INTRODUCTION
« Les finances publiques doivent être saines, le budget doit être équilibré. La dette publique
doit être réduite. L'arrogance de l’administration doit être combattue et contrôlée, et l’aide aux
pays étrangers doit être diminuée de peur que Rome ne tombe en faillite. La population doit
encore apprendre à travailler au lieu de vivre de l’aide publique.» disait Ciceron. Il est alors
élogieux de constater l'importance du contrôle budgétaire afin de combattre l'arbitraire du
pouvoir Exécutif. C'est dans ce contexte que s'inscrit le présent sujet intitulé "Le contrôle
juridictionnel et parlementaire de l’exécution des lois de finances." Par définition, un contrôle
juridictionnel est celui exercé par le juge sur l'exécution des lois de finances. Le "contrôle
parlementaire" quant à lui est celui exercé par le parlement sur l'exécution des lois de finances.
Réfléchir sur le contrôle juridictionnel et parlementaire de l'exécution des lois de finances, c'est
d'étaler la manifestation du contrôle juridictionnel et parlementaire sur l'exécution de l'action
publique.
Comment s'exerce le contrôle juridictionnel et parlementaire de l'exécution des lois de finance ?
Il convient de présenter le renforcement du contrôle parlementaire de l'exécution des lois
de finances (I) et le contrôle juridictionnel de l'exécution des lois de finances (II)
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I-LE RENFORCEMENT DU CONTRÔLE PARLEMENTAIRE DE L'EXÉCUTION DES
LOIS DE FINANCES
Le contrôle parlementaire intervient pour réglementer l'exécution des lois de finances. Ce
contrôle s'observe d'une part durant son vote afin de s'assurer de l'effectivité de son exécution et
d'autre part pendant l'exécution de l'action [Link] méthode permet d'avoir un œil éveillé
sur les dépenses et les recettes de l'Etat. Elle permet également une exécution réaliste des lois de
finances. Pour ce contrôle, le parlement exige le dépôt de projet de loi de règlement afin de
s'assurer de son contenu (A) et évalue ensuite le financement de l'action publique (B).
A-L'exigence du dépôt de projet de lois des finances de règlement
Le dépôt du projet de lois de règlement contribue d'une manière participative au contrôle
parlementaire. L'exigence a été mise sur la période du dépôt de ce projet de lois de règlement.
Cette période est préciser par la lois des finances. Elle est du 1er juin au 1er mai de l'année en
cours. C'est une méthode salutaire qui permet au parlement de faire un contrôle exacerbé sur le
résultat de l'exécution des lois de finances. Il faut rappeler que les lois de règlement permettent
au parlement après la clôture d'une année budgétaire, d'exercer son contrôle sur l'exécution des
lois de finances par le gouvernement. Ce contrôle se manifeste par une approche comparative
entre les autorisations de recettes et de dépenses contenues dans celles-ci et des opérations
réellement exécutées; elle arrête en outre le montant du résultat budgétaire pour cette année et est
accompagnée d'un ensemble de documents. Il s'agit des rapports annuels de performance et
précédée par la certification des comptes de l'Etat. Le parlement se sert donc des lois de
règlement pour exercer le contrôle budgétaire. Ce rôle de contrôle qui leur est affecté est
important pour la transparence des recettes et dépenses de l'Etat. Par ailleurs, le parlement
intervient également pour l'évaluation du financement de l'action publique.
B-L'évaluation du financement de l'action publique par le parlement
L'évaluation de l'exécution de lois des finances est une sûreté pour le contrôle parlementaire.
En effet, la lois de finances de l'année fait mention d'une nomenclature indicative des recettes et
des dépenses. Cette nomenclature fait également état des missions à atteindre, des programmes à
suivre, des actions publiques à mener, des objectifs à atteindre, des indicateurs de performance à
suivre, des résultats attendus et enfin des évaluations. L'évaluation intervient pour jauger
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l'effectivité des résultats et objectifs attendus. C'est d'ailleurs ce qui motive l'existence du
principe de la sincérité budgétaire. Ce dernier peut se manifester par des questions adressées par
le parlement au gouvernement dans le cadre de l'évaluation. Ainsi, l'article 57 de la lois des
finances énonce que les commissions de l'Assemblée nationale et du Sénat chargées des finances
suivent et contrôlent l'exécution des lois de finances et procèdent à l'évaluation de toute question
relative aux finances publiques. Cette mission est confiée à leur président, à leur rapporteur
général ainsi que, dans leurs domaines d'attributions définis par ces commissions, à leurs
rapporteurs spéciaux et chaque année, pour un objet et une durée déterminés, à un ou plusieurs
membres d'une de ces commissions obligatoirement désignés par elle à cet effet. Par
conséquentt, ils procèdent à toutes investigations sur pièces et sur place, et à toutes auditions
qu'ils jugent utiles... Ces questions adressées permettent au parlement d'exercer son pouvoir de
contrôle d'une part et constituent d'autre part une occasion pour le gouvernement d'être sincère
dans la gestion des dépenses et recettes publiques sous peine de subir des sanctions
juridictionnelles.
II-LE CONTRÔLE JURIDICTIONNEL DE L'EXÉCUTION DES LOIS DE FINANCES
PUBLIQUES
Le contrôle juridictionnel de l'exécution de la lois des finances est exercé par la cour des comptes
et la cour de discipline budgétaire et financière. Les prérogatives de ce contrôle confié à la cour
des comptes sont mentionnées à l'article 47-2 de la constitution. Le contrôle juridictionnel vit par
la séparation des fonctions de l'ordinateur public et du comptable des finances publiques (A) et
des sanctions applicables par la cour des comptes en cas d'une violation des principes d'exécution
des lois de finances (B).
A-La manifestation du principe de la sincérité de l'exécution des lois de finances
Au cours de l'exécution des lois de finances, les acteurs impliqués sont appelés à faire preuve de
vigilance et de sincérité sous peine d'être poursuivi par les juridictions compétentes. Le principe
de la sincérité budgétaire intervient pour mettre en œuvre la clarté dans la gestion des ressources
publiques. Ainsi, la fonction de l'ordonnateur des dépenses publiques est séparée de celle des
comptables publics. Ce principe de sincérité permet de situer les fonctions. En effet, il accentue
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la sincérité des compte de l'Etat. Cette sincérité est prônée par l'articles 27 al 3 de la lois des
finances. Ensuite, l'article 31 dispose que « les comptables publics chargés de la tenue et de
l'établissement des comptes de l'Etat veillent au respect des principes et règles mentionnés aux
articles 27 à 30. Ils s'assurent notamment de la sincérité des enregistrements comptables et du
respect des procédures ». Autrement dit, la sincérité des comptes de l'Etat incombe aux
ordonnateurs et aux comptables publics qui sont les deux acteurs principaux de l'exécution des
lois de finances. La cour des comptes vérifie alors la sincérité des compte de l'Etat lors de son
contrôle juridictionnel. En dehors de cette prérogative qui lui est conférée, elle est également
juge des irrégularités relatives à l'exécution des lois de finances.
B-Les contrôles de la cour des compte à l'occasion de l'exécution des lois de finances
La cour des comptes est chargée de contrôler la régularité des comptes publique de l'Etat, des
établissements publics nationaux et des entreprises publics. Comme son nom l'indique, c'est une
juridiction de veille économique à l'égard des comptes publics de l'État. L'exécution des lois de
finances peuvent faire naître des irrégularités budgétaires. Pour prévenir et réprimer ces faits, le
droit français s'est donné l'esprit de disposer d'une juridiction de contrôle qu'est la cour des
comptes et une juridiction de répression qu'est la cour de discipline budgétaire et financière. Les
prérogatives de la cour des comptes en matière de contrôle sont précisées à l'article 47-7 de la
constitution. En effet, elle intervient dans un but d'assistance et de vérification budgétaire. Par
conséquent, lorsqu'il est constaté des irrégularités des comptes publics, la responsabilité
personnelle du comptable peut être engagée. Pour aller au bout de son action, elle peut effectuer
également des contrôles administratifs sur la gestion des deniers publics. On en déduit que la
cour des comptes intervient juriditionnellement au niveau de deux phases essentielles de
l'exécution. Il s'agit de la phases de lois de règlement et celle d'assistance juridique à la saisine du
parlement. Au niveau de la phase de la lois de règlement, elle vérifie l'exactitude des comptes.
Autrement dit, elle fait les comptes. Sur le plan de l'assistanat juridique, la cour des comptes
réalise dmes enquêtes demandées par le parlement. Elle doit réaliser des rapports faisant état des
résultats de gestion. Toutes ces démarches permettent d'établir la transparence de l'exécution des
lois de finances.