Université Mohammed V
Faculté de Médecine et de Pharmacie-Rabat
CHU Ibn Sina
DIAGNOSTIC DES DIARRHÉES
BACTÉRIENNES
Réalisé par :
Dr. RAIS SALMA
Dr. TAMDI CHAIMAA
Encadré par :
Pr K.SOULY
PA G.ELAMIN
1
Objectifs
⮚ Décrire l’épidémiologie des diarrhées aiguës bactériennes.
⮚ Savoir expliquer leurs physiopathologies.
⮚ Connaître les principaux aspects cliniques.
⮚ Maîtriser les modalités de diagnostic au laboratoire des diarrhées
aiguës bactériennes.
⮚ Participer à la prise en charge thérapeutique et préventive.
Plan
• Introduction
• Epidémiologie
• Physiopathologie
• Aspects cliniques
• Diagnostic biologique
• Traitement
• Prévention
Introduction
La diarrhée selon l’OMS :
✔Emission d’au moins 3 selles/j molles ou liquides.
✔Quantité anormale de selles et d’eau 🡪 > 300 g/24h ou > 350
ml/24h.
Introduction
• Emission de selles :
- Trop fréquentes > 3 selles / j
- Trop liquidiennes (eau > 90% du poids des selles)
- Trop abondantes > 300 g/j
Introduction
On distingue selon l’évolution chronologique :
✔ Diarrhées aiguës 🡪 Moins de 3 semaines
✔ Diarrhées chroniques 🡪 Au-delà de 3 semaines
Etiologies divers :
● Diarrhées infectieuses ● Diarrhées non infectieuses
✔ Médicamenteuses
✔ Virales (80%)
❏ ATB / Anticancéreux
❑ Pic hivernal
✔ Malabsorption
✔ Bactériennes ❏ Maladie coeliaque
❑ Pic estival ✔ Toxiques
❑ Métaux lourds
✔ Parasitaires
✔ Inflammatoire
❑ MICI, tumeurs
Introduction
Diarrhée bactérienne aiguë
Intérêts
❑ Maladie infectieuse liée au péril fécal
❑ Maladie à déclaration obligatoire pour certains étiologies
Introduction
• Le diagnostic bactériologique des diarrhées aiguës bactériennes est
non systématique
🡪 souvent bénignes à évolution favorable chez IC.
• Le diagnostic bactériologique est indiqué dans des contextes
particuliers +++
Epidémiologie
1. Agents pathogènes :
• Pathogènes spécifiques :
- Entérobactéries : Salmonella, Shigella, Yersinia, E.coli
- Campylobacter jejuni
- Vibrio.cholerae
- Staphylococcus aureus
- Clostridium perfringens
• Pathogènes opportunistes : Clostridium difficile
Epidémiologie
2. Réservoir :
• Homme malade: S.typhi et paratyphi, Shigella, V cholerae, …
• Porteurs asymptomatiques : Salmonella, Staphylococcus, Shigella…
• Animaux : Yersinia, Campylobacter
• Environnement (eaux, air, sols) : V cholerae, Yersinia, S aureus,
Aeromonas, Plesiomonas
Epidémiologie
3. Transmission :
• Directe : interhumaine
• Indirecte : oro fécale à travers l’eau et les aliments souillés
• Endogène : par déséquilibre de la flore : C.difficile (ATB)
Epidémiologie
4. Réceptivité :
• Totale : Salmonella typhi, Shigella, Yersinia, ETEC, EIEC, V.
cholerae, S. aureus, B.cereus
• ID, drépanocytose : Salmonella non typhi, C.difficile
• Nourrisson de moins de 2 ans : EPEC (E.coli entéropathogène)
• Bouchers, fermiers : Campylobacter
Epidémiologie
5. Facteurs favorisants :
❏ Déséquilibre de la flore endogène 🡪 ATB : C. difficile
❏ Défaillance immunitaire
❏ Âges extrêmes 🡪 Enfants + sujets âgés
❏ Notion de voyage en zone endémique et saison estivale 🡪 ECET
❏ Manque d’hygiène 🡪 Maladie liées au péril fécal
❏ Rupture de chaîne du froid
❏ Catastrophes naturelles
Epidémiologie
6. Aspects épidémiologiques :
Physiopathologie
1. Mécanismes de défense contre l’infection
• Par la flore intestinale normale : 10* 14 germes/g de selle : ⅔ Gram (-)
et ⅓ Gram (+)
• 2 catégories :
✓ Population résidente:
Dominante = anaérobies (BGN, BGP, CGP)
Sous dominante = entérobactéries, entérocoques;
✓ Population en transit:
Staphylocoques, Pseudomonas, Candida et autres BGN aérobies.
Physiopathologie
1. Mécanismes de défense contre l’infection :
• Immunité locale (IgA, cellules immunitaires)
• Acidité gastrique
• Mobilité gastrique
Physiopathologie
2. Mécanismes de l’infection :
• Mécanisme entérotoxinogène 🡪 Sécrétoire
⮚ Syndrome cholériforme
• Mécanisme entéro-invasif 🡪 Inflammatoire
⮚ Syndrome dysentérique
• Mécanisme de diarrhée post-antibiotique
Physiopathologie
2. Mécanismes de l’infection :
✓ Action locale par libération de toxine : Syndrome cholériforme
• Libération d’entérotoxines préformées (S.aureus) ou néoformées au
contact des entérocytes
• Fixation aux récepteurs cellulaires spécifiques
• Transmission d’un signal (second messager)
• Perturbation des échanges hydro électrolytiques
Physiopathologie
2. Mécanismes de l’infection :
Physiopathologie
2. Mécanismes de l’infection :
Mécanisme entéro-invasif
Physiopathologie
Mécanismes Toxinogène Entéro-invasive
Mode d’action Action locale par production des Invasion et destruction de
toxines 🡪 Perturbation des l’épithélium intestinale 🡪 Réaction
mouvement d’eau et des inflammatoire
électrolytes 🡪 Pas de lésion de
muqueuse.
Syndrome Cholériforme Dysentérique
Type de diarrhée Sécrétoire – Aqueuse (hydrique). Glairo – Sanglante – Purulente.
Selles eau de riz. Selles afécales.
Risque Déshydratation Sepsis – Perforation
Fièvre Peu ou pas de fièvre Présence
Agent pathogène en cause Vibrio cholerae Salmonella spp
ETEC Shigella spp
Campylobacter
Yersinia
EIEC – EHEC
Physiopathologie
2. Mécanismes de l’infection :
• Action mixte : intervention des facteurs d’invasion et de toxines
Shigella, E.C.E.H, Campylobacter
Physiopathologie
3. Mécanisme de diarrhée post antibiotique :
Agents pathogène : Clostridium difficile
Type de diarrhée : banale ou glairo-sanglante
Déséquilibre de la flore intestinale => prolifération de C.difficile
✔ Production de toxines in situ 🡪 Entérotoxine A + cytotoxine B
✔ Destruction des jonction serrées reliant les entérocytes
✔ Augmentation de la perméabilité paracellulaire
✔ Réaction inflammatoire
Aspects cliniques
Syndromes Sd cholériforme Sd dysentérique Sd diarrhéique post ATB
Mécanismes Entérotoxinogène Entéro-invasif Antibiothérapie à spectre
large
Aspects cliniques Diarrhée aqueuse Diarrhée : glairo-sanglante Diarrhée : banale post ATB
hydrique en eau de riz et mucopurulente. ou glairo sanglante
Parfois fièvre
Absence de fièvre Fièvre : ++ Douleurs abdominales
Douleurs abdominales
Douleur abdominale sévères
modérée Ténesme – Epreintes et
faux besoins
Agents pathogènes en Vibrio cholerae Salmonella spp
cause ETEC (turista) 🡪 diarrhée Shigella spp
des voyageurs. Yersinia spp
EPEC Clostridium difficile
Campylobacter spp
EHEC
EIEC
Gravité Déshydratation +++ Perforation (hémorragie) Colite
Septicémie SHU pseudomembraneuse
Evolution Spontanément favorable Guérison dans 25% à
l’arrêt de l’ATB
Aspects cliniques
Durée d’incubation selon l’agent pathogène
Agents pathogènes Durée d’incubation
Vibrio cholerae 2 H à 5 jrs
Shigella dysenteriae 24 H à 4 jrs
Campylobacter jejuni 24H à 3 jrs
Yersinia spp 5 jrs à 10 jrs
Salmonella mineur (non typhique) 8 H à 48 H
Salmonella majeur (typhique) 12H à 36 H
ETEC : E. coli entérotoxinogène 10H à 12H
EPEC : E. coli entéropathogène 6H à 48H
EIEC : E. coli entéro-invasive 3 jrs à 4 jrs
EHEC : E. coli entéro-hémorragique 3jrs à 4jrs
Aspects cliniques
• La Fièvre Typhoïde :
⮚ Maladie potentiellement mortelle 🡪 Salmonella typhi
⮚ Sur le plan clinique :
❑ Fièvre élevée et prolongée avec pouls dissocié
❑ Manifestations digestives : diarrhée liquide ocre, douleur abdominale
❑ Manifestations neurologiques : Céphalées, trouble de conscience
Complications : septicémie – Abcès spléniques – Hémorragies – Perforation
TIAC : Toxi-infection alimentaire collective
• Définition :
• Plus de deux cas groupés
• Symptomatologie digestive similaire
• Même origine alimentaire
• Types :
• Incubation courte (1 à 4 H) 🡪 Toxines ingérée produites par S. aureus et Bacillus
cereus
TIAC : Toxi-infection alimentaire collective
• Source de contamination : Eaux et aliments souillés
• Agents responsables: Staphylococcus aureus – Bacillus cereus –
Clostridium perfringens
• Diagnostic : Recherche de toxines à partir des selles, des aliments et
du liquide gastrique
Maladie à déclaration obligatoire
Aspects cliniques
3. Complications :
• Déshydratation,
• Invagination intestinale,
• SHU : Syndrome hémolytique et urémique
• Syndrome de Fiessenger-Leroy-Reiter : Yersinia
• Syndrome de Guillain-Barré : Campylobacter
• Colite pseudo-membraneuse : C.difficile.
Diagnostic biologique
A- Diagnostic biologique non spécifique
- Ionogramme sanguin
- NFS
- CRP, VS, Fibrinogène
Diagnostic biologique
B. Diagnostic biologique spécifique = Diagnostic bactériologique
• Diagnostic bactériologique direct :
- Coproculture +++ : examen de référence
- Biologie moléculaire
- Tests antigéniques
• Diagnostic bactériologique indirect : Sérologie
Diagnostic bactériologique
Quand ?
• Après avoir éliminé les autres étiologies non infectieuses de la diarrhée
• Devant un syndrome dysentérique
• Diarrhée hydroélectrolytique persistante >3 jours malgré un traitement
symptomatique
• Signes de gravité : choc septique ou hypovolémique
• Terrain à risque de décompensation : comorbidités, âges extrêmes, ID
• Contexte épidémio-clinique : Retour d’un voyage en zone endémique/TIAC
• Formes majeures des diarrhées à C.difficile : colite pseudo-membraneuse
A. Diagnostic bactériologique direct:
a. Phase pré-analytique :
🡪 Réaliser les prélèvements avant toute antibiothérapie
🡪 Asepsie rigoureuse
▪ Types de prélèvements :
- Adulte et grand enfant : recueil de selles fraîchement émises dans un flacon stérile « volume de noix »
- Nourrisson et petit enfant : Écouvillonnage rectal
- Biopsie de la muqueuse rectale ou colique : en cas de suspicion d’infection invasive ou lors d’un geste
endoscopique
- Hémocultures : en cas de fièvre
- Aliments contaminés : suspicion de TIAC
▪ Transport : < 2 heures à température ambiante.
A. Diagnostic bactériologique direct:
b. Phase analytique:
1- Examen cytobactériologique des selles : e
1.1 Examen macroscopique des selles :
- Consistance : normales, molles, liquidiennes, riziformes
- Couleur : Marron, jaune, pâle, verdâtre
- Noter la présence de sang, de glaire et de pus (mécanisme invasif)
Oriente le choix des milieux de culture
A. Diagnostic bactériologique direct:
1.2. Examen microscopique des selles :
✓ Etat frais : recherche la présence :
• De cellules : GB (mécanisme invasif) , GR (mécanisme invasif)
• De levures
• D’une mobilité bactérienne particulière :Vibrio cholerae (mobilité en banc de poissons), Campylobacter (mobilité en
vol de moucheron).
✓ Coloration de Gram :
• Apprécie l’équilibre de la flore intestinale
• Flore équilibrée : 2/3 Bactéries Gram - (BGN) et 1/3 Bactéries Gram + (BGP ou CGP)
• Recherche un monomorphisme bactérien
A. Diagnostic bactériologique direct:
1.3. Mise en culture: Coproculture = Examen de référence +++
❏ En dehors d’un contexte clinique particulier : Coproculture standard :
● Recherche de Salmonella spp et Shigella spp sur un milieu sélectif : Hektoen ou
SS
N.B : SS : ne permet pas l’isolement de Shigella dysenteriae type 1
● Incubation à 35° +/- 2° pendant 24h
● Possibilité d’utilisation d’un milieu d’enrichissement pour Salmonella et éventuel
repiquage sur milieu solide
A. Diagnostic bactériologique direct:
1.3. Mise en culture: Coproculture = Examen de référence +++
❏ En dehors d’un contexte clinique particulier : Coproculture standard :
● Le milieu SS (Salmonella-Shigella) : contient 3 inhibiteurs de la flore commensale (sels
biliaires, vert brillant, citrate de sodium)
● Colonies de Salmonella : translucides (lactose -), à centre noir (H2S +)
● Colonies de Shigella : translucides (lactose -), à centre clair (H2S -)
A. Diagnostic bactériologique direct:
1.3. Mise en culture: Coproculture = Examen de référence +++
❏ En dehors d’un contexte clinique particulier : Coproculture standard :
● Recherche de Campylobacter spp : Milieu Karmali (charbon actif) dans une
atmosphère micro aérophile à 42°
● Recherche de Yersinia enterocolitica : Milieu CIN (Céfsulodine, Irgasan, Novobiocine) à
30°
A. Diagnostic bactériologique direct:
1.3. Mise en culture: Coproculture = Examen de référence +++
❏ Devant un Syndrome cholériforme et retour d’un séjour en zone d’endémie
au Choléra :
● Recherche de vibrio cholerae en urgence => Maladie à déclaration obligatoire
+++
● Milieu séléctif : TCBS (Thiosulfate Citrate Bile Sucrose) : Vibrio cholerae
fermente le saccharose → colonies jaunes
A. Diagnostic bactériologique direct:
1.3. Mise en culture: Coproculture = Examen de référence +++
❏ TIAC :
● En plus de la recherche de Salmonella, Shigella, Yersinia enterocolitica et de Campylobacter
● Recherche d’E.coli entéropathogènes : milieu MacConkey ou milieu chromogène spécifique
● Recherche de Staphylococcus aureus : milieu Chapman
● Recherche de Bacillus cereus : milieu MYP (Mannitol Egg Yolk Polymyxin)
A. Diagnostic bactériologique direct:
b. Phase analytique:
2- Biologie moléculaire : e
• PCR multiplex : de plus en plus indiquée
- Diagnostic rapide
- Diagnostic de bactéries non cultivables, ou en cas de coproculture négative malgré un tableau clinique évocateur
- Approche syndromique (détection simultanée de plusieurs agents en cause).
• Kits syndromiques disponibles :
- Pannel bactérien de 1ère intention : Shigella spp/EIEC , EHEC (stx1, stx2), Salmonella spp, Campylobacter spp, Yersinia
enterocolitica, Clostridioides difficile toxinogène (gène tcdB = toxine B)
- Pannel bactérien de 2ème intention : autres pathovars d’E.coli, Vibrio cholerae
- Pannel viral
- Pannel parasitaire
● Recherche de C. difficile toxinogène : systématique en cas de diarrhée sanglante post antibiothérapie et de diarrhée
nosocomiale
A. Diagnostic bactériologique direct:
3. Test antigéniques : détection rapides d’antigènes bactériens ou de toxines par
techniques immunologiques. Ex : Toxines A et B de C. difficile
4. Sérotypage par agglutination : réalisé sur colonies pour identifier les
antigènes spécifiques, notamment chez Salmonella (O, H, Vi = S.typhi) et
Vibrio cholerae (O1, O139), EHEC (O157:H7)
B. Diagnostic bactériologique indirect:
• Recherche d’anticorps dans le sérum du malade
• Deux prélèvements à 15 jours d’intervalle à la recherche d’une
séroconversion
• Sérodiagnostic de Widal et Felix : S. typhi et parathypi A, B et C :
(recherche des Ac anti Ag O somatiques et des Ac anti Ag flagellaires
H)
C. Antibiogramme :
• Méthode de diffusion sur milieu gélosé :
- Entérobactéries: MH, 18-24h 35-37°C ;
- Campylobacter, MH + 5% de sang de mouton ou de cheval 18-24 h
35-37°C en microaérophilie
- Anaérobies (C difficile), gélose Brucella + vit K1+5% de sang 48h à 35-
37°C en anaérobie.
• Méthode de dilution : antibiogramme automatisé
Diagnostic biologique
c. Phase post- analytique: Interprétation
- La présence de Salmonella spp., Shigella spp., Campylobacter spp. et Yersinia enterocolitica dans une coproculture
standard est toujours pathologique. (exceptés les porteurs sains asymptomatiques de Salmonella spp).
- La présence d’Escherichia coli même en grande quantité ne doit pas être considérée comme pathologique. Seules les
souches pathogènes d’E. coli notamment entérohémorragiques sécrétrices de shigatoxines doivent être considérées comme
pathogènes.
- Les E. coli entéropathogènes (EPEC) sont principalement responsables de diarrhées aiguës chez le nourrisson et le petit
enfant.
- Toute TIAC suspectée impliquant au moins 2 cas doit être signalée aux autorités sanitaires
Traitement
• Traitement symptomatique: +++
- Réhydratation +++ : par voie orale ou parentérale
- Anti-spasmodiques, anti-pyrétiques, anti-émétiques
- Proscrire les ralentisseurs de transit dans les diarrhées invasives
(risque de perforation intestinale et réduction de l’élimination du
germe)
- Si signes de gravité (Septicémie, déshydratation sévère) : Hospitalisation
Traitement
• Traitement étiologique : Antibiothérapie (après prélèvements bactériologiques)
❏ Salmonella non typhique, Campylobacter, Yersinia et Escherichia coli entéropathogènes : Antibiothérapie réservée aux cas graves
ou chez les patients à risque de complications (nourrissons, immunodéprimés, personnes âgées).
❏ Shigella spp. : Très contagieuses, antibiothérapie systématique pour limiter la transmission et traiter l’infection.
❏ Escherichia coli entérohémorragique (EHEC, O157:H7) : Antibiotiques contre-indiqués, car ils augmentent le risque de syndrome
hémolytique et urémique (SHU).
❏ Clostridioides difficile :
- Suspendre, si possible, toute antibiothérapie non indispensable favorisant la prolifération.
- Si la poursuite de l’antibiothérapie primaire est nécessaire, elle doit être maintenue en parallèle au traitement spécifique contre C.
difficile (métronidazole, vancomycine orale)
- Le traitement anti-C. difficile doit être poursuivi au moins 3 jours après l’arrêt de l’antibiothérapie primaire.
Traitement
● Fluoroquinolones (ciprofloxacine) :
- Efficaces contre Salmonella, Shigella, Yersinia.
- Moins utilisées pour Vibrio cholerae à cause de la résistance croissante
● Céphalosporines de 3e génération (C3G) : utilisées dans les formes sévères de Vibrio cholerae, Salmonella
invasive, ou quand une voie parentérale est nécessaire.
● Métronidazole : Traitement de choix pour Clostridioides difficile (infections à C. difficile).
● Sulfaméthoxazole - Triméthoprime : Efficace contre Salmonella, Shigella, certaines souches d’E. coli
entéropathogènes (EPEC, ETEC), Yersinia, et Vibrio cholerae. Attention à la résistance locale.
● Macrolides (érythromycine, azithromycine) :
- Traitement de choix pour Campylobacter
- Azithromycine est aujourd’hui préférée à l’érythromycine, mieux tolérée et posologie plus simple.
● Durée du traitement : 14 jours pour Campylobacter, 3 à 7 jours pour les autres bactéries.
Prévention
1. Mesures collectives : e
• Surveillance épidémiologique
• Lutte contre le péril fécal (assainissement, gestion des eaux usées)
• Dépistage des porteurs chroniques et asymptomatiques
Prévention
2. Mesures individuelles :
• Hygiène des mains
• Hygiène alimentaire
• Prophylaxie des diarrhées des voyageurs :
- Consommation de boissons capsulées
- Consommation de fruits et légumes pelés, cuits ou bien lavés soigneusement (conseil
OMS : « fais-le bouillir, cuit-le, pèle-le ou oublie-le »)
• Probiotiques : en cas de prise d’antibiotiques pour prévenir les diarrhées associées
Prévention
3. Vaccinations :
● Vaccin contre la typhoïde (Typhim Vi®) : protection d’environ 3 ans,
recommandé pour le personnel hospitalier, militaires et voyageurs en pays
d’endémie
● Vaccin oral anti-cholérique : bon rapport coût/efficacité
● Perspectives : développement de vaccins contre Shigella et certains
pathovars d’E. coli
Conclusion
- Diarrhée bactérienne = Pathologie fréquente, d’évolution souvent favorable
- Exploration biologique non systématique
- Diagnostic étiologique réservé à des cas spécifiques (syndrome dysentérique, TIAC, retour de zone d’endémie, formes
sévères, colite pseudomembraneuse)
-TIAC : déclaration obligatoire
- Dg : Examen bactériologiques des selles et/ou des aliments suspects
- Recherche ciblée de EHEC : Diarrhée sanglante, enfant < 5 ans +/- SHU
- Réhydratation +++ prioritaire avant toute investigation
Merci pour votre attention