’adaptation de la donnée de projet au
bâtiment est parfois nécessaire : ce facteur peut consister par exemple en un facteur de renouvel-
lement lié à la durée de vie, de pondération dynamique, d’adaptation de la quantité à l’unité fonc-
tionnelle utilisée dans la donnée environnementale unitaire (par exemple passage d’une masse à
une surface grâce à une densité surfacique), de prise en compte d’une distance propre au chantier,
d’un taux d’affectation de la quantité au bâtiment étudié dans le cas de parcelles multi bâtiments
ou encore d’autoconsommation d’énergie produite localement.

Chaque contribution peut potentiellement être calculée :


w par un calcul détaillé ou par un calcul simplifié (tous deux décrits dans l’arrêté du 4 août
2021) ;
w par une méthode statique ou par une méthode dynamique (uniquement applicable au calcul
des impacts des émissions de gaz à effet de serre).

Plus de détail dans le tableau 5 – « Description de la composition physique du bâtiment en lots et


sous lots » pages 26 à 32 de l’Arrêté du 4 août 2021 décrivant les règles de la Réglementation
Environnementale 2020 :
https://www.legifrance.gouv.fr/download/pdf?id=LBxKOX3Duk3h0j_ck_WBwvf9HBYDu3aS
YhPKEIm97w4=

17
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partie 2 - Justification des exigences environnementales

2. FICHE FDES

2.1 Objectif et contenu

Une fiche de déclaration environnementale et sanitaire, dite FDES, est la version française d’un
document normalisé qui présente les résultats de l’analyse de cycle de vie menée sur la durée de
vie complète du produit visé : « du berceau à la tombe » : elle est fixée par convention à 50 ans.
En France, sont ajoutées à cette fiche des informations sanitaires et de confort. Une FDES est
établie pour un produit de construction précis, appartenant à une gamme et peut être individuelle
ou collective.

Chaque FDES est organisée de la façon suivante :


w Identité de l’émetteur de la FDES et caractéristiques du produit : constituants principaux
(matières premières, éventuelles substances dangereuses…), produits complémentaires pour
la mise en œuvre, emballages… ;
w Unité fonctionnelle du produit et sa durée de vie (ex : assurer la fonction de mur porteur sur
1m² pendant 100 ans) ;
w Description des différentes étapes du cycle de vie en application des modules figurant
dans les normes ;
w Profil environnemental sous forme de tableaux réunissant l’ensemble des indicateurs envi-
ronnementaux calculés sur l’ensemble du cycle de vie du produit ;
w Informations santé et confort d’usage : contribution du produit à la qualité sanitaire des
espaces intérieurs et de l’eau, contribution à la qualité de vie dans le bâtiment (confort
hygrothermique, acoustique, visuel et olfactif).

Elle peut avoir été établie selon la norme NF EN 15804+A1 et son complément national, NF EN
15804/CN. À compter d’octobre 2022, un nouveau complément national sera publié permettant
l’application des principes normatifs de la norme NF EN 15804+A2, dernière version de la norme
parue en octobre 2019. Ce complément national introduit en particulier des évolutions concernant
le calcul du stockage biogénique ou encore des indications précises relatives au cadre de validité
d’une FDES collective (les conditions de rattachement de produits pouvant être liés à une même
FDES).

Les FDES, individuelles ou collectives, ont une durée de vie de 5 ans et doivent faire l’objet d’une
vérification par une tierce partie indépendante pour leur acceptation sur la base INIES, la base
nationale de référence pour les données environnementales des produits et équipements destinés
à la construction.

Mises à disposition sur la base (https://www.inies.fr/accueil/), les fiches FDES « vérifiées INIES »
permettent d’avoir des données d’entrée fiables pour réaliser les analyses de cycle de vie de bâti-
ments qui vont progressivement devenir obligatoires sur l’ensemble des ouvrages neufs à compter
du 1er Janvier 2022.

18
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
2.2 Focus sur les indicateurs

L’indicateur Réchauffement climatique, souvent appelé « indicateur carbone », est le plus connu
mais ce n’est que l’un des 28 indicateurs2 qui composent un inventaire de cycle de vie issu d’une
ACV format NF EN 15804+A1. Tous sont à prendre en compte pour mener une évaluation environ-
nementale complète.

En effet, les 28 indicateurs (cf. figure 5) d’une FDES sont répartis en quatre catégories :
w impacts environnementaux ;
w consommations de ressources ;
w catégories de déchets : déchets solides éliminés ;
w flux sortants : déchets valorisés et énergie exportée) ;

Figure 5 : 26+2 indicateurs pour mesurer les impacts environnementaux.

Impacts environnementaux Utilisation des ressources


› Réchauffement climatique (kg eq. CO2) › Utilisation de l'énergie primaire renouvelable à l'exclusion des ressources
› appauvrissement de la couche d’ozone (kg eq. CFC11) d'énergie primaire renouvelables utilisées comme matières premières (MJ)
› Acidification des sols et de l'eau (kg eq. S02) › Utilisation des ressources d'énergie primaire renouvelables utilisées en tant
› eutrophisation (kg eq. P043) que matières premières (m3)
› formation d'ozone photochimique (kg eq. C2H4) › Utilisation totale des ressources d'énergie primaire renouvelables (m3)
› Epuisement des ressources abiotiques (ELT) (kg eq. Sb) › Utilisation de l'énergie primaire non renouvelable, à l'exclusion
› Epuisement des ressources abiotiques (FOS) (MJ, PCI) des ressources d'énergie primaire non renouvelab les utilisées comme
› Pollution de l'eau (m3) matières premières (MJ)
› Pollution de l'air (m3) › Utilisation des ressources d'énergie primaire non renouvelables utilisées
en tant que matières premières (MJ)
› Utilisation totale des ressources d'énergie primaire non renouvelables (MJ)
› Utilisation de matière secondaire (MJ)
› Utilisation de combustibles secondaires renouvelables (MJ)
› Utilisation de combustibles secondaires non renouvelables (MJ)
› Utilisation nette d'eau douce (kg)

26+2 indicateurs

Catégories de déchets Flux sortants


› Déchets dangereux éliminés (MJ) › Composants destinés à la réutilisation (kg)
› Déchets non dangereux éliminés (MJ) › Matériaux destinés au recyclage (kg)
› Déchets radioactifs éliminés (m3) › Matériaux destinés à la récupération d'énergie (kg)
› Énergie électrique fournie à l'extérieur (kg)
› Énergie vapeur fournie à l'extérieur (kg)
› Énergie gaz et process fournie à l'extérieur (kg)

2. https://www.inies.fr/wp-content/uploads/2018/04/liste_des_indicateurs_declaration_environnementale_mars_20141.pdf

19
janvier 2022 / n°90
partie 2 - Justification des exigences environnementales

Les indicateurs les plus couramment observés sont :


w Réchauffement climatique (en kg CO2eq) : émissions de gaz contribuant à l’effet de serre et
sera le seul pris en compte dans le cadre de la RE 2020 ;
w Utilisation totale des ressources d’énergie primaire non renouvelables (en MJ) : évaluation
de la quantité d’énergie non renouvelable permettant de faire fonctionner les systèmes,
équipements et processus requis au cours du cycle de vie du produit (ex : gaz naturel brûlé
dans une chaudière) ;
w Utilisation nette d’eau douce (en m3) : évaluation de la quantité d’eau douce (d’origine natu-
relle) utilisée au cours du cycle de vie du produit ;
w Déchets non dangereux éliminés (en kg) : évaluation de la quantité de déchets non dangereux
produits tout au long du cycle de vie du produit. Cette évaluation est représentative des
installations qui seront nécessaires au traitement et au stockage de ces déchets et conduiront
à des impacts sur l'environnement induits par leurs activités.

Figure 6 : Exemple des valeurs indiquées dans une fiche FDES


(source : FDES Poutrelle en acier utilisée comme élément d'ossature)

20
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
Dans le cadre du développement de l’économie circulaire, d’autres indicateurs sont significatifs,
tels que les indicateurs :
w Utilisation de matières secondaires : évaluation de la quantité de matière récupérée après
une première utilisation ou issue de déchets, qui remplace des matières primaires.
w Matériaux destinés au recyclage : évaluation de la quantité de matériaux utilisés lors du
cycle de vie du produit et envoyés en fin de vie vers une filière de valorisation matière.
w Composants destinés à la réutilisation : évaluation de la quantité de composants utilisés
lors du cycle de vie du produit réutilisés pour la même tâche dans un autre système.

Dans les tableaux de détails des indicateurs environnementaux présents dans une fiche FDES,
une ligne correspond à un indicateur auquel correspond un ensemble de valeurs établies selon
les quatre modules normatifs d’une analyse de cycle de vie. Les colonnes donnent le résultat pour
chaque étape du cycle de vie (voir figure 6).

21
janvier 2022 / n°90
partie 2 - Justification des exigences environnementales

3.TYPES DE FDES ET CONFIGURATEURS

3.1 FDES collectives et individuelles

Les FDES collectives sont établies pour un ou un ensemble de produits fabriqués par plusieurs
industriels.
Les FDES individuelles portent sur un produit ou une gamme de produits fabriqués par un seul
industriel.

Dans certains cas et pour certains produits il peut être très utile de personnaliser certaines données
d’entrées des FDES pour s’adapter aux conditions précises de l’opération étudiée (composition du
produit, section/dimensions, distances de transport…). Ainsi des outils appelés « configurateurs »
ont été développés par différentes filières de la construction pour aider l’utilisateur souhaitant
réaliser une ACV bâtiment. Sont présentés quelques-uns des principaux configurateurs de FDES.

3.2 Configurateur filière acier : Save–construction

Save-construction (Solutions Acier & Valeurs Environnementales) est un configurateur de FDES de


produits de construction en acier.
Cet outil, simple d’utilisation et disponible gratuitement, permet de générer des données environ-
nementales et des FDES personnalisées de produits et systèmes de construction en acier, couvrant
les usages d’ossature, de façade, de couverture et de plancher (figure 7).

Figure 7 : page d'accueil du site save-construction

22
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
Pour chaque gamme de produits proposée sur save-construction, le configurateur permet de para-
métrer le produit souhaité, dans le but d’obtenir un profil environnemental adapté aux conditions
de votre projet de construction. Avec ses 24 interfaces et plus de 5 000 références correspondantes,
le configurateur save-construction permet de calculer et délivrer les données environnementales
personnalisées du produit (ou système) en acier paramétré par l’utilisateur. Chaque calcul est
répertorié et permet aux utilisateurs de les consulter dans leur historique, rendant ainsi leur source
d’informations justifiable et traçable auprès de leur maître d’ouvrage.
Après calcul, les résultats obtenus peuvent être soit téléchargés au format PDF ou dans un fichier
XLS, soit directement ventilés dans l’un des logiciels de performance environnementale de bâti-
ments, reconnus par le Ministère, grâce à un webservice qui adresse automatiquement le fichier
XML dans le modèle de calcul.

Cet outil, destiné à tous les acteurs de la construction, est gratuitement mis à disposition par le
Centre Technique Industrielle de la Construction Métallique, L’Enveloppe Métallique du Bâtiment
et ConstruirAcier.

Il est accessible directement sur internet à l’adresse suivante : www.save-construction.com.

3.3 Configurateurs filière béton

3.3.1 Industrie du béton : EIB


Le configurateur Environnement IB est un outil de paramétrage pour l’édition de FDES de produits
préfabriqués en béton utilisables dans le cadre de l’évaluation environnementale de bâtiments. Il
a été développé par le Cerib.
EIB permet d’établir les bilans environnementaux et d’éditer les FDES associées des produits pré-
fabriqués en béton en intégrant l’ensemble de leur cycle de vie. Conformément à la norme NF EN
15804/CN, les résultats sont exprimés sur la base de 26 indicateurs environnementaux. Chaque
évaluation de produit se base sur une FDES collective de référence au format de la norme NF EN
15804/CN.

Figure 8 : page d'accueil du logiciel EIB

23
janvier 2022 / n°90
partie 2 - Justification des exigences environnementales

Cet outil est conçu pour permettre des configurations de produits aisées, rapides et adaptées à
des projets spécifiques par les bureaux d’études.
Il permet de produire des FDES configurées au format PDF, des fichiers Excel reprenant les indica-
teurs environnementaux par modules et paramètres de configuration ainsi que des fichiers XML
standardisés. Il permet également d’importer les résultats des configurations dans les logiciels
d’ACV bâtiments agréés.
Il est accessible à l’adresse suivante : http://www.environnement-ib.com/login

3.3.2 Béton prêt à l’emploi : BETIE


BETie, Béton Impact Environnement, a été lancé en novembre 2011 par le SNBPE, le Syndicat
National du Béton Prêt à l’Emploi. Cet outil calcule les impacts environnementaux des bétons
prêts à l’emploi (BPE).

BETie permet la création de FDES conformes à la norme européenne NF EN 15804 + A1 et à son


complément National : choix du type de béton, impacts des transports amont et aval (mode et dis-
tance), dimensions de la partie d’ouvrage considérée (unité fonctionnelle) et le taux de ferraillage.
BETie permet de saisir les données impactant significativement le bilan environnemental du
produit BPE et de fournir un certain nombre de valeurs par défaut pour faciliter son utilisation.

Il est accessible à l’adresse suivante : http://ns381308.ovh.net/ecobilan/login.html

3.4 Configurateur filière bois : DE-Bois

Le configurateur DE-Bois propose deux modes de personnalisation des FDES collectives :


w Le mode « FDES produit type » permet d'adapter les DE collectives aux spécificités du
chantier / projet de bâtiment. Ce mode « produit type » de DE-Bois permet aux acteurs de
la construction (maitre d'ouvrage, architecte, bureau d'étude environnement, entreprises...)
d'évaluer un bâtiment en phase d'avant-projet, ou faire connaitre les qualités environne-
mentales du bâtiment (labels et certifications). Il permet aux fabricants de fournir aux don-
neurs d'ordre une FDES collective plus adaptée au projet considéré. Les paramètres modi-
fiables sont les paramètres caractérisant le produit (par exemple : dimensions des
composants, choix de l'essence, de la finition...) et les paramètres précisant le contexte du
bâtiment (par exemple le transport jusqu'au chantier, les consommations énergétiques...)
qui exercent une influence sur les impacts environnementaux. Ils sont donc différents selon
les familles de produits. Ce mode de personnalisation est gratuit pour tous les utilisateurs.
w Le mode « FDES individuelle » permet aux fabricants de réaliser une FDES individuelle spécifique
aux modalités de fabrication de leur entreprise. Ce mode « FDES individuelle » de DE-Bois per-
met aux fabricants d'initier ou évaluer une démarche d'éco-conception de leurs produits et de
répondre aux demandes des donneurs d'ordre de façon plus précise. Les paramètres modifiables
sont les paramètres précisant les modalités de fabrication et qui exercent une influence sur les
impacts environnementaux (par exemple et selon les familles de produits : origine et approvi-
sionnement des bois, rendements et consommations énergétiques du process...). Le fabricant
peut ainsi disposer d'une FDES individuelle pour un coût moindre (ordre de grandeur : une
centaine d'euros avec DE-Bois, hors coût de vérification en cas de dépôt sur INIES).

+ D’INFORMATIONS : www.de-bois.fr

24
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
3.5 Configurateur filière biosourcée : aKacia

aKacia est un outil en cours de développement par le bureau d’études Karibati qui permettra de
générer les FDES des isolants biosourcés (en vrac, semi-rigides ou rigides), des bétons biosourcés
(enduits isolants, bétons mis en œuvre du chantier ou éléments préfabriqué) ainsi que des matériaux
géosourcés (bétons de terre, enduits de terre).

+ D’INFORMATIONS : www.akacia.evea-conseil.net/accueil

3.6 Points de vigilance

3.6.1 Unité fonctionnelle : comparer ce qui est comparable


L’unité fonctionnelle définit l’unité selon laquelle l’ensemble des valeurs des indicateurs sont
données. Elle est exprimée avec un verbe à l’infinitif et inclut les principales performances du pro-
duit ainsi que la durée de vie visée.

À titre d’exemple, voici quelques unités fonctionnelles pour des éléments de structure :

Une charpente industrielle en bois Un produit long en acier


Constituer 1 m3 de charpente industrielle Utiliser 1 kg de poutrelle en acier pour
fabriquée et mise en œuvre selon les règles de réaliser une fonction d'élément porteur
l’art, sur une durée de vie typique de 100 ans. (poteau, poutre, lisse, solive...) ou
Pour information, une étude FCBA/CODIFAB 2012 d'élément de charpente (panne, élément
donne les ratios suivants : constitutif d'une ferme métallique…), en
› 52 dm3 de charpente industrielle par m² de assurant les performances prescrites en
surface projetée au sol pour des combles phase de conception du projet, pour une
habitables à entrait porteur, durée de vie de référence de 100 ans, un
› 32 dm3 pour des combles habitables sur dalle, module d’Young (élasticité) égal à 210
› 27 dm3 pour des combles perdus quatre pans. GPa, et les nuances d’acier S235, S275,
S355 et S460 (définies dans la norme NF
Ces ratios peuvent être appliqués si l'utilisateur de EN 10025).
la FDES ne possède pas un métré en m3 mais en m2.

Un bloc béton Une brique de structure en pose à joint


Assurer la fonction de mur porteur (structure et mince
clos) sur 1 m² de paroi, tout en assurant une Assurer la fonction de mur porteur pour
isolation acoustique (Rw (C, Ctr) de 44 (0, -2) 1 m2 de paroi et apporter une résistance
à 55 (-1, -3) dB*) et une isolation thermique thermique minimale de 0,76 m2.K/W
(Résistance thermique de 0,23 à 0,27 m2.K/W pour une durée de vie de référence de
additive à celle d’un doublage). Le produit est mis 100 ans.
en œuvre selon les règles de l’art.
*Avec enduit extérieur.

25
janvier 2022 / n°90
partie 2 - Justification des exigences environnementales

C’est l’un des éléments les plus importants contenus dans une FDES car c’est ce qui permet la
bonne intégration des indicateurs dans une ACV de bâtiment ainsi que la comparaison entre diffé-
rentes solutions constructives qui doit impérativement se faire en utilisant des référentiels cohérents
pour demeurer pertinente. Il n’est ainsi pas correct de comparer les performances environnemen-
tales d’un kilo d’un produit avec un kilo d’un autre puisque la fonction remplie ne sera pas néces-
sairement la même.

3.6.2 Les unités : kg éq.CO2 ou kgéq.C


À chaque indicateur figurant dans les résultats de l’analyse de cycle de vie correspond une unité
normalisée. Il est important de veiller au respect de ces dispositions et surtout à la cohérence des
informations communiquées.

Dans le cas de l’indicateur réchauffement climatique, il est convenu de fournir les données en
kg.éqCO2. Cette unité couramment utilisé dans tout type d’évaluation permet de convertir en une
unité commune les impacts des différents gaz émis contribuant au phénomène d’effet de serre.
Cependant, il peut arriver que certaines informations soient communiquées en kilogramme équi-
valent Carbone (kg.éq.C) qui, bien que traitant du même sujet, n’est pas la même unité : les valeurs
ne peuvent donc pas être directement additionnées !

La teneur en carbone organique (ou concentration en carbone organique) d’une matière produite,
souvent naturelle (sol, bois, végétal…) correspond à la proportion massique de l'élément carbone
sous forme de matière organique. Elle est exprimée en gC/kg matière, ou parfois en pourcentage.
C’est le cas de la quantité de carbone issu de l’atmosphère et stocké dans le bâtiment (exprimée
en kgC/m2) qui devra être calculée et fournie à titre informatif dans le cadre de l’application de la
RE 2020.

3.6.3 Réemploi : composants n’ayant aucun impact... à ce jour


L’arrêté du 4 août 2021 relatif aux exigences de performance énergétique et environnementale
des constructions de bâtiments en France métropolitaine et portant approbation de la méthode
de calcul prévue à l’article R. 172-6 du code de la construction et de l’habitation introduit une
convention liée à l’utilisation de composants issus du réemploi ou de la réutilisation.

Les composants (produits de construction ou équipements) issus du réemploi ou d’une opération


de réutilisation (c’est-à-dire employés une nouvelle fois, pour un usage identique ou un nouvel
usage, dans le même ou un autre bâtiment, sans retraitement hormis des opérations de recondi-
tionnement, nettoyage ou réparation) sont considérés comme n’ayant aucun impact. Les valeurs
des impacts pour tous les modules du cycle de vie sont donc nulles. Cependant, les impacts envi-
ronnementaux des produits complémentaires nécessaires à la mise en œuvre des composants
issus du réemploi ou de la réutilisation doivent être comptabilisés.

Ces dispositions restent en discussion entre les experts et de nouvelles règles pourraient être
définies par la suite. En effet il semble évident qu’un produit de réemploi a forcément un impact
sur l’environnement, et il faudrait au minimum compter :
w le transport (vers le site de dépôts et remise en état du produit, vers le nouveau chantier, etc.) ;
w le retraitement (reconditionnement, nettoyage, réparation, produits complémentaires type
peinture, etc.) ;
w la fin de vie du produit (impact de l’incinération, recyclage, mise en décharge, etc.).

26
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
4. LABELLISATIONS
Un label est une marque, délivrée par un organisme, qui permet au détenteur de communiquer sur
des propriétés et des qualités évaluées de façon objective. Il ne se soustrait pas au respect des
exigences réglementaires.

4.1 Label RE 2020

Via le décret n° 2021-1004 du 29 juillet 2021 relatif aux exigences de performance énergétique
et environnementale des constructions de bâtiments en France métropolitaine, un label régle-
mentaire sur la performance énergétique et environnementale est instauré avec une entrée en
vigueur fixée, par arrêté, au plus tard pour le 31 décembre 2022. Le processus de concertation
permettant d’en définir le contenu et les modalités est encore en cours. Il devrait notamment
mettre en avant les projets qui anticiperont le relèvement des seuils d’exigences ou prendront en
compte des critères complémentaires (biodiversité, confort, économie circulaire…).

+ D’INFORMATIONS : www.planbatimentdurable.fr/concertation-label-RE 2020-r332.html

4.2 BBCA

Créé en 2018, ce label atteste l’exemplarité d’un bâtiment, neuf ou rénové, en matière d’empreinte
carbone. Le référentiel monocritère a été élaboré par la commission technique BBCA et le CSTB
qui en est le garant scientifique.

Il comporte trois niveaux de performance (standard, performance, excellence) et se base sur quatre
indicateurs :
w construction raisonnée : couvre les émissions de gaz à effet de serre liées à la construction,
l’entretien, le renouvellement et la fin de vie du bâti et des systèmes ;
w exploitation maîtrisée : couvre les émissions de gaz à effet de serre liées aux consommations
d’énergie tous usages du bâtiment en phase d’exploitation
w stockage carbone : valorise le carbone biogénique, directement capté dans l’atmosphère par
le produit bio-sourcé et stocké dans le bâtiment, c’est un levier clef de la neutralité carbone ;
w économie circulaire : est évalué au travers de la prise en compte de la déconstruction sélec-
tive, du réemploi de produits lors de la construction, de la mutualisation des espaces, du
potentiel de changement d’usage du bâtiment, du potentiel d’extension du bâtiment et
l’optimisation des consommations énergétiques.

+ D’INFORMATIONS : www.batimentbascarbone.org

4.3 NF Habitat HQE

La certification NF Habitat HQE, crée dans les années 90 et gérée par l’association Qualitel s’applique
aux bâtiments neufs ou rénovés. Le niveau de performance s’exprime en nombre d’étoiles (de 1 à
4) pour chacun des trois engagements : qualité de vie, respect de l’environnement et performance
économique.

27
janvier 2022 / n°90
partie 2 - Justification des exigences environnementales

Le respect de l’environnement comprend les axes suivants :


w performance énergétique : réductions des consommations énergétiques des bâtiments et
des émissions de gaz à effet de serre ;
w réduction des consommations d’eau : valorise les dispositions techniques permettant de
réduire les consommations d’eau, tout en maintenant un bon niveau de confort ;
w utilisation des sols : traite de l’utilisation des sols au regard de l’imperméabilisation de la
parcelle du projet et de la lutte contre l’étalement urbain ;
w ressources matières : traite notamment de la gestion durable de ces ressources, de leur uti-
lisation efficace et du recours à des ressources renouvelables ou des matières recyclées
w déchets : traite des déchets générés par le bâtiment sur l’ensemble de son cycle de vie du
bâtiment
w changement climatique : vise à reconnaître et encourager les bâtiments conçus pour mini-
miser les émissions de gaz à effet de serre (GES). Cela repose sur la règlementation environ-
nementale 2020 (RE 2020).
w biodiversité : contribue à favoriser l’intégration et le maintien des êtres vivants et des éco-
systèmes dans le périmètre de l’opération.

+ D’INFORMATIONS : https://www.qualitel.org/professionnels/certifications/pour-projet-construc-
tion/

28
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
PARTIE 3 Reconnaissance technique
et assurabilité

29
janvier 2022 / n°90
partie 3 - Reconnaissance technique et assurabilité

INTRODUCTION
La reconnaissance technique des procédés de construction prend appui à
la fois sur les règlementations en vigueur à l’échelle nationale ou euro-
péenne, sur les règles de l’art et sur l’ensemble des normes applicables
au domaine de la construction.
Ces dernières peuvent porter distinctement sur les spécifications des
produits ou systèmes eux-mêmes et sur leurs modalités de mise en œuvre.
Les modalités pour la reconnaissance technique ont pour objectif d’établir
un niveau de confiance suffisant entre les différentes partenaires de
l’acte de construire : fabricants, maîtres d’ouvrages, prescripteurs, met-
teurs en œuvre et surtout les contrôleurs et assureurs, préoccupés du
respect de bonnes dispositions.

1. RÈGLEMENTATION OU NORME : QUELLES DIFFÉRENCES ?


Une réglementation relève des pouvoirs publics, est d’application obligatoire, se formalise par une
loi, un règlement, des décrets, des arrêtés, des avis... et peut entraîner une procédure pénale en cas
de non-respect constaté.
Une norme ne dépend pas « d’un cadre légal », elle marque l’engagement des professionnels de
satisfaire un niveau de qualité et sécurité reconnu et approuvé. Son application n’est pas obligatoire,
sauf si la norme est stipulée dans les documents particuliers du marché. Il peut cependant arriver
que ses indications soient inadaptées (norme obsolète ou inopérante dans le cas du projet visé).
En cas de défaillances et de non-application constatée, il peut y avoir des incidences financières,
voire pénales si le problème est grave.

2. OUVRAGE TRADITIONNEL ET NON TRADITIONNEL


La prescription d’un produit ou d’un composant ne peut être fiabilisée que si une réponse existe
dans chacun des trois référentiels : fabrication, conception, mise en œuvre. Il est alors convenu
d’opérer la distinction entre des procédés dits traditionnels et des procédés non traditionnels dits
innovants.

Les procédés « traditionnels » sont ceux ayant fait l’objet d’un usage massif et de longue date qui
a conduit à un important retour d’expériences permettant d’employer au plus juste les produits
visés. Maîtrisés tant en fabrication qu’en pose, ils renvoient à des textes consensuels, véritables
référentiels collectifs génériques qui constituent un ensemble de bonnes pratiques reconnues :
normes de produits, documents techniques unifiés (DTU) et règles professionnelles. La connaissance
et le respect de ces textes contribuent largement à une appropriation collective de dispositions et
méthodes aptes à générer un niveau de qualité et un comportement des ouvrages estimés corrects
dans le temps.

30
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
Les procédés « innovants » proposent une évolution qui, sous une forme ou une autre, justifie
d’avoir recours à un parcours de validation de leurs performances. L’appréciation de leur aptitude à
l’emploi s’effectue à l’aide d’autres dispositifs d’évaluation volontaire, comme l’avis technique (AT
ou ATec) ou l’appréciation technique d’expérimentation (ATEx), pour apporter une assurabilité
normale des ouvrages par des réponses sur les volets produits, conception, mise en œuvre, fabrica-
tion, contrôle et référence. Au niveau européen, si le produit est régi par un marquage CE via une
Évaluation Technique Européenne, ou via une norme harmonisée pour laquelle la non traditionnalité
à l’échelle française est reconnue, l’ouvrage constitué de ce produit peut être évalué par une pro-
cédure DTA (Document Technique d’Application) qui va apporter des réponses dans les référentiels
de conception, de mise en œuvre, fabrication, contrôle, les références ainsi que des compléments
d’exigences sur l’ouvrage.

3. ASSURABILITÉ
L’assurabilité se gère à partir d’une décomposition de type « techniques courantes » et « techniques
non courantes » (figure 9).

Les notions de traditionnalité et de techniques courantes ne sont pas directement concordantes. La


Commission Prévention Produit (C2P) constituant une cellule technique au sein de l’Agence Qualité
Construction (AQC) peut reconnaître certaines procédures d’évaluation pour une admission en tech-
nique courante (Règles Professionnelles, Avis Technique, DTA, …).

Pour les techniques non courantes, des primes d’assurance spécifiques sont étudiées au cas par cas.
Résumé en vidéo : www.youtube.com/watch?v=37RID3RZwAw

Figure 9 : Techniques courantes et non courantes


(source : Pôle prévention produits de l'AQC)

31
janvier 2022 / n°90
partie 3 - Reconnaissance technique et assurabilité

4. PRINCIPALES PROCÉDURES D’ÉVALUATION ET DE RECONNAISSANCE

4.1 Avis technique – Atec

L’Avis technique est un avis écrit par un Groupe Spécialisé (GS), groupe d'experts représentatifs des
professions, sur l'aptitude à l'emploi, la durabilité et la conformité à la règlementation d’un procédé
innovant de construction, identifié par sa marque commerciale. Il appartient en général à un
industriel qui met le produit en question sur le marché.

Les Avis Techniques sont délivrés par la Commission Chargée de Formuler les Avis Techniques
(CCFAT) rattachée au ministère en charge de la construction et de l'habitation.

Lorsque le recul sur une famille de produits est suffisant et qu’il n’y a plus de doute sur leurs per-
formances, il est possible de mettre en place des référentiels collectifs permettant de les basculer
dans le domaine traditionnel.

Selon la MAF , « depuis 2012, une demande d’Avis Technique est instruite en 9 mois en moyenne.
Il s’agit en particulier d’évaluer le risque de sinistralité. Son coût, selon qu’il s’agit d’une première
demande, d’une révision avec prolongation de délai, sans prolongation de délai, ou d’un renouvel-
lement à l’identique, oscille entre 4 000 et 15 000 euros HT ». À ce montant, il faut ajouter le coût
lié à la préparation du dossier technique et en particulier aux essais permettant de justifier des dif-
férentes performances.

Un ATEc a une validée limitée entre 2 et 7 ans dont la durée est déterminée par le GS en fonction
du retour d’expérience.

La CCFAT délivre chaque année environ 800 Avis Techniques (ATec), pour un total de 2400 Avis
Techniques valides. Les ATEc sont consultables sur le site du CSTB :
https://evaluation.cstb.fr/fr/rechercher/produits-evalues/?prestations=atec

4.2 Appréciation technique d’expérimentation – ATEx

Une appréciation technique d’expérimentation (ATEx) est une procédure rapide d'évaluation tech-
nique visant un procédé ou un produit innovant, en préalable à un éventuel Avis technique (figure
10). Formulée par un groupe d’experts sur la base d’un dossier de preuves constitué par le deman-
deur ; l’ATEx repose sur des premiers retours d’expérience sur la mise en œuvre en vue de :
w faciliter l'intégration des expérimentations dans la construction ;
w favoriser l'identification des risques et leur prévention en permettant aux assureurs de les
prendre en compte en connaissance de cause et de manière équilibrée ;
w inciter les maîtres d'ouvrage à favoriser l'expérimentation ;
w favoriser le recours aux ouvertures réglementaires.

32
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
Figure 10 : Prix, délai et durée de validité de l'ATEX
(source : CSTB3)

Il existe trois famille d’ATEx :


w cas A : vise un produit ou procédé appliqué sur différents chantiers pendant une durée
limitée déterminée (en général 2 à 3 ans) ;
w cas B : concerne l'application d'une technique constructive sur un chantier précis à réaliser ;
w cas C : s'applique à une nouvelle réalisation expérimentale d'une ou plusieurs techniques
ayant préalablement fait l'objet d'une ATEx de type « B » à caractère favorable.

Selon le CSTB, « plus de 100 ATEx sont délivrées chaque année, à l'origine desquelles se trouve le
plus souvent l'entreprise intervenant sur le chantier correspondant. Depuis 1982, 2 800 ATEx ont
été formulées. »4

3. https://evaluation.cstb.fr/doc/atex/atex-phasage-delais-fr-2017-09.pdf
4. https://evaluation.cstb.fr/fr/appreciation-technique-expertise-atex/

33
janvier 2022 / n°90
partie 3 - Reconnaissance technique et assurabilité

4.3 Règles professionnelles - RP

Les Règles Professionnelles (RP) traitent d’ouvrages non couverts par un NF DTU* et sont élaborées
par des organismes professionnels du bâtiment appuyés par des experts du domaine.

Dans le cadre des programmes RAGE et PACTE, des règles professionnelles ont été définies pour
différentes solutions techniques5.

Les RP sont des référentiels collectifs qui préfigurent la rédaction ou la révision de NF DTU et
bénéficient d’une reconnaissance par les assureurs.

4.4 Avis de chantier – procédure spécifique à la sécurité incendie

Un avis de chantier justifie officiellement la conformité d'un produit ou d'un ouvrage particulier
vis-à-vis de ses performances de résistance au feu. Fondé sur les essais réalisés par ailleurs sur
des produits ou des parties d’ouvrages similaires, il est délivré par un laboratoire agréé, en général
sous un mois, pour un projet spécifique via une étude sur plan.

* NFDTU : normes qui précisent les conditions techniques de bonne exécution des ouvrages.
5. https://www.programmepacte.fr/catalogue

34
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
PARTIE 4 Panorama des filières
et solutions constructives
valorisant la mixité

35
janvier 2022 / n°90
partie 4 - Panorama des filières et solutions constructives valorisant la mixité

1. FILIÈRE ACIER

1.1 Présentation rapide de la filière

La construction métallique depuis ses débuts connaît l’éco-conception grâce à des structures opti-
misées et la préfabrication développée, caractéristique d’un mode constructif « sec ». Ces pratiques
confèrent une économie de matière et une réduction drastique des déchets. Les composants en
acier (structure et enveloppe), ont souvent recours aux assemblages mécaniques, autorisant à la
fois l’adaptation des ouvrages pour de nouveaux usages, et leur démontage aisé en vue de valori-
sation en fin de vie.

Actuellement, la filière française représente plus de 700 entreprises de charpente métallique et


plus de 15 000 métalliers répartis sur l’ensemble du territoire qui mettent en œuvre 750 000
tonnes de charpente et plus de 42 Mm² de produits plats (enveloppes et planchers). L’ensemble
de la filière métal-construction représente environ 175 000 emplois.

1.2 Principales solutions constructives liées à cette filière

1.2.1 Charpente poteaux-poutres

Principalement composée de barres d’acier lami-


nées et profilées qui constituent le squelette du
bâtiment (mur, plancher, toiture), elle permet de
franchir des portées couramment comprises entre
12 et 15 mètres et jusqu’à 20 mètres en structure
mixte. Très performant en zone sismique, ce sys-
tème permet d’allier réduction de l’encombrement
et grandes portées.
Pour composer l’enveloppe du bâtiment et remplir
l’ensemble des exigences, plusieurs solutions
existent sur le marché, notamment grâce à la
mixité : ossature secondaire en profils à froid, bar-
dage double peau, mur ossature bois, façade
rideaux…

Figure 11 : Maison St Charles à Paris -


Logements collectifs en R+4
arch : MO Foucras Architecte

36
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
1.2.2 Ossature en profilés minces

Les façades préfabriquées en profils à froid permettent


d’allier rapidité d’exécution, légèreté et bonnes per-
formances thermiques et acoustiques. Elles peuvent
être porteuses pour des petits ouvrages, prendre appui
sur une structure poteau-poutre en acier, béton ou
bois ou encore servir de support pour une rénovation
énergétique par l’extérieur (figure 12).

Figure 12 : Cité Manifeste à Mulhouse -


Logements sociaux en R+2
arch : Duncan Lewis.

1.2.3 Planchers sur bacs collaborants

Cette technique éprouvée permet de traiter tous les types d’usage, et notamment les pièces
humides avec douche à l’italienne. Le plancher en béton coulé sur un coffrage réalisé avec des
éléments plats métalliques nervurés peut être associé à tous types de plafond afin de répondre
aux exigences rencontrées. Grâce à une épaisseur de plancher réduite, il est possible d’optimiser
le nombre de niveaux

Figure 13 : Bâtiment tertiaire


à Villebon-sur-Yvette

37
janvier 2022 / n°90
partie 4 - Panorama des filières et solutions constructives valorisant la mixité

1.2.4 Produits plats pour la couverture et la façade


La diversité des types de revêtement, en termes de forme, finitions et mise en œuvre, permet de
répondre à l’ensemble des attentes des maîtres d’ouvrage et maîtres d’œuvre que ce soit en
construction neuve ou en rénovation (figure 14). Ces produits peuvent être mis en œuvre sur des
supports de différents matériaux.

Figure 14 : Stéphanos
à Rennes - Logements
collectifs avec une
façade inox
arch : Christophe
Rouselle.

1.2.5 Modules tridimensionnels


Compte-tenu de sa légèreté et de son aptitude à la préfabrication, le métal est également fortement
utilisé pour la fabrication de modules tridimensionnels, notamment en mixité avec le béton et le
bois. Généralement de dimensions 3 m x 4,5 m x 12 m, ils sont directement livrés sur chantier et
peuvent recevoir différents niveaux d’équipement en usine. Lorsqu’ils sont totalement pré-équipés,
seuls l’ancrage et l’assemblage entre modules se font sur site. Les nuisances pour le voisinage sont
ainsi fortement réduites. La maîtrise de la qualité est un autre avantage issu de cette démarche d’in-
dustrialisation. En effet, les conditions de travail en atelier permettent d’assurer des finitions optimales
et les contraintes d’intempéries ne viennent plus perturber la mise en œuvre des éléments.
Compte-tenu de l’encombrement des modules, cette solution est grandement facilitée lorsque
l’accès au chantier permet l’arrivée des camions à pied d’œuvre et la mise en place de moyens de
levage adaptés.

1.3 Principaux enjeux environnementaux

Réduire les impacts carbone lors de la production des métaux est un enjeu fort depuis de nom-
breuses années pour la sidérurgie. Pour produire des aciers plus « verts », plusieurs technologies
sont aujourd’hui à l’épreuve en Europe et en France6 :
w Utilisation de l’hydrogène : à titre d’exemple l’injection d’hydrogène dans un haut-fourneau
doit permettre de réduire jusqu’à 20% les émissions de CO2 ;
w Captage du dioxyde de carbone : ce CO2 liquéfié pourrait être valorisé et réutilisé, à terme,
comme carburant ;

6. Voir article dans le magazine CMI 1-2021

38
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
w Augmentation du volume de ferrailles : le contenu recyclé des produits en acier varie selon
les usages et peut atteindre jusqu’à 100%, comme dans le cas des poutrelles en I ou H uti-
lisées en structure.

Ces innovations technologiques, qui s’accompagnent d’investissements colossaux, vont s’intensifier


pour tenir les engagements pris en vue de la neutralité carbone à l’horizon 2050.

La filière métal se mobilise également pour répondre aux enjeux d’économie circulaire. Elle est
reconnue pour sa capacité au recyclage avec 3 millions de tonnes par an effectivement recyclés à
plus de 90%, comme en atteste l’étude de préfiguration « filière REP du secteur bâtiment » de
l’ADEME parue en mars 2021. Avec la possibilité de caractériser les propriétés des métaux, la voie
du réemploi constitue une vraie alternative pour aller plus loin dans la valorisation des produits et
déchets.
Dans la lignée des bonnes pratiques courantes dans les années 1850-1900, en particulier lors
d’Expositions Universelles, des ouvrages connaissent aujourd’hui une deuxième vie, parfois prévue
dès la phase de conception. Au-delà des initiatives pionnières telles que celles menées par Raedi-
ficare7, des travaux sont en cours pour fiabiliser ces pratiques en définissant des méthodologies
de diagnostics en vue de réemploi8.

Projet Bridge - Issy-les-Moulineaux Halle Foresta - Marseille


Viguier architecture urbanisme paysage Raedificare, Yes We Camp et Atelier UOA

Charpente d’un centre de tri de Nice


réemployée

Démontage-remontage d’une halle dite Eiffel


sur le site du nouveau siège d'Orange

1.4 Répartition territoriale

Les entreprises de charpentes métalliques et métallerie sont présentes sur l’ensemble du territoire
ce qui garantit la possibilité d’avoir recours à des savoir-faire de proximité quelle que soit la loca-
lisation du projet. Elles s’approvisionnent soit directement sur le marché français soit auprès de
pays majoritairement frontaliers.

7. https://raedificare.com/
8. Livrable issu des travaux de l’enjeu A de la Fondation Bâtiment Energie : http://www.batiment-energie.org/doc/70/FBE-ECB-enjeu-
A-ossature-V9.pdf

39
janvier 2022 / n°90
partie 4 - Panorama des filières et solutions constructives valorisant la mixité

1.5 Atouts et points de vigilance

Des études en cours visent à développer des systèmes d’enveloppe acier avec isolants biosourcés,
au niveau français via le programme PROFEEL, ou au niveau européen avec le lancement en juillet
du projet « Innovative Ultra-low Carbon Building Steel Envelop systems with Bio-based Insulation
(InCSEB) ». Le moment venu, ces solutions bénéficieront de fiches FDES afin de compléter les 26
fiches collectives actuellement mises à disposition par la filière sur la base INIES ou via son confi-
gurateur Save-Construction.
Les mutations des modes de production nécessitent du temps de développement et de mise au
point, avec des phases de démonstration et de transition vers de nouveaux outils, mais les enga-
gements sont pris. Les réductions des émissions de carbone dès la phase de production de l’acier
auront pour conséquence directe de diminuer les impacts des procédés constructifs associées :
c’est un bon moyen de répondre aux enjeux environnementaux de la RE 2020 à l’aide de solutions
techniques performantes, fondées sur un matériau recyclable et effectivement recyclé, particuliè-
rement propice à la mixité des matériaux.

Les solutions métalliques se prêtent particulièrement bien à la préfabrication : maîtrise de la pro-


duction, assemblages boulonnés, légèreté, chantier sec… Afin de garantir la pérennité de l’ouvrage,
il est nécessaire de prescrire le bon niveau de protection anticorrosion. Par ailleurs, les systèmes
de protection des structures à l’incendie sont maîtrisés pour l’ensemble des destinations d’ouvrage.
Enfin, les solutions constructives utilisées pour les ossatures métalliques offrent une véritable
liberté de conception et d’adaptation au contexte du projet, tant dans l’expression des formes
architecturales que dans la capacité à les associer avec tous les types de matériaux, notamment
en parements et finitions.

2. FILIÈRE BÉTON

2.1 Présentation rapide de la filière

La Filière Béton est un acteur majeur de l’acte de construire ; elle regroupe 4 500 sites de production
qui génèrent 12 milliards d’€ de chiffre d’affaires et 65 000 emplois directs, dont 90% locaux au
service de chaînes de valeur qui contribuent directement à la cohésion des territoires et des
390 000 entreprises du BTP qui emploient 1 350 000 salariés.
Les entreprises de la filière sont orientées vers l’innovation et la recherche pour décarboner leurs
productions, développer le recyclage dans la production de béton. Pour y parvenir, elles accompa-
gnent de nombreux démonstrateurs, répondent aux appels à projets et n’hésitent pas à investir
massivement.
La filière ne cesse d’innover au service de l’écoconception et est aujourd’hui à même de proposer
des produits conçus pour des solutions constructives éco-performantes. Elle propose ainsi des
bétons « bas carbone » des bétons à ultra-haute performance, des bétons autoplaçants, des
bétons isolants, drainants, dépolluants, autonettoyants…

40
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
2.2 Principales solutions constructives liées à cette filière

2.2.1 Bloc béton


Le bloc béton est isolant, facile à mettre en œuvre, résistant et respectueux de l’environnement, il
propose aussi une offre diversifiée et de nombreuses évolutions (figure 15).
En effet le bloc existe sous plusieurs formes : creux, pleins, de coffrage, isolants dont la mise en
œuvre est facilitée aujourd’hui notamment par la pose collée qui réduit la pénibilité sur chantier.
Il affiche des performances mécaniques élevées qui autorisent la construction de logements col-
lectifs ou bâtiments tertiaires. En matière de performance thermique, les blocs associés à un dou-
blage isolant ITI ou ITE permettent
le respect des réglementations.
Les blocs à isolation intégrée per-
© FIB

mettent entre autres la réduction


des ponts thermiques. Les blocs
creux en béton (nus sans dou-
blage) permettent un excellent
affaiblissement acoustique.

Figure 15 : Exemples de blocs creux, pleins et perforés - Construire


en maçonnerie de blocs - Guide de bonnes pratiques

2.2.2 Système constructif poteau plancher


Ce système est constitué d’un poteau préfabriqué et d’un élément horizontal : un plancher qui
offre un double sens de portage pour une reprise des efforts. Elle intègre des ensembles d’armatures
anti-poinçonnement au droit des zones d’appuis.
Ce système constructif offre de nouvelles perspectives architecturales en bâtiment, car il élimine
les contraintes de murs porteurs figés et de façades porteuses. Il s’inscrit dans une approche RE
2020, en proposant une ossature,
© Rector

dont le volume de béton est réduit


au minimum requis (par rapport au
système classique murs de refends,
voiles porteurs, la réduction de
volume béton est de l’ordre de 15
à 20 %). Il autorise la mixité des
matériaux, puisque les refends
comme les façades rapportées
peuvent être réalisés en béton, en
bois, en blocs cellulaires…

Figure 16 : Structure poteau


plancher-dalle Calaméo

41
janvier 2022 / n°90
partie 4 - Panorama des filières et solutions constructives valorisant la mixité

2.2.3 Le prémur
Le prémur est un élément de structure préfabriqué industriellement composé de deux parois
minces en béton armé reliées et maintenues espacées par des raidisseurs métalliques. Le vide (7
cm minimum) entre les deux parois (généré par la dimension des raidisseurs) est rempli de béton
sur chantier.
L'usage du prémur est adapté à des configurations
© Fehr

variées de chantiers. Les réservations et ouvertures sont


intégrées dès la préfabrication et les liaisons sont pré-
parées. Une famille de prémurs est à isolation intégrée
en face interne de la paroi extérieure. Nommés MCII
(mur à coffrage et isolant intégrés), ces produits répon-
dent à un besoin d'ITE sur un projet. Autre point, la
fabrication en usine permet d'obtenir une excellente
qualité de parement avec une face extérieure architec-
tonique qui peut être matricée, lasurée, brute...

Figure 17 : Prémur précoffré en


béton bas carbone et avec isolation
intégrée en fibres de bois

2.2.4 Façade
Les produits préfabriqués de façade et
éléments architecturaux en béton sont © Capremib
généralement constitués de grands pan-
neaux ou voiles en béton, de largeurs
courantes 6 à 8 m et d’une hauteur
d’étage de bâtiment (des hauteurs plus
importantes peuvent exister).
La paroi extérieure visible est réalisée
la plupart du temps à l’aide d’un béton
architectonique ne nécessitant pas de
finition complémentaire après mise en
Figure 18 : Façades architectoniques
œuvre. Il est toutefois possible de réa-
liser un traitement complémentaire
(protection, peinture, enduit) lors de la mise en œuvre ou en réhabilitation.
Parmi les éléments de façade, il existe des panneaux sandwiches à voiles solidaires renfermant un
élément léger utilisé souvent comme isolant thermique. Les voiles sont solidarisés par des nervures
armées ou des plots en béton. Ce type de panneau peut également être réalisé avec une double
peau à isolation intégrée. Cette dernière solution est intéressante car elle réduit de manière impor-
tante les ponts thermiques régnant au droit des nervures.

42
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
2.2.5 Modulaire
Le système constructif modulaire désigne 2 types de construction : la Préfabrication « 2D » où
panneaux, planchers, éléments de toiture préassemblés sont transportés jusqu’au site de construc-
tion et la construction modulaire 3D apportant un degré d’assemblage supplémentaire : planchers
hauts et bas sont assemblés aux murs en ateliers avant transport sur site. Ces modules comportent
également la plupart des finitions intérieures et extérieures. 80 % des travaux de construction du
bâtiment peuvent ainsi être réalisés en usine. D’autant plus qu’en atelier, les tâches sont automa-
tisées et simplifiées à l'extrême en profitant de l'avancée des technologies - conception BIM,
découpe numérique - et d'un contrôle qualité des éléments.
La structure porteuse de ces modules peut
© Bouygues

être en acier et béton, les bardages en bois,


acier, béton…
Certains produits se prêtant aisément à ce
type de construction, tels les hôtels, les rési-
dences étudiantes et pour personnes âgées
ou les chambres d’hôpitaux. Ils sont particu-
lièrement adaptés au modulaire, car la taille
d’une chambre équivaut à celle d’un module,
ce qui optimise le transport et l’installation.

Figure 19 : Usine de finition des modules du


chantier de Clement Canopy, à Tuas, dans
l’Ouest de Singapour

2.3 Principaux enjeux environnementaux

L’engagement environnemental de l’industrie du béton vise à :


w réduire les émissions de CO2 liés à la réalisation des produits en béton ;
w utiliser davantage de matières premières secondaires (dont les granulats recyclés), diminuer
les déchets générés au niveau des usines et sur les chantiers ;
w insérer l’éco-conception au centre de l’innovation pour les systèmes constructifs en béton,
en intégrant notamment l’utilisation d’outils tels que le BIM ;
w contribuer à l’allongement de la durée de vie des bâtiments ;
w démontrer, mesurer et communiquer via des bâtiments démonstrateurs.

Figure 20 : Immeuble démonstrateur


Le Onze à Chartres : exemple de
démarche d’Écologie Industrielle et
Territoriale avec l’utilisation de
granulats de béton recyclé issus de
la déconstruction de Chartres
Métropole, dans les ouvrages en
bétons structuraux réalisés.
© Procivis

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janvier 2022 / n°90
partie 4 - Panorama des filières et solutions constructives valorisant la mixité

La filière intensifie ainsi ses actions en matière d’économie circulaire, notamment pour accompagner
les industriels dans la réalisation de démonstrateurs consistant à réutiliser des matières premières
secondaires (granulats de béton recyclé) et des bétons « bas carbone ». Outre son engagement
dans la démarche économie circulaire des industriels, la filière met en avant la déconstruction
sélective, la réversibilité et modularité des bâtiments avec des ouvrages conçus pour évoluer dans
le temps, des solutions connectées, une économie de la fonctionnalité et une systématisation du
BIM.

2.4 Répartition territoriale

L’Industrie du béton réunit 477 entreprises et 738 sites de production tissant un maillage territorial
dense et assurant ainsi une proximité de livraison sur les chantiers, une proximité des matières
premières et une économie de transport et d’énergie.

2.5 Atouts et points de vigilance

Grâce à la préfabrication béton, les délais des chantiers de construction sont réduits du fait de la
rapidité de mise en œuvre des produits. Sur le chantier, la préfabrication génère moins de transport,
de poussière, de déchets et de nuisances pour les riverains et facilite la déconstruction. Le matériau
béton est un support de structure incontournable pour ses caractéristiques de :
w résistance mécanique,
w non-sensibilité à l’eau,
w résistance au feu.

Il participe également à la performance thermique des ouvrages en apportant inertie thermique et


confort d’été. C’est un déchet inerte.

Pour pérenniser ces performances, la filière béton s’engage à :


w mieux valoriser les matériaux contenus dans les gisements exploités et identifier des gise-
ments alternatifs ;
w améliorer les propriétés thermiques des produits, potentiellement grâce à l’incorporation
d’isolants ou de rupteurs thermiques au sein des produits ou en modifiant leur structure
interne ;
w favoriser la conception des ouvrages évolutifs, modulables et durables.

44
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
3. FILIÈRE BIOSOURCÉE

3.1 Présentation rapide de la filière

Les matériaux biosourcés sont, par définition, des matériaux issus de la biomasse d’origine végétale
ou animale (bois, pailles, lin, chanvre, laine animale, etc.).
Le potentiel des matériaux de construction biosourcés trouve toute sa pertinence dans un contexte
récent où l’on assiste à une montée en puissance de la notion de bâtiment bas carbone (création
de l’Association pour le développement du Bâtiment Bas Carbone (BBCA) et d’un label BBCA,
création du label Énergie+ Carbone-).
La filière biosourcée pour le bâtiment est une filière récente, à l’origine très artisanale avec des
savoir-faire en neuf et en rénovation, qui s’industrialise de manière à produire et à mettre en
œuvre des matériaux en quantité suffisante pour le marché de la construction. Les unités de pro-
duction, qui commencent à bien se répartir sur l’ensemble du territoire, utilisent des ressources
locales produites par des filières agricoles (bois, chanvre, lin…) ou des filières de recyclage (coton
recyclé, ouate de cellulose…).

La filière des matériaux biosourcés a été identifiée, par le ministère en charge de l’environnement,
comme l’une des 18 filières vertes ayant un potentiel de développement économique élevé pour
l’avenir, notamment en raison de son rôle pour diminuer notre consommation de matières premières
d’origine fossile, limiter les émissions de gaz à effet de serre et créer de nouvelles filières écono-
miques. L’utilisation de ces matériaux est donc encouragée par les pouvoirs publics, notamment
dans la loi pour la transition énergétique et la croissance verte adoptée en 2015 ou la Stratégie
Nationale Bas Carbone en 2018.

Depuis 2010, pouvoirs publics et professionnels du bâtiment et des filières de matériaux de


construction biosourcés travaillent en concertation pour d’une part comprendre les freins au déve-
loppement de ces nouveaux matériaux, et d’autre part produire un plan de développement de ces
filières économiques émergentes. Les actions mises en œuvre répondent à 5 enjeux identifiés :
1) structurer la filière, c’est-à-dire fédérer les filières au niveau national, les doter d’un outil
qui porte une stratégie collective et les représente dans les instances décisionnelles et de
normalisation.
2) industrialiser la filière, c'est-à-dire activer les moteurs de l’industrialisation que sont en
particulier l’évaluation et la certification (aptitude à l’usage, performances fonctionnelles
et environnementales), la rédaction des règles professionnelles, et plus généralement une
démarche de qualité totale.
3) professionnaliser la filière, c'est-à-dire être en mesure d’acquérir, de coordonner, de trans-
mettre et de diffuser ses savoirs et savoir-faire.
4) intensifier l’innovation de la filière, c'est-à-dire réunir les conditions favorables à l’innovation,
en s’appuyant notamment sur des connaissances scientifiques issues de programmes de
recherche et développement (R&D).
5) territorialiser pour mettre en avant les filières locales, identifier et porter des projets de
filières structurants.

45
janvier 2022 / n°90
partie 4 - Panorama des filières et solutions constructives valorisant la mixité

À l’échelle nationale, deux structures inter-filières fédèrent les acteurs de la construction biosourcée :
l’Association des industriels de la construction biosourcée (AICB) et le Collectif des filières biosourcées
du bâtiment (CF2B). Pour favoriser le développement de cette filière et valoriser la construction bio-
sourcée en France, des labels ont été créés : le label « Bâtiment biosourcé » mis en place par l'arrêté
du 19 décembre 2012 qui fixe en particulier un taux minimal d’incorporation de matière biosourcée
selon l’usage principal du bâtiment, et le label « Produit biosourcé » qui garantit à l’utilisateur le
contenu en matière première biosourcée du matériau (70% pour les isolants et 25% pour les bétons
végétaux) et améliore ainsi la visibilité et la reconnaissance des produits.

Hors bois, traité par ailleurs, les ressources identifiées en France sont :
w le chanvre et le lin, avec des cultures dédiées (16 à 20 000 ha en France), utilisé sous forme
de granulat (chènevotte pour les bétons végétaux) ou de fibres (isolants) (représentée pour
le chanvre par la structure d’interprofession du chanvre Interchanvre, créé en 2003).
w les pailles de céréales et de colza et les cannes de tournesol, qui sont des coproduits
agricoles (2 millions de tonnes de paille sur les 45 millions de tonnes produites annuellement
seraient disponibles pour la construction) utilisés en remplissage comme isolant (représentée
au niveau national par le Réseau Français de la Construction Paille (RFCP).
w de manière plus secondaire, le miscanthus, la paille de lavande, les balles de céréales (cosse
de riz).
w les produits de recyclage (coton recyclé, ouate de cellulose…), représentés au niveau national
par l’éco-organisme Eco-TLC pour les textiles et le syndicat ECIMA pour la ouate.

3.2 Principales solutions constructives liées à cette filière

En dehors du bois d'œuvre, les produits biosourcés pour le bâtiment sont les bétons biosourcés, les iso-
lants biosourcés, des produits d’aménagement intérieur et extérieur (par exemple lame de bardage).

3.2.1 Bétons végétaux


Les produits mis sur le marché sont pour la plupart des bétons
© batiactu - Hervé Abbadie

isolants thermiques non porteurs utilisant des granulats issus


des tiges des plantes (chanvre, lin, paille, miscanthus…). Le plus
ancien est le béton de chanvre réalisé à partir de chènevotte
dont les formulations varient selon les usages (murs, chapes,
enduits…) et de liants aérien (chaux) ou hydraulique (ciment). La
quantité de chènevotte à destination du bâtiment s’élève à envi-
ron 7 000 tonnes (sur les 50 000 tonnes produites annuellement)
et augmente régulièrement.
La résistance mécanique de ces bétons est généralement infé-
rieure à 2 MPa, pour une masse volumique comprise entre 250
et 750 kg/m3, une conductivité thermique qui varie de 0,06 à
0,20 W/(m.K) et un affaiblissement acoustique de 30 à 60 dB.
Compte tenu de ces performances, ces bétons sont utilisés en
remplissage de mur à ossature (bois, profilés métalliques, béton

Figure 21 : Immeuble de logements utilisant du béton


de chanvre - Paris 13e - Atelier D - Paris Habitat

46
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
armé) ou sous forme d’enduits extérieur et intérieur par projection (figure 21). Plus récemment,
des blocs bétons et la préfabrication de murs porteurs sur châssis en bois ou sur voile béton faci-
litent la mise en œuvre rapide et à grande échelle. On peut citer aussi les blocs de béton de
chanvre à bancher, qui servent de coffrage perdu isolant à la charpente structurelle en béton armé
qui y sera coulée, et des blocs porteurs à base de miscanthus.

3.2.2 Construction à base de paille


La construction paille est destinée à la construction neuve (plus de 96%) et de manière marginale
à la rénovation. La paille est utilisée pour ses propriétés d’isolation thermique (λpaille : 0,052 à
0,065W/ (m.K)). Elle est généralement collectée dans un rayon de 50 km autour du chantier
À côté de l’auto-construction, qui consiste à assembler sur
chantier les bottes de paille recouvertes ensuite d’enduits
extérieur et intérieur (avec balles porteuses ou non por-
teuses sur structure bois), des procédés en usine visent à
industrialiser l’incorporation de paille dans des éléments
en bois (panneaux OSB, contreplaqués) qui sont ensuite
assemblés sur chantier (sous Avis Technique). Un des
ouvrages les plus significatifs est l’immeuble d’habitation
en bois massif avec une isolation paille de 8 étages (26 loge-
ments sociaux) construit en 2013 à Saint Dié-des-Vosges
par le bailleur social « Le toit Vosgien » (figure 22).

Figure 22 : Immeuble d’habitation en bois/paille


à Saint-Dié-des-Vosges
architecte Pagnoux.

3.2.3 Fibres végétales


Les fibres peuvent être utilisées dans les enduits ou dans l’isolation rapportée. Dans les enduits,
elles apportent un meilleur comportement en terme mécanique (adhérence, résistance à la fissu-
ration) et thermique (isolation). En isolation rapportée c’est le comportement thermique qui est
recherché avec soit des matériaux en vrac soit sous forme de panneaux semi-rigides.
Pour le chanvre, la quantité de fibres pour le bâtiment est environ de 7 500 tonnes, soit environ 2
millions de m² d’isolant de 100 mm d’épaisseur, et augmente régulièrement. Le principal produit
commercialisé est sous forme de panneau semi-rigide qui présente l’avantage d’une mise en
œuvre similaire à celle des laines minérales tout en apportant une capacité thermique supérieure
(sous Avis Techniques). Les fibres peuvent aussi être vendues en vrac, ce qui évite les coûts de
transformation pour les producteurs.
Avec environ 70 000 ha cultivés chaque année, la France est le premier producteur mondial de lin.
Le lin peut être utilisé en vrac (anas de lin) pour réaliser une isolation thermique et phonique
entre solives mais plus généralement il est utilisé sous forme de panneaux de laine rigides ou
semi-rigides obtenus à partir des fibres de lin mélangées avec d’autres fibres thermofusibles.
À noter que des panneaux à base de moelle de tournesol liée par un liant biosourcé sont aussi en
cours de développement.
La ouate de cellulose est fabriquée à partir de journaux ou carton recyclés défibrés auquel les
fabricants ajoutent des sels minéraux pour leur conférer des propriétés ignifugeantes et antifon-
giques. Utilisée depuis les années 1930 en Amérique du Nord, l’utilisation de la ouate de cellulose

47
janvier 2022 / n°90
partie 4 - Panorama des filières et solutions constructives valorisant la mixité

s’est répandue en Europe dans les années 1970 (à la suite du premier choc pétrolier) et plus par-
ticulièrement en Europe du Nord. La ouate de cellulose (50 000 tonnes vendues par an) est actuel-
lement utilisée dans la construction en vrac (soufflée, insufflée ou projetée selon les besoins) et
sous forme de panneaux semi-rigides isolants.
Les textiles usagés, composés majoritairement de coton, peuvent être recyclés dans la construction
afin de servir comme matière première dans la fabrication de matériaux comme les flocons en
vrac, à souffler pour l’isolation thermique et acoustique des combles perdus, les panneaux et rou-
leaux pour l’isolation thermique et acoustique des murs, des sous toitures et des planchers et les
panneaux pour l’affaiblissement et la correction acoustique (sous Avis Techniques). Le volume
d’isolants fabriqués en France à partir de textile recyclé est estimé entre 2 000 et 3 000 tonnes
par an. À noter que certains fabricants proposent des isolants mixtes mélangeant des fibres de
textiles usagés à des fibres végétales (chanvre, lin).

3.3 Principaux enjeux environnementaux

Les produits végétaux demandent peu d’énergie grise, sont entièrement recyclables et sont des
puits de carbone (stockent le carbone biogénique). Par exemple, le chanvre est un excellent
stockeur de CO2 en cours de culture et via ses produits transformés. Ainsi, 1 ha de chanvre capte,
avant sa maturité, 15 tonnes de CO2 et 1 m² de mur en béton de chanvre emmagasine 35 kg
d’équivalent CO2 sur 100 ans. Ces produits sont aussi recyclables ou valorisables en fin de vie.

3.4 Répartition territoriale

La France est le premier producteur européen de chanvre (8 000 à 10 000 hectares par an). Il
existe 6 principaux bassins de production et plus de 10 groupes de production indépendants,
avec une logique de filière locale. Les principaux bassins de production de chanvre sont situés au
Nord de la Loire mais de nouvelles structures se développent plus au sud à l’initiative de collectivités
(régions).
Bien que premier producteur mondial de lin, la production française est relativement concentrée
sur le nord et plus particulièrement en Haute Normandie.
Pour la paille, et en particulier la paille de blé, dont 2 millions de tonnes seraient disponibles pour
la construction, on la trouve normalement dans l’ensemble des régions avec toutefois des régions
en déficit compte tenu de l’utilisation dans l’élevage. Le bassin parisien est ainsi plutôt excédentaire
alors que le sud est plus en déficit.
Pour les textiles recyclés, les fabricants sont aussi principalement au Nord de la Loire et certains
produits sont importés.

3.5 Atouts et points de vigilance

3.5.1 Bétons végétaux


Les bétons végétaux et en particulier le béton de chanvre présentent une bonne isolation thermique,
une bonne inertie et une forte perméabilité à la vapeur d’eau, caractéristiques qui contribuent aux
conforts d’hiver et d’été. Pour garder ces caractéristiques et éviter certains sinistres, il faudra veiller
à utiliser des enduits extérieurs et intérieur compatibles.

48
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
L’inconvénient principal est le temps de séchage pour les mises en œuvre banchées ou projetées
(en filière humide) sur chantier. Des éléments préfabriqués (blocs et murs en filière sèche) per-
mettent de s’affranchir de ce problème.
Du point de vue comportement au feu, les bétons végétaux actuellement disponibles sur le marché
sont généralement classés A1 ou A2 en combustion (soit incombustible à faiblement non combus-
tibles), s1 en termes de fumées (faible vitesse et quantité de fumées) et d0 en termes de projection
de débris (aucun débris) notamment en raison de la présence du liant minéral (chaux ou ciment).
Pour le béton de chanvre, les modalités d’application sont régies depuis 2007 par des Règles Pro-
fessionnelles de mise en œuvre pour tous types de bâtiments. Pour ces bétons, la chènevotte
utilisée a aussi un label dédié « label granulat chanvre ».

3.5.2 Construction paille


La paille compressée est un très bon isolant, un bon régulateur d’humidité et est peu combustible.
Elle est en revanche très sensible à l’eau car putrescible et aux rongeurs. Il faudra donc veiller à la
conception et à la mise en œuvre pour éviter toute arrivée d’eau, sachant que sa mise en œuvre
est régie depuis 2012 par des règles professionnelles.

3.5.3 Fibres végétales


Le procédé de fabrication des panneaux de fibres végétales utilise souvent des fibres de polyester
qui dégradent le bilan environnemental du produit. Il existe cependant des laines de chanvre avec
liant biosourcé mais pour un coût supérieur.
Certains traitements anti-feu notamment des ouates de cellulose peuvent se faire à partir de sels
de bore qui sont toxiques (en attendant de trouver un meilleur produit ignifugeant…).
La sensibilité à l’eau de certaines fibres en plus de leur caractère hygroscopique et hydrophile
peut amplifier les désordres lors de dégâts des eaux.

4. FILIÈRE BOIS

4.1 Présentation rapide de la filière


La France est le 4e pays européen le plus boisé avec un taux de boisement de 31% et 16,7 millions
d’hectares de forêt en France métropolitaine. Cette ressource est à la base de la filière forêt-bois,
une filière dont la valeur ajoutée s’élève à 26,0 milliards d’euros, soit 1,1 % du PIB en 2018.
La filière forêt-bois inclut la sylviculture, l’exploitation forestière, le travail du bois (sciage, charpente
et menuiserie, plaquage, panneaux, parquets et pâte), les secteurs de l’énergie, le secteur de la
construction, le secteur de l’ameublement et de l’agencement, et le secteur industriel par la pro-
duction de papier, carton, emballage, palettes etc. Elle porte ainsi 392 700 emplois directs et 62
000 emplois indirects, soit 454 700 emplois au total. Cela représente 1,4% de la population
active et 12,4% des emplois industriels français. Selon les chiffres du Conseil National de l’Industrie
(CNI), la filière forêt-bois porte davantage d’emplois que la filière du nucléaire ou de l’aéronautique,
qui portent respectivement 220 000 et 300 000 emplois, en incluant les emplois indirects.
La construction bois représente près du tiers du marché des usages de ce matériau. Elle est passée
de 2 % du marché de la maison individuelle en 2000 à 12 % aujourd’hui. La part du secteur
tertiaire a doublé en deux ans.

49
janvier 2022 / n°90
partie 4 - Panorama des filières et solutions constructives valorisant la mixité

4.2 Principales solutions constructives liées à cette filière

4.2.1 Constructions à Ossature Bois (porteur)


Ce système constructif est, de très loin, le plus répandu en France et dans le monde. Une trame de
montants de bois, espacés de 40 à 60 cm, est habillée de panneaux de particules, de contreplaqué
ou d'OSB ; l'isolant thermique s'insère entre les montants. Ce système constructif fait l’objet du NF
DTU 31.2.

Avantages :
w Rapidité : le chantier ne dure que quelques semaines. Les murs, fabriqués sur site ou en
atelier, sont assemblés sur place.
w Souplesse et évolutivité : outre un bardage, les murs-panneaux peuvent recevoir des pare-
ments en brique, pierre, béton... On peut associer à une construction en ossature panneaux
des éléments poteaux-poutres pour créer des volumes architecturaux plus grands, un mur
maçonné pour l'inertie thermique, une façade en verre pour faire le plein de lumière... On
peut aussi réaliser des murs courbes.
w Légèreté : intéressante sur les terrains de faible portance, ou dans des zones mal stabilisées
ou en surélévation.

Figure 23 : Construction ossature bois mis en œuvre sous forme de panneaux 2D ou de modules 3D

4.2.2 Façades à ossature bois


La Façade Ossature Bois préfabriquée et rapportée devant des structures bois, béton ou métal, est
une pratique constructive de plus en plus fréquente pour réaliser des ouvrages d’habitation et de
bureaux et en rénovation (figure 24). Elle se nomme plus aisément FOB et est couverte par le NF
DTU 31.4. La conception des parois est en tout
point analogue aux parois à ossature bois por-
teuses. La préfabrication permet d’intervenir en
quelques jours pour des chantiers en site
occupé.

Figure 24 : Façade ossature bois peut être


mis en œuvre sur différents types de
support (bois, acier...)

50
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
4.2.3 ITE sur support bois
La fonction est la même que pour les façades à ossature bois décrites ci-dessus, sans préfabrication,
avec pour support uniquement les murs en maçonnerie enduite ou en béton.
Le principe consiste à mettre en œuvre des
pattes-équerres métalliques sur la paroi sup-
port puis des chevrons bois sur ces pattes-
équerres. L'isolant est positionné en une ou
plusieurs couches entre les chevrons.
Cette solution technique, bien qu’excluant la
préfabrication, permet une grande souplesse
pour s’adapter au support, en particulier dans
le cadre d'opérations de rénovation.

Figure 25 : ITE mise en œuvre sur une


maison individuelle.

4.2.4 Systèmes poteaux-poutres


Il s’agit d’un « squelette » constitué de poteaux de forte section espacés de 2,5 à 5 mètres, reliés
par des poutres. Il peut ensuite recevoir une grande variété de remplissages et présente différents
avantages :
w Esthétique : l'ossature porteuse peut rester tota-
lement visible et constitue un élément de déco-
ration intérieure.
w Espace intérieur : les poutres de grande portée
offrent une volumétrie intérieure libre et géné-
reuse.
w Liberté architecturale : la dissociation entre la
structure et le remplissage autorise une grande
variété de conception : grandes baies vitrées, murs
à ossature bois…

Figure 26 : Poteau-poutre bois.

4.2.5 Bois empilé


C'est la technique la plus traditionnelle, celle de l'isba et du vieux chalet. D'épaisses pièces de
bois de section ronde (rondins) ou carrée (madriers) sont empilées horizontalement. Elles s'em-
boîtent avec précision, empêchant l'infiltration des eaux de pluie. Parois porteuses naturellement
isolante, cette technique ne propose en général qu'un vocabulaire architectural spécifique : façades
présentant peu d'ouvertures, assemblages visibles, finitions intérieures laissées en bois naturel et
est réservé le plus souvent à la maison individuelle. Ce système est très peu utilisé en
rénovation/réhabilitation.

51
janvier 2022 / n°90
partie 4 - Panorama des filières et solutions constructives valorisant la mixité

4.2.6 Panneaux massifs (CLT)


Technique essentiellement utilisée pour les bâtiments de grandes dimensions (collectifs, industriels
et commerciaux). Elle repose sur de grands panneaux de structure en planches contrecollées, dont
les performances mécaniques sont supérieures au bois massif car ils peuvent travailler dans tous
les sens.
Ces panneaux sont utilisés à la fois comme éléments de murs extérieurs, planchers, supports de
couverture... Cette technique présente plusieurs avantages :
w Rapidité : fabriqués en grandes dimensions,
ces panneaux permettent une construction
rapide et propre.
w Confort : ils constituent des parois massives
indéformables qui, par leur capacité d'ac-
cumulation de la chaleur et de la vapeur
d'eau, apportent le maximum de confort.
w Souplesse : on peut leur associer - priori-
tairement par l'extérieur - tous les matériaux
isolants et de parement actuellement sur
le marché.

Figure 27 : murs et planchers


en panneaux CLT

4.2.7 Revêtements extérieurs en bois ou à base de bois.


L’ensemble des solutions techniques présentées ci-dessus (à l’exception du bois empilé), doivent
être revêtues. Les parois en bois peuvent recevoir tous les types de revêtements extérieurs : bar-
dages métalliques, bardages terre-cuite, enduits, plaques minérale… mais aussi les bardages en
bois et à base de bois.

Parmi les bardages en bois ou à base de bois, on distingue :


w Les bardages en lames à emboîtement, en pose horizontale ou verticale ;
w Les bardages en lames à recouvrement, en pose horizontale ou verticale ;
w Les bardages en lames à claire-voie, en pose horizontale ou verticale ;
w Les bardages en plaques (panneaux contreplaqués ou de fibres type HDF) ;
w Les éléments en bois non structuraux rapportés en façades (type brise-soleil).

Tous ces produits peuvent éventuelle-


ment recevoir un système de finition
opaque (peinture) ou transparent (lasure,
saturateur).

Figure 28 : Eventail de bardages en bois

52
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
4.3 Principaux enjeux environnementaux

La filière forêt-bois a la spécificité de transformer et gérer une ressource durable, naturelle, renou-
velable et recyclable. Avant même que la ressource ne soit prélevée, celle-ci séquestre du carbone
pendant sa croissance. L’ONF estime que 14,7 millions de tonnes de carbone sont stockées dans
les forêts françaises. De plus, un mètre cube de bois (forêt, bois et produits du bois) séquestre une
tonne de CO2. Ainsi, les meubles, bâtiments, palettes et tout autre produit en bois stockent du
carbone tout le long de leur cycle de vie. À la fin de ce cycle, lorsque l’objet a déjà été recyclé en
palette, en papier etc., il est alors transformé, en granulé ou en plaquette, et utilisé pour produire
de l’énergie. Le bois énergie (en granulé, plaquette et bûche) est une alternative durable face à
d’autres énergies non renouvelables. Celle-ci représente neuf millions de tonnes d’équivalent
pétrole. Ainsi le bois énergie valorise les sous-produits issus de l’exploitation forestière et de la
transformation du bois, adoptant de ce fait une démarche de recyclage zéro déchets.
Cette filière a également l’avantage d’être une filière dite sèche, c’est-à-dire que sur toute la
chaîne de transformation et valorisation du bois (à l’exception de l’industrie papetière), la consom-
mation d’eau est très faible.
En construction, le bois (et les autres biosourcés) a des atouts indéniables en ce qui concerne le
sujet du carbone. D'une part, parce que dans leur procédé de fabrication, ils sont en général très
peu émissifs, très peu transformés et ils nécessitent peu d'énergie polluante. Et d'autre part, en
particulier pour tout ce qui est gros œuvre, le bois stocke du carbone capté par l'arbre dans la
forêt et qui est sanctuarisé dans le bâtiment pendant des décennies.

4.4 Répartition territoriale

Les entreprises de la filière bois sont réparties sur tout le territoire national, tant pour la fabrication
des composants que pour les entreprises de mise en œuvre.
En augmentation depuis 1840, la forêt française représente 30 % du territoire métropolitain.
Faute de prélèvement suffisant, le stock de bois sur pied s’accroit d’années en années. La récolte
de bois est un acte important dans la gestion d’une forêt car il contribue également à l’entretien
de certains milieux (notamment dans les régions sèches) et favorise la biodiversité et le bon état
sanitaire des forêts.
L’utilisation de bois cultivés et transformés à proximité de leur mise en œuvre génère de l’activité
pour l’ensemble de la chaîne de production de la filière forêt-bois : pépinières, sylviculture,
exploitation forestières, sciage et seconde transformation.

Les circuits localisés, en réduisant le transport des bois, contribuent à limiter l’émission de gaz à effet
de serre et améliorent donc l'empreinte carbone des projets de construction ou d’aménagement.
En matière d’essences locales, on distingue trois approches :
w Local : utilisation de bois cultivés et transformés à proximité du lieu de mise en œuvre
(ex : forêt de la commune) ;
w Régional : utilisation de bois cultivés dans une région ou un massif forestier particulier
(ex : recours à des appellations/marques/AOC) ;
w Français : utilisation de bois cultivés et transformés en France.

53
janvier 2022 / n°90
partie 4 - Panorama des filières et solutions constructives valorisant la mixité

4.5 Atouts et points de vigilance

Afin de pérenniser les performances de la filière bois, pour les années à venir, la filière s’est
engagée à :
w Assurer le renouvellement de la ressource par un soutien à la plantation ;
w Investir massivement et moderniser les outils de première et deuxième transformation ;
w Améliorer la coordination entre les acteurs aux différents maillons de la chaîne ;
w Améliorer la communication à tous les niveaux pour dépasser les freins culturels ;
w Attirer et former une main d’œuvre qualifiée ;
w Stimuler l’innovation pour mieux valoriser le feuillu et développer de nouveaux modes
constructifs bois.

L’un des principaux atouts des systèmes constructifs bois est la préfabrication : les délais de
chantier sont plus courts, et la mise en marché plus rapide tout en générant moins de déchets
lorsque les parois bois sortent finies des ateliers. Les constructeurs de maisons et d'immeubles en
bois misent donc sur l'usage de la préfabrication en usine ou en atelier, d'éléments d'ouvrages
(charpentes, ossatures bois, etc.) qui sont ensuite assemblés sur chantier. La préfabrication
mobilise des procédés industriels informatisés pour la conception et les découpes des éléments.
Les constructeurs bois s'appuient aussi sur la maquette numérique BIM (Business Information
Modeling) pour engager les différentes parties prenantes en amont des opérations.

Autre atout la capacité des systèmes constructifs bois : l’utilisation de bois en mixité avec d’autres
matériaux (bois/béton, bois/métal, bois biosourcés...).

5. FILIÈRE TERRE CUITE

5.1 Présentation rapide de la filière

La filière terre cuite est un acteur incontournable pour répondre aux enjeux du logement et plus
largement de la construction auxquels notre pays doit faire face.
Non seulement elle développe des solutions techniques innovantes pour répondre aux besoins
de logement de nos concitoyens mais elle dispose aussi des capacités humaines et industrielles
pour fabriquer des produits fiables, disponibles sur l’ensemble du territoire, à coûts maîtrisés,
dans un process toujours plus respectueux de l’environnement.
Enfin, les produits de construction terre cuite sont vecteurs d’une architecture sensible, diversifiée,
créatrice de lien avec les territoires, les habitants et les usagers, porteuse de modernité, de sens et
de beauté.
En termes de chiffres, l’industrie des Tuiles et Briques française est la deuxième industrie euro-
péenne de ce secteur, elle représente environ 900 millions d’euros de chiffre d'affaires. 35% des
logements neufs sont construits en briques de structure (40% des maisons et 26% des logements
collectifs). Enfin, pas moins de deux toits sur trois en France sont couverts par des tuiles de terre
cuite (source : Construction neuve (2018) – Batiétudes).

54
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
5.2 Principales solutions constructives liées à cette filière

5.2.1 Briques de structure


Les briques de mur et les briques de cloison peuvent avoir des perforations horizontales ou verti-
cales. Les briques de mur sont utilisées pour des murs porteurs, grâce à leur résistance mécanique.
Elles sont généralement doublées par un isolant, mais elles apportent par elles même un complé-
ment d’isolation non négligeable. Côté extérieur, elles sont enduites.
Le Monomur est une brique de terre cuite qui permet de construire en une seule fois un mur
porteur et isolant. Confortables l’été et économiques l’hiver, le Monomur et la brique terre cuite
permettent de réaliser des économies sur les factures de chauffage. Totalement incombustibles,
les produits de terre cuite traversent le temps et garantissent des maisons pérennes.
Les briques de cloison servent à bâtir les cloisons intérieures de distribution ou de doublage des
murs extérieurs. Elles sont dans la plupart des cas enduites au plâtre.

Figure 29 : Brique de terre cuite

5.2.2. Tuiles de terre cuite


Elles permettent la réalisation de toitures et de bardages. Elles peuvent être plates, canal ou à
emboîtement : leurs formes et leurs couleurs sont indissociables de l'identité régionale y compris
dans une expression contemporaine.
Il y a environ 250 modèles, 400 coloris et une gamme variée d'accessoires complète associée à
chaque modèle pour une bonne finition des toitures et une limitation des découpes sur le
chantier. Régulièrement entretenue,
une toiture en tuiles de terre cuite
protège autant du temps qu'il fait
que du temps qui passe. Cette étan-
chéité de la couverture est étroite-
ment liée, d'une part au respect des
principes essentiels de mise en
œuvre (normes de pose DTU), et
d'autre part à l'utilisation de tuiles
de qualité. La marque de qualité NF
« tuiles de terre cuite » apposée sur
les produits est un gage de qualité
et de conformité aux normes.
Figure 30 : Atelier Bettinger et Desplanques

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partie 4 - Panorama des filières et solutions constructives valorisant la mixité

Produits de parement (briques, plaquettes, brise-soleils, bardeaux...)


La brique de parement est de petite taille, pleine ou partiellement perforée. Ces briques peuvent
être mises en œuvre à l’intérieur des bâtiments comme à l’extérieur.
Ce sont elles qui sont visibles et qui contribuent à l’identité locale. Elles possèdent de nombreuses
qualités qui leur permettent d’être présentes dans toutes les régions : résistance aux UV, aux
intempéries et au gel. Les produits apparents de terre cuite sont aussi parfaitement adaptés à
l'isolation thermique par l'extérieur.

Les produits de parement sont particulièrement utilisés en rénovation et réhabilitation de patrimoine


existant qui peut être ainsi modernisé et rajeuni avec des produits résistants, d'entretien aisé et
facile à mettre en œuvre.

Figure 31 : Types de parements en terre cuite

5.3 Principaux enjeux environnementaux

L’industrie de la terre cuite française et européenne s’est mobilisée depuis de nombreuses années
pour limiter ses émissions de gaz à effet de serre (approvisionnement local, amélioration de l’efficacité
énergétique des process, recours aux combustibles « propres » : gaz naturel, biogaz et biomasse...).

La filière terre cuite a depuis de nombreuses années intégré les principes de l’économie circulaire en :
w Valorisant systématiquement les rebuts de fabrication (stabilisation des routes d’accès aux
carrières, réincorporation dans le procédé de fabrication, substitution du sable « dégraissant »...) ;
w Limitant les déchets de chantier par un calepinage optimisé et des produits ou accessoires
évitant les découpes ;
w Favorisant l’écoconception des produits (pour un meilleur recyclage ou réutilisation en fin
de vie).

Sur le sujet spécifique des émissions de CO2, entre 2000 et 2017, les émissions de CO2 générées
par la fabrication des produits de terre cuite ont été diminuées de 37% (17% en émissions spéci-
fiques). Pour aller toujours plus loin dans la réduction de ses émissions, la filière terre cuite a lancé
son projet « Usine Bas Carbone 2050 » qui vise à :
w Réaliser un état de l’art des installations (bilan des consommations, technologies utilisées...) ;
w Identifier les pistes de réduction des émissions carbone (process, matières premières, effi-
cacité énergétique...) ;
w Proposer à chaque usine les solutions les plus adaptées ;
w Concevoir l’usine « Terre cuite de Demain ». Ceci comprend la constitution d’un réseau de
partenaires et le portage de projets R&D au niveau européen.

56
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
5.4 Répartition territoriale

La filière des fabricants de matériaux de construction Terre Cuite représente 135 lignes de pro-
duction réparties partout en France, 4 500 emplois directs, des emplois induits non délocalisables
pour 430 000 maçons et plâtriers, 45 000 couvreurs, 72 000 salariés du négoce. 95 % des produits
utilisés en France sont produits en France, ce qui en fait un matériau local.

5.5 Atouts et points de vigilance

La terre cuite présente différents atouts :


w Inertie thermique : un bâtiment est d’autant plus confortable qu’il se réchauffe et se refroidit
lentement. La terre cuite apporte de l’inertie, elle contribue à réguler les échanges thermiques
entre intérieur et extérieur.
w Résistance thermique : en 20 ans, la résistance thermique des briques de 20 cm a été mul-
tipliée par trois. Ainsi, la brique Terre Cuite est un élément à considérer dans l’isolation des
bâtiments pour construire une enveloppe performante.
w Pérennité : la durée de vie de la terre cuite est de 100 ans.
w Incombustible : sa composition exclusivement minérale rend les produits de terre cuite tota-
lement incombustibles. Classée A1 sans essai (Euroclasse), cela signifie qu’ils sont ininflam-
mables et incombustibles.
w COV, moisissure, qualité de l’air : tous les produits de terre cuite sont classés A+ (émissions
nulles) et ils rendent le développement des moisissures impossible. Les produits de terre
cuite ne présentent pas de risques radioactifs.
w Déchet inerte La composition physico-chimique de la terre cuite est proche de celle d’un
substrat naturel non pollué et n’a aucun effet sur la santé humaine.

Afin de pérenniser les performances de la filière terre cuite, pour les années à venir, la filière s’est
engagée à :
w Diminuer les consommations d’énergie (récupérer la chaleur des fours pour alimenter les
séchoirs, éco-conception des produits pour diminuer la température de cuisson…) ;
w Développer le recours aux énergies « propres », renouvelables (biogaz, énergies renouvelables...);
w Encourager et développer les initiatives de réemploi de produits de terre cuite et de mixité.

Si la tuile et le bois sont historiquement complémentaires en toiture, de nouveaux usages émergent :


la tuile peut descendre du toit pour habiller et protéger les structures bois. L’immeuble de bureaux

Figure 32 : TERENEO : Immeuble de bureau - architecte : Béal & Blanckaert architectes.

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partie 4 - Panorama des filières et solutions constructives valorisant la mixité

« Tereneo » labellisé BEPOS et livré par l'agence Béal et Blanckaert à Lille en est un exemple avec
une structure poteau-poutre bois de quatre niveaux sur un socle de béton pour les parkings. La
façade en tuiles vernissées, posées à sec et à recouvrir sur une lame d’air ventilée, apporte l’es-
thétique recherchée et concourt à un bon confort d’été.

Le développement de l’isolation thermique par l’extérieur en neuf et en rénovation est aussi


porteur de nouveaux usages et combinaison pour la terre cuite : mur double en brique sur voile
béton, tuiles sur ossature bois, bardeaux sur ossature acier, plaquettes maçonnées et plus récem-
ment plaquettes collées sur Etics. Sa simplicité de mise en œuvre et sa facilité d’entretien limite
les coûts d’exploitation : c’est un élément important particulièrement dans le logement social où
peut-être plus qu’ailleurs la logique économique et la pérennité sont au cœur des projets.

6. FILIÈRE PIERRE NATURELLE

6.1 Présentation rapide de la filière

Matériaux naturels et esthétiques par excellence, les pierres françaises sont ancrées dans leur ter-
ritoire et contribuent depuis toujours à façonner le patrimoine bâti national tout en marquant, de
leur empreinte, chacune de nos régions.

Mais si cette dimension patrimoniale est aujourd’hui officiellement reconnue par le dispositif d’in-
dication géographique récemment étendu à certains produits non alimentaires, il n’en reste pas
moins vrai que la pierre naturelle française est également un matériau contemporain capable de
s’adapter aux exigences les plus modernes de la construction et de contribuer de manière durable
au bien-être de ses utilisateurs.

Avec un réseau de plus de 400 carrières, une durabilité exceptionnelle et une capacité à être
réutilisée quasiment sans fin, les pierres naturelles françaises participent à la transition du monde
de la construction dans l’univers de l’économie circulaire.

6.2 Principales solutions constructives liées à cette filière

La pierre naturelle peut avoir des usages multiples en construction : éléments de maçonnerie,
revêtements muraux, revêtements de sol intérieur et extérieur, décoration… Avant de procéder au
choix du matériau, l’utilisation de la pierre implique une bonne connaissance de ses qualités phy-
siques et mécaniques. La destination dans l’ouvrage mais aussi l’emplacement géographique sont
également des critères importants d’aptitude à l’emploi de la pierre, notamment sa capacité de
résistance au gel.

58
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
Dans la figure ci-dessous vous trouverez l’ensemble des cas d’utilisation de la pierre naturelle
dans une façade :

Corniche

Elévation

Rejaillissement

Bandeau (saillie > 6 cm)

Elévation

Main courante
Rejaillissement
Dalle massive
de balcon Bandeau (saillie ≤ 6 cm)
Balustres
Console
Elévation
Soubassement

Figure 33 : Façade en pierre naturelle massive, extrait de la norme NF B10-601

6.3 Principaux enjeux environnementaux

La pierre naturelle possède des qualités écologiques inédites : on la prélève localement, on la


redimensionne et on la pose en ne mobilisant que très peu d’énergie.

Les principaux enjeux environnementaux pour aller encore plus loin sont :
w Le développement de la base de données environnementale dans le contexte de la RE 2020
(murs en maçonnerie massive, murs doubles, pierre attachée et autres produits de construc-
tion).
w L’étude des possibilités de réemploi, recyclage ou réutilisation et de valorisation des pertes
en carrière et en atelier de transformation.
w L’optimisation environnementale sur l’ensemble du cycle de vie mais principalement sur les
processus de production : co-produits, vecteurs et efficacités énergétiques…

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partie 4 - Panorama des filières et solutions constructives valorisant la mixité

6.4 Répartition territoriale

La filière Pierre Naturelle en France représente plus de 515 millions d’euros de chiffre d'affaires
pour environ 500 carrières et 4000 emplois directs.

Figure 34 : Carte géologique simplifiée de la France par nature géologique de terrain tirée du
« Mémento sur l’industrie française des roches ornementales et de construction » d’octobre 2014.

Carrières de calcaire (296)


Carrières de granite s.l. (115)
Carrières de schistes s.l. (48)
Carrières de marbres s.l. (37)
Carrières de grès (35)
Carrières de laves (16)
Carrières de gneiss s.l. (12)
Terrains sédimentaires
Terrains plutoniques
Terrains volcaniques
Terrains métamorphiques

6.5 Atouts et points de vigilance

La pierre naturelle possède de nombreux atouts qui font d’elle un matériau de construction et de
décoration polyvalent d’un point de vue esthétique, la pierre naturelle possède une palette de
couleurs très étendue entre le blanc et le noir en passant par le vert, le rose, le beige, le gris, etc.
la taille des grains plus ou moins fins ainsi que des textures originales font que chaque pierre est
unique. En plus de son aspect, la pierre naturelle permet la réalisation d’éléments de construction
de toutes formes grâce aux progrès dans le domaine de l’usinage.

Figure 35 : Différents
coloris de la pierre
naturelle

60
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
D’un point de vue environnemental, la pierre est un matériau de haute qualité car c’est un matériau
naturel, sans émission de COV (Composés Organiques Volatils). De l’eau claire et du savon neutre
suffisent très souvent à son entretien. Elle est durable lorsque les prescriptions sur le choix, la
mise en œuvre et l’entretien sont respectées. De plus, la pierre naturelle peut être recyclée quasi
indéfiniment aussi bien dans son emploi initial que pour un autre usage.

En plus de ces qualités esthétiques et environnementales, la pierre naturelle possède des caracté-
ristiques physico-chimiques indéniables. En effet, la structure de la pierre naturelle lui permet
d’être incombustible (classée A1 à la réaction au feu), d’avoir un bon isolement acoustique, une
bonne inertie thermique, ainsi qu’une bonne régulation hygrothermique. Ces caractéristiques aug-
mentant le confort intérieur des bâtiments. D’un point de vue mécanique, la pierre naturelle possède
des résistances à la compression qui peuvent atteindre près de 300 MPa et des résistances à la
flexion de plus de 20 MPa.

Afin de pérenniser les performances de la filière pierre naturelle, pour les années à venir, la filière
s’est engagée à :
w Assurer et consolider la maîtrise des compétences et savoirs faire afin de maîtriser les coûts
techniques.
w Contribuer à la structuration de la filière.
w Développer l'industrie 4.0 dans la pierre naturelle en intégrant de plus en plus d’outils
numérique qui permettent la réalisation de projets architecturaux et design complexes.
w Faire connaître les possibilités de réemploi de pierre naturelle en fin de vie du bâtiment.

L’alliance et la complémentarité des matériaux biosourcés (issus de la biomasse) et géosourcés


(issus des ressources d’origine minérales) est la voie parfaite pour répondre aux enjeux du déve-
loppement durable, de l’économie circulaire, de la transition écologique et d l’efficacité énergétique.
Cette stratégie consiste tout simplement à positionner dans les constructions le bon matériau au
bon endroit.

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janvier 2022 / n°90
partie 4 - Panorama des filières et solutions constructives valorisant la mixité

7. FICHES SYNTHÉTIQUES SUR LES PRINCIPALES SOLUTIONS


Les principales solutions constructives permettant de réaliser la structure et l’enveloppe d’un
ouvrage, neuf ou rénové, compatible avec le principe bas carbone sont listées ci-après. Elles
peuvent permettre de réaliser complètement ou partiellement la structure, la façade, la couverture
ou l’isolation.
› Poteau-poutre en acier : structure ;
› Ossature profils minces acier : structure/enveloppe ;
› Bacs collaborants : structure ;
› Construction ossature bois : structure/enveloppe ;
› Panneaux CLT bois : structure ;
› Façade ossature bois : façade ;
› Module tridimensionnel acier, béton, bois : structure/enveloppe ;
› Bloc béton : structure/façade ;
› Béton cellulaire : structure/façade ;
› Prémur : structure/enveloppe ;
› Construction en brique de structure : structure/enveloppe ;
› Mur en pierre naturelle : structure/enveloppe ;
› ITE sur support bois : enveloppe ;
› Bétons végétaux : structure/isolation ;
› Paille : isolation ;
› Isolation en fibres végétales et matériaux recyclés biosourcés : isolation ;
› Couverture en Terre Cuite : enveloppe ;
› Couverture en acier : enveloppe ;
› Panel de revêtements de façades verticales – tous matériaux : enveloppe.

Elles sont présentées sous forme de fiches synthétiques disponibles en annexe 2 de ce document
et comprennent les éléments suivants :
w Description du système : composition, partie d’ouvrage concernées ;
w Provenance des produits : unités de production réparties sur le territoire, avec des localisations
réduites ou situées hors de nos frontières ;
w Contribution aux performances induites par les exigences fondamentales et mode de recon-
naissance (normes produits, avis techniques, règles professionnelles…) ;
w Tendances économiques : facteurs pouvant avoir un impact sur l’économie globale du projet;
w Focus environnemental : présence de FDES et lien avec l’économie circulaire ;
w Points de vigilance pour la prescription : mise en avant de points à prendre en compte pour
maîtriser la qualité de l’ouvrage final ;
w Référence(s) : exemples de projets réalisés ayant eu recours à ce système.

62
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
Exemple de fiche (cf. annexe 2, page 76)

63
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64
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
PARTIE 5 Choix des solutions
constructives et intérêt
pour les occupants

65
janvier 2022 / n°90
partie 5 - Choix des solutions constructives et intérêt pour les occupants

1. CRITÈRES DE CHOIX DES SOLUTIONS CONSTRUCTIVES


Outre les options architecturales, le choix des solutions constructives est piloté par un ensemble
de critères techniques, environnementaux, économiques, dont les principaux sont présentés dans
ce paragraphe.

1.1 Contribution aux performances essentielles d’un ouvrage


Un ouvrage doit répondre à un ensemble d’exigences essentielles pour assurer la sécurité et le
confort de ses occupants :
w Résistance mécanique et stabilité : c’est la première exigence technique. Selon les procédés
choisis, le rapport entre les portées libres d’appui et l’encombrement des composants (retom-
bée de poutres, emprise au sol des poteaux) peut varier significativement.
w Sismique : au-delà des principes courants de stabilité, il faut considérer la contribution de la
solution au comportement parasismique de l’ouvrage neuf ou en rénovation.
w Thermique : l’entrée en vigueur de la RE 2020 implique la réduction des impacts carbone et
la prise en compte du confort d’été en complément des exigences existantes sur la perfor-
mance thermique de l’ouvrage.
w Acoustique : les exigences en matière d’acoustique concernent aussi bien les bruits extérieurs
que les bruits intérieurs, point potentiellement particulièrement sensibles dans le cas de
logements collectifs.
w Sécurité incendie : il s’agit ici de garantir la sécurité des personnes et des biens. Pour y
répondre, sont à la fois considérées les performances en résistance au feu, souvent en fonc-
tion d’une durée déterminée, et en réaction au feu (directement liée aux matériaux).
w Hygiène et sécurité : le choix des solutions peut notamment avoir un impact sur le niveau
de qualité de l’air intérieur ou sur la radioactivité.

1.2 Économie circulaire


La prise en compte des différents aspects liés à l’économie circulaire est aujourd’hui primordiale :
w Économie de matière : au-delà de la réduction des encombrements, l’économie de matière
permet de réduire les impacts environnementaux d’un ouvrage.
w Réemploi : un produit démontable pourra plus facilement être réemployé ou réutilisé.
w Recyclage : les produits mis en œuvre doivent pouvoir être séparés et valorisés pour limiter
la production de déchets.
w Réversibilité : l’allongement du cycle de vie des ouvrages passe par la possibilité d’en
changer l’usage et la géométrie au fur et à mesure de l’évolution des besoins.

1.3 Environnement du chantier


L’implantation du site de construction peut être déterminante sur divers aspects durant la période
du chantier :
w Accès : en zone urbaine dense ou en rase campagne, les infrastructures routières et les
moyens d’accès au site peuvent conduire à des difficultés techniques ou à des surcoûts.
w Levage : les moyens de levage à déployer s'adaptent aux éléments à mettre en œuvre mais
des contraintes d'accès et d'occupation de la voirie peuvent éliminer certaines solutions.

66
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
w Industrialisation : le recours à des procédés industrialisés offre souvent une garantie de
qualité des produits et systèmes, à condition que leurs conditions de prescriptions (dimen-
sions, composition) et de mise en œuvre soient respectées.
w Nuisances : le chantier est un lieu qui génère couramment du bruit, de la poussière et des
rotations de camions ou d’engins. Le choix de certaines solutions constructives permet d’at-
ténuer ces impacts.
w Déchets : déterminants dans le cadre de la prochaine REP, la collecte et le retrait des déchets
issus du site peuvent être contraignants, surtout si le terrain et ses abords ne permettent
pas le stockage de bennes en nombre suffisant.

1.4 Économie en coût global


Une approche en coût global doit permettre de prendre en compte l’ensemble des points pouvant
impacter l’économie du projet sur l’ensemble de son cycle de vie :
w Entretien : cette approche doit prendre en compte aussi bien le coût initial du chantier que
la périodicité et technicité des opérations de maintenance
w Poids propres : des solutions lourdes peuvent entraîner un surdimensionnement des com-
posants de structures et fondations.
w Disponibilité des savoir-faire à proximité : l’accès à une main d’œuvre plus qualifiée garantira
la bonne réalisation.
w Mise en œuvre : avec des techniques courantes, elle est souvent maîtrisée et permet d’at-
teindre les objectifs en termes de performances et de durée de vie. Avec des techniques
innovantes, il est essentiel d’accompagner les prescripteurs et les entreprises, en particulier
lors d’une première expérience.

1.5 Durée de vie


w Durabilité : fixée par la maîtrise d’ouvrage, la durabilité détermine la période durant laquelle
la fonction doit être assurée sans risque. Précisée dans le cahier des charges, elle a une
influence directe sur les procédés choisis et sur leur entretien.
w Conditions d'usage : afin de garantir la pérennité des parties d'ouvrages, il est nécessaire de
s'assurer de leur adéquation avec les conditions d'usage (passages fréquents, entretien
usuel confié aux locataires...).

1.6 Mode de reconnaissance technique


Afin de permettre leur assurabilité, les solutions techniques doivent bénéficier d’une procédure
de reconnaissance technique qui peut être collective ou individuelle.

1.7 Cas de la rénovation


Pour les opérations intégrant une intervention sur l’existant des spécificités sont à prendre en compte :
w Diagnostic de l’existant : cette étape doit permettre de déterminer les caractéristiques de
l’existant, son état de conservation et les éventuelles pathologies à traiter.
w Ne pas dégrader les performances : de façon générale, les interventions sur l’existant ne
doivent pas dégrader ses performances.
w Intervention en site occupé : les solutions retenues doivent permettre de limiter les nuisances
pour les occupants et les riverains afin de faciliter l'acceptabilité des travaux.

67
janvier 2022 / n°90
partie 5 - Choix des solutions constructives et intérêt pour les occupants

2. INTÉRÊT DU BAS-CARBONE POUR LES OCCUPANTS


Le choix d’un matériau bas-carbone est une bonne base pour se diriger vers une architecture soute-
nable. Le matériau bas-carbone doit ainsi répondre aux critères de l’écoconception, c'est-à-dire :
w Limiter les impacts environnementaux durant tout son cycle de vie.
w Procurer des conditions de confort aux occupants du bâtiment pendant son exploitation.
w Ne pas présenter de danger pour la santé tant pendant la phase de mise en œuvre que
d’utilisation du bâtiment.
w Apporter un bénéfice économique et social.

D’autres critères doivent être respectés pour que ces matériaux bas-carbone présentent de nom-
breux avantages en termes de soutenabilité :
w Provenir de ressources locales afin de promouvoir une économie valorisant les circuits
courts qui limite la production de carbone et favorise ainsi une économie locale.
w Être peu transformés pour réduire les étapes d’une transformation industrielle et ainsi dimi-
nuer leur empreinte carbone.
w Éventuellement provenir de sorties de filières pour transformer des déchets en ressources
(exemple du laitier de haut fourneau, sous-produit de la fabrication de l’acier, utilisable
comme addition dans les ciments et bétons).
w Utiliser des agro-ressources qui captent du CO2 lors de leur phase de croissance et qui sont
des ressources renouvelables avec une période de croissance rapide.
w Présenter un faible impact environnemental en fin de vie, grâce au recyclage ou à la réutilisation.

EXEMPLE

Projet Enerpart – Cahors


La démarche ENERPAT (Energie/Patrimoine) vise à développer sur la Communauté
d’Agglomération du Grand Cahors un pôle de compétences à rayonnement régional
sur la thématique de la réhabilitation énergétique du bâti ancien, notamment à des-
tination du logement social.
Le projet expérimental de réhabilitation ENERPAT SUDOE engagé à Cahors, cofinancé
par le Fonds Européen de Développement Régional (FEDER) grâce au Programme
Interreg Sudoe (Sud-Ouest européen), portait sur deux immeubles de logements
accolés visant à créer un bâtiment démonstrateur des bonnes pratiques de réhabilitation
énergétique du bâti ancien. Le projet consistait à rénover l’immeuble en créant trois
espaces distincts : au rez-de-chaussée et au 1er étage, un espace tertiaire recevant du
public dédié à la diffusion et à la communication sur la démarche d’éco-rénovation,
au 2e étage, un appartement T2, et aux 3e et 4e étages un appartement T4 en duplex.

Les objectifs de ce projet étaient les suivants :


› améliorer la connaissance et développer de nouvelles compétences et activités
économiques sur l’éco-rénovation du patrimoine bâti ;
› innover par la conception de nouveaux outils, services, solutions pour favoriser
l’éco-rénovation du bâti ancien ;
› développer une approche sur le bâti ancien qui réponde aux besoins des
ménages pour favoriser le retour des familles en centre-ville.

68
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
PARTIE 6 Perspectives

69
janvier 2022 / n°90
partie 6 - Perspectives

Évolution dans le temps de la RE 2020 : relèvement des seuils


Filières à accompagner
Ouverture à l’économie circulaire

La montée en puissance de la construction bas carbone s’appuie sur un ensemble de mesures


réglementaires et incitatives. L’objectif de la construction décarbonée doit être intégré dans toute
la chaîne de valeur du projet. Il s’agit de rechercher un équilibre de performances technico écono-
mique et environnementales. Le constat qui peut déjà être fait est que cela conduit à une a
diversités des démarches possibles pour concevoir un bâtiment durable et bas carbone en s’ap-
puyant sur l’ensemble des filières. Ce qui est important est le poids carbone global de l’opération.

Les bâtiments à faible impact environnemental doivent s’appuyer sur la mixité des solutions
constructives pour économiser les ressources et basculer vers une véritable économie circulaire
de la construction-déconstruction :
› recyclage, réemplois facilités par la démontabilité des composants,
› anticipation de la réversibilité des ouvrages…

Cette faculté d’adaptation dans le temps doit cependant être accompagnée par une rigueur dans
la traçabilité des données relatives aux composants industrialisés, afin de pouvoir optimiser les
modifications ou le réemploi en fonction des propriétés intrinsèques de chaque élément. Effective
en amont du site de construction, le recours au BIM peut aboutir à une collecte totale et fiable des
données de chaque composant au sein de la maquette numérique pour leur exploitation tout au
long de la vie du bâtiment, offrant une continuité digitale conception réalisation-exploitation-
maintenance (CREM).

Au-delà des matériaux et de la conception de solutions, les axes d’évolution doivent aborder
autant la production, via la préfabrication, l’impression 3D ou la robotique, que le travail sur
chantier des compagnons avec l’allégement des produits, les dispositifs d’assistance physique ou
exosquelettes.
Enfin, l’adaptation de nos espaces bâtis au changement climatique nécessite d’utiliser le bon
matériau au bon endroit pour garantir le confort de vie des usagers tout au long de l’année.
Le recours à la mixité permet de tirer parti des qualités de chaque matériau et d’ouvrir l’éventail
des solutions, notamment pour traiter les sujets de confort d’été : inertie thermique des parois,
revêtements rafraichissants.

70
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
ANNEXE 1 Principales sources
d’informations
Filière construction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
Données environnementales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
Techniques constructives courantes et innovantes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
Économie circulaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72

Construction métallique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
Béton coulé en place et préfabriqué . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
Terre cuite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
Construction bois . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
Matériaux biosourcés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73

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janvier 2022 / n°90
annexe 1 - Principales sources d’informations

FILIÈRE CONSTRUCTION

Données environnementales
INIES - base nationale de référence sur les caractéristiques environnementales et sanitaires pour
le bâtiment : http://www.inies.fr/accueil/

Textes et outils relatifs à l’application de la RE 2020 :


w Décret n° 2021-1004 du 29 juillet 2021 relatif aux exigences de performance énergétique
et environnementale des constructions de bâtiments en France métropolitaine :
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043877196
w Arrêté du 4 août 2021 relatif aux exigences de performance énergétique et environnementale
des constructions de bâtiments en France métropolitaine et portant approbation de la
méthode de calcul prévue à l'article R. 172-6 du code de la construction et de l'habitation :
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFSCTA000043936445
w Outils validés par le ministère pour faire des analyses de cycle de vie bâtiment type RE
2020: http://www.batiment-energiecarbone.fr/liste-des-logiciels-ayant-realises-les-a135.html

Techniques constructives courantes et innovantes


Programme RAGE/PACTE – ensemble de référentiels collectifs définis pour accompagner l’évolution
des pratiques liée à l’amélioration des performances environnementales du bâtiment :
www.programmepacte.fr/catalogue

Liste verte de la C2P - recensement des produits et/ou procédés de construction bénéficiant d'un
Avis Technique (ATec) ou d'un Document Technique d'Application (DTA) en cours de validité, qui ne
sont pas mis en observation et sont donc considérés comme technique courante par les assureurs :
http://liste-verte-c2p.qualiteconstruction.com/

Fascicule de l’Agence Qualité Construction sur les textes de référence :


https://qualiteconstruction.com/publication/batiment-bien-utiliser-les-textes-de-reference-des-
la-conception/

Économie circulaire
Fondation Bâtiment Energie - rapports issus des groupes de travail sur l’élaboration de critères et
indicateurs pour le développement de bases scientifiques à la caractérisation de l'économie cir-
culaire dans le secteur du bâtiment : www.batiment-energie.org/index.php?p=70

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repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
Construction métallique
Métalétech - Blog de vulgarisation de la construction métallique publié par le CTICM : metaletech.com
ConstruirAcier – Organisme de promotion de l’utilisation de l’acier en construction qui regroupe
l’ensemble des acteurs de la filière : www.construiracier.fr
Save-Construction – configurateur de FDES : www.save-construction.com

Béton coulé en place et préfabriqué


https://www.fib.org/
https://www.infociments.fr/
https://www.snbpe.org/

Terre cuite
FFTB - Fédération Française des Tuiles et Briques : www.fftb.org

Sites d’information des groupements de briquetiers et tuiliers français :


w sur les briques de structure : www.briques.org/
w sur les produits de terre cuite de parement (briques apparentes, plaquettes, bardeaux, etc.) :
https://www.briquedeparement.com/
w sur les différentes familles de tuiles de terre cuite : www.latuileterrecuite.com/

Construction bois
https://catalogue-bois-construction.fr/
https://ambition-bois.fr/
https://www.codifab.fr/

Matériaux biosourcés
› Evaluation de la disponibilité et de l’accessibilité de fibres végétales à usage matériaux en France,
Rapport ADEME 2021
› Les filières des matériaux de construction biosourcés : Plan d’actions, avancées & perspectives,
Constructions & Bioressources, 2013
› Panorama des co-produits et résidus biomasse à usage des filières chimie et matériaux biosourcés
en France, ADEME, 2015
› Les matériaux biosourcés dans le bâtiment, FFB, 2015
› Isolants biosourcés : points de vigilance, AQC, 2016
› Structuration et développement des filières de matériaux de construction biosourcés - Plan d’ac-
tions n° 2, avancées et perspectives, KARIBATI, 2016
› Etude sur le secteur et les filières de production des matériaux et produits biosourcés utilisés
dans la construction (à l'exception du bois) - Etat des lieux économiques du secteur et des filières,
Nomadeis, 2017
› Etude du potentiel de développement des bétons végétaux en France, FRD, 2019
› Rapport sur la filière chanvre-construction, Interchanvre, 2019

73
janvier 2022 / n°90
74
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
ANNEXE 2 Fiches synthétiques sur
les principales solutions
1. Ossature poteaux-poutres en acier. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
2. Ossature profils minces acier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78
3. Bac collaborant pour plancher . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
4. Constructions à Ossature en bois . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82
5. Constructions en CLT . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84
6. Façades à Ossature en bois (FOB) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
7. Isolation Thermique par l’extérieur à ossature en bois (ITE OB) . . 88
8. Module tridimensionnel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
9. Bloc béton de granulats courants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
10. Bloc et panneau de béton cellulaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
11. Prémur (ou mur à coffrage intégré) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
12. Construction en brique de structure de terre cuite . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
13. Mur simple maçonné en pierre naturelle massive. . . . . . . . . . . . . . . . . 100
14. Béton de chanvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102
15. Paille (isolation) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104
16. Fibres végétales pour isolation et renforts . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 106
17. Matériaux recyclés pour l’isolation thermique par l’intérieur . . . 108
18. Couverture en tuile de terre cuite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110
19. Couverture en acier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112
20. Revêtements extérieurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114

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janvier 2022 / n°90
annexe 2 - Fiches synthétiques sur les principales solutions

Ossature poteaux-poutres en acier

Matériaux principaux Utilisation


Acier (+ éléments de plancher ou façade en mixité) Logements neufs individuels ou collectifs jusqu’à
jusqu’à R+10 ; surélévation et rénovation

Composition Illustration
Barres d’acier laminées et profilées constituant le
squelette du bâtiment (éléments porteurs horizontaux
et verticaux, contreventement, support de toiture).
Ce système permet de franchir aisément des portées
comprises entre 12 m et 15 m et jusqu’à 20 m en
structure mixte par la connexion des poutres métal-
liques et des planchers en béton.
Différents systèmes d’enveloppe peuvent être asso-
ciés : ossature secondaire en profils à froid, bardage
double peau, mur ossature bois, façade rideaux…

Partie(s) d’ouvrage Provenance du produit

Structure X Régional
Façade National X
Isolation Europe/international X

Assure seul : 1
Contribue : 2
Contribution aux performances sans impact : 3
Mode de reconnaissance

Résistance mécanique et stabilité 1 Technique traditionnelle ? oui


Acoustique 3
Principaux référentiels :
Feu 2 NF EN 1090-2
Eurocodes 3
Thermique 3
DTU 32-1
Étanchéité à l’eau 3

Tendances économiques liés à variantes des solutions


Utilisée depuis le XIXe siècle, l’ossature métallique en poteaux-poutres est une disposition qui offre une
large possibilité d’aménagement des espaces créés, libres de voiles ou refends porteurs. Avec des
entreprises présentes partout sur le territoire et des produits de large diffusion, le procédé peut être
aisément utilisé. En France, cependant cette technique est devenue peu à peu moins utilisée en logements
que dans d’autres pays européens la rendant moins compétitive que les procédés à base minérale ; la per-
formance économique s’établit lorsqu’il est possible d’envisager une succession d’opérations pour
acclimater les intervenants à son utilisation, notamment en conception.

76
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
Focus environnement
Une FDES collective est mise à disposition sur la base INIES à partir de laquelle il est possible
d’adapter les données au profil précis grâce au configurateur www.save-construction.com
Lots ACV concernés : cette solution fait partie du lot 3 « superstructure-gros œuvre » mais le
recours à cette solution peut également avoir un impact sur le lot 2 « fondations et infrastructure »
grâce à sa légèreté d’ensemble qui permet de réduire les fondations ainsi que sur le lot 6
« façades et menuiseries extérieurs » puisqu’elle peut accueillir des solutions de types façade
ossature bois.
Économie circulaire : possibilité de réemployer les composants ou la structure complète grâce à
leur faculté à la déconstruction, éléments en laminés à chaud produits à près de 100% à partir de
ferrailles recyclées.

Points de vigilance pour la prescription


L’acier est incombustible et donc classé A1 en termes de réaction au feu. Au-delà d’un degré de
résistance au feu normalisé R15, il est aisé d’assurer la protection de la structure métallique par
une protection rapportée : produits projetés, produits en plaques, peintures intumescentes.
La pérennité de la structure acier passe par le choix d’une protection anticorrosion adaptée à la
situation d’exposition du projet et choisie parmi les procédés courants : galvanisation, peinture,
système duplex (des traitements qui concourent à l’esthétique). Enfin, il faut noter que les
éléments métalliques placés à l’intérieur d’un édifice ne sont que peu exposés et ne subissent
pratiquement aucune attaque de corrosion.

Références d’opérations
Résidence Hors du Temps - Paris 15 : mixité bois/acier
en cœur d’îlot
Architecte : MO Foucras - MOA : Vinci Immobilier
Une structure poteaux-poutres en acier accueille des
façades en ossature bois pour réaliser un bâtiment de
logements collectifs en cœur d’îlot dans le 15e arrondisse-
ment de Paris. Le recours à des solutions préfabriquées en
filière sèche a permis une intervention rapide et respectueuse
de l’environnement très boisé du chantier. Ce projet qui
va être prochainement livré sera certifié NF HABITAT HQE.
+ D’INFORMATIONS
www.paris15-vinci-immobilier.com/hors-du-temps

Villa Rohan - Bordeaux : transformation de bureaux


en logements
Architecte : Atelier Cambium – MOA : AB Groupe
Un immeuble de bureaux des années 80 bénéficiant d’une Chantier en cours
(Source : FB)
implantation exceptionnelle est transformé en 22 logements.
La superstructure en béton initialement revêtue de panneaux en béton, accueille une nouvelle
peau en bardage métallique posé sur une charpente en acier. Ce projet, lauréat des Trophées Eiffel
2020 dans la catégorie Habiter, a également été nommé au Prix International de Transformation
de bureaux en logements 2021.
+ D’INFORMATIONS www.ateliercambium.fr/22-logements-bordeaux

77
janvier 2022 / n°90
annexe 2 - Fiches synthétiques sur les principales solutions

Ossature profils minces acier

Matériaux principaux Utilisation


Acier Ossature porteuse de logements individuels ou
collectifs jusqu’à R+2 ou ossature secondaire

Composition Illustration
Réalisées avec des profils à froid porteurs, ces ossa-
tures permettent d’allier rapidité d’exécution, légèreté
et bonnes performances thermiques et acoustiques.
Leur capacité à accueillir des revêtements extérieurs
aussi bien métalliques que minéraux ou vitrés,
facilite l’intégration du projet dans son environne-
ment. Non porteuses, elles viennent en support de
bardages extérieurs qui peuvent être de natures et
de formats diversifiés : métal, bois, béton...

Partie(s) d’ouvrage Provenance du produit

Structure X Régional
Façade X National X
Isolation X Europe/international X

Assure seul : 1
Contribue : 2
Contribution aux performances sans impact : 3
Mode de reconnaissance

Résistance mécanique et stabilité 1 ou 2 Technique traditionnelle ? oui


Acoustique 2
Principaux référentiels :
Feu 2 NF DTU 32 .3
Eurocodes 3
Thermique 2
Étanchéité à l’eau 2

Tendances économiques liés à variantes des solutions


Bien qu’encore peu répandue en France, cette solution permet de réaliser la structure et l’enveloppe en
même temps grâce à des éléments préfabriqués intégrant l’isolation, les revêtements et les menuiseries
pour un gain important sur le temps de chantier. Elle s’adapte aussi bien à la construction neuve qu’à la
rénovation, pour des maisons individuelles comme des logements collectifs.

78
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
Focus environnement
Une FDES collective est mise à disposition sur la base INIES et il y a possibilité d’adapter les
données grâce au configurateur www.save-construction.com
Lots ACV concernés : cette solution peut partie des lots 3 « superstructure-maçonnerie » et 6 «
façades et menuiseries extérieurs » car elle peut permettre de réaliser en même temps la
structure et l’enveloppe d’un bâtiment. Le recours à cette solution peut également avoir un impact
sur le lot 2 « fondations et infrastructure » grâce à sa légèreté.
Economie circulaire : la composition de ces ossatures repose sur des assemblages mécaniques,
par nature démontables et, comme tout acier, les composants sont entièrement recyclables.

Points de vigilance pour la prescription


L’acier est incombustible et donc classé A1 en termes de réaction au feu. La finesse des ossatures
ne confère un bon comportement au feu que pour un degré de résistance au feu normalisé R15.
Au-delà, il est nécessaire d’avoir recours à une protection rapportée de la structure métallique par
un dispositif d’écrans adapté en plaques : plâtre, plâtre-ciment...
La pérennité de ces structures en profilés minces en acier est assurée par la galvanisation des
produits dès l’usine. Placées à l’intérieur des parois, elles ne sont que peu sensibles à la corrosion.
Cependant, lorsqu’elles sont soumises à une atmosphère agressive, un complément de protection
peut être envisagé par une peinture rapportée.

Références d’opérations
Rénovation de 160 maisons - Wattrelos : Préfabrication pour intervention en site occupé
Architecte : RedCat - MOA : Vilogia
La rénovation de 160 maisons des années 1960 appartenant au bailleur social Vilogia est réalisée
en site occupé grâce à des éléments de façade et toiture préfabriqués. L’isolation, l’étanchéité, les
revêtements et les menuiseries sont mis en œuvre en atelier sur l’ossature en profils minces acier.
Les panneaux ainsi constitués sont ensuite transportés et posés directement sur les façades de
l’existant. Un panneau de toiture vient ensuite fermer l’ensemble pour garantir la pérennité des
performances énergétiques de cette rénovation EnergieSprong.
+ D’INFORMATIONS www.faskade.be/wattrelos

Surélévation de la barre Balmont - Lyon : maisons sur le toit pour un ensemble de logement
social
Architecte : par Castro Denissof Associés - MOA : société de construction de la ville de Lyon
En 2003, dans le quartier de La Duchère à Lyon, la barre Balmont, immeuble de 303 logements
conçu en 1965 par Régis Cottin et Franck Grimal, est l’objet d’un vaste programme de rénovation
qui prévoit notamment une surélévation. Pour limiter le poids de la structure de ces duplex, des
cadres en profilés à froid pré-galvanisés pré-assemblés au sol sont mis en œuvre. Cette intervention
en profondeur a permis de conserver le bâtiment existant tout en requalifiant cette imposant
ensemble, fortement associé à une image négative des logements sociaux.
+ D’INFORMATIONS www.lemoniteur.fr/article/barre-balmont-a-lyon-une-rehabilitation-radicale-
pour-casser-l-image-des-barres-hlm.733674

79
janvier 2022 / n°90
annexe 2 - Fiches synthétiques sur les principales solutions

Bac collaborant pour plancher

Matériaux principaux Utilisation


Acier et Béton Logements collectifs ou individuels neufs,
surélévation, reprises sur bâtiments existants

Composition Illustration
Tôles d’acier nervurées qui servent de coffrage auto-
porteur pour une dalle en béton coulée en place. Pour
un usage en logements collectifs, ce dispositif permet
d’assurer la capacité portante avec des épaisseurs très
intéressantes (environ 15 cm seulement) ; les perfor-
mances acoustique et feu peuvent être améliorées
avec l’ajout d’un plafond suspendu garni d’isolant. La
portée courante est comprise entre 2,5 et 3,5 m sans
étais. Pour augmenter ces portées, il est possible d’avoir

©Arcelor Mittal
recours à une pose avec étais ou à des solives intermé-
diaires. Les bacs acier conviennent à tout type d’ossature,
qu’elle soit métallique, en béton ou en bois.

Partie(s) d’ouvrage Provenance du produit

Structure X Régional X
Façade National X
Isolation Europe/international X

Assure seul : 1
Contribution aux performances Contribue : 2 Mode de reconnaissance
sans impact : 3

Résistance mécanique et stabilité 1 Technique traditionnelle ? O/N


Acoustique 2 Principaux référentiels :
Cahier des prescriptions techniques communes aux pro-
Feu 2 cédés de planchers collaborants.
Recommandations professionnelles pour la conception
Thermique 2
et la réalisation de planchers collaborant acier-béton
Étanchéité à l’eau 1 (juillet 2020).

Tendances économiques liés à variantes des solutions


Les qualités du plancher collaborant résident dans sa légèreté et sa rapidité d’exécution. Le coût de la
construction d’un plancher collaborant est inférieur à celui d’un plancher en béton armé.
Disponibles en plusieurs modèles, les tôles, servant de coffrage au béton lors du coulage, permettent un accès
rapide en phase chantier dès leur pose et procurent ainsi une économie substantielle des opérations de chantier.
Quelques industriels proposent de perforer les profilés, afin de traiter l’absorption acoustique dans les
lieux d’enseignement, de spectacle, etc. Il existe également des planchers mixtes collaborants à isolation
intégrée. Destinés au résidentiel collectif, aux bâtiments publics et au tertiaire, ces systèmes répondent à
des exigences élevées en matière d’isolation thermique, acoustique et de résistance au feu.
Le plancher présente une sous-face finie, propre et étanche qui peut rester apparente dans les locaux
techniques aérés (sous-sols, garages, parkings…).

80
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
Focus environnement
Une fiche collective est disponible sur la base INIES à partir de laquelle il est possible d’adapter
les données au profil précis grâce au configurateur www.save-construction.com .
Les lots ACV concernés sont le lot n°3 « superstructure et gros œuvre ».
Économie circulaire : malgré la liaison intime de cet élément structurel entre l’acier et le béton, il
est possible de séparer les deux principaux composants sur des sites de tri des déchets. Le béton
peut être valorisé et l’acier est alors récupéré pour fournir des ferrailles qui seront recyclées pour
produire un nouvel acier.
Par sa composition, le plancher collaborant induit une économie de ressources par rapport au
plancher traditionnel (masse surfacique de béton comprise entre 409 kg/m² et 696 kg/m² et d’ar-
matures en acier comprise entre 1,5 kg/m² et 26 kg/m²) et ce, tant par la réduction de la quantité
de matières du plancher lui-même que par l’épaisseur réduite de ce dernier et ses conséquences
positives sur les habillages verticaux et les traversées
Émission de substances COV/COVT : A+

Points de vigilance pour la prescription


La manutention des bacs, notamment, exige quelques précautions. Pendant l’acheminement des
bacs vers la zone de chantier, il est conseillé de les manipuler en position dressée. Pour les bacs
de longueurs supérieures à 6 m, il faut utiliser une grue mobile équipée d’un palonnier. Pour des
longueurs inférieures, le déchargement par chariot élévateur est possible. Pour éviter la corrosion
des bacs avant la pose, il est conseillé d’incliner les éléments en utilisant des cales et de les
bâcher. Les extrémités des bacs acier doivent reposer sur des appuis métalliques ou en bois, sur
50 mm minimum, 70 mm sur ceux en béton et 80 mm sur des appuis intermédiaires
Un degré de stabilité au feu de 30 min est aisément atteignable et peut être amélioré par l’ajout
d’éléments de protection rapportée (isolation et plafond suspendu en plâtre par exemple) qui
assure de plus l’aspect esthétique de finition. Ce point nécessite une attention particulière pour le
traitement des liaisons et fixations.

Références d’opérations
Opération Cœur de Talensac à Nantes - Résidence de 13 appartements surplombant les espaces
de bureaux du RDC livrés au premier Trimestre 2021.
Les structures légères sont posées avec des parois à ossature bois réalisé avec des poteaux
extérieurs en douglas et des poutres en lamellé collé douglas ; un plancher collaborant composé
d’une chape de compression en béton, coulée sur un bac acier ;des parois constituées de murs en
ossature en épicéa et d’un pare-pluie
type DELTA FASSADE NOIR.

Partenaires du chantier : Groupe CIF


(Maître d’ouvrage) et FACES Archi-
tectes (Maître d’œuvre Mandataire).

81
janvier 2022 / n°90
annexe 2 - Fiches synthétiques sur les principales solutions

Constructions à Ossature en bois

Matériaux principaux Utilisation


Bois, panneaux à base de bois, matériaux Logements individuels et/ou collectifs
d’isolation, membranes

Composition Illustration
Structure porteuse composée de montants et de
traverses, avec un vide entre montants inférieur ou
égal à 60 cm et sont stabilisés par un panneau de
contreventement sur au moins une des faces. Exemple murs
Les parois à ossature bois regroupent un grand à ossature bois,
© FCBA
nombre de fonctions : stabilité, étanchéité, transfert
hygrothermique, isolation... : toutes les fonctions
associées du nu extérieur du pare-pluie au nu inté-
rieur du pare-vapeur.

Partie(s) d’ouvrage Provenance du produit

Structure X Régional X
Façade X National X
Isolation X Europe/international X

Assure seul : 1
Contribue : 2
Contribution aux performances sans impact : 3
Mode de reconnaissance

Résistance mécanique et stabilité 1 Technique traditionnelle ? oui


Acoustique 2
Principaux référentiels :
Feu 2 NF DTU 31.2
Thermique 1
Étanchéité à l’eau 2

Tendances économiques liés à variantes des solutions


Les entreprises de la filière bois sont réparties sur tout le territoire national, tant pour la fabrication des
composants que pour les entreprises de mise en œuvre.

82
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
Focus environnement
Les parois à ossature bois sont visées par des FDES individuelles et collectives présentes dans la
base INIES.
Le FDES peuvent également être personnalisées et optimisées par les fabricants grâce au
configurateur DE-bois https://de-bois.fr/fr/index.php.
Au-delà de sa capacité naturelle à stocker le carbone, les parois à ossature bois peuvent permettre
de réduire, via la préfabrication, les impacts et les délais des chantiers.
Lots ACV concernés : cette solution fait partie des lots 3 « superstructure-maçonnerie » et 6 «
façades et menuiseries extérieurs » car elle peut permettre de réaliser en même temps la
structure et l’enveloppe d’un bâtiment. Le recours à cette solution peut également avoir un impact
sur le lot 2 « fondations et infrastructure » grâce à sa légèreté.

Points de vigilance pour la prescription


Les parois à ossature bois doivent être mises en œuvre en association avec des revêtements
intérieurs et extérieurs adaptés leur permettant d’atteindre les niveaux de performances souhaités.
Les règles de l’art relatives aux constructions à ossature bois permettent de construire jusqu’à des
hauteurs de 28m de hauteur. Cependant, d’un point de vue économique, si cette solution reste
très compétitive jusqu’à R+3, pour des ouvrages de plus grande hauteur, le choix d’un autre
système constructif bois (CLT ou poteau-poutre + Façades bois pourra s’avérer plus intéressant.

Références d’opérations
9 logements locatifs à Mions (69)
Maître d’ouvrage : Est Métropole Habitat
+ D’INFORMATIONS www.codifab.fr/sites/default/files/brochure_logement_social_
construction_bois_2015_web.pdf

83
janvier 2022 / n°90
annexe 2 - Fiches synthétiques sur les principales solutions

Constructions en CLT

Matériaux principaux Utilisation


Bois massif lamellé croisé Logements collectifs

Composition Illustration
À la fois comme un panneau structurel et un système Exemple
construction
constructif à part entière (utilisation possible en en CLT
murs, planchers ou toitures. Sont considérés comme © Agence Karawitz
panneaux structuraux CLT, des panneaux de grandes
dimensions constitués de planches en bois massif
séchées et calibrées, dont les caractéristiques méca-
niques sont identifiées. Les planches sont empilées
en couches croisées et assemblées entre elles. Ces
panneaux sont destinés à la réalisation d’ouvrages
de planchers, murs porteurs et de toitures.
Dimensions courantes : 3,5 m (H) x 15 à 20 m (L)
Nombre de plis en fonction des reprises de charges
appliquées aux panneaux
Le plus souvent 3 plis pour les murs.

Partie(s) d’ouvrage Provenance du produit

Structure X Régional X
Façade National X
Isolation Europe/international X
Assure seul : 1
Contribue : 2
Contribution aux performances sans impact : 3
Mode de reconnaissance

Résistance mécanique et stabilité 1 Technique traditionnelle ? oui


Acoustique 2
Principaux référentiels :
Feu 2 NF EN 16351
Avis Techniques et DTA des fabricants
Thermique 2
Étanchéité à l’eau 2

Tendances économiques liés à variantes des solutions


Plus largement répandu en Europe du Nord, le CLT commence à se développer en France. Après avoir été
utilisé ponctuellement en construction de maisons individuelles, le matériau prend son essor avec des
projets de plus grande envergure, dans le domaine de la construction verticale.
Les entreprises de mise en œuvre sont réparties sur tout le territoire national.

84
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
Focus environnement
Depuis janvier 2017, une FDES générique (par défaut) est disponible sur la base INIES pour les
panneaux en CLT. Cette FDES étant par défaut, les valeurs utilisées sont sécuritaires et peu repré-
sentatives des panneaux présents sur le marché. Pour combler ce manque, les fabricants français
de CLT ont engagé des travaux qui ont permis d’incorporer sur la base INIES une FDES « Panneau
CLT (lamellé-croisé), fabriqué en France » optimisée sur l’ensemble des indicateurs.
Au-delà de sa capacité naturelle à stocker le carbone, les panneaux CLT peuvent permettre de
réduire, via la préfabrication, les impacts et les délais des chantiers.
Lots ACV concernés : cette solution fait partie des lots 3 « superstructure-maçonnerie ». Le recours
à cette solution peut également avoir un impact sur le lot 2 « fondations et infrastructure » grâce à
sa légèreté.

Points de vigilance pour la prescription


Les parois CLT doivent être mises en œuvre en association avec des revêtements intérieurs et
extérieurs adaptés leur permettant d’atteindre les niveaux de performances souhaités.
D’un point de vue économique, si cette solution devient compétitive à partir de R+3, ou lorsque
les niveaux d’effort à reprendre par les façades sont très importants.

Références d’opérations
49 logements sociaux, collectifs et individuels - Saulx-Les-Chartreux (91)
Maître d’ouvrage : Immobilière 3F
Autres exemples : http://clt-france.fr

85
janvier 2022 / n°90
annexe 2 - Fiches synthétiques sur les principales solutions

Façades à Ossature en bois (FOB)

Matériaux principaux Utilisation


Bois, panneaux à base de bois, matériaux Logements individuels et/ou collectifs
d’isolation, membranes

Composition Illustration
Ossature composée de montants et de traverses,
avec un vide entre montants inférieur ou égal à 60
cm et sont stabilisés par un panneau sur au moins
une des faces.
Les FOB autorisent tous les niveaux de préfabrication
et peuvent être mise en œuvre sur différents types
de structures primaires : béton, métal ou structure
poteaux-poutres-bois.
Les façades peuvent être filantes (en neuf ou en
rénovation devant des parois existantes, ou remplir
des vides entre poteaux et planchers.
Les FOB regroupent plusieurs fonctions : étanchéité,
transfert hygrothermique, isolation... : toutes les fonc-
tions associées du nu extérieur du pare-pluie au nu Exemple de FOB sur structure béton
© Hervé Vincent Architecte
intérieur du pare-vapeur.

Partie(s) d’ouvrage Provenance du produit

Structure Régional X
Façade X National X
Isolation X Europe/international X

Assure seul : 1
Contribue : 2
Contribution aux performances sans impact : 3
Mode de reconnaissance

Résistance mécanique et stabilité 3 Technique traditionnelle ? oui


Acoustique 2
Principaux référentiels :
Feu 2 NF DTU 31.4
Thermique 1
Étanchéité à l’eau 2

Tendances économiques liés à variantes des solutions


Les entreprises de la filière bois sont réparties sur tout le territoire national, tant pour la fabrication des
composants que pour les entreprises de mise en œuvre.

86
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
Focus environnement
Les FOB sont couvertes par les FDES des parois à ossature bois sont visées : FDES individuelles et
collectives présentes dans la base INIES.
Le FDES peuvent également être personnalisées et optimisées par les fabricants grâce au
configurateur DE-bois https://de-bois.fr/fr/index.php.
Au-delà de leur capacité naturelle à stocker le carbone, les façades à ossature bois peuvent
permettre de réduire, via la préfabrication, les impacts et les délais des chantiers.
Lots ACV concernés : cette solution fait partie du lot 6 « façades et menuiseries extérieurs ». Le
recours à cette solution peut également avoir un impact sur le lot 2 « fondations et infrastructure »
grâce à sa légèreté.

Points de vigilance pour la prescription


Lorsqu’il existe une exigence de propagation du feu par les façades la FOB doit être protégée par
un écran thermique côté extérieur de la paroi. Les façades à ossature bois doivent être mises en
œuvre en association avec des revêtements intérieurs et extérieurs adaptés leur permettant
d’atteindre les niveaux de performances souhaités.
Les règles de l’art relatives aux façades à ossature bois permettent de construire jusqu’à des
hauteurs de 28 m de hauteur. L’obtention d’une ATEx de cas b en cas de chantier supérieur à 28 m
est relativement aisé.

Références d’opérations
Réhabilitation par façade ossature bois filante et fermeture de loggias par façades à ossature
bois sur les 495 logements de la résidence « MODELE ELOI » à Poitiers (86)
Maître d’ouvrage : LOGIPARC
https://ambition-bois.fr/wp-content/uploads/2017/03/OR_Experience-P03-1.pdf

AVANT APRÈS

87
janvier 2022 / n°90
annexe 2 - Fiches synthétiques sur les principales solutions

Isolation Thermique par l’extérieur à ossature


en bois (ITE OB)

Matériaux principaux Utilisation


Bois, matériaux d’isolation Logements individuels et/ou collectifs

Composition Illustration
Ce système d’Isolation Thermique par l’extérieur
(ITE) est réalisé à base d’ossatures secondaires en
bois (massif ou abouté) et d’isolants (laines minérales
principalement) fixés sur des supports maçonnés
ou béton par l’intermédiaire de patte-équerres
métalliques.
Utilisation possible d’isolants biosourcés.
Ce système est mis en œuvre sur chantier unique-
ment.
L’ITE à ossature bois est destinée à être revêtue par
un bardage ventilé, aussi bien en neuf et en réno-
vation. Exemple d’ITE ossature bois sur structure béton
© FCBA

Partie(s) d’ouvrage Provenance du produit

Structure Régional X
Façade X National X
Isolation X Europe/international X

Assure seul : 1
Contribue : 2
Contribution aux performances sans impact : 3
Mode de reconnaissance

Résistance mécanique et stabilité 3 Technique traditionnelle ? oui


Acoustique 2
Principaux référentiels :
Feu 2 NF DTU 41.2 pour l’ITE sous bardage bois
Cahier CSTB 3316 pour le l’ITE sous autre type
Thermique 1
de bardage
Étanchéité à l’eau 2

Tendances économiques liés à variantes des solutions


Les entreprises de la filière bois sont réparties sur tout le territoire national, tant pour la fabrication des
composants que pour les entreprises de mise en œuvre.

88
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
Focus environnement
Les composants des ITE à ossature bois (bois massif ou aboutés, isolant, …) sont couverts par des
FDES individuelles et collectives présentes dans la base INIES.
Le FDES peuvent également être personnalisées et optimisées par les fabricants grâce au
configurateur DE-bois https://de-bois.fr/fr/index.php.
Lots ACV concernés : cette solution fait partie du lot 6 « façades et menuiseries extérieurs ». Le
recours à cette solution peut également avoir un impact sur le lot 2 « fondations et infrastructure »
grâce à sa légèreté.

Points de vigilance pour la prescription


Lorsqu’il existe une exigence de propagation du feu par les façades, les ITE à ossature bois
ajoutent de la masse combustible sur les façades. Cette nouvelle masse combustible doit être
prise en compte, notamment dans le cadre du respect de l’exigence C+D.
Les hauteurs admissibles pour l’ITE à ossature bois dépendent des règles de l’art relatives aux
bardages rapportés.

Références d’opérations
Quartier « La Nacelle » - 100 logements (livraison 2010)
Maître d’ouvrage : IMMOBILIÈRE 3F (91)
Ossature bois secondaire rapportée sur voile béton in situ, isolation en laine minérale de 70 mm
fixée mécaniquement par des chevilles étoiles. Isolation des appuis, linteaux et tableaux avec
retour d’isolant. Bardage bois vertical en peuplier traité à haute température, à partir du R+1.
https://ambition-bois.fr/wp-content/uploads/2017/03/OR_Experience-P01.pdf

AVANT APRÈS

89
janvier 2022 / n°90
annexe 2 - Fiches synthétiques sur les principales solutions

Module tridimensionnel

Matériaux principaux Utilisation


Acier / Bois / Béton + façades et revêtements en Logements collectifs et individuels, neuf et
différents matériaux rénovation

Composition Illustration
Les modules tridimensionnels en bois, acier ou
béton sont constitués des parois verticales et hori-
zontales. Généralement de dimensions 3 m x 12 m,
ils peuvent être livrés sur chantier complètement
pré-équipés. Dans ce cas, seuls l’ancrage et l’as-
semblage entre modules se font sur site. Les nui-
sances pour le voisinage sont ainsi fortement
réduites. En bois et en acier, il s’agit de composants
parallélépipédiques relativement légers.

Partie(s) d’ouvrage Provenance du produit

Structure X Régional X
Façade X National X
Isolation X Europe/international X

Assure seul : 1
Contribue : 2
Contribution aux performances sans impact : 3
Mode de reconnaissance

Résistance mécanique et stabilité 1 Technique traditionnelle ?


Acoustique 2
Principaux référentiels :
Feu 2 Systèmes sous ATE
Thermique 1
Étanchéité à l’eau 2

Tendances économiques liés à variantes des solutions


Le recours à une solution tridimensionnelle permet de garantir une meilleure maîtrise de la qualité ainsi
qu’une réduction du temps d’intervention sur chantier. Ces éléments sont à prendre en compte dans le
cadre d’une approche économique globale. La maturité des marchés en France n’est pas suffisante pour
garantir à chaque opération une compétitivité par rapport aux solutions « traditionnelles ».

90
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
Focus environnement
Des FDES collectives sont mises à disposition sur la base INIES pour les différents composants des
modules qu’il faut alors reconstituer.
Lots ACV concernés : cette solution fait partie des lots 3 « superstructure-maçonnerie » et 6 «
façades et menuiseries extérieurs » car elle permet de réaliser en même temps la structure et l’en-
veloppe d’un bâtiment. Le recours à cette solution peut également avoir un impact sur le lot 2 «
fondations et infrastructure » en particulier dans le cas où les ouvrages constitués sont tempo-
raires.
Economie circulaire : les modules peuvent être conçus de façon à faciliter la démontabilité, voire
le réemploi des structures. Par ailleurs, la mixité des matériaux peut permettre une économie de
matière.

Points de vigilance pour la prescription


Les dimensions des modules doivent prendre en compte les contraintes de transport, d’accès au
chantier et de moyens de levage. Compte-tenu de l’encombrement des modules, cette solution
est rendue plus performante lorsque l’accès au chantier permet l’arrivée des camions en pied
d’immeuble et la mise en place de moyens de levage adaptés.
Le fort niveau de préfabrication de ces composants induit un niveau de conception, et de pro-
grammation, très fin en amont. Les rectifications sur chantier ne peuvent en effet se faire sans
porter atteinte à la qualité et donc à la pérennité de l’ouvrage.
Les intervenants pour ce type de module doivent idéalement maîtriser les savoir-faire en tous
corps d’état.

Références d’opérations
Huit logements individuels en trois mois - Les Clouzeaux (85)
Architecte : Lignes et architecture – MOA : Vendée Habitat
Huit maisons individuelles avec des espaces de vie semblables sont construites en quelques mois
seulement grâce au recours à des modules tridimensionnels recouvert d’un bardage en fibro-ciment.
+ D’INFORMATIONS https://www.citeden.com/realisations/vendee-habitat-les-clouzeaux

91
janvier 2022 / n°90
annexe 2 - Fiches synthétiques sur les principales solutions

Bloc béton de granulats courants

Matériaux principaux Utilisation


Béton Maison individuelle et petits collectifs - R+4

Composition Illustration
Élément de construction pour maçonnerie, de forme
parallélépipédique. Un bloc creux pèse environ 20
kg, pour des dimensions de 20 x 20 x 50 cm.
Les blocs les plus courants sont en béton de granulats
courants
Les blocs de béton léger incorporent des granulats
peu denses comme l'argile expansée, la pierre ponce,
le schiste expansé, ou encore la pouzzolane, dans le
but d'améliorer leur isolation thermique.

Partie(s) d’ouvrage Provenance du produit

Structure X Régional X
Façade X National X
Isolation Europe/international

Assure seul : 1
Contribue : 2
Contribution aux performances sans impact : 3
Mode de reconnaissance

Résistance mécanique et stabilité 1 Technique traditionnelle ? OUI


Acoustique 2 Principaux référentiels :
Feu 1 NF DTU 20.1
Bloc béton de granulats courants : norme NF EN
Thermique 2 771-3 et son complément national NF EN 771-
Étanchéité à l’eau 2 3/CN.

Tendances économiques liés à variantes des solutions


Le bloc béton possède de nombreux atouts pour construire ou rénover facilement, et ce tout en préservant
l’environnement. Il fait l’objet d’une production industrielle à grande échelle. Il est disponible localement
sur l’ensemble du territoire.

92
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
Focus environnement
Présence de FDES individuelles et collectives : Bloc à joint mince, Bloc à joint épais.
Lots ACV concernés : lot 3 « super structure maçonnerie ».
Économie circulaire : le bloc béton répond parfaitement aux enjeux de l’économie circulaire. Il est
composé de matières premières naturelles et abondantes : granulats, ciment et eau. Il ne nécessite
qu’une faible consommation d’énergie pour sa fabrication. Sa production en usine permet de
maîtriser l’impact environnemental, les rebuts pouvant être recyclés pour faire de nouveaux blocs
Comme il est disponible partout, l’approvisionnement des chantiers en blocs génère jusqu’à 5 fois
moins de transport par route que d’autres matériaux et produits du quotidien.

Points de vigilance pour la prescription


Le NF DTU 20.1 qui s’applique aux maçonneries porteuses, de remplissage ou de façades non por-
teuses, présente les spécificités et les points de vigilances pour la prescription et la mise en
œuvre des maçonneries.

Références d’opérations
Ecoquartier de logements sociaux à Baccarat (54)
Maître d’ouvrage : OPH de Lunéville (54) / Mandataire conception-réalisation : Eiffage Construction
Lorraine / Architecte : Bagard & Luron
Cet espace d’habitat social combine habitat individuel et collectif tout en favorisant une forte
mixité sociale. Il compte vingt maisons individuelles et un immeuble abritant onze appartements.
Pour l’immeuble, il a été construit deux parallélépipèdes en blocs de béton, simples et compacts,
sans décrochements autres que les dalles de balcons, sont enveloppés d’une ITE sous enduit. Les
façades sont animées par un jeu de contrastes entre des corps de bâtiments blancs et des pignons
gris foncé.

www.constructioncayola.com/batiment/article/2021/06/22/135036/eco-quartier-logements-
sociaux-haute-performance-energetique-luneville

© Grégory

93
janvier 2022 / n°90
annexe 2 - Fiches synthétiques sur les principales solutions

Bloc et panneau de béton cellulaire

Matériaux principaux Utilisation


Béton cellulaire Maison individuelle et petits collectifs - R+4

Composition Illustration
Le bloc de béton cellulaire est constitué d'un mélange
de sable, de ciment et de chaux additionné d'un peu
de poudre d'aluminium ou de pâte d’aluminium et
d'air. Un mélange qui provoque la formation, au cœur
du matériau, d'une multitude d'alvéoles. Il est même
finalement composé, en volume, de près de 80 %
d'air.

Partie(s) d’ouvrage Provenance du produit

Structure X Régional X
Façade X National X
Isolation X Europe/international X

Assure seul : 1
Contribue : 2
Contribution aux performances sans impact : 3
Mode de reconnaissance

Résistance mécanique et stabilité 1 Technique traditionnelle ? OUI

Acoustique 2 Principaux référentiels :


NF DTU 20.1
Feu 1
Bloc béton cellulaire : Référentiel NF Blocs en
Thermique 1 béton cellulaire autoclavé, F 025-B Blocs en béton
cellulaire autoclavé, norme NF EN 771-4 et à son
Étanchéité à l’eau 2 complément national NF EN 771-4/CN

Tendances économiques liés à variantes des solutions


Le prix de la maçonnerie est légèrement supérieur aux maçonneries classiques mais est assez proche de celui
des autres maçonneries isolantes. La compétitivité de la solution s’apprécie en examinant le coût complet de
construction : gain sur l’isolation, sur les finitions pour une bonne étanchéité à l’air, sur le traitement des
ponts thermiques, sur le travail autour des menuiseries.

94
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
Focus environnement
Bloc de béton cellulaire (YTONG).
Économie circulaire : le béton cellulaire est recyclé tout au long de son cycle de vie. Lors de la
fabrication, les déchets sont réinjectés dans le process. Lors de la mise en œuvre, les chutes de
coupe sont faciles à réutiliser et donc réduites. Les déchets résiduels en usine ou sur chantier,
ainsi que ceux issus de déconstruction, peuvent être valorisés en matériaux secondaires (granulats
légers, litière…).
Le béton cellulaire présente de nombreux avantages dans le cadre de rénovation, surélévation ou
extension en milieu urbain essentiellement parce qu’il est à la fois léger, très maniable, performant
d’un point de vue thermique et mécanique, allongeant ainsi la durée de vie du bâtiment.

Points de vigilance pour la prescription


Le béton cellulaire est apprécié pour sa légèreté. Mais, en contrepartie, il est friable et donc
nécessite des précautions lors de la mise en œuvre, en particulier l’utilisation de chevilles de
fixation et de scellement spécifiques est donc nécessaire.

Références d’opérations
Résidence les Platanes, Toulouse - réalisation de 2 immeubles en béton cellulaire, destinés à
créer 39 logements sociaux dans 2 bâtiments R+4 et R+4 + attique en béton cellulaire
Maître d’ouvrage : CDC Habitat - Languedoc - Toulouse (31)
Architecte : Damon Architecte - Toulouse (31) /Entreprise de maçonnerie : Ducassé - Tournefeuille (31)
L'une des préoccupations de l'architecte était de régler le problème du confort d'été, avec les
murs en béton cellulaire, le confort s'observe en
hiver mais surtout à la saison chaude grâce aux
propriétés thermiques. Les logements peuvent
donc être chauffés correctement et peu (inertie
du matériau + exposition sud).

www.ytong.fr/reference-collectif-platane-
toulouse.php

Résidences Lavoisier et Langevin, Ile de France


- Réhabilitation de 381 logements en béton cellulaire
Architecte : Pierre Douaire (75) : Dragos Patrasco (75)
Maître d’ouvrage : CDC Habitat/Entreprise de maçonnerie : GTM Bâtiment - Nanterre (92)
Réhabilitation en milieu habité de deux résidences (381 logements) dans une zone urbaine
prioritaire à Pierrefitte sur Seine, en Ile de France. 6 000 m2 de mur rideau, à fortes déperditions
calorifiques, ont été remplacés sur ces bâtiments datant
de la fin des années soixante. Une nouvelle enveloppe en
béton cellulaire les a remplacés. Les travaux ont été
réalisés tout en maintenant les locataires dans leurs appar-
tements. Les 6 000 m2 de mur rideau ont été remplacés
par des façades en blocs Ytong Thermo 25 et des carreaux
de 15 cm d’épaisseur.

95
janvier 2022 / n°90
annexe 2 - Fiches synthétiques sur les principales solutions

Prémur (ou mur à coffrage intégré)

Matériaux principaux Utilisation


Béton Maison individuelle et collectifs

Composition Illustration
Les prémurs sont des éléments en béton armé fabri-
qués en usine visant à s’affranchir de la majeure
partie des opérations de coffrage sur le chantier
puisqu’intégrant des banches perdues. Ils sont com-

© SEAC
posés de deux grandes parois minces en béton armé
(d’une épaisseur de 4 à 7 cm chacune) pouvant com-
porter des éléments d’isolation thermique ou pho-
nique - solidarisées par des raidisseurs métalliques
verticaux.

Partie(s) d’ouvrage Provenance du produit

Structure X Régional X
Façade X National X
Isolation Europe/international X

Assure seul : 1
Contribue : 2
Contribution aux performances sans impact : 3
Mode de reconnaissance

Résistance mécanique et stabilité 1 Technique traditionnelle ? O/N


Acoustique 2 Principaux référentiels :
Feu 1 ATec, norme NF EN 14992 et carnet de chantier
Qualiprémur
Thermique 2 NF EN 14992+A1 « Produits préfabriqués en
Étanchéité à l’eau 2 béton – Éléments de murs »

Tendances économiques liés à variantes des solutions


Ces produits modifient les techniques traditionnelles de construction en supprimant la majeure partie des
opérations de coffrage de béton : il est rentable car on économise l'acheminement des grues et des banches.
L’automatisation poussée permet la réalisation de prémurs à des prix avantageux.

96
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
Focus environnement
Présence de 4 FDES collectives (Mur à coffrage intégré avec béton de remplissage, et sans béton
de remplissage ; mur à coffrage intégré et isolation intégrée avec béton de remplissage et sans
béton de remplissage). Quelques FDES individuelles pour des prémurs bas-carbone chez les
fabricants.
Lots ACV concernés : lot 3 « superstructure et maçonnerie ».
Économie circulaire : ce produit répond à la démarche d’économie circulaire. Les prémurs peuvent
être réalisés en béton bas carbone (Prémur du fabricant RECTOR) : diminution de 35 à 40 % (de
cet impact), suivant la classe d’exposition, par rapport aux bétons décrits dans la norme NF EN
206. Les prémurs peuvent être réalisés en béton recyclé (FEHR, SPURGIN…). Sur site, cette
technique réduit les nuisances sonores.

Points de vigilance pour la prescription


L’utilisation de prémurs implique de prévoir une bonne planification du chantier compte tenu des
délais de livraison de ce type d’éléments ainsi qu’une bonne relation avec le fournisseur de béton
prêt à l’emploi eu égard à la nature du béton de remplissage à mettre en œuvre.
Le fournisseur des prémurs doit s'assurer de la compatibilité du calepinage et de l'éclissage des
joints avec le mode de fonctionnement du voile béton substitué après avoir procédé au découpage
des murs en panneaux.

Références d’opérations
1) Chantier Mistral à Ollioules (2020)
Architecte : OBER Architecte à BANDOL.
Maître d’ouvrage : ERILIA à Toulon
(Bailleur Social)
Client GO : Bouygues Bâtiments Sud Est
Premiers
Spurgin Leonhardt fabricant de prémurs en
Alsace a livré 800 m2 de prémurs dédiés à la
périphérie de sous-sol et aux cages d’escaliers.

www.spurgin.fr/spurgin-leonhart-du-beton-
autrement

2) Chantier du square Jouheaux aux Mureaux (78) (2018)


Ce programme comprend la réhabilitation de deux résidences de 40 logements chacune, édifiées
dans les années 1960-1970, dont la moitié sera agrandie grâce à l’ajout d’extensions de pièces à
vivre et de balcons. 33 logements supplémentaires
répartis dans 3 immeubles neufs ont également été
construits.
Des éléments en béton matricé gris clair à l’effet
bambou ont été utilisés en panneaux de façade sur
la partie basse des bâtiments d’origine, en prémurs
sur toute la hauteur du rez-de-chaussée des bâtiments
neufs et pour le muret qui entoure les résidences.
Ces prémurs et des panneaux a été fabriqués par la
société A2C Préfa.

www.constructioncayola.com/batiment/article/2018/01/08/116764/les-mureaux-des-premurs-
pour-square-jouhaux

97
janvier 2022 / n°90
annexe 2 - Fiches synthétiques sur les principales solutions

Construction en brique de structure de terre cuite

Matériaux principaux Utilisation


Terre Cuite Maison individuelle et/ou collectifs

Composition Illustration
Une construction utilisant des briques de terre cuite
peut être réalisée en utilisant au choix :
› Des briques avec isolant rapporté, en ITI ou ITE
(briques de 20 ou 25 cm)
› Des briques Monomur qui sont à la fois porteuses et
isolantes (épaisseur >30 cm)
› Des briques de 22x22cm qui sont à la fois porteuses
et qui assurent le parement
Si les briques de 22x22cm sont posées au mortier tra-
ditionnel, les autres briques de structure emploient un
mortier-colle ou une colle organique (pose au pistolet, Exemple
de briques de
selon les domaines d’emploi) qui minimisent le temps
structure
de pose, les ressources utilisées et les nuisances sonores. © LAFARGES

Partie(s) d’ouvrage Provenance du produit

Structure X Régional X
Façade X National X
Isolation X Europe/international

Assure seul : 1
Contribue : 2
Contribution aux performances sans impact : 3
Mode de reconnaissance

Résistance mécanique et stabilité 1 Technique traditionnelle ? O/N

Acoustique 2 Principaux référentiels :


NF EN 771-1, NF EN 771-1+A1, NF EN 771-
Feu 1 1+A1/CN, NF P 13-304
Thermique 2 DTU 20.1, EC 6
Référentiels de certification de la marque NF
Étanchéité à l’eau 1 Briques : NF 046, NF 554

Tendances économiques liés à variantes des solutions


La France est le deuxième producteur européen de produits de terre cuite pour la construction, en Europe. La
filière « briques de terre cuite » est aussi la seule filière de construction qui exporte plus qu’elle n’importe :
8 % de la production est exportée (Insee, 2020) et 95 % des produits de terre cuite utilisés en France sont
produits localement.
La brique de terre cuite est présente dans près de un logement sur trois y compris en collectif (une maison
individuelle sur deux), un segment dans lequel elle a multiplié sa part de marché par 4 en 10 ans, pour
devenir l’un des leaders de la maçonnerie en petits éléments sur ces segments.

98
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
Focus environnement
Issue de l'argile, ressource géosourcée, abondante et renouvelable, la brique de terre cuite est un
matériau à la fois local et inépuisable. Sa fabrication à proximité des chantiers limite son impact
sur l'environnement. Celui-ci est évalué dans plusieurs FDES collectives produites par le CTMNC
(Brique de structure de 20 cm pour pose à joint mince, Brique de terre cuite de 22 cm x 22 cm),
ainsi que dans les FDES individuelles produites par les différents fabricants.
La construction en brique de structure de terre cuite concerne le lot 3 de l’ACV bâtiment.
Les briques de terre cuite sont déjà très inscrites dans la démarche d’économie circulaire : on
estime que 92,6 % des déchets de terre cuite sont revalorisés (comblement, remblaiement,
stabilisation de routes, chemins, ou encore terrain de tennis).

Points de vigilance pour la prescription


Si la durabilité élevée, la bonne résistance thermique, la résistance au feu, et l’aptitude aisée au
traitement des ponts thermiques grâce aux accessoires sont autant d’atouts des briques de terre
cuite, il faut noter que ce mode constructif est surtout adapté pour construire des bâtiments allant
de la maison de plain-pied jusqu’aux bâtiments de 6 à 8 niveaux.

Références d’opérations
Désormais labellisé passif Climaxion Grand Est (Programme de l'ADEME et de la Région Grand Est
en faveur de la transition énergétique et de l'économie circulaire), ce projet mené à bien par
l'agence de Saint-Dié ASP Architecture part de la volonté de l’entreprise Batigère de proposer du
logement social passif de qualité.
Le but : « un bien-être réparti dans tous les logements, sans émetteur de chaleur, sans parois froides ».
C'est par exemple une VMC double-flux collective à haut rendement et alimentée par une
chaudière bois pellets qui assure le chauffage et l'eau chaude sanitaire. Côté isolation thermique,
le projet privilégie des matériaux basiques sobres, comme les briques de structure et des fenêtres
avec un triple vitrage. La brique pour les murs apporte une résistance thermique 5 fois plus
isolante qu'une maçonnerie courante, tout en préservant la qualité de l'air intérieur.

© Grégory Tachet.

99
janvier 2022 / n°90
annexe 2 - Fiches synthétiques sur les principales solutions

Mur simple maçonné en pierre naturelle massive

Matériaux principaux Utilisation


Pierre naturelle et mortier Maison individuelle et/ou collectifs jusqu’à 28 m

Composition Illustration
Le mur est composé d’éléments en pierre naturelle
hourdés avec un mortier pouvant être constitué de
différents liants (chaux, ciment, plâtre).
L’épaisseur et les dimensions des blocs, ainsi que
l’épaisseur des joints sont variables selon la nature
de la pierre, de celle du mortier et des choix archi-
tecturaux.
Les nuances de couleur et textures des pierres
peuvent varier (nature géologique, état de surface).

Partie(s) d’ouvrage Provenance du produit

Structure X Régional X
Façade X National X
Isolation Europe/international possible

Assure seul : 1
Contribue : 2
Contribution aux performances sans impact : 3
Mode de reconnaissance

Résistance mécanique et stabilité 1 Technique traditionnelle ? OUI

Acoustique 1
Principaux référentiels :
Feu 1 NF EN DTU 20.1
Thermique 2
Étanchéité à l’eau 1

Tendances économiques liés à variantes des solutions


L’aspect écologique, local, durable, ainsi que la renommée et la possibilité de laisser la pierre naturelle
apparente peuvent contribuer à justifier un investissement légèrement plus important que pour des
matériaux traditionnels. Le développement de la filière lié à l’engouement actuel pour les matériaux bas
carbone géo-sources pourrait tendre à faire baisser les prix.

100
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
Focus environnement
Présence de fiches FDES : Des FDES individuelles et collectives sont disponibles sur la base INIES,
d’autres sont en cours de création.
Lots ACV concernés : structure, maçonnerie / petits éléments de maçonneries.
Economie circulaire : Le matériau s’inscrit parfaitement dans une démarche d’économie circulaire,
les co-produits de production (boues de sciage, pertes générées à l’extraction et à la transformation)
sont revalorisées. En fin de sa longue vie en œuvre, le matériau peut être recyclé ou réemployé.

Points de vigilance pour la prescription


La norme NF B10-601 de septembre 2019 « Prescriptions générales d'emploi des pierres naturelles »
permet de s’assurer que le matériau est adapté à l’usage prévu. En effet, les fournisseurs de
pierres naturelles doivent fournir des résultats de caractérisation obtenus par des essais d’identité
et des essais d’aptitude à l’emploi. En tant que matériau naturel, les propriétés physico-mécaniques
de la pierre peuvent présenter une variabilité qu’il est important de prendre en considération lors
de la conception des bâtiments.
Le NF DTU 20.1 qui s’applique aux maçonneries porteuses, de remplissage ou de façades non por-
teuses, présente les spécificités et les points de vigilances pour la prescription et la mise en
œuvre des maçonneries en pierre naturelle. Figurent notamment dans ce document des informations
sur la compatibilité entre les mortiers et les pierres, l’épaisseur des joints et les règles d’élancement
des éléments de maçonnerie.

Références d’opérations
Projet logements sociaux collectifs ZAC Monges Cornebarrieu
Perraudin Architectes
Maîtrise d’ouvrage : Promologis
Surface : 1920 m²

www.perraudinarchitectes.com/projets/logement_cornebarrieu_G/lotoulG.html

101
janvier 2022 / n°90
annexe 2 - Fiches synthétiques sur les principales solutions

Béton de chanvre

Matériaux principaux Utilisation


Matériaux biosourcés (chanvre) Maison individuelle et/ou petits collectifs (bientôt
jusqu’à R+7)

Composition Illustration
Le béton de chanvre est un mélange de chè-
nevotte de chanvre, granulat biosourcé à carac-
tère isolant, d’un liant, généralement à base
de chaux, et d’eau.
La technique recommandée par les règles pro- Immeuble de
fessionnelles est celle qui allie le béton de logements
utilisant du
chanvre pour l’enveloppe et une structure por- béton de
teuse. Cette structure porteuse est le plus sou- chanvre - Paris
vent en bois mais il est envisageable de réaliser 13e - Atelier D -
Paris Habitat
des bâtiments à ossature mixte chanvre-acier © batiactu, Hervé
ou chanvre-béton armé. Abbadie

Partie(s) d’ouvrage Provenance du produit

Structure Régional X
Façade X National X
Isolation X Europe/international

Assure seul : 1
Contribue : 2
Contribution aux performances sans impact : 3
Mode de reconnaissance

Résistance mécanique et stabilité 2 Technique traditionnelle ? NON


Les règles professionnelles d’exécution permettent
Acoustique 2
l’assurabilité de la construction à base de mortiers
Feu 2 et bétons de chanvre. Elles s’appuient sur le bon
fonctionnement des matériaux, garantie par les
Thermique 2
fournisseurs, et sur la qualité de la réalisation,
Étanchéité à l’eau 2 garantie par les entreprises de mise en œuvre.

Tendances économiques liés à variantes des solutions


La tendance actuelle d’utilisation de matériau biosourcé dans la construction neuve ou la rénovation
conduit à une utilisation accrue du béton de chanvre, d’autant plus depuis la rédaction de règles
professionnelles d’exécution.
Le béton de chanvre peut être mis en place par projection (sur un coffrage), par coulage entre deux
banches ou par utilisation de blocs préfabriqués (non couverts par les règles professionnelles mais par des
avis techniques).
La filière béton de chanvre est composée d’agriculteurs (15 000 ha cultivés), de transformateurs (5-6 sur le
territoire), de producteurs de liants, d’utilisateurs et de scientifiques. Elle est encadrée par l’organisme
paritaire Interchanvre.

102
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
Focus environnement
Fiches FDES : il existe une fiche FDES collective du béton de chanvre, produite par l’association «
Construire en chanvre », pour 1 m3 de béton de chanvre pour remplissage et isolation de mur ou
cloison et une fiche FDES individuelle, produite par la société « Vieille Matériaux », pour 1 m² de
maçonnerie en bloc de béton de chanvre BIOSYS®.
Bâtiment / Produits de construction / Isolation ou petits éléments de maçonnerie
Economie circulaire : les constituants utilisés dans les bétons de chanvre (chènevotte, liant) sont
produits dans toutes les régions françaises ce qui limite leurs transports. Le béton de chanvre
entre dans des procédés d’éco-conception, limite les consommations énergétiques dans le
bâtiment, participe au confort des usagers, notamment l’été, et peut être recyclé sans difficulté en
fin de vie.

Points de vigilance pour la prescription


Les granulats de chanvre pour la construction doivent être labellisés “chanvre bâtiment”. Le
couple liant-granulat doit être validé suivant des protocoles d’essais validés dans le cadre des
règles professionnelles par des laboratoires accrédités. Le béton de chanvre devra satisfaire aux
valeurs seuils des caractéristiques mécaniques fixées. Les applicateurs doivent être formés pour
assurer la qualité de la mise en œuvre.
Les procédures d’agrément et d’évaluation mises en place par Construire en Chanvre sont
contrôlées par l’Agence Qualité Construction, la COPREC et la Fédération Française des Sociétés
d'Assurance pour en garantir la qualité.
Le béton de chanvre peut être mis en œuvre dans toute la France métropolitaine, hors zone climat
doux et humide et hors communes visées par un arrêté préfectoral sur les termites.

Références d’opérations
Atelier D - Construction neuve de 8 logements sociaux en béton de chanvre (Rue Bourgon,
Paris 13e - France)
Projet pilote de Paris Habitat en matière de Développement Durable. Premier bâtiment de Paris
Habitat certifié par le label BBC (Bâtiment Basse Consommation). Premier immeuble de logements
en béton en chanvre en France (Consommation prédictive : 28 Kwh/m²/an – EPrimaire).

103
janvier 2022 / n°90
annexe 2 - Fiches synthétiques sur les principales solutions

Paille (isolation)

Matériaux principaux Utilisation


Paille (de blé essentiellement) Maison individuelle et/ou petits collectifs
(utilisé en R+7)

Composition Illustration
La paille est un sous-produit de la production de blé et
est donc considérée comme produit biosourcé. Elle est
le plus souvent utilisée sous formes de bottes directement
issues du champ (dimensions les plus utilisées : 0,37 m
hauteur x 0,47 m largeur x 0,80 à 1,10 m longueur).
Les bottes de paille peuvent être utilisées directement
en isolation (R de 7,1 m².K/W pour 37 cm d’épaisseur)
sur ossature bois (posées sur champ ou verticalement
de manière que les fibres soient perpendiculaires au
flux de chaleur) ou en remplissage de caissons en pan-
neaux de bois préfabriqués et assemblés ensuite sur
HLM de 8 étages,
ouvrage. Saint-Dié des
Les bottes de paille peuvent aussi être utilisées en Vosges
structure porteuse pour des ouvrages de faible hauteur. (Arch. Pagnoux)

Partie(s) d’ouvrage Provenance du produit

Structure X Régional X
Façade X National
Isolation X Europe/international

Assure seul : 1
Contribue : 2
Contribution aux performances sans impact : 3
Mode de reconnaissance

Résistance mécanique et stabilité 3 Technique traditionnelle ? OUI


Principaux référentiels :
Acoustique 2
La construction en paille, selon les règles profes-
Feu 2 sionnelles (publiées en 2012 et révisées en 2014),
est considérée comme une technique courante par
Thermique 1 les assureurs.
Un avis technique concerne un procédé
Étanchéité à l’eau 2 ossature/remplissage.

Tendances économiques liés à variantes des solutions


5 000 tonnes/an de paille de blé sont utilisées actuellement pour 3 millions de tonnes mobilisables par le
bâtiment (sur une production globale de 45 millions de tonnes/an). Le Réseau Français de la Construction
Paille recense près de 3 500 bâtiments isolés en paille (essentiellement des maisons individuelles) avec
une part croissante dans les logements, les équipements collectifs et les immeubles de bureaux.

104
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
Focus environnement
Fiches FDES : Il existe une fiche collective pour le remplissage d’un mur en terre paille de 30 cm
d’épaisseur dans la catégorie Produits de construction. Il existe aussi une fiche par défaut pour la
paille dans la partie isolation. Plusieurs fiches sont en cours de rédaction (www.rfcp.fr).
Lots ACV concernés : lot cloisonnement/doublage.
Bâtiment / Produits de construction / Isolation ou petits éléments de maçonnerie.
Economie circulaire : la paille utilisée est une ressource généralement locale (peu de transport car
faible densité de 0,08 à 0,15) ce qui est possible compte tenu de la répartition nationale de la
culture du blé. Elle subit très peu de transformation et est recyclable en fin de vie ce qui sont
autant d’atouts pour une valorisation en termes d’économie circulaire.

Points de vigilance pour la prescription


La paille compressée est un très bon isolant (λpaille : 0,052 à 0,065W/ (m.K)), un bon régulateur
d’humidité et est peu combustible. Elle est en revanche très sensible à l’eau (car putrescible) et
aux rongeurs. Il faudra donc veiller à la conception et à la mise en œuvre pour éviter toute arrivée
d’eau, sachant que sa mise en œuvre est régie depuis 2012 par des règles professionnelles. Les
désordres liés à l’utilisation de la paille apparaissent pour la plupart pendant la période de
chantier et résultent de dégâts des eaux. Quelques rares incendies ont également été recensés
sur chantier (utilisation de découpe électrique créant des étincelles). Sur les bâtiments réceptionnés,
les désordres sont aussi liés à des dégâts des eaux liés à des erreurs de conception (remontées
capillaires) ou à des défaillances externes (rupture de canalisation). Ils se traduisent par l’apparition
rapide de moisissures…

Références d’opérations
Résidence Jules Ferry, Bailleur social Le toit Vosgien
Architecte A. Pagnoux, Saint Dié-des-Vosges
Labellisé écoconstruction, Passiv'haus et Ultra-basse consommation, l'immeuble de 26 logements
est une structure en bois massif avec isolation paille en R+8, constitué de 700 caissons de bois
préfabriqués de 40 cm d'épaisseur, renfermant la paille et recouvert de tuiles (protection des
façades).

105
janvier 2022 / n°90
annexe 2 - Fiches synthétiques sur les principales solutions

Fibres végétales pour isolation (rouleau, panneau)


et renforts (enduit)

Matériaux principaux Utilisation


Fibres de chanvre, fibres de lin Isolation sous forme de panneaux, renforts dans
les enduits

Composition Illustration
Les fibres végétales sont des produits biosourcés
utilisés pour leurs propriétés isolantes (rouleaux ou
panneaux rigides ou semi-rigides) ou mécaniques
(renforts dans les enduits). Parmi les fibres végétales,
on trouve principalement les fibres de chanvre, copro-
duit de la chènevotte, et les fibres de lin non utilisées
pour les applications textiles. Elles peuvent être uti-
lisées séparément, voire mélangées entre elles ou
avec des fibres de coton.
Pour l’isolation, elles sont souvent mélangées avec
des fibres thermofusibles (10 % à 20 %) et des sels
de bore (ignifugeant) et appelées laines.
On les retrouve aussi en tant que renfort dans les
enduits à base de terre ou de chaux pour les construc-
tions biosourcées ou géosourcées.

Partie(s) d’ouvrage Provenance du produit

Structure Régional X
Façade X National X
Isolation X Europe/international X

Assure seul : 1
Contribue : 2
Contribution aux performances sans impact : 3
Mode de reconnaissance

Résistance mécanique et stabilité 2 Technique traditionnelle ? NON


Acoustique 2
Les fabricants de produits à base de fibres végé-
Feu 2 tales ont pour la plupart des certificats attestant
de leurs performances selon leur mode d’utilisa-
Thermique 2
tion (avis techniques CSTB, certificat ACERMI).
Étanchéité à l’eau 2

Tendances économiques liés à variantes des solutions


La production de fibres de chanvre s’inscrit dans la filière chanvre (15 000 ha cultivés, 5-6 transformateurs
sur le territoire). Cela représente environ 7 500 tonnes utilisées dans le bâtiment (soit 2 millions de m²
d’isolant de 100 mm d’épaisseur).
Avec environ 70 000 ha cultivés chaque année, la France est le premier producteur mondial de lin. Les
fibres de lin utilisées dans le bâtiment sont les refus des fibres textiles.

106
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
Focus environnement
Fiches FDES : Il existe des fiches FDES pour les fibres de lin et la laine de chanvre (fabriquée à
partir des fibres) pour les isolants thermiques et acoustiques pour mur (ITI). Il y a aussi une fiche
pour la laine de chanvre comme isolant thermique et acoustique pour combles. A signaler que le
procédé de fabrication des panneaux de fibres végétales utilise souvent des fibres de polyester
qui dégradent le bilan environnemental du produit. Il existe cependant des laines de chanvre avec
liant biosourcé mais pour un coût supérieur.
Lots ACV concernés : Bâtiment/Produits de construction/Isolation.
Economie circulaire : Il existe quelques fabricants français de rouleaux et de panneaux de laines
issues de fibres végétales mais non régulièrement répartis sur le territoire. Certains produits
peuvent venir de pays frontaliers. Les laines végétales se prêtent à l’écoconception et sont norma-
lement recyclables en fin de vie.

Points de vigilance pour la prescription


La sensibilité à l’eau de certaines fibres en plus de leur caractère hygroscopique et hydrophile
peut amplifier les désordres lors de dégâts des eaux.

107
janvier 2022 / n°90
annexe 2 - Fiches synthétiques sur les principales solutions

Matériaux recyclés pour l’isolation thermique


par l’intérieur

Matériaux principaux Utilisation


Ouate de cellulose, Laine de coton Isolation

Composition Illustration
La ouate de cellulose, obtenue par broyage ou défi-
brage de papiers recyclés et traitement ignifugeant
à base de sels de bore, est considérée comme un
produit biosourcé ayant subi un premier cycle de
vie. Elle peut être soufflée dans des combles perdus
ou insufflée dans des caissons.
La laine de coton, fabriquée à partir de restes de
textiles ignifugés, est aussi considérée comme produit
biosourcé ayant subi un premier cycle de vie. Elle
peut être utilisée pour l’isolation de planchers, murs
et toits, en vrac ou sous forme de panneaux.

Partie(s) d’ouvrage Provenance du produit

Structure Régional
Façade National X
Isolation X Europe/international X

Assure seul : 1
Contribue : 2
Contribution aux performances sans impact : 3
Mode de reconnaissance

Résistance mécanique et stabilité 3 Technique traditionnelle ? O/N

Acoustique 2 Le NF DTU 45.11 relatif à l’isolation thermique de


combles par soufflage d'isolant en vrac, applicable
Feu 2 à la ouate de cellulose, traduit le caractère traditionnel
de cette technique. L’aptitude à l’usage de la laine
Thermique 1
de coton s’appuie sur des avis techniques. Les
Étanchéité à l’eau 3 conductivités thermiques sont certifiées par l’ACERMI.

Tendances économiques liés à variantes des solutions


L’isolation des combles perdus par soufflage fait partie des techniques simples à mettre en œuvre pour
traiter le plancher haut considéré comme responsable jusqu’à 30 % des déperditions thermiques.
Pour cette application, l’utilisation de matériaux recyclés biosourcés de type ouate de cellulose ou laine de
coton est loin d’être négligeable (50 000 tonnes/an pour la ouate de cellulose et 3 000 tonnes/an pour la
laine de coton). En effet, ces deux produits participent aussi au confort hygrothermique dans le bâtiment
et, du fait de leur importante capacité thermique massique, apportent de l’inertie thermique et un
déphasage de montée en température améliorant le confort d’été.

108
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
Focus environnement
Fiches FDES : il existe des fiches FDES pour la ouate de cellulose (17 fiches comme Ouateco et
Univercell par exemple) et pour la laine de coton (3 fiches comme RMT Insulation par exemple)
avec des unités fonctionnelles qui peuvent être différentes. A noter que ces matériaux font l’objet
d’additifs pour limiter leur réaction au feu comme les sels de bore ou les sels d’ammonium.
Lots ACV concernés : Bâtiment / Produits de construction / Isolation / Isolants thermiques et
acoustiques en vrac.
Economie circulaire : les produits sont issus du recyclage de produits ayant subi une première vie
(papier pour la ouate, textile pour la laine de coton) aux niveaux national ou européen. Ces
produits peuvent à leur tour être recyclés pour un même usage. Ils participent à l’économie
circulaire au niveau des ressources utilisées, de l’éco-conception, de l’usage et de la fin de vie.

Points de vigilance pour la prescription


Dans le cadre d’une utilisation soufflée dans les combles, il conviendra de vider intégralement les
combles des objets encombrants, d’assurer la mise en sécurité des équipements électriques et
notamment de protéger les éclairages encastrés avec des dispositifs adaptés, de maintenir la
ventilation naturelle du comble pour limiter les risques de condensation, d’assurer la continuité
de l’isolation au niveau des trappes d’accès, de prévoir une distance de sécurité autour des
conduits de cheminée (risque d’incendie) et de contrôler régulièrement l’épaisseur d’isolant
soufflé (risque de tassement dans le temps) [Agence Qualité Construction].

109
janvier 2022 / n°90
annexe 2 - Fiches synthétiques sur les principales solutions

Couverture en tuile de terre cuite

Matériaux principaux Utilisation


Terre Cuite/Bois Maison individuelle et/ou collectifs

Composition Illustration
La couverture en tuile de terre cuite est composée
de deux éléments principaux, une charpente en bois
et des tuiles de terre cuite, avec la possibilité d’ajout
d’un écran de sous-toiture.
Il existe trois grandes familles de tuiles (canal, plates,
mécaniques).
Suivant les conditions climatiques autour du bâtiment,
une partie ou toutes les tuiles peuvent être fixées à Exemple de tuiles
mécaniques
la toiture à l’aide de crochets ou de vis en acier. © CTMNC

Partie(s) d’ouvrage Provenance du produit

Structure Régional X
Façade X National X
Isolation Europe/international

Assure seul : 1
Contribue : 2
Contribution aux performances sans impact : 3
Mode de reconnaissance

Résistance mécanique et stabilité 3 Technique traditionnelle ? oui


Acoustique 3 Principaux référentiels :
Feu 2 NF EN 1304
DTU 40-21 ; 40-211 ; 40-22 et 40-23
Thermique 3 Référentiel de certification de la marque NF
Étanchéité à l’eau 1 Tuiles : NF 063

Tendances économiques liés à variantes des solutions


La terre cuite est utilisée depuis des générations, dans toutes les régions françaises, mais elle n’en est pas
moins actuelle. En effet, 74% des toitures françaises actuelles sont protégées par de la terre cuite.
96% des tuiles de terre cuite utilisées en France sont produites en France par une des 130 tuileries
implantées sur le territoire.

110
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
Focus environnement
Issue de l'argile, ressource géosourcée, abondante et renouvelable, la tuile terre cuite est le
matériau à la fois local et inépuisable. Sa fabrication à proximité des chantiers limite son impact
sur l'environnement. Celui-ci est évalué dans deux FDES collectives produites par le CTMNC
(tuiles à emboîtement d’une part, tuile canal et plate d’autre part).
La couverture en tuiles de terre cuite concerne le lot 4 de l’ACV bâtiment.
Les tuiles de terre cuite sont déjà très inscrites dans la démarche d’économie circulaire : on estime
que 20% des tuiles mis en œuvre chaque année sont issues du réemploi (FFTB, 2020).

Points de vigilance pour la prescription


La plus grande qualité de la tuile en terre cuite, hors aspect esthétique, réside dans sa grande
longévité (100 ans), qui permet d’intégrer un cycle de réfection trois fois plus long que pour un
toit plat. La tuile de terre cuite atteint de bonnes performances environnementales et sont
facilement réemployables.
Lors de la prescription de terre cuite en toiture il faut tout de même garder en tête certains
éléments : la tuile reste sensible aux gros intempéries (tempêtes…), elle est parfois sensible aux
mousses et aux lichens et à terme le gel risque de la rendre poreuse. Autre inconvénient, son
poids à l'unité, à nuancer toutefois par l'utilisation de tuiles mécaniques grand moule (le nombre
de tuiles au mètre carré reste limité).

Références d’opérations
Logements sociaux à Cesson (Seine et Marne), 2e prix du concours La tuileterrecuite
Architendance 2018
« Entre modèle individuel et collectif, la typologie hybride de cet ensemble de 80 logements propose
une autre manière d’habiter la ville de petite taille. Placettes, jardins, espaces de jeux invitent les
visiteurs a rencontrer les habitants de l'îlot. »

La toiture en pente permet d’inscrire cet ensemble dans les codes de la maison individuelle. La
volumétrie des toitures se décline suivant la position des corps de bâtiments et leur contexte, soit
par de longues toitures percées de grandes terrasses, soit par un enchaînement de deux ou trois
petites toitures perpendiculaires formant des façades « pignons ». La tuile terre cuite plate se
décline du noir contemporain au tabac, plus traditionnel pour les toitures proches du village.
© Gaela Blandy

111
janvier 2022 / n°90
annexe 2 - Fiches synthétiques sur les principales solutions

Couverture en acier

Matériaux principaux Utilisation


Acier (+ compléments d’isolation/étanchéité) Logements individuels ou collectifs neufs,
rénovation, extension ou surélévation

Composition Illustration
Tôles d’acier nervurées permettant de réaliser des
couvertures sèches ou proposées en support d’étan-
chéité pour toitures-terrasses.
En couverture sèche, ces systèmes d’enveloppe sont
souvent mis en œuvre en double peau afin d’assurer
la performance thermique et l’étanchéité à la vapeur
d’eau par un complément d’isolation. Elles peuvent
être posées planes ou cintrées.
En support d’étanchéité, elles sont associées à des
complexes comprenant l’isolation et la finition étanche
pour des toitures accessibles ou non.

Partie(s) d’ouvrage Provenance du produit

Structure X Régional
Façade X National X
Isolation Europe/international X

Assure seul : 1
Contribue : 2
Contribution aux performances sans impact : 3
Mode de reconnaissance

Résistance mécanique et stabilité 2 Technique traditionnelle ? OUI


Acoustique 2 Principaux référentiels :
Feu 2 DTU 40-35 et DTU 43-3
Avis techniques
Thermique 2 Eurocode 3
Étanchéité à l’eau 2

Tendances économiques liés à variantes des solutions


Depuis une douzaine d’années, la part de marché de la couverture en acier est assez stable, représentant
autour de 8 % pour les logements collectifs. Compatible avec toutes les formes géométriques, cette
solution constructive permet de s’associer à une large palette de solutions constructives : acier, bois,
béton… et n’occupe que 2 % à 3 % du coût de construction global.

112
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
Focus environnement
Une FDES collective FDES : possibilité d’adapter les données grâce au configurateur www.save-
construction.com
Lors d’une étude de performance environnementale de bâtiments, ces solutions sont traitées
dans le lot n°4 « couverture – toiture ».
Economie circulaire : possibilité de réemployer les composants ou la structure complète, éléments
en laminés à chaud produits à près de 100 % à base de recyclé.

Points de vigilance pour la prescription


Incombustible par nature, ces produits en acier sont classés A1 en réaction au feu et peuvent en
outre contribuer à la non-propagation du feu grâce à leurs performances (A2-s1-d0 pour certains
panneaux sandwiches).
Destinés par définition à l’enveloppe du bâtiment, ces produits ont la capacité de résister à la
corrosion. Le plus souvent, les tôles utilisées sont galvanisées et/ou prélaquées ; des dispositions
de revêtement particulières peuvent également leur être appliquées.

Références d’opérations
10 logements sociaux BBC neufs à Saint Vallier (71)
Cet ensemble de 3 plots de maisons
jumelées et d’un plot de T3 superposées
proposent un assemblage de formes et
de matériaux qui offrent un jeu de jardins
privatifs et de terrasses. Pour recouvrir
les toitures à pan unique, l’architecte
SCPA Perche-Bougeault a fait le choix
de matériaux peu onéreux et néanmoins
esthétiques en couverture (bac acier
gris métallisé) pour s’inscrire dans l’en-
veloppe budgétaire de l’opération.

https://regards.habiternosterritoires-bfc.fr/regards-bfc-2018-fiche-projet-vote.htm?
candidature=1522134597_39

Ensemble de logements sur 6 niveaux (92)


Pour cette importante opération de revitalisation du quartier Europe à Colombes, réalisé pour le
groupe 3F, l’agence Ameller-Dubois a choisi de déposer des « maisons aux toits à double pente »
revêtus d’un profil trapézoïdal sur un socle R+3 pour former un ensemble de 69 logements
(4 300 m²).

113
janvier 2022 / n°90
annexe 2 - Fiches synthétiques sur les principales solutions

Revêtements extérieurs

Matériaux principaux Utilisation


Acier / Alu / Béton / Bois / Terre Cuite Maison individuelle et/ou collectifs

Composition Illustration
En panneaux ou petits éléments, collés ou fixés
sur une ossature secondaire, la diversité des types
de revêtement, en termes de matériaux, formes,
finitions et mises en œuvre, permet de répondre
à l’ensemble des attentes des maîtres d’ouvrage
et maîtres d’œuvre. La quasi-totalité des solutions
présentes sur le marché sont adaptées à un usage
pour la construction neuve comme pour la suré-
lévation et la rénovation.

Partie(s) d’ouvrage Provenance du produit

Structure Régional X
Façade X National X
Isolation Europe/international X

Assure seul : 1
Contribue : 2
Contribution aux performances sans impact : 3
Mode de reconnaissance

Résistance mécanique et stabilité 3 Technique traditionnelle ? O/N


Acoustique 3 Principaux référentiels :
Feu 2 Avis techniques
Règles professionnelles
Thermique 2 NF DTU
Étanchéité à l’eau 1

Tendances économiques liés à variantes des solutions


Le choix du revêtements extérieurs peut entraîner des différences en termes de coût global de la solution
en fonction du coût du produit en lui-même, du dimensionnement permettant de reprendre les charges
induites par le système, de la composition du complexe ou encore de temps de mise en œuvre et du
programme de maintenance.
Pour certains revêtements, des traitements complémentaires ont été développés pour renforcer la protection
de surface et la protection anti-graffiti rendant le revêtement facile à nettoyer. Certains panneaux de façades
sont dépolluants ce qui permet de limiter des surcoûts supplémentaires liés à l’emploi de produits d’entretien.

114
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
Focus environnement
Présence de fiches FDES : des fiches FDES, individuelles ou collectives, existent en fonction des
systèmes
Lots ACV concernés : ces solutions font partie du lot 6 « façades et menuiseries extérieurs » mais
peuvent avoir un lien avec le lot 3 « superstructure-gros œuvre » en fonction du support sur
lequel ils sont mis en œuvre.
Economie circulaire : Les revêtements de façades autorisent une grande flexibilité, alliant les
avantages de l’industrialisation tout en conservant des possibilités de personnalisation du produit.
Esthétiquement, certains revêtements offrent une vraie liberté architecturale et esthétique. De
plus, en cas d’endommagement, grâce à leurs fixations sur rail, ces revêtements peuvent être
démontés, remplacés, réemployés prolongeant à nouveau le cycle de vie du bâtiment.
Les systèmes de revêtements démontables peuvent faciliter une nouvelle vie des produits dans le
cadre d’un réemploi ou du recyclage de ses composants mieux séparés mais aussi à l’échelle du
bâtiment en permettant la mise en œuvre de nouveaux systèmes lors d’opérations de rénovation
voire de changement d’usage.

Points de vigilance pour la prescription


Le revêtement doit être choisi en adéquation avec la destination et l’exposition de l’ouvrage
(résistance aux chocs, au gel, aux produits d’entretien, et coefficient d’absorption solaire…). Lors
du choix du système et de sa prescription, il faut s’assurer de la possibilité de l’entretenir, voire de
remplacer des éléments si nécessaire. Cela est d’autant plus vrai pour les éléments qui peuvent
facilement être dégradés tels que ceux positionnés en rez-de-chaussée.
En fonction de la famille de bâtiment, des exigences particulières peuvent être imposées par la
réglementation en termes de propagation du feu en façade. Cela peut avoir un impact aussi bien
sur le revêtement en tant que tel que sur le complexe sur lequel il est mis en œuvre.
En fonction du type de revêtements et du système d’ossature sur lequel est mis en œuvre le
produit, il faudra s’assurer du mode de reconnaissance. En effet, les référentiels collectifs ou
individuels existants peuvent avoir limité leur champ d’application à la pose sur certains supports
ou la mise en œuvre à une hauteur définie.

Références d’opérations
Le projet s’implante sur l’emprise d’un bâtiment préexistant. Le parti architectural est en continuité
avec un projet de logements rue du Jeu de Paume, par rapport auquel il constitue en quelque sorte
une 2e tranche. Ce sont les mêmes matériaux, dans des proportions identiques, qui seront mis en
œuvre. Des briques de terre cuite vernis ont été utilisées ici pour le parement de ces logements
sociaux.

Pierre naturelle de réemploi – Projet ELOAS à


Suresnes pour Habitat Social
Dans ce projet de réhabilitation lourde, la façade
du bâtiment sera composée de pierre agrafée ou
collée provenant du site. Au-delà de la qualité
visuelle apportée au projet, la pierre se démarque
des revêtements de façades plus classiques par
sa pérennité et sa facilité d’entretien. La livraison
du projet est prévue pour fin 2022.

115
janvier 2022 / n°90
annexe 2 - Fiches synthétiques sur les principales solutions

Béton BFUP – rénovation de logements sociaux à la Cité du Chaperon Vert - Arcueil Gentilly
Réalisée dans le cadre de l’ANRU en 2019,
cette réhabilitation de 135 logements sociaux
mené par AEC Architecture pour OPALY concerne
la cité du Chaperon Vert à Gentilly. Cette opé-
ration de réhabilitation est complexe par les
interventions multiples, et différentes, attendues
en fonction des bâtiments.

Bardage métallique - surélévation d’un immeuble de logement social rue de Bagnolet à Paris
par HSF
L’immeuble existant des années 80, une construction en béton de
6 étages sur rez-de-chaussée comprenant 12 appartements, est rénové
et surélevé de 3 niveaux pour une surface totale de 250 m2. Le bardage
métallique a été retenu pour sa compatibilité avec la structure de la
surélévation composée d’un poteaux-poutres en acier et de plancher
mixte acier-béton.

116
repères Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable
COUV_REPERES 92.qxp_Mise en page 1 02/02/2022 18:35 Page2

La collection des Cahiers, perspectives


toute l’expertise de l’Union références
repères
sociale pour l’habitat
signets
actes

Une déclinaison par thématique

accession sociale études économiques patrimoine


aménagement et urbanisme europe politiques sociales
communication habitants/locataires qualité de service
copropriétés maîtrise d’ouvrage ressources humaines
droit et fiscalité numérique et systèmes ville et renouvellement
énergie et environnement d’information urbain
Publication de l’Union sociale pour l’habitat
DERNIÈRES PARUTIONS
pilotage collection références 72• Les stratégies SI dans le cadre de la collection signets
› Véronique Velez, responsable du département innovation et prospective, direction de la Maîtrise d’ouvrage et des Politiques 5• Un panorama de recherches en cours réorganisation du tissu des organismes
8• Favoriser les éco-comportements des
dans le domaine de l’habitat et du logement, Hlm, septembre 2020
patrimoniales de l’Union sociale pour l’habitat. habitants du logement social, septembre 2017
édition 2018 73• Laïcité et vivre-ensemble : repères pour les
› Pierre Frick, adjoint au directeur, direction de la Maîtrise d’ouvrage et des Politiques patrimoniales de l’Union sociale pour l’habitat. 9• La gestion de logements locatifs en
6• Les Hlm dans l’Union européenne organismes Hlm, septembre 2020 copropriété : un impact fort sur les cultures
› Nil Bayik, cheffe de projet logement social - Pôle conception et adaptation de l’offre logement social, département du Un modèle français de référence septembre 74• Les organismes Hlm et le logement des professionnelles et les stratégies des
développement, direction des prêts, Banque des Territoires. 2019 femmes victimes de violences conjugales : organismes Hlm, juillet 2018
7• Un panorama de recherches en cours dans le guide juridique des bonnes pratiques, 10• Manager les relations fournisseurs : vers la
réalisation domaine de l’habitat et du logement, édition octobre 2020 construction progressive d’une relation
› Institut Carnot MECD, Céline Vinot, directrice 2020 75• L’habitat inclusif pour personnes âgées partenariale de qualité, septembre 2019
› Solutions métalliques, économie circulaire, pilotage de l’étude : Florence Bannier. 8• Un panorama de recherches en cours dans le ou en situation de handicap : points de 11• Organismes Hlm : le recours au travail
domaine de l’habitat et du logement, édition repères pour une mise en œuvre, novembre d’intérêt général, février 2020
› Solutions bois et biosourcées, reconnaissance technique : Julien Lamoulie. 2020
2021
› Solutions biosourcées, aspects économiques : Gilles Escadeillas. 12•La collaboration organismes Hlm et start-up :
76• Pratiques d’accompagnement des faciliter l’acculturation et les modalités de
› Solutions terre cuite et pierre, environnement : Quentin Lebonnois. collection repères personnels de proximité en sites sensibles, coopération, mars 2020
› Solutions béton : Carine Lachaud. 60• Maîtriser et valoriser les données novembre 2020
patrimoniales, juin 2019 77• La gestion des encombrants, décembre 2020 13•Repérer les situations de fragilité des
locataires, décembre 2021
61• Vente Hlm : nouveaux enjeux, nouvelles 78• Qu’est-ce qu’une politique de vente Hlm
remerciements
stratégies, juin 2019 - MAJ 2021 responsable ? janvier 2021
› AGEN HABITAT : Sébastien Caussat, chargé d’opération. collection perspectives
61 bis• Vente Hlm : nouveaux outils, juin 2019 79• L’état du BIM et l’élaboration d’un cadre
› ARCHIPEL HABITAT : Sandrine Cassan, ingénierie du patrimoine et innovation, direction Développement et Patrimoine (DDP). MAJ 2021 1• Construire pour gérer : une spécificité de la
méthodologique d’évaluation du ROI, janvier maîtrise d’ouvrage Hlm - Regards croisés
› ATLANTIC-AMÉNAGEMENT : Benoit Gouban, directeur du patrimoine. 62• Le plan stratégique de patrimoine : 2021
d’acteurs, septembre 2015
› EST MÉTROPOLE HABITAT : Paul Sachot, chargé de mission Expérimentation et Financement, direction de l’Aménagement un outil renouvelé au service de la 80• Résilience urbaine du parc social : prise en
stratégie de l’organisme Hlm, juillet 2019 2• RSE et DSU au service de la stratégie
et de l’Habitat Durable (DAHD). compte des aléas climatiques, janvier 2021 d’entreprise, octobre 2016
63• Le développement des opérations 81• Fonds de soutien à l’innovation (FSI) : Les
› HABITAT HAUTS DE FRANCE : Rémy Delbaere, responsable maîtrise d’ouvrage. 3• Rapport d’impact Hlm 2019 - Indicateurs
d’accession sociale dans l’ancien, octobre nouvelles règles de financement des
› HAUTE SAVOIE HABITAT : Salomé Perrick, coordinateur d’achats responsables. 2019
sociaux et environnementaux du secteur Hlm
actions d’innovation et de modernisation, français, juin 2020
› HAUTS DE SEINE HABITAT : Habib Ait Tizgui, directeur des travaux réhabilitations ; Jean François Bichet, directeur des études 64• Pour une participation efficace et mars 2021
et de la constructions neuve ; Réjane Dhomme, animatrice développement durable. renouvelée des locataires Hlm, février 2020 82• Relogement des ménages issus des collection les actes
› ICF HABITAT : Violaine Jacolin, responsable Développement Durable & Energie ; Paul Cukierman, chargé de projet 65• Gestion de la demande et des attributions copropriétés dégradées, mars 2021 22• Quoi de neuf chercheurs ? L’habitat social
dans le cadre de la loi ELAN, février 2020 objet de recherche et terrain d’insertion
Développement durable. 83• Location voulue : étude des
des jeunes chercheurs, Journée d’étude du
66• Développer le logement abordable en expérimentations conduites, mars 2021
› ICF-Habitat Sud et Méditerranéen : Florence Lemey, Méthodes et Transition Énergétique, direction du patrimoine. maîtrise d’ouvrage sociale : 27 leviers à
29 novembre 2018
84• Prise en compte du vieillissement des 23• Les nouvelles tendances de la
› INOLYA : Sylvain Artis, responsable Énergie et Développement Durable. l’étude, février 2020
locataires Hlm et engagement des bailleurs communication Journée professionnelle
› LOGEO SEINE : Marie Nguyen Khoa, directrice de Projets. 67• Digitalisation de la relation habitants : sociaux, avril 2021 du 14 mai 2019
› RATP HABITAT : Bertrand Mathieu. recommandations et retours d’expériences,
85• Le fonctionnement des immeubles 24• Quoi de neuf acteurs ? La journée
juin 2020
› SEINE SAINT DENIS HABITAT : Lucas Colombies, responsable innovation ; Martine Cany. de logements sociaux dans des d’actualité du Réseau des acteurs de
68• Les Hlm en chiffres, édition 2020, août 2020 ensembles immobiliers mixtes, mai 2021 l’habitat, Journée d’étude du 20 mars 2019
› VAL D’OISE HABITAT : Younes Issaadi, directeur de l'Expertise et de la Performance Technique.
69• Projet Smart Eco Réno - Intégrer une 86• L’Europe investit dans le logement social : 25• Quoi de neuf chercheurs ? La vente de
› VILOGIA, Pascal Vandebussche, chef de Projets Ingénierie R&D, direction du Développement et des Partenariats. architecture numérique dans le cadre de la décodeur Hlm, juillet 2021 logements sociaux à l’épreuve de la
› 3F : Patrick Peposi, coordinateur de la Politique Technique Groupe ; Cécile Oechsner de Coninck, cheffe de projet DAD - rénovation thermique d’un bâtiment - recherche, Journée d’étude du 28 novembre 2019
87• Développement d’activités : les pratiques
Rapport d’étape, août 2020
Architecture et Développement Durable. innovantes des organismes Hlm, septembre 26• Quoi de neuf acteur(s) ? Les Webinaires
› 3F IMMOBILIÈRE BASSE SEINE : Charline Clément, cheffe de projet et de développement. 70• Mobiliser le bail réel solidaire dans le 2021 d’actualité du Réseau des acteurs de
cadre de la vente du patrimoine Hlm, l’habitat, 18 novembre et 8 décembre 2020
88• Les Hlm en chiffres - Édition 2021,
septembre 2020
septembre 2021 27• Réinventer la communication institution-
71• Le régime d’impôt sur les sociétés des nelle : le rapport d’activité à l’heure des
89• Le métier de syndic solidaire au sein du
Maquette et réalisation : 62Avenue, Paris - Impression : DEJALINK - Stains - janvier 2022 organismes Hlm, septembre 2020 vidéos et podcasts, Webinar du 8 avril 2021
secteur Hlm : quelles perspectives ?
Photo couverture : ©Joris Ide. novembre 2021

Pour commander des Cahiers, se rendre sur l’espace « BOUTIQUE » du site www.union-habitat.org
Reproduction interdite - Dépôt légal : mars 2015, ISSN 2426-1629 - Collection Cahiers de l’Union sociale pour l’habitat.
L’ensemble des Cahiers est disponible en PDF sur http://ressourceshlm.union-habitat.org, après identification de l’utilisateur.
COUV_REPERES 92.qxp_Mise en page 1 02/02/2022 18:35 Page1

janvier 2022
n° 90
repères
maîtrise d’ouvrage

Matériaux stratégiques pour la construction et la rénovation bas carbone et responsable


ier 2022 - 29
Matériaux stratégiques pour

ahiers - janv
la construction et la rénovation
bas carbone et responsable

Collection C
repères n°90
Cahiers

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