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Année 2008
THESE
Pour le
DOCTORAT VETERINAIRE
JURY
Président : M.
Professeur à la Faculté de Médecine de CRETEIL
Membres
Directeur : Monsieur B. CLERC
Professeur à l’ENVA
Assesseur : Madame B. ENRIQUEZ
Professeur à l’ENVA
Invité : Docteur G. PAYEN
ÉCOLE NATIONALE VETERINAIRE D’ALFORT
Année 2008
THESE
Pour le
DOCTORAT VETERINAIRE
JURY
Président : M.
Professeur à la Faculté de Médecine de CRETEIL
Membres
Directeur : Monsieur B. CLERC
Professeur à l’ENVA
Assesseur : Madame B. ENRIQUEZ
Professeur à l’ENVA
Invité : Docteur G. PAYEN
LISTE DES MEMBRES DU CORPS ENSEIGNANT
Directeur : M. le Professeur MIALOT Jean-Paul
Directeurs honoraires : MM. les Professeurs MORAILLON Robert, PARODI André-Laurent, PILET Charles, TOMA Bernard
Professeurs honoraires: MM. BUSSIERAS Jean, CERF Olivier, LE BARS Henri, MILHAUD Guy, ROZIER Jacques, CLERC Bernard
Mme CALAGUE, Professeur d’Education Physique * Responsable de l’Unité Mme GIRAUDET Aude Clinique équine, Ingénieur de
recherche
REMERCIEMENTS
A Monsieur le Professeur
Hommage respectueux.
Pour sa disponibilité,
Merci.
Merci.
A Céline, Pierre (vous en voyez beaucoup par ici…vous ?), Jean Denis, Audrey, votre vie est
belle, vous avez aussi trouvé votre voie, cela fait de moi le plus heureux des grands frères et
des beaux frères !
A mes grands parents chéris et toute ma famille qui m’ont toujours porté vers le haut ! Papy,
je sais que tu es fier de moi là haut !
A mes cousins Fred, Valoche et Arnaud qui sont bien plus que de simples cousins mais des
amis très chers…A la santé de l’Escargot Team, du Salon de l’Agriculture, des parties de
pêche… et bien d’autres encore… A mon cousin et filleul Alexis!
Para Tony y Rafa, mis mejores amigos, os quiero, a pesar de la distancia no se os olvidaré
nunca…Al pasado, al presente y sobretodo a nuestro porvenir… También, no olvido vuestras
mujeres… Un abrazo muy fuerte para todos… Un deseo: que nos veamos más a menudo…
! Ojala ¡
A Antoine, MON pote de tous les instants, que te dire? Reconnaissance éternelle ? A Youri et
vive la Youri Team (C…B…et Elo, Glaglouille, Petrouchka, Ukka, Vicky et Augustin le
Crétin) !
A mon ancien Julio, sans qui je ne serai rien…mais d’ailleurs je ne suis rien…
A mes amis Milou, Lionel et Agnès, Marie C et Coudy, Ch’tite Flo et tous les Balochards,
Gaston, Polo et Elo, Jean Lou, Romain et Vovonne, Jambon et Bichette (et sa jumelle…), SE
et Tof, Marie-Chantal et Davidou, Sylve, Sam, Tof’…et j’en oublie certainement… pardon
pour eux !
A Fredoudou, bien plus qu’une collègue, une (vraie) amie très chère !
A Pascale et Franck, les meilleurs patrons de la terre entière… vous m’avez tout appris !
Merci de votre indéfectible soutien. Une grosse pensée pour mes ASV préférées que j’ai tant
martyrisées !
A mon mentor, Manu B., tu m’as fait aimer la dermatologie! Ton soutien et tes conseils valent
de l’or ! Merci.
1
II. Essais cliniques des prostaglandines en ophtalmologie. ........................................ 25
III. Modes d’action des prostaglandines sur l’oeil. ...................................................... 26
III.1. Augmentation du flux uvéoscléral. ............................................................. 26
III.2. Les mécanismes moléculaires et cellulaires des prostaglandines
dans l’oeil .............................................................................................................26
IV. Les analogues de la PGF2α chez l’homme. .......................................................... 27
IV.1. Efficacité des analogues de la PGF2α chez l’homme. ............................. 27
IV.2. Effets secondaires des analogues de la PGF2α chez l’homme ................ 29
IV.2.1. Irritation oculaire............................................................................... 29
IV.2.2. Hyperémie conjonctivale. ................................................................. 29
IV.2.3. Myosis............................................................................................... 29
IV.2.4. Hyperpigmentation de l’iris. ............................................................. 29
IV.2.5. Effets systémiques............................................................................. 30
V. Efficacité des analogues de la PGF2α chez le beagle glaucomateux..................... 30
V.1. Caractéristiques des beagles glaucomateux. ............................................ 30
V.2. Efficacité des analogues des prostaglandines chez le chien..................... 30
V.3. Comparaison de l’efficacité des analogues de la PGF2α avec les
molécules anti-glaucomateuses classiques chez le chien..................................... 32
V.4. Effets secondaires des analogues de la PGF2α chez le chien. ................. 32
VI. A propos du XALATAN® (latanoprost 0, 005%) ................................................. 33
2
LISTE DES ABREVIATIONS
PIO : pression intraoculaire
TO : tension oculaire
nm : nanomètre(s)
µm : micromètre(s)
min: minute(s)
g: gramme(s)
kg: kilogramme(s)
MHz: mégahertz
h: heure(s)
sem: semaine(s)
mL: millilitre(s)
MMP: métalloprotéinase(s)
PG : prostaglandines
ERG : électrorétinogramme
M : mâle / F : femelle
3
LISTE DES FIGURES
Figure 5: Comparaison des PIO de chaque cas à To, To+2h et To+48h………………. p.59
4
INDEX DES TABLEAUX
Tableau 1: Cas inclus dans l'étude: nom, race, sexe, âge et oeil atteint………………..p.37
Tableau 10: Evolution des différents critères au cours de l’étude du cas n°8…………p.47
Tableau 11: Evolution des différents critères au cours de l’étude du cas n°9…………p.48
Tableau 12: Evolution des différents critères au cours de l’étude du cas n°10………..p.49
Tableau 13: Evolution des différents critères au cours de l’étude du cas n°11………..p.50
Tableau 14: Evolution des différents critères au cours de l’étude du cas n°12………..p.51
Tableau 15: Evolution des différents critères au cours de l’étude du cas n°13………..p.52
5
6
INTRODUCTION
La « crise glaucomateuse » est une urgence. En raison d’une atteinte de la partie intraoculaire
du nerf optique, une élévation brutale et aiguë de la tension oculaire peut entraîner en
quelques heures une cécité irréversible, totale ou partielle. L’objectif thérapeutique est donc
de réduire la pression intraoculaire rapidement par des moyens médicaux et si cela n’est pas
satisfaisant par des moyens chirurgicaux. Généralement, l’association de plusieurs principes
thérapeutiques dont l’action est complémentaire se révèle additive. Ainsi, l’utilisation d’un
agent osmotique : le mannitol administré en perfusion permet de déshydrater les milieux
intraoculaires. De même, afin de réduire la sécrétion d’humeur aqueuse, l’administration d’un
inhibiteur de l’anhydrase carbonique : l’acétazolamide, par voie intraveineuse permet
d’obtenir une baisse de la pression intraoculaire allant jusqu’à 40%.
La première partie de notre étude permettra de faire la lumière sur les données
bibliographiques actuelles concernant les glaucomes du chien et leurs traitements, en insistant
tout particulièrement sur le cas du glaucome aigu. Nous développerons particulièrement
l’utilisation et le mode d’action des analogues des prostaglandines dans le traitement des
glaucomes. Leurs effets dans le cadre du traitement à long terme du glaucome ont déjà été
démontrés chez l’homme et chez le chien. Mais ces effets n’ont jamais été étudiés dans le
cadre du traitement d’urgence de la crise glaucomateuse aiguë.
La deuxième partie, expérimentale, recueillera les résultats et les conclusions sur l’efficacité,
les limites et les effets secondaires de l’utilisation du XALATAN® (latanoprost 0,005%) en
urgence sur 13 chiens en crise hypertensive oculaire.
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8
Première partie
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10
A- Généralités sur les glaucomes aigus et leurs
traitements chez le chien.
L’humeur aqueuse est le fluide transparent qui remplit la chambre antérieure, la pupille et la
chambre postérieure de l’oeil. L’humeur aqueuse est formée par les procès ciliaires, elle est
sécrétée dans la chambre postérieure et pénètre par la pupille dans la chambre antérieure où
elle quitte l’œil par les flux trabéculaire et uvéoscléral. Ce flux continu d’humeur aqueuse
approvisionne les tissus avasculaires de la cornée et du cristallin de nutriments et permet
l’évacuation de leurs déchets. Le volume d’humeur aqueuse confère au globe oculaire sa
forme. Le taux de production d’humeur aqueuse équivaut au flux de sortie ce qui permet le
maintien d’une pression intraoculaire stable ainsi que le maintien dans leur position des
structures constituant l’œil.
L’humeur aqueuse ressemble à du plasma ultrafiltré. Les composants chimiques de l’humeur
aqueuse sont des protéines, des immunoglobulines, des enzymes et des lipides. Des
carbohydrates, de l’urée, et des acides aminés sont aussi présents à des concentrations
variables. Les principaux cations de l’humeur aqueuse sont le sodium, le potassium, le
calcium et le magnésium. Le sodium représente 95% de la concentration totale des cations. Le
sodium entre dans l’humeur aqueuse grâce à un mécanisme de transport actif avec un flux net
d’eau dans la chambre postérieure. Ce mécanisme est probablement le principal responsable
de la formation d’humeur aqueuse par sécrétion contrôlé essentiellement par une enzyme :
l’anhydrase carbonique. Les principaux anions dans l’humeur aqueuse sont les ions chlorures,
bicarbonates, phosphates, l’acide ascorbique et l’acide lactique. Les ions chlorures et l’acide
lactique entrent dans l’humeur aqueuse avec le sodium.
I.2. Formation de l’humeur aqueuse au niveau des procès ciliaires. [32, 38,
42]
L’humeur aqueuse est formée par trois mécanismes de base : la diffusion, l’ultrafiltration et la
sécrétion par l’épithélium non pigmenté des procès ciliaires au niveau du corps ciliaire
(Annexe 1):
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est trouvé en grande concentration le long des faces latérales des cellules de
l’épithélium non pigmenté. L’altération de ces complexes cause une diminution
marquée de la formation d’humeur aqueuse. Les différences d’osmolarité entre le
plasma et l’humeur aqueuse sont faibles, de cette façon le taux de production
d’humeur aqueuse est dépendant du taux de transfert de soluté. L’anhydrase
carbonique catalyse la réaction : CO2 + H2O → HCO3- + H+
La rentrée d’ions bicarbonates dans l’humeur aqueuse est associée à l’entrée d’eau
dans la chambre postérieure.
I.3. Circulation de l’humeur aqueuse jusqu’à l’angle iridocornéen. [32, 38, 42]
La dynamique de l’humeur aqueuse est la balance entre la sécrétion active et les deux voies
d’excrétion : conventionnelle et non conventionnelle. La voie conventionnelle est la voie que
prend le flux d’humeur aqueuse à travers le réseau trabéculaire cornéo-scléral; la voie non
conventionnelle comprend essentiellement la voie uvéosclérale. L’excrétion de l’humeur
aqueuse est principalement effectuée par le réseau trabéculaire.
L’anatomie du système d’évacuation de l’humeur aqueuse a été très étudiée chez l’homme,
les primates, le chien, le chat, le lapin et plus récemment le cheval. Ce système réside
essentiellement au niveau de l’angle iridocornéen : angle ouvert entre l’iris et la cornée.
L’angle iridocornéen comprend le ligament pectiné et la fente ciliaire occupée par le
trabéculum. Le trabéculum consiste en un réseau réticulé irrégulier de bandes communicantes
de tissu essentiellement de nature collagénique appelées trabécules. Ce trabéculum est
constitué du trabéculum cornéoscléral (ou ligament cribriforme) et du trabéculum uvéal.
L’angle de filtration chez un chien adulte est une structure complexe consistant en un vaste
réseau trabéculaire constitué du trabéculum cornéoscléral et du trabéculum uvéoscléral
débutant derrière la membrane de Descemet et s’étendant postérieurement jusqu’à la sclère.
12
Figure 1 : L’angle iridocornéen du chien extrait de JEGOU JP. Glaucomes. Ophtalmologie
du chien. PMCAC. 1997, 32 (suppl.).
La voie uvéosclérale, mise en évidence par BILL et PHILLIPS [8] en 1965 chez le singe, est
la plus importante des voies accessoires et peut représenter de 30% à 65% de l’évacuation de
l’humeur aqueuse chez les primates, 13% chez le lapin, 3% chez le chat, 4% à 14% chez
l’homme et 15% chez le chien.
Dès 1979, GELATT et coll. [25], en utilisant divers traceurs (dextran fluorescéiné et sodium
fluorescéiné), ont démontré la présence de cette voie chez des Beagles. La voie uvéosclérale
peut être mise en évidence en utilisant des traceurs de 10nm à 1μm de diamètre (des
microbilles de latex, du dextran fluorescéiné, du bleu d’Evans…). Les résultats des différentes
études utilisant des techniques invasives ou non, ont permis, chez le chien, une localisation
anatomique. Grâce à la fluorophotométrie, une quantification de son importance dans le
drainage de l’humeur aqueuse a été établie chez le chien à 15% (0,5 µL/min par mm Hg).
Par la voie uvéosclérale ou suprachoroïdienne, l’humeur aqueuse rejoint directement le
stroma irien et /ou passe à travers les fibres du muscle ciliaire, puis regagne les espaces
supraciliaire et suprachoroïdien. Selon le cas, elle est ensuite absorbée par les vaisseaux de
l’iris, du corps ciliaire ou de la choroïde.
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Figure 2 : Schéma des voies trabéculaire et uvéosclérale chez le chien d’après ALM A.
Prostaglandines. Glaucoma World n°4. 1997. www.glaucomaworld.net.
[08/03/2008]
La voie uvéosclérale est indépendante de la pression intraoculaire mais est affectée par l’état
du corps ciliaire et par la différence de pression hydrostatique entre la chambre antérieure et
l’espace suprachoroïdien.
Relation entre la pression (PIO), l’excrétion d’humeur aqueuse (F), l’excrétion uvéosclérale
(U)m, la capacité d’excrétion à travers le trabéculum (C) et la pression veineuse épisclérale
(Pev).
On mesure chez le chien la PIO en millimètres de mercure (mm Hg). La pression intraoculaire
normale chez le chien est mesurée entre 8 et 25 mm Hg, mais la plupart des yeux sains sont
mesurés à une PIO inférieure à 20 mm Hg.
14
II. Les glaucomes chez le chien.
II.1. Définition et classification des glaucomes. [9, 23, 40]
Le mot glaucome est un terme générique qui s’applique à de nombreuses affections oculaires.
Chez le chien, un glaucome s’installe quand, suite à un ou plusieurs évènements oculaires, un
déficit de l’évacuation de l’humeur aqueuse hors de l’œil aboutit à une augmentation
anormale de la pression intraoculaire au détriment de la fonction visuelle et de l’intégrité des
structures oculaires. En effet, l’augmentation de la PIO entraîne, par des facteurs multiples, la
dégénérescence des cellules ganglionnaires et de leurs axones avec pour conséquence une
neuropathie dégénérative antérieure et l’atrophie du nerf optique. La conséquence ultime est
la perte complète de la vision.
Chez l’homme, le glaucome peut être considéré comme un groupe de maladies oculaires
ayant en commun une augmentation de la pression intraoculaire à l’origine d’une perte
acquise caractéristique des cellules rétiniennes ganglionnaires et à une atrophie
correspondante du nerf optique, mis en évidence par une perte de sensibilité du champ visuel
et conduisant à long terme à une déficience visuelle irréversible. Chez l’homme, on distingue
différents types de glaucome qui peuvent être classés en fonction de leur étiologie, de
l’apparence gonioscopique de l’angle de filtration (c’est-à-dire l’angle iridocornéen et la fente
ciliaire), ou de l’intensité de la maladie. Mais parce qu’il n’existe pas une classification
unique satisfaisante, on utilise une combinaison de ces trois critères.
Chez le chien, des suggestions récentes ont été faites quant à l’utilité limitée de ces trois
critères de classification concernant des différences micro-anatomiques existant avec les
primates. En effet, chez le chien, la majorité de l’angle de filtration (c’est-à-dire le réseau
cornéoscléral et tout le trabéculum uvéal) est situé dans la fente ciliaire. Ainsi, l’angle
iridocornéen visualisé par gonioscopie ne laisse voir que le ligament pectiné, une partie du
trabéculum cornéoscléral et la partie antérieure de la fente ciliaire.
Nous utilisons donc, en ophtalmologie canine, la classification fondée sur l’étiologie
présumée des glaucomes. Cette classification comprend les glaucomes primaires et les
glaucomes secondaires. Une catégorie particulière, les glaucomes congénitaux, sont rares chez
le chien et associés habituellement avec des anomalies considérables du développement des
voies d’évacuation de l’humeur aqueuse. Ils se manifestent dès la naissance ou peu après. Ils
peuvent être primaires ou secondaires.
15
II.2. Les glaucomes primaires. [7, 14, 23, 38, 39]
II.2.1. Gonodysgénésies.
II.2.2. Goniodystrophies.
Les glaucomes primaires peuvent aussi résulter d’un métabolisme anormal des cellules du
trabéculum. Exceptionnel chez le chien, ils sont essentiellement expérimentaux, sauf chez
certaines lignées de Beagles avec une atteinte bilatérale et une transmission héréditaire sur le
mode autosomal récessif ; l’âge moyen d’apparition des premières crises hypertensives chez
ces Beagles se situe entre 12 et 18 mois. Le glaucome par goniodystrophie présente des
similitudes avec le glaucome chronique à angle ouvert, le glaucome le plus répandu chez
l’homme.
16
A un stade avancé d’hypertension, on peut constater une fermeture de la fente ciliaire et une
subluxation cristallinienne.
Dans les glaucomes secondaires, le défaut d’écoulement de l’humeur aqueuse est secondaire à
diverses affections oculaires. L’augmentation de la PIO résulte soit d’une gêne à la circulation
de l’humeur aqueuse dans l’œil, le plus souvent au niveau de la pupille, soit d’un obstacle à
son élimination à travers la fente ciliaire obstruée ou fermée. Chez le chien, les glaucomes
secondaires sont plus fréquents que les glaucomes primaires avec une forte prédominance des
pathologies cristalliniennes. Ils sont normalement unilatéraux et acquis. Nous avons classé
arbitrairement dans les glaucomes secondaires le glaucome pigmentaire qui est un glaucome
particulier qu’on ne peut classer au sens stricte ni dans les glaucomes primaires ni dans les
glaucomes secondaires.
Chez le chien, on trouve des tumeurs intraoculaires essentiellement localisées dans le segment
antérieur qui, par leur seul volume, contribuent à fermer la fente ciliaire ou à désorganiser les
structures intraoculaires. De même, les cellules tumorales et inflammatoires libérées dans
17
l’humeur aqueuse peuvent obstruer le trabéculum. Les tumeurs intraoculaires apparaissent
chez des chiens d’âge moyen à âgés.
Enfin, le glaucome pigmentaire, décrit chez le Cairn terrier, le Labrador et le Boxer, est
secondaire à l’envahissement du trabéculum par des cellules épithélioïdes chargées en
mélanine de type mélanocytes ou mélanophages. Chez le chien, la pigmentation peut
s’accumuler au niveau de l’angle de filtration, de l’épisclère, des tissus conjonctivaux, de la
zone du tapis et parfois de la tête du nerf optique. Il atteint des chiens âgés de 5 à 12 ans.
Chez l’homme, le glaucome pigmentaire est caractérisé, en revanche, par une bande de 360°
pigmentée au niveau du réseau trabéculaire dont l’origine est l’épithélium pigmenté iridien
postérieur.
Chacun de ces glaucomes, primaires et secondaires, peut être selon son intensité et le moment
auquel nous le diagnostiquons : aigu, subaigu, chronique ou au stade terminal. La transition
entre aigu et chronique n’est pas clairement définie, mais d’après VAN DER WOERT,
plusieurs auteurs s’accordent à dire qu’une évolution de moins de deux jours peut être
considérée comme un stade aigu, alors qu’une évolution supérieure à cinq jours est considérée
comme un stade chronique. [64]
III. Les signes cliniques du glaucome aigu chez le chien. [17, 23,
39, 43]
Les signes cliniques sont fonction de la nature, de la durée d’évolution du glaucome et de la
valeur de la pression intraoculaire. En cas de glaucome aigu, l’augmentation de la PIO peut
être rapide et très importante (parfois plus de 55 mm Hg en quelques heures). Les symptômes
sont alors particulièrement intenses.
Les changements qui surviennent alors, secondairement à l’élévation de la PIO, peuvent être
attribués à :
- des effets physiques directs et indirects sur les cellules et les tissus oculaires;
- des effets vasculaires consécutifs à l’élévation de la PIO au-dessus de la pression des
capillaires sanguins créant un état d’hypoxie et d’ischémie;
- et la stagnation de l’humeur aqueuse.
Il faut noter que les signes cliniques fonctionnels des glaucomes secondaires sont les mêmes
que les glaucomes primaires mais la cause de l’augmentation de la PIO comme une uvéite
antérieure, une masse intraoculaire ou une luxation du cristallin peut parfois être évidente et
visible.
Le signal d’alerte pour le propriétaire de chien atteint de glaucome dans sa phase aiguë est la
douleur intense manifestée par l’animal. Cette douleur se manifeste généralement par un
blépharospasme intense et une photophobie. Elle est fonction et proportionnelle à la PIO.
L’œil est rouge et larmoyant avec une congestion épisclérale caractéristique avec de
larges vaisseaux tortueux due à l’obstruction du retour veineux à partir de 45 à 50 mm Hg.
L’animal présente aussi des signes généraux d’inconfort en cas de crise aiguë : apathie et
anorexie sont des symptômes possibles.
18
III.2. Les signes lésionnels du glaucome aigu.
III.2.2. Mydriase.
L’augmentation brutale de la PIO induit une paralysie du muscle sphincter de l’iris. La pupille
est en mydriase et insensible aux stimulations lumineuses lorsque la PIO est supérieure à 45
mm Hg. Au-delà de 50 mm Hg, la mydriase est complète avec abolition du réflexe
photomoteur. Dans sa phase aiguë, la libération de protéines dans l’humeur aqueuse induit
une hypoxie des cellules de l’endothélium irien. Cette hypoxie de la musculature irienne
contribue à la fixité de la pupille en position de mydriase.
III.2.3. Cécité.
L’hypertension est transmise par le corps vitré à toute la coque sclérale. La papille optique,
point d’émergence des fibres ganglionnaires du nerf optique, y est particulièrement sensible.
L’augmentation de la PIO y provoque une interruption du flux axoplasmique à hauteur de
la lamina cribrosa. De même, l’hypertension engendre des phénomènes ischémiques sur les
vaisseaux de la circulation rétinienne et choroïdienne.
La rétine subit également une dégénérescence rapide qui concerne successivement la couche
des fibres optiques, les cellules ganglionnaires internes et les photorécepteurs.
Sur le plan fonctionnel, l’atteinte de la papille et de la rétine se traduit par une altération du
champ visuel qui peut aller jusqu’à une cécité totale et définitive. Les fibres du nerf optique,
sous l’effet de la pression, de l’ischémie et de l’arrêt du transport axonal, dégénèrent.
L’excavation papillaire apparaît dans 50% des cas des glaucomes canins comme le résultat
des effets physiques de l’élévation de la PIO dans cette zone relativement fragile de la sclère.
On constate donc que si le diagnostic et la mise en place d’un traitement ne sont pas
rapidement effectués, des lésions irréparables de la vision apparaissent en deux à sept jours.
En effet, si la PIO est supérieure à 60 mm Hg, les lésions sont irréversibles en 48 heures.
La membrane de Descemet est moins élastique que le stroma et peut s’étirer jusqu’à se
rompre pour devenir œdémateuse et former les stries de Haab.
On peut constater une réelle dégénérescence cornéenne, c’est une complication redoutée dans
le glaucome. Une pigmentation cornéenne peut être constatée quand on atteint le stade
19
d’épidermisation. Le stroma antérieur de la cornée peut, lui aussi, se pigmenter, dégénérer et
accumuler des dépôts calciques.
III.3.2. Buphtalmie.
Avec la persistance d’une pression intraoculaire élevée, l’iris subit une atrophie de ses
différentes structures, muscle, stroma et épithélium pigmenté. Dans les stades terminaux,
l’atrophie des procès ciliaires peut être telle que la sécrétion d’humeur aqueuse est
compromise et qu’une hypotonie s’installe.
Le diagnostic différentiel doit s’établir avec les affections qui sont la source d’ :
- une rougeur oculaire : conjonctivite, kératite, uvéite et sclérite.
- une exophtalmie : abcès rétro-bulbaire, tumeur orbitaire…
- un œdème cornéen : kératite, ulcère, endothélite, dystrophie endothéliale.
- une mydriase : atrophie rétinienne progressive, atrophie de l’iris, névrite
optique, décollement rétinien, choroïdite étendue.
L’ensemble des différents signes cliniques observés constitue généralement un faisceau
d’éléments en faveur du diagnostic de glaucome, souvent étiologique.
L’élément déterminant du diagnostic est l’augmentation de la pression intraoculaire confirmée
par la tonométrie. On distingue l’appréciation digitale, qui permet seulement d’estimer la
pression (forte hypertension ou hypotension) en l’absence d’instruments, la tonométrie par
indentation à l’aide du tonomètre de Schiötz-Comberg (Annexe 8), d’utilisation délicate et de
20
précision moyenne, et la tonométrie par aplanation à l’aide du TONOPEN XL ® (Annexe 7),
qui permet d’évaluer de très faibles variations de la tension oculaire. Cette dernière méthode
est désormais la plus utilisée et recourue en ophtalmologie vétérinaire car elle allie une
facilitée d’emploi à une plus grande précision des valeurs de la PIO. La mesure de la pression
intraoculaire doit être systématique chez les chiens qui présentent un œil rouge et chez les
races prédisposées en visite de routine.
Si l’examen gonioscopique de l’œil glaucomateux, à l’aide d’une lentille (de Barkan, de
Troncoso ou de Koepe), est souvent difficile à réaliser, notamment en raison de l’œdème
cornéen, celui de l’œil adelphe s’impose systématiquement. Il permet de déceler une
prédisposition au glaucome et d’en connaître l’étiologie.
Un examen ophtalmologique complet des deux yeux doit être effectué afin de déterminer si
d’autres anomalies ophtalmologiques sont présentes. Celles -ci pouvant être un facteur dans
l’étiologie du glaucome. La position du cristallin doit donc être déterminée et la chambre
antérieure doit être examinée. Mais un œdème cornéen sévère rend particulièrement difficile
la visualisation des différentes structures. En plaçant une source de lumière sur le limbe plutôt
qu’au centre de la cornée, on facilite grandement la visualisation des structures intraoculaires.
En outre, la connaissance des prédispositions raciales aide à déterminer si le glaucome est
primaire ou secondaire.
L’ophtalmoscopie directe et indirecte ne sont généralement d’aucune utilité en cas de
glaucome aigu. Elles prennent leur sens dans le suivi du glaucome afin de permettre une
évaluation pronostic de la fonction visuelle.
L’échographie en mode B est la méthode d’imagerie la plus commune permettant de
visualiser des lésions intraoculaires ou orbitaires en ophtalmologie vétérinaire. Elle nécessite
l’emploi d’une sonde de 10 MHz permettant de visualiser des anomalies des chambres
antérieure et postérieure en cas d’œdème cornéen, fréquent en cas de glaucome aigu, et/ou de
remaniements trop importants de la chambre antérieure ne permettant pas une visualisation
correcte des structures oculaires. On peut ainsi observer plus aisément une luxation
cristallinienne antérieure ou postérieure, une tumeur intraoculaire…L’utilisation de sondes à
fréquence plus élevée (20 à 35 MHz et 50 à 100MHz), encore très marginale à cause de leur
coût, permet un examen minutieux de la chambre antérieure et de ses structures en évitant les
artéfacts de réverbération.
L’échographie à haute résolution offre donc une nouvelle façon d’observer l’angle
iridocornéen de manière très précise. Elle permettra l’apport de nouveaux renseignements qui
pourront déboucher sur une nouvelle manière de caractériser les glaucomes et, peut être, sur
une nouvelle classification de ceux-ci.
Le mannitol, diurétique osmotique, est la seule molécule utile de cette classe thérapeutique. Il
permet de déshydrater les milieux intraoculaires. Médicament de l’urgence, il est
administré par voie intraveineuse en 20 minutes à la dose de 1 à 2 g/kg ; alors, l’augmentation
d’osmolarité du plasma installe un gradient osmotique entre les liquides extra et intraoculaires
(humeur aqueuse et vitré), de part et d’autre des barrières semi-perméables hémato-oculaires.
L’eau intraoculaire regagne le plasma sanguin. Parallèlement, on observe une diminution de
l’ultrafiltration et un meilleur drainage de l’humeur aqueuse à travers la fente ciliaire. Son
action est puissante et rapide mais limité dans le temps. La PIO peut passer de 60-80 mm Hg à
moins de 25 mm Hg dans un délai de 30 à 60 minutes. Son efficacité est de cinq heures
environ. Les contre-indications sont l’œdème pulmonaire chez l’insuffisant cardiaque et la
déshydratation cérébrale.
Le débit de sécrétion de l’humeur aqueuse est efficacement réduit par certains sulfamides
non bactériostatiques, inhibiteurs de l’anhydrase carbonique. Leur radical -SO2-NH2 se fixe
sur l’ion zinc de l’anhydrase carbonique dont l’activité est inhibée à 98%, pour les doses
thérapeutiques. Introduit en 1954, l’acétazolamide est disponible en solution injectable
(DIAMOX 500mg®) pour l’urgence. Il agit rapidement en 10 minutes à la dose de 5 à 10
mg/kg par voie intraveineuse. Son pic d’activité est obtenu en deux à trois heures. La baisse
de PIO peut atteindre 40%. Son indication première est le glaucome aigu d’origine primaire.
Les effets secondaires de diurèse, de troubles gastro-intestinaux, de polypnée par acidose
métabolique, nécessitent l’exploration biochimique préalable des fonctions rénale et
hépatique. La fuite de potassium doit être compensée.
22
V.2.3. Les anti-inflammatoires stéroïdiens (AIS).
Dans le glaucome aigu, l’inflammation intraoculaire, qu’elle soit primaire ou secondaire, est
une composante de la maladie. Cela peut nécessiter un traitement anti-inflammatoire par voie
générale. Mais, c’est surtout pour lutter contre les phénomènes vasculaires ischémiques au
niveau de la papille optique qu’on utilise un anti-inflammatoire stéroïdien comme l’acétate de
méthylprednisolone (SOLUMEDROL®).
Les traitements médicaux conventionnels permettent ainsi de gérer tout ou partie de la crise
glaucomateuse en urgence, mais leur efficacité est limitée à 12 à 24 heures. Leur mise en
place est relativement lourde puisqu’elle nécessite l’hospitalisation des animaux et la gestion
particulière des animaux à risque.
La chirurgie doit être envisagée toutes les fois que la thérapeutique médicale ne peut pas
contrôler la tension oculaire. Lorsque la vision est encore présente, il faut agir vite. C’est ainsi
que la luxation du cristallin, l’intumescence cristallinienne ou l’iris bombé sont des urgences
chirurgicales. Quand la vision est préservée ou supposée récupérable, de la même façon que
dans les autres cas, il faut faire chuter la tension en augmentant l’écoulement de l’humeur
aqueuse par une opération fistulisante par iridencleisis, cyclodialyse, trépanation cornéo-
sclérale, trabéculectomie ou cyclorétraction, ou en diminuant la production d’humeur
aqueuse par une destruction ménagée des corps ciliaires par cyclocryoapplication ou
cyclophotocoagulation.
Enfin, sur un œil à fonction visuelle abolie, l’objectif est de faire baisser la PIO de façon à
éviter la buphtalmie ou la réduire par destruction des procès ciliaires (par
cyclocryoapplication ou par injection intravitréenne de gentamycine). Face à des résultats
parfois décevants la prothèse intraoculaire offre une solution élégante dans le glaucome au
stade terminal.
V.4. Traitement médical à long terme et préventif. [14, 18, 23, 38, 68]
En dehors de l’urgence, le traitement médical à long terme peut être nécessaire à titre curatif
dans le glaucome chronique. Il peut aussi être nécessaire à titre préventif.
Les inhibiteurs de l’anhydrase carbonique peuvent être utilisés pour tous les types de
glaucomes par voie orale avec l’acétazolamide (DIAMOX®) en deux prises quotidiennes, par
voie locale avec le dorzolamide 2% (TRUSOPT®) ou le brinzolamide 1% (AZOPT®) sous
forme de collyre qui permet d’éviter les effets indésirables de l’acétazolamide en 2 à 3
applications par jour avec cependant une efficacité moins importante que par voie générale.
Ces molécules sont indiquées chez le chien dans le traitement chronique des glaucomes
primaires et secondaires
23
Les substances adrénergiques (β-bloquants et α-adrénergiques) permettent de réduire la
sécrétion active d’humeur aqueuse après instillation locale. Le maléate de timolol
(TIMOPTOL 0,5% ou 0,2% collyre®) fut le premier β-bloquant sur le marché et reste la
molécule de référence. Chez le chien, son effet limité à une baisse de quelques millimètres de
mercure (10 à 15 mm Hg chez le beagle glaucomateux [23]), n’en fait pas une molécule
majeure dans le traitement d’urgence du glaucome. En revanche, son effet est additif en
association avec d’autres principes actifs comme le dorzolamide (COSOPT collyre®) ou la
pilocarpine (TIMPILO® collyre). Son instillation doit être renouvelée trois fois par jour. On
peut aussi utiliser, chez le chien, le chlorhydrate de bêtaxolol (BETOPTIC®) ou de cartéolol
(CARTEOL®). Comme le rapporte GELATT [23], l’apraclonidine 0,5% et le tartrate de
brimonidine, tout deux agonistes α-adrénergiques, ont été testés chez le chien avec des
résultats variables et parfois incohérents.
A long terme, on peut utiliser chez le chien des parasympathomimétiques mieux tolérés en
application locale que l’acéclidine (GLAUCOSTAT®) et la pilocarpine (PILO collyre®,
ISOPTO-PILOCARPINE collyre®), ce sont l’échothiopate iodure (IODURE DE
PHOSPHOLINE 0,03%®) ou le diisopropylfluorophate (DIFLUPYL 0,1%®) dont
l’instillation est biquotidienne.
Enfin, les sympathomimétiques peuvent contribuer à améliorer le drainage de l’humeur
aqueuse par la voie uvéosclérale. Ils permettent une diminution de la PIO limitée à 2 à 5 mm
Hg. Ce sont des collyres à base d’épinéphrine (EPPY 1% collyre®) ou d’adrénaline
(GLAUPOSINE collyre ®). Leur association à un parasympathomimétique est classique.
Depuis l’introduction des β-bloquants au début des années 80, nombre de nouvelles molécules
anti-glaucomateuses ont été présentées et testées, et ce, pour quasiment toutes, au milieu des
années 90. On a constaté l’apparition des inhibiteurs topiques de l’anhydrase carbonique tels
que le dorzolamide et le brinzolamide, les α-agonistes tels que la brimonidine, et surtout une
nouvelle classe thérapeutiques très prometteuse : les prostaglandines et avant tout, les
analogues de la PGF2α. De nombreuses études depuis le début des années 90 puis 2000 ont
ainsi vu l’évaluation de leur efficacité et de leur tolérance dans le traitement des glaucomes
chez l’homme puis chez le chien.
24
B- Utilisation des analogues de la PGF2α dans le
traitement des glaucomes.
Les analogues des prostaglandines sont devenus des molécules primordiales dans l’arsenal
thérapeutique des glaucomes. L’usage des molécules de cette nouvelle classe thérapeutique
s’impose au fur et à mesure que leurs indications se précisent chez l’homme mais aussi chez
le chien.
Selon WEINREB et coll [66], BILL avait suggéré que la vasodilatation induite par les PGF2α
dans le corps ciliaire pourrait contribuer à la facilitation du flux uvéoscléral en dilatant les
tissus.
Dans l’œil, les récepteurs de PGF2α sont principalement localisés dans les muscles ciliaires et
le muscle du sphincter de l’iris. Des études, chez le singe, reflètent principalement que
l’excrétion totale d’humeur aqueuse sous l’action des prostaglandines est au moins en partie
due à une augmentation du flux uvéoscléral. Les prostaglandines altèrent les structures de la
voie uvéosclérale et occasionnellement peuvent augmenter la perméabilité de la barrière
hémato-aqueuse, ce qui pourrait modifier la voie uvéosclérale.
Ainsi, l’effet hypotenseur oculaire des prostaglandines est accompli par une cascade d’effets
sur la voie uvéosclérale. En revanche, les prostaglandines n’ont que très peu, voire aucun
effet, sur la formation de l’humeur aqueuse ou sur la pression veineuse épisclérale, ainsi que
très peu d’effet sur la voie trabéculaire. Mais la difficulté de mesurer les différents flux du
réseau trabéculaire a rendu difficile une conclusion définitive sur les effets des
prostaglandines sur l’évacuation de l’humeur aqueuse par la voie trabéculaire.
Tous les analogues de la PGF2α diminuent la PIO par un mécanisme complexe similaire.
Cependant, les différents profils des récepteurs de ces prostaglandines peuvent faire penser
que différents mécanismes interviennent pour augmenter le flux uvéoscléral.
La compréhension des mécanismes cellulaires et moléculaires des prostaglandines et de ses
analogues sur la voie uvéosclérale fournit la clé des mécanismes de diminution de la PIO.
Le récepteur des prostaglandines ayant la plus grande affinité pour la PGF2α et ses analogues
est le récepteur FP. Le clonage et le séquençage des récepteurs FP chez l’homme et d’autres
animaux indiquent que ces récepteurs sont couplés à des protéines G classiques. Celles-ci
induisent, suite à une cascade de réactions moléculaires au niveau des membranes cellulaires,
la synthèse de facteurs de transduction.
Une des conséquences de l’exposition du muscle ciliaire de l’homme au PGF2α ou au 17-
phenyltrinor PGF2α, un agoniste relativement spécifique des récepteurs FP, est l’induction
marquée du facteur de transcription c-Fos. Une induction similaire est constatée avec le
facteur de transcription nucléaire c-Jun.
Après leur induction, c-Fos et c-Jun peuvent former des hétérodimères qui se lient aux
éléments régulateurs de transcription AP-1 présents dans les promoteurs de nombreux gènes
et notamment ceux des métalloprotéinases (MMP). En effet, la transcription de ces gènes et
26
les biosynthèses qui en découlent sont typiquement augmentées dans les conditions qui
induisent la formation d’hétérodimères c-Fos/ c-Jun et leurs liaisons aux sites AP-1. Les
produits des gènes induits par la traduction des ARNm des MMP sont des proenzymes.
Activées, elles initient la dégradation de différents composants de la matrice extracellulaire
du conjonctif du corps ciliaire.
Avec l’augmentation de l’expression des MMP, le tissu conjonctif du corps ciliaire est sujet à
l’augmentation du turn-over et du remodelage de sa matrice extracellulaire.
L’application de PGF2α, 17-phenyltrinor PGF2α ou d’acide de latanoprost à des cultures de
muscle ciliaire induit une réduction significative des collagènes formant sa matrice
extracellulaire.
Ensemble, ces résultats suggèrent que les remodelages de la matrice extracellulaire dans les
espaces interstitiels du muscle ciliaire, aux travers desquels passe le flux uvéoscléral,
réduisent la résistance hydraulique aux mouvements d’humeur aqueuse et contribuent ainsi
à l’augmentation, directement induite par les prostaglandines, du flux uvéoscléral de façon
plus ou moins rapide.
Il a été suggéré, de plus, que les prostaglandines peuvent aussi intervenir de la même manière
au niveau de la base de l’iris et de la sclère.
27
La réduction de la pression chez l’homme est variable mais permet d’atteindre une réduction
de la PIO de 35% chez le patient glaucomateux, et ce, pendant plus de deux ans avec un
traitement quotidien.
Dans le cadre d’essais cliniques sur le latanoprost, qui est historiquement le premier analogue
développé, la réduction de la PIO a été évaluée chez des patients souffrant de glaucome à
angle ouvert ou d’hypertension oculaire à raison d’une application par jour en comparaison du
maléate de timolol appliqué deux fois par jour. La réduction moyenne de la PIO s’est chiffrée
à 30% dans le groupe latanoprost et à 20% dans le groupe timolol où les PIO moyennes
initiales étaient respectivement de 25,2 mm Hg et 25, 9 mm Hg. Les bienfaits observés chez
les patients traités par le latanoprost n’étaient pas fonction du degré de fermeture de l’angle
iridocornéen. Ainsi, l’efficacité des analogues de la PGF2α est similaire à celle des autres
molécules classiques du traitement des glaucomes chroniques (timolol 0,2%, dorzolamide 2%,
tartrate de brimonidine 0,2%) chez l’homme. De plus, des études à court terme ont montré un
bon effet additif sur la PIO lorsque, par exemple, le latanoprost est associé aux bêtabloquants,
aux IAC et à la dipivéphrine.
Cette nouvelle classe thérapeutique des analogues de la PGF2α comprend actuellement quatre
molécules, le latanoprost (XALATAN 0,005% collyre®, 1996), l’unoprostone (RESCULA
collyre®, 2000), le travoprost (TRAVATAN 0,004% collyre®, 2000) et le bimatoprost
(LUMIGAN 0,03% collyre®, 2001).
28
travers les membranes oculaires en augmentant leur liposolubilité. Le principal métabolite
intraoculaire actif sur les tissus cibles est le 17-phenyl-PGF2α pour le latanoprost, le
bimatoprost et le travoprost.
IV.2. Effets secondaires des analogues de la PGF2α chez l’homme. [2, 21, 31,
48, 49, 54, 61]
Des esters de PGF2α ont été synthétisés et cliniquement testés, mais ceux ci n’ont pas la
même efficacité que la PGF2α. De nombreuses modifications ont été testées, et c’est la
substitution des trois derniers carbones de la chaîne oméga de la PGF2α par un anneau
aromatique qui nous mène à des analogues dépourvus d’effets nociceptifs. La raison en est
que la substitution par un phényle dans la chaîne oméga rend ces analogues sélectifs pour les
récepteurs FP.
IV.2.3. Myosis.
Les analogues de la PGF2α ont un effet constricteur de la pupille marqué. L’effet myotique
résulte très probablement de l’action directe sur les récepteurs des prostaglandines du muscle
sphinctérien de l’iris. Cet effet est variable selon les espèces. La différence entre les espèces
est probablement due à la variation de répartition des récepteurs des prostaglandines.
29
L’observation des cas de pigmentation accentuée de l’iris n’a eu aucune incidence sur la
nature ou la gravité des effets indésirables signalés au cours des différentes études.
Aucun effet secondaire systémique n’a été à déplorer avec les analogues des prostaglandines.
Les doses utilisées sont très faibles et on ne s’attend pas à ce qu’il y ait des effets secondaires
systémiques.
Depuis 1972 et la découverte, pour la première fois chez le chien, de cas de glaucome
spontané héréditaire chez le beagle, une lignée de ces mêmes chiens atteints de glaucome a
été développée. Ces chiens sont caractérisés par un glaucome héréditaire à transmission
autosomale récessive. Chez ces Beagles, l’élévation de la PIO se développe progressivement
de manière bilatérale à partir de l’âge de 6 à 18 mois. Le flux d’humeur aqueuse chez le chien
normotensif est de 0.24 +/- 0,07 µL/mm Hg/ min alors que chez ces beagles atteints de
glaucomes primaires le flux est de 0,13 +/- 0,05 µL/mm Hg/ min aux âges de 4 à 6 mois et
peut baisser jusqu’à 0,07 +/- 0,03 aux âges de 31 à 36 mois. Par gonioscopie, on constate que
la maladie évolue selon deux phases : un angle iridocornéen ouvert durant sa mise en place
(comparable au glaucome à angle ouvert de l’homme) et pendant les deux à quatre premières
années de la maladie puis un angle étroit à fermé. Les différentes mesures par tonométrie par
aplanation révèlent un glaucome chronique insidieux (de 30 à 40 mm Hg) avec
occasionnellement des crises hypertensives aigues (de 50 à 80 mm Hg). Ces beagles
glaucomateux ont démontré une sensibilité plus importante que les beagles normotensifs aux
molécules hypotensives normalement utilisées pour réduire la PIO. L’utilisation de ces chiens
atteints de glaucome spontané constitue un modèle expérimental adéquat pour des études sur
la dynamique de l’humeur aqueuse, les voies d’évacuation de l’humeur aqueuse et des essais
thérapeutiques.
V.2. Efficacité des analogues des prostaglandines chez le chien. [27, 28, 29, 30,
34, 52, 61, 62]
Au début des années 90, GUM et coll. [34] ont procédé à des études comparatives de l’effet
des prostaglandines sur des yeux sains et des yeux glaucomateux chez le chien. En effet, des
applications locales de 1.0, 10, et 20 µg /50 µL de prostaglandine PGA2, 0.5 et 1.0 µg / 50 µL
de PGA2 isopropyl ester, et 0.5, 1.0, 5.0 et 10.0 µg / 50 µL de PGF2α isopropyl ester ont été
évalués sur les yeux de chiens normotensifs et sur les yeux de beagles glaucomateux. Chaque
concentration de chaque molécule a été évaluée sur une période de 7 jours. Le premier jour,
les valeurs de base pour chaque animal ont été établies, puis entre les jours deux à quatre,
chaque molécule est instillée une fois par jour et du cinquième au septième jour les valeurs
post-traitements sont établies.
30
Toutes les concentrations de PGA 2 ont échoué à faire diminuer la PIO que ce soit chez les
chiens normotensifs ou chez les beagles glaucomateux. En revanche, le PGA2 isopropyl ester
diminue la PIO chez les chiens normotensifs et chez les beagles. La diminution de la PIO a
été significative dès une demi-heure à une heure après instillation jusqu’à cinq heures. Aucun
changement significatif de la PIO n’apparaît sur l’œil témoin des chiens normotensifs et des
beagles glaucomateux.
Toutes les concentrations de la PGF2α isopropyl ester diminuent significativement la PIO des
yeux traités chez les chiens normotensifs et chez les chiens glaucomateux. Les changements
significatifs de la PIO apparaissent dès la première heure après instillation de la PGF2α
isopropyl ester. La PIO reste plus basse que la PIO de base pendant 24 heures après
instillation de la molécule aussi bien chez les chiens normotensifs que chez les beagles
glaucomateux. La diminution de PIO maximale constatée chez les chiens normotensifs a été
mesurée à 9 mm Hg alors que les beagles glaucomateux ont connu une diminution maximale
de la PIO de 19 mm Hg. Aucun changement significatif de la PIO n’a eu lieu dans les yeux
témoins des chiens normotensifs et glaucomateux. Ces études permettent de conclure que
l’estérification de la PGF2α permet une meilleure pénétration à travers la cornée et permet
ainsi de diminuer les concentrations nécessaires à la diminution de la PIO. Des effets
secondaires sont, cependant, observés avec la PGF2α isopropyl ester comme un myosis
persistant et une irritation conjonctivale modérée.
Parallèlement, les études menées chez l’homme ont cherché à diminuer les effets secondaires
gênants en sélectionnant un analogue estérifié de la PGF2α plus sélectif qui stimuleraient de
façon plus modérée les récepteurs responsables de l’irritation oculaire et de l’hyperhémie
conjonctivale.
C’est ainsi que, dès le début des années 2000, STUDER et coll. [62] ont testé le latanoprost,
premier analogue de la PGF2α commercialisé en ophtalmologie humaine, sur des chiens
sains. Une solution de latanoprost a été administrée localement chez 14 chiens normotensifs
une fois par jour sur un œil alors que l’œil adelphe recevait l’excipient pendant 8 jours. La
tension oculaire était mesurée deux fois par jour cinq jours avant le traitement et cinq jours
après le traitement. Pendant les quatre premiers jours de traitement, on a mesuré la PIO, le
diamètre pupillaire, l’hyperhémie conjonctivale et le blépharospasme à To, To+1h, To+6h et
To+12h ; et à To et To+12h lors des quatre derniers jours de l’étude.
La pression et le diamètre pupillaire sont significativement diminués sur l’œil traité
comparativement à l’œil témoin ; avec une diminution de la PIO de 10% au minimum jusqu’à
33% au maximum avec un effet hypotensif maximum constaté au bout du cinquième jour et
une moyenne de 24,5% +/- 7,9% sur les 8 jours. On a constaté, comme chez l’homme, que les
deux premiers jours de traitement, à raison d’une administration unique par jour, la PIO
revient systématiquement à sa valeur de base au bout de 24 heures. Ce n’est qu’au troisième
jour que la PIO reste régulièrement plus basse dans les yeux traités, certainement due aux
changements de la matrice extra cellulaire du muscle du corps ciliaire. L’hyperhémie
conjonctivale est modérée mais aucune différence statistique n’est observée entre l’œil traité
et l’œil témoin. On en conclue, donc, que l’application une fois par jour de latanoprost réduit
la PIO chez le chien normotensif sans provoquer d’effets secondaires gênants et qu’il pourrait
servir pour le traitement du glaucome chez le chien.
GELATT et MACKAY [27] ont alors entrepris, dès 2001, de tester ce même latanoprost chez
8 beagles atteints de glaucome à angle ouvert héréditaire, avec pour objectif d’évaluer la
diminution de la PIO et du diamètre pupillaire. Le latanoprost est appliqué une fois (matin ou
soir) ou deux fois (matin et soir) par jour pendant cinq jours avec un œil traité et un œil
témoin qui reçoit de la méthylcellulose. La PIO et le diamètre pupillaire sont évalués à To,
31
To+2h, To+4h, To+6h et To+8h chaque jour de l’étude. La moyenne de diminution de la PIO
chez les 8 beagles atteint 50% dès les premières 24 heures de traitement et atteint 50 à 60%
après 4 jours de traitement. Il apparaît que l’administration une fois par jour est aussi efficace
que l’administration biquotidienne avec des effets secondaires moindres pour l’application
journalière unique, comme le myosis qui a tendance à persister avec deux applications par
jour. Enfin, l’administration du soir comparativement à celle du matin éviterait des
fluctuations trop importantes de la PIO entre deux administrations et éviterait ainsi les pics de
PIO, qui se manifestent au cours des variations spontanées de la PIO au cours d’une journée,
dommageables pour le nerf optique et les cellules rétiniennes.
Ainsi, les analogues de la PGF2α appliqués une fois par jour permettent, chez le beagle
glaucomateux, une diminution non négligeable de la PIO d’au moins 50%. Leur action
hypotensive est donc plus importante quantitativement que chez l’homme et confirme ainsi
l’intérêt qu’il leurs est porté en ophtalmologie vétérinaire depuis ces dix dernières années dans
le cadre du traitement des glaucomes canins.
Dans les différentes études utilisant les beagles glaucomateux, la plus grande diminution de la
PIO est observée avec les topiques cholinergiques et les myotiques cholinergiques comme la
pilocarpine, le carbachol, le démécarium et l’echotiopate. Après la perte commerciale du
démécarium et avec les effets irritants de la pilocarpine, le latanoprost et les autres analogues
de la PGF2α, offrent désormais une action hypotensive durable et plus importante chez le
chien par rapport aux effets des antagonistes β-adrénergiques et des topiques inhibiteurs de
l’anhydrase carbonique utilisés dans le traitement des glaucomes chroniques.
Cependant, il n’existe pas encore, chez le chien, d’étude comparative en double aveugle entre
les différents analogues de la PGF2α et les molécules anti-glaucomateuses classiques.
V.4. Effets secondaires des analogues de la PGF2α chez le chien. [4, 27, 28,
29, 30, 62, 68, 69]
Comme c’est rapporté chez l’homme, on observe à moyen terme une hyperhémie
conjonctivale modérée chez le chien traité avec les analogues de la PGF2α. De plus, le
32
myosis est systématique, modéré à marqué, il apparaît dès les premières heures après
l’instillation des analogues de la PGF2α. La réduction du diamètre pupillaire est cependant
moins marquée quand les analogues sont instillés le soir. L’apparition du myosis reflète la
sensibilité du muscle sphinctérien du chien aux PGF2α en agissant directement sur le tonus de
ce muscle sans faire intervenir de neurotransmetteurs.
La conséquence directe, à priori, de l’effet myotique des analogues de la PGF2α chez le chien
est sa contre-indication dans le glaucome secondaire à une luxation antérieure du cristallin à
cause du bloc pupillaire potentiel que cela pourrait induire lors de la protrusion du vitré. En
revanche, cet effet constitue un avantage dans le cas de subluxation en permettant le maintien
en place du cristallin et empêche ainsi la pathologie d’évoluer vers une luxation complète. De
plus, les analogues des prostaglandines devraient être utilisés avec précaution chez le chien
présentant une inflammation intraoculaire : ces analogues sont donc fortement contre-indiqués
lors d’uvéite hypertensive. Chez les chiens présentant un glaucome de l’œil aphaque ou
pseudo-aphake, les analogues sont aussi contre-indiqués en raison des risques de rupture de la
barrière hémato-aqueuse qu’ils pourraient causer.
Cependant, aucune preuve formelle de toutes ces contre-indications n’a été réellement
observée cliniquement. Ce ne sont donc que des précautions d’emploi calquées sur les effets
indésirables constatés chez l’homme.
COOH
OH
OH
Latanoprost PGF2α
Le latanoprost est une prodrogue lipophile, sous forme d’ester d’isopropyl, possédant une très
bonne capacité de pénétration à travers la cornée. Celle-ci semble fonctionner comme un
stock de libération lente pour l’acide du latanoprost dans la chambre antérieure de l’œil. Dès
son arrivée dans l’humeur aqueuse, il est rapidement et intégralement hydrolysé en un acide
isopropylique biologiquement actif. Le pic de concentration de l’acide de latanoprost dans
l’humeur aqueuse est atteint, chez l’homme, en 2 heures. Le schéma thérapeutique préconisé
est une goutte d’une solution à 50µg/mL à raison d’une application par jour.
Chaque millilitre de XALATAN® contient donc 50 μg de latanoprost, ainsi que les
ingrédients inactifs suivants : dihydrogénophosphate de sodium monohydraté, phosphate
33
disodique anhydre, chlorure de sodium, eau pour injection et chlorure de benzalkonium à titre
d’agent de conservation ; le produit se présente sous la forme d’une huile incolore ou
légèrement jaune. Une goutte contient environ 1,5 μg de latanoprost.
En peu de temps, les dérivés des prostaglandines se sont imposés dans le traitement de
l’hypertension et du glaucome primaire à angle ouvert chez l’homme. Les différentes études
démontrent leur action, aussi bien en monothérapie qu’en association avec une ou plusieurs
autres molécules anti-glaucomateuses, dans la gestion du glaucome à angle ouvert et de
l’hypertension intraoculaire.
Parallèlement, chez le chien, les analogues des prostaglandines sont maintenant
principalement recommandés dans la gestion du glaucome primaire chronique mais, leur
action hypotensive avérée nous pousse à nous intéresser à leurs effets dans le cadre de la
gestion thérapeutique de la crise glaucomateuse.
34
Deuxième partie
35
36
L’objectif de cette étude a été d’évaluer l’effet de l’instillation d’une à deux gouttes
quotidiennes de latanoprost à 0,005% (XALATAN®) sur des crises hypertensives oculaires
chez le chien.
I. Matériels et méthode.
I.1. Animaux.
Les chiens ont été retenus sur la période comprise entre les mois de juin 2003 et octobre 2004.
Il s’agit d’une étude prospective qui a recensé 10 chiens souffrant d’un épisode
d’hypertension oculaire aigu sur cette période de 17 mois. Ces chiens appartenaient tous à des
races différentes : un Fox Terrier, un Spitz, un croisé, un American Staffordshire Terrier, un
Epagneul, un Chow Chow, un West Highland White Terrier, un Husky Sibérien, un Cocker
Américain et un Basset Griffon Vendéen. Nous avons recensé la présence de 4 mâles et 6
femelles. Aucune restriction d’âge n’a été définie, le patient le plus jeune avait 5 ans, le plus
âgé avait 13 ans.
Il s’agit de chiens qui ont été présentés en consultation des services d’ophtalmologie ou des
urgences de l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort. Les critères d’inclusion des chiens dans le
protocole étaient : des signes fonctionnels aigus de douleur oculaire et /ou la cécité uni ou
bilatérale associés à la mise en évidence lors de l’examen ophtalmologique initial d’une
hypertension oculaire à l’origine des signes d’appel pour les propriétaires. Tous les cas de
glaucome ont été admis sans distinction de race, d’origine supposée du glaucome et sans
distinction de durée d’évolution du glaucome.
Tableau 1: Cas inclus dans l'étude: nom, race, sexe, âge et oeil atteint.
37
signes cliniques de l’hypertension oculaire a été évaluée pour chaque animal selon les
commémoratifs, rapportés par les propriétaires de chaque chien, et les conclusions des
examens clinique et ophtalmologique. La durée d’évolution des signes d’hypertension
oculaire variait selon les cas de moins de 24 heures à plusieurs mois selon les propriétaires.
Concernant les cas les plus anciens, nous avons manqué de précision quant au moment
d’apparition des premiers signes d’hypertension oculaire.
Dès leur admission, les chiens ont fait l’objet d’un examen clinique et ophtalmologique
complet avec l’accord des propriétaires :
L’anamnèse et les commémoratifs ont fait l’objet d’une attention toute particulière concernant
l’œil atteint mais aussi l’œil adelphe, nous avons ainsi essayé de déterminer :
Ainsi, l’origine suspectée de l’hypertension était précisée dès que cela était possible.
L’instillation d’une goutte de latanoprost à 0,005% (XALATAN®) a alors été effectuée dans
l’œil atteint à To, To+12 heures, To + 24 heures, To + 36 heures et To + 48 heures.
38
Le seul traitement complémentaire autorisé et systématique était une injection de succinate de
méthylprednisolone (SOLUMEDROL®) en intraveineuse à la dose de 1mg/kg/ j à To, To +
24 heures et To + 48 heures.
Les critères évalués pour chaque œil tout au long de la durée du protocole ont été :
Tous ces critères ont été évalués à To, To+1h, To+2h, To+4h, To+24h et To+48h.
Tous ces critères ont été regroupés sous forme d’un tableau afin de faciliter le recueil et
l’analyse des critères qui nous intéressaient.
Fonction
A P A P A P A P A P A P
visuelle (º)
Diamètre
pupillaire et
fonction Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr
pupillomotrice
(¹)
39
II. Résultats du protocole.
II.1. Description des cas.
Nous avons recensé 13 yeux concernant 10 chiens dont trois présentaient une atteinte oculaire
bilatérale. L’attribution de leur numéro a été faite a posteriori et au hasard et ne correspond
donc à aucune chronologie.
Cas n°1
Le cas n°1 est un chien Fox terrier femelle âgé de 10 ans au moment de son admission. Elle a
été présentée en consultation d’ophtalmologie le 19/ 10/ 2004 pour une cécité brutale sur l’œil
gauche. La fonction visuelle était absente depuis deux semaines selon les propriétaires.
Lors de l’admission, l’examen ophtalmologique de cet œil gauche a révélé que le test de
clignement à la menace était absent. Nous avons relevé la présence d’une congestion
épisclérale modérée, d’une hyperhémie conjonctivale modérée et d’un oedème cornéen
modéré. L’examen rapproché de l’œil gauche a mis en évidence une subluxation du cristallin
de l’œil gauche.
La tension oculaire de l’œil gauche a été mesurée à 62 mm Hg avec le TONOPEN XL®.
L’examen gonioscopique a été possible et a révélé un angle iridocornéen fermé sur chacun
des 2 yeux.
L’origine suspectée de la crise hypertensive oculaire gauche évoluant depuis 15 jours, était
donc primaire et compliquée par une subluxation du cristallin.
TO (mm Hg) 62 16 12 14 16 15
fonction
A P A P A P A P A P A P
visuelle (º)
diamètre
Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr
pupillaire (²)
La pupille était en myosis aréflectif dès la première heure après instillation du XALATAN®.
Le myosis aréflectif est alors resté présent de To + 1 heure à To + 48 heures.
40
Cas n°2 et n°3
Les cas n°2 et n°3 sont respectivement l’œil droit et l’œil gauche d’un chien mâle Spitz âgé de
8 ans au moment de son admission. Il a été présenté en consultation d’ophtalmologie de
l’ENVA le 04/06/2003. Selon les propriétaires, il a manifesté trois semaines auparavant et
pendant 3 jours un abattement important et soudain associé à une désorientation compatible
avec une perte de la fonction visuelle.
Nous avons pu réaliser un examen du fond d’œil qui a révélé une excavation papillaire avec
conservation de l’intégrité de sa vascularisation sur les 2 yeux. En revanche, l’examen
gonioscopique des 2 yeux n’a pas été possible.
L’origine suspectée de la crise hypertensive des yeux gauche et droit était donc un glaucome
secondaire à une subluxation du cristallin évoluant depuis au moins trois semaines chacun,
ayant exclu par ailleurs toute autre cause de luxation du cristallin.
Tableau 4: Evolution des différents critères au cours de l’étude du cas n°2 (Œil droit).
TO (mm Hg) 54 14 14 15 17 18
fonction
A P A P A P A P A P A P
visuelle (º)
diamètre
Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr
pupillaire (²)
Nous n’avons pas constaté de récupération de la fonction visuelle pour l’œil droit à To + 24
heures et To + 48 heures avec un test de clignement à la menace et des réflexes photomoteurs
absents pendant les 48 heures du protocole.
41
La pupille est passée de mydriase aréflective en myosis aréflectif dès la première heure après
instillation du XALATAN®. Le myosis aréflectif est alors resté présent de To + 1 heure à To
+ 48 heures.
Tableau 5: Evolution des différents critères au cours de l’étude du cas n°3 (Œil gauche).
TO (mm Hg) 30 12 12 12 12 13
fonction
A P A P A P A P A P A P
visuelle (º)
diamètre
Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr
pupillaire (²)
Nous n’avons pas constaté de récupération de la fonction visuelle pour l’œil gauche à To + 24
heures et To + 48 heures avec un test de clignement à la menace et des réflexes photomoteurs
absents pendant les 48 heures de l’expérience.
La pupille est passée de mydriase aréflective en myosis aréflectif dès la première heure après
instillation du XALATAN®. Le myosis aréflectif est alors resté présent de To + 1 heure à To
+ 48 heures.
L’examen ophtalmologique a révélé que les globes oculaires gauche et droit présentaient une
buphtalmie associée à une absence des réflexes photomoteurs et de clignement à la menace.
La cornée des deux yeux présentait à To un œdème intense. La congestion épisclérale était
sévère sur les deux yeux.
42
La tension oculaire mesurée à To était identique sur les deux yeux: To= 76mm Hg. L’examen
gonioscopique et ophtalmoscopique indirect n'ont pas été réalisables lors de l'admission de
l’animal.
A To, l’origine des glaucomes de l’œil gauche et de l’œil droit restait indéterminée.
Tableau 6: Evolution des différents critères au cours de l’étude du cas n°4 (Œil gauche).
TO (mm Hg) 76 66 65 67 68 70
fonction
A P A P A P A P A P A P
visuelle (º)
diamètre
Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr
pupillaire (²)
La tension oculaire de l’œil gauche est restée très élevée, supérieure à 60 mm Hg, tout au long
des 48 heures de l’expérience. Nous avons mesuré une tension oculaire de 68 mm Hg à To +
24 heures, soit 13% de diminution par rapport à To, et de 70 mm Hg à To + 48 heures, soit
8% de diminution par rapport à To.
Nous n’avons pas constaté de récupération de la fonction visuelle pour l’œil gauche à To + 24
heures et To + 48 heures avec un test de clignement à la menace et des réflexes photomoteurs
absents pendant les 48 heures de l’expérience.
La pupille de l’œil gauche est restée en mydriase aréflective pendant les 48 heures de
l’expérience.
Nous pouvons signaler que pour cet œil un protocole classique à base de mannitol 1g/kg en
intraveineuse et d’acétazolamide 5mg/kg en intraveineuse a été entrepris après la fin du
protocole à To + 48 heures mais qu’elle n’a pas permis de mettre fin à la crise hypertensive.
Tableau 7: Evolution des différents critères au cours de l’étude du cas n°5 (Œil droit).
TO (mm Hg) 76 36 27 16 18 17
fonction
A P A P A P A P A P A P
visuelle (º)
diamètre
Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr
pupillaire (²)
43
de 79% par rapport à To. Elle est alors restée stable et dans les normes physiologiques (<25
mm Hg) pendant les 48 heures de l’expérience avec une tension oculaire de 18 mm Hg à To +
24 heures, soit 76% de diminution par rapport à To, et de 17 mm Hg à To + 48 heures, soit
78% de diminution par rapport à To.
Nous n’avons pas constaté de récupération de la fonction visuelle pour l’œil droit à To + 24
heures et To + 48 heures avec un test de clignement à la menace et des réflexes photomoteurs
absents pendant les 48 heures de l’expérience.
Cas n°6
Le cas n°6 est un chien femelle American Staffordshire Terrier âgé de 5 ans au moment de
son admission. Elle a été présentée en consultation d’urgences de l’ENVA le 30/10/2004 pour
cécité bilatérale soudaine le jour même de l’admission. L’œil droit était douloureux et fermé.
Les propriétaires nous ont rapporté que l’œil gauche était depuis longtemps en mydriase
aréflective due à une dégénérescence rétinienne.
L’examen ophtalmologique de l’œil droit a mis en évidence une douleur oculaire importante
caractérisée par un blépharospasme intense, un œdème cornéen modéré, une congestion des
vaisseaux épiscléraux modérée et une absence de clignement à la menace. L’iris était
difficilement observable mais nous avons pu observer sa déformation ventrale par une masse
mélanique d’origine vraisemblablement tumorale. Cette hypothèse a ensuite été confirmée par
échographie puis lors de l'analyse histologique suite à l'énucléation.
La crise hypertensive de l’œil droit était donc supposée secondaire à un mélanome uvéal
antérieur envahissant.
TO (mm Hg) 45 37 37 38 40 38
fonction
A P A P A P A P A P A P
visuelle (º)
diamètre
Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr
pupillaire (²)
(*) Un traitement d’urgence classique (DIAMOX® 5mg/kg et MANNITOL 1g/kg) a été utilisé.
La tension oculaire est restée supérieure aux normes physiologiques (< 25 mm Hg) de To à
To + 48 heures puisqu’elle a été mesurée entre 37 mm Hg, minimum à To + 1 heure et 2
heures, et 45 mm Hg maximum à To. La tension oculaire ne diminuant pas dans les normes
physiologiques à To + 2 heures et devant les symptômes de douleur oculaire importants, nous
44
avons utilisé un traitement de la crise glaucomateuse plus classique à base de mannitol en
intraveineuse, à la dose de 1g/kg, associé à de l’acétazolamide, à la dose de 5 mg/kg, en
intraveineuse. La tension oculaire n’avait toujours pas baissé dans les normes physiologiques
à To + 24 heures. Le même traitement à la même posologie a alors été réutilisée à To + 24
heures.
La diminution la plus importante de la tension oculaire, mesurée à To + 1 heure et + 2 heures,
ne dépassait pas 18% (37 mm Hg) par rapport à To. On a relevé à To + 24 heures une
diminution de 11% (40 mm Hg) et de 16% (38 mm Hg) à To + 48 heures.
Nous n’avons pas constaté de récupération de la fonction visuelle pour l’œil droit à To + 24
heures et To + 48 heures avec un test de clignement à la menace absent et des réflexes
photomoteurs inévaluables pendant les 48 heures de l’expérience.
Cas n°7
Le cas n°7 est un chien femelle Epagneul âgé de 10 ans au moment de son admission. Elle a
été présentée aux consultations d’urgences de l’ENVA le 29/09/2003. Elle présentait une
cécité bilatérale brutale depuis 24 à 48 heures. Selon les propriétaires, la cécité était
caractérisée par une douleur oculaire de l’œil gauche stigmatisée par un blépharospasme
intense. Les propriétaires avaient relevé l’apparition d’une opacification cornéenne 8 jours
auparavant.
La chienne avait subi la pause d’une prothèse intra sclérale sur l’œil droit un an auparavant
suite à une crise glaucomateuse dont l’origine suspectée était primaire.
45
Tableau 9: Evolution des différents critères au cours de l’étude du cas n°7.
TO (mm Hg) 71 70 70 70 66 61
fonction
A P A P A P A P A P A P
visuelle (º)
diamètre
Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr
pupillaire (²)
(*) Un traitement d’urgence classique (DIAMOX® 5mg/kg et MANNITOL 1g/kg) a été utilisé.
La tension oculaire de l’œil gauche est restée stable à des valeurs très supérieures aux normes
physiologiques pendant les 48 heures de l’expérience. La diminution maximale de la tension
oculaire de 14% (61 mm Hg) a été mesurée à To + 48 heures après qu’un protocole de
traitement classique (du mannitol à la dose de 1g/kg en intraveineuse associé à de
l’acétazolamide à la dose de 5 mg/kg en intraveineuse) avait été administré à To + 24 heures
car la tension oculaire était toujours très forte (66 mm Hg) et la douleur oculaire était
persistante et importante.
Nous n’avons pas constaté de récupération de la fonction visuelle pour l’œil droit à To + 24
heures et To + 48 heures avec un test de clignement à la menace et des réflexes photomoteurs
absents pendant les 48 heures de l’expérience.
Cas n°8
Le cas n°8 est un chien femelle Chow Chow âgé de 10 ans le jour de son admission. Elle a été
présentée aux consultations d’urgences de l’ENVA le 23/10/2003 pour cécité brutale depuis
48 heures selon les propriétaires.
La chienne avait subi une opération laser (cyclophotocoagulation des corps ciliaires) sur un
glaucome au stade terminal sur l’œil droit six mois auparavant.
Une gonioscopie de l’œil gauche avait montré à cette période une dysplasie de l’angle
iridocornéen et la fermeture sur plus de 50% de sa circonférence. Un traitement préventif
local à base de dorzolamide (TRUSOPT 2%®) et de déxamethasone, polymyxine B et
néomycine (MAXIDROL®) avait été mis en place sur l’œil gauche. Ce traitement avait été
interrompu quelques semaines avant la consultation du 23/10/ 2003.
Le jour de l’admission, l’examen ophtalmologique de l’œil gauche a révélé une mydriase
aréflective, une congestion épisclérale importante et une absence de la fonction visuelle. L’œil
était douloureux et présentait un œdème cornéen modéré diffus. L’œil droit, au moment de
l’admission, était sous contrôle.
46
L’examen du fond d’œil gauche a été possible et a mis en évidence une vascularisation de la
papille optique encore présente.
Tableau 10: Evolution des différents critères au cours de l’étude du cas n°8.
TO (mm Hg) 50 12 9 8 13 7
fonction
A P A P A P A P A P A P
visuelle (º)
diamètre
Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr
pupillaire (²)
Nous avons constaté une récupération partielle de la fonction visuelle pour l’œil gauche à
partir de To + 24 heures qui a persisté au moins jusqu’à To + 48 heures.
La pupille est passée de mydriase aréflective en myosis aréflectif dès la première heure après
instillation du XALATAN®. Nous n’avons pas constaté de réflectivité de la pupille qui est
restée en myosis aréflectif à partir de To + 1 heure et jusqu’à To + 48 heures malgré la
récupération de la fonction visuelle, attestant de l’efficacité du XALATAN®.
Cas n°9
Le cas n°9 est un chien femelle stérilisé croisé West Highland White Terrier âgé de 11 ans au
moment de son admission. Elle a été présentée en consultation d’ophtalmologie de l’ENVA le
01/11/ 2003 pour une douleur oculaire gauche intense survenu le jour même de l’admission.
En mars 2002, la chienne avait subi la pose d’une prothèse intra sclérale sur l’œil droit suite à
un glaucome secondaire à une luxation postérieure du cristallin. Lors d’une consultation de
suivi, un examen gonioscopique de l’œil gauche avait été réalisé. Il avait été établi que l’œil
gauche présentait un envahissement pigmentaire de l’angle iridocornéen à la base de l’iris.
L’œil gauche avait alors été placé sous traitement préventivement avec du dorzolamide
(TRUSOPT 2%®) et du diclofénac (VOLTARENE®) mais ce traitement avait été arrêté 10
jours avant la consultation du 01/11/2003.
47
La tension oculaire a été mesurée à To à 40 mm Hg.
Tableau 11: Evolution des différents critères au cours de l’étude du cas n°9.
TO (mm Hg) 40 32 17 23 32 19
fonction
A P A P A P A P A P A P
visuelle (º)
diamètre
Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr
pupillaire (²)
Nous n’avons pas constaté de récupération de la fonction visuelle pour l’œil gauche à To + 24
heures et To + 48 heures avec un test de clignement à la menace et des réflexes photomoteurs
absents pendant les 48 heures de l’expérience.
Cas n°10
Le cas n°10 est un chien mâle Husky sibérien âgé de 7 ans au moment de son admission. Il a
été présenté en consultation d’ophtalmologie de l’ENVA le 01/11/ 2003 pour une consultation
de suivi de glaucome affectant l’œil gauche et l’œil droit depuis 1998. Les propriétaires nous
ont rapporté que l’œil droit présentait des signes de douleur depuis le matin même de son
admission dans l’étude, soit moins de 12 heures.
Le chien a été suivi jusqu’en 1999 pour un glaucome chronique au stade terminal de l’œil
gauche suite à une panuvéite hypertensive associée à une intumescence cristallinienne. Un
électrorétinogramme avait alors signalé l’absence d’activité électrique normale sur les 2 yeux.
Le suivi en consultation avait montré ensuite des lésions bilatérales de la rétine compatible
avec une chorio-rétinite qui se manifestaient par un décollement de la rétine, une excavation
papillaire et une dépigmentation du fond d’œil gauche et une excavation papillaire sur l’œil
droit. L’animal présentait donc une uvéite avec une choriorétinite bilatérale compliquée par
un décollement de rétine. L’analyse histologique cutanée a permis d’exclure un syndrome
uvéo-cutané.
48
Le jour de la consultation, l’examen ophtalmologique a révélé que le chien présentait une
cécité bilatérale avec une mydriase aréflective bilatérale. L’œil gauche était hypotone et
calme. En revanche, l’œil droit était douloureux caractérisé par un blépharospasme intense. Il
présentait une hyperhémie conjonctivale importante et une pigmentation cornéenne. Le
cristallin droit était sclérosé et intumescent.
L’origine suspectée du glaucome était donc secondaire à une uvéite associée à une
intumescence du cristallin.
Tableau 12: Evolution des différents critères au cours de l’étude du cas n°10.
TO (mm Hg) 60 17 10 10 18 21
fonction
A P A P A P A P A P A P
visuelle (º)
diamètre
Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr
pupillaire (²)
Nous n’avons pas constaté de récupération de la fonction visuelle pour l’œil droit à To + 24
heures et To + 48 heures avec un test de clignement à la menace et des réflexes photomoteurs
absents pendant les 48 heures de l’expérience.
Cas n°11
Le cas n°11 est un chien mâle Cocker américain âgé de 12 ans au moment de l’admission. Il a
été présenté aux consultations d’urgences de l’ENVA le 25/10/2003 pour une cécité bilatérale
soudaine et une douleur aiguë de l’œil droit évoluant depuis moins de 24 heures selon les
propriétaires.
En 2002, le chien avait bénéficié de la pause d’une prothèse intra sclérale sur l’œil gauche
suite à un glaucome supposé primaire. L’examen ophtalmologique de l’œil droit par
gonioscopie avait mis en évidence un angle étroit lors des consultations de suivi. Un
traitement préventif avait été mis en place. Le traitement préventif à base de dorzolamide
(TRUSOPT collyre®) avait été interrompu avec le développement d’une intolérance au
collyre.
49
Le jour de la consultation, l’examen ophtalmologique a révélé que le chien présentait une
absence de clignement à la menace et des réflexes photomoteurs sur l’œil droit. L’œil droit
était en mydriase aréflective et présentait un œdème cornéen diffus modéré, une congestion
modérée des vaisseaux épiscléraux et une sclérose du cristallin.
Tableau 13: Evolution des différents critères au cours de l’étude du cas n°11.
TO (mm Hg) 58 40 16 10 13 15
fonction
A P A P A P A P A P A P
visuelle (º)
diamètre
Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr
pupillaire (²)
Nous avons constaté une récupération partielle de la fonction visuelle pour l’œil gauche à
partir de To + 24 heures et qui a persisté au moins jusqu’à To + 48 heures.
La pupille est passée de mydriase aréflective en myosis serré aréflectif entre To + 1 heure et
To + 2 heures. Nous avons constaté que la pupille était en myosis faiblement réflectif à To +
48 heures.
Les tensions oculaires ont été mesurées à To à 54 mm Hg pour l’œil droit (cas n°12) et à 53
mm Hg pour l’œil gauche (cas n°13).
Le glaucome était donc supposé secondaire à une subluxation primaire du cristallin pour
l’œil gauche et l’œil droit, toute autre cause de luxation ayant par ailleurs été exclue.
Tableau 14: Evolution des différents critères au cours de l’étude du cas n°12 (Œil droit).
TO (mm Hg) 54 19 19 16 15 21
fonction
A P A P A P A P A P A P
visuelle (º)
diamètre
Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr
pupillaire (²)
Nous n’avons pas constaté de récupération de la fonction visuelle pour l’œil droit à To + 24
heures et To + 48 heures avec un test de clignement à la menace et des réflexes photomoteurs
absents pendant les 48 heures de l’expérience.
La pupille est passée de mydriase aréflective en myosis aréflectif dès la première heure après
instillation du XALATAN®. Le myosis aréflectif est alors resté présent de To + 1 heure à To
+ 48 heures. Une attention particulière a été apportée à la position du cristallin après
l’instillation du XALATAN® afin de prévenir une éventuelle luxation antérieure pendant les
48 heures de l’étude.
51
Tableau 15: Evolution des différents critères au cours de l’étude du cas n°13 (Œil
gauche).
TO (mm Hg) 53 18 16 16 17 24
fonction
A P A P A P A P A P A P
visuelle (º)
diamètre
Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr Ma ma pr
pupillaire (²)
Nous n’avons pas constaté de récupération de la fonction visuelle pour l’œil gauche à To + 24
heures et To + 48 heures avec un test de clignement à la menace et des réflexes photomoteurs
absents pendant les 48 heures de l’expérience.
La pupille est passée de mydriase aréflective en myosis aréflectif dès la première heure après
instillation du XALATAN®. Le myosis aréflectif est alors resté présent de To + 1 heure à To
+ 48 heures. Une attention particulière a été apportée à la position du cristallin après
l’instillation du XALATAN® afin de prévenir une éventuelle luxation antérieure pendant les
48 heures de l’étude.
52
II.2. Synthèse des résultats.
Nous résumons ainsi les principales données épidémiologiques dans un tableau récapitulatif.
Gonioscopie Hypothèse
Cas n° Races Sexe Age
(*) diagnostique
Glaucome
1 Fox Terrier F 10 ans AIC étroit
primaire
Secondaire
Spitz
2 M 8 ans NON subluxation
Loulou
cristallin
Secondaire
Spitz
3 M 8 ans NON subluxation
Loulou
cristallin
American Mélanome
6 F 5 ans NON
Staff Uvéal
AIC Glaucome
7 Epagneul F 12 ans
dysplasique primaire
Glaucome
9 Westie F 12 ans AIC étroit
pigmentaire
Poussée uvéite
hypertensive /
10 Husky M 7 ans NON
Intumescence
cristallin
Cocker Glaucome
11 M 12 ans AIC étroit
américain primaire
Basset Secondaire
12 Griffon M 7 ans AIC normal subluxation
Vendéen cristallin
Basset Secondaire
13 Griffon M 7 ans AIC normal subluxation
Vendéen cristallin
AIC: angle iridocornéen/ M: mâle; F: femelle.
(*) Examen pratiqué sur l’œil atteint ou sur l’œil adelphe, avant ou au moment de la crise.
53
• Nature des glaucomes :
La majorité des cas n’avaient pas subi d’examen ophtalmologique de contrôle avant la crise
glaucomateuse étudiée. En effet, seuls les cas n° 7, 8, 9, 10 et 11, soit 5 cas sur 13 (38%),
avaient fait l’objet d’un ou plusieurs examens ophtalmologiques antérieurs à la crise
hypertensive oculaire étudiée.
D’après l’anamnèse et les commémoratifs, nous avons distingué chez les 10 chiens 5 origines
différentes suspectées ou avérées de la crise glaucomateuse au moment de l’admission.
Un seul chien a présenté un glaucome de l’œil gauche et de l’œil droit (Cas n°4 et 5) dont les
origines sont restées indéterminées.
-Glaucomes secondaires : 8 yeux sur 13 cas soit 62%, avec dans le détail :
Nous avons constaté qu’aucune race de chien n’était particulièrement représentée puisque
nous dénombrons 10 races différentes sur 10 chiens admis dans l’étude.
Les chiens avaient entre 5 et 13 ans avec une moyenne d’âge de 9 ans et 10 mois. La
moyenne d’âge de manifestation des glaucomes primaires était de 10 ans et 6 mois. La
moyenne d’âge d’apparition des glaucomes secondaires à une pathologie cristallinienne était 7
ans et 6 mois. L’âge d’apparition de la crise hypertensive secondaire à une uvéite était 7 ans.
L’âge d’apparition du glaucome pigmentaire était 12 ans. L’âge d’apparition du mélanome
uvéal était 5 ans.
54
• Fonction visuelle et durée des symptômes :
Nous avons résumé les données selon la durée d’évolution des symptômes par rapport au
début du protocole.
6 Cécité oeil adelphe depuis plusieurs mois Cécité brutale depuis 24 heures.
- une évolution des signes cliniques depuis plus d’un mois: 2 cas sur 13 soit
15%.
55
Aucun œil inclus dans le protocole n’était visuel au moment de l'admission en consultation.
La cécité durait potentiellement, après recoupement des commémoratifs et de l’examen
ophtalmologique, depuis moins de 48 heures pour 62 % des cas et depuis plus d’une semaine
pour 38 % des cas avec des extrêmes de 15 jours à 6 mois d’évolution. Nous n’avons pas eu
d’œil dans le protocole dont la durée d’évolution était intermédiaire entre 48 heures et une
semaine.
Nous avons constaté que le signe d’appel le plus fréquent de la crise d’hypertension oculaire
suspectée par le propriétaire était la cécité pour 12 yeux sur 13 (92%) et que les signes aigus
de douleur oculaire constituaient un signe d’appel pour les propriétaires pour 7 yeux sur 13
(54%).
Tension
Diamètre Buphtalmie
Cas n° TCM (º) oculaire Autres
pupillaire (¹) (º)
(mm Hg)
1 A Ma A 62 Subluxation du cristallin
4 A Ma P 76 Hyphéma
5 A Ma A 76
7 A Ma A 71
Tyndall ++
9 A ma P 40 Envahissement pigmentaire AIC
Synéchies postérieures
Cristallin intumescent
10 A Ma A 60 Excavation papillaire
11 A Ma P 58
Subluxation cristallin
12 A Ma P 54 Issu du vitré
Subluxation cristallin
13 A Ma P 53 Issu du vitré
56
La tension oculaire de départ (To) a été mesurée entre un minimum de 30 mm Hg pour le cas
n°3 et un maximum de 76 mm Hg pour les cas n° 4 et n°5 avec une moyenne de tension
oculaire à To de 56 mm Hg pour les 13 yeux inclus dans le protocole.
Tous les chiens présentaient une absence totale de la vision à To.
Nous avons constaté que 11 yeux inclus dans le protocole présentaient une mydriase
aréflective à To. Le cas n°9 était en myosis aréflectif. Ce cas était un glaucome pigmentaire
suspecté présentant un effet Tyndall positif et des synéchies postérieures, donc associé à une
uvéite. En revanche, le diamètre pupillaire et la réflectivité pupillaire du cas n°6 sont restés
indéterminés car nous n’avons pas pu observer la pupille lors de l’examen ophtalmologique
d’admission à cause des remaniements de l’iris causés par la masse tumorale.
Nous avons noté enfin que la buphtalmie était présente sur 4 yeux (cas n° 4, 9, 12 et 13) sur
13, soit 31 % des cas, témoignant d’une durée d’évolution importante supérieure à plusieurs
jours.
• Nous avons regroupé les différentes tensions oculaires mesurées au cours du protocole pour
chaque œil inclus dans l’étude.
Tension
To To+1h To+2h To+4h To+24h To+48h
Oculaire (*)
1 62 16 12 14 16 15
2 54 14 14 15 17 18
3 30 12 12 12 12 13
4 76 66 65 67 68 70(°)
5 76 36 27 16 18 17
6 45 37 37(°) 38 40(°) 38
7 71 70 70 70 66(°) 61
8 50 12 9 8 13 7
9 40 32 17 23 32 19
10 60 17 10 10 18 21
11 58 40 16 10 13 15
12 54 19 19 16 15 21
13 53 18 16 16 17 24
Nous avons observé à To + 24 heures que les cas n° 4, n°6, n°7 et n°9, mesurés
respectivement à 68 mm Hg, 40 mm Hg, 66 mm Hg et 32 mm Hg, présentaient des tensions
oculaires supérieures aux normes physiologiques (<25 mm Hg). Cependant, nous avons noté
que le cas n°9 présentait à To + 2 heures et To + 4 heures des tensions oculaires inférieures à
25 mm Hg. Ce cas n°9 présentait donc une forte instabilité de sa tension oculaire sur les
premières 24 heures de l’étude.
57
A To + 48 heures, seuls les cas n °4, n°6 et n°7, mesurés respectivement à 70 mm Hg, 38 mm
Hg et 61 mm Hg, demeuraient supérieurs aux normes physiologiques. Le cas n°9 était, de
nouveau, mesuré à une tension comprise dans les normes physiologiques, soit 19 mm Hg.
Les 10 autres yeux étaient inférieurs à 25 mm Hg à To + 48 heures.
Pour les cas n° 6 et n°7, n’ayant pas répondu au XALATAN® et manifestant des signes
d’inconfort et de douleur oculaire importante, nous avons utilisé un traitement plus
« classique » à base de mannitol à la dose de 1g/kg en intraveineuse associé à de
l’acétazolamide à la dose de 5 mg/kg en intraveineuse. Ce protocole a été effectué à To + 2
heures et To + 24 heures pour le cas n° 6 et à To + 24 heures uniquement pour le cas n° 7. Ce
protocole plus « classique » a été utilisé pour le cas n°4 à la fin de l’étude à To + 48 heures.
La moyenne des tensions oculaires mesurées à To + 24 heures était de 26,5 mm Hg, soit
légèrement supérieure aux normes physiologiques (<25 mm Hg) mais 9 yeux sur 13 étaient
cependant inférieurs à 25 mm Hg.
moyenne sur 48
cas N° T0 T0 + 1 h. T0 + 2 h. T0 + 4 h. T0 + 24 h. T0 + 48 h.
h.
1 62 -74% -81% -77% -74% -76% -76%
2 54 -74% -74% -72% -69% -67% -71%
3 30 -60% -60% -60% -60% -57% -59%
(°)4 76 -13% -14% -12% -11% -8% -9%
5 76 -53% -64% -79% -76% -78% -70%
(°)6 45 -18% -18% -16% -11% -16% -15%
(°)7 71 0% 0% 0% -6% -14% -4%
8 50 -76% -82% -84% -74% -86% -80%
9 40 -20% -58% -43% -20% -53% -39%
10 60 -72% -83% -83% -70% -65% -75%
11 58 -31% -72% -83% -78% -74% -68%
12 54 -65% -65% -70% -72% -62% -67%
13 53 -66% -70% -70% -68% -53% -66%
(°) on signale ici que les cas n°4, n°6 et n°7 ont bénéficié d’un autre traitement hypotenseur avec du mannitol
10% à la posologie de 1g/L et de l’acétazolamide (DIAMOX®) à la posologie de 7mg/kg par voie intraveineuse.
Nous avons constaté que la tension oculaire avait diminué dans tous les cas, avec une
moyenne de diminution de la tension oculaire de 54% sur 48 heures pour les treize cas. Le
pourcentage de diminution le plus élevé du panel a été le cas n°8 avec une moyenne de 80%
de diminution de la tension oculaire sur 48 heures.
58
Nous avons distingué, cependant, 3 cas inférieurs à 20% de moyenne de diminution de la
tension oculaire sur 48h: les cas n° 4, n° 6 et n° 7 avec respectivement 9%, 15% et 4%.
Nous avons considéré ces cas comme des échecs thérapeutiques. Il faut remarquer que parmi
ces 3 cas, deux cas (les cas n°6 et n°7) n’ont pas répondu non plus au traitement classique de
la crise glaucomateuse entrepris pendant le protocole.
• Nous avons étudié plus particulièrement la diminution de tension oculaire à To+2h afin de
déterminer l’efficacité à court terme du latanoprost 0,005% qui pouvait être déterminante
dans la récupération de la fonction visuelle.
80
70
60
50
PIO à T0
40 PIO à T0 + 2 h.
PIO à T0 + 48 h.
30
20
10
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13
Nous avons constaté que 9 yeux sur 13 étaient mesurés à une tension oculaire inférieure à 20
mm Hg à To + 2 heures.
Le cas n°5 avait une tension oculaire à To+2h de 27 mm Hg, soit toujours légèrement
supérieure aux normes de tension oculaire physiologique. Nous avons noté cependant que ce
cas possédait à To une tension oculaire très élevée: To= 76mmHg, soit la tension oculaire de
départ la plus élevée du panel d’étude.
Nous avons constaté que le pourcentage moyen de diminution de la tension oculaire entre To
et To + 2 heures et To et To + 48 heures étaient comparables avec respectivement 57 % et
54%.
59
Si l’on exclue les 3 cas d’échecs, la moyenne de diminution de la tension oculaire entre To et
To + 2 heures était de 71%.
Nous avons alors constaté que le pourcentage moyen de diminution de la tension oculaire
entre To et To + 2 heures et To et To + 48 heures étaient comparables avec respectivement
71% et 67% lorsqu’on exclue les 3 cas d’échecs thérapeutiques.
Les yeux n° 2, n°3, n°12 et n°13 ont connu une forte diminution de leur tension
oculaire entre To et To + 2 heures avec respectivement 74%, 60%, 65% et
70%. La tension oculaire de ces quatre cas est alors restée stable dans les
normes physiologiques pendant l’ensemble du protocole.
Le cas n°10 a connu une très forte diminution de sa tension oculaire avec 83%
de diminution entre To et To + 2 heures. Sa tension oculaire est alors restée
stable dans les normes physiologiques pendant le reste du protocole.
L’œil n°5 a connu une forte diminution de sa tension oculaire (79%) entre To
et To + 4 heures. Sa tension oculaire est alors restée stable dans les normes
physiologiques sur l’ensemble du protocole.
60
II.2.4. Evolution de la fonction visuelle au cours du protocole.
Nous avons constaté que seuls les cas n°8 et n°11 ont retrouvé dès To + 24h une fonction
visuelle relative.
C’étaient deux yeux dont l’origine suspectée de la crise hypertensive était primaire. Les
symptômes d’appel, cécité et / ou douleur oculaire, évoluait depuis moins de 48 heures. Leur
tension oculaire de départ était inférieure à 60 mm Hg. Leur tension oculaire a connu une
forte diminution entre To et To + 2 heures et est restée stable a priori pendant le reste du
protocole. Les deux cas étaient suivis régulièrement en consultation d’ophtalmologie.
Si l’on considère les 4 yeux (Cas n°5, n°8, n°9 et n°11) parmi le panel de l’étude dont la
cécité évoluait selon les propriétaires depuis moins de 48 heures et pour lesquels le
latanoprost 0,005% a permis une diminution rapide de la tension oculaire dans les normes
physiologiques, nous avons donc obtenu une récupération de la fonction visuelle dans 50%
des cas.
Parmi les onze yeux qui n’étaient visuels ni à To + 24 heures ni à To + 48 heures nous avons
retrouvé, comme nous pouvions nous y attendre, les cas n°4, n°6 et n°7 dont la tension
oculaire n’a pas ou très peu diminué pendant l’expérience.
Cas n° To To + 4 h. To + 24 h. To + 48 h.
1 Ma ma ma ma
2 Ma ma ma ma
3 Ma ma ma ma
4 Ma Ma Ma Ma
5 Ma ma ma ma
6 ? ? ? ?
7 Ma Ma Ma Ma
8 Ma ma ma ma
9 ma ma ma ma
10 Ma Ma Ma Ma
11 Ma ma ma ma
12 Ma ma ma ma
a Ma ma ma ma
61
L’évaluation du diamètre pupillaire et de la fonction pupillomotrice n’a été réalisable que
pour 12 yeux sur 13. Nous n’avons pas pu déterminer l’évolution du diamètre pupillaire et la
fonction pupillomotrice de l’œil n°6 qui était le cas de mélanome uvéal, en raison de
l’œdème cornéen et de l’envahissement pigmentaire.
Sur les 12 yeux évaluables, 11 yeux étaient en mydriase aréflective à To, soit 92% des yeux,
et seul le cas n°9, était en myosis aréflectif, soit 8% des yeux. L’examen ophtalmologique lors
de l’admission avait mis en évidence, pour le cas n°9, un glaucome pigmentaire associé à une
uvéite et la présence de synéchies postérieures.
A To + 4 heures, sur 12 yeux, seules les yeux n° 4, n°7 et n°10 présentaient encore une
pupille en mydriase aréflective, soit 25% des yeux. Les 9 autres pupilles étaient toutes en
myosis aréflectif, témoin de l’action précoce du latanoprost 0,005%.
A To + 48 heures, les yeux n° 8 et n°11 présentaient une pupille en myosis serré aréflectif
malgré une fonction visuelle recouvrée dès To + 24 heures.
Les trois yeux (Cas n°4, n°7 et n°10) qui présentaient une mydriase aréflective à To + 4
heures l’étaient encore tous à To + 48 heures.
La pupille de l’œil n°10 est restée en mydriase aréflective pendant les 48 heures de
l’expérience. Malgré tout, la tension oculaire de cet œil a diminué au cours des 48 heures de
75% pour atteindre des valeurs physiologiques dès To + 1 heure. Cependant, l’œil n’était pas
visuel à To + 48 heures et présentait une intumescence du cristallin.
- Tyndall :
Le mélanome uvéal antérieur (œil n°6) n’était pas évaluable pendant la durée de l’expérience
car les remaniements de la chambre antérieure, et notamment les signes d’inflammation endo-
oculaire, ne permettaient pas d’examen ophtalmologique approfondi.
L’œil n°10, qui souffrait d’une poussée d’uvéite hypertensive, n’a pas révélé lors de la
consultation à To la présence d’un signe de Tyndall.
Aucun autre œil inclus dans le protocole n’a présenté de signe de Tyndall au cours de l’étude.
- l’évaluation des signes d’inconfort et de rougeur oculaire (hyperhémie conjonctivale) ont été
ininterprétables pendant les 48 heures de l’étude ; car, même si le traitement a été un succès,
le critère d’hyperhémie conjonctivale induit par le latanoprost 0,005% n’est intéressant à
évaluer que sur son utilisation à long terme.
62
III. Discussion.
Le but de cette étude prospective était de tester l’efficacité du latanoprost 0,005% en
monothérapie dans la gestion d’une crise d’hypertension oculaire chez le chien et de préciser
ses limites d’utilisation dans le cadre de l’urgence.
III.1. Effets à court terme du latanoprost sur la PIO des chiens en crise
glaucomateuse.
Nous avons donc constaté dans notre étude que le latanoprost permettait une diminution
moyenne de 54% de la tension oculaire sur 48 heures dans le cadre d’une crise hypertensive
aiguë. On peut préciser qu’en excluant les 3 cas d’échec la diminution moyenne de la tension
oculaire a atteint 67%.
Nous n’avons pas remarqué de corrélation à posteriori entre la valeur de la tension de départ
To et le pourcentage de diminution de la tension oculaire sur 48h.
La diminution de la tension oculaire a été rapide car dès To + 2 heures nous avons obtenu
une diminution moyenne de 57%. En excluant les 3 cas d’échec, cette diminution moyenne a
atteint 71%. Les moyennes de diminution de la tension oculaire étaient donc comparables à
To + 2 heures et To + 48 heures. Quand nous avons comparé individuellement les valeurs des
13 yeux à To + 2 heures et To + 48 heures, le pourcentage de diminution de la tension
oculaire de 9 yeux différaient de 5% ou moins entre To + 2 heures et To + 48 heures. Les 4
cas qui possédaient une différence supérieure à 5% entre To + 2 heures et To + 48 heures
étaient les cas n° 5, n° 7, n° 9 et n°10. Le cas n° 5 possédait la tension oculaire de départ To la
plus élevée de l’étude, à To + 2 heures la tension oculaire était supérieure aux normes
physiologiques (<25 mm Hg) et la tension oculaire a continué de diminuer entre To + 2
heures et To + 48 heures. Le cas n° 7 a été un échec thérapeutique et la différence de 14%
entre To + 2 heures et To + 48 heures était due vraisemblablement à l’utilisation d’un
protocole de traitement plus classique à To + 24 heures. Le cas n°9 était un cas de glaucome
pigmentaire compliqué par une uvéite dont on pouvait s’attendre à ce que cela complique la
stabilisation de la tension oculaire sur l’ensemble du protocole. Le cas n°10 était une uvéite
hypertensive compliquée d’une intumescence cristallinienne qui pour les mêmes raisons que
le cas n° 9 laissait présager des difficultés quant à la stabilisation de la tension oculaire sur
l’ensemble de l’étude.
A To + 2 heures, tous les cas répondant positivement au latanoprost possédaient une PIO
compatible avec le fonctionnement du nerf optique sauf le cas n°5 (PIO= 27 mm Hg)
légèrement supérieure à la PIO physiologique maximale (PIO max = 25 mm Hg). Il faut noter
cependant que ces mesures ponctuelles ne préjugeaient en rien des variations sur 24 heures de
la PIO car elles ont été réalisées à un instant T donné. En effet, alors que toutes les mesures de
PIO étaient conformes aux valeurs physiologiques à To + 24 heures, le cas n° 9 qui présentait
des valeurs à To+2h et To+48h dans les normes (PIO=17 mm Hg et 19 mm Hg), avait une
PIO de 32 mm Hg à To + 24 heures.
Nous avons constaté que 75% (3 cas sur 4) des glaucomes primaires, 100% des cas de
subluxations du cristallin (4 cas sur 4), 100% des cas de glaucome pigmentaire (1 cas sur 1) et
100% des cas d’uvéite hypertensive (1 cas sur 1) ont répondu de manière favorable au
latanoprost 0,005% à court terme dans le cadre de l’urgence. Cependant, le relatif faible
nombre de cas concernés dans chaque catégorie de glaucome ne permet pas de dégager de
conclusion définitive sur les indications d’utilisation du latanoprost en urgence en fonction de
la nature du glaucome.
63
Nous avons rencontré 3 échecs thérapeutiques : les cas n°4, n°6 et n°7. Selon l’étiologie et
le stade du glaucome mis en évidence lors de la consultation d’admission, l’échec pour les cas
n°4 et n°6 n’était pas surprenant. En effet, le cas n°4 était un glaucome chronique en stade
terminal. Les remaniements oculaires importants et anciens ont constitué un obstacle à
l’efficacité du latanoprost. Le cas n°6 présentait un mélanome uvéal, tumeur qui provoquait
une obstruction mécanique permanente de l’angle iridocornéen. Enfin, le cas n°7 évoluait
depuis potentiellement plus de 8 jours selon les commémoratifs à des tensions oculaires très
élevées (> 60 mm Hg), entraînant alors une fermeture complète de l’angle iridocornéen et des
remaniements intraoculaires incompatibles avec le bon fonctionnement du latanoprost.
Dans les trois cas, un traitement d’urgence plus classique a été tenté, soit pendant le
protocole soit après le protocole, mais sans succès. En effet, l’œil n°6 a été traité avec du
mannitol à 1g /kg en intraveineuse associé à de l’acétazolamide à 5mg/kg en intraveineuse à
deux reprises (To + 2 heures et To + 24 heures) mais les effets n’ont pas été plus importants
qu’avec le latanoprost utilisé seul. Ainsi, nous avons constaté entre To + 2 heures, To + 24
heures et To + 48 heures une relative stabilité de la tension oculaire malgré le protocole
thérapeutique plus classique. De même, l’œil n°7 a été traité avec du mannitol à 1g/kg en
intraveineuse associé à de l’acétazolamide à 5mg/kg en intraveineuse à To + 24 heures et les
effets ont été discrets avec une diminution de la tension minime entre To et To + 48 heures
de 4%. Enfin, l’œil n° 4 n’a été traité avec le mannitol associé à l’acétazolamide qu’à la fin de
l’étude à To + 48 heures. Les résultats ont été aussi décevants.
Nous pouvons supposer alors que pour ces trois cas l’utilisation du traitement plus classique
aurait été aussi peu efficace en première intention que le latanoprost 0,005% (XALATAN®)
en monothérapie.
A To+48h, les données étaient donc compatibles au moins avec une régression des
symptômes de douleur oculaire grâce à l’action hypotensive du latanoprost 0,005% pour 10
yeux sur 13.
Les données sur l’évolution de la PIO que nous avons obtenues étaient compatibles avec les
résultats obtenus lors de l’étude menée par GELATT et MACKAY [27] sur 8 beagles
glaucomateux.
En effet, nous avons mesuré une tension moyenne de départ de 56 mm Hg contre 43 mm Hg
pour leur étude. En revanche, les pourcentages de diminution de la tension oculaire sont tout à
fait comparables avec une diminution de 54% sur 48 heures pour notre étude avec deux
instillations de latanoprost par jour contre 54,8% pour l’étude de GELATT et MACKAY [27]
avec deux instillations de latanoprost par jour. En revanche, la comparaison des résultats
concernant l’évolution du diamètre pupillaire n’a pas été possible puisqu’il a été évalué de
façon semi-quantitative dans notre étude et s’attachait aussi à sa réflectivité alors qu’il a été
évalué de manière quantitative dans l’étude de GELATT et MACKAY [27]. Cependant dans
les deux études, lorsque le latanoprost a permis une diminution satisfaisante de la tension
oculaire, quelques heures après instillation de celui-ci nous avons relevé la présence
systématique d’un myosis durable et permanent pendant toute le durée de l’étude lorsque le
latanoprost 0,005% était instillé toutes les 12 heures.
Dans le protocole de GELATT et MACKAY [27], le fait que tous les chiens étaient de même
race et que les glaucomes étaient identiques dans leur nature, assurent sans aucun doute une
homogénéité des résultats. La difficulté de notre protocole était d’assurer un succès
thérapeutique sur des cas spontanés d’hypertension oculaire aiguë concernant autant
d’individus différents et autant de causes diverses d’hypertension oculaire. Le fait d’avoir un
groupe beaucoup plus hétérogène rend les résultats obtenus avec le latanoprost
64
potentiellement plus parlants. Car si nous ne considérons que les 10 cas sur lesquels le
latanoprost a eu un effet positif, la moyenne de diminution de la tension oculaire sur 48 heures
a été calculée à 67% soit supérieure de quasiment 12% aux résultats obtenus par GELATT et
MACKAY [27] pour un échantillon de cas plus important pour notre étude (10 yeux contre
8).
De même, si l’on compare maintenant les résultats de l’étude de GELATT et MACKAY [29]
menée sur 8 chiens glaucomateux concernant un autre analogue de la PGF2α : le travoprost
0,004%, dont le protocole est en tout point similaire à l’étude qu’ils ont réalisé avec le
latanoprost 0,005%, nous constatons que la diminution de la tension oculaire peut atteindre
jusqu’à 75,2% de diminution lorsque le travoprost est administré deux fois par jour. Le
myosis est présent, rapide d’apparition, durable et permanent quand le travoprost est
administré deux fois par jour. Les effets du travoprost sur la tension oculaire seraient donc
potentiellement un peu plus importants que ceux du latanoprost 0,005% mais a priori non
significatifs statistiquement : 75,2% contre 67%. La seule étude comparative entre le
travoprost et le latanoprost, menée par CARVALHO et coll. [13], a eu lieu sur 20 chiens sains
de race indéterminée et conclue à une différence de diminution de la tension oculaire
maximum statistiquement non significative avec respectivement 44,6% et 40,3%.
Dans l’étude de GELATT et MACKAY [28] utilisant le bimatoprost en monothérapie sur 8
beagles glaucomateux la diminution de la tension oculaire obtenue sur 5 jours varie entre 50%
et 78% lors d’une instillation toutes les 12 heures. Ces résultats semblent comparables à ceux
que nous avons obtenus lors de notre étude sur 48 heures. Mais aucune étude comparative en
double aveugle entre bimatoprost et latanoprost n’a été encore été effectuée.
Il serait donc intéressant de comparer les effets du latanoprost avec les trois autres
analogues de la PGF2α dans des études en double aveugle sur des chiens glaucomateux.
On peut donc conclure concernant l’évolution de la PIO sur ces 13 cas en crise d’hypertension
oculaire que pour 10 yeux sur 13, le latanoprost permet une diminution importante (67%
en moyenne) et rapide de la PIO (dès To + 2 heures pour 77% des cas) comparable aux
résultats obtenues dans les expériences réalisées préalablement avec le latanoprost et avec ses
analogues sur des chiens sains et glaucomateux. Ces résultats ont été obtenus malgré
l’hétérogénéité de notre échantillon concernant la nature des glaucomes inclus dans l’étude et
la durée d’évolution des crises hypertensives.
La principale limite à l’utilisation du latanoprost en monothérapie dans le traitement d’une
crise hypertensive semble être la chronicité du glaucome. Ainsi, tout remaniement oculaire
irrémédiable sera un facteur péjoratif de l’évolution de la PIO sous traitement avec le
latanoprost 0,005% car la chronicité d’une crise hypertensive garantie la fermeture complète
et définitive de l’angle iridocornéen mais entraînerait aussi des remaniements des structures
intervenant dans la voie uvéosclérale. Pourtant, même des cas chroniques (jusqu’à 6 mois
d’évolution) ont bénéficié des effets du latanoprost sur la tension oculaire. Il semble donc que
les effets du latanoprost 0,005% soient variables et incertains en cas de glaucome chronique.
Nous avons constaté aussi qu’un état inflammatoire endo-oculaire associé à la crise
hypertensive semblait être un obstacle à une stabilisation rapide de la PIO dans des valeurs
physiologiques. Dans le cas de la tumeur intraoculaire (cas n°6), l’inflammation est souvent la
conséquence de formation de membranes fibro-vasculaires sous l’effet des facteurs de
croissance d’origine tumorale. Ajouter à l’envahissement de la fente ciliaire par le mélanome
et la désorganisation des structures intraoculaires qu’il induit, les cellules néoplasiques et
inflammatoires libérées dans l’humeur aqueuse participent aussi à l’obstruction du
trabéculum. Dans le cas de l’uvéite hypertensive (cas n°10), l’intumescence cristallinienne,
65
l’augmentation de viscosité de l’humeur aqueuse, l’œdème trabéculaire, l’œdème et
l’infiltration cellulaire de l’iris sont autant de facteurs gênant la circulation et l’élimination de
l’humeur aqueuse dans l’œil. Enfin, le glaucome pigmentaire (cas n°9) avec l’envahissement
des structures intraoculaires est à l’origine d’une désorganisation des structures de filtration
de l’humeur aqueuse mais aussi à l’origine de la libération de cellules inflammatoires à
l’origine de l’uvéite. [38]
III.2. Effets à court terme du latanoprost sur la fonction visuelle des chiens en
crise glaucomateuse.
Nous avons évalué au cours de notre étude l’évolution de la fonction visuelle des 13 yeux
inclus dans le protocole. Nous avons constaté que 2 cas avaient récupéré une fonction
visuelle partielle à To + 48 heures. Pourtant, étant donné la rapidité d’action et l’efficacité du
latanoprost nous pouvions nous attendre à plus de cas visuels à To + 48 heures.
Nous pouvions penser que tous les cas qui présentaient une diminution de la PIO rapide
(moins de 2 heures), durable et stable sur l’ensemble de l’étude seraient des bons candidats à
un retour de la fonction visuelle sur 48 heures, soit 8 yeux sur 13 (62%).
Pourtant seuls les cas n°8 et n°11 ont retrouvé une fonction visuelle au moins partielle et ont
été à ce titre les deux seuls succès, concernant ce critère, de l’expérience. Ces deux cas
présentaient un glaucome d’origine primaire suspecté, dont la crise d’hypertension évoluait
depuis moins de 48 heures. Ces deux cas étaient régulièrement suivis en ophtalmologie et que
les propriétaires étaient avertis a priori des symptômes éventuels à surveiller.
Nous nous attendions à ce que les cas n’ayant pas connu de diminution de leur tension
oculaire dans des normes physiologiques compatibles avec le bon fonctionnement du nerf
optique ne soient pas visuels à To + 48 heures. C’étaient le cas des yeux n°4, n°6 et n°7.
Les cas n°1, n°2, n° 3, n°5, n°9, n°10, n°12 et n°13 ont présenté une diminution de leur
tension oculaire à To + 48 heures compatible avec le bon fonctionnement du nerf optique
(<25 mm Hg) pourtant aucun de ces cas ne présentait à To + 48 heures une fonction visuelle
même partielle.
Si nous recherchons les causes d’échec du retour de la fonction visuelle pour ces 8 cas ayant
connu pourtant une diminution de la PIO, nous pouvons citer comme première cause d’échec
la durée d’évolution supérieure à 5 jours de la crise hypertensive et ce, malgré une
diminution de la tension oculaire rapide et stable de To + 2h à To + 48h pour les cas n°1,
n°2, n°3, n°10, n°12 et n°13. Or, on sait qu’une PIO supérieure à 25 mm Hg, mais inférieure
à 60 mm Hg, pendant plusieurs jours (à partir de 5 jours) peut provoquer des dégâts
irréversibles au niveau de la papille optique et de la rétine en général et compromettre ainsi
définitivement le retour de la fonction visuelle [23, 64]. Le cas n°1, n°2, n°3, n°12 et n°13
présentaient des symptômes évoquant une crise hypertensive depuis au moins 15 jours jusqu’à
6 mois pour les cas n°12 et n°13. Le cas n°10 était un cas particulier car même si les
symptômes douloureux n’évoluaient, selon les propriétaires, que depuis 12 heures, une
consultation précédente avait conclu à une activité électrique de la rétine anormale donc à une
altération de la fonction visuelle déjà importante avant l’étude que nous avons mise en place.
Nous savons aussi qu’au-delà de 60 mm Hg, seules 48 heures suffisent à provoquer une
cécité définitive et irréversible [16]. Nous pouvons donc évoquer pour le cas n°5 qu’une
tension oculaire très élevée et supérieure à 60 mm Hg (76 mm Hg à To) évoluant depuis au
moins 48 heures pouvait expliquer les dégâts irréversibles sur la fonction visuelle.
Le cas n°9 est un cas original puisque ce chien présentait une uvéite due à la nature
pigmentaire du glaucome compliquant la stabilisation de la PIO sur la durée de l’expérience et
66
a donc compromis la récupération de la fonction visuelle de cet œil. La nature même du
glaucome et l’envahissement des structures oculaires pouvaient constituer aussi un obstacle au
retour de la fonction visuelle.
En revanche, les cas n°8 et n°11 possédaient potentiellement tous les critères favorables
pour que le traitement instauré en urgence soit efficace sur la récupération de la fonction
visuelle. En effet, les cas n°8 et n°11 présentaient à To une crise glaucomateuse évoluant
depuis moins de 48 heures, une pression intraoculaire inférieure à 60 mm Hg, un glaucome
d’origine primaire suspectée, une normalisation de la PIO en moins de 2 heures et une
stabilité de celle-ci sur l’ensemble du protocole, l’absence de remaniements oculaires
importants et l’absence d’uvéite associée à l’hypertension oculaire. De plus, un examen du
fond d’œil lors de l’examen ophtalmologique d’admission n’avait révélé aucune anomalie
macroscopiquement visible de la rétine et de la papille optique.
Une des originalités de notre étude est qu’aucune autre étude expérimentale, à ce jour, n’avait
évalué la fonction visuelle des chiens au cours d’un traitement au latanoprost 0,005% ou bien
même avec un des autres analogues de la PGF2α.
Il a été intéressant de constater que même si peu de cas ont retrouvé une fonction visuelle, la
diminution de la PIO dans les valeurs physiologiques et sa stabilité sur la durée du protocole a
permis d’assurer le confort et la conservation de l’œil de la plupart des chiens au moins à
court terme.
Il serait, par ailleurs, intéressant d’évaluer l’efficacité du latanoprost utilisé en monothérapie
sur le long terme puisqu’à ce jour aucune étude sur l’utilisation du latanoprost en
monothérapie chez le chien n’a excédé 5 jours. [13, 27, 62]
Nous avons retrouvé une diminution systématique du diamètre pupillaire sur presque tous les
yeux observables ayant connu une diminution de la PIO. Le diamètre pupillaire était
systématiquement et rapidement modifié par l’instillation de latanoprost excepté dans le cas
où la pupille était gênée mécaniquement par l’intumescence du cristallin. En effet, la pupille
s’est retrouvée en myosis sur les cas normotensifs à To + 48 heures y compris pour les deux
cas ayant recouvré une fonction visuelle. Le myosis a donc constitué un témoin de l’action
précoce du latanoprost sur les yeux ayant connu un rétablissement d’une tension oculaire
physiologique. Le myosis était systématiquement aréflectif même sur les deux cas visuels à
To + 48 heures. Nous pouvons noter que le cas n°5 qui a bien répondu au traitement, et assez
rapidement, a été en myosis assez tardivement, entre To + 2h et To + 4h, ce qui est assez
inhabituel dans le cadre d’un œil qui répond bien au latanoprost.
Les données bibliographiques rapportent généralement la contre-indication à l’utilisation du
latanoprost en cas d’uvéite avérée ou d’état inflammatoire sub-clinique [21, 23, 40, 49, 64].
En effet, le latanoprost en accentuant le myosis pourrait entraîner une séclusion pupillaire ou
la formation de synéchies postérieures. Notre étude n’a pas tenu compte de ces précautions
67
d’emploi pour les cas n°6, n°9 et n°10 puisqu’ aucun cas d’hypertension oculaire aiguë se
présentant en consultation n’a été exclu du protocole. Le cas n°6 a été un échec thérapeutique
et les cas n°9 et n°10 ont connu une diminution de leur tension oculaire dans des normes
physiologiques.
Il est conseillé, de même, d’utiliser avec précaution le latanoprost chez des chien avec un
antécédent d’uvéite à cause d’un potentiel effet pro-inflammatoire des analogues des
prostaglandines et des risques de rupture de la barrière hémato-aqueuse. Nous n’avons pas
constaté l’apparition, et notamment pour le cas n°10, d’effet tyndall, révélateur d’une uvéite,
au cours des 48 heures de l’étude.
Enfin, le latanoprost, selon WILLIS [68], ne doit pas être utilisé en cas de glaucome
secondaire à une luxation antérieure du cristallin car l’induction d’un myosis potentiellement
important derrière un cristallin luxé pourrait entraîner un bloc pupillaire par protrusion du
vitré. Nous n’avions pas de cas avérés de luxation antérieure du cristallin parmi les 13 yeux de
l’étude.
En revanche, le latanoprost pourrait être bénéfique dans le cadre d’une subluxation car le
myosis permettrait un relâchement des tensions au niveau des fibres zonulaires du cristallin
[68]. Nous avions 4 cas de subluxations du cristallin à l’origine de la crise glaucomateuse
(Cas n°2, n°3, n°12 et n°13) et un cas de subluxation du cristallin secondaire à un glaucome
d’origine primaire suspectée (Cas n°1). Ces 5 yeux ont répondu positivement au latanoprost et
aucune complication n’a été constatée pendant les 48 heures de l’étude.
• Aucune restriction de sexe, d’âge, de race, d’origine de la crise hypertensive aiguë n’a été
imposée lors de notre étude.
Les critères d’inclusion des chiens dans le protocole regroupaient : les signes fonctionnels de
douleur oculaire soudains et /ou la cécité uni ou bilatérale associés à la mise en évidence lors
de l’examen ophtalmologique initial d’une hypertension oculaire à l’origine des signes
d’appel pour les propriétaires.
Ainsi, notre panel d’étude s’est constitué de 13 yeux sur une période assez longue de 17 mois
dans le cadre de l’ENVA uniquement. La relative faiblesse numérique de l’échantillon était
due à la difficulté de recruter des chiens répondant aux critères d’inclusion dans le cadre strict
de l’ENVA et à la lourdeur du protocole, et donc du suivi, sur 48 heures par une même
personne afin de conserver une constance dans l’évaluation des différents critères. Pourtant, à
ce jour, notre étude est constituée, avec 13 yeux, du panel de chiens le plus important
concernant l’étude de l’efficacité du latanoprost sur des chiens glaucomateux.
Cependant, cet échantillon dans l’intérêt d’établir l’efficacité du protocole n’est pas
satisfaisant statistiquement parlant. En effet, l’échantillon est trop petit pour réaliser des
analyses statistiques complexes et généraliser les résultats à l’ensemble des chiens
glaucomateux en crise d’hypertension oculaire. C’est pourquoi les données de cette étude
n’ont pas pu faire l’objet d’un traitement statistique. Cependant, lorsque cela était pertinent,
nous avons utilisé les statistiques descriptives.
• Lorsque nous comparons les moyennes d’âge d’apparition des différentes catégories de
glaucome entre notre étude et les moyennes d’âge données par GELATT et coll [23], nous
relevons que la moyenne d’âge des glaucomes primaires était de 10 ans et 6 mois dans notre
étude contre 7 ans en moyenne lors de la première crise. Cependant, il faut signaler que sur 4
yeux atteints de glaucome primaire supposé dans notre étude, 3 chiens (Cas n°7, n°8 et n°11)
avaient déjà présenté une crise glaucomateuse sur l’autre œil. La moyenne d’âge d’apparition
des glaucomes secondaires à une pathologie cristallinienne primaire était de 7 ans et 6 mois
68
contre une apparition décrite à partir de l’âge de 3 ans par GELATT et coll [23]. L’âge
d’apparition de la crise hypertensive secondaire à une uvéite était de 7 ans ; les uvéites
peuvent apparaître à n’importe quel âge en fonction de leur origine selon GELATT et coll
[23]. L’âge d’apparition du glaucome pigmentaire était de 12 ans dans notre étude pour une
tranche d’âge d’apparition de 5 à 12 ans décrite par GELATT et coll [23]. L’âge d’apparition
du mélanome uvéal était de 5 ans alors que JEGOU [38] décrit l’apparition des tumeurs
intraoculaire chez des chiens d’âge moyen à élevé. Notre échantillon était donc assez peu
représentatif de la population des chiens glaucomateux. La raison de cet écart semblait être le
relatif faible nombre de cas inclus dans l’étude et l’importante hétérogénéité de la nature des
crises glaucomateuses.
• Nous pouvons, en effet, signaler l’importante hétérogénéité des cas inclus dans cette étude.
Les yeux traités avec le latanoprost 0, 005% concernaient tout d’abord des chiens de races
différentes. La nature et la durée d’évolution des glaucomes sont également très variées :
glaucomes primaires (4 cas) et secondaires de divers causes (8 cas) et un cas de glaucome
pigmentaire, évoluant sur des périodes allant de moins de 24 heures à plusieurs mois. Or, nous
avons vu qu’a priori la meilleure indication de l’utilisation du latanoprost 0,005% était un
glaucome en crise hypertensive depuis moins de 48 heures. Cela ne concerne a priori que cinq
cas sur treize ce qui est vraisemblablement lié au fait qu’en ophtalmologie vétérinaire, le
diagnostic précoce d’un glaucome est relativement rare et difficile.
• Tous les animaux, lors de leur admission, ont subi un examen ophtalmologique complet et un
suivi scrupuleux de l’évolution des critères évalués. Le recueil de l’évolution des critères
évalués au cours de l’étude a été complet et exhaustif pour les 13 yeux inclus dans l’étude.
Mais l’aspect qualitatif de la plupart des données a fait appel à l’appréciation du praticien et
le fait de ranger dans une catégorie plutôt qu’une autre l’évolution des critères a
inévitablement subi le biais de la subjectivité de chacun, même si les critères d’évaluation
étaient standardisés. Nous avons cependant limité cette subjectivité en imposant que ce soit un
seul et même clinicien de la consultation d’admission jusqu’à la fin du protocole pour un œil
donné.
• Nous pouvons judicieusement critiquer l’introduction du cas n° 4 dans notre étude qui selon
les commémoratifs et la description clinique de cet œil à To était vraisemblablement au stade
de glaucome chronique au stade terminal. On pouvait s’attendre à ce que le latanoprost ne soit
d’aucun effet sur la tension oculaire de cet œil. Il était a priori exclu que cet œil puisse
retrouver une fonction visuelle, même partielle.
De même, l’introduction des cas n°6, le mélanome uvéal, n°9, le glaucome pigmentaire, et
n°10, l’uvéite hypertensive, est discutable. Les cas n°6 et n°9 présentaient à To des signes
avérés d’inflammation endo-oculaire. Les antécédents d’uvéite sur le cas n°10 représentaient
a priori une contre-indication d’utilisation du latanoprost. Le cas n°6 est d’autant plus
69
intéressant qu’un mélanome uvéal antérieur ventral est rarement, voire jamais, à l’origine
d’une hypertension intraoculaire. Nous pouvons donc nous interroger sur l’origine réelle de la
crise hypertensive pour cet oeil.
De même, le fait que les yeux n° 12 et n°13 présentaient une absence de la fonction visuelle
depuis au moins 6 mois, pouvait prêter au doute quant à l’atteinte du but principal du
traitement en urgence avec le latanoprost, à savoir le rétablissement de la vision, si cela était
possible. On pouvait même s’attendre a priori à ce que le latanoprost n’ait pas d’effet positif
sur la PIO.
• Le protocole d’utilisation du latanoprost en urgence a été élaboré par rapport aux données
d’utilisation chez l’homme et chez le chien dans le cadre d’un traitement chronique. [27, 49]
L’administration biquotidienne à 12 heures d’intervalle du latanoprost 0,005% a été adoptée
par rapport aux résultats obtenus sur le beagle glaucomateux concernant l’efficacité
hypotensive du latanoprost mais concernant aussi la plus grande stabilité de la PIO observée
par rapport à une seule administration quotidienne. [27]
Cependant, son utilisation en monothérapie est une gageure puisque le latanoprost 0,005% est
très rarement utilisé seul mais essentiellement en complément d’une thérapeutique plus
« classique ». En revanche, quand cela a été nécessaire, si au cours de l’étude le praticien en
charge du cas estimait que le latanoprost n’était pas assez efficace, dans un souci de confort
pour l’animal, un traitement classique a systématiquement été tenté (cas n° 6 et n° 7 pendant
l’étude, cas n°4 à la fin du protocole).
• L’association au latanoprost d’un anti-inflammatoire stéroïdien par voie générale n’avait pour
seul et unique but que de préserver les cellules de la papille optique des phénomènes
ischémiques consécutifs à une forte PIO et n’avait donc aucun rôle hypotenseur. Il semblerait
d’ailleurs, comme le rapporte WILLIS [68], que le latanoprost par ses propriétés
hémodynamiques participe aussi à la protection des structures nerveuses.
• Enfin, le suivi des 10 animaux s’est limité dans le cadre de notre étude à 48 heures en vue
d’établir l’efficacité du latanoprost en monothérapie d’urgence. Nous n’avons donc pas
considéré le devenir des patients au-delà des 48 heures et nous n’avons donc pas évalué un
éventuel échappement du patient au traitement au-delà du temps de l’étude, ce qui peut
représenter un intérêt dans le choix du devenir de la thérapie, médicale ou chirurgicale, à
adopter et de se poser la question de savoir si on peut se permettre de continuer à utiliser le
XALATAN® en monothérapie ou si il faut l’associer à un traitement plus classique.
70
CONCLUSION
L’étude prospective que nous avons entreprise au sein de l’Ecole Nationale Vétérinaire
d’Alfort nous a permis de tester l’efficacité du latanoprost 0,005%, utilisé en monothérapie,
dans le traitement en urgence de la crise hypertensive oculaire chez le chien.
Cette étude est intéressante à plusieurs titres. Elle a réuni jusqu’à présent le plus grand
nombre d’yeux atteints d’hypertension oculaire incorporés dans une étude sur l’utilisation des
analogues de PGF2α dans le traitement des glaucomes chez le chien. De plus, le panel des
races présent dans l’étude était très diversifié et tous les cas de glaucomes étudiés étaient des
cas spontanés d’hypertension oculaire. Mais l’originalité principale de notre étude est que
nous nous sommes intéressés à l’utilisation du latanoprost 0,005% dans le cadre de l’urgence
et que nous nous sommes aussi intéressés à la récupération de la fonction visuelle, à court
terme, parallèlement à l’évaluation de la diminution de la pression intraoculaire; ce qui
n’avait jamais été réalisé auparavant.
Malgré les contre-indications d’utilisation du latanoprost dans les cas de glaucome chronique,
d’uvéite potentielle ou avérée et de luxation du cristallin, lors de la consultation d’admission
nous n’avons écarté de l’étude aucun œil dès que celui-ci présentait des signes de cécité et /ou
des signes de douleur oculaire aigus associés à une hypertension oculaire à l’origine des
signes d’appels pour les propriétaires des chiens.
Ainsi, le latanoprost 0,005%, à raison de deux instillations locales par jour en association à du
succinate de méthylprednisolone par voie intraveineuse, a permis, sur les 13 yeux du panel,
une réduction moyenne de la pression intraoculaire de 54% sur 48 heures. Cette moyenne de
diminution de la tension oculaire a atteint 67% à To + 48 heures si l’on exclue les 3 cas qui
n’ont pas répondu à l’instillation du latanoprost. Pour les 10 yeux ayant répondu avec succès
au traitement, cette diminution a été rapide, visible dès les deux premières heures après
l’instillation du collyre et globalement stable sur 48 heures. Le latanoprost a aussi permis une
récupération partielle de la fonction visuelle pour deux cas sur dix. Nous avons cependant
constaté trois échecs, dont deux étaient prévisibles, puisqu’ils présentaient a priori des
caractéristiques incompatibles avec le bon fonctionnement du latanoprost. A part l’effet
myotique constaté sur neuf yeux sur les dix ayant répondu au traitement, nous n’avons pas
constaté d’effet secondaire gênant à court terme.
Cependant, même si ces premiers résultats sont intéressants et que le latanoprost 0,005%
semble pouvoir se substituer aux traitements classiques de la crise hypertensive oculaire
aiguë, qui sont beaucoup plus lourd pour le praticien et l’animal, il est nécessaire d’étudier un
plus grand nombre de cas de chiens. En effet, les limites d’utilisation du latanoprost 0,005%
dans le cadre du traitement en urgence d’une crise hypertensive oculaire sont encore à
préciser. De plus, il serait intéressant de comparer l’efficacité des autres analogues de la
PGF2α avec le latanoprost 0,005% dans le cadre d’une crise hypertensive oculaire aiguë chez
le chien et de définir ainsi plus précisément les règles d’utilisation de cette catégorie de
molécules assez récente en ophtalmologie canine.
71
72
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47, 53-62.
67. WILKIE D.A. Diagnostic Examination of the Eye. The 25th Annual Waltham-OSU
Symposium For the treatment of Small Animal Diseases. Small Animal
Ophthalmology. [en - ligne], October 2001.
[www.vin.com/VINDBPub/SearchPB/Proceedings/PR05000/PR00518.html].
(Consulté le 19/03/2008).
68. WILLIS A.M., DIEHL K.A. and ROBBIN T.E. Advances in topical glaucoma
therapy. Vet. Ophthalmol., 2002, 5(1), 9-17.
69. YOSHIMOTO T, ITO Y. Effects of indomethacin and prostaglandins on the dog iris
sphincter and dilatator muscles. Invest. Ophthalmol. Vis. Sci., 1988, 29, 127-132.
78
INDEX DES ANNEXES
79
80
Annexe 1 : Processus de formation de l’humeur aqueuse d’après
BECHETOILE A. Glaucomes. Ed. Alain Béchetoile. Pierre Dusser
TappereWard, Paris, 1987, 488p.
81
82
Annexe 2: Coupe schématique de l’angle iridocornéen montrant la
production et l’élimination de l’humeur aqueuse par la voie trabéculaire
extrait de CLERC B. Ophtalmologie Vétérinaire. 2e ed. Maisons Alfort : Ed. du
point vétérinaire, 1997, 664p.
(37) cornée, (40) corps ciliaire, (45) cristallin, (81) iris, (152) procès ciliaires, (175) sclère, (233) plexus veineux,
(234) plexus veineux intrascléral, (235) trabéculum.
83
84
Annexe 3 : Représentation schématique de l’aspect gonioscopique de l’angle
irido-cornéen dans les glaucomes primaires extrait de JEGOU JP.
Glaucomes. Encyclopédie Vétérinaire, Paris- Elsevier, Ophtalmologie 2800,
15p.
(1) Le glaucome primaire par goniodystrophie. (a) bande pigmentée externe ; (b) cornée ; (c) angle irido-
cornéen ; (d) iris. (2) Glaucome primaire par dysplasie du ligament pectiné. (3) Glaucome primaire à angle étroit.
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86
Annexe 4 : Les glaucomes secondaires à la luxation du cristallin d’après
JEGOU JP. Glaucomes. Encyclopédie Vétérinaire, Paris- Elsevier,
Ophtalmologie 2800, 15p.
(A) Luxation antérieure du cristallin et bloc pupillaire. (B) Luxation antérieure et synéchies irodocristalliniennes.
(C) Luxation « à cheval » du cristallin. (D) Luxation postérieure du cristallin et protrusion du vitré.
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88
Annexe 5 : Glaucome secondaire à des irido-cyclites d’après JEGOU JP.
Glaucomes. Encyclopédie Vétérinaire, Paris- Elsevier, Ophtalmologie 2800,
15p.
(A) Les cellules, le sang et la fibrine colmatent l’angle irido-cornéen. (B) Les synéchies postérieures
iridocristalliniennes se constituent.
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90
Annexe 6 : Glaucome secondaire à l’envahissement de la fente ciliaire par
des tumeurs primitives de l’iris et du corps ciliaire ou des métastases
intraoculaires d’après JEGOU JP. Glaucomes. Encyclopédie Vétérinaire, Paris-
Elsevier, Ophtalmologie 2800, 15p.
91
92
Annexe 7: Tonomètre par aplanation modèle TONOPEN XL® d’après
WILKIE D.A. Diagnostic Examination of the Eye. The 25th Annual Waltham-
OSU Symposium For the treatment of Small Animal Diseases. Small Animal
Ophthalmology.
93
94
Annexe 8: Tonomètre par indentation: tonomètre de Schiotz d’après
WILKIE D.A. Diagnostic Examination of the Eye. The 25th Annual Waltham-
OSU Symposium For the treatment of Small Animal Diseases. Small Animal
Ophthalmology.
95
96
Annexe 9 : Schéma de la voie mélanogénique d’après Stjernschantz et coll.
Survey of Ophtalmology n°47 (Suppl 1). Août 2002.
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ETUDE PROSPECTIVE D’UN PROTOCOLE DE
TRAITEMENT DE LA CRISE HYPERTENSIVE
OCULAIRE AIGUË CHEZ LE CHIEN PAR LE
LATANOPROST 0,005%(XALATAN®)
EN INSTILLATION LOCALE.
NOM : VIAUD
Prénom : Sébastien
Résumé :
La « crise glaucomateuse » est une urgence. Suite à une atteinte de la partie intraoculaire du
nerf optique, une élévation brutale et aiguë de la tension oculaire peut entraîner en quelques
heures une cécité irréversible, totale ou partielle. Les traitements conventionnels souvent très
lourds permettent donc de gérer la « crise glaucomateuse » en urgence, mais ce pour une
durée parfois limitée à 12 ou 24 heures.
L’étude prospective sur treize chiens menée au sein du service d’Ophtalmologie de l’Ecole
Vétérinaire d’Alfort a pour objectif d’évaluer les effets de deux instillations quotidiennes
d’une goutte de latanoprost, analogue des PGF2α, à la concentration de 0.005 %
(XALATAN®, PHARMACIA S.A., Puurs, Belgique) sur l’hypertension intraoculaire aiguë
en urgence et notamment son effet sur la fonction visuelle et sur la douleur.
Les premiers résultats de cette étude se révèlent ainsi être très encourageants, et le latanoprost
pourrait ainsi représenter une alternative intéressante, dans le cadre de la gestion
thérapeutique de l’hypertension oculaire aiguë en urgence. Néanmoins, il semble nécessaire
d’analyser davantage de cas avant de pouvoir établir des conclusions définitives, mais
également afin de définir les limites de l’utilisation du latanoprost à la concentration de
0.005%.
Jury :
Président : Pr.
Directeur : Pr. CLERC Bernard
Assesseur : Pr. ENRIQUEZ Brigitte
Invité : Dr. PAYEN Guillaume
Adresse de l’auteur :
Monsieur VIAUD Sébastien
34 rue des Camélias
94140 Alfortville.
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PROSPECTIVE STUDY OF A TREATMENT PROTOCOLE
OF THE ACUTE OCULAR HYPERTENSION IN THE DOG
BY TOPICAL INSTILLATION OF LATANOPROST
0,005% (XALATAN®).
SURNAME: VIAUD
Given name: Sébastien
Summary:
“Glaucoma crisis” is an emergency. Following a damage of the optical nerve on its intra-
ocular part, a sudden and acute increase of ocular tension may result in partial or total
irreversible blindness, within some hours. Conventional treatments, often heavy for the
patient, may limit the “glaucoma crisis” only for 12 to 24 hours insteadv of curing it.
The study on thirteen dogs carried out within the Ophthalmology unit at Alfort Veterinary
School aims to assess effects of a twice daily instillation of one latanoprost 0.005% drop, a
PGF2 like prodrug substance, (XALATAN®, PHARMACIA S.A., Puurs, Belgium) on acute
intraocular hypertension in the emergency state, more precisely its effects on vision recovery
and pain removal.
First results of this study turn out to be encouraging, and latanoprost could be an interesting
option, in the framework of therapeutic management of emergency acute ocular hypertension.
However, it seems necessary to analyse more cases prior to establish final conclusions and
also to define precise indications of latanoprost 0.005 %.
Jury:
President: Pr.
Director: Pr. CLERC Bernard
Assessor : Pr. ENRIQUEZ Brigitte
Guest : Dr PAYEN Guillaume
Author’s address :
M. VIAUD Sébastien
34 rue des Camélias
94140 Alfortville.
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