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Rage

La rage est une zoonose mortelle transmise à l'homme principalement par les morsures d'animaux infectés, représentant un problème de santé publique majeur, notamment en Algérie. Le virus rabique, fragile et à ARN, se propage par la salive et peut être prévenu par la vaccination et la lutte contre les animaux errants. En cas d'exposition, un traitement préventif immédiat est essentiel, car il n'existe pas de traitement curatif une fois la maladie déclarée.
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La rage est une zoonose mortelle transmise à l'homme principalement par les morsures d'animaux infectés, représentant un problème de santé publique majeur, notamment en Algérie. Le virus rabique, fragile et à ARN, se propage par la salive et peut être prévenu par la vaccination et la lutte contre les animaux errants. En cas d'exposition, un traitement préventif immédiat est essentiel, car il n'existe pas de traitement curatif une fois la maladie déclarée.
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Pr H.

Brahimi Maladies Infectieuses

RAGE
I. INTRODUCTION :
 La rage est une zoonose transmise accidentellement à l’homme, à déclaration obligatoire
humaine.
 Elle réalise un tableau encéphalomyélite aigue constamment mortelle et survient le plus
souvent après morsure par animal atteint de la maladie.
 Elle pose un véritable problème de santé publique en Algérie et dans tous les pays en voie de
développement.
 C’est une maladie qui peut être prévenue par la lutte contre la maladie animale (lutte contre
les animaux errants : chien+++) et par une bonne prise en charge en cas de contamination et
d’exposition.

II. ÉPIDEMIOLOGIE :

1. Agent causal :
 Le virus rabique est un Rhabdovirus du genre lyssavirus.
 C’est un Virus à ARN.
 En microscopie électronique, il a la forme de bâtonnet, d’une balle de fusil arrondie à une
extrémité et aplati à l’autre.
 Il est constitué d’une nucléocapside à structure hélicoïdale, étroitement entourée d’une
enveloppe lipoprotéique Hors de l’organisme.
 le virus est fragile : rapidement détruit par le savon, l’éther et ammonium quaternaire. Il est
sensible à la chaleur, la lumière la dessiccation.
 La manipulation d’animaux morts est dangereuse : le virus garde toutes sa virulence dans le
cadavre pendant un temps +/- long.

2. Réservoir :
 la rage est une zoonose des vertébrés à sang chaud. Le réservoir varie selon les régions.
Le virus se perpétue dans 3 grands cycles :
• Rage sauvage des carnassiers = rage sylvatique :
Loups et renards en Europe et la moufette aux USA

• Rage canine = rage urbaine=rage des rues : moyen orient, Inde, Asie du sud-est, Amérique
centrale et du sud, Afrique (chien et chat)

• Rage des chiroptères : Amérique, Europe du nord, Espagne.

3. Répartition géographique :
La rage constitue un véritable problème de santé publique
 Algérie : 15 à 20 cas de rage humaine/an 900 cas de rage animale/ an et 120 000 cas de
personnes exposées (chien errant++)
 OMS : 55000 cas de rage / an soit 1 décès par rage /10 mn à l’échelle mondiale.

4. Transmission :
Le passage d’une espèce à une autre est facilité par les troubles du comportement dus à
l’encéphalopathie et les liens écologiques qui rapprochent les différentes espèces :
chien/homme.
Pr H.Brahimi Maladies Infectieuses

La transmission à l’homme se fait essentiellement par la salive des animaux à l’occasion d’une :
 Morsure,
 Griffade,
 Plus difficilement par l’intermédiaire d’objets souillés.
 L’inoculation par voie muqueuse est possible : par léchage ou par apport de salive par
des doigts souillés
 ou Inhalation dans les grottes infestées de chauves-souris
 Iatrogène : décrite après transplantation d’organes (ex : greffe de cornée++).
 Le virus ne traverse pas la peau saine.
 Maladie professionnelle : équarisseurs, garde de chasse, animaliers, forestiers…

III. PATHOGENIE
Le cheminement du virus rabique suit les étapes suivantes :

 Les animaux (chiens et chats) ne sont contaminants que 5 - 7 jours qui précèdent les signes
cliniques et ce jusqu’à leur mort.

IV. ÉTUDE CLINIQUE


1- Incubation : longue et variable, 30 à 40 jrs (10j à 1 an)
Le début est d’autant plus rapide que la porte d’entrée est située dans une région proche du SNC
ou riche en filets nerveux
2- Début : brutal, anxiété, paresthésies au niveau de la région mordue.
3- Phase d’état : s’installe rapidement parfois en moins de 24 heures et 2 tableaux cliniques
sont possibles :
a- Rage furieuse ou spastique : Réalise un tableau d’excitation psychomotrice :

Hydrophobie : élément majeur et caractéristique, responsable de la survenue de


spasmes pharyngo laryngé violents et douloureux : déclenché d’abord par la
tentative de déglutition de liquide ensuite lors de la moindre excitation
sensorielle ou motrice (vue de liquide, bruit en particulier le liquide qui coule).
Ces spasmes entraînent une répulsion intense, contracture des traits, souffrance
extrême, avec lutte contre son entourage lors des tentatives de le faire boire. Le
malade est terrorisé, n’ose pas boire malgré la soif vive.
Pr H.Brahimi Maladies Infectieuses

Aérophobie : les spasmes surviennent lors des courants d’air ou parfois le simple
souffle de l’examinateur
- Périodes d’excitation intense : dure 1 à 5 mn, le malade est agité, court, se bat et
présente des comportements bizarres souvent type maniaque (Le malade conserve
son intelligence intacte jusqu’à la mort).

Troubles neurovégétatives :
 T° 39°-40°,
 Convulsions,
 troubles de la conscience,
La mort survient en 03-04 jours, le plus souvent par atteinte neurovégétative

b- Rage paralytique : Moins fréquente, réalise un syndrome paralytique ascendant de type Landry:
 paralysie des membres inférieurs,
 troubles sphinctériens,
 atteintes des muscles respiratoires,
 atteintes bulbaires avec paralysie des nerfs crâniens et arrêt cardio respiratoires.
La mort survient en 05-07jours

V. DIAGNOSTIC POSITIF
• Arguments épidémiologiques :
L’anamnèse représente un élément clé et capital du diagnostic
• Arguments cliniques : rage furieuse ou paralytique
• Diagnostic para clinique :
La confirmation ne se fait que par un laboratoire spécialisé à partir de prélèvement salivaires,
d’appositions cornéennes, LCR, biopsie cutanée (nuque et menton) ou cérébrale :

o Isolement du virus :
- RT-PCR : Détection des ARN viraux et typage des souches virales (méthode de
choix actuellement)
- Culture cellulaires de neuroblastome murin (24H)
- Microscopie électronique
o IFD :
Spécifique et sensible 100% (permet un diagnostic en 2 heures)
o Autopsie :
Lésions spécifiques constituées par des corpuscules de Negri (corps viraux acidophiles) dans
les cellules de la corne d’Ammon, associées à des lésions d’encéphalites non spécifiques Les
mêmes techniques sont utilisées chez l’animal.

VI. Diagnostic différentiel :


 L’accès maniaque,
 Délire aigu
 Delirium tremens" des alcooliques chroniques,
 Poliomyélite
 Méningomyélite.

VII. TRAITEMENT :
Aucun traitement pour la rage déclarée (maladie mortelle)
Pr H.Brahimi Maladies Infectieuses

VIII. LA PREVENTION+++ :
En cas d’exposition à un risque rabique, une vaccination débutée dès le contact infectant fait
apparaître une immunité avant que la maladie ne se déclenche.

Prophylaxie primaire :
• Lutte contre les chiens errants et les animaux non vaccinés (abattage)
• Vaccination des animaux domestiques
• Vaccination des personnes à profession exposée :
Vaccin culture cellulaire : j0, j7, j28, rappel à 1’année puis tous les 5 ans

Conduite à tenir après exposition au risque rabique


 Pas de traitement de la rage déclarée

1°Traitement local :
 Lavage à l’eau savonneuse, puis rinçage à l’eau pure, désinfection à l’ammonium
quaternaire ou solution iodée.
 Pas de suture, sinon un parage.

2°Traitement spécifique :
 L’immunothérapie (sérum animal ou humain), sans limite de temps après contact que dans
les morsures graves par animal fortement suspect.
 Une partie est injectée au niveau de la blessure et pas dans le même site anatomique que la
1ère injection du vaccin et au plu tard une semaine après cette dernière (20 U/kg).

3°Vaccination :
 1er cas : animal inconnu ou son cadavre détruit, traitement vaccinal complet
 2ème cas : animal mort, envoyer sa tête à l’IP, la vaccination entreprise sera interrompue si le
Dc de rage est infirmé
 3ème cas : animal vivant suspect au 1er examen, débuter le traitement, qui sera interrompu, si
l’animal s’avère sain
 4ème cas : animal vivant et sain au 1er examen, pas de traitement, la vaccination est entreprise
si apparaissent des signes de rage chez l’animal.

VACCINATION :
 Il n’y a pas de contre-indications pour le vaccin anti rabique
 Les vaccins sont préparés sur culture cellulaire (âge plus de 5 ans) et mieux toléré,
administrés en IM dans la région deltoïdienne selon deux schémas(OMS) :
 Zagreb (court):2 injections en 2sites différents à j0, j7, j28.
 Essen : j0, j3, j7, j14, j28 et j90.
Ou sur culture tissulaire (préparé sur cerveaux du souriceau
nouveau-nés, sur tissu nerveux) : j1, j2, j3, j4, j5, j6, j7, j11, j15, j30, j90.

 Devant la découverte d’un carnivore domestique mort sans raison apparente, le plus prudent
est de ne pas le toucher à mains nues et de prévenir les autorités compétentes.
 Vaccination des animaux domestiques et sauvages.
 Ramassage des chiens et chats errants.
 vaccination des personnels exposés avec rappel à 1 an, puis tous les 5 ans.

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