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Rapport PFE EL BOUROUMI Mohamed ENSAH 2025

Le mémoire présente l'analyse hydrologique, le dimensionnement hydraulique et le suivi des travaux de construction du barrage de Beni Azimane dans la province de Driouch, qui fait partie d'un programme national marocain pour l'approvisionnement en eau. Avec une capacité de stockage de 44 millions de m³, ce barrage vise à améliorer l'irrigation, fournir de l'eau potable et protéger contre les inondations. Le rapport détaille les méthodes d'analyse des apports en eau, le dimensionnement des structures annexes et le suivi de l'exécution des travaux.

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Rapport PFE EL BOUROUMI Mohamed ENSAH 2025

Le mémoire présente l'analyse hydrologique, le dimensionnement hydraulique et le suivi des travaux de construction du barrage de Beni Azimane dans la province de Driouch, qui fait partie d'un programme national marocain pour l'approvisionnement en eau. Avec une capacité de stockage de 44 millions de m³, ce barrage vise à améliorer l'irrigation, fournir de l'eau potable et protéger contre les inondations. Le rapport détaille les méthodes d'analyse des apports en eau, le dimensionnement des structures annexes et le suivi de l'exécution des travaux.

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N 0 d′ ordre ……/……

UNIVERSITÉ ABDELMALEK ESSAADI


ÉCOLE NATIONALE DES SCIENCES APPLIQUÉES
D’AL HOCEIMA

Département : Génie Civil, Énergétique & Environnement (GCEE)

Mémoire de Projet de Fin d’Études

Pour l’obtention du diplôme d’ingénieur d’état en Génie Civil


Option Hydraulique

ANALYSE HYDROLOGIQUE, DIMENSIONNEMENT


HYDRAULIQUE ET SUIVI D’EXÉCUTION DES TRAVAUX DE
CONSTRUCTION DU BARRAGE DE BENI AZIMANE DANS
LA PROVINCE DE DRIOUCH
Réalisé par :
EL BOUROUMI Mohamed
Effectué à :

Encadré à l’ENSAH par : Encadré à l’entreprise par :


Pr. BARHDADI El Hassane Mr. FAHSI Omar &
Mr. FETTAH Anas

Soutenu le 24/06/2025 devant le jury composé de :

Pr. BARHDADI EL Hassane ……………………………….Président (ENSAH)


Pr. HLIMI Mohamed ……………………………………Examinateur (ENSAH)
Pr. BALLI Lahcen ……………………………………….Examinateur (ENSAH)
Pr. DRIOUACH Ismael …………………………………Examinateur (ENSAH)
Année Universitaire
I : 2024-2025
II
Résumé

Le Maroc connaît une accélération significative dans la mise en œuvre de grands projets
de barrages, conformément aux Hautes Orientations Royales et dans le cadre du Programme
national pour l’approvisionnement en eau potable et l’irrigation 2020–2027. Actuellement,
seize grands barrages sont en chantier à travers le Royaume. Parmi ces projets figure en tête le
barrage de Beni Azimane, en construction sur l’oued Kert, dans la province de Driouch.

Ce barrage constitue un ouvrage hydraulique stratégique destiné à la gestion durable des


ressources en eau dans la région. Avec une capacité de stockage de 44 millions de m³, il vise à
assurer la valorisation des périmètres agricoles, l’alimentation en eau potable, l’abreuvement
du cheptel et la protection contre les inondations, notamment pour le centre de Midar.

Ce rapport s’articule autour de l’étude hydrologique, hydraulique et du suivi d’exécution


du barrage. L’analyse hydrologique permet d’évaluer les apports liquides et solides du bassin
versant (258 km²), ainsi que le calcul des crues de projet à l’aide de méthodes empiriques et
hydrométéorologiques. L’étude hydraulique concerne le dimensionnement des ouvrages
annexes, notamment la dérivation provisoire (galerie, batardeaux), la vidange de fond (section,
régime d’écoulement, aération, durée de vidange), ainsi que l’évacuateur de crue (profil du
seuil, coursier en gradins, bassin de dissipation). Enfin, la dernière partie porte sur le suivi
d’exécution des travaux, avec une description détaillée de la mise en œuvre du Béton Compacté
au Rouleau (BCR) sur la digue principale, des remblais zonés sur les rives, et de la construction
des ouvrages annexes.

Mots clés : Barrage, béton compacté au rouleau, remblais, hydrologie, hydraulique,


vidange de fond, prises d’eau, évacuateur de crue, dérivation provisoire, travaux de
construction.

III
Abstract

Morocco is witnessing a significant acceleration in the implementation of large dam


projects, in line with the Royal Directives and the National Program for Drinking Water Supply
and Irrigation 2020–2027. Currently, sixteen major dams are under construction across the
country. Among these, the Beni Azimane dam, located on the Oued Kert in the Driouch
province, is a strategic hydraulic structure.

With a storage capacity of 44 million m³, this dam aims to improve irrigation systems,
supply drinking water to nearby villages, support livestock watering, and protect the Midar area
from flooding.

This report focuses on the hydrological and hydraulic study of the project and the
monitoring of construction works. The hydrological analysis assesses the basin's liquid and
solid inflows (258 km²) and estimates design floods using empirical and hydro-meteorological
methods. The hydraulic design covers auxiliary structures such as the temporary diversion
system (tunnel, upstream and downstream cofferdams), the bottom outlet (section, flow regime,
jet aeration, emptying time), and the spillway (crest profile, stepped chute, dissipation basin).
Finally, the report details the construction process, including the implementation of Roller
Compacted Concrete (RCC) on the main dam body, zoned embankments, and auxiliary works.

Keywords: Dam, roller-compacted concrete, embankments, hydrology, hydraulic,


bottom outlet, water intakes, spillway, temporary diversion, construction Works.

IV
‫ملخص‬

‫شهد المغرب تسارعًا ملحو ً‬


‫ظا في تنفيذ مشاريع السدود الكبرى‪ ،‬وذلك تنفيذا ً للتوجيهات الملكية السامية وفي‬

‫إطار البرنامج الوطني للتزويد بالماء الصالح للشرب والسقي ‪ .2027–2020‬ويجري حاليًا بناء ستة عشر‬
‫كبيرا عبر مختلف جهات المملكة‪ .‬ومن بين أبرز هذه المشاريع‪ ،‬يبرز سد بني عزيمان‪ ،‬الذي يتم تشييده‬
‫سدًا ً‬
‫على وادي كرت‪ ،‬بإقليم الدريوش ‪.‬‬

‫ويُعد هذا السد منشأة هيدروليكية استراتيجية تهدف إلى التدبير المستدام للموارد المائية بالمنطقة ‪.‬‬
‫وتبلغ السعة التخزينية له ‪ 44‬مليون متر مكعب‪ ،‬ويهدف إلى تثمين المناطق الزراعية‪ ،‬وتوفير الماء الصالح‬
‫للشرب‪ ،‬وسقي الماشية‪ ،‬فضلً عن الوقاية من الفيضانات‪ ،‬السيما على مستوى مركز ميضار ‪.‬‬

‫يرتكز هذا التقرير على دراسة ثلثية األبعاد تشمل الجانب الهيدرولوجي والهيدروليكي‪ ،‬باإلضافة‬
‫إلى تتبع تنفيذ األشغال‪ .‬فالدراسة الهيدرولوجية تُعنى بتقدير الواردات المائية والصلبة لحوض التصريف‬
‫الذي تبلغ مساحته ‪ 258‬كم مربع‪ ،‬إلى جانب حساب الفيضانات التصميمية باستعمال طرق تجريبية‬
‫وهيدرومناخية‪ .‬أما الدراسة الهيدروليكية‪ ،‬فتركز على تصميم المنشآت الملحقة‪ ،‬وعلى رأسها نظام التحويل‬
‫المؤقت الذي يشمل النفق التحويلي والحواجز المؤقتة‪ ،‬وكذا مفرغ القعر من حيث المقطع ونمط الجريان‬
‫يتكون من العتبة‪ ،‬ومجرى مدرج ‪ ،‬وحوض‬
‫ّ‬ ‫والتهوية ومدة التفريغ‪ ،‬إضافة إلى مفرغ الحموالت الذي‬
‫التهدئة‪ .‬أما الشق األخير من التقرير‪ ،‬فيتعلق بـتتبع أشغال البناء‪ ،‬ويشمل وصفًا تفصيليًا لطرق تنفيذ‬
‫الخرسانة المدكوكة في السد الرئيسي‪ ،‬وإنجاز الردميات )األتربة( المصنفة على الضفاف‪ ،‬وكذا بناء‬
‫المنشآت الملحقة ‪.‬‬

‫الكلمات المفتاحية ‪ :‬سد‪ ،‬الخرسانة المدكوكة‪ ،‬الردميات ‪ ،‬الهيدرولوجيا‪ ،‬الهيدروليكا‪ ،‬مفرغ‬


‫القعر‪ ،‬مآخذ المياه‪ ،‬مفرغ الحموالت‪ ،‬التحويل المؤقت‪ ،‬أشغال البناء ‪.‬‬

‫‪V‬‬
Dédicace

Je dédie ces pages avec gratitude et respect…

À la mémoire de mon cher père,


Ton absence me pèse chaque jour, mais ta présence vit en moi à travers tes enseignements, tes
sacrifices et ton amour inconditionnel. Ce travail est une modeste offrande à ta mémoire.
Puisses-tu, de là-haut, être fier du chemin parcouru. Que ton âme repose en paix.

À ma très chère mère,


La force discrète de ma vie. Ton amour, ta tendresse et ton courage m’ont porté quand les
jours étaient lourds. Tu as tant sacrifié pour moi sans jamais faiblir. Ce travail est autant le
tien que le mien. Merci pour tes prières, ton soutien inlassable et ton amour infini. Je t’aime
plus que les mots ne peuvent le dire.

À mes frères et sœurs,


Vous êtes mon équilibre, ma fierté, ma joie. Merci pour vos encouragements, vos sourires, et
pour m’avoir toujours soutenu, dans le silence comme dans la parole.

À mes amis,
Pour votre sincérité, votre bienveillance et les moments précieux partagés. Vous avez su
rendre cette aventure plus douce, plus riche, et plus humaine.

À tous mes enseignants,


Pour le savoir transmis, les conseils éclairés et la passion que vous m’avez inspirée. Chacun
de vous a contribué à bâtir la personne et le futur ingénieur que je deviens.

À tous ceux qui ont contribué, de près ou de loin, à la réalisation de ce projet,


Recevez ici l’expression de ma plus sincère reconnaissance.

Mohamed EL BOUROUMI

VI
Remerciements

Avant toute chose, je rends grâce à Allah, Le Tout-Puissant, pour m’avoir accordé la force,
la persévérance et la patience tout au long de mon parcours. Qu’Il en soit remercié.

À travers ce mémoire de Projet de Fin d’Études, je tiens à exprimer mes remerciements


les plus sincères à toutes les personnes qui ont contribué, de près ou de loin, à la réalisation de
ce travail et à l’enrichissement de cette expérience formatrice.

J’exprime ma profonde gratitude à Monsieur Omar FAHSSI, Directeur des Travaux, et


à Monsieur Anas FETTAH, Ingénieur Méthodes, pour leur encadrement au sein de l’entreprise
et leur accompagnement constant tout au long de ce stage.

Je remercie également Monsieur le Professeur El Hassane BARHDADI, pour son suivi


académique, ses conseils et sa disponibilité tout au long de cette période.

Mes remerciements vont aussi à Monsieur Idriss ZAKI, Ingénieur Résident chez
NOVEC, Monsieur Mohammed IBNELHACHMI, Responsable Topographe, Monsieur
Abdeslam GHANEM, Projeteur Métreur, Monsieur Reda LEHILALI, Directeur Qualité,
ainsi qu’à Monsieur Aymane CHACRONE, Contrôleur de Gestion, pour leur accueil
chaleureux, leur collaboration précieuse, leur professionnalisme exemplaire, ainsi que pour les
informations et l’aide qu’ils m’ont apportées tout au long de cette expérience.

À toutes ces personnes, je témoigne ma reconnaissance pour leur confiance, leur


bienveillance et leur précieuse contribution à la réussite de ce projet.

VII
Table des matières

RESUME .......................................................................................................................III
ABSTRACT ................................................................................................................... IV
‫ ملخص‬................................................................................................................................ V
DEDICACE ................................................................................................................... VI
REMERCIEMENTS .................................................................................................. VII
TABLE DES MATIERES ......................................................................................... VIII
LISTE DES TABLEAUX ............................................................................................. XI
LISTE DES FIGURES .............................................................................................. XIII
LISTE DES ABREVIATIONS................................................................................ XVII
INTRODUCTION GENERALE ................................................................................... 1
CHAPITRE I : PRÉSENTATIONS GÉNÉRALES.................................................... 2
I. INTRODUCTION ...................................................................................................... 3
II. PRESENTATION DE L’ORGANISME D’ACCUEIL ...................................................... 3
1. Présentation générale .......................................................................................... 3
2. Organigramme de l’entreprise ............................................................................ 4
3. Ressources humaines et matérielles ................................................................... 5
4. Quelques projets réalisés et en cours de construction ........................................ 6
III. PRESENTATION GENERALE DE PROJET ................................................................. 7
1. Présentation du projet ......................................................................................... 7
2. Contexte et études de base .................................................................................. 8
3. Sismicité et aléas naturels ................................................................................. 11
4. Description et caractéristiques du barrage ....................................................... 12
5. Coût, financement et délais de réalisation ........................................................ 18
IV. OUTILS ET LOGICIELS UTILISES .......................................................................... 19
1. ArcGIS .............................................................................................................. 19
2. Hyfran Plus ....................................................................................................... 19
3. Microsoft Excel ................................................................................................ 19
V. CONCLUSION ........................................................................................................ 19

CHAPITRE II : GÉNÉRALITÉS SUR LES BARRAGES ...................................... 21


I. INTRODUCTION .................................................................................................... 22
II. CLASSIFICATION DES DIFFERENTS TYPES DE BARRAGE ...................................... 22
1. Barrages en béton ............................................................................................ 22
2. Barrages en remblais ....................................................................................... 27
3. Barrages mixtes ................................................................................................ 31
III. CRITERES DE CHOIX DU SITE ET DU TYPE DE BARRAGE ...................................... 32

VIII
1. Identification des conditions liées au site ......................................................... 32
2. Apports hydrauliques et capacité de stockage .................................................. 32
3. Morphologie de la vallée et rendement topographique .................................... 32
4. Conditions géologiques et géotechniques......................................................... 33
5. Disponibilité des matériaux .............................................................................. 33
6. Intégration des ouvrages annexes et faisabilité technique ................................ 33
7. Autres critères ................................................................................................... 34
8. Le site adapté .................................................................................................... 34
IV. CONCLUSION ........................................................................................................ 34

CHAPITRE III : ANALYSE HYDROLOGIQUE DU BASSIN VERSANT.......... 35


I. INTRODUCTION .................................................................................................... 36
II. CARACTERISTIQUES DU BASSIN VERSANT ........................................................... 36
1. Délimitation du bassin versant ......................................................................... 36
2. Morphologie du bassin ..................................................................................... 38
3. Réseau hydrographique .................................................................................... 47
III. ETUDE DE CRUE ................................................................................................... 50
1. Introduction ...................................................................................................... 50
2. Approches empiriques ...................................................................................... 51
3. Méthode du GRADEX ..................................................................................... 54
4. Résultats obtenus .............................................................................................. 65
5. Hydrogramme de crue ...................................................................................... 65
IV. APPORTS ANNUELS ............................................................................................... 68
1. Apports liquides ................................................................................................ 68
2. Apports solides ................................................................................................. 69
V. CONCLUSION ............................................................................................................... 69

CHAPITRE IV : DIMENSIONNEMENT HYDRAULIQUE DES OUVRAGES


ANNEXES ..................................................................................................................... 71
I. INTRODUCTION .................................................................................................... 72
II. DIMENSIONNEMENT HYDRAULIQUE DE LA DERIVATION PROVISOIRE ................ 72
1. Etapes de dimensionnement ............................................................................. 72
2. Modes d’écoulement dans le pertuis de dérivation ......................................... 73
3. Dimensionnement de pertuis de la dérivation provisoire ................................. 74
4. Dimensionnement des batardeaux amont et aval ............................................. 80
III. DIMENSIONNEMENT HYDRAULIQUE DE LA VDF ................................................. 83
1. Calcul du pertuis de la vidange......................................................................... 85
2. Régime d’écoulement aval ............................................................................... 88
3. Aération du jet .................................................................................................. 91
4. Portée du jet et fosse d’érosion ......................................................................... 91
5. Durée de vidange du barrage ............................................................................ 92
IV. DIMENSIONNEMENT HYDRAULIQUE DE L’EVC .................................................. 93
1. Calcul de laminage de crue ............................................................................... 94

IX
2. Profil du déversoir ............................................................................................ 96
3. Calcul du coursier ............................................................................................. 98
4. Calcul du Bassin de dissipation ...................................................................... 109
V. CONCLUSION ...................................................................................................... 114

CHAPITRE V : SUIVI D’EXÉCUTION DES TRAVAUX DE CONSTRUCTION


DU BARRAGE .............................................................................................................115
I. CARACTERISTIQUES ET PROVENANCE DES MATERIAUX ................................... 116
1. Caractéristiques des bétons ............................................................................. 116
2. Caractéristiques des remblais ......................................................................... 119
3. Provenance des matériaux .............................................................................. 121
II. TRAVAUX DE BCR SUR LA DIGUE PRINCIPALE .................................................. 124
1. Eléments constitutifs en béton pour la digue principale ................................. 124
2. Production et transport des bétons .................................................................. 124
3. Mise en place des bétons ................................................................................ 128
4. Exécution des joints ........................................................................................ 129
5. Cure du béton et traitement des surfaces de reprise ....................................... 131
6. Contrôle qualité et essais ................................................................................ 132
III. TRAVAUX DE REMBLAIS SUR LES RIVES ............................................................. 134
1. Mode d’extraction, préparation et stockage des matériaux ............................ 134
2. Mise en place des remblais ............................................................................. 135
3. Contrôle qualité et essais ................................................................................ 138
IV. OUVRAGES ANNEXES ET EQUIPEMENTS ELECTROMECANIQUES ...................... 139
1. Ouvrages hydrauliques principaux : DP, VDF et EVC................................... 139
2. Prise d’eau pour AEP et irrigation .................................................................. 147
3. Galerie d’accès au chambre des vannes ......................................................... 150
V. CONCLUSION ...................................................................................................... 153

CONCLUSION GENERALE .................................................................................... 154


BIBLIOGRAPHIE ET WEBOGRAPHIE ............................................................... 155
ANNEXES ................................................................................................................... 156

X
Liste des tableaux

Tableau 1 : Fiche de l'identité de l'entreprise .................................................................... 4


Tableau 2 : Coordonnées géographiques du site du barrage BBA.................................... 7
Tableau 3 : Caractéristiques géomorphologiques du site.................................................. 8
Tableau 4 : Composition géologique du site du BBA ...................................................... 9
Tableau 5 : Valeurs caractéristiques des courbes HSV de la cuvette .............................. 10
Tableau 6 : Paramètres sismiques du site du BBA selon le RPS 2011 ........................... 12
Tableau 7 : Fiche technique du projet ............................................................................. 13
Tableau 8 : Caractéristiques principales du barrage ....................................................... 14
Tableau 9 : Caractéristiques de l’évacuateur de crues .................................................... 15
Tableau 10 : Caractéristiques de la vidange de fond....................................................... 15
Tableau 11 : Caractéristiques des prises d’eau ............................................................... 16
Tableau 12 : Caractéristiques des digues de col.............................................................. 16
Tableau 13 : Comparaison entre le (BCV) et le (BCR) .................................................. 23
Tableau 14 : La répartition hypsométrique du bassin ..................................................... 42
Tableau 15 : Répartition des surfaces partielles en fonction de l'altitude moyenne ....... 44
Tableau 16 : Classification des bassins selon leur pente moyenne ................................. 45
Tableau 17 : Classification ORSTOM du relief .............................................................. 46
Tableau 18 : Formules empiriques de calcul du temps de concentration ....................... 49
Tableau 19 : Calcul du temps de concentration selon différentes formules.................... 49
Tableau 20 : Choix des formules empiriques en fonction de la surface du bassin ......... 51
Tableau 21 : Valeurs du coefficient climatique a ............................................................ 53
Tableau 22 : Valeurs des paramètres X1 Et X2 de Hazan-Lazarevic.............................. 53
Tableau 23 : Coefficients adoptés pour les formules empiriques ................................... 53
Tableau 24 : Débits de crue estimés selon les méthodes empiriques .............................. 54
Tableau 25 : Gradex moyen et précipitation moyenne ................................................... 56
Tableau 26 : Calcul de la valeur de Pjmax en fonction de la période de retour.............. 57
Tableau 27 : Détermination de Pjmax(T,A) la Pluie maximale journalière abattue ....... 58
Tableau 28 : Calcul de la lame d’eau écoulée ................................................................. 59
Tableau 29 : Valeurs obtenues lors de l’ajustement de Roj et Qjmax sur HYFRAN ..... 61

XI
Tableau 30 : Résultats de Ruissèllement et le débit journalière maximal....................... 62
Tableau 31 : Débit de pointe calculé au station TAMELLAHT ..................................... 63
Tableau 32 : Débit de pointe calculés par la methode de gradex .................................... 64
Tableau 33 : Débits de pointe du projet (Méthode de Gradex) ....................................... 65
Tableau 34 : Synthèse des débits de crue par differentes méthode ................................. 65
Tableau 35 : Données Initiales pour le Calcul des Hydrogrammes de Crue .................. 66
Tableau 36 : Volume de crue en fonction de la période de retour ................................... 68
Tableau 37 : Formules empiriques pour l’estimation des apports liquides annuels ....... 68
Tableau 38 : Evolution des apports solides au barrage Abdelkrim EL Khattabi ............ 69
Tableau 39 : Variation de hauteur critique en fonction de de la largeur ......................... 75
Tableau 40 : Calcul du nombre de Froude pour différentes valeurs de la pente ............. 76
Tableau 41 : Loi de tarage de la DP en régime d’écoulement à surface libre ................. 77
Tableau 42 : Loi de tarage de la DP en régime d’écoulement en charge ........................ 79
Tableau 43 : Caractéristiques hydrauliques au droit de la section de contrôle en aval ... 83
Tableau 44 : Loi hauteur-débit de l’écoulement à surface libre dans la galerie de VDF 86
Tableau 45 : Loi de tarage de la VDF en régime d’écoulement en charge ..................... 87
Tableau 46 : Formules de calcul de la profondeur d'affouillement due au jet ................ 92
Tableau 47 : Résumé des résultats du calcul de laminage .............................................. 95
Tableau 48 : Paramètres géométriques du seuil de Creager ........................................... 97
Tableau 49 : Paramètres essentiels pour le calcul du coursier en marches d’escalier .. 103
Tableau 50 : Données de base pour le calcul du coursier en marches d’escalier.......... 103
Tableau 51 : Résultats de la dissipation d’énergie sur le coursier à marches ............... 108
Tableau 52 : Catégories de Bétons et leurs Usages Principaux .................................... 116
Tableau 53 : Les dosages pondéraux (en kg) par 1 m³ des BCV .................................. 117
Tableau 54 : Formule Retenue pour le BCR ................................................................. 119

XII
Liste des figures
Figure 1 : Logo de la Société SBTX. ................................................................................ 4
Figure 2 : Organigramme de SBTX. ................................................................................. 4
Figure 3 : Effectif et organisation des ressources humaines de SBTX. ............................ 5
Figure 4 : Carte de situation du barrage, extraite de la carte topographique de Midar à
l'échelle 1/50000. .............................................................................................................. 7
Figure 5 : Carte structural de la chaîne du Rif (modifiée d'après Negro et al., 2008. ...... 9
Figure 6 : Coupe géologique du site du barrage Beni Azimane. ...................................... 9
Figure 7 : Courbes H–S–V de la retenue du BBA. ......................................................... 11
Figure 8 : Sismicité enregistré au Maroc depuis 1920. Carte de K. Bradley d’après le site
web «Earthquake Insights». ............................................................................................ 11
Figure 9 : Carte du zonage sismique du Maroc (2011) en vitesses et accélérations, pour
une probabilité d’occurrence de 10 % en 50 ans. ........................................................... 12
Figure 10 : Vue en plan du barrage Beni Azimane. ........................................................ 13
Figure 11 : Vue en plan de la Digue principale en BCR. ................................................ 14
Figure 12 : Coupe transversale du barrage montrant les différentes zones de remblai. . 14
Figure 13 : Coupe transversale des digues de col en (RD) et en (RG). .......................... 16
Figure 14 : Béton Compacté au Rouleau (BCR). ........................................................... 22
Figure 15 : Béton Conventionnel Vibré (BCV). ............................................................. 23
Figure 16 : Barrage-poids – Exemple du barrage Michlifen, situé dans la province
d'Ifrane. ........................................................................................................................... 24
Figure 17 : Barrage à contreforts – Exemple du barrage Al Massira, situé dans la province
de Settat........................................................................................................................... 25
Figure 18 : Principaux éléments d’un barrage à contreforts. .......................................... 25
Figure 19 : Barrage-voûte – Exemple du barrage Bin El Ouidane, situé dans la province
d'Azilal. ........................................................................................................................... 26
Figure 20 : Découpage de la voûte en un système d'arcs et de consoles. ....................... 27
Figure 21 : Coupe type d’un barrage en terre. ................................................................ 28
Figure 22 : Barrage en terre homogène. ......................................................................... 29
Figure 23 : Corps du barrage zoné à noyau. ................................................................... 30
Figure 24 : Barrage à masque amont. ............................................................................ 31
Figure 25 :Types des Vallées........................................................................................... 33

XIII
Figure 26 : Comparaison technico-économique des sites potentiels pour un projet de
barrage. ........................................................................................................................... 34
Figure 27: Délimitation de la zone d’étude et téléchargement des MNT sur Earthdata
Search.............................................................................................................................. 37
Figure 28 : Délimitation du bassin versant sur ARCGIS. ............................................... 38
Figure 29 : Surface et périmètre du bassin versant obtenus sous ArcGIS. ..................... 38
Figure 30 : Mesure de la longueur du talweg du bassin versant sous ArcGIS. .............. 39
Figure 31 : Exemple d’un rectangle équivalent. ............................................................. 40
Figure 32 : Carte hypsométrique du bassin versant. ....................................................... 41
Figure 33 : Courbe hypsométrique du BV. ..................................................................... 42
Figure 34 : Altitudes maximales et minimales déterminées à partir de ArcGIS. ............ 43
Figure 35 : Réseau hydrographique du Bassin Versant. ................................................. 47
Figure 36 : Organigramme de sélection des méthodes d’estimation des débits de crue. 50
Figure 37 : Courbe de tendance des précipitations maximales journalières en fonction de
la variable réduite............................................................................................................ 56
Figure 38 : Facteurs de réduction aréale pour les précipitations au US présentés dans le
Flood Studies Report (NERC, 1975). ............................................................................. 58
Figure 39 : Résultats de l’ajustement statistique des lois de probabilité. ....................... 60
Figure 40 : Ajustement de Roj par la loi Weilbull. ......................................................... 60
Figure 41 : Courbe de tendance Qimax en fonction de Qjmax pour le calcul de Cp. .... 63
Figure 42 : Hydrogramme de crue unitaire. .................................................................... 66
Figure 43 : Hydrogramme de crue triangulaire simplifié. .............................................. 67
Figure 44 : Loi de tarage de la DP à 2 pertuis, en régime à surface libre et en charge. .. 79
Figure 45 : Courbe du laminage de la crue de chantier. ................................................. 80
Figure 46 : Coupe de la section de contrôle en aval. ...................................................... 82
Figure 47 : Courbe de tarage aval de l’oued pour différentes valeurs du coefficient de
Strickler. .......................................................................................................................... 83
Figure 48 : Profil en long et vue en plan de la VDF. ...................................................... 84
Figure 49 : Loi hauteur-débit de la VDF. ........................................................................ 88
Figure 50 : Essais sur le modèle réduit du barrage Beni Azimane. ................................ 92
Figure 51 : Courbes de vidange de la retenue du barrage Beni Azimane. ...................... 93
Figure 52 : Coupe de la section déversante de l’EVC. ................................................... 94
Figure 53 : Résultats des calculs de laminage. ............................................................... 95
Figure 54 : Caractéristiques géométriques du seuil de profil de type Creager. .............. 96

XIV
Figure 55 : Profil Creager du seuil de l’évacuateur de crues. ......................................... 97
Figure 56 : Dégâts causés par la cavitation sur un coursier lisse. ................................... 98
Figure 57 : Coursier d’un évacuateur en marches d’escalier. ......................................... 99
Figure 58 : Régimes d’écoulement sur un coursier en marches d’escalier. .................... 99
Figure 59 : Régimes d'écoulement sur un coursier en gradins lors de l'écoulement
turbulent. ....................................................................................................................... 101
Figure 60 : Section typique d’un déversoir en marche, montrant certains des paramètres
utilisés ........................................................................................................................... 102
Figure 61 : Marches de transition- Iguacel (1995). ...................................................... 104
Figure 62 : Marches de transition du coursier de l’EVC étudié. .................................. 104
Figure 63 : Typologie des ressauts hydrauliques. ......................................................... 110
Figure 64 : Bassin de type USBR I. .............................................................................. 111
Figure 65 : Bassin de type USBR II. ............................................................................ 111
Figure 66 : Bassin de type USBR III. ........................................................................... 112
Figure 67 : Bassin de type USBR IV. ........................................................................... 112
Figure 68 : Carrière du barrage Beni Azimane. ............................................................ 121
Figure 69 : Station de traitement des matériaux (STM). .............................................. 122
Figure 70 : Station de lavage des sables. ...................................................................... 122
Figure 71 : Zone d’emprunt alluvionnaire. ................................................................... 123
Figure 72 : Zone d’emprunt argileux. ........................................................................... 124
Figure 73 : Centrale de production BCR du barrage Beni Azimane. ........................... 125
Figure 74 : Trémies des agrégats de la CAB-BCR. ...................................................... 125
Figure 75 : Transport du BCR de la centrale du BCR vers le site de mise en œuvre. .. 126
Figure 76 : Centrale de production de BCV du barrage Beni Azimane........................ 127
Figure 77 : Camion malaxeur (toupie) pour le transport du BCV................................. 127
Figure 78 : Sifflage et nettoyage de la surface de reprise. ............................................ 128
Figure 79 : Transport, étalage et compactage du BCR. ................................................ 129
Figure 80 : Mise en œuvre d’un joint de contraction. ................................................... 130
Figure 81 : Mise en œuvre du joints waterstop. ............................................................ 130
Figure 82 : Essai de perméabilité en unité Lugeon. ...................................................... 133
Figure 83 : Décapage et extraction des argiles au niveau de la zone d’emprunt. ......... 134
Figure 84 : Emplacement du noyau argileux (zone 1). ................................................. 135
Figure 85 : Scarification mécanique d'une ancienne couche d’argile. .......................... 136

XV
Figure 86 : Arrosage, étalage au bulldozer et compactage au rouleau à pieds dameurs
...................................................................................................................................... 136
Figure 87 : Emplacement du filtre et drain (zones 2 et 3). ........................................... 137
Figure 88 : Emplacement des alluvions (zone 4). ......................................................... 137
Figure 89 : Vue comparative des enrochements (zone 5) et des rip-rap (zone 6). ........ 138
Figure 90 : Mesure in situ de la perméabilité des couches de filtre et d’alluvions. ...... 139
Figure 91 : Mesure de la densité par densitomètre à membrane. ................................. 139
Figure 92 : Archives photos des travaux d’exécution de la DP. ................................... 140
Figure 93 : État actuel de la DP après sa mise en service. ............................................ 140
Figure 94 : Fonctionnement de la DP lors de la crue. ................................................... 141
Figure 95 : Mise en place des pré-scellés destinés à la soudure des supports. ............. 141
Figure 96 : Mise en place de la conduite métallique de la VDF. .................................. 142
Figure 97 : Installation des équipements hydromécaniques de la VDF. ....................... 142
Figure 98 : Ferraillage et bétonnage des gradins de l’EVC. ......................................... 143
Figure 99 : Mise en place des aciers d’ancrages. .......................................................... 144
Figure 100 : Bétonnage du radier d’un plot du bassin de dissipation. .......................... 145
Figure 101 : Mise en place du ferraillage et du coffrage d’un plot du seuil final. ........ 145
Figure 102 : Coffrage et ferraillage des semelles et voiles des murs bajoyers en contact
avec le coursier.............................................................................................................. 146
Figure 103 : Coffrage et ferraillage des voiles de murs bajoyers. ................................ 146
Figure 104 : Mise en place des pré-scellés, Bétonnage du radier et installation des
supports. ........................................................................................................................ 147
Figure 105 : Emplacement prises (AEP et irrigation) depuis l’amont jusqu’à la chambre
des vannes. .................................................................................................................... 148
Figure 106 : Mise en place du béton d’enrobage des conduites AEP et agricole. ........ 148
Figure 107 : Implantation des prises d’eau sur le talus amont...................................... 149
Figure 108 : Coupes transversales selon les axes des prises AEP et agricole. .............. 149
Figure 109 : Ferraillage du radier de la galerie d’accès. ............................................... 150
Figure 110 : Mise en place du caniveau pour le tirage des câbles. ............................... 150
Figure 111 : Réalisation des voiles latéraux de la galerie d’accès................................ 151
Figure 112 : Coulage des prédalles préfabriquées sur chantier. .................................... 151
Figure 113 : Pose des prédalles et réalisation du béton d’enrobage. ............................ 152
Figure 114 : Coupe transversale de la galerie d’accès montrant l’emplacement du
monorail. ....................................................................................................................... 152

XVI
Liste des abréviations

ENSAH : École Nationale des Sciences Appliquées Al Hoceima


SBTX : Société Bioui Travaux
DAH : Direction des Aménagements Hydrauliques
LPEE : Laboratoire Public d'Essais et d'Études
PFE : Projet de Fin d’Études
WGS 84 : World Geodetic System 1984
NGM : Nivellement Général du Maroc
MNT : Modèle Numérique de Terrain
RPS 2011 : Règlement de Construction Parasismique Marocain 2011
SIG : Système d’Information Géographique
ORSTOM : Office de la Recherche Scientifique et Technique Outre-Mer
BBA : Barrage Beni Azimane
BCR : Béton Compacté au Rouleau
BCV : Béton Conventionnel Vibré
DP : Dérivation Provisoire
VDF : Vidange de Fond
EVC : Évacuateur de Crues
CAB : Centrale à Béton
STM : Station de Traitement des Matériaux
BV : Bassin Versant
RN : Niveau de la Retenue Normale
TM : Tranche Morte
PHE : Plus Hautes Eaux
HSV : Hauteur - Surface - Volume
AEP : Alimentation en Eau Potable
RD : Rive Droite
RG : Rive Gauche
CPS : Cahier des Prescriptions Spéciales

XVII
Introduction générale
Le Maroc, dans le cadre des Hautes Orientations Royales et du Programme national
2020–2027, accélère la construction de grands barrages pour renforcer la sécurité hydrique. Le
barrage de Beni Azimane, en cours sur l’oued Kert dans la province de Driouch, s’inscrit dans
cette dynamique.

Avec une capacité de 44 millions de mètres cubes, ce barrage vise plusieurs objectifs
stratégiques, notamment la valorisation de la petite et moyenne hydraulique, l'irrigation des
terres agricoles, l'alimentation en eau potable, et la protection contre les inondations des zones
situées en aval, en particulier le centre de Midar. Financé à hauteur de 1 400 MDH et réalisé
par l’entreprise "SBTX", ce projet représente un investissement majeur pour la région.

Le mémoire se décline en plusieurs chapitres :

❖ Chapitre I : Présentations générales. Ce chapitre introduit le cadre du projet en


présentant la société SBTX, le contexte général du barrage de Beni Azimane, ainsi que
les outils utilisés dans l’étude.
❖ Chapitre II : Généralités sur les barrages. Ce chapitre expose les notions de base
sur les barrages, leur typologie, les critères de choix du site et les considérations
techniques essentielles à leur conception.
❖ Chapitre III : Analyse hydrologique du bassin versant. Ce chapitre évalue les
caractéristiques hydrologiques du bassin, les crues de projet et les apports solides et
liquides, afin de comprendre le comportement hydrique du site.
❖ Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des ouvrages annexes. Ce chapitre
présente la conception technique des ouvrages annexes comme la dérivation, la
vidange de fond et l’évacuateur de crue, éléments clés pour la sécurité du barrage.
❖ Chapitre V : Suivi et contrôle des travaux. Ce chapitre décrit les méthodes de mise
en œuvre sur le chantier, le contrôle qualité des matériaux et le déroulement des
différentes phases de construction.

À travers cette étude, l'objectif est de garantir la fiabilité et la sécurité du barrage en


optimisant sa conception et son exploitation. Ce travail s’inscrit dans une perspective de gestion
durable des ressources hydriques et d’amélioration des infrastructures hydrauliques au Maroc.
Chapitre I : PRÉSENTATIONS
GÉNÉRALES
Chapitre I : Présentations générales

I. Introduction

La première étape essentielle pour débuter un rapport de PFE consiste à analyser le


contexte global du projet. Dans ce chapitre, nous présenterons d’abord l’organisme d’accueil
en détaillant ses missions. Ensuite, nous décrirons en profondeur le projet sur lequel nous avons
travaillé, en incluant une brève présentation des logiciels utilisés.

II. Présentation de l’organisme d’accueil [1]

1. Présentation générale

Fondée en 1999, la Société SBTX s’est affirmée comme un acteur majeur du secteur du
BTP au Maroc. Réputée pour son expertise et son professionnalisme, elle contribue activement
à la concrétisation de la vision de développement portée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI.
Grâce à une équipe hautement qualifiée et à des équipements de pointe, SBTX garantit des
réalisations d’une qualité irréprochable, conformes aux normes nationales et internationales les
plus strictes. Son portefeuille de projets varié et prestigieux témoigne de sa capacité à répondre
aux exigences les plus élevées, consolidant ainsi sa position de référence dans le domaine du
BTP au Maroc.
La Société SBTX couvre des secteurs d’activités variés, notamment :
− Grands Barrages
− Autoroutes
− Routes et Voie Expres
− Ouvrages d’Art
− Aménagement Urbains
− Travaux Maritimes

SBTX se distingue également par des chiffres qui reflètent son envergure et son impact
dans le secteur. Avec plus de 2 900 collaborateurs, un réseau de plus de 1 000 fournisseurs et
plus de 30 chantiers menés chaque année, elle s’appuie sur un parc de plus de 3 000 engins pour
assurer la réussite de ses projets.

Mémoire de projet de fin d’études 3


Chapitre I : Présentations générales

Figure 1 : Logo de la Société SBTX.

Le tableau ci-dessous résume les informations clés sur l'identité de l'entreprise


Tableau 1 : Fiche de l'identité de l'entreprise

Fiche de l'identité de l'entreprise


Nom de la Société SBTX
Directeur Général [Link] BENABDELLAH
Capital 100 000 000 DHS
Adresse 351, Route D'Eljadida Oasis, Casablanca
Tél +212661-066337
E-mail contact@[Link]
Site Web [Link]

2. Organigramme de l’entreprise

L'organigramme des divers acteurs de "SBTX" est présenté ci-dessous :

Figure 2 : Organigramme de SBTX.

Mémoire de projet de fin d’études 4


Chapitre I : Présentations générales

3. Ressources humaines et matérielles

3.1. Ressources humaines

la Société SBTX adopte une approche de gestion participative et accorde une importance
stratégique à l’investissement dans le capital humain. L’entreprise compte plus de 3 500
collaborateurs, dont une centaine de cadres et techniciens spécialisés, garantissant ainsi une
expertise de pointe, une organisation rigoureuse et des réalisations de haute qualité. Convaincue
que la ressource humaine constitue le pilier fondamental de son développement, SBTX mise
sur une équipe solide et engagée, véritable moteur de son succès.

Figure 3 : Effectif et organisation des ressources humaines de SBTX.

3.2. Moyens matériels

L’entreprise s’appuie sur un dispositif moderne fondé sur l’utilisation d’équipements de


pointe de dernière génération, garantissant le strict respect des délais et l’optimisation de chaque
phase de réalisation. Grâce à un parc matériel régulièrement renouvelé et adapté aux spécificités
de chaque chantier, elle répond efficacement aux exigences techniques des projets entrepris. Ce
parc comprend :
− 295 pelles hydrauliques et chargeuses
− 15 grues mobiles et fixes
− 195 camions 8x4 et 6x4
− 35 bulldozers
− 7 postes de fabrication des enrobés
− 10 stations de traitement des matériaux
− 15 centrales à béton de niveau 3

Mémoire de projet de fin d’études 5


Chapitre I : Présentations générales

− Et bien d'autres équipements...

4. Quelques projets réalisés et en cours de construction

4.1. Projets en cours de construction

SBTX mène actuellement plusieurs projets d’infrastructure d’envergure à travers le


Maroc. Ces chantiers, en cours de réalisation, témoignent de l’expertise et de l’engagement de
l’entreprise dans le développement des infrastructures stratégiques du pays, à titre illustratif :
➢ Autoroute Guercif - Nador (24 Août, 2023) – Guercif - Nador
➢ Autoroute Tit Mellil - Berrechid (06 Mars, 2023) – Tit Mellil – Berrechid
➢ Barrage Targa Ou Madi (01 Avril, 2022) – Guercif
➢ Barrage Kheng Grou (25 Septembre, 2021) – Figuig
➢ Barrage Beni Azimane (21 Décembre, 2020) – Driouch (Notre projet d’étude)
➢ Dédoublement RR607 (16 Mars, 2020) – Berkane - El Aioun Sidi Mellouk
➢ Travaux de réalisation du VRD et du PNG - Tanger Med 2 (06 Mars, 2019) – Tanger
➢ Trémie Ghandi – Casablanca.

4.2. Projets réalisés

Au fil des années, SBTX a achevé avec succès plusieurs projets majeurs, renforçant ainsi
son statut d’acteur incontournable du secteur du BTP. Ces réalisations, conformes aux normes
les plus strictes, témoignent du savoir-faire de l’entreprise et de sa capacité à livrer des
infrastructures de haute qualité, à titre d’exemple :
➢ Barrage Oued Ghiss (17 Janvier, 2017) – Al Hoceima
➢ Élargissement à 2×3 voies de l’autoroute Tit Mellil - Lissasfa (09 Novembre, 2021) –
Tit Mellil - Lissasfa
➢ Pont Al-Fida (06 Mars, 2021) – Rabat - Salé
➢ Pont Mohammed VI (06 Mars, 2020) – Casablanca
➢ 2 ponts sur Oued Waar et Oued Ma Fatma, voie express Tiznit Dakhla (06 Mars, 2020)
– Tiznit - Dakhla
➢ Travaux d'aménagement de 30 ha au Port de Casablanca Terminal à Conteneurs 3 (06
Mars, 2019) – Casablanca
➢ Tramway Casablanca - Lot 4 (11 Novembre, 2020) – Casablanca

Mémoire de projet de fin d’études 6


Chapitre I : Présentations générales

III. Présentation Générale de Projet

1. Présentation du projet [2]

1.1. Localisation et Accès au Site

Le BBA est situé sur l’Oued Kert, à environ 25 km au sud-ouest de la ville de Driouch.
Son accès se fait par la route nationale N°2, reliant Al Hoceima à Driouch. Depuis Midar, une
piste non revêtue de 3 km passant par le douar Beni Azimane mène directement au site du
barrage.

Figure 4 : Carte de situation du barrage, extraite de la carte topographique de Midar à l'échelle


1/50000.

Le tableau suivant présente les coordonnées géographiques précises du site :


Tableau 2 : Coordonnées géographiques du site du barrage BBA

Coordonnée Valeur
X 662 840
Y 476 753
Altitude 490 NGM

Mémoire de projet de fin d’études 7


Chapitre I : Présentations générales

1.2. Objectifs et Justification du Projet

Le BBA s'inscrit dans le programme royal de construction des grands barrages visant à
lutter contre le stress hydrique. Avec une capacité de 44 millions de m³, il joue un rôle clé dans
la gestion et l’exploitation des ressources en eau.
Les principaux objectifs du projet sont :
− Irrigation des périmètres agricoles en aval.
− Valorisation hydraulique des petites et moyennes infrastructures.
− Abreuvement du cheptel.
− Alimentation en eau potable des villages environnants.
− Protection contre les inondations au centre de Midar.

2. Contexte et études de base [3]

2.1. Géomorphologie du Site

Le site du barrage est caractérisé par une vallée encaissée formée par l’Oued Kert, qui se
divise en Oued Tiakhenat et Oued Ifrane. L’implantation du barrage nécessite la fermeture de
deux dépressions topographiques sous forme de cols en rives gauche et droite.
Tableau 3 : Caractéristiques géomorphologiques du site

Paramètre Valeur
Surface du bassin versant 258 km²
Pente moyenne 4.4 %
Largeur de la vallée 125 m
Largeur du lit mineur 50 à 60 m

2.2. Géologie du Terrain

Le site du projet se trouve dans la chaîne rifaine, caractérisée par une géologie complexe
regroupant trois grands domaines structuraux :
− Le Rif interne, avec des formations métamorphiques et paléozoïques ;
− Le Rif externe, constitué d’unités mésorifaines et prérifaines ;
− Le domaine des flyschs, situé entre les deux précédents et formé de nappes
sédimentaires.

La figure suivante montre la carte géologique du Rif avec la position du projet du BBA :

Mémoire de projet de fin d’études 8


Chapitre I : Présentations générales

Figure 5 : Carte structural de la chaîne du Rif (modifiée d'après Negro et al., 2008.

La figure suivante illustre la coupe géologique du site du BBA, mettant en évidence la


stratigraphie des formations présentes et leur répartition en profondeur :

Figure 6 : Coupe géologique du site du barrage Beni Azimane.

Les caractéristiques géologiques spécifiques au site sont :


Tableau 4 : Composition géologique du site du BBA

Zone géologique Type de formation géologique

Rive gauche Formations schisteuses oxydées

Rive droite Terrasses alluvionnaires épaisses

Fond de vallée Alluvions sablo-graveleuses

La zone du projet englobe des unités issues de la plupart des domaines structuraux rifains
évoqués, témoignant ainsi de la grande complexité géologique et structurale du site du BBA.

Mémoire de projet de fin d’études 9


Chapitre I : Présentations générales

2.3. Géométrie de la cuvette

Les caractéristiques morphologiques de la cuvette ont permis d'établir les courbes


Hauteur-Surface-Volume, présentées dans le tableau ci-après. Ces données résultent d’un levé
topographique réalisé à l’échelle 1/2 000.
Tableau 5 : Valeurs caractéristiques des courbes HSV de la cuvette

Surface retenue Volume retenu


Cote RN (NGM)
(ha) (hm³)
495 5,0 0,1
500 17,7 0,6
505 36,4 2,0
507 42,5 2,8
509 49,2 3,7
510 52,1 4,2
515 69,8 7,3
516 75,0 8,0
516 75,0 8,0
517 80,0 8,8
518 85,3 9,6
520 96,3 11,4
521 101,4 12,4
522 106,6 13,4
523 112,4 14,5
525 125,3 16,9
530 158,1 24,0
540 228,0 44,0
546 274,0 58,3
525 125,3 16,9
530 158,1 24,0
540 228,0 44,0
546 274,0 58,3

La courbe illustrant l’évolution de la surface et du volume de la retenue en fonction de la


cote est présentée dans la figure suivante :

Mémoire de projet de fin d’études 10


Chapitre I : Présentations générales

Barrage BENI AZIMANE


Courbe H-S-V
70 300

60 Volume (Hm3) 250


50
Volume (Hm3)
200

Surface (Ha)
Surface (Ha)
40
150
30
100
20

10 50

0 0
490 495 500 505 510 515 520 525 530 535 540 545 550
côte (NGM)

Figure 7 : Courbes H–S–V de la retenue du BBA.

3. Sismicité et aléas naturels [4]

L’étude sismique du BBA s’appuie sur les recommandations du Règlement Parasismique


Marocain (RPS 2000 - version 2011). Le site du projet est classé en Zone 3, ce qui implique
des sollicitations sismiques modérées nécessitant des études approfondies de stabilité.
La figure suivante illustre la répartition des zones sismiques au Maroc depuis 1920 :

Figure 8 : Sismicité enregistré au Maroc depuis 1920. Carte de K. Bradley d’après le site web
«Earthquake Insights».

Le zonage sismique du Maroc selon le RPS 2000, V2011 est présenté dans la figure
suivante :

Mémoire de projet de fin d’études 11


Chapitre I : Présentations générales

Figure 9 : Carte du zonage sismique du Maroc (2011) en vitesses et accélérations, pour une
probabilité d’occurrence de 10 % en 50 ans.

Le tableau suivant résume les paramètres sismiques du site du BBA, tels que définis par
le RPS :
Tableau 6 : Paramètres sismiques du site du BBA selon le RPS 2011

Paramètre Valeur

Accélération horizontale max. enregistrée 0.12g

Accélération PGA adoptée 0.16g

Vitesse sismique attribuée 0.13 m/s

Période de retour de référence > 50 ans (10%)

Ces paramètres permettent d’adapter la conception du barrage aux exigences


parasismiques et de garantir sa stabilité en cas de séisme.

4. Description et caractéristiques du barrage [2]

4.1. Fiche Synoptique du Barrage

Le BBA est un ouvrage hydraulique stratégique situé sur l’Oued Kert, dans la province
de Driouch. Ce projet s’inscrit dans le cadre du programme national de construction des grands
barrages visant à répondre aux besoins croissants en eau et à la lutte contre le stress hydrique.
Le tableau suivant résume les principales informations techniques du barrage :

Mémoire de projet de fin d’études 12


Chapitre I : Présentations générales

Tableau 7 : Fiche technique du projet

Elément Détails
Ministère de l'équipement et de l'eau
Maître d’ouvrage - Direction des Aménagements
Hydrauliques

Entreprise SBTX

Bureau d’études NOVEC

Contrôle des
LPEE
travaux
Délai d’exécution 66 mois
Coût global 1 400 MDH
Financement Budget de l’État

4.2. Composantes du Barrage

❖ Barrage principal (BCR et remblais zonés)

Le barrage Beni Azimane est de type mixte, combinant un massif central en Béton
Compacté au Rouleau (BCR) et des remblais zonés à noyau argileux sur les rives. Cette
conception vise à assurer à la fois la stabilité de l’ouvrage et une bonne étanchéité.
Les figures suivantes représentent les composantes du barrage Beni Azimane, notamment
sa vue en plan ainsi que la répartition transversale des différentes zones de remblais :

Figure 10 : Vue en plan du barrage Beni Azimane.

Mémoire de projet de fin d’études 13


Chapitre I : Présentations générales

Figure 11 : Vue en plan de la Digue principale en BCR.

Figure 12 : Coupe transversale du barrage montrant les différentes zones de remblai.

Les principales caractéristique du barrage sont indiquées dans le tableau suivant :


Tableau 8 : Caractéristiques principales du barrage

Elément Valeur

Hauteur maximale sur fondation 69,5 m

Longueur de la crête 683,5 m

Largeur en crête 7m

Volume total de BCR 814 000 m³

Volume total de remblai zoné 500 849 m³

Mémoire de projet de fin d’études 14


Chapitre I : Présentations générales

❖ Évacuateur de crues

L’évacuateur de crues est un élément essentiel pour la sécurité de l’ouvrage, permettant


d’évacuer les débits exceptionnels en cas de crue. Il s’agit d’un évacuateur de surface à seuil
libre, associé à un coursier en gradins.
Les caractéristiques de cet élément sont résumées ci-dessous :
Tableau 9 : Caractéristiques de l’évacuateur de crues

Elément Valeur
Longueur du déversoir 140 m
Largeur du coursier 125-140 m
Charge maximale 3,30 m
Débit maximal évacué 1 770 m³/s

❖ Vidange de fond

Le barrage est équipé d’une vidange de fond constituée d’une conduite métallique
cylindrique, installée dans la partie centrale de l’ouvrage. Elle est équipée de vannes permettant
la gestion des débits sortants.
Le tableau suivant résume les principales caractéristiques de la vidange de fond :
Tableau 10 : Caractéristiques de la vidange de fond

Elément Valeur
Cote seuil 500 NGM
Diamètre Ø 2200 mm
Vanne glissière de garde L = 1,50 m ; H = 2,00 m
Vanne glissière de réglage L = 1,50 m ; H = 1,80 m
Capacité maximale sous RN 65 m³/s

❖ Prises d’eau AEP et agricole

Le barrage comprend plusieurs prises d’eau destinées à l’AEP et à l’irrigation. La prise


agricole, située à une cote d’entrée de 510,00 NGM, a une capacité de 4 m³/s.
Le tableau suivant présente les caractéristiques des différentes prises d’eau du barrage :

Mémoire de projet de fin d’études 15


Chapitre I : Présentations générales

Tableau 11 : Caractéristiques des prises d’eau

Type Diamètre (mm) Nombre Cote d’entrée (NGM)

513.00, 521.00, 527.00


Prises d’eau Ø800 3
et 533.00

Prise agricole Ø1200 1 510,00

❖ Digues de col en rive gauche et rive droite

Deux digues de col sont prévues pour fermer la retenue d’eau. Elles sont constituées de
remblais zonés à noyau argileux. Les caractéristiques de ces digues sont présentées dans le
tableau suivant :
Tableau 12 : Caractéristiques des digues de col

Hauteur Longueur en Largeur en


Digue
maximale (m) crête (m) crête (m)

Rive gauche 24,5 115 7

Rive droite 12,5 111 7

Figure 13 : Coupe transversale des digues de col en (RD) et en (RG).

Mémoire de projet de fin d’études 16


Chapitre I : Présentations générales

4.3. Choix de variante

Le choix de la fondation pour le barrage de Béni Azimane dépend de la nature du sol, qui
est plus favorable à un barrage rigide en partie centrale et à un barrage souple sur les rives. Les
analyses des carottes de sondage révèlent que les terrains de fondation sont composés de pélite
schisteuse fracturée et altérée, particulièrement sur les rives où l'altération est plus marquée.
Cela fragilise les pélites, créant des zones de faiblesse semblables à de l'argile et augmentant le
risque de glissement. Ces zones de faiblesse sont continués et subhorizontales à différentes
profondeurs. Pour assurer la stabilité du barrage et minimiser les risques, il est prévu un
encastrement profond de 20 à 30 mètres sur les rives.
La solution retenue est un barrage mixte, avec une partie centrale rigide et des rives en
remblai avec un noyau argileux mince. Ce choix de conception permet d’aboutir à une
économie incontestable sur le coût global du projet, en intégrant tous les ouvrages annexes dans
le corps du BCR, contrairement à toute autre solution en remblais. Car en effet, pour cette
dernière solution, il serait nécessaire d’engager des montants importants en vue d’aménager les
ouvrages annexes tels que : l’évacuateur de crues latéral, la tour de prise pour l’alimentation en
eau potable et agricole, la vidange de fond associée à une galerie en souterrain ou sous
remblais…

❖ Partie centrale en BCR


La partie centrale du barrage est réalisée en béton compacté au rouleau (BCR), offrant un
massif de poids pour assurer la stabilité de l'ouvrage. Cette section a une hauteur maximale de
69,50 m et une longueur de 684 m en crête. Le parement amont est régulier, avec un rapport de
0,5H/1V, tandis que le parement aval présente des marches d'escalier au fruit de 0,9H/1V,
chaque marche ayant 1,50 m de hauteur et 1,35 m de largeur.
La conception inclut une galerie interne pour le drainage et le traitement de la fondation,
ainsi qu'une crête de 7 m de largeur, réalisable en BCR.
À l’amont et à l’aval, des remblais zonés complètent le BCR, avec des ailes en BCR
soutenant la partie aval du barrage.

❖ Remblais sur les rives


Les remblais de ce barrage sont constitués de 6 types de matériaux distincts, répartis en 6
zones, chacun jouant un rôle spécifique et répondant à des spécifications techniques précises
pour assurer la stabilité et l'étanchéité de l'ouvrage.

Mémoire de projet de fin d’études 17


Chapitre I : Présentations générales

Ce profil adopte un noyau central mince, entouré de recharges en alluvions silteuses et


enrochements. Le noyau, large de 2,5 m en crête, est ancré dans une tranchée parafouille de 10
à 15 m de profondeur, dimensionnée pour garantir un bon gradient hydraulique. Une dalle en
béton armé est mise en place au fond pour assurer une bonne liaison avec la fondation.
À l’aval du noyau, un filtre et un drain sont disposés de manière adjacente, avec des
épaisseurs initiales de 2,80 m et 2,50 m. Ces couches permettent de collecter et d’évacuer les
eaux infiltrées vers les galeries internes via un cordon drainant raccordé à une buse. Le dispositif
assure une protection efficace contre les pressions interstitielles et les remontées d’eau.
Les alluvions silteuses sont placées de part et d’autre du noyau, assurant la transition entre
les matériaux fins et les enrochements. En amont comme en aval, elles soutiennent la structure
tout en évitant les discontinuités. Les enrochements stabilisent les talus, et un rip-rap protège le
parement amont contre le ravinement. Deux murs en BCR soutiennent les remblais en aval.

5. Coût, financement et délais de réalisation

Le coût global du projet est estimé à 1 400 MDH, financé intégralement par le budget de
l’État. Cette enveloppe couvre l’ensemble des postes suivants :
− Travaux de génie civil
− Travaux électromécaniques
− Études et contrôle des travaux
− Expropriations des terrains
− Aménagement des accès
La durée d’exécution des travaux est de 66 mois, comprenant plusieurs phases : études
préliminaires, terrassements, construction des ouvrages principaux et mise en eau. Ces délais
sont influencés par divers facteurs, notamment les contraintes techniques et les conditions
climatiques.
Le ministère de l’Équipement et de l’Eau, en collaboration avec divers intervenants, a mis
en place des mesures visant à accélérer les travaux afin d’assurer une livraison anticipée d’un
an, prévue pour la fin de l’année 2025.

Mémoire de projet de fin d’études 18


Chapitre I : Présentations générales

IV. Outils et logiciels utilisés

1. ArcGIS

ArcGIS est une suite de logiciels de systèmes d'information géographique (SIG)


développée par Esri (Environmental Systems Research Institute, Inc.). Elle comprend trois
modules principaux :
− ArcMap : Permet l’édition et l’analyse des données géospatiales sous format
géodatabase.
− ArcCatalog : Assure la gestion et l’organisation des données, offrant des
informations détaillées sur les objets géographiques.
− ArcToolbox : Regroupe divers outils de transformation et d’analyse spatiale.
Dans notre projet, ArcGIS a été utilisé pour délimiter le bassin versant et analyser ses
caractéristiques hydrologiques et géomorphologiques.

2. Hyfran Plus

Hyfran Plus est un logiciel dédié à l’analyse statistique des données hydrologiques et
pluviométriques. Il permet d’ajuster les séries de précipitations et de débits afin d’identifier les
tendances et les valeurs extrêmes. Son utilisation dans notre étude a facilité l’interprétation des
données climatiques et hydrologiques.

3. Microsoft Excel

Microsoft Excel est un logiciel de tableur intégré à la suite bureautique Microsoft Office.
Il permet la gestion, l’analyse et la visualisation de données à l’aide de formules, de tableaux et
de graphiques.
Dans le cadre de ce projet, Excel a été utilisé pour les applications numériques,
notamment pour faciliter les calculs hydrologiques et hydrauliques, organiser les données issues
des relevés de terrain et générer des courbes et graphiques illustrant les résultats obtenus.

V. Conclusion

Ce premier chapitre a permis de poser les bases essentielles du rapport en présentant le


cadre général du projet. Nous avons tout d'abord introduit l’organisme d’accueil, la société

Mémoire de projet de fin d’études 19


Chapitre I : Présentations générales

SBTX, en mettant en avant son expertise, ses domaines d’activité, ses ressources humaines et
matérielles, ainsi que les nombreux projets d’infrastructure qu’elle a réalisés ou qu’elle mène
actuellement. Cette présentation a permis de mieux appréhender l’importance de cette
entreprise dans le secteur du BTP au Maroc.
Ensuite, nous avons exposé le projet sur lequel nous avons travaillé, en détaillant son
contexte et ses objectifs. Enfin, nous avons évoqué les outils et logiciels qui ont été mobilisés
pour mener à bien cette étude, en mettant en avant leur rôle dans la conception et l’analyse des
différentes composantes du projet.
Cette introduction générale offre ainsi une transition naturelle vers le chapitre suivant,
"Généralités sur les barrages", qui viendra approfondir les principes fondamentaux de ces
ouvrages, leur classification, leurs critères de conception et les enjeux techniques et
environnementaux qui y sont liés.

Mémoire de projet de fin d’études 20


Chapitre II : GÉNÉRALITÉS SUR
LES BARRAGES
Chapitre II : Généralités sur les barrages

I. Introduction

Les barrages sont, par définition, des ouvrages naturels ou artificiels construits sur le lit
d’un cours d’eau afin de barrer le passage de l’eau sur toute la largeur d’une section de la vallée,
créant ainsi une cuvette artificielle géologiquement étanche.
La construction des barrages modifie l’écoulement naturel des eaux pour divers objectifs
: régulation des cours d’eau, protection contre les inondations, stockage d’eau pour différents
usages (domestique, industriel, irrigation…), production hydroélectrique et navigation fluviale.

II. Classification des différents types de barrage

Les barrages sont classés en deux grandes catégories selon le matériau de construction :
− Les barrages en béton (rigides)
− Les barrages en remblai (souples)

1. Barrages en béton [5]

1.1. Introduction

Les barrages en béton sont généralement édifiés sur une fondation rocheuse de haute
résistance, à quelques exceptions près, notamment pour certains barrages construits en milieu
fluvial.
Dans le cas des barrages rigides, deux types de béton peuvent être utilisés :
➢ BCR : Le Béton Compacté au Rouleau (BCR) est un béton rigide et non armé, mis
en place par compactage externe. Il se distingue par sa rapidité d’exécution et son
faible coût, ce qui en fait une solution économique pour les barrages et autres
grandes infrastructures.

Figure 14 : Béton Compacté au Rouleau (BCR).

Mémoire de projet de fin d’études 22


Chapitre II : Généralités sur les barrages

➢ BCV : Le Béton Conventionnel Vibré (BCV) est un béton traditionnel utilisé dans la
construction de barrages et d’autres structures hydrauliques. Il est composé de
ciment, d’eau, de granulats et d’adjuvants, et sa mise en place nécessite un vibrage
mécanique pour assurer une bonne compacité et éliminer les bulles d’air.

Figure 15 : Béton Conventionnel Vibré (BCV).

Le tableau ci-dessous présente une comparaison entre les deux types de béton :
Tableau 13 : Comparaison entre le (BCV) et le (BCR)

BCV BCR
Dosage en ciment Important Faible
Dosage en eau Important Faible
Dmax mm 31,5 mm 63
Sable Propre Fileries (24% de fillers)
Mode d'exécution Vibration Compactage
- Compacteur
- Coffrage
- Mise en œuvre par couches minces
horizontales / inclinés
Mise en place - Décoffrage
- Réalisation de galeries non coffrées
- Cadences de mise en œuvre fortement
- ferraillage
accrues
Économie Plus cher Moins cher

Les barrages en béton se classent en trois grandes familles :

− Barrage poids
− Barrage voute
− Barrage à contreforts

Mémoire de projet de fin d’études 23


Chapitre II : Généralités sur les barrages

1.2. Barrages poids

Un barrage-poids est une structure massive qui résiste à la poussée de l’eau grâce à son
propre poids. Généralement en BCR ou BCV, il adopte un profil triangulaire avec un parement
amont vertical ou légèrement incliné et un parement aval incliné à 75-80 %, optimisant ainsi sa
stabilité contre le renversement et le glissement.

Figure 16 : Barrage-poids – Exemple du barrage Michlifen, situé dans la province d'Ifrane.

➢ Les avantages:
− Faibles contraintes dans le béton.
− Faibles contraintes transmises par la fondation au rocher.
− Les variations de températures ne produisent que de faibles variations
decontraintes.
− L'évacuateur de crue peut facilement combiner avec le barrage (diriger les
cruesdirectement par dessous).
− Le gradient des sous-pressions à travers la fondation est faible.

➢ Les inconvénients:
− Les sous-pressions sont importantes dans la fondation.
− Moyen risque de tassement.
− Le volume du béton est important (pour le barrage-poids évidé, il est plusfaible).
− Le volume d’excavation de la fouille est important.
− Fragilité au séisme (si les joints entre les blocs ne sont pas faits par injections).
− L'échauffement du béton par la prise du ciment est assez problématique.

Mémoire de projet de fin d’études 24


Chapitre II : Généralités sur les barrages

1.3. Barrages à Contreforts

Les barrages à contreforts sont des structures en béton conçues pour réduire le volume de
béton tout en assurant une résistance élevée à la poussée de l’eau. Ils se composent de
contreforts disposés en rangées, reliés par une dalle ou un mur de soutien, permettant de
transférer la pression de l’eau vers le sol.

Figure 17 : Barrage à contreforts – Exemple du barrage Al Massira, situé dans la province de Settat.

Chaque contrefort comprend trois éléments principaux :

− La tête du contrefort, qui transmet les efforts de la poussée de l’eau vers l’âme.
Elle peut avoir différentes formes, comme la tête en diamant (la plus répandue).
− L’âme du contrefort, un élément vertical qui soutient la tête et transmet les charges
vers la fondation. Son épaisseur est généralement constante mais peut être élargie
en aval pour diminuer les contraintes.
− Le gousset, une structure triangulaire ou en console placée entre l’âme et la têtet.
Il permet de rigidifier l’ensemble et d’optimiser la transmission des charges vers
la fondation.

Figure 18 : Principaux éléments d’un barrage à contreforts.

➢ Les avantages :

Mémoire de projet de fin d’études 25


Chapitre II : Généralités sur les barrages

− Les contraintes transmises par la fondation au rocher sont moyennes.


− Les sous-pressions au niveau de la fondation sont faibles.
− Le volume du béton est faible. L’échauffement du béton est faible.
− Les risques de tassements sont moyens.
➢ Les inconvénients :
− Très susceptible au séisme.
− La fouille est importante.
− Le gradient des sous-pressions au niveau de la fondation est localement trèsélevé.
− Les contraintes dues au gradient de température peuvent devenir importantes à
latête du contrefort.

1.4. Barrage-voûte

Les barrages-voûtes sont des structures courbées qui exploitent leur géométrie pour
transférer la pression de l'eau vers les parois rocheuses latérales de la vallée. Cette conception
réduit considérablement le volume de béton nécessaire à leur construction, les rendant
particulièrement adaptés aux vallées étroites avec des flancs rocheux solides et peu
déformables.

Figure 19 : Barrage-voûte – Exemple du barrage Bin El Ouidane, situé dans la province d'Azilal.

Le barrage-voûte peut être modélisé comme une combinaison de deux types d'éléments
porteurs, en tenant compte de sa largeur et de sa hauteur unité :
− Éléments porteurs horizontaux : Poutres courbes (arcs) à deux appuis.
− Éléments porteurs verticaux : Poutres consoles soutenant les arcs.

Mémoire de projet de fin d’études 26


Chapitre II : Généralités sur les barrages

Figure 20 : Découpage de la voûte en un système d'arcs et de consoles.

Cette modélisation repose sur un double découpage de la voûte en poutres courbes


horizontales (arcs) et poutres verticales (consoles), assurant une répartition équilibrée des
efforts appliqués à chaque nœud. La poussée de l'eau est transmise aux arcs et aux consoles en
fonction de leur rigidité respective, et plus la voûte est mince, plus les efforts sont dirigés vers
les flancs de la vallée.
➢ Les avantages
− Le volume du béton est faible.
− La fouille est assez petite.
− Les sous-pressions au niveau de la fondation sont faibles.
− L'échauffement du béton est très faible pendant la construction.
➢ Les inconvénients
− les contraintes sont importantes dans les voûtes.
− Grand risque de tassements.
− Les contraintes de température peuvent être très grandes.
− Très susceptible au séisme.
− La combinaison du barrage avec l'évacuateur de crue est difficile.
− Les sous-pressions dans les fissures du rocher peuvent provoquer des glissements.
− La structure est très vulnérable (attentats, guerre).

2. Barrages en remblais [6]

Les barrages en remblai, ou digues, sont construits à partir de matériaux granulaires


naturels prélevés à proximité du site. Ces barrages remplissent deux fonctions essentielles :
− Fonction statique : Transmission de la poussée de l'eau vers la fondation.
− Fonction d’étanchéité : Prévention des infiltrations grâce à la nature des matériaux
utilisés.

Mémoire de projet de fin d’études 27


Chapitre II : Généralités sur les barrages

2.1. Terminologies

La figure suivante donne la coupe schématique d'un barrage en remblai sont aussi
mentionnés les principaux termes utilisés pour caractériser les composantes de ce type de
barrage :

Figure 21 : Coupe type d’un barrage en terre.

➢ Berme(Risberme) : Elle permet la réalisation et la réparation des revêtements de talus,


contribue à la stabilité des digues, réduit la vitesse des eaux de ruissèlement sur les
surfaces des talus avals.

➢ Ecran d’injection: C’est généralement un coulis de ciment ou de résine injecté dans la


base du barrage pour diminuer les fuites à travers le sol de fondation en colmatant les
pores et les fissures.

➢ Drains: Ce sont des organes de barrage réalisés en matériaux pulvérulent et drainants.


Ils servent à contrôler et à orienter les infiltrations dans le corps du barrage. Ils peuvent
être horizontaux, verticaux ou de pied.

➢ Filtres : Ce sont des dispositifs incorporés avec les drains. Ils sont réalisés en matériaux
drainant et permettent d’éviter le colmatage des drains et l’érosion interne du massif.

➢ Noyau: C’est un organe réalisé souvent en matériau fin imperméable, il permet


l’étanchéité des barrages zonés.

Mémoire de projet de fin d’études 28


Chapitre II : Généralités sur les barrages

➢ Recharge: Elle est réalisée en matériau grossier et placée de part et d’autres du noyau.
Elle est indispensable pour la fonction de stabilité du barrage.

➢ Enrochement de protection (Rip-rap) : Le rip-rap est une couche superficielle


d’enrochement posée sur un remblai plus fin afin de le protéger contre l’érosion causée
par les vagues, les courants et autres sollicitations hydrauliques.

➢ Tapis étanche: Quand le fond du réservoir n’est pas très étanche, il est recommandé de
le tapisser par un matériau imperméable permettant la diminution des fuites.

Parmis Les types des barrages en remblai :

− Barrage en terre homogène


− Barrages en terre zoné à noyau
− Barrage à masque amont

2.2. Barrages en terre homogène

Un barrage en terre homogène est construit avec un seul type de matériau compacté sur
toute la section du remblai. Ce matériau doit être suffisamment imperméable pour assurer
l’étanchéité et la stabilité de l’ouvrage.
Cependant, en raison du risque d’infiltration et d’érosion interne, un dispositif de drainage
est indispensable. Ce dernier comprend généralement :

− Un drain vertical (drain cheminée) qui évacue l’eau infiltrée depuis l’intérieur du
barrage.
− Un drain horizontal (drain tapis) situé à l’aval pour limiter la pression interstitielle
et prévenir les instabilités.

Figure 22 : Barrage en terre homogène.

Mémoire de projet de fin d’études 29


Chapitre II : Généralités sur les barrages

L’aménagement de protections sur le talus amont est également nécessaire pour limiter
l’effet des vagues et éviter l’érosion superficielle. Ce type de barrage est utilisé lorsque des
matériaux imperméables sont disponibles en grande quantité à proximité du site.

2.3. Barrages en terre zoné à noyau

Ce sont des barrages composés d’une zone centrale, appelée noyau, qui assure le rôle
d’étanchéité. Placée au cœur du remblai, le noyau (vertical ou incliné) est constitué de
matériaux argileux imperméables, d’épaisseur variable généralement plus large à la base à
cause des pressions interstitielles plus fortes.

Figure 23 : Corps du barrage zoné à noyau.

La solution du noyau central mince est choisie lorsque la roche de fondation est peu
déformable, imperméable et résistante à l’érosion interne. Ces noyaux minces sont peu
pénalisants pour la stabilité des talus. Dans le cas d’une digue à noyau incliné, le noyau est
déplacé vers l’amont, ce qui présente certains avantages comme:

− la possibilité de construire le corps d’appui séparément du noyau (en période de


forte pluviométrie) ;
− le noyau est comprimé par la poussée de l’eau ;
− La surélévation du barrage est plus facile à réaliser.

2.4. Barrages à masque amont

Le barrage à masque amont est conçu lorsque les matériaux imperméables sont
insuffisants pour réaliser un noyau interne. Dans ce cas, l’étanchéité est assurée par une couche
étanche disposée sur le talus amont du barrage. Cette couche, appelée masque amont .

Mémoire de projet de fin d’études 30


Chapitre II : Généralités sur les barrages

Figure 24 : Barrage à masque amont.

Le masque lui-même peut être réalisé :

− Par une dalle de béton armé coulée par plots successifs sur toute la surface du
parement amont
− Par une ou des couches de béton bitumineux mises en place par des engins routiers
adaptés.
− Par des géomembranes (typiquement des feuilles de PVC de forte épaisseur)
livrées et soudées les unes aux autres. Les feuilles sont posées sur une couche de
transition en matériau fin (pour éviter de déchirer la membrane qui s’appuierait
directement sur les enrochements) et protégées par des dalles ou des pavés

➢ Les avantages
− Le corps d’appui est situé hors d’eau donc pas d’infiltration et pas de variations
de pressions interstitielles ;
− La poussée de l’eau s’exerce dans une direction favorable à la stabilité, elle
renforce ainsi la résistance au glissement des talus
➢ Les inconvénients
− Le gradient hydraulique au pied amont est très élevé, un traitement particulier de
la fondation est nécessaire ;
− Le masque est sensible aux sollicitations dynamiques.

3. Barrages mixtes

Les barrages mixtes constituent une catégorie particulière qui combine différentes
techniques de construction empruntées aux barrages en béton et aux barrages en remblai. Ce
type d’ouvrage vise à tirer parti des avantages spécifiques de chaque méthode, en fonction des
contraintes topographiques, géologiques, hydrauliques et économiques du site.

Mémoire de projet de fin d’études 31


Chapitre II : Généralités sur les barrages

Dans le cadre de notre projet d’étude, le barrage retenu est un barrage mixte, intégrant un
remblai zoné à noyau argileux pour assurer l’étanchéité, couplé à une structure centrale en
Béton Compacté au Rouleau (BCR)

III. Critères de choix du site et du type de barrage

1. Identification des conditions liées au site

Le choix du site d’un barrage repose sur la sélection de son axe à un resserrement naturel
de la vallée, idéalement précédé d’un élargissement en amont. Cette configuration permet de
maximiser le stockage d’eau et d’optimiser la construction.
Pour identifier l’emplacement optimal, plusieurs critères essentiels sont pris en compte :

− Apports hydrauliques et capacité de stockage


− Morphologie de la vallée et rendement topographique
− Conditions géologiques et géotechniques
− Disponibilité des matériaux
− Intégration des ouvrages annexes et faisabilité technique
− Autres critères : Éloignement des centres de consommation ; Impact
environnemental ….

2. Apports hydrauliques et capacité de stockage

Un site optimal doit permettre une capacité de stockage suffisante, assurant


l’approvisionnement en eau tout en minimisant les pertes. L’analyse des apports hydrologiques
est primordiale pour déterminer le volume disponible et sa variabilité saisonnière.

3. Morphologie de la vallée et rendement topographique

La topographie influence directement le type de barrage envisageable :

− Vallées étroites (gorges, vallées en V ou U) : adaptées aux barrages-voûtes et


barrages-poids.
− Vallées larges : propices aux barrages à contreforts ou barrages en béton compacté
au rouleau.

Mémoire de projet de fin d’études 32


Chapitre II : Généralités sur les barrages

a c d
b

Figure 25 :Types des Vallées : (a) Gorge; (b) vallée en V ; (c) vallée en U ; (d) vallée large.

Pour affiner l’emplacement et le dimensionnement de l’ouvrage, les courbes hauteur-


surface-volume (HSV) sont établies à partir du plan topographique de la cuvette. Ces
graphiques permettent d’évaluer les surfaces noyées et les volumes stockés à différentes
altitudes, facilitant ainsi le calage des ouvrages et la gestion de la retenue.
On pourra définir le rapport 𝑉𝑐𝑢𝑚𝑢𝑙é;𝑚𝑎𝑥 / 𝐻𝑚𝑎𝑥 et noter que plus ce rapport sera grand,
meilleur sera le choix du site du point de vue de remplissage.

4. Conditions géologiques et géotechniques

Le critère géologique se base sur la qualité des fondations en termes de résistance, rigidité,
fracturation et [Link] comparer géologiquement entre les axes proposés, une étude
géologique et géotechnique détaillée de chaque axe est requise. Elle doit détailler les types de
fondations, la sismicité, la stratigraphie, les degrés de fracturation, l’existence éventuelle de
failles, les profondeurs des substratums …

5. Disponibilité des matériaux

La proximité des matériaux de construction (granulats, béton, remblais) réduit les coûts
et facilite la logistique du chantier. L’accessibilité du site est également un facteur clé pour
l’acheminement des équipements et la mise en œuvre du projet.

6. Intégration des ouvrages annexes et faisabilité technique

L’aménagement doit permettre l’intégration des structures essentielles :

− Les ouvrages annexes: l’évacuateur de crues, les prises d’eau, la vidange de fond,
la dérivation provisoire …
− Routes d’accès et infrastructures facilitant l’exploitation et l’entretien.

Mémoire de projet de fin d’études 33


Chapitre II : Généralités sur les barrages

7. Autres critères

Le choix du site doit également considérer la proximité des centres de consommation


pour limiter les pertes et réduire les coûts de transport de l’eau ou de l’électricité. De plus,
l’impact environnemental doit être évalué afin de minimiser les perturbations sur les
écosystèmes, la biodiversité et les populations locales.

8. Le site adapté

À titre d’exemple, la figure suivante représente la comparaison technico-économique


entre cinq sites sélectionnés pour l’implantation d’un barrage :

Figure 26 : Comparaison technico-économique des sites potentiels pour un projet de barrage.

Cette figure présente une analyse pondérée indiquant que le site 5 obtient le score le plus
élevé (26), ce qui confirme sa conformité aux exigences du projet.

IV. Conclusion

Ce chapitre fournit une vue d’ensemble claire et didactique des barrages, en couvrant à la
fois leur typologie et les critères de sélection d’un site d’implantation. Il permet de comprendre
que le choix du type de barrage (béton, remblai, mixte) dépend étroitement des caractéristiques
du site : topographie, géologie, disponibilité des matériaux, objectifs du projet, etc.
Grâce à l’intégration d’analyses comparatives (comme la méthode multicritères), il
devient possible de sélectionner rationnellement le site le plus approprié à la construction, en
prenant en compte à la fois des aspects techniques, économiques et environnementaux.

Mémoire de projet de fin d’études 34


Chapitre III : ANALYSE

HYDROLOGIQUE DU BASSIN VERSANT


Chapitre III : Analyse hydrologique du bassin versant

I. Introduction

L’étude hydrologique joue un rôle fondamental dans la conception d’un barrage, car elle
permet d’évaluer les crues de projet, d’anticiper les volumes à évacuer et d’assurer la sécurité
de l’ouvrage. Elle repose sur une analyse approfondie des conditions hydrologiques et
hydrogéologiques du bassin versant afin de comprendre son comportement face aux
précipitations et aux apports liquides.
Ce chapitre vise à estimer les débits de pointe associés à différentes périodes de retour, à
déterminer la forme de l’hydrogramme de crue, ainsi qu’à évaluer les volumes correspondants.
Pour ce faire, l’étude s’appuie sur l’analyse des caractéristiques morphométriques du bassin,
qui influencent fortement la dynamique des écoulements et la réponse hydrologique du système.
La méthodologie adoptée comprend plusieurs étapes clés :
− Délimitation du bassin versant, permettant d’analyser ses paramètres
morphométriques et leur influence sur l’hydrologie du site.
− Analyse des données hydrologiques et climatologiques, afin de caractériser
les précipitations et les écoulements à l’échelle du site du barrage.
− Estimation des crues pour différentes périodes de retour, en appliquant des
méthodes adaptées aux données disponibles.
− Étude des crues, permettant de définir les hydrogrammes et les volumes
associés aux événements extrêmes.
− Analyse des apports solides et liquides, pour évaluer l’impact des sédiments
transportés sur le fonctionnement du réservoir et des ouvrages hydrauliques.

II. Caractéristiques du bassin versant

Pour la délimitation du BV, on utilise les Systèmes d’Information Géographique (SIG),


qui permettent d’analyser ses paramètres morphométriques ainsi que leur influence sur
l’hydrologie du site. Toutes les formules de calcul utilisées sont extraites de la référence [7].

1. Délimitation du bassin versant

1.1. Téléchargement du modèle numérique du terrain (MNT)

Un Modèle Numérique de Terrain (MNT) est une représentation numérique de la surface


du sol, permettant de modéliser son relief sous forme de grille d'altitudes. Il est composé de

Mémoire de projet de fin d’études 36


Chapitre III : Analyse hydrologique du bassin versant

valeurs d'altitude régulièrement espacées. Chaque cellule représente l’altitude moyenne d’un
élément de terrain, et la finesse de ce maillage définit la résolution du modèle. Une résolution
plus élevée permet une meilleure précision dans l’analyse topographique.
On commence par accéder à la plateforme [Link] [8], puis on
recadre la zone d’étude à l’aide de l’outil de sélection rectangulaire. Une fois la zone définie,
on identifie les fichiers nécessaires à son recouvrement et on sélectionne la base de données
«ASTER Global Digital Elevation Model V003».

Figure 27: Délimitation de la zone d’étude et téléchargement des MNT sur Earthdata Search.

Pour ce projet, la zone d’étude est couverte par deux MNT raster ASTER, nécessaires
pour assurer une couverture complète de l’emprise. Chaque MNT ASTER se compose de deux
fichiers complémentaires :
− Un fichier avec l’extension .DEM, qui contient les valeurs d’altitude associées à
chaque pixel.
− Un fichier avec l’extension .NUM, qui indique le nombre de scènes ASTER
ayant servi au calcul de l’altitude pour chaque pixel.

1.2. Préparation de MNT et délimitation sur ArcGIS

La délimitation du bassin versant du barrage Béni Azimane a été effectuée à l’aide des
systèmes d’information géographique (SIG), en exploitant des modèles numériques de terrain
(MNT) géoréférencés selon le système WGS84. Une mosaïque des MNT a d’abord été réalisée
pour couvrir toute la zone d’étude, avant d’être reprojetée dans le système Nord Maroc, plus
adapté au contexte national.

Mémoire de projet de fin d’études 37


Chapitre III : Analyse hydrologique du bassin versant

Le traitement a été réalisé dans ArcGIS à l’aide des outils hydrologiques d’ArcToolbox.
À partir du MNT préparé, le logiciel permet de générer automatiquement le réseau
hydrographique ainsi que les limites du bassin, sur la base des directions d’écoulement et des
points de convergence.

Figure 28 : Délimitation du bassin versant sur ARCGIS.

2. Morphologie du bassin

2.1. Superficie et périmètre du bassin

La superficie totale du bassin versant est estimée à S=257.4 km², tandis que son périmètre
est d’environ P=84.67 km. Ces valeurs sont obtenues par calcul automatique sous ArcGIS à
partir de la délimitation du bassin.

Figure 29 : Surface et périmètre du bassin versant obtenus sous ArcGIS.

Mémoire de projet de fin d’études 38


Chapitre III : Analyse hydrologique du bassin versant

2.2. Longueur du cours d’eau principal L

La longueur du cours d’eau principal (ou bien Longueur du Talweg) correspond à la


distance totale parcourue par le cours d’eau le plus important du bassin versant, depuis sa source
jusqu'à son exutoire. Elle est obtenue à l’aide du logiciel ArcGIS :

Figure 30 : Mesure de la longueur du talweg du bassin versant sous ArcGIS.

Donc pour notre bassins , La longueur du cours d’eau principal est : L=27 Km

2.3. Indices de forme

➢ Indice de Gravelius (KG)

L’indice de compacité de Gravelius permet d’évaluer la compacité d’un BV en comparant


sa forme à celle d’un cercle, considéré comme la configuration la plus compacte possible.
Il est exprimé par la relation suivante :
P P
𝐾𝐺 = = 0.28.
2. √𝜋A √A Éq.1

Avec : P est le périmètre du bassin (km) et A sa superficie (km²).


L’interprétation de cet indice est la suivante :
− Si 1 < 𝐾𝐺 < 1.15 : Bassin ramassé .
− Si 1.15 < 𝐾𝐺 < 1.8 : Bassin allongé.

Pour le bassin du barrage Beni Azimane, on trouve : 𝐾𝐺 = 1.48 indiquant une


morphologie allongée.

Mémoire de projet de fin d’études 39


Chapitre III : Analyse hydrologique du bassin versant

➢ Indice de Horton (KH)

L'indice de forme de Horton est un paramètre permettant d’analyser la régularité de la


morphologie d’un bassin versant. Il s’exprime à l’aide de la relation suivante :
A
𝐾𝐻 = Éq.2
𝐿2
Où :
− L : est Longueur du cours d’eau principal (Km).
− A : superficie (km²).

Cet indice permet d’interpréter la forme du bassin versant comme suit :


− Si 𝐾𝐻 < 1 : le BV a une forme allongée.
− Si 𝐾𝐻 > 1 : le BV a une forme ramassée.

Pour le bassin étudié : 𝐾𝐻 = 0.35 . Donc le BV une a forme allongée.

Les deux indices montrent que le BV du barrage Béni Azimane présente une morphologie
allongée, induisant un écoulement lent des eaux. Cette configuration atténue l’intensité des
crues, mais prolonge le temps de remplissage du réservoir, influençant ainsi la gestion des
apports et la conception des ouvrages.

2.4. Rectangle équivalent

Le concept du rectangle équivalent, également connu sous le nom de rectangle de


Gravelius, a été introduit pour faciliter la comparaison des bassins versants en fonction de
l'impact de leur forme sur l'écoulement. Ce concept suppose que l'écoulement sur un bassin
versant est assimilable à celui d'un rectangle présentant des caractéristiques équivalentes. Ainsi,
il permet une comparaison directe entre différentes formes de bassins versants.

Figure 31 : Exemple d’un rectangle équivalent.

Mémoire de projet de fin d’études 40


Chapitre III : Analyse hydrologique du bassin versant

Pour construire ce rectangle, on part des équations suivantes :


𝑃
𝐾𝐺 = 0.28. Éq.3
√𝐴
𝐴 = 𝐿é𝑞. 𝑙é𝑞 Éq.4

D’où la solution de l’équation du 2éme degré :

𝐾𝐺 . √𝐴 1.12 2
𝐿é𝑞 = . (1 + √1 − ( ) ) Éq.5
1.12 𝐾𝐺

𝐾𝐺 . √𝐴 1.12 2
𝐿𝑙é𝑞 = . (1 − √1 − ( ) ) Éq.6
1.12 𝐾𝐺

Application numérique : 𝐿é𝑞 = 34.98 𝐾𝑚 et 𝑙é𝑞 = 7.36 𝐾𝑚.


NB : Les valeurs de 𝐿é𝑞 et 𝑙é𝑞 peuvent être vérifiées en recalculant la surface et le
périmètre du rectangle équivalent, puis en les comparant aux valeurs réelles du bassin versant.

2.5. Analyse Altimétrique et Pentes

➢ Courbe hypsométrique

La courbe hypsométrique est un graphique illustrant la répartition des surfaces en fonction


des altitudes. La carte hypsométrique, quant à elle, est générée sous ArcGIS en représentant la
surface et la surface cumulée en fonction de l'altitude moyenne.

Figure 32 : Carte hypsométrique du bassin versant.

Mémoire de projet de fin d’études 41


Chapitre III : Analyse hydrologique du bassin versant

Le tableau 2 présente la distribution hypsométrique du bassin :


Tableau 14 : La répartition hypsométrique du bassin

Surface Cumulée
Altitudes (NGM) Surfaces (Km²) Surface (%)
(%)
491 3.13 1.22 100
550 31.8 12.36 98.78
650 43.56 16.92 86.43
750 40.3 15.66 69.5
850 37.77 14.68 53.84
950 32.38 12.58 39.17
1050 24.19 9.4 26.59
1150 16.69 6.48 17.19
1250 10.37 4.03 10.71
1350 8.03 3.12 6.68
1450 5.37 2.08 3.56
1550 3.08 1.2 1.47
1650 0.71 0.27 0.27
1710 - - -

Cette répartition hypsométrique peut être convertie en courbe hypsométrique suivant :

Courbe Hypsometrique
Surface (Km)
0.00 10.00 20.00 30.00 40.00 50.00 60.00
1750
1650
1550 Surface cumulée en %
Altitudes (NGM))

1450
1350 Surface En %
1250
1150
1050
950
850
750
650
550
450
0 20 40 60 80 100
Surface Cumulée %

Figure 33 : Courbe hypsométrique du BV.

De plus, l’analyse de la forme de la courbe hypsométrique permet de déterminer le stade


d’évolution géomorphologique du bassin.

Mémoire de projet de fin d’études 42


Chapitre III : Analyse hydrologique du bassin versant

➢ Répartition des altitudes

L’altitude maximale Hmax représente le point le plus élevé observé dans un bassin
versant. Elle correspond généralement aux sommets ou aux reliefs les plus hauts. À l’inverse,
l’altitude minimale Hmin désigne le point le plus bas du bassin, généralement situé à l’exutoire,
là où l’eau s’écoule vers un cours d’eau principal ou une plaine. Ces deux altitudes ont été
déterminées à l’aide de l’outil SIG « ArcGIS » .

Figure 34 : Altitudes maximales et minimales déterminées à partir de ArcGIS.

Les valeurs caractéristiques sont :


− Hmax=1710 NGM .
− Hmin=491 NGM , correspondant à l’exutoire du bassin, au niveau du barrage.

L’altitude moyenne Hmoy : L'altitude moyenne Hmoy Représente l’altitude à partir de


laquelle une grande partie des écoulements s’organisent. Il est calculée à l'aide de la formule
suivante :
∑𝑛𝑖=1(𝐴𝑖 . 𝐻𝑖 )
𝐻𝑚𝑜𝑦 = Éq.7
𝐴
Avec :
− 𝐴𝑖 : Surface partielle entre deux courbes de niveau (km²)
− 𝐻𝑖 : Altitude moyenne entre deux courbes de niveau consécutives (ni−1 et ni)
− 𝐴 : Surface totale du bassin versant (km²)

Le tableau suivant présente la répartition des surfaces partielles en fonction de l'altitude


moyenne :

Mémoire de projet de fin d’études 43


Chapitre III : Analyse hydrologique du bassin versant

Tableau 15 : Répartition des surfaces partielles en fonction de l'altitude moyenne

Altitudes (mNGM) Hi (Km) Ai (Km²)


491-550 520.5 3.13
550-600 600 31.8
650-750 700 43.56
750-850 800 40.3
850-950 900 37.77
950-1050 1000 32.38
1050-1150 1100 24.19
1150-1250 1200 16.69
1250-1350 1300 10.37
1350-1450 1400 8.03
1450-1550 1500 5.37
1550-1650 1600 3.08
1650-1750 1680 0.71
>1710 - -

Après calcul, l'altitude moyenne est : 𝐻𝑚𝑜𝑦 = 876.18 𝑁𝐺𝑀.

L’altitude médiane H50% : C'est l'altitude à laquelle 50 % de la surface totale du bassin


se situe en dessous et 50 % au-dessus. Elle est déterminée à partir de la courbe hypsométrique
du bassin : H50%=914.40 NGM
La dénivelé maximal, correspondant à la différence d'altitude entre le point le plus
éloigné du bassin versant et l’exutoire :

𝐷 = ∆𝐻𝑚𝑎𝑥 = 𝐻𝑚𝑎𝑥 − 𝐻𝑚𝑖𝑛 Éq.8

Avec :

− 𝐻𝑚𝑎𝑥 : Altitude maximale du bassin (m),


− 𝐻𝑚𝑖𝑛 Altitude minimale du bassin (m).

Donc : D = 1710 - 491 = 1219m .

Mémoire de projet de fin d’études 44


Chapitre III : Analyse hydrologique du bassin versant

Enfin, les altitudes H5% et H95% permettent d’affiner l’analyse de la répartition


altimétrique du bassin versant. L’altitude H5% représente le niveau en dessous duquel se situe
5 % de la surface totale du bassin. Elle est généralement localisée dans les zones les plus basses,
à proximité de l’exutoire. À l’inverse, l’altitude H95% correspond à celle en dessous de laquelle
se trouve 95 % de la surface, ce qui la situe dans les zones les plus élevées du bassin, en amont,
dans les régions montagneuses ou proches des crêtes. D’après la courbe hypsométrique, H5%=
1309 NGM et H95%=580.60 NGM .

➢ Pentes

La pente moyenne (Smoy) du bassin est un facteur déterminant dans le


comportement des écoulements de surface. Elle est calculée par la relation suivante :
D
Smoy = Éq.9
L
Où :
− D : Dénivelé maximale du BV
− L : Longueur du cours d’eau principal (km).

Le tableau suivant présente la classification des bassins en fonction de leur pente moyenne
et ses implications hydrologiques :
Tableau 16 : Classification des bassins selon leur pente moyenne

Smoy Caractéristiques du bassin Effets sur l'écoulement


- Écoulements lents

Smoy <5% Peu incliné - Infiltration plus importante


- Moins de ruissellement et d’érosion
- Ruissellement modéré

5%< Smoy <15% Moyennement incliné - Conditions mixtes (infiltration et


ruissellement équilibrés)
- Ruissellement rapide

Smoy >15% Fortement incliné - Forte capacité d’érosion


- Risque accru de crues soudaines

Pour le BV étudié, la pente moyenne calculée est de 𝑆𝑚𝑜𝑦 = 45 𝑚/𝑘𝑚 = 4.5 %,


indiquant un relief faiblement incliné, favorisant des écoulements lents, une infiltration

Mémoire de projet de fin d’études 45


Chapitre III : Analyse hydrologique du bassin versant

accrue et une érosion réduite, limitant ainsi les crues rapides et le transport de sédiments
vers le barrage.
L’indice de pente global IG est défini par :
𝐻5% − 𝐻95%
𝐼𝑔 = Éq.10
𝐿é𝑞
Avec :

− 𝐻5% : Altitude correspondant à 5% de la surface cumulée du bassin versant (m).


− 𝐻95% : Altitude correspondant à 95% de la surface cumulée du bassin versant (m).
− 𝐿é𝑞 : Longueur du rectangle équivalent (m).

Application numérique, on trouve : Ig= 0.0208=2.08%, signifie que le relief est


faiblement incliné.

La classification du relief selon ORSTOM repose sur le calcul de la dénivelée


spécifique (DS), définie par la relation suivante :
Éq.11
𝐷𝑆 = 𝐼𝑔 . √𝑆
Avec :

− 𝐼𝑔 = indice de pente global


− 𝑆 = surface du bassin versant

Selon ORSTOM, on peut classifier le relief en plusieurs catégories en fonction du


dénivelé spécifique 𝐷𝑆 :
Tableau 17 : Classification ORSTOM du relief

DS Type de relief
𝐷𝑆 < 10𝑚 Relief très faible
10𝑚 < 𝐷𝑆 < 25𝑚 Relief faible
25 𝑚 < 𝐷𝑆 < 50𝑚 Relief assez faible
50𝑚 < 𝐷𝑆 < 100𝑚 Relief modéré
100𝑚 < 𝐷𝑆 < 250𝑚 Relief assez fort
250𝑚 < 𝐷𝑆 < 500𝑚 Relief fort
𝐷𝑆 < 500𝑚 Relief très fort

Mémoire de projet de fin d’études 46


Chapitre III : Analyse hydrologique du bassin versant

Le calcul de 𝐷𝑆 pour le bassin étudié donne : 𝐷𝑆 = 334 𝑚 , ce résultat place le bassin


dans la catégorie des reliefs forts

3. Réseau hydrographique

3.1. Chevelu hydrographique

Le réseau hydrographique du bassin versant est classé selon le système de Strahler, qui
permet de hiérarchiser les cours d’eau en fonction de leur connexion et de leur développement.
Cette classification suit les règles suivantes :

− Un cours d’eau sans affluent est classé d’ordre 1.


− Lorsque deux cours d’eau de même ordre nnn se rejoignent, le tronçon résultant
devient d’ordre n+1 .
− Si un cours d’eau reçoit un affluent d’ordre inférieur, il conserve son ordre initial.

Ces principes sont résumés par : n+n=n+1 et n+m=max(n,m)


L’analyse SIG a permis d’obtenir la cartographie détaillée du réseau hydrographique,
comme illustré sur la figure ci-dessous :

Figure 35 : Réseau hydrographique du Bassin Versant.

D’apres la figure, le bassin versant étudié est d’ordre 5 .

Mémoire de projet de fin d’études 47


Chapitre III : Analyse hydrologique du bassin versant

3.2. Densité de drainage

La densité de drainage (Dd) est définie comme le rapport entre la somme des longueurs
de tous les cours d’eau du bassin versant et sa surface totale. Elle s’exprime par la relation
suivante :
∑ni=1 Li
Dd = Éq.12
A
Où :

− 𝐿𝑖 représente la longueur des cours d’eau d’ordre i (en km),


− 𝐴 est la surface totale du bassin versant (en km²)

À partir d’ArcGIS, nous avons déterminé la longueur totale des cours d’eau du bassin
versant, soit ∑𝑛𝑖=1 𝐿𝑖 = 378.5 𝐾𝑚.
Ainsi, la densité de drainage 𝐷𝑑 est : 𝐷𝑑 = 1.47 𝐾𝑚/𝐾𝑚².

3.3. Temps de concentration

➢ Définition et rôle dans le calcul des crues

Le temps de concentration tc le temps nécessaire à une particule d’eau provenant du point


hydrologiquement le plus éloigné du bassin versant pour atteindre son exutoire. Ce paramètre
influence directement le calcul des hydrogrammes et des volumes de crues.
L’évaluation de tc repose sur l’hypothèse que les gouttes de pluie se déplacent
perpendiculairement aux lignes de niveau. Sa détermination est réalisée à l’aide de formules
empiriques, largement utilisées au Maroc, qui prennent en compte des critères tels que :
− La superficie du bassin versant.
− La longueur du cours d’eau principal.
− La pente moyenne du bassin.

➢ Estimation via différentes formules empiriques

Le temps de concentration tc est estimé à l’aide de différentes formules empiriques,


chacune tenant compte de paramètres spécifiques tels que la longueur du cours d’eau principal
L, la superficie du bassin A, la pente moyenne et parfois l'altitude.
Le tableau suivant présente les principales formules utilisées pour l’estimation du temps
de concentration :

Mémoire de projet de fin d’études 48


Chapitre III : Analyse hydrologique du bassin versant

Tableau 18 : Formules empiriques de calcul du temps de concentration

Formule Paramètres Expression


L 0.77 - I : pente moyenne du cours d’eau
Californienne 𝑡𝑐 = 60.0.145. ( ) principal en m/m.
√I - L : Longueur du Talweg en km.
- A : Superficie du bassin versant en
(𝐿. 𝐴)0.77 Km².
Turazza 𝑡𝑐 = 60.0.11.
√I - I : pente moyenne en m/m.
- L: Longueur du Talweg en km.
S - A : Superficie en Km².
Ventura 𝑡𝑐 = 76.31. √ - I : pente moyenne en cm/m.
I
0.77
𝐿 - I : pente moyenne en m/m.
US corps 𝑡𝑐 = 16.68. ( ) - L: Longueur du Talweg en km.
(𝐼)0.25
0.36
L. 1,60934 - I : pente moyenne en m/m.
Epsey 𝑡𝑐 = 60.1.24. ( ) - L: Longueur du Talweg en km.
√I. 1609.34 × 3.2808
L 0.77 - I:pente moyenne du cours d’eau en m
Kirpich 𝑡𝑐 = 0.0192. ( ) /m.
√I - L: Longueur du Talweg en Km.
0.77 - A : Superficie en Km².
4. (𝐴)0.5 + 1.5. L
Giandotti 𝑡𝑐 = 60. ( ) - L: Longueur du Talweg en km.
0.8. (∆𝐻𝑚𝑎𝑥)0.77 - ∆Hmax : Dénivelé du bassin en m
L 0.77 - I : pente moyenne en m/m.
Espagnole 𝑡𝑐 = 18. ( ) . (I)−0.1925 - L: Longueur du Talweg en km.
1000
L 0.64 - I : pente moyenne en m/m.
Van te show 𝑡𝑐 = 7.38. ( ) - L: Longueur du Talweg en km.
√I

Les résultats obtenus pour le bassin étudié en appliquant les différentes formules sont
résumés dans le tableau suivant :
Tableau 19 : Calcul du temps de concentration selon différentes formules

Formule t c (min) t c (h)


Californienne 363.27 6.05
Turazza 580.27 9.67
Ventura 576.19 9.60
US corps 383.16 6.39
Epsey 442.61 7.38
Kirpich 163.72 2.73
Giandotti 224.85 3.75
Espagnole 413.43 6.89
Van te show 163.92 2.73

La valeur choisie correspond à la moyenne des valeurs mentionnées ci-dessus, en


privilégiant celles qui sont les plus proches les unes des autres, soit t c = 6.68 h .

Mémoire de projet de fin d’études 49


Chapitre III : Analyse hydrologique du bassin versant

III. Etude de crue

1. Introduction

L'objectif de cette étude hydrologique est d’évaluer les débits de crue pour différentes
périodes de retour et de modéliser l’hydrogramme associé au bassin versant analysé. Cette
démarche joue un rôle fondamental dans la conception et la gestion des ouvrages
hydrauliques, ainsi que dans la prévention des risques liés aux crues.
Les méthodes adoptées pour l’estimation des débits de crue incluent :
− Méthodes empiriques : Application de formules empiriques établies à partir
d’observations réalisées sur des bassins présentant des caractéristiques
similaires.
− Approche hydrométéorologique et transposition des débits : L’estimation
des crues extrêmes repose sur la méthode du GRADEX, couplée à la
transposition des débits par la méthode de Franco-Rodier. Cette approche
s’appuie sur l’analyse des précipitations et l’ajustement des débits maximaux
instantanés observés sur des bassins versants voisins afin de les adapter au site
étudié.

La figure suivante présente un organigramme permettant de choisir la méthode de calcul


des débits en fonction de la superficie du bassin versant et de la disponibilité des données
hydrologiques, notamment les débits et les précipitations :

Figure 36 : Organigramme de sélection des méthodes d’estimation des débits de crue.

Mémoire de projet de fin d’études 50


Chapitre III : Analyse hydrologique du bassin versant

Dans le cadre de notre étude, nous disposons des données de débit journalier maximal
ainsi que du débit instantané relevés à une station hydrométrique située à proximité du bassin
versant. Par ailleurs, les données de précipitations proviennent de la station météorologique de
Tamellaht, également proche du bassin.

2. Approches empiriques

2.1. Principe

Les méthodes empiriques permettent d’estimer les débits de crue en se basant sur des
formules établies à partir d’observations sur des bassins versants similaires. Elles sont
particulièrement utiles lorsque les données hydrologiques sont limitées ou inexistantes.
Le choix de la formule dépend principalement de la superficie du bassin versant et des
informations disponibles sur les précipitations et les débits. Le tableau ci-dessous récapitule les
différentes formules empiriques et leur domaine d’application en fonction de la taille du BV :
Tableau 20 : Choix des formules empiriques en fonction de la surface du bassin

Formule S < 1 km² 1 km²<S < 1 km S > 10 km


Mac-Math Oui - -

Burkli-Ziegler Oui Oui -

Rationnelle Oui Oui -

Mallet-Gauthier - - Oui

Fuller II - - Oui

Hazan-Lazarevic - - Oui

Débit retenu Max Max Moyenne

La superficie du bassin versant étudié est de 258 km², les formules empiriques adaptées
à cette échelle sont :
− Méthode de Mallet-Gauthier
− Formule de Fuller II
− Formule de Hazan-Lazarevic

2.2. Méthode de Mallet-Gauthier :

La formule de Mallet‐Gauthier, utilisée pour la première fois dans l’étude des cours
d’eau algériens, s’exprime généralement de la manière suivante [9] :

Mémoire de projet de fin d’études 51


Chapitre III : Analyse hydrologique du bassin versant

𝐴
𝑄𝑃 (𝑇) = 2. 𝐾. (𝑙𝑜𝑔( 1 + 𝑎. 𝐻)). . √1 + 4. 𝑙𝑜𝑔(𝑇) − 𝑙𝑜𝑔(𝐴) Éq.13
√𝐿
Où :
− Qp(T) : Débit de pointe (en m³/s) pour une période de retour T ;
− A : Superficie du bassin versant (en km²) ;
− L : Longueur du cours d’eau principal (en km) ;
− H : Hauteur moyenne annuelle de pluie (exprimée en m)
− a : Coefficient lié aux caractéristiques pluviométriques, variant généralement
entre 20 et 30 (au Maroc, une valeur usuelle est 20 ou 25) ;

− K : Coefficient régional dépendant des caractéristiques du BV (variant par de 0,5


pour de grands bassins à faible pente à 5 ou 6 pour de petits bassins à forte pente).

2.3. Formule de Fuller II

La formule de Fuller sert à estimer le débit de pointe des crues pour des bassins versants
d'une superficie supérieure à 10 km². Elle se présente comme suit [9] :
8 4 𝑁
𝑄𝑃 (𝑇) = (1 + 𝑎. 𝑙𝑜𝑔( 𝑇)) . (𝐴0.8 + . 𝐴0.5 ) . . Éq.14
3 3 100
Avec :
− 𝑄𝑃 (𝑇) : débit de pointe associé à une période de retour T (exprimé en m³/s).
− 𝐴 : superficie du bassin versant en km².
− 𝑎 : coefficient défini en fonction du climat :
- 0.7 < a < 0.8 : Grands bassins versants et régions bien arrosées
- 0.8 < a < 2 : Régions arides (ex. régions du Nord)
- 3 < a < 3.5 : Oueds sahariens
− 𝑁 : coefficients fonction du relief, varie selon la topographie :
- Plaine : 80
- Régions accidentées : 85
- Montagne : 100

2.4. Formule de Hazan-Lazarevic

La formule de Hazan Lazareviç permet d’estimer le débit millénal Q1000 (débit de crue
correspondant à une période de retour de 1000 ans) en fonction de la superficie du bassin
versant S, selon l’expression [9] :

Mémoire de projet de fin d’études 52


Chapitre III : Analyse hydrologique du bassin versant

1 + 𝑎. 𝑙𝑜𝑔(𝑇)
𝑄𝑃 (𝑇) = 𝑄1000 . Éq.15
1 + 𝑎. 𝑙𝑜𝑔(1000)
Où :
− 𝑄1000 : Débit de pointe associé à une récurrence de 1000 ans : Avec : 𝑄1000 =
𝑋1.A𝑋2 ;
− 𝐴 est la superficie du bassin versant en km² ;
− a, 𝑋1 et 𝑋2 cefficient et paramètres de Hazan-Lazarevic.

Le coefficient a est défini selon le type de région comme suit :


Tableau 21 : Valeurs du coefficient climatique a

Intervalle de a 0.7 à 0.8 0.8 à 2 3 à 3.5

Type de région Régions humides Régions arides Oueds sahariens

De plus, X1 et X2 sont des paramètres qui varient en fonction de la localisation


géographique de la zone. Le tableau ci-dessous présente leurs valeurs :
Tableau 22 : Valeurs des paramètres X1 Et X2 de Hazan-Lazarevic

Zone X1 X2
Rif Central 15.53 0.776
Rif Rif Occidental 9.78 0.793
Rif Oriental 7.58 0.808
14.94 0.636
Moyen Atlas Saharien 13.51 0.613
13.47 0.587
Haut Atlas Saharien 9.38 0.742

2.5. Résultats des Méthodes Empiriques

Pour effectuer les calculs des débits de crue, nous déterminons d’abord les coefficients
adoptés pour chaque formule. Ces coefficients sont présentés dans le tableau suivant :
Tableau 23 : Coefficients adoptés pour les formules empiriques

Mallet-Gauthier Fuller II HAZAN-LAZAREVIC


a k a N a X1 X2
30 5 3.5 100 3.5 9.78 0.776

Mémoire de projet de fin d’études 53


Chapitre III : Analyse hydrologique du bassin versant

En effectuant l’application numérique , les débits de crue ont été calculés pour différentes
périodes de retour. Les résultats sont regroupés dans le tableau ci-dessous :
Tableau 24 : Débits de crue estimés selon les méthodes empiriques

T (Ans) 10 20 50 100 1000 10000


Mallet Gautier 797.12 964.82 1149.56 1271.6 1611.99 1892.11
Hazen Lazarevick 284.11 350.63 438.56 505.08 726.06 947.03
FULLER II 765.61 944.86 1181.82 1361.08 1956.55 2552.02
Moyenne 615.61 753.44 923.31 1045.92 1431.53 1797.05

3. Méthode du GRADEX

La méthode de Gradex est une approche qui intègre la pluviométrie dans l’estimation des
débits extrêmes, permettant ainsi de pallier les limitations des données hydrologiques
disponibles. Elle repose sur deux hypothèses principales :
− Au-delà d’un certain seuil, le sol atteint son état de saturation, rendant toute
précipitation supplémentaire directement contributive au ruissellement.
− Cette méthode devient pertinente à partir d’une période de retour spécifique,
correspondant au moment où le sol est complètement saturé.
L’estimation des débits repose sur l’analyse des débits instantanés maximaux annuels
enregistrés à une station hydrologique voisine du bassin étudié. Ces données sont ajustées à
l’aide de différentes lois statistiques et analysées via un logiciel spécialisé, garantissant ainsi
des résultats fiables.
D’après [10], l’application de la méthode suit six étapes structurées, permettant d’affiner
l’estimation des crues extrêmes. Toutes les formules utilisées dans cette démarche sont
également extraites de cette même référence.

3.1. Estimation du Gradex moyen des pluies journalières

L’évaluation de la pluie maximale journalière (Pjmax) repose sur l’analyse des


précipitations enregistrées par la station hydrologique de TAMELLAHT, située à proximité du
bassin versant étudié.
Cette estimation s’appuie sur un ajustement statistique basé sur les lois statistiques ,
permettant d’identifier les valeurs extrêmes et de modéliser leur probabilité d’occurrence.
La démarche se déroule en plusieurs étapes :

Mémoire de projet de fin d’études 54


Chapitre III : Analyse hydrologique du bassin versant

− Organisation des données : Les précipitations journalières observées sont


classées dans un ordre croissant.
− Numérotation des valeurs : Un rang est attribué à chaque observation.
− Application de la loi de Gumbel : La probabilité empirique associée à chaque
valeur est calculée selon la relation :

𝑟 − 0.5
𝐹(𝑥) = Éq.16
𝑛
Où : 𝑟 correspond au rang et 𝑛 à la taille de l’échantillon. La transformation suivante
permet d’obtenir la variable réduite associée :

𝜇 = − ln(− ln(𝐹(𝑥))) Éq.17

− Analyse et modélisation : La relation entre Pjmax et la variable réduite 𝜇 est


représentée graphiquement. L’équation de la tendance obtenue sert ensuite à
extrapoler les précipitations maximales pour différentes périodes de retour.

Les précipitations maximales journalières enregistrées à la station de TAMELLAHT sont


fournies dans l'annexe 1. L’analyse de ces précipitations comprend le calcul de la variable
réduite suivant la loi de Gumbel, ainsi que des fréquences empiriques et des variables réduites
associées, dont les résultats détaillés sont présentés dans l'annexe 2.

La figure suivante illustre la courbe de tendance reliant les précipitations maximales


journalières (Pjmax) à la variable réduite (𝜇). Cette représentation graphique permet de
déterminer l’équation de la droite de tendance, utilisée pour l’extrapolation des précipitations
extrêmes :

Mémoire de projet de fin d’études 55


Chapitre III : Analyse hydrologique du bassin versant

Gradex Pluie TAMELLAHT


180
160
140
120
100
Pjmax

80
60
40
20
0
-2 -1 0 1 2 3 4 5
𝜇

Figure 37 : Courbe de tendance des précipitations maximales journalières en fonction de la variable


réduite.

À partir de cette courbe, les paramètres hydrologiques caractéristiques de la station de


Tamellaht ont été déterminés :

− 𝐺moy (Tamellaht) = 25.251


− 𝑃0 (Tamellaht) = 54.081

Habituellement, le Gradex moyen et la précipitation moyenne sont estimés à partir de


plusieurs stations afin d’obtenir des valeurs représentatives à l’échelle régionale. Cependant,
dans le cadre de cette étude, ces paramètres sont déterminés à partir des données spécifiques de
la station de TAMELLAHT :
Tableau 25 : Gradex moyen et précipitation moyenne

Stations 𝑮𝐦𝐨𝐲 𝑷𝟎

Tamellaht 25.251 54.081

Moyenne 25.251 54.081

3.2. Estimation de la pluie maximale journalière ponctuelle Pjmax(T)

La pluie maximale journalière pour une période de retour T est estimée à l’aide de la
relation suivante :

𝑃𝑗𝑚𝑎𝑥 (𝑇) = 𝐺moy . 𝜇 + 𝑃0 Éq.18

Mémoire de projet de fin d’études 56


Chapitre III : Analyse hydrologique du bassin versant

Avec :
1
− 𝐹 représente la probabilité non dépassée et se calcule par : 𝐹 = 1 −
𝑇
− 𝜇 est la variable réduite associée, 𝜇 = − ln(− ln(𝐹(𝑥)))

Cette équation permet d’évaluer 𝑃𝑗𝑚𝑎𝑥 (𝑇) en fonction du Gradex moyen 𝐺moy et de la
pluie de base 𝑃0 .Le tableau suivant présente le calcul de la pluie maximale journalière 𝑃𝑗𝑚𝑎𝑥 en
fonction de la période de retour T :
Tableau 26 : Calcul de la valeur de Pjmax en fonction de la période de retour

Période de retour 2 5 10 20 50 100 1000 10000


1
𝑃= 𝑇
0.50 0.20 0.10 0.05 0.02 0.01 0.00 0.00
1
𝐹 =1− 𝑇
0.50 0.80 0.90 0.95 0.98 0.99 1.00 1.00

𝜇 = − ln(− ln(𝐹(𝑥))) 0.37 1.50 2.25 2.97 3.90 4.60 6.91 9.21

𝑃𝑗𝑚𝑎𝑥 (𝑇) = 𝐺moy 𝜇 + 𝑃0 63.34 91.96 110.91 129.08 152.61 170.24 228.50 286.65

3.3. Estimation de la pluie maximale journalière Pjmax(T,A) sur le bassin


versant

L’intensité maximale des précipitations sur une surface donnée est ajustée en tenant
compte du facteur d’abattement spatial (ARF). Elle est exprimée par la relation suivante :

𝑃𝑗𝑚𝑎𝑥 (𝑇, 𝐴) = 𝑃𝑗𝑚𝑎𝑥 (𝑇). 𝐴𝑅𝐹 Éq.19

Avec :
− 𝑃𝑗𝑚𝑎𝑥 (𝑇, 𝐴) est la précipitation maximale moyenne sur une surface A pour une
période de retour T,
− 𝑃𝑗𝑚𝑎𝑥 (𝑇) est la précipitation maximale ponctuelle pour la même période de
retour T,
− 𝐴𝑅𝐹 est le coefficient d’abattement spatial, qui permet de corriger l’intensité des
précipitations en fonction de la taille du bassin versant et de la durée de
l’événement.

Mémoire de projet de fin d’études 57


Chapitre III : Analyse hydrologique du bassin versant

Le coefficient ARF est défini comme le rapport entre la précipitation moyenne sur le
bassin et la précipitation ponctuelle de même fréquence. Son estimation repose sur le
diagramme des facteurs de réduction aréale des précipitations issu du Flood Studies Report
(NERC, 1975).

Figure 38 : Facteurs de réduction aréale pour les précipitations au US présentés dans le Flood
Studies Report (NERC, 1975).

En projetant les caractéristiques du bassin versant sur ce diagramme, avec une


superficie de A=258 km² et un temps de concentration de t c = 6.68 h , nous obtenons une
valeur d’ARF d’environ 0,8. Ainsi, l’intensité moyenne des précipitations sur l’ensemble du
bassin correspond à 80 % de l’intensité mesurée en un point.
Le tableau ci-dessous présente le calcul de la détermination de la pluie maximale
journalière abattue :
Tableau 27 : Détermination de Pjmax(T,A) la Pluie maximale journalière abattue

T 2 5 10 20 50 100 1000 10000

𝛍 0.37 1.5 2.25 2.97 3.9 4.6 6.91 9.21

Pjmax(T) 63.34 91.96 110.91 129.08 152.61 170.24 228.5 286.65

Pjmax(T,A) 50.67 73.56 88.72 103.27 122.09 136.19 182.8 229.32

Mémoire de projet de fin d’études 58


Chapitre III : Analyse hydrologique du bassin versant

3.4. Détermination de la lame d’eau ruisselée et de la période de retour


charnière

La période de retour charnière marque le seuil où la capacité de rétention du sol est


saturée, entraînant un ruissellement direct des précipitations excédentaires. Elle est identifiée
graphiquement par un changement de pente sur la courbe d’ajustement statistique.
Le ruissellement est estimé via les données Qjmax et Qimax proviennent de la station
hydrologique de TAMELLAHT sur l’Oued NEKKOUR. L’étude se concentrera sur ce site,
et lors de la sixième étape, les débits de pointe seront transférés vers l’emplacement du
barrage.
La lame d’eau écoulée est calculée par la relation suivante :
𝑄𝑗𝑚𝑎𝑥 . 𝑡
𝑅𝑜𝑗 = Éq.20
𝐴
Avec :
− 𝑅𝑜𝑗 : lame d’eau écoulée (en mm),
− 𝑄𝑗𝑚𝑎𝑥 : débit journalier maximal (en litres par seconde),
− 𝑡 : durée d’une journée exprimée en secondes, soit t=86 400 s,
− 𝐴 : surface du bassin versant (en m²).

Ce tableau ci-dessous présente le calcul de la lame d'eau écoulée, en se basant sur le débit
journalier maximal, la durée d'une journée et la surface du BV dans un ordre croissant :
Tableau 28 : Calcul de la lame d’eau écoulée

Année 1988 1992 1993 1991 1995 1990 1994 1974 1973 1996 1980 1981 1997
Qjmax
0.40 1.90 2.70 2.90 3.60 4.00 4.10 15.1 16.00 17.7 22.00 26.4 39.00
(m/s)
Roj
0.13 0.64 0.91 0.97 1.21 1.34 1.38 5.07 5.37 5.94 7.38 8.86 13.09
(mm)

1989 1978 1977 1982 1984 1985 1987 1979 1986 1976 1983 1975

45.00 63.00 107.00 114.00 130.00 135.00 140.00 207.00 264.00 280.00 334.00 838.00

15.10 21.15 35.92 38.27 43.64 45.31 46.99 69.48 88.62 93.99 112.11 281.29

L’utilisation du logiciel Hyfron Plus permet d’ajuster et de modéliser ces valeurs afin
d’estimer le ruissellement pour différentes périodes de retour. La démarche commence par la

Mémoire de projet de fin d’études 59


Chapitre III : Analyse hydrologique du bassin versant

structuration du fichier de données, suivie du choix de la loi d’ajustement la plus adaptée. Enfin,
la période de retour charnière est déterminée en identifiant le point d’inflexion de la courbe
d’ajustement. Les résultats de l'ajustement statistique, incluant les différentes lois de probabilité
testées et les critères BIC et AIC, sont présentés dans la Figure suivante :

Figure 39 : Résultats de l’ajustement statistique des lois de probabilité.

Ainsi, la loi WEIBULL se révèle être la plus appropriée, en affichant les plus faibles
valeurs de BIC et AIC. Les résultats d’ajustement de Roj par la loi Weilbull sont représenté
dans la figure suivante :

Figure 40 : Ajustement de Roj par la loi Weilbull.

En analysant le graphique du ruissellement en fonction des fréquences, nous identifions


la période de retour charnière. Ce point d'inflexion, mis en évidence en rouge, correspond à un
brusque changement de pente indiquant que le bassin est saturé, et détermine ainsi la fréquence
associée à T.. Par exemple, l'ajustement réalisé avec la loi de Pearson type 3 pour F=0. conduit

Mémoire de projet de fin d’études 60


Chapitre III : Analyse hydrologique du bassin versant

à une période charnière de T.=20 ans. La même approche est appliquée pour l'ajustement du
débit journalier maximal Qjmax .
Les valeurs obtenues lors de l’ajustement de Roj et Qjmax sont récapitulées dans le
tableau suivant :
Tableau 29 : Valeurs obtenues lors de l’ajustement de Roj et Qjmax sur HYFRAN

T Roj (mm) Qjmax(m/s)


10000 846 2340
2000 629 1690
1000 543 1450
200 361 970
100 291 793
50 226 633
20 150 445
10 99.8 318
5 57.4 203
3 31.9 124
2 15.7 62.7

Les équations distinguent deux régimes en fonction de la période de retour T par rapport
au seuil charnière T . :
𝑅𝑜𝑗 ; 𝑇 ≤ 𝑇.
𝑅𝑜𝑗 (𝑇) = { Éq.21
𝑃𝑗𝑚𝑎𝑥 (𝑇, 𝐴) − ∅ ; 𝑇 > 𝑇.
𝑄𝑗𝑚𝑎𝑥 ; 𝑇 ≤ 𝑇.
𝑄𝑗𝑚𝑎𝑥 (𝑇) = {𝑅𝑜𝑗 (𝑇). 𝐴′ Éq.22
; 𝑇 > 𝑇.
𝑡
Avec :
− 𝑅𝑜𝑗 : Lame d’eau écoulée en mm.
− 𝑃𝑗𝑚𝑎𝑥 (𝑇, 𝐴) : La pluie journalière maximale sur le bassin.
− ∅ : L’infiltration pour laquelle le sol est saturé ;soit : ∅ = 𝑃𝑗𝑚𝑎𝑥 (𝑇 . , 𝐴) − 𝑅𝑜𝑗 (𝑇 . )
− 𝑇 . : La période de retour charnière.
− 𝑄𝑗𝑚𝑎𝑥 : Débit journalier maximum en l/s
− 𝐴′: surface du bassin de la station de référence en m² (S=609 Km2).

Les résultats des calculs sont illustrés dans le tableau suivant :

Mémoire de projet de fin d’études 61


Chapitre III : Analyse hydrologique du bassin versant

Tableau 30 : Résultats de Ruissèllement et le débit journalière maximal

Pjmax
T U Pjmax(T) Roj (T) Qjmax
(T et S)
2 0.37 63.34 50.67 15.70 62.70
5 1.50 91.96 73.56 57.40 203.00
10 2.25 110.91 88.72 99.80 318.00
20 2.97 129.08 103.27 150.00 445.00
50 3.90 152.61 122.09 168.82 502.95
100 4.60 170.24 136.19 182.93 544.97
1000 6.91 228.50 182.80 229.53 683.81
10000 9.21 286.65 229.32 276.05 822.41

3.5. Détermination des débits de points de la station

Pour ce faire, on définit d’abord le coefficient de pointe Cp comme étant le rapport entre
le débit instantané maximal annuel Qp et le débit journalier maximal annuel Qjmax :
𝑄𝑝
𝐶𝑝 = Éq.23
𝑄𝑗𝑚𝑎𝑥
Deux approches complémentaires sont employées pour estimer ce coefficient :

− Première approche : Calculer le coefficient Cp pour chaque année à partir des


débits journaliers maximaux, puis obtenir une estimation globale en faisant la
moyenne de ces valeurs annuelles. Les résultats détaillés de ces calculs sont
présentés dans l’annexe 3. En faisant la moyenne des valeurs obtenues sur
l’ensemble des années étudiées, on obtient une valeur moyenne de : Cp = 2.41
− Deuxième approche : Tracer le graphique de Qp en fonction de Qjmax et ajuster
une droite passant par l'origine. La pente de cette droite correspond alors au
coefficient .

La valeur finale de Cp est déterminée en moyennant les résultats obtenus par ces deux
méthodes, assurant ainsi une estimation robuste du débit de pointe.

Mémoire de projet de fin d’études 62


Chapitre III : Analyse hydrologique du bassin versant

STATION TAMELLAHT
2500

y = 2.4911x
2000

1500
Qimax

1000

500

0
0 200 400 600 800 1000
Qjmax

Figure 41 : Courbe de tendance Qimax en fonction de Qjmax pour le calcul de Cp.

Le coefficient Cp correspond à la pente de la courbe de tendance, qui est évaluée à 2.49


Ainsi, le coefficient Cp est obtenu en faisant la moyenne des valeurs calculées à partir des deux
méthodes Cp = 2.45 .
Par suite, on multiplie les débits journaliers maximaux Qjmax par le coefficient de pointe
Cp afin d'obtenir le débit de pointe correspondant :

𝑄𝑃 (𝑇) = 𝐶𝑝 . 𝑄𝑗𝑚𝑎𝑥 (𝑇) Éq.24

Les résultats obtenus sont présentés dans le tableau suivant :


Tableau 31 : Débit de pointe calculé au station TAMELLAHT

T U Pjmax(T) Pjmax(Tet S) Roj (T) Qjmax Qp


2 0.37 63.34 50.67 15.70 62.70 153.73
5 1.50 91.96 73.56 57.40 203.00 497.74
10 2.25 110.91 88.72 99.80 318.00 779.70
20 2.97 129.08 103.27 150.00 445.00 1091.10
50 3.90 152.61 122.09 168.82 502.95 1233.18
100 4.60 170.24 136.19 182.93 544.97 1336.21
1000 6.91 228.50 182.80 229.53 683.81 1676.64
10000 9.21 286.65 229.32 276.05 822.41 2016.48

Mémoire de projet de fin d’études 63


Chapitre III : Analyse hydrologique du bassin versant

3.6. Détermination Transposition des débits de pointe vers le site du barrage

La transposition des débits obtenus par la méthode Gradex vers le site du barrage
s'effectue à l'aide de la méthode de Francou-Rodier. En effet, après avoir déterminé le débit de
pointe pour le bassin de la station de Tamellaht (correspondant à une superficie de x km²) via
la méthode Gradex, nous appliquons cette approche à un bassin de plus petite dimension,
celui de notre barrage (258 km²).
La formule de Francou-Rodier utilisée est :
𝐴 (1−0.1𝑘𝑃 )
𝑄𝑃 (𝑇) = ( 8 ) . 106 Éq.25
10
Avec :
− 𝑄𝑃 (𝑇) : débit de pointe au niveau de la station en m3 /s) ;
− 𝐴 : Superficie du bassin : A=258 km2 ) ;
𝑄 (𝑇)
𝑙𝑛( 𝑃 6 )
− 𝑘𝑃 : Coefficient de Francou-Rodier : 𝑘𝑃 = 10. (1 − 10
𝐴′ )
𝑙𝑛( 8)
10

− 𝐴′ : superficie du bassin de la station de référence : 𝐴′ = 609 km2

Ces équations permettent d'adapter le débit de pointe calculé pour un bassin plus étendu
au bassin spécifique du barrage.
Les débits de pointe calculés, à partir de la méthode de Gradex et transposés au site du
barrage via la méthode de Francou-Rodier, sont présentés dans le tableau suivant :
Tableau 32 : Débit de pointe calculés par la methode de gradex

T U Qp Kp Qp projet
2 0.37 153.73 2.69 81.91
5 1.50 497.74 3.67 288.49
10 2.25 779.70 4.04 466.70
20 2.97 1091.10 4.32 669.02
50 3.90 1233.18 4.42 762.81
100 4.60 1336.21 4.49 831.31
1000 6.91 1676.64 4.68 1060.22
10000 9.21 2016.48 4.83 1292.11

Finalement, en appliquant les 6 étapes de la méthode de Gradex, nous avons déterminé


les débits de pointe correspondant à notre projet selon cette méthode. Les résultats sont
présentés dans le tableau ci-dessous :

Mémoire de projet de fin d’études 64


Chapitre III : Analyse hydrologique du bassin versant

Tableau 33 : Débits de pointe du projet (Méthode de Gradex)

Périodes de retour T 10 20 50 100 10000 10000

Débits de pointes Qp 466.70 669.02 762.81 831.31 1060.22 1292.11

4. Résultats obtenus

Exposé des résultats issus de l'application des méthodes présentées précédemment :


Tableau 34 : Synthèse des débits de crue par differentes méthode

Périodes de retour T 10 20 50 100 10000 10000


Mallet Gautier 797.12 964.82 1149.56 1271.6 1611.99 1892.11
Hazen Lazarevick 284.11 350.63 438.56 505.08 726.06 947.03
FULLER II 765.61 944.86 1181.82 1361.08 1956.55 2552.02
Gradex 466.70 669.02 762.81 831.31 1060.22 1292.11
Résultats issu de
579 733 884 993 1339 1671
l’étude actuelle (m³/s)
Résultats APD (m³/s) 517 720 1000 1200 1600 2000

Les valeurs des débits de crue calculées présentent une différence significative par rapport
à celles de l’Avant-Projet Détaillé (APD). Cette divergence est principalement due à la non-
fiabilité des données pluviométriques initialement utilisées. Par conséquent, les calculs
hydrauliques seront basés sur les résultats de l’étude hydrologique réalisée par le bureau
d’étude, considérée comme plus représentative et fiable.
Toutefois, afin de mettre en évidence l’impact de cette différence sur le dimensionnement
hydraulique, les calculs seront également effectués à partir des valeurs issues de l’APD à titre
comparatif.

5. Hydrogramme de crue

L’hydrogramme de crue illustre l'évolution des débits du cours d'eau en fonction du


temps, permettant ainsi de déterminer les caractéristiques de la crue.
5.1. Hydrogramme unitaire :

L’hydrogramme de crue pris en compte suit une distribution de Maxwell exponentielle


et s'exprime par la relation suivante :

Mémoire de projet de fin d’études 65


Chapitre III : Analyse hydrologique du bassin versant

𝑡 𝑛
𝑡 1−
𝑡𝑚
𝑄𝑃 (𝑡) = 𝑄𝑃,𝑇 ( 𝑒 ) Éq.26
𝑡𝑚
Où :
− 𝑄𝑃 (𝑇) : représente le débit à l'instant t
− 𝑄𝑃,𝑇 : est le débit de pointe de la période de retour
− 𝑡𝑚 : est le temps de montée de la crue
− n : facteur de forme , n=6 .

Les données initiales sont les suivantes :


Tableau 35 : Données Initiales pour le Calcul des Hydrogrammes de Crue

Débit de pointe (m³/s) Q𝑝 = 2000

Temps de montée tm (h) 𝑡𝑚 = 0.6. (3/2).6.68 = 6,012h

Pas de temps Δt Δ𝑡 = 6,012/10 = 0.6

Les résultats des hydrogrammes de crue pour les différentes périodes de retour sont
présentés en annexe 4.
La figure suivante présente les hydrogrammes de crue pour diverses périodes de retour :

HYDROGRAMME DE CRUE
2500
Q10

2000 Q20
Q50
Débit (m3/s)

1500 Q100
Q1000
1000 Q10000

500

0
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18
temps (h)

Figure 42 : Hydrogramme de crue unitaire.

Mémoire de projet de fin d’études 66


Chapitre III : Analyse hydrologique du bassin versant

5.2. Hydrogramme triangulaire

L'hydrogramme de crue est simplifié et adopté sous forme triangulaire, caractérisé par :

− Un débit de pointe Qp ;
− Un temps de montée égal au temps de concentration tc ;
− Un temps de descente égal à deux fois le temps de montée 2tc.
Ainsi, le temps de base total de l’hydrogramme est égal à trois fois le temps de
concentration 3tc. L’hydrogramme de crue simplifié est illustré dans la figure ci-dessous :

HYDROGRAMME DE CRUE
2500
Q10

2000 Q20

Q50
Débits (m3/s)

1500
Q100

1000 Q1000

Q10000
500

0
0 5 10 15 20 25
Temps (h)

Figure 43 : Hydrogramme de crue triangulaire simplifié.

5.3. Estimation des volumes de crues

Pour le calcul du volume de crue, on utilise un hydrogramme triangulaire simplifié. Le


volume est déterminé à partir de la formule suivante :
𝑄𝑃,𝑇 . (3. 𝑡𝐶 )
𝑉𝑃 (𝑡) = Éq.27
2
Où :
− 𝑄𝑃,𝑇 est le débit de pointe en m3 /s
− 𝑡𝐶 est le temps de concentration en secondes.
Cette formule permet d'estimer le volume de crue en fonction du débit de pointe et du
temps de concentration. Le tableau ci-dessous résume les volumes de crue correspondant à
chaque période de retour :

Mémoire de projet de fin d’études 67


Chapitre III : Analyse hydrologique du bassin versant

Tableau 36 : Volume de crue en fonction de la période de retour

Période de
10 20 50 100 10000 10000
retour (Ans)
Volume de crue
12.07 15.28 18.43 20.70 27.91 34.83
(Hm3)

IV. Apports annuels

1. Apports liquides

En l’absence de données hydrométriques sur le bassin versant étudié, l’estimation des


apports hydriques a été réalisée à partir des données pluviométriques de la station de TIGHZA,
la plus proche du site. Les précipitations moyennes enregistrées à cette station sont présentées
dans l’annexe 5. L’apport moyen annuel a ensuite été estimé à l’aide de formules empiriques
adaptées, comme indiqué dans le tableau suivant [11]:

Tableau 37 : Formules empiriques pour l’estimation des apports liquides annuels

Formule Expression Paramètres Valeur


- 𝑃𝑚𝑜𝑦 ∶ Pluie moyenne annuelle
𝐴𝑚𝑜𝑦 = 𝐿𝑒 . 𝐴
(mm)
Avec : 𝐿𝑒 = 𝑃𝑚𝑜𝑦 − D - D : Déficit de l'écoulement (mm);
TURC

𝑃𝑚𝑜𝑦 - L : Variable théorique :


et ∶ D = -4.20
2
2 𝐿 = 300 + 25. 𝑇𝑚𝑜𝑦 + 0.05. (𝑇𝑚𝑜𝑦 )
𝑃
√0.9 + ( 𝑚𝑜𝑦 )
√L - 𝑇𝑚𝑜𝑦 : Température moyenne
annuelle.
SAMI

𝐴𝑚𝑜𝑦 = 𝐿𝑒 . 𝐴 - 𝐿𝑒 : Lame d'eau écoulée (mm) ;


E

7.23
𝐿𝑒 = 𝑃𝑚𝑜𝑦 2 . (293 − 2.2. √A) - A ∶ La superficie (Km²) ;
- Amoy: Apport moyen annuel (Hm3)
;
ANRH

𝐴𝑚𝑜𝑦
- 𝑃𝑚𝑜𝑦 ∶ Pluie moyenne annuelle (m) 90.77
= 0.915. 𝑃𝑚𝑜𝑦 2.684 . A0.824
- A : superficie du bassin versant
(Km²).
- 𝐴𝑚𝑜𝑦 ∶ Apport moyen annuel (Hm3
MENDINGUER

);
𝐴𝑚𝑜𝑦 = 𝐿𝑒 . 𝐴 - 𝐿𝑒 : Lame d'eau écoulée (m) ;
- 𝐴 : superficie du bassin versant 12.43
𝐿𝑒 = 1.024. (𝑃𝑚𝑜𝑦 − 0.26)2
(Km²)
- 𝑃𝑚𝑜𝑦 ∶ Pluie moyenne annuelle
(mm)

Mémoire de projet de fin d’études 68


Chapitre III : Analyse hydrologique du bassin versant

- A : Surface du bassin versant (Km²)


DERY
𝐴𝑚𝑜𝑦
- 𝑃𝑚𝑜𝑦 ∶ Pluie moyenne annuelle (m)

42.17
= 0.531. 𝑃𝑚𝑜𝑦 2.683 . 𝐷𝑑 0.5 . A0.824
- 𝐷𝑑 : Densité de drainage Km/Km²

Afin d’obtenir une estimation représentative, nous avons retenu la moyenne des valeurs
issues des formules de MENDINGUER et de SAMIE, celles-ci étant relativement proches.
L’apport moyen annuel adopté est ainsi de 𝑨𝒎𝒐𝒚 = 10 Hm³/an.

2. Apports solides

Étant donné que les bassins versants du Kert et du Neckor présentent des caractéristiques
similaires en termes de superficie et de configuration hypsométrique, les apports solides
observés au barrage Abdelkrim EL Khattabi peuvent être appliqués par analogie à ce site .
Les apports solides au barrage Abdelkrim EL Khattabi ont été évalués à partir de neuf
levés bathymétriques réalisés depuis sa mise en eau en 1981. Le tableau ci-dessous, issu des
données du service de gestion des retenues de la DRPE, présente l’évolution de la capacité de
la retenue et du taux d’envasement :
Tableau 38 : Evolution des apports solides au barrage Abdelkrim EL Khattabi

Année 1981 1989 1991 1995 1997 2000 2003 2008 2009
Capacité de la retenue
43,3 36,1 33,5 30,5 29,4 26,3 22,9 19,7 16,0
(Mm³)
Envasement total (Mm³) 0 7,2 9,8 12,8 13,9 17,0 20,4 23,5 27,2
Taux d’envasement
0 0,89 0,98 0,91 0,87 0,89 0,93 0,87 0,97
(Mm³/an)

La moyenne des taux d’envasement est de 0,9 Mm³/an, ce qui correspond à une
dégradation spécifique de 1500 t/km²/an. En considérant une densité des dépôts de 1,3 t/m³,
cette dégradation équivaut à 1154 m³/km²/an.
En appliquant cette même valeur au bassin versant du barrage Beni Azimane, dont la
surface est de 258 km², le taux d’envasement estimé est de :1154×258=0,3 Mm³. Ainsi, le taux
d’envasement prévu pour le BBA est d’environ 0,3 Mm³/an.

V. Conclusion

Dans ce chapitre, nous avons réalisé une analyse hydrologique complète du bassin versant
du barrage de Beni Azimane, incluant sa délimitation, l’étude de sa morphologie, de son réseau

Mémoire de projet de fin d’études 69


Chapitre III : Analyse hydrologique du bassin versant

hydrographique, des caractéristiques hypsométriques, l’estimation des crues par différentes


méthodes (Gradex, HYFRAN), ainsi que l’évaluation des apports liquides et solides.
Des écarts ont été relevés entre les résultats obtenus et ceux présentés dans APD,
notamment en raison des limitations liées à la disponibilité et à la précision des données
hydrométéorologiques. Afin de mieux évaluer l’impact de ces écarts sur le dimensionnement
hydraulique des ouvrages, les calculs seront également réalisés en prenant en compte les valeurs
de l’APD, à titre comparatif.

Mémoire de projet de fin d’études 70


Chapitre IV : DIMENSIONNEMENT
HYDRAULIQUE DES OUVRAGES
ANNEXES
Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

I. Introduction

Dans un projet de barrage, les ouvrages annexes tels que la dérivation provisoire, la
vidange de fond et l’évacuateur de crues jouent un rôle essentiel dans la gestion des
écoulements, aussi bien en phase de chantier qu’en exploitation.
Ce chapitre s’attache à étudier et dimensionner ces ouvrages pour le barrage de Béni
Azimane, en appliquant des approches hydrauliques précises, tenant compte des régimes
d’écoulement, des pertes de charge, et des contraintes géométriques.
L’objectif est de garantir le bon fonctionnement de chaque dispositif face aux crues de
chantier et aux crues extrêmes, tout en optimisant leur efficacité hydraulique.

II. Dimensionnement hydraulique de la derivation provisoire

1. Etapes de dimensionnement

Dans cette section, nous nous intéressons au dimensionnement hydraulique de la


dérivation provisoire en analysant les différents paramètres influençant son fonctionnement.
L'objectif est de déterminer la cote de calage des batardeaux amont et aval ainsi que les
dimensions optimales du pertuis.
Les étapes de dimensionnement des ouvrages de dérivation sont les suivantes :
− Établir la période de retour et le débit de conception .
− Définir le nombre et les dimensions des pertuis en variant la largeur et la
hauteur, puis tracer la courbe Hauteur - Largeur.
− Calculer la pente critique des pertuis à l’aide de la formule de Manning-
Strickler et ajuster la pente pour assurer un écoulement torrentiel en vérifiant le
nombre de Froude.
− Évaluer la capacité hydraulique des pertuis afin de garantir un écoulement à
surface libre et tracer la courbe de capacité.
− Dimensionner le chenal de dérivation en veillant à un écoulement fluvial en
amont et torrentiel en aval.
− Déterminer la cote du plan d’eau nécessaire pour caler le batardeau amont.
− Réaliser une coupe géologique en aval afin de tracer la courbe de tarage et fixer
la cote du batardeau aval.

Mémoire de projet de fin d’études 72


Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

2. Modes d’écoulement dans le pertuis de dérivation [12]

L’écoulement dans la galerie de dérivation peut adopter différentes configurations,


notamment à surface libre ou en charge, et peut se caractériser par un régime fluvial ou
torrentiel. Chaque type d’écoulement présente des conditions distinctes pour la détermination
du débit, c’est pourquoi il est essentiel d’étudier en détail les spécificités de chaque mode
d'écoulement.

2.1. Écoulement à Surface Libre ou en Charge

Lorsque la hauteur de l’eau dans la galerie ne dépasse pas la hauteur de celle-ci, c’est-à-
dire qu’il existe un miroir d'eau (interface entre l’eau et l’air), l’écoulement est dit à surface
libre. Ce mode se transforme en écoulement en charge lorsque l'entrée de la galerie est
entièrement submergée, comme lors du passage d'une crue. La distinction entre ces deux modes
est importante, surtout en ce qui concerne les formules utilisées pour calculer le débit, qui
varient considérablement selon le mode d’écoulement.

2.2. Écoulement Permanent ou Non Permanent (Transitoire)

Dans un régime permanent, le débit de la galerie reste constant dans le temps, ce qui n’est
pas le cas dans le cadre de ce projet. En effet, le débit varie en fonction de l’hydrogramme de
crue, entraînant également des fluctuations du tirant d’eau en différents points. Ainsi, on parle
ici d’un régime non permanent ou transitoire, où les paramètres de l’écoulement changent au
fil du temps. Ce type de régime est particulièrement adapté pour modéliser des phénomènes tels
que l’ouverture d’une vanne, la régulation d’un barrage, ou bien une crue rapide. Bien que le
régime permanent soit rarement observé dans sa forme pure, il peut être considéré comme une
approximation valable dans certains cas, en fonction de la durée et de la longueur du tronçon
étudié.

2.3. Écoulement Fluvial, Critique ou Torrentiel

L'une des caractéristiques les plus significatives dans l'étude des écoulements est la
comparaison entre l'énergie cinétique des particules d’un fluide et leur énergie potentielle
gravitationnelle. Ce concept repose sur la comparaison entre la vitesse de l’écoulement V et la
racine carrée du produit de l’accélération gravitationnelle g et du tirant d’eau h. Cette relation

Mémoire de projet de fin d’études 73


Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

est exprimée par le nombre de Froude, un nombre sans dimension qui traduit l’importance
relative de ces énergies. Selon la valeur du nombre de Froude, on distingue trois types de
régimes d’écoulement :

− Fr = 1 : Régime critique, lorsque l’énergie spécifique est minimale.


− Fr < 1 : Régime fluvial, caractérisé par un écoulement calme.
− Fr > 1 : Régime torrentiel, où l’énergie cinétique prédomine.

2.4. Écoulement Uniforme, Varié ou Normal

Un écoulement est dit uniforme lorsqu’il ne présente aucune variation spatiale ou


temporelle de ses caractéristiques. Ce régime est le plus simple et théorique, souvent utilisé
comme base pour d'autres analyses. Lorsque des variations spatiales des paramètres de
l’écoulement apparaissent dans un tronçon étudié, on parle d’un régime varié, qui peut être :

− Graduellement varié : Les caractéristiques de l’écoulement changent lentement


dans l’espace.
− Rapidement varié : Les variations se produisent de manière plus brusque.

Dans un régime permanent, les variations spatiales dues à la géométrie du lit entraînent
des changements dans les caractéristiques de l’écoulement. Le régime uniforme, bien que
théorique, représente le régime auquel l’écoulement tendrait à s’adapter s’il n’était pas affecté
par la géométrie du lit.

3. Dimensionnement de pertuis de la dérivation provisoire

3.1. Nombre et dimensions de pertuis

L’écoulement dans la galerie de dérivation peut adopter différentes configurations,


notamment à surface libre ou en charge.
Le débit dans la section de controle de pertuis de dérivation suit la formule du régime
critique :

𝑔. 𝑆 3
𝑄𝑐 = √ Éq.28
𝐿

Avec :

Mémoire de projet de fin d’études 74


Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

− 𝑄𝑐 : débit critique (m3 /s),


− 𝑆 : surface de pertuis,
− 𝐿 : la largeur de pertuis,
− 𝑔 : accéleration de posenteur.

Sachant que la conduite est rectangulaire et de largeur L , la section mouillée vaut 𝐿. ℎ𝑐 .


Cette relation peut aussi s’écrire dans le cas du pertuis rectangulaire :

𝑄𝑐 = 𝐿√𝑔. ℎ𝑐 3 Éq.29

Où : ℎ𝑐 est la hauteur critique .


Pour x pertuis de section L*hc ; La variation de ℎ𝑐 en fonction de L suit l’équation
suivante :
2
𝑄20 3
ℎ𝑐 = (
) Éq.30
𝐿√𝑔
Le tableau suivant résume la variation de hauteur critique en fonction de la largeur selon
le nombre de pertuis :
Tableau 39 : Variation de hauteur critique en fonction de de la largeur

Un seul pertuis 2 pertuis 3 pertuis

Largeur L Hauteur hc Largeur L Hauteur hc Largeur L Hauteur hc

4 14.89 4 9.38 4 7.16

4.5 13.77 4.5 8.67 4.5 6.62

5 12.83 5 8.08 5 6.17

5.5 12.04 5.5 7.59 5.5 5.79

6 11.36 6 7.16 6 5.46

6.5 10.77 6.5 6.79 6.5 5.18

À partir de la courbe, on constate que pour un système à un seul pertuis, les dimensions
sont trop grandes, ce qui pose des problèmes tels que le flambement des murs, la flèche
excessive et une portée importante de la dalle.

Mémoire de projet de fin d’études 75


Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

Pour remédier à cette situation, on adopte un système à deux pertuis. Plusieurs variantes
ont été envisagées, telles que 4x9,38, 5x8,8 et 6x7,16 … mais aucune ne se justifie
économiquement.
Pour cela, on va dimensionner les pertuis en adoptant un système à 2 pertuis de section
5x5. Ce choix permettra d’évacuer les eaux de la crue de chantier d e l’amont vers l’aval sous
un écoulement en charge, assurant ainsi une gestion optimale du débit de crue tout en évitant
les contraintes liées aux grandes dimensions.

la pente critique est déterminée en faisant l’égalité entre les deux débits Qc et Q20 :

2 1 𝑔 𝑆3 𝑔𝑆
𝑄𝑐 = 𝑘𝑠 𝑆 𝑅ℎ 3 𝐼𝑐 2 = √ ⇒ 𝐼𝑐 = 4
𝐿
𝑘𝑠 2 𝐿 𝑅ℎ 3
Application numérique : 𝐼𝑐 =1.705%
Le tableau suivant presente les résultats de calcul du nombre de Froude pour déférentes
valeur de la pentes :
Tableau 40 : Calcul du nombre de Froude pour différentes valeurs de la pente

𝐈𝐜

I 1.00% 1.50% 1.705% 2%

Fr 0.57 0.8 1.00 1.25

Donc, pour les pertuis on choisit la pente 2% qui est supérieure à la pente critique
(1.705 %) pour que l’écoulement reste torrentiel le long des pertuis.

3.2. Loi de tarage pour l’écoulement à surface libre

Pour l’écoulement à surface libre à travers le pertuis, on a considéré que le contrôle se


fait à l’entrée, avec un radier calé à la cote 491 NGM. Le changement de la section entre le lit
de l 'oued et l’entrée du pertuis conduit au changement de type d’écoulement, d’un écoulement
uniforme à un écoulement graduellement varié. Donc, le fonctionnement en seuil libre est régi
par l’équation de l’écoulement critique.
D’après le théorème de Bernoulli, la cote à l’amont est :
𝑉2
𝑧𝑎𝑚𝑜𝑛𝑡 = 𝑧0 + ℎ𝑐 + + ∆𝐻 Éq.31
2𝑔
Avec :

Mémoire de projet de fin d’études 76


Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

− 𝑧0 : Côte du radier de la galerie de dérivation à l’amont (491 NGM) ;


− ℎ𝑐 : Hauteur critique d’eau au droit de la section de contrôle en m ;
𝑉2
− : énergie cinétique ;
2𝑔

− 𝑉 : Vitesse critique (m/s) ;


𝑉2
− ∆𝐻 = 𝐾𝑠 2𝑔 : Pertes de charge à l’entonnement (𝐾𝑠 est estimé à 0.15).

Et puisqu’il s’agit un écoulement critique, on a le nombre de Froude est égale à 1 :


𝑉 𝑉2
𝐹𝑟 = =1 ⇒ = 2ℎ𝑐
√𝑔ℎ𝑐 2𝑔

Finalement la loi hauteur – débit de l’écoulement à surface libre est :


𝑧𝑎𝑚𝑜𝑛𝑡 = 491 + 1.575ℎ𝑐
Le tableau suivant résume la loi de tarage de la DP constituée de 2 pertuis de section 5x5
lorsque l’écoulement est à surface libre :
Tableau 41 : Loi de tarage de la DP en régime d’écoulement à surface libre

𝐡𝐜 S (𝒎𝟐 ) 𝐳𝐚𝐦𝐨𝐧𝐭 (NGM) 𝐐𝐜 (𝒎𝟑 /𝒔)

0 0 491.00 0.00
0.5 5 491.79 11.07
1 10 492.58 31.30
1.5 15 493.36 57.51
2 20 494.15 88.54
2.5 25 494.94 123.74
3 30 495.73 162.67
3.5 35 496.51 204.98
4 40 497.30 250.44
4.5 45 498.09 298.84
5 50 498.88 350.00

3.3. Loi de tarage écoulement en ecoulement en charge

En appliquant le théorème de Bernoulli entre la cote du plan d’eau amont et le toit du


pertuis à l’aval, la cote du plan d’eau amont correspondant à un débit Q, s’obtient en ajoutant à
la cote du toit du pertuis le terme des pertes de charge ΔH :

Mémoire de projet de fin d’études 77


Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

𝑉2
𝑧𝑎𝑚𝑜𝑛𝑡 = 𝑧0 + ℎp + + ∆𝐻𝑖 Éq.32
2𝑔
Avec :

− 𝑧0 : Côte du radier de la galerie de dérivation à l’amont (491 NGM)


− ℎp : la hauteur de pertuis, égale à 5m.
𝑉2
− ∆𝐻𝑖= ∑𝐾𝑖 2𝑔 Le terme de perte de charge, regroupe l'ensemble des pertes de

charge linéaire et singulières.


𝑉2 𝑉2
𝑧𝑎𝑚𝑜𝑛𝑡 − 𝑧0 − ℎ𝑝 = 2𝑔 + ∑ 𝐾𝑖 2𝑔
𝑉2
⇒ 𝑧𝑎𝑚𝑜𝑛𝑡 − 𝑧0 − ℎ𝑝 = (1 + ∑ 𝐾𝑖 ) 2𝑔

On pose : 𝐻𝑡 = 𝑧𝑎𝑚𝑜𝑛𝑡 − 𝑧0 − ℎ𝑝 ; et on a : 𝑄 = 𝑉𝑆 ; donc :


𝑄2 2𝑔𝐻
𝐻𝑡 = (1 + ∑ 𝐾𝑖 ) 2𝑔𝑆2 ⇒ 𝑄 = 𝑆√1+∑ 𝐾𝑡
𝑖

Donc le débit évacué par le pertuis pour un écoulement en charge est donné par :

2𝑔𝐻𝑡
𝑄 = 𝑆√ Éq.33
1 + ∑ 𝐾𝑖
Avec :
− 𝑄 : Débit de pertuis (m3 /s)
− 𝑉 : Vitesse au droit de la section de contrôle
− 𝑆 : Section de galerie 5*5 (m2)
− 𝐻𝑡 : Charge totale entre le niveau de retenue amont et le toit de la section du
pertuis a l'aval (m)
− 𝐾𝑖 : Coefficient de pertes de charge (linéaire et singulière).

Les pertes de charges singulières par l’entonnement d’entrée du pertuis sont :


𝑉2
∆𝐻𝑖 = 𝐾𝑖 2𝑔 avec 𝐾𝑠 = 0.15 .
𝑉2
Les pertes de charges linéaires le long du pertuis sontdonnées par : ∆𝐻𝐿 = 𝐾𝐿 2𝑔 avec
2𝑔𝐿
𝐾𝐿 = 4 = 0.41 . Donc ∑ 𝐾𝑖 = 𝐾𝑠 + 𝐾𝐿 = 0.56 .
𝑘𝑠 2 𝑅 ℎ 3

Par suite, la loi de tarage de la DP constitué de 2 pertuis de section 5*5 lorsque


l’ecoulement est en charge est presenté dans le tableau suivant :

Mémoire de projet de fin d’études 78


Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

Tableau 42 : Loi de tarage de la DP en régime d’écoulement en charge

Zamont Ht Q Zamont Ht Q
499.66 5.68 422.79 509.11 15.13 689.93
500.45 6.47 451.13 509.90 15.92 707.66
501.24 7.26 477.80 510.69 16.71 724.95
502.03 8.05 503.06 511.48 17.50 741.84
502.81 8.83 527.10 512.26 18.28 758.35
503.60 9.62 550.10 513.05 19.07 774.51
504.39 10.41 572.17 513.84 19.86 790.34
505.18 11.20 593.42 514.63 20.65 805.86
505.96 11.98 613.94 515.41 21.43 821.09
506.75 12.77 633.79 516.20 22.22 836.04
507.54 13.56 653.04 516.99 23.01 850.72
508.33 14.35 671.74 517.78 23.80 865.16

3.4. Résultats de la loi de tarage

En combinant les deux régimes d’écoulement (à surface libre et en charge), la loi globale
régissant le passage de l’eau à travers les deux pertuis est établie et présentée en annexe 6. La
figure ci-après en donne une représentation graphique :

LOI DE TARAGE DE LA DÉRIVATION PROVISOIRE


1000
900
800
700
Débit en m3/S

600
500
400
300
Qs(m3/s)
200
100
0
491 493 495 497 499 501 503 505 507 509 511 513 515 517 519 521
Cote en NGM

Figure 44 : Loi de tarage de la DP à 2 pertuis, en régime à surface libre et en charge.

Mémoire de projet de fin d’études 79


Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

4. Dimensionnement des batardeaux amont et aval

4.1. Laminage de la crue de chantier

Le laminage de crue consiste à réduire le débit de pointe de l'hydrogramme d'entrée en


stockant temporairement l'eau excédentaire à l'aide de moyens naturels ou artificiels. Lorsque
le pertuis de dérivation ne suffit pas à évacuer la crue, le batardeau amont agit comme un
bassin de rétention. L'objectif est de déterminer l'hydrogramme de sortie, d'évaluer le niveau
d'eau de la crue et de définir les caractéristiques optimales des batardeaux.
Pour cela, on applique la méthode « Storage Indication Curve ». Les hypothèses
adoptées sont les suivantes :
− La relation hauteur-capacité de la retenue (Courbe H-S-V)
− L’hydrogramme de la crue de chantier, associé à une période de retour de 20 ans
qui présente un débit de pointe de 720 m³/s.
− Loi de tarage amont de dérivation provisoire.
Les détails des calculs ainsi que les résultats sont consignés dans l’annexe 7 . Le
graphique ci-dessous illustre l’hydrogramme de la crue en sortie ainsi que l’évolution des
niveaux d’eau à l’amont du pertuis après laminage :

LAMINAGE DE LA CRUE DE CHANTIER


800 505
750 504
700 Débit sortant 503
650 502
600
550 501
Débit entrant
Débit en m3/s

Cote en NGM

500 500
450 499
400 Niveaux d'eau 498
350 497
300 496
250 495
200
150 494
100 493
50 492
0 491
0 3 6 9 12
Temps

Figure 45 : Courbe du laminage de la crue de chantier.

Le calcul du laminage en phase de chantier montre que le débit maximal de sortie est
d’environ 534.28 m³/s, alors que le débit de crue entrant s’élève à 720 m³/s. Par ailleurs, le

Mémoire de projet de fin d’études 80


Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

calcul de la loi hauteur-débit indique que la cote correspondante à ce débit est de 504.17
NGM. Afin de garantir la sécurité du batardeau contre la submersion, une revanche est
adoptée.

4.2. Batardeau amont

Afin d'assurer la sécurité du batardeau contre la submersion, une revanche est adoptée.
La revanche correspond à une élévation supplémentaire du barrage, ajoutée afin de
prévenir les effets des vagues générées par le vent et les séismes. Cette surélévation vient
s’ajouter à la cote normale déterminée lors des calculs.
Les formules de Stevenson et Monitor suivantes sont utilisées :
4
𝑅 = 1.5 ℎ𝑤 ; ℎ𝑤 = 0.0322√𝐹𝑉𝑤 + 0.763 − 0.271 √𝐹 Éq.34

Où :
− ℎ𝑤 : la hauteur des vagues générées,
− 𝐹 : le fetch, c'est-à-dire la distance parcourue par le vent avant d'atteindre le
batardeau, évaluée à 2.6 km,
− 𝑉𝑤 : la vitesse du vent, fixée à 160 km/h (Recommandation de USBR).

Application numerique on trouve : R=1.61m.


Ainsi, en ajoutant la revanche à la cote Zamont déterminée précédemment, la cote de
crête du batardeau amont est de 505,78 NGM.

Dans notre cas, le batardeau faisant partie de l’ouvrage, la cote requise selon le marché
est fixée à 508 NGM. Par conséquent, cette valeur sera retenue comme cote de calage du
batardeau amont, donc sa hauteur sera de 17 m.

4.3. Batardeau aval

Le batardeau aval aura comme but de lutter contre le retour des eaux vers le site de
construction de la digue principale.
A l’aval du barrage, la vallée ne présente pas de rétrécissement notable ou rupture de
pente brutale pouvant constituer une section de contrôle de l’écoulement.
Dans ces conditions, la courbe de tarage aval est calculée pour une section située juste en
aval immédiat du barrage.

Mémoire de projet de fin d’études 81


Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

En dessinant cette la section de contrôle en aval, on trouve la coupe transversale d’oued


suivante :

COUPE DE LA SECTION DE CONTRÔLE EN AVAL


492

491

490
Cote (NGM)

489

488

487

486

485

484
0 20 40 60 80 100 120 140 160
Distance horizontale (m)

Figure 46 : Coupe de la section de contrôle en aval.

Au passage de la crue de chantier ayant une période de retour de 20 ans et dont le débit
de pointe est 720 m3 /s, le débit sortant à travers les deux pertuis de la dérivation est d’environ
535 m3 /s. le but c’est de déterminer la hauteur d’eau aval au droit de la section de contrôle qui
correspond a ce débit .
Le débit est estimé par la formule de Manning-Strickler :
2 1
𝑄𝑐 = 𝑘𝑠 𝑆 𝑅ℎ 3 𝐼𝑐 2 Éq.35

Avec :
− 𝑄𝑐 : débit (m3 /s),
1
− 𝑘𝑠 : Coefficient de Strickler (m3 /s). En raison de l'incertitude sur sa valeur,
1
nous utiliserons les valeurs de 25, 30 et 35 m3 /s pour le calcul.
− 𝑆 : Surface mouillée (m2 ),
− 𝐼𝑐 : Pente moyenne du lit de l’oued (environ 1.8 %),
− 𝑅ℎ : Rayon hydraulique (m).

Le tableau suivant represente le caractéristiques hydrauliques au droit de la section de


contrôle pour Ks= 25 ,30 et 35 :

Mémoire de projet de fin d’études 82


Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

Tableau 43 : Caractéristiques hydrauliques au droit de la section de contrôle en aval

Cote Débit (m^3/s)


S (m2 ) Pm (m) Rh
(NGM) Ks=25 Ks=30 Ks=35
485 0.00 10 0.00 0.00 0.00 0.00
485.5 12.00 38 0.32 29.54 35.45 41.36
486 33.05 56 0.59 123.31 147.97 172.63
486.5 57.75 67 0.86 277.70 333.24 388.78
487 85.51 76 1.13 493.22 591.86 690.50
487.06 91.24 78.58 1.16 535.10 642.12 749.14
487.5 115.09 80 1.43 776.62 931.94 1087.26
488 153.91 93 1.66 1146.51 1375.82 1605.12
488.5 194.42 98 1.98 1630.04 1956.05 2282.05

La figure suivante presente la courbe de tarage aval de l’oued pour Ks=25,30 et 35 :

Courbe de tarage de l'oued pour Ks=25 ; 30 et 35


2500.00

2000.00 Ks=25

Ks=30
Débit (m3/s)

1500.00
Ks=35

1000.00

500.00

0.00
485 485.5 486 486.5 487 487.5 488 488.5 489
cote d'eau (NGM)

Figure 47 : Courbe de tarage aval de l’oued pour différentes valeurs du coefficient de Strickler.

A partir la courbe de tarage, ce débit correspond à une cote du niveau d’eau aval de 487.06
NGM pour k=25 le cas le plus défavorable . En prenant une revanche de 1.61m, le batardeau
aval sera calé presque à 488.67 NGM. Donc La hauteur du batardeau aval sera de 3.67m.

III. Dimensionnement hydraulique de la VDF

Cet axe porte sur la justification du dimensionnement de la vidange de fond, notamment


la détermination des débits transitant par son pertuis et les conditions de vidange de la retenue.

Mémoire de projet de fin d’études 83


Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

La conception proposée pour le barrage de Beni Azimane prévoit l’aménagement de la


vidange de fond au sein d’une galerie, implantée dans la partie centrale de l’ouvrage. Elle se
compose, de l’amont vers l’aval, des éléments suivants :

− Un ouvrage d’entrée positionné à la cote 500.0 NGM.


− Un tronçon horizontal de conduite circulaire de 2,2 m de diamètre, sur une
longueur d’environ 31 m.
− Une vanne wagon de garde sous carter (1,5m×2m), manœuvrée par un vérin
hydraulique simple effet, installée dans la salle de manœuvre au niveau 505
NGM.
− Une vanne de réglage à glissières sous carter (1,5m×1,8m), manœuvrée par un
vérin hydraulique double effet, installée dans la même salle de manœuvre.
− Un tronçon de galerie de section rectangulaire, présentant une pente uniforme
de 2 %, raccordant le pertuis à la cuillère de sortie.

Figure 48 : Profil en long et vue en plan de la VDF.

Mémoire de projet de fin d’études 84


Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

1. Calcul du pertuis de la vidange

Lorsque les vannes sont fermées, l’écoulement dans le tronçon horizontal de la conduite
circulaire est nul. En revanche, lors de leur ouverture, si l’écoulement à travers la section de
contrôle de dimensions 1,5 × 2 m s’effectue à surface libre, il adopte un régime critique et est
régi par l’équation suivante :

𝑔𝑆 3
𝑄𝑐 = √ Éq.36
𝐿
Avec :
− 𝑄𝑐 : Débit (m³/s),
− 𝑆 : Section mouillée (m²), soit 𝐿. ℎ𝑐
− 𝐿 : Largeur au niveau du plan d’eau (m),
− ℎ𝑐 : Hauteur critique associée au débit (m).

D’après le théorème de Bernoulli, la cote amont du plan d’eau zamont correspondant à


chaque valeur de hc est donnée par :
𝑉2
𝑧𝑎𝑚𝑜𝑛𝑡 = 𝑧0 + ℎ𝑐 + + ∆𝐻 Éq.37
2𝑔
Avec :
− 𝑧0 : Cote du radier de la galerie de vidange de fond (500 NGM).
− ℎ𝑐 : Hauteur critique de l’eau au niveau de la section de contrôle (m).
𝑉2
− 2𝑔
: Terme représentant l’énergie cinétique.

− 𝑉 : Vitesse critique de l’écoulement (m/s).


− ∆𝐻 : Pertes de charge totales. Elles incluent :
𝑉2
− Perte de charge à l’entonnement : 0.15 = 0.075ℎ𝑐
2𝑔

𝑉2
− Perte de charge dans le pertuis : 0.1 = 0.05ℎ𝑐
2𝑔

𝑉2
− Perte de charge dans le convergent : 0.15 = 0.05ℎ𝑐
2𝑔

Ainsi, la relation hauteur-débit pour l’écoulement à surface libre s’écrit :


𝑧𝑎𝑚𝑜𝑛𝑡 = 500 + 1.7ℎ𝑐
Le débit critique 𝑄𝑐 , en fonction de la hauteur d’eau ℎ𝑐 traversant la section de contrôle
de dimensions 1.5×2, est présenté dans le tableau ci-dessous :

Mémoire de projet de fin d’études 85


Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

Tableau 44 : Loi hauteur-débit de l’écoulement à surface libre dans la galerie de VDF

𝐡𝐜 (m) 𝐒 (m2) 𝐳𝐚𝐦𝐨𝐧𝐭 (NGM) 𝐐𝐜 (m3/s) 𝐕 (m/s)

0.00 0.00 500.00 0.00 0.00


0.15 0.23 500.26 0.27 1.21
0.30 0.45 500.51 0.77 1.71
0.45 0.68 500.77 1.42 2.10
0.60 0.90 501.02 2.18 2.42
0.75 1.13 501.28 3.05 2.71
0.90 1.35 501.53 4.01 2.97
1.05 1.58 501.79 5.05 3.21
1.20 1.80 502.04 6.17 3.43
1.35 2.03 502.30 7.37 3.64
1.50 2.25 502.55 8.63 3.83
1.65 2.48 502.81 9.95 4.02
1.80 2.70 503.06 11.34 4.20
1.95 2.85 503.21 11.49 4.35

1.1. Fonctionnement en écoulement en charge

Lorsque le débit dépasse le débit critique maximum, le pertuis fonctionne en charge. La


cote du plan d’eau amont, associée à un débit Q, est alors déterminée en ajoutant à la cote du
toit du pertuis la charge hydraulique Ht, donnée par :
𝑉2 𝑉2 1 𝐾𝑖
𝐻𝑡 = ( + ∑ 𝐾𝑖 ) = ( 2 +∑ ) 𝑄2 Éq.38
2𝑔 2𝑔 2𝑔 𝑆1 2𝑔 𝑆𝑖 2
Avec :
𝑉2 𝑄2
− Terme d’énergie cinétique: = 2𝑔 𝑆 2
2𝑔 1

𝑉2 𝑄2
− Perte de charge à l’entonnement : 0.15 = 0.075 2𝑔 𝑆 2
2𝑔 2

𝑉2 𝑄2
− Perte de charge dans le pertuis, évaluée à: 0.1 = 0.05 2𝑔 𝑆 2
2𝑔 1

𝑉2 𝑄2
− Perte de charge due à la vanne amont, évaluée à: 0.1 = 0.05 2𝑔 𝑆 2
2𝑔 1

𝑉2 𝑉2 𝑄2
− Pour les pertes par frottements : ∆𝐻𝐿 = 𝐾𝐿 2𝑔 = 𝐾𝐿 2𝑔 = 2𝑔 𝑆 2
0

Les paramètres associés sont les suivants :

Mémoire de projet de fin d’études 86


Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

− S0 = 3.80 m² : section de la conduite


− S1 = 1.50×2.00=3.00 m² : section du pertuis de contrôle,
− S2 = 1.50×1.80 = 2.7 m² : section du pertuis de sortie
− S3 = 3.00×5.00 = 15 m² : section de l’entonnement
− k s = 90 : coefficient de Strickler du conduit (acier)
− R h = 0.55 m rayon hydraulique du conduite
− L = 31m: longueur du conduite (31m) .

Ainsi, la charge hydraulique est donnée par la relation : 𝐻𝑡 = 7.874 . 10−3 𝑄 2


Ce qui permet d’écrire : 𝑄 = 11.61 √𝐻𝑡
Par ailleurs, on rappelle que : 𝐻𝑡 = 𝑧𝑎𝑚𝑜𝑛𝑡 − 𝑧0 − ℎ𝑝
D'où l'expression de la cote du plan d’eau amont : 𝑧𝑎𝑚𝑜𝑛𝑡 = 𝐻𝑡 + 𝑧0 + ℎ𝑝
Ainsi, la loi de tarage de la VDF en régime d’écoulement en charge est présentée dans le
tableau suivant :
Tableau 45 : Loi de tarage de la VDF en régime d’écoulement en charge

𝐇𝐭 (m) 𝐳𝐚𝐦𝐨𝐧𝐭 (NGM) 𝐐 (m3/s) V (m/s)


0 502 0 0
0.30 502.30 6.36 2.12
0.60 502.60 8.99 3.00
0.90 502.90 11.02 3.67
1.20 503.20 12.72 4.24
1.50 503.50 14.22 4.74
1.80 503.80 15.58 5.19
2.10 504.10 16.83 5.61
2.40 504.40 17.99 6.00
2.70 504.70 19.08 6.36
3.00 505.00 20.11 6.70
3.30 505.30 21.09 7.03
3.60 505.60 22.03 7.34
3.90 505.90 22.93 7.64
4.20 506.20 23.80 7.93

37.80 539.80 71.39 23.80


38.00 540.00 71.58 23.86

Mémoire de projet de fin d’études 87


Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

1.2. Loi résultante d’écoulement de la VDF

En combinant les deux régimes d’écoulement (à surface libre et en charge), la relation


entre le débit et la cote de la retenue est représentée sur la courbe suivante :

Loi hauteur-débit amont de la vidange de fond


75
70
65
60
55
50
Débit (m3/s)

45
40
35
30
25
20
15
10
5
0
500 504 508 512 516 520 524 528 532 536 540
COTE (NGM)

Figure 49 : Loi hauteur-débit de la VDF.

Ainsi, pour un plan d’eau amont à la cote RN = 540 NGM, le débit traversant le pertuis
de la vidange de fond est d’environ 71.6 m³/s.

2. Régime d’écoulement aval

À la sortie du pertuis de contrôle, au niveau de la vanne de réglage, l’eau atteint une


vitesse de 26.5 m/s sous l’effet de la charge de la retenue normale (540 m), avec un débit associé
de 71.6 m³/s.
Lors de son passage dans l’élargissement brusque de la galerie, l’écoulement subit une
perte de charge évaluée à 0,25 V² / 2g et reste torrentiel jusqu’à son débouché en aval.
Au niveau du radier du pertuis de vidange, la charge hydraulique H1 est donnée par :
𝑉0 2
𝐻1 = 𝑧0 + ℎ0 +
2𝑔
Avec :

− 𝑧0 = 500 NGM : altitude au début du tronçon amont,


− ℎ0 = 1.8 m : tirant d’eau initial,

Mémoire de projet de fin d’études 88


Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

− 𝑉0 = 27.2 m/s : vitesse de l’écoulement en début de tronçon.

De meme, à l’entrée du tronçon aval, la charge H2 s’exprime comme suit :


𝑉1 2
𝐻2 = 𝑧1 + ℎ1 +
2𝑔
Avec :

− 𝑧0 = 499.5 NGM : altitude au début du tronçon amont,


− ℎ1 : tirant d’eau en début de tronçon aval,
− 𝑉1 : vitesse de l’écoulement en début de tronçon aval.

La perte de charge due à l'élargissement, notée ΔH, est obtenue en faisant la différence
entre les deux charges H1 et H2 :
𝑉1 2 𝑉1 2 𝑉0 2 𝑉1 2
𝛥𝐻 = 0.25 = 0.25 = (500 − 499.5) + (1.8 − ℎ1 ) + ( − )
2𝑔 2𝑔 2𝑔 2𝑔

28.64
L'équation du débit est donnée par : 𝑄 = 71.6 𝑚3 /𝑠 = 𝑉1 . 2.5ℎ1 , donc : 𝑉1 = ℎ1

parsuite, nous avons le système d’équations suivant :


𝑉1 2 𝑉0 2 𝑉1 2
0.25 = (500 − 499.5) + (1.8 − ℎ1 ) + ( − )
2𝑔 2𝑔 2𝑔
28.64
𝑉1 =
{ ℎ1
Résolvant le système d’équations, on trouve que le tirant d’eau est ℎ1 = 1.16 m et la vitesse
correspondante est V1 = 24.69 m/s.
Rappelons qu’à l’aval immédiat du pertuis blindé, la section s’élargit progressivement
pour rejoindre l’entrée de la galerie, dont les dimensions sont de 2,5 m de largeur sur 2 m de
hauteur. En effet, on a :
𝑄 = 71.6 𝑚3 /𝑠 = 𝑉1 . 2.5ℎ1
Pour le débit maximum de vidange, soit 71.6 m³/s, et en tenant compte d’une perte de
charge de 0,25 V²/2g dans l’élargissement aval, la surface mouillée nécessaire s’élève à environ
2,9 m². Cela correspond à une vitesse d’environ 24,7 m/s, soit un taux de remplissage voisin de
58 % (avec un tirant d’eau de 1,16 m).
Le gonflement de la lame d’eau s’effectue ensuite de manière progressive, et l’on admet
que le jet à l’entrée en galerie n’est pas le siège d’une contraction. Ainsi, les conditions d’entrée
en conduite sont les suivantes :

Mémoire de projet de fin d’études 89


Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

− Q = 71.6 m³/s
− 𝑉e = 24.7m/s pour un tirant d’eau hₑ = 1.16 m.

Le calcul consiste à intégrer l'équation différentielle du mouvement graduellement varié,


dérivée du théorème de Bernoulli et de l'expression des pertes de charge par frottement. En
d'autres termes, il s'agit de déterminer l'évolution de la hauteur d’eau H le long de la galerie
(distance X) en tenant compte des variations de vitesse, d'énergie potentielle et des pertes par
frottement.
Pour ce faire, on utilise la méthode des différences finies, qui découpe la galerie en
segments courts et applique l'équation différentielle sur chaque segment pour reconstituer la
ligne d’eau complète. L’équation s’écrit :
𝑑𝐻 𝐼−𝑖
= Éq.39
𝑑𝑋 𝐿 𝑄2
1−
𝑔 𝑆3
Avec :
− 𝑋 : distance mesurée le long du canal à partir d’une section initiale,
− 𝐻 : profondeur d’eau (variable le long du canal), avec H0=1,2 m à la section de
départ,
− 𝑄 : débit, ici 71.6 m³/s,
− 𝐿 : largeur en surface, ici 2,5 m,
− 𝑆 : section mouillée, ici 2.9 m²,
− 𝐼 : pente du fond du canal, ici 0,02 m/m,
𝑄2
− 𝑖 : perte de charge unitaire, donnée par : 𝑖 = 4
𝑘𝑠 2 𝑆 2 𝑅 ℎ 3

− 𝑘𝑠 : coefficient de Strickler, ici 75,


− 𝑅ℎ : rayon hydraulique, Rh=0.6 m

Les résultats des calculs sont :


− Perte de charge unitaire iii : 0.214 m/m
− Taux de variation de la hauteur d’eau dH/dX : 0.00369 m/m

On applique la méthode d'intégration par différences finies pour un trajet de X=15m :


𝑑𝐻
𝐻(𝑋) = 𝐻0 + (𝑑𝑋 ) 𝑋 ; Avec H0 =1.16 m
On obtient : H(15)=1.215 m

Mémoire de projet de fin d’études 90


Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

Donc, avec un débit de 71.6 m³/s, l’écoulement dans la galerie est torrentiel (Fr>1). La
vitesse de sortie atteint environ 24.7 m/s, tandis que la hauteur d’eau à l’aval, après un trajet
d’environ 15 m, s’établit à 1.215 m, correspondant à un taux de remplissage d’environ 60.75%

3. Aération du jet

Le pertuis de vidange est conçu pour assurer une aération homogène de la veine liquide
en aval de la vanne de réglage, garantissant ainsi une distribution uniforme de l’air sur toute sa
périphérie.
L’aération optimale nécessite un débit d’air équivalent à celui de l’eau. Pour un débit de
71.6 m³/s, et en considérant une vitesse maximale de circulation de l’air de 40 m/s, la section
requise pour le pertuis est d’environ 1.8 m².
Cela permet à l’écoulement dans la galerie de disposer d’une marge suffisante pour
absorber le gonflement causé par l’entraînement de l’air et son émulsion dans la veine liquide,
garantissant ainsi un fonctionnement hydraulique optimal, et permettant d’atteindre par suite la
cuillère.

4. Portée du jet et fosse d’érosion

La trajectoire du jet d’eau au-delà de la cuillère est décrite par la formule suivante :
𝑥2
𝑦(𝑥) = 𝑥 𝑡𝑔(𝜃) − Éq.40
4 𝐾 (𝑑 + ℎ𝑉 ) 𝑐𝑜𝑠(𝜃)2
Avec :
− 𝜃 : angle de tir,
− 𝑑 : tirant d’eau au niveau de la cuillère,
− ℎ𝑉 : terme d’énergie cinétique (V² / 2g),
− 𝐾 : coefficient tenant compte des pertes par frottement et de la résistance de l’air
(estimé à 0,9).

Pour un angle de tir de 30°, la portée du jet atteint une distance d’environ 20 mètres à
partir de l’extrémité de la cuillère.
Après l’étude de la trajectoire, il est nécessaire de connaître l’impact du jet sur le lieu de
retombée. Dans ce cadre, la profondeur finale d’affouillement (fosse d’érosion) due au jet est
calculée en moyennant les valeurs obtenues par les formules suivantes :

Mémoire de projet de fin d’études 91


Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

Tableau 46 : Formules de calcul de la profondeur d'affouillement due au jet

Formule Expression Paramètres Valeurs

Veronese 𝐷 = 1.9. 𝑞 0.54 . 𝐻 0.255 17.2


- D : Profondeur de la fosse d’érosion
Chian 𝐷 = 1.18. 𝑞 0.51 . 𝐻 0.235 - H : la hauteur de chute (y compris le 19.3
tirant d’eau)
Dample 𝐷 = 0.65. 𝑞 0.5 . 𝐻 0.5 18.7
- q : débit unitaire
Martins 𝐷 = 1.5. 𝑞 0.6 . 𝐻 0.1 19.8

18.5

Ainsi, la profondeur de la fosse d’érosion est estimée à 18,5 m. Cette valeur met en
évidence un risque potentiel d’impact sur la structure aval, ce qui nécessite un dimensionnement
précis du bassin de dissipation afin d’éliminer ce danger. Des essais sur modèle réduit seront
menés pour valider les hypothèses retenues et optimiser la configuration de l’ouvrage.

Figure 50 : Essais sur le modèle réduit du barrage Beni Azimane.

5. Durée de vidange du barrage

L’évolution de la vidange de la retenue suit la courbe de débit préalablement établie, en


supposant un apport nul. Ainsi, la détermination de sa durée repose sur la résolution de
l’équation de rétention suivante :

Mémoire de projet de fin d’études 92


Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

𝑑𝑉(𝑧) = 𝑄𝑒 (𝑡)𝑑𝑡 − 𝑄𝑉 (𝑧)𝑑𝑡 Éq.41

Où :
− 𝑄𝑒 (𝑡) : débit entrant à l’instant t,
− 𝑄𝑉 (𝑧) : débit évacué par la vidange pour un niveau de la retenue à la cote z,
− 𝑉(𝑧) désigne le volume de la retenue à cette même cote.

Les résultats des calculs sont présentés en annexe 8, tandis que les courbes de descente
du plan d’eau et des débits restitués en fonction du temps figurent sur la figure ci-dessous :

BARRAGE BENI AZIMANE


VIDANGE DE LA RETENUE AVEC APPORT NUL
80
75 547
70 543
65 Débit sortant 539
60 535
Débit en m3/s

Cote en NGM
55 531
50 Cote NGM
527
45 523
40 519
35 515
30 511
25
20 507
15 503
10 499
5 495
0 491
0 3 6 9 12 15 18
Temps (h)

Figure 51 : Courbes de vidange de la retenue du barrage Beni Azimane.

Dans ces conditions, la vidange depuis la retenue normale (540.00) jusqu’à la cote du
seuil de vidange (500.00) s’effectue en environ 12 jours, hors périodes de crues.

IV. Dimensionnement hydraulique de l’EVC

L’évacuateur de crue est conçu pour assurer l’évacuation de la crue de projet (Crue
Maximum Probable) tout en maintenant un niveau d’eau sous la cote de crête, avec une
revanche suffisante. Celui du barrage Béni Azimane est un seuil libre intégré au corps du
barrage, calé à la cote de la retenue normale (540.0 NGM) et doté d’une longueur déversante
de 140 m. Son profil, conçu selon les recommandations de l’USBR [13], garantit l’adhérence
continue de la lame d’eau à la structure.
En aval, le seuil se prolonge par un coursier en marches d’escalier de même largeur,
menant à un bassin de dissipation situé à la cote 485.0 NGM. L’EVC est dimensionné pour
fonctionner de manière autonome et sécuriser l’ouvrage, même en cas de blocage de la vidange.

Mémoire de projet de fin d’études 93


Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

Figure 52 : Coupe de la section déversante de l’EVC.

1. Calcul de laminage de crue

La crue exceptionnelle contre laquelle le barrage doit être protégé correspond à la crue
maximale probable (CMP), dont le débit de pointe est de 2000 m³/s. Le débit évacué par cet
ouvrage est déterminé à l'aide de la relation suivante :

𝑄 = 𝐶 𝐿 𝐻 3/2 Éq.42

Où :
− 𝑄 est le débit évacué en m³/s,
− 𝐶 est le coefficient de débit,
− 𝐿 est la longueur déversante en mètres,
− 𝐻 est la charge au-dessus du seuil en mètres.

La longueur déversante L du seuil est donnée par :

𝐿 = 𝐿′ − 2𝐻(𝑁𝐾𝑝 + 𝐾𝑒 ) Éq.43

Avec :
− 𝐿′ =140m : Longueur totale du seuil, diminuée de la largeur des piles du pont ;
− 𝑁 =5 : Nombre de piles ;
− 𝐾𝑝 : Coefficient de contraction pour une pile courante, estimé à 0.01 ;
− 𝐾𝑒 : Coefficient de contraction aux extrémités du déversoir, estimé à 0.1.

Le coefficient de débit 𝐶 peut être calculé en utilisant la formule que vous avez fournie :

Mémoire de projet de fin d’études 94


Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

𝑃
0.385 + 3.9206 ( 𝐻 )
= √2𝑔 ( ) Éq.44
𝑃
1 + 7.8192 ( 𝐻 )
Avec :
− 𝐻 : Hauteur d’eau au-dessus du seuil à chaque instant
− 𝑃 : Hauteur de pelle , soit 𝑃 = 540−490 = 50m.

En appliquant la méthode Storage Indication Curve, les résultats du débit sortant par
l’évacuateur de crue pour différentes cotes sont donnés dans le tableau du laminage, présenté
dans l’annexe 9.
Pour des raisons de sécurité, le calcul du laminage de crue est réalisé en supposant une
retenue pleine, sans tenir compte de la vidange de fond, celle-ci ayant une capacité d’évacuation
très faible comparée à celle de l’évacuateur de surface. Les résultats sont présentés dans le
tableau suivant :
Tableau 47 : Résumé des résultats du calcul de laminage

Fonctionnement Débit entrant max (m³/s) Niveau des PHE Débit sortant max (m³/s)

Valeurs 2000 543.37 1709.78

Les courbes illustrant les résultats des calculs réalisés sont présentées dans la figure
suivante :

LAMINAGE DE LA CRUE MAXIMALE PROBABLE


2500 544.0
543.5
2000
Débit sortant 543.0
Débit entrant
Débit m3/s

Cote NGM

1500 542.5
cote d'eau
542.0
1000 541.5
541.0
500
540.5
0 540.0
0 5 10 15 20 25 30
temps (h)

Figure 53 : Résultats des calculs de laminage.

Mémoire de projet de fin d’études 95


Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

2. Profil du déversoir

Le profil du déversoir est conçu pour assurer une évacuation optimale, en garantissant
que la nappe d'eau inférieure épouse parfaitement la forme du corps du barrage. L’USBR
propose plusieurs géométries de seuil, mais celle de Creager est la plus couramment utilisée,
notamment au Maroc. La figure ci-dessous illustre les caractéristiques géométriques du seuil
de type Creager :

Figure 54 : Caractéristiques géométriques du seuil de profil de type Creager.

La partie amont du profil Creager est constituée de deux arcs de cercles, notés 𝑅1 et 𝑅2 ,
qui sont définis à partir du graphe ci-dessous. Ce profil est ensuite suivi d’une portion courbée
de type Creager, qui se rapproche du profil sous nappe et permet une évacuation optimale de
l’eau.

L'expression analytique du profil CREAGER, applicable à l'aval du seuil, est donnée par
la relation :
Y X n
= −K ( ) Éq.45
H0 H0
Où :
− 𝐻0 = 3.37𝑚 : Hauteur d’eau de dimensionnement ;
− 𝑋 : coordonnée horizontale suivant l'axe amont-aval ;
− 𝑌 : coordonnée verticale descendante ;
− 𝐾 et 𝑛 : coefficients déterminés à partir des abaques de l’USBR .

Mémoire de projet de fin d’études 96


Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

𝐾 et 𝑛 dépendent du rapport ℎ𝑎 /𝐻0 , où ℎ𝑎 représente l'énergie cinétique de la charge


d'eau au-dessus du seuil, donnée par :
Va 2 q2
ha = = Éq.46
2g 2g(P + H0 )2
Avec :
𝑞
− 𝑉𝑎 : vitesse donnée par 𝑉𝑎 = (𝑃+𝐻 ;
0)

𝑄
− 𝑞 = 𝐿 : débit unitaire m3/s ;

− 𝑃 : hauteur de pelle (m) .


Les valeurs des paramètres 𝐾 et 𝑛 , ainsi que les coordonnées du seuil 𝑋𝑐 et 𝑌𝑐 , et les
rayons 𝑅1 et 𝑅2 , sont extraites des abaques de l’USBR présenté sur annexes 10 et 11 .
Le profil sélectionné correspond à une charge de 𝐻0 =3.37m, représentant le niveau des
eaux les plus élevées. Les paramètres géométriques du seuil Creager pour notre évacuateur de
crue (EVC) sont présentés dans le tableau suivant :
Tableau 48 : Paramètres géométriques du seuil de Creager

Xc/H0 Yc/H0 R1/H0 R2/H0


n K
0.245 0.092 0.530 0.140
Xc Yc R1 R2
1.875 0.495
0.6 0.36 1.52 0.68

La forme du profil de CREAGER est résumé dans la figure suivante :

PROFIL CREAGER
-1 -0.5 0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5
542.7
Xc
542.4
Yc
profil Creager
cote d'eau (NGM)

542.1

541.8

541.5

541.2

540.9
Abscisse (m)

Figure 55 : Profil Creager du seuil de l’évacuateur de crues.

Mémoire de projet de fin d’études 97


Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

3. Calcul du coursier

3.1. Types de coursier

➢ Coursier lisse

Le coursier lisse en béton armé est largement utilisé pour les évacuateurs de crue, grâce
à sa capacité à canaliser efficacement des débits importants. Il est constitué d’une dalle en béton
armé et de murs bajoyers guidant l’écoulement vers l’aval, tout en limitant les risques d’érosion.
Cependant, à haute vitesse, la pression de l’eau peut chuter sous la pression de vapeur,
entraînant la formation de bulles de vapeur. Leur implosion soudaine lors de la remontée de
pression provoque des micro-dégâts localisés sur le béton, un phénomène appelé cavitation,
pouvant compromettre la durabilité de l’ouvrage si aucune protection n’est prévue.

Figure 56 : Dégâts causés par la cavitation sur un coursier lisse.

➢ Coursier en marches d’escalier

Le coursier en marches d’escalier, quant à lui, est une solution plus récente et de plus en
plus utilisée, notamment dans les barrages en (BCR), en béton cyclopéen ou en gabions. Ce
type de coursier favorise la dissipation de l’énergie grâce à la macro-rugosité créée par les
marches, ce qui génère une aération de l’écoulement et réduit significativement, voire élimine,
le besoin d’un bassin de dissipation. Toutefois, son utilisation est limitée aux débits inférieurs
à 30 m³/s par mètre de largeur, afin d’éviter les phénomènes de cavitation.

Mémoire de projet de fin d’études 98


Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

Figure 57 : Coursier d’un évacuateur en marches d’escalier.

3.2. Régimes d’écoulement sur un coursier en marches d’escalier

L’écoulement sur un coursier en marches d’escalier peut être classé en trois types :
l’écoulement en nappe (nappe flow), l’écoulement transitoire (transition flow), et l’écoulement
turbulent (skimming flow) [14] :

Figure 58 : Régimes d’écoulement sur un coursier en marches d’escalier.

➢ Ecoulement en nappe « NappeFlow »

Ce régime peut se produire à faibles débits ou pour des marches larges. PEYRES et al.
(1991, 1992) distinguent deux types d'écoulement en nappe : avec ressaut hydraulique
entièrement développé ou partiellement développé. L'écoulement se caractérise par des jets

Mémoire de projet de fin d’études 99


Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

plongeants d'une marche à l'autre, avec dissipation de l'énergie par la rupture des jets dans l'air
et la formation du ressaut.

➢ Ecoulement transitoire « Transition Flow »

L’écoulement transitoire représente la phase de transition entre l’écoulement en nappe et


l’écoulement turbulent. Avec l'augmentation du débit, la cavité sous la nappe tombante
commence à disparaître, tandis que le jet continue de frapper près du bord de la marche, créant
une condition similaire à la stagnation. Ce régime est caractérisé par une aération significative,
des éclaboussures et une apparence chaotique. Il est également observé que les propriétés de
l'écoulement varient d'une marche à l'autre. Une augmentation supplémentaire du débit entraîne
un écoulement de type "skimming"

➢ Ecoulement turbulent « Skimming Flow»

Ce type d’écoulement est observé pour des débits plus importants, L’eau se sépare en
deux couches, l’une est coincée dans les creux des marches, l’autre glisse sur cette première
couche (Chamani et Rajaratnam 1999). En apparence, l’écoulement n’a pas la forme des
marches, il est équivalent à un écoulement sur une paroi lisse dont la turbulence serait très
élevée. La perte d’énergie se fait principalement par l’entretien des tourbillons aux creux des
marches. La couche glissant sur les marches s’apparente à une surface libre fortement aérée.
L'écoulement turbulent est le régime prédominant sur les coursiers des marches d'escalier,
et il se décompose en plusieurs phases : l'écoulement rapidement varié, l'écoulement
graduellement varié et l'écoulement uniforme :
Le premier type d'écoulement est celui rapidement varié, où l'écoulement est non aéré et
se caractérise par une succession de sauts du jet. Ces sauts commencent par être bien marqués
et individuels, formant des "sauts francs", puis deviennent progressivement partiellement
noyés, se confondant avec la lame d'eau qui suit le coursier.
Le deuxième type, l'écoulement graduellement varié, est un régime aéré qui présente un
aspect chaotique, notamment avec des tumescences visibles sur la surface de l'eau. La lame
d'eau et son épaisseur varient d'une marche à l'autre, l'écoulement devenant progressivement
moins turbulent. Ce régime est caractérisé par la présence de stagnations d'eau importantes sur
certaines marches, ce qui affecte l'intensité du mouvement de l'eau sur le coursier.
L'écoulement uniforme, le troisième type, survient lorsque les creux et l'écume prononcés
disparaissent. Dans ce cas, la lame d'eau remplit totalement le giron et la contre-marche des

Mémoire de projet de fin d’études 100


Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

marches. L'écoulement devient plus fluide et stable, bien que des vortex stables et systématiques
se forment au pied des marches en raison du frottement de la lame d'eau contre les nez des
marches. L'eau est aérée, mais l'écoulement reste régulier et constant.
Enfin, ces trois types d'écoulement représentent différentes phases dans la transition de
l'eau sur les marches d'escalier, allant d'un écoulement turbulent et chaotique à un écoulement
plus stable et uniforme. Chaque phase a une influence distincte sur la dynamique de l'eau et les
impacts exercés sur les marches, et ces effets doivent être pris en compte pour la conception
efficace du déversoir.

Figure 59 : Régimes d'écoulement sur un coursier en gradins lors de l'écoulement turbulent.

3.3. Caractéristiques des régimes d'écoulement

L'identification du régime d'écoulement est cruciale pour évaluer la dissipation d'énergie.


Selon les critères de Chanson (2001), la limite supérieure du régime d'écoulement en nappes
dans un coursier à marches d'escalier est définie par l'expression suivante :
hc s
= 0.89 − 0.4 Éq.47
s l
Où :
− 𝑠 : hauteur des marches,
− 𝑙 : longueur des marches,
1/3
𝑞2
− ℎ𝑐 : hauteur critique de l’écoulement : ℎ𝑐 = ( 𝑔 )
𝑄
− 𝑞 : Débit spécifique (m3/s), avec 𝑞 = 𝐿𝑐𝑜𝑢𝑟𝑠𝑖𝑒𝑟

Mémoire de projet de fin d’études 101


Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

Le régime turbulent apparaît lorsque la valeur du débit spécifique dépasse la valeur


critique indiquée par Chanson. Les évacuateurs de crue en marches d'escalier modernes sont
conçus pour favoriser un écoulement turbulent (Chanson, 2001 ; Ohtsu et al., 2004 ; Gonzalez,
2005). Dans ce cas, les conditions d'aération sont remplies. En aval du point où l'air commence
à être entraîné, une couche de mélange air-eau s'étend progressivement à travers les marches.
L'écoulement devient uniforme à grande distance en aval.

3.4. Calcul du coursier en marches d’escalier

Le calcul du coursier en marches d’escalier a été réalisé selon les méthodes décrites
dans l'article de Boes (2002) [14].

➢ Symboles utilisés et données de bases

Avant de débuter les calculs pour le coursier en marches d'escalier, il est essentiel de
définir les symboles et les données de base nécessaires. La Figure suivante présente un schéma
du coursier en marches d'escalier, où sont identifiés les paramètres clés utilisés dans le calcul :

Figure 60 : Section typique d’un déversoir en marche, montrant certains des paramètres utilisés

La figure montre plusieurs paramètres essentiels utilisés pour le calcul du coursier en


marches d’escalier. Ces paramètres, présentés dans le tableau suivant :

Mémoire de projet de fin d’études 102


Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

Tableau 49 : Paramètres essentiels pour le calcul du coursier en marches d’escalier

Symbole Signification

Hdam (m) Hauteur du barrage du pied jusqu'au sommet de la crête

φ (°) Angle de pente

hc (m) Hauteur critique de l'écoulement

s (m) hauteur des marche

𝐋𝐢 (m) position du point d'inception


La profondeur caractéristique du point du coursier ou la
h90,u (m)
concentration d’air C=90%

Les données de base utilisées pour le calcul du coursier en marches d’escalier sont
présentées dans le tableau suivant :
Tableau 50 : Données de base pour le calcul du coursier en marches d’escalier

Paramètre Valeur
Débit injecté Q (m3/s) 1765.00
hauteur de barrage Hdam(m) 55.00
Largeur de lcoursier lcoursier (m) 140.00
hauteur des marches s (m) 1.50
Fruit aval H/1V 0.90
Angle de pente φ (°) 48.01
Débit spécifique q (m3/s) 12.61
Hauteur critique hc (m) 2.53

➢ Type d'écoulement

La première étape consiste à identifier le type d'écoulement qui se développe sur le


coursier. Pour cela, la limite de Chanson est calculée à partir de la relation X , on trouve :
ℎ𝑐
= 0.45
𝑠
ℎ𝑐 ℎ𝑐
Par suite, le ratio calculé = 1.69 est supérieur à la limite de Chanson = 0.45,
𝑠 𝑠

donc l'écoulement qui se développe sur le coursier est donc extrêmement turbulent.

Mémoire de projet de fin d’études 103


Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

➢ Profil du déversoir et zone de transition

Pour les débits faibles, un jet se forme après que l'eau frappe la première marche et saute
plusieurs marches avant de retomber sur l'évacuateur. Pour résoudre ce problème, il est proposé
d'ajouter des petites marches dans la partie supérieure de l'évacuateur. Iguacel (1995) a suggéré
un profil de transition entre la crête et la première marche pour conserver les avantages du profil
conventionnel. Ce profil commence par une première marche de longueurℎ𝑐 H0/8 à une
distance H0/3H de la crête, et les longueurs des marches suivantes diminuent progressivement
jusqu'à l'intersection avec le coursier. Les hauteurs des marches sont ajustées pour que le profil
de la crête (Creager) enveloppe ces marches de transition, comme illustré dans la Figure :

Figure 61 : Marches de transition- Iguacel (1995).

En appliquant la transition proposée par Iguacel pour notre déversoir, la figure suivante
illustre cette transition en présentant les dimensions des différentes marches :

Figure 62 : Marches de transition du coursier de l’EVC étudié.

Mémoire de projet de fin d’études 104


Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

➢ Point d’inception

Le Le point d’inception, également appelé point d’apparition de l’eau blanche,


correspond à la zone où l’écoulement commence à capter de l’air, entraînant la formation de
bulles qui donnent à l’eau un aspect blanchâtre. Sa position, ainsi que la profondeur
d’écoulement à ce niveau, peuvent être estimées à l’aide des relations empiriques proposées par
Boes et Minor (2002) :
5.9 hc1.2
Li = Éq.48
sin(φ)1.4 s0.2
0.4 hc 0.9 s0.1
hi = Éq.49
sin(φ)0.3
L'application de ces relations permet d’estimer les caractéristiques du point d’inception
comme suit :
− Position du point d’inception : 25,11 m 𝐿𝑖 = 25.11𝑚
− Profondeur de l’eau à ce point : ℎ𝑖 = 1.05𝑚

Ces résultats indiquent que le point d’inception se situe à l’intérieur du coursier, puisque
sa position est inférieure à la longueur totale de ce dernier.

➢ Point d’apparition de l’écoulement uniforme

La condition d’établissement de l’écoulement uniforme sur un coursier en marches peut


être évaluée à l’aide de la relation empirique proposée par Boes et Hager (2003a) :

Hdam,u = 24 hc sin(φ)2/3 Éq.50

Cette relation permet d’estimer la hauteur minimale du coursier requise pour atteindre un
régime d’écoulement uniforme. Si la hauteur réelle du coursier 𝐻𝑑𝑎𝑚 est supérieure à cette
borne, l’écoulement devient uniforme avant la fin du coursier. Dans le cas contraire, il reste non
uniforme.
Pour le projet à l’étude, l’application de cette relation donne : 𝐻𝑑𝑎𝑚,𝑢 = 49.83𝑚 .
Or, la hauteur réelle du barrage est : 𝐻𝑑𝑎𝑚 = 55𝑚 > 𝐻𝑑𝑎𝑚,𝑢 , on en conclut donc que
l’écoulement atteint le régime uniforme sur le coursier.
La profondeur caractéristique de l’eau à ce stade, notée ℎ𝑤𝑢 , peut être déterminée par la
formule suivante proposée par Boes et Minor (2002) :

hwu = 0.215 hc sin(φ)−1/3 Éq.51

L’application numérique donne une profondeur d’écoulement uniforme de : ℎ𝑤𝑢 = 0.6𝑚 .

Mémoire de projet de fin d’études 105


Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

➢ Profondeur d’eau aérée

La profondeur d'eau aérée dans la zone à écoulement uniforme, notée ℎ90,𝑢 , correspond à
la profondeur caractéristique au niveau du coursier pour laquelle la concentration d’air atteint
90 %. Elle peut être estimée à l’aide de la relation empirique développée par Tatewar et al.
(2002) :
ℎ90,𝑢 𝑞2 𝑠
𝑙𝑜𝑔 ( ) = 0.3011 𝑙𝑜𝑔 ( 3 ) + 0.01696 𝑙𝑜𝑔 ( ) − 0.2053 Éq.52
𝑠 𝑔𝑠 𝑙
Avec :
− 𝑞 : débit spécifique,
− 𝑠 : hauteur des marches,
− 𝑙 : longueur des marches.

En appliquant cette formule aux données du projet, on obtient : ℎ90,𝑢 = 1.5𝑚


Dans la zone à écoulement varié, la profondeur de l’eau aérée en un point situé à une
abscisse 𝑥 peut être estimée à l’aide de la relation proposée par Hager et Boes (2000) :
ℎ90,𝑢 2 sin φ
ℎ90 (𝑥) = ℎ90,𝑢 tanh (1.1 (𝑥 − 𝐿𝑖)) Éq.53
ℎ𝑐 3
En appliquant cette relation pour le point aval situé à 𝑥 = 68.61𝑚,on obtient une
profondeur d’eau aérée de : ℎ90 (68.61𝑚) = 0.6m

➢ Vitesse d’eau

La vitesse de l’eau à la sortie du coursier, notée 𝑉𝑤 , peut être déterminée à partir du débit
spécifique et de la profondeur caractéristique à l’aval du coursier, selon la relation suivante :
𝑞
𝑉𝑤 = Éq.54
𝑑
La profondeur d en fin de chute est calculée à l’aide de la formule :
𝑓𝑒 1/3
𝑑 = ℎ𝑐 Éq.55
8 sin φ
Le coefficient de frottement de Darcy 𝑓𝑒 , qui dépend de la concentration moyenne d’air
dans l’écoulement, est exprimé comme suit :
0.5 − 𝐶𝑚𝑒𝑎𝑛
𝑓𝑒 = 0.5 𝑓𝑚 (1 + tanh (2.5 )) Éq.56
𝐶𝑚𝑒𝑎𝑛 (1 − 𝐶𝑚𝑒𝑎𝑛 )
Où 𝑓𝑚 est le coefficient de frottement du courant non aéré, pris égal à 1.3 selon Chanson.

Mémoire de projet de fin d’études 106


Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

La concentration moyenne d’air 𝐶𝑚𝑒𝑎𝑛 est quant à elle estimée à partir de la formule
empirique proposée par Ohtsu et al. :
𝑠 2 𝑠
−5 ( ) +4 Éq.57
𝐶𝑚𝑒𝑎𝑛 = 𝐷 − 0.3 𝑒 ℎ𝑐 ℎ𝑐

Le terme 𝐷 est défini par :

𝐷 = −0.0024 𝛼 2 + 0.0214𝛼 − 0.0357 Éq.58

Avec α est un coefficient de correction égal à 1 pour une distribution uniforme de la


vitesse.
Après application numérique de l’ensemble de ces relations, on obtient une vitesse de
l’eau en pied de coursier de : 𝑉𝑤 = 21 m/s.

➢ Dissipation de l’énergie

La dissipation d’énergie au niveau de l’ouvrage (∆E) peut être simplement déterminée à


l’aide de la relation suivante :

∆𝐸 = 𝐸0 − 𝐸𝑓 Éq.59

Avec :
− 𝐸0 : charge totale à l’amont du seuil (en mètres)
− 𝐸𝑓 : énergie résiduelle en fin de coursier

L’énergie théorique à l’amont du seuil 𝐸0 est estimée en fonction de la hauteur du barrage


et de la hauteur critique relative à la largeur du coursier, selon la formule :

𝐸0 = 𝐻𝑑𝑎𝑚 + 1.5 ℎ𝑐 Éq.60

Avec :
− 𝐻𝑑𝑎𝑚 : hauteur du barrage (m),
− ℎ𝑐 : hauteur critique (m) .

Le calcul de l'énergie résiduelle en fin de coursier (Ef) varie selon le régime d'écoulement.
Les équations 61 et 62 sont utilisées successivement pour déterminer la valeur de Ef,
respectivement pour les régimes uniforme et non uniforme :
𝑓𝑏 1/3 𝛼 𝑓𝑏 −2/3 1
𝐸𝑓 = 𝐸0 ( 𝑐𝑜𝑠(𝜑) + ) Éq.61
8 𝑠𝑖𝑛(𝜑) 2 8 𝑠𝑖𝑛(𝜑) 𝐻𝑑𝑎𝑚 3
+2
ℎ𝑐

Mémoire de projet de fin d’études 107


Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

𝐾 0.1 𝐻
−0.06 ( ) 𝑠𝑖𝑛(𝜑)−0.8 𝑑𝑎𝑚 Éq.62
𝐸𝑓 = 1.446 𝐸0 𝑒 𝐷ℎ,𝑤 ℎ𝑐

Avec :
− 𝐾 : indice de rugosité calculer par : 𝐾 = 𝑠 𝑐𝑜𝑠(𝜑)
− 𝐷ℎ,𝑤 : diamètre hydraulique, approximé par : 𝐷ℎ,𝑤 ≈ 4 𝑅ℎ,𝑤 =
𝑙𝑐𝑜𝑢𝑟𝑠𝑖𝑒𝑟 ℎ𝑤,𝑢
4 𝑙𝑐𝑜𝑢𝑟𝑠𝑖𝑒𝑟 +2 ℎ𝑤,𝑢

− 𝑓𝑏 : coefficient de frottement de la rugosité du fond, donné par :


1 1 K
= (1 − 0.25log ( ))
√𝑓𝑏 √0.5 − 0.42 𝑠𝑖𝑛(2𝜑) Dh,w

− 𝛼 : coefficient de correction égal à 1 .

Finalement, le taux de dissipation d’énergie au niveau des marches du coursier peut être
exprimé par le rapport suivant :
∆𝐸 𝐸0 − 𝐸𝑓
τ = = Éq.63
𝐸0 𝐸0
Dans le cas étudié, l’écoulement est uniforme. Les résultats des calculs effectués sont
présentés dans le tableau ci-dessous :
Tableau 51 : Résultats de la dissipation d’énergie sur le coursier à marches

Charge amont au l'énergie résiduelle en Énergie dissipée ΔE Taux de dissipation


seuil E0 (m) fin de coursier Ef (m) (m) τ (%)

58.79 25.28 33.51 57.00

Ainsi, le taux de dissipation d’énergie atteint 57.00 %, ce qui correspond à une dissipation
quasi complète de l’énergie hydraulique disponible à l’amont. Par conséquent, un bassin
d’amortissement de petite taille en pied d’ouvrage serait suffisant pour assurer la protection
contre l’érosion du sol à l’aval du barrage.

➢ Calcul du mur bajoyer

Le mur bajoyer constitue l’une des parois latérales du coursier et joue un rôle essentiel
dans le confinement et la sécurité de l’écoulement. Sa hauteur peut être estimée par la relation
suivante :

𝐻𝑚𝑏 = ℎ𝑤 + 𝑅 Éq.64

Avec :

Mémoire de projet de fin d’études 108


Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

− ℎ𝑤 : terme donné par ℎw = 1.4 ℎ90,𝑢


− ℎ90,𝑢 est la profondeur caractéristique où la concentration d’air est C=90%,
− R : une revanche calculée de la façon suivante : 𝑅 = 0.6 + 0.05 𝑉 ℎ1/3
− V : la vitesse de l’écoulement en m/s.
− h : le tirant d’eau (m)

En appliquant ces relations avec les valeurs calculées précédemment, la hauteur du mur
bajoyer est estimée à environ : 𝐻𝑚𝑏 = 3𝑚.

4. Calcul du Bassin de dissipation

➢ Bassin de dissipation à ressaut hydraulique

Pour atténuer les vitesses élevées à l’aval d’un ouvrage de déversement, notamment sur
un coursier en marches d’escalier, un mécanisme naturel de dissipation d’énergie peut se
produire : le ressaut hydraulique. Ce phénomène joue un rôle fondamental dans la réduction de
l’énergie cinétique de l’écoulement.
Un ressaut hydraulique est une transition brusque d’un écoulement torrentiel (rapide et
peu profond, avec un nombre de Froude élevé) à un écoulement fluvial (lent et plus profond,
avec un nombre de Froude inférieur à 1). Il se forme généralement lorsque l’eau à grande vitesse
atteint une zone où les conditions de l’écoulement ralentissent, provoquant une montée
soudaine du niveau d’eau accompagnée d’un fort brassage et d’une turbulence intense.
Ce phénomène est exploité de manière contrôlée dans la conception des bassins de
dissipation, afin de protéger l’ouvrage et son environnement contre l’érosion.
Ainsi, dans le cadre d’un évacuateur de crue, la formation d’un ressaut hydraulique à
l’aval du coursier constitue un moyen efficace de dissiper l’énergie de l’écoulement. La
conception du bassin de dissipation tient compte de la position et de la forme du ressaut, qui
dépendent principalement de la valeur du nombre de Froude à l’entrée du bassin. Voici les
différentes typologies de ressauts observées selon les plages de Fr :
− Fr ≤ 1 : L’écoulement est lent ou critique. Dans cette configuration, aucun ressaut
hydraulique ne se forme, car il n’y a pas de transition significative entre deux
régimes d’écoulement.
− 1 < Fr ≤ 1,7 : Le ressaut est faiblement marqué, avec une faible différence de
hauteur entre les profondeurs conjuguées. Il se manifeste par de légères

Mémoire de projet de fin d’études 109


Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

ondulations à la surface libre, ressemblant au régime critique. Il s’agit du ressaut


ondulé
− 1,7 ≤ Fr < 2,5 : Le ressaut devient plus visible. On observe l’apparition de petits
tourbillons en surface, bien que la ligne d’eau reste relativement stable et la
répartition des vitesses régulière. Ce type correspond à un ressaut faible.
− 2,5 ≤ Fr < 4,5 : Le ressaut présente un comportement instable et pulsatoire. Des
turbulences marquées apparaissent, soit en surface, soit au fond du lit. Ces
pulsations engendrent des ondes irrégulières qui peuvent se propager sur de
longues distances, avec des effets potentiellement destructeurs sur les berges. Ce
phénomène est qualifié de ressaut oscillant.
− Fr ≥ 4,5 : Le ressaut est bien formé, stable et localisé. Il assure une dissipation
d’énergie très efficace. Ce type, appelé ressaut établi, est celui recherché dans
les conceptions optimales de bassins de dissipation.

La Figure suivante donne les différents cas constatés :

Figure 63 : Typologie des ressauts hydrauliques.

➢ Types des Bassins de dissipation

Le USBR [13] a défini plusieurs configurations de bassins de dissipation, validées à


travers des essais en laboratoire et sur prototypes. Ces conceptions reposent sur des
combinaisons optimales d’éléments dissipateurs, tels que les seuils, les blocs d’amortissement
et les déflecteurs, dans le but de garantir à la fois l’efficacité hydraulique et la viabilité
économique des ouvrages. Quatre types principaux de bassins ont ainsi été identifiés, chacun
adapté à une plage spécifique de conditions hydrauliques :

Mémoire de projet de fin d’études 110


Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

− Bassin de type I ( 1≤ Fr ≤2,5 ) :


Ce type de bassin constitue une configuration simple, dépourvue de déflecteurs
ou de blocs d’amortissement, et repose exclusivement sur le ressaut hydraulique
pour assurer la dissipation de l’énergie.

Figure 64 : Bassin de type USBR I.

− Bassin de type II ( Fr ≥ 4.5 et V>18m/s ) :


Ce bassin intègre des blocs de chute et un seuil dentelé. Adapté aux chutes < 65
m et débits unitaires < 45 m³/s/m, il permet de réduire jusqu’à 70 % la longueur
du bassin. Son usage est inadapté pour Fr < 4,5.

Figure 65 : Bassin de type USBR II.

− Bassin de type III ( Fr ≥ 4.5 et V<18m/s ) :


Ces bassins sont spécifiquement conçus pour les situations où le ressaut
hydraulique est de type oscillant, ce qui correspond à un nombre de Froude
compris entre 2,5 et 4,5 dans la section de la première profondeur conjuguée.
Leur efficacité dans cette plage de conditions hydrauliques repose sur
l’utilisation de déflecteurs, qui permettent de réduire significativement les
ondulations de l’écoulement.

Mémoire de projet de fin d’études 111


Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

Figure 66 : Bassin de type USBR III.

− Bassin de type IV ( 2.5 ≤ Fr ≤ 4,5) :


Ces bassins sont spécialement conçus pour les cas où le ressaut est oscillant, ce
qui se produit lorsque le nombre de Froude dans la section de la première
profondeur conjuguée est compris entre 2,5 et 4,5. Leur efficacité, dans cette
plage de valeurs du nombre de Froude, repose sur l'action des déflecteurs, qui
atténuent de manière significative les ondulations de l’écoulement.

Figure 67 : Bassin de type USBR IV.

Pour tous les types de bassin, il est important de tenir compte de la profondeur d'eau en
aval du ressaut, notée haval , qui est déterminée par la courbe de tarage d'une section
transversale avale du site du barrage. Les conditions idéales pour le ressaut sont atteintes
lorsque haval=hconj, où hconj représente la hauteur d'eau à l'aval du ressaut, mais cette
condition est rarement réalisable.
Dans la pratique, on rencontre deux cas possibles :

Mémoire de projet de fin d’études 112


Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

− Si haval>hconj : Dans ce cas, il est nécessaire d'approfondir le radier du bassin


pour garantir une surface stable et équilibrée. Sinon, des problèmes graves
d’érosion risquent de se produire.
− Si haval<hconj : Le ressaut idéal ne peut pas se former. L'eau qui entre sur le
radier plonge sous le niveau de haval et parcourt une longue distance avant que
son énergie ne soit dissipée, créant ainsi un "ressaut noyé". Plus la hauteur hconj
se rapproche de haval, plus la distance parcourue par l'eau avant dissipation de
l'énergie est courte.

Pour éviter un ressaut noyé, il est possible d'installer un seuil à l'aval du bassin. Ce seuil
créera un courant de retour qui augmentera la turbulence et favorisera la dissipation de l'énergie.

➢ Calcul du bassin à ressaut

Le calcul initial à effectuer concerne le nombre de Froude, qui donne la valeur obtenue
est de 8,79. Étant donné que V dépasse 18 m/s, cela correspond à un bassin de type II. Par
conséquent, les abaques propres à ce type de bassin seront utilisées pour le calcul de la longueur
du bassin. Ces figures sont présentées en annexe 12 .
La première grandeur est la valeur de hconj en fonction de la hauteur à l’entrée du bassin
est donnée par la formule suivante :
𝑑1
𝑑𝑐𝑜𝑛𝑗 = (√1 + 8𝐹𝑟 2 − 1) Éq.65
2
Avec :
− 𝑑1 : la profondeur de la lame d'eau au bas du coursier ,où 𝑑1 = 0.6𝑚
− 𝐹𝑟 : le nombre de Froude dans le bassin, égal à 8.66 .

En utilisant la formule fournie, la hauteur conjuguée hconj est d'environ 7.05 m , et selon
la courbe de tarage, haval=1.71 m. Comme hconj est supérieur à haval, la longueur L du bassin
peut être déterminée à partir de la figure.
D’abord on calcule le rapport L/d2, correspond à la longueur du saut par rapport à la
hauteur conjuguée d2=hconj. D'après l'abaque, pour un nombre de Froude Fr= 8.66 ,on trouve :
L/d2=4.35 . Parsuite la longueur du bassin est d'environ L=30.67 m .

Mémoire de projet de fin d’études 113


Chapitre IV : Dimensionnement hydraulique des
ouvrages annexes

V. Conclusion

L’analyse hydraulique des ouvrages annexes du barrage de Béni Azimane a permis de


définir des solutions fables et dimensionnées avec rigueur.
Les deux pertuis de la dérivation provisoire garantissent une évacuation efficace des crues
de chantier, tandis que les batardeaux amont et aval assurent la sécurité du site en toutes
circonstances.
La vidange de fond, conçue pour un débit maximal de 71,6 m³/s, offre une flexibilité
opérationnelle pour la gestion de la retenue.
Enfin, l’évacuateur de crues, dimensionné pour la Crue Maximale Probable, sécurise le
barrage face aux événements hydrologiques extrêmes.
Ces ouvrages, conçus selon les normes et méthodes hydrauliques en vigueur, répondent
pleinement aux exigences de sûreté et de fonctionnalité du projet.

Mémoire de projet de fin d’études 114


Chapitre V : SUIVI D’EXÉCUTION
DES TRAVAUX DE CONSTRUCTION DU
BARRAGE
Chapitre V : Suivi d’exécution des travaux de
construction du barrage

I. Caractéristiques et provenance des matériaux

1. Caractéristiques des bétons

1.1. Classification du BCV et catégories utilisées

Selon le CPS, les catégories de béton sont définies par un couple de valeurs D/Rsc, où :

− D correspond à la dimension maximale, en millimètres, des granulats autorisés


dans la composition,
− Rsc (ou Rc28) représente la résistance spécifiée en compression à 28 jours,
exprimée en MPa.

Dans ce barrage, les différentes catégories de béton sont affectées à des usages spécifiques
en fonction des exigences techniques de chaque zone de l’ouvrage, conformément au CPS. Ces
catégories sont présentées dans le tableau suivant :
Tableau 52 : Catégories de Bétons et leurs Usages Principaux

catégories Usages principaux

Gradins des évacuateurs de crues, revêtement des galeries (zones


Béton B31.5/27
soumises à de fortes sollicitations et à l’érosion)
Éléments préfabriqués (prédalles), nécessitant une compacité
Béton B16/30
élevée et une finition soignée
Joints en contact avec le BCR, pose des PVS, voile aval des
Béton B31,5/23
galeries, gradins amont, parements (résistance intermédiaire)
Entre les couches de BCR et en complément du béton de
Mortier B16/20
remplissage (adhérence et continuité de mise en œuvre)

1.2. Composition du BCV

Les bétons conventionnels vibrés utilisés sur le chantier sont composés des éléments
suivants :
− Sable fin lavé : obtenu par concassage, criblage et lavage du tout-venant de la
carrière calcaire, réalisé au niveau de la station de traitement des matériaux
(STM).
− Sable grossier lavé : également issu du traitement du tout-venant calcaire à la
STM, par les mêmes procédés.

Mémoire de projet de fin d’études 116


Chapitre V : Suivi d’exécution des travaux de
construction du barrage

− Gravillons 4/16 mm et graviers 16/31,5 mm : produits par concassage secondaire


puis criblage, à partir du même matériau brut provenant de la carrière.
− Ciment CPJ 45 : approvisionné en vrac depuis l’usine Lafarge Holcim d’Oujda.
− Eau de gâchage : puisée à partir d’un puits situé sur le site.
− Adjuvant superplastifiant : de type Sika Plast 1700 Tempo, utilisé pour améliorer
la maniabilité, la fluidité et les performances mécaniques du béton.

Le dosage et la combinaison de ces constituants varient selon la catégorie de béton à


produire, certaines formulations ne faisant appel qu’à une granulométrie spécifique pour
répondre aux exigences de résistance, de mise en œuvre ou de compacité.
Les dosages pondéraux (en kg) utilisés pour chaque catégorie de béton, par mètre cube (1
m³), sont présentés dans le tableau suivant :
Tableau 53 : Les dosages pondéraux (en kg) par 1 m³ des BCV

Béton Béton Béton Béton


Désignation
31,5/27 31,5/23 16/30 16/20
Sable fin lavé
750 833 730 1024
Sable grossier lavé
Gravillons 4/16 mm 435 435 1120 684

Graviers 16/31,5 mm 680 624 – –

Ciment CPJ 45 350 335 400 400

Eau de gâchage (CAB) 176 185 178 233


Adjuvant
superplastifiant (% du 1 à 1,4 % 0,8 à 1,4 % 1,4 % 0,8 à 1,4 %
poids de ciment)

Pour le mélange de sable, la proportion de sable fin lavé peut varier entre 70 et 80 %,
tandis que celle du sable grossier lavé est comprise entre 20 et 30 %.

1.3. Composition du BCR et critères de formulation

Le Béton BCR représente le principal volume de béton utilisé pour la construction du


barrage. Ses principaux composants sont :
− Granulats : Composés de gravettes classées par granulométrie : G1 (4/16 mm),
G2 (16/31,5 mm) et G3 (31/63 mm).

Mémoire de projet de fin d’études 117


Chapitre V : Suivi d’exécution des travaux de
construction du barrage

− Liant : Généralement du ciment Portland (CPJ 45), parfois complété par des
ajouts cimentaires comme la cendre volante.
− Eau : Utilisée pour l'hydratation du ciment, sa quantité est ajustée pour obtenir
une consistance permettant un compactage efficace.
− Adjuvants : Des produits tels que des retardateurs de prise ou des plastifiants
peuvent être ajoutés pour améliorer la maniabilité et contrôler les propriétés du
béton.

Sa formulation est guidée par des critères techniques précis afin d'assurer sa performance
et sa durabilité :

− Affaissement nul : Le BCR est formulé pour ne présenter aucun affaissement,


assurant ainsi sa rigidité.
− Compactage optimal : La formulation doit permettre un compactage efficace
pour atteindre une densité maximale.
− Propriétés mécaniques : Le BCR doit offrir une résistance mécanique adéquate,
une bonne homogénéité, une densité appropriée et une étanchéité conforme aux
spécifications.
− Contrôle thermique : Il est essentiel de minimiser l'augmentation de la
température interne due à la chaleur d'hydratation du ciment pour réduire les
risques de fissuration.
− Facilité de mise en œuvre : Le BCR doit être aisément manipulable et adaptable
à l'application.
− Optimisation des coûts : La formulation doit permettre de réduire les coûts tout
en respectant les critères techniques et la performance du béton.

1.4. Dosage des constituants et formulation du BCR

Le CPS exige que les proportions des différents constituants du Béton de Ciment
Résistant (BCR) pour le barrage Beni Azimane soient définies comme suit, avec des
ajustements possibles en fonction des résultats des essais d'études et de convenance :
− Ciment (CPJ45) : 60 à 120 kg/m³
− Granulats 0-63 mm : 2 100 à 2 400 kg/m³
− Fillers apportés par le sable fillérisé : 100 à 200 kg/m³

Mémoire de projet de fin d’études 118


Chapitre V : Suivi d’exécution des travaux de
construction du barrage

− Eau : 100 à 130 l/m³, y compris l'eau libre des granulats


− Adjuvant : proportion déterminée selon la fiche technique du fournisseur et les
résultats des essais
− Cendres volantes ou pouzzolanes (si nécessaire) : conformes aux normes en
vigueur.

Plusieurs formules ont été testées par le laboratoire LPEE dans le cadre de l'optimisation
BCR. La formule finalement adoptée est présentée dans le tableau suivant :
Tableau 54 : Formule Retenue pour le BCR

Désignation Dosage pondéral (en kg)


Sable fillérisé 0/3.15 644
Sable 0/4 161
Gravillons G1 4/16 mm 505
Graviers G2 16/31,5 mm 460
Cailloux G3 31,5/63 mm 475
Ciment CPJ 45 100
Eau (CAB) 108
Adjuvant (Sika Plastiroute) 0,5

2. Caractéristiques des remblais

La partie remblai est constitué de 6 types de matériaux distincts, répartis en 6 zones,


chacun jouant un rôle spécifique et répondant à des spécifications techniques précises. Ces
zones comprennent :

− Zone 1 : NOYAU ARGILEUX


− Zone 2 : FILTRE
− Zone 3 : DRAIN
− Zone 4 : ALLUVIONS SILTEUSES
− Zone 5 : ENROCHEMENTS
− Zone 6 : RIP-RAP

Mémoire de projet de fin d’études 119


Chapitre V : Suivi d’exécution des travaux de
construction du barrage

2.1. Noyau Argileux (zone 1)

Le noyau central du barrage assure l'étanchéité de l’ensemble de l’ouvrage. Il est constitué


de matériaux fins imperméables, principalement issus des alluvions des terrasses limoneuses de
l’oued. D'autres matériaux tels que les pélites altérées ou argélisées peuvent également être
utilisés, à condition qu’ils présentent une plasticité supérieure à 14 %, et qu’ils contiennent au
moins 70 % de particules inférieures à 5 mm et 40 % inférieures à 0,08 mm. En crête, la largeur
du noyau atteint 2,5 m, garantissant une bonne compacité et limitant les risques de percolation.
Le noyau est ancré dans une tranchée parafouille de 10 à 15 mètres de profondeur, creusée
dans la fondation naturelle. Cette tranchée, dimensionnée pour maintenir un gradient
hydraulique admissible, empêche les remontées d’eau et les phénomènes de soulèvement. Une
dalle en béton armé, coulée au fond de cette tranchée, assure une liaison solide et étanche entre
le noyau et la fondation.

2.2. Filtre et Drain (zones 2 et 3)

En aval immédiat du noyau, deux zones techniques sont mises en œuvre : le filtre (Zone
2) et le drain (Zone 3). Le filtre, d’une épaisseur de 2,80 m, est constitué de matériaux propres
à granulométrie continue, jouant un rôle de barrière contre la migration des particules fines
depuis le noyau vers l’extérieur. Il permet de préserver la stabilité interne du remblai tout en
assurant une perméabilité suffisante à l’eau.
Le drain, épais de 2,50 m, fonctionne en complémentarité avec le filtre. Il collecte les
eaux de percolation à travers le remblai et les évacue via un cordon drainant raccordé à une
buse débouchant dans les galeries internes. Ce système permet d’éliminer les pressions
interstitielles, de prévenir les phénomènes de liquéfaction et de maintenir la stabilité
hydraulique de l’ouvrage.

2.3. Alluvions Silteuses (zone 4)

Les matériaux alluvionnaires silteux sont généralement mis en œuvre en tout-venant, sous
réserve que leur teneur en eau soit compatible avec les exigences techniques du projet.
Ils doivent présenter une granulométrie étendue mais bien maîtrisée. Le coefficient
d’uniformité est limité à 20, et les éléments de diamètre supérieur à 500 mm doivent être écartés
lors du tri. Ces exigences visent à garantir une bonne homogénéité des remblais et à limiter les
risques de ségrégation. Les matériaux exploités doivent être propres, homogènes et exempts de
particules plastiques ou instables susceptibles d’altérer leur comportement mécanique.

Mémoire de projet de fin d’études 120


Chapitre V : Suivi d’exécution des travaux de
construction du barrage

2.4. Enrochements et Rip-Rap (zones 5 et 6)

Les enrochements et le rip-rap sont des éléments qui jouent un rôle essentiel dans la
stabilité mécanique de l'ouvrage et la protection contre l’érosion. Les enrochements destinés
aux recharges doivent être sains, homogènes, résistants aux manipulations mécaniques et
stables face aux agents atmosphériques. Leur granulométrie doit être régulière, avec une forme
compacte (rapport des dimensions limité à 3) et un diamètre ne dépassant pas 0,8 m. La teneur
en matériaux altérés est limitée à 10 % par chargement, avec un contrôle strict des éléments
fins : moins de 6 % pour les particules < 0,08 mm et moins de 20 % pour celles < 5 mm.
Les blocs de Rip-rap, utilisés pour la protection des talus amonts contre les agressions
hydrauliques, doivent avoir une forme cubique (rapport de dimensions < 2) et une
granulométrie comprise entre 400 mm et 1 000 mm, avec au moins 50 % > 700 mm. Leur poids
varie entre 0,5 et 3 tonnes, voire plus dans les zones sensibles. Ces blocs doivent présenter une
densité spécifique > 2,5 t/m³ et une bonne résistance à l’usure (Los Angeles < 35).

3. Provenance des matériaux

3.1. Carrière de calcaire

Pour le barrage Beni Azimane, les granulats sont extraits de carrières proches du chantier.
La roche calcaire dolomitique est extraite par des tirs d'explosifs, qui sont ensuite soit
transportés vers la station de traitement des matériaux (STM) pour être transformés en granulats
de différentes classes granulaires, soit directement acheminés vers les zones d’enrochements et
de rip-rap, utilisés dans la partie remblais.

Figure 68 : Carrière du barrage Beni Azimane.

Mémoire de projet de fin d’études 121


Chapitre V : Suivi d’exécution des travaux de
construction du barrage

La STM traite les granulats extraits. Elle utilise une trémie d'alimentation, un scalpeur,
des concasseurs (primaire et secondaire), des cribles et des tapis convoyeurs pour séparer,
réduire, classer et transporter les matériaux. Les matériaux, comme le sable fillerisé, le sable
(0/4 et 0/3.15) et la gravette (4/16, 16/31.5, 31.5/63 mm), subissent un traitement mécanique et
un lavage pour répondre aux normes de qualité.

Figure 69 : Station de traitement des matériaux (STM).

Les sables 0/4 sont acheminés vers une station de lavage. Cet équipement spécialisé est
essentiel pour éliminer les fines argileuses, le limon et la poussière qui adhèrent à la surface des
grains de sable. Ce processus de lavage est crucial car la présence de ces impuretés peut nuire
à l'hydratation du ciment, ce qui affecterait négativement la résistance du béton final.

Figure 70 : Station de lavage des sables.

Mémoire de projet de fin d’études 122


Chapitre V : Suivi d’exécution des travaux de
construction du barrage

3.2. Zone d’emprunt alluvionnaire

La zone d’emprunt alluvionnaire, localisée dans le lit majeur de l’oued Kert, fournit les
matériaux pour la zone 4 du remblai. Ce gisement est composé d’alluvions sablo-graveleuses,
avec des galets et des blocs atteignant jusqu’à 250 mm. Les matériaux présentent une faible à
très faible plasticité, une bonne compacité et une granulométrie bien répartie, ce qui les rend
particulièrement adaptés aux fonctions drainantes.
Une crue importante survenue en novembre 2008 a modifié le profil du lit majeur en
apportant des dépôts sablo-silteux qui ont été intégrés à l’étude et reconnus comme exploitables.
Ces apports naturels supplémentaires viennent enrichir la ressource déjà disponible.
L’ensemble du gisement permet d’assurer, en quantité et en qualité, l’approvisionnement
complet de la zone 4 en matériaux filtrants et de transition.

Figure 71 : Zone d’emprunt alluvionnaire.

3.3. Zone d’emprunt argileux

La zone d’emprunt argileux, située sur la terrasse principale en rive droite du site,
alimente la zone 1 du remblai, dédiée à la réalisation du noyau étanche. Les investigations
menées (puits de 5 m, échantillonnage et essais de laboratoire) ont mis en évidence des argiles
à limons argileux de plasticité faible à moyenne, avec une bonne cohésion et une faible
perméabilité. Le matériau est exempt d’éléments organiques et de cailloux nuisibles, ce qui en
fait une source conforme aux exigences techniques du noyau.
Le noyau est constitué de la nuance la plus argileuse de cet emprunt, mise en œuvre à un
état très humide pour lui donner une souplesse adéquate et assurer son adaptation aux

Mémoire de projet de fin d’études 123


Chapitre V : Suivi d’exécution des travaux de
construction du barrage

déformations internes. Bien que la continuité du gisement reste à confirmer par des
investigations complémentaires, les quantités disponibles sont jugées suffisantes pour
l’ensemble des besoins du noyau imperméable du barrage.

Figure 72 : Zone d’emprunt argileux.

II. Travaux de BCR sur la digue principale

1. Eléments constitutifs en béton pour la digue principale

La digue principale du barrage Beni Azimane est un ouvrage composite, dont le cœur est
réalisé en Béton Compacté au Rouleau (BCR). Ce béton constitue la majeure partie de la
structure centrale. Il est appliqué en couches successives, chacune étant séparée par un lit de
mortier de liaison B16/20 assurant l’adhérence entre les levées.
La digue est encadrée latéralement et renforcée par du Béton Conventionnel Vibré (BCV),
décliné en différentes catégories : B31.5/27 pour les gradins des EVC, B16/30 pour les éléments
préfabriqués, et B31.5/23 pour les joints avec le BCR, les gradins amont et les parements.

2. Production et transport des bétons

2.1. Production et transport du BCR

La production du Béton Compacté au Rouleau (BCR) sur le chantier de la digue


principale du barrage Beni Azimane est réalisée par une centrale de type Pugmill, conçue pour
garantir une production continue, élément essentiel pour les levées successives de béton
compacté. Cette centrale, d’une capacité nominale de 350 m³/h, est spécialement adaptée à des

Mémoire de projet de fin d’études 124


Chapitre V : Suivi d’exécution des travaux de
construction du barrage

cadences industrielles élevées et assure une homogénéité optimale des mélanges. Elle se
compose principalement des éléments suivants :

− Un système d’alimentation composé de cinq trémies d’une capacité de 9 m³


chacune, destinées à recevoir les différents granulats nécessaires à la
fabrication du BCR (sables, gravillons, graviers et cailloux). Ces matériaux
sont automatiquement alimentés dans un malaxeur horizontal de type Pugmill.
− Le ciment est stocké dans huit silos, chacun ayant une capacité de 120 tonnes,
permettant ainsi une grande autonomie de production.
− Système automatisé de contrôle et d’enregistrement permet de suivre en temps
réel les paramètres de production (dosages, humidité, température, débit).

Figure 73 : Centrale de production BCR du barrage Beni Azimane.

G1
0/3.15 G3 G2
0/4

Figure 74 : Trémies des agrégats de la CAB-BCR.

Mémoire de projet de fin d’études 125


Chapitre V : Suivi d’exécution des travaux de
construction du barrage

En parallèle, un bassin principal de stockage d’eau d’une capacité de 2500 m³ assure


l’approvisionnement en eau de gâchage. Pour répondre aux besoins spécifiques de
refroidissement, en particulier pendant les périodes chaudes, un bassin d’eau froide de 50 m³
est associé à un système de refroidissement par Chiller, garantissant ainsi que la température du
mélange reste conforme aux normes de mise en œuvre du BCR
(images)
Le transport du BCR de la CAB-BCR au site de mise en œuvre s'effectue principalement
de deux manières :

− Tapis convoyeurs (Rotec) : Utilisés pour les distances modérées, ils assurent un
acheminement continu et rapide, évitant la compaction prématurée du BCR.
− Camions bennes : Nécessaires pour les zones inaccessibles aux convoyeurs, le
chargement du BCR se fait via un Swinger et le transport jusqu'à la trémie de
déchargement ou directement sur la couche.

Tapis convoyeur

Figure 75 : Transport du BCR de la centrale du BCR vers le site de mise en œuvre.

2.2. Production et transport du BCV

La production du Béton (BCV) est assurée par une centrale à béton automatique de type
MEKA 120. Cette centrale est directement alimentée par la Station de Traitement des Matériaux
(STM), garantissant ainsi les quantités des matériaux entrant dans la composition des bétons.
Les composants principaux de la CAB sont :

− 6 casiers à granulats couverts, de 10 m³ chacun, adaptés aux différentes


granulométries.

Mémoire de projet de fin d’études 126


Chapitre V : Suivi d’exécution des travaux de
construction du barrage

− 3 silos à ciment de 120 tonnes chacun, offrant une grande autonomie.


− 1 bac d’essai de 1 m³ pour les tests de formulation (épreuves de convenance).
− Une plateforme bétonnée pour le stockage tampon et la manœuvre des engins.
− un système de refroidissement par eau est prévu pour réguler la température du
béton, particulièrement en période chaude.
− Un système informatisé assurant la régularité des formulations (ciment,
granulats, adjuvants, eau).

Figure 76 : Centrale de production de BCV du barrage Beni Azimane.

Le béton frais est transporté depuis la centrale jusqu’aux zones de mise en œuvre à l’aide
des camions malaxeurs (toupies) de capacité 10 m³, adaptés pour maintenir la consistance et
empêcher toute ségrégation pendant le transport.

Figure 77 : Camion malaxeur (toupie) pour le transport du BCV.

Mémoire de projet de fin d’études 127


Chapitre V : Suivi d’exécution des travaux de
construction du barrage

3. Mise en place des bétons

La mise en œuvre des bétons sur la digue principale est réalisée selon une cinématique
rigoureuse, faisant appel à des moyens matériels adaptés à chaque étape du processus, pour
garantir la qualité et la durabilité des levées.
La première étape consiste à nettoyer la surface de fondation ou de la levée précédente, à
l'air et à l'eau sous pression (0,7 MPa) avec équipement spécialisé (compresseurs, camions,
Bobcat). Pour les fouilles, séchage et régularisation sont aussi effectués.

Figure 78 : Sifflage et nettoyage de la surface de reprise.

Après le nettoyage de la surface, une fine couche de béton de liaison (B16/20), d'environ
2 cm d'épaisseur, est préparée à l'aide d'un malaxeur. Ce mortier de liaison est ensuite
uniformément réparti sur la zone d'application à l'aide de mini-chargeuses Bobcat S130.
Immédiatement après, le béton conventionnel vibré (BCV) est mis en place au parement, avec
un vibrage intensif à l’aide de vibrateurs à air comprimé, jusqu’au reflue du mortier.
Parallèlement, le béton compacté au rouleau (BCR) est transporté de la centrale à la zone de
travail, puis étalé et réglé par bulldozer D6.

Mémoire de projet de fin d’études 128


Chapitre V : Suivi d’exécution des travaux de
construction du barrage

Figure 79 : Transport, étalage et compactage du BCR.

Une fois le BCR étalé, Le BCR est compacté dans l’heure suivant le gâchage (ou 45 min
si T° > 20°C) à l’aide de compacteurs vibrants lourds (8 passes croisées, recouvrement de 15
cm). Les première et dernière passes sont sans vibration. En zones étroites, on utilise des
compacteurs légers ou plaques vibrantes. L’épaisseur de 30 cm est contrôlée
topographiquement avec une précision de ±1 cm.

4. Exécution des joints

4.1. Joints de contraction

Les joints de contraction , sont conçus pour maîtriser les fissures dues au retrait thermique
du BCR. Deux types sont mis en œuvre :

− Joints amorcés : réalisés depuis le parement amont, sur une largeur courtes.
− Joints traversants : exécutés sur toute la largeur du massif, de l’amont vers
l’aval.

Ces joints, d’une largeur de 2 cm, sont creusés à l’aide d’un compresseur, puis remplis de
sable sec afin de permettre les mouvements différentiels du béton sans engendrer de contraintes
internes.

Mémoire de projet de fin d’études 129


Chapitre V : Suivi d’exécution des travaux de
construction du barrage

Figure 80 : Mise en œuvre d’un joint de contraction.

4.2. Joints waterstop

Les joints WATERSTOP en caoutchouc, d'une longueur de 35 cm, sont utilisés pour
assurer l'étanchéité entre les différentes sections de béton compacté au rouleau (BCR). Ces
joints sont renforcés par un ferraillage localisé pour garantir leur résistance mécanique et leur
performance à long terme.
De plus, un trou de drainage d'un diamètre de 200 mm est prévu à proximité des joints
WATERSTOP afin de faciliter l'évacuation de l'eau et prévenir toute accumulation d'humidité

Figure 81 : Mise en œuvre du joints waterstop.

Mémoire de projet de fin d’études 130


Chapitre V : Suivi d’exécution des travaux de
construction du barrage

4.3. Joints horizontaux

Les joints horizontaux, aussi appelés joints de construction, apparaissent entre deux
couches successives de Béton Compacté au Rouleau (BCR). Leur classification repose sur le
temps écoulé et la température moyenne enregistrée entre la mise en place de deux levées
successives, ce qui permet de définir un facteur de maturité noté DT (exprimé en °C·h). Ce
facteur est obtenu en multipliant la durée d’exposition (en heures) par la température moyenne
durant cette période.
Selon ce critère, les joints sont répartis en quatre catégories :
− Joint froid type 1 : lorsque la couche suivante est mise en œuvre après un facteur
DT supérieur à 250 °C·h, mais dans un délai inférieur à 36 heures.
− Joint froid type 2 : lorsque le recouvrement intervient après un délai supérieur à
36 heures.
− Joint froid type 3 : lorsque l’intervalle dépasse 7 jours.
− Joint chaud : tout joint qui ne relève d’aucune des trois situations précédentes.

Afin d’évaluer précisément le facteur DT, des thermomètres avec enregistrement


automatique horaire sont installés sur le chantier, à proximité immédiate de la zone de
bétonnage. Ces dispositifs permettent de calculer la température moyenne effective et ainsi
d’identifier la catégorie de joint à considérer.

5. Cure du béton et traitement des surfaces de reprise

Pour le BCV, la cure commence dès le décoffrage ou la fin du coulage, selon le cas, et
consiste à maintenir le béton humide pour assurer un durcissement optimal et éviter les
fissurations. Cela se fait par arrosage continu ou, parfois, par application d’enduit de cure
(interdite sur les reprises et les joints). Les surfaces de reprise sont traitées peu après le début
de prise par jet d’eau sous pression ou désactivant de surface, afin d’éliminer la laitance et
exposer les granulats.
Pour le BCR, la cure se fait entre les levées par arrosage continu pour préserver l’humidité
en surface jusqu’à la mise en place de la couche suivante. Le traitement de la surface consiste
en un nettoyage minutieux (soufflage, lavage ou brossage) pour éliminer les particules libres et
garantir une bonne liaison entre les couches compactées.

Mémoire de projet de fin d’études 131


Chapitre V : Suivi d’exécution des travaux de
construction du barrage

6. Contrôle qualité et essais

6.1. Essais sur béton frais

Le contrôle du béton frais commence par la mesure de la température du béton et de


l’ambiance. Une température supérieure à 30 °C peut provoquer des prises prématurées, et
inférieure à 5 °C est proscrite en hiver. La température ambiante ne doit pas dépasser 35 °C,
selon le CPS.
Pour le béton compacté vibré (BCV), l’essai d’affaissement (Slump test) évalue la
consistance, tandis que pour le béton compacté au rouleau (BCR), le temps Vébé doit être
inférieur à 25 secondes pour mesurer l’ouvrabilité.
La teneur en eau du BCR est contrôlée sur site avec un gammadensimètre, qui mesure
aussi la densité humide et sèche, permettant de calculer l’indice de compactage, qui doit être
supérieur à 95 %, avec une moyenne des 20 derniers essais de 99 %.
Des analyses granulométriques sont réalisées avant malaxage et après compactage pour
vérifier la courbe granulométrique et garantir la compacité, la stabilité et l’homogénéité du
mélange, conformément au CPS.

6.2. Essais sur béton durci

Une fois durci, le béton est soumis à des essais mécaniques pour évaluer sa résistance et
sa durabilité. Des essais de compression sont réalisés sur des éprouvettes cylindriques à 7, 28
et 90 jours. Pour le BCR, la résistance minimale exigée est de 10 MPa à 90 jours. Des essais de
traction indirecte mesurent la cohésion du matériau, avec une résistance minimale de 1,0 MPa
à 90 jours.
La durabilité du BCR est vérifiée par des essais de perméabilité. Un essai en laboratoire
est effectué sur des éprouvettes prélevées sur chantier, où une pression d’eau est appliquée pour
mesurer le débit de percolation.
Un essai in situ de type Lugeon est réalisé en forage pour mesurer la perméabilité réelle
du BCR. L’unité Lugeon, exprimant le débit d’infiltration sous pression, permet d’identifier les
zones perméables et de contrôler l’efficacité du compactage sur le terrain.

Mémoire de projet de fin d’études 132


Chapitre V : Suivi d’exécution des travaux de
construction du barrage

Figure 82 : Essai de perméabilité en unité Lugeon.

6.3. Contrôle qualité

En parallèle de l’avancement des travaux de bétonnage, un suivi rigoureux du contrôle


qualité est assuré, sous la supervision du responsable qualité, afin de garantir la conformité aux
normes techniques et aux exigences du projet. Ce contrôle s’applique notamment aux points
suivants :
− La réception du coffrage et du ferraillage avant bétonnage
− La vérification de la mise en place du joint water-stop
− La conformité du béton livré à la catégorie prévue et au résultat du cône
d’Abrams
− Le contrôle des températures ambiante et du béton au moment du coulage
− Le respect de la hauteur de chute du béton (inférieure à 1,50 m)
− Le délai entre la fabrication et le coulage du béton
− Le traitement conforme des reprises de bétonnage
− L’adoption d’un système de cure après chaque phase de bétonnage

L’absence de certaines de ces vérifications ou le non-respect des critères peut conduire à


l’ouverture d’une fiche de non-conformité, conformément aux procédures du plan d’assurance
qualité (PAQ).

Mémoire de projet de fin d’études 133


Chapitre V : Suivi d’exécution des travaux de
construction du barrage

III. Travaux de remblais sur les rives

1. Mode d’extraction, préparation et stockage des matériaux

L’extraction des matériaux de remblai est réalisée mécaniquement à l’aide d’engins tels
que pelles hydrauliques, bulldozers ou scrapers, en fonction de la nature du matériau et de la
topographie de la zone d’emprunt. Il est impératif de respecter la stratigraphie naturelle,
notamment en décapant systématiquement la couche organique pour éviter toute contamination.
Un tri préalable est effectué pour les enrochements et blocs de rip-rap afin de les classer selon
leur usage final (fondation, parement, talus, etc.).

Figure 83 : Décapage et extraction des argiles au niveau de la zone d’emprunt.

Après extraction, les matériaux sont préparés selon leur nature afin de garantir
l’homogénéité des couches, la stabilité structurelle et les caractéristiques hydrauliques du
remblai. Les matériaux fins (argiles, limons) subissent un malaxage et un arrosage à l’aide de
camions-citernes directement sur la zone d’emprunt, dans le but d’atteindre l’humidité optimale
déterminée par les essais Proctor. Un pré-étalement à la niveleuse permet de briser les mottes
et d'améliorer leur plasticité.
Les matériaux granulaires (alluvions, filtres, drains) peuvent être criblés ou lavés pour
ajuster leur courbe granulométrique. Une attention particulière est portée à la préservation de
cette granulométrie durant le transport et le déchargement, en limitant les hauteurs de chute.
Pour les matériaux sensibles à la ségrégation, comme les filtres et drains, un équipement
spécifique est requis pour un épandage contrôlé. Les enrochements, quant à eux, sont manipulés
avec précaution à l’aide de pelles mécaniques ou de chargeurs pour éviter toute fracture.

Mémoire de projet de fin d’études 134


Chapitre V : Suivi d’exécution des travaux de
construction du barrage

Le transport des matériaux est assuré par camions adaptés selon leur nature. Les
matériaux sensibles (fins, granulaires) sont manipulés avec précaution pour éviter
dessèchement et ségrégation. Des équipements spécifiques assurent un épandage homogène des
filtres et drains. Les pistes sont arrosées régulièrement pour limiter la poussière et assurer la
sécurité.

2. Mise en place des remblais

La mise en place des remblais s’effectue par couches successives, continues, parallèles à
l’axe de la crête pour la digue principale et parallèles au ailes pour les cordons drainants , de
manière homogène d’une rive à l’autre, conformément aux prescriptions techniques du CPS.
Les matériaux argileux (Zone 1), destinés au noyau central étanche, sont mis en œuvre
avec rigueur pour garantir une parfaite compacité et une étanchéité durable. Les couches sont
déposées horizontalement, avec une épaisseur maximale de 30 cm après compactage.

Epaisseur de couche : 30 cm
Nombre de passes : 8 passes
Densité sèche : 1.75 t/m³

Figure 84 : Emplacement du noyau argileux (zone 1).

Lorsque la mise en œuvre de la couche suivante est réalisée sans retard, un simple
arrosage de la surface suffit à assurer une bonne liaison. En revanche, si un délai important s’est
écoulé entre deux levées, une scarification mécanique est impérativement réalisée à la
niveleuse, à la pelle ou au ripper léger, afin de désagréger la surface sur quelques centimètres
et de restaurer l’adhérence.

Mémoire de projet de fin d’études 135


Chapitre V : Suivi d’exécution des travaux de
construction du barrage

Figure 85 : Scarification mécanique d'une ancienne couche d’argile.

Chaque couche est ensuite humidifiée à la teneur optimale puis compactée à l’aide de
rouleaux à pieds dameurs statiques. Dans les zones restreintes ou techniques (fondations,
capteurs), le compactage est effectué à la dame mécanique, en fines passes successives .

Bulldozer D6

Compacteur à pied
dameur

Figure 86 : Arrosage, étalage au bulldozer et compactage au rouleau à pieds dameurs.

Les matériaux alluvionnaires, filtres et drains (Zones 2, 3 et 4) sont mis en place par
couches de 60 cm après compactage. L’étalement est réalisé par niveleuse, en veillant à éviter
toute ségrégation, notamment dans les matériaux filtrants. L’humidité est ajustée par arrosage
ou par essorage en attente, selon les conditions climatiques et les résultats des essais. Le
compactage est effectué à l’aide de rouleaux vibrants mi-lourds, de manière à atteindre la
densité requise tout en évitant la production de fines, notamment pour préserver la perméabilité
des filtres et des drains.

Mémoire de projet de fin d’études 136


Chapitre V : Suivi d’exécution des travaux de
construction du barrage

Epaisseur de couche : 60 cm
Nombre de passes : 2 passes
Densité sèche : 1.90 t/m³
Epaisseur de couche : 60 cm
Nombre de passes : 2 passes
Densité sèche : 1.90 t/m³
Epaisseur de couche : 60 cm
Nombre de passes : 4 passes
Densité sèche : 2 t/m³

Figure 87 : Emplacement du filtre et drain (zones 2 et 3).

Epaisseur de couche : 60 cm
Nombre de passes : 6 passes
Densité sèche : 2.30 t/m³

Figure 88 : Emplacement des alluvions (zone 4).

Les enrochements (Zone 5) sont installés en couches d’un mètre d’épaisseur. Les blocs
sont déposés mécaniquement à l’aide de pelles hydrauliques ou de chargeurs lourds, puis
compactés à l’aide de compacteurs à pneus ou de rouleaux vibrants adaptés aux matériaux
grossiers. Les blocs de grande dimension (> 800 mm) sont utilisés en parement aval. Le calage
des blocs est réalisé de manière à assurer un bon emboîtement et une stabilité structurelle.
Le Rip-rap (Zone 6), posé sur le parement amont, n’est pas compacté de manière
classique, car sa surface est inclinée. La compression du matériau est assurée naturellement
sous l’effet de la gravité et par arrangement mécanique au godet de pelle, en positionnant les

Mémoire de projet de fin d’études 137


Chapitre V : Suivi d’exécution des travaux de
construction du barrage

gros blocs de façon à assurer la stabilité du talus et à remplir les vides avec des blocs plus petits.
Cette méthode vise à garantir à la fois la résistance à l’érosion et un aspect régulier du parement.

Epaisseur de couche : 100 cm Epaisseur de couche : 100 cm


Nombre de passes : 6 passes Dmin : 400mm
Densité sèche : 2.20 t/m³

Figure 89 : Vue comparative des enrochements (zone 5) et des rip-rap (zone 6).

3. Contrôle qualité et essais

Le contrôle qualité des matériaux de remblais commence par des essais en laboratoire
permettant de caractériser leurs propriétés physiques et mécaniques. Les limites d’Atterberg
déterminent la plasticité des sols fins, tandis que la teneur en eau naturelle se mesure par séchage
à l’étuve afin de contrôler l’humidité avant compactage. La valeur au bleu de méthylène (VBS)
détecte la présence d’argiles actives, susceptibles d’affecter la stabilité des remblais.
L’essai Proctor, normal ou modifié, définit la densité sèche maximale et l’humidité
optimale du matériau. Ces paramètres servent de référence pour le compactage sur site, qui doit
atteindre un indice de compactage supérieur ou égal à 100 %. La granulométrie des matériaux
s’analyse avant mise en œuvre pour vérifier une distribution conforme aux spécifications,
notamment un coefficient d’uniformité inférieur à 20 et une teneur en fines adaptée selon le
type de matériau.
La perméabilité des matériaux se contrôle afin de garantir l’étanchéité du noyau et la
bonne filtration dans les couches de filtres et drains. Pour les enrochements, des essais
mécaniques spécifiques sont réalisés, notamment les tests Los Angeles (LA) et Micro-Deval
(MD), qui évaluent respectivement la résistance à l’usure par choc et par frottement humide.
Ces essais assurent la durabilité des blocs face aux sollicitations mécaniques.

Mémoire de projet de fin d’études 138


Chapitre V : Suivi d’exécution des travaux de
construction du barrage

Figure 90 : Mesure in situ de la perméabilité des couches de filtre et d’alluvions.

Sur le chantier, la teneur en eau se contrôle et s’ajuste régulièrement par arrosage ou


essorage pour atteindre les conditions optimales d’un compactage efficace. Le compactage
s’effectue couche par couche à l’aide de rouleaux vibrants ou de dames mécaniques, selon les
matériaux et les zones. Des essais in situ vérifient la densité sèche obtenue (méthode au sable,
densitomètre à membrane...), avec un objectif fixé à au moins 100 % de la densité maximale
déterminée en laboratoire.

Figure 91 : Mesure de la densité par densitomètre à membrane.

IV. Ouvrages annexes et équipements électromécaniques

1. Ouvrages hydrauliques principaux : DP, VDF et EVC

1.1. Exécution des pertuis de la DP

L’exécution de la dérivation provisoire (DP) a été achevée durant les premières phases
du chantier. Les étapes essentielles ont compris :

Mémoire de projet de fin d’études 139


Chapitre V : Suivi d’exécution des travaux de
construction du barrage

− La dérivation de l’oued dans le chenal en rive gauche (RG)


− La réalisation du pertuis de dérivation en rive droite (RD) et la mise en place des
batardeaux
− La dérivation de l’oued à travers le pertuis pour permettre le lancement des
travaux en zone noyée

Cette dérivation a assuré la protection des zones de terrassement et des fondations contre
toute montée des eaux, permettant ainsi l’exécution des travaux dans de bonnes conditions de
sécurité et de stabilité.

Figure 92 : Archives photos des travaux d’exécution de la DP.

Figure 93 : État actuel de la DP après sa mise en service.

Mémoire de projet de fin d’études 140


Chapitre V : Suivi d’exécution des travaux de
construction du barrage

Durant notre période de stage, le oued Kert a connu une crue importante au niveau du
barrage, qui a été évacuée avec succès à travers les pertuis de la DP, démontrant ainsi son
efficacité.

06/03/2025

Figure 94 : Fonctionnement de la DP lors de la crue.

1.2. Exécution de la VDF

Les travaux d’exécution de la vidange de fond (VDF) ont été réalisés en plusieurs phases,
combinant des opérations de génie civil avec l’installation d’équipements hydromécaniques.
Une fois le niveau requis atteint avec le béton compacté au rouleau (BCR), un radier en
béton B23 d’une épaisseur de 60 cm a été coulée. Des pré-scellés y ont été intégrés, permettant
la soudure des supports métalliques destinés à recevoir la conduite principale de la VDF.

Figure 95 : Mise en place des pré-scellés destinés à la soudure des supports.

Mémoire de projet de fin d’études 141


Chapitre V : Suivi d’exécution des travaux de
construction du barrage

Par la suite, la conduite métallique cylindrique, constituant le fût de la VDF, a été mise
en place sur les supports, avec un contrôle topographique rigoureux afin de garantir son
alignement et son positionnement précis.

Figure 96 : Mise en place de la conduite métallique de la VDF.

Par la suite, les équipements suivants ont été installés :

− À l’entrée de la VDF, un entonnoir d’admission a été installé, suivi du batardeau,


qui permet d’assurer une fermeture temporaire pendant les travaux ou lors des
opérations de maintenance.
− La vanne wagon de garde, la vanne de réglage à glissières et le by-pass ont été
installés dans la chambre des vannes, située en aval de la conduite.

Vanne de réglage à
glissières

Vanne Wagon
de garde

Entonnoir

By-pass

Figure 97 : Installation des équipements hydromécaniques de la VDF.

Mémoire de projet de fin d’études 142


Chapitre V : Suivi d’exécution des travaux de
construction du barrage

Par la suite, le bétonnage de l’ensemble de l’ouvrage de vidange a été réalisé à l’aide du


béton B31.5/27, répondant aux exigences de résistance et de durabilité propres aux ouvrages
hydrauliques.
A la sortie de vidange, une cuillère dissipatrice a été mise en œuvre. Celle-ci a nécessité
la réalisation d’ancrages, destinés à la fixation du ferraillage avant le bétonnage. Cette structure
permet de dissiper efficacement l’énergie de l’eau évacuée et de prévenir l’érosion en aval.

1.3. Exécution de l’EVC

➢ Coursier

L’exécution du coursier en marches d’escalier a débuté par la mise en place soignée du


coffrage, suivie du ferraillage selon les plans d’exécution, utilisant des barres d’acier HA de
diamètres 12, 14 et 16 mm, ligaturées et ancrées conformément aux exigences techniques. Le
bétonnage a été réalisé en deux phases distinctes : d’abord la marche de 1,35 m, puis la
contremarche de 1,50 m, à l’aide d’un béton vibré de classe B31.5/27, mis en place par malaxeur
toupie et vibré manuellement à l’aiguille pour garantir une bonne compacité.
Les surfaces de reprise ont été soigneusement traitées conformément aux prescriptions
techniques pour assurer une bonne adhérence entre les différentes phases de bétonnage. La cure
du béton a été réalisée selon le même procédé que celui adopté pour les autres structures du
projet, garantissant ainsi la durabilité de l’ouvrage. Le Béton Compacté au Rouleau (BCR) a
ensuite été mis en œuvre en appui direct sur la structure en marches d’escalier, assurant une
continuité mécanique et une résistance optimale à l’érosion hydraulique.

Figure 98 : Ferraillage et bétonnage des gradins de l’EVC.

Mémoire de projet de fin d’études 143


Chapitre V : Suivi d’exécution des travaux de
construction du barrage

Les surfaces de reprise ont été soigneusement traitées conformément aux prescriptions
techniques pour assurer une bonne adhérence entre les différentes phases de bétonnage. La cure
du béton a été réalisée selon le même procédé que celui adopté pour les autres structures du
projet, garantissant ainsi la durabilité de l’ouvrage. Le BCR est mis en œuvre en appui direct
sur la structure en marches d’escalier, assurant une continuité mécanique et une résistance
optimale à l’érosion hydraulique.

➢ Bassin de dissipation

L’exécution du bassin de dissipation a débuté par la réalisation des ancrages sur le BCR,
effectuée à l’aide d’un engin de perforation, conformément aux plans d’exécution et sous
contrôle topographique. Les barres d’acier à haute adhérence ont ensuite été scellées au moyen
d’un coulis de ciment pur (E/C = 0,5).

Figure 99 : Mise en place des aciers d’ancrages.

Le ferraillage du radier, conforme aux plans d’exécution, comprend une nappe supérieure
fixée aux ancrages réalisés préalablement.. Des joints water-stop et des goujons assurent
l’étanchéité et la continuité entre les plots. Le bétonnage du radier a été réalisé avec un béton
B31.5/27, à l’aide d’un tapis convoyeur, avec vibration mécanique et respect de la hauteur de
chute.

Mémoire de projet de fin d’études 144


Chapitre V : Suivi d’exécution des travaux de
construction du barrage

Figure 100 : Bétonnage du radier d’un plot du bassin de dissipation.

L’exécution du bassin de dissipation s’est effectuée par plots. De la même manière, le


seuil final a été réalisé selon la même procédure : forage et scellement des ancrages, ferraillage,
coffrage et bétonnage avec un béton B31.5/27.

Figure 101 : Mise en place du ferraillage et du coffrage d’un plot du seuil final.

➢ Murs bajoyers

Les murs bajoyers droit et gauche du barrage Beni Azimane sont réalisés en contact direct,
d’une part avec le coursier de l’EVC, et d’autre part avec le bassin de dissipation. Au niveau du
coursier, le ferraillage de la semelle est mis en place en recouvrement avec celui des gradins de
l’évacuateur pour assurer une liaison structurelle solide et une stabilité optimale de l’ensemble.

Mémoire de projet de fin d’études 145


Chapitre V : Suivi d’exécution des travaux de
construction du barrage

Figure 102 : Coffrage et ferraillage des semelles et voiles des murs bajoyers en contact avec le
coursier.

Du côté bassin, des ancrages similaires sont mis en œuvre afin d’assurer la cohésion
structurelle entre les murs bajoyers et le bassin de dissipation. Cette opération est suivie par la
mise en place du ferraillage de la semelle. Le bétonnage des semelles, ainsi que des voiles, est
réalisé à l’aide d’un béton de type B31.5/27, mis en place à l’aide d’une benne à béton
suspendue à une grue à tour ou à un manitou-grue. Une attention particulière est portée au
respect d’une hauteur de chute inférieure à 1,5 mètre, afin de prévenir toute ségrégation du
béton. Le bétonnage des murs bajoyers sera effectuer par plots successifs, conformément aux
plans d’exécution et aux prescriptions techniques en vigueur.

Figure 103 : Coffrage et ferraillage des voiles de murs bajoyers.

Mémoire de projet de fin d’études 146


Chapitre V : Suivi d’exécution des travaux de
construction du barrage

2. Prise d’eau pour AEP et irrigation

L’exécution des prises agricoles et AEP (alimentation en eau potable) a été réalisée en
amont du barrage, en suivant une démarche similaire à celle appliquée pour la VDF. Implantées
à la cote 503.00, les prises ont nécessité dans un premier temps la mise en place de pré-scellés,
suivie du coulage d’un petit radier en béton. Une fois le radier mis en place, les supports ont été
soudés, servant d'appui à l’installation des conduites.

Figure 104 : Mise en place des pré-scellés, Bétonnage du radier et installation des supports.

Cinq prises ont été posées : une pour l’irrigation (Ø1200) et quatre pour l’AEP (Ø600).
Les conduites sont prolongées vers la chambre des vannes, avec des soudures assurant
l’étanchéité. Les quatre conduites AEP convergeront vers une conduite maîtresse Ø800, qui sera
équipée de vannes de régulation pour un contrôle indépendant. La conduite d’irrigation sera
également raccordée à une conduite Ø800 avec vannes de réglage. Ces vannes seront installées
ultérieurement. L’ensemble du réseau sera soudé pour garantir la continuité hydraulique et la
durabilité.

Mémoire de projet de fin d’études 147


Chapitre V : Suivi d’exécution des travaux de
construction du barrage

Figure 105 : Emplacement prises (AEP et irrigation) depuis l’amont jusqu’à la chambre des vannes.

Par la suite, les deux conduites sont prolongées jusqu’à l’aval du barrage, en direction de
la chambre des vannes de service, qui assurera ultérieurement la gestion de l’alimentation en
eau pour les différents usages. Un béton d’enrobage de type B31.5/27 a ensuite été appliqué
autour des conduites, assurant leur protection mécanique, leur stabilité au sein du corps du
barrage et leur ancrage définitif dans les couches de BCR.

Figure 106 : Mise en place du béton d’enrobage des conduites AEP et agricole.

Les prises d’eau vont être implantées en amont du barrage, inclinées et longeant le talus
amont en BCR. Elles vont remonter progressivement jusqu’à leurs côtes d’entrée respectives :
510 NGM pour la prise agricole, déjà réalisée, et 513, 521, 527 et 533 NGM pour les prises

Mémoire de projet de fin d’études 148


Chapitre V : Suivi d’exécution des travaux de
construction du barrage

destinées à l’AEP, qui seront mises en place ultérieurement. Cette configuration va permettre
de capter l’eau à différents niveaux, assurant ainsi une alimentation continue, quelle que soit la
hauteur de la retenue.

côte d’entrée de la prise


agricole (510 NGM)

Figure 107 : Implantation des prises d’eau sur le talus amont.

Figure 108 : Coupes transversales selon les axes des prises AEP et agricole.

Mémoire de projet de fin d’études 149


Chapitre V : Suivi d’exécution des travaux de
construction du barrage

3. Galerie d’accès au chambre des vannes

La galerie d’accès permet l’entrée vers la chambre des vannes depuis la face aval du
barrage. Elle présente des dimensions de 2,50 m de largeur, 4,10 m de hauteur et environ 83 m
de longueur. Le radier de la galerie est calé à la cote 505.00 NGM. Les travaux ont débuté par
le ferraillage du radier, suivi d’un bétonnage au B31.5/23. Ensuite, un caniveau pour le tirage
des câbles a été réalisé, équipé de cornières en acier laminé ancrées dans le béton, sur lesquelles
repose une tôle de couverture.

Figure 109 : Ferraillage du radier de la galerie d’accès.

Figure 110 : Mise en place du caniveau pour le tirage des câbles.

Les voiles latéraux de la galerie sont réalisés avec le béton de remplissage des couches
de BCR (B31.5/23) à droite et à gauche, assurant une bonne intégration dans le corps du
barrage. Pour obtenir la forme de la galerie, des coffrages sont minutieusement calés de part et

Mémoire de projet de fin d’études 150


Chapitre V : Suivi d’exécution des travaux de
construction du barrage

d’autre avant le coulage du béton, garantissant ainsi la précision des dimensions et la qualité
des parements.

Figure 111 : Réalisation des voiles latéraux de la galerie d’accès.

La dalle de couverture est composée de prédalles préfabriquées sur chantier, de


dimensions 3,10 m de longueur, 1,00 m de largeur et 0,50 m de hauteur. Ces éléments sont
coulés en béton B16/30, puis transportés et posés à l’aide d’une pelle mécanique. Après mise
en place, un béton complémentaire de type B23 est coulé sur l’ensemble afin de solidariser les
prédalles et former la dalle finale.

Figure 112 : Coulage des prédalles préfabriquées sur chantier.

Mémoire de projet de fin d’études 151


Chapitre V : Suivi d’exécution des travaux de
construction du barrage

Figure 113 : Pose des prédalles et réalisation du béton d’enrobage.

Chaque prédalle intègre des précelles, positionnées au milieu des dalles, sur la surface
inférieure desquelles un profil métallique de type HEA360 est soudé. Un monorail sera ensuite
suspendu à ce profil, afin de permettre le transport des équipements électromécaniques (vannes,
outillage …) le long de la galerie d’accès à la chambre des vannes. L’ensemble est dimensionné
pour supporter une charge maximale de 16 tonnes, correspondant au poids desdits équipements.

Figure 114 : Coupe transversale de la galerie d’accès montrant l’emplacement du monorail.

Mémoire de projet de fin d’études 152


Chapitre V : Suivi d’exécution des travaux de
construction du barrage

V. Conclusion

Le suivi rigoureux de l’exécution des travaux de construction du barrage Beni Azimane


met en évidence la complexité technique et l'exigence de qualité requise à chaque étape. De la
sélection minutieuse des matériaux aux méthodes de mise en œuvre du béton compacté au
rouleau (BCR) et des remblais, toutes les opérations ont été réalisées conformément aux
prescriptions techniques et aux normes de qualité et de sécurité.

Mémoire de projet de fin d’études 153


Conclusion générale

À travers ce travail de fin d’études, nous avons mené une démarche structurée autour du
projet de construction du barrage de Beni Azimane, dans la province de Driouch. Cette
démarche s’est articulée autour de quatre axes principaux : la présentation du projet, l’analyse
hydrologique du bassin versant, le dimensionnement hydraulique des ouvrages annexes et le
suivi d’exécution des travaux sur le terrain.

Les résultats obtenus sont globalement conformes aux attentes. La majorité des calculs
réalisés présentent une forte concordance avec ceux du Bureau d’Études Techniques (NOVEC),
ce qui reflète la fiabilité des méthodes utilisées. Par ailleurs, le suivi de chantier a confirmé que
les travaux, notamment ceux liés au BCR et aux remblais, ont été réalisés conformément aux
prescriptions techniques et aux normes de qualité et de sécurité.

Le déroulement du projet n’a pas été sans difficultés. Nous avons dû faire face à des
contraintes géologiques complexes, des aléas géotechniques perturbant certaines phases, ainsi
qu’à des défis de coordination entre les différents intervenants. Ces obstacles ont été autant
d’occasions de développer des compétences d’adaptation, de communication et de gestion, ainsi
que des aptitudes en négociation qui nous seront utiles dans notre parcours professionnel.

Sur le plan personnel, cette expérience nous a permis d’approfondir nos connaissances
techniques, d’appliquer des outils comme ArcGIS et HYFRAN Plus, et de mieux appréhender
les réalités d’un chantier de grande envergure. Grâce à l’encadrement de la société SBTX, nous
avons évolué dans un environnement professionnel rigoureux, renforçant notre sens de
l’organisation, notre autonomie et notre capacité à travailler en équipe.

Ce travail ouvre la voie à plusieurs pistes d’approfondissement : étude dynamique du


barrage face aux séismes, évaluation à long terme de la performance des matériaux, ou analyse
des données d’auscultation. Il pourrait aussi être complété par une réflexion sur la valorisation
énergétique et écologique de l’ouvrage, dans une optique de durabilité.

En somme, ce projet nous a permis de mettre en œuvre nos acquis théoriques tout en
développant des compétences transversales essentielles. Il représente une réelle opportunité
d’évolution, susceptible de nous ouvrir des portes dans le monde professionnel et de guider
notre trajectoire en tant que futurs ingénieurs hydrauliques.
Bibliographie et webographie
[1] Site officiel de SBTX : [Link]
[2] Construction du barrage Beni Azimane dans la province de Driouch – Appel d’offres
n°86/2020/DAH – Dossier de consultation des entreprises – Cahier des prescriptions
spéciales, Pièce 2B : Clauses techniques. Royaume du Maroc, 2020.
[3] "Novec, CDG Développement", Étude de conception du barrage Beni Azimane dans
la province de Driouch – Pièce 1 : Mémoire descriptif et justificatif.
[4] "Novec, CDG Développement", Note de synthèse géologique et géotechnique
[5] TAHIRI Zakaria, cours de barrages en béton. École Nationale des Sciences Appliquées
d’Alhoceima .
[6] LEHBAB, Dr., et BOUKEZZI ZAKIA, Les barrages en remblai de terre. Polycopié,
Département d’Hydraulique, Faculté d’Architecture et de Génie Civil, Université des
Sciences et de la Technologie d’Oran Mohamed BOUDIAF
[7] ZIAN, Ahmed. Manuel d’hydrologie générale. École Nationale des Sciences
Appliquées d’Al Hoceima, 62p.
[8] [Link]
[9] OUAHIDY, Amina, et CHOUKRI, Maria. Étude hydro-pluviométrique et estimation
des débits de pointe du bassin versant de la Rheraya (Maroc). Université Cadi Ayyad,
Faculté des Sciences et Techniques, Année universitaire 2017/2018, 52 pages.
[10] HERCHEM Yousra, et LAAREJ Sara, Étude de la conception et de la stabilité du
barrage Boutious dans la province de Zagora. Mémoire de Projet de fin d’études, ,
École Nationale des Sciences Appliquées d’Oujda, Année universitaire 2015/2016.
[11] TAHIRI, Zakaria. Polycopié de travaux pratiques : Barrages en béton. École Nationale
des Sciences Appliquées d’Al Hoceima.
[12] Chanson, H. (2004), The Hydraulics of Open Channel Flow: An Introduction.
[13] Bureau of Reclamation, Design of Small Dams, 3ᵉ édition, U.S. Government Printing
Office, Washington D.C., 1987.
[14] Boes, R. M. (2002). Hydraulic design of stepped spillways for RCC dams. Proceedings
of the 2002 International Conference on Roller Compacted Concrete Dam
Construction in the Middle East, 388-399. Laboratory of Hydraulics, Hydrology and
Glaciology, Swiss Federal Institute of Technology, Zurich, Switzerland.
Annexes
Annexe 1 : Précipitations maximales journalières enregistrées à la station
de TAMELLAHT

Année Pjmax (mm) Année Pjmax (mm)


1970 71.2 1986 59.0
1971 76.6 1987 84.0
1972 87.0 1988 36.0
1973 108.0 1989 100.2
1974 123.2 1990 51.8
1975 93.8 1991 79.8
1976 80.0 1992 42.0
1977 65.8 1993 167.8
1978 36.4 1994 106.0
1979 49.0 1995 30.6
1981 50.0 1996 48.6
1982 25.0 1997 68.0
1983 42.0 2005 88.4
1984 37.6 2006 98.4
1985 60.0 2007 44.8
2008 26.4

Paramètre Valeur
Nombre d'années 32
Minimum (mm) 25
Moyenne (mm) 68.43
Maximum (mm) 167.80
Écart-type (mm) 5.85
Annexe 2 : Tri des précipitations journalières et calcul des variables
réduites

Station TAMELLAHT

Année hydrologique Pjmax Rang F U

1982 25 1 0.02 -1.43


2008 26.4 2 0.05 -1.12
1995 30.6 3 0.08 -0.94
1988 36 4 0.11 -0.79
1978 36.4 5 0.14 -0.67
1984 37.6 6 0.17 -0.57
1983 42 7 0.20 -0.47
1992 42 8 0.23 -0.37
2007 44.8 9 0.27 -0.28
1996 48.6 10 0.30 -0.19
1979 49 11 0.33 -0.11
1981 50 12 0.36 -0.02
1990 51.8 13 0.39 0.06
1980 52.4 14 0.42 0.15
1986 59 15 0.45 0.23
1985 60 16 0.48 0.32
1977 65.8 17 0.52 0.41
1997 68 18 0.55 0.50
1970 71.2 19 0.58 0.60
1971 76.6 20 0.61 0.70
1991 79.8 21 0.64 0.81
1976 80 22 0.67 0.92
1987 84 23 0.70 1.04
1972 87 24 0.73 1.18
2005 88.4 25 0.77 1.32
1975 93.8 26 0.80 1.48
2006 98.4 27 0.83 1.67
1989 100.2 28 0.86 1.89
1994 106 29 0.89 2.16
1973 108 30 0.92 2.51
1974 123.2 31 0.95 3.04
1993 167.8 32 0.98 4.15
Annexe 3 : Détermination du Coefficient Cp débits journaliers et
instantanés maximaux enregistrés à la station TAMELLAHT

Station TAMELLAHT

Année Qimax (m³/s) Qjmax (m³/s) Cp

1973 22.40 16.00 1.40


1974 28.69 15.10 1.90
1975 2095.00 838.00 2.50
1976 1064.00 280.00 3.80
1977 117.70 107.00 1.10
1978 81.90 63.00 1.30
1979 217.30 207.00 1.05
1980 30.80 22.00 1.40
1981 68.64 26.40 2.60
1982 171.00 114.00 1.50
1983 534.40 334.00 1.60
1984 273.00 130.00 2.10
1985 351.00 135.00 2.60
1986 343.20 264.00 1.30
1987 1596.00 140.00 11.40
1988 0.68 0.40 1.70
1989 67.50 45.00 1.50
1990 5.60 4.00 1.40
1991 6.15 2.90 2.12
1992 3.71 1.90 1.95
1993 6.21 2.70 2.30
1994 9.84 4.10 2.40
1995 4.32 3.60 1.20
1996 90.27 17.70 5.10
1997 120.90 39.00 3.10
Moyenne 2.41
Annexe 4 : Résultats de l’hydrogramme de crue des différentes périodes de
retours

Temps
Q10 Q20 Q50 Q100 Q1000 Q10000
(h)
0 0 0 0 0 0 0
0.60 0.11 0.16 0.22 0.27 0.35 0.44
1.20 4.02 5.60 7.78 9.33 12.44 15.55
1.80 25.13 35.00 48.61 58.34 77.78 97.23
2.40 77.50 107.93 149.91 179.89 239.85 299.81
3.01 162.25 225.96 313.84 376.60 502.14 627.67
3.61 265.89 370.29 514.30 617.16 822.88 1028.59
4.21 367.97 512.45 711.73 854.08 1138.78 1423.47
4.81 449.97 626.65 870.35 1044.42 1392.56 1740.70
5.41 500.64 697.21 968.35 1162.02 1549.36 1936.70
6.01 517.00 720.00 1000.00 1200.00 1600.00 2000.00
6.61 502.65 700.02 972.25 1166.70 1555.61 1944.51
7.21 464.97 647.54 899.36 1079.23 1438.98 1798.72
7.82 412.50 574.46 797.87 957.44 1276.59 1595.73
8.42 353.14 491.81 683.06 819.68 1092.90 1366.13
9.02 293.19 408.32 567.11 680.53 907.37 1134.21
9.62 237.00 330.06 458.42 550.10 733.47 916.83
10.22 187.13 260.61 361.96 434.35 579.13 723.91
10.82 144.71 201.54 279.91 335.89 447.86 559.82
11.42 109.86 152.99 212.49 254.98 339.98 424.97
12.02 82.02 114.22 158.64 190.37 253.82 317.28
12.63 60.32 84.00 116.67 140.01 186.68 233.35
13.23 43.76 60.95 84.65 101.58 135.44 169.30
13.83 31.36 43.67 60.66 72.79 97.05 121.31
14.43 22.22 30.94 42.97 51.57 68.76 85.95
15.03 15.58 21.69 30.13 36.16 48.21 60.26
15.63 10.82 15.06 20.92 25.11 33.48 41.84
16.23 7.45 10.37 14.40 17.28 23.04 28.80
16.83 5.08 7.08 9.83 11.80 15.73 19.66
17.43 3.44 4.79 6.66 7.99 10.65 13.32
18.04 2.32 3.22 4.48 5.37 7.17 8.96
18.64 1.55 2.15 2.99 3.59 4.79 5.99
19.24 1.03 1.43 1.99 2.38 3.18 3.97
19.84 0.68 0.94 1.31 1.57 2.10 2.62
20.44 0.45 0.62 0.86 1.03 1.38 1.72

25.85 0.01 0.01 0.02 0.02 0.03 0.03


26.45 0.01 0.01 0.01 0.01 0.02 0.02
27.05 0.00 0.00 0.01 0.01 0.01 0.01
27.66 0.00 0.00 0.00 0.00 0.01 0.01
28.26 0.00 0.00 0.00 0.00 0.00 0.00
Annexe 5 : Précipitations moyennes annuelles enregistrées au station de
Tighza

Année hydrologique Pjmax


1978 263.5
1979 259.6
1980 293.1
1981 317.3
1982 150.9
1983 315.9
1984 164.1
1985 300.0
1986 313.9
1987 252.9
1988 162.8
1989 382.6
1990 379.6
1991 264.7
1992 163.0
1993 303.0
1994 346.9
1995 318.1
1996 276.6
1997 425.2
1998 254.9
1999 262.5
2000 242.5
2001 38.9
2002 361.6
2003 565.0
2004 215.0
2005 324.6
2006 387.4
2007 270.4
2008 735.6
2009 256.6
2010 422.4

Paramètre Valeur
Nombre d'années 32
Minimum (mm) 25
Moyenne (mm) 68.43
Maximum (mm) 167.80
Écart-type (mm) 5.85
Annexe 6 : Loi d’écoulement à travers les deux pertuis pour les deux modes
de fonctionnement

Elévation Elévation
QS(m3/s) QS(m3/s)
(NGM) (NGM)
491.00 0.00 505.96 588.04
491.79 11.07 506.75 608.74
492.58 31.30 507.54 628.75
493.36 57.51 508.33 648.15
494.15 88.54 509.11 666.99
494.94 123.74 509.90 685.31
495.73 162.67 510.69 703.15
496.51 204.98 511.48 720.55
497.30 250.44 512.26 737.54
498.09 298.84 513.05 754.14
498.88 350.00 513.84 770.39
499.66 384.21 514.63 786.31
500.45 415.19 515.41 801.90
501.24 444.02 516.20 817.20
502.03 471.09 516.99 832.22
502.81 496.69 517.78 846.97
503.60 521.03 518.56 861.47
504.39 544.28 519.35 875.73
505.18 566.58 520.14 889.76
Annexe 7 : Calculs du laminage de la crue de chantier par la méthode
Storage Indication Curve

QE(tj+1)+ 2Vj/Dltat-
Qe(j) 2Vj/dt+Qs Qs(tj)
tj(h) QE(tj) Qs(tj) H (NGM)
(𝐦𝟑 /𝐬) (tj) (𝐦𝟑 /𝐬) (𝐦𝟑 /𝐬)
(𝐦𝟑 /𝐬) (𝐦𝟑 /𝐬)
0.00 0.00 0.00 0.00 0.00 0.00 0.00
0.34 0.16 0.16 0.16 0.02 0.12 491.00
0.68 5.60 5.76 5.88 0.65 4.59 491.05
1.02 35.00 40.60 45.19 4.96 35.27 491.35
1.36 107.93 142.93 178.21 39.38 99.45 492.82
1.71 225.96 333.89 433.34 160.12 113.11 495.67
2.05 370.29 596.26 709.36 294.79 119.79 497.09
2.39 512.45 882.74 1002.53 360.63 281.27 498.63
2.73 626.65 1139.10 1420.37 412.32 595.73 500.05
3.07 697.21 1323.86 1919.59 453.91 1011.77 501.33
3.41 720.00 1417.21 2428.98 483.23 1462.52 502.32
3.75 700.02 1420.02 2882.54 508.04 1866.45 503.19
4.09 647.54 1347.56 3214.02 525.50 2163.02 503.84
4.43 574.46 1222.00 3385.02 534.28 2316.46 504.17
4.78 491.81 1066.27 3382.73 534.16 2314.40 504.16
5.12 408.32 900.12 3214.52 525.52 2163.47 503.84
5.46 330.06 738.38 2901.85 509.08 1883.70 503.23
5.80 260.61 590.67 2474.36 485.76 1502.85 502.40
6.14 201.54 462.15 1964.99 456.56 1051.88 501.42
6.48 152.99 354.53 1406.40 410.86 584.68 500.01
6.82 114.22 267.21 851.89 339.67 172.56 498.10
7.16 84.00 198.23 370.79 144.61 81.57 495.36
7.50 60.95 144.95 226.52 69.89 86.74 493.68
7.85 43.67 104.62 191.36 46.88 97.60 493.04
8.19 30.94 74.61 172.21 35.96 100.29 492.71
8.53 21.69 52.63 152.92 27.74 97.44 492.44
8.87 15.06 36.76 134.19 21.75 90.70 492.20
9.21 10.37 25.43 116.14 15.96 84.21 491.98
9.55 7.08 17.45 101.66 11.33 79.00 491.80
9.89 4.79 11.87 90.88 9.97 70.93 491.71
10.23 3.22 8.02 78.95 8.66 61.62 491.62

15.35 0.00 0.01 2.89 0.32 2.25 491.02


15.69 0.00 0.01 2.26 0.25 1.77 491.02
16.03 0.00 0.00 1.77 0.19 1.38 491.01
720 534.28 504.17
Annexe 8 : Calcul de la durée de vidange de la retenue

Z Ve Vs Qv Qmoy t ∑ti
540 44.00 0.00 71.57 71.57 0.00 0.00
538 40.00 4.00 69.67 70.62 0.66 0.66
536 36.00 4.00 67.70 68.68 0.67 1.33
534 32.00 4.00 65.68 66.69 0.69 2.02
532 28.00 4.00 63.60 64.64 0.72 2.74
530 24.00 4.00 61.44 62.52 0.74 3.48
528 21.16 2.84 59.20 60.32 0.54 4.03
526 18.32 2.84 56.88 58.04 0.57 4.59
524 15.70 2.62 54.46 55.67 0.54 5.14
522 13.40 2.30 51.93 53.19 0.50 5.64
520 11.40 2.00 49.26 50.59 0.46 6.09
518 9.60 1.80 46.44 47.85 0.44 6.53
516 8.00 1.60 43.44 44.94 0.41 6.94
514 6.60 1.40 40.22 41.83 0.39 7.33
512 5.30 1.30 36.72 38.47 0.39 7.72
510 4.20 1.10 32.84 34.78 0.37 8.09
508 3.25 0.95 28.44 30.64 0.36 8.44
506 2.40 0.85 23.22 25.83 0.38 8.83
504 1.70 0.70 16.41 19.81 0.41 9.23
502 1.10 0.60 6.00 11.20 0.62 9.85
500 0.60 0.50 0.00 3.00 1.93 11.78
500 0.00 0.00 0.00 0.00 0.00 11.78
Annexe 9 : Laminage de la crue de projet

cote d'eau
Vi-1 - Qi-
Qc,moy

QiDt/2
Qcrue

1Dt/2

Vi +

Qi
H
t

0.0 0.0 0.00 44000000.00 44000000.00 0.00 0.00 540.00


0.3 0.4 271.88 44000000.00 44000271.88 0.00 0.00 540.00
0.7 15.6 9821.31 44000271.46 44010092.78 0.00 0.08 540.00
1.0 97.2 69245.89 44009998.50 44079244.39 0.03 1.69 540.03
1.4 299.8 243775.48 44077170.39 44320945.87 0.13 13.76 540.13
1.7 627.7 569457.71 44304044.95 44873502.66 0.37 61.77 540.37
2.0 1028.6 1016915.22 44797654.81 45814570.03 0.76 184.78 540.76
2.4 1423.5 1505518.61 45587667.37 47093185.99 1.30 410.77 541.30
2.7 1740.7 1942735.51 46588771.38 48531506.89 1.90 727.44 541.90
3.1 1936.7 2257846.82 47638244.61 49896091.43 2.47 1078.31 542.47
3.4 2000.0 2417053.39 48571975.57 50989028.96 2.93 1390.25 542.93
3.8 1944.5 2421848.15 49281863.26 51703711.41 3.23 1607.81 543.23
4.1 1798.7 2298267.60 49729382.52 52027650.13 3.37 1709.78 543.37
4.4 1595.7 2084127.18 49928107.23 52012234.41 3.36 1704.88 543.36
4.8 1366.1 1818523.12 49918707.09 51737230.21 3.25 1618.27 543.25
5.1 1134.2 1535158.66 49750062.19 51285220.84 3.06 1479.16 543.06

15.69 0.0 12.57 44367689.06 44367701.64 0.15 16.88 540.15


16.03 0.0 7.86 44346976.95 44346984.82 0.15 15.47 540.15
16.37 0.0 4.91 44327986.36 44327991.27 0.14 14.22 540.14
Qs max 1709.78
Hmax 3.37
Annexe 10 : Valeur de n et K pour la détermination du profil aval du
déversoir
Annexe 11 : Valeur de Xc, Yc, R1 et R2 pour la détermination du profil
amont du déversoir
Annexe 12 : Abaques pour le dimensionnement du bassin de dissipation de
type II

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