Faculté de Pharmacie
Thèse d’exercice
Année 2021 Thèse N°
Faculté de Pharmacie
Année 2022 Thèse N°
Thèse pour le diplôme d'État de docteur en Pharmacie
Présentée et soutenue publiquement
Le 10 mars 2022
Par ZANGO Wendé-waoga Guillaume
Né le 11 janvier 1984 à Kalsaka (Burkina Faso)
Prévention du paludisme et promotion de
l’assainissement du cadre de vie au Burkina Faso
Thèse dirigée par les Professeurs Jean-François FAUCHER et Alexis DESMOULIERE
Examinateurs :
M. le Professeur Alexis DESMOULIERE…………………………………..Co-directeur et Président
M. le Professeur Jean-François FAUCHER…………………………………………………Co-Directeur
M. le Professeur Bertrand COURTIOUX………………………………………………………………...Juge
M. le Professeur Bernard MEUNIER………………………………………………………………………Juge
Mme le Docteur Valérie FAILLAT………….……………………………………………………………….Juge
M. le Docteur Frédéric BONTE……………………………………………………………………………….Juge
Mme le Docteur Aline LOURADOUR-FEIGEL………………………………………………………….Juge
Thèse d’exercice
Faculté de Pharmacie
Année 2022 Thèse N°
Thèse pour le diplôme d'État de docteur en Pharmacie
Présentée et soutenue publiquement
10 mars 2022
Par ZANGO Wendé-waoga Guillaume
Né le 11 janvier 1984 à Kalsaka (Burkina Faso)
Prévention du paludisme et promotion de
l’assainissement du cadre de vie au Burkina Faso
Thèse dirigée par les Professeurs Jean-François FAUCHER et Alexis DESMOULIERE
Examinateurs :
M. le Professeur Alexis DESMOULIERE…………………………………..Co-directeur et Président
M. le Professeur Jean-François FAUCHER…………………………………………………Co-Directeur
M. le Professeur Bertrand COURTIOUX………………………………………………………………...Juge
M. le Professeur Bernard MEUNIER………………………………………………………………………Juge
Mme le Docteur Valérie FAILLAT………….……………………………………………………………….Juge
M. le Docteur Frédéric BONTE……………………………………………………………………………….Juge
Mme le Docteur Aline LOURADOUR-FEIGEL………………………………………………………….Juge
Liste des enseignants
Le 1er septembre 2020
DOYEN DE LA FACULTE :
Monsieur le Professeur Bertrand COURTIOUX
VICE-DOYEN :
Monsieur David LEGER
ASSESSEURS :
Monsieur le Professeur Serge BATTU, Monsieur le Professeur Nicolas PICARD
PROFESSEURS :
BATTU Serge CHIMIE ANALYTIQUE
CARDOT Philippe CHIMIE ANALYTIQUE ET BROMATOLOGIE
COURTIOUX Bertrand PHARMACOLOGIE, PARASITOLOGIE
DESMOULIERE Alexis PHYSIOLOGIE
DUROUX Jean-Luc BIOPHYSIQUE, BIOMATHEMATIQUES ET
INFORMATIQUE
FAGNERE Catherine CHIMIE THERAPEUTIQUE - CHIMIE ORGANIQUE
LIAGRE Bertrand BIOCHIMIE ET BIOLOGIE MOLECULAIRE
MAMBU Lengo PHARMACOGNOSIE
ROUSSEAU Annick BIOSTATISTIQUE
TROUILLAS Patrick CHIMIE PHYSIQUE - PHYSIQUE
VIANA Marylène PHARMACOTECHNIE
PROFESSEURS DES UNIVERSITES - PRATICIENS HOSPITALIERS DES
DISCIPLINES PHARMACEUTIQUES :
PICARD Nicolas PHARMACOLOGIE
ROGEZ Sylvie BACTERIOLOGIE ET VIROLOGIE
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SAINT-MARCOUX Franck TOXICOLOGIE
MCU-P DES DISCIPLINES PHARMACEUTIQUES :
CHAUZEIX Jasmine HÉMATOLOGIE
JOST Jérémy PHARMACIE CLINIQUE
MAITRES DE CONFERENCES :
BASLY Jean-Philippe CHIMIE ANALYTIQUE ET BROMATOLOGIE
BEAUBRUN-GIRY Karine PHARMACOTECHNIE
BÉGAUD Gaëlle CHIMIE ANALYTIQUE ET CONTRÔLE DU
MÉDICAMENT
BILLET Fabrice PHYSIOLOGIE
CALLISTE Claude BIOPHYSIQUE, BIOMATHEMATIQUES ET
INFORMATIQUE
CHEMIN Guillaume BIOCHIMIE
CLÉDAT Dominique CHIMIE ANALYTIQUE ET BROMATOLOGIE
COMBY Francis CHIMIE ORGANIQUE ET THERAPEUTIQUE
DELEBASSÉE Sylvie MICROBIOLOGIE-PARASITOLOGIE-
IMMUNOLOGIE
DEMIOT Claire-Elise PHARMACOLOGIE
FABRE Gabin SCIENCES PHYSICO-CHIMIQUES ET
INGÉNIERIE APPLIQUÉE
FROISSARD Didier BOTANIQUE ET CRYPTOGAMIE
JAMBUT Anne-Catherine CHIMIE ORGANIQUE ET THERAPEUTIQUE
LABROUSSE Pascal BOTANIQUE ET CRYPTOGAMIE
LAVERDET Betty PHARMACIE GALÉNIQUE
LAWSON Roland PHARMACOLOGIE
LEGER David BIOCHIMIE ET BIOLOGIE MOLÉCULAIRE
MARRE-FOURNIER Françoise BIOCHIMIE ET BIOLOGIE MOLÉCULAIRE
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MERCIER Aurélien PARASITOLOGIE
MILLOT Marion PHARMACOGNOSIE
MOREAU Jeanne MICROBIOLOGIE-PARASITOLOGIE-
IMMUNOLOGIE
PASCAUD-MATHIEU Patricia PHARMACIE GALENIQUE – BIOMATÉRIAUX
CERAMIQUES
POUGET Christelle CHIMIE ORGANIQUE ET THÉRAPEUTIQUE
VIGNOLES Philippe BIOPHYSIQUE, BIOMATHÉMATIQUES ET
INFORMATIQUE
ATTACHE TEMPORAIRE D’ENSEIGNEMENT ET DE RECHERCHE :
BOUDOT Clotilde MICROBIOLOGIE
(du 01/09/2018 au 31/08/2020)
MARCHAND Guillaume CHIMIE ORGANIQUE ET THÉRAPEUTIQUE
(du 01/09/2019 au 31/08/2020)
PROFESSEURS EMERITES :
DREYFUSS Gilles (jusqu’au 31/03/2021)
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Remerciements
Je voudrais ici adresser mes sincères remerciements :
Au Professeur Jean-François FAUCHER (Centre Hospitalier Universitaire Dupuytren
de Limoges), co-directeur de thèse. Merci de m’avoir fait honneur et plaisir en acceptant
généreusement de m’accompagner dans la rédaction de ma thèse. Merci pour les multiples
articles mis à ma disposition. Merci pour vos encouragements.
Au Professeur Alexis DESMOULIERE (Faculté de Pharmacie, Université de
Limoges), co-directeur de thèse et Président du jury. Merci de m’avoir enseigné la physiologie
et d’avoir accepté d’être co-directeur et Président du jury. Merci pour vos corrections
rigoureuses et pertinentes. Vous m’avez accompagné tout au long de mes études, d zaame
(mes remerciements).
Au Professeur Bertrand COURTIOUX, doyen de la Faculté de Pharmacie de
Limoges, membre du jury. Merci de m’avoir enseigné la parasitologie et d’avoir accepté
gentiment de faire partie du jury malgré les multiples charges de doyen de la faculté de
pharmacie. L’intérêt que j’accordais à votre cours m’a confirmé dans le choix du paludisme
comme sujet de thèse. Merci d’avoir été attentionné de ma présence à la faculté de pharmacie.
Au Professeur Bernard MEUNIER (CNRS UPR 8241 – INSERM ERL 1289,
Toulouse), membre du jury. Merci de m’avoir fait honneur d’être présent au sein de ce jury
aujourd’hui malgré la distance et vos nombreuses occupations.
A Madame le Docteur Valérie FAILLAT (Sanofi-Aventis Groupe), membre du jury.
Merci d’avoir accepté spontanément notre invitation. Merci pour votre aide et votre soutien.
Au Docteur Frédéric BONTE, membre de jury. Merci de m’avoir fait honneur de
participer à ma soutenance. Merci de m’avoir invité en octobre dernier à participer à une
conférence sur le paludisme. Merci pour votre générosité.
A Madame le Docteur Aline LOURADOUR-FEIGEL, pharmacienne à Condat sur
Vienne, membre du Jury. Merci de m’avoir accueilli et formé à la pharmacie de Condat durant
mes stages et surtout pendant mon stage de pratique officinale de 6 mois de ma sixième
année. Merci pour votre patience. Votre présence, aujourd’hui, témoigne de votre disponibilité
à m’accompagner toujours dans la profession de pharmacien et dans mon projet.
A toute l’équipe de la pharmacie de la Mairie à Condat, à Aurélie BELHOMME,
pharmacienne, à tous les patients de la pharmacie de la Mairie à Condat. Merci de m’avoir
formé ; merci pour votre soutien à la réalisation de mon projet au Burkina Faso.
A Michel MARLIANGEAS, pharmacien à la retraite, à son épouse Colette et à
toute l’équipe de la pharmacie de Linards. Merci pour la bonne collaboration dans le travail
à l’officine durant le premier confinement. Merci à Anne et à Alexandra. Merci de m’avoir
accepté au sein de l’équipe alors que je n’avais pas beaucoup d’expérience.
A Monsieur Stéphane LAMOURAUX, Docteur en pharmacie. Merci de m’avoir fait
confiance en m’employant pour acquérir de l’expérience professionnelle dans votre pharmacie
où je travaille actuellement. Merci pour votre présence à ma soutenance. Merci à Sonia et à
Agathe pour la bonne ambiance au travail.
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Je voudrais également exprimer ma profonde reconnaissance :
Au diocèse de Limoges, à leurs Excellences : Monseigneur Pierre-Antoine BOZO,
évêque de Limoges et Monseigneur François KALIST, archevêque de Clermont-Ferrand.
Merci de m’avoir accueilli à Limoges, d’avoir pris en charge mes études et de m’avoir donné
les meilleurs moyens et mis dans les conditions nécessaires pour réussir. C’est grâce à votre
soutien que j’ai pu étudier correctement. Mille mercis !
Au diocèse de Ouahigouya (Burkina Faso), à son Excellence Monseigneur Justin
KIENTEGA, évêque de Ouahigouya. Merci de m’avoir ordonné prêtre en 2011 et de m’avoir
fait confiance en me confiant la mission d’études en Pharmacie depuis 2014 et la prochaine
mission d’ouvrir une pharmacie à Ouahigouya pour le bien de l’ensemble de la population.
Merci pour votre accompagnement et pour votre soutien.
A mes confrères prêtres du diocèse de Limoges et de Ouahigouya. Merci pour la
fraternité et pour votre soutien de près ou de loin. Bon courage à tous dans la mission d’Eglise.
Au Père Claude CHARTIER. Merci de m’avoir hébergé durant mes deux années de
PACES et bien après. Merci d’avoir respecté les exigences de mes études. Je vous serai
toujours reconnaissant. Merci pour les encouragements chaque matin quand je partais à la
faculté.
Au Père Piotr KIEDROWSKI. Merci pour la fraternité. Merci pour les nombreuses
invitations (si je suis l’enfant prodigue, tu dois être toujours le bon père qui tue le veau gras).
Aux chrétiens de la paroisse Saint Luc. Merci pour votre accueil et pour votre
compréhension quand je suis présent mais invisible pour raison d’études.
A la confrérie Saint Aurélien. Merci, chers confrères, pour votre soutien et pour
l’intérêt que vous portez à l’ensemble de mes projets. J’ai passé des moments agréables avec
vous. On restera toujours ensemble.
A tous les enseignants de la faculté de pharmacie de Limoges. Merci d’avoir fourni
tant d’efforts pour me former, enseigner et éduquer. A tout le personnel administratif et à
tous les employés, je dis merci.
A mes compagnons d’études, à mes promotionnaires et à tous mes amis. Merci
pour tout ce que nous avons pu vivre ensemble quand nos chemins se sont croisés.
A mon grand-père Benjamin Pakoodé décédé le 23 février 2018. Merci. Repose en
paix.
A mon beau-frère, Jean-Baptiste Ouédraogo, décédé en octobre 2020. Merci.
Repose en paix.
A mon père Emmanuel, à ma mère Cécile, à mes frères et sœurs Elisabeth,
Georgette, Maria, Noël, Jeanne (j’espère te revoir un jour en famille), Simone, Gaëtane.
Vous m’avez beaucoup manqué durant mes années d’études. Merci d’avoir accepté mon
absence. Si loin, si prêt de vous !
Aux deux étudiants de Séguénega, au Père Charles ZANGO et à tous ceux qui ont
contribué à la collecte des réponses à notre questionnaire. Merci pour votre collaboration.
Merci à tous ceux qui m’ont soutenu durant mes études. Je compte toujours sur
vous.
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Droits d’auteurs
Cette création est mise à disposition selon le Contrat :
« Attribution-Pas d'Utilisation Commerciale-Pas de modification 3.0 France »
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Table des matières
Introduction ............................................................................................................................. 22
I. Généralités sur le Burkina Faso et le paludisme ................................................................... 23
I.1. Le Burkina Faso .............................................................................................................. 23
I.1.1. Géographie, climat et saison................................................................................... 23
I.1.2. Végétation .............................................................................................................. 24
I.1.3. Histoire du Burkina Faso ......................................................................................... 24
I.1.3.1. Périodes pré-coloniale et coloniale .................................................................. 24
I.1.3.2. Période post-coloniale ..................................................................................... 25
I.1.3.3. De la Haute-Volta au Burkina Faso ................................................................... 25
I.1.4. Caractéristiques sociodémographiques .................................................................. 25
I.1.5. Subdivisions administratives ................................................................................... 26
I.1.6. Situation économique ............................................................................................. 26
I.1.7. Réseau hydrographique .......................................................................................... 27
I.1.8. Ethnies, langues nationales et religions .................................................................. 27
I.1.9. Situation politique .................................................................................................. 28
I.1.10. Sites aurifères ....................................................................................................... 29
I.1.11. Terrorisme et exode rurale ................................................................................... 29
I.1.12. Situation sanitaire ................................................................................................. 30
I.1.12.1. Des structures de santé et de l’organisation du système sanitaire ................ 30
I.1.12.2. De la situation sanitaire actuelle .................................................................... 32
I.1.12.3. Des difficultés rencontrées dans la situation sanitaire ................................... 33
I.1.12.4. Priorités actuelles en matière de santé selon le PNDS 2021-2030 ................. 34
I.2. Le Paludisme .................................................................................................................. 35
I.2.1. Biologie des vecteurs transmetteurs du paludisme : le genre Anopheles ............... 35
I.2.1.1. Cycle biologique de l’anophèle ........................................................................ 36
I.2.1.1.1. Phase aquatique........................................................................................ 36
I.2.1.1.2. Phase aérienne .......................................................................................... 36
I.2.1.2. Caractéristique comportementale et écosystème de l’anophèle .................... 37
I.2.1.2.1. Caractéristique comportementale ............................................................ 37
I.2.1.2.2. Choix de gîte et écosystème ..................................................................... 37
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I.2.2. Agent pathogène du paludisme : le genre Plasmodium.......................................... 38
I.2.2.1. Les espèces responsables du paludisme chez l’homme ................................... 38
I.2.2.2. Le cycle de développement du parasite et le mode de transmission............... 39
I.2.2.2.1. L’étape chez l’anophèle ou phase sexuée ................................................. 39
I.2.2.2.2. L’étape chez l’homme ou phase asexuée .................................................. 39
I.2.2.2.2.1. Phase hépatique ou phase exo-érythrocytaire................................... 39
I.2.2.2.2.2. Phase érythrocytaire .......................................................................... 39
I.2.2.2.3. Mode de transmission du paludisme ........................................................ 40
I.2.2.2.4. Les facteurs influençant les cycles du parasite et du vecteur.................... 41
I.2.3. Le diagnostic ........................................................................................................... 42
I.2.4. Types de paludisme et leurs manifestations cliniques chez l’homme ..................... 43
I.2.4.1. Le paludisme simple......................................................................................... 43
I.2.4.2. Le paludisme grave .......................................................................................... 43
I.2.5. Médicaments antipaludiques et prise en charge du paludisme .............................. 43
I.2.5.1. Les antipaludiques recommandés par l’OMS en traitement curatif (WHO, 2019)
.................................................................................................................................................. 44
I.2.5.1.1. Les antipaludiques recommandés en traitement curatif chez l’adulte ..... 44
I.2.5.1.2. Les antipaludiques recommandés en traitement curatif chez l’enfant ..... 46
I.2.5.2. Prise en charge du paludisme au Burkina Faso selon les directives nationales 48
I.2.5.2.1. Cas général de traitement du paludisme simple ....................................... 48
I.2.5.2.2. Traitement du paludisme simple chez la femme enceinte ........................ 50
I.2.5.2.3. Paludisme grave ........................................................................................ 50
I.2.5.2.3.1. Traitement du paludisme grave chez l’enfant .................................... 50
I.2.5.2.3.2. Traitement du paludisme grave chez l’adulte .................................... 51
I.2.5.2.3.3. Examens à réaliser en cas de paludisme grave................................... 51
I.2.6. Autres mesures recommandées dans la prise en charge du paludisme grave ........ 51
I.2.7. Mécanisme d’actions, indications, principaux effets indésirables et contre-
indications de certains médicaments antipaludiques .................................................................. 53
I.2.7.1. Amodiaquine.................................................................................................... 53
I.2.7.2. Artéméther + luméfantrine .............................................................................. 53
I.2.7.3. Artésunate et les dérivés de l’artémisinine ...................................................... 53
I.2.7.4. Pyronaridine tetraphosphate ........................................................................... 54
I.2.7.5. Chloroquine ..................................................................................................... 54
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I.2.7.6. Doxycycline ...................................................................................................... 55
I.2.7.7. Méfloquine ...................................................................................................... 55
I.2.7.8. Quinine ............................................................................................................ 55
I.2.7.9. Sulfadoxine + pyriméthamine .......................................................................... 56
I.2.7.10. Proguanil + atovaquone ................................................................................. 56
II. Prévention du paludisme au Burkina Faso ........................................................................... 57
II.1. Recommandations thérapeutiques en matière de prévention du paludisme............... 57
II.1.1. Selon l’OMS............................................................................................................ 57
II.1.1.1. Chimio-prévention chez l’adulte ..................................................................... 57
II.1.1.2. Chimio-prévention chez l’enfant ..................................................................... 57
II.1.1.3. Traitement Préventif Intermittent (TPI) pendant la grossesse ........................ 58
II.1.1.4. Traitement préventif intermittent chez l’enfant ............................................. 58
II.1.2. Selon les directives nationales ............................................................................... 58
II.1.2.1. Traitement préventif intermittent pendant la grossesse ................................ 58
II.1.2.2. Traitement préventif intermittent chez le nourrisson .................................... 59
II.1.2.3. Chimio-prévention du paludisme saisonnier chez les enfants de moins de 5 ans
.................................................................................................................................................. 59
II.1.3. Autres mesures préventives recommandées dans la lutte contre le paludisme .... 59
II.1.3.1. Les Moustiquaires Imprégnées d’Insecticide à Longue Durée d’Action (MIILDA)
.................................................................................................................................................. 59
II.1.3.2. Les insecticides................................................................................................ 60
II.2. Recherches actuelles en matière de prévention du paludisme .................................... 60
II.2.1. Recherches actuellement en cours au Burkina Faso .............................................. 60
II.2.1.1. MIILDA « nouvelle génération » ...................................................................... 60
II.2.1.2. Piège électrique aux moustiques .................................................................... 60
II.2.1.3. Insecticide néonicotinoïde (clothianidine) ...................................................... 60
II.2.1.4. Recherche génétique ...................................................................................... 61
II.2.1.5. Moustiques OGM (Organisme Génétiquement Modifié) ................................ 61
II.2.2. Le vaccin contre le paludisme ................................................................................ 61
II.3. Présentation du programme national de lutte contre le paludisme 2016-2020 ........... 63
II.3.1. But et mission du PNLP .......................................................................................... 64
II.3.2. Organisation du PNLP ............................................................................................ 64
II.3.3. Objectifs et stratégies du PNLP .............................................................................. 64
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II.3.4. Orientations stratégiques et priorités du PNLP...................................................... 65
III. Agir pour prévenir le paludisme au Burkina Faso par l’assainissement du cadre de vie ..... 66
III.1. Impact de l’environnement et du comportement humain sur le paludisme ............... 66
III.1.1. Selon le rapport de l’OMS 2007 ............................................................................ 66
III.1.2. Brève revue de quelques études de l’impact de l’environnement sur le paludisme
..................................................................................................................................................... 67
III.1.2.1. La moustiquaire ............................................................................................. 67
III.1.2.2. Les Pulvérisations Intra-domiciliaire (PID) ...................................................... 68
III.1.2.3. L’habitat ......................................................................................................... 69
III.1.2.4. L’assainissement du cadre de vie ................................................................... 70
III.1.2.4.1. Définition ................................................................................................ 70
III.1.2.4.2. Effets de la gestion de l’environnement sur le paludisme ...................... 70
III.2. La politique nationale d’assainissement du cadre de vie au Burkina Faso ................... 71
III.2.1. Définition de l’assainissement et de ses sous-secteurs selon la PSNA .................. 71
III.2.2. Cadre juridique ..................................................................................................... 71
III.2.3. Les objectifs .......................................................................................................... 72
III.2.4. Les principes de base ............................................................................................ 72
III.2.5. Les acteurs et leurs rôles ...................................................................................... 72
III.2.5.1. L’Etat .............................................................................................................. 72
III.2.5.2. Les collectivités territoriales .......................................................................... 73
III.2.5.3. Les Organisations Non Gouvernementales (ONG) et le secteur privé ............ 73
III.2.5.4. Les populations et leurs associations ............................................................. 73
III.3. Photos illustratives de cadres de vie propices à la prolifération des vecteurs
transmetteurs du paludisme ............................................................................................................ 74
III.4. Les mesures préventives promues dans le PNLP 2016-2020 ....................................... 77
III.4.1. De l’accès aux MIILDA ........................................................................................... 78
III.4.2. De la PID ............................................................................................................... 78
III.4.3. De la lutte anti-larvaire ......................................................................................... 78
III.4.4. De la promotion de l’assainissement du cadre de vie ........................................... 78
III.4.5. De la gestion de la résistance aux insecticides ...................................................... 78
III.4.6. Du traitement préventif intermittent chez les femmes enceintes ........................ 78
III.4.7. De la chimio-prévention du paludisme saisonnier chez les enfants de 3 à 59 mois
..................................................................................................................................................... 79
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III.4.8. Du renforcement de la communication ................................................................ 79
III.5. Evaluation des connaissances et de la mise en œuvre des moyens de prévention du
paludisme à partir d’un questionnaire ............................................................................................. 80
III.5.1. Contexte, objectif et intérêt ................................................................................. 80
III.5.2. Méthode ............................................................................................................... 82
III.5.3. Questionnaire ....................................................................................................... 82
III.5.4. Limites du questionnaire et difficultés rencontrées ............................................. 82
III.5.5. Résultats ............................................................................................................... 83
III.5.5.1. Les caractéristiques de la population questionnée ........................................ 83
III.5.5.2. Les sources et messages d’information sur les moyens de prévention contre le
paludisme ................................................................................................................................. 83
III.5.5.3. L’utilisation des moyens de prévention par les communautés de base et les
difficultés rencontrées. ............................................................................................................. 87
III.5.5.4. L’assainissement du cadre de vie ................................................................... 89
III.5.6. Discussion ............................................................................................................. 89
III.5.6.1. De la caractéristique de la population questionnée....................................... 89
III.5.6.2. Des sources et messages d’information sur les moyens de prévention contre
le paludisme ............................................................................................................................. 90
III.5.6.3. De l’utilisation des moyens de prévention par les communautés de base et
difficultés rencontrées .............................................................................................................. 92
III.5.6.3.1. L’utilisation de la moustiquaire ............................................................... 92
III.5.6.3.2. L’utilisation des autres moyens de prévention ....................................... 93
III.5.6.3.3. Des difficultés rencontrées ..................................................................... 94
III.5.6.4. De l’assainissement du cadre de vie .............................................................. 94
III.5.6.5. Instabilité politique, insécurité et paludisme ................................................. 96
III.5.6.6. Du comportement et de la mentalité face au paludisme............................... 97
III.5.6.7. De la complexité du problème de l’assainissement ....................................... 98
III.5.7. Perspectives .......................................................................................................... 99
III.5.7.1. Au niveau du programme national de lutte contre le paludisme................... 99
III.5.7.2. Au niveau de l’Etat, des ministères de la santé, de l’éducation et de
l’environnement et des municipalités .................................................................................... 100
III.5.7.3. Au niveau de la population de base ............................................................. 101
III.5.7.4. Vision de la population sur la promotion de l’assainissement du cadre de vie
dans la lutte contre le paludisme ........................................................................................... 101
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Conclusion ............................................................................................................................. 104
Références bibliographiques ................................................................................................. 105
Annexes ................................................................................................................................. 114
Serment De Galien ................................................................................................................. 122
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Table des illustrations
Figure 1 : Situation géographique du Burkina Faso ................................................................. 23
Figure 2 : Carte des 13 régions du Burkina Faso ...................................................................... 26
Figure 3 : Principaux groupes ethniques au Burkina Faso ........................................................ 28
Figure 4 : Nombre de déplacés internes par région de janvier à mars 2019............................ 30
Figure 5 : Organisation de la santé au Burkina Faso (NANGA C. et al., 2017) .......................... 31
Figure 6 : Distribution du risque du paludisme dans le monde ............................................... 35
Figure 7 : Cycle de développement des anophèles selon carnevale et robert, 2009 ............... 36
Figure 8 : Cycle de développement du paludisme ................................................................... 40
Figure 9 : Résultat de l'etude combinant le vaccin RTS,S et chimio-prévention ...................... 62
Figure 10 : Principaux jalons de la lutte contre le paludisme de 1991 à 2015 ......................... 63
Figure 11 : Maladies et traumatismes ayant une incidence sur la santé : influence de
l’environnement par ordre décroissant................................................................................................ 66
Figure 12 : Prévalence de l’anémie sévère chez les enfants par province, en République
Démocratique du Congo de 2007 à 2014 ............................................................................................. 67
Figure 13 : Evolution des cas de paludisme au centre de santé d’Analarao, province
d’Antananarivo sur les hautes terres malgaches .................................................................................. 69
Figure 14 : Retenue d'eau au milieu d'un quartier dans le village de Téonsgo ........................ 74
Figure 15 : Système traditionnel d'évacuation des eaux usées des ménages et des douches à
l'extérieur des habitats ......................................................................................................................... 74
Figure 16 : Insalubrité dans la ville de Ouahigouya.................................................................. 74
Figure 17 : Système de stockage et d'élimination des déchets dans un quartier périphérique de
Ouagadougou ....................................................................................................................................... 75
Figure 18 : Habitations dans le village de Teonsgo: porte et fenêtre favorables à la pénétration
des moustiques .................................................................................................................................... 75
Figure 19 : Les animaux, sources d'attraction des moustiques, sont parfois gardés dans la cour
d'habitation .......................................................................................................................................... 75
Figure 20 : Canaris pour l’extraction traditionnelle des noix de karité, gites de moustiques à
l'intérieur de la cour d'habitation ......................................................................................................... 76
Figure 21 : Habitation traditionnelle : construction en banco (terre cuite), toit et porte en paille
............................................................................................................................................................. 76
Figure 22 : Carte du Burkina Faso situant la province de Baam ............................................... 81
Figure 23 : Sources d’information sur les moyens de prévention contre le paludisme d’après
les résultats de notre questionnaire .................................................................................................... 84
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Figure 24 : Contenu du message de prévention entendu d'après les résultats de notre
questionnaire ....................................................................................................................................... 85
Figure 25 : Mesures d’assainissement du cadre de vie connues d’après les résultats de notre
questionnaire ....................................................................................................................................... 86
Figure 26 : La vision de l'impact de l'assainissement du cadre de vie sur le paludisme selon les
personnes questionnées dans notre enquête ...................................................................................... 89
Figure 27 : Types de toilettes utilisées par les ménages par milieu de résidence .................... 95
Figure 28 : Indicateurs de suivi de la lutte antipaludique ........................................................ 97
Figure 29: Facteurs environnementaux et domestiques pouvant influencer la densité des
vecteurs du paludisme à l’intérieur des maisons ............................................................................... 103
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Table des tableaux
Tableau 1 : Estimation de la population burkinabe de 2016 à 2020 ........................................ 25
Tableau 2 : Quelques indicateurs de santé au Burkina Faso de 2014 à 2018 .......................... 32
Tableau 3 : Principaux motifs de décès dans les formations sanitaires des districts en 2018.. 33
Tableau 4 : Liste des médicaments essentiels établie par l’OMS pour le traitement curatif du
paludisme de l’adulte (WHO, 2019) ..................................................................................................... 44
Tableau 5 : Liste des médicaments essentiels établie par l’OMS pour le traitement curatif du
paludisme chez l’enfant (WHO, 2019) .................................................................................................. 46
Tableau 6 : Posologie de la combinaison fixe d’artéméther et de luméfantrine par voie orale
(MS, 2017) ............................................................................................................................................ 48
Tableau 7 : Posologie de la combinaison d’artésunate et d’amodiaquine par voie orale selon
les dosages en prise unique (MS, 2017) ............................................................................................... 49
Tableau 8 : Posologie de la combinaison fixe de dihydroartémisinine et de piperaquine selon
le dosage (MS, 2017) ............................................................................................................................ 49
Tableau 9 : Liste des médicaments essentiels établie par l’OMS concernant la chimio-
prévention chez l’adulte ....................................................................................................................... 57
Tableau 10 : Liste des médicaments essentiels établie par l’OMS concernant la chimio-
prévention du paludisme chez l’enfant ................................................................................................ 57
Tableau 11 : Priorités et orientations du pnlp 2016-2020 ....................................................... 65
Tableau 12 : Difficultés rencontrées par la population dans l’utilisation des moyens de
prévention recommandés par le PNLP et /ou par l’OMS. .................................................................... 88
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Sigles et abréviations
ACT : Artemisinin-based Combination Therapies : (Combinaisons Thérapeutiques à base
d’Artémisinine)
AMM : Autorisation de Mise sur le Marché
AS : Annuaire Statistique
BF : Burkina Faso
CAMEG : Centrale d’Achat de Médicaments Essentiels Génériques et des consommables
médicaux
CCC : Communication pour le Changement de Comportement
CEDEAO : Communauté Economique Des Etats de l’Afrique de l’Ouest
CNRFP : Centre National de Recherche et de Formation sur le Paludisme
CPS : Chimio-prévention du paludisme Saisonnier
CRAT : Centre de Référence sur les Agents Tératogènes
CSPS : Centre de Santé et de Promotion Sociale
DTC-HepB-Hib : Diphtérie, Tétanos, Coqueluche, Hépatite B, Haemophilus influenzae b
EIPBF : Enquête sur les Indicateurs du Paludisme au Burkina Faso
EMC : Enquête Multisectorielle Continue
ERI-ESI : Enquête Régionale Intégrée sur l’Emploi et le Secteur Informel
FAO : Food and Agriculture Organization
FCFA : Franc de la Communauté Financière Africaine (ou Franc des Colonies Françaises
d’Afrique)
FE : Femme Enceinte
GSK : GlaxoSmithKline
HCSP : Haut Conseil de la Santé Publique
IDH : Indice de Développement Humain
INSD : Institut National de la Statistique et de la Démographie
IRSS : Institut de Recherche en Science de la Santé
LAL : Lutte Anti-larvaire
MATDCS : Ministère de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et de la Cohésion
Sociale
MEA : Ministère de l’Eau et de l’Assainissement
MECV : Ministère de l’Environnement et du Cadre de Vie
MEF : Ministère de l’Economie et des Finances
MIILDA : Moustiquaires Imprégnées d’Insecticide à Longue Durée d’Action
MS : Ministère de la Santé
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OGM : Organisme Génétiquement Modifié
OMS : Organisation Mondiale de la Santé
ONEA : Office National de l’Eau et de l’Assainissement
ONG : Organisations Non Gouvernementales
ONU : Organisation des Nations Unies
P. : Plasmodium
PIB : Produit Intérieur Brut
PID : Pulvérisation Intra-domiciliaire
PNDS : Plan National de Développement Sanitaire
PNLP : Programme National de Lutte contre le Paludisme
PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement
PSN : Plan Stratégique National
PSNA : Politique et Stratégie Nationales d’Assainissement
PSNLCP : Plan Stratégique National de Lutte Contre le Paludisme
RCP : Résumé des Caractéristiques du Produit
RGPH : Recensement Général de la Population et de l’Habitat
SP : Sulfadoxine-Pyriméthamine
TDR : Test de Diagnostic Rapide
TPI : Traitement Préventif Intermittent
UEMOA : Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine
UNICEF : United Nations of International Children’s Emergency Fund (Fonds international de
secours à l’enfance des Nations Unies).
VIH : Virus de l’Immunodéficience Humaine
VPO : Vaccin Polio Oral
WHO : World Health Organization
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« UNITE – PROGRES - JUSTICE »
Devise nationale du Burkina Faso
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Introduction
Le profil épidémiologique du Burkina Faso est marqué, depuis plusieurs décennies, par
le paludisme qui reste, tous âges confondus, le premier motif de consultation, d’hospitalisation
et de décès (Ministère de la Santé (MS), annuaire statistique 2018, 2019). En 2020, 11 millions
de cas de paludisme et environ 4 mille décès ont été enregistrés au Burkina Faso (Gansagne
S., 2021).
Malgré les multiples efforts étatiques, collectifs et individuels, les défis en matière de
lutte contre les maladies endémo-épidémiques avec le paludisme à la tête, restent encore
nombreux à relever. Le contrôle et l’éradication du paludisme passent nécessairement par la
prise de mesures préventives par les autorités politiques et sanitaires. La prise de ces
mesures, pour être efficace, doit se faire en collaboration avec, à la base, les communautés.
Celles-ci vivent au quotidien les méfaits de l’épidémie du paludisme et sont censées mettre en
pratique les premières mesures barrières contre la transmission du paludisme.
Le Burkina Faso possède un Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP)
depuis 1991. Ce programme est renouvelé tous les 5 ans. Il donne les grandes mesures
préventives contre le paludisme.
Des travaux et recherches ont été faits afin de contribuer à l’effort national de lutte
contre le paludisme.
Le présent travail a pour objectif de contribuer à l’effort communautaire de prévention
et de lutte contre le paludisme en promouvant spécifiquement l’assainissement du cadre de
vie, afin de réduire l’incidence du paludisme au Burkina Faso. Cette mesure préventive est
présente dans le PNLP, mais il nous semble qu’elle reste non encore suffisamment mise en
œuvre. Elle constitue, à notre sens, la première mesure barrière contre le paludisme au niveau
communautaire. Cela nécessite une prise de conscience collective et individuelle du risque
palustre encouru à travers les activités et comportements anthropiques à risque.
La population burkinabè, vivant surtout en milieu rural, est-elle suffisamment
consciente que ses attitudes et pratiques, ainsi que son environnement ont un impact
important sur l’épidémie du paludisme ? Est-elle assez sensibilisée et informée de l’impact de
l’assainissement de son environnement sur la transmission vectorielle du paludisme ? Est-elle
suffisamment mise au courant des mesures préventives contenues dans le PNLP ? Le but de
notre questionnaire est d’essayer de recueillir des réponses à ces questions auprès des
communautés.
L’éducation de la population burkinabè en la matière semble être un élément clef pour
atteindre notre objectif, afin d’apporter notre contribution à la lutte contre le paludisme au
Burkina Faso.
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I. Généralités sur le Burkina Faso et le paludisme
I.1. Le Burkina Faso
I.1.1. Géographie, climat et saison
Le Burkina Faso est un pays enclavé à climat subtropical de type soudano-sahélien,
chaud et sec. Situé au cœur de l’Afrique de l’Ouest, il s’étend sur une superficie totale d’environ
274 960 km². C’est un pays sans littoral, situé au sud du Sahara dans la boucle du fleuve
Niger. Il est limité au nord et à l’ouest par le Mali, au sud par la Côte d’Ivoire, le Ghana, le
Togo, le Bénin, et à l’est par le Niger (Figure 1) (MS, PNLP 2016-2020, 2016). Sa frontière sud
avec la Côte d’Ivoire se situe à 600 km de la côte Atlantique.
FIGURE 1 : SITUATION GEOGRAPHIQUE DU BURKINA FASO
Source : http://e-sushi.fr/tag/burkina-faso-afrique
Le Burkina Faso connait 2 principales saisons d’alternance inégale : une longue saison
sèche qui s’étale de novembre à mai, et une courte saison pluvieuse qui se situe de juin à
octobre. La durée de ces 2 saisons varie encore à l’intérieur du pays en fonction de la situation
géographique. La saison pluvieuse est, par exemple, encore beaucoup plus courte au nord du
pays qu’au sud. L’harmattan, vent poussiéreux, chaud et sec souffle pendant la saison sèche,
tandis que la moyenne des pluviométries annuelles varie entre 350 mm au nord et plus de
1000 mm au sud-ouest.1
1
http://www.burkina-faso.ca/climat-du-burkina-faso/ consulté le 21/07/2020
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On note une forte recrudescence du paludisme pendant la saison des pluies, alors que
le développement des maladies respiratoires et de quelques maladies endémiques comme la
rougeole ou la méningite est observé pendant la saison sèche.2
La température varie entre 16°C et 45°C durant l’année (MS, PNLP 2016-2020, 2016).
Avec les changements climatiques de ces dernières années, il arrive d’enregistrer des
hausses de température journalière au-delà de 45°C au nord du pays.
I.1.2. Végétation
Le Burkina Faso se divise généralement en 2 domaines phytogéographiques (MECV,
2006) : le domaine sahélien au nord et au centre-nord, recouvert en grande partie de steppe ;
et le domaine soudanien qui s’étend du centre au sud dont la végétation se compose
essentiellement de savane arbustive et arborée où on peut rencontrer quelques forêts claires.
La déforestation et la dégradation du couvert végétal sont graduellement remarquables du
centre au sud (MECV, 2006). Le nord étant déjà le Sahel.
A cause des aléas climatiques et des raisons anthropiques, le pays est continuellement
soumis à une dégradation de son cadre environnemental. Cela laisse un terrain favorable à la
prolifération des vecteurs transmetteurs des maladies infectieuses comme le paludisme.
I.1.3. Histoire du Burkina Faso
L’histoire du Burkina Faso est profondément marquée par la colonisation. Nous
pouvons distinguer 3 grandes périodes : pré-coloniale, coloniale et post-coloniale.
I.1.3.1. Périodes pré-coloniale et coloniale
Avant la colonisation, le territoire actuel du Burkina Faso (ex Haute-Volta, en référence
à sa position par rapport au fleuve Volta) était occupé par plusieurs royaumes dont les plus
puissants étaient les royaumes mossi.
Quelques dates importantes ont marqué l’histoire du peuple burkinabè :
● Le 1er mars 1919 : création par décret de la colonie de la Haute-Volta par le colon
français. Ce décret regroupait les entités de Gaoua, Bobo-Dioulasso, Ouagadougou, Dori,
Dédougou, Say et Fada Gourma. Après 13 ans d’existence, la colonie fut démembrée pour
des raisons économiques (colonie pauvre, sans ressource) et partagée avec d’autres colonies
voisines : la Côte d’Ivoire, le Niger et le Soudan.
● En 1945 : résistance du Mogho Naaba Saaga II (roi des mossi) pour l’autonomie de
la Haute-Volta.
● Le 4 septembre 1947 : réunification de la Haute-Volta dans ses frontières actuelles.
● Le 5 août 1960 : proclamation de son indépendance. Maurice Yaméogo fut élu
comme premier président de la première République de la Haute-Volta.
2
Ministère de la santé (MS) : Politique nationale en matière d’hygiène publique, 2004
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I.1.3.2. Période post-coloniale
Cette période fut marquée par des instabilités politiques et militaires qui se sont
traduites par des pouvoirs d’exception, surtout de 1980 à 1987, et par la succession de 4
républiques. La dernière république est celle de 1991.
En octobre 2014, une révolution populaire chassa du pouvoir le président Blaise
Compaoré qui avait accédé au pouvoir par un coup d’Etat le 15 octobre 1987.
I.1.3.3. De la Haute-Volta au Burkina Faso
Le 4 août 1984, Thomas Sankara (Président de 1982 à 1987) changea le nom du pays.
La Haute-Volta est renommée alors Burkina Faso. Ce nom composé est tiré de deux dialectes
du terroir : « Burkina » en mooré qui signifie « homme intègre » et « Faso » en dioula qui
signifie « terre ou pays ». Burkina Faso se traduit donc par « Pays des hommes intègres ».
Le gentilé du Burkina Faso au masculin et au féminin est « burkinabè » ou
« burkinabé » ; l’un et l’autre sont invariables en genre et en nombre (Constitution du Burkina
Faso, 1991).
I.1.4. Caractéristiques sociodémographiques
Le Burkina Faso est un Etat démocratique peuplé d’environ 21,5 millions d’habitants
en 2020 (INSD, 2020)3. Le tableau ci-dessous montre l’évolution en nombre de la population
burkinabè durant les 5 dernières années (Tableau 1).
TABLEAU 1 : ESTIMATION DE LA POPULATION BURKINABE DE 2016 A 2020
Années 2016 2017 2018 2019 2020
Population 19 034 397 19 632 147 20 244 079 20 870 060 21 478 529
Source : MS, PNLP 2016-2020, 2016
Selon la même source, le taux d’accroissement naturel de la population était de 3,1%
en 2020 avec une densité assez stable de 69,7 habitants/km² depuis 2016. Les femmes
représentant 51,4% de la population totale.
Selon l’OMS, la population burkinabè est caractérisée par « son extrême jeunesse ».
En effet, les moins de 15 ans représentent 47% de la population totale. La même organisation
internationale estime à 60 ans l’espérance de vie à la naissance (OMS, 2017). La majorité de
la population est rurale, environ 77% et un taux d’urbanisation autour de 23%. Au sein de cette
population, plus de 80% dépendent essentiellement de l’agriculture de subsistance (OMS,
2017).
Le taux de mortalité des moins de 5 ans en 2020 est estimé à 129/1000 (INSD, 2020).
Cette tranche d’âge de la population burkinabè est la plus exposée au paludisme.
En 2018, le taux d’alphabétisation des 15 ans et plus, dans n’importe quelle langue, au
niveau national, était de 34,7%, avec plus d’hommes (42,4%) que de femmes (28,1%) (INSD,
ERI-ESI, 2018). Cela montre que le niveau d’instruction de la population est faible.
3
www.insd.bf/n/ consulté le 21/09/2020
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On constate une migration interne saisonnière des régions les plus arides (le nord) vers
les régions les plus fertiles (le sud). Depuis 2014, les flux migratoires interne et externe ont
visiblement augmenté à cause des crises socio-politiques et de l’insécurité due à la montée
du terrorisme. Cela contribue également à la propagation et au non contrôle des maladies
infectieuses et augmente le risque d’exposition sociale aux maladies transmissibles.
I.1.5. Subdivisions administratives
Le territoire national est subdivisé en 13 régions, 45 provinces, 350 départements, 351
communes dont 49 sont dites urbaines et 302 rurales, et 8 895 villages (Figure 2) (MS, PNLP
2016-2020, 2016).
Le 2 juin 1991, le pays s’est doté d’une Constitution qui garantit la liberté du citoyen
burkinabè et promeut la démocratie. Des efforts sont également faits depuis son indépendance
le 5 août 1960 pour la promotion de l’Etat de droit, la bonne gouvernance et en matière de
décentralisation territoriale et administrative. Cela constitue un cadre législatif favorable à la
mise en œuvre de plusieurs programmes sanitaires nationaux et internationaux.
FIGURE 2 : CARTE DES 13 REGIONS DU BURKINA FASO
Sources : http://pasd-burkina.org/wp-content/uploads/2016/07/carte_burkina-2.png
I.1.6. Situation économique
Selon le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), le Burkina
Faso occupe le 182ème rang/189 pays au niveau mondial avec un Indice de Développement
Humain (IDH) de 0,434 en 2018 (PNUD, 2019). Cette faible catégorie de l’IDH fait du pays,
l’un des moins avancés au monde.
La devise monétaire du pays est le franc CFA. Depuis sa mise en place en décembre
1945, l’acronyme CFA a changé 3 fois de signification. D’abord, franc des « Colonies
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Françaises d’Afrique » entre 1945 et 1958 ; puis franc de la « Communauté Française
d’Afrique » entre 1958 et 1960 ; il signifie actuellement franc de la « Communauté Financière
Africaine ». Le franc CFA est arrimé à l’euro (1 euro correspond à 655,95 francs CFA).
Depuis 2015, le franc CFA a suscité de vives critiques par certains économistes et
dirigeants africains et a soulevé des manifestations populaires anti-franc CFA dans la zone
CFA en Afrique de l’Ouest. Des réformes sont actuellement en cours sur la monnaie qui devrait
s’appeler bientôt Eco.
Le Produit Intérieur Brut (PIB) du pays en 2019 était estimé à 15,7 milliards de dollars,
soit 774,8 dollars/habitant, avec une croissance annuelle de 5,7%. (Banque mondiale, 2019).
Selon un rapport de l’Institut National de la Statistique et de la Démographie (INSD) publié en
2015, 40,1% de la population totale vit en dessous du seuil de pauvreté nationale qui était, en
2014, de 154 061 francs CFA/personne/an, soit 422 francs CFA/personne/jour, ce qui
correspond à 0,64 euros/personne/jour.
Cette économie très fragile repose principalement sur l’agriculture (17,9% des terres)
et sur l’élevage (39% des terres) qui dépendent beaucoup des aléas climatiques et
pluviométriques annuels. Le secteur agro-pastoral contribue pour près de 40% au PIB. Les
principales cultures de consommation sont le mil, le sorgho, le maïs, le riz et l’arachide. Le
coton est principalement cultivé pour l’exportation (INSD, EMC, 2015).
I.1.7. Réseau hydrographique
L’essentiel des ressources en eau du pays provient des pluies qui sont inégalement
réparties entre les années et entre les régions. Les eaux pluviales sont principalement
drainées par 4 bassins hydrographiques nationaux qui sont les bassins de la Comoé, du Niger,
du Nakambé et du Mouhoun. Ces 4 bassins drainent en moyenne 8,6 milliards de m³ d’eau de
surface par an (MECV, 2005). Le Burkina Faso compte également plus de 1400 barrages
(MECV, 2005). La plupart de ces retenues d’eau se dessèchent pendant la longue saison
sèche, exposant une bonne partie du pays à la sécheresse.
I.1.8. Ethnies, langues nationales et religions
Le Burkina Faso regroupe une grande diversité culturelle et ethnique. On y dénombre
plus de 60 ethnies, chacune avec son dialecte. Les mossi (ou moose)4 constituent l’ethnie
majoritaire (plus de 50% de la population). Le dialecte parlé par les mossi s’appelle le mooré.
Trois dialectes ont le statut de langues nationales. Il s’agit du mooré, le dioula et le foulfoudé
(ou fulbé). La langue officielle est le français. Elle est parlée dans les écoles, les universités et
dans les services administratifs.
Il existe une bonne entente entre les ethnies en général et cela se traduit bien à travers
les multiples parentés à plaisanterie 5 entre les groupes ethniques repartis sur le territoire
national (Figure 3).
4
Le singulier de mossi ou moose est moaga.
5
La parenté à plaisanterie est une pratique sociale au Burkina Faso et dans d’autres pays africains qui
permet à des ethnies ayant des liens de parenté éloignés de se moquer verbalement sans conséquence. Cela
permet un certain rapprochement entre les classes d’âge ou entre les différentes catégories sociales.
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FIGURE 3 : PRINCIPAUX GROUPES ETHNIQUES AU BURKINA FASO
Source : https://www.zoodo-asso.org/blog/2012/01/17/lanalphabetisme-au-burkina-
faso/
L’Islam est la religion majoritaire avec 60,5% de la population. Le Catholicisme
représente 19%, la religion traditionnelle ou l’animisme représente 15,3% et le protestantisme
représente 4,2%. Seulement 0,4% de la population se déclare sans religion (MEF, RGPH
2006). Il existe également une bonne entente entre les religions, ce qui explique un bon
dialogue social. A titre d’exemple, dans une même grande famille, les membres de la fratrie
peuvent appartenir à des religions différentes, tout en habitant toujours sous le même toit.
Cependant, depuis 2014, le terrorisme qui sévit dans le pays tente de briser cet équilibre
social, ethnique et religieux d’antan.
I.1.9. Situation politique
Le Burkina Faso est une République démocratique laïque. Il possède une Constitution
dont la dernière en date est celle de 1991. Le pays a connu des troubles politiques en 2014
qui ont conduit à la démission du Président Blaise Compaoré après 27 ans au pouvoir. Roch
Marc Christian Kaboré fut démocratiquement élu Président le 29 Décembre 2015. Il fut réélu
en novembre 2020 avec 57% du suffrage national. Accusé d’être incapable de prendre des
mesures nécessaires pour lutter contre l’avancée du terrorisme dans le pays, il fut renversé
par un coup d’Etat militaire le 24 janvier 2022. Depuis son indépendance, le Burkina Faso a
connu 4 régimes constitutionnels et 8 régimes d’exception.
Avec l’adoption de la dernière Constitution, le Burkina Faso s’est lancé dans un
processus de décentralisation. En effet, ladite Constitution stipule à son article 143 que « le
territoire du Burkina Faso est organisé en collectivités territoriales ». La législation burkinabè
reconnaît et organise « la participation des populations à la libre administration des
collectivités territoriales ». La Constitution garantit la liberté et l’égalité entre les peuples.
L’article 37 fixe le mandat présidentiel à 5 ans renouvelable une fois. La révolution
populaire menée avec succès en 2014, s’opposait à la modification de cet article et réclamait
le maintien de la limitation des mandats présidentiels.
Depuis le coup d’Etat mené par l’armée le 24 janvier 2022, le Burkina Faso est sous
régime d’exception. Le Lieutenant-Colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba est à la tête de la
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junte militaire et préside le Mouvement Patriotique pour la Sauvegarde et la Restauration
(MPSR) (Franceinfo : Afrique, 2022).
La capitale politique et administrative du Burkina Faso est Ouagadougou.
I.1.10. Sites aurifères
L’exploitation artisanale de l’or (orpaillage) au Burkina Faso était une réalité bien avant
la colonisation. Durant cette dernière décennie, on remarque de plus en plus une exploitation
industrielle des sites de mines d’or un peu partout dans le pays. En 2018, sur les 13 mines
industrielles du pays, on comptait 12 mines d’or et une mine de zinc. L’exploitation minière
industrielle est faite, dans la plupart des cas, par des sociétés minières étrangères installées
dans le pays. L’orpaillage pratiqué par les indigènes génère des ressources financières pour
leur subsistance. En 2017, on estimait à 8,3% la contribution de l’exploitation minière au PIB
national (Franza D. et al., 2018). L’or est le premier produit d’exportation du pays (Ministère
de l’Europe et des Affaires étrangères, 2020).
L’exploitation des sites aurifères au Burkina Faso, qu’elle soit traditionnelle ou
industrielle, a un impact important à prendre en compte sur l’environnement et sur la santé
publique. Elle contribue à la destruction du couvert végétal, à la dégradation de la qualité des
eaux de surface et des nappes phréatiques (Franza D. et al., 2018) et à la pollution de l’air. En
outre, les permis d’exploitation minière obtenus par les sociétés étrangères auprès de l’Etat
burkinabè deviennent sources de conflits permanents entre l’Etat, les collectivités territoriales
et la population indigène. Les populations voient parfois leur terre confisquée et confiée à des
sociétés minières dont l’activité ne fait que détériorer l’environnement et n’apporte pas de
retombée bénéfique aux habitants de la localité (Konkobo H. et Sawadogo I., 2020).
I.1.11. Terrorisme et exode rurale
Le Burkina Faso est l’un des pays les plus exposés à l’insécurité au Sahel. Il est victime,
depuis 2015, d’attaques terroristes incessantes. Le terrorisme est cause d’immigration interne.
De 2016 à 2020, les attaques terroristes ont causé la mort de plus de 1600 personnes et ont
occasionné plus d’un million de déplacés internes (Napon M., 2020). La plupart des personnes
déplacées fuient les villages situés au nord du pays, en proie aux attaques des groupes
terroristes. Cette situation d’insécurité engendre des problèmes de santé publique liés à la
famine, au risque d’exposition à des maladies endémiques et épidémiques et rend encore
beaucoup plus difficile pour la population l’accessibilité aux structures de santé dans les zones
touchées. En mars 2019, le bureau de coordination de l’ONU pour les affaires humanitaires
(OCHA) estime à environ 170 500 personnes le nombre des déplacés internes (Figure 4). Les
régions les plus touchées sont le Sahel, le Nord, le Centre-Nord et l’Est (ONU-Office for the
Coordination of Humanitarian Affairs, 2019).
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FIGURE 4 : NOMBRE DE DEPLACES INTERNES PAR REGION DE JANVIER A MARS 2019
Source : OCHA, 2019
Membre des Etats du G5 Sahel, le Burkina Faso participe à la lutte contre le terrorisme
dans le Sahel avec le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad depuis 2017 (Ministère de
l’Europe et des Affaires étrangères, 2020). Ces pays sont appuyés par des forces militaires
internationales composées majoritairement par les forces armées françaises.
I.1.12. Situation sanitaire
Le système national de santé a été mis en place depuis le temps des indépendances
en 1960. Il se fonde entre autres sur l’équité, la justice sociale, la solidarité, l’éthique, le respect
de l’identité culturelle des communautés et les droits des patients (MS, PNDS, 2011). Le
premier programme national sanitaire a été élaboré en 1979 pour la période de 1980 à 1990
(MS, Politique Pharmaceutique, 2012).
I.1.12.1. Des structures de santé et de l’organisation du système sanitaire
Le ministère de la santé au Burkina Faso mène la politique nationale de la santé qui se
décline sur 10 ans à travers un Plan National de Développement Sanitaire (PNDS) qui fait lui-
même partie du Plan National de Développement Economique et Social (PNDES). Les PNDS
donnent les grandes orientations en matière de santé au niveau national. Le but des PNDS
est de contribuer au bien-être de la population à travers l’amélioration de l’état de santé et de
lutter contre les problèmes de santé qui entravent le développement socio-économique du
pays (MS, PNDS 2011). La mise en œuvre des 2 derniers PNDS, à savoir celui de 2000 à
2010 et celui de 2011 à 2020, a déjà permis d’obtenir « des résultats significatifs en termes de
la couverture, de la qualité et de l’utilisation des services préventifs et curatifs » (MS, PNDS
2011) ainsi que dans la prise en charge de la santé de la mère et de l’enfant. Par exemple,
une baisse du taux de létalité liée au paludisme grave chez les enfants de moins de 5 ans a
été constatée entre 2012 (2,7%) et 2014 (1,4%) (Banque africaine de développement, 2017).
Dans le domaine des services administratifs et techniques, le Burkina Faso compte 3
niveaux d’organisation de son système de santé (Figure 5) (MS, OMS, BF, 2017).
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Le premier niveau est dit central et comprend les services centraux regroupés au sein
du ministère de la santé et du secrétariat général de la santé.
Le second niveau est dit intermédiaire et regroupe les 13 Directions Régionales de la
Santé (DRS).
Le troisième niveau est dit périphérique et est composé de 70 districts sanitaires qui
sont les entités opérationnelles du système administratif national de santé (MS, OMS, BF,
2017).
FIGURE 5 : ORGANISATION DE LA SANTE AU BURKINA FASO (NANGA C. ET AL., 2017)
Dans le domaine de l’offre des soins, il existe des structures publiques supplées par
des structures privées. Les structures publiques s’organisent autour de 3 niveaux.
Le niveau primaire comprend les Centres Médicaux (CM), les Centres Médicaux avec
Antenne chirurgicale (CMA), les Centres de Santé et de Promotion Sociale (CSPS), les
dispensaires et les maternités isolées.
Le niveau secondaire sert de référence pour le niveau primaire et se compose des
Centres Hospitaliers Régionaux (CHR). Ce niveau secondaire se réfère au niveau tertiaire qui
est constitué par les Centres Hospitaliers Universitaires (CHU) (MS, OMS, BF, 2017).
Les structures privées se composent de cliniques, de cabinets médicaux et d’autres
structures informelles qui contribuent à étendre l’offre des soins à la population. Le ministère
de la santé reconnait également la pharmacopée et la médecine traditionnelle.
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En 2018, il y avait 533 structures privées de soins regroupées principalement dans les
2 grandes villes du pays, à savoir Ouagadougou et Bobo-Dioulasso (MS, BF, 2019).
Le tableau suivant (Tableau 2) fait un récapitulatif des effectifs démographiques, du
nombre des infrastructures, des ressources financières et humaines en matière de santé de
2014 à 2018.
TABLEAU 2 : QUELQUES INDICATEURS DE SANTE AU BURKINA FASO DE 2014 A 2018
Source : MS, annuaire statistique de santé, 2018
I.1.12.2. De la situation sanitaire actuelle
La situation sanitaire reste fragile au Burkina Faso pour de multiples raisons. Les
femmes enceintes et les enfants constituent les personnes les plus vulnérables.
Le taux brut de mortalité reste élevé. Ce taux était de 11,8/1000 pour l’ensemble de la
population en 2006. En 2010, celui de la mortalité infantile était de 65/1000 et de 129/1000
pour les moins de 5 ans (INSD, 2020).
Malgré les efforts déjà faits qui ont produit des résultats remarquables, le profil
épidémiologique du Burkina Faso reste marqué par des épidémies à forte charge de morbidité.
Les principales causes de morbidité et de mortalité sont le paludisme, les infections
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respiratoires aigües, la malnutrition, les maladies diarrhéiques, etc. (Tableau 3). Ces maladies
sont pour la plupart liées à l’hygiène, à l’environnement et au cadre de vie.
TABLEAU 3 : PRINCIPAUX MOTIFS DE DECES DANS LES FORMATIONS SANITAIRES DES DISTRICTS EN 2018
Source : MS, annuaire statistique de santé, 2018
En 2018, le paludisme grave était le premier motif de décès dans les formations
sanitaires des districts avec 16,4% des décès. Il était aussi en 2018, à la tête de la liste des
motifs de consultations externes dans les formations sanitaires de base et le premier motif
d’hospitalisation dans les centres médicaux et hospitaliers avec respectivement 41,3% et
21,4% (Tableau 3).
Des efforts restent donc à faire dans la lutte contre le paludisme, surtout en matière de
prévention et d’éducation.
Depuis 2014, la dégradation de la situation sécuritaire affecte gravement la situation
sanitaire déjà fragile. A cela s’ajoute la pandémie de la Covid-19 depuis mars 2020. Celle-ci a
fait reculer le PIB du pays « de 6,6% au premier trimestre 2020 » (Ministère de l’économie,
des Finances et du Développement, 2020).
I.1.12.3. Des difficultés rencontrées dans la situation sanitaire
Les difficultés que rencontre le système de santé dans l’organisation et dans l’offre des
soins sont multiples. Ces difficultés sont entre autres :
l’extrême pauvreté de la majorité de la population. La pauvreté financière fait
qu’une grande partie de la population renonce aux soins et préfère se soigner
traditionnellement sans se rendre dans un centre de santé,
l’inégalité de répartition territoriale dans l’offre des soins,
le manque de structures sanitaires et leur sous-équipement,
la distance entre les structures de santé et les villages. En 2018, plus de 21%
de la population parcourait plus de 10 km, à pieds ou à vélo, pour se rendre
au centre de santé le plus près de leur domicile (MS, 2019),
le manque de personnel et des agents de santé,
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le manque de moyen financier pour la mise en route des programmes de
santé,
le manque d’information, d’éducation sanitaire et d’instruction de la
population,
la difficulté d’importation des médicaments par la Centrale d’Achat de
Médicaments Essentiels Génériques et des consommables médicaux
(CAMEG) et par les grossistes privés. Selon l’OMS en 2014, le score moyen
de disponibilité des médicaments de base était en dessous de 40%,
les fortes circulations des médicaments contrefaits dans le territoire national.
I.1.12.4. Priorités actuelles en matière de santé selon le PNDS 2021-2030
L’objectif général de ce plan est de contribuer à l’amélioration de l’état de santé de la
population. Il définit 9 priorités en matière de santé :
- le renforcement de la collaboration intersectorielle et l’amélioration du système de
gouvernance et des prestations sanitaires,
- la lutte contre la forte charge de morbidité et la surmortalité maternelle et infantile,
- la résolution du problème de la sécurité et de la qualité alimentaire et nutritionnelle,
- la gestion du problème des ressources humaines,
- le manque de produits de santé (problème d’approvisionnement),
- l’insuffisance des infrastructures de santé et leur modernisation,
- l’accroissement de la performance du système d’information sanitaire,
- la recherche en matière de santé,
- l’augmentation et la bonne gestion des ressources financières de la santé.
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I.2. Le Paludisme
Le paludisme est une parasitose humaine causée par un hématozoaire du genre
Plasmodium (P.). Il est transmis à l’homme par la piqûre d’un moustique du genre Anopheles,
porteur du parasite. Selon le rapport 2020 sur le paludisme dans le monde, le nombre de cas
était estimé à 229 millions et le nombre de décès à environ 410 mille (OMS, 2020).
La carte ci-dessous (Figure 6) montre la distribution du paludisme dans le monde selon
l’OMS. Sur cette carte, le Burkina Faso est situé dans la zone à très haut risque de paludisme.
FIGURE 6 : DISTRIBUTION DU RISQUE DU PALUDISME DANS LE MONDE
Source : https://www.itg.be/Files/docs/Reisgeneeskunde/MalariaWorld2019.jpg
I.2.1. Biologie des vecteurs transmetteurs du paludisme : le genre Anopheles
Les anophèles font partie de la classe des Insecta, de l’ordre des Diptera, de la famille
des Culicidae, du genre Anopheles (Carnevale P. et Robert V., 2009). Il existe environ 500
espèces d’anophèles dont une soixantaine est capable, par la femelle hématophage, d’assurer
la transmission du Plasmodium à l’homme (Carnevale P. et Robert V., 2009). Selon une
enquête menée en 2018, les vecteurs majoritairement rencontrés au Burkina Faso restent
toujours Anopheles gambiae s.l. et Anopheles funestus (INSD, 2018). Ils sont caractérisés par
leur comportement et leur cycle biologique généralement similaire avec quelques particularités
selon les espèces.
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I.2.1.1. Cycle biologique de l’anophèle
Carnevale et Robert (2009) résument le cycle biologique des anophèles en 2 phases
(Figure 7) : la phase aquatique et la phase aérienne qui inclut le cycle gonotrophique.
FIGURE 7 : CYCLE DE DEVELOPPEMENT DES ANOPHELES SELON CARNEVALE ET ROBERT, 2009
I.2.1.1.1. Phase aquatique
La phase aquatique ou pré-imaginale correspond à la période d’accroissement. Elle
débute avec la ponte dans l’eau par l’anophèle de 50 à 300 œufs en forme allongée mesurant
environ 0,5 mm. Elle dure le plus souvent 3 semaines, mais reste variable selon les espèces
et les conditions du gîte de ponte. Les œufs vont éclore 1 à 2 jours après la ponte pour donner
des larves qui évoluent en 4 stades (L1, L2, L3, L4) (Figure 7). La larve d’anophèle comporte
une tête, un thorax et un abdomen. Elle se distingue de la larve d’autres insectes par l’absence
de pattes et sa disposition parallèle sous la surface de l’eau. La larve au stade L4 commence
une métamorphose interne pour donner la nymphe. Sur cette dernière étape de la phase
aquatique, on peut remarquer 2 trompettes respiratoires situées sur le céphalo-thorax de la
nymphe. Au bout de 2 à 3 jours, la nymphe évolue pour donner l’imago (forme adulte) qui
émergera de son gîte aquatique (Carnevale P. et Robert V., 2009).
I.2.1.1.2. Phase aérienne
La phase aérienne ou imaginale correspond à la vie des anophèles adultes (Figure 7).
La durée de vie de l’anophèle varie entre 3 à 4 semaines. Elle est caractérisée par la recherche
de nourriture (jus sucrés, nectars et autres sécrétions végétales) pour le mâle comme pour la
femelle, par la copulation qui commence généralement dans l’air pendant le vol et se termine
parfois au sol, et par le repos le jour dans les maisons ou en dehors des maisons dans des
endroits sombres et peu visibles. Il est important de noter que seule la femelle est
hématophage. En plus du jus sucré, elle se nourrit aussi du sang (humain ou animal) qui va
permettre le développement de ses ovaires (Carnevale P. et Robert V., 2009).
Le cycle gonotrophique ou trophogonique est spécifique à la femelle. Il peut durer 2 à
quelques jours (Duvallet G. et al., 2017). C’est le temps qui sépare 2 repas sanguins. Il
comporte 3 phases qui sont successivement la recherche d’un vertébré (homme ou animal)
par la femelle pour un repas sanguin, la prise du sang par piqûre suivie de la digestion qui se
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fait au profit de la maturation des follicules ovariens, et la recherche d’un endroit propice à la
ponte. La copulation se fait généralement une seule fois durant la vie de la femelle, mais le
cycle gonotrophique peut se répéter jusqu’à 8 fois pour anopheles gambiae, espèce
prédominante en Afrique Sub-sahélienne (Carnevale P. et Robert V., 2009).
Le bon déroulement de ces 2 grandes phases aquatique et aérienne du cycle
biologique dépend des facteurs environnementaux dans lesquels vivent les anophèles. La
connaissance donc de leur écosystème nous parait importante pour agir efficacement dans la
lutte préventive contre le paludisme.
I.2.1.2. Caractéristique comportementale et écosystème de l’anophèle
La connaissance du comportement du moustique et de son écosystème permet
d’éduquer la population, particulièrement celle de la zone rurale, à prendre conscience de
l’impact de l’environnement sur la transmission du paludisme.
I.2.1.2.1. Caractéristique comportementale
Les anophèles sont dits zoophiliques lorsqu’ils ont une préférence pour piquer les
animaux ; ceux ayant une attirance pour l’homme sont dits anthropophiliques. Les anophèles
qui se nourrissent à l’intérieur des maisons sont appelés des endophagiques, par contre, ceux
qui piquent en dehors des maisons sont des exophagiques. L’Anopheles gambiae s.l et
l’Anopheles funestus, espèces les plus impliquées dans la transmission du paludisme au
Burkina Faso, sont dits endophagiques et anthropophiliques (Carnevale P. et Robert V., 2009).
Des études citées par ces auteurs ont montré que le dioxyde de carbone, la sueur
humaine et les odeurs corporelles sont également des puissants facteurs attractifs pour les
anophèles hématophages. Anopheles gambiae aurait 2 fois plus de préférence à piquer une
femme enceinte plutôt qu’une femme non enceinte ; cette attractivité serait même possible à
une dizaine de mètres (Herrera-Varela M. et al., 2014). A propos du comportement agressif
de l’anophèle femelle, des études ont montré que plusieurs espèces piquent
préférentiellement entre 18h et 6h (Hamon J., 1963). A cause de la chaleur, nombreux sont
ceux qui dorment la nuit avec peu d’habit ou parfois sans habit. Ce genre de comportement
augmente encore le risque d’exposition aux piqûres de moustique la nuit.
I.2.1.2.2. Choix de gîte et écosystème
Le choix du site de ponte des œufs reste très variable selon l’espèce et dépend de
plusieurs paramètres physiques, chimiques et olfactifs (Pickett J. A. et Woodcock C. M., 1996).
Les gîtes larvaires sont multiples et peuvent être naturels ou anthropiques : eaux douces, sites
ensoleillés, eaux stagnantes avec ou sans végétation ou matière organique, flaques d’eau
temporaires, marais, marécages, eau propre ou peu polluée, sites anthropiques comme les
barrages, les puits, les trous d’emprunt de terre pour la fabrication des briques, etc. (Carnevale
P. et Robert V., 2009). Ces sites sont plus fréquents en milieu rural qu’en milieu urbain. Ce qui
pourrait justifier la forte prévalence du paludisme en zone rurale qui présente un
environnement moins pollué et donc favorable au développement des larves d’anophèles. La
température optimale pour le développement larvaire se situe autour de 25°C.
Après chaque repas sanguin, la femelle peut rester à l’intérieur de la maison pour se
reposer durant le cycle gonothrophique ; dans ce cas, elle est dite endophilique. Lorsque ce
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repos se passe à l’extérieur de la maison, elle est dite exophilique. La connaissance de ce
type de comportement peut utilement orienter la lutte anti-vectorielle.
La transmission du Plasmodium à l’homme se passe au moment du repas sanguin de
l’anophèle femelle, vecteur du paludisme.
I.2.2. Agent pathogène du paludisme : le genre Plasmodium
I.2.2.1. Les espèces responsables du paludisme chez l’homme
Le Plasmodium (P.) est un protozoaire unicellulaire. Grâce à de multiples études, on
peut de nos jours identifier plusieurs espèces. L’OMS retient 5 espèces pathogènes pour
l’homme (OMS, 2014a). Ces espèces se répartissent inégalement dans les différentes zones
à risques de paludisme.
- Le P. falciparum est le plus incriminé et le plus répandu dans les zones tropicales. Il
est responsable en grande partie des complications et des décès liés au paludisme dans le
monde (OMS, 2014a). Une observation au microscope optique montre que les trophozoïtes
jeunes de cette espèce possèdent un anneau cytoplasmique mince plus ou moins divisé
(Courtioux B., cours de parasitologie 2018). Son cycle d’infection se fait à la température
ambiante supérieure à 20°C ; ce qui est le plus souvent le cas dans les pays de l’Afrique de
l’Ouest. Les autres parasites sont moins mortels même s’ils peuvent avoir une forte morbidité
(Duvallet G. et al., 2017).
- Le P. vivax est le plus rencontré en Amérique du Sud et en Asie. Il est peu présent
sur le continent africain. Cependant, Carnevale et Robert (2009) ont noté dans leurs études
une présence de plus en plus forte de P. vivax en Afrique de l’Est ces dernières années. Il
possède morphologiquement des trophozoïtes avec un anneau cytoplasmique épais et un
gros noyau.
- Le P. malariae est rencontré sporadiquement en Amérique du Sud, en Asie et en
Afrique. Il possède l’une des plus longues parasitoses des 5 espèces, plus de 5 ans (Duvallet
et al., 2017). Il se caractérise, entre autres par ses trophozoïtes qui prennent une forme de
bague épaisse et présentent plusieurs noyaux en rosette au vieillissement.
- Le P. ovale est présent en Afrique Centrale et en Afrique de l’Ouest. Des études
montrent qu’il est génétiquement proche de P. vivax (Duvallet et al., 2017).
- Le P. knowlesi a été découvert en 2008. L’hôte habituel de cette espèce est le singe
macaque. On le retrouve donc à côté des forêts habitées par les grands singes tel qu’en Asie
du Sud-Est. C’est la seule espèce zoonotique à Plasmodium connue pour le moment. A cause
de la déforestation, on remarque une émergence des infections à P. knowlesi chez l’homme
comme cela a été noté en Malaisie (Duvallet G. et al. 2017).
Au Burkina Faso, 3 espèces sont notamment responsables des cas de maladie du
paludisme. Il s’agit de P. falciparum dans plus de 90% des cas. Il est responsable des formes
graves et mortelles, il est présent durant toute l’année (MS, 2016) ; et de P. malariae et P.
ovale dans la minorité des cas ; ils sont responsables du paludisme bénin à la fin de la saison
pluvieuse (Gnémé A. et al., 2013).
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I.2.2.2. Le cycle de développement du parasite et le mode de transmission
Les différentes espèces du Plasmodium ont un cycle de développement assez similaire
même s’il existe quelques différences selon les espèces. Le cycle se déroule en 2 étapes :
l’une chez l’anophèle (hôte définitif) et l’autre chez l’homme (hôte intermédiaire).
I.2.2.2.1. L’étape chez l’anophèle ou phase sexuée
Cette étape correspond au cycle sporogonique. Au cours d’un repas sanguin,
l’anophèle femelle pique un sujet infecté et absorbe des trophozoïtes, des schizontes et des
gamétocytes. Les trophozoïtes et les schizontes sont digérés, tandis que les gamétocytes
poursuivent leur maturité dans le tube digestif de l’anophèle. La fusion (ou conjugaison) à
maturité entre un gamétocyte mâle et un gamétocyte femelle dans l’estomac de l’anophèle
conduit à la formation d’un zygote diploïde. Le zygote évolue en ookinète, œuf mobile d’environ
20 micromètres. Lorsque l’ookinète se fixe sur la paroi externe de l’estomac, il devient
immobile et est appelé oocyste. Durant cette évolution, il y a une caryodiérèse sans
cytodiérèse. La mitose au sein de l’oocyste aboutit au bout de 10 à 14 jours à la formation de
plusieurs milliers de sporozoïtes haploïdes logés dans un sporocyste. La rupture du
sporocyste libère les sporozoïtes qui vont migrer vers les glandes salivaires de l’anophèle.
Des études rapportées par Carnevale montrent qu’environ 10 à 20% des sporozoïtes
atteignent les glandes salivaires. Ils infecteront l’homme lors d’un prochain repas sanguin
(Carnevale P. et Robert V., 2009) (Duvallet G. et al., 2017) (Courtioux B., Cours de
parasitologie, 2018). Selon les conditions climatiques, cette phase peut durer 10 à 40 jours.
I.2.2.2.2. L’étape chez l’homme ou phase asexuée
En piquant l’homme, l’anophèle injecte sa salive contenant des sporozoïtes dans le
derme (Duvallet G. et al., 2017). L’étape humaine se subdivise en 2 phases : hépatique et
érythrocytaire (Carnevale P. et Robert V., 2009).
I.2.2.2.2.1. Phase hépatique ou phase exo-érythrocytaire
Les sporozoïtes injectés sont entraînés par la circulation sanguine. Une partie est
détruite par le système immunitaire, mais certains gagnent les hépatocytes et deviennent des
schizontes. La multiplication cellulaire dans chaque schizonte produit des multitudes de
mérozoïtes. L’éclatement des schizontes libère les mérozoïtes dans la circulation sanguine
entrainant une infection des érythrocytes. Cette phase est généralement asymptomatique et
dure, selon les espèces, 8 à 15 jours (Carnevale P. et Robert V., 2009). Cette durée
correspond au temps d’incubation intrinsèque (7 à 12 jours pour P. falciparum).
On notera que certaines espèces comme P. ovale et P. vivax peuvent avoir au niveau
du foie des formes quiescentes appelées hypnozoïtes. Ils sont responsables des rechutes et
des reviviscences des années plus tard (Duvallet G. et al., 2017) ( Carnevale P. et Robert V.,
2009). Cette forme quiescente n’est pas rencontrée dans l’infection à P. falciparum.
I.2.2.2.2.2. Phase érythrocytaire
Les érythrocytes infectés s’éclatent et libèrent de nouveaux mérozoïtes qui infectent
d’autres érythrocytes et s’y multiplient suivant un cycle asexué. Le cycle érythrocytaire
recommence ainsi de suite. Au bout de plusieurs cycles érythrocytaires, un certain nombre de
mérozoïtes entrent en maturation pendant une dizaine de jours, puis se différencient
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sexuellement pour donner des gamétocytes mâles ou femelles dans le sang ; ils seront
absorbés par l’anophèle femelle à son prochain repas sanguin (Figure 8).
En absence de traitement, cette phase invasive peut entrainer la destruction périodique
d’un grand nombre d’érythrocytes. L’éclatement des érythrocytes est responsable des accès
fébriles et de la forme clinique du paludisme. La durée de la phase érythrocytaire synchronisée
avec la périodicité fébrile est variable selon l’espèce : 24 heures pour P. knowlesi ; 48 heures
pour P. falciparum, P. vivax, P. ovale (fièvre tierce) et 72 heures pour P. malariae (fièvre
quarte) (Carnevale P. et Robert V., 2009) (Duvallet G. et al., 2017) (Courtioux B., cours de
parasitologie, 2018).
La figure ci-dessous (Figure 8) résume le cycle du paludisme de manière schématique.
FIGURE 8 : CYCLE DE DEVELOPPEMENT DU PALUDISME
Source : https://www.cdc.gov/malaria/about/biology/index.html
I.2.2.2.3. Mode de transmission du paludisme
Le paludisme se transmet principalement par voie vectorielle, c’est-à-dire par piqûre
de l’anophèle femelle infesté (Figure 8). Des voies mineures existent également en ce qui
concerne l’homme, comme la transmission par transfusion sanguine, par greffage d’organes
ou transplacentaire in utero de la mère à l’enfant (OMS, 2014a) (Duvallet et al., 2017).
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I.2.2.2.4. Les facteurs influençant les cycles du parasite et du vecteur
Des facteurs environnementaux et climatiques influencent le cycle de développement
du parasite et du vecteur.
La température
La température est un facteur clef dans la transmission du paludisme. Le
développement sporogonique (ou développement extrinsèque d’incubation) du P. falciparum
(espèce majoritaire au Burkina Faso) est compris entre 19 et 32°C. Il est de 8 jours à 30°C
contre 23 à 24 jours à 20°C et s’interrompt à 18°C (Carnevale P. et Robert V., 2009). Ces
données montrent que « lorsque la température s’accroît, la durée du développement du
Plasmodium diminue, donc les possibilités de transmission augmentent » ( Carnevale P. et
Robert V., 2009). A l’opposé, lorsque la température baisse en dessous de 19°C, le cycle
gonotrophique s’allonge et l’anophèle meurt avant d’être infecté, réduisant ainsi le risque de
transmission du paludisme. Le développement du Plasmodium dans l’anophèle est autant plus
rapide quand la température s’élève entre 18 et 30°C (Duvallet G. et al., 2017). Des
expériences ont aussi montré que la prévalence maximale des moustiques infectés se situe
autour de 27°C (Carnevale P. et Robert V., 2009).
La pluviométrie et l’humidité
Au Burkina Faso et dans les pays sahéliens à longue saison sèche, la pluviométrie et
l’humidité jouent un rôle majeur dans la transmission du paludisme. Les pluies déterminent
l’abondance des pullulations des moustiques. La transmission du paludisme est donc intense
pendant la saison des pluies qui offre des conditions favorables à la reproduction des
moustiques. Ainsi, une étude rétrospective menée à Tillabéry au Niger sur les données
météorologiques entre 2004 et 2013 a montré que les pics de pluviométrie et d’humidité sont
suivis de pics du nombre de cas et de décès liés au paludisme (Lazoumar H. R. et al., 2018).
L’habitat
Des articles publiés récemment montrent que dans l’histoire du paludisme,
l’amélioration de l’habitat et du milieu de vie de l’homme s’accompagne de la baisse de la
transmission vectorielle du paludisme (Carter R. et Karunaweera N., 2020). Les maisons dans
les villages au Burkina Faso sont obscures et peu ou pas ventilées. Elles sont pour la plupart
construites en banco avec des toits en chaume ou en paille. Ces modèles de maisons
africaines favorisent la prolifération des espèces dites endophiles qui se reposent sur les murs
des maisons après leur repas sanguin pour digérer le sang absorbé (Mouchet J. et al., 1998)
(Mouchet J. , 1999). Rappelons que le cycle gonotrophique de l’anophèle se déroule lors de
ce repos.
L’environnement urbain et rural
Les larves d’anophèles se développent mieux dans des gîtes chimiquement moins
pollués. Cela explique le fait que les gîtes larvaires en zones urbaines sont défavorables au
développement des anophèles du fait de la pollution des eaux stagnantes, contrairement aux
gîtes larvaires en zones rurales moins pollués et donc propices au développement des
anophèles. Une étude entomologique faite à Bobo-Dioulasso au Burkina Faso a montré que
l’environnement urbain est défavorable à la prolifération des vecteurs et diminue leur
espérance de vie (Robert V. et al., 2010).
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Le facteur environnemental est non négligeable en matière de transmission du
paludisme. Le contrôle des facteurs environnementaux a un impact important sur la
transmission du paludisme.
Tous ces facteurs montrent la rapidité de la transmission vectorielle dans les conditions
climatiques tropicale et sub-tropicale où la température moyenne annuelle se situe entre 25°
et 30°C et où l’environnement et les conditions de vie restent favorables à la transmission
vectorielle du paludisme.
I.2.3. Le diagnostic
Le diagnostic du paludisme peut se baser sur des signes cliniques ou sur un examen
parasitologique. Un diagnostic clinique ne se justifie que si la réalisation d’un test
parasitologique n’est pas possible (OMS, 2014b) (MS, 2017).
Les signes cliniques du paludisme peuvent prendre plusieurs formes ; ils sont pour la
plupart d’entre eux non spécifiques. Le bilan clinique d’un patient, suspecté d’être atteint du
paludisme, peut servir d’orientation au diagnostic du paludisme simple. Les signes de celui-ci
sont généralement un antécédent de 3 jours de fièvre sans signes de gravité, un accès fébrile,
des frissons, de la sueur, des céphalées associées à des troubles digestifs et/ou articulaires.
Selon les recommandations de l’OMS pour les zones endémiques, le diagnostic clinique
s’appuie sur « un antécédent de fièvre au cours des dernières 24 heures et/ou sur la présence
d’une anémie, pour laquelle une pâleur palmaire semble être le signe le plus fiable chez le
jeune enfant, en l’absence de signes d’autres maladies graves » (OMS, 2014b). Selon les
directives nationales de prise en charge du paludisme au Burkina Faso, le diagnostic
différentiel se fait avec les maladies comme la méningite, la fièvre typhoïde, la dengue, les
infections respiratoires, etc. qui peuvent avoir la même symptomatologie que le paludisme
(MS, 2017).
Le diagnostic parasitologique regroupe l’ensemble des examens mettant en évidence
la présence directe du Plasmodium dans le sang. Il est recommandé par l’OMS (2014b) dans
tous les cas de suspicion de paludisme. L’OMS reconnaît 2 grands tests de diagnostic
parasitologique qui sont l’examen au microscope optique et les Tests de Diagnostic Rapide
(TDR).
L’examen au microscope est faisable, grâce à un prélèvement du sang veineux du
patient pour la réalisation d’un frottis sanguin mince ou d’une goutte épaisse, colorées par les
techniques de la coloration de May-Grünwald-Giemsa (WHO, 2015b). Cet examen met en
évidence l’espèce et permet l’évaluation de la parasitémie.
Les TDR quant à eux, détectent des antigènes solubles ou des enzymes paludiques
grâce à des techniques d’immunochromatographie. Ils ont été introduits au Burkina Faso en
2007.
Les 2 principaux tests parasitologiques sont recommandés par l’OMS pour les zones
endémiques, en raison de leur simplicité, rapidité et coût peu élevé (OMS, 2014b).
Le diagnostic moléculaire comme les tests PCR (Réaction de Polymérisation en
Chaîne) est pratiqué en général dans le domaine de la recherche. Les tests sérologiques ne
sont pas reconnus comme ayant un intérêt particulier dans la prise en charge du patient (OMS,
2014b).
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Le diagnostic de présomption basé sur l’identification des signes cliniques non
spécifiques reste insuffisant ; un test parasitologique s’avère indispensable pour confirmer le
diagnostic en vue d’une prise en charge thérapeutique adéquate du patient quel que soit le
type du paludisme dont il souffre. Au Burkina Faso, les tests parasitologiques peuvent se faire
à tous les niveaux des structures de soins (MS, 2017). Les TDR sont disponibles en pharmacie
et dans les structures publiques de santé.
I.2.4. Types de paludisme et leurs manifestations cliniques chez l’homme
I.2.4.1. Le paludisme simple
Le paludisme simple se définit comme un ensemble de symptômes qui sont :
Une fièvre (température axillaire supérieure ou égale à 37,5°C) ou un
antécédent de fièvre dans les 3 derniers jours.
La mise en évidence de la présence du Plasmodium dans l’organisme par un
test adéquat.
Une absence de signes de gravité.
Des frissons, des céphalées, de la sueur, des douleurs musculaires ou articulaires, des
nausées et vomissements, une faiblesse généralisée et une hépatosplénomégalie peuvent
également être observés en cas de paludisme simple. (OMS, 2014b) (MS, 2017). Il nécessite
une prise en charge précoce et correcte (MS, 2017).
I.2.4.2. Le paludisme grave
Le paludisme grave est un paludisme dont le diagnostic met en évidence le P.
falciparum, avec la présence d’au moins un des signes cliniques de gravité comme : coma ou
trouble de la conscience, prostration, convulsions répétitives en 24h, troubles respiratoires,
ictère, hémorragies, collapsus cardiovasculaire, œdème pulmonaire ; ou avec la présence
d’au moins un des signes biologiques suivants : hypoglycémie, acidose métabolique, anémie
normocytaire sévère, urines foncées, hyperparasitémie, hyperlactatémie, insuffisance rénale
(OMS, 2014b) (MS, 2017). Les enfants de moins de 5 ans constituent la population la plus
exposée au risque de paludisme grave dans les zones de forte endémie. Les directives
nationales de la prise en charge du paludisme au Burkina Faso élargissent la définition du
paludisme grave chez l’enfant, à tout cas de paludisme associé à des convulsions, à
l’inconscience, à des vomissements, à l’incapacité de boire ou de téter (MS, 2017).
I.2.5. Médicaments antipaludiques et prise en charge du paludisme
La mise en place d’un traitement curatif antipaludique est destinée aux patients dont le
test parasitologique s’est avéré positif (OMS, 2012) (MS, 2017). Un traitement reposant
seulement sur un bilan clinique n’est recommandé que si le diagnostic parasitologique n’est
pas possible (OMS, 2014b). Dans cette partie, nous traiterons des médicaments
recommandés par l’OMS (WHO, 2015a) et repris par les directives nationales de prise en
charge du paludisme au Burkina Faso (MS, 2017).
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I.2.5.1. Les antipaludiques recommandés par l’OMS en traitement curatif (WHO, 2019)
I.2.5.1.1. Les antipaludiques recommandés en traitement curatif chez l’adulte
L’OMS recommande des combinaisons thérapeutiques pour la prise en charge des cas
de paludisme à P. falciparum et encourage également le développement de la forme rectale
(Tableaux 4 et 5).
TABLEAU 4 : LISTE DES MEDICAMENTS ESSENTIELS ETABLIE PAR L’OMS POUR LE TRAITEMENT CURATIF DU
PALUDISME DE L’ADULTE (WHO, 2019)
Molécules Formes Dosages Remarques
Amodiaquine Comprimé 153 mg ou 200 mg En association avec
l’artésunate 50 mg.
Artéméther Solution injectable 80 mL en ampoule Traitement du
huileuse stérile de 1 mL paludisme grave.
Artéméther + Comprimé ou 20 mg + 120 mg Déconseillé au 1er
Luméfantrine comprimé trimestre de
orodispersible grossesse et chez
les moins de 5 kg.
Artésunate - Comprimé - 50 mg - En combinaison
avec l’amodiaquine,
la méfloquine ou
avec l’association de
sulfadoxine et de
pyriméthamine.
- Capsule rectale - 50 mg ou 200 mg - Traitement du
paludisme grave de
l’enfant avant le
transfert vers une
structure appropriée.
Artésunate + Comprimé 25 mg + 67,5 mg ou Dosages alternatifs
Amodiaquine
50 mg + 135 mg ou 50 mg + 153 mg
100 mg + 270 mg 50 mg + 200 mg
Artésunate + Comprimé 25 mg + 55 mg ou
Méfloquine
100 mg + 200 mg
Artésunate + - Comprimé - 60 mg + 180 mg Ne pas utiliser chez
Pyronaridine l’enfant de moins de
- Granulé - 20 mg + 60 mg
tetraphosphate 5 kg.
Chloroquine - Liquide orale - 50 mg / 5 mL Pour le traitement du
P. vivax.
- Comprimé - 100 mg ou 150 mg
Dihydroartémisinine Comprimé 20 mg + 160 mg Ne pas utiliser chez
+ Pipéraquine l’enfant de moins de
40 mg + 320 mg
phosphate 5 kg.
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Doxycycline Comprimé ou gélule 100 mg En association avec
la quinine.
Méfloquine Comprimé 250 mg En association avec
l’artésunate 50 mg.
Primaquine Comprimé 7,5 mg ou 15 mg Sous forme de
traitement de 14
jours, pour éliminer
les formes
hynozoïtes à P.
vivax ou P. ovale.
Quinine - Injectable - 300 mg Traitement du
paludisme grave en
- Comprimé - 300 mg
combinaison avec la
doxycycline.
Sulfadoxine + Comprimé 500 mg ou 25 mg
Pyriméthamine
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I.2.5.1.2. Les antipaludiques recommandés en traitement curatif chez l’enfant
TABLEAU 5 : LISTE DES MEDICAMENTS ESSENTIELS ETABLIE PAR L’OMS POUR LE TRAITEMENT CURATIF DU
PALUDISME CHEZ L’ENFANT (WHO, 2019)
Molécules Formes Dosages Remarques
Amodiaquine Comprimé 153 mg ou 200 mg En association avec
l’artésunate 50 mg.
Artéméther Solution injectable 80 mL en ampoule Traitement du
huileuse stérile de 1 mL paludisme grave.
Artéméther + Comprimé ou 20 mg + 120 mg Déconseillé au 1er
Luméfantrine comprimé trimestre de
orodispersible grossesse et chez
les moins de 5 kg.
Artésunate - Ampoule injectable - 60 mg - En association
avec une ampoule
de bicarbonate de
sodium à 5% pour le
traitement du
paludisme grave.
- Forme rectale - 50 mg, 100 mg,
- Traitement du
200 mg paludisme grave de
l’enfant avant le
transfert vers une
structure
appropriée.
- Comprimé - 50 mg - En association
avec de
l’amodiaquine, de la
méfloquine, ou avec
la sulfadoxine +
pyriméthamine.
Artésunate + Comprimé 25 mg + 67,5 mg ou Dosages alternatifs
Amodiaquine
50 mg + 135 mg ou 50 mg + 153 mg
100 mg + 270 mg 50 mg + 200 mg
Artésunate + Comprimé 25 mg + 55 mg ou
Méfloquine
100 mg + 200 mg
Artésunate + - Comprimé - 60 mg + 180 mg Ne pas utiliser chez
Pyronaridine l’enfant de moins de
- Granulé - 20 mg + 60 mg
tetraphosphate 5 kg.
Chloroquine - Liquide orale - 50 mg / 5 mL Pour le traitement
du P. vivax.
- Comprimé - 100 mg ou 150 mg
Dihydroartémisinine Comprimé 20 mg + 140 mg Ne pas utiliser chez
+ Pipéraquine l’enfant de moins de
40 mg + 320 mg
phosphate 5 kg.
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Doxycycline Comprimé/comprimé 100 mg En association avec
dispersible la quinine.
Méfloquine Comprimé 250 mg En association avec
l’artésunate 50 mg.
Primaquine Comprimé 7,5 mg ou 15 mg Sous forme de
traitement de 14
jours, pour éliminer
les formes
hypnozoïtes à P.
vivax ou P. ovale.
Quinine Injectable 300 mg/2 mL Traitement du
paludisme grave en
Comprimé 300 mg
combinaison avec la
doxycycline.
Sulfadoxine + Comprimé 500 mg ou 25 mg En association avec
Pyriméthamine l’artésunate 50 mg.
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I.2.5.2. Prise en charge du paludisme au Burkina Faso selon les directives nationales
Les directives nationales de prise en charge du paludisme ont été élaborées selon les
recommandations de l’OMS, en matière de prévention et de prise en charge du paludisme
dans le monde. Elles constituent un document de référence pour les professionnels de santé
dans le but d’une meilleure prise en charge des patients souffrant du paludisme.
I.2.5.2.1. Cas général de traitement du paludisme simple
Les directives nationales de prise en charge du paludisme (MS, 2017) recommandent
le traitement du paludisme simple par les Combinaisons Thérapeutiques à base d’Artémisinine
(ACT), d’amodiaquine, d’artéméther et de luméfantrine, en administration par voie orale. Ils
sont administrés en fonction du poids et de l’âge du patient. Le protocole de la prise en charge
du patient est défini dans les tableaux suivants (Tableaux 6, 7, 8).
TABLEAU 6 : POSOLOGIE DE LA COMBINAISON FIXE D’ARTEMETHER ET DE LUMEFANTRINE PAR VOIE ORALE (MS,
2017)
Poids (âge) Présentations Jour 1 Jour 2 Jour 3
5 à 14 kg Artéméther 20 mg 1 cp x 2/j 1 cp x 2/j 1 cp x 2/j
(< 3 ans) Luméfantrine 120 mg
15 à 24 kg Artéméther 20 mg 2 cp x 2/j 2 cp x 2/j 2 cp x 2/j
(≥ 3- 8 ans) Luméfantrine 120 mg
25 à 34 kg Artéméther 20 mg 3 cp x 2/j 3 cp x 2/j 3 cp x 2/j
(≥ 9 – 14 ans) Luméfantrine 120 mg
> 34 kg Artéméther 20 mg 4 cp x 2/j 4 cp x 2/j 4 cp x 2/j
(> 14 ans) Luméfantrine 120 mg
Il est recommandé de prendre ces médicaments au cours d’un repas, de préférence
riche en aliments gras. A J1, un intervalle de 8 heures doit être observé entre les deux prises.
A J2 et J3 les prises sont espacées de 12 heures. Il est préférable de privilégier le poids du
patient par rapport à son âge. Il en existe en suspension buvable pour les nourrissons ; pour
les enfants de moins 6 ans, les comprimés doivent être écrasés.
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TABLEAU 7 : POSOLOGIE DE LA COMBINAISON D’ARTESUNATE ET D’AMODIAQUINE PAR VOIE ORALE SELON LES
DOSAGES EN PRISE UNIQUE (MS, 2017)
Poids (âge) Présentations Jour 1 Jour 2 Jour 3
< 4,5 kg Artésunate 25 mg 1 cp 1 cp 1 cp
Amodiaquine 67,5 mg
≥ 4,5 à 9 kg Artésunate 25 mg 1 cp 1 cp 1 cp
(2-11 mois) Amodiaquine 67,5 mg
≥ 9 à < 18 kg Artésunate 50 mg 1 cp 1 cp 1 cp
(1- 5 ans) Amodiaquine 135 mg
≥ 18 à < 36 kg Artésunate 100 mg 1 cp 1 cp 1 cp
(6- 13 ans) Amodiaquine 270 mg
≥ 36 kg Artésunate 100 mg 2 cp 2 cp 2 cp
(≥ 14 ans) Amodiaquine 270 mg
TABLEAU 8 : POSOLOGIE DE LA COMBINAISON FIXE DE DIHYDROARTEMISININE ET DE PIPERAQUINE SELON LE
DOSAGE (MS, 2017)
Poids (âge) Présentations/dosage Jour 1 Jour 2 Jour 3
< 5 kg Dihydroartemisinine 20 mg 1 cp 1 cp 1 cp
Pipéraquine 160 mg
5 à < 8 kg Dihydroartemisinine 20 mg 1 cp 1 cp 1 cp
(6-12 mois) Pipéraquine 160 mg
8 à < 11 kg Dihydroartemisinine 20 mg 1 +1/2 cp 1 +1/2 cp 1 +1/2 cp
(1- 3 ans) Pipéraquine 160 mg
11 à < 17 kg Dihydroartemisinine 40 mg 1 cp 1 cp 1 cp
(3- 5 ans) Pipéraquine 320 mg
17 à 25 kg Dihydroartemisinine 40 mg 1 +1/2 cp 1 +1/2 cp 1 +1/2 cp
(5 - 8 ans) Pipéraquine 320 mg
25 à < 36 kg Dihydroartemisinine 40 mg 2 cp 2 cp 2 cp
(8 – 15 ans) Pipéraquine 320 mg
36 à < 60 kg Dihydroartemisinine 40 mg 3 cp 3 cp 3 cp
(≥ 15 ans) Pipéraquine 320 mg
60 à < 80 kg Dihydroartemisinine 40 mg 4 cp 4 cp 4 cp
(≥ 15 ans) Pipéraquine 320 mg
≥ 80 kg Dihydroartemisinine 40 mg 5 cp 5 cp 5 cp
(≥ 15 ans) Pipéraquine 320 mg
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I.2.5.2.2. Traitement du paludisme simple chez la femme enceinte
Les ACT et la quinine par voie orale sont recommandées au Burkina Faso pour la prise
en charge du paludisme simple chez la femme enceinte.
Les ACT sont utilisables après le 3ème mois de grossesse. La quinine est utilisable
pendant la grossesse à la posologie usuelle de 8mg/kg de quinine base toutes les 8 heures
pendant 7 jours ; la posologie maximale est 480 mg par prise (MS, 2017).
Selon les recommandations de l’OMS, il est possible d’associer la clindamycine à la
quinine lors du 1er trimestre de grossesse lorsque les médicaments recommandés sont contre-
indiqués ou ne sont pas disponibles (WHO, 2015a).
I.2.5.2.3. Paludisme grave
Le paludisme grave est une urgence médicale nécessitant une prise en charge rapide
dans un centre de santé disposant d’un personnel qualifié et du matériel adéquat. Il nécessite
un test parasitologique et des examens complémentaires selon les moyens dont on dispose.
En règle générale, les médicaments recommandés sont, par ordre de priorité,
l’artésunate, l’artéméther et la quinine. Ils sont administrés par voie intraveineuse ou
intramusculaire pendant au moins 2 jours, quel que soit l’état du patient, sans dépasser 7
jours. Après 2 jours, si une thérapie par voie orale est possible, le relais sera assuré par une
thérapie orale d’ACT pendant 3 jours complémentaires ou par une thérapie orale de quinine
pendant 7 jours complémentaires.
I.2.5.2.3.1. Traitement du paludisme grave chez l’enfant
Pour les enfants de 6 mois à 6 ans, les directives nationales recommandent une mise
en place d’un traitement de pré-transfert avant la prise en charge dans un centre de référence.
Un enveloppement humide de l’enfant et un bain à l’eau tiède peuvent être faits à tout moment
comme mesure complémentaire pour la prise en charge des cas de forte fièvre.
Ce traitement de pré-transfert peut se faire au niveau communautaire par un agent de
santé à base communautaire avec la prise en charge de la fièvre et l’administration
d’artémisinine (artésunate) en suppositoire selon la posologie suivante :
- 6 mois à ≤ 3 ans (5 à ≤ 14 kg) : 1 x 100 mg d’artésunate
- > 3 ans à 6 ans (15 à 20 kg) : 2 x 100 mg d’artésunate
Au niveau des formations sanitaires périphériques, ce traitement de pré-transfert
consiste en l’administration de sérum glucosé isotonique 5%, l’administration d’un
antipaludique recommandé et la prise en charge des signes de gravité.
Au niveau des centres de référence, le traitement suivant est recommandé chez
l’enfant de moins de 20 kg (≤ 6 ans) :
- Artésunate injectable : 3 mg/kg toutes les 12 heures au 1er jour, puis une fois par jour
jusqu’à possibilité de relais par voie orale.
- Artéméther injectable : 3,2 mg/kg au 1er jour sans dépasser 160 mg, puis de 1,6
mg/kg/jr sans dépasser 80 mg, jusqu’à possibilité de relais par voie orale.
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- Quinine base injectable : 16 mg/kg en dose de charge, puis 8 mg/kg en dose
d’entretien toutes les 12 heures. Cette dose d’entretien sera réduite à 4mg/kg si la perfusion
va au-delà de 2 jours.
I.2.5.2.3.2. Traitement du paludisme grave chez l’adulte
Au niveau des centres de référence, le traitement suivant est recommandé chez
l’adulte et chez l’enfant de plus de 20 kg :
- Artésunate injectable : 2,4 mg/kg toutes les 12 heures au 1er jour, puis une fois par
jour jusqu’à possibilité de relais par voie orale.
- Artéméther injectable : 3,2 mg/kg dès l’admission sans dépasser 160 mg, puis de 1,6
mg/kg/jr sans dépasser 80 mg, jusqu’à possibilité de relais par voie orale.
- Quinine base injectable : 16 mg/kg en dose de charge, puis 8 mg/kg en dose
d’entretien toutes les 8 heures. Cette dose d’entretien sera réduite à 4mg/kg si la perfusion va
au-delà de 2 jours.
I.2.5.2.3.3. Examens à réaliser en cas de paludisme grave
Ces examens ont pour but de confirmer le diagnostic et d’améliorer la prise en charge
du patient.
- La goutte épaisse et le frottis sanguin : ces examens ont l’avantage de confirmer le
diagnostic, d’évaluer la parasitémie, de détecter les échecs thérapeutiques.
- La glycémie permet de diagnostiquer une hypoglycémie qui pourrait être grave pour
le malade.
- Le taux d’hémoglobine permet une prise en charge rapide des cas d’anémies.
- Le fond d’œil permet de détecter la présence de tâches blanchâtres au niveau de la
rétine et contribue ainsi au bon diagnostic (OMS, 2013).
I.2.6. Autres mesures recommandées dans la prise en charge du paludisme grave
- Les benzodiazépines (diazépam, midazolam, lorazépam), la phénytoïne ou le
phénobarbital sont utilisés pour la prise en charge des convulsions.
- La surveillance de l’état de la conscience du patient est faite grâce à l’utilisation de
l’échelle de Blantyre pour les moins de 3 ans et de l’échelle de Glasgow pour les adultes et
les enfants de plus de 3 ans (Voir annexe I).
- L’hypoglycémie, si elle existe, doit être corrigée par une injection intraveineuse de
soluté glucosé hypertonique à 30% ou à 10%. Une fois la glycémie stabilisée, le contrôle doit
être fait régulièrement tout au long de la prise en charge et maintenue stable avec une
perfusion de dextrose ou de soluté glucosé à 5%. Il est possible d’ajouter à la perfusion
glucosée une dose correcte de quinine et des électrolytes (Na+Cl-, K+Cl-, Ca2+).
- La transfusion sanguine doit être envisagée si le taux de l’hémoglobine est inférieur
à 5 g/dL ou devant la présence d’une dyspnée, d’une tachycardie ou de trouble de la
conscience.
- Les corticoïdes susceptibles d’augmenter le risque hémorragique sont à éviter (OMS,
2013).
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- Chez l’adulte comme chez l’enfant, le paracétamol est utilisable comme antipyrétique.
L’enveloppement humide et les bains tièdes sont des mesures complémentaires qui peuvent
contribuer à lutter contre l’hyperthermie.
- Le patient doit être hospitalisé pour une surveillance étroite des constantes vitales.
- En cas d’échec thérapeutique, une réévaluation de l’état du patient et un ajustement
thérapeutique sont recommandés.
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I.2.7. Mécanisme d’actions, indications, principaux effets indésirables et contre-
indications de certains médicaments antipaludiques
I.2.7.1. Amodiaquine
L’amodiaquine appartient à la famille des quinoléines. Elle possède une action
schizonticide intra-érythrocytaire sur le Plasmodium. Son mécanisme d’action reste peu
connu. Elle est toujours en association avec l’artésunate dans la prise en charge, à court
terme, du traitement curatif de paludisme simple (eVIDAL, 2020).
L’amodiaquine peut induire des troubles digestifs, oculaires et hépatiques parfois
redoutables, des diarrhées et de l’anorexie.
Elle est contre-indiquée en cas de rétinopathie et d’hypersensibilité.
I.2.7.2. Artéméther + luméfantrine
L’artéméther altère la membrane parasitaire et perturbe le gradient des électrolytes et
la synthèse protéique grâce à des radicaux libres toxiques.
La luméfantrine, toujours utilisée en association avec l’artéméther, agit sur le
métabolisme et sur la synthèse des acides nucléiques du parasite.
L’association artéméther et luméfantrine a pour but de renforcer l’effet antipaludique
propre à chaque molécule. On trouve cette association dans les spécialités RIAMET® et CO-
ARTEM®. Elle est indiquée dans la prise en charge du paludisme simple à P. falciparum ou
dans le cas d’infections mixtes chez l’adulte et surtout chez l’enfant chez qui elle présente une
très bonne efficacité. Elle fait partie des antipaludiques indiqués en première intention en
raison de sa très faible induction de résistance (Bianchi V. et EI Anbassi S., 2012). Elle peut
s’utiliser pendant la grossesse à partir du 2ème trimestre.
Son utilisation peut induire l’augmentation des transaminases, des douleurs
abdominales, des diarrhées et des nausées. Il y a également un risque d’allongement de
l’intervalle QT6 (Bianchi V. et EI Anbassi S., 2012) à cause de la luméfantrine, molécule
partenaire.
L’association artéméther + luméfantrine est contre-indiquée en cas d’antécédent
d’allongement d’intervalle QT et ne doit pas être administrée avec d’autres médicaments
pouvant être torsadogènes ou en cas d’hypokaliémie ( Bianchi V. et EI Anbassi S., 2012) à
cause de la luméfantrine.
I.2.7.3. Artésunate et les dérivés de l’artémisinine
L’artésunate comme l’artéméther altère la membrane parasitaire et perturbe le gradient
des électrolytes et la synthèse protéique. Ce sont des dérivés de l’artémisinine et présentent
donc des actions et effets semblables. L’artémisinine est un principe actif isolé de l’Artemisia
annua (Armoise annuelle ou Absinthe chinoise), plante dont les propriétés pharmacologiques
sont connues en Chine depuis plus de 2 millénaires. L’artémisinine est une lactone
6
L’intervalle QT est une des données électriques de l’électrocardiogramme qui représente la durée
électrique de la contraction systolique du cœur. Sa durée varie avec la fréquence cardiaque et avec d’autres
paramètres du système nerveux autonome. Son allongement entrainerait une bradycardie.
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sesquiterpénique avec un groupe peroxyde qui serait responsable de son activité
pharmacologique.
Les dérivés de l’artémisinine possèdent une action rapide et puissante et un large
spectre parasitaire. Leur utilisation réduirait la population de jeunes gamétocytes observée
lors d’un traitement antipaludique. La possibilité d’une telle propriété thérapeutique serait la
réduction du risque de transmission du paludisme (Faucher J-F, 2002). Les ACT occupent une
place importante parmi les antipaludiques alternatifs au traitement de première ligne
(chloroquine, sulfadoxine, pyriméthamine, amodiaquine) (Faucher J-F et al., 2006).
Après l’administration de l’artésunate par voie orale, il se métabolise principalement en
dihydroartémisinine (métabolite actif) (HCSP, 2013).
L’artésunate est indiqué en cas de paludisme résistant ou grave chez l’enfant comme
chez l’adulte (HCSP, 2013). Son administration par voie intra-veineuse est devenue le
traitement de référence du paludisme grave. Son utilisation est possible en association per os
avec la pipéraquine, l’amodiaquine, la méfloquine et d’autres molécules antipaludiques.
L’association des dérivés de l’artémisinine avec d’autres molécules est recommandée par
l’OMS dans la prise en charge du paludisme non compliqué, afin de réduire l’émergence de la
chimiorésistance. Les dérivés de l’artémisinine peuvent être indiqués à tout moment de la
grossesse et pendant l’allaitement (CRAT, 2020).
Son utilisation, tout comme l’utilisation des dérivés de l’artémisinine peut engendrer
des céphalées, des vertiges, des douleurs abdominales et des diarrhées (Bianchi V. et EI
Anbassi S., 2012).
I.2.7.4. Pyronaridine tetraphosphate
La pyronaridine tetraphosphate agit en perturbant le système digestif du Plasmodium.
Elle est indiquée en association avec l’artésunate dans le traitement du paludisme simple chez
l’adulte ou chez l’enfant. Des études ont montré que la pyronaridine est efficace contre le P.
falciparum et contre les souches résistantes à la chloroquine. On note également peu de
résistance à la pyronaridine, surtout lorsqu’elle est utilisée en association avec d’autres
antipaludiques (Croft S. L. et al., 2012).
Elle peut induire des troubles digestifs et des douleurs abdominales (Croft S. L. et al.,
2012).
I.2.7.5. Chloroquine
C’est une amino-4-quinoléine qui agit comme un antiparasitaire au niveau de la vacuole
du parasite. Elle peut être utilisée en traitement curatif ou en traitement préventif dans les
formes simples du paludisme à Plasmodium chloroquinosensible (Bianchi V. et EI Anbassi S.,
2012).
La chloroquine est photosensibilisante et sa prise peut entrainer des troubles oculaires,
cutanées et cardiaques, ainsi que des troubles digestifs et hématologiques (Bianchi V. et EI
Anbassi S., 2012).
Sa prise est déconseillée en cas de rétinopathie et une précaution d’emploi en cas
d’insuffisance rénale et hépatique est recommandée (Bianchi V. et EI Anbassi S., 2012). Elle
déconseillée chez la femme enceinte et contre-indiquée pendant l’allaitement.
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Au Burkina Faso comme dans plusieurs pays d’Afrique Sub-sahélienne, il existe une
résistance à la chloroquine par les espèces du Plasmodium.
I.2.7.6. Doxycycline
La doxycycline est un antibiotique de la famille des tétracyclines. Elle se trouve dans
la spécialité DOXYPALU® indiquée surtout dans le traitement préventif du paludisme. Elle agit
dans les cellules du parasite en altérant la membrane cytoplasmique. Elle a aussi une action
schizonticide. Il est conseillé de la prendre au milieu des repas pour éviter le risque d’ulcération
œsophagienne (Bianchi V. et EI Anbassi S., 2012) (Résumé des caractéristiques du produit).
Elle est photo-sensibilisante et peut être la cause de la coloration jaune des dents chez
les enfants.
La doxycycline est contre-indiquée en cas de grossesse, d’allaitement, de forte
exposition au soleil et chez l’enfant de moins de 8 ans (Bianchi V. et EI Anbassi S., 2012)
(Résumé des caractéristiques du produit).
I.2.7.7. Méfloquine
La méfloquine est une quinoléïne antipaludique indiquée en association souvent avec
l’artésunate, en cas de résistance ou de contre-indication à la quinine dans le cas de paludisme
simple chez l’enfant, chez l’adulte et chez la femme enceinte (Bianchi V. et EI Anbassi S.,
2012).
Son administration peut abaisser le seuil épileptogène et provoquer des nausées et
des vomissements (Bianchi V. et EI Anbassi S., 2012).
Elle est contre-indiquée en cas d’épilepsie, de présence de facteurs pouvant induire
des torsades de pointe ou de convulsions (Bianchi V. et EI Anbassi S., 2012). L’association
artésunate + méfloquine a été historiquement la première ACT (Faucher J-F et al., 2006).
I.2.7.8. Quinine
La quinine est un alcaloïde naturel. Elle possède une action schizonticide rapide sur
plusieurs espèces du Plasmodium. Elle est indiquée en traitement curatif du paludisme simple
chez l’adulte pendant 5 à 7 jours, et dans les cas de neuro-paludisme chez l’enfant ou chez la
femme enceinte. Les cas de résistance avec la quinine sont rares ( Bianchi V. et EI Anbassi
S., 2012).
Les principaux effets indésirables de la quinine sont des troubles auditifs (acouphènes),
visuels, neurologiques, digestifs et cardiaques. Des cas d’hypoglycémie, d’anémie et de
thrombopénie ont également été rapportés avec l’utilisation de la quinine. (Bianchi V. et EI
Anbassi S., 2012).
L’injection en IV de la quinine doit se faire de façon lente afin d’éviter l’effet hypotensif.
Elle nécessite une surveillance particulière des effets indésirables (MS, 2017).
Elle est contre-indiquée en cas d’hypersensibilité et de trouble du rythme cardiaque.
Son administration concomitante avec la méfloquine est à éviter à cause du risque élevé de
convulsion (Bianchi V. et EI Anbassi S., 2012).
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I.2.7.9. Sulfadoxine + pyriméthamine
La sulfadoxine est un antibiotique de la famille des sulfamides. Elle a une action anti-
folique parasitaire. La pyrimétamine est une diaminopyridine. Elle inhibe la dihydrofolate
réductase parasitaire. Leur association bloque donc la synthèse des acides nucléiques
parasitaires (eVIDAL, 2020).
Cette association est indiquée dans le traitement du paludisme non compliqué à P.
falciparum en cas de résistance ou de contre-indication aux autres médicaments
antipaludiques (eVidal, 2020).
Les principaux effets indésirables liés à son utilisation sont : leucopénie, thrombopénie,
troubles rénaux et hépatiques, troubles digestifs et céphalées (Bianchi V. et EI Anbassi S.,
2012) (eVIDAL, 2020).
Elle est contre-indiquée en cas d’insuffisance rénale et hépatique sévère, elle est
généralement déconseillée au 1er trimestre de grossesse. Elle peut s’utiliser en Traitement
Préventifs Intermittents (TPI) chez la femme enceinte à partir du 2ème trimestre de grossesse
(Bianchi V. et EI Anbassi S., 2012) (OMS, 2019b).
I.2.7.10. Proguanil + atovaquone
La proguanil appartient à la famille des biguanides. Elle est indiquée en traitement
préventif en cas de risque d’exposition au paludisme. Elle s’utilise le plus souvent en
association avec l’atovaquone dans la spécialité MALARONE® ou avec la chloroquine dans
la spécialité SAVARINE®. Elle inhibe le métabolisme de l’acide folique. Elle peut être cause
de troubles digestifs, cutanées et hépatiques (Bianchi V. et EI Anbassi S., 2012).
L’atovaquone inhibe la synthèse de l’ADN et perturbe le transport des électrons des
mitochondries du Plasmodium (Bianchi V. et EI Anbassi S., 2012). Elle est utilisée en
association avec la proguanil.
L’association proguanil et atovaquone est indiquée dans le traitement du paludisme
simple ou dans la chimioprophylaxie en prévention du paludisme à P. falciparum (Bianchi V.
et EI Anbassi S., 2012). Son utilisation est possible chez l’adulte et chez l’enfant.
Elle est assez bien tolérée, mais ne doit pas être utilisée en cas d’insuffisance rénale
sévère. Son utilisation reste possible chez la femme enceinte (CRAT, 2020).
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II. Prévention du paludisme au Burkina Faso
II.1. Recommandations thérapeutiques en matière de prévention du paludisme
II.1.1. Selon l’OMS
Les recommandations de l’OMS s’adressent aux pays à forte transmission du
paludisme. La liste des médicaments essentiels antipaludiques établie par l’OMS pour ces
pays se trouve dans les tableaux suivants (Tableaux 9 et 10).
II.1.1.1. Chimio-prévention chez l’adulte
TABLEAU 9 : LISTE DES MEDICAMENTS ESSENTIELS ETABLIE PAR L’OMS CONCERNANT LA CHIMIO-PREVENTION
CHEZ L’ADULTE
Molécules Formes Dosages Remarques
Sulfadoxine + Comprimé 500 mg + 25 mg ou TPI du paludisme
pendant la
Pyriméthamine 250 mg + 12,5 mg
grossesse
Chloroquine - Orale liquide - 50mg/mL Pour les infections
à P. vivax
- Comprimé - 150 mg
Doxycycline Comprimé 100 mg
Méfloquine Comprimé 250 mg
Proguanil Comprimé 100 mg En combinaison
avec la
chloroquine
Source : WHO, 2019
II.1.1.2. Chimio-prévention chez l’enfant
TABLEAU 10 : LISTE DES MEDICAMENTS ESSENTIELS ETABLIE PAR L’OMS CONCERNANT LA CHIMIO-PREVENTION
DU PALUDISME CHEZ L’ENFANT
Molécules Formes Dosages Remarques
Amodiaquine + Comprimé 76,5 mg + 250 mg + 12,5 Paludisme
dispersible mg saisonnier chez
Sulfadoxine +
l’enfant
Ou
Pyriméthamine
153 mg + 500 mg + 25
mg
Chloroquine - Orale liquide - 50mg/5mL Pour les infections
à P. vivax
- Comprimé - 150 mg
Doxycycline Comprimé ou 100 mg Contre-indiquée
gélule avant 8 ans
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Méfloquine Comprimé 250 mg Contre-indiquée
avant 3 mois et
chez les enfants
de moins de 5 kg
Proguanil Comprimé 100 mg En combinaison
avec la
chloroquine
Sulfadoxine + Comprimé 250 mg + 12,5 mg
Pyriméthamine
Source : WHO, 2019
II.1.1.3. Traitement Préventif Intermittent (TPI) pendant la grossesse
Il est recommandé que le TPI de la femme enceinte débute au 2 ème trimestre de
grossesse. Ce traitement consiste à administrer, lors des consultations prénatales, une dose
de sulfadoxine-pyriméthamine chaque mois (au moins 3 doses en tout) jusqu’à
l’accouchement (OMS, 2017).
II.1.1.4. Traitement préventif intermittent chez l’enfant
Le TPI est aussi recommandé chez les nourrissons et chez l’enfant. Il consiste à
administrer une dose de sulfadoxine-pyriméthamine lors des cycles de vaccination du
nourrisson.
Afin de réduire la prévalence du paludisme chez les enfants dans des zones à forte
transmission du paludisme, il est recommandé de mettre en place une chimio-prévention
saisonnière chez les moins de 6 ans. Elle consiste à administrer mensuellement une dose
d’amodiaquine, de sulfadoxine et de pyriméthamine aux enfants lors des saisons où la
transmission du paludisme est élevée.
II.1.2. Selon les directives nationales
Les directives nationales pour la prévention médicamenteuse du paludisme sont une
mise en application des recommandations de l’OMS au niveau national.
II.1.2.1. Traitement préventif intermittent pendant la grossesse
Les directives nationales recommandent la sulfadoxine 500mg-pyriméthamine 25 mg
(SP) comme TPI pendant la grossesse selon les modalités recommandées par l’OMS. Le
traitement par SP doit être suivi au niveau des formations sanitaires par un agent qualifié. Le
traitement peut être pris à jeun et/ou être pris avec de l’acide folique en cas d’anémie avérée.
La SP est contre-indiquée avant 16 semaines d’aménorrhée, en cas d’allergie aux
sulfamides et chez les femmes suivant un traitement par cotrimoxazole (MS, 2014).
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II.1.2.2. Traitement préventif intermittent chez le nourrisson
Il consiste à administrer, au cours de la primo-vaccination, 3 doses de SP (250 mg/12,5
mg) aux nourrissons de 3 à 11 mois selon la posologie suivante :
Vaccins correspondants Poids Posologie de la SP
DTC-HepB-Hib 2 - ≤ 5 kg - ¼ comprimé
Rota2 et pneumo 2 - > 5 kg - ½ comprimé
VPO 2
DTC-HepB-Hib 3 - ≤ 5 kg - ¼ comprimé
Rota2 et pneumo3 - > 5 kg - ½ comprimé
VPO 3
Vaccins contre la rougeole - ≤ 5 kg - ¼ comprimé
et la fièvre jaune
- > 5 kg - ½ comprimé
II.1.2.3. Chimio-prévention du paludisme saisonnier chez les enfants de moins de 5 ans
L’efficacité de cette mesure préventive a été prouvée par des études menées en
Afrique Sub-saharienne entre 2002 et 2011. Elle prévient environ 75% de tous les accès
palustres chez les enfants de moins de 5 ans.
Au Burkina Faso, elle se fait sous forme de campagne de 4 jours dans les centres de
formations sanitaires sous la direction des infirmiers durant les mois d’août, de septembre,
d’octobre et de novembre. Elle consiste à administrer pendant 3 jours consécutifs par mois, et
ce, durant au moins 4 mois, une dose combinée d’amodiaquine et de sulfadoxine-
pyriméthamine, selon l’âge de l’enfant (MS, 2014). Ce traitement est gratuit au Burkina Faso
depuis 2016. Des agents de santé communautaire et des bénévoles sont chargés de la
distribution du traitement ; mais il se pose le problème de l’observance.
II.1.3. Autres mesures préventives recommandées dans la lutte contre le paludisme
Outre la chimio-prévention, des mesures préventives non médicamenteuses sont aussi
recommandées dans la lutte contre le paludisme. Des études faites à l’échelle nationale et
internationale ont montré leur efficacité. Il s’agit de l’ensemble des mesures mises en place
pour se protéger contre les piqûres de moustiques ou pour empêcher la survie des moustiques
ou leur prolifération. Nous pouvons citer, entre autres, l’utilisation des moustiquaires et des
insecticides, la modification de l’environnement ou du cadre de vie, les habitudes
comportementales de l’homme. On regroupe habituellement l’ensemble de ces mesures sous
l’appellation de lutte anti-vectorielle. Elle forme avec la chimio-prévention la prévention
primaire (OMS, 2015).
II.1.3.1. Les Moustiquaires Imprégnées d’Insecticide à Longue Durée d’Action (MIILDA)
Il est fortement recommandé à l’ensemble de la population, et plus particulièrement à
la population à risque (femmes enceintes, nourrissons, enfants, personnes immunodéprimées,
etc.), de dormir sous une MIILDA, surtout pendant la période pluvieuse de l’année (MS, 2014).
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Des campagnes nationales de distribution de moustiquaires sont régulièrement
organisées en faveur des populations les plus vulnérables.
II.1.3.2. Les insecticides
Les insecticides sont notamment utilisés pour la Pulvérisation Intra-Domiciliaire (PID)
afin de réduire la quantité de moustiques dans les habitations. De nombreuses études ont
montré leur efficacité et leur intérêt dans la prévention contre le paludisme malgré les réels
problèmes écologiques qu’ils suscitent pour l’environnement ; à cela s’ajoute le problème lié
aux résistances. Le Burkina Faso possède depuis 2016, un plan national de gestion de la
résistance aux insecticides des vecteurs du paludisme (MS, 2016).
Les insecticides employés au Burkina Faso dans la lutte contre le paludisme sont : le
dichlorodiphényltrichloroéthane (DDT), les pyréthrinoïdes comme la perméthrine, la
deltaméthrine, la bifenthrine, le bendiocarbe, le fénitrothion et le chlorpyriphos-méthyl (MS,
2016). La liste est non exhaustive.
L’OMS reconnait que les MIILDA et les PID sont applicables à grande échelle au niveau
communautaire (OMS, 2015).
II.2. Recherches actuelles en matière de prévention du paludisme
La stratégie technique mondiale de lutte contre le paludisme 2016-2030 encourage la
recherche en matière de lutte contre le paludisme (OMS, 2015).
Le Burkina Faso est un Etat qui investit actuellement dans la recherche contre le
paludisme, en collaboration avec d’autres partenaires de la sous-région et avec d’autres
organismes et structures au niveau international. Certaines de ces recherches ont fait l’objet
de publications récentes d’articles.
Ces recherches, actives et diversifiées, explorent plusieurs possibilités et ouvrent de
nouvelles perspectives en matière de prévention.
II.2.1. Recherches actuellement en cours au Burkina Faso
II.2.1.1. MIILDA « nouvelle génération »
Des recherches sont menées actuellement par le Centre National de Recherche et de
Formation sur le Paludisme (CNRFP) afin de rendre les moustiquaires encore plus efficaces
contre les multiples résistances (Murray G. et al., 2019). L’étude porte aussi sur l’impact du
pyriproxyfen sur la durée de vie des moustiquaires imprégnées de perméthrine (Toé L. et al.,
2019).
II.2.1.2. Piège électrique aux moustiques
Le CNRFP étudie aussi la possibilité de la mise en place de pièges électriques aux
anophèles dans le cadre du suivi entomologique (Sanou A. et al., 2019).
II.2.1.3. Insecticide néonicotinoïde (clothianidine)
Ce projet étudie la possibilité d’utiliser la clothianidine comme insecticide pour les PID.
La recherche est actuellement menée par l’Institut de Recherche en Science de la Santé de
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Bobo-Dioulasso7 en collaboration avec une dizaine de pays africains (Oxborough R. et al.,
2019). Il donnerait lieu à une nouvelle formulation d’insecticide pour les PID.
II.2.1.4. Recherche génétique
Il s’agit d’étudier les propriétés membranaires des érythrocytes infectés par P.
falciparum selon la présence d’hémoglobine S ou C (Fröhlich B. et al., 2019).
II.2.1.5. Moustiques OGM (Organisme Génétiquement Modifié)
Le projet de moustiques OGM est porté par Target Malaria et concerne 4 pays
africains : le Mali, le Ghana, l’Ouganda et le Burkina Faso où il travaille en collaboration avec
l’Institut de Recherche en Science de la Santé. Le projet consiste à modifier génétiquement
des moustiques in vitro et à les lâcher dans la nature. Ce seraient des moustiques mutants
mâles qui n’auraient qu’une progéniture mâle. Ce projet a pour but de réduire la population de
l’anophèle femelle dans la nature. Le 1er juillet 2019, 6 400 moustiques mutants ont été lancés
pour la première fois au Burkina Faso dans le village de Bana8.
Ce projet connait beaucoup de controverses au sein de la communauté scientifique
burkinabè et au sein de la population de Bana du fait de la non-maîtrise des conséquences
des moustiques OGM lâchés dans la nature.
II.2.2. Le vaccin contre le paludisme
Après plusieurs décennies de recherche et d’effort de la part des scientifiques, le
premier vaccin contre le paludisme vient d’être recommandé par l’OMS à grande échelle le 6
octobre 2021. Il s’agit du vaccin antipaludique RTS,S/AS01 ou RTS,S. Il est commercialisé
par le laboratoire britannique GSK (GlaxoSmithKline) sous le nom de MOSQUIRIX™). Les
travaux de recherche ont été entrepris par ce laboratoire depuis 1987. Il agit en prévention
contre le Plasmodium falciparum, parasite le plus incriminé dans le paludisme grave. Son
efficacité, selon les études, est d’environ 30 % contre le paludisme grave. Depuis 2016, ce
vaccin faisait partie d’un programme d’expérimentation recommandé par l’OMS chez les
enfants âgés de 5 à 17 mois au Ghana, au Kenya et au Malawi (OMS, 2019a). Au-delà de ce
programme pilote effectif dans lesdits pays depuis 2019, il n’existe pour l’instant aucun autre
vaccin antipaludique recommandé par l’OMS à grande échelle (OMS, 2020).
MOSQUIRIX™ est un vaccin à protéine recombinante contenant 25 microgrammes de
RTS,S (portion de la protéine circumsporozoïte de Plasmodium falciparum fusionnée avec
l’antigène S de surface du virus de l’hépatite B). Il agit au niveau de la phase pré-érythrocytaire
en limitant la multiplication du Plasmodium dans le foie et en réduisant sa capacité d’infecter
les érythrocytes. C’est un vaccin qui suscite une immunité humorale et cellulaire contre la
protéine circumsporozoïte à la surface du sporozoïte (European Medicines Agency, 2021).
Il se présente sous forme de poudre et suspension pour préparation injectable.
Il est indiqué chez les enfants de 6 semaines à 17 mois vivant dans les zones à risque.
Il est administré uniquement par voie intramusculaire. Son schéma vaccinal comporte 3 doses
7
Deuxième grande ville du Burkina Faso. Elle est située au sud-ouest.
8
Village situé au sud-ouest du Burkina Faso à environ 25 km de Bobo-Dioulasso.
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de 0,5 mL chacune, administrées à un mois d’intervalle. L’administration d’une 4°dose est
possible 18 mois après la 3°dose (European Medicines Agency, 2021).
Des recherches se poursuivent afin d’augmenter son efficacité. Il reste aussi à trouver
des moyens financiers et à mettre en place une politique afin de rendre prochainement le
vaccin RTS,S accessible à la population concernée.
Une étude publiée le 25 août 2021 dans le New England Journal of Medicine montre
qu’une combinaison entre une dose de rappel du vaccin RTS,S avec un traitement chimio-
préventif de sulfadoxine-pyriméthamine et d’amodiaquine réduirait d’environ 70% le nombre
de cas graves de paludisme. Cette étude a été menée par le laboratoire GSK au Burkina Faso
et au Mali sur plus de 6000 enfants de 5 à 17 mois entre 2017 et 2020. Après une primo-
vaccination, le rappel du vaccin RTS,S a été administré en début de la saison des pluies à un
groupe d’enfants en même temps que le traitement chimio-préventif. Après 3 ans de suivi,
l’étude montre que cette combinaison a permis de réduire de 63% le nombre de cas de
paludisme grave, de 71% les hospitalisations et de 73% le nombre de décès en comparaison
avec 2 groupes d’enfants, l’un ayant reçu le vaccin seul et l’autre ayant reçu la chimio-
prévention seule (Chandramohan D. et al., 2021).
Les résultats de cette étude sont représentés par les graphiques de la figure 9 ci-après.
FIGURE 9 : RESULTAT DE L'ETUDE COMBINANT LE VACCIN RTS,S ET CHIMIO-PREVENTION
Source : Chandramohan D. et al., 2021
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Récemment, des travaux conjoints entre l’université d’Oxford et l’Institut de Recherche
en Science de la Santé de Nanoro au Burkina Faso ont permis de mettre en place un nouveau
vaccin candidat dénommé R21/Matrix-M. Il est composé d’une protéine recombinante
spécifique au parasite (protéine circumsporozoïte R21) et d’un adjuvant, le Matrix-M. Selon
les essais cliniques de phase II menés au Burkina Faso, chez les enfants de 5 à 17 ans, son
efficacité serait autour de 75%.
Grâce aux efforts que font actuellement les organismes de recherches nationaux et
internationaux, l’un des objectifs clefs de l’OMS en matière de lutte contre le paludisme pourrait
être atteint : mettre en place un vaccin antipaludique efficace à 80% d’ici 2025.
II.3. Présentation du programme national de lutte contre le paludisme 2016-2020
L’éradication du paludisme passe nécessairement par des mesures préventives
efficaces et réalistes. Le Burkina Faso a déjà fait des efforts considérables dans la prévention
du paludisme à travers différents programmes, plans et stratégies mis en œuvre sous la
direction du ministère de la santé. La lutte contre le paludisme occupe une place importante
et prioritaire dans la politique nationale de santé.
L’adoption en 1991 d’un schéma thérapeutique standard pour le traitement du
paludisme et la création du Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP)
constituent les principaux jalons traduisant l’effort national de lutte contre le paludisme.
La figure 10 ci-dessous donne, en résumé, les dates clefs de la lutte contre le
paludisme au Burkina Faso (MS, PNLP, 2016).
FIGURE 10 : PRINCIPAUX JALONS DE LA LUTTE CONTRE LE PALUDISME DE 1991 A 2015
Source : PNLP 2016-2020, 2016
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II.3.1. But et mission du PNLP
« Un Burkina Faso sans paludisme pour un développement humain durable » est le
slogan qui présente la vision générale du pays en matière de lutte contre le paludisme. Le
PNLP actuel fait partie du PNDS. Le but général du PNLP est de mettre en place une stratégie
afin de contribuer à l’amélioration de la santé des burkinabè en réduisant de 75 % la morbidité
liée au paludisme par rapport à l’an 2000. Il est la structure nationale qui coordonne la lutte
contre le paludisme. Il est donc chargé de : « coordonner les activités, de favoriser les activités
de recherche, d’assurer l’approvisionnement régulier en intrants et d’établir les protocoles
thérapeutiques » (MS, 2011). Le PNLP est élaboré tous les 5 ans et piloté par un comité
national pluridisciplinaire et multisectoriel qui a vu le jour par l’arrêté ministériel 633/MS/CAB
du 21 juin 2014.
II.3.2. Organisation du PNLP
Le PNLP comporte 7 unités qui sont9 :
- prise en charge des cas et prévention médicamenteuse,
- lutte anti-vectorielle,
- communication, mobilisation sociale et plaidoyer,
- approvisionnement et logistique,
- planification-suivi-évaluation-recherche,
- administration et finances,
- secrétariat.
Le PNLP 2016-2020 a bénéficié de l’appui technique et financier de l’Etat et de ses
partenaires nationaux et internationaux (voir annexe 2). Le budget total pour la période 2016-
2020 a été estimé à 226 milliards et 601 millions de francs CFA (MS, PNLP, 2016), soit environ
345 millions et 430 mille euros.
II.3.3. Objectifs et stratégies du PNLP
Le PNLP 2016-2020 contenu dans le programme national de santé avait pour objectifs
durant les 5 ans d’action, de réduire le taux de mortalité lié au paludisme de 40%, de réduire
l’incidence du paludisme d’au moins 40% et de renforcer la capacité du plan avant 2020. Afin
d’atteindre ces objectifs, les stratégies suivantes furent mises en œuvre :
- le diagnostic parasitologique du paludisme,
- les traitements antipaludiques,
- la lutte anti-vectorielle,
- la prévention du paludisme chez la femme enceinte,
- la chimio-prophylaxie du paludisme chez les enfants de moins de 5 ans,
- le renforcement de la communication autour du PNLP,
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Source : PNLP 2011-2015
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- la sécurisation de l’approvisionnement des intrants,
- le suivi, l’évaluation et la recherche.
II.3.4. Orientations stratégiques et priorités du PNLP
Le tableau suivant (Tableau 11) résume les priorités et orientations fixées par le PNLP
2016-2020.
TABLEAU 11 : PRIORITES ET ORIENTATIONS DU PNLP 2016-2020
PRIORITES ORIENTATIONS
- Le maintien de la couverture universelle en MIILDA
Lutte anti-vectorielle
- La réintroduction de la PID et de la LAL dans certaines régions
- Le suivi et la gestion des résistances aux insecticides
- Le passage à l’échelle des TDR au niveau communautaire
Prise en charge des cas
- Le renforcement de l’application des directives au niveau du
secteur public et privé
- L’introduction du traitement de transfert à base d’artésunate
suppositoire au niveau communautaire pour les cas de
paludisme grave chez les enfants de moins de 5 ans
- Le passage à l’échelle de la CPS
Chimio-prévention
- La mise en œuvre du TPI au niveau communautaire en phase
d’étude
- La sécurisation de l’approvisionnement en intrants de lutte
Gestions des achats et
contre le paludisme
des stocks
- Le renforcement du système de suivi de la gestion des intrants
de lutte contre le paludisme y compris les contrôles qualité et la
pharmacovigilance à tous les niveaux
- Le renforcement des capacités des acteurs de la chaîne
d’approvisionnement des intrants de lutte contre le paludisme
- Le renforcement des activités de sensibilisation de masse et
Communication
de proximité
- L’amélioration du suivi/évaluation des activités de
communication
- La capitalisation des actions des différents intervenants en
matière de CCC
- La révision des indicateurs du programme
Suivi et évaluation
- La prise en compte des indicateurs entomologiques
- Le renforcement de la qualité des données
- La capitalisation des interventions en matière de suivi-
évaluation
- La budgétisation appropriée du PSN
Financement
- L’élaboration d’une stratégie de mobilisation et de sécurisation
des ressources financières
- L’accélération des procédures de demandes de déblocage des
ressources
- La mise en place d’un dispositif de collecte et d’analyse des
informations financières
- Le renforcement institutionnel
Gestion du programme
- Le renforcement du partenariat
- La promotion de la bonne gouvernance
Source : MS, BF, PNLP, 2016-2020
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III. Agir pour prévenir le paludisme au Burkina Faso par l’assainissement du
cadre de vie
III.1. Impact de l’environnement et du comportement humain sur le paludisme
III.1.1. Selon le rapport de l’OMS 2007
Selon un rapport de l’OMS sur la santé dans le monde présenté par Prüss-üstün A. et
Corvalan C. en 2007, 24% de la charge mondiale de morbidité et 23% des décès enregistrés
dans le monde seraient attribuables à des facteurs environnementaux (Figure 11). Selon le
même rapport, 42% des cas de paludisme « sont imputables à des facteurs environnementaux
modifiables ». Notons que cette étude n’a pas pris en compte l’utilisation des MIILDA comme
mesure de gestion de l’environnement (OMS, 2007).
FIGURE 11 : MALADIES ET TRAUMATISMES AYANT UNE INCIDENCE SUR LA SANTE : INFLUENCE DE
L’ENVIRONNEMENT PAR ORDRE DECROISSANT
Source : OMS, 2007
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III.1.2. Brève revue de quelques études de l’impact de l’environnement sur le paludisme
III.1.2.1. La moustiquaire
L’utilisation de la moustiquaire comme moyen de lutte contre le paludisme est très
ancienne. C’est un moyen de protection mécanique, simple et efficace, à condition qu’elle soit
bien utilisée et en bon état. Elle limite le contact homme-moustique. Son efficacité, tant à
l’échelle individuelle que communautaire, a été montrée par plusieurs études.
Selon une étude faite entre 2005 et 2014 en République Démocratique du Congo et
publiée très récemment en mai 2021, l’utilisation intensive et collective de la MIILDA dans
plusieurs ménages a contribué à baisser fortement la mortalité infantile et a diminué de moitié
les cas de paludisme grave chez les enfants. Selon cette étude, « la prévalence de l’anémie
sévère (concentration d’hémoglobine < 8 g/dl) est passée de 11% en 2007 à 6% en 2013-
2014 » (Karemere J. et al., 2021). La figure 12 met en évidence le lien entre l’utilisation de la
MIILDA et la baisse de l’anémie sévère liée au paludisme chez les enfants de 6 à 59 mois par
province.
FIGURE 12 : PREVALENCE DE L’ANEMIE SEVERE CHEZ LES ENFANTS PAR PROVINCE, EN REPUBLIQUE
DEMOCRATIQUE DU CONGO DE 2007 A 2014
Source : Associating the scale-up of insecticide-treated nets and use with the decline
in all-cause child mortality in the Democratic Republic of Congo from 2005 to 2014.
Au Burkina Faso, l’utilisation des MIILDA (imprégnées de deltaméthrine) dans un
village de savane a permis une réduction de 90% de la transmission et de 59% de la morbidité
palustre (Carnevale P. et Robert V., 2009).
Des expériences similaires ont permis d’atteindre aussi des résultats remarquables à
Madagascar, en Côte d’ivoire et au Togo (Carnevale P. et Robert V., 2009).
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Une grande partie de la littérature relate des résultats remarquables dans la lutte contre
le paludisme grâce à des campagnes de distribution de moustiquaires imprégnées en Afrique
Sud-sahélienne, en Asie du Sud-est et en Amérique du Sud.
L’utilisation des MIILDA peut avoir un double impact : elle confère une protection
individuelle et familiale, et peut avoir aussi un effet de masse si elle couvre plus de 80% de la
population (Carnevale P. et Robert V., 2009).
Selon les différentes études, les MIILDA possèdent 4 actions contre les
moustiques (Carnevale P. et Robert V., 2009) :
- un effet dissuasif ; elles diminuent l’entrée des moustiques dans les habitations,
- un effet répulsif ou irritant ; elles font sortir les moustiques des habitations,
augmentant ainsi leur comportement d’exophilie,
- un effet inhibiteur qui perturbe le comportement des moustiques et empêche leur
reproduction,
- un effet létal sur les moustiques en contact avec la moustiquaire traitée.
Ces propriétés de la moustiquaire sont dues à l’imprégnation d’insecticides de la classe
des pyréthrinoïdes. Cependant, certaines études signalent qu’il y a de plus en plus de
résistance des moustiques aux pyréthrinoïdes et de changement de leur comportement en
général (Duvallet G. et de Gentile L., 2012).
Les Enquêtes sur les Indicateurs du Paludisme au Burkina Faso (EIPBF) en 2014 et
en 2017-2018 ont montré qu’il existe un écart entre « possession » et « utilisation » de
moustiquaire par les ménages (INSD, 2018). Ces enquêtes nationales ne se sont pas assez
intéressées aux difficultés rencontrées par les personnes qui possèdent une moustiquaire et
pourtant ne l’utilisent pas. Nous avons essayé dans notre enquête de comprendre leurs
difficultés et leurs raisons.
L’utilisation de la moustiquaire et la pratique de la pulvérisation intra-domiciliaire sont
reconnues par l’OMS comme des mesures préventives efficaces et applicables à grande
échelle, en matière de lutte contre le paludisme, dans les zones à forte transmission vectorielle
comme le cas de l’Afrique Sub-saharienne (OMS, 2015).
III.1.2.2. Les Pulvérisations Intra-domiciliaire (PID)
Les PID sont efficaces et recommandées notamment dans les cas de poussées
épidémiques ou de leur prévention, lors des déplacements massifs des populations (comme
c’est le cas actuellement au Burkina Faso à cause l’insécurité), pendant les pics saisonniers
de transmission ou en cas de chimio-résistance (Carnevale P. et Robert V., 2009).
Plusieurs études ont montré leur efficacité :
A Madagascar, les PID ont été d’une efficacité remarquable pendant la grande
épidémie qu’ont connue les hautes terres centrales. Des études comparatives ont montré une
grande différence d’évolution du nombre de cas de paludisme au centre de santé d’Analarao
avant, pendant et après la période de PID (Mouchet J., 2004) (Figure 13).
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FIGURE 13 : EVOLUTION DES CAS DE PALUDISME AU CENTRE DE SANTE D’ANALARAO, PROVINCE
D’ANTANANARIVO SUR LES HAUTES TERRES MALGACHES
Source : Mouchet J. et al., 2004
Les PID ont également permis de contrôler le pic de paludisme au Tadjikistan entre
1996 et 1999 grâce à la pulvérisation de plus de 65 000 maisons, ce qui a permis la protection
d’environ 300 000 personnes. L’éclatement de l’épidémie de paludisme avait été causé par
des problèmes sociaux et surtout par l’arrivée massive dans cette région de réfugiés dans les
années 1995 (Carnevale P. et Robert V., 2009).
III.1.2.3. L’habitat
La « manipulation de l’habitat» fait partie des mesures recommandées par l’OMS afin
de défavoriser la multiplication vectorielle (WHO, 2013). En effet, des études ont montré
davantage de transmission du paludisme dans les zones rurales que dans les zones urbaines.
L’habitat est l’une des raisons évoquées par les chercheurs pour expliquer une telle différence
de gradient de transmission (Mouchet J. et Carnevale P., 2004) (Robert V. et al., 1986). En
effet, les habitations en milieu urbain sont plus modernes avec des caractéristiques peu
favorables aux vecteurs, tant-dis que les habitations en milieu rural offrent peu de barrière aux
vecteurs. Par exemple, il a été montré que des rideaux imprégnés d’insecticides posés au
niveau des fenêtres et des portes des habitations ont conféré une protection contre l’incidence
du paludisme à P. falciparum au niveau de la population générale et ont contribué à la
réduction de 19% à 24% de la mortalité infantile, chez les enfants de 6 à 59 mois (Diallo D. A.
et al., 2004). Ces installations protectrices dans les habitations se rencontrent beaucoup plus
dans les zones urbaines que dans les zones rurales.
Plus récemment, une étude publiée en janvier 2021 et ayant pris en compte plusieurs
caractéristiques des habitations a conduit à la conclusion que la modification en matière de
logement pourrait réduire significativement la transmission du paludisme et de la dengue parmi
les personnes vivant dans les foyers (Kua K. P. et Lee S. W. H., 2021). L’étude a consisté à
analyser qualitativement 18 articles publiés faisant le lien entre habitat et paludisme. Les types
de modifications étudiés par la méta-analyse comprenaient la modification des plafonds et des
rubans pour fermer les avant-toits, l’utilisation des moustiquaires sur les portes et les fenêtres,
le revêtement des murs traité par des insecticides. Ces modifications avaient apporté une
réduction significative de la densité vectorielle (Kua K. P. et Lee S. W. H., 2021).
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Une autre étude semblable à la précédente a été faite au sud-ouest du Burkina Faso
dans le but d’identifier les facteurs de risques environnementaux et domestiques associés à
l’entrée des moustiques dans les maisons de couchage. Les résultats publiés en octobre 2021
démontrent que « le taux d’Anopheles gambiae était 45% plus faible dans les espaces de
couchage avec un toit en métal, par rapport à ceux avec des toits de chaume » (Yaro JB et
al., 2021).
Toutes ces études montrent que l’amélioration du logement contribue donc
significativement à la réduction du paludisme.
III.1.2.4. L’assainissement du cadre de vie
III.1.2.4.1. Définition
L’assainissement du cadre de vie est toute action mécanique ou physique sur le milieu
de vie de l’homme ou sur son environnement pouvant contribuer à réduire la transmission
vectorielle du paludisme. Il comprend le drainage des eaux de surface, le remplissage ou la
remise à niveau, l’ensemble des mesures d’hygiène générale du cadre de vie, la gestion des
excréta, la gestion des égouts et caniveaux, la propreté et la gestion des eaux usées et des
déchets solides et ménagers dans les maisons ou autour des maisons, etc. Il s’agit de
l’ensemble des méthodes mécaniques de lutte anti-vectorielle modifiant ou aménageant
l’environnement et pouvant être menées de façon individuelle ou collective. C’est la
modification du milieu de vie, de telle sorte qu’il devienne défavorable à la prolifération des
moustiques.
L’assainissement du cadre de vie fait partie, de façon plus large, de la gestion de
l’environnement définie comme étant « la planification, l’organisation, l’exécution et le suivi des
activités de modification et/ou d’intervention sur les facteurs environnementaux ou leur relation
avec l’être humain avec pour but de prévenir ou de minimiser la multiplication du vecteur et
réduire le contact entre l’homme et l’agent pathogène » (WHO, 1982).
Dans la suite de notre travail, nous utiliserons indifféremment « assainissement du
cadre de vie » et « gestion de l’environnement » comme 2 expressions ayant la même
signification.
III.1.2.4.2. Effets de la gestion de l’environnement sur le paludisme
L’assèchement des marais et les grands systèmes de drainage étaient déjà appliqués
dans l’antiquité gréco-romaine pour réduire la pullulation des moustiques, la fièvre et la peste
(Carnevale P. et Robert V., 2009) ( Kua K. P. et Lee S. W. H., 2021). Des citations d’Hippocrate
font mention de telle méthode plusieurs années avant Jésus-Christ. C’est une ancienne
méthode qui a permis d’éradiquer de grandes épidémies à transmission vectorielle. En effet,
son application au début du 20ème siècle a permis de prévenir et de lutter efficacement contre
le paludisme dans certains pays européens comme l’Italie et la France (Carnevale P. et Robert
V., 2009).
En Angola, des travaux communautaires organisés par des communautés villageoises
ont permis l’élimination des gîtes larvaires autour des habitations dans le village de Lobito
(Carnevale P. et Robert V., 2009).
A propos du gardiennage des animaux dans les habitations ou à proximité des
habitations, une étude faite à Nouna au sud du Burkina Faso a montré que la promiscuité des
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hommes avec les animaux attirait davantage les anophèles dans les habitations et entrainait
une hausse du nombre de piqûres d’anophèle par individu durant la nuit (Yamamoto S. et al.
2009). A l’opposé, la séparation des enclos d’avec les maisons a été une mesure ayant
contribué efficacement à la lutte contre le paludisme dans certains pays européens (Reiter P.,
2008).
Il se dégage de notre revue de la littérature que l’assainissement de l’environnement
de vie, l’hygiène et l’amélioration de l’habitat sont des mesures préventives efficaces de lutte
contre le paludisme. Certains facteurs environnementaux, responsables de la prolifération des
moustiques, sont donc modifiables au niveau communautaire. Le concours de la population
locale est indispensable pour la mise en œuvre de ces mesures de gestion de l’environnement
et du cadre de vie (Kedré O., 2016).
III.2. La politique nationale d’assainissement du cadre de vie au Burkina Faso
Au Burkina Faso, le Ministère de l’Eau et de l’Assainissement (MEA) et le ministère de
l’environnement, de l’économie verte et du changement climatique mènent la politique
nationale d’assainissement du cadre de vie. La Politique et Stratégie Nationales
d’Assainissement (PSNA) a été mise en place en 1996 et le code de l’environnement a été
adopté une année plus tard en 1997 par la loi n°05/97/ADP du 05 janvier 1997 (MEA, BF,
2007). Les réformes institutionnelles en matière d’assainissement trouvent leur base dans la
politique de décentralisation qui répartit les compétences entre l’Etat et les collectivités
territoriales représentées par les régions et les communes (MEA, BF, 2007).
III.2.1. Définition de l’assainissement et de ses sous-secteurs selon la PSNA
L’assainissement au Burkina Faso est défini de façon large comme « un ensemble
d’actions permettant d’améliorer les conditions de vie et d’habitat des populations, de
préserver leur santé et de protéger les ressources naturelles » (MEA, BF, 2007). Il se subdivise
en 4 sous-secteurs principaux qui déterminent les domaines d’intervention des différents
acteurs. Ces sous-secteurs sont : le sous-secteur déchets liquides, le sous-secteur eaux
pluviales, le sous-secteur déchets solides et le sous-secteurs déchets gazeux (MEA, BF,
2007). La coordination de ces sous-secteurs se fait au niveau national par les ministères
compétents, au niveau régional par le conseil régional et au niveau communal par le conseil
municipal (MEA, BF, 2007).
III.2.2. Cadre juridique
La politique nationale d’assainissement bénéficie d’un cadre juridique bien défini. Elle
trouve son fondement dans certains documents de cadrage ; nous pouvons citer, entre autres :
- la Constitution du 02 juin 1991,
- le code de la santé publique de 1994,
- la stratégie nationale d’assainissement de 1996,
- le code de l’environnement de 1997,
- la loi d’orientation relative à la gestion de l’eau de 2001,
- la politique nationale en matière d’hygiène publique de 2004,
- le code général des collectivités territoriales de 2004,
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- le code de l’hygiène publique,
- le décret présidentiel n°2019-0320/Pres/Pm/Mea/Minefid/Matdc/Meevcc/Ms portant
définition des normes, critères et indicateurs d’accès à l’assainissement,
- etc.
Elle est aussi favorisée par les responsables politiques et l’ensemble des différents
acteurs qui y montrent un intérêt croissant à travers des multiples efforts et initiatives.
En outre, la politique de décentralisation du pays qui transfère le pouvoir de décision
et les compétences vers les communes a également favorisé la prise en compte du problème
de l’assainissement dans la gestion communale (MEA, BF, 2007).
III.2.3. Les objectifs
L’objectif global est de « contribuer au développement durable en apportant des
solutions appropriées aux problèmes liés à l’assainissement, afin d’améliorer les conditions de
vie et d’habitat des populations, de préserver leur santé et de protéger les ressources
naturelles » (MEA, BF, 2007).
Cet objectif global se décline en objectifs spécifiques qui sont :
- la mise en œuvre des plans d’action des sous-secteurs de l’assainissement,
- l’amélioration significative des pratiques et comportements des populations en
matière de promotion de l’assainissement à travers l’information, l’éducation et la
communication,
- la recherche des ressources financières pour la promotion durable de
l’assainissement (MEA, BF, 2007).
III.2.4. Les principes de base
Au Burkina Faso, les principes de base suivants soutiennent la politique nationale
d’assainissement :
- le principe d’information, d’éducation et de communication,
- le principe de participation,
- le principe de prévention et de précaution,
- le principe de pollueur payeur,
- le principe de subsidiarité.
III.2.5. Les acteurs et leurs rôles
III.2.5.1. L’Etat
L’Etat détermine la politique et la stratégie nationale de l’assainissement à travers les
ministères compétents en la matière et avec l’ensemble des acteurs concernés (MEA, BF,
2007). Il cherche et collabore avec les partenaires techniques et financiers.
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III.2.5.2. Les collectivités territoriales
Selon le code général des collectivités territoriales, les communes ont un rôle central
et indispensable dans la mise en œuvre de la politique d’assainissement. Elles ont la
responsabilité de mettre en œuvre des ouvrages locaux, des organisations communautaires
en matière d’assainissement selon leurs capacités. Il leur revient, avec l’appui de l’Etat,
d’élaborer et de mettre en œuvre des plans communaux d’action pour l’environnement dans
le domaine de l’assainissement, de lutte contre l’insalubrité, les pollutions et les nuisances. La
commune est chargée de la gestion, de l’enlèvement et de l’élimination des déchets ménagers
(MEA, BF, 2007).
III.2.5.3. Les Organisations Non Gouvernementales (ONG) et le secteur privé
Ce sont des partenaires des acteurs institutionnels. En matière d’assainissement, ils
jouent un rôle d’appui technique, financier et d’accompagnement aux initiatives de la
population locale. Ils mènent notamment des activités de communication, de sensibilisation,
d’études, de conseil et de formation de la population dans la ligne de la politique nationale
déterminée par l’Etat (MEA, BF, 2007).
III.2.5.4. Les populations et leurs associations
La politique nationale d’assainissement ne considère pas seulement les populations
comme de simples bénéficiaires. Elle reconnait leur rôle important dans la mise en œuvre des
activités d’assainissement et les considère comme des acteurs clefs, à part entière dans les
processus de décisions (MEA, BF, 2007). Les populations ont pour rôle de mettre en place
des associations et des organisations, afin d’apporter leur contribution en matière
d’assainissement. Elles doivent avant tout, prendre conscience de l’impact néfaste de
l’insalubrité sur leur santé et la nécessité d’agir dans l’urgence au niveau individuel, familial et
communal.
Malgré l’existence de ces efforts organisationnels et institutionnels et du cadre
juridique, la couverture des structures et services d’assainissement dans le pays reste encore
faible. En 2016, le taux d’accès à l’assainissement était de 20% de la population burkinabè
selon le rapport du programme commun de suivi UNICEF/OMS (Banque Africaine de
Développement, 2017). A l’échelle nationale, plus de la moitié des ménages (52,8%) continue
encore à verser les ordures ménagères dans des dépotoirs sauvages (INSD, ERI-ESI, 2019).
La mise en œuvre de la PSNA a permis de faire des progrès encourageants en matière
d’assainissement ; mais le constat sur le terrain aujourd’hui que reflètent les photos
illustratives ci-après (Figures 15-21) et les enjeux climatiques et environnementaux montrent
bien que ces efforts déjà réalisés restent insuffisants. Cette situation démontre en
conséquence, la nécessité de la mise en place urgente de nouvelles réformes, organisations
et initiatives à tous les niveaux du pouvoir de décision.
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III.3. Photos illustratives de cadres de vie propices à la prolifération des vecteurs
transmetteurs du paludisme
FIGURE 14 : RETENUE D'EAU AU MILIEU D'UN QUARTIER DANS LE VILLAGE DE TEONSGO
Source et crédit : Charles Zango pour notre travail, août 2020
FIGURE 15 : SYSTEME TRADITIONNEL D'EVACUATION DES EAUX USEES DES MENAGES ET DES DOUCHES A L'EXTERIEUR DES
HABITATS
Source et crédit : Achille Ilboudo pour notre travail, juillet 2021
FIGURE 16 : INSALUBRITE DANS LA VILLE DE OUAHIGOUYA
Source et crédit : Charles Zango pour notre travail, août 2020
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FIGURE 17 : SYSTEME DE STOCKAGE ET D'ELIMINATION DES DECHETS DANS UN QUARTIER PERIPHERIQUE DE
OUAGADOUGOU
Source et crédit : Achille Ilboudo pour notre travail, juillet 2021
FIGURE 18 : HABITATIONS DANS LE VILLAGE DE TEONSGO: PORTE ET FENETRE FAVORABLES A LA PENETRATION DES
MOUSTIQUES
Source et crédit : Guillaume Zango, octobre 2021
FIGURE 19 : LES ANIMAUX, SOURCES D'ATTRACTION DES MOUSTIQUES, SONT PARFOIS GARDES DANS LA COUR
D'HABITATION
Source et crédit : Guillaume Zango, octobre 2021
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FIGURE 20 : CANARIS POUR L’EXTRACTION TRADITIONNELLE DES NOIX DE KARITE, GITES DE MOUSTIQUES A L'INTERIEUR
DE LA COUR D'HABITATION
Source et crédit : Guillaume Zango, octobre 2021
FIGURE 21 : HABITATION TRADITIONNELLE : CONSTRUCTION EN BANCO (TERRE CUITE), TOIT ET PORTE EN PAILLE
Source et crédit : Guillaume Zango, octobre 2021
Les photos des concessions ont été prises à toutes fins utiles pour notre travail avec
l’accord des propriétaires. Elles ne sont pas soumises au droit d’auteurs.
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III.4. Les mesures préventives promues dans le PNLP 2016-2020
Parmi les stratégies ci-dessous citées dans le tableau 10, 3 relèvent explicitement de
la prévention : la lutte anti-vectorielle, la chimio-prévention et la communication. Ces 3 priorités
préventives nécessitent la sensibilisation et l’implication de toutes les communautés burkinabè
pour produire les résultats attendus.
Afin de pouvoir les mettre en œuvre efficacement, les 3 priorités ont été déclinées en
stratégies et interventions dont le résumé se trouve dans le tableau ci-dessous (Tableau 10).
TABLEAU 10 : OBJECTIFS, STRATEGIES ET INTERVENTIONS DE LUTTE CONTRE LE PALUDISME
Source : MS, BF, 2016
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Les moyens de prévention contre le paludisme doivent être déployés tout au long de
l’année et beaucoup plus intensément encore à l’approche de la saison pluvieuse.
III.4.1. De l’accès aux MIILDA
La distribution gratuite des moustiquaires aux ménages se fait soit lors des campagnes
de distribution universelle, soit lors de la distribution de routine. Les bénéficiaires sont
prioritairement les femmes enceintes lors de leur passage dans un centre de santé pour les
consultations prénatales et les enfants lors des campagnes de vaccination. Des campagnes
de distribution de moustiquaires à l’ensemble de la population ont eu lieu en 2016 et en 2019
dans le cadre de la mise en œuvre du PNLP 2016-2020 (MS, PNLP, 2016).
III.4.2. De la PID
C’est l’utilisation d’insecticide à effet rémanent dans les habitations. Cette mesure
préventive a été mise en œuvre à titre d’expérimentation en 2018 à Diébougou, Gaoua,
Banfora et Sindou qui font partie des localités où la prévalence du paludisme reste élevée
durant l’année (MS, PNLP, 2016).
III.4.3. De la lutte anti-larvaire
Il s’agit de l’utilisation de larvicides dans des gîtes larvaires. Les districts sanitaires
urbains de Koudougou, Ouahigouya, Koupéla et Banfora ont été retenus pour la mise en
œuvre de ce projet (MS, PNLP, 2016).
III.4.4. De la promotion de l’assainissement du cadre de vie
Elle vise principalement à éliminer les gîtes larvaires abrités dans les différentes
habitations, parfois méconnus par la population. C’est l’assainissement de l’environnement
immédiat dans lequel vit une population bien déterminée et identifiée. Elle nécessite un travail
de sensibilisation et de collaboration des différents acteurs que sont la population, les
municipalités, les chefs et responsables de villages, les familles et le ministère en charge de
l’assainissement et de l’environnement. Cette mesure préventive du PNLP 2016-2020
comprend « la destruction des gîtes larvaires, le comblement des fosses et rigoles et la
destruction des contenants des eaux stagnantes » (MS, PNLP, 2016).
C’est une mesure élémentaire, mais elle reste non négligeable et mérite d’être prise en
compte. Elle nous semble applicable à l’échelle personnelle et familiale, si la population
bénéficie d’une sensibilisation et des mesures d’accompagnement technique et financier
nécessaires de la part des municipalités et du gouvernement.
III.4.5. De la gestion de la résistance aux insecticides
Elle vise à diminuer la résistance ou à la retarder. Sa mise en œuvre nécessite un plan
de gestion des résistances, la sélection et le suivi des produits insecticides qui rentrent dans
le pays, la sensibilisation sur leur utilisation et le suivi entomologique (MS, PNLP, 2016).
III.4.6. Du traitement préventif intermittent chez les femmes enceintes
En rappel, c’est la prise supervisée d’au moins 3 doses de sulfadoxine-pyriméthamine
par les femmes enceintes lors des consultations prénatales dans les centres sanitaires. Les
centres de santé doivent être, au préalable, dotés du traitement en quantité suffisante et avoir
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du personnel qualifié pour le suivi. Il a été souhaité que cette disposition soit applicable dans
tous les centres et formations sanitaires publics et privés du pays après une phase d’étude au
niveau communautaire dans les districts sanitaires de Ouargaye, Pô et Batié en 2017 (MS,
PNLP, 2016).
III.4.7. De la chimio-prévention du paludisme saisonnier chez les enfants de 3 à 59 mois
En rappel, les enfants de cette tranche d’âge devront recevoir mensuellement une dose
de sulfadoxine-pyriméthamine et d’amodiaquine au début de chaque saison à haut risque de
transmission du paludisme. Cette intervention se déroule annuellement entre juillet et octobre.
Initiée en 2015 dans 17 centres sanitaires, la disposition a été étendue à l’échelle nationale en
2016 avec le lancement du PNLP 2016-2020.
III.4.8. Du renforcement de la communication
La communication elle-même, voire le dialogue, constitue une mesure préventive en
matière de lutte contre le paludisme. Il s’agit de donner l’information, de former, de susciter
l’intérêt et de travailler à l’adhésion de tous : leaders politiques et administratifs, chefs
coutumiers, responsables religieux, entreprises, presse locale et nationale et l’ensemble de la
population.
L’acceptabilité des mesures préventives détaillées dans le PNLP et la mobilisation
sociale contre le paludisme dépendront de la qualité du dialogue et des moyens de
communication qui seront établis entre les différents acteurs. La communication doit être
adaptée au niveau d’instruction de la population, grâce à l’utilisation des moyens de
communication accessibles et compréhensibles par la grande partie de la population ; en effet,
le niveau d’instruction scolaire reste élémentaire au Burkina Faso. Cette communication doit
conduire à un changement de comportement social vis-à-vis du paludisme.
Il était prévu que toutes ces mesures de prévention soient précédées d’études de base
nécessaires, de sensibilisation de la population et de formation des acteurs. Des activités de
suivi et d’évaluation au cours de leur mise en œuvre étaient également prévues.
Nous nous sommes intéressés, dans la partie suivante, à la connaissance et à la mise
en œuvre de ces mesures préventives contre le paludisme au sein de la population dans 2
localités précises au Burkina Faso.
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III.5. Evaluation des connaissances et de la mise en œuvre des moyens de prévention
du paludisme à partir d’un questionnaire
Afin d’évaluer l’état des connaissances et de la mise en pratique des moyens de
prévention dans la lutte contre le paludisme, nous avons mené une enquête par l’intermédiaire
d’un questionnaire auprès de 2 populations localisées dans la région du Nord et dans la région
du Centre-nord. L’intégralité de notre questionnaire auquel ont répondu 215 personnes se
trouve en annexe 3.
Signalons que 2 enquêtes sur les indicateurs du paludisme au Burkina Faso ont déjà
été faites au niveau national en 2014 et en 2017-2018. Ces 2 enquêtes ont été des enquêtes
transversales qui ont permis d’avoir des données représentatives à l’échelle nationale sur l’état
de la pandémie du paludisme ; cependant, elles n’ont pas fait l’objet de propositions qui
permettraient de contrôler la pandémie. En s’appuyant sur les données de l’enquête de 2014,
Yaya S., et collaborateurs ont également publié en 2017 une étude sur la connaissance de la
prévention, de la cause, des symptômes et des pratiques du paludisme chez les femmes de
15 à 45 ans au Burkina Faso (Yaya S., 2017). Cette étude a montré que la connaissance des
femmes en matière de paludisme, notamment la connaissance des mesures préventives, reste
faible et par conséquent, il s’avère nécessaire d’améliorer leurs connaissances pour parvenir
au contrôle et à la réduction de l’incidence du paludisme chez cette population vulnérable et
chez les enfants de moins de 5 ans (Yaya S., 2017).
Comme bien d’autres travaux, notre travail a aussi évalué les connaissances et les
pratiques des communautés en matière de prévention contre le paludisme dans le but de
promouvoir spécifiquement l’assainissement de l’environnement.
La littérature sur l’assainissement du cadre de vie en matière de lutte contre le
paludisme est relativement peu abondante par rapport à l’immensité des études et publications
sur la moustiquaire, l’utilisation des insecticides et la chimio-prophylaxie. Plus qu’une simple
évaluation de l’état de la situation, nous avons proposé, dans la dernière partie de notre travail,
des solutions pour appuyer celles qui existent déjà, afin de contribuer à sensibiliser davantage
la population burkinabè sur la nécessité d’assainir plus son environnement dans la dynamique
de lutte contre le paludisme.
III.5.1. Contexte, objectif et intérêt
Plusieurs études déjà faites ont montré l’efficacité de l’utilisation de la moustiquaire
dans la lutte contre le paludisme au Burkina Faso (Okrah J. et al., 2002) (Bocoum F.et al.,
2014) (Diabaté S. et al., 2015). Les campagnes de sensibilisation sur les mesures préventives,
ainsi que les différents programmes nationaux ont fait de la moustiquaire leur cheval de bataille
contre le paludisme. Cependant, les autres mesures préventives, notamment l’assainissement
de l’environnement, nous semblent encore très peu mises en pratique. Des études ont pourtant
montré qu’elles seraient aussi efficaces que l’utilisation de la moustiquaire. L’histoire du
paludisme dans le monde a aussi montré que des grands foyers de paludisme ont pu être
éradiqués grâce à l’effort d’assainissement de l’environnement, y compris l’assèchement des
marées et l’amélioration de l’habitat. A la suite de plusieurs études, travaux et recherches,
notre questionnaire s’inscrit dans le cadre de l’effort national et individuel de lutte contre le
paludisme et ce, à travers la sensibilisation, l’information et la prise de conscience au niveau
de l’ensemble de la population burkinabè sur le lien entre cadre de vie et paludisme. La
sensibilisation actuelle sur les mesures préventives contre le paludisme nous semble être
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réduite sur le terrain à la distribution massive et périodique de moustiquaires lors des
campagnes de sensibilisation. Le recours aux autres mesures préventives, notamment le
recours à l’assainissement du milieu reste très faible au niveau communautaire, aussi bien en
milieu rural qu’en milieu urbain. Une étude publiée en 2015 a montré que dans le contexte
burkinabè, l’assainissement du cadre de vie (le nettoyage de la maison et de ses environs,
l’élimination des sites de reproduction possible des moustiques et l’élimination des objets
creux pouvant contenir de l’eau) a significativement contribué à la diminution de la
transmission du paludisme chez les enfants de moins de 5 ans. Cet impact positif de
l’assainissement de l’environnement était même comparable, selon l’étude, à l’utilisation de la
moustiquaire. Pourtant, la mise en pratique de ces 2 mesures par les programmes nationaux
reste encore très disproportionnelle (Diabaté S., et al. 2015).
L’intérêt de notre travail, par rapport aux multiples travaux et études déjà faits sur les
mesures préventives contre le paludisme au Burkina Faso est de montrer, en allant à la
rencontre des communautés par un questionnaire, qu’en plus de l’utilisation de la
moustiquaire, l’assainissement de leur cadre de vie pourrait aussi contribuer efficacement à
lutter contre le paludisme. Cette mesure a l’avantage d’être simple et aussi bien applicable à
l’échelle des ménages, qu’à l’échelle des collectivités. Elle serait peu coûteuse pour les
communautés majoritairement pauvres et serait aussi avantageuse pour l’environnement.
En nous basant sur le PNLP 2016-2020, notre objectif général dans cette enquête par
questionnaire est de promouvoir les mesures préventives contre le paludisme, avec l’objectif
spécifique de favoriser aussi l’assainissement du cadre de vie par une sensibilisation et par
une prise de conscience de l’utilité de ces mesures préventives au sein de la population
burkinabè majoritairement rurale. Nous formulons l’hypothèse que ces mesures, bien que
contenues dans les différents PNLP, ne sont pas suffisamment connues par la communauté
à la base, la première concernée. Par conséquent, elles ne sont pas assez mises en pratique.
La population semble ne pas être suffisamment encore bien sensibilisée pour le changement
de comportement. Cela passe, selon nous, par un modèle de communication adaptée pour un
changement de comportement.
Notre enquête a été menée dans la commune de Séguénega, située dans la province
du Yatenga, dans la région Nord. Une partie de notre enquête a été également menée auprès
d’une vingtaine de couples dans la province de Baam (Figure 22) dans la région du Centre-
nord.
FIGURE 22 : CARTE DU BURKINA FASO SITUANT LA PROVINCE DE BAAM
Sources : NetAfrique.net
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III.5.2. Méthode
Afin d’atteindre notre objectif ci-dessus cité, nous avons établi un questionnaire
comportant 13 questions. Deux étudiants ont été choisis et formés sur la manière de bien
mener le questionnaire, afin de recueillir des réponses adaptées auprès des personnes
ciblées. La partie menée à Baam a été faite par une 3ème personne. Les 3 personnes chargées
du questionnaire ont également joué le rôle de traducteurs, car les personnes questionnées
avaient le choix de répondre en français ou en mooré.
Nous avons récolté les données de façon anonyme. Le comptage de nos résultats a
été fait manuellement grâce à une feuille Excel.
III.5.3. Questionnaire
La 1ère partie (questions 1 à 4) avait pour but d’établir les caractéristiques de la
population questionnée. La 2ème partie (questions 5 à 7) permettait d’identifier les sources et
les messages d’information sur les moyens de prévention contre le paludisme. La 3ème partie
(questions 8 à 12) concernait l’utilisation des moyens de prévention et les difficultés
rencontrées. La 4ème partie (question 13) avait pour but d’évaluer la connaissance de l’impact
de l’assainissement du cadre de vie sur la lutte contre le paludisme par la population elle-
même.
Il a été recueilli, au total, 215 réponses dans les 2 localités entre novembre et décembre
2020.
III.5.4. Limites du questionnaire et difficultés rencontrées
Le sujet sur le paludisme est tellement courant au Burkina Faso que nos enquêteurs
ont eu, au début, du mal à susciter l’intérêt de ceux qui étaient sollicités pour répondre au
questionnaire. Certains mentionnaient qu’ils avaient déjà collaboré plusieurs fois à ce type de
travail et que le paludisme n’était toujours pas éradiqué. D’autres ont trouvé que le problème
lié à l’environnement et à l’insalubrité au Burkina Faso était un sujet très complexe et presque
impossible à traiter pour l’heure. En plus, notre questionnaire aurait pu être plus court, plus
précis et plus ciblé encore sur l’assainissement du cadre de vie comme moyen de prévention.
Nous nous sommes adressés à une population majoritairement paysanne. Nos résultats
auraient pu être significativement différents, si notre population cible était celle vivant en milieu
urbain ou celle ayant un niveau d’instruction scolaire élevé.
En outre, le problème actuel de l’insécurité au Burkina Faso a fait également que nos
enquêteurs ont eu un accès restreint des 2 localités et se sont satisfaits de recueillir les
réponses de plusieurs personnes au sein d’une même grande famille. Toujours pour des
raisons d’insécurité, l’enquête s’est déroulée dans la discrétion afin d’éviter la divulgation de
l’information, l’engouement et les rassemblements.
Il s’est également posé le problème de traduction du français au mooré10 et vice versa.
10
L’une des langues locales parlées au Burkina Faso
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III.5.5. Résultats
III.5.5.1. Les caractéristiques de la population questionnée
Les répondants au questionnaire étaient majoritairement des femmes (67%) contre une
minorité d’hommes (33%). Plus de la moitié d’entre eux avaient entre 25 et 49 ans, soit 70% ;
les 15 à 24 ans représentaient 10% et les 50 ans et plus étaient à 20%.
En ce qui concerne le niveau d’instruction, 49% avaient un niveau primaire ; 14%
avaient le niveau secondaire ; 9% avaient le niveau supérieur ; 28% ne savaient ni lire, ni
écrire, ni en français et ni dans aucune langue locale. Ceux qui vivaient en zone dite « rurale »
représentaient 60% et ceux qui vivaient en zone dite « semi-rurale », 40%.
III.5.5.2. Les sources et messages d’information sur les moyens de prévention contre le
paludisme
La quasi-totalité des personnes questionnées (96%) avait vu ou entendu un message
de prévention contre le paludisme au cours des 5 dernières années11. Seulement une minorité
(4%) a déclaré n’avoir ni vu, ni entendu de message de prévention. Le nombre de réponses
pour chaque source d’information se trouve dans l’histogramme ci-dessous (Figure 23). Il
ressort que la radio constitue la principale source d’information dans plus de 97% des
réponses. Il était possible pour une personne de cocher plusieurs sources d’information.
11
Nous avons choisi les 5 dernières années en référence au PNLP 2014-2020.
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Si « oui », par quel(s) moyen(s) ?
FIGURE 23 : SOURCES D’INFORMATION SUR LES MOYENS DE PREVENTION CONTRE LE PALUDISME D’APRES LES
RESULTATS DE NOTRE QUESTIONNAIRE
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Concernant le message de prévention, plusieurs réponses étaient à la fois possibles.
Le message de prévention le plus entendu portait principalement sur la moustiquaire avec un
pourcentage de 96% (Figure 24). La réponse aux autres moyens de prévention était assez
faible : 17% pour les insecticides et la pulvérisation des domiciles ; 12% pour la prise des
médicaments par les enfants ; 10% pour le port de vêtements longs à la tombée de la nuit ;
9% pour la prise de médicaments par les femmes enceintes. Ceux qui ne se rappelaient plus
du message qu’ils avaient entendu représentaient 4%.
FIGURE 24 : CONTENU DU MESSAGE DE PREVENTION ENTENDU D'APRES LES RESULTATS DE NOTRE
QUESTIONNAIRE
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A la question de savoir « quelle mesure d’assainissement du cadre de vie connaissez-
vous dans le cadre de la prévention contre le paludisme ? » ; « tenir propre sa maison » reste
la mesure préventive la plus connue. Le nombre de réponses pour chaque mesure préventive
de l’objectif n°2 du PNLP 2016-2020 est représenté dans l’histogramme ci-après (Figure 25).
FIGURE 25 : MESURES D’ASSAINISSEMENT DU CADRE DE VIE CONNUES D’APRES LES RESULTATS DE NOTRE
QUESTIONNAIRE
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III.5.5.3. L’utilisation des moyens de prévention par les communautés de base et les
difficultés rencontrées.
La plupart des répondants au questionnaire, soit 97% utilisent un ou plusieurs moyens
de prévention contre les piqûres de moustiques pendant la saison des pluies. Seulement 3%
des répondants se sont déclarés non utilisateurs des moyens de prévention, soit par manque
de moyens, soit par non croyance en leur efficacité.
Le moyen habituel de prévention le plus utilisé est la moustiquaire. Parmi les
utilisateurs de la moustiquaire, 75% déclarent utiliser une moustiquaire en bon état, contre
25% qui déclarent utiliser une moustiquaire déchirée. Selon nos résultats, la moitié des
moustiquaires utilisées par les enfants datait de plus de 2 ans.
Les réponses concernant le port des vêtements longs à la tombée de la nuit et
l’utilisation des insecticides et/ou la pulvérisation des domiciles représentent respectivement
30% et 20%. Certaines personnes (environ 15%) utilisent plusieurs moyens de prévention à
la fois comme le port de vêtements longs, l’utilisation de la moustiquaire et des insecticides.
En ce qui concerne spécifiquement les moyens d’assainissement du cadre de vie,
environ 80% déclarent tenir régulièrement propre leur maison ; 60% font des efforts dans
l’élimination des gîtes de moustiques et dans la gestion des déchets dans leur environnement
de vie. Peu nombreux sont ceux qui ont déclaré combler les fosses, couvrir les caniveaux ou
éliminer les eaux stagnantes. Remarquons que 16% n’ont mis en œuvre aucun moyen
d’assainissement du cadre de vie. Ces derniers trouvent que ces mesures leur paraissaient
inefficaces devant l’ampleur de la situation actuelle au Burkina Faso, notamment dans le
domaine de l’assainissement du cadre de vie.
Parmi les répondants au questionnaire, ceux qui ne prennent pas de chimio-
prophylaxie chaque année sont environ 40%. Ceux qui déclarent pratiquer la chimio-
prophylaxie ont accès directement sans ordonnance à certains médicaments antipaludiques
comme la BIMALARIL® (association d’arthéméther et de luméfantrine), la SAVARINE®
(association de chloroquine et de proguanil), le FANSIDAR® (association de sulfadoxine et de
pyriméthamine). Environ 30% des questionnés ont recours à l’auto-médication avec des
plantes comme l’eucalyptus et l’acacia à titre préventif. Parmi ceux qui ont été interrogés,
environ 22% utilisent chaque année, en prévention, à la fois des produits pharmaceutiques et
non pharmaceutiques.
En questionnant les 215 personnes, nous avons pu recueillir des difficultés qu’elles
rencontrent lors de la mise en pratique des moyens de prévention recommandés par le PNLP
et/ou par l’OMS. Le tableau suivant donne les difficultés rencontrées selon les différents
moyens de prévention recommandés (Tableau 12).
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TABLEAU 12 : DIFFICULTES RENCONTREES PAR LA POPULATION DANS L’UTILISATION DES MOYENS DE
PREVENTION RECOMMANDES PAR LE PNLP ET /OU PAR L’OMS.
Moyens de prévention Difficultés rencontrées par la population
recommandés par le
PNLP et/ou par l’OMS
Utilisation de la - déchirure parfois des moustiquaires
moustiquaire - méconnaissance du bon usage de la moustiquaire
- chaleur ++++
- pénétration des moustiques dans la moustiquaire ++++
- moustiquaire non adaptée aux jeunes enfants qui se retrouvent en
dehors de celle-ci au matin
- plusieurs personnes dorment sur des nattes à même le sol et les
moustiquaires ne sont pas adaptées aux nattes
Insecticide et/ou - résistance (inefficace avec le temps contre les moustiques)
pulvérisation des - beaucoup de temps passé hors zone pulvérisable
maisons
- effets indésirables : rhume ++++, maux de tête, toux, nausées
- présence de nouveau-né parfois dans la famille
- odeur désagréable
Assainissement du - manque de moyen ++++
cadre de vie - la présence d’animaux dans la maison rend difficile l’application de
cette mesure
- manque de politique de gestion des déchets et ordures
Prise de médicaments - problème d’observance par oubli le plus souvent
pharmaceutiques - effets indésirables : anorexie, perte de goût, vomissements
préventifs par les
femmes enceintes - inefficacité, car on finit toujours par être malade du paludisme
- non croyance des femmes à l’efficacité de ces médicaments
Prise de médicaments - problème d’observance (refus des enfants)
pharmaceutiques - beaucoup d’effets indésirables : fièvre +++, anorexie, diarrhée,
préventifs par les petits vomissement, goût désagréable pour les enfants
enfants (moins de 5
ans)
Port de vêtements - chaleur++++
longs à la tombée de la - coût élevé de ce genre d’habit (manque de moyen)
nuit
- inefficacité, car les moustiques finissent toujours par piquer
Ces difficultés rencontrées quotidiennement par la population sont pour la plupart des
effets indésirables. La chaleur est l’une des difficultés la plus rencontrée lors de l’utilisation de
la moustiquaire et du port des habits longs. Le manque de moyen est également cause de la
non mise en pratique de certaines mesures préventives.
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III.5.5.4. L’assainissement du cadre de vie
Dans la dernière question, nous avons voulu connaitre le point de vue des répondants
sur l’impact de l’assainissement du cadre de vie sur la prévention de la pandémie du paludisme
(Figure 26). Parmi ceux qui y ont répondu, 12% ne voient pas de lien entre assainissement et
prévention contre le paludisme. A l’opposée, des interrogés (50%) pensent que
l’assainissement du cadre de vie pourrait optimiser les efforts de lutte contre le paludisme.
FIGURE 26 : LA VISION DE L'IMPACT DE L'ASSAINISSEMENT DU CADRE DE VIE SUR LE PALUDISME SELON LES
PERSONNES QUESTIONNEES DANS NOTRE ENQUETE
III.5.6. Discussion
III.5.6.1. De la caractéristique de la population questionnée
Les femmes ont majoritairement répondu à notre questionnaire ; les répondants
(hommes et femmes) avaient un faible niveau d’instruction scolaire (77%) et vivaient en zones
rurales (60%). Cette caractéristique sociodémographique est généralement majoritaire dans
les statistiques nationales et dans les 2 enquêtes faites à l’échelle nationale sur les indicateurs
du paludisme en 2014 et en 2017-2018. Au Burkina Faso, 70% de la population habitent dans
des zones rurales (INSD, 2008). Cette partie de la population nous semble être la plus touchée
et la plus exposée au paludisme, car elle n’a pas toujours accès à la bonne information et
dispose de peu de moyens pour les soins de santé en général. Cependant, elle semble être
plus accessible et disponible à collaborer efficacement à toute initiative de sensibilisation en
matière d’assainissement du cadre de vie. Les femmes vivant dans les milieux ruraux sont
presque toutes ménagères et premières actrices de la propreté domestique. Elles sont aussi,
dans les faits, les premières responsables de la santé des enfants de moins de 5 ans. Elles
sont donc incontournables en matière de sensibilisation sur l’assainissement du cadre de vie.
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En outre, des études faites au Burkina Faso et publiées en 2014 montrent que les
enfants issus des familles riches et dont la mère avait un niveau d’instruction supérieure
avaient significativement moins de risque d’être malades du paludisme par rapport aux enfants
de familles pauvres et de mère avec un faible niveau d’instruction (Samadoulougou S. et al.,
2014). Une autre étude menée toujours au Burkina Faso et publiée en 2015 a également
montré le lien entre faible niveau d’instruction et forte exposition au paludisme notamment en
milieu rural (Diabaté S. et al., 2015). Selon Yaya S. et collaborateurs, les femmes avec un
niveau secondaire d’étude avaient environ 30% de chance d’avoir des connaissances plus
précises du paludisme par rapport à celles qui n’avaient aucun niveau d’instruction. Ce
pourcentage de chance était au-delà de 90% pour celles qui avaient un niveau supérieur (Yaya
S. et al., 2017).
Les caractéristiques de la population à majorité féminine, engagée en première ligne
en matière de la santé des enfants, rurale et sans instruction, nous semblent donc être
également un élément important à prendre en compte dans la conception, l’élaboration et la
mise en application des messages d’information, d’intervention et de sensibilisation en matière
de santé.
III.5.6.2. Des sources et messages d’information sur les moyens de prévention contre le
paludisme
Globalement, les personnes questionnées étaient suffisamment exposées aux
messages d’information sur le paludisme (96%). Ce pourcentage élevé ne nous a pas surpris ;
en effet, le thème du paludisme est, à priori, bien connu des burkinabè (Traoré O. et al., 2021).
L’enquête nationale faite en 2018 sur les indicateurs du paludisme montre en particulier, que
la majorité des femmes de 15 à 49 ans (58%) avait également vu ou entendu un message
d’information au cours des 6 derniers mois précédent l’enquête. Notre pourcentage élevé par
rapport au pourcentage national pourrait s’expliquer, par le fait que nous avions déterminé un
temps plus long (5 dernières années) que le temps qui a été déterminé dans l’enquête
nationale (6 derniers mois).
Une autre étude montre cependant que les répondants étaient moins exposés aux
messages sur le paludisme. Dans cette étude, 45% des femmes ayant au moins un enfant de
moins de 5 ans, et vivant en zone péri-urbaine de Ouagadougou avaient reçu un message sur
les moyens de protection contre le paludisme (Drabo K-M. et al., 2014). Ce pourcentage moins
élevé nuance le nôtre et appuie l’hypothèse selon laquelle les messages d’information
n’atteignent pas de façon uniforme les différentes localités. Les habitants des zones péri-
urbaines seraient moins informés par rapport à la moyenne nationale. Cela reste encore à
vérifier par d’autres études. Un travail a déjà révélé qu’il y a une différence de connaissance
sur paludisme entre les zones rurales et urbaines au Burkina Faso (Yaya S. et al., 2017).
La radio (environ 97%), la télévision (49%), les centres de santé (40%) et les agents
de santé (40%) restent les principales sources d’information pour ceux qui avaient reçu des
messages sur le paludisme. Une autre étude donne des résultats similaires avec la radio FM
en tête de liste pour 87,5% des chefs de famille interrogés, les centres de santé pour 61,5%
des femmes enceintes interrogées et 53,4% pour les mères interrogées (Drabo K-M. et al.,
2014). Nos résultats concordent encore avec les résultats d’une étude précédente où il ressort
que plus de 60% des femmes interrogées avaient en leur possession une radio (Yaya S. et
al., 2017). Cependant, cette dernière étude a montré que peu de femmes avaient accès à la
télévision (environ 20%) et qu’elles fréquentaient peu (14%) les services de soins prénatals
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(Yaya S. et al, 2017). Quoi qu’il en soit, au niveau national, la radio, la télévision, les centres
de santé et les agents de santé restent les principales sources d’information (EIPBF 2017-
2018) pour les femmes âgées de 15 à 49 ans en milieu rural.
Les moyens de communication, la radio et la télévision participent donc effectivement
et efficacement à la diffusion des informations sur la prévention contre le paludisme. Avec les
efforts d’électrification des villages, ces moyens de communication, notamment la télévision,
pourraient être renforcés afin de contribuer encore plus largement à la sensibilisation et à
l’information de la population rurale.
Le faible niveau d’information par les affiches et les dépliants que nous avons constaté
pourrait s’expliquer en partie, par le faible niveau d’instruction scolaire de la grande majorité
de la population burkinabè en général et de la population que nous avons questionnée en
particulier. Le support, affiche ou dépliant semble ne pas être le moyen de communication à
privilégier pour une population peu scolarisée et à tradition orale. En outre, le milieu rural
semble ne pas disposer de moyens adéquats pour des affiches d’information et de
sensibilisation. Il faudrait encore d’autres études pour analyser plus profondément la question
en la matière.
Plus de 70% des interrogés avaient au moins un niveau d’instruction primaire. Mais
nos résultats montrent que 19% des interrogés avaient entendu parler du paludisme pendant
leur scolarité. Ce pourcentage nous semble insuffisant. Le message sur le paludisme pourrait
être davantage relayé par l’éducation nationale. L’école pourrait être un canal de
sensibilisation sur les moyens primaires de prévention contre le paludisme. Des études déjà
citées ont bien montré que la connaissance sur le paludisme et la pratique des mesures
préventives (Diabaté S. et al., 2015) augmentaient avec le niveau d’instruction, surtout à partir
du secondaire.
Le message de prévention contre le paludisme le plus répandu et le plus entendu reste
l’utilisation de la moustiquaire : 96% des réponses à notre enquête et plus de 87% chez les
femmes de 15 à 45 ans selon l’EIPBF en 2017. La moustiquaire reste effectivement l’un des
moyens les plus efficaces et faciles à promouvoir à grande échelle. Des efforts restent à fournir
afin que les autres moyens et méthodes soient aussi connus et mis en pratique pour une
synergie d’action avec la moustiquaire. Des efforts continuels sont toujours à faire pour une
meilleure utilisation des moustiquaires.
En ce qui concerne les mesures d’assainissement du cadre de vie selon l’objectif n°2
du PNLP 2016-2020, plus de 85% des répondants ont déclaré connaitre la mesure sur la
propreté des maisons. Leur connaissance des autres mesures reste moyenne et parfois
faible : 45% pour l’élimination des gîtes de moustiques et des déchets ou saletés ; 25% pour
l’élimination des eaux stagnantes ; 15% pour le comblement des fosses et la couverture des
caniveaux. L’étude de Diabaté et collaborateurs (2015) a montré la même tendance ; en effet,
le nettoyage de la maison et de ses alentours était l’action la plus signalée par les répondants
(Diabaté S. et al., 2015). Environ une personne sur cinq déclare ne rien connaître du tout de
ces mesures.
Nous pensons que les mesures d’assainissement du cadre de vie sont des mesures
qui sont à la portée des communautés. Elles sont actuellement peu mises en pratique (sauf le
nettoyage des maisons) ou parfois même négligées. La promotion de ces mesures pourrait
grandement contribuer à la lutte contre le paludisme au Burkina Faso où la gestion des déchets
et de la propreté publique reste un défi social et politique.
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III.5.6.3. De l’utilisation des moyens de prévention par les communautés de base et
difficultés rencontrées
Une large majorité de personnes (97%) déclarent utiliser au moins un moyen de
prévention contre les piqûres de moustiques pendant la saison des pluies. Notre résultat est
similaire aux résultats d’une étude antérieure faite pendant la saison des pluies où 94% des
chefs de ménages interrogés ont déclaré avoir dormi sous une moustiquaire la nuit précédant
l’enquête. Il en était de même pour 88% des enfants de moins de 5 ans, selon la déclaration
de leurs mères (Bocoum F. et al., 2014). Ce pourcentage élevé montre bien un bon niveau de
sensibilisation fait auprès de la population et témoigne des efforts déjà menés jusque-là. Il
pourrait être le témoin du progrès réalisé grâce à des campagnes de sensibilisation et à la
distribution large et gratuite des moustiquaires depuis 2010. Ces efforts de la part des
gouvernants et de la population de base sont à poursuivre.
Nos résultats nous font remarquer, cependant, qu’il y a une très grande disproportion
d’utilisation des moyens de prévention par les communautés et un écart important entre
connaissance et utilisation de ces moyens de prévention.
III.5.6.3.1. L’utilisation de la moustiquaire
La moustiquaire reste le moyen de prévention le plus largement utilisé et déclaré par
les répondants à notre questionnaire. La plupart des études et enquêtes que nous avons
consultées concordent à montrer cette tendance (EIPBF 2014) (Bocoum F. et al., 2014)
(Diabaté S. et al., 2015) (EIPBF 2017-2018) (Yaya S. et al., 2017) (Traoré O. et al., 2021).
Nous avons des résultats similaires dans l’EIPBF 2017-2018 où le pourcentage de possession
d’au moins une moustiquaire par ménage était de 75%. Bocoum F. et collaborateurs ont trouvé
98% de possession de moustiquaire dans leur étude (Bocum F. et al., 2014). Ce résultat reste
le moins surprenant pour nous, car les discours lors des campagnes de sensibilisation sont
bâtis autour de la moustiquaire. Celle-ci est aussi distribuée gratuitement lors de ces
campagnes.
Cependant, nous constatons une baisse de la possession des moustiquaires par les
ménages ; car ce chiffre était de 90% selon le rapport de l’EIPBF 2014. En outre, les EIPBF
révèlent un écart bien réel entre « possession » et « utilisation » de moustiquaires (EIPBF
2017-2018) (EIPBF 2014). Dans l’EIPBF 2014 par exemple, plus de 90% déclarent savoir que
dormir sous une moustiquaire est l’une des meilleures pratiques pour éviter le paludisme ;
cependant, 20% d’entre elles ont en même temps déclaré ne pas dormir du tout sous une
moustiquaire (Yaya S., et al. 2017). Les résultats d’une autre étude montrent également que
la connaissance des recommandations sur la moustiquaire n’est pas forcément suivie de leur
mise en pratique. Selon cette étude, la totalité des femmes enceintes interrogées savaient que
dormir sous une moustiquaire leur était recommandé, mais seulement 50% ont déclaré avoir
dormi sous une moustiquaire la nuit précédant l’enquête (Drabo K-M., et al, 2014). L’étude n’a
pas précisé si toutes les femmes enceintes interrogées possédaient une moustiquaire
utilisable.
Dans la lutte anti-vectorielle, l’utilisation de la moustiquaire reste un axe capital et
incontournable. Au Burkina Faso, les campagnes nationales de distribution de moustiquaires
ont permis une bonne couverture des ménages en matière de possession de moustiquaires,
même si, au sein d’un même ménage, chaque membre ne dispose pas encore de sa propre
moustiquaire. Nous pensons que chaque campagne de distribution de moustiquaires doit être
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accompagnée d’une campagne de sensibilisation à la bonne gestion et au bon usage de la
moustiquaire pour une meilleure efficacité. Les femmes enceintes, les enfants de moins de 5
ans sont les personnes les plus fragiles et les plus exposées au paludisme dans sa forme
grave. Nous pensons qu’il est prioritaire de cibler ces personnes dans la distribution des
moustiquaires. La sensibilisation au bon usage des moustiquaires devrait cibler prioritairement
les femmes, car le plus souvent, les petits enfants dorment avec leur mère et restent auprès
d’elle la plupart du temps.
Parmi ceux qui utilisent régulièrement la moustiquaire, 75% déclarent utiliser une
moustiquaire en bon état contre 25% qui déclarent utiliser une moustiquaire déchirée. La
moitié des moustiquaires utilisées par les enfants date de plus de 2 ans. En outre, la durée de
vie d’une moustiquaire étant de 3 ans, il est également nécessaire de renouveler régulièrement
les moustiquaires, au moins au bout de 3 ans.
III.5.6.3.2. L’utilisation des autres moyens de prévention
Les autres moyens de prévention anti-vectorielle tels que le port de vêtements longs à
la tombée de la nuit, l’utilisation des insecticides et la pulvérisation des maisons sont peu
utilisés par les personnes que nous avons questionnées. Ce constat semble être général au
niveau national. En effet, selon les résultats de l’EIPBF 2017-2018, parmi les femmes de 15 à
49 ans, seulement 0,4% pensent que la pulvérisation des maisons est un moyen de lutte
efficace. Cette faible proportion était déjà constatée dans les résultats de l’EIPBF 2014. Leurs
effets indésirables et la mise en cause de leur efficacité sont évoqués pour justifier leur faible
utilisation. En outre, ils ne semblent pas être adaptés aux types de maisons ayant plusieurs
petites ouvertures à l’extérieur ; ou celles dont les toits et portes sont en paille ; ou encore
celles présentant des portes et fenêtres persanes sans rideaux ni grille de filtration. Ces
maisons ne sont pas hermétiquement fermées, car l’air doit circuler et les moustiques peuvent
entrer et sortir à tout moment. A ce sujet, selon l’étude de Yaya S. et collaborateurs, un faible
pourcentage de femmes interrogées avaient un avis favorable sur leur efficacité : 6,1% pour
les sprays, crèmes et lotions d’insecticides ; 6,4 % pour les médicaments préventifs ; 4,5%
pour les bobines d’insecticides ; 4,9% pour la fumée de bobine et 8,7% pour la couverture du
corps avec des vêtements longs (Yaya S. et al., 2017). Les pourcentages dans notre enquête
étaient plus élevés, mais ils restent tout de même faibles par rapport aux avis sur l’efficacité
et l’utilisation de la moustiquaire. Ces résultats diffèrent avec ceux d’une autre étude faite dans
une zone péri-urbaine où les enquêtés préféraient les insecticides (serpentins fumigènes) par
rapport à la moustiquaire (Drabo K-M., et al., 2014). Ce choix pourrait s’expliquer par le fait
que leurs conditions d’habitation et de logement ne sont pas adaptées à l’utilisation de la
moustiquaire (Drabo K-M., et al., 2014).
L’utilisation des pesticides à grande échelle soulève inéluctablement le problème de
leur impact sur l’environnement et le problème de l’émergence de nouvelles résistances. Les
pesticides sont néfastes pour l’environnement dans un pays déjà grandement touché par la
crise écologique et les problèmes environnementaux telles la pollution et l’avancée galopante
du désert (Leslie A., 2020).
Bien que recommandés par l’OMS pour les zones à transmission élevée du paludisme
et reconnus par le PNLP, l’usage des insecticides et la pulvérisation des maisons ne sont pas
très répandus partout au Burkina Faso par rapport à l’utilisation de la moustiquaire. Les
insecticides suscitent de nos jours des problèmes écologiques à ne point négliger dans un
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monde où la préservation de l’environnement est déjà une urgence vitale. A cela s’ajoutent
aussi les effets secondaires de ces produits.
Le questionnaire a montré que la chimio-prophylaxie est moyennement utilisée par les
habitants en zone rurale. Environ 30% ont recours encore à l’utilisation des plantes et à des
produits non pharmaceutiques (médecine traditionnelle) pour prévenir le paludisme.
III.5.6.3.3. Des difficultés rencontrées
La chaleur est l’une des principales difficultés rencontrées aussi bien dans l’utilisation
de la moustiquaire que dans le port de vêtements longs. Baldet et Skovmand (2004) ont
constaté dans leur étude que le fait de dormir à l’extérieur des maisons à cause de la
température élevée était une difficulté majeure qui réduisait l’emploi des moustiquaires (Baldet
T. et Skovmand O., 2004). En effet, le Burkina Faso est un pays soudano-sahélien où la
température reste élevée durant l’année. Il fait chaud la nuit comme le jour. Cette situation
climatique ne favorise pas effectivement le port d’habits longs et le sommeil sous une
moustiquaire la nuit. L’enquête faite par Drabo et ses collaborateurs dans une zone péri-
urbaine de Ouagadougou dénonce les conditions d’habitation peu favorables à l’emploi des
moustiquaires par les ménages (le nombre élevé de personnes qui dorment dans une seule
pièce, le manque d’espace, la pièce de couchage sert en même temps de cuisine et de
magasin, risque d’incendie, etc.) (Drabo K-M. et al., 2014). Ces conditions d’habitation, bien
que vraies aussi pour la majorité de nos enquêtés vivant dans des zones rurales, n’ont pas
été signalées comme difficultés dans les réponses obtenues auprès d’eux. Les difficultés et
contraintes liées à l’utilisation de la moustiquaire font que celle-ci ne connait pas une utilisation
régulière même si la plupart de ceux qui en possèdent l’ont obtenue gratuitement. Notre étude
n’a pas pu évaluer le nombre de personnes utilisant correctement leur moustiquaire. Par
contre, une étude menée au Bangladesh a montré que 5% de personnes connaissaient les
bonnes manières de l’utilisation de leur moustiquaire de lit (Ahmed S. M. et al., 2011).
Nous pensons que l’amélioration de l’habitat pourrait répondre en partie à cette
difficulté. Des études faites en Gambie et publiées en 2021 ont montré en effet que les maisons
en toit métallique peint en blanc conservaient un micro climat de fraicheur qui contribuait à
l’amélioration du confort intérieur. Cette même étude a aussi montré que la peinture des toits
en couleur était une mesure peu coûteuse. Les maisons à toit métallique peint en blanc étaient
confortables pendant 87% du temps tandis que celles à toit métallique nu étaient confortables
pendant 13% du temps. Les occupants d’une maison à toit métallique peint en blanc auraient
moins chaud la nuit et pourraient potentiellement dormir davantage sous une moustiquaire à
l’intérieur au lieu de dormir à l’extérieur de la maison (moins pratique pour installer la
moustiquaire) ou porter facilement des vêtements longs durant la nuit (Carrasco-Tenezaca M.
et al., 2021).
III.5.6.4. De l’assainissement du cadre de vie
Le plan stratégique 2011-2015 de lutte contre le paludisme au Burkina Faso reconnait
que l’assainissement du cadre de vie et l’élimination des gîtes larvaires par divers moyens
sont efficaces en matière de lutte contre les vecteurs du paludisme. Le PNLP 2016-2020 a
proposé des ateliers de formation et de sensibilisation au niveau régional sur l’assainissement
du cadre de vie afin de réduire la prolifération des vecteurs du paludisme. Notre travail a voulu
savoir si cette mesure préventive est connue et appliquée par la population de base à Baam
et à Séguénega. Un pourcentage élevé des personnes interrogées (90%) déclarent faire des
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efforts dans l’assainissement de leur cadre de vie domestique pour éviter le paludisme et pour
éviter d’autres maladies infectieuses liées à l’insalubrité. Ce résultat nous a surpris, car la
réalité est tout autre dans les ménages et dans l’environnement au Burkina Faso. Notre
pourcentage est élevé par rapport au pourcentage mentionné dans une autre étude réalisée
en zone rurale où environ 21% des questionnés ont déclaré mettre en pratique le nettoyage
domestique pour prévenir le paludisme (Bocoum F. et al., 2014). Notre résultat a peut-être été
biaisé à la hausse si nous formulons l’hypothèse que les personnes interrogées ne voulaient
pas laisser penser qu’elles ne nettoyaient pas régulièrement ou pas assez leur maison. La
plupart des gens ont conscience que leur milieu de vie doit être propre pour limiter la
prolifération des moustiques mais ils n’arrivent pas à le mettre en pratique (Traoré O. et al.,
2021).
Le cadre de vie domestique et public reste encore très pollué par des facteurs
favorables à la survie des moustiques vecteurs du paludisme. Ces facteurs sont pour la plupart
des facteurs modifiables. La politique et les stratégies nationales d’assainissement mises en
place en 1996 semblent ne pas produire les résultats attendus ; les ordures de toutes sortes
gagnent de plus en plus du terrain. Dans l’enquête sur les indicateurs du paludisme au Burkina
Faso (EIPBF) 2017-2018, nous trouvons des exemples de facteurs d’insalubrité qui participent
à la pollution du cadre de vie des ménages, surtout en milieu rural. Au niveau national, 39%
de la population manquent de toilettes et utilisent encore la nature comme lieu de défécation
ou utilisent des toilettes non améliorées (8%) (Figure 27). Ce pourcentage atteint 49% dans la
population vivant en milieu rural (EIPBF 2017-2018).
FIGURE 27 : TYPES DE TOILETTES UTILISEES PAR LES MENAGES PAR MILIEU DE RESIDENCE
Source : EIPBF 2017-2018
Le manque de mise en œuvre de véritables politiques et programmes de traitement
des déchets, le non entretien des fosses à déchets, le peu de caniveaux qui existent dans
certaines localités urbaines, la présence des eaux stagnantes en saisons pluvieuses, l’élevage
des grands animaux domestiques et certaines activités liées au comportement de la population
sont autant de facteurs pollueurs de l’environnement et attracteurs de moustiques.
Les trois quarts des répondants à notre questionnaire pensent que l’assainissement du
cadre de vie pourrait optimiser, au moins moyennement, les efforts de lutte contre le
paludisme. Cependant, nous constatons qu’une personne sur quatre (26%) ignore toujours
l’efficacité de cette mesure et parmi eux, une personne sur dix environ ne voit pas de lien entre
assainissement et paludisme. Des réponses similaires ont été également obtenues dans une
étude récente menée en zones rurale et urbaine. Cette étude rapporte que 15% des personnes
interrogées ne pensent pas que les piqûres de moustiques soient la seule cause du paludisme.
Pour eux, il est donc inutile de supprimer les gîtes larvaires des moustiques dans les maisons
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en cherchant à éradiquer le paludisme ; il existerait, toujours selon eux, d’autres causes qui
feront qu’il y aura toujours le paludisme : « même les personnes qui vivent dans de grandes
maisons et sont très propres autour d’elles, ont aussi le paludisme » avancent-ils comme
raison (propos tirés de l’étude) (Traoré O. et al., 2021). Selon toujours l’étude de Traoré et
collaborateurs, 3% des répondants ignorent complétement les causes du paludisme.
Les réponses à la question 13 montrent que seulement 24% pensent que
l’assainissement de l’environnement peut contribuer à prévenir la transmission du paludisme.
Un pourcentage identique ressort de l’analyse des indicateurs du paludisme au Burkina Faso
en 2014. Dans cette analyse, une femme sur cinq, soit 20%, a déclaré que l’assainissement
de l’environnement faisait partie des meilleures mesures préventives (Yaya S. et al, 2017).
Les résultats de notre questionnaire qui s’accordent avec les résultats de l’analyse faite à partir
des données recueillies à l’échelle nationale, montrent qu’un effort de sensibilisation et de
communication reste encore à faire afin que les communautés burkinabè s’engagent
beaucoup plus dans l’assainissement de leur cadre de vie pour contribuer encore plus
efficacement à la prévention du paludisme.
Assainir le cadre de vie reste indispensable et incontournable dans la lutte anti-
vectorielle. Les prochains programmes nationaux de lutte contre le paludisme devraient
prioritairement œuvrer à la sensibilisation pour une prise de conscience générale de la gravité
de l’insalubrité et de son impact sur plusieurs maladies infectieuses et transmissibles comme
le paludisme et les maladies diarrhéiques. Nous pensons que la population n’est pas encore
suffisamment sensibilisée en la matière pour s’en préoccuper suffisamment. Des efforts
restent encore à faire de la part des responsables politiques au niveau de l’Etat et des
collectivités territoriales.
III.5.6.5. Instabilité politique, insécurité et paludisme
Le Burkina Faso connait depuis 2014 une instabilité politique avec le soulèvement
populaire en octobre 2014 qui a chassé du pouvoir le président Blaise Compaoré. A cela
s’ajoute, à la même période, le problème du terrorisme et de l’insécurité. Cette situation a aussi
causé un flux migratoire important dans le pays, le déplacement et l’agglutination des
populations rurales dans les principales villes du pays. Ces événements sociodémographiques
et géopolitiques affectent tous les domaines de la vie nationale dont le domaine sanitaire. En
effet, le flux migratoire, l’instabilité politique et l’insécurité constituent, à n’en point douter, un
grand frein aux efforts de développement social et à la mise en œuvre de la politique nationale
de santé et paralysent ainsi le plan national de lutte contre le paludisme (Figure 28).
La situation de l’insécurité a particulièrement affecté la mobilité de la population vers
les centres de soin et la mobilité des agents de santé vers la population. Si cette situation
perdure, elle pourrait affecter par exemple, les campagnes de distribution de moustiquaires,
principales sources d’acquisition des moustiquaires par la population. Remarquons que 84%
de ceux qui possèdent une moustiquaire l’ont obtenue lors de ces distributions nationales et
7% lors de la visite prénatale selon l’EIPBF 2017-2018 (INSD, 2018).
Il en va de même entre contexte politique et budget alloué à la santé au Burkina Faso.
En effet, depuis 2014, l’investissement de l’Etat dans le domaine de la santé est en régression.
En 2014, 14% du budget national était alloué à la santé contre 9% en 2018 (PNLP 2016-2020),
(Leslie A., 2020).
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L’instabilité politique et l’insécurité affectent de façon visible l’accès aux soins et les
efforts de prévention contre le paludisme au Burkina Faso. Une analyse montre une cassure
dans les courbes des différents indicateurs de suivi de la lutte antipaludique entre 2010 et
2018 (Figure 28).
Tout programme de développement social, comme les plans et programmes nationaux
de lutte contre le paludisme, nécessite au préalable un système politique et social stable.
FIGURE 28 : INDICATEURS DE SUIVI DE LA LUTTE ANTIPALUDIQUE
Source : INSD, EIPBF 2017-2018 et PNLP 2016-2020. D’après Leslie A., 2020
III.5.6.6. Du comportement et de la mentalité face au paludisme
La population burkinabè vit avec le paludisme depuis des décennies. La plupart des
burkinabè ont déjà été malades du paludisme. Cette maladie est tellement courante et intégrée
dans la vie quotidienne que nous pensons qu’elle devient finalement négligée et banalisée au
sein même de la population. Dire qu’on souffre du paludisme au Burkina Faso n’a presque
plus rien d’étonnant pour personne, alors que c’est une maladie qui continue à tuer
silencieusement des milliers de personnes chaque année. La population semble être victime
de sa familiarité avec le paludisme.
Par manque de sensibilisation et d’information, nombreux sont ceux qui, encore
aujourd’hui négligent la gravité de la maladie. La banalisation du paludisme fait qu’aussi les
causes de cette maladie, telle que l’insalubrité, sont également banalisées.
En outre, de nombreuses personnes deviennent de plus en plus indifférentes dès qu’on
évoque le thème du paludisme. Nous l’avons constaté quand nous sommes allés à leur
rencontre dans le cadre de notre travail. Pour eux, ils vivent dans un milieu où c’est normal
d’avoir le paludisme, occultant ainsi facilement les efforts à faire pour l’éradiquer ou au moins
diminuer sa transmission. Pour éradiquer le paludisme, il faut d’abord espérer que cela est
possible. Il faut plus de sensibilisation pour faire prendre conscience à la population de la
gravité de certaines maladies et de la nécessité de s’en préoccuper. Des perceptions
endogènes et socioculturelles de la santé et de la maladie n’entravent-elles pas la mise en
pratique des mesures préventives « connues » dans la lutte contre le paludisme ? Une
modification du comportement et de mentalité s’avère nécessaire avant la mise en œuvre de
toute mesure préventive.
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Nous pensons que la lutte contre le paludisme est d’abord un comportement et une
mentalité à changer au sein de la population burkinabè. On pourrait y arriver grâce à
davantage de communication, d’information et de sensibilisation concernant les méfaits de
cette pandémie sur les différents secteurs de la vie nationale et personnelle.
III.5.6.7. De la complexité du problème de l’assainissement
A l’issue de la révision du PNLP 2016- 2020 en 2018, l’assainissement du cadre de vie
a été défini comme l’un des axes prioritaires dans la lutte contre le paludisme (PNLP 2016-
2020, version révisée en 2018). Au Burkina Faso, l’espace public dans les zones urbaines et
rurales est parsemé de tas d’ordures et de monticules d’immondices. Les causes de cet état
des lieux publics sont multiples : l’incivisme, l’ignorance de leur impact sur la santé, sur
l’économie et sur l’environnement, le manque de moyen pour installer des poubelles en
nombre suffisant et pour mettre en place des services d’enlèvement des ordures, le manque
de canalisation, etc. A entendre certains témoignages, l’immensité de l’insalubrité décourage
parfois les efforts personnels à fournir en matière d’hygiène et d’assainissement.
L’assainissement du cadre de vie nécessite au préalable un changement de
comportement et de mentalité individuelle et collective. Il forme avec les autres mesures
préventives, une synergie d’action et un complément nécessaire au contrôle et à l’éradication
du paludisme.
Pour conclure notre discussion et ouvrir le chapitre des perspectives, notre travail nous
a permis de nous rendre compte, qu’il n’est pas évident, malgré une connaissance assez
bonne des mesures préventives en général, de mettre en application certaines mesures
comme l’assainissement du cadre de vie. Il faut sans doute poursuivre la réflexion et l’élargir
en faisant appel à d’autres considérations socioéconomiques, démographiques, religieuses,
et surtout culturelles. Ces considérations influencent sans doute significativement les multiples
systèmes de santé en Afrique, sa politique et la manière dont la population agit face à la
maladie et à la santé.
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III.5.7. Perspectives
A la fin de notre travail, nous formulons quelques recommandations à propos du
paludisme et de l’assainissement du cadre de vie à plusieurs niveaux au Burkina Faso :
III.5.7.1. Au niveau du programme national de lutte contre le paludisme
- Faire connaitre davantage le contenu des PNLP par des émissions à la radio et à la
télévision ; ceux-ci étant, selon notre enquête, les principales sources de communication les
plus accessibles par la population, devant les occasions de consultation dans un centre de
santé et les campagnes de distribution de MIILDA qui sont des séances de sensibilisation
occasionnelles.
- Pour renforcer la sensibilisation par les moyens de communication sociale, les PNLP
pourraient mettre en place des séances de sensibilisation de proximité tout au long de l’année.
Des équipes mobiles pourraient passer régulièrement dans les ménages pour des échanges
et des accompagnements spécifiques dans la mise en œuvre des mesures environnementales
de lutte contre le paludisme. Ces séances continues seraient plus efficaces que les
sensibilisations sporadiques à l’approche des pics de l’incidence de la maladie.
- Renforcer la communication entre la multitude d’acteurs intervenant dans la lutte
contre le paludisme. Ecouter davantage la population en lui donnant la parole. Cela évitera les
incompréhensions sur le terrain lors de l’application de certains programmes qui parfois
n’intègrent pas suffisamment les communautés de base. Sous prétexte de leur manque
d’instruction, certains organismes et acteurs nationaux et internationaux, engagés dans la lutte
contre le paludisme, viennent à la rencontre de la population villageoise avec déjà des
solutions et décisions préconçues et toutes faites à appliquer ou à expérimenter. Ils se heurtent
alors parfois à la résistance des habitants du village. Ce fut le cas par exemple, en juillet 2019,
lors de la lancée des moustiques OGM dans le village de Bana 12 par le consortium de
recherche international Target Malaria en collaboration avec les laboratoires de l’IRSS au
Burkina Faso. Cette lancée avait suscité l’indignation de bon nombre d’habitants de ce village
et des villages environnants par manque d’information et de sensibilisation de l’ensemble de
la population. Ce projet, financé en grande partie par la fondation Bill et Melinda Gates, est
développé au Mali, au Ghana, en Ouganda et au Burkina Faso. Les promoteurs du projet ont
pour ambition de modifier le génome des moustiques vecteurs du paludisme afin de les rendre
stériles et de réduire ainsi la transmission de la maladie. Une grande partie de la population
du village de Bana qui abrite le projet et un certain nombre de scientifiques et de médecins
burkinabè avaient manifesté leur inquiétude et leur opposition à une telle expérimentation dont
les conséquences sur l’environnement et sur la santé humaine restent encore non maitrisées
scientifiquement (Carayol R., Reportage sur la lancée des moustiques OGM à Bana.
Paludisme l’autre épidémie. Journal La Croix, n° 41760, Bayard, juillet 2020).
Les femmes et la population rurale constituent à la fois des actrices et des cibles
incontournables en matière de lutte contre le paludisme et devraient être pleinement intégrées
dans le dialogue national et dans les sphères de discussion et de décision pour des sujets
d’intérêt général les concernant en particulier. Il est donc important que l’Etat burkinabè
12
Village situé au sud-ouest au Burkina Faso dans la région des Hauts-Bassins à une vingtaine de
kilomètres de Bobo-Dioulasso.
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garantisse le dialogue avec les différentes couches sociales avant l’initiation de tout projet de
recherche nationale ou internationale qui touche les communautés villageoises.
- Organiser des ateliers de sensibilisation sur l’assainissement du cadre de vie par
village chaque année en complément de la sensibilisation de proximité. Ces ateliers seraient
organisés avec le concours des chefs de ménages et des chefs de villages. Ils seraient axés
sur les mesures d’assainissement du cadre de vie promues par l’objectif n°2 du PNLP 2016-
2020. Les résultats de notre questionnaire montrent que toutes ces mesures ne sont pas
encore suffisamment connues et mises en œuvre par les communautés. Pour rappel, un
pourcentage non négligeable (20%) des personnes questionnées n’ont pas répondu à la
question sur la connaissance des mesures d’assainissement du cadre de vie. Lors de ces
ateliers de sensibilisation, des personnes ressources et compétentes pourraient apporter des
réponses adéquates aux problèmes et difficultés rencontrés par la population dans la mise en
œuvre des mesures de la gestion environnementale contre le paludisme.
- Initier des émissions à la radio et à la télévision pour faire comprendre davantage les
enjeux et la gravité du paludisme à travers des programmes de sensibilisation à la population
qui, à notre sens, néglige et banalise cette maladie. La sensibilisation et l’information
instruisent la population et favorisent l’engagement et la participation communautaire pour plus
d’efficacité.
- Renforcer l’information autour de l’utilisation des moustiquaires. La moustiquaire est
une composante essentielle dans la lutte anti-vectorielle. La simple distribution des
moustiquaires à la population reste insuffisante. Nous proposons d’associer à cette distribution
une sensibilisation sur sa bonne utilisation à partir des difficultés rencontrées par la population
dont quelques-unes ont pu être identifiées grâce à notre questionnaire (réponses à la question
12).
III.5.7.2. Au niveau de l’Etat, des ministères de la santé, de l’éducation et de
l’environnement et des municipalités
- Consacrer plus de moyens financiers à la santé des burkinabè et à la lutte contre le
paludisme. On peut constater une baisse du budget de l’Etat alloué à la santé. Cette nette
régression pourrait s’expliquer en partie par la dégradation de la situation socio-politique et
sécuritaire que connait le pays depuis 2014. Le paludisme est un problème de santé publique
et son éradication demande sans doute une grande mobilisation de moyens techniques et
financiers importants qui doit toujours être une priorité pour chaque gouvernement.
- Mettre efficacement en place un programme de gestion des déchets dans chaque
village dont les habitants seront les principaux acteurs. Des programmes de gestion des
déchets existent déjà dans les principales villes même si beaucoup d’efforts restent encore à
faire au niveau de son application. Qu’en est-il actuellement de la politique et de la stratégie
nationales d’assainissement ?
- Sensibiliser les communes rurales sur la gestion des déchets ménagers et sur la
propreté domestique. Cette sensibilisation pourrait être d’abord mise en expérience en ciblant
principalement les femmes. Ce type de programme et de sensibilisation a déjà été mis en
place dans certains pays limitrophes comme le Bénin avec le programme « sensibilisation et
changement de comportements face à la gestion des ordures ménagères à Porto Novo (au
Bénin) ». Les communes ont été les principales partenaires de ce programme qui a mobilisé
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avec succès les citoyens dans des travaux d’assainissement publics (Economie Verte Afrique,
2014).
- Sensibiliser les villageois sur le type d’habitat à construire afin de faciliter la lutte anti-
vectorielle. L’Etat pourrait accorder des subventions sur certains matériaux de construction
tels que les tôles métalliques, la peinture et le ciment afin de les rendre accessibles aux plus
pauvres.
- Intégrer des enseignements sur le paludisme ainsi que sur les mesures préventives
contre le paludisme dans les programmes scolaires, notamment dans l’enseignement au
collège à l’exemple du Sénégal où des enseignements réguliers sur le paludisme ont été
intégrés dans le programme scolaire de certains villages. Ceci a permis d’avoir des résultats
positifs par exemple dans le village de Beer (PAN Germany, 2009). Les écoliers, collégiens et
lycéens pourraient être des messagers pour transmettre le bon comportement et le savoir dans
la lutte contre le paludisme. De telles initiatives devront être encouragées par les pouvoirs
publics au Burkina Faso où une étude déjà faite à Kaya (au Centre-nord du pays) par Diabaté
et collaborateurs en 2010 et publiée en 2015, a montré que les femmes ayant été instruites à
l’école et celles ayant suivi des séances de sensibilisation et d’information sur le paludisme
mettent beaucoup plus en pratique et de façon significative les mesures préventives anti-
vectorielles. Elles étaient également plus aptes, par rapport à celles n’ayant pas reçu une
sensibilisation ou n’ayant pas été instruites à l’école, à mettre en pratique au moins une
pratique domestique de lutte contre les larves (Diabaté S., et al. 2015).
III.5.7.3. Au niveau de la population de base
- Porter à la connaissance de la population lors des rassemblements populaires comme
les campagnes de distribution de moustiquaires, le nombre de consultations, de décès liés au
paludisme ainsi que le nombre de cas graves de paludisme au niveau national. Cette
information aurait pour but de sensibiliser et de faire prendre conscience de la gravité de la
maladie. Ces chiffres que l’on trouve parfois dans les registres et archives des centres de
santé et par moment publiés dans les journaux ne sont pas communiqués oralement à la
grande partie de la population qui ne sait ni lire ni écrire ou possède un niveau faible
d’instruction.
- Encourager la séparation des enclos d’avec les habitations, surtout en milieu rural
afin d’éviter la promiscuité entre le bétail et les hommes.
- Sensibiliser à la couverture de l’eau de boisson contenue dans les jarres, canaris et
barriques ainsi que la couverture de tout récipient pouvant être un site potentiel de ponte des
œufs d’anophèles ou de refuge pour les vecteurs. Ces mesures élémentaires, simples,
applicables au quotidien et peu coûteuses étaient l’une des stratégies de gestion
environnementale mises en place par la population sri-lankaise pour lutter contre les vecteurs
des maladies parasitaires (Yasuoka J. et al., 2006).
III.5.7.4. Vision de la population sur la promotion de l’assainissement du cadre de vie
dans la lutte contre le paludisme
Dans la réponse à notre questionnaire, 12% pensent qu’il n’y a pas de rapport entre
assainissement du cadre de vie et paludisme ; 14% pensent que l’assainissement du cadre
de vie pourrait contribuer faiblement à la lutte contre le paludisme. Cela montre qu’environ une
personne sur quatre ignore encore l’impact de l’environnement sur le paludisme. Selon le
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rapport du PNLP 2016-2020, seulement 32% des femmes interrogées reconnaissent que
l’insalubrité dans leur maison ou autour de leur maison est un facteur d’attraction des
moustiques vecteurs du paludisme (PNLP 2016-2020).
Il nous semble nécessaire de mettre en place dans les villages, des campagnes de
sensibilisation sur l’assainissement en lien avec le paludisme (Figure 29). Il est important et
basique de faire prendre conscience que les retenues d’eau, les déchets ménagers, la
présence des gros bétails et animaux (porcs, bœufs, moutons, ânes, etc.) dans les maisons,
de même que certaines activités ménagères comme les méthodes d’extraction traditionnelle
des noix de karité, attirent des moustiques et les maintiennent constamment dans les
domiciles. De nombreuses personnes ignorent que beaucoup de sites de ponte des anophèles
femelles, vecteurs du paludisme, sont créés et entretenus par certaines pratiques quotidiennes
de l’homme : le stockage de l’eau de boisson dans des réservoirs non couverts tels que les
jarres, barriques et canaris. D’autres types d’intervention de l’homme favorables à la survie
des moustiques peuvent être signalés pour éveiller les consciences : les fosses creusées
autour des maisons pour la fabrication des briques de construction, le dépôt des ordures en
plein air, la défécation à l’air libre, les fosses septiques ouvertes, les eaux stagnantes des
douches (voir les photos d’illustration des Figures 14, 15, 16, 17, 20), la promiscuité avec les
animaux (voir les photos d’illustration de la Figure 19).
Ces messages d’information et de sensibilisation pourraient être donnés les jours de
marché de chaque village par les communicateurs qui donnent déjà certaines informations
d’intérêt communautaire habituellement les jours de marché. Il s’agit de mettre à profit des
méthodes et moyens de communication qui sont déjà connus pour une sensibilisation
massive. Elle pourrait se faire durant toute l’année, sinon au moins dans la même période que
les campagnes de distribution de moustiquaires au début de la saison pluvieuse.
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FIGURE 29: FACTEURS ENVIRONNEMENTAUX ET DOMESTIQUES POUVANT INFLUENCER LA DENSITE DES
VECTEURS DU PALUDISME A L’INTERIEUR DES MAISONS
Source : Yaro JB et al., 2021
Notre travail a rappelé que l’assainissement du cadre de vie était aussi une mesure
préventive nécessaire à prendre en compte pour lutter efficacement contre le paludisme et
pour optimiser les autres mesures anti-vectorielles, notamment l’utilisation de la moustiquaire
et la pulvérisation intra-domiciliaire. Certains reconnaissent l’efficacité de l’assainissement du
cadre de vie, mais la mise en pratique reste encore insuffisante et parfois limitée à cause des
raisons économiques, sociodémographiques ou à cause des conceptions socioculturelles sur
le paludisme. Une mobilisation concertée entre les décideurs politiques et les communautés
est nécessaire pour parvenir au contrôle et à l’éradication du paludisme. Des actions de
sensibilisation, de formation et d’information sont nécessaires à mettre en place pour attirer
davantage l’attention de la population en la matière pour plus de prise de conscience et
d’engagement.
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Conclusion
Malgré la réduction remarquable de la charge du paludisme dans le monde et en
Afrique Sub-saharienne grâce à des efforts remarquables, le Burkina Faso reste toujours une
zone de transmission intense du paludisme. A l’heure actuelle, le pays est loin du stade de
contrôle de la pandémie du paludisme qui continue d’être la première cause de décès, de
consultation et d’hospitalisation. Le Burkina Faso suit les recommandations de l’OMS en
matière de lutte contre le paludisme et possède son plan national de lutte contre le paludisme.
Des efforts communautaires et individuels restent cependant à faire pour parvenir au contrôle
du paludisme.
Actuellement, la lutte anti-vectorielle au Burkina Faso est principalement basée sur la
distribution des MIILDA à grande échelle et parfois, dans certaines zones sur la PID et sur
l’utilisation des insecticides. Malgré leur efficacité, ces moyens suscitent de nos jours des
questions écologiques et environnementales. En outre, ils induisent une dépendance totale de
la population envers des partenaires fournisseurs des moustiquaires et des insecticides. Leur
mise en œuvre demande également des moyens coûteux. Il est donc temps de se tourner
aussi vers d’autres moyens de prévention possibles qui nous semblent moins coûteux,
respectables de l’environnement et de l’écosystème, efficaces et crédibles. C’est une méthode
qui engage de façon plus active et plus responsable la population de base, première victime
de la pandémie du paludisme.
Dans ce sens, notre objectif est de promouvoir l’assainissement du cadre de vie comme
moyen de lutte préventive contre le paludisme au Burkina Faso. Depuis longtemps,
l’assainissement du cadre de vie a montré son efficacité dans la lutte contre le paludisme. Des
études récentes dont nous avons fait cas dans notre travail continuent de prouver son efficacité
encore de nos jours. En nous appuyant sur des mesures proposées déjà par le PNLP 2016-
2020 et à l’aide du questionnaire que nous avons établi, nous avons pu nous rendre compte
que les mesures concernant l’assainissement du cadre de vie ne sont pas bien connues par
la population de base et donc peu mises en œuvre tant au niveau des collectivités qu’au niveau
individuel par les ménages. L’hygiène et l’assainissement jouent un rôle central pour limiter la
transmission de la maladie (Yamamoto S. et al, 2010).
L’éradication du paludisme, maladie à transmission vectorielle, passe par la gestion de
l’environnement et de l’assainissement du cadre de vie domestique grâce à un changement
préalable de comportement et de mentalité. La mise en œuvre de cette stratégie nécessite
une mobilisation communautaire à la base appuyée par les pouvoirs publics. Nos
recommandations sont surtout centrées sur la sensibilisation et l’information pour une
meilleure prise de conscience des facteurs environnementaux impliqués dans la transmission
du paludisme.
Les efforts internationaux qui ont conduit à la découverte récente d’un vaccin contre le
paludisme sont à saluer avec beaucoup de reconnaissance. Les recherches se poursuivent
afin d’améliorer son efficacité. Mais des mesures politiques doivent être également prises afin
que le vaccin soit accessible à la population vulnérable issue, pour la grande majorité, des
pays économiquement moins avancés au monde.
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Annexes
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Annexe 1. Evaluation du niveau de conscience
- Echelle de Glasgow (Enfants de plus de 3 ans et adultes)
Ouverture des yeux Points
Spontanée et volontaire 4
En réaction à la parole 3
En réaction à la douleur 2
Pas de réponse 1
Réponse verbale Juste 5
Confuse 4
Inappropriée 3
Inintelligible 2
Pas de réponse 1
Réponse motrice Obéit aux ordres 6
Localise la douleur 5
Adaptée avec retrait 4
Inadaptée en flexion 3
Inadaptée en extension 2
Pas de réponse 1
Interprétation : normal : 13-15 points, coma stade I : 8-12 points, coma stade II : 6-7
points, coma stade III : 4-5 points, coma stade IV : 3 points.
- Echelle de Glasgow modifiée ou échelle de Blantyre : (Enfants de moins de 3 ans)
Mouvements des yeux Points
Bien adaptés (suivent le 1
visage de la mère ou des
objets)
Inadaptés 0
Réponse verbale Cri approprié 2
Cri inapproprié, 1
gémissement
Aucune 0
Réponse motrice Localise la douleur 2
Retire le membre en 1
réaction de la douleur
Absence de réponse 0
Interprétation : normal : 5 points, coma stade I : 4 points, coma stade II : 3 - 2 points,
coma stade III : 1 point, coma stade IV : 0 point.
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Annexe 2. Partenaires techniques et financiers et leurs domaines d’intervention
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Annexe 3. Questionnaire
Prévention du paludisme au Burkina Faso : questionnaire anonyme
Objectif : Assainissement du cadre de vie comme moyen de prévention auprès des
communautés (en référence à l’objectif n°2 du Plan National de Lutte contre le
Paludisme au Burkina Faso : PNLP 2016-2020)
I. Caractéristique de la population questionnée.
1. Sexe : Homme Femme
2. Âge : 15-24 ans 25-49 ans 50 ans et plus
3. Niveau d’instruction :
Ne sait ni lire ni écrire ni en français ni en langue locale
Niveau primaire Niveau secondaire
Niveau supérieur
4. Lieu d’habitation : Habite en zone rurale Habite en zone semi-rurale
II. Sources et messages d’information sur les moyens de prévention contre le paludisme.
5. Avez-vous vu ou entendu un message de prévention sur le paludisme au cours des cinq
dernières années ? OUI NON
Si « OUI », par quel(s) moyen (s) ?
Dans un centre de santé Par un agent de santé A la radio
A la télévision Lors des campagnes (meeting) de lutte contre le paludisme
Affiche/dépliant
Dans mon école/collège/lycée Autre(s) source(s) : ………………………
6. Ce message de prévention que vous avez entendu portait sur :
- La moustiquaire
- L’utilisation des insecticides et la pulvérisation des domiciles
- La prise de médicaments pharmaceutiques par les femmes enceintes
- La prise de médicaments pharmaceutiques par les petits enfants
- Port de vêtements longs à la tombée de la nuit
7. Quelle mesure d’assainissement du cadre de vie connaissez-vous dans le cadre de la
prévention du paludisme ? (question ouverte)…………….…………………………………
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Celui qui fait l’enquête rappelle les moyens d’assainissement promus par l’objectif n°2 du Plan National
de Lutte contre le Paludisme au Burkina Faso : PNLP 2016-2020.
Tenir propre sa maison
Eliminer les gîtes de moustiques et des déchets ou saletés de votre maison
Combler les fosses
Couvrir les caniveaux
Eliminer les eaux stagnantes, etc.
III. De l’utilisation des moyens de prévention par les communautés de base et difficultés
rencontrées.
8. Utilisez-vous régulièrement un ou plusieurs moyens de prévention contre les piqûres de
moustiques pendant la saison des pluies ? OUI NON
Si « OUI », cochez votre moyen habituel de prévention contre les piqûres de moustiques :
- Moustiquaire (en bon état)
- Moustiquaire (déchirée)
- De quand datent les moustiquaires de vos enfants ?...........................................................
- Port de vêtements longs à la tombée de la nuit
- Insecticide et/ou pulvérisation de votre maison
Précisez : par qui, comment, quand et, si possible, le nom du produit :
………………………………………………………………………………………
Si « NON», donnez vos raisons :
- Je ne crois pas en leur efficacité
- Autres raisons de non utilisation :…………………………………………..
9. Quel(s) moyen(s) d’assainissement du cadre de vie avez-vous mis en œuvre ?
Tenir propre sa maison
Eliminer les gîtes de moustiques et des déchets ou saletés de votre maison
Combler les fosses
Couvrir les caniveaux
Eliminer les eaux stagnantes
Autre……………………………………………………………………………………………
Aucun
10. De l’utilisation des médicaments préventifs :
- Prenez-vous des médicaments pharmaceutiques à titre préventif ?
OUI NON
Si « OUI », nom (s) du/des médicament(s)……………………………..………………
- Prenez-vous des médicaments non pharmaceutiques à titre préventif ?
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OUI NON
Si « OUI », nom (s) du/des médicament(s) (possibilité ici de dire le nom en langue locale) :
…………………………………..………………………………………………………..
11. Mentionnez éventuellement d’autre(s) moyen(s) de prévention utilisé(s) non cité(s) ou non
signalé(s) dans les questions 8, 9 et 10 :
…………………………………………………………………………………………………
…………...........................................................................................
12. (Ne concerne pas les personnes qui ne croient pas en l’efficacité des moyens de prévention
recommandés).
Quelles difficultés rencontrez-vous dans l’application des mesures de prévention contre le
paludisme ?
Moyens de prévention recommandés Difficultés rencontrées par la population
par le PNLP et/ou par l’OMS
Utilisation de la moustiquaire -
-
-
Insecticide et/ou pulvérisation des -
maisons -
-
Assainissement du cadre de vie -
-
Prise de médicaments -
pharmaceutiques préventifs par les -
femmes enceintes
-
Prise de médicaments -
pharmaceutiques préventifs par les -
petits enfants (moins de 5 ans)
-
Port de vêtements longs à la tombée -
de la nuit -
-
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IV. Assainissement du cadre de vie.
13. Pensez-vous que l’assainissement de votre cadre de vie pourrait optimiser les efforts de lutte
contre le paludisme ?
Non un peu moyennement beaucoup
- Pour ceux qui ont coché « non », dire pourquoi :
………………………………………………………………………………………………..
Merci pour votre participation
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Annexe 4. Valeurs biologiques normales
Valeurs biologiques normales chez l’adulte :
Hémoglobine chez l’homme : 13 à 17 g/dL
Hémoglobine chez la femme : 12 à 16 g/dL
Taux d’hématocrite chez l’homme : 42 à 57%
Taux d’hématocrite chez la femme : 37 à 47%
Bilirubine totale dans le sérum chez l’adulte : 3 à 22 µmol/L
Glycémie (à jeun) : 3,9 à 6,1 mmol/L
Bicarbonates : 23 à 29 mmol/L
pH sanguin : 7,40
Lactatémie : 1+/- 0,5 mmol/L
Créatinémie plasmatique : 50 à 110 µmol/L
Diurèse : 800 mL à 1500 mL/24h
Valeurs biologiques normales chez l’enfant :
Hémoglobine chez le nouveau-né : 14 à 23 g/dL
Hémoglobine chez l’enfant de moins de 10 ans : 11 à 13 g/dL
Taux d’hématocrite chez le nouveau-né : 42 à 60%
Taux d’hématocrite chez l’enfant de moins de 10 ans : 34 à 40%
Bilirubine conjuguée chez l’enfant : < 10 µmol/L
Glycémie (à jeun) : 3,9 à 6,1 mmol/L
Bicarbonates : 23 à 29 mmol/L
pH sanguin : 7,40
Lactates (plasma) chez le nouveau-né : 0,9 à 2,7 mmol/L
Lactates (plasma) chez l’enfant : 0,5 à 2,2 mmol/L
Diurèse chez l’enfant : 1 à 3mL/kg/h
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Serment De Galien
Je jure en présence de mes Maîtres de la Faculté et de mes condisciples :
- d’honorer ceux qui m’ont instruit dans les préceptes de mon art et de leur témoigner
ma reconnaissance en restant fidèle à leur enseignement ;
- d’exercer, dans l’intérêt de la santé publique, ma profession avec conscience et de
respecter non seulement la législation en vigueur, mais aussi les règles de l’honneur, de la
probité et du désintéressement ;
- de ne jamais oublier ma responsabilité, mes devoirs envers le malade et sa dignité
humaine, de respecter le secret professionnel.
En aucun cas, je ne consentirai à utiliser mes connaissances et mon état pour
corrompre les mœurs et favoriser les actes criminels.
Que les hommes m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses.
Que je sois couvert d’opprobre et méprisé de mes confrères, si j’y manque.
ZANGO Wendé-waoga Guillaume | Thèse d’exercice | Université de Limoges | 2022 122
Licence CC BY-NC-ND 3.0
Prévention du paludisme et promotion de l’assainissement du cadre de vie au Burkina Faso
La transmission du paludisme reste toujours élevée en Afrique de l’Ouest malgré les multiples
efforts des organismes nationaux et internationaux. Au Burkina Faso, le paludisme est à l’heure
actuelle, la première cause de consultation, d’hospitalisation et de décès. C’est un véritable fléau
endémique qui paralyse le développement socio-économique du pays. Il est connu que la transmission
du paludisme dépend en grande partie de la gestion de l’environnement et des conditions climatiques.
Le Burkina Faso est engagé dans la lutte contre cette maladie parasitaire en mettant en place
plusieurs recommandations de l’OMS afin de parvenir au contrôle de l’endémie. L’un des axes de lutte
antipaludique de son Programme National de Lutte contre le Paludisme est l’assainissement du cadre
de vie. Selon les résultats de notre questionnaire mené auprès de deux communautés, cette mesure
préventive de lutte anti-vectorielle est cependant peu mise en œuvre et pas assez connue de la
population. L’environnement urbain et rural au Burkina Faso est parsemé d’insalubrité et d’autres
facteurs favorables à la prolifération des vecteurs transmissibles du paludisme. Nous pensons que
sensibiliser davantage la population à l’assainissement et à la gestion de l’environnement est une
mesure écologique qui contribuerait grandement au contrôle de la transmission du paludisme.
Mots-clés : Assainissement, Burkina Faso, cadre de vie, éducation, environnement, hygiène,
insalubrité, lutte antipaludique, lutte anti-vectorielle, OMS, paludisme, Plasmodium, prévention,
sensibilisation.
Malaria prevention and promotion of sanitation of living conditions in Burkina Faso
Malaria transmission remains high in West Africa despite multiple efforts by national and
international agencies. In Burkina Faso, malaria is currently the leading cause of consultation,
hospitalization and death. It is a real endemic scourge that paralyzes the socio-economic development
of the country. It is known that malaria transmission depends largely on environmental management
and climatic conditions.
Burkina Faso is committed to the fight against this parasitic disease by implementing several
WHO recommendations in order to achieve the control of the endemic. One of the malaria control
axes of its National Malaria Control Program is the sanitation of living conditions. According to the
results of our questionnaire conducted with two communities, this preventive vector control measure
is however scarcely implemented and not sufficiently known to the population. The urban and rural
environment in Burkina Faso is littered with unsanitary conditions and other factors leading to the
proliferation of transmissible malaria vectors. We believe that increasing public awareness of
sanitation and environmental management is an environmentally sound measure that would greatly
contribute to the control of malaria transmission.
Keywords : Sanitation, Burkina Faso, living conditions, education, environment, hygiene,
insalubrity, malaria control, vector control, WHO, malaria, Plasmodium, prevention, awareness.