Séance de Spécialité no 15
Dosage spectrophotométrique
Mots-clefs « traceurs chimiques » et « surveillance et lutte contre les pollutions ».
1 Méthode – Réaliser une dilution
Compétences S’Approprier et Réaliser
Pour préparer un volume Vf de solution fille de concentration cf , prélever un volume Vm de solution mètre de concentration
cm tel que :
cf × Vf
cm × Vm = cf × Vf ⇒ Vm =
cm
Concentrations cm et cf en mole par litre (mol/L) ou en gramme par litre (g/L), volumes Vm et Vf en litre (L).
• Dans un bécher, verser suffisamment de la solution mère pour
prélever le volume Vm .
• En tenant le bécher incliné, prélever le volume Vm à l’aide d’une
pipette jaugée munie d’une pipeteur (a). Le bas du ménisque doit
être au niveau du trait de jauge (b).
• Verser le prélèvement dans une fiole jaugée de volume Vf jusqu’à
ce que le bas du ménisque soit au niveau du deuxième trait de
jauge de la pipette (lorsqu’il existe) (c), sinon, vider entièrement
la pipette.
• Remplir la fiole jaugée aux trois quarts avec de l’eau distillée (d).
• Après l’avoir bouchée, agiter la fiole jaugée (e).
• Compléter avec de l’eau distillée d’abord à la pissette (f), puis au
compte-gouttes (g) jusqu’au trait de jauge.
• Reboucher la fiole jaugée, puis agiter pour homogénéiser la solution
fille.
a . On désire effectuer une dilution d’un facteur 5 permet-
tant d’obtenir 50,0 mL d’une solution fille, à partir
d’une solution mère donnée à 32,0 mg·L−1 .
Indiquez le mode opératoire (trois ou quatre lignes au
maximum).
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2 Méthode – Préparer une échelle de teinte
Compétences S’Approprier et Réaliser
2.1 Qu’est-ce qu’une échelle de teinte ? 2.2 Comment la préparer rapidement ?
Solution mère Sm à diluer
Une échelle de teintes est un ensemble de solutions de Concentration massique connue : cm
concentrations différentes et connues d’une même espèce
chimique colorée. Volume de solution mère à prélever : Vm
Solution fille Sf à diluer
Pour comparer les teintes des différentes solutions, celles- Concentration massique souhaitée : cf < cm
ci sont versées dans des contenants identiques, généra-
lement des tubes à essais. Dans ces conditions, deux Volume de solution fille préparée : Vf > Vm
solutions contenant une même espèce chimique colorée à
la même concentration ont la même teinte.
Une échelle de teintes est souvent préparée par dilutions
successives d’une solution mère de concentration connue.
2.3 Comment est défini le facteur de dilution ?
Le facteur de dilution F est défini par :
cm Vf
F = ou F =
cf Vm
avec F > 1.
2.4 Synthèse
b. La verrerie utilisée lors de la préparation rapide est-
elle de la verrerie de précision ? Quel autre précaution
doit-on prendre ?
c . Calculer la concentration en solution fille dans le cas
précédent. Formule littérale + application numérique.
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3 Méthode – Utiliser un colorimètre
Compétences S’Approprier et Valider
1. Brancher l’alimentation : +15 V sur le fil Attention ! Cet appareil indique directement l’ab-
rouge, masse sur le fil noir : sorbance A, qui est une grandeur sans unité !
3. Sélectionner la longueur d’onde λmax à l’aide
du commutateur. Ne pas changer ce réglage par la
suite, car il faut de nombreuses minutes à l’élec-
tronique interne pour cesser de dériver (matériel
scolaire français de très basse qualité...) :
Attention, pensez bien à utiliser l’étoile des cou-
leurs pour choisir la longueur d’onde de travail, si
vous ne disposez pas du spectre !
4. Effectuer le blanc c’est-à-dire placer une cuve
(typiquement, remplie d’eau) dans l’appareil, et
en appuyant sur le bouton qui va bien, cache noir
bien en place, laisser le colorimètre mémoriser cela
comme une absorbance nulle A = 0. On n’aura
alors dans les mesures que l’effet de l’espèce colo-
2. Brancher le voltmètre pour recueillir le signal :
rée ;
absorbance sur la sortie jaune, masse sur le fil noir,
calibre 2 V en continu : 5. Effectuer les mesures d’absorbance, en notant
les valeurs indiquées sur le multimètre. Travailler
rapidement : la dérive thermique des appareils est
démentielle !
6. Tracer la droite d’étalonnage à partir d’une
échelle de teinte, à la longueur d’onde λmax choisie,
afin d’obtenir la constante de proportionnalité k
entre l’absorbance A et la concentration c :
A=k·c
qui n’est rien d’autre que la loi de Beer-Lambert,
valable pour des solutions diluées.
7. Relever l’absorbance A d’une solution de
concentration inconnue à la longueur d’onde de
travail λmax et utiliser la droite d’étalonnage précé-
dente pour déterminer la concentration inconnue c.
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4 Méthode – Comment réaliser un dosage spectrophotométrique ?
Compétences S’Approprier et Valider
4.1 Qu’est-ce qu’un dosage ? 4.3 Le préliminaire de l’échelle de teinte
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . une solution inconnue permet Si la valeur de la constante de proportionnalité k dans la
de déterminer la . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ......... loi de Beer-Lambert . . . . . . . . . . . . . . . . . . . n’est pas don-
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . qu’elle contient. Cela signifie « dé- née, il faut réaliser une échelle de teinte avec l’espèce
terminer la dose » (sous-entendu, la « dose » qui va considérée.
être utilisée dans une réaction chimique ou dans un Une fois cette échelle de teinte réalisée, il faut mesurer
médicament). l’absorbance A pour chacune des solutions préparées, et
Remarque : si l’on connaît précisément le volume V de la tracer A en fonction de la concentration c des solutions
solution, par exemple le volume de la . . . . . . . . . . . . . . . . . . . de l’échelle de teinte préparés.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . , on peut déduire la quantité de ma-
tière n de la concentration c par la formule :
n=c·V
4.2 Tout commence par le spectre
Il faut tout d’abord réaliser le spectre de la solution
étudiée, contenant entre autres une espèce absorbant la Si les solutions ne sont pas trop concentrées, la courbe
lumière. A = f (c) est une droite passant par l’origine, conformé-
ment à la loi de Beer-Lambert . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . On
trace alors une droite d’interpolation moyenne, passant
par l’origine (point sûr) et au milieu des points (interpo-
lation).
4.4 Le test non destructif de la solution
Une fois l’échelle de teinte réalisée et la droite d’étalon-
nage tracée, il ne reste qu’à mesurer l’absorbance de la
solution inconnue à l’aide du spectrophotomètre.
Dans cette solution étudiée, on suspecte la présence d’une Pour en déduire la concentration inconnue, on utilise la
espèce chimique, dont on veut connaître la quantité. Il droite d’étalonnage. Cette droite permet :
faut tracer le spectre de cette espèce seule, afin de trouver
la position λmax d’un maximum d’absorbance : — soit de trouver la pente k :
k=
et donc de retrouver la loi de Beer-Lambert ;
— soit de réaliser une lecture graphique à partir de
l’absorbance A mesurée sur la solution inconnue.
4.5 Synthèse
d. Quelles conditions doit-on respecter pour pouvoir
effectuer un dosage spectrophotométrique ?
Il faut qu’à cette longueur d’onde, l’espèce considérée
absorbe seule, et que cette absorbance soit significative e . Rappeler les trois étapes qui permettent de réaliser
(au mieux, maximale), pour une meilleure précision. un tel dosage.
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5 TP – Identification des colorants dans un sirop de menthe
Compétences Analyser et Réaliser
Comment peut-on procéder pour déterminer la concentration en jaune Tartrazine et en bleu
Patenté V dans ce sirop de menthe en utilisant la couleur ?
Le matériel à disposition Pourquoi faut-il diluer l’espèce à doser ? Si
— Le sirop de menthe dilué 10 fois ; l’absorption est trop forte, d’une part le spec-
— Du papier millimétré ; trophotomètre sature (il plafonne à son maximum
— Un colorimètre ; A = 3, 3, pour l’appareil du lycée), d’autre part
— Deux burettes ; le lien entre absorbance A et concentration de
— Une solution de jaune tartrazine à 10 mg·L−1 ; l’espèce n’est plus linéaire.
— Six tubes à essais ; Pourquoi faut-il réaliser une courbe d’étalon-
— Trois cuves de spectrophotométrie. nage ? Cette courbe permet d’établir le lien entre
Roue chromatique l’absorbance A mesurée et la concentration de
l’espèce absorbant à la longueur d’onde choisie.
rouge Précautions d’utilisation : Pour que la diminution
de l’intensité lumineuse ne provienne que de l’es-
magenta jaune pèce colorée à étudier, il faut éliminer toutes les
autres causes d’absorption : réflexion et absorp-
tion des parois de la cuve, absorption du solvant,
des autres solutés éventuellement contenus dans
bleu vert
la solution...
cyan En vue de s’affranchir de tous ces paramètres, on
effectue un réglage du zéro d’absorbance, appelé
Pourquoi choisir la spectrophotométrie ? blanc. Ce réglage s’effectue avec une cuve en place
C’est une technique de mesure de concentration dans l’appareil, la cuve contenant alors toutes les
qui fonctionne lorsque l’on dispose d’une espèce espèces autres que celle à étudier.
colorée, absorbant seule dans une bande d’absorp-
tion repérée par la longueur d’onde au maximum f . Rédiger un protocole, le soumettre à l’approbation
d’absorption λmax . du professeur et le réaliser.
Il est donc important de vérifier :
g . La dose journalière admissible en colorant bleu Pa-
1. que l’espèce à étudier est colorée ; tenté V est de 2,5 mg par kilogramme de masse
2. que l’espèce absorbe seule à la longueur d’onde corporelle. Quel volume maximal de ce sirop peut
à laquelle on va se placer ; boire par jour un élève de masse 60 kg ? On suppose
que ce sirop est la seule source de ce colorant dans
3. que l’asborption n’est pas trop forte. son alimentation.
Spectres d’absorbance A = f (λ) du sirop de menthe et des deux colorants.
2
Sirop de menthe dilué 1/10e
Jaune Tartrazine E102
Bleu patenté V E131
1,5
A
0,5
0
3 3,5 4 4,5 5 5,5 6 6,5 7 7,5
λ (×10−7 m)
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6 Correction des exercices de la séance no 15
14.1 No 5 p. 18 – Gaz à effet de serre 3. a . Proportion en dioxyde de carbone dissous :
1. Méthane :
H 1,8×1016
p(CO2 ) =
1,8×1016 + 2,6×1018 + 3,3×1017
C p(CO2 ) = 0, 6 %
H H
H Proportion en ion hydrogénocarbonate :
HCFC-124 : quatre substituants différents sur l’un des
carbones, donc un carbone asymétrique C∗ :
2,6×1018
H p(HCO−
3) =
1,8×1016 + 2,6×1018 + 3,3×1017
C∗ p(HCO−
3 ) = 88, 2 %
CF3 C`
F Proportion en ion carbonate :
CFC-13 :
C`
3,3×1017
p(CO2−
3 ) =
1,8×1016 + 2,6×1018 + 3,3×1017
C
F F p(CO2−
3 ) = 11, 2 %
F
2. La troisième colonne du tableau indique un PRG de b. À pH = 8, 2, nous sommes entre pKA1 = 6, 3 et
2000 pour HCFC-124, sur 20 ans. Donc l’impact est pKA2 = 10, 3, donc dans le domaine de prédomi-
le même que 2000 tonnes de CO2 . nance de l’ion hydrogénocarbonate.
3. La durée de vie du méthane dans l’atmosphère est c . Il y a accord dès lors que l’espèce prédominante a
inférieure à celle du dioxyde de carbone. L’impact du une concentration (donc une proportion) au mini-
méthane sur l’effet de serre est donc plus faible à long mum dix fois plus forte que les autres formes. Ce
terme. qui est le cas ici.
4. C’est l’inverse de la question précédente : si l’effet du
CFC-13 sur une longue période est plus forte que sur 14.3 No 13 p. 35 – Les récifs coraliens
une faible période, c’est donc que sa durée de vie dans
l’atmosphère est plus longue que celle du dioxyde de 1. Le dioxyde de carbone est un gaz qui se dissout dans
carbone. l’eau, pour former l’acide carbonique.
2. L’acide carbonique est une espèce susceptible de libé-
14.2 No 7 p. 19 – L’ion hydrogénocarbonate rer des ions H+ et donc d’acidifier l’eau des océans.
1. Le dioxyde de carbone dissous dans l’eau CO2 ,H2 O 3. Le pH diminue, et la concentration en ions carbonate
ou acide carbonique H2 CO3 est un acide, tout comme diminue.
l’ion hydrogénocarbonate HCO− 3. 4. La solubilité diminue lorsque la température aug-
L’ion hydrogénocarbonate HCO− 3 et l’ion carbonate
mente.
CO2−3 sont des bases. 5. Le carbonate de calcium, qui constitue les coquilles
2. L’ion hydrogénocarbonate est un amphotère ou am- des récifs coralliens, se dissout plus facilement dans
pholyte : il peut se comporter comme un acide ou les eaux des océans acidifiés par l’apport d’acide car-
comme une base. bonique. L’existence de ces récifs est donc menacée.
7 Exercices de la séance no 16
15.1 No 5 p. 46 – Ozone 15.2 No 8 p. 47 – Chlorure 15.3 No 10 p. 33 – Pollution
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