INTRODUCTION
La République Démocratique du Congo est un pays aux multiples défis institutionnels,
géographiques et sociaux. En tant que deuxième Etat plus vaste d’Afrique et l’un de plus
riches en ressources naturelles, elle doit jongler avec une diversité ethnique impressionnante
et une histoire complexe de gouvernance, souvent marquée par des crises. Ce contexte unique
soulève la question fondamentale de l’organisation de l’État, essentielle pour assurer
l’efficacité, la stabilité et l’équité dans la gestion de ce vaste territoire.
Dans ce cadre, trois modèles étatiques se distinguent : l’État fédéral, l’État unitaire et
l’État confédéral. Ces systèmes, bien qu’appliqués dans des contextes divers à travers le
monde, offrent chacun des avantages et des limites spécifiques. L’étude de leurs implications
dans le contexte congolais est donc cruciale pour évaluer leur pertinence.
Cet article propose une analyse comparative de ces trois types d’États en mettant en
lumière leurs spécificités et les appliquant au cas particulier de la RDC. En outre, nous
répondrons aux questions suivantes : l’État congolais a-t-il déjà adopté un modèle fédéral au
cours de son histoire ? Comment appelle-t-on deux États ayant un seul dirigeant ? L’objectif
est de dégager des pistes de réflexion pour une gouvernance plus adaptée et durable.
I. LES TYPES D’ÉTATS : DÉFINITIONS ET CARACTÉRISTIQUES
GÉNÉRALES
Avant d’analyser ces modèles dans le contexte congolais, il importe de préciser leurs
caractéristiques essentielles.
1.1. L’État fédéral
Un État fédéral est une entité politique composée de plusieurs entités autonomes
« États fédérés » ayant leur propre gouvernement et constitution. Le pouvoir est réparti entre
le gouvernement central et les entités fédérées, selon des compétences définies par la
constitution.1 À titre exemplatif, nous pouvons citer les États-Unis, l’Allemagne et le Brésil.
Cependant, un Etat fédéral échoit des avantages comme le favoritisme de l’autonomie locale
et la prise en compte des diversités culturelles ou linguistiques, mais aussi, limite les abus de
pouvoir grâce à une répartition claire des responsabilités. Hormis ces avantages, il soulève
aussi quelques inconvénients, notamment les déséquilibres économiques ou des tensions entre
les entités fédérées et la complexité administrative et coûts élevés.
1
https://www.vie-publique.fr/fiches/20166-quelles-sont-les-formes-de-letat-unitaire-federal, consulté le 27 novembre 2024 à
10h01’
Dans le cas de la RDC, la période de la Conférence de Tananarive (mars 1960) offre
un exemple d’expérimentation fédérale. Cette rencontre visait à concilier les revendications
d’autonomie provinciale et l’unité nationale, mais les divisions internes et la sécession du
Katanga ont conduit à l’échec de ce modèle.2
1.2. L’État unitaire
Après avoir apporté d’éclaircissement sur l’Etat fédéral, il convient de nous pencher
sur le deuxième versant concernant l’État unitaire. Ce dernier est un système dans lequel le
pouvoir se centralise et s’exerce par un gouvernement unique. Les subdivisions territoriales
(provinces ou départements) ne disposent que des pouvoirs délégués par le centre 3. Des
exemples incluent la France, le Japon et la R.D.C actuelle.
En effet, l’Etat unitaire présente certains avantages comme l’efficacité dans la prise de
décision et la mise en œuvre des politiques, les moins de risques de conflits entre niveaux de
gouvernance. Toutefois, cet Etat n’est moins que rose, car il engendre aussi des inconvénients
comme le sentiment de marginalisation dans les régions éloignées ou moins favorisées et le
risque d’autoritarisme en l’absence de contre-pouvoirs régionaux. Vu sous cet angle, il nous
plait d’affirmer avec réserve que depuis l’indépendance, la RDC a fonctionné principalement
comme un État unitaire, avec une centralisation marquée sous les régimes de Mobutu et
Kabila. Cependant, la Constitution de 2006 a introduit une certaine décentralisation, avec 26
provinces jouissant d’une autonomie relative.4
1.3. L’État confédéral
L’analyse des deux Etats précédents nous donne l’aval d’aborder un vol d’oiseau le
troisième Etat dit État confédéral. C’est une union d’États souverains qui délèguent certaines
compétences à un gouvernement central pour des questions spécifiques, comme la défense ou
la politique étrangère.5 Ce modèle est rare aujourd’hui, mais des exemples historiques incluent
la Confédération des États américains entre1861-1865 et la Confédération suisse avant 1848. 6
Cependant, dans le cas de la RDC, un modèle confédéral est peu envisageable, car il
nécessiterait une autonomie complète des provinces, ce qui pourrait aggraver les tensions
séparatistes.7
2
De Saint Moulin, L. L’histoire politique de la RDC. Éditions Universitaires,2003., p. 56.
3
https://biblioteca-repositorio.clacso.edu.ar/libreria_cm_archivos/pdf_1546.pdf, consulté le 26 novembre 2024 à 19h51’
4
Nzongola-Ntalaja, G., La crise de gouvernance en RDC. Éditions Présence Africaine, 2017.p. 112.
5
https://shs.cairn.info/revue-dossiers-du-crisp-2012-1-page-11?lang=fr, consulté le 26 novembre 2024 à 12h
6
https://www.taurillon.org/Les-Etats-Unis-d-Amerique-un-modele,00697, consulté le 26 novembre 2024 à 12h
7
Trefon,(2021). Gouvernance et défis en RDC. Cahiers Africains.
Ceci dit, il importe dès lors de répondre à la question qui a été posé à l’introduction,
celle de savoir si : Comment appelle-t-on deux États ayant un seul dirigeant. Eh bien, il est
judicieux de noter qu’un tel arrangement est appelé union personnelle (confédération). Dans
ce système, deux États souverains partagent le même chef d’État tout en conservant leur
indépendance politique. Un exemple est l’union entre l’Écosse et l’Angleterre sous Jacques
VI.8
II. 2. COMPARAISON ET IMPLICATIONS POUR LA RDC
La RDC, en tant qu’État unitaire décentralisé, fait face à des défis importants :
• Avantages de l’unité : Une centralisation relative permet de maintenir l’unité
d’un pays marqué par des fractures historiques et ethniques.
• Limites : Les provinces éloignées de Kinshasa se plaignent souvent d’une
marginalisation économique et politique.
En effet, un modèle fédéral pourrait répondre à ces doléances, en donnant plus
d’autonomie aux provinces riches en ressources comme le Katanga, le Nord Kivu, etc.
Cependant, les risques de sécession, comme dans les années 1960, restent élevés. Un modèle
confédéral serait encore moins adapté, car il pourrait affaiblir davantage l’autorité centrale et
ouvrir la voie à des divisions permanentes.
[III.] CONCLUSION
Tout compte fait, la gouvernance en RDC nécessite un modèle qui équilibre unité
nationale et autonomie locale. Si l’État unitaire reste le plus pertinent pour garantir la stabilité,
il doit être renforcé par une décentralisation effective, permettant aux provinces de gérer leurs
ressources et leurs besoins de manière autonome. Le fédéralisme, bien qu’attrayant pour
certains, présente des risques élevés dans un pays marqué par des tendances sécessionnistes.
Quant à l’État confédéral, il est peu viable dans le contexte congolais. Car à l’heure où la
RDC cherche à bâtir un avenir stable et prospère, la réflexion sur l’organisation de l’État reste
cruciale. Des réformes institutionnelles profondes, accompagnées d’une gouvernance
inclusive, seront essentielles pour répondre aux défis du XXIe siècle, surtout dans le contexte
congolais. Toujours est-il vrai que l’Etat unitaire reste le plus viable pour la R.D.C ? Quelle
en est la pertinence et quels sont les mécanismes à envisagés ? Telles sont les questions qui
retiendrons notre attention dans nos recherches ultérieures.
8
https://cours.unjf.fr/repository/coursefilearea/file.php/64/Cours/01_item/indexI0.htm, consulté le 28 nov. 24 à 19h30