Chapitre I – Le Contexte du Commerce
Électronique en RDC (Version
Reformulée)
Introduction du chapitre
Ce chapitre vise à explorer les éléments fondamentaux relatifs au commerce électronique
en République Démocratique du Congo. Il s’articule autour de deux sections : la première
expose la notion même de commerce électronique dans sa définition, son évolution, ainsi
que ses tendances et données statistiques ; la seconde section analyse le cadre juridique en
vigueur en RDC.
Section I : Notion du commerce électronique
§1. Définition et évolution
a. Définition
Le commerce électronique, souvent désigné par le terme e-commerce, se définit comme
l’ensemble des transactions commerciales réalisées par des moyens numériques. Il
regroupe non seulement l’achat et la vente de biens et services, mais aussi le traitement de
paiements, la livraison, et d’autres services auxiliaires, généralement via l’internet, les
applications mobiles ou d'autres plateformes électroniques.
Dans le droit congolais, cette notion est perçue comme une activité économique s’opérant à
distance, par des outils de communication électroniques, permettant de fournir des
produits ou services. Cela inclut des services liés à la diffusion d’informations, à la mise à
disposition de plateformes de recherche ou encore à l’hébergement numérique.
Selon la CNUCED, le commerce électronique englobe les opérations de vente ou d’achat de
biens et services effectuées à travers des réseaux électroniques, par le biais de technologies
conçues pour le traitement de commandes. Ce modèle intègre différents éléments :
plateformes marchandes (comme Jumia, Zoom+, Panier RDC), modes de paiement
numériques (tels que le mobile money, les cartes bancaires), logistique numérique
(livraison à domicile, points relais) et stratégies de marketing digital (via réseaux sociaux, e-
mails, etc.).
En somme, toute relation commerciale dont une étape se déroule en ligne peut être
qualifiée d’électronique, qu’il s’agisse de la négociation, de la conclusion ou de l’exécution
d’un contrat. Il s’agit donc d’un mécanisme contractuel formel, où deux ou plusieurs parties
s’engagent à donner, faire ou ne pas faire quelque chose, selon des modalités fixées à
distance.
b. Évolution historique
L’émergence du commerce électronique est intimement liée à l’évolution d’Internet.
Initialement développé à des fins militaires dans le contexte de la guerre froide, le réseau
s’est ensuite étendu au monde académique puis au grand public à partir des années 1990.
Dans les années 60, les premières formes de transmission électronique de données (EDI)
ont permis aux entreprises d’échanger des documents commerciaux comme les bons de
commande. En 1980, des initiatives comme le Minitel en France et CompuServe aux États-
Unis marquent les débuts de la vente à distance électronique. La création du World Wide
Web en 1990 par Tim Berners-Lee révolutionne les échanges en ligne, rendant l’internet
accessible au grand public.
Dès 1994, les premières transactions sécurisées par carte bancaire voient le jour, suivies
par la naissance de géants comme Amazon et eBay. Le développement des paiements en
ligne, de la logistique numérique et des plateformes spécialisées a largement contribué à
l’essor du commerce électronique.
En RDC, ce développement a pris un certain retard, freiné par l’insuffisance des
infrastructures numériques, une faible bancarisation et une pénétration limitée d’internet.
Ce n’est qu’à partir des années 2010, avec l’arrivée des plateformes comme Zoom+,
CongoMall, Panier RDC, et surtout Jumia RDC en 2014, que l’on observe une dynamique plus
soutenue.
La généralisation du mobile money (M-Pesa, Airtel Money, Orange Money) vers 2016,
combinée à l’essor des réseaux sociaux (Facebook, WhatsApp, Instagram, Telegram), a
permis une véritable démocratisation de l’e-commerce, même si l’essentiel reste informel.