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COURS DE LUTTE CONTRE LE VIH/SIDA ET NOTION
D’HYGIENE, EAU ET ASSAINISSEMENT
DR CHRIS MUTEB
VOLUME HORAIRE :25H
PREPARATOIRE POLYTECHNIQUE UPL
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PARTIE 1 : LUTTE CONTRE LE VIH/SIDA
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PLAN DU COURS
INTRODUCTION
CHAP I DEFINITION DES CONCEPTS ET GENERALITES
HISTORIQUE DU VIH
SANTE ET DEVELOPPEMENT
NOTION D’IMMUNOLOGIE
SYSTEME IMMUNITAIRE NATUREL (DEFENSES INNEES NON SPECIFIQUES)
SYSTEME IMMUNITAIRE ADAPTATIVE (DEFENSES SPECIFIQUES)
CHAP II VIH/SIDA ETUDE DE LA MALADIE
EPIDEMIOLOGIE
LES VOIES DE CONTAMINATIONS ET LES FACTEURS DES RISQUES
DIFFERENCE ENTRE VIH ET SIDA
CYCLE DE LA RÉPLICATION DU VIH DANS UNE CELLULE LYMPHOCYTE T CD4
CLASSIFICATION DE L’INFECTION A VIH
LA PREVENTION
CHAP III INTEGRATION DES PVV DANS LA COMMUNAUTE
PROBLEME RENCONTRE PAR LE PVV
PROBLEMES PSYCHOLOGIQUES
PROBLEMES DE SANTE
PROBLEMES SOCIO-ECONOMIQUES
AIDER LES PVV
RECONFORT MORAL
DROITS ET DEVOIRS DES PVV
CHAP IV : LA SEXUALITE ET LE VIH
SEXUALITE
ORGANES GENITAUX
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SEXUALITE RESPONSABLE
LA GESTION DE LA PRESSION DES PAIRS
CHAP V. ADHERANCE AU TRAITEMENT ANTI RETRO VIRAL
IMPORTANCE DE L’ADHERENCE AU TRAITEMENT ARV
FACTEURS AFFECTANT L’ADHERENCE AUX TRAITEMENTS
FACTEURS INDIVIDUELS
FACTEURS LIES AUX MEDICAMENTS
FACTEURS LIES AUX SYSTEMES DE SANTE
CHAP.VI. GENERALITES SUR LES INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES (IST)
MODE DE TRANSMISSION
CAUSES
SIGNES EVOCATEURS
LES COMPLICATIONS
RELATIONS IST ET VIH/SIDA
CHAP. VII. MESSAGE A LA COMMUNAUTE POUR L’ELIMINATION DE LA TRANSMISSION
VIH/SIDA
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INTRODUCTION
Au début des années quatre-vingt, l’irruption d’une maladie nouvelle, mystérieuse, créa un
bouleversement scientifique, tant dans le domaine de la virologie que dans les domaines de
l’immunologie et de la clinique. Et nul ne savait encore à cette date que, 20 ans après, cette
infection constituerait un problème de santé majeur dans le monde avec, en 2007, plus de
30 millions de personnes infectées, jeunes adultes (15-49 ans), condamnées à mort en
l’absence de traitement.
Jusqu’en 1995, le diagnostic d’infection VIH était associé à la progression quasi inéluctable
de la maladie avec, à la clé, une évolution fatale. La signification et le pronostic VIH a
considérablement évolué depuis 10 ans avec l’utilisation des trithérapies antirétrovirales qui
a permis une réduction spectaculaire de la mortalité et de la morbidité de l’infection à VIH.
Être infecté par le VIH signifie actuellement pouvoir vivre avec le virus pendant de très
longues années ; c’est aussi, en contrepartie de ce pronostic bien meilleur, l’apparition d’une
nouvelle donne : l’absence de menace vitale à court terme sans pour autant obtenir
l’éradication du virus avec son corollaire, l’absence de guérison définitive, la perspective
d’une infection chronique impliquant la prise d’un traitement au long cours.
L’objectif de la thérapeutique est donc de :
– maintenir l’absence de réplication virale tout au long de la vie,
– simplifier la prise des traitements,
– réduire leurs effets secondaires.
Le lien qui va s’instituer pendant plusieurs années entre une personne atteinte et son équipe
soignante est un élément majeur de la qualité de la prise en charge ; une relation de
confiance facilite le suivi ultérieur, la compréhension et l’adhésion au traitement.
L’attente du patient concerne de nombreux thèmes de sa vie quotidienne : qualité du suivi
médical mais aussi informations sur les nouveautés en matière de recherche, décryptage de
l’information grand public, grande disponibilité, écoute quant aux difficultés thérapeutiques
et aux aspects extra médicaux (image du corps, sexualité, procréation).
Les années récentes ont montré que le VIH est doublement délétère : d’une part par
l’immunodépression et d’autre part par l’immun activation qu’il engendre. L’évolution vers
une prise en charge thérapeutique plus précoce et peut être un jour dès le diagnostic de
l’infection est en marche.
Faute d’une vaccination préventive ou thérapeutique efficace, c’est sur le contrôle du virus
chez les personnes infectées que vont reposer de plus en plus les stratégies de prévention et
de transmission du VIH.
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Dans le monde entier, l’incitation au dépistage est un élément clé du contrôle de l’épidémie
au Nord comme au Sud.
L’accès aux traitements et à la surveillance virologique dans les pays aux ressources limitées
doit être poursuivie et améliorée.
Selon l’ONU SIDA 2015, on compte environ 36,9 millions de personnes vivant avec le VIH
dans le monde dont 17 millions seulement sont sous traitement ARV.
Pour la même période l’Afrique Subsaharienne a compté jusqu’à 12,1 millions des PVV sous
ARV sur un total d’environ 25,5 millions de PVV.
En RDC, la prévalence moyenne est estimée à 1,2% le nombre de PVV, et est estimé à
420 312 en fin 2015 dont 121 762 PVV étaient sous traitement.
Le SIDA est une maladie grave, une crise de sante publique et un problème de
développement. Cette pandémie a des conséquences sur l’individu atteint, sa famille et dans
la communauté ; elle atteint surtout les personnes actives et productives (15-49 ans). D’où
l’importance de mettre sur pied des mécanismes efficaces de lutte, avec la participation de
tout un chacun, afin de couper la chaine de transmission et de freiner l’expansion de cette
maladie.
Les efforts accomplis par l’OMS qui vise d’infléchir la tendance de l’évolution d’infection à
VIH et de mettre sous traitement ARV 15 millions de PVV en fin 2015, La communauté
internationale s’est fixée l’objectif du développement durable. Pour y parvenir des objectifs
intermédiaires ont été fixée. Il est ainsi prévu d’étendre intensivement l’offre de services
contre le VIH/SIDA de manière à dépister 90% des PVV, à mettre sous traitement aux ARV
90% d’entre elles et d’amener à la suppression de la charge virale 90 % de ces derniers d’ici
2020.ainsi en 2015, la RDC a lancé officiellement l’objectif 90-90-90 dans le pays avec
corolaire la recommandation d’adopter les directives à cette nouvelle vision.
C’est dans cette perspective que l’OMS a lancé de nouvelle directive dont la principale
nouveauté et de mettre sous traitement aux ARV toute personne dépistée séropositive : test
and star ou treat all ou encore test and treat.
Par ailleurs, il a été enregistré d’innombrable problème dans la gestion des
approvisionnements de bout en bout dus notamment à de long schéma alternatif des
traitements et des molécules séparées.
La nouvelle approche de lutte contre le VIH SIDA se fonde sur l’objectif triple zéro de l’ONU
SIDA à savoir :
1. Zéro nouvelle infection
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2. Zéro décès lié au VIH
3. Zéro discrimination et stigmatisation lié au VIH
A l’issue de ce cours, vous :
1. Vous rendrez compte de la valeur de votre santé, principale moteur de votre
productivité, de votre développement professionnel et social
2. Donnerez la différence entre VIH et SIDA
3. Connaitrez les différents modes de transmission, les facteurs de risques et les signes
cliniques du VIH/SIDA
4. Donnerez les informations nécessaires sur les autres IST
5. Comprendrez les moyens de préventions, de prise en charge et traitement du
VIH/SIDA et des IST
6. Vous pourrez mettre fin à certaines idées préconçues, au préjugés et à la
stigmatisions
7. Identifierez les comportements à risque et adopterez une sexualité responsable
8. Encourager les étudiants aux dépistages volontaires
9. Connaitrez quelques notions relatives à l’eau, l’hygiène et l’assainissement
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CHAP I DEFINITION DES CONCEPTS ET GENERALITES
I.1. DEFINITIONS DES CONCEPTS
VIH : virus d’immunodéficience humaine, il existe deux types : le VIH I (cosmopolite)
et le VIH 2 (plus retrouvé en Afrique de l’Ouest)
Virus : est un agent pathogène qui se reproduit à l’intérieur d’une cellule vivante
SIDA : syndrome d’immunodéficience acquise
Syndrome : ensemble des signes ou symptômes d’une maladie
Primo-infection : première atteinte d’un organisme par un germe pathogène et
ensemble des manifestations cliniques, visibles ou non, qu’elle entraine
Séropositif VIH : toute personne porteuse d’anticorps anti VIH
Séronégatif VIH :ne pas avoir d’anticorps contre le VIH dans le sang
Séroconversion : Correspond à la production d’anticorps contre le VIH
Fenêtre sérologique : c’est une période située entre la contamination et l’apparition
des anticorps plasmatiques spécifiques élabores par l’organisme. Pour le VIH elle
peut être comprise entre 2 et 5 semaines.
IST : infection sexuellement transmissible
CD4 : c’est une sous couches des globules blancs fondamentales dans le système de
défense du corps humain, c’est la principale cible du VIH
Immunité : ensemble des moyens de défenses de l’organisme
Antirétroviraux : est une classe de médicaments utilisés pour le traitement des
infections liées aux rétrovirus.
Pandémie : c’est une épidémie qui atteint un très grand nombre d’individu à l’échelle
mondiale
Epidémie : c’est une propagation d’une maladie contagieuse touchant un grand
nombre de la population dans une région donnée
Infections opportunistes : sont des infections qui surviennent chez les personnes qui
présente un déficit immunitaire
Couple discordant : c’est lorsque dans un couple un partenaire est séropositif et
l’autre ne l’est pas
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I.2.GENERALITES
I.2.1. HISTORIQUE DU VIH
La grande variabilité génétique du VIH-1 en Afrique centrale indique que ce virus est
originaire de cette région car l’infection a eu plus de temps pour s’y développer. Une équipe
menée par Michael Worobey (Université de l'Arizona) a rapporté des fragments de VIH d’un
échantillon de tissu conservé en 1960 provenant d'une habitante de Léopoldville (Kinshasa,
RDC). Un arbre phylogénétique des VIH montre que des virus de 1959 et 1960 étaient déjà
suffisamment différents pour avoir un ancêtre commun remontant au moins au début du
XXe siècle ! Des chasseurs de chimpanzés ont probablement été infectés par le Virus de
l’Immunodéficience Simienne (VIS) qui a trouvé en l’Homme un nouvel hôte où accélérer ses
mutations. Le virus s'est propagé lentement jusqu’en 1950, puis a proliféré rapidement. Le
développement des villes et des transports a ensuite permis l’expansion de l’épidémie de
VIH.
Le VIH, véritable transformiste, modifie aisément son génome grâce à une enzyme, la
transcriptase inverse, qui a la particularité d’introduire des erreurs dans son code génétique.
C’est pourquoi il existe un grand nombre de souches dans la nature, dont les principales sont
le VIH-1, issu d'un virus du chimpanzé, et le VIH-2, issu d'un virus du Sooty Mangabey, et qui
est confiné dans l’Afrique de l’ouest.
Le VIH-1, le plus répandu dans le monde, comprend 3 groupes : M (Major Group), le plus
fréquent (99% des infections par le VIH-1), O (Outlier Group, moins de 1% des infections par
le VIH-1, limité au Cameroun et au Gabon), et N (13 cas au Cameroun).
1981 : Aux Etats-Unis, des patients jeunes sont atteints par des maladies touchant
habituellement des personnes âgées (sarcome de Kaposi, pneumopathies rares) et
incapables de se défendre contre des infections opportunistes ordinairement bénignes. On
appelle cet affaiblissement radical du système immunitaire le Syndrome de
l’Immunodéficience Acquise (SIDA). Les scientifiques suspectent un virus transmis par le sang
et le sperme.
1983 : Le Virus de l’Immunodéficience Humaine (VIH), est identifié et isolé par Luc
Montagnier et Françoise Barré-Sinoussi, alors chercheurs en oncologie virale à l’Institut
Pasteur de Paris.
1984 : Découverte de la transmission du VIH par voie sexuelle.
1985 : Premier test diagnostic du VIH
1987 : Mise au point du premier médicament contre le VIH, l’AZT, inhibiteur de l’enzyme clé
du VIH, la transcriptase inverse.
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1995 : Mise au point de nouveaux médicaments (trithérapies) plus spécifiques que l’AZT,
mais le SIDA demeure alors la première cause de mortalité chez les adultes de 25 à 44 ans
aux Etats-Unis.
1999 : Le SIDA est la quatrième cause de mortalité dans le monde.
2017 : Un traitement anti-VIH coûte une centaine d’euros par personne et par mois, mais
seules 2 personnes nouvellement infectées sur 5 débutent un traitement. Les ressources
requises pour une trithérapie couvrant 80% des patients reviennent à 35 milliards de dollars
par an. Même si la mise au point d’un vaccin contre le VIH demeure un objectif prioritaire,
les efforts menés jusqu’à présent semblent décevants. Les difficultés tiennent à la nature
même du virus et à son mode de réplication, ainsi qu’à ses cellules cibles qui sont un
élément important du système immunitaire
I.2.2. SANTE ET DEVELOPPEMENT
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) définit la santé comme « un état de complet
Bien-être physique, mental et social, qui ne consiste pas seulement en une absence de
maladie ou d’infirmité ». La santé est ainsi prise en compte dans sa globalité, elle est
associée à la notion de bien-être.
Tournée vers la qualité de la vie, la santé devient la mesure dans laquelle un groupe ou un
individu peut d’une part réaliser ses ambitions et satisfaire ses besoins, et d’autre part
s’adapter à celui-ci.
Cette approche englobe tant les éléments médicaux stricto sensu que les déterminants de
santé et concerne la santé physique comme la santé psychique.
Selon l’OMS, les déterminants sociaux de la santé sont « les circonstances dans lesquelles
les individus naissent, grandissent, vivent, travaillent et vieillissent ainsi que les systèmes mis
en place pour faire face à la maladie ».
Trois grands concepts émergent de cet élargissement de la définition de la santé. Il s’agit de
la prévention, de la promotion et de l’éducation pour la santé.
La prévention est selon l’OMS « l’ensemble des mesures visant à éviter ou réduire le
nombre et la gravité des maladies, des accidents et des handicaps ». Trois types de
prévention ont été distingués :
- la prévention primaire qui cherche à diminuer l’incidence d’une maladie dans une
population
- la prévention secondaire, qui cherche à diminuer la prévalence d’une maladie dans une
population
- la prévention tertiaire où il importe de diminuer la prévalence des incapacités chroniques
ou récidives dans une population et de réduire les complications, invalidités ou rechutes
consécutives à la maladie.
La promotion de la santé a pour but de « donner aux individus davantage de maîtrise
de leur propre santé et davantage de moyens de l’améliorer ».
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L’éducation pour la santé comprend tous les moyens pédagogiques susceptibles de
faciliter l’accès des individus, groupes, collectivités aux connaissances utiles pour leur
santé et de permettre l’acquisition de savoir-faire permettant de la conserver et de la
développer.
Les NATIONS UNIES, dans un communiqué de presse du 16 MAI 2001, ont abordés la
question de l’impact de la santé sur la productivité et la croissance économique. La
discussion est, en effet, partie d’un constat selon lequel les gens malades courent davantage
le risque de sombrer dans la pauvreté alors que les gens pauvres sont plus exposés aux
maladies. Inversement, les gens en bonne santé peuvent avoir une formation plus longue,
gagner mieux leur vie et être donc plus productifs. Selon l’OMS, en 2010, la pandémie du
VIH/SIDA aura couté à l’Afrique du Sud 22 milliards de dollars et réduit son PIB de 17%. En
revanche une bonne infrastructure de santé contribue à la hausse des taux de productivité,
de l’investissement et de l’épargne, de scolarisation et de formation ainsi que de taux
d’accroissement de la population.
I.2.3. NOTION D’IMMUNOLOGIE
Il est important d’avoir des notions sur l’immunologie pour les raisons suivantes :
1. Comprendre les mécanismes qui permettent à notre organisme de se défendre
contre des agents pathogènes internes (les tumeurs) et externes (bactéries,
parasites, virus, champignons…)
2. Comprendre l’interaction entre notre système immunitaire et le VIH SIDA nous
permettra de comprendre l’évolution de la maladie, avec ou sans traitement, et la
problématique de la prise en charge de la maladie et de la fabrication d’un vaccin
efficace.
I.2.3.1 Définition
Le système immunitaire est l’ensemble des organes, tissus, cellules et molécules qui
concourent à opposer une résistance aux infections.
L’immunité est l’ensemble des mécanismes biologiques permettant à un organisme
de reconnaitre et de tolérer ce qui lui appartient (LE SOI), de reconnaitre et rejeter
ce qui lui est étranger (LE NON SOI). Fait référence aux mécanismes de défense d’un
organisme vivant contre des agents étrangers, notamment infectieux (bactéries,
parasites, virus, venins, sang, greffons…) ou des agressions internes, notamment
transformations tumorale (cancer), susceptibles de menacer son bon
fonctionnement ou sa survie.
La réponse immunitaire est la réaction coordonnée de ces cellules et molécules
contre les germes pathogènes
Les réponses anti-infectieuses font appel à des mécanismes naturels dit
innée et adaptatives dit spécifique.
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I.2.3.2. Système immunitaire naturel (défenses innées non
spécifiques)
Encore appelée naturelle ou naïve, d'action immédiate, qui fait intervenir des mécanismes de
protection physique, chimique, mécanique (barrière cutanéomuqueuse, ciliature bronchique,
péristaltisme intestinal…), des mécanismes cellulaires (cellules phagocytaires, NK…) et humoraux
(complément, interféron…).
L’immunité innée est la première ligne de défense vis-à-vis des agents infectieux et
pathogènes qui nous entourent. Elle est mise en jeu immédiatement (rapide), elle est non
spécifique, initiatrice de l’immunité adaptative.
Elle est :
Existante avant tout contact avec l’agent infectieux
Non adaptative en terme de qualité et en terme de quantité
Pas de mémoire spécifique à un agent pathogène
Elle est caractérisée par :
Distinction globale entre le soi et le non-soi via des récepteurs spécifiques
Réponse immédiate
S’oppose à la pénétration, la persistance et la multiplication des agents infectieux
par exemple par la séquestration du Fer
Cette immunité comprend des mécanismes de protections impliquant des barrières
physiques, des molécules, et des éléments cellulaires.
Ces mécanismes peuvent être divise en deux lignes :
-Première ligne de défense ou constitutifs : barrières physiques et chimiques
-Deuxième ligne de défense ou inductifs : mécanismes cellulaires et humoraux
I.2.3.2.1 Première ligne de défense : barrières anatomiques et
chimiques
Elle est commune pour tous types d’agents infectieux
A/ La peau : entourant toute la surface externe de l’Homme, c’est une barrière très efficace
contre des intrusions de tout type ; elle joue ainsi le rôle de :
• Barrière mécanique au développement bactérien, virale et parasitaire, grâce à une faible
perméabilité et à la desquamation de la peau.
• Barrière chimiques par sécrétion des glandes sudoripares d’acide lactique et sébacés
d’acide gras saturé et insaturé.
• Barrières biologiques présentant une flore commensale.
B/ Les muqueuses : plus sensibles aux différentes attaques infectieuses ou facilement
franchie
• Barrière mécanique : mouvement ciliaire des bronches qui font remonter le mucus chargé
de poussière et de bactérie vers les voies respiratoires supérieur.
• Barrière chimiques : par sécrétion du mucus, Il joue également un rôle de barrière
mécanique dans le sens où il forme une substance visqueuse emprisonnant les éléments
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étrangers et qui sera ensuite éliminée par expectoration. La présence d’enzyme dans les
larmes et la salive, acide chlorhydrique de l’estomac, ...
• Barrières biologiques : la présence de lactobacilles dans la muqueuse vaginale fait chuter le
pH vaginal défavorable au développement des pathogènes.
Une fois ces barrières compromises, on fait appel au mécanisme de deuxième ligne
I.2.3.2.2 Deuxième ligne de défense : mécanismes cellulaire et
humoraux
A/ Mécanismes cellulaires :
Ce mécanisme met en jeux différents cellules de fonction :
La phagocytose : macrophages et PNN(polynucléaire)
Cytotoxique : NK (naturel killer)
Une fois l’agent infectieux est dans l’organisme, les modules induits prennent le relai. En
effet, une fois reconnu, l’agent infectieux sera phagocyté par une cellule phagocytaire qui
sera à l’origine de la formation du signal de danger, et qui activera ainsi la réaction
inflammatoire à l’endroit où elle est rentrée en contact avec l’agent pathogène.
Les effecteurs cellulaires de l’immunité inné résidents ou recrutés ont un rôle de
destruction par phagocytose ou par sécrétion de médiateurs chimiques et ont la capacité de
migrer de façon orientée selon un gradient de molécules chimio-attractantes (protéine
bactériennes, anaphylatoxines issues de l’activation du complément, cytokines (Il8, TNFα) et
ils sont capable de migrer à travers les vaisseaux sanguins par le mécanisme de Diapédèse.
Polynucléaire : ils sont les plus rapide sur site de la réaction inflammatoire.
Monocyte/ Macrophage et cellule dendritique : Ces sont des cellules essentiellement
phagocytaires captant efficacement des particules ou des macromolécules pour les détruire.
Dans certaines conditions liées à l’environnement cellulaire elles peuvent aussi exercer des
fonctions de cellules présentatrices d'antigènes. Cette fonction est surtout dévolue aux
cellules dendritiques (CD), cellules présentatrices d'antigènes professionnelles.
Mastocyte : Les mastocytes sont des cellules tissulaires capables de libérer plusieurs
médiateurs importants de la réaction immunoallergique et inflammatoire.
B/Mécanismes humoraux
Il s’agit de la réaction inflammatoire et du système de complément
B.1.Reaction inflammatoire (œdème, douleur, chaleur, couleur)
-une dilatation des capillaires : vasodilatation responsable d'érythème et de chaleur.
-une augmentation de la perméabilité capillaire permettant :
-une exsudation plasmatique (passage) de substances telles que des facteurs de coagulation,
des composants du complément, et des protéines de la phase aigüe dans le tissu agressé
(foyer inflammatoire). Cela explique le gonflement ou œdème et la douleur.
-une diapédèse (passage) des leucocytes sanguins (neutrophiles, éosinophiles, monocytes,
cellules dendritiques et /ou les NK) vers le foyer inflammatoire.
Ces modifications circulatoires locales (vasodilatation et augmentation de la perméabilité
vasculaire) au lieu de l’agression sont provoquées par des facteurs libérés ou produits par
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les différentes cellules résidentes après reconnaissance des pathogènes dont l’histamine, la
sérotonine, les prostaglandines, les leucotriènes et des interleukines.
B.2.Le complément
Le système du complément constitue un des éléments du système humoral intervenant dans
la défense non spécifique contre les agents infectieux. Il agit en complément des anticorps
pour la lyse des bactéries.
Il s'agit d’un ensemble biologique complexe regroupant plus de 35 protéines plasmatiques
(pour la majorité) ou membranaires.
I.2.3.2. Système immunitaire adaptative (défenses spécifiques)
Elle est initiée par le système immunitaire innée, via la cellule dendritique qui joue le rôle de
cellule présentatrice d’antigène.
Elle est :
Apprise, pas présente à la naissance
Spécifique, reconnait l’antigène et développe une réponse adaptée
Développe une mémoire pour cet antigène
Les globules blancs responsables de l’immunité acquise sont les suivants :
Les cellules dendritiques qui jouent le rôle de cellule présentatrices d’antigène
Les lymphocytes T (CD4+ et CD8+) et les lymphocytes B.
Cellules dendritiques
Cellules de l’immunité innée elles initient l’immunité adaptative, elles ingèrent, apprêtent et
présentent les fragments d’antigènes aux lymphocytes T et B dans les ganglions
lymphatiques, et ces derniers s’activent.
Lymphocytes B
Le principal objectif des lymphocytes B consiste à produire des anticorps qui marquent un
antigène en vue de l’attaquer ou le neutraliser directement.
La réponse immunitaire est primaire lors du premier contact, puis secondaire et rapide lors
d’un contact ultérieur.
Lymphocytes T
Comprend deux sous populations :
-Lymphocytes T CD8+ responsable d’une réponse cytotoxique
-Lymphocytes T CD4+ qui a pour rôle de coordonner la réponse immunitaire, stimuler la
multiplication des LB et LT CD8+.
Les Lymphocytes T CD4 sont la principale cible du VIH, leurs diminutions est responsable de
l’immunodéficience, de l’apparition des maladies opportunistes et d’aboutir à la phase SIDA
de la maladie.
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CHAP. II. VIH/SIDA ETUDE DE LA MALADIE
II.1. DEFINITION
Le sida est une maladie infectieuse, due à un virus, le VIH, transmis par voie sexuelle ou
sanguine et provoquant un affaiblissement du système immunitaire, pouvant se manifester
d’abord par des signes généraux (fièvre, asthénie, amaigrissement, diarrhée, gonflement
ganglionnaire…) et qui se caractérise essentiellement par la multiplication d’infections
diverses (cutanées, intestinales, pulmonaires, cérébrales) et par des cancers, entrainant la
mort.
II.2. EPIDEMIOLOGIE
Depuis le premier cas de VIH (1981) l'OMS estime qu'il existe 36,4 millions de personnes
vivants avec le VIH (2004) à travers le monde, 4,9 millions des nouvelles infections par an et
3,1 millions des décès liés aux VIH. La mortalité cumulative excède de 20 millions depuis le
premier cas est survient en grande partie en Afrique subsaharienne.
En 2018, en RDC, les estimations du PNLS sont évaluées à 420 312 personnes vivantes avec
le VIH, son incidence est de 0,21%, la prévalence est de 0,8% chez les adultes entre 15 et 45
ans,19 000 nouvelles contaminations ont été enregistrées, 17 000 personnes sont mortes de
maladies liées au sida.
62 % des personnes vivant avec le VIH connaissaient leur statut et 57% suivaient un
traitement.
On constate une surreprésentation des femmes parmi les personnes contaminées à hauteur
de 71,79%
Seulement 20,41% des femmes et des hommes âgés de 15 à 24 ans étaient capables
d’identifier correctement les moyens de préventions contre la transmission par voie sexuelle
du VIH.
LODJA (8,14%)
TSHIKAPA (6/8%)
LUBUMBASHI (6,63%)
ARIWARA (6,33%)
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FUNGURUME (6%)
BUTA 5,46%
BAFWASENDE 5,31%
MBUJI MAYI 4,31%
KOLWEZI
KINSHASA
KANANGA
BUKAMA
DILOLO
L'OMS déclare que
250 personnes s'infectent chaque jour en RDC
10 personne s'infectent chaque une heure
Une personne s'infecte à toutes les 5 minutes
Environ 40 millions des personnes dans le monde vivent avec le VIH sur une population
mondiale d'environ 8 milliard d'habitants, les deux tiers d’entre elles résident en Afrique
II.3. LES VOIES DE CONTAMINATIONS ET LES FACTEURS DES
RISQUES
Le VIH peut se transmettre par l’intermédiaire de l’un de liquide biologiques suivant :
Sang
Sperme incluant le liquide pré-éjaculatoire
Secrétions vaginales
Secrétions rectales
Lait humain
Les autres liquides biologiques (p. ex. salive, larmes, sueur, urine ou excréments) ne
peuvent pas transmettre le VIH, sauf s’il y a présence de sang infecté dans ceux-ci. Bref,
la plupart des activités de la vie quotidienne n’impliquent aucune probabilité de
transmission. De plus, le VIH ne reste pas actif longtemps à l’extérieur du corps humain.
En dehors d’un milieu adapté, il ne résiste pas plus que quelques minutes à quelques
heures. Il est à noter que la charge virale, soit la quantité de copies de virus dans les
liquides biologiques, est un facteur important dans la transmission du VIH. Le contact
d’une muqueuse présentant une lésion (p. ex. plaie ouverte, inflammation, irritation,
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etc.) avec l’un de ces liquides biologiques infecté peut favoriser la transmission du VIH.
Les muqueuses les plus couramment impliquées dans la transmission sexuelle du VIH
Comprennent :
Anus et Rectum
Col utérin et vagin
Prépuce, gland et urètre du pénis
Muqueuse buccale
Le VIH Est présent dans toutes les humeurs de l’organisme. L’exposition à un liquide infecté
fait courir le risque de contamination, laquelle dépend de :
Du type et volume de liquide, le sang vient en premier position
De la charge virale
De l’intégrité du site exposé
II.3.1. Les voies de dissémination sont
La voie sexuelle : elle représente 70 à 80%, les relations sexuelles non protégées avec
pénétration anale, vaginale, orale qu’elle soit hétéro sexuelle ou homo sexuelle.
La voie parentale : représente 15%, la transmission d’un sang infecté par le VIH fait
courrier un risque de contamination inévitable. Le contact sanguin peut se faire par
l’utilisation des objectifs tranchants ou piquant tel que :
o Les seringues et aiguilles contaminé
o Les aiguilles de perçage des oreilles, des tatouages, les lames de rasoirs, des
ciseaux des coiffeurs etc.
La transmission verticale se réalise de la mère à l’enfant et peut se faire de plusieurs
manières notamment :
o Pendant la grossesse à travers le placenta si celle-ci est préalablement fragiliser
(paludisme, infection urinaire, etc.)
o Au cours de l’accouchement lors du passage de la filière génitale
o Au cours de l’allaitement
II.3.2. Les facteurs des risques et vulnérabilités
Age : jeune (15 à 45 ans)
Milieu rurale : nouvelle infection
Région avec grande activités d’affaire : exploitation minière, frontalière, ports
maritimes et fluviaux
Zone du conflit avec mouvement des populations
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II.3.3. Les comportements à risque
Le rapport sexuel non protégé avec une personne dont on ignore la sérologie, une
personne surtout en phase de primo-infection ou celle qui ne reçoit pas de
traitement contre le VIH
Le partage du matériel d’injection chez les consommateurs de drogue injectable
Partager des instruments coupants
II.3.4. Les personnages à risque
Personne habitant un pays ou originaire d’une région dont l’infection VIH est
rependu
Les enfants né d’une mère séropositive non traitée
Personne qui occupe un emploi qui expose au sang ou d’autres liquide de l’organisme
Personne ayant reçu une transfusion de sang ou des produits sanguins non testé
Greffe d’organe ou transplantation d’organe non testé
II.3.5. Evaluation du niveau de risque de contamination
Toute situation de risque constitue une probabilité de contamination aux VIH
1. Risque certains quantifiables
Rapport sexuel sans préservatif
Voie vaginale : risque 0.2 %
Voie anale : risque 3.02 %
Transfusion : risque 5%
Usage des objets tranchants contaminé risque 2%
Violence sexuelle
2. Risque faible
Rapport sexuel buccogénitale sans préservatif (s’il y a de microlésions dans la bouche)
Rapport sexuelle avec préservatif (s’il se déchire) : Port correct de préservatif
Toucher le sang d’une personne blessée
Les excisions, la pratique de lévirat et sororat
3. Aucun risque
Abstinence primaire et secondaire
Embrasser ou se masturber mutuellement
Toucher une personne avec VIH
Partager une salle de bain avec un PVV/Manger dans la même assiette
NB : le prochain (ou la prochaine) partenaire sexuelle que vous aurez pourrait vous
transmettre le VIH
19
II.4. Différence entre VIH et sida
Virus d’Immunodéficience Humaine / Syndrome d’Immunodéficience Acquise
Les virus ne respirent pas, ne mangent pas, ils ne sont même pas vivants : ils ne font que se
répliquer. Le VIH est un rétrovirus qui, pour pouvoir se répliquer, s’attaque aux cellules du
système immunitaire, particulièrement aux lymphocytes T CD4. Ces dernières ont comme
fonction d’orchestrer la réponse immunitaire et de défendre l’organisme contre les
infections et les maladies pouvant être causées par des virus, des bactéries, des
champignons, des parasites et des cellules malsaines comme des cellules cancéreuses.
L’immunodéficience désigne l’affaiblissement du système immunitaire, qui favorise la
probabilité de contracter d’autres infections.
Il existe 2 souches principales de ce virus, soit le VIH-1 et le VIH-2, le VIH-1 étant le plus
courant et celui majoritairement observé. Si aucun traitement n’est entrepris pour
empêcher le VIH de se répliquer, le système immunitaire s’affaiblit et ne peut plus se
défendre contre les microorganismes, les bactéries ou les autres virus. Le corps est alors
susceptible de développer des infections opportunistes, dont certaines peuvent causer la
mort. Cette étape caractérise la phase de l’infection par le VIH qui est appelée le syndrome
d’immunodéficience acquise (ou sida).
II.4.1 CYCLE DE LA RÉPLICATION DU VIH DANS UNE CELLULE
LYMPHOCYTE T CD4
Plusieurs caractéristiques du VIH sont importantes :
Le VIH, comme tous les rétrovirus, possède la particularité de :
1.Transformer son matériel génétique natif, l’ARN, en ADN grâce à une enzyme clé, la
transcriptase inverse (TI)
2.S’intégrer dans le génome de la cellule qu’il infecte grâce à une enzyme virale, l’intégrase
• le VIH infecte et perturbe massivement l’ensemble du système immunitaire dès sa
pénétration dans l’organisme
• le VIH est un virus hautement variable et très évolutif chez un même sujet et d’un sujet à
l’autre. Il n’est pas stable et mute très facilement, ce qui va gêner l’adaptation de la réponse
immune
• le VIH est le seul virus dont un être humain infecté n’ait jamais pu se débarrasser en
développant une réponse immune adaptée.
II.4.2 Variabilité du VIH
Il n’existe pas un seul mais de très nombreux virus VIH génétiquement très proches, de
nombreuses erreurs ont lieu au cours de la réplication, ayant pour conséquence de créer des
20
mutations au niveau de gènes codants pour ses protéines constitutives. Le taux de ces
mutations est estimé à 1 pour 10 000 virus produits.
II.4.3 Cycle de réplication du VIH
Les étapes de réplication du virus sont communes à tous les rétrovirus. Leur connaissance
est essentielle à la compréhension de la réplication virale et la recherche de molécules
actives bloquant une ou plusieurs étapes de ce cycle (traitement aux antirétroviraux)
Étape 1 : correspond à la fixation du VIH à la surface de la cellule lymphocyte T CD4.
Cette étape nécessite la reconnaissance par l’enveloppe du virus (gp120) de
molécules de surface cellulaire appelées récepteurs (CD4) et corécepteurs du
VIH (gp41) et cellule hôte (CXCR4 et CCR5)
Étape 2 : Le VIH pénètre dans la cellule hôte.
Étape 3 : Le VIH utilise l’enzyme transcriptase inverse afin de modifier son matériel
génétique (ARN viral) en matériel génétique compatible avec celui de la cellule hôte
(ADN). Lors de cette synthèse, des erreurs à l’origine de la variabilité génétique sont
commises par cette enzyme peu fidèle
Étape 4 : Le VIH insère l’ADN viral préalablement modifié dans l’ADN de la cellule
hôte à l’aide de l’enzyme intégrase.
Étape 5 : La cellule produit de nouvelles copies du virus. De longues chaînes de
protéines virales sont produites, puis coupées par l’enzyme protéase. Les morceaux
s’assemblent ensuite et quittent la cellule pour en infecter d’autres.
En se répliquant, le VIH détruit donc des cellules immunitaires lymphocytes T CD4 et
affaiblit le système immunitaire.
La réplication du virus est intense : environ 1 à 10 milliards de virus sont produits chaque
jour par une personne infectée non traitée.
II.4.4 Cellules cibles de l’infection
Il s’agit :
• des lymphocytes CD4 qui possèdent le récepteur CD4 et les corécepteurs nécessaires à la
pénétration du virus dans la cellule. Ces cellules cibles du VIH constituent la clé de voûte du
système immunitaire ; leur destruction progressive conduit à une immunodépression
majeure
• d’autres cellules telles que les monocytes/macrophages, les cellules dendritiques, les
cellules de Langerhans dans la peau et les cellules microgliales dans le cerveau.
21
II.4.5 Conséquences de la réplication virale
Le VIH détruit progressivement le système immunitaire en infectant et détruisant les
lymphocytes CD4.
Diminution de la production des anticorps
L’infection VIH persiste dans l’organisme, cette infection chronique de l’hôte est due
1.à l’établissement précoce de réservoirs viraux 2.à la réplication constante du virus
in vivo avec, pour conséquence 3. L’émergence et/ou la sélection de variant viraux
qui échappent aux réponses immunes de l’hôte.
La réplication persistante du virus entraîne une activation constante du système
immunitaire, insuffisante cependant pour contrôler le virus VIH, conduisant
progressivement à un déficit profond de l’immunité cellulaire.
Devant l’importance de la charge virale, un état d’activation chronique et généralisée des
cellules immunocompétentes s’établit qui, par ailleurs, favorise la réplication du virus.
Au total, l’activation chronique du système immunitaire, malgré tout incapable de « déloger
» le virus de l’organisme, favorise la réplication du virus.
Celui-ci échappe progressivement aux défenses qui lui sont opposées et « suit sa route » en
augmentant régulièrement sa charge, détruisant sur cette route les lymphocytes T CD4.
Lorsque ceux-ci sont inférieurs à 200/mm3, les infections opportunistes surviennent alors
avec l’apparition du sida clinique.
II.4.6 Histoire naturelle de l’infection à VIH
L’évolution naturelle de l’infection à VIH passe par 4 stades
1. La primo infection à VIH (dure 3 à 6 semaines voire 6 mois) c’est la phase de la
séroconversion avec réplication virale intense (l’individu est très contagieux) et
une sérologie négative, la réponse immunitaire et encore satisfaisante.
Une personne sur deux ne présente pas de signe mais on a parfois des signes
semblables à la grippe (fièvre, maux de tête, mal à la gorge, parfois rougeur de la
peau)
2. Phase de séropositivité, Infection asymptomatique : cette période dure de 1 à 15
ans (moyenne 10 ans) avec production d’anticorps qui positive le teste au VIH, le
sujet est asymptomatique mais avec plusieurs anomalies biologiques on note par
ailleurs la présence d’au moins 2 ganglions à des sites extra inguinaux.
3. Phase symptomatique : le test sérologique est positif avec des fièvres
persistantes et inexpliquées etc. il parait une série des problèmes des santés
témoignent d’une altération du système immunitaire. L’intervalle médiane est de
7 à 10 ans mais des sous-groupes des patients ont des vitesses des progressions
rapide ou lente, on parle alors de progresser rapide ou progresser lent. Cette
notion de progresser explique la notion des couples serodiscordant
22
4. Le stade sida se définit par les développement d’infection opportuniste ou de
tumeur
II.4.7 Classification de l’infection à VIH
Cette classification selon l’OMS est en rapport avec le stade clinique de l’infection à VIH
c’est-à-dire le symptôme et signes que présente le malade.
Stade clinique I
Patient asymptomatique
Adénopathies persistantes généralisées accompagnées de fièvre
Grade1 de l’échelle d’activité : asymptomatique, activité normale.
Stade clinique II
Perte de poids inférieur à 10% du poids corporel
Infections récidivantes ORL (sinusite, otite, pharyngite, angine)
Manifestions cutanéomuqueuses mineures (dermatite séborrhéique, ulcérations
buccales récurrentes, atteinte fongique des ongles)
Infections herpétique (zona…)
Grade2 de l’échelle d’activité : symptomatique, activité normale
Stade clinique III
Perte des poids supérieur à 10% du poids corporel
Diarrhée chronique inexpliquée pendant plus d’un mois
Fièvre prolongée inexpliquée pendant plus d’un mois
Candidose buccales
Leucoplasie chevelue buccale
Tuberculose pulmonaire
Anémie inexpliqué
Grade3 de l’échelle d’activité : alitement inférieur à 50 % de la journée au cours du
dernier mois
Stade clique IV
Syndrome cachectique du VIH perte de poids supérieur à 10 %
Pneumocystose
Toxoplasmose cérébrale
Cryptosporodiose accompagnée de diarrhée supérieur à un mois
Infection herpétique cutanéomuqueuse
Candidose œsophagienne
Sarcome de kaposi
23
Lymphome
Infection à cytomegalo virus
Encéphalopathie à VIH
Cryptococcose neuroméningée
Carcinome invasif du Cole utérin
Tuberculose extra pulmonaire
Grade4 de l’échelle d’activité : alitement supérieur à 50% de la journée
II.4.8 La prévention
Le but de la prévention est de réduire les nouvelles infections par le VIH.
II.4.8.1 Quelles sont les techniques de préventions ?
La prévention du VIH peut se résumer selon le modèle SAVE qui est une approche globale de
prévention contre le VIH.
1. S comme saines pratiques :
Abstinence
Bonne fidélité
Condom ou préservatif
Transfusion de sang testé
Bonne stérilisation du matériel médical (pince, seringue…)
2. A comme accessibilité au médicament
Traitement antirétroviral pour prévenir la transmission
De la mère à l’enfant
Prophylaxie près ex positionnelle ou poste ex positionnelle
La transmission sexuelle cas de déchirure du préservatif
Traitement des infections opportunistes
3. V comme conseil et dépistage volontaire :
Pour les adultes : aider à connaitre son état sérologique, pour l’adoption
d’une attitude responsable
Pour les femmes enceintes : aider à prévenir la transmission de la mère à
l’enfant du VIH
Pour l’enfant : connaitre l’état sérologique permet un meilleur suivi
médical, nutritionnel et psychologue
24
4. E comme éducation pour mieux lutter contre le SIDA
Lutter contre l’ignorance confère à la population un pouvoir de dire non
au SIDA
La pauvreté : l’apprentissage d’un métier rémunérateur autonomise la
personne et l’expose moins au SIDA
Le genre :la promotion du genre diminue l’inégalité entre l’homme et la
femme et donne le pouvoir a la femme de bien négocier un rapport
sexuel
II.4.9 LA Prophylaxie Préexposition (PrEP)
II.4.9.1 Définition
La PrEP est l’utilisation des traitements antirétroviraux dans le but d’empêcher la
contamination du VIH auprès des personnes séronégatives à risque substantiel de contracter
le VIH. Il s’agit notamment des couples sérodiscordants et les Populations clés.
II.4.9.2 Indication
La prophylaxie pré-expositionnelle doit être fournie à des personnes ayant un risque
substantiel d’infection à VIH et celles qui ont des risques continus d’exposition au VIH. En
RDC, elle sera proposée aux personnes suivantes :
Couples discordants
Professionnelles de sexe
Hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes (HSH)
Utilisateurs des drogues injectables (UDI)
Transgenre
La prescription de la PrEp doit se faire sous la supervision du médecin avec le
consentement éclairé du client.
II.4.9.3 Prescription
La prescription de la PrEp consiste en une prise quotidienne et unique d’une combinaison de
1comprimé par jour de façon continue jusqu’à la cessation du risque majeur d’exposition.
Chez les couples discordants, le partenaire séronégatif pour le VIH doit bénéficier d’une
prophylaxie pré-expositionnelle pour une période d’au moins 6 mois durant laquelle le
partenaire séropositif pour le VIH devra être mis sous traitement antirétroviral et aura une
charge virale indétectable.
25
La protection de la prophylaxie pre-expositionnelle ne devient effective qu’après 5 à 7 jours
de prise continue chez l’homme et environ 3 semaines chez la femme.
II.4.10 LA PEP (Prophylaxie post-exposition)
II.4.10.1 Introduction
La prophylaxie post expositionnelle (PPE) est l ’administration d’agents thérapeutiques afin
de prévenir une infection après une exposition à un pathogène.
Cette PPE couvre la prévention de l’invasion par le VIH, les IST, les hépatites et la grossesse.
Dans tous les cas de figure, le soutien psychosocial est essentiel pour la gestion du
traumatisme et pour l’adhésion au traitement.
Il existe deux types de risques expositionnels : l’exposition accidentelle au sang ou au liquide
biologique et l’exposition sexuelle.
A. Exposition accidentelle au sang ou au liquide biologique
a. Mesures prophylactiques immédiates :
En cas de piqûre ou blessure cutanée
En cas de projection sur les muqueuses (en particulier les conjonctives)
b. Prophylaxie médicamenteuse aux ARV :
L’indication d’une prophylaxie aux ARV est fonction du degré de l’exposition et du statut de
la personne source.
Il y a quatre types de personnes-sources :
Une personne séropositive connue au stade de SIDA, avec pathologies opportunistes
Une personne séropositive connue au stade asymptomatique ;
Une personne à sérologie VIH inconnue ayant un ou plusieurs arguments ;
Une personne à sérologie VIH inconnue, sans argument.
B. Modalités de prescription
Principes :
Le traitement doit commencer immédiatement dans l’intervalle d’une heure et au
plus 72 heures après l’exposition
Immédiatement après exposition, s’assurer de l’état sérologique aussi bien de la
personne accidentée que de la personne source.
Si malgré tout il y a séroconversion, référer la personne accidentée pour une prise en charge
à long terme. La contamination ne pourrait être imputable à l’accident que si la
séroconversion se fait dans les trois mois qui suivent l’accident. Au-delà, il faut penser à une
autre source de contamination ; Soit qu’il n’est pas possible de déterminer l’état sérologique
de la personne source, alors continuer le traitement pendant un mois après le premier test.
T
26
Exposition sexuelle
Ce type d’exposition tient compte du niveau du risque lié aux pratiques Sexuelles elles-
mêmes et du statut sérologique du partenaire.
Evaluation du niveau du risque lié aux pratiques sexuelles :
Risque certain quantifiable pour mille par ordre décroissant :
Rapport anal réceptif (5 à 30%), vaginal réceptif (0,3 à 0,7%), vaginal et anal insertif
(0,1 à 1,8%)
Risque faible : rapport oral insertif ou réceptif avec ou sans éjaculation
Risque nul : baiser, préservatif non rompu
N.B. certains facteurs peuvent majorer considérablement ce risque, notamment :
Stade de l’infection : primo infection ou stade maladie
Infection ou lésions génitales : ulcération, trichomonas, chlamydia, etc.
Rapport vaginal durant les règles
Premier rapport sexuel
Viol
Types de partenaires :
Personne séropositive connue
Personne à risque avec sérologie VIH inconnue : (drogué, homosexuels,
professionnels du sexe, personnes vivant dans un milieu à haute prévalence du VIH,
professionnels mobiles,)
Cas de viol ;
Types d
II.4.11 Prophylaxie post exposition des mineurs et/ou adolescent à
l‘agression sexuelle
Faire un examen clinique complet ;
Faire des prélèvements locaux pour la gonococcie, chlamydia, trichomonas (selon le
cas)
II.5 LE DIAGNOSTIF DE L’INFECTION A V.I.H.
Le dépistage de l’infection à VIH est la porte d’entrée pour la prévention, les soins et les
autres services des soutiens. Le service de dépistage du VIH à une gamme complète de
recommandation qui doivent être fournis à même temps que le test de dépistage afin de
permettre à la personne de vivre positivement avec l’infection. Le dépistage passe par un
conseil pré-test et un conseil poste test. Pour la RDC le conseil dépistage du VIH est basé sur
le respect de 5 principes de bases qui sont :
1.Le consentement éclairé
2.La confidentialité
3.Le test
27
4.Remise de résultat fiable
5.Référence vers le service des soins et traitement du VIH
Plusieurs stratégies sont utilisées pour offre des services de dépistage
Dépistage et conseil initié par un prestataire (DCIP)
Conseil et dépistage volontaire (CDV)
II.5.1 Conseil dépistage
Le conseil et dépistage porte sur 3 étapes :
1.Le conseil pré-test
2.Le test
3.Le post test
LE CONSEIL PRETEST : c’est un entretien confidentiel entre le prestataire (conseiller) et le
client (patient) qui a pour objectif majeur de faire accepter aux clients le test ainsi que le
retrait du résultat. Il a l’avantage de réduire le stress chez le client.
Schématiquement, on a les séquences suivantes :
Accueil et présentation
Préparation aux conseils et dépistage aux V.I.H
Assuré la confidentialité de la séance
Présenter les raisons qui motivent le dépistage
Présenter les avantages disponibles
Evoquer la possibilité du refus du test
Expliquer clairement que le refus du test n’entravera pas les soins
Répondre aux questions posées
Proposition de faire le test VIH
Prélèvement et réalisation du test
CONSEIL POST TEST : C’est la séance de l’annonce du résultat qui doit être informé tout en
étant soutenue si possible l’annonce se fera d’un ton neutre et spécifique en fonction du
résultat (négative, positive, indéterminé).
II.5.2 Le test
Généralement dans le centre de dépistage, on utilise des tests rapides qui sont exécutés sur
du sang prélevé aux bouts des doigts ou après ponction veineuse selon le cas, 2 ou 3 tests
différents selon leurs principes ou selon leur préparation antigénique utilisées.
II.5.2.1 LES REACTIONS PSYCHOLOGIQUES
28
Le choc
La colère
La peur
La dépression
La préoccupation d’ordre spirituelle
II.5.2.2 LES SITUATIONS PARTICULIERES DANS LE COUNSELING
Couple : si l’un des partenaires refuse que la séance se tienne en couple. L’ordre général du
counseling est basé relativement au risque personnel vis-à-vis du VIH et au consentement au
test. Mais quel que soit la procédure utilisée le conseiller doit négocier pour que les deux
partenaires se partagent les résultats
Groupe : en cas de counseling de groupe, les conseillers ne doivent pas dépasser 6
personnes par groupes cependant ces chiffres peut être dépassé dans counselings fait au
service de PTME. Lorsque cela est possible des efforts doivent être fournis pour consulter le
groupe des clients assez homogène (même âge, même sexe) selon leurs consentements.
II.6 LES ALTERNATIVES PRISES EN CHARGE
La prise en charge des patients séropositifs recourt aux ARV. L’usage des ARV nécessite la
connaissance :
Du cycle réplicatif du VIH
De leur site d’action
De leurs classifications en fonction de leur site d’action
De leur mécanismes d’action.
Ces sites sont :
1.La fixation et la pénétration
Liaison au corécepteur : antagoniste de CCR5
Fusion : inhibiteur de la fusion
2.Transcription de l’ARN en ADN pro virale (retro transcription)
Inhibiteur de la transcriptase inverse
3.Intégration de l’ADN pro virale
Inhibiteur de l’integrase
4.Assemblage (maturation)
29
Inhibiteur de la protéase
CHAP. III : INTEGRATION DES PVV DANS LA COMMUNAUTE
III.1. DEFINITION
Une PVV est toute personne dont l’état sérologique à VIH/SIDA est positif confirmé par au
moins trois tests de dépistage.
III.2. PROBLEME RENCONTRE PAR LE PVV
Les problèmes majeurs rencontrés par les PVV peuvent être d’ordre :
- Psychologique : troubles mentaux Isolement, Angoisse, Nervosité, Soucis, Tentatives
de suicide, Désir de vengeance, Stigmatisation Rejet
- Problème de santé : Inaccessibilités aux soins de santé, Infection opportuniste, Non
adhésion du traitement, Traitement inapproprié, Abandon par le corps médical,
Alimentation non équilibré
- Socio-économique : Pauvreté, Inactivité, Perte de ressource, Improductivité,
Dépendance
III.2.4. Aider les PVV
-Réconfort moral
-Montrer leur importance dans la société
-Leur apporter un soutien économique et financier
III.3. DROITS ET DEVOIRS DES PVV
- La PVV a droit à une information correcte sur sa maladie
- La PVV a droit à connaître son statut sérologique sauf en cas d’incapacité mentale
- La PVV a droit à une aide psychologique de la communauté
- La PVV a droit à une assistance médicale
- La PVV a droit aux voyages internationaux
- La PVV a droit à une effectivité sexuelle
- La PVV a droit à l’embauche
- La PVV a droit à une vie privée
- La PVV a droit au devoir de ne pas propager la maladie
- La PVV a le devoir de respecter les lois publiques et les obligations civiles.
30
CHAP IV : LA SEXUALITE ET LE VIH
IV.1. DEFINITION
SEXUALITE : est l’ensemble des phénomènes liés au sexe, observable chez les êtres vivants
sur le plan physiologique et psychologique.
Sur le plan physiologique : la sexualité comporte la formation et le développement
des organes génitaux et leurs fonctionnements
Sur le plan psychologique la sexualité est l’ensemble des plaisirs et des activités qui
tiennent au fonctionnement normal de l’appareil génital.
La conduite sexuelle a pour but élémentaire l’union des organes génitaux dans le coït
et sa conséquence habituelle, c’est la reproduction. Le développement normal de la
réponse sexuelle suppose l’intégration du système nerveux, l’intervention des
facteurs immoraux et un psychisme favorable pour que les effets soient ressentis aux
organes effecteurs (organes génitaux).
IV.2. ORGANES GENITAUX
Chez l’homme nous avons le pénis, le testicule, les canaux évacuateurs.
Chez la femme ; les organes génitaux sont subdivisés en deux parties :
Les organes génitaux internes qui comprennent :
- L’utérus
- Les annexes : trompes et ovaires
- Le vagin
Les organes génitaux externes :
- Représentés par la vulve
- Le mont de venus ou le mont pubien
- Les formations labiales
- Les vestibules
- Les organes érectiles
- La glande vulvaire
IV.3. SEXUALITE RESPONSABLE
C’est l’ensemble des moyens à utiliser et des comportements à adopter de manière à éviter
les conséquences d’une activité sexuelle irresponsable, il se résume en trois éléments.
- Abstinence
- Bonne fidélité
- Condom ou préservatif
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IV.3.1 Absence sexuelle : c’est l’action de s’interdire le rapport sexuel, est la méthode la plus
efficace pour prévenir le VIH.
IV.3.2. Bonne fidélité
La fidélité est la qualité d’une personne qui n’a des relations amoureuses qu’avec son
conjoint. La bonne fidélité, c’est la fidélité réciproque entre 2 partenaires.
Les différents types des contacts sexuels sont :
- Caresse
- Masturbation
- Coït
IV.3.3. Risque et conséquence d’une sexualité irresponsable
- Grossesse accidentelle ou précoce
- Infection sexuellement transmissible (VIH, syphilis…)
- Avortement pratiquer dans des conditions dangereuses
- Violence sexuelle et harcèlement sexuel
- Stérilité
- Traumatisme psychologique
- Mort
IV.4. LA GESTION DE LA PRESSION DES PAIRS
IV.5.1. Définition :
La pression des pairs est une incitation d’un ami ou d’une connaissance à faire quelque
chose de négatif ou de positif.
Un pair est un ami ou connaissance du même âge
Une pression a pour but de pousser quelqu’un de faire quelque chose ; peut être négatif ou
positif
Sorte de pression des pairs :
- Pression positive : ce qui produit des résultats salutaires. Ex : influencer un ami à
cesser de fumer.
- Pression négative : celle qui produit des conséquences néfastes. Exemple : influencer
un ami à avoir des rapports sexuels précoce et non protégés.
32
CHAP V. ADHERANCE AU TRAITEMENT ANTI RETRO VIRAL
V.1. Définition : l’adhérence est le degré selon lequel le comportement d’une personne
correspondant aux recommandations formulées par un prestataire des soins.
- Respect des horaires de prise médicamenteuse
- Respecter de posologie prescrite
- Respecter des règles d’hygiène de vie recommandée.
V.2. Importance de l’adhérence au traitement ARV
- Supprimer la réplication virale
- Améliorer l’état clinique du patient
- Restaurer l’état immunitaire du patient
- Réduire le risque de développer une résistance aux traitements
- Réduire le risque de transmission du VIH
L’oubli d’une seule dose par semaine peut diminuer d’un tiers d’efficacité du traitement et
favoriser l’émergence de résistance.
V.3. Facteurs affectant l’adhérence aux traitements
V.3.1. Facteurs individuels
- Changement de la routine quotidienne
- Dépression ou autres maladies mentales
- Manque d’intérêt pour le traitement
- Consommation d’alcool et de drogue
V.3.2. Facteurs liés aux médicaments
- Nombre des prises
- Complexités des traitements
- Effets secondaires
V.3.3 Facteurs liés aux systèmes de santé
- Accessibilité financière
- Accessibilité géographique
- Rupture de stocks des ARV
- Présence irrégulière de prestation impliqué dans le service des prises en charge
- Absence des services psychothérapeutique.
33
CHAP.VI. GENERALITES SUR LES INFECTIONS SEXUELLEMENT
TRANSMISSIBLES (IST)
VI.1. DEFINITION
Ces sont des infections dues à des bactéries, virus et parasites et transmises par voie
sexuelle. Les IST ont des répercussions sur la santé, il est essentiel de les prévenir et de les
dépister.
Quelques IST les plus courantes :
La chlamydiose
La gonorrhée ou blennorragie
La trichomonase
La syphilis
Le chancre mou
L’herpès génital
La gale
Les poux du pubis ou phtiriasis
La candidose vénérienne
Lymphogranulomatose vénérienne
Le condylome acumine ou crête de coq
VI.2. MODE DE TRANSMISSION
La transmission dans la majorité des cas est sexuelle lors d’un rapport non protégé par
contacte anale, buccal ou vaginale ; elles peuvent aussi être transmises par la voie sanguine,
de la mère à l’enfant ou par contact des linges ou objet souillés (sous-vêtements, sexe toys
…)
VI.3. CAUSES
Bactéries : tréponème pallidum, gonocoque, chlamydia, haemophilusducreyi
Protozoaires : trichomonas vaginalis
Champignons : candida albicans
Virus : Herpès simplex type 1 et 2, VIH, hépatite B, papilloma virus, cytomégalovirus
VI.4. SIGNES EVOCATEURS
VI.4.1. Ecoulement vaginal ou leucorrhée ou pertes blanches
Peut-être purulent, malodorant, coloré, accompagné des douleurs à la miction.
Les leucorrhées peuvent se présenter sous forme de :
34
Pus verdâtre ou jaunâtre (gonocoque)
Pus blanchâtre et épais lait caille (candidose)
Pus jaunâtre odeur plâtre frais(trichomonas)
Clair, peu abondant, visqueux (chlamydia et mycoplasme)
Blanc grisâtre odeur poisson pourri (gadnerella)
VI.4.2. Ecoulement urétral
Evacuation des secrétions anormales dans l’urètre chez l’homme, peut être purulent,
malodorant accompagné des sensations de brulure a la miction.
VI.4.3. Ulcérations génitales
Lésions sous forme des plaies au niveau du gland, des grandes et petite lèvres, la région
périnéale, parfois sur les lèvres, langue et voile du palais.
VI.4.4. Autres
Douleurs abdominales basses ou algies pelviennes chroniques exacerbées par le
rapport sexuel, les menstruations
Douleurs testiculaires
Bubon dans la région inguinale
Crète de coq ou condylome acuminé
Cartes géographiques aux plis de l’aine
VI.5.LES COMPLICATIONS
Chez l’homme :
Rétrécissement de l’urètre
L’inflammation des organes de l’appareil génital masculin : épididymite, prostate…
Impuissance sexuelle voire stérilité à long terme
Démence syphilitique par atteinte du cerveau
Cancer de la gorge, du gland
Paralysie, mort
Chez la femme :
Obstruction des trompes
Algies pelviennes chroniques
Stérilité, cancer du col, de la gorge, de la vulve
Paralysie, mort
Avortement à répétition, prématurité, MFIU, faible poids de naissances,
conjonctivite, morts nés
VI.6.LES CONSEQUENCES DES IST
35
Les IST ont pour lourdes conséquences, le fardeau social et économique qu’elles
entrainent. Les infections sont rencontrées dans les pays à faible revenu, et donc les
couts engendrent par les traitements sont énormes et pèsent sur les individus et les
états. Aussi suite à l’absentéisme au lieu de travail, et aux décès prématurés il y a une
baisse de productivité des personnes infectées et de leurs pays. Ce qui le rend encore de
plus en plus pauvres.
VI.7.LA PRISE EN CHARGE
Elle doit tenir compte des principes si l’on veut aboutir à des bons resultats.il s’agit de :
La précocité du traitement au niveau du centre de santé ou hôpital par un personnel
compètent et qualifié
Le traitement de toutes les personnes qui ont des rapports sexuels avec le concerné
Utilisation correct du préservatif pendant toute la durée du traitement
L’éducation sanitaire en faveur d’un changement de comportement
Les difficultés de la prise en charge
La difficulté de changer le comportement : c’est un long processus et les intéresses
ne sont pas toujours disposés à avoir des comportements favorables
La difficulté d’échanger sur la sexualité en famille. C’est un sujet tabou dans nos
milieux. Si l’un des partenaires a contracté une IST, il ne lui est pas facile d’en faire
part à son partenaire
Les jeunes apprennent l’information sur la rue, réseaux sociaux et de manière
inappropriée
Les porteurs sains qui constituent une courroie de transmission importante des IST
Les cas de résistances et des échecs de traitement
VI.8. RELATIONS IST ET VIH/SIDA
- Voies de transmissions communes
- Moyens communs de préventions
- Forte association entre présence d’une IST et de l’infection à VIH
- Modification des manifestions cliques et de la réponse thérapeutique de certains IST
en rapport avec le VIH
- Risque élevé de transmission du VIH entre personnes qui ont d’autre IST, surtout des
IST ulcératives
36
CHAP. VII. MESSAGE A LA COMMUNAUTE POUR
L’ELIMINATION DE LA TRANSMISSION VIH/SIDA
1.Jeunes en âge de procréer : abstenez-vous des rapports sexuels jusqu’au mariage afin de
vous protéger des IST, du VIH/SIDA et des grossesses précoces et non désirés.
2.Chers parents et membres de la famille : conseillez les adolescents et les jeunes à
l’abstinence sexuelle et ou alors à un bon usage de préservatifs pour éviter le VIH.
3.Chers membres des communautés : encouragez les parents à conseiller les adolescents et
les jeunes à pratiquer l’abstinence et l’usage correct des préservatifs pour éviter le VIH.
4.Chers époux : soyez fidèles l’un envers l’autre afin de se protéger contre les IST et le
VIH/SIDA.
5.L’abstinence, la fidélité et le préservatif vous protégeant ensemble contre des partenaires
infectés au VIH/SIDA.
6.Ayez toujours un préservatif sur vous pendant tout rapport sexuel avec le partenaire
occasionnel.
Par rapport aux violences sexuelles
1.Dites non à votre partenaire au cas où vous ne voulez pas ce rapport sexuel.
2.Jeune adolescent refusez systématiquement les avances ou l’argent des adultes en
échange de rapport sexuel pour vous protéger du VIH.
3.Tout cas de violences sexuelles identifiés doit se présenter dans une structure de santé
endéans 3 jours pour bénéficier des soins appropriés permettant d’éviter le VIH et les autres
maladies sexuellement transmissibles.
4.Aux membres de la communauté d’orienter toute victime de viole vers les structures
sanitaires pour la prévention post-ex positionnel.
Par rapport aux conseils et dépistage volontaire
1.Jeune en âge de procréer : à votre partenaire sexuel le test à VIH avant le mariage afin
d’épargner votre couple et votre progéniture du VIH/SIDA.
2.Le membre de la communauté : ayez le courage de vous faire dépister afin de connaitre
votre état sérologique face au VIH/SIDA.
3.Chers parents, membres des familles conseillez les jeunes et adolescents à se faire dépister
avant mariage pour la protection contre le VIH/SIDA et IST.
37
38
PARTIE 2 : NOTION D’HYGIENE, EAU ET
ASSAINISSEMENT
INTRODUCTION
La terre est la seule planète vivante du système solaire, Aujourd’hui, abritant plus de 7
milliards d’habitants, elle devient de plus en plus peuplée, aménagée et transformée.
39
Ces changements quantitatifs et qualitatifs s’opèrent donc sur notre environnement et
imposent la nécessité d’un autre développement et d’un meilleur comportement qui
deviennent un enjeu mondial.
Il n’existe pas une définition unique de l’environnement, mais plusieurs conceptions ou
représentations en fonction des individus et de l’environnement dans lequel ils évoluent.
Le mot anglais ‘environment’ signifie milieu.
L’environnement peut être défini comme un ensemble de conditions naturelles et/ou
artificielles (physiques, chimiques et biologiques) et culturelles (sociologiques) dans
lesquelles les organismes vivants se développent.
A la fin du XXème siècle, émerge le souci de concevoir un autre développement : le
Développement Durable.
A ce titre le triptyque Eau – Hygiène – Assainissement, pour ne citer que ce domaine de
l’environnement, recoupe les enjeux et les défis de la mondialisation pour un mieux être à
l’échelle planétaire.
L’eau demeure un enjeu primordial à travers des activités humaines, dans le temps et dans
l’espace. Cette ressource essentielle est menacée et elle est par ailleurs à l’origine de
multiples conflits. Indispensable à la survie de l’homme, sa maitrise et son exploitation
remodèlent les paysages les plus divers et influent sur l’économie mondiale.
Abondance et rareté de l’eau induisent des effets considérables sur l’hygiène des
populations.
Condition sine qua non du développement, l’hygiène dicte les lois du monde : esprit sain,
corps sain dans un environnement propre. Le contraire expose les sociétés aux maladies et
aux carences de toutes sortes. En Afrique, les problèmes de l’insalubrité et de la promiscuité
sont vécus avec beaucoup d’acuité. Cela implique une meilleure prise en charge du cadre de
vie.
L’assainissement a des exigences qui ne peuvent être les mêmes dans les pays riches ou
dans le monde en développement. Des méthodes et des techniques sont élaborées de part
et d’autre pour sécuriser le milieu.
1.EAU
1.1. GENERALITES SUR L’EAU
1.1.1. Etats physiques
40
Dans les conditions normales de températures et de pressions qui règnent dans notre
système Terre- Atmosphère, l’eau peut exister sous trois états différents : liquide, solide et
gazeux. On appelle aussi ces états « les phases de l’eau ».
1.1.2. Les qualités d’une eau potable
Selon l’Organisation Mondiale pour la Santé (OMS), l’eau potable est une eau qui ne contient
pas d’agents pathogènes ou d’agents chimiques à des concentrations pouvant nuire à la
santé.
Les standards servant de référence dans ce domaine sont différents selon le pays et
l’autorité en charge de cette définition. L’eau potable est donc une notion différemment
conçue à travers le monde et est le fruit d’une histoire et d’une vision culturelle locale.
Selon ces normes, une eau potable doit être exempte de germes pathogènes (bactéries,
virus), d’organismes parasites et contenir un taux limite de germes non pathogènes car les
risques sanitaires liés à ces micro-organismes sont énormes.
Elle ne doit contenir certaines substances chimiques qu’en quantité limitée : il s’agit en
particulier de substances qualifiées d’indésirables ou de toxiques, comme les nitrates et les
phosphates, les métaux lourds (plomb, mercure), ou encore les hydrocarbures et les
pesticides, pour lesquelles des « concentrations maximales admissibles » ont été définies.
À l’inverse, la présence de certaines substances peut être jugée nécessaire comme les oligo-
éléments indispensables à l’organisme.
Une eau potable doit aussi être une eau agréable à boire : elle doit être claire, ne doit pas
avoir une odeur particulière et avoir un bon goût. Pour, le goût, il lui faut contenir un
minimum de sels minéraux dissous (de 0,1 à 0,5 gramme par litre), lesquels sont par ailleurs
indispensables à l’organisme. Enfin, elle ne doit pas corroder les canalisations afin d’arriver «
propre » à la sortie des robinets.
1.1.4. La dégradation de la qualité de l’eau
La dégradation de l’eau peut être d’origine :
- Domestique : par les égouts et les latrines qui contiennent des matières putrescibles (eaux
vannes) ou par les eaux de linge, cuisine, vaisselle, etc. (eaux grises) ;
- Industrielle : par les effluents rejetés par les usines contenant des matières
fermentescibles, des sels dissous dont certains sont toxiques (cyanures, phénols,) ;
- Agricoles : par les eaux de ruissellement qui entraînent les sels minéraux des engrais
1.2. GESTION DE L’EAU
La gestion de l’eau est un enjeu important dans les sociétés actuelles. Elle procède d’un
souci de mieux rationnaliser et de sécuriser cette denrée précieuse pour mettre en œuvre
une politique durable.
Cela requiert un ensemble de comportements et pratiques :
1.la protection des points d’eau
2. l’approvisionnement
3. le transport
4.la conservation
5.la consommation de l’eau
1.3. TRAITEMENT DE L’EAU
Les étapes de traitement sont la
41
1.décantation/ floculation,
2. la filtration et
3.la désinfection.
1.3.1. Traitement industriel
Le traitement d’une eau brute dépend de sa qualité, laquelle est fonction de son origine et
peut varier dans le temps. L’eau à traiter doit donc être en permanence analysée car il est
primordial d’ajuster le traitement d’une eau à sa composition et, si nécessaire, de le moduler
dans le temps en fonction de la variation observée de ses divers composants.
Le traitement classique et complet d’une eau s’effectue en plusieurs étapes dont certaines
ne sont pas nécessaires aux eaux les plus propres.
L’oxydation : Si les eaux à traiter contiennent beaucoup de matières organiques, ou encore
de l’ammoniaque, du fer ou du manganèse, une étape d’oxydation préalable est nécessaire.
Elle permet d’éliminer plus facilement ces substances au cours de l’étape suivante dite de
clarification. On utilise pour cela un oxydant comme le chlore ou l’ozone.
La clarification : La clarification permet l’élimination des particules en suspension. Après son
passage à travers des grilles qui retiennent les matières les plus grosses, l’eau est acheminée
dans des bassins dits de décantation. Là, sous l’effet de leur poids, les particules gravitent
vers le fond où elles se déposent. L’eau décantée est ensuite filtrée à travers une ou
plusieurs couches d’un substrat granulaire, comme du sable, qui retient les particules
résiduelles, les plus fines.
Pour faciliter cette étape, et en particulier éliminer les particules en suspension de très
petites tailles, l’ajout d’un produit chimique (un coagulant) permet à ces particules de
s’agglomérer. Plus grosses et plus lourdes, les nouvelles particules sont plus facilement
décantées et filtrées. On appelle ce procédé la coagulation/floculation.
La désinfection : En fin de traitement, la désinfection permet l’élimination des micro-
organismes pathogènes (bactéries et virus). On utilise pour cela soit un désinfectant
chimique comme le chlore ou l’ozone, soit un désinfectant physique comme les
rayonnements ultraviolets.
1.3.2. Traitement domestique
Lorsque l’eau est de qualité douteuse (eaux de sources, mares, rivières, etc.), on procède
alors à son traitement qui consiste à décanter, filtrer et désinfecter
1.4. MALADIES LIEES A L’EAU
1.4.1. Quelques maladies du péril fécal
L’eau n’est pas toujours source de vie. Elle véhicule en particulier nombre de
microorganismes, bactéries, virus en tout genre, qui y vivent et s’y développent, ainsi que
nombre de parasites dont les hôtes ont besoin d’eau pour vivre ou se reproduire. L’eau est
ainsi le vecteur de transmission privilégié de ces maladies.
42
Les micro-organismes abondent dans les eaux souillées par les déjections animales et
humaines, et leur transmission à l’homme se fait par simple ingestion d’eau infectée.
Certaines bactéries, notamment le colibacille responsable des colibacilloses, le vibrion
cholérique responsable du choléra, et certaines amibes, véritables parasites du corps
humain, déclenchent de fortes diarrhées.
La fièvre typhoïde est due elle aussi à une bactérie (salmonelle) qui, outre des troubles
digestifs, provoque une forte fièvre.
Ces épidémies sévissent surtout dans les pays chauds qui ne disposent pas de systèmes
d’assainissement adéquats ou d’un système de traitement des eaux bien approprié.
Les parasites pullulent dans les régions chaudes et humides, lieux de prédilection de leurs
hôtes, mollusques ou larves d’insectes, dont certains affectionnent les canaux d’irrigation
quand d’autres préfèrent les eaux courantes ou encore les eaux stockées.
PROBLEMES LIES AU MANQUE D’EAU
Une pénurie d’eau très importante peut aboutir à des situations critiques pouvant conduire
à la déshydratation et même à la mort. Les pénuries de moindre ampleur ont également une
répercussion directe sur l’état sanitaire de la population.
Elles provoquent l’augmentation de l’incidence de nombreuses maladies dues à un manque
d’hygiène.
Une bonne hygiène individuelle exige qu’une quantité d’eau suffisante soit disponible.
L’eau peut contribuer à l’émergence de certaines maladies telles que :
• les maladies dermatologiques (gale) et ophtalmiques (trachome, conjonctivites) …
• les maladies transmises par les poux (typhus exanthématique, fièvre récurrente,).
2.HYGIENE
2.1. Définition
C’est l’ensemble des règles et pratiques nécessaires au maintien et à l’amélioration de la
santé.
On distingue l’hygiène individuelle et l’hygiène collective.
2.2. Hygiène individuelle
Elle concerne l’hygiène corporelle, vestimentaire et alimentaire.
2.2.1. Hygiène corporelle
C’est l’ensemble des soins apportés au corps humain pour le maintenir en état de propreté.
Comment avoir une bonne hygiène corporelle ? Il faut :
• se laver chaque jour avec de l’eau propre et du savon de la tête aux pieds avec un frottoir
en insistant sur les aisselles
• se laver les mains avec de l’eau et du savon : à la sortie des toilettes ; avant de préparer les
repas ; avant et après le manger ; après toutes activités ; après les jeux ; au retour à la
maison ; après avoir touché des objets sales ou des animaux
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• se brosser les dents tous les jours après les repas (utiliser une brosse à dents et/ou un cure
dents)
• nettoyer et couper les ongles des pieds et des mains chaque semaine
• ne pas marcher pieds nus
• se coiffer et se laver la tête régulièrement
• se raser régulièrement les aisselles
• Hygiène des parties intimes :
Se laver les mains avec de l’eau et du savon avant et après avoir touché les parties
intimes
Se laver les parties intimes externes avec de l’eau et du savon ordinaire et terminer
par la partie anale
Se raser régulièrement les poils du pubis
2.2.2. Hygiène vestimentaire
Les vêtements nous protègent des intempéries : le soleil, la pluie, le froid, le vent et
l’humidité.
L’hygiène vestimentaire permet de maintenir nos habits propres.
Comment avoir une bonne hygiène vestimentaire ? Il faut :
• porter des habits propres ;
• laver les habits, les sécher au soleil et les repasser au fer chaud, car la chaleur tue les
microbes
• ne pas partager le linge de corps, mais le laver, le repasser quotidiennement et le bouillir
régulièrement
• mettre des chaussures propres et adaptées
• laver régulièrement les chaussettes
• éviter de partager les serviettes
• étendre les serviettes après usage pour les faire sécher
• cirer ou nettoyer convenablement les chaussures
• exposer chaque semaine au soleil les couvertures et les matelas
2.2.3. Hygiène alimentaire
Ce terme désigne l’ensemble des conditions et mesures nécessaires pour assurer la sécurité
et la salubrité des aliments à toutes les étapes de la chaîne alimentaire
2.2.4. Hygiène de vie
L’hygiène de vie est un ensemble de mesures destinées à préserver la santé. Elle concerne
essentiellement le mode de vie, les comportements et l’alimentation. L’objet d’une bonne
hygiène de vie est de préserver une santé optimale et, de fait, prévenir un certain nombre
de maladies.
2.3. Hygiène collective ou du milieu
C’est l’ensemble des conditions sanitaires dans les lieux d’habitation, les lieux publics et les
lieux de travail.
On distingue deux dimensions :
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- Le niveau collectif est du ressort des pouvoirs publics et des collectivités locales qui ont la
charge d’élaborer et d’exécuter les plans, les normes et standards de l’Urbanisme et de
l’Assainissement.
- Le niveau individuel concerne les ménages. Il vise à leur procurer un mieux-être voire un
confort. Pour s’épanouir pleinement, une personne aménage son milieu en tenant compte
des conditions d’hygiène et d’assainissement. L’eau y joue un rôle central.
Un cadre de vie favorable à une bonne hygiène de vie doit tenir compte de :
L’hygiène de l’habitat
Elle a pour but d’assurer et de promouvoir la santé physique, mentale et sociale de la
population.
L’hygiène scolaire
Elle concerne, en plus de l’éducation sanitaire, l’assainissement du milieu scolaire. Elle
englobe les aspects liés à la construction, à l’aménagement intérieur de l’espace scolaire, à
l’approvisionnement en eau potable, aux installations sanitaires adéquates.
Là où l’environnement scolaire est perçu comme inhospitalier ou menaçant, l’assiduité en
pâtit.
Le fait que des filles quittent – ou qu’on leur fait quitter – les écoles qui n’offrent pas de
toilettes séparées, en particulier à l’âge des premières règles, n’est qu’un exemple de la
façon dont les facteurs environnementaux influent sur la participation des élèves à
l’éducation.
3- ASSAINISSEMENT
La plus grande partie de la pollution observée aujourd’hui dans les centres urbains est due à
l’absence de services d’assainissement adaptés. Cette situation est à l’origine de nombreuses
maladies.
Le problème d’assainissement est donc un sujet d’actualité partout dans le monde et
particulièrement dans les pays en développement.
3.1. Définitions
L’assainissement est un processus par lequel des personnes peuvent vivre dans un
environnement plus sain ; pour cela, des moyens physiques, institutionnels et sociaux sont
mis en œuvre dans différents domaines, tels que l’évacuation des eaux usées et de
ruissellement, l’évacuation des déchets solides, l’élimination hygiénique des excréta et le
traitement de tous ces éléments.
3.2. Classification des déchets
3.2.1. Les déchets liquides
Ils sont répartis en :
- Eaux usées domestiques : provenant des ménages après divers usages et contenant des
résidus de toutes sortes (papiers, excrétas…).
- Eaux de ruissellement provenant des pluies ou des crues.
- Eaux usées industrielles : issues de divers processus industriels.
- Eaux usées hospitalières : provenant des établissements de santé
- Boues de vidange : matières extraites des ouvrages individuels d’assainissement des eaux
usées que sont les fosses septiques, les fosses étanches, les puits d’infiltration, etc.
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3.2.2. Les déchets solides
Par définition, un déchet solide est un résidu issu du fonctionnement d’une collectivité
humaine (ménages, hôpitaux, casernes, services administratifs, entreprises…), d’un
processus de fabrication, de transformation ou d’utilisation ; il désigne toute substance,
matériaux, produits ou généralement tout bien meuble dont la valeur économique est nulle
ou négative pour son détenteur en un moment et dans un lieu donné et qu’il destine à
l’abandon.
Les déchets solides constituent les ordures ménagères (écorces de légumes, sachets en
plastique, débris divers, les produits de balayage des rues, et des marchés…), industriels
(rebuts provenant des abattoirs, objets résiduels…), biomédicaux (seringues, médicaments
et réactifs périmés…).
3.3. Gestion des déchets
3.3.1. Les déchets liquides
La typologie des infrastructures de gestion diffère selon que l’assainissement liquide est
collectif ou autonome.
3.3.1.1. L’assainissement collectif
C’est la gestion collective des eaux usées, des excrétas et des eaux pluviales par l’Etat ou ses
démembrements à l’extérieur de la concession.
L’assainissement collectif comprend :
- les branchements domiciliaires
- le réseau de collecte et d’évacuation des eaux usées constitué de canalisations, de regards
et éventuellement de station de relèvement
- la station d’épuration des eaux usées et l’émissaire d’évacuation ou de rejet des eaux usées
épurées vers l’exutoire.
3.3.1.2. L’assainissement autonome (ou sur site)
Contrairement au précédent, il comprend l’assainissement individuel et semi-collectif non
raccordé à un réseau public d’assainissement.
- l’assainissement individuel :
Pour des ouvrages de gestion des excréta, on distingue :
-Un système non amélioré : les latrines traditionnelles
-Un système amélioré : les latrines à chasse manuelle, les fosses septiques (ou fosse toutes
eaux), les fosses étanches, les latrines à fosses ventilées
- l’assainissement communautaire (des zones à forte concentration humaine, zones
publiques) Il est constitué d’édicules publics ou blocs sanitaires. Ces ouvrages d’évacuation
des excrétas et des eaux usées sont installés sur des sites, comme les marchés, les gares
routières, les lieux de culte et les bâtiments scolaires et administratifs. Dans les zones non
couvertes par le réseau d’assainissement, les eaux usées sont le plus souvent déversées dans
la rue ou dans les cours d’eau.
3.3.1.3. L’assainissement semi-collectif
Il regroupe un nombre limité de concessions. Il est constitué de deux systèmes : le réseau
d’égout de petit diamètre et la cogestion des eaux usées et excréta par les propriétaires.
46
3.3.2. Les déchets solides
Les déchets solides doivent être éliminés ou recyclés de manière écologiquement rationnelle
afin de supprimer ou de réduire leurs effets nocifs sur la santé de l’homme, les ressources
naturelles, la faune et la flore ou la qualité de l’environnement.
L’élimination des déchets comporte :
- Conditionnement : balayage, tri, poubelle…
- Collecte (pré collecte et collecte) : ramassage et transport
- Traitement/valorisation
3.3.2.1. Le conditionnement à domicile
Après balayage stockage dans des récipients individuels : sacs ou poubelles
Dans les pays industrialisés le tri se fait à la source. On distingue :
- Le sac perdu en plastique ou en papier, d’une capacité de 30 à 130 litres, comportant un
dispositif de fermeture, généralement un ficelage. Les sacs sont souvent utilisés pour la
collecte sélective ou /et quand le poids volumique des déchets est faible. Ils sont jetés en
même temps que les déchets.
- La poubelle traditionnelle en plastique ou parfois en acier, d’une capacité de 30 à 90 litres,
avec couvercle non attaché. Ce type de poubelle est utilisé dans la collecte non mécanisée.
- La poubelle pour la collecte mécanisée, de capacité 30 à 140 litres. Elle est dotée de
couvercle articulé. Le levage se fait de façon mécanique par un bras du véhicule de collecte.
- Les récipients collectifs de collecte :
Le bac roulant en plastique : d’une capacité de 120 à 1 100 litres, est munie de deux ou
quatre roues. Il est muni de couvercle et est utilisé pour la collecte mécanisée ;
Le container ou conteneur de grande capacité en acier, capacité 2 à 20 m3, utilisé au niveau
des parcs à conteneurs ou en collecte groupée. Il nécessite des camions spécialisés pour le
levage et le transport (« portes Bac »).
3.3.2.2. Collecte et transport
Le mode et les moyens de collecte et de transport occupent une place importante dans la
gestion des déchets. Le plus souvent le choix repose sur des moyens conventionnels
(camions type occidental), sans tenir compte de la typologie des espaces à desservir.
Les entreprises industrielles assurent le plus souvent le transport de leurs déchets à la
décharge publique ou ailleurs. Les établissements de petites échelles (ateliers, garages…), les
commerçants des marchés et tous ces occupants de la voie publique générateurs de
déchets, recourent aux bennes publiques ou aux dépotoirs sauvages.
3.4. Traitement des déchets
Le traitement vise à réduire le volume et le poids des déchets et à procéder à leur
hygiènisation.
3.4.1. Traitement des déchets liquides
Les réseaux des eaux usées aboutissent à différents types de stations de traitement. Selon le
type d’habitat, groupé ou dispersé, on trouve soit un assainissement collectif, soit un
assainissement individuel.
3.4.1.1. Les stations d’épuration :
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Le rôle premier des stations d’épuration est de réduire la pollution des eaux usées
domestiques et industrielles de façon à rejeter dans les milieux naturels (en mer, rivière…)
des eaux traitées compatibles avec la qualité souhaitée pour leurs usages. Ce qui permet
ainsi de respecter l’environnement. Il existe trois grandes étapes de traitement parfaitement
complémentaires : l’étape physique ou primaire, l’étape biologique ou secondaire et l’étape
tertiaire.
• Le traitement physique ou primaire :
Le traitement primaire (ou prétraitement), des eaux usées vise à éliminer les plus grosses
impuretés et à préparer un traitement d’épuration plus poussé. Il comporte différentes
phases :
- Le dégrillage : Dès la prise d’eau, les déchets les plus grossiers sont retenus par les
barreaux d’une grille.
- Le dessablage : A cette étape, la vitesse d’écoulement est lente et les matières lourdes se
déposent sous l’effet de la pesanteur.
- Le déshuilage : L’eau est soufflée, aérée, les matières légères flottent. L’huile remonte, elle
est alors récupérée par raclage en surface.
- La décantation primaire : La vitesse d’écoulement très lente de l’eau et le phénomène de
gravité permettent le dépôt, au fond du décanteur, des matières en suspension (MES) qui
constituent les boues primaires. Cette décantation permet leur élimination ainsi que 30 à 50
% des autres matières polluantes
Les traitements biologiques :
Les traitements biologiques agissent essentiellement sur la pollution organique par :
- des procédés biologiques d’épuration qui peuvent se définir comme une copie, du
processus d’épuration naturelle des eaux d’une rivière (avec ou sans amplification
artificielle). Dans ces procédés, les bactéries, se nourrissent de la pollution organique.
3.4.1.2. Les dispositifs à l’échelle domestique (fosses, lavoirs puisards) :
En habitat rural très dispersé plus particulièrement, on a recours à un assainissement
autonome, et chaque ménage doit avoir un dispositif d’assainissement destiné aux eaux
ménagères (eaux de cuisine, eaux de bains…) et aux eaux vannes (eaux provenant des
toilettes). Les eaux de pluies issues des gouttières, cours, jardins, ne doivent jamais être
dirigées vers ce « dispositif d’assainissement individuel ».
Une fosse septique doit être complétée par un réseau de drainage adéquat enterré dans le
sol (puits perdu ou perdant). Le sol constitue le deuxième agent épurateur : les bactéries
épuratrices s’y développent naturellement. Tous les sols ne conviennent pas à ce type de
traitement. On utilise des technologies rustiques qui sollicitent le pouvoir auto-épurateur et
d’infiltration du sol.
3.4.3. Traitement des déchets solides
Généralement ces déchets sont destinés à être éliminés ou réutilisés. Nous distinguons les
procédés suivants :
- Les recyclages pour leur revalorisation
- L’incinération par des installations adéquates
- L’enfouissement technique pour leur isolement total de l’environnement humain
- Le compostage
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3.5.3. Les produits solides recyclés
Il s’agit en général des bouteilles, des verres, du fer, des papiers, des plastiques…
De nombreux domaines bénéficient de ces produits recyclés, précisément l’agriculture, le
commerce, l’artisanat, les ménages...
CONCLUSION
L’eau, l’hygiène et l’assainissement influent de façon considérable sur le mieux-être des
populations qui de plus en plus font face à des ressources limitées. Ainsi, au centre de cette
problématique, l’eau, doit être gérée de façon responsable pour en assurer la durabilité. Sa
collecte, sa distribution, son traitement, sa conservation comme sa consommation obéissent
à des normes rigoureuses, gages d’une bonne santé des populations.
Le maintien et l’amélioration de la santé des populations sont étroitement liés à l’Hygiène.
L’hygiène, vécue tant à l’échelle individuelle que collective, requiert aussi un certain nombre
d’attitudes et comportements. Les communautés humaines, selon leurs perceptions et leurs
moyens en établissent souvent les règles.
Ces mêmes contraintes seront retrouvées dans le concept d’Assainissement étroitement lié
à l’eau et l’hygiène. Les différents déchets des consommations et activités humaines s’ils ne
sont pas gérés de façon adéquate deviennent de fait un problème de santé humaine et
environnementale. A terme, le suivi de l’ensemble de ces règles concernant l’EHA devrait
conduire vers une meilleure qualité de vie.
Pour satisfaire tous les besoins de façon équitable et sans mettre en péril l’environnement,
les solutions envisagées impliquent une meilleure gestion des ressources naturelles dont
l’eau. Toutes ces solutions montrent que cette question qui se pose au niveau global doit
être d’abord traitée à l’échelle locale.
Il est impératif qu’il y ait une synergie des décideurs, des acteurs, des partenaires et des
communautés elles-mêmes. La sensibilisation se fera à la base notamment à travers
l’Education, instrument de promotion sociale, où des messages-clés sur de meilleurs
comportements doivent être véhiculés. La survie de l’espèce humaine dépend grandement
de l’éducation des peuples.