La Vème République : 1958
I. Le retour du général de Gaulle au pouvoir :
1958.
1. Le contexte de la crise politique du 13 mai 1958.
Dans le contexte historique d’une décolonisation qui touche l’Afrique et
l’Asie, l’Algérie est alors encore un territoire français. L’Algérie est à cette
époque confrontée à des troubles violents. L’armée française y est
engagée dans une lutte contre ceux qui revendiquent l’indépendance de
ce pays. La France considère à l’époque qu’il s’agit de départements
français, de fait, indissociables de la métropole. Ces événements, qui se
sont déroulés entre 1954 et 1962, ont plus tard été appelés la guerre
d’Algérie. Des troupes de plus en plus importantes, et notamment les
appelés du service militaire, sont envoyées sur place. La durée du conflit,
la présence de ces nombreux jeunes militaires et l’importance du nombre
de civils français installés en Algérie font que cela devient rapidement un
problème politique. Les gouvernements successifs de la quatrième
République ne parviennent pas à le résoudre.
2. La crise du 13 mai 1958, un événement qui
provoque une rupture dans la vie politique
française.
Face à l’apparente impuissance des gouvernements successifs, des
militaires français décident de prendre le pouvoir à Alger en mai 1958. Le
général de Gaulle semble être la seule personne capable de contrôler la
situation.
C’est dans ce contexte que quelques jours plus tard, face à l’ampleur de
la crise politique qui a gagné la France, favorisé par les inquiétudes
des Français, de Gaulle revient au pouvoir. Il est appelé par le
Président de la République, René Coty. Il devient le dernier chef du
gouvernement d’une IVe République dont il veut la fin et dont il a précipité
la chute.
3. 1958, la naissance d’une nouvelle République en
France.
Charles de Gaulle dénonçait l’instabilité et l’impuissance des institutions
de la IVe République, il estimait que les partis politiques présents au
Parlement avaient trop de pouvoir et d’influence. Une fois au pouvoir, de
Gaulle veut réformer les institutions de la République et en
particulier renforcer le pouvoir exécutif. Il soumet alors aux Français
par référendum le projet d’une nouvelle Constitution, celle de la
cinquième République. Il devient alors le premier Président de la Ve
République.
Une rébellion : une révolte contre l’autorité.
Un référendum : un vote au cours duquel les citoyens refusent ou
acceptent une réforme importante, c’est une procédure démocratique.
II. Les choix politiques du général de Gaulle lors
de sa présidence.
1. Renforcer l’autorité du chef de l’État.
La Constitution de 1958 offrait déjà des pouvoirs élargis au Président
de la République. Par sa façon de gouverner, Charles de Gaulle renforce
encore la prééminence du chef de l’État, tout en préservant le
caractère démocratique et républicain du régime. Il s’adresse
régulièrement aux Français en utilisant la télévision et il organise plusieurs
fois des référendums. En 1962 par exemple, les Français sont
directement consultés et ils décident d’élire le Président au suffrage
universel direct.
En 1969, de Gaulle préfère démissionner après que les Français aient voté
« non » à son dernier référendum. Entre 1958 et 1969, Charles de Gaulle
exerce en France un pouvoir marqué par son autorité personnelle
mais fondé sur une forme de légitimité démocratique.
2. Une politique de prestige.
Alors qu’en 1945 la France est sortie affaiblie de la Seconde Guerre
mondiale et qu’elle a perdu son Empire colonial au début des années
1960, le Président Charles de Gaulle veut que la France donne l’image
d’une grande puissance.
Les armées françaises sont équipées d’armes nucléaires. Des
réalisations symboliques doivent témoigner d’un redressement et
d’une modernisation de l’économie du pays :
création du nouveau franc,
construction du paquebot France,
de l’avion à réaction Caravelle,
projet d’avion supersonique Concorde
nouvel aéroport d’Orly
sous-marins atomique : le redoutable.
La prééminence : cela désigne la première place, le rôle le plus
important.
Le prestige : c’est la gloire et la réputation d’un pays, c’est une forme
d’influence culturelle sur le reste du monde.
III. La crise de mai 1968
1. Une crise étudiante devient une grave crise
politique.
En mai 1968, un mouvement de protestation des étudiants conduit à
des émeutes, particulièrement spectaculaires à Paris. La crise étudiante
devient une crise sociale quand un mouvement de grève générale
paralyse le pays. Ces contestations débouchent sur une crise politique,
quand le régime dirigé par un général de Gaulle vieillissant semble
impuissant à maintenir l’ordre dans la capitale.
La situation revient peu à peu à la normale quand une solution politique
est trouvée. Le Président de la République utilise son pouvoir de dissoudre
l’Assemblée nationale, de nouvelles élections législatives sont
organisées en juin 1968. Les partisans de Charles de Gaulle remportent
largement ces élections et le général reste au pouvoir, fort du vote
démocratique des Français.
2. Les nouvelles aspirations politiques, sociales et
culturelles de la jeunesse.
Le régime gaulliste sort affaibli de la crise de mai 1968, en raison des
multiples et diverses contestations qui s’expriment à cette occasion.
L’autorité de Charles de Gaulle est en particulier contestée par de
nombreux jeunes Français qui souhaitent des changements dans la
société française.
Une aspiration : un souhait
IV. Dans les années 1970, une volonté d’adapter
la législation aux évolutions de la société.
1. La loi de 1975 sur l’IVG
Au début des années 1970, les femmes accusées d’avoir avorté sont
encore en situation d’être punies par la loi de la République. Cette
législation est alors contestée car l’avortement était une réalité sociale
vécue par de nombreuses femmes : on estime qu’il y avait sans doute 200
000 avortements par an, alors que cela était interdit par la loi.
L’ancienne loi obligeait les femmes concernées à se cacher pour
interrompre clandestinement leur grossesse, parfois dans des conditions
dangereuses. Les femmes les mieux informées et les plus riches
pouvaient partir pour avorter dans un pays étranger où cette pratique
médicale était légale. Mal adaptée aux demandes de la société, l’ancienne
loi punissant l’avortement n’était manifestement plus acceptée par toute
une partie de la population française.
En 1974, la ministre de la santé Simone Veil dénonce les souffrances, les
désordres et les inégalités sociales liées à cette situation. À l’issue d’un
débat politique, une solution politique est trouvée par l’adoption
d’une nouvelle loi qui autorise et réglemente en 1975
l’interruption volontaire de grossesse (I.V.G.) dans des conditions
bien précises.
3. D’autres réformes sociales marquent les années
1970.
Sous le septennat du Président Valéry Giscard d’Estaing, plusieurs autres
réformes importantes marquent une volonté d’adapter le droit aux
nouvelles aspirations politiques, sociales ou culturelles de la population
française. On peut citer par exemple l’adoption en 1974 d’une majorité
légale à 18 ans, qui ouvre le droit de vote aux jeunes de plus de 18 ans.
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La législation : les lois.
Le droit : l’étude des lois et par extension l’ensemble des lois qui
s’appliquent.
V. 1981 - 2002 : succession d’alternances et de
cohabitations.
François Mitterrand Jacques Chirac
1. Un exemple d’alternance : 1981.
En France, les partis politiques sont habituellement classés entre partis de
gauche et partis de droite. Des hommes politiques de droite ont dirigé la
France entre 1958 et 1981, soit pendant 23 ans. En 1981, quand le
socialiste François Mitterrand est élu Président de la République,
il y a donc une rupture dans la vie politique française, c’est ce que l’on
appelle une alternance.
La gauche au pouvoir applique alors une politique qui se veut plus sociale,
avec de nombreuses réformes entre 1981 et 1983. Les institutions de la
Ve République ne sont pas modifiées à cette occasion : elles
s’inscrivent dans la durée et résistent aux alternances politiques.
2. Un exemple de cohabitation : la troisième
cohabitation, entre 1997 et 2002.
La cohabitation est une situation politique particulière qui est survenue
trois fois depuis 1958. Elle correspond au partage du pouvoir exécutif
entre un Président de la République et un Premier ministre qui doivent
travailler ensemble, même s’ils n’ont pas les mêmes idées
politiques.
Entre 1997 et 2002, le socialiste Lionel Jospin est par exemple le Premier
ministre du Président Jacques Chirac, de tradition gaulliste. Ils doivent
travailler ensemble, alors même qu’ils seront candidats l’un contre l’autre
aux élections présidentielles de 2002.
Depuis 2002, l’adoption du quinquennat pour le mandat du Président de
la République doit réduire le risque de cohabitation et donc de désunion
au sommet de l’État.
VI. Les positionnements des partis politiques
autour de la construction européenne.
1. Le clivage entre la droite et la gauche.
Pour se repérer plus facilement, on classe habituellement les forces politiques en
deux catégories : les partis de gauche et les partis de droite. Cette distinction
entre la droite et la gauche a une signification, car les forces politiques de droite
et de gauche n’ont pas les mêmes idées sur de nombreuses questions. Mais ce
clivage entre la droite et la gauche n’explique pas toute la vie politique sous
la Ve République.
2. Le rapprochement avec l’Allemagne
La France et l’Allemagne se sont généralement opposées dans la première partie
du vingtième siècle, marquée par deux guerres mondiales. Après la Seconde
Guerre mondiale, le rapprochement entre ces deux pays est devenu un des
piliers de la construction européenne.
La réconciliation entre la France et l’Allemagne a été symbolisé par le
rapprochement voulu par le Président Charles de Gaulle et le Chancelier
allemand Konrad Adenauer au début des années 1960. Depuis cette époque, le
maintien d’un axe franco-allemand au coeur de la construction européenne a été
une orientation habituelle de la politique étrangère française, quelque soient
les diverses orientations politiques des différents Présidents de la
République française. Le clivage politique entre la droite et la gauche est ici
peu significatif.
4. L’impact de Maastricht sur les forces politiques
françaises.
Sous la Ve République, la gauche et la droite ne sont pas toujours unies. En 1992,
le référendum sur le traité européen de Maastricht montre que tous les partis de
gauche ne sont pas du même avis, de même que tous les partis de droite. Les
désaccords sont même sensibles à l’intérieur de certains partis politiques. La vie
politique française n’est pas figée, les clivages politiques peuvent se modifier, en
fonction des grands débats ou des évolutions de la société française. Il semble
donc bien que les institutions de la cinquième République fournissent un
cadre stable qui permet l’expression d’une vie politique démocratique.
Un clivage : C’est une division entre les personnes ou des groupes de personnes
qui ne sont pas du même avis.
Les président de la Vème république