0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
73 vues98 pages

Bookblock 59731

L'Organisation des Nations Unies, après près de 80 ans d'existence, continue de lutter pour la paix mondiale, notamment en République démocratique du Congo où la mission de maintien de la paix a évolué de MONUC à MONUSCO. Malgré plus de 24 ans d'intervention, la RDC fait face à une crise persistante avec des millions de morts et de déplacés, et le gouvernement a demandé le retrait de la mission. Les perspectives pour résoudre cette crise demeurent préoccupantes et incertaines.

Transféré par

seydinaibrahim2000
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
73 vues98 pages

Bookblock 59731

L'Organisation des Nations Unies, après près de 80 ans d'existence, continue de lutter pour la paix mondiale, notamment en République démocratique du Congo où la mission de maintien de la paix a évolué de MONUC à MONUSCO. Malgré plus de 24 ans d'intervention, la RDC fait face à une crise persistante avec des millions de morts et de déplacés, et le gouvernement a demandé le retrait de la mission. Les perspectives pour résoudre cette crise demeurent préoccupantes et incertaines.

Transféré par

seydinaibrahim2000
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Résumé

Nous sommes aujourd’hui dans un monde où les conflits armés et guerres font de
plus en plus écho et ne cessent de déstabiliser et déchirer les nations. Alors qu’elle
s’approche de sa quatre- vingtième année depuis sa création, l’Organisation des
Nations Unies poursuit sa vision de maintenir la paix et la sécurité internationales
grâce aux mécanismes des opérations de maintien de la paix du Conseil de sécurité.
En République démocratique du Congo, la mission de maintien de paix, de la
MONUC à la MONUSCO, après plus de 24 ans d’exercice sur le territoire
congolais, le conflit armé précisément à l’Est du pays, persiste. Aujourd’hui, la RD
Congo compte plus de 10 millions de morts, 500 000 femmes violées, plus de 6
millions de déplacés internes, plus de 25 millions de personnes ayant besoin d’une
aide humanitaire, plus de 110.000 km² des forêts dévastées, plus d’une centaine de
groupes armés nationaux et étrangers sur le territoire congolais, … . L’hypothèse
d’un bilan négatif s’annonce, quelles perspectives d’avenir pour résoudre cette crise
en République démocratique du Congo ?

Mots clés : Maintien de la paix, ONU, MONUSCO, RDC, Conflit armé.

Abstract:

Today, we are in a world where armed conflicts and wars are increasingly resonating
and continue to destabilize and tear nations apart. As it approaches its eightieth year
since its creation, the United Nations continues its vision of maintaining international
peace and security through the mechanisms of the Security Council's peacekeeping
operations. In the Democratic Republic of Congo, the peacekeeping mission, from
MONUC to MONUSCO, after more than 24 years of operation on Congolese
territory, the armed conflict, specifically in the East of the country, persists. Today,
the DR Congo has more than 10 million dead, 500,000 women raped, more than 6
million internally displaced persons, more than 25 million people in need of

1
humanitarian assistance, more than 110,000 km² of devastated forests, more than a
hundred national and foreign armed groups on Congolese territory, ... . With the
prospect of a negative balance sheet looming, what are the future prospects for
resolving this crisis in the Democratic Republic of Congo?

Keywords: Peacekeeping, UN, MONUSCO, DRC, Armed conflict

2
Epigraphe

“True peace is not merely the absence of tension; it is the presence of justice.”

« La vraie paix n’est pas simplement l’absence de tension, c’est la présence de la


justice »

Martin Luther

3
Dédicace

A toutes les victimes des conflits armés en République démocratique du Congo

4
Abréviations et acronymes

 ADF : Forces démocratiques alliées


 AG : Assemblée générale
 CADECO : Coopération pour le développement du Congo
 CAE : Communauté d’Afrique de l’Est
 CNDP : Congrès national pour la défense du peuple
 C.S : Conseil de sécurité
 CPI : Cour pénal internationale
 Ex FAR : Anciennes forces armées rwandaises,
 FARDC : Forces armées de la République démocratique du Congo
 FDD : Forces pour la défense de la démocratie (Burundi)
 FDLR: Les Forces démocratiques de libération du Rwanda
 FNL: Les Forces nationales de libération
 FDA: L’Alliance des forces démocratiques
 FNUA : Ancienne armée nationale de l’Ouganda
 LRA: L’Armée de résistance du Seigneur
 LD Kabila : Laurent Désiré Kabila
 MLC : Mouvement pour la libération du Congo
 M23 : Mouvement du 23 mars
 NALU : Armée nationale pour la libération de l’Ouganda
 ONU : Organisation des Nations Unies
 OMP : Opération de maintien de la paix
 RDC : République démocratique du Congo
 RCD : Rassemblement congolais pour la démocratie
 S/RES : Résolution du Conseil de sécurité
 SADC : Communauté de développement de l’Afrique australe
 UNITA : Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola,

5
 UNRF II : Front national de libération de l’Ouganda II

6
Table des matières
ONU et le maintien de la paix en RD Congo........................................................................18
Chapitre1 : Les opérations de maintien de la paix en RD Congo (ONUC, MONUC,
MONUSCO).....................................................................................................................18
Chapitre 2 : Bilan de la MONUSCO : diagnostic de la situation.................................29

Analyse critique du bilan de la MONUSCO.....................................................................47


Chapitre 3 Facteur de l’inefficacité de la MONUSCO dans la gestion du conflit armé 48
Chapitre 4 Perspectives d’avenir sur la situation des conflits armés au Congo...........60

7
Introduction

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les conflits et les guerres dans le monde
se sont intensifiés, malgré la volonté commune des États de préserver la paix et la
sécurité internationales. Aujourd'hui, nous sommes témoins d'un monde de plus en
plus déchiré par des conflits armés qui prennent de l'ampleur, bouleversant le système
international et entraînant une rupture de la paix.

Le maintien de la paix et de la sécurité internationales demeure l'une des missions


essentielles de la Charte des Nations Unies de 1945, malgré les conflits et les guerres
qui sévissent dans le monde actuel. En effet, le système onusien et tous ses
mécanismes visent à atteindre les objectifs de la Charte en l’occurrence le maintien
de la paix et de la sécurité internationales aux termes de l’article 1 paragraphe 1 de la
Charte des Nations Unies de 1945: « Maintenir la paix et la sécurité internationales
et à cette fin: prendre des mesures collectives efficaces en vue de prévenir et
d'écarter les menaces à la paix et de réprimer tout acte d'agression ou autre rupture
de la paix, et réaliser, par des moyens pacifiques, conformément aux principes de la
justice et du droit international, l'ajustement ou le règlement de différends ou de
situations, de caractère international, susceptibles de mener à une rupture de la
paix »1.

Les opérations de maintien de la paix des Nations Unies sont nées en réponse à une
crise provoquée par la paralysie du Conseil de sécurité durant la guerre froide. Elles
visaient principalement à faire respecter les cessez-le-feu afin de stabiliser les
situations de crise sur le terrain et à promouvoir le règlement pacifique des conflits en
soutenant les efforts politiques pour y parvenir.

1Art. 1 §1 de la Charte des Nations Unies de 1945 : "Les Buts des Nations-Unies sont les suivants : « 1. Maintenir la
paix et la sécurité internationales et à cette fin : prendre des mesures collectives efficaces en vue de prévenir et
d'écarter les menaces à la paix et de réprimer tout acte d'agression ou autre rupture de la paix, et réaliser, par des
moyens pacifiques, conformément aux principes de la justice et du droit international, l'ajustement ou le règlement de
différends ou de situations, de caractère international, susceptibles de mener à une rupture de la paix ».
COT(Jean-Pierre) et autres, Pellet (Alain), FORTEAU (Mathias), La Charte des Nations Unies Commentaires article
par article 3e édition Tome 1, Ed. ECONOMICA Paris 2005 p.327-328.

8
En 1948, l’ONU crée sa première mission d’opération de maintien de paix appelée
ONUST (organisme des Nations Unies chargé de la surveillance de la trêve). En suite
sera crée l’UNMOGIP (groupe d'observateurs militaires des Nations Unies dans
l'Inde et le Pakistan) pour le contrôle du cessez-le-feu dans l’État de Jammu et
Cachemire. Les deux premières missions de maintien de la paix étaient des missions
d’observation et de surveillance ne dépassant pas une centaine des personnes, et les
observateurs militaires étaient non armés2.

En 1956, les Nations Unies créent la première mission de maintien de la paix armée
FUNU (Force d’Urgence des Nations Unies), ce fut la première force d’urgence de
l’ONU créée par la résolution du 4 novembre 1956 de l’Assemblée générale pour
répondre à la crise de Suez alors que le Conseil de sécurité était paralysé par le veto
du Royaume-Uni et de la France3.

Aujourd'hui, on recense plus de 70 opérations de maintien de la paix menées par


l'ONU, dont 57 initiées depuis 1988, avec la participation de plus de 120 pays. Ces
missions ont malheureusement coûté la vie à 4 347 membres des forces de maintien
de la paix4

Après la guerre froide, on a observé une augmentation significative des opérations de


grande envergure, notamment en Afrique au début des années 2000. Actuellement,
une dizaine de missions de maintien de la paix sont encore en cours à travers le
monde.

Bien que la question de maintien de la paix et de la sécurité internationales reste


complexe, par sa définition et la compréhension des faits, notamment : la menace
contre la paix, la rupture de paix, l’acte d’agression, les conflits armés internes et

2
Nations Unies maintien de la paix, « Notre histoire » [en ligne] [Link] (consulté le
2 mars 2024).
DEYRA(Michel), Droit international public, Ed. Gualino, paris 2007, p.173.
3
Ibid. DEYRA(Michel) p. 173.
4
Nations Unies maintien de la paix « pertes en vies humaines » [en ligne] [Link]
(consulté le 2 mars 2024).

9
internationaux et autres ; cela revient au Conseil de sécurité de qualifier les faits
d’après la responsabilité et le pouvoir que lui confère la Charte aux termes de l’article
24 et 39 5

En effet, réussir le maintien de la paix et de la sécurité internationales, c’est établir


une base qui permettra à la matérialisation d’autres buts poursuivis par la Charte aux
termes du paragraphe 2 et 3 de l’article 1 :« Développer entre les nations des
relations amicales fondées sur le respect du principe de l'égalité de droits des
peuples et de leur droit à disposer d'eux-mêmes, et prendre toutes autres mesures
propres à consolider la paix du monde; 3. Réaliser la coopération internationale en
résolvant les problèmes internationaux d'ordre économique, social, intellectuel ou
humanitaire, en développant et en encourageant le respect des droits de l'homme et
des libertés fondamentales pour tous sans distinction de race, de sexe, de langue ou
6
de religion »

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a déployé plusieurs missions de maintien de


la paix en République démocratique du Congo. En 1960, l'ONUC est créée pour
retirer les forces belges, aider au maintien de l'ordre public et fournir une assistance
technique. Son mandat a été élargi pour protéger l'intégrité territoriale et
l'indépendance du Congo, prévenir la guerre civile, et retirer tout personnel militaire
étranger non affilié à l'ONU, y compris les mercenaires. La mission prend fin en
1964.7

5 Art 24 § 1 et 2 Charte des Nations Unies de 1945 « 1. Afin d'assurer l'action rapide et efficace de l’Organisation, ses
Membres confèrent au Conseil de Sécurité la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité
internationales et reconnaissent qu'en s'acquittant des devoirs que lui impose cette responsabilité, le Conseil de
Sécurité agit en leur nom. 2. Dans l'accomplissement de ces devoirs, le Conseil de Sécurité agit conformément aux Buts
et Principes des Nations Unies. Les pouvoirs spécifiques accordés au Conseil de Sécurité pour lui permettre
d'accomplir lesdits devoirs sont définis aux chapitres VI, VII, VIII et XII ».

6 Art. 1 § 2 et 3 Charte des Nations Unies de 1945 [Link].

7
Nations Unies maintien de la paix [Link] le 4 février
2024).
TERCINET (Josiane), Le maintien de la paix et de la sécurité internationales, Ed. Bruylant 2012, p. 10 et 11.

1
0
Dans le souci de maintenir la paix et la sécurité internationales, le Conseil de sécurité
a crée en date du 30 novembre 1999 par la résolution 1279, la Mission des Nations
Unies pour le Congo en sigle la MONUC. Cette mission a vu le jour dans un contexte
de crise dû à la rébellion menaçant la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RD
Congo. 8

En 1994 après le génocide rwandais, la RD Congo, (ex Zaïre) accueille sur son
territoire plus d’1 millions des Tutsis refugiés. C’est en 1996 que débute la rébellion
opposant les Forces armées de Laurent-Désiré Kabila (AFDL) aux les Forces armées
du Président Mobutu qui sera contraint de quitter le pouvoir le 17 mai 1997. En 1999,
une nouvelle rébellion éclate contre les Forces de Laurent-Désiré Kabila dans la
région Est du pays. La création de la MONUC avait pour mandat principal de
surveiller l’application de l’Accord de cessez-le-feu de Lusaka et d’enquêter sur les
violations du cessez-le-feu. C’est dans ce contexte que la Mission de l’Organisation
des Nations Unies pour le Congo a été créée9.

La MONUC a été reconduite à la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour


la stabilisation en République Démocratique du Congo ou la MONUSCO en sigle
par la résolution 1925 de 2010 du Conseil de sécurité. En juillet 2010, la MONUSCO
continue le travail entamé par la MONUC. La fonction principale de la MONUSCO
est de garantir la protection des civils, du personnel humanitaire et des défenseurs des
droits de l’homme exposés à une menace de violences physiques et, aider le
gouvernement de la RDC à stabiliser et à consolider la paix.10

8
Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RD Congo « historique » [en ligne]
[Link] (Consulté le 4 février 2024).
9
ONANA (Charles), Holocauste au Congo l’Omerta de la communauté internationale, Ed. De l’Artilleur Paris 2023, p.
93et 93.
Ibid. ONANA (Charles), p.143-148.
TERCINET (Josiane), Le maintien de la paix et de la sécurité internationale, Ed. Bruylant, [Link]. , p.258 et 260.

Transition and Human Rights Violations in Congo, Human Rights Watch 1 December 1997
[Link] 4 mars 2024.
10
Mission de l’Organisation des Nations-Unies pour la stabilisation en RD Congo « historique », [Link].
,[Link] consulté le 4 mars 2024.

1
1
Plus de 24 ans d’exercice des Nations Unies sur le territoire congolais, soit plus de 60
résolutions adoptées par le Conseil de sécurité par rapport à la situation des conflits
armés, mais à l’Est du pays, la situation reste inchangée. Le Gouvernement congolais
a demandé au Conseil de Sécurité le retrait de la MONUSCO, c’est-à-dire mettre fin
au Mandat de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en
RD Congo en 2023. La mission s’est vu poursuivre jusqu’en décembre 2024 par la
résolution 2717 du 19 décembre 2023, une fois de plus la mission sera prolongée
jusqu’ au 20 décembre 2025 par la résolution 2765 du 20 décembre 2024.

Des nombreuses violations des droits de l’homme et du droit international


humanitaire, du droit des réfugiés sont à constater : plus de 10 millions de morts, 500
000 femmes violées, 7 millions de déplacés, 110 000 km² de forêts dévastées par
l’exploitation illégale des ressources minières, 250 groupes rebelles armés présents
sur le territoire congolais. Outre cela, le soutien du Rwanda au groupe rebelle du 23
mars (M23), et la présence des troupes rwandaises sur le territoire congolais, ce qui
constitue une grave violation de la Charte de l’ONU et des normes impératives du
droit international (jus cogens). Cette ingérence dans les affaires intérieures de l’Etat
congolais est une violation de la souveraineté et l’intégrité territoriale de la
République Démocratique du Congo11. D’ après l’article 3 g de la résolution 3314
de l’Assemblée générale de l’ONU, ainsi que la jurisprudence dans l’arrêt de la C.I.J
du 27 juin 1986 sur les activités militaires et para militaires au Nicaragua et contre
celui-ci, ce soutien du Rwanda au groupe armé M 23 et la présence des troupes
armées rwandaises sur le territoire Congolais constituerait un acte d’agression.12

11
Art 2§4 de la Charte des Nations Unies de 1945 : « Les Membres de l'Organisation s'abstiennent, dans leurs
relations internationales, de recourir à la menace ou à l'emploi de la force, soit contre l'intégrité territoriale ou
l'indépendance politique de tout Etat, soit de toute autre manière incompatible avec les Buts des Nations Unies. »
COMBACAU(Jean) et SUR (Serge), Droit International Public, 12è éd. Lextenso 2016, p.630-633.
ONANA (Charles), Holocauste au Congo l’Omerta de la communauté internationale, Ed. De l’Artilleur Paris 2023, P.9.
KAMTO(Maurice), l’Agression en Droit international, Ed. Pédonne, Paris 2010 p. 95.
12
Activités militaires et paramilitaires au Nicaragua et contre celui-ci (Nicaragua c. Etats-Unis d'Amérique), fond, arrêt.
C.I.J. Recueil 1986 p. 103, § 195 : «…La Cour ne voit pas de raison de refuser d'admettre qu'en droit international
coutumier la prohibition de l'agression armée puisse s'appliquer à l'envoi par un Etat de bandes armées sur le
territoire d'un autre Etat si cette opération est telle, par ses dimensions et ses effets, qu'elle aurait été qualifiée
d'agression armée et non de simple incident de frontière si elle avait été le fait de forces armées régulières. Mais la

1
2
Nous assistons, non seulement, à un fait des conflits armés, mais aussi, à une
hypothèse d’agression rwandaise contre la RD Congo.

Pour mieux comprendre chronologiquement la situation actuelle en RD Congo, il faut


remonter à la chute du président Mobutu en 1997 et à la prise de pouvoir par Laurent-
Désiré Kabila suite à une rébellion, ce qui a déclenché une escalade des conflits
armés dans l' Est du pays qui perdure encore aujourd'hui. 13Entre 1998 et le début des
années 2000, la partie Est du pays a été le théâtre des hostilités, notamment la guerre
de 6 jours à Kisangani. Cette guerre entre les armées rwandaises et ougandaises qui
étaient censées être des alliés contre le gouvernement de Laurent-Désiré Kabila, ont
mené une guerre dans la ville de Kisangani pour l’exploitation des richesses minières
occasionnant la mort de plus d’une centaine de civils et plusieurs dommages 14.

Toujours dans ce même contexte d’instabilité de la région Est du pays, plusieurs


groupes rebelles participent à la déstabilisation de la région. Au début des années
2000, plus de 999 km du territoire congolais était sous occupation ougandaise 15. Les
provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, en particulier, sont le foyer concentré des

Cour ne pense pas que la notion d’agression armée puisse recouvrir non seulement l'action de bandes armées dans le
cas où cette action revêt une ampleur particulière, mais aussi une assistance à des rebelles prenant la forme de
fourniture d'armements ou d'assistance logistique ou autre. On peut voir dans une telle assistance une menace ou un
emploi de la force, ou l'équivalent d'une intervention dans les affaires intérieures ou extérieures d'autres Etats. Il est
clair que c'est I ‘Etat victime d'une agression armée qui doit en faire la constatation… ».
13
ONANA (Charles), Holocauste au Congo l’Omerta de la communauté internationale, Ed. De l’Artilleur Paris 2023, p
127 : « En octobre 1996, des groupes ethniques tutsis de l’est du Zaïre ont pris les armes contre le gouvernement de
Mobutu. Ils furent immédiatement rejoints par d’autres opposants politiques armés qui formèrent l’Alliance des forces
démocratiques pour la libération du Congo-Zaïr(AFDL). L’Alliance avait reçu un soutien extérieur substantiel d’un
certain nombre de pays voisins, notamment le Rwanda, l’Ouganda et l’Angola. ».

Transition and Human Rights Violations in Congo, Human Rights Watch 1 December 1997
[Link] ,consulté le 12 mars.
14
War Crimes in Kisangani, The Response of Rwandan-backed Rebels to the May 2002 Mutiny
[Link] .
Consulté le 12 mars 2024.

Nations-Unies, Rapport de la mission d'évaluation interinstitutions qui s'est rendue à Kisangani en application du
paragraphe 14 de la résolution 1304 du Conseil de sécurité, S/2000/1153, p.3 à 14.
15
KOUTROULIS (Vaios) , « L’affaire des activités armées sur le territoire du Congo (Congo c. Ouganda) : une
lecture restrictive du droit de l’occupation ? », Revue belge de droit international 2006/2 – Éditions Bruylant, Bruxelles.

1
3
différents groupes armés rebelles congolais et des milices étrangères. Cette région
reste stratégique en ressources naturelles, minerais (stratégiques), et sur le plan
écologique16.

Image infographie France 24 : La République démocratique du Congo est située au


centre de l’Afrique, entourée de neuf pays voisins. La partie Est sur la carte
notamment le Nord Kivu et l’Ituri sont en proie à des hostilités dues aux conflits
armés.

A l’heure actuelle la situation sécuritaire à l’Est de la RD Congo devient de plus en


plus préoccupante par la persistance du conflit armé et les nombreuses violences.
D’après la résolution du Conseil de sécurité Rés. 2717 du 19 décembre 2023, on
assiste à des cycles récurrents et évolutifs du conflit, y compris des violences causées
par ces groupes armés en violation du droit international humanitaire et d’autres
normes du droit international, causant des atteintes et violations des droits de
16
S/RES 2717 (2023) p. 2, 6 et 7.

Quels sont les principaux groupes armés actifs dans l’est de la RD


Congo ?[Link]
actifs-dans-l-est-de-la-rd-congo (consulté le 13 mars 2024).

1
4
l’Homme. Les groupes armés nationaux et étrangers causent la déstabilisation de la
région, à savoir : Le Mouvement du 23 mars (M23), la Coopérative pour le
développement du Congo (CODECO), les Forces démocratiques alliées (ADF), les
Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), le groupe Zaïre (FPAC), la
Résistance pour un État de droit au Burundi (RED Tabara), les groupes Maï-Maï, les
Twirwaneho17.

La carte, ci-dessous, datant de 2023, illustre le foyer des groupes armés les plus actifs
à l’Est de la RD Congo. Hier encore, on assistait à une escalade des combats, et
l’occupation de certaines localités par les groupes armés en l’occurrence le M23, sur
le territoire de Rutchuru, la cité de Bunagana, le territoire de Massisi et certains
villages18. En fin janvier 2025, le conflit a pris une autre tournure par la prise de
Goma et de Bukavu par le groupe armé M23, envenimant ainsi la situation
humanitaire déjà catastrophique dans la région, et les relations diplomatiques entre la
RD Congo et le Rwanda. Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir le groupe armé

17
S/RES2717/2023, p.2: le Conseil de sécurité «…Se déclarant préoccupé par l’escalade de la violence dans l’est de la
République démocratique du Congo et des tension persistantes entre ce pays et le Rwanda, et notant que la République
démocratique du Congo reste en proie à des cycles récurrents et évolutifs de conflits et de violence permanente causés
par des groupes armés étrangers et nationaux, notamment le Mouvement du 23 mars (M23), la Coopérative pour le
développement du Congo ( CODECO), les Forces démocratiques alliées (ADF), les Forces démocratiques de libération
du Rwanda (FDLR), le groupe Zaïre (FPAC), la Résistance pour un État de droit au Burundi (RED Tabara), les
groupes Maï-Maï, les Twirwaneho et plusieurs autres groupes armés nationaux et étrangers, et les violations du droit
international humanitaire et d’autres normes applicables du droit international ainsi que les atteintes aux droits
humains qu’ils commettent, qui exacerbent une crise très inquiétante de la sécurité, de la situation humanitaire et des
droits humains, ainsi que la violence intercommunautaire et la violence des milices dans certaines régions du pays… »
18
Quels sont les principaux groupes armés actifs dans l’est de la RD Congo ? [Link]. [en ligne]
[Link]
actifs- dans-l-est-de-la-rd-congo (consulté le 13 mars 2024).

Plus de 600 jours d'occupation de Bunagana par le M23 : "aucun centimètre de la République ne sera cédé, tout est fait
pour nous assurer que la paix revienne dans chaque partie du territoire national" (Patrick Muyaya),
[Link]
republique consulté le 15 mars 2024.

1
5
M23, une accusation non contestée par le Conseil de sécurité dans la Rés.2773 du
21 février 2025.

Image infographie France 24 : Cette carte présente les localités sous occupation des
groupes armés à l’est de la RD Congo, notamment dans la Province de l’Ituri et
dans la province du Nord Kivu.

Les conflits armés à l’est du territoire congolais continuent à faire des ravages et
cause une instabilité dans la région Est du pays et, restent inquiétant pour la région
des pays des grands lacs.

Alors que la mission de la MONUSCO touche à sa fin, a-t-elle réussi à atteindre ses
objectifs en République Démocratique du Congo ? Certains estiment que le bilan de
la MONUSCO pourrait être considéré comme négatif. Quelles pourraient être les
raisons de cette éventuelle inefficacité après plus de 24 ans de présence ?

L’hypothèse à cette problématique est que la MONUSCO n’a pas réussi à atteindre
ses objectifs en République démocratique du Congo, son bilan est considéré négatif
en raison de la persistance des conflits à l’Est de la RD Congo. Les raisons
endogènes et exogènes expliquent l’inefficacité de ladite mission en RD Congo.
Entre autre le système onusien de mécanisme de maintien de la paix, l’absence de
1
6
volonté politique (causes exogènes), la fragilité des institutions de la République,
l’instabilité politique (causes endogènes).

L’intérêt juridique de ce sujet consiste à une compréhension des missions de maintien


de la paix de l’ONU, en l’occurrence celle de la MONUSCO, à procéder à une
analyse critique et explicative du bilan de la mission et les perspectives.

Dans ce travail, nous avons adopté une méthodologie de recherche juridique pour
examiner la mission de maintien de la paix de l'ONU, en particulier la MONUSCO.
Nous appliquerons également la sociologie du droit pour fournir une analyse critique
et explicative du bilan de la MONUSCO. Enfin, une approche historique et
descriptive nous permettra de mieux comprendre la mission de maintien de la paix,
en mettant l'accent sur celle de la MONUSCO.

La réponse à notre problématique sera structurée en deux grandes parties : la


première partie examinera le rôle de l’ONU dans le maintien de la paix en
République démocratique du Congo en se concentrant sur les opérations de maintien
de la paix et en évaluant le bilan de la MONUSCO (I). La seconde partie se penchera
sur une analyse critique de ce bilan, en explorant l'hypothèse de son inefficacité et en
discutant des perspectives futures pour les conflits armés en République
démocratique du Congo (II).

1
7
ONU et le maintien de la paix en RD Congo

Chapitre 1 : Les opérations de maintien de la paix en RD Congo (ONUC,


MONUC, MONUSCO)
Section 1 : ONU et les OMP

§1 : Maintien de la paix et sécurité internationales

Le droit de la paix et de la sécurité internationales interdit le recours à la force par les


États, contrairement au jus ad bellum, qui régit l’usage de la force. La paix,
la sécurité et le droit international sont étroitement liés, et ensemble, ils
définissent l'ordre juridique en matière de paix et de sécurité internationales. Ces
questions sont particulièrement sensibles, car l'absence de sécurité internationale peut
engendrer des menaces contre la paix, une rupture de celle-ci, ou encore des actes
d'agression.

C’est une entrave aux intérêts « vitaux » des Etats. Ceci remet en question la
souveraineté des Etats et leur intégrité territoriale. La question de la paix et de
la sécurité internationales touchent aussi à toutes les questions relatives aux droits
de l’homme dans son ensemble (développement politique, économique, social etc.
des Etats), y compris les règles du droit international humanitaire : protection de
civils, droits de réfugiés, protection de personnes.19

Considérant l’objectif qui constitue la charte des Nations Unies, à savoir, le maintien
de la paix et de la sécurité internationales, les missions des opérations de maintien de
la paix constituent des mécanismes mis en place pour cette cause. Bien que les

19
COMBACAU(Jean) et SUR (Serge), Droit International Public, 12èéd. Lextenso 2016, p.619-621.

1
8
mécanismes des OMP ne soient pas dits clairement dans le texte constitutif de la
Charte, mutatis mutandis ne sont pas contraire au but de la Charte. L’article 24 § 1 et
2 de la Charte confère au Conseil de sécurité la responsabilité d’assurer le maintien
de la paix internationales et de prendre les mesures possibles conformément à la
Charte afin d’atteindre cet objectif20.

A. Les mécanismes de maintien de la paix

Les opérations de maintien de la paix sont instaurées dans des contextes spécifiques
et particuliers pour préserver la paix et la sécurité dans le monde. Cependant,
plusieurs conditions doivent être réunies pour que le Conseil de sécurité prenne
l'initiative de créer une OMP. Par exemple, en République démocratique du Congo,
les OMP ont été mises en place en réponse à des situations particulières liées aux
problèmes de sécurité propres au pays, ce qui a conduit à la création de l'ONUC, puis
de la MONUC, et enfin de la MONUSCO. En République Centrafricaine, la
MINUSCA a été mise en place dans un cadre spécifique de protection des civils et
pour faciliter la transition politique.

A l’heure où le problème de sécurité se pose dans le monde, avec une escalade des
conflits armés et violences qui perdurent, le Conseil de sécurité est appelé à jouer son
rôle dans la constatation et la qualification des faits en menace contre la paix, en
rupture de paix ou en acte d’agression21.

Ce pendant le rôle attribué au Conseil de sécurité dans la qualification des faits


demeure une tâche non aisée. En effet, qualification d’un fait va au-delà de le classer
20
Art. 24§ 1 et 2 Charte des Nations Unies, (1945) [Link]. : « Afin d'assurer l'action rapide et efficace de
l'Organisation, ses Membres confèrent au Conseil de Sécurité la responsabilité principale du maintien de la paix et de
la sécurité internationales et reconnaissent qu'en s'acquittant des devoirs que lui impose cette responsabilité, le Conseil
de Sécurité agit en leur nom. 2. Dans l'accomplissement de ces devoirs, le Conseil de Sécurité agit conformément aux
Buts et Principes des Nations Unies. Les pouvoirs spécifiques accordés au Conseil de Sécurité pour lui permettre
d'accomplir lesdits devoirs sont définis aux chapitres VI, VII, VIII et XII. ».
21
Art. 39 de la Charte des Nations Unies (1945), [Link] « Le Conseil de Sécurité constate 1'existence d'une menace
contre la paix, d'une rupture de la paix ou d'un acte d'agression et fait des recommandations ou décide quelles mesures
seront prises conformément aux articles 41 et 42 pour maintenir ou rétablir la paix et la sécurité internationales. »
DECAUX(Emmanuel) et FROUVILLE (Olivier), Droit international Public, 9ème édition. Dalloz 2014, p. 485.

1
9
dans une catégorie de notion juridique donnée. Cette dernière, peut faire appel à
l’interprétation de fait qui consiste à préciser le sens d’un texte juridique. 22
Néanmoins un fait peut faire objet des appréciations en tenant compte de plusieurs
facteurs dans la matérialisation et conceptualisation de fait. C’est à cela que
l’hypothèse d’un choix des qualifications de fait est rendu possible.23

Dans le contexte-ci du droit international, nous sommes en présence de plusieurs


concepts qui forment le jus congens mais qui semble de fois contradictoires : le non
recours à la force, la légitime défense, etc. Dans la détermination ou le choix du
concept par rapport au fait matériel établi dans la qualification de fait, cela inclut en
compte d’opérer un choix dans un sens donné, un choix politique, parfois
idéologique, ou un choix de valeur, donc la qualification de fait peut connaître de
contestation.

Dans ce chapitre, la première section abordera le rôle du Conseil de sécurité dans la


qualification des faits, tandis que la deuxième section sera consacrée aux opérations
de maintien de la paix en République démocratique du Congo24.

B. Le Conseil de sécurité et la qualification des faits

Le Conseil de sécurité a à son pouvoir plusieurs compétences afin d’atteindre le but


que la Charte lui assigne à savoir : le maintien de la paix. Le Conseil dispose d’une
compétence d’habilitation, d’action, et bien plus, d’une compétence de qualification.

On site : « le Conseil de sécurité dispose d’une série de différentes qualifications,


théoriquement en fonction de la gravité du trouble à la paix et à la sécurité

22
SAIMON(Jean), Droit international et Argumentation, Ed. Bruylant, Bruxelles 2014, p. 362 « … En principe, la
qualification /interprétation est simple : l’opération de la qualification consiste à ranger, classer un fait dans une
notion juridique, lorsque l’interprétation consiste à préciser le sens d’un texte juridique. Si la distinction est aisée en
théorie, elle l’est moins en pratique. ».

23
Ibid . SAIMON(Jean), p. 363et 364.

24
Ibid.

2
0
internationales »25. En d’autres termes, le Conseil de sécurité veille de manière à ce
que tout différend dont la prolongation est susceptible de menacer le maintien de la
paix et de la sécurité internationales aux termes de l’article 33 de la charte soit
identifié. Le Conseil de sécurité peut engager une enquête sur toute situation pouvant
engendrer un différend aux termes de l’article 34 de la Charte, le Conseil constate
l’existence d'une menace contre la paix, d'une rupture de la paix ou d'un acte
d'agression d’après les dispositions de l’article 39 de la Charte26.

Restons dans le cadre de l’article 39 de la Charte, la constatation de fait afin de le


qualifier constitue une base de l’action du Conseil de sécurité. Par conséquent le
conseil doit procéder à une enquête afin d’établir la matérialisation de fait. La
qualification de fait revient au pouvoir discrétionnaire du Conseil de sécurité ;
pourtant le Conseil de sécurité reste réservé par la qualification de certains faits, tel
que « l’agression ». Il emploie, souvent, le terme menace contre la paix, rarement,
rupture de la paix ; ce qui pose pas mal d’oppositions à ces qualifications lorsqu’on
est en face d’un fait évident, d’une agression ou d’une rupture de la paix, cependant
le Conseil le qualifie d’une menace contre la paix27.

Nous sommes face à une situation où la Charte des Nations Unies, dans sa version
initiale, ne fournit ni définition précise ni exemple spécifique de menace contre la
paix, de rupture de la paix ou d'acte d'agression. Cela contribue à la complexité de la
qualification des faits. Toutefois, la doctrine, la jurisprudence, ainsi que les décisions
du Conseil de sécurité relatives au chapitre VII de la Charte, offrent des pistes
d'analyse et permettent de mieux comprendre son raisonnement en matière de
maintien de la paix et de la sécurité internationales

25
COMBACAU(Jean) et SUR (Serge), Droit International Public, 12eéd. Lextenso 2016, [Link] p.646.
26
Art 33, 34 et 39 de la Charte des Nations-Unies (1945), [Link].
27
NGYUEN QUOC DINN) Patrick (DAILLIER) et autres, Mathias (FORTEAU), Alain (PELLET), Droit international
Public, 8è édition, Ed. Lextenso paris 2009, p. 1099.

2
1
§ 2: Historique des OMP en RDC

La République démocratique du Congo est le deuxième pays vaste de l’Afrique, soit


le deuxième pays peuplé du continent après le Nigéria, avec une position géopolitique
stratégique riche en minerais critiques et d’autres ressources naturelles essentielles
comme l’hydrocarbure, le carbone etc. La richesse du pays suscite la convoitise et
reste une cause principale qui explique les crises sécuritaires récurrentes auxquelles
le pays fait face tantôt les guerres civiles, outre cela, les conflits armés qui perdurent
depuis des décennies à l’Est du pays non pas par le fait du hasard, mais par
connaissance de cause. Comme il a été dit à l’introduction, les Nations Unies dans sa
mission de maintenir la paix et de la sécurité internationales ont mis en place les
mécanismes de maintien de la paix. On recense trois opérations de maintien de la
paix sur le territoire congolais : ONUC, MONUC baptisée MONUSCO.

Dans l’ histoire des OMP de grande envergure et dans la chronologie des opérations
de maintien de la paix en RD Congo , il est important de porter une attention
particulière à l’ ONUC qui a été la toute première mission de maintien de la paix en
RD Congo, ce qui fait l’ objet de ce paragraphe.
A. Contexte de la création de l’ONUC
La création de l’ONUC comme mission d’opération de maintien de la paix intervient
dans un contexte particulier sur le plan interne et sur le plan international pour le
jeune Etat congolais qui vient d’accéder à son indépendance le 30 juin 1960. Sur le
plan interne, l’Etat congolais à l’époque République du Congo, fait face à une crise
juste après son indépendance, une minuterie des soldats congolais, l’ingérence
extérieure par la milice belge, et la sécession Katangaise créent une situation de crise
menaçant l’intégrité territoire du Congo. Sur le plan international, l’Etat congolais ne
faisait pas encore partie des Nations Unies ce qui ne lui donnait pas accès direct au
Conseil de sécurité pour son intervention. Toutefois, l’Etat congolais a fait appel aux
Nations Unies par l’entremise de l’Assemblée générale qui avait droit de recourir à
l’article 99 de la Charte pour attirer l’attention du Conseil sur toute affaire qui, à son

2
2
avis, pourrait mettre en danger le maintien de la paix et de la sécurité
internationales.28 En 1961, le Conseil crée, par la résolution 1975, l’ONUC pour
intervenir et maintenir la paix au Congo. Cette mission sera prolongée jusqu’en 1964
avec une dimension extensive, outre celle de maintenir l’unité et l’intégrité
territoriale et de l'indépendance politique du Congo, à savoir : la prévention de la
guerre civile et le retrait de tout le personnel militaire, paramilitaire et consultatif
étranger qui n’étaient pas sous l’auspice du commandement des Nations Unies, y
compris tous les mercenaires.29

B. ONUC et la crise onusienne

L'opération de maintien de la paix ONUC a été l'une des plus vastes entreprises des
Nations Unies, soulevant de nombreuses questions sur l'interprétation de la Charte de
l'ONU, notamment en ce qui concerne l'intervention pour le maintien de la paix et
l'interprétation large de ses dispositions. Au-delà des défis liés à la création de
l'ONUC, un problème majeur s'est posé : le financement des opérations de maintien
de la paix (OMP). En effet, la Charte ne faisant pas mention des OMP, le
financement de ces opérations, en particulier dans le cadre de l'ONUC, a suscité des
controverses. La mission des Nations Unies au Congo nécessitait des ressources
financières considérables pour réussir, d'autant plus qu'il s'agissait d'une des missions
avec un large déploiement de soldats de la paix, dans un contexte particulier de l'État
congolais nouvellement indépendant.

La résolution 1854 (XVII) de l’Assemblée générale sur les procédures


administratives et budgétaires de l'Organisation des Nations Unies vient mettre au
clair l’avis de la Cour internationale de justice relative à certaines dépenses des
Nations Unies sur les OMP, notamment. En effet, aux termes du paragraphe 2 de
l’article 17 de la Charte, les dépenses relatives aux opérations de maintien de la paix

28
VIRALLY(Michel),« LES NATIONS -UNIES ET L'AFFAIRE DU CONGO EN 1960 Aperçus sur le
fonctionnement des institutions »,Annuaire Français du droit international, 1960 n° 6 pp. 563-565
29
S/RES 169 de 1961

2
3
relevait aussi des dépenses de l’ONU.30 La résolution 2006 (XIX) du 18 février
1965 : « Convaincue que l'Organisation des Nations Unies doit continuer d'améliorer
les moyens dont elle dispose dans le domaine du maintien de la paix et déployer ses
missions de maintien de la paix de façon plus judicieuse et efficace, prenant en
considération la contribution que tous les États Membres de l'Organisation apportent
au maintien de la paix » de l’ Assemblée générale réitère la même pensée de l’
importance des opérations de maintien et l’importance de leur financement par l’
ensemble des membres de l’ ONU.

Section 2 : MONUC et la MONUSCO dans les décennies de crises en RD Congo


§1 : MONUC
A. La Mission de l’Organisation des Nations Unies en République démocratique
du Congo (MONUC) : Contexte de la création

La Mission de l’Organisation des Nations Unies en République démocratique du


Congo, fut créée en 1999 par la résolution 1279 du Conseil de sécurité pour veiller au
respect de l’Accord de Lusaka signé en juillet 1999 par cinq Etats de la région, à
savoir : Angola, Namibie, Ouganda, Rwanda et Zimbabwe, sans omettre le pays
principal la République démocratique du Congo. La tâche assignée à la MONUC
consistait à élaborer des plans en vue de l’observation du cessez-le-feu et du
dégagement des forces31.

30
A/RES1854 XVII « Tenant compte de sa résolution 1731 (XVI) du 20 décembre 1961, dans laquelle elle
reconnaissait avoir besoin d'un avis juridique autorisé quant aux obligations des Etats Membres en vertu de la Charte
des Nations Unies en ce qui concerne le financement des opérations des Nations Unies au Congo et au Moyen-Orient,

Rappelant la question soumise à la Cour internationale de Justice dans ladite résolution, Ayant reçu l'avis consultatif
de la Cour, en date du 20 juillet 19621~, que le Secrétaire général lui a transmis20 et selon lequel les dépenses
autorisées par les

Résolutions de l'Assemblée générale énumérées dans la résolution 1731 (XVI) constituent des "dépenses de
l'Organisation" au sens du paragraphe 2 de l’Article 17 de la Charte,

Accepte l'opinion de la Cour internationale de Justice sur la question qui lui avait été soumise.

31
S/1999/815 23 (1999) Accord de cessez-le-feu de Lusaka

2
4
L’Accord de Lusaka assigne à l’Organisation des Nations Unies un mandant de
32
maintien de la paix et du rétablissement de la paix. Cet Accord qui traduit la base
de la création de la MONUC avait pour mission : a) Établir des contacts avec les
signataires de l’Accord de cessez-le-feu, au niveau des quartiers généraux et dans les
capitales des États signataires; b) Établir une liaison avec la Commission militaire
mixte et lui fournir une assistance technique dans l’exercice de ses fonctions
découlant de l’Accord de cessez-le-feu, y compris les enquêtes sur les violations du
cessez-le-feu; c) Fournir des informations sur les conditions de sécurité dans tous ses
secteurs d’opérations, notamment sur les conditions locales affectant les décisions
futures concernant l’introduction du personnel des Nations Unies; d) Élaborer des
plans en vue de l’observation du cessez-le-feu et du dégagement des forces; e)
Maintenir la liaison avec toutes les partis à l’Accord de cessez-le-feu afin de faciliter
l’acheminement de l’aide humanitaire aux personnes déplacées, aux réfugiés, aux
enfants et autres personnes touchées et aider à la défense des droits de l’homme, y
compris les droits de l’enfant.33

Il convient de mettre en avant le dialogue intercongolais prévu par l'Accord de


Lusaka, visant à la formation d'une nouvelle armée congolaise, composée d'éléments
issus des Forces armées congolaises, des forces armées du Rassemblement congolais
pour la démocratie, et des forces armées du Mouvement pour la libération du Congo.
Ce processus s'inscrit dans le cadre du nouvel ordre politique en République
démocratique du Congo, avec la mise en place des institutions nécessaires à la
gouvernance, ainsi que la tenue d'élections libres, démocratiques et transparentes.

En juillet 2010, la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation


en République démocratique du Congo sera reconduite à la Mission de l’Organisation

32
Ibid. S/1999/815 23 juillet 1999 p.14 « Rétablissement de la paix a. Localiser et désarmer les groupes armés; b.
Identifier les auteurs de massacres, les auteurs de crimes contre l’humanité et les autres criminels de guerre; c.
Traduire les génocidaires devant le Tribunal international pour le Rwanda; d. Rapatriement; e. Élaborer toutes les
mesures (persuasives ou coercitives) jugées appropriées pour atteindre les objectifs de désarmement, de
rassemblement, de rapatriement et de réinsertion sociale des membres des groupes armés. »
33
S/RES 1279 de 1999, p.3

2
5
des Nations Unies pour la Stabilisation en République démocratique du Congo.
Durant la période allant de 1999 à 2009, (au moins) 44 résolutions ont été adoptées
par le Conseil de sécurité sur la situation des conflits armés en RD Congo. Ces
résolutions ont bien dirigé la mission de la MONUC avant sa reconduction.

B. MONUC en situation de crise

Bien qu’ayant été instaurée dans une situation de crise pour la surveillance de l’
Accord de Lusaka, au début de la crise congolaise à l’Est du pays , la situation ne
semblait pas aussi délicat qu’à l’heure actuelle où on récence des millions de perte en
vie humaine , l’escalade des conflits , proliférations des groupes armés nationaux et
étrangers, des graves atteintes aux droits humains et violations des droits de l’
Homme, plus encore la menace de la souveraineté et l’ intégrité territoriale de la
République démocratique du Congo par l’ occupation des territoires par des groupes
armés soutenus par les étrangers en l’occurrence le Rwanda ,ce qui constitue une
grave violation du droit international à la vue de la communauté internationale.

Avant d’être rebaptisée en MONUSCO, la Mission des Nations Unies au Congo a


joué un grand rôle dans les moments clé de l’histoire de la Nation congolaise en
l’occurrence lors de la grande crise qu’à connu la RDC au début des années 2000,
avec l’assassinat de Lauréat Désiré Kabila. Cette mission a joué un grand rôle dans la
vie politique de l’Etat, dans le dialogue intercongolais, dans l’organisation des
élections en 2006 que nous développeront plus au deuxième chapitre l’apport de la
MONUC durant la crise.

§2 : MONUSCO
A. Contexte de la création

La MONUSCO poursuit la mission de maintien de la paix comme mission de


stabilisation en RD Congo depuis juillet 2010. Le mandat de la MONUSCO assigné
par la résolution est basé sur la protection des civils : « Assurer la protection

2
6
effective des civils, y compris le personnel humanitaire et le personnel chargé de
défendre les droits de l’homme, se trouvant sous la menace imminente de violences
physiques, en particulier de violences qui seraient le fait de l’une quelconque des
parties au conflit … »34

Plus d’une vingtaine de résolutions du Conseil de sécurité ont été adoptées pour
permettre à la MONUSCO de bien mener son mandat de stabilisation sur le territoire
congolais. La situation sécuritaire en RD Congo, particulièrement, dans la région Est
du pays reste inchangée jusqu’à ce jour ; au contraire, elle s’empire. La résolution
2666 du 20 décembre 2022, ainsi que celle que la 2717 du 19 décembre 2023 du
Conseil de sécurité se préoccupe de l’escalade des hostilités à l’Est de la RDC ;
situation qui entraîne un lourd tribut des vies humaines, des violations graves des
droits de l’homme et du droit international humanitaire, un déplacement massif de la
population, la détérioration des conditions de vie. Suite à la demande du
gouvernement congolais, le mandat de la mission des Nations Unies devrait prendre
fin en décembre 2024 conformément à la résolution 2717 de décembre 2023, le
Conseil de sécurité a décidé de le prolonger jusqu’au 20 décembre 2025 par la
résolution 2765 (2024).

B. MONUSCO dans le conflit armé en RDC

L’objectif principal de la MONUSCO est de stabiliser cette situation de crise en RDC


pour une paix et sécurité durable. Mais en dépit de la volonté de ladite mission de
Nations Unies, la situation de conflit à la région Est du pays ne connait aucun
changement mais s’intensifie. D’après la résolution 2717 du Conseil de sécurité du 19

34
S/RES1925 mai 2010 p. 5 et 6 « Assurer la protection effective des civils, y compris le personnel humanitaire et le
personnel chargé de défendre les droits de l’homme, se trouvant sous la menace imminente de violences physiques, en
particulier de violences qui seraient le fait de l’une quelconque des parties au conflit … »
« Stabilisation et consolidation de la paix : En tenant pleinement compte du rôle prépondérant du Gouvernement de la
République démocratique du Congo, soutenir, en étroite coopération avec les autres partenaires internationaux,
l’action que mènent les autorités congolaises pour renforcer et réformer les institutions de sécurité et l’appareil
judiciaire…»34

2
7
décembre 2023 , le retrait définitif des troupes onusiennes étaient prévu pour
décembre 2024. La persistance de la crise et l’escalade des conflits entre les
différents groupes armés, la crise humanitaire et les graves violations et atteintes aux
droits humains ont conduit le Conseil a adopté la résolution 2447 afin d’assister la
SAMIDRC) dans mission en RDC. Le Conseil de sécurité par la MONUSCO s’
engage à appuyer la Mission de la Communauté de développement de l’Afrique
australe en République démocratique du Congo : « en renforçant la coordination,
l’échange d’informations et l’assistance technique, ainsi qu’en lui permettant de faire
appel aux moyens logistiques et aux capacités militaires de la MONUSCO, dans la
zone de déploiement de celle-ci, conformément au paragraphe 20 de la résolution
2717 (2023) et dans la limite des ressources existantes, aux fins de l’exécution du
mandat de la MONUSCO, en tenant dûment compte de la sûreté et de la sécurité du
personnel des Nations Unies, … ».35

Alors que la situation exacerbe, l’appui de la MONUSCO à la Mission de la


Communauté de développement de l’Afrique austral en RD Congo dans ce conflit et
crise donne était une lueur d’espoir au regard de la situation à l’Est de la RDC.

35
S/RES/2746 (2024).

2
8
Chapitre II. : Bilan de la MONUSCO : diagnostic de la situation

Dès la création de la MONUC en 1999 jusqu’ à être reconduite à la MONUSCO en


juillet 2010, il y a eu de l’évolution sur la situation des conflits armés en RD Congo
dans un sens plus négatif que positif.

Chronologiquement, plusieurs résolutions, décisions, recommandations ont été faites


qui ont élargi le mandat de la MONUC à d’autres tâches et ont prolongé la durée de
cette mission jusqu’à être rebaptisée « MONUSCO ». La résolution 1279 crée la
MONUC, la résolution 1291 définit clairement le mandat de cette dernière qui
consiste à la collaboration avec les parties prenantes de l’Accord de cessez-le-feu,
notamment, la commission militaire mixte afin d’appliquer les dispositions de ladite
Accord et d’enquêter sur les violations de cet Accord. En 2004 , le mandat de la
MONUC sera révisé par la résolution 1565 afin « de promouvoir le rétablissement
de la confiance, et se déployer et maintenir une présence dans les principales zones
susceptibles d’instabilité pour y dissuader la violence, notamment en empêchant que
le recours à la force ne menace le processus politique, et pour permettre au
personnel des Nations Unies d’y opérer librement, en particulier dans l’est de la
République démocratique du Congo; d’assurer la protection des civils, y compris le
personnel humanitaire, sous la menace imminente de violences physiques et autre ».

En 2008, le Conseil de sécurité prolonge le déploiement de la MONUC jusqu’au 31


décembre 2009 et autorise le maintien jusqu’à cette date d’effectifs pouvant atteindre
19 815 militaires, 760 observateurs militaires, 391 personnels de police et 1050
membres d’unités de maintien de l’ordre (S/RES 1856). En 2010, la résolution 1925
baptise la MONUC en MONUSCO pour la stabilisation et la consolidation de la paix
en RD Congo. Avant d’évaluer l’évolution de la situation sous la MONUSCO, il
faudra passer à un état des lieux de la situation en générale sous la MONUC sur le
plan sécuritaire, politique, la question des droits de l’homme sans oublier les groupes
armés. Ce chapitre consiste à faire un état de lieux sur le mandat de la MONUC

2
9
jusqu’en 2010, afin de présenter le bilan de la MONUSCO depuis 2010 jusqu’à ce
jour.

Section 1 : Etat des lieux avant la création de la MONUSCO

Suite au renversement du président Mobutu Sese Seko par la milice de Laurent-


Désiré Kabila, soutenue par le Rwanda et l’Ouganda, le Congo est rebaptisé
République démocratique du Congo en 1997. Cependant, en 1998, une rébellion
éclate dans les régions du Kivu contre le gouvernement de Kabila, malgré le soutien
initial du Rwanda et de l’Ouganda, qui étaient supposés être ses alliés. Le 16 janvier
2001, le pays plonge à nouveau dans une période d’instabilité politique et d’insécurité
après l'assassinat de Laurent-Désiré Kabila. Pendant toute cette période, la Mission de
l’ONU en RDC (MONUC) a soutenu l’État congolais dans ses efforts de
reconstruction et de stabilisation, alors que le pays était ravagé par les conflits et les
rébellions36.

§1 : Analyse de la situation sécuritaire et politique

A. Guerres et instabilité politique

Alors que la rébellion éclate à l’Est de la République en 1998, la situation politique


après le renversement du régime mobutisme ne s’est pas encore stabilisée. Le
mouvement rebelle RCD (Rassemblement congolais pour la démocratie) soutenu par
le Rwanda, de l’autre côté, le Mouvement de libération du Congo de Jean-Pierre
Bemba ayant pour fief la province de l’Equateur, soutenu par l’Ouganda, d’une part,
les guerres civiles locales en Ituri opposant Lendu et Hema avec appui et intervention

36
Mission de l’organisation des Nations Unies au Congo – historique Historique | MONUC ([Link])
(Consulté 13 mai 2024)
BRAECKMAN(Colette), « La mort de Kabila : nouvelle donne dans la guerre en RDC », dans Politique africaine
2001/2 , n°82, pp.151-159.

3
0
des forces étrangères ; tous ces événements plongent le pays dans l’insécurité et
l’instabilité politique.37

Aux débuts des années 2000, le pays connaîtra encore l’instabilité par différents
évènements qui vont se succéder, la guerre de 6 jours en juin 2000 à Kisangani, entre
autres (combat en juin 2002 entre le Rwanda et l’Ouganda pour les minerais du
pays)38. En janvier 2001, la situation deviendra plus critique avec l’assassinat de L.D.
Kabila qui plongera le pays dans le chaos. Alors que plusieurs acteurs politiques se
battent pour conquérir le pouvoir, Joseph Kabila, fils du défunt, fera l’intérim jusqu’à
l’organisation des scrutins qui vont légitimer son pouvoir en tant que président de la
République démocratique du Congo en 2006. En effet, son accession au pouvoir en
tant que remplaçant de LD Kabila a été contestée par plusieurs acteurs politiques en
voyant en tête du pays un jeune « inconnu, néophyte en politique ». Entre-temps, le
pays vit dans une lutte de quête de pouvoir ; l’implication extérieure dans les affaires
de l’Etat, déjà instable l’exploitation illégale des ressources naturelles du pays et plus
encore, des violations des droits humains.

B. Processus référendaire et électoral

Alors que le pays traverse une crise sans précédent après l’assassinat de Laurent-
Désiré Kabila, les Congolais sont appelés à participer à un dialogue intercongolais,
déjà prévu par l’Accord de Lusaka de 1999, afin de « créer un nouvel ordre politique
». Conformément aux dispositions de l’Accord de cessez-le-feu de Lusaka, ces
négociations politiques intercongolaises visent à rétablir l’autorité administrative de
37
Ibid. BRAECKMAN(Colette), PP.151-159. : « Selon certaines estimations, réalisées entre autres par l’ONG
américaine International Rescue Committee, le conflit aurait déjà fait 2,5 millions de morts, tandis que 2 millions de
Congolais sont devenus des déplacés internes, dont 1 million sont privés de toute aide humanitaire car ils se trouvent
dans des endroits pratiquement inaccessibles. En outre, plus de 300 000 Congolais ont été obligés de fuir vers les pays
limitrophes. À Kinshasa, 70 % des 6 millions d’habitants disposent de moins d’un dollar par jour, et la malnutrition
touche 70 % des enfants des communes périphériques. »

VIRCOULON(Thierry), « L’Ituri ou guerre au pluriel », dans Afrique contemporaine 2005/3, n° 215, PP.129.
38
War Crimes in Kisangani, The Response of Rwandan-backed Rebels to the May 2002 Mutiny, [Link]. [en ligne]
[Link] .
Consulté le 13 mai 2024

3
1
l’État sur l’ensemble du territoire congolais, à mettre en place des institutions pour la
gouvernance, à lancer un processus électoral garantissant des élections libres et
transparentes, ainsi qu'à élaborer un projet de constitution. 39

En 2002, Un Accord global et inclusif sera signé à Pretoria, en Afrique du Sud après
le dialogue de Sun City. C’est le début d’un long processus pour stabiliser la situation
politique en tension. Un référendum constitutionnel sera organisé en date du 18
décembre 2005, l’Etat Congolais sera doté d’une nouvelle constitution introduisant le
pays à la troisième république, la constitution du 6 février 2006. Le pays passera
ensuite par le processus démocratique des élections présidentielles et législatives à
deux tours en juillet 2006 et en octobre 2006 qui vont consacrer la victoire de Joseph
Kabila. Les Nations Unies au travers de sa mission de maintien de paix en RD Congo
qualifient ce processus électoral comme : « l’un des scrutins les plus complexes que
les Nations Unies n'aient jamais aidé à organiser. » 40

Pendant cette période sombre de l’ histoire de la RD Congo , les Nations Unies à


travers la MONUC avait pour tâche : « La réunification, la pacification, la
reconstruction du pays, la restauration de l’intégrité territoriale du pays et
l’instauration de l’autorité de l’Etat à travers le pays , la réconciliation nationale , la
mise en place d’une armée nationale intégrée (DDR/RR) , l’organisation d’élections
libres et transparentes à tous les niveaux qui doivent conduire à la création d’un État
démocratique et la mise en place d’un nouvel ordre politique. » 41

§ 2 : Evolution des groupes armés et la situation des droits de l’homme

A. Actions des groupes armés en RD Congo

Aux termes de l’Accord de cessez-le-feu de Lusaka et de la résolution 1291(2000)


dans son paragraphe 7, la MONUC en collaboration avec la commission militaire

39
S/1999/815 [Link] p.10 à13.
40
Ibid. S/1999/815 p. 11.
41
Ibidem.

3
2
mixte devrait mettre en place
un plan de désengagement des forces belligérantes et
la cessation des hostilités en quittant les zones d’affrontement afin d’en regrouper
dans des points sous le contrôle de la MONUC.42 Au début de ce conflit
armé en République démocratique du Congo , on pouvait recensé une dizaine
de groupes rebelles et des forces étrangères , entre autres : LRA (Armée de
résistance du Seigneur), FDA (forces démocratique alliées), NALU (Armée
nationale pour la libération de l’Ouganda) , UNITA (Union nationale pour
l’indépendance totale de l’Angola ,ex FAR Anciennes forces armées
rwandaises ) ,FDD (Forces pour la défense de la démocratie - Burundi) ,
FNUA (Ancienne armée nationale de l’Ouganda) ,UNRF II (Front national
de libération de l’Ouganda II ) , RCD (Rassemblement congolais pour la
démocratie) , MLC (Mouvement pour la libération du Congo) …. 43

En dépit de l’existence de l’Accord de Lusaka, les hostilités et affrontements se


poursuivaient entre les mouvements rebelles (RCC Goma, MLC, …) et les forces
étrangères, entre autres les forces rwandaises, ougandaises, namibiennes, burundaises
etc. La prise des localités, les attaques et autres sur presque toute l’étendue de la
République, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, à l’ex province orientale, dans la province
de l’Equateur, au Kananga, au Kasaï pour ne citer que celles-ci.44

A l’endroit de voir la diminution des groupes armés congolais qu’étrangers, on a


assisté à une augmentation des groupes rebelles sur le territoire du Congo entre les
années 2000-2010, plus encore aujourd’hui, on parle de la prolifération des groupes
armés rebelles sur le territoire du Congo. Une escalade des conflits et des groupes

42
Nations Unies ,Deuxième rapport du Secrétaire général sur la mission de l’Organisation des Nations Unies en RD
Congo, S/2000/330, pp. 3.
43
S/1999/815 [Link].
44
S/2000/330, [Link]. pp.5
3
3
armés, à titre d’exemple : Le M23, le Maï Maï, CADECO, (DEMIAP), ADF/NALU
de l’Ouganda, /Forces combattantes abacunguzi (FOCA).45

B. Situation des droits de l’homme

Depuis le début des conflits armés en RD Congo, la situation des droits de l’Homme
et de droit international humanitaire demeure grave. Plus les années passent, plus la
situation se détériore et devient dramatique ; un véritable enfer pour la population
congolaise depuis 1998. Dans les zones contrôlées par le gouvernement et les zones
contrôlées par les rebelles, la situation de la population en place était critique. En
effet, on assiste à une série des massacres, les exécutions et les arrestations
arbitraires, les détentions illégales, la torture et tout autre traitement inhumain,
dégradant et cruel contre les détenus et les suspects. Outre cela, les allégations des
enterrements des personnes vivantes, notamment des femmes à Mwenga en 2000, les
condamnations à la peine de mort.

Outre les conflits, les offensives entre les rebelles congolais qu’étrangers et les autres
forces étrangères. Les conflits ethniques ont encore envenimé la situation des droits
de l’Homme en outre la guerre entre la communauté Lendu et Hema qui a fait plus de
7000 morts, les discours de haine anti-tutsis congolais et les attaques contre les
Banyamulenge au Sud-Kivu etc.46Jusqu’à aujourd’hui, en dehors de la présence des
groupes armés, les conflits intercommunautaires déchirent la population ; nous le
verrons dans la suite, par exemple à Yumbi etc.

En ce qui concerne la situation humanitaire le Secrétaire général sur la Mission de l’


Organisation des Nations Unies en RDC (MONUC) dans son deuxième rapport

45
Nations Unies, Rapport du Secrétaire général sur les enfants et les conflits armés en République démocratique du
Congo S/2008/693, pp. 5 à 12
46
S/2000/330, [Link]. pp.5 : « …Le Secrétariat a également reçu à ce moment-là des informations, corroborées par une
bande vidéo, faisant état de combats entre les communautés Lendu et Hima de la Province orientale. Le Gouvernement
de la République démocratique du Congo estimait que plus de 7 000 personnes avaient péri lors de ces affrontements,
qu'il qualifiait de génocide.
…D'après des informations reçues d'une organisation non gouvernementale, on estime que 150 000 Banyamulenge sont
encerclés et risquent d'être violemment attaqués dans le Sud-Kivu … »

3
4
S/2000/330 d’avril 2000 pouvait détailler la situation humanitaire comme suit : « les
besoins humanitaires en République démocratique du Congo ont atteint des
proportions impressionnantes, avec quelque 1,3 million de personnes déplacées à
l'intérieur du pays et 300 000 réfugiés, auxquels s'ajoute un nombre estimatif de 14
millions de personnes ayant besoin de secours. D'une manière générale, la situation
sur le plan humanitaire dans l'est du pays s'est rapidement détériorée depuis le début
de l'année, 550 000 des personnes déplacées se trouvant piégées par la guerre ».

Toujours sous l’auspice de la MONUC, plusieurs violations graves des droits de


l’homme ont été enregistrées, les viols et les violences graves, meurtres et atteintes à
l’intégrité physique des enfants, les recrutements des enfants dans les groupes armés
(Maï Maï , CNDP et par le FDLR), les attaques des écoles et les hôpitaux lors de la
crise qui a ravagé le Nord-Kivu en 2007.47

Section 2 : Evolution de la situation sous la MONUSCO

En juillet 2010, la Mission de l’ Organisation des Nations Unies pour la stabilisation


en République démocratique du Congo , poursuit la mission commencée par la
MONUC ; toutefois , les graves problèmes de sécurité continuent à se poser en
République démocratique du Congo par la présence et la prolifération des groupes
armés, l’escalade des conflits armés à l’Est du pays , les conflits intercommunautaires
, les violations des droits de l’ homme et la crise humanitaire, les actes de violences
contre les civils, les violences sexuelles en général , le recrutement et l’emploi des
enfants dans les conflits armés , les exécutions extrajudiciaires, le déplacement massif
de la population , les tensions politiques et autres persistent en RD Congo.

47
S/2008/693, [Link] pp. 5 à 12.

3
5
§1 : Situation sécuritaire et politique
A. Crise sécuritaire

La MONUSCO, dont la mission principale est la stabilisation et la consolidation de la


paix en République démocratique du Congo, a vu son rôle évoluer face à l'escalade
des conflits à l'Est du pays, mêlant crise politique, conflits ethniques et autres
violences de 2010 à aujourd'hui. Sur le plan politique, l'année 2011 a été marquée par
les élections législatives et présidentielles qui ont conduit Joseph Kabila à entamer un
second mandat. Cependant, 2016 a été une année de crise politique, caractérisée par
l'absence de volonté politique pour organiser des élections permettant une transition
pacifique du pouvoir. Ce n'est qu'à la fin de 2018, après une longue lutte, que la
passation de pouvoir a eu lieu à l'issue du processus électoral, avec l'arrivée de Félix
Tshisekedi à la magistrature suprême. En 2023, la situation politique reste tendue
autour des élections, vivement critiquées, qui devraient conduire Félix Tshisekedi à
un second et dernier mandat conformément à la Constitution.48

Sur le plan sécuritaire, le pays continue à vivre une instabilité liée au conflit à l’Est,
par le groupe armé le plus actif maintenant le M [Link] pays a connu une
multiplication des groupes armés sur son territoire à une présence de 250 groupes
rebelles congolais qu’étrangers , dont le plus actif aujourd’hui le mouvement du 23
mars ( M23) soutenu par le Rwanda , la Coopération pour le développement du
Congo (CODECO), les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), les
Forces démocratiques alliées (ADF), le groupe Zaïre (FPAC), la Résistance pour un
État de droit au Burundi (RED Tabara), les groupes Maï-Maï, les Twirwaneho et

48
Nations Unies : « à l’approche du 19 décembre, date initiale des élections congolaises, le Conseil de sécurité exhorte
les parties à la plus grande retenue » CS/1261 ,5 décembre 2016 [ en ligne]
[Link] (24 mai 204).
Nations Unies, Rapport du Secrétaire général sur la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation
en République démocratique du Congo S/2016/1130.

3
6
plusieurs autres groupes armés nationaux et étrangers, terrorisent la population et
commettent des graves violations des droits humains. 49

Outre les conflits à l’Est du pays, le pays a traversé une période de rébellion au Kasaï
entre la milice de Kamuina Nsapu contre le gouvernement central de Kinshasa ; un
conflit qui a conduit à la perte des vies humaines des milliers de personnes et de
deux experts des Nations Unies d’après BCNUDH à Kinshasa. Outre cela, le conflit
ethnique qui a conduit au massacre Yumbi. 50

B. Action des groupes armés à l’Est du Congo

Les actions menées par les groupes armés à l’Est de la République démocratique du
Congo sous la MONUSCO sont sans précédent, une crise humanitaire sans précédent,
les atteintes et les graves violations des droits de l’homme ont été commises et
continuent. Nous assistons à une répétition des violations allant en augmentant. De la
prise de la ville de Goma le 20 novembre 2012, jusqu’à ce jour, nous sommes dans
une autre escalade des conflits armés en RD Congo. Bien que les rebelles eussent
libéré la ville de Goma, en fin 2022, les rebelles du M 23 reprennent leur action à
l’Est et pour avancer vers la ville de Goma au Nord-Kivu.

En 2012, le groupe rebelle M23 et les autres groupes armés : les FDLR, LRA, FDA,
FNL ont commis plusieurs formes de violences et des activités dévastatrices,
l’enfermement des enfants soldat. Le groupe M23 continuait à recevoir l’appui
extérieur, ce qui continue se poursuit jusqu’à présent. Un appui : « Notamment sous
forme de la fourniture de renforts de personnels militaires, de conseils tactiques et de

S/RES 2117.
50 HCDH : » Des enquêteurs médico-légaux aident à rendre justice aux victimes en République démocratique du
Congo [en ligne] [Link]
justice(consulté le 17 mai 2024).
Les survivants du massacre de Yumbi en RD Congo [en ligne] [Link]
du-massacre-de-yumbi-en-rd-congo-reclament-justice(consulté le 17 mai 2024).

3
7
matériel, ce qui accroît considérablement les capacités militaires du M23. »51 déclare
le Conseil de sécurité dans ses résolutions.

Dans les années 2013,2014, 2015 nous assistons à une nouvelle série d’actions
menées par les groupes armés sur le territoire du Congo. Le Conseil de sécurité dans
sa résolution S/RES 2098 de 2013 avance se qui suit : « inquiet de l’instabilité
croissante dans tout l’est de la République démocratique du Congo résultant
également en partie de l’augmentation des actions menées par d’autres groupes
armés, y compris l’Alliance des Patriotes pour un Congo libre et souverain (APCLS)
et les Forces démocratiques alliées (ADF) au Nord-Kivu, les Maï-Maï Gédéon et les
Maï-Maï Kata-Katanga dans la province du Katanga, l’Armée de résistance du
Seigneur (LRA) dans la province Orientale et manifestant également son inquiétude
au sujet des informations émanant du Rwanda concernant des attaques perpétrées
par les FDLR en territoire rwandais »52

En plus cela, le Conseil de sécurité ajoute encore dans ces autres résolutions
notamment, S/RES 2198 de (2015) :« l’exploitation illégale des ressources
naturelles, y compris le braconnage et le trafic d’espèces sauvages, le commerce
illicite de ces ressources et la prolifération et le trafic d’armes, un des principaux
facteurs venant alimenter et exacerber les conflits dans la région des Grands Lacs ».
Cette situation de fait est une des causes de l’escalade des conflits à l’Est de la
République démocratique du Congo. Dans la S/RES2277 (2016) le C.S exprime son
inquiétude par rapport à cette situation : « ...Exprimant son inquiétude face à
l’exploitation illégale et au trafic de ressources naturelles auxquels se livrent les
groupes armés, et face aux conséquences néfastes des conflits armés sur les zones
naturelles protégées, qui font obstacle à l’instauration d’une paix durable et au
développement de la République démocratique du Congo, et engageant le

51
S/RES2078(2012).
52
S/RES/2136 (2014).

3
8
Gouvernement de la République démocratique du Congo à poursuivre son action
pour préserver ces zones »

Les années 2016, 2017 sont marquées par l’instabilité continue dans la région Est du
pays , mais aussi par les conflits intercommunautaires qui ont conduit à des actions
des violences qui constitueraient le crime contre l’humanité aux Provinces du Kasaï
par la milice de Kamuina Nsapu , et la milice de Mwana Mura et l’armée
congolaise.53 En 2020, alors que le conflit se poursuit à l’Est du pays, le conflit
intercommunautaire fait rage à Yumbi qui a conduit à des actions de violence.

Aujourd’hui le même cycle se répète par la prise de Goma en fin janvier 2025 suivi
de la prise de Bukavu par le M23 et le AFC (Alliance du Fleuve Congo) nouveau
groupe armé crée par l’ancien président de CENI, Corneille Nanga.

Le conflit armé perdure dans l'Est de la République démocratique du Congo, où les


groupes armés continuent de semer la terreur en perpétrant des actes de violence
d'une cruauté inouïe, souvent inhumains et dégradants.

§ 2 : Atteintes et violations des droits de l’homme et du droit international


humanitaire
A. Situation des droits de l’homme

Suite aux actes d’hostilités perpétrés par les groupes armés, la situation des droits de
l’homme ne fait que se détériorer et a atteint son plus haut niveau de violences,

53
Rapport A/HRC/38/31 pp. 8 §33 à 35 « … La milice Kamuina Nsapu a été capable en un temps très court de recruter
des miliciens, de mener des attaques dans les cinq provinces du Kasaï et de prendre le contrôle de villages et de cités
pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

34. À partir de 2017, la milice est devenue de plus en plus violente et ses attaques ont pris un caractère ethnique en
dehors des zones lubaphones.

35 ...Les milices Bana Mura sont composées en grande majorité d’hommes Chokwe, mais également de quelques
hommes Pende et Tetela. Elles ont été créées en février/mars 2017 dans certaines parties du territoire de Kamonia et de
la ville de Tshikapa, dans la province du Kasaï, en réaction aux attaques de la milice KamuinaNsapu, d’ethnie Luba,
contre les Chokwe et les Pende ».

3
9
d’atteintes et violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire.
Les attaques ciblant la population civile, les violences sexuelles et sexistes, le
recrutement et l’utilisation des enfants dans les groupes armés, les exécutions
extrajudiciaires, les massacres et mutilations des personnes, les arrestations
arbitraires, la torture et plein d’autres traitement cruel , inhumain et dégradant sont
commis à l’Est de la République démocratique du Congo , sans oublier les autres
zones du pays qui ont connu des périodes des violences graves , entre autres au Kasaï
et à Yumbi.

Dans un communiqué de presse du 5 juin 2020, la HCDH avance ce qui suit : «la
mort de 1300 civils dans le conflit impliquant plusieurs groupes armés, les violences
sexuelles, décapitation et mutilation des cadavres, au Nord Kivu plusieurs civils ont
péri soit 514 par les ADF à l’aide de machettes, haches, armes lourdes, les
enlèvements des enfants, les attaques des écoles et hôpitaux…54

Le Bureau Conjoint des Nations Unies pour les droits de l’homme avait recensé entre
le 1er juin 2022 et le 31 mai 2023, 5135 violations et atteintes aux droits de l’homme,
y compris les violations du droit international humanitaire commises par les groupes
armés et des forces de défense de sécurité de l’Etat en grande partie dans le Nord-
Kivu et en Ituri. Outre cela, les violences sexuelles dans les zones touchées par les

54
Nations Unies Droits de l’Homme : « 1.300 civils tués en RDC au cours des huit derniers mois – Bachelet » [en
ligne] 1.300 civils tués en RDC au cours des huit derniers mois – Bachelet | OHCHR (Consulté 21 mai 2024).

“..Les attaques et la nature de la violence commises par des groupes armés sont devenues de plus en plus atroces, se
caractérisant notamment par des violences sexuelles, des décapitations et des mutilations de cadavres. Selon le Bureau
conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme en RDC (BCNUDH), entre le 1er octobre 2019 et le 31 mai 2020, au
moins 531 civils ont été tués par des groupes armés en Ituri, dont 375 depuis mars, lorsque les violences se sont
multipliées. Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et la Police nationale congolaise
(PNC) auraient également tué 17 civils au cours de la même période.”

Au Nord-Kivu, le lancement d’opérations militaires par les forces de sécurité et de défense en novembre 2019 a donné
lieu à des représailles contre les populations civiles de la part du principal groupe armé, les ADF, qui ont tué au 31 mai
2020 au moins 514 civils à l’aide de machettes, de haches et d’armes lourdes, ont enlevé des enfants et attaqué des
écoles et hôpitaux- (Les combattants des ADF ont également été responsables de 77 morts civils dans l’Ituri voisin). Les
forces de défense et de sécurité ont également été fortement impliquées, dans l’exécution extrajudiciaire par les FARDC
de 59 civils et la PNC de 24 autres. Plus de 400.000 personnes ont été déplacées dans le Nord-Kivu.

4
0
conflits : 630 cas recensés dont 44 femmes, 176 filles et 10 hommes, a souligné la
Haute Commissaire-ajointe des Nations Unies aux droits de l’homme.55

Le 2 avril 2024, Volker Türk Haut-commissaire des Nations Unies aux droits de
l’homme par une vidéo a fait une déclaration d’un état d’insécurité alarmante en RD
Congo en ces mots : “ Entre le 1er octobre 2023 et le 15 mars 2024, le Bureau
conjoint des Nations Unies aux droits de l'homme a documenté 2 110 violations et
abus des droits humains dans toute la RDC. Parmi celles-ci, 59 % ont été commises
par des groupes armés, et ils comprennent des exécutions sommaires et des violences
sexuelles liées au conflit. Près de la moitié de ces violations et abus ont été commis
dans la province du Nord-Kivu, où la violence et les tensions ont atteint un stade
critique.”56

Le Haut-commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme Volker Türk, lors de
sa visite officielle en Avril 2024 en République démocratique du Congo, dépeint le
tableau déplorable de la situation des droits de l’homme en RD Congo précisément
dans la partie Est en ce mot : « Le nombre des victimes des violences sexuelles a
considérablement augmenté dans les zones où se déroulent les combats, mais aussi
dans les camps. Dans le camp de déplacés de Bulengo à Goma, mes interlocuteurs
m'ont décrit comment les femmes étaient attaquées alors qu'elles allaient chercher du
bois pour préparer les repas, et comment certaines femmes et filles étaient obligées
de se vendre pour survivre »57 La liste n’est pas exhaustive des atrocités à l’Est de la

55
Dialogue renforcé sur la situation des droits de l’homme en République démocratique du Congo [ en ligne ]- Le
Conseil tient un dialogue autour d’une mise à jour du Haut-Commissariat sur la situation des droits de l’homme en
Ukraine et entame un dialogue renforcé sur la situation des droits de l’homme en République démocratique du Congo |
OHCHR (Consulté le 21 mai 2024).

56
NationsUnies,En RDC, le Haut-commissaire fait état d’une insécurité « alarmante »,[en ligne]
[Link] reports#:~:text=L'ins
%C3%A9curit%C3%A9%20est%20aliment%C3%A9e%20par,violents%20conflits%20fonciers% 20en%20cours.
(Consulté le 20 mai 2024).
57
Nations Unies, « Le Haut-commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme Volker Türk conclut sa visite
officielle en République démocratique du Congo » [en ligne] [Link]
speeches/2024/04/un-high-commissioner-human-rights-volker-turk-concludes-official-visit-drc (consulté 21 mai 2024).

4
1
République démocratique du Congo, puisque le conflit continue jusqu'à ce jour ; le
nombre des victimes se compte par milliers.

B. Situation du droit humanitaire

La situation humanitaire demeure préoccupante en RD Congo ; prenons le cas de ces


huit dernières années. En 2017, la résolution S/RES 2343 du 31 mars 2017, du
Conseil de sécurité se dit préoccupé par la situation de crise humanitaire en RD
Congo avec un nombre de déplacés qui s’élevait à plus de 2,2 millions, soit 452 000
réfugiés dans le pays et plus de 468 000 réfugiés ayant fui l’Est du pays en raison de
la poursuite des hostilités.

En 2018, le Conseil de Sécurité dans la résolution S/RES2409 de 2018 décrit la


situation humanitaire de la manière suivante : au moins 13,1 millions des Congolais
avaient besoin d’une aide humanitaire, dont plus de 7,7 souffrants d’insécurité
alimentaire grave, le nombre des déplacés qui avait doublé au cours de l’année 2017
pour se chiffrer à 4,49 millions des déplacés, soit 540 000 réfugiés à l’interne (vivant
en RDC), et 714 000 réfugiés ayant fui le pays suite aux hostilités.

En 2019, on parle d’au moins 15,6 millions de congolais ayant besoin d’une aide
alimentaire, 5,01 millions de déplacés en décembre 2019 selon les estimations, 538
000 refugiés et 10.000 demandeurs d’asile dans le pays, plus de 865 000 réfugiés
ayant fui le pays pour se réfugier dans d’autres pays d’Afrique en raison de la
poursuite des hostilités. 58

En 2020, la résolution S/RES 2556 du Conseil de sécurité, décrit la situation comme


suit:25,6 millions de congolais ayant besoin d’une aide humanitaire, une
augmentation de nombre des déplacés qui était à 5,2 millions selon les estimations,
un nombre de 529 000 réfugiés vivant en RDC, plus 934 000 réfugiés ayant fui le
pays en raison des hostilités.

58
S/RES2502 décembre (2019).

4
2
Le Conseil de sécurité dans sa résolution S/RES2612 du décembre 2021 détaille la
situation comme suit:27 millions des Congolais ayant besoin d’une aide humanitaire,
5 millions des déplacés selon les dernières estimations, soit 515 000 réfugiés vivant
en RDC, plus de 998 000 réfugiés ayant fui le pays en raison des hostilités.

En 2022, on parle de 27 millions des Congolais qui ont besoin d’une aide
humanitaire, soit 5,7 millions des déplacés au pays, 523 000 réfugiés vivant sur le
territoire congolais, plus de 1 millions de personnes ayant fui le pays suite aux
hostilités. 59

La résolution S/RES 2717 de décembre 2023 du C.S se déclare préoccupé par la


situation humanitaire : 26, 4 millions des Congolais ayant besoin d’aide humanitaire,
une augmentation du nombre des personnes déplacées qui s’élèvent à 6,9 millions, 1
058 000 personnes réfugiées en RD Congo plus d’1 millions de réfugiés ayant fui les
hostilités. Le Haut-commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme après sa
visite officielle en avril 2024 parle de 500 mille personnes qui ont été déplacées dans
les zones contrôlées par le M23 depuis octobre 2023, soit un nombre total de 2,7
millions des déplacés. En Ituri, on compte 1,8 millions des personnes déplacées à ce
jour dans la province, à la suite des affrontements intercommunautaires entre les
groupes armés CADECO et Zaïre, et le groupe ADF. 60

59
S/RES 2666 (2022).
60
Nations Unies « Le Haut-commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme Volker Türk conclut sa visite
officielle en République démocratique du Congo » [en ligne][Link]
speeches/2024/04/un-high-commissioner-human-rights-volker-turk-concludes-official-visit-drc (consulté 21 mai 2024).

4
3
Le tableau illustratif de la situation humanitaire

Années Déplacés Réfugiés vivant Réfugiés ayant fui Besoin d’aide


en RDC le pays humanitaire
2017 2,2 millions 452 000 468 000 8,5 millions
de personnes
2018 4,49 millions 540 000 714 000 13,1 millions
de personnes
2019 5,01 millions 538 000 865 000 15,6 millions
2020 5,2 millions 529 000 934 000 25,6 millions
2021 5 millions 515 000 998 000 27 millions
2022 5,7 millions 523 000 Plus de 1 million 27 millions

2023 6,9 millions 1 058 000 Plus de 1 million 26,4 millions

De la MONUC à la MONUSCO, malgré les efforts fournis des Nations Unies à


travers leurs opérations de maintien de la paix, la situation en République
démocratique du Congo, en matière de sécurité, de crise humanitaire et de violations
des droits de l'homme, ne montre aucun signe d'amélioration ; au contraire, elle ne
cesse de se détériorer. La prolifération des groupes armés, l'exploitation illégale des
ressources naturelles, la destruction des zones protégées et les attaques meurtrières
perpétrées par ces groupes plongent les populations vivant sous leur contrôle dans
une situation catastrophique, avec des conditions de vie insoutenables et inhumaines.
Aujourd'hui encore, l'est de la RDC est en proie à une insécurité et une crise
humanitaire d'une ampleur sans précédent.

4
4
Conclusion de la première partie

Cette première partie a été dédiée à l'analyse du rôle des Nations Unies dans le
maintien de la paix et de la sécurité internationales, tel qu'énoncé dans l'article 1er,
paragraphe 1, et l'article 24, paragraphes 1 et 2 de la Charte des Nations Unies, qui
confèrent au Conseil de sécurité la responsabilité de garantir la paix. Dans le cadre de
cette mission, le Conseil de sécurité qualifie les faits comme étant une menace contre
la paix, une rupture de la paix ou un acte d'agression, conformément à l'article 39 de
la Charte. Les opérations de maintien de la paix (OMP) sont ainsi mises en place par
le Conseil dans des contextes spécifiques exigeant une intervention. Bien que la
Charte ne mentionne pas explicitement les missions de maintien de la paix, celles-ci
ne contredisent pas ses objectifs.

Depuis la création des OMP, leur évolution a conduit à une classification en trois
générations : la première génération, la deuxième génération, et enfin la troisième
génération, consacrée aux opérations de consolidation de la paix, à l'image de la
MONUSCO. En République démocratique du Congo (RDC), trois grandes missions
ont été déployées : l'ONUC en 1960, la MONUC en 1999, puis la MONUSCO, créée
en 2010 pour poursuivre la mission entamée par la MONUC face au conflit armé en
RDC.

Le bilan de la MONUSCO, tout comme celui de la MONUC, est souvent jugé «


négatif ». Malgré les efforts déployés, la situation en RDC, en particulier dans l’est
du pays, demeure dramatique. Les conflits armés s'y intensifient, causant des pertes
humaines considérables, des violations graves des droits de l’homme, l’exploitation
illégale des ressources naturelles, et une crise humanitaire sans précédent. Les
conditions de vie des populations dans cette région sont inhumaines et dégradantes, et
les viols de femmes et de jeunes filles sont devenus une arme de guerre utilisée par
les groupes armés. À ce jour, le pays compte plus de 6,9 millions de personnes

4
5
déplacées à l'intérieur de ses frontières, tandis que d'autres cherchent refuge dans les
pays voisins.

4
6
Partie II. : Analyse critique du bilan de la MONUSCO

ème
En sa 25 année d’exercice sur le territoire de la République démocratique du
Congo, dans ses différentes formes, MONUC, puis MONUSCO, le mécanisme de
maintien de paix de l’ONU semble avoir échoué dans l’exercice de son mandat sur la
situation sécuritaire et des conflits armés en l’occurrence dans la région Est du pays.
Comme présenté précédemment, le mécanisme onusien par l’intermédiaire des
opérations de maintien de paix en RD Congo avait pour mission principale de rétablir
la paix et la sécurité en République démocratique du Congo et protéger les civils.
D’après le bilan établi dans la partie précédente, la situation s’envenime, la
détérioration de la situation sécuritaire, l’escalade des conflits, la multiplication des
groupes rebelles, l’augmentation des violences, les atteintes et violations graves des
droits de l’homme et la détérioration de la situation humanitaire infligent des grandes
souffrances à la population. La présence de plus de 200 groupes armés sur le territoire
de la RD Congo , le déplacement massif de la population qui s’élève à des millions,
l’enregistrement des milliers de violations des droits humains et du droit international
humanitaire, les violences sexuelles qui sont devenues une arme de guerre, le
recrutement des enfants dans les groupes rebelles, la persistance de l’exploitation
illégale des ressources naturelles de la RDC, l’impunité des coauteurs et complices
de ces actes odieux et d’autres faits similaires nous conduisent à nous questionner sur
le bilan de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en
République démocratique du Congo , MONUSCO , en sigle.

Plusieurs hypothèses surgissent dans l’analyse du bilan de plus de deux décennies de


la MONUSCO sur le territoire congolais, la question peut se poser sur le système
onusien lui-même avec son organe subsidiaire de mécanisme de maintien de la paix
sans oublier le rôle majeur du Conseil de sécurité. D’autres questions se posent sur le
plan interne, au niveau institutionnel en RD Congo par rapport à cette situation qui
perdure.

4
7
Il faudra voir au loin les perspectives d’avenir de cette situation de crise en RD
Congo sur le plan régional et interne. Pourrait-on compter sur les mécanismes
régionaux et l’implication propre de la RDC afin d’espérer à une stabilité du pays et
de la région des pays des Grands Lacs? Tel est l’objet de cette deuxième partie.

Chapitre 3. Facteur de l’inefficacité de la MONUSCO dans la gestion du


conflit armé

La Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation en République


démocratique du Congo est jugée inefficace par rapport à son mandat de maintien de
la paix et de la stabilité en RD Congo. Le président de la République démocratique
ème
du Congo, Félix Tshisekedi , dans son discours lors de la 78 session de l’
Assemblée générale de l’ ONU , a déclaré ce qui suit : « qu’il est à déplorer que des
missions de maintien de la paix déployées en RDC sous une forme ou une autre
depuis vingt-cinq ans n’aient réussi à faire face aux rebellions et conflits armés qui
déchirent le pays et la région des Grands Lacs ». D’après le Président Félix
Tshisekedi : « l’accélération du retrait de la MONUSCO devient une nécessité
impérieuse pour apaiser les tensions entre cette dernière et nos concitoyens ». 61 Il y’
a lieu d’analyser l’hypothèse de l’inefficacité de l’action de l’ONU par sa mission de
maintien de la paix, par la MONUSCO, dans les conflits armés en RD Congo.

Dans ce chapitre, nous aborderons le facteur externe, en premier plan et le facteur


interne, en second plan ; Ceux-ci expliquent l’inefficacité de la MONUSCO.

Section 1 : Le facteur externe : système onusien de maintien de paix

Dans l’analyse du bilan de la MONUSCO, plusieurs points peuvent être soulevés sur
l’inefficacité de l’action de la mission en RD Congo. Il faudrait creuser pour faire

61
Discours officiel « A la tribune des Nations Unies à New York, le Président de la République démocratique du
Congo (RDC), Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a plaidé mercredi en faveur du retrait progressif de la Mission des
Nations Unies en RDC (MONUSCO) à partir de décembre 2023 »[en ligne
][Link] (Consulté le 25 mai 2024).

4
8
ressortir les éléments qui peuvent expliquer « l’échec » de la mission en RD Congo,
en partant de la structure même du système onusien des mécanismes de maintien
de paix , bien que non définis explicitement par la Charte, mais aussi , des réalités
sur terrain et du contexte politique et social du pays.

§1 : Le caractère non coercitif des missions de maintien de la paix


A. Neutralité de l’action de la MONUSCO

Il est à réitérer que les « missions des opérations de maintien de la paix » des Nations
Unies ne sont pas des forces armées qui exercent l’action coercitive en premier lieu.
Dans son rôle de maintien de la paix et de la sécurité internationales le Conseil de
sécurité dispose d’un pouvoir discrétionnaire de qualification de fait aux termes de
l’article 39 de la Charte. Le Conseil possède le pouvoir de faire des recommandations
ou décider quelles mesures devraient être prises conformément aux articles 41 et 42
pour maintenir ou rétablir la paix et la sécurité internationales. Aux termes des ces
articles précités (art. 41 et 42) on constate que les différentes options données au
Conseil de sécurité pour maintenir la paix, le principe de non recours à la force armée
notamment revient. Par contre, au regard des articles 46 et 47 de la Charte, il est
donné au Conseil de sécurité le pouvoir de recourir à l’emploi de la force armée pour
maintenir la paix et la sécurité au cas où les autres mesures échouent. 62

Dans la plus part des temps, l’action coercitive des OMP intervient souvent en retard
alors que plusieurs dommages et hostilités ont été faits. Nous restons dans l’exemple
de la MONUSCO. Le Conseil autorise le recours à la force des casques bleus dans
des situations d’extrêmes urgences. Cependant dans le contexte congolais tout ce
temps que les conflits ont perduré et ont occasionné plusieurs dégâts
presqu’irréversibles aujourd’hui sur le territoire congolais, une action coercitive
serait plus avantageuse pour mettre un terme aux conflits avant que ceux-ci atteignent

62
Les arts. 39,41, 42, 46et 47 de la Charte des Nations Unies [Link].

4
9
le paroxysme comme on le constate aujourd’hui. Dans ces conditions, l’action de de
la MONUSCO peut être exposée au critique. Stricto sensu c’est l’action du Conseil
de sécurité qui est remise en cause, perçue comme une action coercitive tardive et
inefficace dans ce contexte d’escalade du conflit.63

B. Le coup financier et logistique de la mission

D’une manière générale, les missions de maintien de la paix demandent beaucoup des
moyens financiers et les logistiques pour leurs réussites (l’ONUC, FINUL etc.). La
MONUSCO est une des grandes missions de maintien de la paix de l’ONU, qui
demande un financement de 1 milliard de dollars chaque année. En dépit du
financement de cette mission par les Nations Unies, le besoin présent sur le terrain
dans la région en conflit armé n’est pas suffisant. En dépit de l’intervention des
organismes humanitaires et organisations non gouvernementales, la société civile
pour soutenir la population de la place qui fuit les hostilités et les combats, les
finances sont encore à demander. Cela entre dans l’hypothèse des causes de
l’inefficacité de la mission.64 Rappelons aux termes des résolutions récentes de 2022
et 2023 (S/RES/2666 (2022), S/RES/S/RES/2717 (2023,) S/RES/2765 (2024), la
MONUSCO a pour mission principale le maintien de la paix et la protection des
civils. Qui dit maintien de la paix, exige la présence du personnel de la mission. Dans
la résolution 2666 de 2022, et la résolution 2717 , la brigade déployée par l’ONU ,
la MONUSCO , se décrit de la manière suivante : « un effectif maximum autorisé de
13 500 militaires, 660 observateurs militaires et officiers d’état-major, 591 policiers
et 1 410 membres d’unités de police constituées jusqu’au 30 juin 2024, qui sera
réduit à 11 500 militaires, 600 observateurs militaires et officiers d’état-major, 443

63
MONUSCO, Bureau du porte-parole et des relations avec les médias, « Mise à jour sur l’action de la
Force)mise_a_jour_sur_laction_de_la_force_20_fevrier_2024.pdf ([Link]) [ en ligne ]( Consulté le 27 mai
2024).
64
THIAW(Thiaca), La protection internationale des droits de l’homme en Afrique : le droit à l’épreuve des faits, Ed.
l’Harmattan, 2014, pp .312 et 313.

5
0
policiers et 1 270 membres d’unités de police constituées à partir du 1er juillet 2024

»65

La protection des civils exige, également, la sécurité alimentaire et sanitaire qui n’est
pas facile à réaliser dans un contexte de déplacement massif forcé des millions de
personnes. A défaut de ravitaillement nécessaire la population est exposée à une
grande crise humanitaire et sanitaire qui provoque les décès des enfants suite au
manque d’approvisionnement en eau potable, en médicament, l’insécurité
alimentaire, les épidémies etc. Les femmes décèdent suite aux viols répétés, la
population manque des soins appropriés en l’occurrence les femmes enceintes et
celles qui allaitent, sans omettre celles qui sont dans des situations vulnérables y
compris les personnes âgées et toutes les personnes à mobilité réduite.

§ 2 : L’hypothèse d’injustice et de manipulation

A. L’impunité

Dans son discours du 20 septembre 2023 à l’Assemblée générale des Nations Unies,
Félix Tshisekedi , président de la République démocratique du Congo ,a réitéré la
demande au nom de la RDC au Conseil de sécurité de sanctionner tous les auteurs,
coauteurs et complices des crimes de guerre et crimes contre l’humanité ainsi que des
violations graves des droits de l’homme, du droit international et de la Charte des
Nations Unies sur le territoire congolais. Outre cela, le chef de l’Etat congolais ajoute
en ces mots : « Il est injuste et inadmissible les personnes citer comme responsable
des crimes graves susmentionnés dans les différents rapports des experts de l’ONU
sur la situation sécuritaire du Congo restent impunis, pourtant l’ONU place la lutte
contre l’impunité parmi la priorité dans la gouvernance interne que externe »66 .
Toujours dans le même discours, le chef de l’Etat de la RD Congo fait comprendre la

65
S/RES/2666 (2022) [Link].
S/RES/2717 (2023)
66
Ibid. S/RES/2666 (2022).
S/RES/2717 (2023) [Link].

5
1
mauvaise foi du Rwanda qui soutient le groupe armé M23 dans le processus de
l’Accord de Luanda et de Nairobi.

La question de la justice se pose, alors que plusieurs Congolais meurent chaque jour à
l’Est du pays, aujourd’hui ce conflit a fait plus de 10 millions de morts, 500 mille
femmes violées. Les exploitations des ressources naturelles illégales autrement
appelées les « minerais de sang », le recrutement forcé des individus dans les
groupes armés, les massacres de la population et le déplacement forcé. La question
de la justice internationale se pose afin de punir les auteurs et les coauteurs ainsi que
les complices des crimes, tant des personnes physiques que morales ; mais la
communauté internationale reste tacite malgré les différents rapports des experts de
l’ONU sur cette question. Il nous revient de confirmer l’hypothèse d’un « Omerta
de la communauté internationale dans son ensemble face à l’Holocauste au Congo »
au dire du politologue Charles Onana dans son ouvrage Holocauste au Congo paru
en février 2023.67

B. Tension entre la MONUSCO et la population

L’hypothèse de l’échec de la MONUSCO s’explique aussi par les tensions entre


cette dernière et la population congolaise. Le chef de l’Etat Congolais Félix
Tshisekedi l’a souligné dans son discours devant Assemblée générale de l’ONU le 20
septembre 2023 en ces mots : « l’accélération du retrait de la MONUSCO devient
une nécessité impérieuse pour apaiser les tensions entre cette dernière et nos
concitoyens ».

L’accélération du retrait de la MONUSCO sur le sol congolais s’explique notamment


par cette hypothèse de l’inefficacité, pour ne pas dire l’échec de son mandat. L’Etat
congolais a jugé bon de mettre un terme à cette mission des Nations Unies. En effet,
on observait déjà des soulèvements de la population, notamment celle de la région

67
ONANA (Charles), [Link]. P420-422, 435-440.

5
2
Est contre les forces de l’ONU sur place accusées d’être complice avec les rebelles et
d’être inactives face à la souffrance de la population civile. 68

Félix Tshisekedi pouvait encore le dire dans son discours du 20 septembre 2023 aux
Nations Unies, il est temps que la République démocratique du Congo puisse prendre
pleinement son destin en main et puisse devenir le principal acteur de sa stabilité.
Selon le Président Tshisekedi, il était illusoire et contre productif de continuer à
s’accrocher à la mission de la MONUSCO pour restaurer la paix en RDC et la
stabiliser.

En ces mots, on peut conclure que l’Etat congolais a jugé le pour et le contre de la
présence de la MONUSCO sur son territoire et a décidé de mettre fin à ce mandat
qu’il considère ne servant plus à la RD Congo, après plus de 24 ans d’exercice de la
mission. 69

Section 2 : Le facteur interne : le système institutionnel congolais

La responsabilité première d’assurer la paix et la stabilité en République


démocratique du Congo, la protection des civils contre toutes les atteintes et
violations des droits humains incombe à l’Etat congolais. En effet, l’Etat comme
personne morale et sujet du droit international a le monopole de la violence
symbolique , le pouvoir coercitif et la souveraineté afin d’exercer pleinement son
autorité sur le territoire national. S’il existe un facteur pouvant expliquer le bilan
négatif de la mission des Nations Unies, la MONUSCO c’est aussi le fait que le
facteur interne, le système institutionnel congolais connaisse beaucoup d’instabilité
et des failles. C’est ce qui explique la persistance de cette situation des conflits à
l’Est de la République démocratique du Congo.

68
Discours officiel « A la tribune des Nations Unies à New York, le Président de la République démocratique du Congo
(RDC), Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a plaidé mercredi en faveur du retrait progressif de la Mission des
Nations Unies en RDC (MONUSCO) à partir de décembre 2023 » [Link]. [en ligne]
[Link] (Consulté le 25 mai 2024)
69
Ibidem

5
3
La fragilité institutionnelle de la RD Congo avec la complicité d’une main noire
étrangère au sein des institutions de l’Etat, surtout, dans la défense et la justice,
explique l’escalade de cette situation d’insécurité et d’instabilité. Comme déjà
expliqué dans l’introduction, depuis le génocide rwandais en 1994 avec l’arrivée des
réfugiés tutsis, la situation avait pris une autre tournure après le renversement du
régime de Mobutu. Un coup d’Etat qui se fait en majeur partie grâce au soutien des
étrangers, qui, à la longue sera la cause de tous ces malheurs sur le territoire
congolais.70

§ 1 : Fragilité des institutions : infiltration et complicité

A. La racine d’instabilité (1997)

Cette situation d’instabilité de la partie Est de la RD Congo est due à la fragilité des
institutions. Il faudra expliquer d’ où vient cette instabilité des institutions après 30
ans au pouvoir du Marechal MOBUTU où le pays était « en sécurité » (ex Zaïre). La
situation de déstabilisation de la RDC (ex Zaïre) a commencé dans le contexte de
génocide du Rwanda qui va emmener un flot des réfugiés, qui, à la longue, deviendra
un problème pour le pays. En 1997, alors que Mobutu prend fuite suite au
renversement du régime, c’est là que commence la racine des maux. En effet,
l’« AFDL », l’Alliance des forces démocratiques de libération qui a renversé Mobutu
au pouvoir est constituée des tutsis congolais (tutsis zaïrois qui s’étaient soulevés
contre le régime de Mobutu) soutenus par le Rwanda, d’une infiltration des tutsis
rwandais, des ougandais et angolais71. Les tutsis congolais, infiltrés par des rwandais
et ougandais, qui se sont soulevés contre le régime de Mobutu vont ensuite se
70
ONANA (Charles) [Link]. p 422 et 423.
71
Activités armées sur le territoire du Congo (République démocratique du Congo c. Ouganda), arrêt, C.I.J. Recueil
2005, p. 198§49 «Le commandant suprême des Forces armées nationales congolaises, le chef de l’Etat de la
République du Congo et le ministre de la défense nationale, informe le peuple congolais qu’il vient de mettre fin, à
dater de ce lundi 27 juillet 1998, à la présence militaire rwandaise qui nous a assistés pendant la période de libération du
pays. Il remercie, à travers ces militaires, tout le peuple rwandais de la solidarité qu’il nous a témoignée jusque-là. Aussi
félicite-t-il la grandeur d’âme du peuple congolais démocratique d’avoir toléré, hébergé et encadré ces soldats amis
durant leur séjour passager dans notre pays. Cela marque la fin de la présence de toutes forces militaires étrangères au
Congo ».

5
4
soulever contre LD Kabila ; ceux qui semblaient être ses alliés (rwandais et
ougandais) vont montrer leur vraie face. En effet, ce qui attire tous ces pays, tout ce
monde au Congo, ce sont les « minerais stratégiques » stricto sensu, c’est la cause qui
nourrit ces conflits jusqu’à ce jour. La Cour international de justice dans son arrêt sur
l’affaire « Activités armées sur le territoire du Congo (République démocratique du
Congo c. Ouganda 2005) » condamne l’ occupation ougandaise sur le territoire de la
RD Congo, mais aussi l’ exploitation illégale des ressources du Congo : « La Cour
conclut qu’elle dispose de suffisamment d’éléments de preuve crédibles pour
considérer que l’Ouganda a engagé sa responsabilité internationale à raison des
actes de pillage et d’exploitation des ressources naturelles de la RDC commis par
des membres des UPDF sur le territoire de la RDC …» 72 Il est important de rappeler
que la guerre de six jours en 2000 entre le Rwanda et l’ Ouganda fut déclenchée à
cause des minerais de l’ ancienne province Orientale , l’actuelle Tshopo. 73

B. Soutien extérieur à la déstabilisation de la région Est (1997)

Depuis la chute de Mobutu en mai 1997 par l’AFDL grâce au soutien étranger ,
notamment du Rwanda, de l’Ouganda les alliés de Laurent Désiré Kabila qui l’ont
permis à accéder au pouvoir , jusqu’à aujourd’hui , 28 ans après, les groupes rebelles

72
C.I.J. Recueil 2005, [Link]. p 253 § 250.
Rapport du Groupe d’experts sur l’exploitation illégale des ressources naturelles et autres richesses de la République
démocratique du Congo S/2001/357. : « . L’exploitation illégale1 des ressources du pays par des étrangers avec la
participation de Congolais a commencé avec la première « guerre de libération » en 1996. Les rebelles de l’Alliance des
forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre (AFDL), appuyés par des militaires angolais, rwandais et
ougandais se sont emparés des régions est et sud-est du Zaïre. Au fur et à mesure de leur progression, l’homme qui était
alors à la tête de l’AFDL, le défunt Laurent-Désiré Kabila, avait signé des contrats avec un certain nombre de sociétés
étrangère ».

73
C.I.J. Recueil 2005, [Link]. p.197 § 48 « …La Cour observe que, lorsque le président Kabila arriva au pouvoir,
l’influence de l’Ouganda, et surtout du Rwanda, en RDC devint considérable. Dans ce contexte, il n’est pas inutile de
noter que l’armée congolaise comptait dans ses rangs de nombreux officiers supérieurs rwandais et que le colonel James
Kabarebe, de nationalité rwandaise, était le chef d’état-major des FAC (forces armées de la RDC). A partir de la fin du
printemps 1998, le président Kabila chercha, pour diverses raisons, à réduire cette influence étrangère; au milieu de
l’année 1998, ses ACTIVITÉS ARMÉES (ARRÊT) 197 33 relations avec ses anciens alliés s’étaient dégradées. Dans
ces circonstances, la présence de troupes rwandaises sur le sol congolais était, en particulier, devenue une source de
vive préoccupation pour le Gouvernement de la RDC ».

5
5
étrangers , à l’exemple des ADF ougandais, les FNL burundais et les FPR rwandais ,
y compris les soldats des armées étrangères en l’occurrence du Rwanda , se trouvent
sur le territoire Congolais. Le groupe rebelle M23, par exemple, est soutenu par le
Rwanda et, ce dernier, se trouve parmi les plus actifs à l’Est.

Le soutien extérieur qui constitue une ingérence dans les affaires internes de l’Etat est
une violation contre la souveraineté d’un pays ; c’est une des raisons qui explique la
persistance de ces conflits à l’Est du Congo, l’insécurité et la déstabilisation de la
région. Cet appui et ce mélange des différents groupes armés cherchant chacun son
intérêt, rendent cette situation des conflits à l’Est plus complexe. L’ennemi n’est pas
que les étrangers mais, également, les nationaux impliqués dans ces conflits pour des
multiples raisons. Une complicité des groupes nationaux avec les étrangers, parfois la
complicité avec certains soldats de l’armée congolaise. Et cette complicité s’explique
par l’infiltration étrangère au sein de l’armée congolaise. Là se trouve la complexité
de la situation à l’Est du Congo rendant le travail de la MONUSCO difficile.

Hormis l’infiltration étrangère à des postes stratégiques au sein des institutions


nationales congolaises, le temps, a également, révélé l’infiltration dans l’armée
congolaise, ainsi que de hautes trahisons. 74Charles Onana dans son ouvrage
Holocauste au Congo pouvait confirmer cette hypothèse d’infiltration, il avance : «
l’exemple de Laurent Kunda, aujourd’hui refugié au Rwanda, est emblématique. Cet
individu, recherché comme criminel de guerre et criminel contre l’humanité, a
longtemps péroré sur son statut de Tutsi rwandophone et de défenseur inconditionnel
des Banyamulenge. En découvrant, dans un rapport spécial de la MONUSCO, de
janvier 2006, qu’il était plutôt rwandais, nous avons été surpris. Comment cet homme

74
ONANA (Charles) [Link].., P429-434.
Ibid. ONANA (Charles) p.430 « … Beaucoup ont toujours nié que les FARDC n’étaient nullement infiltrées par des
mercenaires tutsis rwandais réputés être des criminels notoires contre l’humanité. on seulement les effectifs du
programme DDR le prouvent mais, au moment où l’ on ^parle beaucoup des crimes du M-23 en RDC, il est bon de
rappeler qu’une note rédigéé en septembre 2013 par le patron de l’ Agence nationale de renseignement du Congo,
[Link] Mutondo, et adressé au représentant spécial du secrétaire général de l’ ONU révèle les noms de plus d’une
centaine d’ officiers supérieurs rwandais identifiés, condamnés ou poursuivis pour des crimes en RDC dont la présence
au sein des FARDC est totalement incompréhensible ».

5
6
a-t-il réussi à devenir général de la FARDC sous le matricule 614655k, à la suite du
décret n°019/2003 du 19 août 2023 signé par Joseph Kabila ? »75, Un tel niveau
d’infiltration peut expliquer clairement la raison de la continuité de ce conflit, car
l’Etat congolais a un grand travail à faire sur ce sujet et cela au sein des institutions
et les postes clés de la nation, chose qui ne sera pas facile et qui demande une volonté
politique et un sens élevé du patriotisme.

§ 2 : Obstacle socio-économique dans la gestion du conflit en RD Congo

A. La crise économique du pays

La situation des conflits armés en RD Congo depuis plus de deux décennies touche
en grande partie le volet économique. Comme rappelé ci-dessus, les ressources
naturelles, en l’occurrence, les minerais stratégiques de cette région de l’Est du pays
est une des causes principales de ce conflit armé qui perdure. En effet, l’exploitation
illégale des ressources naturelles du pays est un moyen qui alimente les conflits.
C’est une contribution au financement des groupes rebelles et à l’acquisition des
armes, un moyen d’augmentation de la corruption et de la fragilisation des
institutions nationales pour ne retracer que ceux-ci.76

Cette situation des conflits en RD Congo profiterait à plusieurs pour exploiter au


plus les minerais du pays qui sont d’une grande importance à l’échelle mondiale.
Charles Onana dans son ouvrage Holocauste au Congo pouvait encore rappeler ce fait

75
ONANA (Charles) [Link]. p 434.
76
DESORGUES (Pierre) « Les minerais, une malédiction pour la République démocratique du Congo ? » Décembre
2023,[ en ligne] [Link]
democratique-du-congo-2682042 [en ligne] (Consulté le 25 mai), « Historiquement, les grands opérateurs étaient
Belges en RDC. Ils imposaient aussi leur agenda. Les Belges ont favorisé un temps la sécession du Katanga du pouvoir
central (de 1960 à 1965), une des premières régions minières du pays pour leurs intérêts avant de soutenir le président
Mobutu. La richesse du sous-sol attire les puissances étrangères et cela continue aujourd'hui. Le Rwanda est par
exemple très bien classé dans les exportations de minerais comme le cobalt ou le coltan. Ces minerais viennent des
régions de l'est de la RDC", explique Philippe Chalmain ».
« On trouve des mines artisanales dans des zones de conflits dans l'est du pays, ces minerais financent les groupes
armés présents dans l'est du pays. Ces minerais partent ensuite dans un pays voisin de la RDC pour être ensuite exporté
vers un intermédiaire peu regardant sur les conditions d'extraction de ces minerais. Ces intermédiaires sont à Dubaï
dans les Émirats arabes unis. Et les autorités locales ferment les yeux", explique Philippe Chalmain ».

5
7
en ces mots : « Plusieurs rapports des Nations Unies démontrent depuis 2001 que
des millions de tonnes de minerais sont pillés et livrés à des trafiques en tous genres
et qu’ils sont exportés puis vendus chez les voisins de la RDC en premier lieu
desquels le Rwanda. Malgré les preuves rassemblées par les experts de l’ONU, les
institutions africaines et européennes restent silencieuses ».77

Rappelons dans l’histoire que l’uranium qui a permis de fabriquer la bombe ayant
détruit Hiroshima et Nagasaki provenait de la RDC. Les Smartphones, ordinateurs
utilisés dans le monde sont conçus grâce au coltan. Le projet des voitures électriques
au monde ne pourra être réalisable sans cobalt dont la République démocratique du
Congo en est le premier producteur mondial, pour ne citer que ces exemples. Malgré
cela, la République démocratique du Congo est l’un des pays le plus pauvre au
monde dont le sous-sol est riche ; c’est un contraste. Les conflits armés et ethniques
dans cette partie du pays constituent un frein au vrai développement du pays 78.

Un autre aspect du volet économique dans cette situation est l’implication


insuffisante de l’Etat pour répondre aux besoins de la population. Dans cette
situation de crise humanitaire due à ces conflits à l’Est du pays, les finances sont
d’une grande importance pour la protection et la garantie des droits du premier degré
dans ce contexte de guerre. Dans un espace de deux décennies, la République
démocratique du Congo n’a pas pu faire face à ses obligations étatiques comme il se
doit dans la protection des civils, des déplacés de guerre.

B. L’instabilité politique

L’histoire politique de la RD Congo comme rappelée à plusieurs reprises, ci-dessus,


explique la persistance de ce conflit à l’Est du pays. En effet, les institutions sont
faibles et pas en mesure de faire face correctement à la situation politique du pays en
commençant par le système défensif. Celui-ci, bien qu’ayant connu un petit

77
ONANA (Charles) [Link]., p15.
78
Ibidem.

5
8
changement, grâce à la réforme de l’armée. Malgré cette réforme, la situation actuelle
du pays montre qu’il y’a encore un long chemin à faire. En outre, la justice
congolaise à qui on reproche la corruption et l’impunité des personnes physiques et
morales présumées être responsables des certains crimes commis à l’Est du pays et
dans d’autres zones du territoire congolais.79

Rappelons que les Nations Unies, plusieurs organismes internationaux, les BCNDH
à Kinshasa ont eut à recenser les violences des droits de l’Homme et du droit
international humanitaire. Toujours dans ce volet d’instabilité institutionnelle, il
convient de revenir sur l’aspect économique soulevé au-dessus dans la gestion des
conflits à l’Est car plusieurs institutions doivent être financées pour la cause, la
défense, les institutions des droits de l’Homme, la justice et autres.

Cependant, la situation politique actuelle du pays reste inquiétante, la classe politique


est la plus corrompue, au lieu de servir le peuple, c’est tout le contraire. Cette
instabilité de la classe politique qui se tourne uniquement vers les intérêts personnels
et des partis politiques des grands leaders, est un grave problème. Alors que le pays
est dans une situation plutôt dramatique avec la guerre à l’Est, la classe politique, les
institutions de l’Etat sont dans l’incapacité de mettre fin à ce conflit et restaurer la
paix en RDC jusqu’à ce jour. Le 19 mai dernier (2024), un attentat à un « coup
d’Etat » a été déjoué, l’insécurité est à redouter.

Tous ces points soulevés dans ce chapitre peuvent expliquer et aider à comprendre
l’inefficacité de la mission onusienne en RDC, la MONUSCO. La situation des
conflits en RD Congo est complexe est nécessite des solutions plus pragmatiques que
celles proposées jusque-là. Les accords, dialogues et autres jusqu’à présent ont
montré leurs limites.

79
FIDH « Empire du silence : l’impunité des crimes graves conduit à une violence sans fin en RDC » [en
ligne][Link] (Consulté le 27 mai
2024).

5
9
Chapitre 4: Perspectives d’avenir sur la situation des conflits armés au Congo

Réussir à rétablir la paix et la sécurité en République démocratique du Congo est une


garantie vers le développement du pays lui-même, de la région des Grands Lacs, du
continent africain sans oublier, le monde qui a besoin de la RDC. Rappelons que la
République démocratique du Congo est un pays riche en sous-sol, le premier poumon
de la planète, un pays géographiquement stratégique. L’instauration d’une paix
durable est bénéfique pour tous, dans la mesure où le pays connaîtra le
développement et cela impactera la région des Grands Lacs, le continent, et le monde
qui a besoin de la RDC, non seulement, pour ses minerais stratégiques, mais aussi
pour son apport majeur dans le changement climatique. Cependant, voir revenir la
stabilité et la paix en RD Congo ne convient pas à certains, car derrière ces conflits
armés qui continuent et les massacres de la population congolaise, c’est un moyen
d’exploitation illégale des ressources du pays .Comme on le dit souvent, la RDC est
comme un gâteau dont chacun veut prendre sa part profitant de la souffrance de la
population.

Quelles perspectives sur la situation des conflits armés en RD Congo, après avoir
essayé plusieurs pistes des solutions internationales, régionales, internes ? Ce chapitre
voudrait réfléchir sur quelques pistes de solution à ce sujet.

Section 1 : Au niveau international et régional

Au regard de la poursuite des conflits à l’Est de la RD Congo et le retrait définitif de


la MONUSCO prévu en fin décembre 2024 et prolongé en fin décembre 2025,
quelles sont les perspectives pour le maintien de la paix et la stabilisation ?

§1 : Les nouveaux mécanismes de paix internationaux et régionaux

A. Nouvelles pistes avec l’ONU

6
0
A la tribune des Nations Unies à New York, le Président de la République démocratique
du Congo lors de son discours, après avoir souligné la nécessité du retrait de la
MONUSCO sur le sol congolais, pouvait dire : « … il est temps pour mon pays
d’explorer des nouveaux mécanismes de collaborations stratégiques avec l’ONU
davantage en phase avec nos réalités actuelles … ».80 Les efforts et exploits de la
mission de maintien de la paix de la MONUC, rebaptisée MONUSCO, n’ont conduit
qu’à un bilan négatif en raison de l’escalade des conflits et hostilités. Le Conseil de
sécurité a exploré bien évidement plusieurs pistes de solutions pour rétablir la paix et
la consolider. Il y a eu l’évolution dans les objectifs assignés à la mission par
plusieurs résolutions adoptées par le Conseil de sécurité, mais sans produire les
résultats tant attendus : celui du retour de la paix, de la sécurité et la stabilité en
République démocratique du Congo. Explorer des nouveaux mécanismes stratégiques
avec les Nations Unies tel que dit par le Président congolais Félix Tshisekedi, revient
également à revoir le système des mécanismes de maintien de paix de l’ONU tel que
présenté par le rapport Brahimi.81 Pour envisager des nouveaux mécanismes
stratégiques dans les OMP, il faut une réelle volonté politique et la bonne volonté
dans l’adoption des résolutions par des Etats qui ne s’arrêtent pas sur leurs intérêts
égoïstes au détriment de plusieurs. Il faut nécessairement un mécanisme adapté aux
réalités actuelles de la RD Congo, tel que souligné par le Président Tshisekedi lors de
son discours à la tribune des Nations Unies, en septembre 2023.

B. Action régionale

Au regard de la situation critique à l’Est de la RD Congo, et aux termes de l’article 52

80
Discours officiel : « A la tribune des Nations Unies à New York, le Président de la République démocratique du
Congo (RDC), Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a plaidé mercredi en faveur du retrait progressif de la Mission des
Nations Unies en RDC (MONUSCO) à partir de décembre 2023 » [en ligne]
[Link] (Consulté le 25 mai 2024).

81
Nations Unies, Lettres identiques datées du 21 août 2000, adressées au Président de l’Assemblée générale et au
Président du Conseil de sécurité par le Secrétaire général, A/55/305–S/2000/809.

6
1
de la Charte des Nations Unies : « Aucune disposition de la présente Charte
ne s'oppose à l'existence d'accords ou d'organismes régionaux destinés à régler
les affaires qui, touchant au maintien de la paix et de la sécurité
internationales, se prêtent à une action de caractère régional, pourvu que
ces accords ou ces organismes et leur activité soient compatibles avec les
Buts et les Principes des Nations Unies,2 Les Membres des Nations Unies qui
concluent ces accords ou constituent ces organismes doivent faire tous leurs efforts
pour régler, d'une manière pacifique, par le moyen desdits accords ou organismes,
les différends d'ordre local, avant de les soumettre au Conseil de Sécurité. 3. Le
Conseil de Sécurité encourage le développement du règlement pacifique des
différends d'ordre local par le moyen de ces accords ou de ces organismes
régionaux, soit sur l'initiative des Etats intéressés, soit sur renvoi du Conseil de
sécurité…»,82 à la quête de la paix, la République démocratique du Congo a
entamé les dialogues en vue de conclure les accords régionaux pour résoudre
les conflits à l’Est du pays. Passant par le processus de Nairobi et de Luanda, la
République démocratique du Congo s’est montrée ouvert au dialogue et au
règlement politique de la crise, mais sans résultat favorable jusqu’à présent. Le
Processus de Luanda avait pour but d’apaiser les tensions entre la RD Congo et
le Rwanda et celui de Nairobi avait pour objectif de rétablir la paix et la stabilité
en RDC, ce qui inclut la paix et la stabilité dans la région des Grands Lacs par
l’entremise de la Communauté d’ Afrique de l’Est (CAE) dont la RDC fait partie
depuis mars 2022. Le Conseil de sécurité a réaffirmé son appui à l’action menée au
niveau régional par les différents mécanismes régionaux pour solutionner la crise en
RD Congo83 . Malgré les efforts pour régler cette situation de crise, les engagements

82
Art 52 et 53 de la Chartes des Nations Unies (1945) [Link].
83
Déclaration du Président du Conseil de sécurité, S/PRST/2023/5,p.2 : « Le Conseil souligne l’importance de parvenir
à un règlement politique de la crise actuelle, réaffirme son appui à l’action menée au niveau régional et demande
instamment à tous les groupes armés congolais d’y participer sans conditions.
Le Conseil se félicite de l’action menée pour harmoniser et coordonner les initiatives de paix visant à remédier à la
situation en République démocratique du Congo, notamment dans le cadre du sommet quadripartite de la Communauté
d’Afrique de l’Est, de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale, de la Conférence internationale sur

6
2
conclus dans le cadre des accords du processus de Luanda et de Nairobi sous les
auspices de l’UA, n’ont pas été respectés par le groupe M23, notamment, a souligné
le chef de l’Etat congolais, à la tribune des Nations Unies en Septembre 2023.

Pour espérer à la réussite de l’action régionale en RD Congo, cela nécessite la bonne


foi et la volonté politique de la part des Etats. En effet, malgré le non respect des
engagements par les rebelles, l’action régionale, en l’occurrence, de la Communauté
d’Afrique de l’Est n’a pas réussi sa mission. Les Troupes de la CAE ont été appelées
à quitter le territoire congolais en décembre 2023 accusées de complaisance, de
cohabitation avec les rebelles, en lieu et place de les contraindre à déposer les armes.
Parlant de la bonne foi et de la volonté politique, cela s’explique par le simple fait
que certains soldats qui ont composé les forces de la CAE proviennent des Etats, qui,
autrefois ont contribué à l’instabilité de la RD Congo, pour ne pas dire à cette crise,
en l’occurrence l’Ouganda. Donc, il était inconcevable de penser que les soldats
ougandais inclus dans les forces de la CEA pouvaient défendre la cause congolaise.84

Après l’échec de la force régionale de la Communauté d’Afrique de l’Est, la


République démocratique du Congo a espéré à l’action de SAMIDRC (Mission de la
Communauté de développement de l’Afrique australe en RDC), pour rétablir la paix à

la région des Grands Lacs et de la Communauté de développement de l’Afrique australe, qui s’est tenu à Luanda le 27
juin sous les auspices de l’Union africaine. »

Nations Unies, RDC: le Conseil de sécurité adopte une déclaration condamnant les attaques du M23 et
enjoignant aux « parties extérieures » de cesser leur appui à ce groupe armé, [en ligne ]
[Link] (Consulté 30 mai 2023), Le Conseil de sécurité :
« .. Il réaffirme par ailleurs son appui à l’action régionale menée par la voie du processus de Nairobi conduit par la
Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) et du processus de Luanda visant à rétablir la confiance. Tout en prenant note
de l’intention de l’Angola d’envoyer des forces armées dans l’est de la RDC, après consultation avec le Gouvernement
congolais, il salue le déploiement de la force régionale de la CAE et exprime le souhait que ces initiatives se renforcent
mutuellement, avec le soutien de la MONUSCO.
84 Nations Unies, « RDC : la force régionale est-africaine commence à quitter le pays » [ en
ligne][Link]
2678044 (Consulté le 4 juin 2024).

6
3
l’Est du pays85 ; mais en mars dernier la SADC a annoncé la fin de sa mission à
l’Est de la RD Congo.

§ 2 : Justice internationale pour la RDC

A. Création d’un tribunal pénal international pour la RDC

Poursuivant avec les perspectives d’avenir par rapport à la situation de crise en RD


Congo , il est impératif de rendre justice aux victimes et sanctionner les auteurs ,
coauteurs et complices des crimes commis en République démocratique du Congo
depuis 1998. En effet, il faut la création d’un Tribunal Pénal pour la RDC comme il a
été de la création d’un Tribunal pénal international pour le Rwanda dans le cadre du
génocide. Les crimes perpétrés en RD Congo par les groupes rebelles et leurs chefs
entre dans le cadre des crimes définis par le statut de Rome sur la CPI de 1998 à
savoir le génocide, crime contre l’humanité, crime de guerre aux termes des articles
6 ,7 et 8.86

Cependant, les enquêtes de la Cour Pénale Internationale en RDC ont été portées
principalement sur les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité qui auraient
été commis depuis le 1er juillet 2002 dans la région Est du pays, notamment en Ituri,
au Nord et au Sud-Kivu.87 Malgré la compétence de la CPI face à ces crimes commis
en RD Congo : « Le Procureur rappelle que la CPI a la compétence pour enquêter et

85
Institut d’études de sécurité , « Retour des troupes de la SADC en RDC » [ en ligne][Link]
today/retour-des-troupes-de-la-sadc-en-rdc (consulté le 4 juin 2024)
86
Art. 6,7 et 8 , Statut de Rome de la Cour pénale internationale de 1998,
87
CPI : enquête, Situation en République démocratique du Congo ICC-01/04 , avril 2004 : « … Les enquêtes de la CPI
en RDC ont porté essentiellement sur les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité qui auraient été commis
principalement dans l'est du pays, dans la région de l'Ituri et les provinces du Nord Kivu et du Sud Kivu, depuis le 1er
juillet 2002.

À l'ouverture de l'enquête en juin 2004, le Bureau du Procureur de la CPI a publié un communiqué de presse,
reconnaissant que les premières informations relatives aux crimes allégués remontent aux années 1990 mais précisant
que la Cour n'a compétence qu'à l'égard des crimes commis à partir du 1er juillet 2002, et où il est dit ce qui suit : ’’ Des
États et des organisations internationales et non gouvernementales ont signalé des milliers de personnes tuées
sommairement en RDC depuis 2002. Les rapports font état de pratiques de viols, de tortures, de déplacements forcés et
de conscriptions illégales d'enfants soldats ‘’».

6
4
poursuivre les auteurs de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de
génocide commis sur le territoire de la République démocratique du Congo ou par
des ressortissants congolais depuis le 1er juillet 2002. « Les crimes doivent cesser.
La population des deux provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu n’a que trop souffert.
Les viols et les déplacements forcés sont des crimes graves qui ne sauraient rester
impunis » a déclaré le Procureur qui a rencontré une délégation de parlementaires
congolais … »88. Jusqu’à ce jour, plusieurs auteurs et coauteurs ou complices des
crimes en RDC ne sont ni arrêtés, ni condamnés. Cela peut pousser à remettre en
question la bonne volonté de la Cour par rapport à la situation de la RDC face à
l’impunité des criminels de guerre.

Dans son livre Holocauste au Congo, Charles Onana pouvait encore rappeler ce
problème d’impunité parlant du présumé Laurent Nkunda , il dit : « Quinze années
ont passé après la publication de ce communiqué, la CPI n’ a plus donné de
nouvelles sur l’ état à de ses investigations concernant les crimes de Laurent Nkunda.
Cette juridiction a-t-elle vraiment eu la volonté de poursuivre Laurent Nkunda ? ».
En effet, aucune suite n’a été donnée par rapport au dossier de Laurent Nkunda,
Charles Onana poursuit en ces mots : un juriste congolais répond à cette question qui
touche à l’article 17-2 du statut de la CPI : « Le temps écoulé, depuis le communiqué
précité du procureur de la CPI et l’arrestation de M. Nkunda permettrait de conclure
au manque de volonté de la CPI de poursuivre cet individu. »89

Cependant , malgré cette atmosphère d’impunité , l’action de la CPI est à féliciter et


est encouragée à poursuivre tous les auteurs , coauteurs et complices des crimes
commis en RD Congo pour l’ exemple de la condamnation de Bosco Ntaganda ,
ancien chef adjoint de l’ état-major général responsable des opérations militaires des

88
Communiqué de la CPI, ICC-OTP-20081104-PR369, 4 novembre 2008.
89
ONANA (Charles), [Link]., p 435 et 436.

6
5
forces patriotiques de la libération du Congo (FPLC), condamné pour crime contre
l’humanité commis en Ituri entre 2002 et 2003. 90

B. Implication politique

Pour une effectivité de la justice internationale en faveur de la RD Congo, cela


demande un engagement et une implication politique volontaire animée de bonne foi
pour la cause congolaise. Revenons au projet de la création d’un Tribunal pénal
international pour la RD Congo, Charles Onana révèle dans son livre Holocauste au
Congo que plusieurs universitaires, juristes, défenseurs des droits de l’homme ont
essayé de porter leurs voix sur la nécessité de la création d’un Tribunal Pénal
international pour la RDC, mais en vain. Comment expliquer qu’après plusieurs
appels à la création d’un Tribunal Pénal pour la RDC, au regard des graves crimes
commis, qu’il n’y ait aucun retour positif ? Ceci renvoie à un manque de volonté
politique.91

La communauté internationale doit doubler les efforts et s’impliquer dans la question


des conflits armés en République démocratique du Congo, comme elle s’implique
avec force et engagement dans d’autres situations de crise dans le monde, à l’exemple
de la situation de l’Ukraine et de la Palestine. Plus de deux décennies des conflits
avec plus de dix millions de morts, mais le silence ,et l’impunité des auteurs et
coauteurs, complices physiques ou morales. Normalement, tous les complices doivent
répondre aux actes illicites commis sur le territoire du Congo. Le silence constitue
une omerta de la communauté internationale face à la souffrance du peuple congolais.
Une justice transitionnelle effective post-conflit doit être envisagée pour la réparation
des victimes de ce massacre au Congo.

90
CPI : Affaire Ntaganda, ICC-01/04-02/06 : « Le 8 juillet 2019, la Chambre de première instance VI de la CPI a
déclaré Bosco Ntaganda coupable, au-delà de tout doute raisonnable, de 18 chefs de crimes de guerre et de crimes
contre l'humanité, commis en Ituri, RDC, en 2002-2003. Le 7 novembre 2019, Bosco Ntaganda a été condamné à une
peine totale de 30 ans d'emprisonnement. Le temps passé en détention à la CPI – du 22 mars 2013 au 7 novembre 2019
– sera déduit de la peine. Le 30 mars 2021, la Chambre d'appel de la CPI a confirmé le verdict et la peine dans cette
affaire. Ces deux décisions sont désormais définitives.
91
ONANA (Charles), [Link]., p.439-441.

6
6
Section 2 : Sur le plan étatique
Le premier acteur responsable sur qui les yeux sont fixés pour résoudre cette situation
de crise en République démocratique du Congo c’est l’Etat congolais. Malgré
l’apport étranger pour le règlement des conflits en RD Congo, seul l’Etat congolais
est mieux placé pour rétablir la paix et la sécurité sur toute l’étendue du territoire
national et la consolider.

§ 1 : Réformes institutionnelles : rétablir un Etat de droit, développer une


diplomatie coercitive

A. Rétablir l’Etat de droit

La construction d’une paix durable n’est peut être envisageable sans un changement
au niveau institutionnel, ce manque de changement est la cause des failles du
système sécuritaire du pays. En effet, la RD Congo doit, en premier lieu, construire
un Etat de droit dans lequel le pouvoir politique doit se soumettre au droit. Un Etat
de droit où tout homme est soumis à la justice sans favoritisme, où l’impunité est
bannie, la corruption sanctionnée quelque soit l’auteur, où la justice est le pilier qui
soutient la nation.

L’Etat congolais doit être en mesure d’assumer ses responsabilités en tant que garant
de la paix, la justice, du vivre ensemble dans un pays multiculturel. En établissant
l’Etat de droit, c’est une manière de rendre effective la constitution et de solutionner
la crise qui perdure dans le pays. Parmi les causes de ces conflits armés, il y’a les
conflits ethniques et des rébellions. Ceci est dû à l’absence de l’autorité de l’Etat qui
n’est pas en mesure d’imposer la paix et de faire cesser les tensions de toutes parts à
l’interne du pays. Il faudra instaurer un Etat de droit en lutte contre les discours de
haine, les stéréotypes véhiculés contre un groupe ethnique et autre, garantir les droits
et libertés fondamentaux du peuple, assurer une indépendance de la justice de
l’implication du pouvoir politique. Il faudra rétablir le climat de confiance entre le
peuple et le pouvoir politique.

6
7
B. Diplomatie coercitive

La République démocratique du Congo est un pays géographiquement stratégique


qui regorge des nombreuses richesses et offre d’énormes opportunités économiques :
13 % du potentiel hydroélectrique mondial, 28% des réserves mondiales de cobalt,
18% des diamants industriels, 6 % de réserve de cuivre, premier poumon planétaire
avec le bassin du Congo, un pays riche en terre pour l’agriculture commerciale et
92
alimentaire ; la liste n’est pas exhaustive. Si la République démocratique du Congo
use de ses atouts, ce pays sera indispensable et imposera sa présence sur la scène
internationale.

Le développement de la RDC sur base de son potentiel peut devenir un outil d’une
diplomatie coercitive afin de contraindre d’autres Etats à prendre position en sa
faveur et résoudre ce problème interne d’instabilité. Bien que le potentiel de la RDC
soit un atout pour faire d’elle une puissance mondiale, la persistance de cette situation
d’instabilité empêche également le déploiement du développement du pays. Mais,
avec une volonté politique et un travail engagé, ce pays donne l’espoir puissant de la
région des Grands Lacs, du Continent africain. Avec sa population jeune et
talentueuse, c’est une richesse non négligeable qui peut changer les choses et relever
la tête de ce grand pays, autrefois appelé le « grand Zaïre ».

§ 2 : Réforme du système défensif et de justice

A. Système défensif

Dans le chapitre précédent, il a été souligné le problème de « l’infiltration » au sein


des institutions étatiques, y compris dans l’armée congolaise, chose qui rend difficile
le combat entre l’armée congolaise et les rebelles. La réforme du système de sécurité
est indispensable, elle est un des objectifs de la mission de maintien de paix en RD
Congo.

92
ONANA (Charles), [Link]. , p.124.

6
8
Un programme de reforme militaire a été voté par le parlement en 2022, cette
programmation constitue la base de la réforme visant la création d’une armée
professionnelle, républicaine, moderne, crédible et dissuasive pour la RDC. L’Etat
congolais vise, notamment, à moderniser son armée passant par cette réforme afin de
renforcer la défense. Cette réforme permettra au ministère de la défense, par
l’entremise de l’armée congolaise, de défendre l’intégrité territoriale qui est déjà
menacée par ces conflits et le soutien du Rwanda apporté au M23 ; faire le travail
de démobilisation, de désarmement, de réinsertion social des anciens combattants
etc.93

La réussite de la réforme militaire, permettra de relever le niveau de la défense et


permettre à l’armée congolaise de s’opposer aux attaques des groupes armés et
contraindre ces derniers à déposer les armes. Si cette situation a persisté jusqu’à
présent, la faiblesse du système défensif du pays en est une cause, puisque la
résolution de ce conflit va au-delà de l’implication d’une force militaire, parce qu’il
y’a le volet politique et économique qui entre en jeu. Mais la force de la défense
congolaise peut changer la donne et solutionner le problème.

B. Effectivité de la justice : lutte contre l’impunité

L’effectivité de la justice congolaise va jouer un rôle important, dans cette situation


de crise. Si certaines hostilités et crimes persistent, c’est parce que les personnes qui
doivent répondre de leurs actes illicites ne sont pas sanctionnées par la justice. C’est
pourquoi, on a soulevé le point de l’instauration d’un Etat de droit (voir point A) qui
permettra à la justice de faire son travail. La vraie effectivité de la justice doit
commencer au sein même des institutions en sanctionnant les auteurs, coauteurs et
complices.

93
RDC -Ministère de budget- « projet annuel de performance 2024, document n°9 [en ligne],
[Link] (Consulté le 4
juin 2024).

6
9
Des victimes des atteintes, violations des droits de l’homme doivent obtenir justice et
réparation suite aux dommages subis. Il faudra restaurer la confiance de la population
à la justice, car cette dernière a perdu sa crédibilité. Nul n’est au-dessus de la loi,
même les hommes politiques impliqués dans la crise qui déstabilise le pays doivent
être jugés et punis par la justice.

Au regard des différentes conventions relatives aux droits de l’homme signées et


ratifiées par la RD Congo, chaque citoyen et toute personne vivant sur le territoire
congolais a droit à la justice et obtenir réparation. En effet, l’impunité, la défaillance
de la justice encourage les auteurs de ces crimes de persister dans leurs voies. Tout en
parlant de l’impunité et de la justice, la RD Congo a levé le moratoire sur la peine de
mort. Alors que les hostilités continuent de faire rage à l’est du pays, l’Etat congolais,
a jugé bon de lever ce moratoire alors que la peine de mort n’était plus exécutée
depuis 2003 en RD Congo. C’est une manière d’interpeller les auteurs, coauteurs et
complices de la situation des conflits à l’Est, et toute personne auteure d’un crime
susceptible à la peine capitale, le retour à la justice pénale à l’exécution. 94

Pour solutionner la crise due aux conflits armés à l’Est de la RD Congo, cela
impliquera la responsabilité de l’Etat congolais à assurer la paix et la sécurité de son
territoire tout en passant par la réforme institutionnelle et militaire, la lutte contre
l’impunité et la corruption, sans oublier l’utilisation de son potentiel stratégique afin
de s’imposer. La communauté internationale a aussi son rôle à jouer et l’action
régionale afin d’imposer une paix durable sur le territoire congolais et de renouer les

94
Note circulaire no 002/MME/CAB/ME/MIN/J&GS/2024 du 13 mars 2024 relative à la levée du moratoire sur
l'exécution de la peine de mort en République démocratique du Congo : « .. Malheureusement, ce moratoire était aux
yeux de tous ces infracteurs comme un gage à l'impunité car, même lorsqu'ils ont été condamnés de manière irrévocable
à la peine capitale, ils étaient assurés que cette peine ne serait jamais exécutée à leur endroit.
En vue de débarrasser l'armée de notre Pays des traîtres d'une part et d'endiguer la recrudescence d'actes de terrorisme et
de banditisme urbain entrainant mort d'hommes d'autre part, le Gouvernement de la République a décidé lors de la cent-
vingt-quatrième réunion ordinaire du Conseil des Ministres du 09 février 2024. de la levée du moratoire sur l'exécution
de la peine de mort.
Ainsi, en exécution de cette décision, la peine de mort consécutive à une condamnation judiciaire irrévocable intervenue
en temps de guerre, sous l'état de siège ou d'urgence, à l'occasion d'une opération de police tendant au maintien ou au
rétablissement de l'ordre public ou encore pendant toute autre circonstance exceptionnelle, sera exécutée … »

7
0
relations diplomatiques entre les pays voisins en outre le Rwanda qui se sont
fragilisées.

Conclusion de la deuxième partie

Cette deuxième partie était consacrée à une analyse critique du bilan de la


MONUSCO qui s’avère plutôt négatif que positif, compte tenu de la réalité de la
situation sécuritaire et humanitaire en République démocratique du Congo.

En effet, la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en


République démocratique du Congo a joué, certes, un rôle important dans ce conflit
armé et bien d’autres situations de cirse en RDC mais n’a pas pu réussir à rétablir la
paix et la stabilisation du pays. La mission à caractère non coercitif de base a pris du
temps avant de poser des actions coercitives durant les attaques armées et cela
constitue un point important dans les OMP en général, à soulever et à revoir ; d’ où,
il va falloir penser à la réforme du système des OMP qui s’adaptent aux réalités du
pays.

Bien que la mission de la MONUSCO est critiquée par l’opinion publique, il est à
retenir que les missions des OMP demandent un fort budget et de la logistique pour
leur réussite, malgré le financement de la MONUSCO en RDC, cela n’a pas été assez
suffisant par rapport aux défis de la mission et aux besoins de la population victime
des hostilités. Le retrait de la MONUSCO est important, comme a déclaré le
président de la RD Congo afin d’apaiser les tensions entre la population et la
MONUSCO. Cette mission a été jugée, n’ayant plus d’importance, dans la phase
actuelle d’escalade des conflits à l’Est du pays après plus de deux décennies de sa
présence sur le sol congolais.

Une autre cause qui justifie l’échec de la mission des Nations Unies en RD Congo est
l’ingérence étrangère dans les affaires du pays, l’infiltration, l’instabilité politique, la
quête des richesses économiques par l’exploitation illégale des ressources naturelles

7
1
du pays. En effet, ce volet est très important, car c’est un point qui explique en grande
partie la crise à l’Est de la RDC, du fait que les richesses minières de cette région ont
une valeur stratégique. Il est à déplorer que cette exploitation illégale des ressources
de la RDC profite à d’autres pays et des multinationales qu’à la population
congolaise. Et ces minerais exploités de manière illégale profite au financement et à
l’armement des groupes armés qui déstabilisent l’Est du pays.

Les perspectives d’avenir par rapport à la situation à l’Est de la RDC est d’explorer
des nouvelles pistes des mécanismes de paix internationale et l’action régionale :
l’impunité doit laisser place à la justice, rendre concret le projet de la création d’un
Tribunal Pénal International pour la RDC et établir un Etat de droit où le pouvoir
politique est soumis au droit. La RD Congo doit user de ses atouts et potentiels
stratégiques afin de se frayer une place parmi les puissances, car elle a tout pour
devenir une puissance économique, militaire et imposer sa présence sur la scène
internationale. La justice en RD Congo doit devenir effective afin de garantir les
droits et sanctionner toute personne physique et morale responsable des crimes
commis sur le territoire congolais.

7
2
Conclusion générale

Au terme de cette étude, il convient de souligner l’importance de la paix et la sécurité


dans un Etat qui sont des facteurs importants pour le développement d’un pays et la
stabilité politique. Le but de l’Organisation des Nations Unies consiste, notamment,
au maintien de la paix et de la sécurité internationales aux termes de l’article 2 § 4 de
la Charte. En effet, réussir à maintenir la paix et la sécurité internationales est une
garantie pour la réalisation des autres buts poursuivis par la Charte aux termes de
l’article 1.

L’objectif de cette étude est de permettre une bonne compréhension des missions de
maintien de la paix de l’ONU, en particulier, la Mission de l’Organisation des
Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo, la
MONUSCO. Les missions de maintien de la paix, bien qu’elles ne soient pas définies
clairement par la Charte, n’entrent pas non plus, en contradiction avec les objectifs
de la Charte.

En effet, la Charte confère au Conseil de sécurité la responsabilité de veiller sur le


maintien de la paix et de la sécurité internationales tout en lui donnant le rôle de
qualification des faits , de menace contre la paix , de rupture de la paix et de l’acte de
l’ agression aux termes du chapitre VII, l’ article 39 de la Charte .Toutefois , dans la
pratique du Conseil de sécurité ; les situations ont plus une qualification juridique de
« menace contre la paix », parfois de « rupture de paix », rarement de « l’acte de l’
agression ». C’est un pouvoir discrétionnaire donné par la Charte au Conseil de
sécurité qui exprime sa compétence en la matière. Cependant, la qualification de fait
en menace contre la paix, rupture contre la paix ou d’acte d’agression n’ont aucune
incidence directe dans la création des opérations de maintien de paix.

La création d’une mission d’opération de maintien de la paix relève du Conseil ; elle


est créée par rapport à une situation spécifique. Les opérations de maintien de la paix
ont connu une évolution considérable ; aujourd’hui, elles sont classées en génération.

7
3
Les OMP de la première génération ou traditionnelles, les OMP de la deuxième
génération et les OMP de la troisième génération ou de la consolidation de la paix.

La République démocratique du Congo a aussi accueilli sur son territoire les


opérations de maintien de la paix en commençant par l’ONUC en 1960, ensuite la
MONUC en 1999 rebaptisée la MONUSCO en 2010. Ayant à l’esprit les buts et
principes inscrits dans la Charte des Nations Unies et la responsabilité principale qui
lui incombe en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationales,
réaffirmant la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’indépendance politique de la
République démocratique du Congo et de tous les États de la région, considérant
plusieurs faits établis sur le territoire congolais, le Conseil de sécurité a créé une
mission des Nations Unies pour le Congo , MONUC , en sigle , par la résolution
1279 du 30 novembre 1999. La MONUC a été créée dans un contexte particulier, lié
à une situation de crise et de rébellion. La MONUSCO poursuit le travail commencé
par la MONUC. En effet, la MONUC créée par la résolution 1279 du Conseil de
sécurité avait pour mission de base de surveiller l’Accord de cessez-le-feu de Lusaka.
Cette mission sera par la suite élargie tenant compte des réalités sur terrain.

La MONUSCO va poursuivre la mission élargie à une mission de stabilisation et de


la consolidation de la paix en RD Congo depuis 2010 jusqu’à ce jour dans ce dernier
moment d’exercice sur le territoire congolais. La mission de la MONUSCO consiste
spécialement à la protection des civils, la démobilisation et le désarmement des
groupes armés, la réinsertion des anciens combattants …. Ce qui attire plus
l’attention dans l’étude de cette mission de maintien de la paix est son bilan après
plus de deux décennies sous forme de la MONUC puis de la MONUSCO.

Cette étude a révélé le bilan de la MONUSCO qui n’est pas positif en comparaison
de la situation de crise et de l’escalade des conflits qui perdure à l’Est de la
République démocratique du Congo. Tout en établissant le bilan de la MONUSCO,
il faudra relever les exploits de la mission onusienne en RD Congo, son implication
dans l’organisation du referendum qui a permis à l’Etat congolais d’avoir une

7
4
nouvelle constitution, qui est la même jusqu’à aujourd’hui malgré quelques
amendements. L’ONU a participé à l’organisation des élections présidentielles et
législatives en 2006, qu’elle a qualifié « des plus complexes », qui ont abouti à
l’instauration d’une nouvelle ère politique pour le pays.

Il en est en rien de discriminer le travail acharné fait par la MONUSCO à partir de


2010, mais le bilan de ce dernier reste déplorable. Notre étude a révélé une escalade
en tout point dans ce conflit. En effet, les graves violations et atteintes des droits de
l’homme ainsi que du droit international humanitaire sont enregistrées en RD Congo
(torture, massacre, exécutions extra judicaires, traitement inhumain et cruel etc.), le
nombre va croissant.

Les violences sexuelles contre les femmes et les filles sont devenues une arme de
guerre. Le pays connaît une prolifération des groupes armés qui s’élèvent à plus de
200, une escalade des hostilités et des atrocités, les exploitations illégales des
ressources naturelles, des minerais stratégiques du pays qui enrichissent les autres
Etats et appauvrissent le peuple Congolais. Ces minerais de sang, comme on le dit,
contribue au financement des groupes armés et à l’achat des armes. Les conflits
armés à l’Est de la RD Congo ont endommagé les aires protégées. Le pays est
parfois en proie par les conflits intercommunautaires qui déchirent certaines régions.

La République démocratique du Congo compte environ 6,6 millions des déplacés


internes, plus d’un million des personnes qui ont fui les hostilités pour se réfugier
dans les pays voisins, plus de 26 millions des Congolais ont besoin d’une aide
humanitaire. Quant au nombre des morts, ces conflits en ont fait plus de 10 millions
et plus de 500 000 femmes violées ainsi que le recrutement des enfants soldats.

Face à ce bilan négatif de la MONUSCO, quelques facteurs ont été relevés pour
essayer d’expliquer et de comprendre pourquoi un tel bilan. La neutralité de l’action
onusienne face aux attaques rebelles est une raison qui peut expliquer ce bilan. Il est à
rappeler que les missions des opérations de maintien de la paix sont, en premier lieu,
des missions non coercitives, non offensives. Alors que les attaques font rage, les

7
5
troupes de la MONUSCO ne pouvaient engager aucune action offensive sans
l’autorisation du Conseil de sécurité par l’adoption d’une résolution. Cette manière
intrinsèque du Conseil d’agir est vivement critiquée en raison parfois des intérêts
politiques des Etats membres du Conseil qui peuvent paralyser l’action du Conseil
dans l’adoption de la résolution.

D’autres facteurs relevés sont le financement et les besoins en logistique que


demandent les OMP. Le cas de la MONUSCO, c’est une mission de grande
envergure dans un pays comme la République démocratique du Congo, qui plus est,
est dans une situation des conflits armés complexes et d’une grande crise
humanitaire. Cela a eu un impact dans l’exercice de la mission. Sans oublier certaines
barrières linguistiques et culturelles dans certaines localités. Sur le plan interne et
régional, l’ingérence dans les affaires intérieures de l’Etat congolais et la fragilité des
institutions étatiques sont des facteurs qui constituent une cause de la fragilité de la
mission onusienne en RDC.

En effet, au cours de notre étude, nous avons pu relever quelques éléments de


l’ingérence extérieure dans les affaires étatiques du pays, l’infiltration étrangère au
sein des institutions nationales et stratégiques telle que la défense. Au sein de l’armée
congolaise et dans les postes clés de l’armée ont été trouvés des infiltrés. Outre cela,
la République démocratique du Congo est sujet aux attaques des groupes armés
nationaux et étrangers. Le soutien de la République du Rwanda au groupe rebelle
M23 constitue un acte d’agression aux termes de la résolution 3314 de l’Assemblée
générale de l’ONU et en droit international coutumier. La fragilité des institutions
étatiques telle que la justice est un facteur qui explique la persistance de l’impunité.

Une des perspectives par rapport à ces conflits armés en RD Congo, devant toute
situation d’instabilité sur le territoire national, cela exige l’implication de l’Etat
congolais lui-même. En effet, l’Etat congolais seul a le monopole légitime d’assurer
la paix, la sécurité sur toute l’étendue du territoire national dont il est souverain. La

7
6
souveraineté interne du pays engage ce dernier à utiliser les moyens coercitifs afin
d’imposer la paix et la sécurité sur son territoire.

Nous avons relevé quelques pistes de solution à savoir : la construction d’un Etat de
droit où règne le droit au-dessus des intérêts personnels et politiques, la réforme des
institutions, la réforme militaire et de la justice, en particulier. La RD Congo doit
user également de sa position géostratégique afin de se développer et s’imposer en
tant que puissance sur la scène internationale, car elle a tous les atouts possibles pour
le devenir.

Autres perspectives relevées sur le plan international et régional : Explorer des


nouveaux mécanismes stratégiques pour instaurer la paix en tenant compte des
réalités du pays. Toujours sur le plan international, la création d’un Tribunal Pénal
international pour la RD Congo, est un projet qui doit voir le jour pour lutter contre
l’impunité face aux crimes commis en République démocratique du Congo. Le
peuple congolais a droit à la justice.

Il est demandé à la communauté internationale , à la cour pénale internationale d’


user de bonne foi et de volonté politique afin de poursuivre et juger les auteurs ,
coauteurs, et complices des crimes commis en RDC dont elle est compétente pour
instruire : crimes contre l’ humanité, génocide , crimes de guerre aux termes des
articles 6, 7 et 8 du Statut de Rome , la Cour Pénal internationale.

Avant de clore cette étude, il est important de rappeler que la République


démocratique du Congo est un vaste pays d’Afrique ; sa superficie équivaut à celle de
l’Europe de l’Ouest. La RD Congo est un pays géographiquement stratégique en
raison de ses multiples richesses hydroélectriques, minerais stratégiques, les
carbones, le bassin du Congo etc. La République démocratique du Congo est un pays
solution face aux enjeux internationaux de notre époque.

La situation des conflits armés qui persiste dans le pays depuis plus de deux
décennies, c’est une source d’inquiétude pour la région des pays des Grands Lacs.

7
7
Malgré la présence de l’ONU, les interventions régionales et multiples accords, ont
été sans effet jusqu’à ce jour. D’après l’analyse de cette situation, les questions
peuvent surgir au-delà des facteurs pouvant expliquer l’inefficacité de la
MONUSCO. Quelles sont les réelles raisons de la persistance de ces conflits à l’Est
de la RD Congo ? Le maintien de la paix et la stabilité à l’Est de la République
démocratique du Congo et sur toute l’étendue du territoire national est-il bénéfique
ou désavantageux pour la communauté internationale et les pays voisins de la RD
Congo ?

7
8
Annexes
(France 24
site)

7
9
Carte de l'exploitation minière artisanale dans l'Est de la RD Congo (IPS image)
0
8
(Nations-Unies Opérations de Maintien de la Paix, Missions Politiques Spéciales et Autres Présences Politiques | ([Link])
1
8
MONUSCO | Tableau Public

8
2
Bibliographie

Ouvrages généraux

 COMBACAU(Jean) et SUR (Serge), Droit International Public, 12èéd.


Lextenso 2016, p.831.
 CORTEN(Olivier), Méthodologie du droit international public, éditions de
l’Université de Bruxelles, Bruxelles 2017 p.285

 DECAUX(Emmanuel) et FROUVILLE(Olivier), Droit international Public,


9ème édition. Dalloz 2014, p.619

 DEYRA(Michel), Droit international public, Ed. Gualino, paris 2007, p. 267

 (NGYUEN QUOC DINN) Patrick (DAILLIER) et autres, Mathias


(FORTEAU), Alain (PELLET), Droit international Public, 8è édition, Ed.
Lextenso paris 2009, p. 1707
 SALMON(Jean), Droit international et Argumentation, Ed. Bruylant, Bruxelles
2014, p. 520

Ouvrages spéciaux

 BETTATI(Mario), Droit de la guerre, Ed. Odile jacob, paris 2016, p. 439


 BOUCHET-SAULMIER(Françoise), Dictionnaire pratique du droit
humanitaire 4é édition , Ed. La découverte, Paris 2013, p.760
 COT(Jean-Pierre) et autres, Pellet (Alain), FORTEAU (Mathias), La Charte
des Nations Unies Commentaires article par article 3 e édition Tome 1,Ed.
ECONOMICA Paris 2005 p.1366

 CUMIN(David) Le droit de la guerre vol1, Ed. L’Harmattan , Paris 2015, p.


p.458

 CUMIN(David), Le droit de la guerre vol2, Ed. l’Harmattan Paris 2015, p. 768


8
3
 DAVID(Eric), Principes de droit des conflits armés, 4é édition, Éd. Bruylant,
Bruxelles 2008, p.1117

 GUELDICH(Hajer), Droit d’ingérence et interventions humanitaires, Editions


universitaires européennes, Berlin, 2011, p.700
 GRAF-BRUGERE (Anne-Laurence), La « menace contre la paix » dans la
pratique du Conseil de sécurité des Nations Unies : réflexions sur un concept
de droit international, Schulthess Ed. Romandes, Genève 2019, p. 316
 D’ASPREMONT(Jean) et, De HEMPTINNE(Jérôme), Droit international
humanitaire, Ed .A. Pedone, Paris 2012, p .508

 KEREN (Michael) and 5A. SYLVAN (Donald),International intervention


,sovereignty versus responsibility, Ed. Frank Cass & [Link] , London
2002,p.2008

 KAMTO(Maurice), l’Agression en Droit international, Ed. Pedonne, Paris


2010 p.464

 LIEGEOIS(Michel), Maintien de la paix et diplomatie coercitive,


l’organisation des Nations-Unies à l’épreuve des conflits de l’après-guerre
froide, Éd. Bruylant, Bruxelles 2003,p 236

 MAIA(Cathéeine)et autres, KOLB(Robert) et SCALIA(Damien),La protection


des prisonniers de guerre en droit international humanitaire, Ed.
Bruylant,Bruxelles 2014,p.658

 ONANA (Charles), Holocauste au Congo l’Omerta de la communauté


internationale, Ed. De l’Artilleur Paris 2023, p.486

8
4
 TERCINET (Josiane), Le maintien de la paix et de la sécurité internationale,
Ed. Bruylant, Bruxelles 2012, p. 1018
 THIAW(Thiaca), La protection international des droits de l’homme en
Afrique :le droit à l’épreuve des faits., Ed. l’Harmattan, 2014, p. 441

Thèses

 METANGMO (Véronique Michèle), Le crime d'agression : recherches sur


l'originalité d'un crime à la croisée du droit international pénal et du droit
international du maintien de la paix, thèse de doctorat, Université du Droit et
de la Santé - Lille II, 2012. Français P.679. NNT : 2012LIL20004
 KONGO(François), L’encadrement juridique de l’action des Nations Unies en
République Démocratique du Congo, thèse doctorat, Université Nanterre-Paris
X, 2019. Français. NNT : 2019PA100156ff.
 EKOMODI TOTSHINGO (Patrice), L’autorisation de recourir à la force
accordée par le Conseil de sécurité des Nations Unie, Mémoire Maitrise,
Université de Montréal, 2009 PP 172, ff10.7202/1075174arff. ffhal-03377024f
Instruments juridiques

Cadre international
 Charte des Nations Unies de 1945
 Pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1966
 Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels de 1966
 Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains
ou dégradants de 1984
 Convention 1 de Genève relative à la protection des personnes civiles en
temps de guerre du 12 aout 1949
 Convention relative aux droits de l'enfant de 1989
 Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l'enfant, concernant
l'implication d'enfants dans les conflits armés de 2000

8
5
 Statut de Rome de la Cour pénale internationale 1998
Cadre régional
 La Charte africaine des droits de l'homme et des peuples de 1981

Cadre national
Constitution RDC 2006, telle modifiée en 2011
Note circulaire no 002/MME/CAB/ME/MIN/J&GS/2024 du 13 mars 2024
Jurisprudence
 Activités militaires et paramilitaires au Nicaragua et contre celui-ci (Nicaragua
c. Etats-Unis d'Amérique), fond, arrêt. C.I.J. Recueil 1986 p.14
 Activités armées sur le territoire du Congo (République démocratique du
Congo c. Ouganda), arrêt, C.I.J. Recueil 2005, p.168

Rapport/document institutionnel

 SRES/54 (1948)
 S/RES 232 / (1966)

 S/RES 687 (1991)


 S/RES/713(1991)
 S/RES/788 (1992)
 S/RES/969 (1994)
 S/RES/1080 (1996)
 S/RES/1279(1999)
 S/RES/1291 (2000)
 S_RES_1377(2001)
 S/RES/1565 (2004)

 S/RES/1718 (2006)
 S/RES/ 1856 (2008)
 S/RES/1925(2010)
 S/RES 2033 (2012)

8
6
 S/RES2078(2012)
 S/RES.2098 (2013)
 S/RES/2098 (2013)
 S/RES/2147 (2014)
 S/RES/2136 (2014)
 S/RES 2252 (2015).
 S/RES 2277(2016)
 S/RES 2343 (2017)
 S/RES2409 (2018)
 S/RES2502 (2019)
 S/RES 2556 (2020)
 A/RES/75/300 (2021)
 S/RES2612 (2021)
 S/RES 2666 (2022)
 S/RES 2717 (2023)
 S/RES/2717 (2023)
 S/RES/2746 (2024)
 S/RES/2773 (2025)
 CPI : enquête, Situation en République démocratique du Congo ICC-01/04

, avril 2004
 CPI : Affaire Ntaganda, ICC-01/04-02/06 :
 Communiqué de la CPI, ICC-OTP-20081104-PR369, 4 novembre 2008

 Nations Unies, lettres identiques datées du 21 août 2000, adressées au


Président de l’Assemblée générale et au Président du Conseil de sécurité par le
Secrétaire général, A/55/305–S/2000/809
 Nations-Unies, Rapport de la mission d'évaluation interinstitutions qui s'est
rendue à Kisangani en application du paragraphe 14 de la résolution 1304 du
Conseil de sécurité, S/2000/1153
8
7
 Nations Unies ,Deuxième rapport du Secrétaire général sur la mission de
l’Organisation des Nations-Unies en RD Congo, S/2000/330,
 Nations Unies, Rapport spécial du Secrétaire général au Conseil de sécurité sur
les élections en République démocratique du Congo, S/2005/320
 Nations Unies, Rapport du Secrétaire général sur les enfants et les conflits
armés en République démocratique du Congo S/2008/693
 Nations Unies, Rapport du Secrétaire général sur la Mission de l’Organisation
des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du
CongoS/2011/298
 Nations Unies Rapport du Secrétaire général sur la Mission de l’Organisation
des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du
CongoS/2016/1130
 Nations Unies ,Rapport du Secrétaire général sur la Mission de l’Organisation
des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du
CongoS/2017/206
 Nation Unies, Rapport du Secrétaire général sur la Mission de l’Organisation
des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du
CongoS/2017/565
 Nations Unies Rapport du Secrétaire général sur la Mission de l’Organisation
des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo
 Nations Unies, Rapport de mission d’enquête spéciale sur les violences
intercommunautaires des 16 et 17 décembre 2018 dans le territoire de Yumbi
 Nations Unies, Security Council report : Manuel du Conseil de sécurité de
l’ONU Guide de l’utilisateur aux pratiques et aux procédures, 2021
 Nations Unies, Conseil de sécurité- document- S/PV.7826
 Nations Unies, Rapport du Secrétaire général sur la Mission de l’Organisation
des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo
S/2017/824

8
8
Revue et article.

 CHAUMONT(Charles)et FISCHER(Georges), « Explication juridique d’une


définition del’agression », Annuaire Français du Droit International, 1956 n°2,
pp.521-529
 DUBUY(Mélanie), « Notion de menace contre la paix et la sécurités
internationales », Civitas Europa, 2006, n° 17, pp. 31-59,
 DURAND (Pierre Michel), « Leçons congolaises. L’ONUC (1960-1964) ou «
la plus grande des opérations » : un contre-modèle ? », Relations
internationales 2006/3, n°127, pp.. 53 à 70, Ed. Presses Universitaires de
France
 DECAUX(Emmanuel), « La résolution 598(1987) du Conseil de Sécurité et les
efforts de paix entre l’Iran et l’Irak », Annuaire Français de Droit International,
1988 n° 34, pp. 63-90
 GUEUDET(Sophie), « Guerre d’agression ou guerre par procuration ?
L’armement des forces bosno-serbes par le régime de Milosevic », Revue
Stratégique 2018/1, n° 118, pp. 229-240.
 HATTO (Ronald), » Chapitre 2. L’ONU et le maintien de la paix »,Le
maintien de la paix,2015,pp.37 à 54
 KOUTROULIS ( Vaios) , « L’affaire des activités armées sur le territoire du
Congo (Congo c. Ouganda) : une lecture restrictive du droit de l’occupation
? », Revue belge de droit international 2006/2 – Éditions Bruylant, Bruxelles

 SUR (Serge), « La résolution 687 (3 avril 1991) du Conseil de Sécurité dans


l'affaire du Golfe : Problèmes de rétablissement et de garantie de la paix »,
Annuaire Français de Droit International, 1991, n° 37, pp. 25-95
 MAURICE (Floty), « L'Organisation des Nations Unies et les opérations de
maintien de la paix. » , Annuaire français de droit international, n° 11, 1965.
pp. 446-468

8
9
 MOTSCH(Pascaline), « Les droits de l’homme dans les missions de
construction de la paix », Civitas Europa n°41, 2018/2 pp. 51-65
 POULIOT(Vincent),et THERIEN(Jean-Philippe), « Chapitre 5. La protection
des civils : une politique mondiale élaborée pas à pas », Comment s’élaborer
une politique mondiale, 2024 ; pp.177 à 218
 VIRALLY(Michel), « LES NATIONS UNIES ET L'AFFAIRE DU CONGO
EN 1960 Aperçus sur le fonctionnement des institutions », Annuaire Français
du droit international, 1960 n° 6 pp. 557-597
 BRAECKMAN(Colette), « La mort de Kabila : nouvelle donne dans la guerre
en RDC », dans Politique africaine 2001/2, n°82, pp.151-159.
 De VILLERS (Gauthier), « La guerre dans les évolutions du Congo-
Kinshasa », dans Afrique Contemporaine 2005/3, n°215, pp. 47à 70.
 VIRCOULON(Thierry), « L’Ituri ou guerre au pluriel », dans Afrique
contemporaine 2005/3, n° 215, pp.129 à146.

 LAGRANGE(Marc-André), « Les mécanismes de paix régionaux dans les


Grands Lacs des outils incapables de promouvoir la démocratie ? », dans
Revue Tiers Monde 2016/4,n°228,pp.143à161.
 BELAID(Mehdi),« Les mobilisations armées à l’ est de la République
démocratique du Congo :dynamiques sociales d’ une pratique ordinaire »,dans
critique internationale2019/1, n°82,PP.31à 49
 PRUNIER (Gérard), »L’Ouganda et les guerres congolaises », dans Politique
Africaine 1999/3, n°75, pp.43 à 59.
 « Les problèmes du Congo devant le Conseil de Sécurité des Nations-Unies »,
dans Courier Hebdmadaire 1960(n°79),pp .1_21, Ed. CRISP
 JACQUEMOT(Pierre) .BRAECKMAN(Colette), et autres,
BRODY(Reed),HAZAN(Pierre),SCHMITZ(Marc)
et
LARDINOIS(Philippe) : « Le cri muet des collines : dans l’est du Congo , la

9
0
guerre toure en boucle. », dans Afrique contemporaine 2023/1,n°275,pp 302- 307
 JACQUEMOT(Pierre) : « Le Rwanda et la République démocratique du
Congo, David et Goliath dans les grands Lacs.»,dans Revue Internationale et
stratégique 2014/3,n°95,pp.32à 42
 JACQUEMOT(Pierre) : « La sortie de crise dans l’EST du Congo et les
perspectives de la coopération régionale. », dans Mondes en développement,
2009/3,n°147, pp.93 à108
 JACQUEMOT(Pierre), « L’économie politique des conflits en République
démocratique du Congo », Afrique contemporaine 2009/2,n°230,pp.187 à212
 LAGRANGE( Marc-André), « Les mécanismes de paix régionaux dans les
Grands Lacs : des outils incapables de promouvoir la démocratie », Tiers
Monde, 2016/4,n°228,pp.143 à 161
 LEBOEUF(Aline) et MICHEL(Benoît), « ONU-Maintien de la paix
Les casques bleus et l’ usage de la force »,Ramses 2012(2011),pp.82 à 85.
 LEVITE ( Jean-David), » XV. La responsabilité de protéger : une idée
généreuse, mais difficile à mettre en œuvre », Guerre et droit, 2017, pp.219 à
223.
 MAINDO MONGA NGONGA(Alphonse) : « Survivre à la guerre des autres
un défi populaire en RDC. », dans Politique Africaine 2001/4, n°84, pp.33à 58
 MARTIN-BIDOU(Pascale), « Fiche16. Buts et principes de l’Organisation
des Nations-Unies », Fiches de droit international, 2017, pp .77 à 80.
 STEARMS(Jason), traduction BOTIVAU(Raphaël) : « Repenser la crise au
Kivu : mobilisation armée et logique du gouvernement de transition.», dans
Politique africaine 2013/1, n°129, pp.23 ,23 à 48 (Ed. KARTHALA)
 SIMONIAN-GINESTE(Hélène), »[Link] rôle du Conseil de sécurité
»,Fiches d’institutions internationales , 2018,pp.121à 129.

9
1
Webographie

 Nations Unies maintien de la paix, « Notre histoire


» [Link] (consulté le 2 mars 2024)
 Nations Unies maintien de la paix « pertes en vies humaines
» [Link] (consulté le 2 mars 2024)
 Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RD
Congo [Link] (consulté le 28 février
2024)
 Nations Unies maintien de la
paix
[Link] le 2
mars 2024)
 Nations Unies maintien de la paix
[Link] ( Consulté le 28
février 2024) Nations Unies maintien de la paix
[Link] Consulté le 28
février2024)
 Nation unies : A l’approche du 19 décembre, date initiale des élections
congolaises, le Conseil de sécurité exhorte les parties à la plus grande,
CS/1261
,5 décembre 2016 [Link] (consulté le 28
février 2024)
 Dialogue renforcé sur la situation des droits de l’homme en République
démocratique du Congo -Le Conseil tient un dialogue autour d’une mise à jour
du Haut-Commissariat sur la situation des droits de l’homme en Ukraine et
entame un dialogue renforcé sur la situation des droits de l’homme en
République démocratique du Congo | OHCHR (Consulté le 21 mai 2024)
 Nations Unies : Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme

9
2
Volker Türk conclut sa visite officielle en République démocratique du
Congo” [Link]

9
3
commissioner-human-rights-volker-turk-concludes-official-visit-drc (consulté
21 mai 2024)
 Nations Unies, En RDC, le Haut Commissaire fait état d’une insécurité «
alarmante », dialogue interactif renforcé sur la République démocratique du
congo [Link]
insecurity-alarming-levels-turk-reports (Consulté 21 mai 2024)

 MONUSCO , Bureau du porte-parole et des relations avec les médias, « Mise à


jour sur l’action de la
Force)mise_a_jour_sur_laction_de_la_force_20_fevrier_2024.pdf
([Link])( Consulté le 27 mai)
 Discours officiel : « A la tribune des Nations Unies à New York, le Président
de la République démocratique du Congo (RDC), Félix-Antoine Tshisekedi
Tshilombo, a plaidé mercredi en faveur du retrait progressif de la Mission des
Nations Unies en RDC (MONUSCO) à partir de décembre 2023 »
[Link] (Consulté le 25 mai 2024)
 Nations Unies, RDC: le Conseil de sécurité adopte une déclaration condamnant
les attaques du M23 et enjoignant aux « parties extérieures » de cesser leur
appui à ce groupe armé, [Link]
 Transition and Human Rights Violations in Congo, Human Rights Watch 1
December 1997 [Link]
watch , (consulté le 12 mars
 War Crimes in Kisangani , The Response of Rwandan-backed Rebels to the
May 2002 Muti)ny[Link]
kisangani/response-rwandan-backed-rebels-may-2002-mutiny . Consulté le 12
mars 2024
 Manuel du Conseil de sécurité de
l’ONU
[Link]
8CD3-CF6E4FF96FF9%7D/the-un-security-council-handbook-french-by-

9
4
[Link] (consulté le 1 avril 2024)

9
5
 Le caractère obligatoire de la résolution 598 (1987) du conseil de sécurité
relative a la guerre du golfe, [Link] (consulté le
10 avril 2024)
 PANCRACIO(Jean-Paul), UN MUTANT JURIDIQUE : L’AGRESSION
INTERNATIONALE
[Link]
0n&deg%3B7%20Mutant%[Link] (Consulté le 10 Avril 2024)
 Dictionnaire pratique du droit humanitaire [Link]
[Link]/content/article/2/maintien-de-la-paix/ (consulté le 19 avril
2024)
 DESORGUES (Pierre) « Les minerais, une malédiction pour la République
démocratique du Congo ?» Décembre 2023,
[Link]
la-republique-democratique-du-congo-2682042 (19 avril 2024)
 L’instabilité en République Démocratique du Congo : entre conflit ouvert,
corruption et ingérence économique, [Link]
analyse-1036_fr.html (consulté le 27 mai 2024)
 L'Union minière du Haut-Katanga, creuset de
l'atome, [Link]
katanga-creuset-de- latome-512132 (consulté27 mai 2024)
 L’Empire du silence : l’impunité des crimes graves conduit à une violence sans
fin en RDC [Link]
impunite-crimes-graves-rdc (Consulté le 27 mai 2024)
 Retour des troupes de la SADC en RDC, [Link]
today/retour-des-troupes-de-la-sadc-en-rdc (4mai 2024)
 Les survivants du massacre de Yumbi en RD Congo
[Link]
yumbi-en-rd-congo-reclament-justice(consulté le 17 mai 2024)

9
6
 Nations Unies, RDC: à l’approche du 19 décembre, date initiale des élections
congolaises, le Conseil de sécurité exhorte les parties à la plus grande retenue
[Link] mai 2024)

 Nations Unies CS/13253 du 19 mars 2018 : « Appelés à réagir à la situation


humanitaire dramatique en RDC, les membres du Conseil mettent l’accent sur
son lien avec la crise politique et l’insécurité »,
[Link] (consulté le 21 mai 2024)
 RDC -Ministère de budget- « projet annuel de performance 2024, document
n°9[enligne],[Link]
t/document_num_9_pap_2024_.pdf ( Consulté le 4 juin 2024)
 RDC : la force régionale est-africaine commence à quitter le pays,
[Link]
commence-quitter-le-pays-2678044 (Consulté le 4 juin 2024)

9
7
9
8

Vous aimerez peut-être aussi