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Séquelle Pneumo

Les méningites à pneumocoques entraînent un taux de mortalité élevé et peuvent causer des séquelles neurologiques et sensorielles graves chez les survivants, affectant jusqu'à 30 % d'entre eux. Les complications incluent des troubles auditifs fréquents, allant de la surdité de conduction à des surdités de perception, ainsi que des atteintes neurologiques variées. Un suivi médical rigoureux est essentiel pour détecter et gérer ces séquelles chez les enfants ayant survécu à cette infection.

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Séquelle Pneumo

Les méningites à pneumocoques entraînent un taux de mortalité élevé et peuvent causer des séquelles neurologiques et sensorielles graves chez les survivants, affectant jusqu'à 30 % d'entre eux. Les complications incluent des troubles auditifs fréquents, allant de la surdité de conduction à des surdités de perception, ainsi que des atteintes neurologiques variées. Un suivi médical rigoureux est essentiel pour détecter et gérer ces séquelles chez les enfants ayant survécu à cette infection.

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formation |dossier

Méningite à pneumocoques :
une grande pourvoyeuse de séquelles

Au-delà du taux de décès important, les méningites à pneumocoques peuvent créer


d’importantes séquelles neurologiques et sensorielles. Les atteintes neurologiques
peuvent aller du trouble léger aux incapacités majeures (épilepsie, handicaps, retard
mental, troubles moteurs). Les séquelles auditives sont très fréquentes et de gravité
variable. Un suivi rapproché doit être instauré chez tout enfant survivant à une
méningite à pneumocoque à la recherche de ces séquelles.

L
es méningites à pneumocoques, chez l’adulte comme jours régressent en quelques semaines dans plus d’un cas
chez l’enfant, revêtent une particulière gravité. Le taux sur deux.
de mortalité est le plus élevé des méningites bactérien-
nes atteignant 15 % chez l’enfant dans certaines séries, soit Les séquelles auditives grèvent le pronostic
environ deux fois ce qui est observé avec le méningocoque à long terme
et 4 fois la létalité des méningites à Haemophilus influen- Les méningites sont la première étiologie des surdités acquises
zae. Au-delà de ces taux de décès importants (malgré une de l’enfant et le pneumocoque est la bactérie le plus souvent
prise en charge immédiate, si besoin en réanimation), les impliquée.
méningites à pneumocoques sont de grandes pourvoyeuses Plusieurs types d’atteinte de l’audition doivent être
de séquelles neurologiques et sensorielles (20 à 30 % des distingués :
survivants)1. – à la phase aiguë, une surdité de conduction est fréquente
Forte mortalité et complications neurologiques sont en par- (16 % dans une série américaine). Elle est en rapport avec
tie liées à la virulence spécifique de la bactérie et notamment une otite moyenne associée et évolue généralement de façon
à sa capacité à induire rapidement un œdème cérébral (qui favorable sous traitement ;
peut persister après stérilisation du LCR) et un cloisonnement – les surdités de perception séquellaires sont fréquentes (un
méningé. tiers des cas dans certaines publications). Elles sont dues
à une destruction de l’oreille interne par l’infection et à son
À la phase aiguë, les signes neurologiques ossification ultérieure. Leur évolution spontanée est souvent
en foyer sont fréquents défavorable et elles imposent une prise en charge spécia-
Dès le diagnostic, en plus de troubles de conscience (qui sont lisée au cours de laquelle se discute la pose d’un implant
des éléments de gravité), des signes de localisation neuro- cochléaire ;
logiques sont souvent présents. Il peut s’agir de convulsions – enfin, dans de rares cas, on observe des surdités par attein-
(22 % des cas dans une série napolitaine2), d’atteinte des tes du tronc cérébral ou en rapport avec une hypertension
nerfs crâniens ou de signes de lésions sus-tentorielles. Ces intracrânienne.
manifestations qui orientent vers une origine pneumococ-
cique quand celle-ci n’est pas déjà établie, peuvent être en Les séquelles neurologiques peuvent
rapport avec un œdème cérébral (22 % des observations être redoutables
dans la publication napolitaine), plus rarement, un hygrome Là encore, le risque de séquelles neurologiques est nettement
sous-dural, un infarctus cérébral, une hydrocéphalie voire une plus élevé avec le pneumocoque qu’avec les méningocoques ou
pyocéphalie ou une thrombose d’un sinus. Elles impliquent Haemophilus influenzae. Ces séquelles sont de gravité variables
bien sûr la réalisation d’examens morphologiques (scanner, allant de troubles “légers” (épilepsie bien contrôlée, strabisme,
IRM) pour en déterminer l’étiologie exacte et orienter une anomalies du comportement...) à des incapacités majeures
éventuelle prise en charge spécifique. (retard mental important, déficit moteur étendu, épilepsie sévère,
Il faut noter ici que ces manifestations neurologiques précoces cécité...) en passant par des handicaps “modérés” (retard intel-
ont un meilleur pronostic chez l’enfant que chez l’adulte et lectuel compatible avec une scolarité en milieu ordinaire, trou-
que les anomalies de l’examen neurologique des premiers bles moteurs incomplets...).

14 OptionBio | Lundi 18 avril 2011 | n° 453


L'infection à pneumocoques chez l'enfant dossier | formation

Compte tenu de l’inclusion


dans ces troubles séquellaires
de manifestations de moindre
sévérité dont le diagnostic
n’est pas toujours fait et dont
la cause n’est pas nécessaire- | Abcès sous-dural
(en haut à gauche)
ment rapportée à la méningite,
P
d’un bébé de 7 mois.

L
il est difficile de préciser le taux
ux LY
K /S
Imagerie par Résonance
U
UK
de séquelles neurologiques réell des e / ME
HA Magnétique (IRM).
© P hani
méningites à pneumocoques.

Quel dépistage ?
Si tous les enfants victimes d’une méningite à pneumocoques – des bilans auditifs spécialisés avec en fonction des sujets,
sont menacés de complications et de séquelles neurosensoriel- audiométrie, potentiels évoqués auditifs, IRM labyrinthique et
les, certains éléments retrouvés lors de l’hospitalisation initiale systématiquement suivi prolongé en raison de la possibilité
ou lors de la sortie incitent à renforcer la surveillance ultérieure d’ossification cochléaire tardive ;
et doivent être considérés comme des indicateurs de mauvais – des évaluations régulières des capacités cognitives
pronostic à long terme3 : pour mettre en place rapidement des solutions scolaires
– cliniquement les crises convulsives persistantes en fin adaptées. |
d’hospitalisation, l’atteinte des nerfs crâniens, un score de
Glasgow bas ;
– biologiquement, des cultures de LCR positives ; CÉLINE DUPIN
– radiologiquement, des signes d’infarctus cérébral ou d’hy- © [Link]
drocéphalie au scanner.
Mais, quel que soit le tableau clinique initial, une surveillance
régulière s’impose pour tous les enfants ayant survécu à une Bibliographie
méningite à pneumocoque. Elle doit comporter (durant 5 ans 1. Edmond K et al. Global an regional risk of disabling sequelae from bacterial meningi-
tis : a systematic review an meta-analysis. Lancet Infect Dis. 2010 ; 10 : 317-28.
au moins selon certaines équipes) : 2. Pagliano P et al. Pneumococcal meningitis in childhood : a longitudinal prospective
– des examens neurologiques répétés (dont l’un, un an après la study. FEMS Immunol Med Microbiol. 2007 ; 51 : 488-95.
3. Des Portes V. Quel suivi à long terme pour quels patients ? Séquelles des méningites
sortie de l’hôpital) avec le cas échéant évaluation chiffrée des bactériennes chez l’enfant et chez l’adulte : incidence, types, modes d’évaluation.
différents déficits ; Médecine et maladies infectieuses. 2009 ; 39 : 572-80.

OptionBio | Lundi 18 avril 2011 | n° 453 15

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