Chapitres 1 & 2
Chapitres 1 & 2
Filière PC
S. Ameziane et M. Moussa
Mars 2025
Table des matières
1 Espaces Vectoriels 2
1.1 Dénition de quelques structures algébriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2 Sous espace vectoriel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.3 Familles génératrices, libres, bases . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.4 Dimension d'un espace vectoriel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2 Applications linéaires & matrices 8
2.1 Dénitions et propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2.2 Image et noyau d'une application linéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.3 Matrices : Dénitions et Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.4 Matrice d'une application linéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.5 Écriture matricielle d'une application linéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.6 Changement de bases & matrice de passage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1
Chapitre 1
Espaces Vectoriels
1.1 Dénition de quelques structures algébriques
Dénition 1.1 Soit G un ensemble non vide, muni d'une loi de composition interne (l.c.i),
+ : G×G → G
notée ′ +′ , dénie de la façon suivante, (x, y) 7→ x + y
.
On dit que (G, +) est un groupe si,
1. la loi ′ +′ est associative, c.à.d, ∀x, y, z ∈ E , (x + y) + z = x + (y + z),
2. la loi ′ +′ admet un élément neutre qu'on note 0G , c.à.d, ∀x ∈ G, x + 0G = x + 0G = x,
3. Tout élément de G admet un symétrique (ou un opposé) pour la loi (+), ∀x ∈ G,
∃!x′ ∈ G, tel que x + x′ = x′ + x = 0G , on note souvent x′ = −x,
Si en plus, la loi (+) est commutative, c.à.d. ∀x, y ∈ G, x + y = y + x, on dit que le groupe est
commutatif.
Dénition 1.2 Soit K un ensemble non vide, muni de deux lois de composition internes,
notées respectivement ′ +′ et (×). On dit que (K, +, ×) est un corps si,
1. (K, +) est un groupe commutatif
2. K ∗ , × est un groupe, K ∗ = K\{0K },
3. la loi × est distributive par rapport à la loi +.
Si la deuxième loi est commutative, on dit que le corps K est commutatif. L'élément neutre de
la loi × est noté 1K .
Dénition 1.3 Soient K un corps commutatif et E un ensemble non vide. On appelle loi de
composition externe (l.c.e) entre K et E , toute application, notée ′ .′ , dénie de K × E dans E
. : K×E → E
de la façon suivante ; (λ, x) 7→ λ.x
Dénition 1.4 Soient K un corps commutatif et E un ensemble non vide muni d'une l.c.i
+ et d'une l.c.e ′ .′ . On dit que (E, +, .) est un espace vectoriel sur K (ou E est un K-espace
′ ′
2
CHAPITRE 1. ESPACES VECTORIELS
3. ∀λ ∈ K, ∀x ∈ F , λ.x ∈ F
On dit que F est non vide et stable par combinaison linéaire.
Proposition 1.3 Soit E un K-e.v et F un s.e.v de E . Alors F est un K-e.v.
Exemple 1.2 Exemples de s.e.v :
1. Soit E un K-e.v alors {0E } et E sont deux s.e.v (triviaux) de E .
2. R est un s.e.v de C.
3. D = {(x, y) ∈ R2 | y = ax}, a ∈ R, est un s.e.v de R2 . D est appelée la droite vectorielle
de R2 . Les droites réelles sont les seules s.e.v non triviaux de R2 .
4. Rn [X] = {P ∈ R[X]| degP ≤ n} est un s.e.v de R[X]. n ∈ N.
5. C(I, R) l'ensemble des fonctions continues d'un intervalle I ⊂ R dans R est un s.e.v de
F(I, R).
Exemple 1.3 Dans R2 les droites vectorielles F = {(x, 0), x ∈ R} et G = {(0, y), y ∈ R} sont
deux s.e.v de R2 alors que F ∪G n'est pas s.e.v car elle n'est pas stable par combinaison linéaire.
En eet, (1, 0) ∈ F ⊂ F ∪ G et (0, 1) ∈ G ⊂ F ∪ G alors que (1, 0) + (0, 1) = (1, 1) ̸∈ F ∪ G.
Dénition 1.6 Soit E un K-e.v et F , G deux s.e.v de E . On appelle somme de F et G le s.e.v
de E déni par
F + G = {x1 + x2 | x1 ∈ F, x2 ∈ G}.
Exemple 1.4 (Exemples de s.e.v) Soient F et G les deux s.e.v de R2 , dénis par F =
{(x, 0), x ∈ R} et G = {(0, y), y ∈ R}.
alors F + G = R2 , il sut de vérier que R2 ⊂ F + G. Soit (x, y) ∈ R2 alors (x + y) =
(x, 0) + (0, y) ∈ F + G. D'où le résultat.
Proposition 1.7 Soit E ̸= {0E } un K-e.v de dimension nie, F et G deux s.e.v de E alors,
1. dimF ≤ dimE
2. dimF = dimE si, et seulement si, F = E
3. E = F ⊕ G si, et seulement si, pour toute base B de F et toute base C de G, B ∪ C est
une base de E .
Proposition 1.8 Soient F et G deux s.e.v d'un K-e.v de dimension nie. Alors,
1. dim(F + G) = dimF + dimG − dim(F ∩ G)
i=1
8
CHAPITRE 2. APPLICATIONS LINÉAIRES & MATRICES
4. On note par C([a, b], R) l'e. v des fonctions continues sur [a, b] Zà valeurs dans R, alors
b
l'application (intégrale), I : C([a, b], R) → R dénie par I(f ) = f (x) dx, est linéaire.
a
5. f : R → C dénie par f (x, y) = x + iy est un isomorphisme.
2
1. l'élément aij s'appelle le coecient de la matrice A d'indice (i, j). (Le coecient dans
la i-ème ligne et la j -ème colonne du tableau A.
2. une matrice de taille (n, n) s'appelle une matrice carrée d'ordre n.
3. L'ensemble des matrices de taille (m, n) est noté Mm,n (K) et l'ensemble des matrices
carrées d'ordre n) est noté Mn (K)
4. une matrice dont tous les coecients sont nuls est appelée la matrice nulle.
5. la matrice carrée d'ordre n dénie par aii = 1 et aij = 0 pour j ̸= i est appelée la matrice
identité d'ordre n. On la note In :
1 0 0 ··· 0
0 1 0 ··· 0
.. . . . . . . ..
In = . . . . . .
0 ··· 0 1 0
0 ··· 0 0 1
7. une matrice
L = (aij ) ∈ Mn (K) est dite
triangulaire inférieure si aij = 0 pour i < j :
a11 0 ··· 0
.
.. . .. . .. ..
.
L=
a(n−1)1 · · · a(n−1)(n−1) 0
an1 an2 an(n−1) amn
8. une matrice
est dite triangulaire
U (aij ) ∈ Mn (K) supérieure si aij = 0 pour i > j ,
a11 a12 · · · a1n
0 a22 · · · a2n
U = .. . . . . .
. ...
. .
0 · · · 0 ann
9. On appelle transposée de la matrice A = (aij ) ∈ Mm,n (K), la matrice t A = (aji ) ∈
Mn,m (K)
Dénition 2.5 Soient A = (aij )1≤i≤m,1≤j≤n et B = (bij )1≤i≤n,1≤j≤m deux matrices de Mm,n ,
la somme des matrices A et B est dénie par la matrice A + B = (aij + bij )1≤i≤n,1≤j≤m .
Le produit d'une matrice A = (aij )1≤i≤n,1≤j≤m par un scalaire λ est dénie par la matrice
λA = (λaij )1≤i≤n,1≤j≤m .
Exemple 2.4
7 −2 3 0 2 −4
A= B=
−2 5 −4 3 −5 8
2.7 + 3.0 2.(−2) + 3.2 2.3 + 3.(−4) 14 2 −6
2A + 3B = =
2.(−2) + 3.3 2.5 + 3.(−5) 2.(−4) + 3.8 5 −5 16
car le nombre de colonne de M , égal à 3, est diérent du nombre de ligne de A qui est égal à
2. Alors que le produite BM n'est pas possible alors que M B est possible. De plus, on a,
A1 B1 A1 B2
C = AB =
A2 B1 A2 B2
2 1
où A1 = 1 −1 2 , A2 = 2 1 −1 , B1 = −1 , B2 = 2 . Donc,
1 −1
2 1
1 −1 2 5 −3
C = AB = −1 2 = ,
2 1 −1 2 5
1 −1
Tandis que D = BA et donné par,
2 1 4 −1 3
1 −1 2
D = −1 2 = 3 3 −4
2 1 −1
1 −1 −1 −2 3
Proposition 2.9 (M(m,n) , +, .) est un K-e.v
Remarque 2.1 Soient A, B et C trois matrices,
1. Si le produit AB est possible alors le produit BA n'est pas forcément possible. Prenez A
matrice carrée d'ordre 2 et B de taille (2, 3) alors AB est possible alors que BA ne l'est
pas.
2.
Si AB et BA sont possibles, en général, on n'a pas AB = BA.En eet, pour A =
1 −1 0 1 −1 2 0 1
, B= ⇒ AB = ̸= = BA
0 1 1 −1 1 −1 1 −2
Proposition 2.10 Soient A, B ∈ Mn telles que AB = BA alors,
p
X
(A + B)p = Cpk Ap−k B k = Ap + pAp−1 B + · · · + pAB p−1 + B p .
k=0
p!
Pour 0 ≤ k ≤ p, Cpk = . A0 = In , Ak = AA . . . A, k-fois.
k!(p − k)!
En particulier pour B = In , comme AIn = In A = A alors
p
X
p
(A + In ) = Cpk Ak = In + pA + · · · pAp−1 + Ap .
k=0
x1
..
x = x1 e1 + · · · + xn en . La matrice . s'appelle la matrice de x dans la base B . On la note
xn
M(x, B) ou M(x).
Exemple 2.7 Soit B = {e1 , e2 } une base de R2 , où e1 = (1, 1) et e2 = (1, −1) et soit B′ =
{f1 , f2 , f3 } une base de R3 , où f1 = (1, 1, 0) et f2 = (0, 1, 1) et f3 (0, 0, 1). Soit g ∈ L(R2 , R3 )
telle que
0 1
′
M(g, B, B ) = 1 −1
1 0
Calculons g(1, 2). Il faut commencer par calculer les coordonnées de (1, 2) dans la base B.
2) = x1 e1 + x2 e2 = (x1 + x2 , x1 − x2 ). D'où x1 = 3/2 et x2 = −1/2. Donc, M((1, 2), B) =
(1,
3/2
−1/2
. Ainsi,
0 1 −1/2
3/2
M(g(1, 2), B ′ ) = M(g, B, B ′ )M((1.2), B) = 1 −1 = 2 .
−1/2
1 0 3/2
1 3 1 3 1 3 7
Donc, g(1, 2) = − f1 + 2f2 + f3 = − (1, 1, 0) + 2(0, 1, 1) + (0, 0, 1) = − , ,
2 2 2 2 2 2 2
De plus,
7 13 7x + 13y
2 10 x 2x + 10y
M(g ◦ f (x, y), B ′′ ) = M(g ◦ f, B, B ′′ )M((x, y), B, B ′ ) =
2 0 y = 2x
.
5 8 5x + 8y
2. f est bijective si, et seulement si, M(f, B) est inversible et dans ce cas
M(f −1 , B) = (M(f, B))−1
a11 · · · a1j · · ·
a1n
.. .. ..
. . .
B′
PB = ai1 · · · aij ··· aim
.. .. ..
. . .
an1 · · · anj · · · ann
n n n
! n n
! n
X X X X X X
v= x′j e′j = x′j aij ei = aij x′j ei = xi e i .
i=1 i=1 i=1 i=1 j=1 i=1
j=1
x1 x′1
. .
.. et X ′ = M(v, B ′ ) = .. . L'égalité (∗) est équivalente à
Posons X = M(v, B) =
xn x′n
a11 · · · a1n x′1 x1
.. .. .. . .
. . . .. = ..
an1 · · · ann x′n xn
Exemple 2.10 Soient B = {e1 , e2 , e3 } la base canonique de R3 et B′ = {e′1 , e′2 , e′3 } une autre
base de R3 où e′1 = (−1, 1, 0) , e′2 = (1, 0, 1) et e′3 = (1, 1, 1). Cherchons la matrice de passage
PBB et exprimons le vecteur v = (7, 2, 1) dans la nouvelle base.
′
Par dénition,
−1 1 1
′
PBB = 1 0 1 .
0 1 1
De même, on a M (v, B) = PBB′ M (v, B) donc, M (v, B′ ) = PBB′ M (v, B).
Cherchons alors les coecient de l'ancienne base dans la nouvelle, on trouve : e1 = (1, 0, 0) =
α1 e′1 + α2 e′2 + α3 e′3 = (−α1 + α2 + α3 , α1 + α3 , α2 + α3 ) ainsi, on obtient le système suivant :
−α1 + α2 + α3 = 1 α1 = −1
α1 + α3 = 0 ⇒ α2 = −1
α2 + α3 = 0 α3 = 1
Ainsi, les coordonnées du vecteur v = (7, 2, 1) dans la nouvelle base sont données par,
−1 0 1 7 −6
M (v, B ′ ) = MB′ (B)M (v, B) = −1 −1 2 2 = −7 .
1 1 −1 1 8
Exemple 2.11 Soient l'application linéaire f : R2 → R3 dénie par f (x, y) = (−x + y, −6x +
4y, 2x − y), B1 la base canonique de R2 et B2 la base canonique de R3 . On donne B1′ =
{(1, 2), (1, 1)} une autre base de R2 et B2′ = {e′1 = (1, 2, 3), e′2 = (0, 1, 1), e′3 = (0, 2, 1)} une
autre base de R3 .
′ ′
1. Donner M(f, B1 , B2 ), PBB11 et PBB22 .
2. En déduire M(f, B1′ , B2′ )
−1 1 1 0 0
B1′ 1 1 B2′
1. On a, M(f, B1 , B2 ) = −6 4 , PB1 = 2 1 et PB2 2 1
2 .
2 −1 3 1 1
′ −1 ′
′ −1
2. On a, M(f, B1′ , B2′ ) = PBB22 M(f, B1 , B2 )PBB11 . Il sut de calculer B
PB22 = PBB′2 .
2
C'est à dire exprimer les vecteurs de l'ancienne base dans la nouvelle base, alors on a,
e1 = (1, 0, 0) = α1 e′1 + α2 e′2 + α3 e′3 = (α1 , 2α1 + α2 + 2α3 , 3α1 + α2 + α3 ) ainsi, on obtient
le système suivant :
α1 = 1 α1 = 1
2α1 + α2 + 2α3 = 0 ⇒ α2 = −4
3α1 + α2 + α3 = 0 α3 = 1
e1 + e2 + e3 = e1 e1 = e′1 − e′3
e1 + e2 = e2 ⇒ e2 = −e′1 + e′2 + e′3
e2 + e3 = e3 e3 = e′1 − e′2
1 −1 1
Donc, (PBB′ )−1 = 0 1 −1 . D'où, M(f, B′ ) = (PBB′ )−1 M(f, B)PBB′ c.à.d
−1 1 0
1 −1 1 1 2 0 1 1 0 2 1 1
M(f, B ′ ) = 0 1 −1 0 1 0 1 1 1 = 1 2 1
−1 1 0 0 −1 1 1 0 1 −2 −2 1
Dénition 2.9 Deux matrices A, B ∈ Mn (K) sont dites semblables s'il existe P ∈ Mn (K)
inversible telle que,
B = P −1 AP
Corrolaire 2.2 Soient f ∈ End(E) et B et B′ deux bases de E alors M (f, B) et M (f, B′ ) sont
semblables.